ÉPHÉMÉRIDES 19 FEVRIER 2025

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ÉPHÉMÉRIDES

JEUDI 19 FEVRIER 2025, 15e ANNÉE (n° 5026)

Illustration d’en-tête : 1984-Marc Gauthier – Gilbert Challier « Vaison-La-Romaine ».


1. LES FÊTES ET TRADITIONS DU JOUR

🎉 Le 19 février, nous fêtons saint GABIN ainsi que les quelques 11 000 personnes prénommées ainsi.
Rappelons en deux mots que GABIN était le frère du pape Caius et le père de sainte Suzanne. Il fut martyrisé en 286 à Rome.

Malgré ce qui semble être une rareté, ce prénom connait une grande vogue depuis le début des années 2000.


🌞 Autrefois : (chaque jour, un événement, un mot ou une expression provençale) : Abeille, Abelha [Abiho] : abeilhé, éleveur d’abeilles ; nom méridional ; nom de famille provençal : Antoine Abeille alias Cougourdan, en 1520 à Ollioules ; l’Abeille, nom d’une bastide de la Ciotat en 1871 ; les Abeilles, nom d’un chantier de démolition à Lagoubran. (Roux 1991 ; Levy 1909 ; Mistral 1890).


2. LE CALENDRIER républicain, le 1er ventôse, célèbre le TUSSILAGE. Seule plante de son espèce, autrefois appelée « le fils avant le père » car fleurissant avant la feuillaison. Le TUSSILAGE fait partie des plantes pectorales les plus utilisées en phytothérapie.


3. DICTON DU JOUR : Février et mars trop chauds, mettent le printemps au tombeau ! Je sais, je l’ai déjà dit, mais cela risque d’être ma foi vrai !


4. PENSÉE DU JOUR : Le romancier, lorsqu’il parle de lui-même, parle encore des autres (Maurice Druon, Remarques).


5. EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHÈQUE

📚 Un jour, un livre ! Bulletin archéologique de Provence – Des îles côte à côte, histoire du peuplement des îles de l’Antiquité au Moyen Âge, Supplément au Bulletin archéologique de Provence 1, 2003, 254 p. N°  d’enregistrement HMP 18290 2003  B 3 5 A.

Le livre : Histoire du peuplement des îles de l’Antiquité au Moyen Âge (Provence, Alpes maritimes, Ligurie, Toscane). Actes de la table ronde de Bordigheran 12-13 décembre 1997, sous la direction de Michel Pasqualini, Pascal Arnaud et Carlo Varaldo en collaboration avec Mireille Pagni.


6. MÉTÉO MARINE – SANARY‑SUR‑MER :  Avis de fort coup de vent au large.
La fiabilité de la situation est évaluée à 90%, avec des conditions favorables au développement des éclaircies. Nuit de Mercredi à Jeudi : Vent de SSE force 3 fraichissant NW force 5 en milieu de nuit puis WNW force 4. Rafales atteignant 34 nœuds en milieu de nuit. Mer peu agitée devenant assez agitée en milieu de nuit. Houle petite et courte de SSW. Visibilité excellente. Journée de Jeudi 19 février : L’état du ciel restera changeant. Ciel variable à très nuageux. Possibilité d’averses en matinée, pas de précipitations l’après-midi. Le soir, nuages et larges éclaircies.Pas de précipitations. Vent d’WNW force 6 le matin devenant force 7 en milieu de journée. Rafales atteignant 48 nœuds le soir. Mer agitée devenant forte en milieu de journée. Houle petite et assez longue de SW. Visibilité excellente.Température : 13°.


7. ÉPHÉMÉRIDES – SÉLECTION DU JOUR

France 1660 – 19 février : LE TOUR DE FRANCE D’UN ROI – Louis XIV et sa suite quittèrent Toulon et vinrent passer la nuit du 19 février à Belgentier. Il était accompagné de la reine-mère, de son frère le duc d’Anjou, de Mademoiselle, fille aînée de Gaston d’Orléans, de Mazarin et des célèbres mousquetaires commandés par les non moins célèbres Comminges et D’Artagnan. Le lendemain, le roi assista à la messe, il mit à l’offrande 5 louis d’or valant 55 livres, puis la troupe s’en alla à Cotignac en vue d’accomplir le pèlerinage que la mère du jeune monarque avait promis de faire à Notre- Dame de Grâces.


Expédition d’Égypte : Le document proposé dans notre texte  rassemble trois courriers datés du 19 février 1800, pendant l’expédition d’Égypte. (résumé) Dans le premier, le général en chef Kléber informe le général Belliard qu’après le traité conclu avec le Grand Vizir, de nouveaux ordres devraient être envoyés aux chefs locaux pour maintenir le calme. Il recommande toutefois la plus grande vigilance et annonce le prochain regroupement des troupes de Haute-Égypte au Caire et à Gizeh, tout en félicitant Belliard pour sa récente action militaire contre Mourad et les habitants de la province de Béni Souef.

Le deuxième courrier, adressé par Kléber au général Songis, évoque des difficultés financières : il refuse l’allocation demandée pour le transport de l’artillerie et ordonne de faire preuve d’économie, en ne rapportant en France que les objets les plus précieux.

Enfin, le troisième courrier est une lettre de John Keith, secrétaire de Sidney Smith, qui alerte Kléber sur la situation préoccupante des chrétiens et des Européens établis au Caire à l’approche de l’évacuation française. Il sollicite une autorisation pour permettre à Mario Cavalagi de rejoindre la flotte britannique afin de transmettre des informations et défendre les intérêts de ces populations et des négociants.


🏘️ Histoire locale

LA SEYNE-sur-Mer : 701e livraison. –1861 – 19 février : GEORGE SAND S’INSTALLE À TAMARIS qui, au début des années 1860, présente un paysage riant mais encore sauvage. En pleine forêt méditerranéenne, quelques rares maisons ne sont accessibles que par des chemins étroits et poussiéreux. Très affaiblie à la suite d’une grave maladie qui l’avait atteinte le 27 octobre 1860, George Sand décide de fuir l’humidité berrichonne pour un climat plus doux. Hésitant entre plusieurs stations (Hyères, Monaco, Menton, Nice), elle opte finalement pour la région toulonnaise. Elle abandonne donc l’Indre, son château de Nohant et s’installe du 19 février au 29 mai 1861 dans une petite maison de la corniche Sud de la Seyne, louée à un avoué au Tribunal Civil de Toulon, Maître Trucy. En 28 jours, elle écrit un roman « Tamaris », qui contribue à une première renommée de ce site, « aussi joli que son nom ».

 

MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS : 1015e livraison. –1219 – 19 février : Notre-Dame-des-Acoules à Marseille – Promesse par Hugues de Baux, en son nom et pour son neveu Raimond, aux recteurs de la communauté des habitants de Marseille, de s’employer à faire la paix entre eux et l’église, de faire lever les sentences d’excommunication et d’interdit qui pèsent sur eux, de les défendre contre leurs ennemis sauf contre l’église, de ne déposer aucune plainte contre eux avant un certain terme au sujet des difficultés que son neveu Raimond et lui ont avec eux. (acte des vicomtes de Marseille n° 404, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. :A. Arch. comm. de Marseille, GG 11. a. Papon, Histoire de, Provence, t. Il, preuves, n° XL. Ind. : Dr Barthélemy, Inventaire, n° 190).

OLLIOULES : 703e livraison. –1984 – 19 février : UN NOUVEAU DISQUE DE BELTRAME – Beltrame, lo cantaire occitan provençau d’Olliulas tocant Tolon, vène de sortir un grand 33 torns, « Lei gents s’Occitània », onte son recampadas un desenau de cançons (Beltrame Gaston, Lo Rostidor, 83190, Ollioules, Ô Ventador, 1, carriera de Lorraine, 34500 Besièrs. Resumit : un nouveau disque de Beltrame, « Lei gents d’Occitanie », qui est le septième de ce chanteur occitant qui rappelle Brassens. De bonnes chanson et une bonne harmonisation (Petit-Varois, 19 février 1984).

SANARY : 813e livraison  1773 – 19 février : Décès de l’ermite de la chapelle de Notre-Dame de Pitié à Sanary – Dès 1561, année de sa fondation, la chapelle de Notre-Dame de Pitié, eut un desservant désigné par le curé d’Ollioules. Quelques noms d’ermites : Jean Gras ou Gros (†1562), Balthazar Dailloz (†1660), Louis Chauvet (†30 juillet 1721 en soignant les pestiférés), Joseph Michel, né à Saint-Nazaire en 1683 (†19 février 1773), (B. Rotger, 1984)


8. ÉPHÉMÉRIDES – L’INTÉGRALE

(classement chronologique)

Moyen Âge

1219 – 19 février : Notre-Dame-des-Acoules à Marseille – Promesse par Hugues de Baux, en son nom et pour son neveu Raimond, aux recteurs de la communauté des habitants de Marseille, de s’employer à faire la paix entre eux et l’église, de faire lever les sentences d’excommunication et d’interdit qui pèsent sur eux, de les défendre contre leurs ennemis sauf contre l’église, de ne déposer aucune plainte contre eux avant un certain terme au sujet des difficultés que son neveu Raimond et lui ont avec eux. (acte des vicomtes de Marseille n° 404, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. :A. Arch. comm. de Marseille, GG 11. a. Papon, Histoire de, Provence, t. Il, preuves, n° XL. Ind. : Dr Barthélemy, Inventaire, n° 190).

