ÉPHÉMÉRIDES DU 17 JUILLET

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ÉPHÉMÉRIDES DU JEUDI 17 JUILLET 2025 – 14e ANNÉE (n° 4995)

Bonjour à tous ! Ayant pris un congé de quelques jours, je vous adresse un remake de l’an dernier avec quelques éléments de mise à jour. Bon mois de juillet à tous !

ILLUSTRATIONS : Gordes (Vaucluse) Le village de bories en 1978. Cl. H. Ribot.

Le 17 juillet, nous souhaitons une bonne fête aux Charlotte qui tiennent leur prénom d’une religieuse carmélite de Compiègne, sœur Charlotte de la Résurrection, de son vrai nom Anne Marie Madeleine Thouret, née en 1715 et guillotinée le 17 juillet 1794 durant la grande terreur. 410 personnes ont pour patronyme Charlotte et plus de 100 000 sont prénommées ainsi.

Au calendrier républicain An II, c’était le 29e jour du mois de messidor, le jour du blÉ.

Dicton : Année de groseilles, année de bouteilles.

LOCUTIONS ET TRADITIONS Provençales : « Paroles longues font les jours courts. »

PENSEE.« Nous sommes tous de jeunes barbares que nos jouets neufs émerveillent encore. » (Antoine de Saint-Exupéry, Terre des Hommes).

EPHEMERIDES

1178 – 17 juillet : La ville de Toulon est prise et saccagée par le roi sarrasin de Majorque – Acte n°  264 daté du 17 juillet 1178 : La ville de Toulon est prise et saccagée par le roi sarrasin de Majorque qui emmène en captivité Hugues Geofroi, vicomte de Marseille et seigneur de Toulon, son neveu, Reforciat, et beaucoup d’autres, (A. Jacques Parès, 1938). 300 habitants sont tués (Papon). Les deux seigneurs, emmenés captifs, sont ensuite rachetés (Lepotier , 1972 ). Parmi les prisonniers emmenés à Majorque se trouvaient sept chanoines de Toulon, dont Hugues de Trets et un prêtre du nom de Thomas, qui écrivit de Majorque une lettre souvent citée, publiée par Albanès, Mélanges, t. VI, p. 458. Ils ne furent libérés qu’en 1185.

Ce fait est confirmé par le Martyrologe de l’église de Toulon au 16 des calendes d’ Août 1178 (Bibl. du Vatican, fonds de la Reine, n°540, fol. 89 v°; Bibl. Nat., lat. 11080, fol. 114 ; Albanès, dans les mêmes Mélanges, t. VI, note 1 de la p. 319 ; G. de Mateyer, Les légendes des saintes de Provence et le Martyrologe d’Arles-Toulon, dans les mêmes mélanges, t. XVII, p. 481 : )

« Eodem die, presens civitas Toloni a Sarracenis destructa fuit, in qua trecenti christianorum et coamplios igne et gladio perierunt, currente tunc anno Dominice Incarnationis MCLXXVIII. »

P.-A. Février et R. Boyer, Toulon avant le Royaume, Histoire de Toulon, p. 22 :

« Le martyrologe d’Arles-Toulon, conservé à la bibliothèque vaticane, nous apprend que le 17 juillet 1178, la ville a été dévastée et que plus de 300 personnes ont péri par le fer et par le feu; ce que confirmèrent un bréviaire de Marseille et un manuscrit liturgique de l’église de Toulon. Certains habitants furent faits prisonniers, tel ce captif qui fit donation d’une somme d’une livre à la cathédrale, ou le vicomte de Marseille, Hugues Geoffroy, et son neveu. Même si la destruction de 1178 fut partielle, il est certain que le ville eut de la peine à s’en relever, d’autant qu’elle fut à nouveau prise en 1197. Rappelons qu’avant 1125 Antibes avait été dévastée et qu’entre 1124 et 1130, le pape exhortait les provençaux à contribuer à la défense de la Tour de Lérins où les moines pouvaient trouver refuge ».

1203 – 17 juillet : QUATRIEME CROISADE – LES CROISES SE LANCENT A L’ASSAUT DE CONSTANTINOPLE – Les Francs choisirent une section du rempart à attaquer et s’y lancèrent de toutes leurs forces. Toutefois, la Garde varègue, composée essentiellement d’Anglais et de Danois, défendirent avec succès la ville contre l’assaut. Du côté maritime, l’attaque des Vénitiens fut plus fructueuse; à l’aide des plateformes sur leurs navires, ils réussirent à prendre vingt-cinq tours de la muraille. Alexis III, voyant ceci, décida d’envoyer une grande armée hors de la ville pour attaquer les Francs sur la plaine. Mais ce ne fut qu’une ruse, car les Vénitiens, apprenant que les Francs étaient attaqués, abandonnèrent les tours pour leur venir en aide. L’empereur fit ensuite entrer son armée dans la ville, sans même qu’elle n’ait engagée l’armée franque, et reprit les tours de la muraille maritime. Robert de Clari, qui était sans aucun doute parmi les chevaliers qui menèrent l’assaut sur les murailles terrestres, nous relate la confusion qu’il y eut entre Vénitiens et Francs à ce moment crucial du combat. Il nous explique également comment, malgré cette ruse et cette victoire temporaire, l’empereur Alexis III décida de s’enfuir secrètement de Constantinople le soir même(Henri Ribot -Le Monde byzantin et la croisade – Un Occident Conquérant. Réf. Geoffroy de Villehardouin et Robert de Clari, Ceux qui conquirent Constantinople, Paris, Union générale d’éditions, 1966, pp. 191-193. Traduction inspirée de Pierre Charlot, Poèmes et récits de la vieille France, Paris, De Boccard, 1939).

1223 – 17 juin :

1. Aqua Lata, 17 juin 1223 (cartulaire de Saint-Victor), n° 946. On voit d’après les indications ancien­nes que le mot Eygalades, quoique officiel au XIXe s., doit être écrit Aygalades, le seul qui réponde à son étymologie. Les Aygalades – hameau, commune de Marseille (1872). Le lieu des Aygalades fut érigé en fief en faveur de Jacques de Remezan par lettres de Charles VIII du mois d’avril 1489 (reg. Pellicanus de la Cour des Comptes, fol. 114). Cette seigneurie obtint par alliance à Jean Mey-nier d’Oppède qui en fit hommage au roi en 1532 (reg. Hommagiorum, n° 29, fol. 250). Antoine de Glandevès ayant épousé Claire de Meynier renouvela cet hommage en 1543 (reg. Homm., n° 14, fol. 185). Le président de La Cépède en était seigneur en 1569 (reg. Justicia, fol. 68). Ce fief passa successivement entre les mains de Mestre d’Aigalades (1790), de Barras (1807), d’un sieur Ganivet (1819) et en dernier lieu (1828), du comte de Castellane.Le fief d’Eygalade avait droit de juridiction, et un juge, ordinairement un avocat en la Cour, y remplissait les fonc­tions judiciaires.

