ÉPHÉMÉRIDES DU JEUDI 9 OCTOBRE 2025 – 14e ANNÉE (n° 4936)
Illustration : Algérie – le site romain de Lambèze, non loin de Timgad (clichés d’H. Ribot 2018, peintures et dessins originaux de F. Roustan 1872.
FETES : « Montjoie et Saint Denis » !
En voici une fête qu’elle est belle ! et ils sont près de 150 000 à porter le nom de ce saint italien venu en Gaule pour évangéliser le pays avec six compagnons. Premier évêque de Paris après avoir occupé le siège d’Arles à la suite de saint Trophime, DENIS fut décapité avec deux d’entre eux, Eleuthère et Rustique, à la charnière des IIIe et IVe siècles, sur la route menant à Montmartre.
En Provence, saint Denis est le patron de Lamanon, de Châteaurenard et … des arquebusiers. On le fêtait à Marseille lors d’une cérémonie dite « des Paysans ».
A Cuers, il est réputé comme guérisseur des maladies infantiles.
Dans le calendrier républicain, ce 18e jour du mois de vendémiaire An II était dédié au sarrasin, la plante évidemment ! pas le Maure.
DICTON : Quand un homme a peur, la colère n’est pas loin !
PENSÉE : « Chien écoutant la voix de son maître aimerait changer de disque » (Pierre Dac).
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EPHEMERIDES :

CHOIX DE DOCUMENTS DU JOUR.
EXPEDITION D’EGYPTE (1798-1801) : Le 17 vendémiaire an VIII (9 octobre 1799)
- Le citoyen Poussielgue, contrôleur des dépenses de l’armée et administrateur général des finances de l’Egypte, au Directoire Exécutif – Résumé de son courrier : ce courrier du contrôleur des dépenses de l’armée présente la situation critique de l’armée française en Égypte après le départ de Bonaparte, sous le commandement du général Kléber. L’armée est isolée, épuisée, manque de ressources et doit faire face à l’hostilité de la population locale, aux Mamlouks, aux Arabes, et aux forces ottomanes soutenues par les Anglais et les Russes. Les finances sont désastreuses, le système fiscal est complexe et inefficace, et la misère menace autant l’armée que les habitants.
- Le général en chef Kléber au général Menou – Résumé : Kléber demande de réquisitionner rapidement du riz à Rosette pour le Caire, en veillant à ne pas pénaliser les pauvres.
- Le général en chef Kléber au général Reynier – Résumé : Kléber recommande de surveiller les exportations par caravanes vers la Syrie.
- Le général en chef Kléber au Directoire Exécutif – Résumé : Par l’intermédiaire de Barras, Kléber recommande de négocier l’évacuation de l’Égypte pour préserver l’armée, tout en soulignant que le pays pourrait devenir une colonie prospère, mais que les circonstances ne le permettent pas.»
MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS : 922e livraison –1934 – 9 octobre : ASSASSINAT, sur la Canebière, DU roi Alexandre premier de Serbie et DU ministre Louis Barthou. Arrivé à Marseille le matin même à 16 h 15, le roi Alexandre 1er de Yougoslavie est assassiné par des terroristes croates (Chernozemski). Le ministre des Affaires étrangères, Barthou, venu l’accueillir à la descente du bateau, est mortellement blessé. Total : 6 morts. Les Parisiens, rigoureusement ignorants de tout ce qui touche à la vie provinciale, ne manquaient pas en cette triste circonstance d’incriminer Marseille et l’insouciance des Marseillais. Ceux-ci, cependant, ou leurs représentants, avaient été tenus complètement à l’écart des préparatifs de la réception royale : l’organisation et les mesures de police en avaient été confiées à un fonctionnaire mandé tout exprès de Paris et qui s’acquitta — on sait comment — de sa tâche (Castellari, 1945).
SANARY : 722e livraison – 1867 – 9 octobre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – Mercredi, vent toujours très fort. Mistral en tempête. Le soleil brille, ce qui fait que, durant la journée, le froid est moins sensible. Mais à cinq heures du soir, on éprouve le besoin de se réchauffer chez soi. –1869 – 9 octobre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – Samedi. Vent d’Est ce matin de bonne heure avec ciel couvert. A huit heures le temps change, le vent d’Est s’arrête et le vent d’ouest s’établit avec un ciel couvert de brume. Vers midi, le soleil très fort tue le vent d’ouest, comme on dit ici, et le vent cesse presque complètement. Quelques personnes, se basant sur le fait que le soleil est très fort, disent qu’il pleuvra bientôt. Vers le soir, le vent d’Ouest tombe et le vent d’Est reprend son empire : ce que l’on appelle le vent sec !
LA SEYNE-SUR-Mer : 616e livraison : -1793 – après le 9 octobre : UNE CONSEQUENCE DE L’ASSAUT D’UN COMMANDO BRITANNIQUE CONTRE LA BATTERIE DES SABLETTES : LA BATTERIE DES HOMMES SANS PEUR – Colère de Bonaparte contre le chef de batterie des Sablettes qui s’est laissé surprendre. Il en fait construire alors une autre à la Pointe de Mar vivo, dite de “Fabrégas”, 3 pièces de 24 et une de 36, qui commande l’isthme et la baie des Sablettes, et, le 18 octobre, une seconde aux “Quatre Moulins”, 2 pièces de 24, qui doit protéger les batteries avancées. Mais la batterie des Sablettes qui est la plus proche de la grande redoute est à 1200 mètres, elle est trop loin pour que ses boulets massifs atteignent avec précision les joues des embrasures, et ses bombes sont plus imprécises encore. La batterie des Quatre-Moulins est à 1 400 mètres. Il y aurait au-devant de ces quatre moulins un emplacement favorable, au pied des deux autres moulins ; la distance est de 1 000 mètres, l’on ne gagnerait pas grand-chose. Mais au-devant de ces deux moulins se trouve une hauteur que les Anglais ont négligé d’occuper. De là les ouvrages anglais ne sont plus qu’à 500 mètres, l’on pourrait y placer des pièces de 16, qui très efficaces à cette distance tirent plus vite que les pièces de 24 beaucoup plus lourdes, donc plus longues à être pointées, et à être ramenées à l’embrasure. Malencontreusement, la batterie que l’on pourrait y installer trouverait devant elle toute la batterie anglaise de cinq pièces de 36 qui fait face à La Seyne. Il faudrait à Bonaparte pour tenir cette position des canonniers au courage exceptionnel ; des hommes sans peur. C’est ce nom qu’il donnera dans quelques jours à cette position.
OLLIOULES : 623e livraison : 1793 – 9 octobre – La batterie des « Hommes sans Peur » avait pour mission de battre les objectifs purement terrestres, particulièrement la redoute Mulgrave et son annexe, la batterie anglaise « Saint-Philippe ». Armée de 3 pièces de 16, de 3 mortiers de 8 et de 2 mortiers de 12, elle avait été placée sur le relief qui se détache très nettement à l’Est des Deux Moulins, comme l’avait ordonné le commandant Bonaparte dans sa note d’Ollioules datée du 24 octobre : « L’on établira ce soir, la batterie des « Hommes sans Peur » au-devant des Deux Moulins ». Les travaux avaient commencé à cette date mais devant l’incompréhension de Carteaux, ils furent arrêtés aussitôt et ce n’est qu’après le remplacement de ce général qu’elle fut installée définitivement par Bonaparte..

(Lambèze, arc de Commode)
ÉPHÉMÉRIDES.
L’INTÉGRALE.
–1220 – 9 octobre : Marseille. Transaction entre les recteurs de la commune de Marseille, au nom de qui Pierre de Saint-Jacques avait reçu en gage du vicomte Roncelin, et pour 350 livres, les droits de justice en la ville de Marseille, et l’abbaye de Saint-Victor, héritière de Roncelin, qui avait fait excommunier ledit Saint-Jacques ; les recteurs reçoivent 4.000 sous et promettent d’indemniser Pierre de Saint-Jacques. (acte des vicomtes de Marseille n° 413, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. :Saint-Victor, Petit Cartulaire, fol. 108. Guérard, n° 929. — b. G. Doublet, Recueil des actes concernant les évêques d’Antibes, n° CLXI, édit, partielle.
–1596 – 9 octobre : quelques lieudits de Marseille.
1. Accates (reconnaissance passée, registre n° 54 des archives de l’Evêché de Marseille, f° 132). Les Accates 1872, commune de Marseille (village, puis quartier des Camoins). Cette propriété prit le nom d’Accates à cause des baux emphytéotiques (ad acaptum) qui furent établis par Jacques de Forbin, propriétaire de ce tènement. C’est ce qui résulte de la reconnaissance passée le 9 octobre 1596 (registre n° 54 des archives de l’Evêché de Marseille, f° 132). Il s’agissait de la cession de jouissance d’une métairie. Evolution du toponyme : Pique-Nose avant 1596 ; Achaptes de Forbin 4 septembre 1577 ; Aquates 1713 ; Acates 1745.Pour couronner le tout, en 1455, les anciens reconnaissaient dans ce lieux trois hameaux les Fabres (le vallon de Bertrand Fabre est cité en 1455),les Romans et les Accates.
2. La métairie des Romans fut mise en rapport vers la fin du XVIe siècle par François Roman qui s’établit au lieu appelé alors Jas de Cogordon (Terre de Dominique et Clément Romans au Jas de Cougourdon, registre n° 61 de l’Evêché). Après sa mort, ses héritiers ou représentants passèrent reconnaissance à la cour de Saint-Marcel, le 9 octobre 1596. Les Romans, hameau de la commune de Marseille en 1872. Devenu par la suite : Les Romans ou la Petite Clué, 29 août 1579 (registre aux archives de l’Evêché de Marseille).
3. Vallon des Fabres, 9 octobre 1596 (acte aux archives de l’Evêché). Les Fabres – hameau en 1872 de la commune de Marseille, quartier des Camoins. Origine du toponyme : Vallon de Bertrand Fabre appelé de la Clue, 25 avril 1455(acte aux archives de l’Evêché).

–1715 – 7, 8 et 9 octobre : Catalogue des titres de la terre de la Molle, n° 25 : 25 mars 1715 : Requête présentée à la chambre des eaux et forêts par Mme de Guivau, dame de la Molle, pour obtenir une défense de faire paître des bestiaux le long de la rivière, d’y couper des peupliers. Significations faites aux consuls de la Garde-Freinet, de Cogolin et de Grimaud les 7, 8 et 9 octobre 1715. (Merci, Bernard Romagnan).
–1720 – 9 octobre : Ce jour-là, quatre Bandolais décédèrent de la peste.