1222 – 19 février : LITIGE CONCERNANT UN DROIT DE DEPAISSANCEA MEOUNES – Boyer R., 1980 : Acte 13 de Montrieux, « Méounes, in ecclesia sancte Marie – Pierre Raimond et Pierre Verdache, consuls de Méounes, arbitrent un différend entre Adalasie et son époux, Giraud Garella, d’une part, et le monastère de Montrieux, d’autre part, concernant un droit de dépaissance à Méounes, que le père et le frère d’Adalasie auraient donné aux chartreux. « Alasaxis, filia Lamberti, inquictat jus pasquerii Melne nobis.
[Témoins :] Petro de Signa, et Gilio Verdacha, et Willelmo Gile, Raimundo Dalmaz, Rostagno Dalmaz, Gaufrido Garniera, Petro Aigles, Bertrando Castol, Willelmo Dalmaz, Willelmo Bertrando. »

1224 – 19 février : Geofroi, seigneur de Toulon, agissant pour lui et ses frères Raimond et Rostan, au nom d’Arnaud, archevêque, et d’Aimery, vicomte de Narbonne, promet de défendre sur terre et sur mer pendant 29 ans les seigneuries desdits archevêque et vicomte (acte n° 431 des vicomtes Marseille, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. :  Ind. : Gallia christiana, t. T, col. 717. — Albanès et Chevalier, (1 allia … Toulon, n° 143).

1257 – 19 février : VENTE DE TERRES A LA CHARTREUSE DE MONTRIEUX – Signes – Raimond Textor et Adalaxis, son épouse, vendent aux chartreux de Montrieux leurs terres situées à la Sauvette, au lieu-dit « a la mort dau Pons Dosoli », pour le prix de 12 sous tournois. Témoins :  « Hugo Alberti, capellanus ; Johannes Adami, Guillelmus Isnardi, Pontius Borrelli, Poncius Cabrol. » [Notaire:] « Guillelmus Lamberti » (Boyer R., p. 645 : Acte 314, cartulaire de Montrieux).

1259 – 19 février : LIEUX-DITS DE GREASQUE (cartulaire de Saint-Victor, n° 1130).

1. Colla d’Amendolieras. L’Amendolière – colline qui forme limite des territoires de Gréasque, Fuveau et Gardanne (1872) dont le nom est retranscrit pour la première fois Colla damendolièro, XVIIe siècle sur le plan manuscrit de la liasse n’ 86 aux archives de Saint-Victor.

2. Fos d’Aurimia. Grand Ravin, vallat qui se déverse dans le ruisseau de Fuveau. Autre mention : Fos d’Auremi (arch. de Saint-Victor, plan de la liasse n° 86).

3. Gresacca. Gréasque, canton de Roquevaire. Les armories de Gréasque sont : de gueules, à un lion d’argent) coupé d’argent à un griffon de gueules. Premières mentions : XIe siècle – Graziusca (Guérard, n° 134) et en 1026, donation à Saint-Victor d’un manse à Gréasque (Grezasca) (acte 62 des vicomtes de Marseille, de Gérin-Ricard, 1926 ; Guérard, n°249).

4. Vallonus de Petarico. Pascaret – quartier rural.

5. Mons et vallonum de Sambolas. Les Semblés – quartier rural.

1323 – 19 février : Lettres patentes datées du 19 février 1323 confirmant Rossolin de Fos juge des premières appellations sur ses terres [Catalogue des titres de la terre de la Môle, n° 8 :] Du 19 février 1323, lettres patentes confirmant le privilège accordé par les comtes de Provence à Rossolin de Fos et à ses devanciers de juger dans ses terres des premières appellations, avec défense au juge d’Hyères et à tous autres de le troubler dans cette possession dans laquelle il était depuis le contrat d’échange (Germondy, 1864-1867 donne : 9 février 1323, confirmation par lettres patentes du droit qu’ont depuis 1257 les seigneurs de la Molle de connaître sur leurs terres des premières appellations).

1354 – 19 février : Possessio dicta los ortz dareng, 19 février 1354 (acte notarié). ARENC – faubourg et quartier rural, commune de Marseille, de « arena » (sable ; en provençal : arena / areno), plage sablonneuse où aboutissaient les ruisseaux des Aygalades et de Plombières (1872). Première mention : Aregnum, 7 février 1249 (charte aux archives municipales). La plage d’Arène fut érigée en fief, en faveur de Jean-Baptiste de Loubet, capitaine de cavalerie dans l’armée de Condé, par lettres royales de 1679 (registre miscellanea de la Cour des comptes, P 153).

1357 – 19 février : Lo Molin de la Teulissa, 19 février 1357 (charte aux archives de l’Evêché). Moulin de la Taulisse, moulin à eau, com de Marseille, quartier d’Arenc. Première mention : Molendinum Tabuliciei, 8 mars 1329 (acte notarié).

1367 – 19 février : ASSEMBLEE DES COMMUNAUTES DE LA VIGUERIE DE HYERES – Une charte rend compte d’une assemblée tenue à Hyères par les seigneurs et mandataires des universités ou communautés de la viguerie. Parmi les participants, les seigneurs de Solliès dans l’ordre suivant :

1) le frère Geofroi de Minolis, chevalier, commandeur de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem de Beaulieu

2) le noble Hugues Riquier, coseigneur de Solliès

3) le noble Raimbaud de Piégut (désigné Raimbaud Féraud), coseigneur de Solliès

4) l’évêque de Toulon et le prévôt de l’église, coseigneurs de Solliès (Martin Aurell, Jean-Paul Boyer, Noël Coulet – La Provence au Moyen Âge, 2005).

Temps modernes

1508 – 19 février : A Saint-Cyr, le plus ancien titre qui fasse mention des Lèques, est l’acte du prix fait de la reconstruction de l’église paroissiale de la cadière. Une des clauses principales de cet acte porte que l’entrepreneur fera débarquer les pierres de taille, qu’elle tirera de la couronne et qui serviront à la construction des piliers et des arceaux de la voûte, a la lequa, a debarcador a la riba de mar, d’où elles seront transportée à la Cadière aux frais de la communauté (Magloire Giraud, L’église de Saint-Cyr, Var, 1855).

1660 – 19 février : LE TOUR DE FRANCE D’UN ROI – Louis XIV et sa suite quittèrent Toulon et vinrent passer la nuit du 19 février à Belgentier. Il était accompagné de la reine-mère, de son frère le duc d’Anjou, de Mademoiselle, fille aînée de Gaston d’Orléans, de Mazarin et des célèbres mousquetaires commandés par les non moins célèbres Comminges et D’Artagnan. Le lendemain, le roi assista à la messe, il mit à l’offrande 5 louis d’or valant 55 livres, puis la troupe s’en alla à Cotignac en vue d’accomplir le pèlerinage que la mère du jeune monarque avait promis de faire à Notre- Dame de Grâces.

1663 – 19 février : Le Gourq (acte notarié à Allauch). Le Gourt – lieu-dit, commune d’Allauch, quartier des Platrières. Première mention : Le Gourc, 4 décembre 1607 (acte notarié à Allauch).

1732 – 19 février : Rapport concernant les bois, et requête de la chartreuse de la Verne concernant ses chèvres (Marseille, archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 6233 n°6, cité par M. Maurel et Sauze E.). Visite du terroir de la Verne dépendant de la Chartreuse en faisant déclaration des endroits où l’on peut tenir des chèvres sans nuire aux bois en état et d’espérance propres à la construction et à ceux nécessaires aux battiments et au chauffage. [M. Mithon, intendant de la marine à Toulon, chargé de la construction et du radoub des bateaux du roi, Bonnegrâce, un maître charpentier, deux experts d’Aix, et Ganteaume, le prieur de la Verne, contrôlent pendant quelques jours toutes les terres qui ont :] environ quatre lieues de longueur et deux de largeur dont les RRPP chartreux de la Verne sont les seigneurs spirituels et temporels. [Ces messieurs conclurent :] On peut donner une entière liberté aux RRPP chartreux d’entretenir dans toute l’étendue de leur terroir, et sans aucune réserve, telle quantité de chèvres qui leur conviendra, sans crainte de préjudice au service du roi, n’y aiant aucun bois propre pour la construction et le radoub des vaisseaux de sa majesté, ni baliveaux d’aucune espérance pour l’avenir.

