ÉPHÉMÉRIDES DU 22 AOÛT

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ÉPHÉMÉRIDES DU VENDREDI 22 AOÛT 2025 – 14e ANNÉE (n° 4895).

Bonjour à tous et toutes.

ILLUSTRATION : l’homme du jour est sans conteste possible Bonaparte qui abandonna ses troupes d’Egypte pour rallier Paris, faire son coup d’Etat de Brumaire et créer le Consulat, mettant ainsi un terme à la Révolution française.

FETES : Le 22 août, nous souhaitons une bonne fête à Fabrice et à tous ceux qui portent ce prénom qui commença à connaître le succès après la seconde guerre mondiale. Je sais, certains me diront “et Fabrice del Dongo ?” le héros de la “Chartreuse de Parme” (1839) ? Il n’empêche que ce prénom a culminé dans les années 1970. Aujourd’hui, il est moins répandu. Dommage ! Car Fabrice a été l’incarnation des idées de Stendhal qui trouva son inspiration dans un modèle historique, celui d’Alexandre Farnèse devenu pape sous le nom de Paul III : charmant, enthousiaste et traversant le monde en quêtant le bonheur avec une aisance aristocratique.

Pourtant ce ne fut pas ce pseudo-Fabrice qui fut canonisé par Rome, ce fut un autre, Fabrice de Tolède, le premier évêque de Porto (au Portugal), martyrisé en 417. Aujourd’hui, il reste encore quelques 130 590 personnes survivantes sur les 134240 qui ont été prénommées Fabrice depuis 1900. C’est dire l’extrême jeunesse du nom !

Le 22 août, on fête aussi saint Symphorien à Lançon-de-Provence où, autrefois, les pèlerins venaient des environs et même du Comtat. Il y eut même des miracles. Aujourd’hui encore, la fête votive de Saint-Symphorien bat son plein entre les 17 et 22 août, avec, au programme, fête foraine, manèges, stands, attractions, formations musicales, danses, restauration, buvette. A 19h tous les soirs : Les Apéritubes de la buvette Les Mourguettes, à 22h, bal et grand aïoli le dimanche à 13h. Tous les jours, concours de boules (programmation 2017, à Lançon).

Mais la plus belle fête se déroulait à Vernègue. La veille la statue était portée en procession, de l’église paroissiale à l’église romane, près du temple romain. La nuit, procession aux flambeaux. On invoquait les saints pour la guérison des maladies. On portait des ex-voto, images de fer blanc, représentant des hommes, couchés sur le dos. On mangeait des gâteaux bénits, en forme de poule, faits de farine et de safran. On demandait au saint la guérison de la goutte et des rhumatismes, et aussi la protection contre les naufrages en Durance, au Rhône ou en mer. Le saint permettait d’éviter les coups de fusil, arrêtait les chevaux et mulets emballés, protégeait les mamans et faisait marcher droit les petits enfants. Le saint est devenu par la suite un saint de protection agraire qui donnait la pluie au point qu’on lui composa un “Cantique du Parapluie” qui disait « Gardas nosti coucourdo e nosti faiou blanc ». Les pèlerins en 1876 vinrent avec un parapluie car, depuis des mois, il n’était pas tombé une goutte d’eau. Après le cantique, il leur fallut ouvrir les parapluies qui ne furent refermés qu’un fois rentré chacun chez soi à cause de la chavane qui venait d’éclater. En 1942, le saint était encore le patron des maraîchers des bords de la Durance où le pèlerinage était suivi. Un prêtre zélé, l’abbé Jourdan, y donnait de bons soins. A Blieux, la jeunesse en armes offrait, à l’occasion et à la pointe de l’épée, une pomme entaillée et portant des piécettes. A Arles, chose surprenante, le saint est le patron des traceurs de pierre et des carriers.

Si le calendrier républicain a fait table rase des divers saints que l’on fêtait le 22 août, ce fut pour les remplacer par le saumon auquel ce 5e jour de fructidor de l’An II fut dédié. Sic transit gloria !

LE DICTON DU JOUR : qui dit “Pluie de saint Fabrice ne rend pas le paysan riche” n’est pas à la hauteur du personnage initial.

LE MOT DU JOUR : « Chaque homme dans sa nuit s’en va vers la lumière » (Victor Hugo, Les Contemplations, V, 3).

ÉPHÉMÉRIDES

CHOIX DE DOCUMENTS DU JOUR.

CAMPAGE D’EGYPTE (1798-1801) : 22 août 1799 – (Résumé) lettre de Napoléon Bonaparte à Kléber, expliquant les raisons de son départ d’Égypte pour la France. Bonaparte confie l’armée à Kléber, exprimant son attachement aux soldats et son regret de quitter l’Égypte. Il souligne l’importance stratégique de l’Égypte pour la France et donne des instructions détaillées sur la gestion militaire, politique et administrative de la région. Bonaparte insiste sur la nécessité de maintenir de bonnes relations avec les chefs locaux et de gérer le fanatisme religieux avec prudence. Il mentionne également des projets de fortifications et des plans pour renforcer les troupes et les ressources. (Texte à lire et relire car c’est dans ces lignes que se trouve à l’évidence la motivation du véritable envol de l’Aigle). Pour le texte complet, cf. les éphémérides de ce jour à la date du 22 août 1799.

LA SEYNE-SUR-Mer : 578e livraison. A La Seyne même, fortement canonnée, des obus sont tombés près des chantiers (FCM) et de l’avenue François Durand, au total, on comptera 15 impacts. Les collines brûlent. En représailles aux trois morts du poste de police, aux « Quatre Moulins », deux collaborateurs seynois, bien connus et deux prisonniers allemands sont fusillés.

SANARY – 674e livraison : 1869 – 22 août : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – – Dimanche Saint Symphorien. Pleine lune. Beau temps – petite brise du large – temps qui fait dire : il fera chaud aujourd’hui -. C’est la fête de Reynier. Joli petit romerage à 4 kilomètres de chez nous. Beaucoup de personnes y vont de Saint-Nazaire et l’après-midi c’est la promenade. Il y a aussi les voitures pour lesquelles on peut aller en donnant 50 centimes.  – Ce soir, le bal a été bien charmant avec beaucoup de beau sexe indigène et étranger, de Toulon surtout. On y vient en famille manger la pastèque dans les pins.

OLLIOULES : 582e livraison. –2015 – 22 août : OLLIOULES ANNULE LE BAL DE LA LIBERATION – Ollioules : annulation du bal de la Libération, ce dimanche, pour des raisons évidentes. En raison des circonstances tragiques du Gros Cerveau qui ont endeuillé la communauté Ollioulaise, la Municipalité en accord avec les agents communaux a décidé d’annuler le bal de la Libération prévu ce dimanche 23 août.

Dans un communiqué publié ce vendredi matin, le Maire précise qu’ « avec la disparition de Yohan, enfant d’Ollioules, membre du personnel communal, à peine âgé de 34 ans, la ville a souhaité reporter à une date ultérieure le bal de la Libération prévu le 23 août 2015 à 21h place Jean Jaurès ».

Cependant, la cérémonie patriotique est maintenue à 18h30 et Robert Beneventi invite plus que jamais la population à y participer en grand nombre afin de pouvoir se recueillir devant les Monuments aux morts.

« Merci pour votre compréhension » ajoute le Maire dans son message. (F.K, le 21 août 2015)

1937 156 Marseille Le bassin de carénage et le pont transbordeur

MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS – 881e livraison : Le 22 août 1944, à 6 h le 3e bataillon du 7e Régiment de Tirailleurs algériens file vers Olive qu’il atteint à 8h 30 sous le feu de l’artillerie allemande qui ne faiblira que vers 17 h. Alors que l’on apprend que le bouchon d’Aubagne vient de sauter et que, vers 19h, une colonne de blindés guidée par des FFI à vélo est signalée vers les Trois Lucs et à St-Julien. Monsabert a décidé de brusquer l’assaut car des résistants viennent de lui annoncer que la population marseillaise s’est soulevée. Dans la soirée, l’encerclement de Marseille est achevé avec la prise du château Gélade et le carrefour de la Bédoule.  Les Allemands ayant reçu l’ordre de tenir Marseille coûte que coûte, la route de Martigues, la seule encore libre, ne sera pas utilisée par eux pour s’échapper.

ÉPHÉMÉRIDES

(Le Caire – pigeonnier)

-L’INTÉGRALE.

1091 – 22 août : Donation par le vicomte de Marseille Pons Maunier, sa femme Salomé, ses fils Guillaume et Fouque, et son frère Geofroi, à l’église du Saint-Sépulcre, de Notre-Dame et de Saint-Pierre Inter Aquas, des dîmes de Vidauban. (acte 210 des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. Arch. départ, des Bouches-du-Rhône, H, Templiers, liasse 123. a. Albanès, Gallia .. . Aix, Instr., col. 200, n° VIII). Note : c’est à partir de 1079 seulement que Pons porte le surnom de Maunier (Malnerius).