–1767 – 9 octobre : SEIGNEURS ET COSEIGNEURS DE LA GARDE (près de Toulon) – Charles-Joseph-Paul de Thomas (1723-1767). Petit- fils et héritier universel de Joseph-Paul. On trouve dans le registre des décès de 1767 : « L’an 1767 et le 9 du mois d’octobre, le corps de messire Charles-Joseph-Paul de Thomas, haut et puissant seigneur, chevalier, baron de Sainte-Marguerite et de La Garde, conseiller du roi en ses conseils, président de la Cour des aides, comptes et finances de cette province, âgé de 67 ans, mari de dame Anne-Eymarre de Boyer d’Argens d’Aiguilles, décédé hier après le minuit dans son hôtel de Toulon, a été transporté de la paroisse de Sainte-Marie et présenté par messire Broquier curé de cette paroisse, et inhumé en l’église paroissiale dudit Garde à onze heures avant midi. »
Dernier seigneur de Sainte-Marguerite et de La Garde, il mourut après avoir perdu ses deux fils en bas âge. Sa femme, qui lui survécut environ vingt-cinq ans, avait été instituée usufruitière de tous ses biens, par testament solennel du 19 juin 1766, souscrit par Me Bouteille, notaire de la ville d’Aix, et enregistré le 19 octobre 1767. Le 15 octobre 1767, suivant les intentions contenues dans ce testament, il fut dressé par les soins de madame de Boyer, son épouse, messires des Martin de Puylobier et de Mazenod, ses neveux, et M. Martelly, un inventaire général de maisons, châteaux, terres, meubles, papiers de famille, livres, tableaux, etc., dépendant de sa succession. Cet inventaire à triple expédition, qui ne fut terminé que le 11 janvier 1768, se trouve dans les archives de Toulon. Par son testament solennel, le susdit seigneur avait nommé et institué pour son héritier universel, et pour le tout, celui des enfants mâles de feu Mre Joseph-François de Thomas La Valette qui se trouverait l’aîné desdits enfants après son décès, et après le décès de ce dernier tous les biens devant revenir par substitution graduelle et perpétuelle dans la descendance mâle, en gardant l’ordre de primogéniture. Par le même testament, de legs, consistant en sommes d’argent et objets divers, furent faits à plusieurs de ses parents, amis et domestiques.
« Inventaire général des biens du baron de La Garde, fait et signé par madame Anne-Eymarre de Boyer, baronne de La Garde, sa veuve, Charles-Alexandre de Mazenod, président à la Cour des Comptes, et Louis Antoine-Marie Martelly et Chautard, ancien lieutenant- général en la sénéchaussée de Toulon, commencé aujourd’hui quinze octobre 1767 ainsi qu’il suit…
Terminé le 7 janvier 1768, fait à trois exemplaires originaux dont l’un a été remis à Madame la Baronne, l’autre à Monsieur le Marquis de Puylobier, et le troisième à l’héritier.
Ont signé : Boyer-Lagarde, Puylobier, Mazenod, Martelly-Chautard. » (Maurice Delplace, 1986, p. 67).
–1777 – 9 octobre : MORT DU COMTE DU LUC – Le 9 octobre 1777 parvint à la connaissance des consuls de Sanary par les soins de Charles Emmanuel de Vintimille, marquis du Luc, la mort de son père, comte du Luc. Le conseil délibéra de faire célébrer un service à la paroisse « sans cependant faire grande dépense et avec économie ». Il assura le nouveau comte de la part qu’il prenait à la perte qu’il venait de faire en la personnes de ce digne seigneur. Le défunt n’était pas en réalité le père de Charles Emmanuel-Marie-Magdelon de Vintimille du Luc. Reconnu cependant par le comte Hubert qui le considérait comme tel, il devint le seigneur de Saint-Nazaire. Comme il ressemblait, et pour cause, à Louis XV, il reçut le surnom de « demi-Louis ». Il avait épousé le 18 novembre 1764 à Paris, Marie-Magdeleine de Castellane-Esparron. Leur contrat fut signé par le roi et la famille royale. De leur union naquirent : Charles-Félix-René (1765-1806), Adélaïde-Pauline (1767-1825), Candide-Dorothé-Louis (1757-1825). Cf. Rotger B., 1984, p. 257.
–1778 – 9 octobre : Etablissement d’un service toute l’année à la chapelle de Ste-Magdeleine, AU terroir de la Mole (A. D. Var, 1 G 42, f° 543-543v°) – 1778, 9 octobre – Etablissement d’un service toute l’année à la chapelle de Ste-Magdeleine, terroir de la Molle. Emmanuel-François de Bausset, évêque et seigneur de Fréjus, vu le comparant à nous présenté par le sr Boyer de Fonscolombe, seigneur de la Molle, autre comparant du frère Benoit Grangeret, coadjuteur de la Chartreuse-de-la-Verne, duement authorisé par le chapitre et monastère, pour la procuration en date du quatre juillet de la présente année, passée rière me Coulomb, notaire de Collobrières duement controllée à Pignans led. jour par Fabre, vu encore l’état de dénombrement des habitans de lad. terre de la Molle, duement certifié par le juge de lad. terre et par le sr Gras, curé de Cogolin, chargé de l’administration des sacremens dans lad. terre de la Molle, led. dénombrement approuvé par led. frère Benoit Grangeret, coadjuteur de la Chartreuse-de-la-Verne, vu enfin les conclusions de notre promoteur du vingt deux du courant, tout considéré et le Saint nom de Dieu invoqué, Nous évêque avons ordonné et ordonnons qu’il sera fait un service durant toute l’année dans la chapelle de la Magdeleine église dud. lieu de la Molle, pour les habitants dud. lieu et qu’il y sera fourni tout ce qui est nécessaire pour le service d’une chapelle rurale et avons ordonnés que toutes les susd. pièces seront déposées dans notre secrétariat pour y avoir recours en cas de besoin que notre présente ordonnance y sera enregistrée et aux insinuations de notre diocèse. Donné à Roquefort le vingt neuf septembre mil sept cent soixante dix huit. Signé : Emmanuel-François, évêque de Fréjus. Enregistré par nous greffier soussigné le 9 8bre 1778. Signé : Maurine
–1789 – 9 octobre : Louis XVI accepte les événements et refuse son image de prisonnier – Vendredi 9 octobre : Devant la demande croissante de passeports par les députés, Mirabeau a rédigé une motion qui n’accorde de passeports qu’aux représentants du peuple qui le demanderont dans le cadre de l’Assemblée. Celle-ci examinera leurs motifs et décidera. Cette motion a été arrêtée. On a ensuite lu une lettre du roi, dans laquelle le souverain déclare qu’il désire vivre à Paris et, par conséquent, qu’il souhaite que l’Assemblée trouve un local pour se réunir à l’intérieur même de la capitale. L’Assemblée a nommé sur-le-champ des commissaires chargés d’aménager une salle le plus rapidement possible. Cette lettre semble démontrer que Louis XVI accepte les événements et refuse son image de prisonnier (1789-1989, Agenda du Bicentenaire).

–1793 – 9 octobre :
1. Capitulation de Lyon devant les troupes de la Convention – Capitulation de Lyon (au terme d’un siège de deux mois). Prise de Lyon par l’armée de la Convention. Le 12 la Convention votera la destruction de Lyon. » Citoyens, la liberté est entrée dans Lyon, le 9 de ce mois… Le Comité a dit que les traîtres doivent être pris, leur punition doit être prompte…Mais laisserez-vous subsister une ville qui, par sa rébellion, a fait couler le sang des patriotes ? …Ce n’est pas une ville…Elle doit être ensevelie sous ses ruines… (Suit le décret : )
Article premier : Il sera nommé par la Convention Nationale, sur présentation du Comité de Salut Public, une commission extraordinaire de cinq membres pour faire punir militairement et sans délai les contre-révolutionnaires de Lyon.
Article deux : Tous les habitants de Lyon seront désarmés. Leurs armes sur le champ seront distribuées aux défenseurs de la Patrie. Une partie en sera remise aux patriotes de Lyon qui ont été opprimés par les contre-révolutionnaires.
Article trois : La ville de Lyon sera détruite. Tout ce qui fut habité par le riche sera démoli. Il ne restera que les maisons des pauvres, les habitations des patriotes égorgés, les édifices spécialement employés à l’industrie, les monuments consacrés à l’humanité et à l’instruction publique.
Article quatre : Le nom de Lyon sera effacé du tableau des villes de la république et portera désormais le nom de » Ville affranchie « .
Article cinq : Il sera élevé sur les ruines de Lyon une colonne qui attestera à la postérité les crimes et la punition des royalistes avec cette inscription : » Lyon fit la guerre à la liberté, Lyon n’est plus « .
2. SANARY ET SES EMIGRES – proclamation de la municipalité de Sanary pour obliger les habitants absents à regagner leur domicile dans la huitaine sous peine d’être déclarés émigrés.
–1793 – nuit du 8 au 9 octobre : COUP DE MAIN DES ASSIEGES CONTRE LA BATTERIE REPUBLICAINE DES SABLETTES : Une troupe commandée par le Colonel Edward Nugent avec 200 Anglais, 50 Espagnols, 50 Piémontais, et 100 Marines qui viennent de Saint-Elme pour le rejoindre, escalade la “Batterie des Sablettes”, égorge les sentinelles, et ceux qui dorment, puis encloue les canons, brise les roues, et fait sauter les munitions de la batterie. Elle rentre au Fort Mulgrave, nom que les Anglais donnent à la Grande Redoute, à 5 h du matin, avec 23 prisonniers. La batterie fut l’objet, dans la nuit du 8 au 9 octobre, d’un hardi coup de main de la part des alliés ; un détachement d’environ quatre cent cinquante hommes, guidé par des déserteurs connaissant le mot de passe, réussit à bouleverser les travaux d’installation qu’on était en train d’effectuer et put rentrer ensuite, au petit jour, dans ses lignes, vers Balaguier, sans être inquiété par les Français (Louis Baudoin, 1965, p. 350, se trompant, situe l’action sur la hauteur des 4 moulins, alors qu’à cette date, les 4 Moulins sont vierges de tout canon. Cette hauteur ne sera équipée, selon ses dires, que le 18 octobre, soit une dizaine de jours plus tard. Il ajoute toutefois : « dans le courant de la même nuit un autre détachement ennemi parvint également à refouler le poste républicain placé à l’entrée de l’isthme des Sablettes »).
-1793 – après le 9 octobre : UNE CONSEQUENCE DE L’ASSAUT D’UN COMMANDO BRITANNIQUE CONTRE LA BATTERIE DES SABLETTES (cf. Ephémérides du 8 octobre) : LA BATTERIE DES HOMMES SANS PEUR – Colère de Bonaparte contre le chef de batterie des Sablettes qui s’est laissé surprendre. Il en fait construire alors une autre à la Pointe de Mar vivo, dite de “Fabrégas”, 3 pièces de 24 et une de 36, qui commande l’isthme et la baie des Sablettes, et, le 18 octobre, une seconde aux “Quatre Moulins”, 2 pièces de 24, qui doit protéger les batteries avancées. Mais la batterie des Sablettes qui est la plus proche de la grande redoute est à 1200 mètres, elle est trop loin pour que ses boulets massifs atteignent avec précision les joues des embrasures, et ses bombes sont plus imprécises encore. La batterie des Quatre-Moulins est à 1 400 mètres. Il y aurait au-devant de ces quatre moulins un emplacement favorable, au pied des deux autres moulins ; la distance est de 1 000 mètres, l’on ne gagnerait pas grand-chose. Mais au-devant de ces deux moulins se trouve une hauteur que les Anglais ont négligé d’occuper. De là les ouvrages anglais ne sont plus qu’à 500 mètres, l’on pourrait y placer des pièces de 16, qui très efficaces à cette distance tirent plus vite que les pièces de 24 beaucoup plus lourdes, donc plus longues à être pointées, et à être ramenées à l’embrasure. Malencontreusement, la batterie que l’on pourrait y installer trouverait devant elle toute la batterie anglaise de cinq pièces de 36 qui fait face à La Seyne. Il faudrait à Bonaparte pour tenir cette position des canonniers au courage exceptionnel ; des hommes sans peur. C’est ce nom qu’il donnera dans quelques jours à cette position.