2. Trets. Ratification par Burgondion [de Marseille], seigneur de Trets, comme seigneur de Pourrières, de la donation faite à l’infirmerie de Saint-Victor par Rainaud de Pourrières, moine de Saint-Victor, de tous les biens qu’il possède à Pourrières (acte n° 427 des vicomtes Marseille, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : B. Saint-Victor, Petit Cartulaire; fol. 120. a. Guérard, n° 946).

1342 – 17 juin : Trets – Testament de Béatrix de la Roche, dame de Trets, fille de feu Sibile de Trets. Héritiers universels : Raimond et Dragonet de Montauban. Notaire, Albert Ruffi. (Acte 656 des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : IND. : Arch. communales de Trets, répertoire de 1787, f° 224).

1346 – 17 juillet : EXERCICE DES DROITS SEIGNEURIAUX A OLLIOULES ET EVENOS – l’acte 660 des vicomtes de Marseille daté du 17 juillet 1346 fait état des différents survenus pour l’exercice des droits seigneuriaux à Ollioules et Evenos entre Raimond des Baux, au nom de sa femme Marie, fille et héritière de feu Bertrand de Marseille, chevalier d’Ollioules, d’une part, et Guillaume de Signes et sa sœur Isoarde, d’autre part.

1457 – 17 juin :

1. l’Almonia (registre aux archives de l’Evêché). L’Aumône – ferme. commune d’Aubagne, quartier de Camp-Majour (1872). Terre appartenant à l’Aumônerie de l’abbaye de Saint- Victor, sous le titre de la Conception-Notre-Dame. Elle dépendait autrefois du territoire de Saint-Marcel, ou de celui de l’église de Saint-Cyr, car de ce côté les limites du terroir de Marseille avaient donné lieu à de fréquentes contestations, dès une époque très reculée , et n’étaient pas bien précises. L’Aumône était divisée en divers tennements qui s’appelaient l’Aumône neuve, l’Aumône vieille, la Pastèque, les Sidores, la Courren, Sebellier ou Gibelins, la Bastidone, Lieutaud. Première mention : Vinee de Elemosina in Castro S. Marcelli, XIe siècle (cartulaire de Saint-Victor, charte n° 42).

2. Karolus de Castillione, dominas Albaneedat ad acapitum Bertr. Bouissono boscam retro l’Almonia (registre aux archives de l’Évêché). Les Bouissones – quartier rural, commune d’Aubagne, quartier de l’Aumône.

1499 – 17 juin :

1. L’Orleda sive als armonils, (acte aux archives de Saint-Victor). Massillon, jardin et bâtiment appartenant à l’abbaye de Saint-Victor, quartier de Saint-Giniez, commune de Marseille. Première mentions au

XIe siècle : Ortus, (cartulaire de Saint-Victor, n° 89).

2. Paradour de Sainte-Marguerite, (acte aux archives de Saint-Victor). Moulin de Paradou, moulin à eau, commune de Marseille, à la jonction du Jarret et du grand béal de l’Huveaune. Construit dans le cours du XIe siècle par les moines de Saint-Victor, ce moulin, dépendait de la cellerarie de cette abbaye (cartulaire de Saint-Victor, n° 20).

1623 – 17 juillet – Des pirates débarquent à Saint-Laurent du Var et incendient la Tour de Serres où s’étaient réfugiés les habitants (Jean-Paul Clébert, Almanach 1985, Rivages).

-1664 – 17 juillet : EXPÉDITIONS SOUS LOUIS XIV CONTRE LES BARBARESQUES – Les vents, peu favorables, ne permirent de mettre à la voile que le 17 juillet. La flotte du duc de Beaufort fit une démonstra­tion sur Bougie le 21, et la contrariété des vents empêcha de paraître devant Djijelly avant le 25. Il y avait vingt-quatre jours qu’on était parti de Toulon (Alfred Nettement – Histoire de la conquête d’Alger, Editions Assala Culture, Alger, 2013, p. 103 et sq).

1705 – 17 juillet : Alerte à la peste sur tout le littoral de Provence. Par un avis du 17 juillet 1705, les intendants de santé de Toulon fai­saient part d’un renseignement donné par le consul de BORMES, lequel avait appris d’un intendant de santé de Livourne qu’une barque française venant de Tunis et qui avait touché Bizerte chargée de poissons salés et d’autres marchandises avait eu à son bord six morts pendant sa route, décédés de maladie contagieuse. De plus, cette barque ayant touché la Sardaigne pour faire de l’eau, douze bandits du pays lui ont pillé les voiles et toutes les hardes des marins, même celles de ceux qui sont morts de la peste. De là, elle avait touché Livourne et devait arriver aux îles de Marseille. Le bureau de santé disait qu’ « il avait cru de son devoir de nous faire part de cet avis pour que les précautions nécessaire fussent prises et que le consuls devaient refuser l’entrée aux bâtiments venant de Sardaigne » (Rotger B., 1984).

1752 – 17 juillet : Déclaration d’une association maritime seynoise devant l’amirauté de Marseille, les intéressés sont le capitaine Jean Antoine Agarrat et la demoiselle Isabelle Aube, tous deux de La Seyne, et ce pour un capital de 4 677 livres. Les moyens d’exploitation : construction à La Seyne d’un vaisseau de 2500 quintaux ; armateurs J. Agarrat et Mlle Isabeau Aube, commandé par le sieur J.-B. Brun, natif d’Hyères) (Patrick Martinenq, 1983, p. 33)(cf. supra 1950 ).

1789 – 17 juillet : En province, les villes commencent à prendre leur revanche sur l’ancienne centralisation monarchi­que tandis qu’A PARIS, Le roi se rend à l’Hôtel de ville où il est reçu par Bailly, maire de la nouvelle municipalité (Marius Autran, tome 3, 1990). Depuis 1789, des Gardes nationales se formèrent un peu partout en France, mais on ne peut les qualifier de véritable force militaire : elles représentaient plutôt une sorte de police auxiliaire dont l’accès était réservé aux citoyens actifs. Le nom initial de la Garde nationale de Paris, « Milice bourgeoise », rend mieux compte du caractère social de cette force armée. Formée spontanément avec la prise de la Bastille et immédiatement organisée sous le commandement de La Fayette, la Garde nationale doit être considérée comme le Tiers État en armes, par opposition aux troupes royales d’une part, et aux révoltes populaires (les paysans pendant l’été, les Parisiens en juillet et en octobre) de l’autre).