1744 – 19 février : LE COMBAT DE TOULON dit également DE TOULON – LA CIOTAT : Dans les premiers épisodes d’un conflit qui commence par personnes interposées, les Provençaux mesurant le danger des croisières anglaises aux pertes qu’elles infligent à l’allié espagnol près de Toulon ou dans le port de Saint-Tropez, le cap Sicié fut témoin en 1744, d’une grande bataille navale, appelée dans l’Histoire, le combat de Toulon, ou de Toulon – La Ciotat (Michel Vovelle, 1969).

Les escadres alliées appareillèrent le 19 février, dans la soirée. Mais à peine étaient-elles sorties de la rade que la brise tomba, et elles furent forcées de mouiller sous le fort de Sainte-Marguerite où le calme les retint jusqu’au 22. Dans la matinée de ce même jour, la flotte franco-espagnole, favorisée par une petite brise, reprenait sa route. L’ordre de marche avait été arrêté par de Court de la manière suivante : l’escadre espagnole formerait l’avant-garde ; une division française, commandée par le lieutenant-général, le corps de bataille, et une division française sous les ordres du chef d’escadre Gabaret, l’arrière-garde. Mais par suite du retard que mirent les Espagnols à déraper, ceux-ci se trouvèrent à l’arrière-garde, et Gabaret à l’avant-garde. (La suite au 22 février).

1754 – 19 février : Le Conseil général de la Communauté revient à Taradeau – par suite de la période qui marqua la fin du moyen âge dans le Freinet, les familles survivantes de Taradeau (Var, viguerie de Draguignan) se réfugièrent aux Arcs, y tenant leurs assemblées municipales jusqu’au 19 Février 1754, date à laquelle , pour la première fois, fut rétablie une maison de ville dans le terroir de Taradeau . Dans sa description historique du diocèse de Fréjus, Girardin écrit  » il ne reste qu’une ancienne tour de ce village dont les ruines se montrent de toutes parts . L’église est près de la tour , sur une colline , sous le vocable de Saint Martin, assez grande , toute de pierres de taille bien unie. Il n’y a que cent communiants,. dispersés dans la campagne, un prieur commendaire , dont le bénéfice est à la nomination des PP. Célestins d’Avignon, un vicaire et 5 coseigneurs, dont le principal est M. de Sainte Cécile de Draguignan, qui possède à lui seul autant de cette terre que les quatre autres, dont les portions sont néanmoins estimées vingt mille livres chacune »

1773 – 19 février : Décès de l’ermite de la chapelle de Notre-Dame de Pitié à Sanary – Dès 1561, année de sa fondation, la chapelle de Notre-Dame de Pitié, eut un desservant désigné par le curé d’Ollioules. Quelques noms d’ermites : Jean Gras ou Gros (†1562), Balthazar Dailloz (†1660), Louis Chauvet (†30 juillet 1721 en soignant les pestiférés), Joseph Michel, né à Saint-Nazaire en 1683 (†19 février 1773), (B. Rotger, 1984)

1789 – 19 février : AGENDA DU BICENTENAIRE – JEUDI 19 FÉVRIER – LA MISE EN PLACE DES ELECTIONS SE POURSUIT. Le roi fait rédiger les règlements pour l’exécution des lettres de convocation dans les provinces de Flandre, d’Artois, de Hainaut, de Cambrésis, de Roussillon, de Navarre et de Béarn, ainsi que dans le duché d’Albret, le comté de Foix, la principauté d’Orange, les Marches communes franches de Poitou et de Bretagne, et les bailliages de Chartres et de Châteauneuf- en-Thimerais.

1793 – 19 février : JACQUES SEGOND SEDERON « L’AÎNÉ », AGÉ DE 79 ANS, DEMANDE UN CERTIFICAT DE RÉSIDENCE A LA MUNICIPALITÉ DU BEAUSSET – Le 19 février, Jacques Segond Séderon « l’aîné », âgé de 79 ans, demande un certificat de résidence à la municipalité du Beausset. Des membres de sa famille ont pris le chemin de l’émigration, et il doit se justifier lui-même. Il fait attester son certificat par Jean Baptiste Imbert (apothicaire), Laurent Sicard (huissier), Jean louis Donnadieu (marchand), Joseph André (maréchal-ferrant), Biaise Fournier fils (ménager), Balthazard Imbert (notaire public), Crépin Giraud (ménager), et Balthazard Marquand (secrétaire-greffier du juge de paix). Le comble, c’est que six mois plus tard, les quatre derniers cités, dont le fameux Crépin Giraud, seront pris dans la tourmente d’août 1793, et émigreront à Toulon (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française).

1794 – 19 février (1er ventôse an II) :

DECES du cardinal Etienne Charles de Loménie de Brienne qui fut un homme politique.

FOURNITURES FAITES AUX BATTERIES GARDE-COTES PAR LA COMMUNE DE SANARY – Les fournitures, en bois et en huile, faites par la commune de Saint-Nazaire pendant les mois de vendémiaire, brumaire et frimaire aux batteries de la Cride, de Portissol et du Môle Vieux, aux corps de garde du Village et « avant dans le chemin » s’élevèrent respectivement à 358 l. 9 s., 40 l. 13 s. et encore 420 1. 13 s. Ces détails n’ont qu’un intérêt rétrospectif ; ils attestent néanmoins les services rendus par ce lieu, grâce à sa position topographique et grâce au concours de sa municipalité, et qui ne furent pas récompensés. Ainsi, l’inspecteur en chef des subsistances militaires Loth délivra au Port-la-Montagne, le 1er ventôse an II (19 février 1794), un reçu de 420 livres, à Joseph Giboin, délégué de Saint-Nazaire, pour prix de douze charges de blé, livrées à cette ville, à raison de 35 livres la charge. L’autorité supérieure n’eût pas dû en accepter le montant. « L’ingratitude se retrouve aussi bien au sein des gouvernements que dans l’âme des particuliers », selon Roger Vallentin du Chaylard dans « Sanary et le siège de Toulon » (Archives de Sanary, H2).

1795 – 19 février (1er ventôse an III ) : MISE EN LIBERTÉ D’ÉMIGRÉS – PERRAIMOND Joseph, cuisinier. Citoyen de La Seyne émigré. Mis en liberté le 1er ventôse an III (Louis Baudoin, 1965).

1796 – 19 février (30 pluviôse an IV) : SUPPRESSION DES ASSIGNATS (Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997). L’assignat perdant une grande partie de sa valeur et étant abandonné en février 1796, il fallut faire face à une situation financière catastrophique (Lucien Bély, Histoire de France, édit. Gisserot, 1997). La planche aux assignats est effectivement détruite le 30 pluviôse an IV (19 février 1796) devant une foule considérable.

1797 – 19 février (1er ventôse an V) :

AVIGNON ET LE COMTAT VENAISSIN SONT CEDES A LA FRANCE – Par le Traité de Tolentino avec le pape Pie VI, Avignon et le Comtat Venaissin sont cédés à la France (Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997).

LES FONCTIONNAIRES AYANT DES PARENTS ÉMIGRÉS SONT SUSPENDUS – Le 1er ventôse an V, l’arrêté suspendant les fonctionnaires ayant des parents émigrés (loi du 3 brumaire an IV) est appliqué dans toute sa rigueur, Quatre membres de la commission municipale de Toulon : Barry, le président, Degréaux, Marquési et Fisquet sont immédiatement suspendus et remplacés. Bien que Barry, fort honnête homme, soit unanimement regretté, Crassons, membre de la commission fait aux nouveaux « élus un discours qui est une apologie du décret (Crassons Jean Jacques Joseph Nazaire Marie, né à Béziers en 1762, est membre du Directoire du département du Var depuis l’an VI et le restera jusqu’en l’an VIII) ; il deviendra commissaire de police en 1802) : « Une loi aussi juste que salutaire, dit-il en parlant de ceux qui partent, nous prive de leurs lumières et de leurs talents, mais nous envisageons le but de cette loi. Elle est destinée à frapper les ennemis de la République qui eussent infecté toutes les parties de l’administration. Qu’importé que dans ses effets elle prive la patrie de quelques bons citoyens : le fleuve qui coule des montagnes de 1’Abbyssinie, pour quelques arbres qu’il déracine dans son cours en féconde-t-il moins les vastes plaines de l’Egypte ? Qu’ils reçoivent, nos dignes et anciens collègues, le juste tribut de reconnaissance et d’estime, qu’ils méritent  » (Archives municipales de Toulon, L 68 – 13.). L’expression de la nécessité des sacrifices indispensables aux grandes causes ne manque pas de grandeur. Que Barry, élu deux fois et malgré tout, soit une victime expiatoire de la victoire révolutionnaire, que le fait soit courageusement accepté et considéré comme indispensable, c’est presque un défi aux ennemis de la République, c’est au moins une prise de position nette de la commission municipale en face de forces adverses qui lui sont imposées (Henriette Trojani, La société et la vie à Toulon de 1795 à 1815).

