ÉPHÉMÉRIDES DU 3  JUILLET

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ÉPHÉMÉRIDES DU JEUDI 3  JUILLET 2025 – 14e ANNÉE (n° 4985)

Bonjour à tous !

ILLUSTRATION : aujourd’hui, place à l’événement terrible qui eut nom « OPERATION CATAPULT » et se déroula du 3 au 6 juillet 1940. Comme on l’écrivit à l’époque : « REMEMBER MERS EL-KEBIR ». Souvenons-nous !

LES FETES : Et si nous parlions des Thomas dont c’est la fête le 3 juillet ? Patronyme de près de 110 000 Français et prénom de plus de 250 000 depuis 1900, c’est, de fait, l’un des noms les plus portés dans notre pays. Mais ce fut d’abord celui de Thomas, l’apôtres qui symbolisa le doute religieux en mettant en doute la résurrection du Christ avant de l’avoir vu de ses yeux puis touché.

Le calendrier républicain a fait du 3 juillet 1793 le 15e jour de messidor An 1, le jour du chamois dont les six sous-espèces reconnues vivent dans les zones rocheuses, les forêts et pâturages de montagne, depuis les Alpes jusqu’à l’Asie. L’isard, une espèce voisine, vit dans les Pyrénées et les Apennins italiens.

LOCUTION PROVENçALE ET Dicton : « Lou soulèu passo sus la fango e noun s’embrutis. » Proverbe provençal  que l’on peut traduire : « Le soleil passe sur la boue et ne se salit pas. » (Charles Arnoux, « Lou breviari dou gènt parla prouvençau »).

ÉPHÉMÉRIDES :

CHOIX DE DOCUMENTS DU JOUR.

La Seyne-sur-Mer : Tamaris , le Grand Hotel

LA SEYNE-SUR-Mer : 252e livraison. –1668 – du 3 juillet au 17 août 1688 : UNE NOUVELLE VILLE EST NEE – LA SEYNE : Des habitations nombreuses avaient changé l’aspect des terres jadis marécageuses, remplies de lagunes et de plantes marines, du quartier « La Sagno » où s’élevait maintenant une ville nouvelle, en plein essor. Non seulement maisons et entrepôts animaient les abords de la darse où entraient maints navires mais, entre le port et l’église paroissiale tout un ensemble de rues, de places et d’immeubles avaient surgi comme par enchantement.

C’est à ce moment-là que le Trésor royal, en l’espèce le bureau des Finances de la généralité d’Aix-en-Provence, par l’intermédiaire du procureur du roi, s’avisa d’astreindre les particuliers propriétaires des maisons et autres constructions bâties sur les anciennes régales au paiement d’une taxe au titre de ces immeubles en prétendant que les terres sur lesquelles ils avaient été édifiés appartenaient au domaine de la Couronne (Les Bureaux des Finances, des Généralités, fondés sous Henri III, étaient chargés des questions financières, de la gestion, du contentieux et de l’administration du personnel du ressort de ces Bureaux. Ils étaient placés sous les ordres de l’Intendant des Finances de la province ; pour la Provence, c’était la Généralité d’Aix).

Une telle réclamation, tardive et injustifiée, ne manqua pas de provoquer de vives protestations de la part des intéressés qui en saisirent les seigneurs-abbés de Saint-Victor lesquels portèrent l’affaire devant les tribunaux administratifs qualifiés. A la suite des mémoires déposés par les défenseurs, un jugement des trésoriers généraux de France ordonna qu’il serait fait un rapport de l’état et de la qualité des maisons de plusieurs particuliers et prescrivit de constater si lesdites maisons avaient été construites sur les délaissements faits par la mer ou sur des comblements exécutés de main d’homme (Jugement du 3 Juillet 1675 (Arch. départ, des B.-du-Rh., fonds de Saint-Victor, série H)).

Ce rapport fut établi le 15 octobre 1675 ; il contenait la liste de tous les immeubles bâtis à cette date autour du port de La Seyne (Arch. départ, des B.-du-Rh., fonds de Saint-Victor, série H). Après instruction dudit rapport, examen des mémoires déposés et des voies et moyens exposés par les services des Finances, un nouveau jugement des trésoriers généraux de France, en date du 29 janvier 1676, intervint pour maintenir les particuliers de La Seyne en possession et en jouissance des maisons qu’ils avaient fait élever sur les régales de leur pays (Louis Baudoin, 1965, p. 232-133).

Le 17 août 1688, défenses furent données au nom de l’abbé de Saint-Victor contre les prétentions du procureur du roi sur les terres régales en question. Ces défenses contenaient un rappel de la sentence qui avait été prononcée en 1565 par le lieutenant d’Aix à leur sujet (Arch. départ, des B.-du-Rh., fonds de Saint-Victor, série H. L’abbé de Saint-Victor était, en 1688, Mgr Philippe de Vendôme, chevalier de l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, Grand Prieur de France, Cardinal-Abbé de la Sainte-Trinité-de-Vendôme, de Saint-Honorat-de-Lérins et de Saint-Victor-lez-Marseille) 105.