De toutes les batteries du siège la batterie des Hommes-sans-Peur, est la plus célèbre, et certaines personnes sans connaissances particulières sur les événements de 1793 citeront son nom, car elle a été immortalisée par les images d’Epinal.
Quelques auteurs ont prétendu qu’elle devait son nom du fait que ses canonniers épouvantés par les feux de la Grande-Redoute, et le tir des pontons anglais refusaient d’y servir. Mais Bonaparte qui connaissait le caractère français fit placer en avant de la batterie un écriteau avec ces mots écrits par Junot : « Ici la batterie des Hommes-sans-peur », alors les plus braves canonniers voulurent y servir. Tout cela est du roman ; et si un écriteau fut placé, ce ne fut pas seulement pour remplir d’orgueil et de courage, les canonniers, mais plus prosaïquement pour indiquer aux charretiers, muletiers, et à tous ceux qui s’y rendaient, que c’était bien là que l’on construisait la batterie des Hommes-sans-Peur. Toutes les batteries étaient baptisées avant de les construire, comment aurait-on pu s’y reconnaître ?
Où était-elle située cette batterie ? Une véritable polémique oppose certains historiens du siège, et il faudrait plus d’une heure pour en parler. Elle était située au sommet du quartier Gaumin, à la cote 50, et si je le sais, c’est qu’un témoin du siège me l’a bien souvent précisé ! Quand je dis un témoin du siège, j’ajoute, presque. Il s’agit de mon grand-père. Mon grand-père était né à La Seyne en 1838, et son grand-père avait trente ans à l’époque du siège, il habitait où nous habitons toujours presque au sommet du quartier Gaumin, à quelques pas du lieu même où furent placés les canons. George Sand, dans son « Tamaris », croyait avoir trouvé la position de la batterie des « Hommes sans Peur » sur les hauteurs du Rouquier parce qu’elle avait découvert là, les débris d’un four à boulets rouges et des buttes régulières de ce qu’elle croyait être, la fameuse batterie. « Je rétablissais la petite redoute, écrit-elle, je revoyais les vieux habits troués des volontaires de la République, et leurs armes et leurs groupes pittoresques… et lui!… avec son habit râpé, ses bottes percées, ses longs cheveux plats, son œil méditatif, son prestige de certitude et d’autorité, déjà rayonnant sur son front, et cela sans orgueil, sans ambition personnelle, sans autre rêve de grandeur que le salut de la patrie » (George Sand, citée par Paul Maurn-Carcopino, 1969, p. 72-73).
Il peut paraître vain de discuter des positions respectives qu’occupaient les batteries d’action maîtresse contre le fort Mulgrave. Le commandant Nel, dans son ouvrage « Bonaparte au siège de Toulon », a traité excellemment la question. Après lui, le lieutenant-colonel Giraud dans une étude technique très claire, écrite avec le souci constant de la vérité historique, justifie son prédécesseur et fait toucher du doigt les erreurs commises par d’autres, notamment par Arthur Chuquet, dans « La jeunesse de Napoléon », apportant ainsi des preuves irrécusables, péremptoires. Il a suivi pas à pas, Napoléon dans sa marche à la fois méthodique et audacieuse à la recherche de la Victoire « en scrutant avec minutie le terrain… rencontrant chemin faisant, les hommes, le matériel et surtout le génie de Bonaparte dont les écrits, ordres et rapports, la plupart du temps journaliers au Ministre de la Guerre, sont une vivante image ». Le lieutenant-colonel Giraud et M. Louis Baudoin ont également déterminé les emplacements exacts des batteries d’après l’ancien plan cadastral de la ville de La Seyne, achevé vers 1820. Si nous nous plaçons au sommet du mont Caire (altitude 86 mètres), à l’Ouest nous voyons la ligne de hauteurs la plus éloignée, tandis que nous apercevons à l’Est, le monticule des Quatre Moulins, dernier mamelon distant d’environ 1 400 mètres et dominant la ville de La Seyne. Bonaparte y installa une batterie le 18 octobre. Dans « L’Angleterre et ses Alliés », Paul Cottin rapporte que dans la nuit du 8 au 9 octobre un coup de main guidé par des déserteurs connaissant le mot de passe avait réussi à détruire une batterie en cours d’installation sur la butte des « Quatre Moulins ». Sur la gauche, se distingue le Rouquier sur lequel il mit en place une deuxième batterie ce même 18 octobre, celle de la « Grande Rade ». Plus près de nous, une ligne de hauteur de moindre altitude constitue l’Evescat. La crête est longée par un chemin sinueux qui gravit trois monticules à des distances sensiblement égales. Sur chacun d’eux, Bonaparte fit mettre en place une batterie dont l’ensemble constituait à 50 mètres d’altitude, les batteries de première ligne qui allaient jouer un rôle capital dans les derniers jours du siège. Construites à la faveur d’un rideau d’oliviers qui en dérobait les travaux à l’ennemi, elles sont restées célèbres sous ces noms : les « Hommes sans Peur », les « Braves » ou « Chasse-Coquins » et les « Républicains du Midi » ou « Jacobins ». Plus au Sud, la batterie des Sablettes avait pour mission de tirer sur Saint-Elme et sur les vaisseaux croisant au large, et celle de Fabrégas, de balayer l’anse des Sablettes. La batterie des « Quatre Moulins » et celle de la « Grande Rade » ont été construites pour battre le fort de Mulgrave et ses approches. La première, qui dispose de 2 pièces de 24 dirigera un feu très vif toute la nuit du 29 au 30 novembre contre la redoute anglaise distante de 1 300 mètres ; l’autre, située sur le Rouquier, à 1 000 mètres du rivage, en soutien de la batterie des « Hommes sans Peur », comprend 3 pièces de 24. Elle a également pour mission d’interdire les communications des vaisseaux mouillés en Grande Rade, avec la côte entre Balaguier et l’isthme au Sud, et de s’opposer à tout débarquement dans la plaine, aux environs des Sablettes. Ces deux batteries sont les ailes de la position d’attaque de la première phase.
La tradition veut que Bonaparte qui possédait à un si haut degré la manière de glorifier l’héroïsme et de frapper le moral du soldat, aurait galvanisé ses servants soumis à un feu d’enfer, en faisant dresser sur le parapet de la batterie, l’écriteau « Batterie des Hommes sans Peur ». Une autre origine de ce nom, viendrait de ce que les canonniers se seraient enfuis et que c’est précisément pour faire honte aux fuyards et les ramener à leur poste que l’écriteau aurait été placé.
Note de Paul Maurin-Carcopino : « Le premier jour, presque tous les canonniers furent tués ou blessés au point que personne ne voulut plus y aller, lorsque Bonaparte s’avise de faire mettre à l’ordre du jour que cette nouvelle batterie s’appellerait la batterie des Hommes sans Peur ; dès ce moment tous les canonniers voulurent en être » (Notes de Saliceti).
Une troisième version serait plus simplement que ce nom aurait été donné au début du siège comme ceux des autres batteries. La tradition veut aussi que Bonaparte payant de sa personne aurait saisi l’écouvillon tombé des mains d’un servant mort et chargé lui-même la pièce. L’on admet qu’à cette occasion il contracta la gale dont il souffrit si longtemps.
La batterie des « Hommes sans Peur » avait pour mission de battre les objectifs purement terrestres, particulièrement la redoute Mulgrave et son annexe, la batterie anglaise « Saint-Philippe ». Armée de 3 pièces de 16, de 3 mortiers de 8 et de 2 mortiers de 12, elle avait été placée sur le relief qui se détache très nettement à l’Est des Deux Moulins, comme l’avait ordonné le commandant Bonaparte dans sa note d’Ollioules datée du 24 octobre : « L’on établira ce soir, la batterie des « Hommes sans Peur » au-devant des Deux Moulins ». Les travaux avaient commencé à cette date mais devant l’incompréhension de Carteaux, ils furent arrêtés aussitôt et ce n’est qu’après le départ de ce général qu’elle fut installée définitivement par Bonaparte.
Au Sud et à la droite des « Hommes sans Peur », à 500 mètres environ de cette dernière, la batterie des « Braves » ou « Chasse-Coquins » est armée de 3 pièces de 16 et de 3 mortiers. Sa mission consiste essentiellement à tirer sur les objectifs que sont Mulgrave et ses abords. Elle entre en action le 15 décembre. Prête à tirer dès le 20 novembre, avant les deux précédentes, la batterie des « Jacobins » est armée de 3 pièces de 24 et de 5 mortiers de 8 et de 12.
Dans son rapport au ministre du 14 novembre, Bonaparte précise : « Cette batterie est à 200 toises du camp anglais, battant leurs communications avec leur escadre », soit 400 mètres environ. Bonaparte dira plus tard que « s’il eut voulu fuir le poste de danger il se serait mis à 300 toises plutôt qu’à 800 : à la première distance les boulets passent souvent sur la tête, à la seconde, il faut que tous tombent quelque part». Effectivement, elle bombarde la redoute et interdit les communications entre les vaisseaux et les arrières anglais qui se tenaient au large de Balaguier, objectif poursuivi de concert avec la batterie de soutien de la « Grande Rade ». En termes militaires, les communications sont les Itinéraires qui mènent des troupes de l’avant à leurs arrières et vice-versa. En pilonnant méthodiquement les positions ennemies, les forces d’artillerie permettent aux troupes jetées en avant des lignes de se livrer à quelques coups de main.
–1795 – 9 octobre (17 vendémiaire an IV) : La Convention interdit les assemblées de section à Paris.

