ÉPHÉMÉRIDES DU DIMANCHE 24 AOÛT 2025 – 14e ANNÉE (n° 4896)
Bonjour à tous et toutes.
ILLUSTRATION : Egypte – en balade dans le désert Blanc (1er novembre 2021)
FETES : Le 24 août, c’est la Saint Barthélemy, bonne fête pour les Barthélemy mais mauvaise date pour la mémoire. Mais n’anticipons pas. Si l’on sait que Barthélemy est un prénom masculin d’origine hébraïque et que 3410 personnes le portent aujourd’hui encore, en revanche, saint Barthélemy Laurel est quasi inconnu. Tout au plus sait-on qu’il est mort vers 1620 et qu’il était Mexicain. C’était un frère laïc, autrement dit convers, chez les franciscains qui l’assignèrent en mission à Manille aux Philippines où il étudia la médecine et fut alors envoyé au Japon, où, quelques années plus tard, il fut arrêté et condamné à être brûlé vif à Nagasaki. Paix à ses cendres !
Nous reviendrons dans le cours de notre texte sur la Saint-Barthélemy de triste mémoire.
Le calendrier républicain de l’An I remplace cette date quelque peu sulfureuse par une dédicace faite au sucrion. Qu’es aco lo sucrion ? Une simple variété de l’escourgeon dont nous avons parlé le 21 août. Comme on le voit, ce n’est pas un jour faste !
LE DICTON DU JOUR : C’est peut-être pour cela que le dicton du jour rapporte que « à la saint Barthélemy, la grenouille sort de son nid », autrement dit qu’elle monte à l’échelle et, plus prosaïquement que le temps vire à l’humide et qu’il va pleuvoir. A l’heure qu’il est, 7h 30, il m’étonnerait fort qu’il pleuve !
LE MOT DU JOUR : « L’auteur doit se taire quand son œuvre se met à parler. » (Nietzsche, Opinions et sentences mêlées)..
ÉPHÉMÉRIDES

CHOIX DE DOCUMENTS DU JOUR.
EXPEDITION D’EGYPTE (1798-1801). 1798 – 24 août : Lettre du général Kléber au Commissaire des guerres Cobasse à Alexandrie. (ici, version raccourcie. Pour l’intégrale, voir dans le corps du texte des éphémérides de ce jour) « Je vous transmets l’état de la compagnie des Janissaires créée selon l’arrêté du général en chef du 9 thermidor. Veuillez organiser une revue avec un interprète, dresser un contrôle nominatif et effectuer le paiement de leur solde tous les quinze jours, à compter du 5 de ce mois (dix jours pour la première quinzaine). Le commandant musulman (aga) est confirmé dans sa fonction, avec son traitement habituel de 1 080 livres mensuelles, payées tous les trentièmes jours. Je joins également l’état nominatif des membres musulmans du Divan et des deux huissiers, qui devront être rémunérés chaque trentième jour du mois dès le premier du courant ».
LA SEYNE-SUR-Mer : 578e livraison. 1934 – 24 août : Mise en service du contre-torpilleur Chevalier Paul, classe Vauquelin, construit par les Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne.
OLLIOULES : 582e livraison – 1764 – 24 août : Acceptation d’arbitrage au sujet des impôts dus par le seigneur d’Ollioules à la Communauté et accueil du Marquis du Luc de Vintimille à son arrivée à Toulon. Bien que Saint-Nazaire n’ait pas eu de part à cette affaire, les arrêts rendus lui imposaient de participer pour un tiers au paiement de la « cotité noble » due au marquis. Cette sentence avait été rendue par le Parlement à la suite de la demande d’Ollioules d’appliquer le texte de l’acte de séparation qui obligeait Saint-Nazaire à participer pour un tiers aux dettes antérieures à la séparation. Le marquis s’engagea à faire tout son possible pour que la communauté de Saint-Nazaire, pour laquelle il a « bienveillance et prédilection », soit soulagée de ce paiement. Ce jugement permettait d’aboutir enfin à « une paix inconnue depuis longtemps entre le seigneur et ses vassaux d’Ollioules. » Le maire, François Jaubert, déclara que les marques patentes et honorables de protection et de bienveillance du Marquis du Luc seraient conservées dans les cœurs et les archives (Castellan, 1937 ).]
MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS – Jeudi 24 août 1944 : Après une tentative infructueuse de règlement à l’amiable le 23 août, les combats reprennent dès le 24. De Lattre engage alors le 3e régiment de tirailleurs algériens (3e RTA) en provenance de Toulon. Chargés de réduire un à un les points d’appui ennemis dans les murs de la ville, le 7e RTA et les chars du CCI vont livrer un combat très difficile au cours duquel le commandant du III/17e RTA sera tué. L’affaire la plus spectaculaire reste la prise de la colline de Notre-Dame de la Garde qui réclame la participation de chars Sherman, de tirailleurs, de goumiers, de sapeurs et de FFI. Or, les Allemands, s’ils sont inquiets, ont la ferme intention de garder la colline truffée de casemates et de batteries. Pourvus de vivres pour de longs mois, ils ne craignent personne. L’assaut est, pensent-ils, impossible de jour. « Nous avons reçu l’ordre de résister jusqu’à la mort » dit un lieutenant aux religieuses. Les Français espèrent épargner la basilique où les religieuses et le recteur restent cachés. Il est impossible de circuler à l’extérieur du sanctuaire. Le soir, vers 20 h, à l’occasion d’une accalmie, les religieuses aperçoivent, à l’horizon, la flotte des alliés. Chacun sait que, à Toulon, en six jours de combat, la division de Monsabert a eu 229 tués dont 14 officiers et 692 blessés dont 33 officiers. Aussi, à Marseille, la décision est-elle prise : « Demain la compagnie attaquera la face Nord de Notre Dame de la Garde. Itinéraire : Rue Vauvenargues, place Sancta Maria, Notre Dame. » La nuit tombe et là-haut, la vierge veille..
ÉPHÉMÉRIDES

-L’INTÉGRALE.
–1199 – du 21 août au 24 août : (Emilie-Romagne 22) MODENE – Neige abondante à Modène le 21 août (28 août) et gel du 21 août (28 août) jusqu’au 24 août (31 août).
–1226 – 24 août : Limites et protection du défens de la Chartreuse de Montrieux (Méounes, Var), daté du 7 juin 1174 et renouvelé le 24 août 1226 (Acte 9 du cartulaire de Montrieux, Boyer R., 1980, p. 395 ).
–1255 – 24 août : Aquœ LaTæ (charte aux archives de l’Évêché). LES AYGALADES ou AIGALADES – commune de Marseille. Première mention : Aqua Lata, 17 juin 1223 (cartulaire de Saint-Victor), n° 946. On voit d’après les indications anciennes que le mot Eygalades, désignant officiellement au XIXe siècle un hameau de la commune de Marseille, doit bien être écrit Aygalades, seule forme qui réponde à son étymologie. Le lieu des Aygalades fut érigé en fief en faveur de Jacques de Remezan par lettres de Charles VIII du mois d’avril 1489 (reg. Pellicanus de la Cour des Comptes, fol. 114). Cette seigneurie obtint par alliance à Jean Mey-nier d’Oppède qui en fit hommage au roi en 1532 (reg. Hommagiorum, n° 29, fol. 250). Antoine de Glandevès ayant épousé Claire de Meynier renouvela cet hommage en 1543 (reg. Homm., n° 14, fol. 185). Le président de La Cépède en était seigneur en 1569 (reg. Justicia, fol. 68). Ce fief passa successivement entre les mains de Mestre d’Aigalades (1790), de Barras (1807), d’un sieur Ganivet (1819) et en dernier lieu (1828), du comte de Castellane
–1300 – 24 août : Molendinum hospitalis S. Johannis (acte notarié). Moulin de L’hôpital – moulin à eau, dans le cours de l’Huveaune entre Saint-Loup et la Moutte, commune de Marseille (1872). Première mention le 6 juin 1286 : Molendinum Galberti, (acte notarié). Moulin sous la directe de l’hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem pour les trois quarts, et sous celle de l’hôpital du Saint-Esprit, pour un quart; cette dernière part n’obvint à cet hôpital que par suite de la cession qui lui en fut faite, le, par Jean Guillaume. Quant à la part de l’hôpital de Saint- Jean, elle était tenue sous la rente annuelle de cent sols par les Vivaud.

–1550 – 24 août : procès contre le Parlement d’Aix devant la Grande Chambre du Parlement de Paris concernant les massacres du Lubéron – Ce fut une cause célèbre que celle du procès contre le Parlement d’Aix devant la Grande Chambre du Parlement de Paris concernant les massacres du Lubéron. Elle occupa cinquante audiences successives. Le roi demanda à Jacques Aubery du Maurier de plaider l’appel contre le Parlement de Provence dès le 24 août 1550, c’est-à-dire d’être l’accusateur public désigné pour représenter le ministère public dans ce procès extraordinaire d’un parlement obligé de se défendre contre un autre parlement. Son réquisitoire, bâti sur les témoignages de Madame de Cental et de ses vassaux, est la principale source de l’histoire de ces événements de 1545. Aubery demande une année pour le préparer (Ribot Henri, Guerres de religion en Provence).