(Ollioules-n°-1-rue-du-Lancon-et-angle-rue-Baudin)

OLLIOULES : 253e livraison. –1399 – 3 juillet : Acte royal exemptant de péage les habitants d’Ollioules, de Six-Fours, d’Evenos et du Beausset pour Toulon et son terroir ainsi que dans le domaine royal des comtés de Provence et de Forcalquier (Pour les textes complets de ces deux lettres, cf. Castellan, 1937, p.24-25 ; Ribot H., 2003). Pour prix de l’aide sans faille qu’ils avaient apporté au partie légitimiste, la reine Marie et son fils Louis exemptaient de péage de terre et de mer les habitants d’Ollioules, de Six-Fours, d’Evenos et du Beausset, rendant ainsi francs, libres et exempts pour l’avenir de tout paiement et prestation de péage les universitats et hommes de ces castra dans la ville de Toulon et son district et même dans les terres domaniales des comtés de Provence et de Forcalquier et terres adjacentes présentes et à venir…. ( Les lettres patentes touchant la franchise royale du péage pour toute la Provence concernant Ollioules sont datées du 14 octobre 1399). Ce texte de grande portée servit longtemps de référence lors de procès qui opposèrent les hommes d’Ollioules aux communautés qui voulaient les taxer lors de leur transit avec des marchandises. Ce fut entre autres le cas de Jean Sauveur d’Ollioulesexempté par la Grande Cour d’Aix des droits royaux relatifs au transport de l’huile entre Ollioules et Barjols, daté du 14 mars 1437.

(Sanary, le port en 1989 – cl. H. Ribot)

SANARY – 353e livraison. –1867 – 3 juillet : Agenda de Jean-Baptiste Hermitte, premier adjoint de Marius Michel, maire de Saint-Nazaire (Sanary) – mercredi 3, Saint-Tthierry. Vent à l’ouest, forte brise. La récolte du blé n’est pas terminée. On a commencé ces jours-ci à fouler sur plusieurs aires. La récolte est en avance d’au moins 15 jours. On a reçu la nouvelle horrible, que l’empereur du Mexique, , Maximilien avait été fusillé le 19 juin après avoir été pris comme prisonnier de guerre est jugé par un conseil de guerre. Cette nouvelle a fait suspendre par la cour des Tuileries toutes les fêtes préparées en l’honneur du sultan qui est en ce moment l’hôte de l’empereur Napoléon III.

(1915-Nouvelles-Galeries-20-Marseille-Eglise-St-Vincent-de-Paul-et-monument-des-mobiles – Extrait)

MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS. 553 livraison : –1777 – du 3 au 5 juillet : L’EMPEREUR D’Autriche EN VISITE INCOGNITO A TOULON – Début juillet 1777, Toulon ville eut la visite de Monsieur, comte de Provence, frère de Louis XVI, et de Joseph II, frère de Marie-Antoinette, qui voyageait sous le nom de comte de Falkenstein. Les deux princes visitèrent le port, l’arsenal, et se rendirent aux Sablettes ; de grandes fêtes eurent lieu en leur honneur. Le comte de Provence ayant prolongé son séjour après le départ de Joseph II, on lui donna le simulacre, d’un combat naval (Paul Maurel, 1945). Des manœuvres combinées (armée de Terre et Marine) furent effectuées devant le frère du roi ; on lui offrit également le simulacre d’un combat naval : dans ce but, quatre vaisseaux furent embossés pour combattre à l’ancre et les huniers hauts, entre la Grosse Tour et Balaguier, tandis qu’une petite escadre adverse de quatre frégates évoluait sous voiles en rade des Vignettes. Le prince assista à ce spectacle à bord du vaisseau La Provence. En outre, la galère L’Ambitieuse était venue de Marseille pour satisfaire sa curiosité. Rendant hommage à notre pays, le comte de Provence voulut connaître nos environs et prit, paraît-il, beaucoup de plaisir, avec sa suite, à participer à une partie maritime à laquelle des pêcheurs l’avaient convié. Il apprécia avec ces gens une succulente soupe de poissons et une délicieuse bouillabaisse (Louis Baudoin, 1965, p. 286-287).

EN DIRECT DE NOS ARCHIVES (L’intégrale).