Rappel : vers 1079 – Restitution à Saint-Victor, par Geofroi, fils de Geofroi, vicomte de Marseille, de ce qu’il avait sur les vignes que Pierre Nodolia avait enlevées à l’autel de Saint-Pierre-de- Paradis. Vente par Pons Maunier ? et son frère Geofroi, cousins dudit Geofroi. de leurs droits sur ces vignes sises entre le jardin de Saint-Victor et la rive du Jarret (acte 204 des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin-Ricard. Réf. B. Saint-Victor, Grand Cartulaire, fol. 25. a. Guérard, n° 84). Note : c’est à partir de 1079 seulement que Pons porte le surnom de Maunier (Malnerius). M. de Guigné (Généalogie …, p. 241) dit qu’il ne porta jamais le titre de vicomte ; l’acte du 22 août 1091 prouve le contraire.

-1177 – 22 août : Raimond de Cervières, ses frères, Foulques et Bertrand, et leur oncle paternel, Bertrand de Méounes, donnent aux chartreux de Montrieux leurs droits sur une terre située à Vidil, dans les limites des possessions du monastère (in terra de Vidilio, que est infra terminos eorum,…), et abandonnent leurs revendications concernant cette terre (Boyer R., 1980, Acte n°  122, cartulaire de Montrieux p. 515-516. Original parchemin,  A.V. 1H1795 ; copie Capus p. 243 ;  IND. A.V. 1H2969  fol. I ;  A.V. 1H29618  fol. I ;  A.V. 1H29622  fol. 4 ;  Belsunce, I, p. 433 ; Teissier, fol. 14.).

-1297 – 22 août : MORT DE Louis, second fils de Charles II et de Marie de Hongrie. Nommé évêque de Toulouse le 27 décembre 1295, il mourut deux ans plus tard à Brignoles, le 22 août 1297. Son corps fut transporté à Marseille au couvent des Frères Mineurs, situé alors à l’emplacement où se trouve aujourd’hui le cours Saint-Louis. Il en fût enlevé en 1423 par Alphonse d’Aragon.

1471 – 22 août : lieux-dits cités dans un acte aux archives de l’Evêché de Marseille.

1. Plan dau Puech(registre aux archives de l’Evêché). Plan du Puits lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Saint- Marcel (1872).

2. Val Juec. Val-Juegue – lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Saint-Marcel. — C’est dans cette vallée que s’est établi le hameau des Rampauds. Première mention : — Val Juzet, 22 décembre 1191 (charte aux archives municip.).

1638 – 22 août : le chevalier Paul – Recommandé à Richelieu qui cherchait des cadres pour  la marine qu’il créait, le chevalier Paul fut nommé capitaine vaisseau et reçut le commandement du Neptune à Brest. Il rallia aussitôt l’escadre commandée par Sourdis sur les côtes d’Espagne et prit, le 22 août 1638, une part déterminante à la victoire de Guetaria où l’escadre espagnole fut presque détruite. (“Biographie du Chevalier Paul – netmarine.net”)

Qui était le Chevalier Paul ? Né en rade de Marseille, en 1598, d’une lavandière protégée par le gouverneur du château d’If, Paul de Fortia, qui était peut-être son père. Il commença à naviguer au commerce à l’âge de douze ans. Vers 1614, il s’embarqua à La Ciotat sur un brigantin de l’ordre de Malte et passa alors dans la marine de la Religion où il donna rapidement les preuves d’une valeur exception­nelle qui lui fit pardonner ses incartades. Lors d’une rixe à La Valette, il tua un sergent qui l’avait insulté, fut gracié et se distingua peu après dans un combat contre 2 galères turques. Son capitaine ayant été tué, il le remplaça, cou a un des navires ennemis et prit l’autre à l’abordage. Confirmé dans son commandement par le grand maître de l’Ordre, il établit alors sa base . « Mytilène pour y faire la guerre au commerce ottoman et livra de nombreux combats. » (“HISTOIRE : Chronique culturelle du 20 décembre – Theatrum Belli”) Ses faits d’armes lui valurent d’être nommé en 1637 che­valier de l’Ordre, malgré sa bâtardise. Recom­mandé à Richelieu qui cherchait des cadres pour la marine qu’il créait, il fut nommé capitaine vaisseau et reçut le commandement du Neptune à Brest. Paul rallia aussitôt l’escadre commandée par Sourdis sur les côtes d’Espagne et prit, le 22 août 1638, une part déterminante à la victoire de Guetaria où l’escadre espagnole fut presque détruite. Entré ensuite en Méditerranée il prit un corsaire turc. (“Biographie du Chevalier Paul – netmarine.net”) Commandant la Licorne en 1639 dans l’escadre de Sourdis, il fit à nouveau campagne sur les côtes d’Espagne (attaques Santona et de Larreda). Passé en 1643 au commandement du Grand-Anglois, il joua un rôle essentiel à la bataille de Carthagène (4 septembre), puis participa en 1644 et 1645 aux opérations sur les côtes de Cata­logne. Dans l’escadre de Maillé-Brézé en 1646 Paul dirigea le 22 mai le débarquement de Taramone en Toscane et le 14 juin se distingua au combat d’Orbitello où il mit hors de cours 2 frégates ennemies. L’année suivante, il effectua le 3 avril un coup de main sur Naples attaqua une escadre de 6 vaisseaux et réussit, quatre jours de violents combats, à échapper à des forces très supérieures. Dans les mêmes eaux en 1648, il livra le 19 décembre devant Castelamare un vif combat au cours duquel 5 vaisseaux et 5 galères espagnols furent détruits. En janvier 1649, Paul coula en Méditerranée un bâtiment anglais et engagea à nouveau l’escadre ennemie. (“Biographie du Chevalier Paul – netmarine.net”) Anobli et promu chef d’escadre en novembre suivant, il mit en 1650 son pavillon sur la Reine et, le 13 avril, dispersa une division espagnole au large du cap Corse. Lieutenant général en mars 1654, il fit une nouvelle campagne dans les eaux napolitaines et protégea le débarquement à Castellamare. Commandant de division sur le César en 1655, Paul fut gravement blessé lors des combats des 29 et 30 septembre devant Barcelone. Commandeur de l’ordre de Malte en 1659, il effectua en 1660 et en 1661 des croisières de protection du commerce devant Tripoli, Alger, Tunis et prit 2 corsaires algériens en février 1661. Commandant en 1663 une division avec pavillon sur l‘Hercule, il lança un coup de main sur La Goulette, captura le navire amiral algérien et repoussa les attaques d’une escadre tunisienne. Conseiller du duc de Beaufort sur la Royale en 1664, il participa active­ment le 23 juillet au débarquement de Djidjelli et livra bataille le 24 août devant Cherchell à une escadre algérienne qui fut pratiquement détruite. (“HISTOIRE : Chronique culturelle du 20 décembre – Theatrum Belli”). Paul commanda l’année suivante une division dans l’escadre de Beaufort en Manche sur le Vendôme puis sur le Neptune. Après une dernière campagne en Méditerranée en 1666, malade, il se retira à Toulon où il mourut le 20 décembre 1667, laissant le souvenir d’un marin d’une audace et d’une maîtrise exceptionnelles. (“HISTOIRE : Chronique culturelle du 20 décembre – Theatrum Belli”)

1674 – 22 août : arrêt de la cour de Bourgogne condamnant de Vintimille à remettre les fours banaux d’Ollioules en état et le condamnant aux frais et dépens ; de Vintimille répond à cet arrêt le 29 novembre 1674 par une fin de non-recevoir et adresse une protestation par voie d’huissier.][Place, H. Ribot , B. Rotger, 1982 : Charles-François de Vintimille, seigneur d’Ollioules et de Saint-Nazaire ; Castellan E, 1937).

(Le Caire)

1707 – nuit du 21 au 22 août : SIEGE DE TOULON PAR LE DUC DE SAVOIE – A Toulon, pour éloigner les galiotes on établit dans la nuit du 21 au 22 août une batterie sur la hauteur à côté de la Grosse-Tour, aujourd’hui la Tour royale. A la pointe du jour la batterie ouvrit 1e feu ; mais les galiotes s’écartèrent et toute la grande flotte anglaise leva l’ancre, tandis que l’armée du duc de Savoie se retirait par la route de Solliès. La joie éclata partout dans Toulon : le siège de la ville était levé et l’ennemi vaincu. Grâce à une héroïque résistance des défenseurs, au patriotisme de tout un peuple, et à la venue du maréchal de Tessé ayant amené, par les hauteurs du Revest, dix-huit bataillons de forces royales, l’armée et la flotte ennemies durent, la rage au cœur, lever le siège après un bombardement furieux qui, paraît-il, détruisit dans Toulon une centaine de maisons (22 août 1707). Comme le front de terre, le front de mer aura tenu (Dr Raoulx, Le siège de Toulon de 1707).