–1799 – 9 octobre :
1. BONAPARTE DEBARQUE PRES DE SAINT-RAPHAËL- Ayant laissé son armée en Egypte, le général Bonaparte est de retour en France. Après avoir quitté Alexandrie le 23 août 1799, Napoléon Bonaparte débarque à Saint-Raphaël le 9 octobre sans avoir été intercepté par des navires anglais. Il est accompagné de militaires comme Lannes, Berthier, Murat, Bessières, Duroc, Marmont et de savants notamment Denon, Monge et Berthollet. « Tout le monde prend rapidement la route de Paris que Bonaparte atteint le 16 octobre. »
Note : “Un inquiétant retour d’Egypte. A deux heures de l’après-midi, il débarquait sur le quai de Saint-Raphaël (Var) où il était accueilli par les vivats de la population. La frégate Muiron, sur laquelle il s’était embarqué, avait effectué une heureuse traversée en Méditerranée à évitant les croisières anglaises; elle avait été accompagnée par une division navale aux ordres de l’amiral Ganteaume, laquelle comprenait, outre la Muiron, la Carrière, la Revanche et l’Indépendant. La division avait fait escale à Ajaccio avant de toucher le continent. Le désordre régnait alors dans le pays, la situation financière était mauvaise, l’autorité impuissante à maintenir l’ordre public. Certaines années de la Révolution avaient semé la haine et la division parmi les citoyens. L’insécurité régnait dans le Var, surtout dans sa partie Ouest. La Seyne, relevée de ses dommages du siège de 1793, paraît avoir échappé suffisamment à cet état de choses sous le Directoire ; son activité maritime (navigation et construction navale) était redevenue florissante malgré le blocus britannique des côtes provençales et les dangers de mer, son peuple travaillait et ses corsaires faisaient connaître de brillants exploits. La satisfaction éprouvée au retour de Bonaparte fut d’ailleurs générale en France et répondait au vœu de toutes les populations. A La Seyne, des réjouissances furent organisées et un feu d’artifice fut tiré dans le port. Peu de temps après, le 9 novembre a lieu le coup d’état dit du 18 brumaire, qui lui assure le pouvoir. Revenons sur ce débarquement qui est illégal la rigoureuse réglementation sanitaire en vigueur sur les côtes françaises de la Méditerranée. Selon les convictions médicales de cette époque Bonaparte par son indifférence à leur égard, feint d’ignorer les graves dangers d’importation de la peste qu’il fait courir à la Provence. Cette affaire présente 3 aspect : la réalité de la peste Du Levant et les mesures de lutte en usage en Europe ; la manière dont se déroule le débarquement des arrivants ; les réactions des administrations et de l’état. Rappelons que durant les 2 mois que dura le siège d’Acre, la peste ravagea aussi bien la ville que les assiégeants et le nombre de ses victimes est au moins égal sinon supérieur à celui des combats au total sur les 13000 hommes ayant participé à cette campagne de 4 mois un millier sont morts de la peste 1200 devant la bataille et 2000 sont blessés ou malades. C’est dans ce contexte sanitaire déplorable où la peste a joué un rôle majeur que Bonaparte décide de revenir en France (réf. Daniel Panzac, Un inquiétant retour d’Egypte : « Bonaparte, la peste et les quarantaines », dans Cahiers de la Méditerranée, année 1998, 57, Actes du colloque d’Ajaccio 29-30 mai 1998, pp. 271-280).
2. EXPEDITION D’EGYPTE –
–Le citoyen Poussielgue, contrôleur des dépenses de l’armée et administrateur général des finances de l’Egypte, au Directoire Exécutif. « Le 17 vendémiaire an VIII.
« J’ai été chargé exclusivement, depuis l’arrivée de l’armée en Egypte, de l’administration des finances et des autres parties qui tiennent à l’économie politique de ce pays.
« Je crois vous devoir, après le départ du général Bonaparte et dans la position critique où il nous laisse, un tableau abrégé, mais fidèle, des observations que j’ai recueillies et des opinions qui en sont le résultat.
« Les voyageurs et les agents mêmes du gouvernement français qui ont été en Egypte, se sont tellement accordés dans les idées exagérées qu’ils ont donné sur les richesses naturelles et sur les trésors que renfermait cette contrée, que quinze mois de séjour, de recherches et d’expérience par un grand nombre d’hommes éclairés, n’ont pas encore totalement effacé ces fausses impressions.
« On portait les revenus ordinaires, y compris les douanes, de quarante- cinq à cinquante millions, on a même été jusqu’à soixante millions.
« Il faut les réduire en temps de paix à dix-neuf millions : un commerce bien entendu et protégé les porterait à vingt.
« En temps de guerre tel que celui où nous n’avons cessé d’être, les revenus ne peuvent excéder douze à treize millions.
« L’abondance en Égypte dépend d’abord d’un bon Nil, ensuite de la distribution des eaux. Il faut que les canaux soient nettoyés chaque année, que les digues soient réparées et que chacune d’elles ne soit coupée ni plus tôt, ni plus tard que l’intérêt commun ne l’exige.
« Il s’en faut que la distribution des canaux et leur entretien soient portés ici au degré d’utilité qu’on espérait trouver, dans un pays dont la fertilité dépend uniquement de l’observation de ces deux points.
« Lors même que le Nil est bon, un grand nombre de terres demeurent incultes faute d’ordre dans la coupe des digues ; mais quand le Nil est mauvais ou médiocre, le dommage est dix fois plus grand qu’il ne devrait l’être, parce que tous les villages craignant de manquer d’eau, ceux qui sont les plus voisins du Nil se hâtent, avant le temps, de couper les digues ; ce qui ne se fait pas sans combats contre les villages intéressés à s’y opposer et par ce procédé insensé, une grande partie des eaux si rares se perd sans utilité.
« Mais quelqu’abondantes que soient les récoltes, elles ne peuvent, dans le système actuel, accroître les revenus du gouvernement, quoiqu’il soit lui- même propriétaire des deux tiers des terres de l’Egypte, tandis qu’un mauvais Nil diminue considérablement les revenus.
« Le système des finances de l’Égypte est entièrement féodal.
« Le paysan cultive à son profit, moyennant une redevance fixe qu’il paye en argent ou en nature au propriétaire.
« Cette redevance se divise en trois espèces générales :
« Le miri, c’est la contribution foncière due au Grand Seigneur. Le propriétaire le perçoit et le paye ensuite aux Effendis chargé d’en faire le recouvrement.
Le miri imposé sur les terres monte à trois millions, suivant toutes les matrices de rôles que j’ai pu découvrir.
« La seconde espèce de redevance s’appelle fais, c’est le cens ou revenu net affecté originairement au propriétaire. Il monte également pour toutes les propriétés, y compris celles du gouvernement, à trois millions.
« La troisième espèce s’appelle barrany ou moudaf : elle se compose
1) d’un excédent de revenus imposés par le propriétaire par supplément au fais ;
2) des réquisitions extraordinaires de toute espèce faites aux villages soil en argent soit en nature;
3) des dépenses causées par des passages de troupes, ou par la présence du propriétaire ;
4) de toutes les dépenses d’administration du village et de la province, fondations pieuses, etc.
« Cette troisième espèce produit à tous les propriétaires de l’Égypte six millions quatre cent mille livres.
« Il y a enfin un produit de treize cent mille livres, provenant des droits que les Kachif percevaient à leurs profits dans les provinces qu’ils gouvernaient.
« Ainsi la totalité des revenus en argent que les cultivateurs des terres de l’Égypte supportent non-compris les vols immenses des Coptes qui les perçoivent, est de près de quatorze millions.
« Il faut en déduire trois millions deux cent mille livres pour le fais cl le barrany des propriétés qui n’appartiennent pas au gouvernement et qui sont évaluées au tiers de l’Égypte ; il restera au Gouvernement dix millions huit cent mille francs.
« On ne peut obtenir au delà de cette somme qu’en faisant des avanies et des exactions.
« Il faut ajouter à ces revenus le fais et le barrany qui se payent en nature, ce qui n’a lieu que dans les provinces de la Haute-Égypte. On estime celle redevance à un million huit cent mille quintaux de toutes espèces de grains, pour la portion qui revient au gouvernement, ce qui équivalant à un million de quintaux de froment pur à trois livres dix sols prix moyen, donne une somme de trois millions cinq cent mille livres.
« Il faut en déduire 850 000 livres pour les frais de recouvremenl el rie transport qui reviennent à 17 sols par quintal rendu au Caire, reste à deux millions six cent cinquante mille livres.
« En temps de paix, on estime les produits des douanes et des autres droits indirects à cinq millions environ.que les digues soient réparées et que chacune d’elles ne soit coupée ni plus tôt, ni plus tard que l’intérêt commun ne l’exige.
« Il s’en faut que la distribution des canaux et leur entretien soient portés ici au degré d’utilité qu’on espérait trouver, dans un pays dont la fertilité dépend uniquement de l’observation de ces deux points.
« Lors même que le Nil est bon, un grand nombre de terres demeurent incultes faute d’ordre dans la coupe des digues ; mais quand le Nil est mauvais ou médiocre, le dommage est dix fois plus grand qu’il ne devrait l’être, parce que tous les villages craignant de manquer d’eau, ceux qui sont les plus voisins du Nil se hâtent, avant le temps, de couper les digues ; ce qui ne se fait pas sans combats contre les villages intéressés à s’y opposer et par ce procédé insensé, une grande partie des eaux si rares se perd sans utilité.
« Mais quelqu’abondantes que soient les récoltes, elles ne peuvent, dans le système actuel, accroître les revenus du gouvernement, quoiqu’il soit lui- même propriétaire des deux tiers des terres de l’Egypte, tandis qu’un mauvais Nil diminue considérablement les revenus.
« Le système des finances de l’Égypte est entièrement féodal.
« Le paysan cultive à son profit, moyennant une redevance fixe qu’il paye en argent ou en nature au propriétaire.
« Cette redevance se divise en trois espèces générales :
« Le miri, c’est la contribution foncière due au Grand Seigneur. Le propriétaire le perçoit et le paye ensuite aux Effendis chargé d’en faire le recouvrement.
« Le miri imposé sur les terres monte à trois millions, suivant toutes les matrices de rôles que j’ai pu découvrir.
« La seconde espèce de redevance s’appelle fais, c’est le cens ou revenu net affecté originairement au propriétaire. Il monte également pour toutes les propriétés, y compris celles du gouvernement, à trois millions.
« La troisième espèce s’appelle barrany ou moudaf : elle se compose 1) d’un excédent de revenus imposés par le propriétaire par supplément au fais ; 2) des réquisitions extraordinaires de toute espèce faites aux villages soii en argent soit en nature ; 3) des dépenses causées par des passages de troupes, ou par la présence du propriétaire ; 4) de toutes les dépenses d’administration du village et de la province, fondations pieuses, etc.
« Cette troisième espèce produit à tous les propriétaires de l’Egypte six millions quatre cent mille livres.
« Il y a enfin un produit de treize cent mille livres, provenant des droils que les Kachif percevaient à leurs profits dans les provinces qu’ils gouvernaient.
« Ainsi la totalité des revenus en argent que les cultivateurs des terres de l’Egypte supportent non-compris les vols immenses des Coptes qui les perçoivent, est de près de quatorze millions.
« Il faut en déduire trois millions deux cent mille livres pour le fais et le barrany des propriétés qui n’appartiennent pas au gouvernement et qui sont évaluées au tiers de l’Égypte ; il restera au Gouvernement dix millions huit cent mille francs.
« On ne peut obtenir au delà de cette somme qu’en faisant des avanies cl des exactions.