1799 – 18, 19 et 20 février : expédition d’Égypte –

1. Napoléon, mémoires : Le quartier général, les parcs des réserves, les divisions Bon et Lannes couchèrent le 12 février à Saleyéh ; le 14 à Kathieh, le 15 à Bir el-Abd, le 16 à Birket-Aich, le 17 à Méçoudiah pour arriver le 18, le 19 et le 20 février à el-Arich où Bonaparte les attendait (Napoléon, Les batailles célèbres des Français…). Les courriers de Bonaparte s’interrompent jusqu’au 24 février.

2. Courrier de Kléber au Général Dommartin, El Arich. El Arich, le 30 pluviôse an VII (18 février 1799) – Je me suis rendu chez vous ce matin, mon cher Général, pour vous observer qu’ayant renvoyé à Katieh tous les chameaux de ma division, et n’ayant que 1 200 hommes d’infanterie pour mon carré, il m’est impossible de me charger de 40 000 cartouches, ainsi que vous l’aviez ordonné à l’officier commandant mon artillerie. J’en ai réduit le nombre à 5 000 et je vous prie de le trouver bon.

(note de Henri Laurens : L’arrivée de Bonaparte et d’une grande partie de l’armée est du 17 février. Il dîne le jour même chez Kléber. Mécontent de Reynier en raison des pertes de son premier assaut, et, malgré son brillant succès, il lui refuse l’avant-garde et lui donne le siège du fort d’El Arich. Les reproches faits à Reynier conduisent ce dernier à écrire une lettre de protestation à Bonaparte où on retrouve les mêmes griefs sur l’organisation de la campagne que l’on a l’habitude d’entendre de la part de Kléber : « Un général de division peut et doit certainement réclamer pour ses troupes le poste qu’il pense leur convenir et être le plus honorable. Lorsqu’il reçoit un ordre, il doit montrer l’exemple du dévouement; mais on ne peut lui refuser les égards qui sont dus à son grade et de désirer qu’on rende justice à ceux qui se conduisent bien » (La Jonquière IV, 186). Cette attitude fière des généraux de division a plutôt des conséquences positives quand le commandant en chef est Bonaparte ou Kléber. Avec Menou, elle conduira à une crise du commandement qui sera la cause de l’échec final. C’est la division Kléber avec la cavalerie qui va constituer l’avant-garde dès que la marche de l’armée reprendra).

-Le siège d’El Arish eut lieu du 8 au 19 février 1799 pendant la campagne d’Egypte. L’armée française, commandée par Kléber et Reynier, le général Caffarelli étant à la tête du Génie, y défit les forces ottomanes d’Abdullah Pacha et la ville tomba après 11 jours de siège. Les Turcs y perdirent 400 hommes dont près de 300 rejoignirent les rangs de l’armée française, tandis que le reste fut transféré à Bagdad.

3. DECES du mathématicien Jean Charles de Borda.

1800 – 19 février :

1. FRANCE : devenu Premier Consul, Bonaparte s’installe au palais des Tuileries.

2. EXPEDITION D’EGYPTE :

Du général en chef Kléber au général Belliard. Le 30 pluviôse an VIII (19 février 1800) J’ai reçu, citoyen général, votre lettre du 21 de ce mois. Les firmans du Grand Vizir aux cheikhs du pays pour les engager à la révolte étant de beaucoup antérieurs au traité que je viens de conclure avec lui, il y a tout lieu de croire qu’il leur en fera passer de nouveaux pour les engager à se tenir tranquilles, nonobstant ce, je vous engage à vous tenir sans cesse sur vos gardes. Je présume que vers le 14 ou le 15 du mois prochain toutes les :roupes de la Haute-Egypte seront rendues à Gizeh et au Caire, où j’aurai r plaisir de vous témoigner de vive voix ma satisfaction sur votre dernière maire contre Mourad et les habitants de la province de Béni Souef. je vous salue.

(Suivent deux autres courriers : l’un au général Songis et l’autre à John Keith, secrétaire de Sidney Smith envoyé auprès de Kléber)

Le général en chef Kléber au général Songis. Le 1 ventôse an VIII (19 février 1800)     Etant impossible de vous accorder les 25 000 livres que vous demandez pour achever les transports de l’artillerie, je vous invite à user de la plus grande économie et à ne songer à emporter en France que les effets les plus précieux.

John Keith au général en chef Kléber. Au Caire, le 19 février 1800.  Monsieur le général, La situation de toutes les classes des chrétiens et des Francs établis dans cette ville devenant de jour en jour plus alarmante, en raison de l’approche de l’époque de son évacuation par l’armée française et me trouvant constamment obsédé par leurs pressantes sollicitations pour avoir notre protection que je n’ai pas le droit de leur accorder, il m’est venu dans l’idée d’envoyer Mr. Mario Cavalagi attaché au consul impérial auprès du commodore Sidney Smith qui doit être sûrement devant Alexandrie pour lui porter mes lettres et lui donner de vive voix tous les détails tant à l’égard des dits Francs qu’au sujet des affaires des négociants. Mais pour cela, il lui faudra une permission de vous, monsieur le général, pour se procurer une embarcation afi de se rendre en droiture à bord du Tiger sans être arrêté en chemin. Si vous voulez bien la lui accorder et me l’expédier par le porteur, je vous en serai bien obligé. J’ai l’honneur …

Époque contemporaine

1861 – 19 février : GEORGE SAND S’INSTALLE À TAMARIS – Au début des années 1860, Tamaris présente un paysage riant mais encore sauvage. En pleine forêt méditerranéenne, quelques rares maisons ne sont accessibles que par des chemins étroits et poussiéreux. Très affaiblie à la suite d’une grave maladie qui l’avait atteinte le 27 octobre 1860, George Sand décide de fuir l’humidité berrichonne pour un climat plus doux. Hésitant entre plusieurs stations (Hyères, Monaco, Menton, Nice), elle opte finalement pour la région toulonnaise. Elle abandonne donc l’Indre, son château de Nohant et s’installe du 19 février au 29 mai 1861 dans une petite maison de la corniche Sud de la Seyne, louée à un avoué au Tribunal Civil de Toulon, Maître Trucy.
En 28 jours, elle écrit un roman « Tamaris », qui contribue à une première renommée de ce site, « aussi joli que son nom ». Malgré l’incommodité des accès, les visiteurs se succèdent auprès de la romancière, le Prince Napoléon, Alexandre Dumas-Fils, le peintre Marchai, Ferri-Pisani, des acteurs célèbres…. (Amic Charles, 1998, La Côte d’Azur au temps du tourisme d’hiver).