1789 – 22 août : LIBERTE DES CULTES – A l’assemblée, Mirabeau se prononce en faveur de la liberté des cultes, dans la mesure où ils ne dérangent pas l’ordre public. Cette question ne semble pas soulever d’opposition. (Agenda du bicentenaire, LUNDI 22 AOÜT).

-1790 – 22 août : La Seyne – Avis pour se faire mettre en possession de 4 fours banaux. –  Rectification du rôle de capitation royale. – Convocation des habitants pour l’impôt sur la viande (Cote 1D1).

1792 – 22 août : EMEUTES ROYALIISTES – émeutes royalistes en Vendée, Dauphiné, Bretagne (Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997).

1793 – 22 août :

1. LES FEDERALISTES DU MIDI TENTENT DE S’ENTENDRE AVEC LES ANGLAIS – Les Marseillais vaincus redoutèrent aussitôt les représailles et cherchèrent à entrer en contact avec la flotte espagnole ou anglaise. Le 22 août leurs émissaires rencontrèrent cette dernière et, montant à bord du navire amiral de Hood, le supplièrent d’entrer dans leur rade et de protéger leur ville… L’amiral leur répondit que sa flotte ne serait pas à l’abri de la mer dans leur rade, ouverte au large, et que leur ville, n’étant pas fortifiée, ne pourrait pas soutenir un siège contre l’armée française… Dans ces conditions, il ne pouvait envisager d’intervenir… qu’en rade de Toulon… si les Toulonnais y consentaient… saisissant ainsi, au vol, l’occasion d’atteindre l’objectif stratégique historique de son pays en Méditerranée! (Contre-amiral Lepotier, 1972, p. 254-255)

2. DEROUTE DES CONVENTIONNELS – Les partisans de la Convention abandonnent Bordeaux et se réfugient à La Réole (Yann Fauchois, Journal de la France et des Français, Gallimard, 2001, p. 1188).

1795 – 22 août :

-La constitution du 5 fructidor an III (22 août 1795) disposa que chaque département serait distribué en cantons et chaque canton en communes. Les cantons correspondaient aux circonscriptions qui existaient déjà sous ce nom. Seules les communes ayant entre cinq mille et cent mille habitants devaient avoir une administration municipale ; dans celles dont la population était inférieure à cinq mille habitants, existeraient un agent municipal et un adjoint. La réunion des agents municipaux de chaque commune formait la municipalité de canton. Les districts furent donc supprimés et les cantons acquirent plus d’importance. Dans le Var, ce remaniement fut effectué par le directoire du département dans la séance du 30 vendémiaire an IV (22 octobre 1795). Ces 57 circonscriptions n’ont laissé d’archives que pour 33 d’entre elles et ces fonds sont extrêmement pauvres, sauf ceux de Correns et de Grimaud.

[Rotger B., 1984 : Il fallut procéder à de nouvelles élections. De plus, il était question de transférer à DRAGUIGNAN le chef-lieu du département fixé jusqu’à présent à BRIGNOLES, depuis la reddition de TOULON. Le citoyen Antoine VENEL président invita tous les officiers municipaux à délibérer avec impartialité sur cette affaire. C’était dit-il une manœuvre de l’intrigue et de la cabale. Tous les membres convaincus que BRIGNOLES est mieux placé, au point central du département, que DRAGUIGNAN, et qu’il est de l’intérêt général et particulièrement de SAINT NAZAIRE qui n’est qu’à neuf lieux tandis que DRAGUIGNAN est à dix-neuf lieux. Copie de cette délibération est envoyée au Commissaire du Directoire exécutif, près les tribunaux civil et criminel du département, comme suite à sa demande. RETOUR D’EMIGRES –  BARRALIER Madeleine, née TORTEL. Citoyenne de La Seyne émigré.. S’était rendue à Toulon vers le 25 août 1793 « à la suite d’un ordre du général Carteaux qui enjoignait les habitants d’évacuer La Seyne dans les vingt-quatre heures sous peine de mort ». Rentrée le 5 fructidor an III par un navire vénitien qui fut visité par des frégates anglaises. TORTEL Pierre-Honoré. Citoyen de La Seyne émigré. Rentré le 5 fructidor an III (Louis Baudoin, 1965).

 Le même jour, le Conseil de Sanary reçutune demande du Capitaine Jean Louis LYON, capitaine d’Infanterie de ligne, propriétaire dans cette commune depuis le trente frimaire et qui déclarait vouloir fixer sa résidence définitive dans la commune avec sa famille. Le Capitaine FERRANTE, qui venait d’être admis à la retraite, avait demandé lui aussi à se retirer à SANARY.

1797 – 22 août : DESTITUTION DE MOYNAT D’AUXON – La destitution du général Moynat d’Auxon, qui suit les événements du 17 messidor, est saluée avec allégresse et vaut à Barras une lettre de remerciement des Toulonnais : « Grâces vous soient rendues, vous venez de museler la bête féroce qui depuis neuf mois désolait le département du Var en retirant à Moynat d’Auxon les pouvoirs que vous lui .aviez confiés. Vous rendez la vie à une foule de républicains qu’il persécutait avec fureur… » (Archives Municipales de Toulon, D III 95 bis – 11 – correspondance générale). Peut-être cette mesure qui date du 5 fructidor an V est-elle une décision en concordance avec les événements antiroyalistes du 18 fructidor (Henriette Trojani, La société et la vie à Toulon de 1795 à 1815).

1799 – 22 août : 22 août : EXPEDITION D’ÉGYPTE – Départ de Bonaparte.

(Le Caire)

  1.  Lettre du général en chef Bonaparte au divan du Caire.  Le 5 fructidor an 7 : «  Ayant été instruit que mon escadre était prête, et qu’une armée formidable était embarquée dessus, convaincu, comme je vous l’ai dit plusieurs fois, que, tant que je ne frapperai pas un coup qui écrase à la fois tous mes ennemis, je ne pourrais jouir tranquillement et paisiblement de la possession de l’Égypte, la plus belle partie du monde ; j’ai pris le parti d’aller me mettre moi-même à la tête de mon escadre, en laissant le commandement, pendant mon absence, au général Kléber, homme d’un mérite distingué et auquel j’ai recommandé d’avoir pour les ulemas et les scheiks la même amitié que moi. Faites ce qui vous sera possible pour que le peuple d’Égypte ait en lui la même confiance qu’en moi, et qu’à mon retour, qui sera dans 2 ou 3 mois je sois content du peuple de l’Égypte et que je n’ai que des louanges et des récompenses à donner aux scheiks. Bonaparte ».
  2. Lettre du général en chef Bonaparte à l’armée. Les nouvelles d’Europes mon décidé à partir pour la France. Je laisse le commandement de l’armée au général Kléber. L’armée aura bientôt de mes nouvelles, je ne puis pas en dire davantage. Il me coûte de quitter des soldats auxquels je suis le plus attaché ; mais ce ne sera que momentanément, et le général que je leur laisse à la confiance du gouvernement et la mienne. Bonaparte ».
  3. Lettre du général en chef Bonaparte au général Menou. Alexandrie le 5 fructidor an 7- «  vous vous rendrez de suite à Alexandrie, citoyen général, vous prendrez le commandement d’Alexandrie Rosette et Bahirreh. Je pars ce soir pour la France, le général Kléber doit être rendu dans 2 ou 3 jours à Rosette ; vous lui ferez passer le pli ci-joint, dont je vous envoie un double, que vous lui ferez passer par une occasion très sûre. Le général Marmont part avec moi. Je vous prie, pour empêcher les faux bruits, d’envoyer au général Kleber un bulletin de notre navigation, jusqu’à ce qu’on n’ait plus connaissance des frégates. Vous préviendrez le général Kléber que le djerme la Boulonnaise est à Ramanieh. Je laisse ici 80 chevaux des guides à cheval sellés, que vous ferez passer au Caire pour monter le reste des guides et de la cavalerie. Vous ne ferez partir la lettre ci-jointe, pour le général Dugua et pour le Caire, que 48 heures après que les frégates auront disparu. Bonaparte ».
  4. Lettre du général en chef Bonaparte au général Kléber. C’est le document-clef par lequel Bonaparte expose à Kléber les motivations de son départ incognito d’Egypte pour la France. Rappelons que les 18 et 19 brumaire suivants (9 et 10 novembre) Bonaparte tiendra des discours recueillis par l’histoire, discours dont la moindre phrase porte l’empreinte de son ambition qui devait porter le fer en Europe. «  Alexandrie le 5 fructidor an 7 : vous trouverez ci-joint citoyen général un ordre pour prendre le commandement en chef de l’armée. La crainte que la croisière anglaise ne reparaisse de moment à l’autre me fait précipiter mon voyage de 2 ou 3 jours.