–1572 – 24 août : Massacre de la Saint-Barthélemy, 3000 victimes – La paix de Saint-Germain ne fut pas rompue par une nouvelle prise d’armes, mais par le massacre de la Saint-Barthélemy. Était-ce une vengeance du parti catholique, ou plutôt un coup d’état exclusivement politique, la question a été souvent débattue el n’est pas encore tranchée. Il n’est que juste de reconnaître que cette sinistre tragédie n’eut en Provence aucun retentissement. Si l’ordre d’égorger les protestants fut exécuté dans toute France, en Provence, le lieutenant du roi, comte de Garces, eut le rare mérite de ne pas vouloir obéir. « J’ai toujours servi le Roi en soldat, s’écrit-il, je serais fâché de faire en cette occasion l’office de bourreau. » On a prétendu que le gouverneur Sommerive doit sur ce point partager la reconnaissance de la postérité. Le fait n’est pas prouvé, car Sommerive avait déjà prouvé qu’il ne reculait pas devant les mesures les plus extrêmes, et il haïssait les protestants de toute l’ardeur de ses convictions religieuses. Au moins faut-il lui savoir gré de ses hésitations. D’ailleurs il n’eut pas temps d’exécuter les ordres sanguinaires qu’il avait reçus, car il fut emporté quelques jours après la Saint-Barthélemy par une maladie qui parut trop soudaine pour être naturelle. On prétendit qu’il avait été empoisonné par des fanatiques, qui ne lui pardonnaient pas ses temporisations. Toutefois le massacre de la Saint-Barthélemy (3000 victimes le 24 août 1572) ne parvint pas à émouvoir les Provençaux (Ribot Henri, Guerres de religion en Provence).
–1612 – 24 août :
1. Andanos – sommet de l’une des collines de Saint-Cyr, commune de Marseille (mention, charte aux archives du Chapitre).
2. Vau-Cremade – vallon, commune de Marseille, quartier de Sainte- Marguerite, près du vallon de Vaufrège (registre aux archives de l’Evêché). Première mention : Area cremada, le 8 février 1372 (charte aux archives municipales ).
–1664 – 24 août : Le chevalier Paul – Conseiller du duc de Beaufort sur la Royale en 1664, le chevalier Paul, né à Marseille en 1598, livra bataille le 24 août devant Cherchell à une escadre algérienne qui fut pratiquement détruite.
–1682 – 24 août : LA SEYNE – Réparation de la voûte de la mère de la fontaine de l’église – En été, durant les périodes de sécheresse, la ville de La Seyne manque d’eau potable. Les fontaines et puits existant dans les divers hameaux qui constituent la Communauté sont en mauvais état : de nombreuses délibérations parlent du problème de leur entretien et des réparations à envisager. Après le hiatus de sept ans pour lesquels les délibérations de la Communauté ne nous sont pas parvenues, la situation ne s’est pas améliorée : « feront réparer (…) la voûte de la mère de la fontaine de l’église ». (Mireille Bailet, Histoire et Patrimoine seynois, Cahiers avril 2004)

–1764 – 24 août : Acceptation d’arbitrage au sujet des impôts dus par le seigneur d’Ollioules à la Communauté et accueil du Marquis du Luc de Vintimille à son arrivée à Toulon. Bien que Saint-Nazaire n’ait pas eu de part à cette affaire, les arrêts rendus lui imposaient de participer pour un tiers au paiement de la « cotité noble » due au marquis. Cette sentence avait été rendue par le parlement à la suite de la demande d’Ollioules d’appliquer le texte de l’acte de séparation qui obligeait Saint-Nazaire à participer pour un tiers aux dettes antérieures à la séparation. Le marquis s’engagea à faire tout son possible pour que la communauté de Saint-Nazaire, pour laquelle il a « bienveillance et prédilection », soit soulagée de ce paiement. Ce jugement permettait d’aboutir enfin à « une paix inconnue depuis longtemps entre le seigneur et ses vassaux d’Ollioules. » Le maire, François Jaubert, déclara que les marques patentes et honorables de protection et de bienveillance du Marquis du Luc seraient conservées dans les cœurs et les archives (Castellan, 1937 ).]
–1768 – 24 août:Les Groliers (registre aux archives de la Major). Hameau, commune de Marseille, quartier des Caillols (1872). A la date du 24 août 1768, est cité dans ce hameau le lieu-dit La Planette. Première mention : Las Granegas, 27 avril 1351 (acte notarié).
–1774 – 24 août:Turgot contrÔleur des Finances – Départ des anciens ministres Maupeou etTerray. Turgot nommé contrôleur des Finances, Miromesnil, chancelier (Pierre Goubert, Initiation à l’histoire de la France, 1984).
–1789 – 24 août : L’Assemblée nationale décrète la liberté de la presse. Le vote de cet article est très important : même si un grand nombre de journaux illicites circulaient déjà sous le manteau, un grand nombre de feuilles périodiques de tous bords ne subiront plus la censure royale. Tous les autres articles ont fait l’objet de discussions (Agenda du Bicentenaire, LUNDI 24 AOÛT).
–1790 – 24 août : SUPPRESSION DE L’EVECHE DE MARSEILLE – En vertu du décret du 12 juillet 1790 et de la proclamation royale du 24 août suivant, l’évêché de Marseille fut supprimé, le département des Bouches-du-Rhône ne forma plus qu’un diocèse dont Aix était le chef-lieu. L’évêché de Marseille a été rétabli par l’ordonnance royale du 31 octobre 1822 qui divisa le département en deux diocèses, celui d’Aix et celui de Marseille. L’installation a eu lieu le 14 juillet 1823.
–1793 – 24 août :
1. SA VICTOIRE A SEPTEMES OUVRE A CARTEAUX LA ROUTE DE MARSEILLE – Le mouvement de Carteaux consistant à poursuivre les Marseillais était hardi, car il était très inférieur en forces, et les Marseillais soutenus en arrière par une nombreuse garde nationale, par une forte artillerie et par les royalistes de Toulon, pouvaient lui opposer une résistance insurmontable ; mais, à Marseille même, il n’y avait pas que des royalistes. La onzième section, composée en majorité de républicains, avait déclaré qu’elle ne quitterait pas Marseille, qu’elle voulait défendre contre une escadre anglaise qui croisait dans la rade. Carteaux connaissait la situation. Il n’hésita pas à continuer sa marche en avant, et, après deux engagements heureux à Cadenet et à Salon, arriva en vue des hauteurs de Septèmes. Il y fut rejoint par les républicains de la onzième section qui, après avoir sou tenu dans les rues de Marseille une véritable bataille, avaient réussi à s’ouvrir un passage à travers les rangs des Fédéralistes. Le 24 août s’engageait à Septèmes, une dernière bataille, décisive celle-là, qui se termina rapidement à l’avantage de Carteaux et de ses troupes et par la reprise d’Aix par les troupes de la Convention (Gabrielle Castellari ; Michel Vovelle, « La Provence et la Révolution », Histoire de la Provence, p. 425 et sq.).
A peine Carteaux avait-il dessiné son attaque que les canonniers de l’armée fédérale abandonnèrent leurs pièces et s’enfuirent Malgré les efforts de leur général Villeneuve-Tourette, le reste des soldats suivit cet exemple et se replia d’abord sur Marseille sans essayer de s’y défendre, puis dans la direction de Toulon. Carteaux n’avait plus qu’à prendre possession de sa facile conquête (Marius Dubois, Paul Gaffarel, J.-B. Samat – Histoire de Marseille, 1928).
Après l’annonce de la prise d’Aix par les troupes de la Convention, au cœur du vieux Marseille populaire des sections 11, 12 et 13, les Jacobins se regroupent dans l’église des Prêcheurs et entrent en lutte ouverte avec les troupes des sections bourgeoises (Michel Vovelle, Histoire de la Provence, p. 425 et sq.).
24 août, l’amiral Hood fit savoir qu’il acceptait ces conditions. Il promettait en outre de payer aux équipages leur solde en retard. Il laissait aux Toulonnais (cela afin de ne pas braquer les matelots) le choix de leur drapeau. Il demandait en échange que les vaisseaux français se retirent de la petite rade et que tous les forts lui soient livrés. Deux membres du Comité général se rendirent à son bord pour sceller l’accord, et ils demandèrent que les troupes alliées débarquent aussitôt. — Il me faut quelques jours, dit Hood (Georges Blond, Toulon, 1967).