17 juillet : le roi accepte la cocarde tricolore (Viguier, 1993).

Au milieu de l’après-midi, le roi se rend à Paris, au milieu d’une grande foule, et escorté par la Garde nationale. Il par­vient à l’Hôtel de Ville. Le peuple est encore très froid. Mais, lorsqu’il arbore la cocarde bleu et rouge, les couleurs munici­pales, la foule éclate en applaudissements. L’Américain Jeffer­son témoigne : «Ainsi finit une amende honorable, telle qu’aucun souverain n’en avait jamais faite, ni aucun peuple jamais reçue. » (Agenda du Bicentenaire, VENDREDI 17 JUILLET).

1791 – du 17 juillet : Fusillade au Champ-de-Mars à la suite d’une émeute provoquée par une pétition républicaine (Pierre Goubert, Initiation …, 1984 : Georges Duby, Histoire de la France, 1987 ; Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997).

Après l’affaire de Varenne, un certain nombre de révolutionnaires aurait voulu que l’Assemblée allât plus loin que le simple octroi du pouvoir exécutif, qu’elle fut, en somme, logique avec elle-même et établit la République. Des manifestations eurent lieu dans ce but, celle du 17 juillet 1791, au Champ-de-Mars fut réprimée dans le sang. La majorité des députés prit peur et durant la fin de juillet révisa la Constitution dans un sens antidémocratique. La constitution civile du clergé en fut retirée, ce qui signifiait qu’on pourrait la modifier facilement : On espérait ainsi rassurer les catholiques et mettre fin au schisme (Louis Baudoin, 1965, p. 333-334).

Ce que l’iconographie révolutionnaire nous présente à la date du 17 juillet 1791 en grinçant rappel de la Fédération, c’est la fusillade du Champ-de-Mars. Animés par le club des Cordeliers, les pétitionnaires parisiens réclament la déchéance du roi. Bailly, maire de Paris, La Fayette, commandant la garde nationale, font proclamer la loi martiale et tirer contre les manifestants : cassure définitive entre la révolution populaire et une certaine révolution bourgeoise. Comment est-on arrivé là ? L’interprétation n’est pas simple, de ce tournant de la Révolution qui, débutant en 1791, conduira, à l’été 92, à la chute de la royauté : dépassement inévitable et dans l’ordre des choses, ou gauchisse­ment accidentel d’un processus qui eût fort bien pu en rester là ? Une brillante synthèse, en lançant le thème et le terme de « dérapage », a offert de cette seconde interprétation une formulation fort nette, même si son auteur (F. Furet) semble, depuis lors, s’être détaché de cette thèse. L’intervention des masses populaires, venant à la traverse du « droit chemin » d’une révolution bourgeoise quasi achevée, ne répondrait pas à une nécessité historique : une peur de type ancien s’incarnant dans le mythe du complot aristocratique, les réticences et maladresses aussi du monarque constitutionnel et de ses appuis intérieurs et extérieurs auraient amené, en relançant une révolution radicalisée, l’échec du compromis réalisé et la cassure du front des élites possédantes. Séduisante, cette reconstruction ne nous semble pas tenir compte suffisamment des réalités d’une Contre-Révolution qui n’a rien de mythique. Une optique trop exclusivement parisienne empêche de voir l’état au vrai d’une France où la Révolution est loin d’avoir cause gagnée. Commencée dès l’été 89 avec la fuite des princes du sang, comte de Provence et comte d’Artois, grossie ensuite du flot d’un premier exode nobiliaire puis ecclésiastique, l’émigration ne resta pas longtemps thème de caricature gouailleuse : organisée autour du prince de Condé, comme du comité de Turin, elle tente sans succès de faire évader le roi (conspiration de Favras), mais trouve dans une partie de la province des structures d’accueil favorables à ses complots. C’est le cas dans toute une partie du Midi, où hostilités sociales, politiques et confessionnelles répondent aux mêmes clivages de Montauban à Nîmes. Entre Ardèche, Gard et Lozère, le camp de Jalès offre dès 1790 l’exemple de concentrations armées contre-révolutionnaires : jamais l’impres­sion de fragilité d’une révolution juvénile, d’agressivité d’anciennes forces qui n’ont pas dit leur dernier mot, il s’en faut, n’apparaît plus vive que dans les troubles urbains de 1791 à 92 dans le sud de la France. Impression méridionale, dira-t-on ? Voire ! A Nancy, au mois d’août 1790, le marquis de Bouille, en réprimant férocement la « rébellion » de soldats dont le tort essentiel est d’être patriotes, expérimente d’une façon que beaucoup eussent souhaitée exemplaire les méthodes d’une reprise en main contre-révolutionnaire. Dans ce contexte, l’attitude de la famille royale, du roi lui-même, est moins maladroite ou incertaine qu’on ne l’a dit : n’ayant jamais accepté de cœur le bouleversement révolutionnaire, lié par une correspondance secrète aux cours étrangères, il navigue entre les avis intéressés et rivaux des donneurs de conseils — Mirabeau, très tôt acheté et vendu, La Fayette, puis Lameth et Barnave —, mais va en fait son chemin ; le 20 juin au soir, la famille royale s’enfuit des Tuileries sous un déguisement ; elle est reconnue en chemin, arrêtée à Varennes et ramenée le 22 dans Paris, stupéfait et indigné. A cette date, on peut dire que déjà toute une partie des masses urbaines les plus politisées, démystifiées, sont entrées dans la lutte : ce que l’on va appeler la « sans-culotterie » s’élabore entre 1791 et 1792. Comme en 1789, la pression économique joue son rôle dans le malaise populaire : mauvaises récoltes, dans une partie du moins du pays en 1791, accaparements ailleurs, hausse des prix partout, en relation avec la chute de l’assignat. Au-delà de ce stimulus immédiat, le malaise social se gonfle à la campagne de revendications plus profondes. Dans l’histoire sociale de la révolution paysanne, la période qui va de l’hiver 1791 à l’automne 1792 est marquée par une poussée de jacqueries paysannes dont l’ampleur ne le cède qu’à celle de la Grande Peur : tantôt taxations itinérantes de marché en marché (entre Seine et Loire), tantôt pillages et incendies de châteaux affectant par contagion des zones considérables (tout le Sud-Est méditerranéen). Ce dynamisme populaire renouvelé trouve dans le contexte de 1791 et 92 des cadres où s’insérer : l’essor des clubs et sociétés fraternelles couvre alors la France d’un réseau parfois étonnamment dense de sociétés populaires. A Paris, le club des Cordeliers, où parlent Danton et Marat, déborde, par son recrutement plus populaire, le club des Jacobins, qui reste, pour le moment, plus fermé (Vovelle Michel, 1987,  « La Révolution »).