J’emmène avec moi les généraux Berthier, Andréossi, Murat, Lannes et Marmont, et les citoyens Monge et Bertholet. Vous trouverez ci-joint les papiers anglais et de Francfort jusqu’au 10 juin. Vous y verrez que nous avons perdu l’Italie  ; que Mantoue, Turin et Tortone sont bloqués. J’ai lieu d’espérer que la première tiendra jusqu’à la fin de novembre.

J’ai l’espérance, si la fortune me sourit, d’arriver en Europe avant le commencement d’octobre. Vous trouverez ci-joint un chiffre pour correspondre avec le gouvernement et un autre chiffre pour correspondre avec moi.

Je vous prie de faire partir, dans le courant d’octobre, Junot ainsi que mes domestiques et tous les effets que j’ai laissés au Caire  ; cependant, je ne trouverai pas mauvais que vous engagiez à votre service ceux de mes domestiques qui vous conviendraient.

L’intention du gouvernement est que le général Desaix parte pour l’Europe dans le courant de novembre, à moins d’événements majeurs.

La commission des arts passera en France sur un parlementaire que vous demanderez à cet effet, conformément au cartel d’échange, dans le courant de novembre, immédiatement après qu’elle aura achevé sa mission. Elle est maintenant occupé à voir la Haute-Egypte ; cependant ceux de ses membres que vous jugerez pouvoir vous être utiles, vous les mettrez en réquisition sans difficulté.

L’effendi fait prisonnier à Aboukir est parti pour se rendre à Damiette. Je vous ai écrit de l’envoyer à Chypre  ; il est porteur pour le grand vizir d’une lettre dont vous trouverez ci-joint la copie.

L’arrivée de notre escadre de Brest à Toulon, et de l’escadre espagnole à Carthagène, ne laisse plus de doute sur la possibilité de faire passer en Égypte les fusils, les sabres, les pistolets, les fers coulés dont vous pourriez avoir besoin et dont j’ai l’état le plus exact avec une quantité de recrues suffisante pour réparer les pertes des 2 campagnes.

Le gouvernement vous fera connaître alors lui-même ses intentions, et moi comme homme public et comme particulier je prendrai des mesures pour vous faire avoir fréquemment des nouvelles. Si par des événements incalculables, toutes les tentatives étaient infructueuses, et qu’au mois de mai vous n’ayez reçu aucun secours ni nouvelle de France, et si, malgré toutes les précautions, la peste était en Égypte cette année et vous tuait plus de quinze cents soldats, perte considérable puisqu’elle serait en sus de celle que les événements de la guerre vous occasionneront journellement  : je pense que dans ce cas vous ne devez pas hasarder de soutenir la campagne et que vous êtes autorisé à conclure la paix avec le la Porte ottomane quand même la condition principale serait l’évacuation de l’Égypte. Il faudrait seulement éloigner l’exécution de cette condition, si cela était possible, jusqu’à la paix générale.

Vous savez apprécier aussi bien que moi combien la possession de l’Égypte est importante à la France : cet empire turc qui menace ruine de tous côtés, s’écroule aujourd’hui, et l’évacuation de l’Égypte serait un malheur d’autant plus grand que nous verrions de nos jours cette belle province passer en d’autres mains européennes.

Les nouvelles des succès et des revers qu’aura la République, doivent aussi entrer puissamment dans vos calculs.

Si la porte répondait, avant que vous eussiez reçu de mes nouvelles de France, aux ouvertures de paix que je lui ai faites, vous devez déclarer que vous avez tous les pouvoirs que j’avais et entamer les négociations :  persistant toujours dans l’insertion que j’ai avancée, que l’intention de la France n’a jamais été d’enlever l’Égypte à la Porte ; demandez que la Porte sorte de la coalition et nous accorde le commerce de la mer Noire ; qu’elle mette en liberté les Français prisonniers ; et enfin, six mois de suspension d’armes, afin que pendant ce temps-là l’échange des ratifications puisse avoir lieu.

Supposons que les circonstances soient telles que vous croyez devoir conclure ce traité avec la Porte, vous ferez sentir que vous ne pouvez pas le mettre à exécution, qu’il ne soit ratifié ; et selon l’usage doute de toutes les nations l’intervalle entre la signature d’un traité et sa ratification doit toujours être une suspension d’hostilité.

Vous connaissez, citoyen général, quelle est ma manière de voir sur la politique intérieure de l’Égypte : quelque chose que vous fassiez les chrétiens seront toujours nos amis. Il faut les empêcher d’être trop insolents afin que les Turcs n’aient pas contre nous le même fanatisme que contre les chrétiens ce qui nous les rendrait irréconciliables. Il faut endormir le fanatisme,  avant qu’on puisse le déraciner. En captivant l’opinion des grands scheicks du Caire, on a l’opinion de toute l’Égypte et de tous les chefs que ce peuple peut avoir ; il n’y en a aucun moins dangereux que des scheicks qui sont peureux, ne savent pas se battre et qui comme tous les prêtres, inspirent le fanatisme sans être eux-mêmes fanatiques.

Quant aux fortifications d’Alexandrie, El-Arich, voilà les clés de l’Égypte. J’avais le projet de faire rétablir cet hiver des redoutes de palmiers, 2 depuis Salahieh et Cathiey, 2 de Cathiey à  El-Arich : l’une se serait trouvée à l’endroit où le général Menou a trouvé de l’eau potable.

Le général Samson, commandant du génie, et le général Songis, commandant l’artillerie, vous mettront chacun au fait de ce qui regarde sa partie. Le citoyen Poussielgue a été exclusivement chargé des finances, je l’ai reconnu travailleur et homme de mérite. Il commence à avoir quelques renseignements sur le chaos de l’administration de l’Égypte. J’avais le projet si aucun nouvel événement ne survenait, de tâcher d’établir cet hiver un nouveau mode d’imposition ce qui nous aurait permis de nous passer à peu près des coptes  ; cependant, avant de l’entreprendre, je vous conseille d’y réfléchir longtemps. Il vaut mieux entreprendre cette opération un peu plus tard qu’un peu trop tôt.

Des vaisseaux de guerre français paraîtront cet hiver indubitablement à Alexandrie, Bourlos ou Damiette. Faites construire une bonne tour à Bourlos  ; tâchez de réunir 5 ou 600 mamelouks que, lorsque les vaisseaux français seront arrivés, vous ferez un jour arrêter au Caire et dans les autres provinces et embarquez pour la France. À défaut de mamelouks, des otages d’arabes, des sheicks Belet qui, pour une raison quelconque se trouveraient arrêtés, pourront y suppléer. Ces individus arrivés en France, y seront retenus un ou deux ans, verront la grandeur de la nation, prendront quelques idées de nos mœurs, et de notre langue, et de retour en Égypte, ils formeront autant de partisans.

J’avais déjà demandé plusieurs fois une troupe de comédiens : je prendrai un choix particulier de vous en envoyer. Cet article est très important pour l’armée et pour commencer à changer les mœurs du pays.

La place importante que vous allez occuper en chef va vous mettre à même enfin de déployer les talents que la nature vous a donnés. L’intérêt de ce qui se passera ici est vif, et les résultats en seront immenses pour le commerce, pour la civilisation  ; ce sera l’époque d’où dateront de grandes révolutions.

Accoutumé à voir la récompense des peines et des travaux de la vie dans l’opinion de la postérité, j’abandonne avec le plus grand regret d’Égypte l’intérêt de la patrie, sa gloire, l’obéissance, les événements extraordinaires qui viennent de se passer, me décident seuls à passer au milieu des escadres ennemis pour me rendre en Europe. Je serai d’esprit et de cœur avec vous. Vos succès me seront aussi chers que ceux où je me trouverais en personne et je regarderai comme mal employé tous les jours de ma vie où je ne ferai pas quelque chose pour l’armée dont je vous laisse le commandement, et pour consolider le magnifique établissement dont les fondements viennent d’être jetés.

L’armée que je vous confie est toute composée de mes enfants  ; j’ai eu dans tous les temps, même au milieu des plus grandes peines, des marques de leur attachement. Entretenez les dans ces sentiments vous le devez à l’estime et à l’amitié toute particulière que j’ai pour vous et l’attachement vrai que je leur porte. Bonaparte »

(Egypte)

1806 – 21 et 22 août : MORT DE FRAGONARD – Décès de Jean Honoré Fragonard, alors enfant du Var puisque Grassois (rappelons que le quatrième arrondissement du Var, celui de Grasse, ne sera rattaché au nouveau département des Alpes Maritimes qu’après l’annexion du comté de Nice à la France, en 1860).