« Il faut ajouter à ces revenus le fais et le barrany qui se payent en nature, ce qui n’a lieu que dans les provinces de la Haute-Egypte. On estime cette redevance à un million huit cent mille quintaux de toutes espèces de grains, pour la portion qui revient au gouvernement, ce qui équivalant à un million de quintaux de froment pur à trois livres dix sols prix moyen, donne une somme de trois millions cinq cent mille livres.
« Il faut en déduire 850 000 livres pour les frais de recouvrement et de transport qui reviennent à 17 sols par quintal rendu au Caire, reste à deux millions six cent cinquante mille livres.
« En temps de paix, on estime les produits des douanes et des autres droits indirects à cinq millions environ. La marque de la monnaie produit 750 000 livres.
« Les revenus du gouvernement en temps de paix seraient donc de dix neuf millions deux cent mille francs.
« Mais dans l’état de guerre où nous sommes, les douanes et revenus indirects ne produisent pas plus de quinze cent mille livres.
« Les grains de la Haute-Égypte qu’on ne peut vendre sur les lieux et qu’on ne peut faire descendre par défaut de moyens suffisants, ne produiront pas plus d’un million.
« Les décharges à accorder aux villages, pour terre non arrosées, monteront encore à plus d’un million et demi.
« Il faudra encore déduire une foule de charges et de pensions du pays qu’il a fallu conserver, les frais relatifs à la caravane de La Mecque, qui ont été faits en partie l’année passée et qu’il faudra faire en totalité cette année, les dépenses des divans et des janissaires du pays. Toutes ces dépenses absorbent près de trois millions.
« On ne peut donc compter les revenus affectés à l’armée que pour neuf à dix millions, sur lesquels il ne reste qu’environ deux millions à recouvrer d’ici à la fin de frimaire prochain.
« Le général Bonaparte a levé, dans les premiers mois de notre arrivée, sur les différentes nations et sur les négociants, environ quatre millions de contributions extraordinaires. Il a fait percevoir un droit des deux cinquièmes des revenus d’une année sur les propriétés foncières des particuliers, qui a produit douze cent mille livres.
« Ces moyens sont usés. Il n’y a plus de contributions extraordinaires à espérer dans un pays sans aucun commerce depuis quinze mois. L’argent des Chrétiens est épuisé. On ne pourrait en demander aux Turcs sans occasionner une révolte, et d’ailleurs on n’en obtiendrait pas. L’argent est enfoui et les Turcs, plus encore que les Chrétiens, se laissent emprisonner, se laissent assommer de coups et quelques uns se sont laissés couper la tête plutôt que de découvrir leurs trésors.
« Les paysans tiennent encore plus à leur argent que les habitants des villes ; ils ne payent qu’à la dernière extrémité et sol à sol. Leur argent est caché, leurs denrées et leurs effets sont enfouis. Ils savent qu’il faudra toujours finir par payer et qu’en le faisant volontairement aux époques fixées, ils épargneraient des contraintes qui leur coûtent double et qui les ruinent. Ils aiment mieux attendre une colonne de troupes : s’ils la voient venir, ils s’enfuient avec leurs femmes et leurs enfants et leurs bestiaux et l’on ne trouve que des cahutes abandonnées. S’ils croient être assez loris pour résister, ils se battent et appellent les villages voisins et même les Arabes à leurs secours : ils ont toujours des hommes à l’affût pour être avertis à temps de l’approche des troupes.
« Quelquefois on peut attraper les chefs du village, on les emmène en prison, où on les retient jusqu’à ce que le village ait payé, et ce moyen qui est lent ne réussit pas toujours. Si l’on parvient à leur enlever leurs chameaux, leurs buffles et leurs troupeaux, ils les laissent vendre, au lieu de les racheter en s’acquittant et s’exposent à mourir de faim en laissanl leurs terres incultes l’année suivante.
« Il faut donc avoir sans cesse dans chacune des seize provinces de l’Lgypie de soixante, quatre-vingt ou cent hommes, uniquement employés à forcer les villages à payer, et souvent, après une tournée pénible, ils reviennent avec très peu de chose.
« Il est facile d’imaginer toutes les exactions, les dégâts et les désordres qui accompagnent souvent leurs courses, quelque sévère que puisse être la discipline.
« Un inconvénient très grave s’oppose aux recouvrements : pendant les huit mois où l’Egypte n’est pas inondée, c’est le temps où les Arabes peuvent faire leurs courses, où les descentes ont lieu et où l’on est menace d’être attaqué de tous les côtés. Il faut alors se battre tous les jours et à peine une colonne a-t-elle entrepris une tournée, qu’elle est forcée de rétrograder sur ses pas, pour aller punir des villages révoltés ou chasser des Mamlouks ou des Arabes.
« Le recouvrement des grains est encore plus difficile : il faut également par la baïonnette contraindre les villages à payer ce qu’ils doivent ; il faut les transporter dans des magasins sur les bords du Nil, il faut enfin les faire filer sur le Caire.
« Quand on a vaincu les deux premiers obstacles, il reste à vaincre le plus difficile, à cause du petit nombre de bateaux qu’on peut employer à ces transports et parce qu’ils ne peuvent être faits que dans les quatre mois où le Nil est navigable. Depuis notre arrivée, il a été détruit un très grand nombre de barques qui ont été brûlées faute de bois de chauffage : elles n’ont pas été et ne pouvaient être remplacées ; une partie de celles qui restent, est sans cesse employée aux mouvements des troupes qui poursuivent Mourad Bey.
« L’année passée, il a fallu acheter comptant au Caire, pour la subsistance de l’armée et malgré l’extrême pénurie d’argent, pour 300 000 livres de bled, tandis que nous en avions pour plusieurs millions dans la Haute-Egypte.
« Cette année, si les barques ont apporté exclusivement les grains du gouvernement, il en résulte un autre inconvénient, la ville du Caire manque de bled et l’inquiétude du peuple pour sa subsistance a déjà causé quelque fermentation.
« Malgré tous ces inconvénients, il y avait encore l’année passée du numéraire, le commerce de l’année précédente en avait apporté, et lors du départ du général Bonaparte, il était dû cependant à l’armée plus de dix millions, dont quatre millions de solde.
« Aujourd’hui, le numéraire disparaît totalement ; on ne voit plus que des médins qui circulent avec une rapidité inconcevable. Cette monnaie n’a qu’un peu plus d’un tiers de la valeur intrinsèque des autres monnaies. Avant la guerre, on apportait beaucoup de piastres d’Espagne et on exporiaii des médins ; à présent, les piastres se sont écoulées par le commerce du café avec l’Yémen, d’autre part, il en a été fondu une grande quantité a la monnaie, en sorte qu’elles augmentent de valeur, ainsi que les monnaies d’or, en raison de leur rareté et de la plus grande abondance des médins Il en résulte le renchérissement des denrées et beaucoup d’entraves dans la circulation des espèces.
« L’engorgement actuel de toutes les denrées de l’Egypte, par une suite semblable de la cessation du commerce, est un inconvénient bien plus grave, il achèvera de ruiner ce pays, car les villages devant toujours paya les mêmes sommes et ne pouvant ni exporter ni trouver à vendre leurs denrées, leurs habitants vont être réduits à la dernière misère et l’armée qui avait déjà tant de peine à avoir de l’argent quand il y en avait encore, va bientôt être dans l’impossibilité de s’en procurer.
« La caisse de l’armée est constamment vide, et d’ici à quelque temps, l’on n’aura plus la perspective de recouvrer chaque mois plus de deux a 300 000 livres tandis que les dépenses réglées s’élèvent à plus de treize cent mille livres par mois.
« Le peuple égyptien, nonobstant ses fréquentes révoltes contre nous, peui passer pour un peuple très doux, mais il est dissimulé et il s’en faut beaucoup qu’il nous aime, quoiqu’il ait été traité avec plus d’égards qu’on n’en ait jamais accordé à aucun peuple conquis.
« La différence de mœurs, celle extrêmement importante de la langue, cl surtout la religion, sont des obstacles invincibles à toute affection sincère
« Les Egyptiens détestent le gouvernement des Mamlouks, ils craignent le joug de Constantinople, mais ils ne souffriront jamais le nôtre que dans l’attente de le secouer. Ils nous accorderaient seulement la préférence sur toutes les nations qu’ils appellent chrétiennes.
« Nous avons partout ici autour de nous dix mille ennemis cachés pour un ami apparent.
« Nous avions réussi à entretenir une bonne intelligence avec le Chérif de La Mecque et les lettres qu’il avait écrites au général Bonaparte et à moi, avaient tranquillisé un moment les consciences des Musulmans d’Egypte ; mais des espions qu’il a envoyés au Caire depuis que le Grand Vizir est à Damas, donnent lieu de présumer qu’il a changé de dispositions à notre égard et qu’en suivant les insinuations des Anglais, qui ont actuellement des forces dans la mer Rouge, il s’est rangé du côté de nos ennemis.
« Nous avions trente et un mille hommes sous les armes et bien portants à notre arrivée en Egypte ; il n’y avait alors que les Mamlouks et les Arabes à combattre et cependant, ils occupèrent exclusivement et jusqu’à la fin de pluviôse toute l’armée.
« Aujourd’hui les Mamlouks, quoique dispersés, existent encore presque tous et peuvent en un moment où l’armée serait occupée ailleurs, se réunir très promptement. Ils n’ont perdu que quatre ou cinq sous-chefs : les principaux qui restent, sont toujours puissants et ont du crédit.
« Les Arabes n’ont pas diminué de nombre, ils nous haïssent autant qu’à notre arrivée, et leur vie errante les empêche de nous craindre.
« Quand nous sommes débarqués en Egypte, les Egyptiens ont cru comme nous le leur disions, que c’était d’accord avec le Grand Seigneur. Ils se sont soumis avec plus de docilité. À présent, ils sont bien convaincus du contraire. Ceux qui paraissent nous servir, se croyant par notre mensonge, autorisés à nous trahir : ils le feront à la première occasion et déjà ils tressaillaient de plaisir lors du débarquement de messidor dernier à Aboukir.
« Mais quand à ces nombreux ennemis, au milieu desquels nous vivons, viennent se réunir ceux du dehors, que le Grand Vizir même avec tous les principaux officiers du Grand Seigneur, rassemblent toutes les forces ottomanes pour nous attaquer sur divers points à la fois, par terre et par mer, et qu’il a pour auxiliaires les Anglais et les Russes, qu’il invite les Grands et le peuple de l’Egypte à la révolte, qu’enfin le peu d’Arabes qui nous étaient attachés nous abandonnent pour se joindre à eux ; il est facile de concevoir que notre situation devient désespérée.
« L’ennemi perd une armée, il en refait une autre à l’instant. Il a été bat lu au Mont Thabor, deux mois après il l’a été à Aboukir, le même temps s’est écoulé et il va encore se faire battre tout-à-l’heure à Salheyeh. Mais chaque victoire nous coûte nos meilleurs soldats et leur perte ne se répare pas : un revers nous anéantirait tous, et quelque brave que soit l’armée, elle ne pourra que retarder peu de temps encore sa destruction. La guerre nous a enlevé d’excellents officiers-généraux tels que le général Caffarelli, le général Dommartin, le général Bon, le général Rambault, le général Dupuy, presque tout le corps du génie et une très grande partie des chefs de brigade d’infanterie et de cavalerie.