1793 – 17 juillet :

1. EXECUTION DE CHARLOTTE CORDAY – Charlotte Corday a assassiné Marat à Paris le 13 juillet. Elle sera condamnée à mort puis exécutée le 17 juillet (Yann Fauchois, 2001, p. 1183).

 « Elle n’a pas peur de la mort, ce qui est toujours le cas quand on a réalisé son destin. « J’ignore com­ment se passeront les derniers moments et c’est la fin qui couronne l’œuvre », écrit-elle quelques heures avant de monter à l’échafaud. Ce qu’elle pourrait craindre n’est donc pas la mort, mais une vie qui ne soit pas à la hauteur. « La cause est belle », écrit-elle à son père le 16 juillet 1793. Et plus loin : « N’oubliez pas ces vers de Corneille : Le crime fait la honte et non pas l’échafaud. »

‘Son procès se tient le 17 juillet 1793. Charlotte Corday se retrouve devant le Tribunal révolutionnaire qui n’a pas mandaté son avocat… Plaisante justice révolutionnaire ! À Fouquier-Tinville elle dit : « J’étais républicaine bien avant la Révolution et je n’ai jamais manqué d’énergie. » Le Tribunal lui demande ce qu’elle entend par énergie ; elle répond : « Ceux qui mettent l’intérêt particulier de côté et savent se sacrifier pour leur patrie. » On lui demande si elle s’est entraînée au geste mortel tant le sien fut net, précis, sans bavure et efficace. Elle dit : « Oh ! Le monstre, il me prend pour un assassin. » L’avocat commis d’office par le Tribunal révolution­naire plaide à charge : elle a prémédité son acte, elle a avoué, elle n’a pas de remords, elle est calme et sereine, il s’agit donc d’une fanatique ! Le président du Tribunal a préparé les questions auxquelles le jury doit répondre. Il a supprimé l’accusation de contre-révolutionnaire qui vaut directement la mort à l’accusé. Fouquier-Tinville le fusille du regard.

‘Charlotte est tout de même condamnée à avoir la tête tranchée. Le président est incarcéré quelque temps plus tard. Thermidor le sauve. Charlotte Corday meurt comme elle a vécu : à la hauteur. Elle refuse de s’asseoir dans la charrette qui la conduit au supplice. Elle a les cheveux coupés et porte la robe rouge du parricide ! L’orage gronde ; la pluie tombe ; elle est trempée. Le bourreau Sanson actionne sa machine. La tête chute dans le panier ; il la prend par les cheveux et la gifle à trois reprises. Des cris de protestation se font entendre dans la foule. On dit qu’elle a rougi.

‘Charlotte Corday avait vingt-cinq ans ; elle n’avait jamais connu d’hommes dans sa courte vie, ce que montra son corps découpé par un médecin légiste. » (Michel Onfray – La force du sexe faible, contre-histoire de la Révolution française, édit. Autrement, 2016, pp. 125-126, n° d’enregistrement 18069)

2. abolition définitive des droits féodaux (Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997). Pour gagner des soutiens populaires, le gouvernement révolutionnaire proclama l’abolition des droits féodaux sans indemnités (17 juillet 1793), le maximum des prix que réclamaient les Sans-Culottes (1er octobre 1793), l’abolition de l’esclavage (4 février 1794), la distribution des biens des suspects aux pauvres, le droit à l’instruction, au travail et à l’assistance (Lucien Bély, Histoire de France).

3. Paoli est mis hors la loi – Considéré comme un traître à la République, Paoli est mis hors la loi (Lexilogos / corse histoire).

4. Toulon fraternise avec Marseille. Les représentants Barras et Fréron, en route vers Toulon au moment même du soulèvement, doivent regagner Nice par mer à partir de Saint-Tropez : du moins dans les semaines suivantes une reprise en main méthodique leur permet-elle de limiter l’extension du mouvement (Michel Vovelle, « La Provence et la Révolution », dans Histoire de la Provence (dir. E. Baratier), Toulouse, Privat, 1969).

1796 – 17 juillet :Vallon de Menuguet (registre de l’Ecritoire). Pinède – cap, commune de Marseille, quartier de Séon.

1798 – 17 juillet – (29 messidor an VI) :

1. A TOULON, VA-T-ON LIBERER LES PRISONNIERS RAYES DE LA LISTE DES PREVENUS D’EMIGRATION ?  A la municipalité de Toulon, une longue discussion s’engage le 29 sur les prévenus d:émigration. Les uns veulent libérer ceux qui sont définitivement rayés de la liste, d’autres préfèrent les garder par prudence ; il est décidé de demander l’avis de l’administration centrale, mais, le soir, 6 indi­vidus sont encore arrêtés et, quelques autres libérés (Henriette Trojani, La société et la vie à Toulon de 1795 à 1815).

2. LA COMMISSION MILITAIRE DANS SES ŒUVRES – Gutschel, boucher de Reichoffen, est condamné à mort par la Commission militaires de Toulon (liste établie par Mongin L., Toulon ancien et ses rues).

1814 – 17 juillet : MUTATION DU PREFET DU VAR – Le préfet Leroy, qui réside à Draguignan à partir du 24 août 1811, quitte ses fonctions le 17 juillet 1814 (Louis Baudoin, 1965, p. 433).

1830 – 17 juillet : LA CONQUÊTE D’ALGER – Le comte de Bourmont annonce que le corps expéditionnaire que le gouvernement du roi a ordonné de diriger sur Bône, s’apprête à s’embarquer sons les ordres du maréchal de camp Danrémont. Il est composé de deux régiments, le 6e et le 49e de ligne, d’une batterie de campagne et d’une compagnie de sapeurs. Quelques bâti­ments du roi, destinés à faire voile vers Tripoli, afin d’obte­nir du dey de justes réparations, suivent jusqu’à la hauteur de. Bône le corps expéditionnaire. « On a lieu d’es­pérer, ajoutait M. de Bourmont, que l’occupation de Bône décidera le bey de Constantine à se soumettre, et qu’il deman­dera à imiter aux mêmes conditions que le bey de Titery ». (Alfred Nettement)..