2. TOULON OUVRE SES FORTS AUX ANGLAIS – A Toulon, investi dès la fin août par la convergence des troupes de la Convention venues de Marseille, et des éléments de l’armée d’Italie commandés par Lapoype qui arrivent de Nice, la dégradation du fédéralisme girondin ira jusqu’à ses extrêmes limites : cependant que l’ensemble du département, reconquis et soumis, rentre dans le rang, Toulon proclame Louis XVII souverain constitutionnel et livre ses forts aux Anglais (24 août). Les mesures de réaction franchement royaliste se succèdent au mois d’août : retour au drapeau blanc, appel au comte de Provence, retour à une législation prérévolutionnaire (Michel Vovelle, Histoire de la Provence, p. 425 et sq.).
D’accord avec les émissaires de Marseille, qu’il conserva à son bord, l’amiral Hood se rapprocha de Toulon et, le 24 août à 22 heures, il envoya un canot parlementaire dans la vieille Darse (En fait, cela s’est passé la veille, le 23 août, à 10 heures du soir). Son envoyé, reçu par le Comité Central, remit une lettre des émissaires marseillais et une proclamation de l’amiral offrant son aide… à condition… que les vaisseaux français soient désarmés et les forts mis à sa disposition pour protéger son escadre, s’engageant à rendre le tout dès que toute menace aurait cessé. Le Comité Central délibéra toute la nuit. Beaucoup de ses membres se méfiaient des Anglais, en vertu d’une expérience historique, sachant fort bien qu’ils ne cherchaient qu’à profiter de nos discordes internes pour détruire les forces navales françaises et leur grande base méditerranéenne… leur but de toujours! Mais beaucoup d’autres aussi, perdaient peu à peu toute faculté de raisonner aussi sainement, sous l’emprise croissante de la peur… provoquée par les proclamations sanguinaires de la Convention, transformées en actes concrets par le Comité de Salut Public… alors que deux armées — chargées d’exécuter ses décisions — marchaient sur Toulon… et n’en étaient plus qu’à quelques lieues ! Deux armées attaquaient Toulon. Par l’ouest, celle de Carteaux venant de Marseille. Par l’est, celle de Lapoype, 6 000 hommes détachés de l’armée des Alpes. Plusieurs conventionnels étaient descendus de Paris pour exciter le zèle des militaires contre la ville maudite (Georges Blond, Toulon, 1967).
Les délégués de Marseille jouèrent un grand rôle dans l’acceptation du concours anglo-espagnol présenté comme le seul moyen d’éviter un massacre imminent. Finalement, le Comité Central des Sections Toulonnaises répondit à l’amiral anglais que le « peuple » entendait rester fidèle au gouvernement monarchique, créé par l’Assemblée Constituante de 1789, et, par conséquent, reconnaissait comme roi Louis XVII, fils de Louis XVI, sous le pavillon blanc. Devant l’imminence des dangers qui le menaçaient, il demandait des secours militaires et du ravitaillement et acceptait les conditions exigées par l’amiral Hood, afin d’obtenir cette aide, en consentant au désarmement, « temporaire », des navires français présents au port et en recevant, « temporairement », dans les forts, des contingents de troupes étrangères correspondant « à la moitié » de leurs garnisons, navires et forts devant être libérés dès que le danger cessera. A cette nouvelle quelques soldats se révoltèrent et crièrent : Vive Carteaux! Mais ce mouvement fut vite réprimé et ses auteurs emprisonnés à Lamalgue (Contre-amiral Lepotier, 1972, p. 256-257).
Le même jour, le Conseil général des sections accepta en principe les propositions anglaises, « à condition que la garnison soit composée d’un nombre égal de troupes françaises et anglaises ». Ayant eu satisfaction sur ce point, il dut présenter d’autres exigences, notamment au sujet de la cocarde, car, dans une nouvelle lettre l’Anglais laissait la faculté au port de Toulon de continuer à arborer le pavillon tricolore. Ceci, certainement, pour réduire l’opposition des marins demeurés « patriotes » dans le sens si noble que l’on donnait à ce terme Pons, écrivain royaliste qui publia son ouvrage sous la Restauration (en 1826), le reconnaît très franchement : « II n’était pas si facile de gagner les équipages » Il convient de noter à l’honneur de notre escadre qu’elle tenta résistance. Le 24 août, le contre-amiral Saint-Julien (Henriette Trojani, La société et la vie à Toulon de 1795 à 1815), qui la commandait en l’absence du contre-amiral Trogoff, retenu en ville par un accès de goutte, prit une position de combat à la fois contre la ville et contre les Anglais. Jean René César Chambon de Saint-Julien, contre-amiral en 1793, après avoir défendu dans 1’hôtel de la Marine à Toulon le Comte Albert de Rions, avait été jugé républicain par le Conseil général du Var et autorisé à reprendre son commandement du « Commerce de Bordeaux » – Son rôle au moment de l’entrée de l’escadre anglaise a été très discuté. Il s’est retiré vers 1’armée républicaine puis a disparu. On le retrouve à Toulon en l’an IV, il s’y marie le 26 nivôse et y meurt le 25 messidor an VII à 46 ans) cette situation se prolongea pendant trois jours jetant l’épouvante dans la cité ; mais une grande partie des marins furent circonvenus (beaucoup avaient des épouses, des parents dans Toulon) ; par ailleurs Saint-Julien hésita à livrer une bataille dont la place aurait énormément souffert (Paul Maurel, 1945).
La flotte causa plus d’inquiétudes. Elle comptait dix-huit vaisseaux, six frégates et trois corvettes. L’amiral Trogoff était retenu à terre, depuis quelques jours, par une attaque de goutte — « diplomatique », pensèrent, naturellement, certains. Le contre-amiral Saint-Julien, commandant sur rade en son absence, fut indigné par la résolution prise par le Comité Central des Sections. Il se rendit à bord des différents vaisseaux et, rappelant aux hommes et à leurs officiers le serment qu’ils avaient prêté à la République, il les invita à ne pas faillir à l’honneur, à la parole donnée, et à repousser toute trahison devant les ennemis de la patrie. Le commandement en chef lui fut aussitôt conféré, par acclamations, et il déclara qu’il s’opposerait à l’entrée des Anglais. Il signala l’appareillage général et fut obéi… sauf par Vankerpen, commandant de la frégate Perle, dévoué à Trogoff, qui vint mouiller à l’entrée de la vieille Darse. Sur les ordres de Saint-Julien, tous les navires s’embossèrent entre la Grosse Tour et Saint-Mandrier et arrêtèrent le Tarleton qui tentait de conduire vers l’amiral Hood les délégués du Comité Central qui durent rentrer en ville. Mais, au cours de la nuit suivante, ils allèrent s’embarquer clandestinement à Saint-Nazaire, sur un bateau de pêche, afin d’aller accomplir leur infamante mission (Contre-amiral Lepotier, 1972, p. 256-258).
Les manœuvres de la frégate anglaise Conflagration le 23, l’arrivée d’un officier anglais, le tocsin et la générale, avaient fait comprendre aux équipages des navires mouillés sur la grande rade que quelque chose se passait, qui leur paraissait louche. Le 24 tôt le matin, les matelots et officiers mariniers de retour des corvées de vivres à terre dirent que les citoyens étaient rassemblés devant les sections, qu’on criait partout vive Louis XVII et que la ville avait « fait la paix avec les Anglais ». Comme ils achevaient leur récit, un signal monta à la drisse du Commerce de Marseille, vaisseau amiral : « Défense de communiquer avec la terre. » — Il se prépare un coup, dirent les matelots. Arrivèrent un peu plus tard les canots majors amenant les officiers qui avaient passé la nuit à terre. Ceux-ci confirmèrent qu’un accord était conclu avec les Anglais. Peu après, quinze membres du Comité général, chargés de faire part à la flotte des volontés des sections, montèrent à bord du Commerce de Marseille. Le premier objet que remarquèrent ces délégués fut une inscription clouée au grand mât : « La Constitution ou la mort! ». La première mesure qui parut indispensable à Trogoff dans l’après-midi du 24 août, alors que les cris de « Vive la Nation ! Vive la République ! » retentissaient à bord de tous les navires, fut de filer discrètement à terre, alléguant une attaque de goutte. Le commandement passait à son second, l’amiral Saint-Julien de Chambon, qui fit aussitôt arborer le pavillon amiral en tête de mât de son vaisseau, le Commerce de Bordeaux. Investi du commandement, il n’hésita pas : ordre de mettre à terre trois compagnies de débarquement qui devaient s’assurer des forts de l’Eguillette et de Balaguier ainsi que des batteries du cap Cépet. L’ordre fut exécuté sur-le-champ et sans coup férir. Une heure plus tard, un canot lui apporta un message de la terre. Le Comité général et les sections engageaient l’amiral Saint-Julien « à renoncer à ses projets et à empêcher l’armée navale de se porter au plus grand des crimes en utilisant ses armes contre les Alliés ». En cas de désobéissance, les autorités de Toulon étaient décidées à « repousser la force par la force ». En même temps, le Comité envoyait une adresse aux équipages pour leur expliquer les motifs de son accord avec les Anglais et les rassurer sur les conséquences (Georges Blond, Toulon, 1967).