George Sand vient à Tamaris en 1862 (d’après Emilien Constant, « L’essor de la ville contemporaine v.1850 – v.1914 », qui fait toutefois une erreur de date, puisqu’elle ne vient passer que quelques mois en 1861 à Tamaris.). « Enfin, en février on part. Maurice a déjà devancé pour chercher un gîte, et elle (George Sand) s’embarque avec l’indispensable Manceau et le jeune Lucien Villot, fils de la parente qui l’a soignée. C’est le trajet déjà connu et dont les images les plus lointaines s’effacent. Oui, les routes d’autrefois, les diligences, les auberges, les relais : tout cela n’existe plus. Il y a le train. Celui qu’elle prend l’arrête d’abord à Montluçon, où elle veut voir une mine pour connaître les dures conditions de la vie de ces ouvriers et le décor de leur existence : tout ce qui peut servir à un roman, qui sera La Ville noire. La visite faite, il n’y a plus qu’à changer à Lyon, se laisser porter par le train, voir fuir, à quarante ï kilomètres à l’heure, ces paysages qu’on découvrait autrefois si patiemment sur le pont de ces bateaux tranquilles où elle a rencontré Stendhal. Elle atteint Marseille après des lieues de terres brûlées et pierreuses, de campagnes rases, de marécages herbeux, et elle revoit la mer étincelante. L’ami |Charles Poncy a obligeamment aidé Maurice à découvrir un gîte près de Toulon. C’est à Tamaris qu’elle aborde et qu’elle organise sa vie. Une petite servante naine, un garçon pour les courses, un âne pour porter les provisions, et a petite maison de campagne, isolée, qui domine la mer et le port, deviendra vite habitable, malgré l’absence de cheminées, avec ses quatre chambres, son salon, sa salle à manger, juste le nombre de pièces indispensables où Manceau s’arrange comme il peut un atelier. Le fort Napoléon domine la terrasse et le jardin sauvage. « Le golfe du Lazaret vient mourir doucement au bas de l’escalier rustique. » Peu à peu l’enthousiasme vient. Elle apprend à sentir cette nature sèche et éclatante, ce pays suave et déchiré. « On dit que c’est plus beau que le fameux Bosphore, écrit-elle le 24 février 1861 à son vieil ami Duvernet, et je le crois de confiance; car je n’avais rien rêvé de pareil, et notre pauvre France, que l’on quitte toujours pour chercher mieux, est ce qu’il y a de mieux. » Après quelques malaises, elle se fait à ce climat « rude et superbe, varié et heurté comme le pays », regarde tomber une pluie diluvienne, et le lendemain se couche « avec un  » coup de soleil », écoute « le vent qui couvre si bien le bruit du tonnerre » et peut le soir même contempler le clair de < lune sur une mer sans ride. « Ici, chaleur écrasante et froid de chien d’une minute à l’autre », confie Manceau à Emile Aucante. Je retournerai à Nohant ayant un peu plus mal à la poitrine qu’au départ », car, depuis deux ou trois ans, il est sujet à des rhumes et à des enrouements terribles. Elle, a mal à l’estomac, au foie, aux entrailles. Mais, dès qu’elle va bien, elle arpente le pays, tandis qu’il se hâte « de se fourrer dans son exécrable gravure que le ciel confonde ». « Je commence à croire, avoue-t-il, qu’avec tous les déplacements et dérangements, je ne la terminerai jamais. » Car il y a toujours les mille soins et les visites. Le petit Lucien est là, puis Boucoiran arrive de Nîmes et, après lui, Plauchut. Celui-là est un nouvel ami, bien que George soit en correspondance avec lui depuis des années, et devient tout de suite un enthousiaste fidèle. Il est même assez entreprenant pour qu’elle lui assure qu’il n’est pas du tout le genre qui lui plaît. Mais elle le dit si gentiment que l’enthousiasme ne faiblit pas. Avec lui, Maurice et le petit Lucien, elle découvre « l’epipactis cephalante », qui est un orchis si rare qu’elle en a une joie de triomphe. Le jour, elle flâne, mais, le soir, elle travaille « au lessivage de Valvèdre », qui touche à sa fin. Encore de la copie pour Manceau ! qui écrira une fois de plus que « la plume lui sort par les yeux ». Maurice, tenté par la proximité de l’Afrique, a fort envie d’aller faire un tour en Algérie. Le Prince Napoléon et la Princesse Clotilde l’ont invité pour un long voyage vers les Açores et l’Amérique. Comment empêcher son cher Maurice de faire un voyage aussi tentant? Elle s’y résigne, comme elle s’est résignée avec regret à voir partir le petit Lucien, rappelé par ses parents. Elle a Edmond Plauchut, Manceau et la belle contrée qu’elle parcourt dans la carriole de louage du voiturier Matron, quand les distances sont trop longues. Elle s’enfonce dans l’arrière-pays, interroge les paysans aux faces cuites de soleil et dont le patois, à cause de sa connaissance de l’italien et du latin, lui devient à peu près compréhensible. Elle remarque leurs manières de vivre, si différentes de celles du Berry, cette frugalité des repas, et aussi cette agilité d’esprit qui si souvent perce dans leurs propos, leur goût de la plaisanterie et de la gaîté. Leur mythologie est semblable à eux : nourrie des farces du démon familier qu’est le « drac ». De Paris, on lui mande qu’il est question d’elle pour le prix le plus important que décerne l’Académie. Mais, parmi les Immortels, il y a le petit Sandeau d’autrefois et Mérimée, l’amant de quelques jours, et il y a aussi contre elle sa terrible réputation de « Sand la rouge ». On donne le prix à Monsieur Thiers. Certes, vingt mille francs lui eussent été agréables, et Pauline Villot pense que l’Empereur est tout prêt à lui donner en compensation la même somme sur sa cassette… Non, pas cela! Pas une aumône, et encore moins un achat. Elle dissuade sa parente trop zélée de continuer ses entremises, et répond : « Je me porte bien et n’ai pas de besoins. » Pas de besoins est vrai. Elle s’accommode de tout. Elle s’habille n’importe comment, ne boit que de l’eau, fume n’importe quel tabac. Elle a depuis longtemps jugé qu’il était fou, pour se payer du luxe, de se contraindre aux efforts qui empêchent de savourer les petites joies de la vie. Elle travaille, mais se laisse des loisirs — et si Nohant n’était pas pour elle ce fardeau à soulever sans cesse, si Maurice n’avait pas besoin d’elle, comme elle travaillerait moins! Car sa santé moins solide, la douceur nonchalante du climat, et peut-être aussi cette atteinte insidieuse de l’âge, l’inclinent à l’indolence. Cette grande marcheuse a souvent recours au petit bateau ou à la carriole et quitte avec regret ce pays de soleil où la vie est facile. Ce serait amusant de traverser la Savoie et, en passant par le Dauphiné, qu’elle a imaginé comme décor à Valvèdre, de voir si son imagination a su deviner la réalité. Et elle constate sans surprise qu’elle a pu voir par les yeux de l’esprit, comme elle a pu suivre, sur des routes inconnues d’elle, Consuelo errante et Christian Valdo. Puis elle visite les Charmettes. Manceau rêveusement pense au jeune Jean-Jacques et à la bonne hôtesse. Lui aussi a connu le refuge champêtre, la halte et la douceur d’une femme mûrie par la vie. C’est juin 1861 lorsqu’ils rentrent à Nohant retrouver les étés mouillés. Manceau s’enrhume de nouveau, comme il l’a fait dans le midi soudain glacé de mistral (…) » (Galzy Jeanne, George Sand, Julliard, 1950)

1878 – 19 février : Décès de Charles François Daubigny, artiste peintre ; il était né le 15 février 1817 à Paris.

1890 – 19 février : AJELLO’S SAGA – Inscription maritime, extrait du rôle de levée. Aiello François Cyr, est affecté sur le Provençal (p. 28 : Provençale) en qualité de matelot de 3ème classe (Livret de solde pour officier et marin de Aiello François Cyr, archives familiales)).

1914 – 19 février : Naissance du comédien français Jacques Dufilho. Il décèdera le28 août 2005.

1941- 19 février : AMIRAL JUBELIN, UN SANARYEN DANS LES FORCES NAVALES FRANÇAISES LIBRES — « La langue de Shakespeare me reste bien hermétique. J’ai toutes les peines du monde à entendre ce doux langage. Pourtant, j’ai dû m’y mettre. Rien qu’à bord j’ai trois professeurs d’anglais. Je finissais un thème quand a sonné l’alerte. Dehors, nuit très obscure, bien que le ciel soit clair. On entend deux avions qui tournent au-dessus de nous. Pinceaux de projecteurs, salves de canons. Il fait très froid. Sur la plage arrière, l’officier de quart attend à côté de l’affût quadruple armé au complet. Sérénité absolue. La notion d’inéluctable chasse-t-elle toute impression de crainte ? Il faut certainement que je sois nouveau pour me poser ces questions » (Capitaine de vaisseau Jubelin, Marin de métier, pilote de fortune, Flammarion, 1954).

1942 – nuit du 18 au 19 février : FNFL – « LE SOUS-MARIN FRANÇAIS « SURCOUF » DISPARAIT CORPS ET BIENS DANS LA NUIT DU 18 AU 19 FEVRIER 1942 AU NORD DU CANAL DE PANAMA, PAR 11° NORD ET 79° OUEST, PEU APRES SON APPAREILLAGE DES BERMUDES LE 12 FEVRIER.

Le rapport officiel américain conclut que la disparition du « Surcouf » est due à un abordage accidentel avec le cargo américain Thomson Lykes. Comme tous les sous-marins de cette époque, le « Surcouf « naviguait la nuit en surface pour recharger ses batteries d’accumulateurs, ses feux de navigation évidemment éteints pour ne pas être repéré. Bien plus tard, le rapport d’enquête de la commission française conclura de son côté que sa disparition fut la conséquence d’une méprise. Un hydravion PBY Catalina de patrouille anti-sous-marine chargée de la défense de ces mêmes eaux dans la nuit du 18 au 19 février 1942, aurait bombardé le « Surcouf », le confondant avec un grand sous-marin allemand ou japonais. Cet abordage accidentel, ou cette méprise, a fait 130 morts (dont 4 marins britanniques), sous les ordres du capitaine de frégate Louis Blaison. Un monument célèbre son souvenir sur la jetée du port de Cherbourg. » (Gérard Faugère)

Rapide biographie du sous-marin de croisière « Surcouf » ; construit à Cherbourg ; en service en 1934 (raid Konakry-Cherbourg, à 14 n., fin des essais) ; Brest en 1935 ; Atlantique, 2ème flottille de SM, 1937 ; croisière Antilles et Afrique, 1938 (plus grand sous-marin du monde) ; Antilles, septembre 1939 ; Brest (indisponible) ; quitte Cherbourg pour Plymouth, 18 juin 1940 ; saisi à Plymouth par les Britanniques, le 3 juillet 1940 ; réarmé FNFL en septembre 1940 (indisp. jusqu’au 16 décembre, pas de RADAR) ; première plongée en Angleterre, le 23 décembre 1940 ; Saint-Pierre-et-Miquelon, décembre 1941 ; arsenal de Plymouth (USA) ; abordé et coulé par cargo US Thomson-Lykes dans la nuit du 18 au 19 février 1942 dans golfe du Mexique (voir le texte ci-dessus).