1863 – 17 juillet : création du Comité International de la Croix-Rouge  (CICR) – Avec quatre amis genevois, le banquier Henry Dunant crée le 17 juillet 1863 une organisation internationale et neutre destinée à secourir les victimes de guerre, le Comité International de la Croix-Rouge  (CICR). Une conférence internationale aboutit à la signature le 22 août 1864 de la première Convention de Genève « pour l’amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagne ». L’idée lui en est venue en visitant quatre ans plus tôt le champ de bataille de Solferino, à l’occasion d’un voyage d’affaires. Alors âgé de 31 ans, le banquier genevois s’indigne du sort fait aux blessés et organise de premiers secours. De retour à Genève, il lance un appel à l’opinion européenne dans un livre intitulé « Un souvenir de Solferino. » Lui-même s’en entretient avec l’empereur Napoléon III.

1867 – 17 juillet :

1. Karl Marx publie à Londres le premier tome de son oeuvre principale, Das Kapital (Le Capital). Les deux tomes suivants seront publiés par Engels après la mort de leur auteur, le 14 mars 1883.

2. À Sanary – Agenda de Jean-Baptiste Hermitte, premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary –  – Mercredi 17 juillet, saint Alexis – vent d’ouest à sud-ouest forte brise. Louis 2, le roi de Bavière actuel, fils de Louis premier dont nous avons parlé il y a 8 jours, est arrivé à Paris hier. Son séjour doit se prolonger une quinzaine. Il y a plusieurs jours déjà que la reine de Prusse sous le nom de la comtesse de Spad ( ?) visites toutes les merveilles de Paris.

1914 – 17 juillet : APPEL A L’ASSASSINAT DE JAURÈS – « Dites-moi, à la veille d’une guerre, le général qui commanderait […] de coller au mur le citoyen Jaurès et de lui mettre à bout portant le plomb qui lui manque dans la cervelle, pensez-vous que ce général n’aurait pas fait son plus élémentaire devoir ? » (Maurice de Waleffre dans L’Écho de Paris du 17 juillet 1914).

1928 – 17 juillet : Le Président de la République gracie les autonomistes alsaciens se condamnés le 24 mai à un an de prison et à cinq ans d’interdiction de séjour. Parmi ceux-ci, on relève les noms du député Joseph Rossé et du pasteur Riscklin (ce dernier ayant été défendu par l’avocat communiste André Berthon).

1936 – 17 et 18 juillet : SOULEVEMENT NATIONALISTE EN ESPAGNE – L’échec de cette tentative de coup d’Etat militaire dirigé contre le gouvernement de la Seconde République espagnole marque la fin de la phase du soulèvement et le début de la guerre civile proprement dite, les rebelles contrôlant approximativement un tiers du territoire,  qui se soldera par la défaite finale de la République le 1er avril 1939 et débouchant sur l’établissement de la dictature franquiste, qui dura jusqu’en 1975.

-194017 juillet :

1. Interdiction du journal « Le Populaire », organe de la SFIO (André Rossel, 1985).

2. LE « MOGADOR » ENTRE EN REPARATIONS A ORAN – Après ses graves avaries subis à Mers el-Kébir du fait de l’attaque britannique, le Mogador passe sur le dock à Oran du 17 juillet au 16 août afin d’être très provisoirement remis en état de prendre la mer à la remorque.

1942 – 17 juillet :

1. rafle du Vel’ d’hiv‘ à Paris : entre le 16 et le 17 juillet, à Paris et dans sa banlieue, 7 000 policiers et gendarmes rafleront 13 152 Juifs dont 4 115 enfants. Et le premier train de la honte et de la mort quitte Drancy pour Auschwitz le 19 juillet 1942 ; il emporte les Juifs raflés, le 16 juillet. Moins de cent personnes survivront à cette déportation. (voir ce que nous avons écrit à ce sujet à la date du 16 juillet).

2. FRONT D’AFRIQUE – BATAILLE D’EL-ALAMEIN : A El-Alamein, le 17 juillet, les divisions Trieste et Trento furent bousculées au sud-ouest. Rommel ne réussit qu’à grand-peine, avec des forces rassemblées en hâte, à col­mater les brèches. Une contre-attaque permit de reprendre les anciennes posi­tions. Ce fut un combat effroyable.

Le soir, Kesselring et le chef d’état-major italien Cavallero vinrent voir Rommel. Le feld-maréchal déclara : « Si rien de décisif ne se produit en ce qui concerne le ravitaillement, nous sommes à la veille de l’effondrement. » Kesselring pouvait se féliciter d’avoir eu raison. Sa thèse avait été : Malte d’abord et le Nil ensuite (Paul Carell, Afrika Korps).

1943 – juillet : Nouvelles de Toulon où l’on poursuit le renflouement des navires sabordes. En juillet 1943, alors que la situation internationale commence à basculer en faveur des Alliés, les renflouements des navires sabordés le 27 novembre 1942 se poursuivent à allure accélérée dans l’enceinte de l’arsenal de Toulon : 1er juillet, le torpilleur « La Poursuivante », 3 juillet le croiseur de 10 000 t « Dupleix », le 6 juillet le sous-marin « Achéron » (2ème renflouement) et le transport « Aude », le 10 juillet le contre-torpilleur « Aigle », le 11 juillet le cuirassé « Provence », le 17 juillet le croiseur de bataille « Strasbourg », le contre-torpilleur « Vautour » et le sous-marin « Naïade » (2ème renflouement).

-1944 – 17 juillet :

1. FRONT DE NORMANDIE : Elimination du maréchal Rommel. Dans l’après-midi du 17 juillet, le maréchal Rommel s’était rendu sur le front au poste de commandement du 1er Corps cuirassé S.S. Il s’y entretint avec le commandant du Corps d’Armée, l’Obergruppenführer Sepp Dietrich.

Lorsque, vers seize heures, le maréchal reprit le chemin de La Roche-Guyon, Dietrich lui suggéra, au lieu de sa grosse Mercedes, d’utiliser plutôt un petit cabrio­let Volkswagen… à cause des Jabos. Mais Rommel, en souriant, fait de la main un geste de dénégation. Daniel, son chauf­feur, embraye. Et l’on démarre.

  • Allez! conduis plus vite, ordonna Rom­mel. Près de Livarot, Daniel avait pris Par prudence un chemin de traverse. Mais arrivé à hauteur de Vimoutiers, ilfallut bien emprunter à nouveau la route nationale. Soudain, l’adjudant Holke poussa le cri :

Attention! avion bas !

Deux Jabos vrombissants arrivaient de derrière, venant de Livarot et enfilant la route. Ils étaient à peine à trente mètres d’altitude.

  • Tâche de gagner le village, cria Rommel à son chauffeur, et celui-ci appuya à fond sur la pédale de l’accélérateur.