Voici ce qu’en écrit André Castelot : “Le soir du 21 août 1806, à Paris, par un très chaud après-midi, un petit vieillard aux bonnes joues rouges, un petit vieillard “ rond, replet, fringant”, vêtu d’une roquelaure en drap gris — un genre de houppelande — était en train de manger une glace chez Véry, le fameux glacier du Palais-Royal, alors palais du Tribunat. Ses yeux pétillants regardaient les passants… et, si ce regard semblait les déshabiller, c’est que pour lui, toute jolie femme était d’abord un modèle. Car le petit vieillard, avançant une lèvre gourmande, qui savourait une glace ce jeudi 21 août 1806 chez Véry, avait nom Jean-Honoré Fragonard, l’exquis, le charmant, l’adorable Frago. C’est ainsi qu’on l’avait appelé durant un demi-siècle !

Sans doute, aujourd’hui, en ce début de l’Empire, ces toiles délicieuses, ces modèles blonds et potelés semblent-ils un peu démodés, mais Frago est toujours une manière d’enfant chéri de Paris. Un enfant chéri aux cheveux blancs, mais si ébouriffés que l’on ne parvient pas à considérer Monsieur Frago comme un vieillard. N’est-il pas aussi insouciant qu’à vingt ans, lorsqu’il était élève de Boucher ? Veut-on entendre sa jolie petite belle-sœur Marguerite Gérard parler de lui ? Il l’a aimée — et l’aime encore — et peut-être la jeune fille a-t-elle eu, sans le savoir, pour le vieux mari de sa sœur, un peu plus que de l’amitié.

Tout à l’heure, en se promenant au Champ-de-Mars, Monsieur Frago a-t-il relu le billet que la petite ensorceleuse lui écrivait il n’y a pas si longtemps ? “ Quand mon ami me demande que je lui écrive quelque chose d’agréable, je ne connais qu’un sujet. C’est de lui que je parle. De lui, parce que lui me paraît le plus aimable des sujets. Si je voulais peindre d’un enfant la joie, la gaieté et le caprice, les caresses, le bonheur, je le prendrais pour modèle. Si je voulais peindre de l’amitié les caractères, la douceur, la complaisance, les soins, la tendresse, je le prendrais encore pour modèle. Des philosophes le plus aimable, des peintres le plus ingénieux et le plus gracieux, des amis le plus tendre et le plus constant, des maîtres le plus soigneux et le plus attentif, voilà le portrait de mon ami. ” La brune Marguerite ! L’aguichante petite Provençale de seize ans, aux jolies fossettes, avait été son dernier amour…

Tout en savourant sa glace de Véry — il n’y en avait point de meilleure à Paris — Monsieur Frago a-t-il pensé ce jour-là à sa vie joyeuse ? A ses soixante-quinze années d’impertinence, de verve, d’esprit et d’amour ? D’amour surtout, car il suffit de regarder un de ses dessins pour être convaincu que Fragonard a dû aimer — ou désirer — tous ses modèles.

Ce soir du 21 août 1806, Monsieur Frago regardait avec gourmandise passer et repasser devant lui des filles du Palais-Royal… et avec tout autant de gourmandise, il achevait sa glace délicatement parfumée. Il souriait… il souriait à cette vie qui lui avait apporté tant de joie… Soudain, la main qui portait à sa bouche une dernière cuillerée de crème glacée retomba. Jean-Honoré Fragonard venait d’être frappé de congestion. Il rendit le dernier soupir sans avoir repris connaissance, quelques heures plus tard, à l’aube du 22 août, un sourire encore aux lèvres”.

1811 – 22 août : PREFECTURE DU VAR – Le préfet en fonctions jusque-là, baron d’Azémar, fut remplacé le 22 août par le préfet Leroy, qui résida à Draguignan du 24 août 1811 au 17 juillet 1814 (Louis Baudoin, 1965, p. 433).

1815 – 22 août : ARRESTATION D’ANTI-ROYALISTES – dans un rapport adressé par le maire de La Seyne au sous-préfet de Toulon et en date du 23 août 1815, nous lisons ce qui suit : « A 3 heures de l’après-midi, hier 22 août, des volontaires royaux du 3e bataillon stationné à La Seyne vinrent à la mairie avec M. Legros, capitaine de vaisseau, son frère et un ami, M. Daubencourt, médecin. « Les volontaires étaient porteurs de deux fusils qu’ils disaient avoir trouvé dans des maisons de campagne dudit M. Legros. Ils ajoutaient, en outre, que les gens en question avaient refusé de crier « Vive le roi » et qu’une femme, de chez eux, avait même crié « Vive l’empereur » ; ce disant, ils montraient une cocarde tricolore trouvée dans une des bastides. MM. Legros et Daubencourt ont nié énergiquement tous ces faits. S’étant rendu chez M. de Sinéty, commandant du bataillon, pour le mettre au courant de ce qui se passait et ne l’ayant pas trouvé chez lui, le maire a vu l’adjudant de bataillon et lui a rendu compte. Durant ce temps, un gros rassemblement de personnes s’était formé devant l’entrée de la mairie et paraissait menacer M. Legros. Alors, M. Fauchier mit des sentinelles à la porte afin d’empêcher des insultes à ses administrés. Enfin, M. de Sinéty arriva de Toulon vers 6 heures du soir et se rendit aussitôt à l’hôtel de ville. Là, il interrogea longuement tout le monde. Toutefois, le tumulte allant croissant, il importait d’en finir et, au milieu des cris, on enferma les prisonniers. Vers 4 heures du matin, les gens s’étant éloignés, un officier accompagna MM. Legros et Daubencourt sur le port et les fit embarquer pour Toulon pour les présenter au comte de Gardenois, commandant de la place. Ce qui, conclut le maire, a été exécuté (Arch. comm. de La Seyne : Corresp. avec le sous-préfet. Note de Louis Baudoin, 1965, p. 457 : Nous ignorons la suite de cette affaire ; on se livra à la recherche de présumés complices, vraisemblablement des militaires)339. »

(Sanary)

1867 – 22 août : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – – Jeudi Saint Symphorien – Continuation d’un temps splendide avec forte chaleur . Le thermomètre marque tous les jours de 25 à 30 degrés. Il le fallait pour faire comprendre que nous étions dans l’époque de la Canicule car depuis le début de l’été nous n’avions pas vu de fête de Saint-Nazaire aussi froide. Il faut cependant dire à celui qui lira cet article que la fête n’a pourtant jamais été aussi belle. J’ai oublié de dire que nous avons mesuré la hauteur de la tour et que nous avons trouvé 22 mètres.

1869 – 22 août : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – – Dimanche Saint Symphorien. Pleine lune. Beau temps – petite brise du large – temps qui fait dire : il fera chaud aujourd’hui -. C’est la fête de Reynier. Joli petit romerage à 4 kilomètres de chez nous. Beaucoup de personnes y vont de Saint-Nazaire et l’après-midi c’est la promenade. Il y a aussi les voitures pour lesquelles on peut aller en donnant 50 centimes.  – Ce soir, le bal a été bien charmant avec beaucoup de beau sexe indigène et étranger, de Toulon surtout. On y vient en famille manger la pastèque dans les pins.

1894 – 22 août : MARIUS MICHEL DEMISSIONNE DE SA CHARGE DE MAIRE DE SANARY.

Le 20 juillet, le Conseil Municipal de Sanary unanime, la Prud’homie des pêcheurs, tous adressent aussi la démission de leurs fonctions. Cette démission du Maire sera longue à être acceptée, il sera contraint de la renouveler le 22 Août. Joseph SOLEILLET, resté à sa place,- à la demande de Marius MICHEL, écrit le 20 Août au Ministre de la Marine. Il essaie encore d’obtenir une modification de l’injuste partage des eaux entre les prud’homies du Brusc et de Sanary. Il propose au Ministre la communauté des eaux de pêche pour les deux prud’homies.] « Ce serait, dit-il, un moyen d’apaiser le mécontentement des pêcheurs et des habitants de SANARY. Tout est suspendu dans la commune, rien ne va plus. Au nom de la paix et de la tranquillité, veuillez, Monsieur le Ministre, ¬prendre ma demande en considération » (Rotger B., 1984, p. 462-463).

Marius Michel démissionne de sa charge de Maire de Sanary : il éprouva de nouvelles déceptions qui le poussèrent à abandonner son second mandat de Maire de Sanary. En voici les raisons : un conflit opposait les pêcheurs de son village à ceux du Brusc pour la fixation des zones de pêche. Il défendit âprement la cause des siens, convaincu de leurs bons droits. N’ayant pu réussir à fléchir les autorités dans le sens qu’il souhaitait, il préféra donner sa démission par une lettre dont voici le texte intégral.  » J’apprends aujourd’hui 24 Juillet 1894 que les réclamations des Sanaryens ont été rejetées et qu’il ne reste plus aucun espoir de faire revenir le ministre sur sa décision, qui paraît lui avoir été dictée par certaines influences. Dans ces conditions et pour la raison que je n’ai pu faire prévaloir auprès de l’autorité supérieure une cause éminemment juste, je ne pourrai plus assurer une fonction de Maire avec tout l’ascendant et l’autorité que le premier magistrat doit légitimement posséder sur ses administrés. Je vous prie, M. le Préfet, de bien vouloir agréer ma démission de Maire et de Conseiller municipal  » (Ortolan, 1989 donne le 24 juillet pour cette démission).