1942 – 19 février : LE CROISEUR DE BATAILLE « DUNKERQUE » QUITTE ORAN POUR RALLIER TOULON – A 4 h 00, le Dunkerque, sommairement remis en état, appareille secrètement d’Oran pour Toulon, sous le commandement de Tanguy, Seguin ayant pris à Toulon celui du Strasbourg. On redoute tellement une attaque britannique que l’appareillage se déroule au milieu de la nuit dans le plus grand secret. Le Dunkerque est protégé sur son parcours par 2 sous-marins de la 12e division (Diane et Argonaute) mouillés depuis la veille devant le cap Falcon, et par la 2e division de contre-torpilleurs (Kersaint, Tartu, Vauquelin). Le cuirassé a à son bord le CA commandant la marine à Oran qui dirige l’opération. 6 h 00 : jonction avec les navires d’escorte. Le navire navigue à dix-huit nœuds avec une seule machine. Des explorations aériennes sont effectuées tout au long du trajet. « Durant toute la traversée, raconte Robert Diné, les mécaniciens ont passé leur temps à combattre les incendies qui se déclaraient du fait de l’immersion prolongée dans le mazout du calorifugeage des tuyauteries, des corps de chaudière et des machines. Tout prenait feu allègrement ! Les tubes des chaudières étaient corrodés par la suie du fuel et le long séjour dans l’eau.».

Période récente

1951 – 19 février : MORT D’ANDRE GIDE, PRIX NOBEL DE LITTERATURE 1947.

1957 – 19 février :

1. « LE CANOT MAJOR DU CENTRE DE SAINT-MANDRIER S’ECRASE SUR LA JETEE DU PORT SAINT LOUIS, AU MOURILLON. Un matelot projeté dans la mer en furie est sauvé par un officier de la marine témoin du naufrage » (République de Toulon et du Var du mardi 19 février 1957). Dans la nuit du dimanche 17 au lundi 18 février, le temps se gâte nettement sur le littoral méditerranéen. De violents orages, des trombes d’eau et d’importantes bourrasques se succèdent. Au petit matin, le mistral, comme souvent, se réveille et souffle en rafales atteignant des vitesses proches de cent trente kilomètres à l’heure ! Le canot major est une vedette de la Direction du port propulsée par deux petits moteurs Diesel. Il effectue, en quelques minutes, tous les matins, la traversée de la baie des Vignettes jusqu’à Saint-Mandrier. Du bateau, on ne put récupérer que les moteurs. Coût de l’opération : 20 millions de francs (Ken Nicolas, vol. 1, p. 307-308).

2. MORT DE MAURICE GARIB, cycliste et vainqueur du premier tour de France en 1903.

1959 – 19 février : Décès de Jean-Pierre Ducasse, coureur cycliste professionnel.

1971 – 19 février : GRAVE ACCIDENT DE PLONGEE DU SOUS-MARIN « FLORE » AU LARGE DU CAP SICIE – Noyage du local de la propulsion Situation difficile – Largage plombs de sécurité. Lancé en décembre 1960, présenté en recette le 18 janvier 1962, il a été mis en service le 21 mai 1964. Cinquième bâtiment de la série, il était le troisième construit à Cherbourg. Il était le dixième bâtiment de la Marine nationale française, mais le premier sous-marin, à porter le nom de Flore. Après son premier grand carénage réalisé par l’Arsenal de Lorient entre le 16 avril 1965 et le 29 avril 1966, il devait rallier l’Escadrille des Sous-marins de la Méditerranée basée à Toulon. Son deuxième grand carénage était réalisé par l’Arsenal de Toulon entre le 28 mai 1969 et le 1er avril 1970. En janvier 1968, la Flore était victime d’une « fortune de mer »1, dont elle se sortait avec des dégâts limités à un enfoncement du carénage de l’appareil d’écoute microphonique (ou sonar passif) de l’étrave, le « bulbe » d’étrave inférieur.

Le vendredi 19 février 1971 en matinée, la Flore, commandée par le lieutenant de vaisseau Leize, navigue dans le secteur T66 et participe à des entraînements avec le sous-marin Diane, à environ vingt milles nautiques au large de Toulon. La visibilité est bonne, mais les conditions météorologiques sont mauvaises: vent de force 8 orienté Nord/Nord-Ouest et mer de force 6. Le sous-marin navigue au schnorchel depuis 10 heures, tous les membres de l’équipage sont à leur poste. Au Poste Central, le « maître de Central » conduit la manœuvre avec l’aide de l’électricien de central. Il est environ 10h 15.