« Il est parti plusieurs généraux estimés et le général Bonaparte en a emmené cinq avec lui.
« L’armée sans habits et surtout sans armes et sans munitions, réduite a moins des deux tiers en nombre, n’a pas plus de onze mille hommes en état de marcher à l’ennemi, quoiqu’il paraisse y en avoir sous les armes environ treize à quatorze mille, mais c’est que beaucoup de soldats présents à l’appel, aiment mieux, malgré leurs blessures et leurs maladies, laite le service du quartier que de demeurer dans les hôpitaux ou les dépôts, Lorsqu’il s’agit de faire une marche un peu longue et de combattre, l’on reconnaît leur invalidité forcée. Les ophtalmies, les dysenteries, les blessures et autres maladies non moins communes ici, ont mis le reste de l’armée absolument hors de combat.
« Avec ce petit nombre d’hommes, il faut courir cent lieues de superficie, contenir trois millions d’habitants qui sont autant d’ennemis, garnir les places et les forts à Alexandrie, Rosette, Rahmanieh, Gizeh, Béni Souef, Médine, Siout, Girgeh, Keneh, Qosseir, Le Caire, Suez, Mit Kamar, Salheyeh, Belbeis, El-Arich, Katieh, Damiette, Mansoura, Semenhoud et Menouf. Si le Grand Vizir attaque, on ne pourra opposer plus de cinq à six mille hommes à toutes les forces ottomanes à ses ordres et s’il fait une double attaque, il entrera dans le pays sans qu’on puisse l’empêcher. C’est ce qui serait arrivé au général Bonaparte si, en même temps que les Turcs faisaient un débarquement à Aboukir, ils eussent fait marcher leur armée de Syrie sur 1 Egypte.
« Dans trois mois, il faudra passer une seconde fois l’époque fatale de la peste qui peut faire des ravages épouvantables. Cette perspective effrayante abat les courages les plus intrépides.
« Pour comble de malheurs, le Nil cette année a été extrêmement mauvais, en ce qu’il s’est écoulé tout de suite sans que les terres aient eu le temps d’être successivement arrosées ; nous ne pourrons retirer aucune contribution des villages qui n’auront pas eu d’eau, et nous sommes menaces de la plus affreuse misère.
« Il n’est pas un soldat, un officier, un général, qui ne soupire apres son retour en France, persuadés qu’ils sacrifient inutilement pour leur patrie leur santé et leur vie.
Cependant d’après la situation où sont les affaires en France et puisque depuis quinze mois, il n’a pas été possible de nous envoyer des secours, nous ne devons plus en espérer d’assez prompts, surtout la saison favorable étant passée.
« L’armée a vu avec plaisir le général Kléber avoir le commandement après le départ du général Bonaparte : personne ne pouvait lui inspirer plus d’estime et de confiance.
« Mais il est plein d’honneur et de fierté et plus la tâche qu on lui a laissé est difficile, plus il craindra d’écouter des sentiments commandés par les circonstances et pour l’intérêt de l’armée, mais que par la suite, on pourrait taxer de timidité.
« N’ayant pas la même responsabilité, je ne crains pas, Citoyens Directeurs, d’exposer à vos yeux la vérité, et telle que vous la lisez, vous la trouveriez bien affaiblie, si les bornes de cette lettre permettaient d’entrer dans de plus grands détails.
« L’Egypte est un superbe pays, notre situation n’est qu’un effet des circonstances, elles prouvent seulement que nous y sommes venus trop tôt, et qu’il n’est pas encore temps de nous y établir.
« Il n’y a aucun doute que si nous étions les maîtres paisibles de l’Égypte, en peu d’années nous en ferions disparaître la plupart des fléaux qui la désolent, tels que la peste et les Arabes, et que nous donnerions a 1 agriculture et au commerce une vie nouvelle qui ramènerait ce pays a son ancienne splendeur. Ce serait la plus belle colonie de l’univers qui deviendrait bientôt le régulateur du commerce du monde.
« Mais 1’Égypte est bornée par les deux mers et par des déserts. Il laul avoir une marine puissante pour être maître d’y aborder et surtout pour protéger son commerce et en obtenir tous les avantages qu’il promet.
« La République française est actuellement sans marine : elle sera longtemps encore avant d en avoir créé une qui puisse rivaliser avec celle de ses ennemis
« Vouloir conserver l’Égypte sans avoir aucun moyen d’y porter, d’y attira des secours de toute espèce, c’est s’exposer à être forcé de l’abandonner a la Russie ou à l’Angleterre, qui, sous prétexte de nous en chasser, s’v établiraient et dès lors s’y mettraient bientôt en état de nous en exclure pour toujours.
« Nous pourrions encore nous y maintenir si nous avions le consentement de la Porte ; mais si on n a pas cru pouvoir l’obtenir avant notre invasion, on le pourra bien moins aujourd’hui que la Porte s’est mise à la merci des Russes et des Anglais, et fut-elle, contre toute apparence disposée par des considérations politiques, à nous laisser occuper l’Égypte provisoirement, jamais les Anglais ne le lui permettraient.
« Quand l’expédition d’Égypte a eu lieu, nous étions en paix sur le continent, nous avions encore un reste de marine dans la Méditerranée, nous possédions toute l’Italie, Corfou et Malte : on pouvait espérer d’avoir le consentement au moins tacite du Grand Seigneur et on serait arrivé au but que l’on se proposait contre les Anglais, car je pense avec tout le monde qu’il s’agissait, en les faisant trembler pour leurs possessions de l’Inde, de les forcer à une paix avantageuse pour la République en faisant de l’évacuation de l’Égypte un objet de compensation pour les restitutions que nous étions dans le cas de leur demander.
« Mais la bataille navale d’Aboukir a tout renversé ; elle a détruit notre marine ; elle nous a empêché de recevoir le reste des forces qui nous étaient destinées ; elle a laissé à nos ennemis le champ libre pour nous faire déclarer la guerre par la Porte ; elle a rallumé celle qui était mal éteinte avec l’Empereur d’Allemagne ; elle a ouvert la Méditerranée aux Russes et les a portés sur nos frontières ; elle nous a bientôt fait perdre l’Italie et nos belles possessions dans l’Adriatique que nous avions dues aux heureuses campagnes d’Italie : enfin elle a fait avorter tous nos projets puisqu’il n’a plus fallu depuis songer à inquiéter les Anglais dans l’Inde.
« Le peuple d’Égypte que nous avions dû considérer comme ami, comme allié, devenait subitement notre ennemi et environnés entièrement par les Musulmans, nous nous trouvions réduits à une défense difficile, sans plus entrevoir aucun but d’utilité.
« Aujourd’hui, il ne faut plus espérer que les Anglais prennent en considération dans un traité de paix l’évacuation de l’Égypte. Ils savent d’abord l’état de dénuement et de faiblesse où nous y sommes réduits, ce qui nous met dans l’impossibilité de rien tenter contre eux. Ils savent que, quand même nous recevrions des secours, ce qu’ils empêcheront de tous leurs moyens, nous n’en serions pas plus avancées, tant que nous aurons à combattre les Musulmans et ils sont assurés que la Porte ne fera pas la paix sans leur consentement ou sans que la condition préliminaire pour cesser la guerre ne soit l’évacuation de l’Egypte.
« Ainsi notre but est manqué sous ce rapport qui ne peut plus concerna les Anglais et soit à titre de conquête, soit à titre de colonies, nous ne pouvons plus conserver l’Égypte.
« Mais il y a plus : c’est que si nous tardons à traiter, nous sommes dans un tel état de faiblesse que nous ne serons plus à temps de le faire el que le reste de l’armée périra, ou qu’il faudra évacuer sans conditions, tandis qu’on peut encore faire de cette évacuation le prix du rétablissement de la paix avec l’Empire Ottoman et avec les puissances barbaresques ; resserra nos anciennes liaisons avec la Porte et reprendre dans le Levant le commerce exclusif que nous y faisions.
« Ce traité auquel les Anglais ne peuvent être étrangers, préparerait la paix qu’il est temps enfin de faire avec eux ; il amènerait infailliblement une déclaration de guerre de la Russie à la Porte et opérerait une heureuse diversion dans nos affaires d’Europe.
Nous pourrions espérer de reprendre ce que nous avons perdu dans la Méditerranée.
« Cette opinion me paraît d’autant plus fondée que les Anglais ne peuvent voir sans quelque inquiétude et sans une secrète jalousie les progrès des Russes bien plus dangereux pour eux que notre puissance continentale, aujourd’hui que notre marine est détruite et que nous avons perdu nos conquêtes maritimes.
« Le seul événement qui pourrait permettre de conserver l’Égypte, ce serait une prompte déclaration de guerre des Russes à la Porte. Toutes les forces ottomanes qui se portent ici voleraient bien vite à la défense du centre de l’Empire ; le Grand Seigneur consentirait alors à la paix aux conditions qui nous conviendraient.Mais il est probable qu’à moins d’un traité d’alliance entre la République française et la Russie, qui pourrait un moment nous être utile, mais qui serait impolitique, cette dernière puissance attendra que la Porte ottomane ait fait la paix avec nous pour lui déclarer la guerre, car en nous battant avec la Porte, nous usons ses forces et ses moyens, c’est travailler pour la Russie, qui, de son côté, ne pouvant faire la guerre à la Porte sans lui faire aussitôt conclure la paix avec nous, va au même but de détruire cette puissance en lui faisant faire la guerre à la France qu’elle sait être son seul appui.
« L’on regarde aujourd’hui l’Empire Ottoman comme un vieil édifice prêt à s’écrouler, les puissances de l’Europe s’apprêtent depuis longtemps à s’en partager les lambeaux et plusieurs politiques croient cet événement très prochain. Dans cette hypothèse, il est convenable pensent-ils que la France ait sa part de la dépouille et l’Egypte doit être son lot.
« Si cette ruine de l’Empire Ottoman, qui n’est rien moins que sûre quand on considère combien elle entraînerait de discussions et d’oppositions entre les grandes puissances de l’Europe, même entre celles qui se seraient combinées pour cet objet, quand on considère encore qu’il sera éternellement de l’intérêt de la France, de l’Angleterre, de la Prusse, et même de l’Empereur de s’y opposer ; si cette ruine, dis-je, finissait par se consommer, la France serait toujours à temps d’avoir l’Égypte. D’ailleurs les Français y seraient appelés par les Turcs mêmes quand ceux-ci se verraient menacés par les Russes qu’ils haïssent mortellement.
« La France est un si beau pays, les Français sont si puissants par leur nombre, par leurs richesses et par leur position à l’égard des autres puissances qu’ils ne peuvent rien gagner à un bouleversement de l’Europe, tandis que ce bouleversement peut créer une nouvelle puissance dominante qui lui enlèverait tous les avantages dans la Méditerranée.