(exploration d’une chambre funéraire du mastaba de Meydoum, Egypte)

1935 – 22 août : PORTE-AVIONS « BEARN » – Le porte-avions « Béarn » est en grande refonte à La Seyne depuis le 23 février 1934. En fin de travaux, le 22 août 1935, l’essai officiel en route libre est combiné avec un essai d’endurance de 6 h pour la chaufferie avant. Trois parcours sur la base des îles d’Hyères sont réalisés. La vitesse moyenne relevée est de 18,162 nœuds pour une puissance de 21 352,9 ch (15 713 kW). Le même essai est refait le lendemain, mais pour la chaufferie arrière. La vitesse est de 18,5 nd avec une puissance de 22 863,7 ch (16 825 kW) (Moulin Jean, Morareau Lucien, Picard Claude, 2001 – Le Béarn et le Commandant-Teste).

(la tranchée d’accès à la tombe du mastaba de Meydoum, Egypte)

1940 – 22 et 26 août : PAUL NIPKOW INVENTEUR DE LA TÉLÉVISION – “Paris-Soir”, lundi 26 août : Paul Nipkow inventeur de la télévision meurt subitement. Berlin, dimanche 25 août. L’inventeur de la télévision, Paul Nipkow, qui venait de fêter son 80e anniversaire le 22 août, avait reçu, à cette occasion, de nombreuses félicitations et marques d’honneur. Le soir de son anniversaire, l’inventeur avait glissé et fait une chute sur le parquet de son appartement, à Berlin- Pankow. Vendredi il avait été transporté à la clinique Saint- Lazare pour y passer la radiographie. Hier matin, de bonne heure, une embolie a provoqué la mort subite du grand inventeur (Paris-Soir, lundi 26 août 1940).

1942 – 22 août : LEGION DES VOLONTAIRES – Cérémonies légionnaires du prélèvement de terre pour Gergovie (au Fort Napoléon à La Seyne, en particulier). (“accueil”)

1944 – 22 août :

1. LA BATAILLE DE NORMANDIE EST TERMINEE : Le Haut commandement allemand s’était figuré qu’avec trois divisions de la XVe Armée il arriverait à mettre Paris à l’abri d’une surprise et à couvrir le repli de ses troupes au-delà de la Seine. Une fois de plus, une telle mesure se révéla à la fois trop tardive et trop mince. Patton arrivait à toute allure avec trois divisions blindées et trois divisions d’infanterie, motorisées à 100%. Par chance pour la retraite allemande, le temps demeura bouché. Les Jabos ne purent prendre l’air. Grâce à quoi les restes du 2e Corps de parachutistes parvinrent à franchir la Seine à Louviers. De son côté, le major-général Kurt Meyer, quand il se présenta lui aussi, avec les restes de sa 12e D.B. S.S., au P.C. du 1er Corps cuirassé, y fut accueilli comme un véritable revenant. Tout ce qui avait échappé à la « chaudière » de Falaise fut transféré, par Rouen, au moyen de radeaux et d’embarcations, sur l’autre rive de la Seine. Les éléments les moins éprouvés, qui avaient déjà gagné antérieurement cette zone de rafraîchissement, servirent de couverture à l’opération. Du 6 juin jusqu’à la fin d’août, les forces du Groupe d’armées B ont perdu : 1 300 chars, 20 000 camions, 500 canons d’assaut, 1 500 canons de campagne ou obusiers, plusieurs milliers de pièces antichars ou de tubes de D.C.A. Les pertes de la troupe se sont élevées à 400 000 hommes, tant blessés que tués ou que prisonniers. 200 000 prirent le chemin des camps de P.O.W. (1) de l’Angleterre, du Canada, ou des États-Unis (Paul Carell, Ils arrivent).

2. OPERATION « ANVIL »

1. LA BATAILLE DE NORMANDIE EST TERMINEE : Du 6 juin jusqu’à la fin d’août, les forces allemandes du Groupe d’armées B ont perdu 1 300 chars, 20 000 camions, 500 canons d’assaut, 1 500 canons de campagne ou obusiers, plusieurs milliers de pièces antichars ou de tubes de D.C.A. Les pertes de la troupe se sont élevées à 400 000 hommes, tant blessés que tués ou que prisonniers. 200 000 prirent le chemin des camps de P.O.W. (1) de l’Angleterre, du Canada, ou des États-Unis (Paul Carell, Ils arrivent).

2. OPERATION « ANVIL »

– SECTEUR DE BANDOL-SANARY – La batterie de Pierredon tire à nouveau. On se bat à Reynier, ainsi qu’à Ollioules et Toulon (Témoignage de Me Granet recueilli par B. Rotger). Gaujac P. : Dans la nuit, un peloton de l’escadron de reconnaissance rejoint le PC du régiment Van Hecke près du viaduc de Bandol.] (“AU FIL DES SIÈCLES – PressReader”) [Témoignage de Me Granet :] « Mardi 22 août, nuit très agitée, on a entendu la canonnade des canons de campagne toute la nuit. Il y a eu une très grosse explosion à sept kilomètres environ en direction de Toulon. . La batterie de Pierredon a tiré une partie de la nuit, si bien que pendant que j’étais de quart, deux dormeurs réveillés sont montés voir ce qui se passait et pour plus de prudence tout le monde est descendu à l’abri. Ce tir a duré une bonne heure. Quand il s’est arrêté, on est monté se recoucher. ».

– SECTEUR OUEST – Le cuirassé français « Lorraine » tire à nouveau sur Porquerolles et sur Cépet qui réplique et manque de peu le croiseur américain « Aurora ». L’amiral Davidson envisage même de recourir à une opération de commando avec le groupe naval d’assaut. Finalement, il faudra 8 jours pour réduire les 340 mm de Cépet.

Au matin, une patrouille du 7e RCA est envoyée en direction de Saint-Cyr-La Ciotat, où elle s’installe en fin de journée.

Vers 8 heures, la « Résistance » attaque Six-Fours avec des revolvers, les Allemands ripostent avec quelques rafales de mitrailleuse et un coup de canon sur Reynier. La maison du docteur, l’église, la Mairie et le quartier vieux ont été touchés, il y a eu pas mal de blessés Les mairies de La Seyne et Reynier ont été à nouveau occupées par les Allemands. Depuis ce matin, la canonnade n’a pas cessé, en ce moment un bâtiment tire du large sur Six-Fours.

De 10 h à 11 h, à Sanary, l’éclairage du peloton Caniot pousse une reconnaissance sur la colline de Sainte-Trinide d’où il peut observer et renseigner sur l’activité ennemie, tandis que des auto-mitrailleuses pénètrent dans Sanary où elles désarment plus de cinquante Allemands.

Vers 11 heures, à Six-Fours, d’autres obus tombent sur Reynier où ils atteignent l’église, trois maisons et la place de la mairie et blesse des habitants.

Après 11h, toujours à Sanary, une patrouille du peloton Caniot coupe le fil téléphonique reliant l’observatoire d’artillerie installé sur le côté nord de l’ouvrage de la Pointe du Cerveau aux batteries allemandes. A partir de ce moment le tir ennemi se disperse.

Dans l’après-midi, à Sanary, une batterie allemande comprenant une centaine d’hommes venant de Saint-Raphaël s’arrête devant le Colombet ; M. Muhlethaler les conduit à la « Millière » et avertit l’armée française pour venir se saisir d’eux.

Vers 16 h, à Sanary, le tir de l’artillerie ennemie est enfin suspendu. En fin d’après-midi, une patrouille du 2ème spahis ramène 18 Allemands capturés près de la Millière.

A 19 h 45, à Sanary, après des pourparlers conduits par M. Muhlethaler, le lieutenant Hartmann signe, au quartier général du lieutenant-colonel Van Hecke, la reddition de la 8ème Batterie implantée à la Millière pour le lendemain 23 à 11 heures.

A La Seyne même, fortement canonnée, des obus sont tombés près des chantiers (FCM) et de l’avenue François Durand, au total, on comptera 15 impacts. Les collines brûlent. En représailles aux trois morts du poste de police, aux « Quatre Moulins », deux collaborateurs seynois, bien connus et deux prisonniers allemands sont fusillés.

Alors que se déroulent ces événements dans l’ouest toulonnais, les commandos du Bataillon de Choc (1° compagnie du capitaine Carbonnier) s’infiltrent jusqu’au centre-ville de Toulon, soulageant les Résistants qui commencent à manquer de munitions.