Le témoignage d’un officier marinier présent au Poste Central : « En tant que jeune second maître électricien, je figure sur la feuille de rôle de la journée, comme surveillant du poste de propreté au Poste Central. Je constate au travers du débit visible de la boîte des purges des aériens, fixée à bâbord contre la cloison arrière du Poste Central, que les purges débitent à jet plein, et ce en permanence. Ce fait m’inquiète, de plus j’ai l’impression que ma présence est inutile car l’eau de mer déborde de la boîte par la porte en plexiglas non étanche et coule sur le parquet. À part éponger cette eau, qui va certainement arroser également le local des Auxiliaires en s’écoulant par les contours de la trappe d’accès, je ne vois ce que je peux faire. Je le signale au maître de central qui me répond… qu’il s’en est rendu compte mais qu’il a fort à faire pour garder l’immersion périscopique tout en surveillant les différents indicateurs. En effet, le sous-marin roule au gré des vagues prises par le travers. Le cap est difficile à tenir. À la fin du poste de propreté, je quitte avec soulagement le Poste Central pour me diriger vers le Poste Arrière5. D’un pas prudent, renvoyé d’un bord à l’autre, je passe la tranche hygiène puis le compartiment des diesels. Je crains d’avoir perdu tout appétit, tant à cause de ce maudit roulis, que de l’odeur de gazole et de cette chaleur suffocante qui se dégagent de ce compartiment. J’essaye d’échanger quelques mots avec mes collègues de quart au Poste de Propulsion : «c’est OK? Tout est clair?». En guise de réponse, j’ai droit à un froncement de sourcils qui indique simplement que toute conversation est entendu impossible tant est assourdissant le bruit des diesels. Tout me semble normal, les deux groupes électrogènes tournent comme de vraies horloges et le bateau, tant bien que mal, file sa route. Arrivé au Poste Arrière, j’aperçois le « garçon 6 » qui s’apprête à dresser la table. Je réalise que « c’est un jour avec », c’est à dire que l’apéritif est autorisé ce jour de la semaine 7. En ce qui me concerne, j’opte pour la position repos et je rejoints en conséquence la bannette supérieure tribord avant. J’ai décidé que je ne déjeunerai pas à la première « soupe s », ni à la seconde non plus. Cette navigation au schnorchel qui s’éternise m’a remué les tripes. Allongé sur ma bannette, je ressens moins les effets de la houle. J’aspire néanmoins à ce que le bâtiment prenne le plus tôt possible la tenue de plongée. À 10h 41, retentit le klaxon d’alerte. Instinctivement j’ai regardé ma montre. À en juger par l’effet ressenti par mes tympans, je pense qu’il s’agit d’une alerte technique 9 pour dépression excessive. Etant donné les conditions de mer, je n’en suis pas étonné. Le tiers qui doit prendre son quart et d’autres membres de l’équipage volontaires pour occuper les places disponibles ne vont pas tarder à se mettre à table. Soudain, nous parvient le bruit caractéristique de la chasse aux ballasts: que/que chose d’anormal est en train de se produire puisque nous percevons également l’ouverture des purges du ballast n° 1, commandée depuis le Poste Central. J’ai l’œil rivé sur le manomètre d’immersion du Poste Arrière: il cafouille, son aiguille s’affole, vraisemblablement à cause de la chasse aux ballasts. A quelle immersion sommes-nous? Peut-on encore se fier à ce manomètre? Nous sentons que la Flore se cabre en pointe positive, mais aussi que nous coulons par l’arrière. Tout va très vite, quelques secondes, au plus ! La porte qui sépare le Poste Arrière du local propulsion laisse passer par le chambranle des filets d’eau qui envahissent le Poste Arrière. Nous suivons la montée inexorable de l’eau dans le local propulsion : celle-ci atteint maintenant le hublot de la porte. Mes yeux sont rivés sur ce hublot. L’eau de couleur verdâtre et dans laquelle on voit flotter quelques traces de graisse ou de gazole, auxquelles la lumière des néons du local propulsion donne du relief, semble nous narguer… Est-ce un cauchemar? Est-il possible que tout l’avant du sous-marin soit envahi? Bien sûr, il est vraisemblable que la présence de cette eau est due à la forte assiette positive du bâtiment, qui provoque son déplacement vers l’arrière. Notre analyse n’a plus de lien avec la réalité. Le comportement du navire nous échappe. Le maître adjoint électricien demande de l’aide et s’arc-boute à la poignée de la porte afin d’éviter que celle-ci ne s’ouvre et que nous soyons noyés par la masse d’eau contenue dans le local propulsion. Il ne faut absolument pas que la porte s’ouvre ou qu’elle cède sous le poids qu’elle supporte. Les sectionnements de ventilation S1 et S2 de la cloison sont fermés. Le Poste Arrière est désormais isolé, l’eau ne pourra pas s’engouffrer par les conduits de ventilation. Le «patron du pont » dans un geste de condamné à mort, vide le verre de pastis qu’il tenait à la main, dans lequel il n’a pas eu le temps de mettre de l’eau et nous dit d’un ton calme en nous regardant: « cette fois les gars, on y va ». Il se hisse alors tranquillement dans sa bannette, regarde fixement le plafond et reste immobile. À qui vont ses pensées ? peut-être est-il en train de prier? Pendant ce temps, toute la vaisselle glisse sur le parquet. Et puis, comme dans un flash, j’imagine ma famille, les gens que j’aime, vêtus de noir… Non c’est un mauvais rêve. Je veux le chasser de mes pensées. Nos visages sont décomposés, mais la panique ne nous a pas totalement gagnés. Nous sommes résignés parce qu’impuissants face à ce qui nous arrive. Chacun de nous, peut-être pour se donner une contenance, est agrippé à un élément du poste arrière. Nous voudrions agir, tenter une action, mais quoi? J’entends alors par la diffusion générale « incendie propulsion ». Cette annonce nous sort de notre torpeur… et nous rassure à la fois : l’eau n’a donc pas tout envahi, nos camarades de l’avant ont la maîtrise de la situation. Il me faut revêtir le « fenzy » en vitesse, car c’est mon rôle en tant que chef de quart propulsion du tiers de corvée. En un éclair, me voilà équipé. Un collègue a sorti le fenzy de sa caisse, une multitude de mains m’ont aidé à m’équiper. En moins d’une minute je suis prêt à passer dans le local propulsion dès qu’il deviendra possible d’y accéder. Ce qui me passe par la tête à ce moment-là est curieux: « ça me contrarie de partir dans l’au-delà… ainsi accoutré ». Je suis encore dans mes pensées, quand soudain, le sous-marin se redresse, et revient pratiquement à l’horizontale. La porte se dégage, je peux donc passer de l’autre côté et combattre l’incendie. Cet incendie, je ne le combattrai jamais… pour la bonne raison qu’il a été éteint par l’eau de mer qui, maintenant, noie la cale du local propulsion. Le court-circuit qui s’est produit dans les tableaux électriques n’a pas entraîné l’incendie redouté, car le chef de quart qui manœuvrait les pieds dans l’eau a rapidement déclenché les disjoncteurs de 5000 ampères, évitant /’extension de l’incendie (« merci cher camarde, nous te devons une fière chandelle ! »). Seule une légère fumée accompagnée d’une odeur âcre de vernis brûlé, nous irrite les yeux. Il est 10h45, nous voilà revenus en surface, roulant et tanguant tant et plus, mais apparemment sains et saufs. On équilibre l’intérieur de la Flore avec la pression extérieure en ouvrant le sectionnement du portevoix, puis on ouvre le panneau supérieur du sas du massif, ce qui va permettre de renouveler l’air de l’atmosphère du bord. Le Commandant monte à la passerelle et donne l’ordre d’établir les liaisons avec le sémaphore du cap Cepet et l’Escadrille des Sous-Marins de la Méditerranée. Nous effectuons un rapide bilan, qui nous montre qu’il n’est plus question de démarrer les groupes électrogènes: la génératrice tribord est noyée, celle de bâbord a un isolement trop faible et les tableaux électriques sont hors d’état de fonctionner. La batterie tient bon et nous pouvons donc disposer de l’éclairage et des pompes d’assèchement. Nous apprenons également que les plombs de sécurité ont été largués : notre salut tient beaucoup, sans doute, à cette manœuvre. La liaison avec Cépet et la base des sous-marins de Missiessy a été établie et nous avons pu demander l’aide des moyens de secours et de remorquage. Ce qui va se passer désormais n’a plus qu’une importance secondaire: sortis d’un très mauvais pas, nous avons la chance de nous retrouver en surface à l’air libre avec un bâtiment exempt de voie d’eau. Nous attendrons l’arrivée des secours sans hâte, malgré une situation rendue peu confortable par une forte mer de travers. Nous nous remettons doucement de nos émotions lorsque nous apprenons que certaines stations de radio viennent de diffuser des informations sur /’événement que nous venons de vivre, sans aucun ménagement et plus grave encore, en omettant de signaler que tout danger est définitivement écarté. Cette nouvelle nous fait l’effet d’une gifle en pleine figure. On n’avait pas besoin de ça! Nous regretterons bien sûr que les familles n’aient pas été préalablement rassurées. Peut-être les tragédies survenues sur les sous-marins du même type dans les années précédentes ont-elles entraîné les médias sur de fausses pistes. Heureusement, une mise au point sera diffusée un peu plus tard sur les ondes. »

La Préfecture maritime de Toulon prit aussitôt des dispositions lorsque les messages de détresse de la Flore lui parvinrent. Elle dépêcha sur place les remorqueurs de haute mer Pachyderme et Travailleur et demanda aux escorteurs d’escadre Cassard et La Galissonnière, de l’escadre de la Méditerranée, qui ralliaient Toulon après quinze jours d’entraînement passés à la mer, de se dérouter pour rejoindre la Flore.

À 12h08, La Galissonnière est sur zone, puis à 13h30, c’est au tour du Pachyderme. Le Travailleur ralliera un peu plus tard. À 13h 58 commencent les manœuvres d’approche, destinées à passer une remorque au sous-marin à l’aide d’un fusil lance amarre. Plusieurs tentatives du Pachyderme restent cependant infructueuses. À 17heures, le Pachyderme abandonne et cède sa place au Travailleur, remorqueur plus petit et a priori plus manœuvrant. De nombreux passages se soldent à nouveau par autant d’échecs. C’est alors qu’un membre de l’équipage de la Flore a l’idée géniale de lancer à la mer une touque de vin en plastique vide reliée à la ligne de remorque. A 17h40, la remorque est saisie et embraquée avec beaucoup de précautions par le remorqueur. Il est 18h 03, le remorquage peut commencer. La Flore, remorquée par l’arrière, a tendance à se mettre dans le lit du vent, ce qui ne facilite pas /es opérations. Ce n’est que vers 21 h 15 que nous arriverons à faire vraiment route vers Toulon. Au fur et à mesure que nous approchons de la côte, le vent et la mer deviennent plus calmes. Nous atteignons les passes vers Oh30. Deux remorqueurs de la Direction du Port nous prennent en charge et nous mettent à 0h 15 à couple de la Diane, au poste 411 à Missiessy… »

Le sous-marin entre au bassin de Missiessy dans la matinée du 20 février. Là, il sera complètement asséché puis les machines seront rincées à l’eau douce. La Commission d’Enquête se réunissait dès 9heures ce même samedi 20 février, sous la présidence du contre-amiral Joire-Noulens, commandant les forces sous-marines. Le schnorchel de la Flore fut soumis, au titre de l’enquête, à des essais de bon fonctionnement: ces essais ne mirent en évidence aucune défaillance ou anomalie (Georges Kékorian, 2005 :  Le sous-marin Flore fut retiré du service en mars 1989 après avoir poursuivi sa carrière. Il a retrouvé une nouvelle jeunesse en tant que bâtiment musée installé dans l’enceinte de l’ex-base sous-marine de Kéroman, à Lorient, à l’initiative de l’association pour le musée de l’Escadrille des Sous-Marins de l’Atlantique).