–1793 – 24 août : Une loi du 24 août 1793 permettait aux communes de se libérer des arrérages des contributions en abandonnant leur actif et passif au profit du Gouvernement. par la commune, depuis le 1er messidor an 2 (19 juin 1794) au 18 juin 1810..
–1794 – 24 août : Réorganisation du gouvernement – Réorganisation du gouvernement en seize comités (Jean-Charles Volkmann, 1997).

–1798 – 24 août : EXPEDITION D’EGYPTE – Lettre du général Kléber au Commissaire des guerres Cobasse à Alexandrie. « Le 7 fructidor an VI. Je vous envoie, ci-joint, Citoyen Commissaires, l’état de la compagnie des Janissaires que j’ai formés en vertu de l’arrêté du général en chef du 9 thermidor dont copie également ci-jointe. Vous voudrez-bien, en passer la revue et, par le secours d’un interprète, en dresser un contrôle nominatif; ensuite remplir les formalités nécessaires pour que la solde leur soit payée, conformément au même état par quinzaine et d’avance à dater du 5 de ce mois; conséquemment, il ne sera payé que dix jours de la première quinzaine. En vertu du même article de l’arrêté, je maintiens dans sa charge sous la dénomination d’aga, le commandant des Musulmans, en lui conservant le traitement dont il a joui jusqu’à ce jour et qui s’élève à 1 080 livres par mois qu’on lui comptera chaque trentième jour. Je vous envoie également ci-joint l’état nominatif des Musulmans qui doivent composer le Divan formé en vertu du même arrêté du générai en chef, en date du 9 thermidor. Vous voudrez bien les faire payer le trentième jour de chaque mois en comptant du premier du courant. Vous y trouverez également celui de deux huissiers attachés au Divan pour lesquels vous agirez ainsi que pour les membres mêmes. »
–1802 – 24 août (6 fructidor) : Après avoir attaqué une diligence sur la route du Beausset, des brigands se réfugient sur les territoires de Bandol et de Sanary. Le Six fructidor an 10, une diligence qui circulait sur la route du BEAUSSET est attaquée par des brigands. Ceux-ci poursuivis par la Garde nationale se réfugient sur le territoire de la commune. La Municipalité organise une battue générale avec le concours de nombreux volontaires de la population et particulièrement de cultivateurs armés de fusils de chasse, de barres de fer, de bâtons. Comme les brigands se sont divisés en deux parties, une vers BANDOL, l’autre à la GORGUETTE, les poursuivants se partagent le territoire qui est battu dans toutes les directions. On les a perdu. Et puis on apprend que certains ont demandé à boire et à manger sous la menace dans une bastide. On reprend la traque, mais la nuit vient et la Garde doit arrêter ses recherches. De plus, les brigands leur tirent dessus sans arrêt, on riposte, mais on ne les intimide pas et ils se montrent toujours plus déterminés à échapper aux poursuivants. Malgré la nuit, un des poursuivants, Louis BOYER, impatient de les attraper, continue les recherches. Ayant rejoint deux brigands, il leur tire dessus à plusieurs reprises, les sommant de se rendre, les bandits ripostent à coup de carabines, heureusement sans l’atteindre. Lui aussi avec la nuit, doit s’arrêter. Au matin, des renforts de garde nationale continuent la battue dans le quartier du LANCON où l’un des bandits avait été aperçu désarmé. Hélas! on ne pourra les trouver malgré la vigilance des cultivateurs et de la garde. On pense qu’ils ont quitté le territoire de notre commune et après une dernière journée pendant laquelle on se tiendra en alerte, les recherches s’arrêteront, le maire pensant que la commune est purgée de pareils monstres [Rotger B., 1984, p. 338-339]
–1804 – 24 août : A Sanary, la chapelle de Sainte-Trinide est rendue au culte par son propriétaire le 6 fructidor An XII (24 août 1804) sur vœu des habitants du quartier. Le 6 fructidor an XII (24 août 1804), sur la demande des habitants du quartier SAINTE TERNIDE, le maire sollicita la réouverture au culte de la chapelle Sainte-Ternide. Celle-ci, vendue comme bien national, avait été acquise par le sieur Jean PIVOT cadet, de TOULON, et revendue par lui au sieur Antoine SOLEILLET (acte JUIGLARD, notaire à TOULON) le 19 Brumaire an VII, au prix de 300 livres. Jean PIVOT l’avait achetée le 5 Prairial an VI à la nation, au prix de 185 livres. Les raisons qu’en donna le maire étaient que les habitants de ce quartier étaient obligés de quitter leurs maisons de campagne éloignées d’une grande lieue pour venir assister aux offices divins dans l’église paroissiale, les jours de dimanche et fêtes. Cela leur avait été accordé autrefois et les habitants se cotisaient entre eux pour payer le prêtre desservant. Toutefois, les baptêmes, mariages et inhumations, continueraient comme auparavant à se faire à la paroisse Saint-Nazaire. Le nouveau propriétaire accepta et la chapelle fut rouverte au culte. C’était aussi autour de cette chapelle que le 15 Septembre de chaque année avait lieu la fête du quartier. Tous les campagnards s’y rassemblaient pour s’y voir avec plaisir. Il y avait une messe, des danses et autres divertissements, et surtout un concours de tir à la cible. Le quartier comprenait alors deux cents âmes. (Rotger B., sd ; Delattre G., Saliceti P., 2002).
–1814 – 24 août : PREFECTURE DU VAR – Le préfet en fonctions, baron d’Azémar, fut remplacé le 22 août par le préfet Leroy, qui résida à Draguignan du 24 août 1811 au 17 juillet 1814 (Louis Baudoin, 1965, p. 433).
–1833 – 24 août : CONQUETE DE L’ALGERIE – Ollioules héberge 79 soldats et mulets du train des équipages ainsi qu’une compagnie de sapeurs du 2ème régiment du Génie : 3 officiers, 150 hommes, jusqu’à nouvel ordre. Toutes unités appartenant au corps expéditionnaire d’Afrique (Castellan E., 1937, p. 295).
–1865 – juillet et août : choléra – L’épidémie de choléra empira au mois de juillet et d’août à La Seyne, avec deux bébés morts en juillet, et deux autres enfants le même jour, le 16 août. La mère de ces derniers mourut aussi le 24 août. D’autres cas fatals se déclarèrent encore, toujours dans le quartier de la Lune (Louis Baudoin, 1965).
1867 – 24 août : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE – samedi 24 août – Saint Barthélémy. Bonne brise d’ouest – beau temps d’ailleurs – le thermomètre était à 23° ce matin dans la maison. Nos paysans demandent un peu de pluie dans l’espoir qu’elle ferait peut-être grossir un peu les raisins qui sont tout petits de grains beaucoup secs. Mathieu de la Drôme nous a annoncé des pluies sur les bords de la Méditerranée pour le 15 ou le 16 septembre seulement. C’est encore loin et peut-être à cette époque on aura vendangé dans plusieurs localités. Sècheresse des plus fortes.
1869 – 24 août : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE – mardi 24 août – Saint Barthélémy. Avec une petite brise du large la journée sera chaude – Il y a déjà plusieurs jours que monsieur le maire a entrepris dépaver la rue Saint-Pierre pour la border de trottoirs et macadamiser le milieu. Il élargira aussi le point le plus étroit qui est le derrière de la maison Roch Coulomb. Ce derrière est en très mauvais état ; on sera obligé de le réédifier complètement. De cette manière la rue gagnera un mètre de largeur. Le tout sera fait aux frais des Chemins municipaux à condition pourtant que cette rue sera classé parmi les Chemins vicinaux. Ce qui n’est pas fait encore quoique on les demandait depuis quelque temps déjà.

–1904 – 24 août : Mort du maître verrier Emile Gallé (Le Figaro du 25 août 1904). Ma mère avait alors tout juste un mois.
–1911 – 24 août : Election du premier président de la République portugaise, Manuel Arriaga (Le Figaro du 25 août 1911).
–1913 – 24 août : Electrification des lignes de chemins de fer dans le Midi de la France (id.).
–1914 – du 21 au24 août : Les Austro-hongrois sont poursuivis vers la Drina et tentent un dernier combat dans Sabac du 21 au 24 août 1914 qui terminera la bataille du Cer. Dans le combat de Cer les forces serbes ont perdu plus de 16 000 soldats, tandis que pour l’Empire austro-hongrois, les pertes s’élèvent à environ 25 000 morts (Frédéric Le Moal, La Serbie du martyre à la Victoire 1914-1918 2008, éditions 10 18).
–1916 – 24 août : ACCIDENT A BORD DU SOUS-MARIN Gustave Zédé (type Gustave Zédé) ; Explosion des batteries 4 morts.