En fin de soirée, l’amiral Ruhfus, commandant en chef la défense allemande, peut enfin traverser la grande rade et rendre compte par radio à 22 heures qu’il assure dorénavant son commandement à partir de la Croix-des-Signaux, le plus haut sommet de Cépet.

Durant cette journée, à des centaines de kilomètres de là, les Parisiens se soulèvent et barricadent leurs rues.

– MARSEILLE – Résumé des journées précédentes – Dès le 19 au matin, les patriotes résistants de Marseille déclenchent la grève générale, prélude à l’insurrection contre les forces d’occupation. Du fait que la situation évoluait rapidement dans les secteurs orientaux de « Anvil », le général De Lattre de Tassigny décide de hâter l’intervention sur la ville et le port  en ne conservant sur Toulon que les seuls moyens mis en œuvre. Dans la nuit du 19 au 20, le général de Monsabert reçoit donc l’ordre  de « pousser sur la direction Méounes, Signes, le Camp, Aubagne, tout en menant une action de débordement de Toulon par le mont Caumes et le Croupatier ». Il doit donc mener cette action l’action en direction de Marseille tout en poursuivant le débordement sur Toulon par le nord et le nord-ouest. C’est ainsi que le 3e bataillon du 7e Régiment de Tirailleurs algériens a quitté Cogolin pour Collobrières, Pierrefeu, Cuers, Garéoult et Méounes à la suite des chars légers des Spahis. Cuges dépassé, ils ont atteint le col de l’Ange mais la route d’Aubagne est verrouillée par des abris bétonnés et un barrage antichar. Le 21 à 4h, après que les chars Sherman eurent dégagé le bouchon, Gémenos est atteint puis St Pierre et l’Etoile à 9 h. Monsabert vient de décider d’investir Marseille avant de prendre Toulon et d’attendre d’autres renforts. C’est ainsi que des opérations simultanées d’enveloppement de la ville sont conduites par le sud, l’est et le nord par Roquevaire, Allauch, la vallée de l’Huveaune par Aubagne, le chaînon de l’Estaque, la chaîne de Saint-Cyr et le littoral par Cassis et la Gineste.

Le 22 août, à 6 h le bataillon file vers Olive qu’il atteint à 8h 30 sous le feu de l’artillerie allemande qui ne faiblira que vers 17 h. Alors que l’on apprend que le bouchon d’Aubagne vient de sauter et que, vers 19h, une colonne de blindés guidée par des FFI à vélo est signalée vers les Trois Lucs et à St-Julien. Monsabert a décidé de brusquer l’assaut car des résistants viennent de lui annoncer que la population marseillaise s’est soulevée. Dans la soirée, l’encerclement de Marseille est achevé avec la prise du château Gélade et le carrefour de la Bédoule.  Les Allemands ayant reçu l’ordre de tenir Marseille coûte que coûte, la route de Martigues, la seule encore libre, ne sera pas utilisée par eux pour s’échapper.

De Lattre a reçu de protéger le flanc gauche des troupes américaines en route vers la vallée du Rhône et il s’oppose à une entrée prématurée de ses troupes dans Marseille car elle courent le risque d’être noyées au milieu du soulèvement populaire et engagées dans des combats de ville alors que l’investissement ne pourra être réalisé qu’après la chute de Toulon et les troupes ainsi dégagées.  De Lattre, en présence de Larminat et de Guillaume, convoque donc  Monsabert au PC à Gémenos et lui interdit d’entrer dans Marseille. A 21h, cet ordre est doublé par écrit. Or, la nouvelle de l’arrivée des troupes françaises a fait le tour de la ville et des centaines d’hommes et de femmes se portent au-devant des tirailleurs et des cuirassiers. Monsabert juge qu’il ne peut rester l’arme au pied. Il lui faut répondre à l’enthousiasme de la population.

Jean-André ROUSSEAU, tué par les Allemands par une rafale de mitraillette alors qu’il venait d’enlever et jeter à la rivière avec succès les charges d’explosifs posés sous le pont du chemin de fer à St Marcel Marseille. Ce n’était pas sa première intervention … Engagé depuis l’âge de 16 ans (il s’était fait renvoyé du Collège car il refusait de « faire le salut à Pétain  » C’était le 22 Août au soir. Au petit matin il est porté au Cimetière alors qu’à 10 h. les chars et soldats Français font leur entrée à St Marcel. Il a reçu le titre de sergent-chef avec Médaille d’Argent. Inhumé dans notre cimetière du Cuges les pins je remercie France Leroy qui lors de son discours concernant la libération de notre village de Cuges a toujours une pensée pour lui (témoignage de Jeanne, de Cuges, 2021))

Ce fut ainsi que, le 22 août, Peypin fut investie par les CC1 (partiel), CC2 et le 1er GTM. Une autre colonne du 7e RTA, la 11e est acheminée au carrefour de la pomme (La Bouilladisse) par camion puis gagne Mimet où il passe la nuit. Le lendemain, un parti passe la crête à dos de mules au niveau du pilon du Roi et contourne le verrou de la route des termes en passant la chaîne de l’étoile par Mimet et redescendra sur Plan de Cuques direction les Chartreux, tandis que le deuxième bataillon se porte sur la Gavotte et Septèmes (“Bataille de Marseille — Wikipédia”).

Ce même jour, outrepassant les ordres, le colonel Chapuis avec le 1er bataillon du 7e RTA et les chars d’un escadron du 2e RC s’introduisent dans Marseille. Les 2e et 3e bataillons du 7e RTA sont quant à eux sérieusement accrochés respectivement au nord et au nord-est de la ville : les troupes passée par Simiane sont bloquées à Septèmes par une petite garnison, jusqu’à ce que les troupes passées par les cols à l’Est du massif ne les prennent à revers (d’après Bataille de Marseille, Wikipedia).

Malgré le soulèvement FFI et la pénétration du 7e RTA et du 2e RC jusqu’au centre de la ville (carrefour de la Madeleine), les Allemands résistent et leurs défenses restent intactes notamment en périphérie. (“Traces de combats Notre Dame de la Garde Marseille – KilRoyTrip”)

1950 – 22 août : GRAVE ACCIDENT DE PLONGEE, RADE DE TOULON – Un grave accident s’est produit mardi après-midi, 22 août, dans la rade de Toulon, côté Saint-Mandrier. «Un scaphandrier de l’entreprise Serra était occupé à découper au chalumeau des caisses à mazout se trouvant sur l’épave du torpilleur le Foudroyant, reposant à trente mètres de profondeur. Soudain, une violente explosion ébranlait l’eau. Du bateau-pompe, on hissa aussitôt le scaphandrier. Mais l’on ne devait remonter qu’un corps affreusement mutilé par la déflagration. La victime âgée de quarante-trois ans, habitant le Mourillon, était mariée et père de trois enfants. De l’enquête aussitôt ouverte, il ressort que des poches de gaz ont pu se former sous l’action de la chaleur à l’intérieur des caisses de mazout. C’est de l’explosion de celles-ci que devait mourir le malheureux plongeur » (République de Toulon et du Var du mercredi 23 août 1950. Ken Nicolas, p. 11-12).


1958 – 22 août : Mort de ROGER MARTIN DU GARD, écrivain et prix Nobel de Littérature. A lire : La « petite histoire de l’attribution du prix Nobel à Roger Martin du Gard, lauréat 1937 » par le Dr Kjell Strömberg. « Discours de réception » prononcé par Per Hallström lors de la remise du prix Nobel de littérature à Roger Martin du Gard le 10 décembre 1937. »La vie et l’œuvre de Roger Martin du Gard », par André Berne-Joffroy, 1967, 428 p.

1959 – 22 août : ACCIDENT SANS GRAVITE PRES DE LA GRANDE PASSE DE LA RADE DE TOULON – « Deux marins de Saint-Mandrier, Messieurs Victorin Nicolas, pilote, et Jean Coppola, matelot de la vedette des frères Davin, ont sauvé mercredi vers dix-sept heures, près de la grande passe, les occupants, trois hommes et une fillette, d’un voilier de modèle « Vaurien » qui avait chaviré sous une rafale de vent. Les passagers qui ne savaient pas nager étaient agrippés à la coque du voilier. Le papa de la gosse tenait l’enfant hors de l’eau. Une vedette de la marine a ramené à terre les naufragés, des Toulonnais demeurant à Saint-Jean du Var » (Le Petit Varois du samedi 22 août 1959).