1973 – 17 et 19 février : « ACCORD SIGNE : LA MARINE A CEDE A LA COMMUNE DE SAINT-MANDRIER LE FORTIN DE LA COUDOULIERE EN ECHANGE D’UN TERRAIN A BATIR (Var-matin République du dimanche 19 février 1973). » Les Conseillers municipaux étaient convoqués spécialement à la mairie de Saint-Mandrier, samedi 17 février, pour une séance privée ayant pour objet la signature de l’acte d’échange d’un terrain cédé à la Marine contre le fortin de la Coudoulière qui devient propriété communale. Pour comprendre l’importance de cette formalité, il faut se rappeler que Me Juvenal désirait ardemment donner des plages à la commune. En l’espace de deux années, la Marine a cédé à la ville le terrain du quartier de la Vieille où la Municipalité a réalisé une petite plage agréable. « La plage de la Coudoulière était menacée car il y était prévu à l’origine l’édification d’une gendarmerie maritime comportant trois logements de trois pièces, huit logements de quatre pièces, cinq logements de cinq pièces, ainsi que vingt garages, bureaux et dépendances. » la ville cède à la Marine un terrain situé à proximité du C.I.N. contre les abords du fort de la Coudoulière qui deviennent propriété de la commune. Les Mandréens connaissent bien ce terrain situé au Rondpoint du 8 mai car la gendarmerie maritime a été construite depuis sur l’emplacement du four où l’on brûlait les ordures ménagères (Gisèle Argensse, 2000, p. 96). La Marine construisit un four au Cannier. On y brûlait ses ordures et celles du village. Il était convenu que la Marine fournirait le four tandis que la commune mettrait le personnel pour le faire fonctionner. Ainsi Jacques Cléroux, Pierrot Garrido et Alix Onard y travaillaient. « Le village prenant de l’importance et les ordures augmentant de volume, un arrangement avec la ville de Toulon permit de déverser les ordures de Saint-Mandrier à Lagoubran. » (Gisèle Argensse, 2000, p. 98)/

1984 – 19 février : UN NOUVEAU DISQUE DE BELTRAME – Beltrame, lo cantaire occitan provençau d’Olliulas tocant Tolon, vène de sortir un grand 33 torns, « Lei gents s’Occitània », onte son recampadas un desenau de cançons (Beltrame Gaston, Lo Rostidor, 83190, Ollioules, Ô Ventador, 1, carriera de Lorraine, 34500 Besièrs. Resumit : un nouveau disque de Beltrame, « Lei gents d’Occitanie », qui est le septième de ce chanteur occitan qui rappelle Brassens. De bonnes chanson et une bonne harmonisation (Petit-Varois, 19 février 1984).

1986 – 19 février : Mise en liquidation judiciaire de Manufrance en 1985, nom commercial pour Manufacture française d’armes et cycles de Saint-Étienne. Cette société française de vente par correspondance, située dans la ville industrielle de Saint-Etienne, avait tout juste 100 ans puisque créée en 1885. Le 19 février 1986, le matériel, le mobilier et les immeubles étaient vendus. Le 3 avril 1986, la société déposait son bilan. L’activité renaîtra sous l’impulsion de Jacques Tavitian en 1988. Après le rachat de quelques marques du portefeuille de l’ancienne société Manufrance, et la création le 1er octobre 1988 de la SARL « Manufacture française d’armes de Saint-Étienne » dont il est le gérant, Jacques Tavitian relancera l’activité par le biais d’un magasin à Saint-Étienne et un catalogue de vente par correspondance. La production de fusil (Robust et Simplex) sera également relancée.

1988 – 19 février : MORT A PARIS DU POETE ET RESISTANT RENE CHAR, né le 14 juin 1907 à l’Isle-sur-la-Sorgue. Il fut, durant la guerre, chef du réseau parachutage de la région Durance. On lui doit, entre autres, une précieuse correspondance avec Albert Camus qui s’étala de 1946 à1959 et que publièrent les éditions Gallimard en 2007, édition établie, présentée et annotée par Franck Planeille.

1997 – 19 février : MORT du chef d’orchestre ANTONIO DE ALMEIDA.


9. ACTUALITÉ MÉMOIRE

📰 2007 – 19 février : LUTECE, QUI ETAIT LE NOM DU PARIS ROMAIN IL Y A 2 000 ANS, FAIT L’OBJET D’UN CAHIER SPECIAL DU JOURNAL L’EXPRESS (« Paris au temps des Romains », L’Express, 8 février 2007). On sait, depuis la découverte des pirogues de Bercy, que Paris comptait déjà des peuplements au Néolithique, il y a 5 000, 6 000, 8 000 ans peut-être. En revanche, les Gaulois, s’ils y ont sans doute séjourné, ne l’ont apparemment pas fait de manière stable, puisqu’il n’y a pas eu véritablement de gros village gaulois.
Il faut attendre quelques dizaines d’années avant Jésus-Christ, autour de 30, pour que Lutèce s’installe et se développe. Petit à petit, cette ville gallo-romaine finit par réunir entre 5 000 et 10 000 habitants. C’est une ville très arrogante, si je puis dire, et qui, aujourd’hui encore, garde de cette « superbe ». Avec 10 000 habitants, elle ose, en effet, entre le Ier et le me siècle, construire des institutions immenses. Il y avait, par exemple, cet amphithéâtre, les actuelles Arènes de Lutèce, conçu pour contenir 15 000 personnes, soit bien plus que le nombre d’habitants, et où se tenaient des spectacles de théâtre, mais aussi de cirque. Il y avait un théâtre rue Racine, un forum à peu près à l’emplacement de la rue Soufflot ; c’était d’ailleurs là le centre de la cité, avec toute l’administration et le clergé. Il y avait aussi trois piscines, que l’on appelle des thermes : les thermes de Cluny, ceux découverts récemment à l’emplacement actuel du Collège de France et ceux situés sous ce qui est aujourd’hui la rue Gay-Lussac. Et, comme on manquait d’eau pour une telle population, on allait la chercher très loin, à 25 kilomètres, au moyen d’un aqueduc. Cet aqueduc, qui venait en effet de Rungis, avait un débit de 2 000 m3 par jour estime-t-on, ce qui sans être énorme était tout de même une bel performance (Yves Coppens, Chronique du 19 février 2007).

2018 – 19 février : MÉTÉO SANARY – ciel partiellement couvert avec un vent de 14 km/h et des minimales de 8° à 6h,, 7- à minuit, mais moins de 4° au lever du soleil mardi.

2019 – 19 février : MÉTÉO SANARY – Après une nuit avec un ciel très nuageux, le soleil devrait devenir très présent dès 10h avant que de nouveaux nuages apparaissent en fin d’après-midi. Le vent, de secteur ouest jusqu’à 16 h, soufflera du nord et du nord-est la nuit prochaine. Tout au long de la journée, il ne devrait pas dépasser les 10km/h. Les températures devraient être de saison avec 4° à 7h, 10° à 10h, avec un pic à 13° dans l’après-midi pour retomber à 5° dans la nuit.

2020 – 19 février : MÉTÉO SANARY – Le mistral aidant (pointes jusqu’à 55 km/h), la journée qui vient s’annonce comme ensoleillée. Les températures, quoique un peu plus basses, sont tout de même relativement douces pour la saison avec 8° pour les minimales et 15° pour les maximales.

📅 Références de ce 19 février : Amiral Jubelin, archives de l’Evêché, Archives de Sanary H2, archives départementales des Bouches-du-Rhône, B. Rotger, Carlo Varaldo, Dr Barthélemy, Elisabeth Sauze,   Frédéric Mistral,  Gaston Beltrame, George Sand,  Gérard Delaforge, Germondy, Girardin, Henri Laurens, Henri Ribot, Henriette Trojani, Henry de Gérin-Ricard, Inscription maritime de Toulon, Jean-Baptiste Kléber, Jean-Charles Volkmann, Jean-Paul Boyer, John Keith, Ken Nicolas ; Le Petit-Varois, Levy, Louis Baudoin, Lucien Bély, M. Maurel, Magloire Giraud, Martin Aurell, Maurice Druon, Michel Pasqualini, Michel Vovelle, Mireille Pagni, Napoléon, Noël Coulet,  Papon, Pascal Arnaud , Raymond Boyer, registre miscellanea de la Cour des comptes p.153, Roger Vallentin du Chaylard, Roux,  Var-Matin, Yves Coppens, etc.


Vaison-La-Romaine – Espace Theosa (cl. H. Ribot.

10. DÉTENTE

😄 La blague du jour. Toto regarde par le trou de la serrure ce qui se passe dans la chambre de ses parents et il murmure : « Quand je pense que moi, si je me fous les doigts dans le nez, on me balancent une gifle !


11. CLÔTURE

Il est à présent 7 heures, bise aux filles, affectueuses pensées pour Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber.

Bonne journée à tous à tous et à demain pour fêter les Aimée !

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