Mais le Jabo avait été plus rapide. La gerbe de son canon automatique atteignit en plein le véhicule. Les projectiles s’en­foncèrent dans la matelassure, déchique­tant littéralement la portière de gauche. Daniel, atteint à l’épaule, s’affaissa sur son volant. La voiture fit une embardée, heurta un tronc d’arbre sur la droite, rebondit et s’arrêta en travers de la route. Rommel, qui avait heurté de la tête le pare-brise et qui saignait abondamment, fut projeté hors de la voiture.

Le maréchal, avec une fracture du crâne, gisait sur la chaussée.

Rommel ne fut pas remplacé à la tête de son Groupe d’Armées. Le feld-maréchal Hans von Kluge, le successeur de Rundstedt à la tête du front Ouest, assuma désormais le commandement du Groupe d’Armées B (Paul Carell, Ils arrivent)

2. du 14 au 17 juillet : LE DEFILE DU 14 JUILLET A LA SEYNE ET LA GREVE DES CHANTIERS NAVALS – LE DÉFILÉ DU 14 JUILLET à La Seyne : On s’était donné rendez-vous à 15 heures sur le port, à l’angle de la rue Cyrus Hugues. Bien sûr, le matin c’était la grève quasi totale. Bien avant 15 heures, aux alentours, des gens se “promenaient”, beaucoup pour “voir” ce qui se passait, combien on serait et aussi pour voir si “c’était tranquille” ; autrement dit, s’assurer de l’absence de la police ou des Allemands. A 15 heures, la direction syndicale et d’autres, se rassemblent à l’angle de la rue. “Venez”, “Allons-y”, “n’ayez pas peur”, ces cris s’adressent à tous ceux qui sont autour. Bientôt nous sommes 300, peut-être plus. 300 sous l’occupation, à quelques dizaines de mètres des chantiers où se trouvaient les cadres et les personnels allemands qui peuvent avertir les troupes ! 300 ça peut paraître dérisoire ! Il fallait y être pour comprendre ce que représentait 300 personnes qui défilent à travers le cours Louis Blanc, le boulevard du 4 Septembre, avec “La Marseillaise ”et même “L’Internationale” qui éclatent, timide d’abord, puis très fort. La voix assurée, on se “gonfle” les uns les autres. Et nous arrivons ainsi dans l’école Curie où s’étaient installés les dirigeants de la mairie, ces “édiles” pétainistes. De maire, d’adjoints ? Point ! Seulement le chef de la police et quelques petits gradés. “La Marseillaise” retentit. Alors, Marius TRAVERSA, le secrétaire du syndicat, s’interpose entre les “officiels”, indécis, impassibles, et la foule. Dans un discours improvisé, il relate la grande lutte des ouvriers des chantiers, le débarquement, l’avance des alliés partout, la libération prochaine et il conclut à peu près ainsi : “A partir d’aujourd’hui, nous sommes tous des FFI, préparons la grève insurrectionnelle pour chasser l’occupant et les collabos à sa botte”. Un tonnerre d’applaudissements de mains et de cris accueille son appel. Nous sommes retournés vers le port après avoir embrassé Marius qui, sur ordre “supérieur” fut retiré de la circulation. On ne devait se retrouver qu’en septembre. De nombreux groupes continuèrent à se promener sur le port sans que la police absente ne songe à intervenir. Ce 14 Juillet a fait la démonstration qu’à La Seyne, désormais, le pouvoir était vacant. Plus d’édiles municipaux, plus de police et aucune réaction des troupes allemandes. Ou bien nous sous-estimions nos forces, ou bien ce sont nos adversaires qui les surestimaient. La grève continua aux chantiers les 15, 16 et 17 Juillet : certains en profitèrent pour se retirer de La Seyne qui se vida encore un peu plus ; le chantier n’était pratiquement plus au travail (Louis Puccini, La Seyne et la Résistance).

-1952 – 17 juillet : DELIBERATION ADRESSEE PAR LE CONSEIL MUNICIPAL DE SAINT-MANDRIER AUX AUTORITES CIVILES ET MILITAIRES – A Saint-Mandrier, à la suite de la décision du préfet maritime de Toulon d’interdire aux civils la libre circulation de certains terrains militaires (cf. Ephémérides du 7 juillet), le Conseil municipal s’exprime dans une longue délibération prise à l’unanimité, en date du 17 juin 1952, adressée aux autorités civiles et militaires compétentes. Je la reproduis in extenso. « Le Conseil municipal de Saint-Mandrier considérant : que le libre accès de la presqu’île a donné un essor touristique évident à notre jeune commune et que, jusqu’ici, les familles toulonnaises ont pu profiter de toutes les calanques et des merveilleuses promenades pour leur repos hebdomadaire; que jamais aucun accident ou incident ne s’est produit du fait de la libre circulation dans cette partie du territoire de la commune ; que, avant la guerre, alors que la presqu’île recelait des secrets de la Défense nationale, le libre accès des plages, des pinèdes et du phare était autorisé, sauf les parties réservées ou entourées de barbelés ; que pendant la guerre, tous les états-majors mondiaux ont séjourné dans la presqu’île et connaissent dans tous ses détails le plan directeur d’artillerie et par conséquent tous les secrets passés, présents (?) et à venir (?) ; que pour cette raison et aussi parce que l’expérience de la guerre moderne, et des armes nouvelles, rendent inutiles tous travaux de fortification ou d’ouvrages repérés aussi facilement; que   les   sommes considérables englouties de cette   façon représentent un gaspillage   certain, et pourraient être avantageusement employées dans d’autres secteurs plus intéressants de la Défense nationale ; qu’on ne peut plus faire état des secrets de construction et d’exécution puisque les enquêtes ont prouvé qu’il n’existe nul secret, car chefs ou ouvriers employés à ces travaux peuvent appartenir à  n’importe quel  parti  politique et  se livrer à l’espionnage au profit d’une puissance étrangère ; que le Conseil  municipal et particulièrement le maire ont  toujours eu des relations les plus cordiales avec la marine, et que même les travaux entrepris dans la presqu’île pour la recherche de l’eau sont à la charge de la commune ; que la fermeture totale d’une partie de la presqu’île ne peut être justifiée par l’urgente nécessité, surtout au moment précis du début de la saison touristique ; que pour des raisons de documentation et d’études, la mairie ne peut fermer la seule route qui conduit au phare, véritable chef-d’œuvre de la technique moderne ; que cette interdiction qui a été prise peut être considérée comme une brimade et un geste inamical envers la commune de Saint-Mandrier, puisque la marine doit y installer un camp de vacances, sous tentes, ce qui réduit à néant les raisons évoquées pour la fermeture. Considérant d’autre part : que la pénurie d’eau dans un village de deux mille trois cents habitants est due aussi à l’augmentation exagérée du personnel militaire dans la presqu’île, à savoir : trois cents hommes à Saint-Elme au lieu de vingt-cinq avant-guerre ; cent hommes pour faire respecter l’interdiction précitée ; que l’installation d’une école de D.C.A. avec tirs à moins de deux cents mètres à vol d’oiseau de l’agglomération importante de Saint-Elme présente un danger évident pour les habitants de ce hameau, et qu’elle aurait pu être installée dans des ouvrages isolés sur la côte, loin de toute agglomération; enfin que le geste inamical est délibérément constaté puisqu’il existe un commandant militaire de la presqu’île. Il convient de ne pas ignorer qu’il y a aussi un représentant du gouvernement, en l’occurrence le maire de Saint-Mandrier-sur-Mer, avec lequel on aurait pu s’entendre pour les points stratégiques (?) à interdire. En conséquence : le Conseil municipal proteste avec véhémence contre cette interdiction qui ne répond pas pour le moment à aucun besoin militaire ; fait appel à Monsieur le préfet et au Conseil général, à tous les parlementaires du Var pour accomplir une   démarche personnelle auprès du ministre de la Défense nationale; demande qu’une commission d’enquête soit désignée au sein de la commission de la Défense nationale et de la sous-commission de l’emploi des crédits militaires, afin de mener une enquête sur place à laquelle sera convié le maire de Saint-Mandrier; demande  qu’en  attendant  le résultat de cette commission d’enquête, la presqu’île reste ouverte à tous les touristes, puisque l’urgence de la fermeture ne se justifie pas; enfin demande à Monsieur le ministre de la Marine de bien vouloir donner les ordres nécessaires pour surseoir à toute entrave de la circulation avant la décision à intervenir » (Délibération rapportée par Ken Nicolas, vol. 1).