–1927 – 24 août :
1. principe d’un pacte général de non-agression – La Société des Nations (SDN) adopte le principe d’un pacte général de non-agression (Le Figaro du 25 août 1927).
2. suites de l’AFFAIRE SACCO ET VANZETTI – A Paris, le Figaro ouvre ses colonnes à l’affaire Sacco et Vanzetti qui ont été « électrocutés » la veille (voir notre éphéméride d’hier). Il rapporte qu’à Paris, « devant les menaces des organisations révolutionnaires de manifester le soir sir les grands boulevards, il fut décidé que tout rassemblement serait dispersé par ja police. Cependant, dès 21 heures, les incidents graves et violents que l’on redoutait se produisirent dans les principaux quartiers. La police eut raison, au prix de rudes bagarres, des manifestants révolutionnaires. En certains endroits de Paris, les agissements de certains « sympathisants » ont revêtu un caractère de violence justement réprimé. » (id.)
–1929 – 24 août : Palestine –Graves désordres en Palestine. La loi martiale est instaurée à Jérusalem et Jaffa (Alain Peyrefitte, 1986)
–1931 – 24 août : pacte de neutralité et de non-agression ENTRE France et Union soviétique – À Paris, au ministère des affaires étrangères, la France et l’Union soviétique signent un pacte de neutralité et de non-agression (id.).
–1934 – 24 août : Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne – Mise en service du contre-torpilleur Chevalier Paul, classe Vauquelin, construit par les Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne.
–1939 – 24 août –
1. B.A.N. de Saint-Mandrier – Au mois d’août 1939, l’escadrille HS1 de la BAN de Saint-Mandrier participe à un exercice général en Méditerranée. Il apparaît pour beaucoup qu’il s’agit là d’une dernière répétition du temps de paix. Les événements leur donnent raison et le 24, les Loire embarquent sur le Teste qui appareille le lendemain à destination d’Oran où il arrive le 27. Dès le lendemain, les appareils commencent d’effectuer des missions de surveillance armée au large (Moulin Jean, Morareau Lucien, Picard Claude, 2001).
2. Ribot Amédée, Ange, Elie est rappelé à l’activité le 24/08/39 affecté au 157e RAP 5e batterie. Affecté au corps le 25/08/39.

–1940 – 24 août –
1. Légion française des combattants – Tandis que Londres subit son premier bombardement allemand, en France, la Légion française des combattants voit le jour.
2. Une exécution à Bordeaux pour acte de violence contre l’armée allemande : Bordeaux, 27 août. — Les autorités allemandes ont fait placarder en fin d’après-midi, sur les murs de la ville, l’avis suivant : ‘Le 24 août 1940, le juif Israël Leizer Karp, de nationalité polonaise, au passage de la garde d’honneur, allant hisser le drapeau, se précipita en brandissant un bâton, près de la gare Saint-Jean de Bordeaux, contre le tambour-major et les musiciens militaires. Par jugement du tribunal militaire de guerre, Karp fut condamné pour acte de violence contre les membres de l’armée allemande à la peine de mort. Le commandant en chef de l’armée a confirmé le jugement et en a ordonné l’exécution. En exécution du jugement, le condamné a été fusillé ce matin. Bordeaux, le 27 août 1940. Le Stadtkommandant.
–1941 – 24 août : Création des sections spéciales – Création des sections spéciales, institués auprès de chaque tribunal militaire ou maritime, auxquelles sont déférés les auteurs de toutes infractions pénales, qu’elles soient commises dans une intention communiste ou anarchiste. Les jugements rendus par la section spéciale sont exécutables immédiatement, sans recours ni pourvoi (Alain Peyrefitte, Jean-Jacques de Bresson, 1986).
–1944 – 24 août : DEUXIEME GUERRE MONDIALE – CAMPAGNE DE France :
1. SOUS-MARIN « RUBIS » – 21e mission du sous-marin FNFL « Rubis » (golfe de Gascogne).
2. PARIS BRÛLE-T-IL ? Le 24 août 1944, à 21h 22, une explosion de joie salue l’arrivée des trois premiers chars français au cœur de Paris. 1931 jours, Dans une gerbe d’étincelles, les trois tanks et les six half-tracks s’immobilisent devant l’Hôtel de Ville. L’armée française était de retour dans la capitale. A minuit, toutefois, les Allemands rappellent qu’ils sont toujours là, 20 000 soldats au total, et que les Panzers du colonel Kayser tiennent encore le haut du pavé. A la radio, la première radio française libre, Pierre Crénesse s’écriera : « Parisiens, rentrez chez vous, refermez vos fenêtres, ne vous faites pas massacrer inutilement… tout n’est pas fini. » (Dominique Lapierre et Larry Collins, Paris brûle-t-il ?, Le Cercle européen du Livre, 1967).
3. BATAILLE DE TOULON –
A 2 h du matin, le 2ème bataillon du 4e Sénégalais traverse les gorges à pied et atteint Ollioules où s’installe le PC régimentaire.
A 7 h 30, le cuirassé USS « Nevada » se déchaîne contre la batterie de Cépet.
A Toulon, après la reddition du Fort Sainte-Catherine, les Sénégalais et les F.F.I. du capitaine Orsini et du lieutenant Marquis donnent l’assaut au Fort d’Artigues et aux Arènes où 34 officiers et 1.000 hommes se rendent au colonel Bourgund. La 9e D.I.C. avait reçu mission de conquérir les forts encore occupés par les Allemands pour parachever la libération de la ville. Le fort Lamalgue tombe aux mains des Sénégalais des 6ème et 4ème régiments. En six jours de combat, la Division de Monsabert a eu 229 tués dont 14 officiers et 692 blessés dont 33 officiers.
A l’ouest, basé au château de la Millière, le peloton Caniot du 2ème Spahis poursuit sa mission. Un stock important de munitions et de grenades allemandes est accumulé à proximité des bâtiments provoquant l’inquiétude de Mme ROETITLISBERGER. Après la destruction du stock en question, le sous-lieutenant CANIOT reprend ses conversations avec M.M. MUHLETHALER et ROETHLISBERGER en vue d’obtenir la reddition du Fort de SIX FOURS.
Depuis ce matin, le port de SANARY est occupé par une compagnie d’infanterie française. L’officier qui la commande fait savoir qu’une de ses patrouilles a été prise à partie par le fort de la CRIDE, alors qu’elle tentait de s’en approcher. » Après s’être rendus à La Cride, M. Muhlethaler et Roethlisberger obtiennent la reddition de cette batterie allemande de 88 mm pour 20 h.
Puis une communication téléphonique est établie avec le fort de Six-Fours. Contact est ainsi pris avec le colonel allemand commandant l’ouvrage qui accepte le principe d’une reddition à condition d’en débattre avec le lieutenant-colonel Van Hecke lui-même. Pendant les discussions avec les autorités du fort, les spahis font pression sur les soldats allemands en leur faisant accroire qu’un régiment de Sénégalais « ces noirs au grand coupe-coupe » qui ne font pas de quartier.
A 17 h, des tirs allemands tombent sur Sanary. Ils viennent du fort du Peyras situé à l’est, entre Fabrégas et Sicié. Un tank répond mais un civil est tué près de la poste, villa Farigoulette, rue du général Rose prolongée, il s’agit de Marius Louis ESTIENNE qui sera déclaré « Mort pour la France » le 29 juin. Il y a également cinq blessés qui sont soignés par le Docteur Durmeyer.
A 20h, alors que la ville subit un nouveau tir d’artillerie, on entend une grosse explosion : c’est le fort de la Cride qui fait sauter son armement et ses munitions.
A l’est de Toulon, la 9e D.I.C. a reçu mission de conquérir les forts encore occupés par les Allemands pour parachever la libération de la Ville. D’abord, à Saint-Jean du Var, celui de Sainte-Catherine, un ouvrage imposant avec ses hautes murailles et son pont-levis. L’ennemi y occupe tous les emplacements de combat. le Chef de Bataillon Gauvin (6e RTS) entreprend de parlementer, son chauffeur alsacien, le caporal Lederberger, lui servant d’interprète. Son interlocuteur est un officier supérieur de la Luftwaffe. Il commence par demander de ne pas être livré aux mains de ceux qu’il persiste à appeler des « terroristes » (il s’agit bien entendu des F.F.I., impatients d’en découdre aux côtés des coloniaux.). Gauvin suit l’officier de l’intérieur du fort et assiste alors à une scène pour le moins inattendue : l’aviateur – c’est lui qui semble commande – fait voter ses hommes à main levée qui se déclarent « pour » ou « contre » la reddition. Ceux qui sont le plus décorés hésitent… enfin tous lèvent la main. Bilan : 65 prisonniers.