« En me résumant, Citoyens Directeurs, je conclus que nous sommes trop éloignés et que les événements se pressent trop pour qu’il soit possible d’attendre vos ordres avant de prendre un parti à moins de compromettre les intérêts de la République, la sûreté et la gloire du reste de l’armée, qu’infailliblement, il faudra évacuer l’Egypte, en rétablissant ainsi la paix et tous nos anciens rapports avec les Ottomans et les Barbaresques, que tout ce que vous avez à espérer maintenant, quelles que soient vos vues sur l’Egypte, c’est dans la disposition où est le général Kléber, que l’évacuation soit retardée le plus possible par les lenteurs qu’il cherchera à apporter dans les négociations, si on a le bonheur de négocier.
Qu’enfin si l’évacuation a lieu sans qu’on puisse attendre vos ordres, c’est qu’elle aura été inévitable et que dans l’ignorance où nous sommes ici de la véritable situation de la France et de l’Europe, cette évacuation se trouve commandée par la prudence et d’accord avec nos intérêts politiques.
3. Le général en chef Kléber au général Menou – Le 17 vendémiaire an VIII (9 octobre 1799) « Nous éprouvons un pressant besoin de riz au Caire et nous sommes sans moyens pour nous en procurer. Il faut que vous veniez à notre secours. Faites en conséquence, et très promptement, une réquisition de mille ardabs de riz sur la province de Rosette ; vous soulagerez autant que possible l’habitant en faisant, eu égard aux facultés de chacun, la répartition la plus juste. Il faut surtout ne point atteindre le pauvre, mais je m’en remets bien, sous ce rapport, à votre sollicitude. Je vous prie de veiller aussi à ci- que, au fur et à mesure que les rentrées s’effectueront, il en soit fait des envois sur Le Caire. »
4. Le général en chef Kléber au général Reynier – Le 17 vendémiaire an VIII (9 octobre 1799) « Ci-joint copie d’un rapport de l’adjudant-général Martinet, avec le croquis des environs de Katieh, qui indique le chemin que prennent les caravanes pour se rendre en Syrie. Pour mettre cet officier à même de surveiller davantage et d’empêcher les exportations, je lui envoie un bataillon de la 32e et quelques dromadaires de plus. Les commandants de ces troupes ont ordre de prendre vos instructions en passant par Belbeis, ainsi que vos dépêches pour Katieh. Prévenez, je vous prie, Martinet de ce renfort et recommandez-lui bien d’envoyer de suite à Damiette le détachement de la 2e légère qu’il a retenu. Lorsque vous aurez fait vos reconnaissances et que vous aurez organisé tout ce qui est relatif à votre division, vous pourriez vous rendre de votre personne au Caire. Je serai fort aise de vous y voir ; nous pourrions toujours être prévenus à temps si l’ennemi faisait quelque mouvement.
5. Le général en chef Kléber au Directoire Exécutif : Le 17 vendémiaire an VIII (9 octobre 1799) « Beaucoup d’officiers supérieurs et autres ont été tués, ou bien mis par leurs blessures hors d’état de continuer leurs services, au combat d’Aboukir. Le général Bonaparte n’a pas eu le temps de pourvoir à leur remplacement ; il fallait d’un autre côté, dispenser des récompenses, et les encouragements, surtout, devenaient nécessaires. J’ai donc fait, et j’ai cru devoir faire, plusieurs promotions. Le chef de l’état-major de l’armée en envoie le tableau au ministre de la guerre. Je vous prie, citoyens Directeurs, de vouloir bien l’agréer et de donner des ordres pour que les commissions de ces officiers soient expédiées. Il n’en est pas un qui n’ait des titres réels à votre bienveillance ; mais j’ose vous recommander plus particulièrement le general de brigade Friant, qui, par son ancienneté et les services qu’il a rendus, tant sur le Rhin qu’en Italie et en Égypte, méritait à juste titre d’être porte au grade de général de division ; il en est de même du général de brigade Damas, plus ancien encore que le général Friant, blessé au premier passage du Rhin, blessé encore en Syrie, où tombèrent tant de héros. Il s’est conduil partout de la manière la plus distinguée, mais, comprimée par la jalousie, la justice qui lui était due n’avait pu jusqu’ici l’atteindre. »

–1837 – 9 octobre : ORDONNANCE CONCERNANT LES SERVICES DES MARINS PÊCHEURS – Le 9 octobre 1837, est donnée à Paris un ordonnance stipulant que les marins réunissant 6 ans de service à bord des bâtiments de guerre verront ces services comptés sur les bateaux employés à la petite pêche ou pêche de poisson frais, pour la pension dite demi-solde réglée en vertu de la loi du 13 mai 1791. Que les veuves de gens de mer morts, titulaires de demi-soldes, réunissant toutes le conditions requises pour avoir droit à pension, obtiendront le rappel des arrérages à compter du jour de décès de leur mari. Que les maris engagés à la part pour la petite pêche ou la pêche du poisson frais devront payer une taxe fixe (dont le détail est donné dans Patania L., Guillaume J., 2002, p. 52-53)
–1863 – 9 octobre : TROMBE D’EAU SUR NÎMES – La trombe d’eau qui s’est abattue sur Nîmes a inondé principalement le faubourg nord-est, où se sont, reproduit les mêmes accidents qu’en 1859 les caves et rez-de-chaussée envahis, rues transformées en torrents et profondément ravinées, des murs, des clôture démolis par l’eau qui arrivait des collines rocheuses. Dans les rues du faubourg l’eau atteint une hauteur de 0,90 m.
–1867 – 9 octobre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, au maire de Sanary – Mercredi, vent toujours très fort. Mistral en tempête. Le soleil brille, ce qui fait que, durant la journée, le froid est moins sensible. Mais à cinq heures du soir, on éprouve le besoin de se réchauffer chez soi.
–1869 – 9 octobre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – Samedi. Vent d’Est ce matin de bonne heure avec ciel couvert. A huit heures le temps change, le vent d’Est s’arrête et le vent d’ouest s’établit avec un ciel couvert de brume. Vers midi, le soleil très fort tue le vent d’ouest, comme on dit ici, et le vent cesse presque complètement. Quelques personnes, se basant sur le fait que le soleil est très fort, disent qu’il pleuvra bientôt. Vers le soir, le vent d’Ouest tombe et le vent d’Est reprend son empire : ce que l’on appelle le vent sec !
–1890 – 9 octobre : CLEMENT ADER ET SON « EOLE » – Premier vol de l’avion « Eole » de l’ingénieur Clément Ader.

–1911 – 9 octobre : NAISSANCE DE MON PERE – A Bages (Pyrénées Orientales), naît le 9 octobre 1911 Amédée Ange Elie RIBOT, fils de Cyprien RIBOT et de Angèle GRANDO.
–1915 – 9 octobre : ACCIDENT DE SOUS-MARIN – Alors qu’il est en mission de veille au Canal de Selne, à 10 milles de la terre (Adriatique), le Papin est obligé de larguer les plombs de sécurité à la suite d’une voie d’eau provenant d’une fausse manœuvre de robinetterie.
–1916 – 9 octobre : ACCIDENT DE SOUS-MARIN – L’Atalante appareille pour Cattaro mais doit rentrer le 10 avec une avarie de son moteur diesel bâbord.
–1934 – 9 octobre : ASSASSINAT, sur la Canebière, DU roi Alexandre premier de Serbie et DU ministre Louis Barthou. Arrivé à Marseille le matin même à 16 h 15, le roi Alexandre 1er de Yougoslavie est assassiné par des terroristes croates (Chernozemski). Le ministre des Affaires étrangères, Barthou, venu l’accueillir à la descente du bateau, est mortellement blessé. Total : 6 morts. Les Parisiens, rigoureusement ignorants de tout ce qui touche à la vie provinciale, ne manquaient pas en cette triste circonstance d’incriminer Marseille et l’insouciance des Marseillais. Ceux-ci, cependant, ou leurs représentants, avaient été tenus complètement à l’écart des préparatifs de la réception royale : l’organisation et les mesures de police en avaient été confiées à un fonctionnaire mandé tout exprès de Paris et qui s’acquitta — on sait comment — de sa tâche (Castellari, 1945).
–1936 – 10 octobre : SELON L’ACTION FRANçAISE, La défense de Madrid s’effondre – Le 9 octobre, l’Action française annonce « La guerre de libération de l’Espagne : La défense de Madrid s’effondre… Sans doute, l’URSS, seule, est impuissante : aussi faut-il s’attendre à un bref délai à une recrudescence des excitations au sein du Front Populaire par le parti communiste français » (André Rossel, 1984).
-1944 – 9 octobre : DELEGATION MUNICIPALE DE SIX-FOURS – Le comité local de libération de Six-Fours propose au préfet la délégation municipale suivante : Laffont Léon, représentant du groupement MUR ; Roy Jean ; Delgrossi Louis, socialiste ; Girard ; Laffont Léon, représentant du groupement MUR ; Roy Jean ; Delgrossi Louis, socialiste ; Girard ; Bruna Gustave PC ; Turcan PC ; Bottero Barthélémy FN ; Parent Robert FN ; Blanc Eugène CGT ; Guillaume Marius ; Simian Louis Sec.pop ; Martin Jean ; Gout Alexandre , technicien de la vinification, républicain ; Cazabat Edouard, capitaine en retraite ; Ferrau Laurent, cultivateur : Bernard Jean-Marie, commerçant. Le document porte la mention manuscrite « d’accord pour la liste du comité de libération du 9 octobre 44. (1W 53)

–1960 – 9 octobre : RAPPEL : il est formellement interdit de tirer à moins de deux cents mètres des habitations – « Le Petit Varois » du dimanche 9 octobre 1960 : « II nous est signalé que certains chasseurs en quête de gibier se permettent de rentrer dans les propriétés privées parfois closes et de tirer sur les passereaux à proximité des habitations. Nous rappelons qu’il est formellement interdit de tirer à moins de deux cents mètres des habitations».
–1967 – 9 octobre : Décès à Neuilly-sur-Seine d’André Maurois, pseudonyme puis patronyme d’Émile Salomon Wilhelm Herzog, romancier et essayiste, né le 26 juillet 1885 à Elbeuf (Seine-Inférieure). Fidèle au rationalisme d’Alain, il a toujours résisté au modernisme ou à l’existentialisme. Lire à son sujet, de Michel Droit, « André Maurois », aux Editions universitaires, publié en 1953.