Au cours du mois, M. Louis Clément est heureux d’annoncer à ses administrés que la libre circulation sur certains terrains militaires de la presqu’île, un moment suspendue, vient d’être rétablie pour la satisfaction de tous (Ken Nicolas, vol. 1, p. 89).

1961 – 17 juillet : Le bagad de Saint-Mandrier reçoit son drapeau lors d’une manifestation se déroulant dans le quartier Claret, à Toulon, un faubourg familier aux Bretons de la rade (République du mardi 4 juillet 1961).

Le bagad du Groupe des écoles de mécaniciens de Saint-Mandrier a vu le jour grâce aux apprentis mécaniciens bretons ou d’origine bretonne. Les « Armoricains » représentaient en effet, à cette époque, une population relativement importante parmi les mécaniciens, dont l’école avait été implantée en 1936 sur la presqu’île de Saint-Mandrier, face à Toulon. « Plusieurs facteurs sont à l’origine de la naissance de cette formation musicale : L’éloignement, la nostalgie du Ponant liée à un besoin légitime de pérenniser les traditions et le folklore. En somme, une manière comme une autre de retrouver l’air du pays, de garder le contact avec sa région mais aussi de faire connaître l’école dans la région Provence Côte d’Azur », explique le Centre d’Instruction Navale (CIN) de Saint-Mandrier. Tout commença en 1957. Le décor était planté : la prestigieuse Ecole des apprentis mécaniciens de la flotte de Saint-Mandrier. Les acteurs : un petit cercle d’élèves originaires de Bretagne. Le scénario : afin de garder un brin de contact avec le folklore de leur lointaine contrée, les protagonistes décidèrent de créer un bagad au sein même de l’établissement scolaire, (bagad : formation musicale à base d’instruments traditionnels du pays d’Armor tels que binious, bombardes, …). Le noyau du groupe s’enrichit rapidement de nouveaux membres musiciens natifs de régions différentes. Bien épaulé par le commandement de l’école, le bagad de Saint-Mandrier devint rapidement une vraie curiosité dans tout le département du Var (Ken Nicolas, vol. 2, p. 74-75).

Le 25 novembre 1977, Le bagad du Groupe des écoles de mécaniciens de Saint-Mandrier perdit vingt-quatre des siens dans la catastrophe aérienne de Prémian. De retour d’une manifestation officielle à Mont-de-Marsan, le commandant en second, deux officiers, trois officiers mariniers et dix-huit quartiers maîtres, matelots et apprentis mécaniciens du bagad disparaissent dans le crash de l’avion Nord-Atlas, qui les ramenait dans le Var (en tout, 32 personnes disparaitront dans l’accident). Chaque année depuis, une commémoration est organisée. Le disque, dont nous présentons la couverture en illustration de cet article, a été réédité à la mémoire de ces disparus.

1973 – 17 juillet : CHRONIQUE La vieille dame indigne, par Jean ANOUILH., il était, à l’époque, notre voisin à Sainte-Trinide (commune de Sanary), dans le combat que nous menions pour défendre cet espace enchanteur entre mer et montagne qui allait être bientôt détruit pour laisser passer l’autoroute Aubagne-Toulon.

L’AUTRE après-midi j’ai vu mourir les oliviers. Ils étaient peut-être deux cents dans ce coin. Ils avaient sans doute été plantés par les Bénédictins qui cultivaient tout ce quartier de Sainte-Trinide à la fin du XVIe ou au début du XVIle siècle. Quelques-uns, une ou deux fois millénaires, étaient là depuis toujours. Certains ont lâché presque tout de suite, comme s’ils savaient que la bêtise des hommes serait tout de même la plus forte. D’autres ont tenu bon, longtemps. L’homme, sur son monstrueux engin, tenait bon aussi, le visage fermé. Il n’avait pourtant pas une tête d’assassin. A un moment, il est descendu boire un coup à sa bouteille mise au frais et il m’a dit : « Je suis fils et petit-fils de paysans, j’obéis, je fais mon métier. Mais ce n’est pas beau ce qu’ils nous font faire. >

L’utilité publique, cette darne patronnesse, qui a quelquefois déjà eu au cours de l’Histoire un visage un peu trop fardé de fille du même nom, a donné tous les apaisements nécessaires. Ponce Pilate qui s’est pourtant plusieurs fois lavé les mains, avec une excellente savonnette, ne savait pas pourquoi il flottait comme une odeur indéfinissable dans son bureau…                                                          ^ r _

Dans ce coin du Var où le désert gagne chaque année, tout l’arrière-pays, après trois incendies, est retourné aux cailloux. Au premier les pins repoussent, timides, au deuxième les buissons piquants, au troisième rien. Il s’agissait de relier Aubagne à Toulon par une autoroute. De décongestionner Marseille. L’utilité publique avait mis ses gants immaculés, son bibi à fleurs un peu démodé le plus digne et on n’entendait qu’elle pérorant de sa voix aigre à la réception qu’avait donnée le préfet à Draguignan pour annoncer la bonne nouvelle. Des messieurs importants et décorés ne cessaient de lui baiser la main.