Sainte-Catherine étant tombé, les Sénégalais et les F.F.I. du capitaine Orsini et du lieutenant Marquis donnent l’assaut au fort d’Artigues et aux Arènes tenus par 34 officiers et 1.000 hommes. Le Fort d’Artigues se montrera le plus coriace : pendant toute la journée du 24 on se battra. Des F.F.I (commandant Orsini) sont aux côtés des marsouins. L’artillerie (III/R.A.C.M avec ses 105 et 11/ R.A.C.A.0.F, avec ses 155 mm) tire pour ouvrir des brèches et neutraliser les emplacements de combats ennemis. Une section du génie, guidée par des F.F.I tente de détruire le blockhaus qui défend l’entrée. Le lieutenant Beaufils est tué au cours de cette action. L’infanterie progresse pas à pas. Gauvin, blessé passe le commandement au capitaine Daboval. A 20 heures, l’assaut est interrompu. Il sera repris le lendemain après un nouveau bombardement de 200 coups de 105 et 150 de 155 mm. Finalement, le capitaine Pate parvient à téléphoner au commandant du fort et le somme de se rendre. Gauvin, envoyé en parlementaire, rencontre le colonel Fleischhut, « toujours correct dans son salut hitlérien » dira-t-il. – » Dequi la garnison sera-t-elle prisonnière, demande l’Allemand ? Des Américains, des Français ou des « civils » ? Quel sera son sort » ? – Vous avez étévaincus par l’Armée Française, vous serez prisonniers de l’Armée Française et traités de soldats à soldats ». Fleischhut fait entrer Gauvin dans le fort : cinq blessés graves sont évacués vers l’école de la Loubière. L’incendie fait rage à l’intérieur, des munitions éclatent. La reddition ne sera effective que le 26 à 8 heures. Plus de 500 hommes défilent devant le colonel Salan avant de prendre le chemin du camp de prisonniers.
Débarqués à Saint-Tropez le 24 août, le commissaire de la République, Raymond Aubrac, et le général Cochet, délégué militaire pour le Midi de la France, prennent contact avec les responsables militaires et civils de la Résistance locale. Henri Sarie prend ses fonctions de préfet le jour même à Draguignan. Le commandement de la résistance s’installe à Toulon et collabore avec lui sous la présidence de Frank Arnal, qui devient aussi président de la délégation spéciale de la ville. Le commandement des FFI est attribué au colonel Lelaquet pendant que les FTP assurent une grande partie du recrutement du régiment local, le « Régiment de Maures », qui attendra longtemps avant de partir sur le front.
A Sanary, le 24 août 1944, après s’être rendus à La Cride, M. Muhlethaler et Roethlisberger obtiennent de la garnison qu’elle accepte de rencontrer le Lt-Colonel Van Hecke à 18 h à l’Hôtel de la Tour. La reddition de La Cride est confirmée pour 20 h. Puis une communication téléphonique est établie avec le fort de Six-Fours[1]. [Rotger B., 1994 : Le 24 Août 1944. Nous nous rendons à la Cride, enlevons les premiers chevaux de frise, drapeau suisse et drapeau blanc déployés. Avançant vers la 2ème ligne qui était à quelques centaines de mètres plus loin, un officier allemand et quelques gradés vinrent a nous et reconnaissant mon voisin, les contacts s’établirent immédiatement. Le papier officiel signé du Lt-Colonel Van Hecke attestant notre rôle de parlementaires leur est soumis, ainsi que le mot du Cdt FEDKE qui fit grosse impression. Pour discuter des conditions de reddition, un de ces officiers nous accompagne au Quartier Général Officiers – transportés en camions au camp de prisonniers – Hommes – autorisation d’emporter pour 2 jours de vivres et accompagnés par les troupes régulières au camp les protégeant des terroristes dont ils avaient toujours grand peur. Rendez-vous pris pour 18 h à l’hôtel de la Tour avec le Commandant Lieutenant Von Krosik et le Lt-Colonel Van Hecke accompagné du Capitaine Cairjean – reddition confirmée pour 20 h – autorisation de détruire les armes et munitions allemandes à condition que ces destructions n’abîment pas les ouvrages du fort etc. Le Commandant Cairjean demande à Von Krosik si le téléphone fonctionnait avec le fort de Six-Fours – heureuse inspiration – . Von Krosik obtient pour nous rendez-vous pour le lendemain 25 août à 8 h après réunion du Conseil de Guerre des Officiers.]
–1944 – 24 août : [Masson M., Muracciole, de Villardi de Montlaur, 1969, p. 272 :Le Nevada se déchaîne contre la batterie de Cépet, le 24 août 1944.]
–1944 – 24 août, à 2 h. [Gaujac P. : Le 2ème bataillon du 4ème Sénégalais traverse les gorges à pied et atteint Ollioules à 2 h du matin, le 24 août 1944.]
–1944 – 24 août : Décision prise de convaincre les Allemands des batteries entourant Sanary de se rendre. Le port de Sanary est occupé par une compagnie d’infanterie française, le 24 août 1944[2] [ms trouvé dans les archives de BR :] « 24 Aout 1944. Basé au château de la MILLIERE, le peloton CANIOT poursuit sa mission, lé 24.Un stock important de munitions et de grenades allemandes est accumulent à proximité des bâtiments provoquant l’inquiétude de Mme ROETITLISBERGER. Après la destruction du stock en question, le S/Lt CANIOT reprend ses conversations avec M.M. MUHLETHALER et ROETHLISBERGER en vue d’obtenir maintenant la chute du Fort de SIX FOURS. Nous prendrons donc contact avec le colonel allemand. Ce dernier accepte le principe d’une reddition, mais il demain de de débattre des conditions avec le Cdt VAN I{AECICE lui-m6me[3]. Depuis ce matin, le port de. SANARY est occupé par une compagnie d’infanterie française. L’officier qui la commande nous apprend qu’une de ses patrouilles a été prise à partie par le Fort de la CRIDE, alors qu’elle tentait de s’en approcher. »
La batterie du Peyras tire sur Sanary : un mort à la Poste. A 20 h, la Cride saute, le 24 août 1944[4]
[Rotger B., 1994 : Le 24 août, un groupe de soldats français du 2ème Spahis stationne à La Millière. Tirs allemands sur Sanary. C’est un tir ennemi venant du fort Peyras. Un tank répond. Un civil est tué près de la Poste et il y a cinq blessés qui sont soignés par le Docteur Durmeyer. A 20h, un tir d’artillerie, puis on entend une grosse explosion : c’est le fort de la Cride qui fait sauter son armement et ses munitions.][Archives de Sanary :]« n° 88 – Le 24 août 1944 à 17 h, est décédé villa Farigoulette, rue du général Rose prolongée, Marius Louis ESTIENNE. Déclarée « Mort pour la France » par décision du secrétaire des Anciens combattants du 29/06/1945.»
–1944 – 24 août à 7 h 30: [Gaujac P. : Le 24 août 1944, à 7 h 30, le colonel Bourgund installe le PC régimentaire du 4è Sénégalais sous les platanes d’Ollioules.]