1962 – ATTENTATS FAISANT SUITE A L’ECHEC DES GENERAUX D’ALGER – Après l’échec du putsch des généraux à Alger en avril 1961, le général de Gaulle a été la cible de dizaines de complots ou d’attentats manqués jusqu’au dernier, en mai 1965. Jean-Marie Bastien-Thiry, polytechnicien, ingénieur militaire, et chef du commando, avait organisé l’opération et donné le signal de l’opération « Charlotte Corday », plus connue sous le nom de « l’attentat du Petit-Clamart contre le général de Gaulle, Président de la République ». « Cent cinquante balles de fusils-mitrailleurs et de pistolets-mitrailleurs furent tirées. ». Une vingtaine de projectiles touchèrent la DS 19 dans laquelle se trouvaient le général et Yvonne de Gaulle qui, miraculeusement, ne furent pas touchés. Moins d’un mois plus tard, tous les conjurés, présents ou non au Petit-Clamart, étaient identifiés. Neuf furent arrêtés et six entrèrent dans la clandestinité, certains pour de longues années. Deux seulement échapperont à la justice. Arrêté le 17 septembre, Bastien-Thiry comparaît avec huit autres conjurés devant la Cour militaire de justice en janvier 1963. Quatre condamnations à mort sont prononcées, dont une par contumace. Deux condamnés sont graciés par le général de Gaulle. (“Il y a 50 ans, l’organisateur de l’attentat du Petit-Clamart … – L’Obs”) Bastien-Thiry, 35 ans, père de trois petites filles, sera passé par les armes le 11 mars 1963. A la suite de cet attentat, le 20 septembre 1962, le général de Gaulle annoncera son intention de modifier la Constitution « pour assurer la continuité de l’État » en cas de décès du président de la République (d’après Le Point du 22 août 2014). De Gaulle annoncera ainsi un référendum pour modifier la Constitution et autoriser l’élection du président de la République au suffrage universel direct.

1967 – 22 août : RIBOT Henri, Jean, Louis. Mers el-Kébir, le 22/08/1967. A Mme et M. Ribot Amédée, lycée mixte, 83 La Seyne-sur-Mer. Mes chers parents, j’ai reçu ce matin deux lettres de vous et, samedi, le mandat de 5000 francs. Merci, mais ne croyez surtout pas que j’étais à court d’argent. Pas du tout ! j’ai reçu des précisions au sujet du voyage. Il semble que ce soit bien l’horaire que vous donnez : en effet, nous arriverons à Marseille à 15 h le 6 septembre. Donc pas de problème. Tenue de départ de la base : treillis. Mais à bord , pour déjeuner : tenue n° 1, soit veste et pantalon de tergal, chemise blanche et cravate noire (eh oui !, il paraît qu’on ne la fournit qu’aux troupes d’outre-mer, pas en France). J’ai reçu une lettre de Sarrelouis me donnant tous les renseignements nécessaires, entre autres l’adresse : secteur postal 695999 FFA (c’est tout). Je pense qu’à Marseille nous aurons droit à quelques jours de permission une fois tout terminé. Je vous embrasse. Henri.

1976 – 22 août : PECHE EXTRAORDINAIRE A SAINT-MANDRIER – Le dimanche 22 août, le pêcheur Jo Calone fait une entrée remarquée dans le port de Samt-Mandrier avec un requin de 2,70 ni pesant dans les 20 kg ! (Gisèle Argensse, 2000, p. 104, id. p. 117)

1979 – 22 août : VISION DE CAUCHEMAR A L’HÔPITAL COSTE BOYERE, LA GARDE – Le 22 août 1979 à 15 heures par une journée chaude, alors que la sécheresse était intense et qu’un mistral fort soufflait, une clameur s’éleva dans la ville « il y a le feu ! » En effet, très rapidement, ce qui n’était qu’une fumerole devint en quelques instants un brasier ardent qui dévora les beaux pins de la forêt de Coste Boyère.

Une immense nappe de fumée recouvre les habitations et surtout l’hôpital qui sont dans l’axe du foyer. L’évacuation des malades se fait dans le calme et le sang-froid. Les pompiers tardent à arriver car ils sont pris dans les encombrements de cette journée d’été et de vacances.

Heureusement, les « canadairs » et les DC 6 parviennent à faire un barrage aux flammes en inondant les abords de l’hôpital et des villas menacées. L’institut technologique universitaire est également entouré par les flammes. Le feu saute la route et se propage dans le quartier de la Planquette où les terrains recouverts d’herbes sèches sont rapidement consumés. Le tout n’a pas duré une heure. La forêt est entièrement détruite et offre un spectacle désolant (« La Garde en images – vingt siècles d’histoire », 1986).

1980 – 22 août : DÉCÈS DE JO DASSIN. On se souviendra, ce matin au petit déjeuner, de ses « Petits pains au chocolat ». Hier soir, 21 août 2015, la télé lui rendait hommage.

2015 – 22 août : OLLIOULES ANNULE LE BAL DE LA LIBERATION – Ollioules : annulation du bal de la Libération, ce dimanche, pour des raisons évidentes. En raison des circonstances tragiques du Gros Cerveau qui ont endeuillé la communauté Ollioulaise, la Municipalité en accord avec les agents communaux a décidé d’annuler le bal de la Libération prévu ce dimanche 23 août.

Dans un communiqué publié ce vendredi matin, le Maire précise qu’ « avec la disparition de Yohan, enfant d’Ollioules, membre du personnel communal, à peine âgé de 34 ans, la ville a souhaité reporter à une date ultérieure le bal de la Libération prévu le 23 août 2015 à 21h place Jean Jaurès ».

Cependant, la cérémonie patriotique est maintenue à 18h30 et Robert Bénéventi invite plus que jamais la population à y participer en grand nombre afin de pouvoir se recueillir devant les Monuments aux morts.

« Merci pour votre compréhension » ajoute le Maire dans son message. (F.K, le 21 août 2015)


2021 – 22 août : EN AVANT-PREMIERE : diffusion journalière d’extraits d’un ouvrage que j’ai écrit à la demande de l’Association « LES VOLONTAIRES DE L’AN II – L’AURORE DE LA REPUBLIQUE » et dont la publication devrait voir le jour en septembre prochain (les chapitres 1 à 24 ont déjà été livrés sur ma page FB). auj. Chapitres 26 et 27 -)

2024 – 22 août : TOULON ANCIEN ET SES RUES (L. Mongin, Toulon ancien et ses rues, tome 1, 1901) –

53e livraison – Place Cathédrale (suite) – En 1681, un incendie des plus violents faillit détruire complètement cet édifice. « Le 20 mais de « cette année, jour de mardy, sur les dix heures « du soir, des personnes passant devant l’église « cathédrale aperçurent une grande lumière à la « nef de la chapelle de Notre Seigneur, et virent « par les fentes de la porte que le feu avait pris dans « la dite chapelle. On sonna le tocsin ; le concours « du monde éteignit l’incendie. Un patron de « barque de Marseille eut la permission d’aller « prendre le Saint-Ciboire dans les flammes et le « prit avec grand risque. » (Archives communales, BB. 12).

Il existait autrefois dans l’église cathédrale un autel « où était spécialement gardée la Sainte « Eucharistie : il était administré par une confrérie de laïques. » (Archives communales GG. 14) Cette confrérie appelée primitivement du Très Saint-Sacrement changea dans la suite son nom en ceux de Corpus Christi et de Corpus Domini. (Archives communales GG. 22)

Le but de cette association instituée » en l’honneur du Très Saint-Sacrement de l’autel », était de subvenir aux besoins de la paroisse, d’entretenir les autels, de pourvoir à toutes les exigences du culte, de recueillir des aumônes et de les distribuer aux indigents.

A partir du XVIIe siècle, les recteurs de cette chapelle furent nommés par le Conseil de la communauté en même temps que les officiers municipaux. La ville, en effet, qui votait chaque année une subvention assez élevée en faveur de l’œuvre du Corpus Domini s’était réservé ce droit de nomination. Quoique très ancienne, celte confrérie ne se trouve mentionnée pour la première fois que dans un registre de 1545. Ce cahier débute par le sonnet suivant que nous reproduisons à titre de curiosité :

Du profond de mon cœur, Seigneur, je le réclame,

Christ, empereur des Gieux, Père de Vérité,

Qu’as de ton propre sang lavé l’iniquité tirée du morceau de la première femme.

Oy ma triste clameur, voy ma languissante âme,

Le non morant regret de ma témérité,

Et ne me punis pas selon qu’ay mérité ;

Car l’enfer me serait une trop douce flamme.

Pardon, Pardon, Seigneur, suffise de Ion sang,

Issu, pour nous sauver de ton saint sacré flanc

Et tire moy, mon Dieu, de la mer de ce monde.

Guide moy du danger bien que je sois pervers.

Le jour que tu viendras pour juger l’univers,

Dont tremblera sous toy le ciel, la terre et Tonde.

(Archives communales GG. 22)

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE :

(Egypte, Le Caire : Héliopolis]

Un homme retourne chez son médecin : -Docteur, je suis très inquiet. Votre diagnostic n’est pas le même que celui de votre confrère.

-Je sais, c’est toujours comme ça. Mais l’autopsie prouvera que c’est moi qui ai raison.

(Le Caire vu des pyramides de Giseh)

A demain donc pour notre 4896e entretien journalier et matutinal. Bon mardi à tous quand même..

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