–1970 – 9 octobre : DECES DE JEAN GIONO – Dans le paysage littéraire du XXe siècle, Giono, figure dominante, est pourtant à part. Fils unique d’un cordonnier et d’une repasseuse, attaché à ses racines paternelles piémontaises et gommant la part de sang provençal qu’il tenait de sa mère, il est né à Manosque, ne l’a quitté qu’épisodiquement, contre son gré, et y est mort. Ayant dû, pour faire vivre sa famille, quitter le collège à seize ans et devenir employé de banque, il bâtit seul sa culture, et ne fait à peu près aucun voyage à l’étranger jusque passé la cinquantaine. Rappelez-vous : Deux cavaliers de l’orage, Gallimard, 1965, Le grand troupeau, Gallimard NRF, 1931, Le hussard sur le toit, Gallimard NRF, 1951, Le moulin de Pologne, Gallimard NRF, 1952, L’iris de Suse, Gallimard NRF, 1970, Pour saluer Melville, Gallimard NRF, 1943, Regain, Grasset, 1930, Regain, Grasset, 1930, Un de Baumugnes , Grasset, 1929, … ; ainsi que de Jean Giono et Alain Alioux – Hortense ou l’eau vive, éditions France-Empire, 1958, et une biographie, écrite par Maurice Chevaly – Giono à Manosque, publiée par Var-Matin / Le Temps parallèle, 1986.
–1986 – 9 octobre : LISTES EN PRESENCE A SAINT-MANDRIER POUR LES MUNICIPALES (Gisèle Argensse, 1989, p. 237-238) –
1. La liste à tendance communiste de Saint-Mandrier « Tous ensemble pour une meilleure gestion » conduite par Louis Esposito, fait connaître ses différents membres : Esposito Louis (conseiller municipal sortant), Boiteux Robert, Reynier Jean Marie (CMS), Coppola marinette née Rénier, Barbesant René, Lanérière Gilbert, Beaudouard Pierre, Kourde Raphaël, Romanello Roger, Demarco José, Thomas Jeanne, Mayeur Paul, Gruit Jean, Bertrand Suzanne née Blanc (CMS), Bianco Jean Louis, Allinio Michel, Bertrand Line née Rauzier, Bruno Martine, Maréchal Elie, Larippe Patrick, Clergé Jacky, Calone Joseph, Coppole Laurent, Fedout Louis, Lefebvre Janine (CMS), lattard Henri, Ortiga Juan.
2. La deuxième sera celle du Maire sortant sous l’appellation « Action Municipale de Saint-Mandrier » qui comprend : Quilgars Joseph (maire sortant), Bertrand Guy (adjoint sortant), Gibault Michelle (AS), Bravo Viviane (AS), Vivion Guy (CMS), Coppola Jean (CMS), Giovanella Jean Paul (CMS), De Torquat Eric, Gillet François, Fichel Régis (CMS), Hammoun René (CMS), Loiseaux Paul (CMS), Casanova marcel (CMS), Debaigt Robert (CMS), Ligoret Gisèle, Richert Louis, Tagliaferro François, Cluzeau Jean Claude William, Boudoux Bertrand, Ferréol Olivier, Lepers André, Jacquot Joëlle, Salaun Josette, Cuadrado Michèle, Fernandez Armand, Bénistan Raymond, Marquion Raymonde.
3. La troisième liste intitulée « Saint-Mandrier d’abord » sera conduite par Guy Moine, ancien adjoint de Joseph Quigars et se composera de : Moine Guy, Coste Jean Louis, Argensse Roger, Carré Gustave, Ballester Alain, Joumond André, Le Goff Sophie, Mattéï Michèle, Montagne Françoise, Gizard Jean Paul, Ladislas Fernande, Dubroca Luc, Royer Jean Paul, Da Silva Jean Michel, Giannorsi André, Campanella Jean, Quicarlet Michel, Gastinel Charles, Vallée Jean Pierre, Vincent Gilles, Delage Anne, Davin Marcel, Clérian Marie Anne, Escartefigue Jacques, Gada Henri, Jammes Pierre, Coffrant Philippe.
-1993 – 9 octobre : Favoriser le renforcement de la sécurité démocratique en Europe – Introduction à la déclaration de Vienne des chefs d’Etats et de gouvernement du Conseil de l’Europe : Section 1. « Favoriser le renforcement de la sécurité démocratique en Europe ». Le premier Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du Conseil de l’Europe qui se tint à Vienne en octobre 1993 fut l’occasion de faire le point sur les défis à relever par l’organisation strasbourgeoise, à savoir la mise en œuvre du concept de sécurité démocratique européenne, ainsi que la préparation à de nouvelles adhésions. Etant donnés ces nouveaux enjeux, il apparaît important de dépasser un certain « européanocentrisme » communautaire, et notamment l’utopique projet de Confédération européenne pour œuvrer dans le sens d’une coopération accrue et structurée.

–1997 – 9 octobre : Jalabert champion du monde – Laurent Jalabert devient champion du monde contre la montre cycliste à Saint Sébastien.
–2018 – 9 octobre : ET SI NOUS PARLIONS UN PEU DU PATRIMOINE ? Cet après-midi, dans le cadre de son atelier « Archéologie et histoire », l’association « Découvertes et Civilisation, accueillait à partir de 14h 30, Mme Béatrice Tisserand, docteur en histoire, venue nous parler du concept de patrimoine. La séance avait lieu à la Médiathèque « Jacques Duhamel », rue Robert Schuman, à Sanary.
–2019 – 9 octobre : Au moins deux individus ont ouvert le feu ce mercredi 9 octobre, vers 12h30, dans la ville allemande de Halle, située à l’est du pays. L’attaque a eu lieu en face d’une synagogue, a ciblé un commerce turc de kebabs et un cimetière juif. D’autres tirs ont été entendus à une quinzaine de kilomètres de Halle. Selon les médias allemands, qui parlent de « commando », les assaillants ont tenté d’entrer dans la synagogue où 80 personnes étaient réunies, ce qui laisse entendre que leurs intentions étaient antisémites. Les enquêteurs privilégient la piste d’un acte perpétrée par des activistes d’extrême droite.
Un individu a été arrêté par la police, mais un ou plusieurs assaillants sont parvenus à s’enfuir à bord d’un véhicule. L’homme interpellé est un jeune Allemand de 27 ans, prénommé Stephan B. Selon les enquêteurs, qui ont eu accès à une vidéo qu’il aurait tournée durant l’attaque puis diffusé sur internet, le suspect serait antisémite et d’extrême droite. Il se serait plaint, au cours de la fusillade, des « Juifs » et des « Kanaks » et aurait nié l’existence de l’Holocauste.
Le parquet antiterroriste allemand s’est saisi de l’enquête, alors qu’Angela Merkel a parlé en début de soirée d’un « attentat ». La chancelière allemande, via son porte-parole, a exprimé sa « solidarité à tous les Juifs pour ce jour de fête qu’est Yom Kippour ». (LInternaute.com).
–2023 – 9 octobre : Grave incident en Egypte, deux touristes israéliens ont été tués par un policier égyptien. Les deux pays ont rapidement réaffirmé leur coopération. L’attaque intervient en pleine guerre entre Israël et le Hamas palestinien. Deux touristes israéliens et leur guide égyptien ont été tués ce dimanche par un policier à Alexandrie, sur la côte égyptienne, une attaque rare qui intervient en pleine guerre entre deux voisins de l’Egypte, Israël et Gaza sous contrôle du Hamas palestinien. Selon un média proche de l’appareil sécuritaire égyptien, « un policier a tiré à l’aveuglette avec son arme personnelle sur un groupe de touristes israéliens à Alexandrie (nord) ». Le policier, auteur des tirs, a été arrêté.
–2024 – 9 octobre :
–METEO MARINE POUR SANARY : Un très fort flux instable de secteur Sud-Ouest prédomine sur l’ensemble du bassin. La météo incertaine apportera quelques pluies éparses aujourd’hui. On enregistrera une température extérieure moyenne de 19°C. Les valeurs moyennes seront de 20°C le matin. Pour Plage de Portissol : Avis de grand frais au large.
La fiabilité de la situation est évaluée à 90%, avec la dégradation du temps qui se confirme.
Ciel peu nuageux le matin, du soleil mais multiplication des nuages l’après-midi. Pas de précipitations. Le soir, très nuageux avec risques d’orage.
Possibilité d’averses. Vent d’E force 3 tournant SSE force 4 en milieu de journée puis SE. Rafales atteignant 22 nœuds le soir. Mer assez agitée devenant agitée le soir. Houle petite et courte de SW puis modérée et assez longue le soir. Visibilité bonne devenant excellente en milieu de journée.
Rappelons que «parler de la pluie et du beau temps » signifie aussi parler de choses banales et insignifiantes, un sujet de conversation sur lequel on se rabat quand on n’a rien à dire.
–Toulon ancien et ses rues. 94e livraison DEUXIÈME PARTIE Agrandissement de 1589. Rues tracées dans le Borc de Sant-Michaël
L’ensemble des rues ouvertes dans ce faubourg constitue le quartier encore appelé communément aujourd’hui le quartier Vieux ou le quartier de Besagne (du mot génois bisogna, travail, pris ici dans l’acception do quartier des travailleurs). Ce coin de la ville a été popularisé par le par le spirituel écrivain toulonnais La Sinse (M. C. Sénès), dans son Théâtre de Besagne.
Rue Félix Brun – Primitivement rue où est le logis des Trois Oliviers (Archives communales, CC. 512), puis plus tard rue des Trois Oliviers tout simplement, cette voie devait son appellation à une enseigne de cabaret. En 1729 elle était plus spécialement désignée par les habitants sous le nom de rue de Villeblanche (Archives communales, CC. 512). C’était celui d’une famille toulonnaise très ancienne qui y possédait plusieurs maisons. Appelée le 2 vendémiaire an III , rue du Panthéon (Archives communales modernes. — Registre des Délibérations, an III), et le 4 vendémiaire an VII, rue de la Paix (Archives communales modernes. — Registre des Délibérations, an VII), elle reprit après la Révolution son nom de rue des Trois Oliviers. Un décret du 28 octobre 1891 lui a attribué celui de Félix Brun (Félix-Jacques Brun, de Toulon, fils et petit-fils de patrons pêcheurs, s’est illustré dans le dessin et la sculpture. Placé en 1794 à la tête de l’atelier de sculpture qui avait été dilapidé par les Anglais en 1793, il lui rendit son ancienne prospérité (1703-1831). Il est le père de Vincent Brun, commissaire général de la Marine, auteur d’une histoire fort estimée Les Guerres Maritimes de la France, et le grand- père de Charles Brun, ancien sénateur et ancien, ministre de la Marine).

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE
Sur NAPOLÉON – En 1815, le journal représentant la pensée officielle de l’époque, s’appelait Le Moniteur. Voici les différents titres de ce journal, entre le moment où Napoléon s’évada de l’ile d’Elbe et celui où il arriva à Paris :
- « L’anthropophage est sorti de son repaire. »
- « L’ogre de Corse vient de débarquer à Golfe- Juan. »
- « Le tigre est arrivé à Gap. »
- « Le monstre a couché à Grenoble. »
- « Le tyran a traversé Lyon. »
- « L’usurpateur est à 60 lieues de la capitale. »
- « L’empereur est arrivé à Fontainebleau. »
8 « Sa Majesté Impériale a fait hier son entrée aux Tuileries, acclamée par tous ses sujets. »

Voilà, il est près de 8 heures (du matin) ! ce sera tout pour aujourd’hui.
Affectueuses pensées pour Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber.
A demain !

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