[-1944 – 24 août : Les Sanaryens apprennent que des Allemands isolés mais armés, refoulés de Toulon se trouvent dans les bois, notamment au Gros Cerveau, à la Tourelle. Une batterie allemande tire encore et tue un Sanaryen, il y a plusieurs blessés qui sont soignés dans un hôpital de campagne organisé dans le sous-sol de l’immeuble de la poste, le 24 août 1944[5]. Témoignage de Me Granet :] « Jeudi 24 août, MISTRE ne sachant pas ou coucher est venu me demander asile, il couche à Bella Vista avec nous. On se considère comme libérés, on a supprimé le quart, mais la nuit a été agitée, canonnades, tirs, avions, tout y est passé. On apprend que des allemands isolés mais armés, refoulés de Toulon se trouvent dans les bois, notamment au Gros Cerveau, à la Tourelle. De là ils ont tiré sur des voitures françaises qui venaient enlever les vivres laissés par les allemands dans leur batterie. Six Fours tient toujours dès que des avions passent ils tirent d’un tir très fourni. La Cride aussi tient toujours, ceci est très ennuyeux car la situation est loin d’être clarifiée et on ne peut pas circuler. Je me décide à monter à Pierredon voir ce qui s’est passé et ce qu il en reste. Je pars à pieds. Devant le cimetière, vive canonnade, les obus sifflent très bas au-dessus de ma tête ils vont atterrir sur la plage peu après les établissements de bains dénommés alors PETARD. Sont-ils français ou allemands ? On fait demi-tour ça se calme, on repart. Mais un peu plus loin on voit des tirailleurs en position de combat. Je leur demande Si on peut passer, ils répondent oui mais ne savent pas jusqu’où on peut aller. Un £ros tank passe on a l’impression d’être sur le front. Je rentre à Bella Vista, mais à ce moment j’entends des obus qui passent en sens inverse avec un vacarme épouvantable. Une batterie allemande qui doit répondre, deux, trois, quatre coups, puis ça tire sur Sanary, nous nous précipitons tous à la cave. Nous avons appris le soir que c’était le fort de Perras sous le Mai qui distribuait un tir violent. Il y a eu un mort près de la Poste Monsieur ESTIENNE du Comptoir Commercial et quatre ou cinq blessés dont Mademoiselle Marie MAR!~£ECGI. Ces blessés ont été soignés dans un hôpital de campagne organisé dans le sous-sol de l’immeuble de la poste par le Docteur DUHMEYEB, médecin généraliste de Sanary, mobilisé, blessé au front dans le Nord de la France, puis démobilisé et qui s’occupait ainsi pour rendre service à la collectivité. Mon vélomoteur est toujours en panne, deux rayons de cassés. J’essaye de les réparer mais sans rien il est difficile de faire quelque chose. Bref après beaucoup de bricolage j’arrive à le réparer, la roue est remontée. A 20 Heures, à table, au milieu du diner, tir d’artillerie. On se méfie de la réplique, elle ne se fait pas attendre, une explosion formidable à bout portant. Nous descendons tous 5 la cave en courant. Bien d’autre. On remonte et on voit une énorme fumée noire, c’était le fort de la onde qui venait de se saborder. Ici se situe l’événement salvateur, en effet un groupe du deuxième Spahis se rapproche de Toulon en provenance de l’ancienne route de Bandol 5 Toulon et passe ainsi au Nord de l’agglomération de Sanary ou il ne reste que quelques habitants. Ce groupe passe devant le Chateau de la Milhière ou il est accueilli par la famille ROTHLISBEFGER. Parmi eux le Commandant chef de l’Etat major du lieutenant-colonel VAN HECKE qui examine la situation et constate que l’Ouest de Toulon est défendu par le Fort de Six Fours très difficile à prendre, par le Fort de Ferras situé sous la chapelle de Notre Dame du :’ai et enfin par une fortification installée à la Cride, située dans une zone interdite. Trois défenses qui seront donc longuement défendues et qui nécessiteront des pertes humaines et surtout par le Fort de Six Fours. Devant cette situation, il décide de demander l’aide de l’aviation américaine pour réduire ces trois points. L’Heure est fixé au lendemain Il Heures. A ce moment monsieur ROTHLISBERGER et monsieur MUHLETHALER tous deux de nationalité suisse proposent leurs services pour tenter une reddition amiable afin d’éviter des pertes humaines et des destructions importantes sur Sanary. Le raid américain est retardé. Messieurs ROTHLISBERGER et MUHLETHALEH se rendent ensemble dans une jeep de l’armée française conduite par un caporal français à la Cride. Ils sont aussitôt en bout de mire des fusils des hommes de garde et progressent lentement agitant leur drapeau blanc. Ils sont introduits auprès du commandant du Fort et après quelques deux heures de négociation difficile et en langue allemande, ils obtiennent qu’ils se rendent sous deux conditions l°) Qu’ils se rendront à l’armée française et non aux FFI. 2°) Qu’ils sortiront avec leurs armes. Cet officier est emmené à la Millière auprès des officiers français. Les conditions sont acceptées, officiellement on regagne La Cride et quelques heures après les hommes et les officiers se rendent au Château de la MilIière déposent leurs armes dans la cour de la cave, Monsieur BOTHLISBERGER appelle au téléphone aussitôt le poste de commandement qui: vient prendre livraison des hommes et des armes. Cette première opération se trouve terminée, mais il est inutile de dire quelle fut l’angoisse des épouses et des enfants attendant les négociateurs pendant ces heures tragiques. Monsieur ROTHLISBERGEH a demandé à l’officier allemand une lettre attestant sa reddition. Lettre destinée aux deux autres forts pour faire part de cette décision. Messieurs ROTHLISBERCER et MUHLETHALER ont alors téléphoné au fort de Six Fours pour pouvoir aussi négocier.»
Les résistances allemandes sont enfin réduites à l’ouest, tandis que la bataille des forts continue de faire rage ailleurs, le 24 août 1944[6]
[Chef de Bataillon Gauvin : La prise des Forts Sainte-Catherine et d’Artigues – Le 24 août, après la reddition du Fort Sainte-Catherine, les Sénégalais et les F.F.I. du capitaine Orsini et du lieutenant Marquis donnent l’assaut au Fort d’Artigues et aux Arènes où 34 officiers et 1.000 hommes se rendent au colonel Bourgund. La 9e D.I.C. avait reçu mission de conquérir les forts encore occupés par les Allemands pour parachever la libération de la Ville. D’abord Sainte-Catherine, un ouvrage imposant avec ses hautes murailles et son pont-levis. L’ennemi occupe tous les emplacements de combat. Le 24 août, le Chef de Bataillon Gauvin (6e RTS) entreprend de parlementer, son chauffeur alsacien, le caporal Lederberger, lui servant d’interprète. Son interlocuteur est un officier supérieur de la Luftwaffe. Il commence par demander de ne pas être livré aux mains de ceux qu’il persiste à appeler des « terroristes » (il s’agit bien entendu des F.F.I., impatients d’en découdre aux côtés des coloniaux.). Gauvin suit l’officier de l’intérieur du fort et assiste alors à une scène pour le moins inattendue : l’aviateur -c’est lui qui semble commande – fait voter ses hommes à main levée « pour » ou « contre » la reddition. Ceux qui sont le plus décorés hésitent… enfin tous lèvent la main. Bilan : 65 prisonniers. Le Fort d’Artigues se montrera plus coriace : pendant toute la journée du 24 on se bat. Des F.F.I (commandant Orsini) sont aux côtés des marsouins. L’artillerie (III/R.A.C.M avec ses 105 et 11/ R.A.C.A.0.F, avec ses 155 mm) tire pour ouvrir des brèches et neutraliser les emplacements de combats ennemis. Une section du génie, guidée par des F.F.I tente de détruire le blockhaus qui défend l’entrée. Le lieutenant Beaufils est tué au cours de cette action. L’infanterie progresse pas à pas. Gauvin, blessé passe le commandement au capitaine Daboval. A 20 heures, l’assaut est interrompu. Le lendemain après un nouveau bombardement (200 coups de 105 et 150 obus de 155 mm), le capitaine Pate (des transmissions) parvient à téléphoner au commandant du fort et le somme de se rendre. Gauvin, envoyé en parlementaire, rencontre le colonel Fleischhut, « toujours correct dans son salut hitlérien » dira-t-il. – » Dequi la garnison sera-t-elle prisonnière, demande l’Allemand ? Des Américains, des Français ou des « civils » ? Quel sera son sort » ? – Vous avez étévaincus par l’Armée Française, vous serez prisonniers de l’Armée Française et traités de soldats à soldats ». Fleischhut fait entrer Gauvin dans le fort : cinq blessés graves sont évacués vers l’école de la Loubière. L’incendie fait rage à l’intérieur, des munitions éclatent ; des hommes en armes se rangent devant nous, le regard morne, raconte le Commandant Gauvin. Le Lieutenant-Colonel Grundmann second du fort, me fait asseoir ; il m’offre de la bière et des cigares. La reddition sera effective le 26 à 8 heures. Plus de 500 hommes défilent devant le colonel Salan avant de prendre le chemin du camp de prisonniers. Quelle satisfaction et quelle revanche] [Gaujac P. : Le 24 août, tandis que les forts de STE CATHERINE et de LAMALGUE tombent aux mains des Sénégalais des 6ème et 4ème régiments, à l’ouest, les résistances ennemies sont réduites. En six jours de combat, la Division de Monsabert a eu 229 tués dont 14 officiers et 692 blessés dont 33 officiers.]
[Walter Muhlethaler : Le 24 Août 1944, après s’être rendus à La Cride, M. Muhlethaler et Roethlisberger obtiennent de la garnison qu’elle accepte de rencontrer le Lt-Colonel Van Hecke à 18 h à l’Hôtel de la Tour. La reddition de La Cride est confirmée pour 20 h. Puis une communication téléphonique est établie avec le fort de Six-Fours[7].]
Toute la journée, l’escadre alliée tire contre la batterie de Cépet, le 25 août 1944[8]
Masson M., Muracciole, de Villardi de Montlaur, 1969 :Le 25 août 1944, Le Ramillies et la Lorraine assurent la relève du Nevada, sans résultat. Les navires sont également pris à partie par les 164 de la Croix des Signaux. Dans la soirée, à 18 heures, la Lorraine et les croiseurs concentrent un feu impressionnant sur la presqu’île, Saint-Mandrier tient toujours. A 19 heures, l’Aurora donne le signal de cesser le feu..]
[Dumas R., Guiglini J., 1980 : (La Lorraine) relâche à Propriano du 16 au 18 août et reprend la mer pour commencer une importante série de bombardements : l’Île de Porquerolles et la batterie des Mèdes le 18 août, la tourelle de 340 du Cap-Cépet le 19, Saint-Elme et sa région les 20 et 21, Porquerolles et Cépet le 22, Sainte-Marguerite le 23, Saint-Mandrier et sa région le 25, le Cap Cépet et Saint-Elme le 26.]