On devait étudier deux tracés. L’un au nord, le plus court, dans le désert précisément, le moins cher aussi ; et un autre, dit tracé sud, qui faisait une gracieuse courbe afin d’affleurer Bandol.

Evidemment — mais ce n’était rien ou si peu de chose —pour atteindre Bandol (où personne ne peut déjà garer sa voiture à partir de 10 heures du matin), il fallait saccager un peu les trente seuls kilomètres de Provence côtière qui nous restent ; sacrifier cinq cents hectares de vignes réputées et de cultures florales, des petits bois admirables, des vieilles fermes du XVIle siècle, des plantations d’oliviers : le seul point de nature intacte qui avait résisté aux mégots des joyeux pique-niqueurs. Un échantillon unique de ce que fut ce monde autrefois.

Dans l’effarement du pays, malgré un vote contre, à l’unanimité, du conseil général du Var, des pétitions par milliers de paysans atterrés dont les vignobles sont compromis (je suis de Bordeaux et je sais qu’on ne remue pas impunément la terre au milieu des vignobles) le tracé sud a été choisi. Le désert, c’était trop facile, et puis cela passait un peu trop loin des plages. Et qui a des intérêts dans le désert?

La vraie raison, la seule raison, a été donnée par les ordinateurs : sur le tracé sud, à cause de Bandol et de Sanary, très prisées des Marseillais du dimanche, il y aura davantage de péages. Qu’est-ce que vous voulez répondre avec vos histoires de vignes et d’oliviers du bon Dieu ? Dieu n’a pas d’ordinateur.

Des paysans sont venus me trouver, pensant qu’un écrivain cela peut tout de même écrire. Bien sûr, nous irons nous asseoir devant les bulldozers, comme ils l’ont déjà fait, et je vaudrais Sartre sur son bidon pour le pittoresque. Mais ça nous avancera à quoi ? La notion de rentabilité a pris le pas sur celle d’utilité publique. Et la vieille dame a toujours son titre et sa discrète Légion d’honneur, seulement elle s’est outrageusement fardée et elle a mis un bikini sur ses charmes fatigués avec tout de même tous ses bijoux de famille, pour aller faire un peu la folle avec ces messieurs de Bandol.

Pierre Messmer n’a, paraît-il, pas encore signé le décret. Mais les bulldozers assassinent déjà gaiement les oliviers millénaires. Les terrains sont achetés au nom de l’Etat et les chèques des expropriés sont signés, eux, de la société qui construit l’autoroute. On a les signatures qu’on peut et rien n’arrête le progrès. (Jean Anouilh, le Figaro , mardi 17 juillet 1973).

1996 – 17 juillet : MONUMENTS HISTORIQUES – A Draguignan, sont inscrites en totalité, au titre de « Maison médiévale », les deux maisons sises n°12-14 et 16-18 rue Juiverie (cad. AB 112, 113, 115 et 117), par arrêté du 17 juillet 1996

1998 – 17 juillet : A BRIVE, FESTINA EST EXCLUE DU TOUR DE France – En cyclisme, l’équipe Festina est exclue du Tour de France pour usage de produits dopants. Le 24 juillet, ulcérés par un reportage à la télévision sur le dopage, les coureurs refuseront d’être considérés comme du « bétail ». Le départ aura lieu avec deux heures de retard.

2000 – 17 juillet : Décès de Pascale Audret dans un accident de la route à Brive-La Gaillarde. De son vrai nom Pascale Auffray, elle était la sœur du chanteur Hugues Auffray et de l’essayiste Jean-Paul Auffrey. Actrice, elle avait débuté dans une opérette (La Jamaïque), avait ensuite joué au cabaret des Trois Baudets pour ensuite tourner au cinéma dans « Les deux font la paire ». En 1957, elle triomphait au théâtre dans « Le journal d’Anne Franck » et, l’année suivante, s’imposait au cinéma dans « L’eau vive ». A partir de 1980, elle tourna plusieurs séries pour la télévision.

2009 – 17 juillet : MONUMENTS HISTORIQUES – A Tourtour, est inscrit  en totalité par arrêté du 17 juillet 2009, au Domaine des Treilles, chemin des Treilles, l’ensemble bâti et paysager correspondant à la zone agricole (1 NC) du plan d’occupation des sols des communes de Tourtour et Flayosc, y compris trois œuvres de Yassilakis Takis.

2022 – 17 juillet : Claude McKey – Romance in Marseille, éditions Héliotropisme, 148 pages, 21 €. Traduit de l’anglais (États- Unis) par Françoise Bordarier et Geneviève Knibiehler. « UN ROMAN SPLENDIDE SAUVÉ DES EAUX (DE L’OUBLI) Il y a des romans pour lesquels l’histoire de leur publication vaut à elle seule le statut de monument de la littérature mondiale. Romance in Marseille, de Claude McKay, pourrait y prétendre. Manuscrit refusé par tous les éditeurs lorsqu’il l’écrit en 1938, qui devient presque mythique au fil des décennies après avoir disparu des radars au point de n’être pas même évoqué par son auteur dans son autobiographie, le voici qui reparaît, près de quatre-vingt-dix ans plus tard, grâce au dévouement forcené d’Armando Coxe, dans la ville qui l’a inspiré. Mais si ce roman peut prétendre occuper une place importante dans la littérature mondiale, c’est d’abord et avant tout parce que c’est un grand roman. L’un de ces textes qui n’offrent rien de moins que l’éternité au lieu qu’ils décrivent en creux – en l’occurrence ce quartier de la Fosse, rayé de la carte par les nazis en 1943, ainsi qu’à ceux qui l’habitaient, jamais assignés à leurs origines, leur couleur de peau ou leur statut social, mais rendus aux lecteurs dans leur pleine humanité, faite de beauté et de cruauté, de générosité et de violence, de splendeur et de misère. Jugez: « Largement ouverte, tel un immense éventail éclaboussé de couleurs éclatantes, Marseille s’étalait nue dans la gloire du soleil de midi, comme une fièvre embrasant tous les sens, à la fois attirante et repoussante, pleine de la féerie incessante des bateaux et des hommes. » ■ franck-olmer lafferère

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE !

Un journaliste téléphone à son rédacteur en chef :

-ça y est, on a le nom du type écrasé sous le rouleau compresseur : il s’appelle Kimschildwiczdreff !

-Ah, bon ! et comment s’appelait-il avant l’accident ?

(Borie du plateau de Sénanque à Gordes)

Ce sera tout pour aujourd’hui.

Bonne journée et à demain qui sera un autre jour.

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