Le 24 août 1944, Paul Tassy, fut nommé vice-Président de la Commission municipale de Sanary à la tête de laquelle se trouvait Jean Cavet.
3. MARSEILLE : Jeudi 24 – Après une tentative infructueuse de règlement à l’amiable le 23 août, les combats reprennent dès le 24. De Lattre engage alors le 3e régiment de tirailleurs algériens (3e RTA) en provenance de Toulon. Chargés de réduire un à un les points d’appui ennemis dans les murs de la ville, le 7e RTA et les chars du CCI vont livrer un combat très difficile au cours duquel le commandant du III/17e RTA sera tué. L’affaire la plus spectaculaire reste la prise de la colline de Notre-Dame de la Garde qui réclame la participation de chars Sherman, de tirailleurs, de goumiers, de sapeurs et de FFI. Or, les Allemands, s’ils sont inquiets, ont la ferme intention de garder la colline truffée de casemates et de batteries. Pourvus de vivres pour de longs mois, ils ne craignent personne. L’assaut est, pensent-ils, impossible de jour. « Nous avons reçu l’ordre de résister jusqu’à la mort » dit un lieutenant aux religieuses. Les Français espèrent épargner la basilique où les religieuses et le recteur restent cachés. Il est impossible de circuler à l’extérieur du sanctuaire. Le soir, vers 20 h, à l’occasion d’une accalmie, les religieuses aperçoivent, à l’horizon, la flotte des alliés. Chacun sait que, à Toulon, en six jours de combat, la division de Monsabert a eu 229 tués dont 14 officiers et 692 blessés dont 33 officiers. Aussi, à Marseille, la décision est-elle prise : « Demain la compagnie attaquera la face Nord de Notre Dame de la Garde. Itinéraire : Rue Vauvenargues, place Sancta Maria, Notre Dame. » La nuit tombe et là-haut, la vierge veille.

–1948 – 24 août –
1. Tension Est-Ouest : l’URSS ferme ses consulats de New York et San Francisco.
2. ANNONCE DE LA SUPPRESSION DES TRAMWAYS TOULONNAIS – Le maire de Toulon reçoit la visite. de Monsieur ORLANDI, lequel s’engage de pratiquer les mêmes tarifs que les tramways dont la municipalité Toulonnaise veut supprimer le service dans un proche avenir. Les élus d’Ollioules protestent. La régie, peu impressionnée, fait savoir par une lettre du 24 août, l’arrêt de l’exploitation. Seule la ligne n° 1 continuera à assurer le trafic jusqu’au pont de l’Escaillon. La ligne n° 4 aura vécu huit ans. La desserte d’Ollioules se fit par les autocars de la société Orlandi.
–1952 – 24 août –
-ouverture de la chasse fixée au dimanche 24 août 1952 – Par décision ministérielle, l’ouverture de la chasse est fixée au dimanche 24 août 1952, à partir de sept heures. Ne chassez pas à moins de cent mètres d’une quelconque habitation (Ken Nicolas, vol. 1.).
–1952 – 24 août : LA REALITE DEPASSE LA FICTION – Prenant la parole devant les représentants de la presse, le général J. Lawten Collins, chef d’État- Major de l’armée américaine, a annoncé que les services techniques de l’armée américaine procèdent actuellement à la mise au point d’une vareuse de fantassin à l’épreuve des balles. Il a ajouté que les mêmes services étudient une balle de fusil capable de percer cette vareuse (Reuter).

1965 – 24 août : RIBOT Henri – à M. Joël Odiardo, 64 avenue Frédéric Mistral, La Seyne-sur-mer, Var, France. Dogu-Bayazit, le 24-8-65, Turquie. Mon cher Joël, je reprends aujourd’hui le cours de mon histoire. Partis d’Ankara, nous avons gagné Trébizonde, un port situé sur la mer Noire. Là, nous avons pu effectuer une réparation portant sur la roue avant gauche dont 2 gougeons avaient cédé. Nous avons profité de cet arrêt prolongé pour réparer un pneu crevé. De là, nous nous sommes rendu au consulat d’Iran et, après beaucoup de palabres avons réussi à nous faire délivrer nos visas d’entrée en Iran. C’était un dimanche.et le consul, affecté d’une nonchalance à nulle autre pareille, y avait mis beaucoup de mauvaise volonté. Le visa entre les mains, nous sommes partis pour Erzurum. Quand je t’aurais dit qu’il nous a fallu un jour complet pour ne franchir que 125 km, tu auras compris que la route était très difficile.. En effet, c’était une route de montagne assez délicate à négocier. Le lundi soir, nous avons dormi en rase campagne. Comme nous nous trouvions en plein Kurdistan, nous n’avons dormi que d’un seul œil. Ce matin, nous avons plié bagage sous le regard de deux bergers. Enfin, nous avons pu partir tranquillement. A 10h, le mont Ararat – celui sur lequel aurait atterri l’arche de Noé – était en vue. A 11 h, nous étions à ses pieds. J’arrête pour l’instant mon bavardage. Pourrais-tu transmettre ceci au Provençal, s.v.p. ( tu arranges le texte à ta manière) ?
–1983 – 23 et 24 août : INONDATIONS – Inondations et coulées de boue à Saint-Mandrier (Mairie de Saint-Mandrier).
–1999 – 24 août : Alexandre Lagoya – Morne journée qui voit la disparition d’Alexandre Lagoya, le grand guitariste classique, qui suit ainsi dans la tombe sa femme, Ida Presti, avec qui il se produisit en duo jusqu’à la mort de celle-ci en 1967 avant de reprendre en solo sa carrière cinq années plus tard. Qui ne se souvient de « Asturias » d’Albeniz ou de « Jeux interdits » diffusés en disque vinyl 33 tours 30 cm stéréo ? Alexandre Lagoya ? Un maître qui sut enseigner son art puisqu’il fonda la classe de guitare au Conservatoire national supérieur de musique de Paris où il enseigna entre 1969 et 1994 et, à ce titre, forma de nombreux guitaristes et musiciens renommés ! J’ai encore dans le cœur et dans la tête le merveilleux concert du duo Presti-Lagoya donné au festival d’Aix-en-Provence, le 2 août 1956.

–2004 – 24 août : Classement aux Monuments Historiques de la parcelle où les vestiges de l’oppidum de Verduron ont été mis au jour. Verduron – quartier du 15e arrondissement de Marseille. En occitan, Verduro signifie verdure (Chantal Granger).
–2023 – 24 août : Journée la plus chaude de cette séquence caniculaire sur le sud-est. C’est la canicule la plus tardive à ce jour. Elle a été enregistrée du 17 au 24 août 2023, soit 8 jours, et avec une intensité inédite pour un mois d’août en particulier en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Occitanie. Plusieurs régions ont même connu un épisode caniculaire plus tardif, du 3 au 10 septembre. Pour les départements des Bouches-du-Rhône et du Var : Les températures maximales sont en hausse ce mercredi, comprises entre 38 et 40 degrés localement 41 degrés dans l’intérieur et entre 33 et 37 degrés sur le littoral. Les minimales de la nuit de mercredi à jeudi sont proches de 22 à 24 degrés, plutôt autour de 20 degrés dans l’ouest du var. Les températures maximales restent comprises entre 38 et 40 degrés dans l’intérieur et entre 31 à 33 degrés sur le littoral, localement jusque 35 à 37 degrés sur le littoral ouest du var. Les minimales de la nuit de jeudi à vendredi perdent 1 ou 2 degrés, proches de 19 à 21 degrés, plutôt 22 à 24 degrés en bord de mer.

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE :
Le curé dit à son vicaire : « j’ai bien envie, pour mon prochain sermon, de dénoncer la passion de nos contemporains pour les jeux de hasard et les paris.
Le vicaire lui répond : « faites cela si vous y tenez, mais je suis prêt à risquer 20 € à 10 contre un que vous allez ramasser un bide avec ce genre de sujet ! ».

Il est 8 heures, je vous quitte en vous disant à demain pour notre entretien journalier !
[1] Témoignage de M. Walter Mühlethaler, rapporté par B. Rotger, 1994, p. 17 et suiv.
[2] ms trouvé dans les archives de BR
[3] Pendant les discussions avec le colonel cdt le fort, nos spahis font de l’intox! auprès des soldats allemands sur le thème Nous allons être relevés par un régiment de sénégalais « les schwartz mit gross coupe-coupe » qui ne font pas de quartier.
[4] Rotger B., 1994. Archives de Sanary, registre des décès 1944.
[5] Témoignage de Me Granet recueilli par B. Rotger.
[6] Gaujac P. ; Récit du Chef de Bataillon Gauvin Commandant le 2/6 RTS
[7] Témoignage de M. Walter Muhlethaler, rapporté par B. Rotger, 1994, p. 17 et suiv.
[8] Masson M., Muracciole, de Villardi de Montlaur, 1969, p. 272 ; Dumas R., Guiglini J., 1980, p. 152.

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