(Algérie – 2017)

1399 – 3 juillet : Acte royal exemptant de péage les habitants d’Ollioules, de Six-Fours, d’Evenos et du Beausset pour Toulon et son terroir ainsi que dans le domaine royal des comtés de Provence et de Forcalquier (Pour les textes complets de ces deux lettres, cf. Castellan, 1937, p.24-25 ; Ribot H., 2003). Pour prix de l’aide sans faille qu’ils avaient apporté au partie légitimiste, la reine Marie et son fils Louis exemptaient de péage de terre et de mer les habitants d’Ollioules, de Six-Fours, d’Evenos et du Beausset, rendant ainsi francs, libres et exempts pour l’avenir de tout paiement et prestation de péage les universitats et hommes de ces castra dans la ville de Toulon et son district et même dans les terres domaniales des comtés de Provence et de Forcalquier et terres adjacentes présentes et à venir…. ( Les lettres patentes touchant la franchise royale du péage pour toute la Provence concernant Ollioules sont datées du 14 octobre 1399). Ce texte de grande portée servit longtemps de référence lors de procès qui opposèrent les hommes d’Ollioules aux communautés qui voulaient les taxer lors de leur transit avec des marchandises. Ce fut entre autres le cas de Jean Sauveur d’Ollioulesexempté par la Grande Cour d’Aix des droits royaux relatifs au transport de l’huile entre Ollioules et Barjols, daté du 14 mars 1437.

1614 – 3 juillet : L’église de La Seyne devient succursale de Six-Fours par acte du Pape Paul V sous le vocable de Notre-Dame de Bon-Voyage. En 1657, elle est déclarée église paroissiale indépendante, en même temps que La Seyne est détachée de la commune-mère (Gérard Delattre, Pierre Saliceti, 2002).

1642 – 3 juillet : Mort à Cologne de Marie de Médicis qui régna sur la France de 1600 à 1610 aux côtés de Henri IV. Veuve à la mort de son époux, elle avait assuré la régence au nom de son fils Louis XIII jusqu’en 1617.

1675 – 3 juillet : Considérations sur le climat – L’année 1675 (…) l’été fut très froid, et madame de Sévigné écrivait à sa fille alors en Provence : « Il fait un froid horrible, nous nous chauffons et vous aussi, ce qui est une bien plus grande merveille » (28 juin 1675) ; le 3 juillet, la marquise note à nouveau « un froid étrange » ; en plein été, le 24 juillet 1675, encore : « Vous avez donc toujours votre bise ! Ah ! ma fille, qu’elle est ennuyeuse ! «  et de se demander « si le procédé du soleil et des saisons était changé »  (Lettres de Mme de Sévigné, Paris, Hachette, 1862, t. III, p. 499, 506, 523).

1668 – du 3 juillet au 17 août 1688 : UNE NOUVELLE VILLE EST NEE – LA SEYNE : Des habitations nombreuses avaient changé l’aspect des terres jadis marécageuses, remplies de lagunes et de plantes marines, du quartier « La Sagno » où s’élevait maintenant une ville nouvelle, en plein essor. Non seulement maisons et entrepôts animaient les abords de la darse où entraient maints navires mais, entre le port et l’église paroissiale tout un ensemble de rues, de places et d’immeubles avaient surgi comme par enchantement.

C’est à ce moment-là que le Trésor royal, en l’espèce le bureau des Finances de la généralité d’Aix-en-Provence, par l’intermédiaire du procureur du roi, s’avisa d’astreindre les particuliers propriétaires des maisons et autres constructions bâties sur les anciennes régales au paiement d’une taxe au titre de ces immeubles en prétendant que les terres sur lesquelles ils avaient été édifiés appartenaient au domaine de la Couronne (Les Bureaux des Finances, des Généralités, fondés sous Henri III, étaient chargés des questions financières, de la gestion, du contentieux et de l’administration du personnel du ressort de ces Bureaux. Ils étaient placés sous les ordres de l’Intendant des Finances de la province ; pour la Provence, c’était la Généralité d’Aix).

Une telle réclamation, tardive et injustifiée, ne manqua pas de provoquer de vives protestations de la part des intéressés qui en saisirent les seigneurs-abbés de Saint-Victor lesquels portèrent l’affaire devant les tribunaux administratifs qualifiés. A la suite des mémoires déposés par les défenseurs, un jugement des trésoriers généraux de France ordonna qu’il serait fait un rapport de l’état et de la qualité des maisons de plusieurs particuliers et prescrivit de constater si lesdites maisons avaient été construites sur les délaissements faits par la mer ou sur des comblements exécutés de main d’homme (Jugement du 3 Juillet 1675 (Arch. départ, des B.-du-Rh., fonds de Saint-Victor, série H)).

Ce rapport fut établi le 15 octobre 1675 ; il contenait la liste de tous les immeubles bâtis à cette date autour du port de La Seyne (Arch. départ, des B.-du-Rh., fonds de Saint-Victor, série H). Après instruction dudit rapport, examen des mémoires déposés et des voies et moyens exposés par les services des Finances, un nouveau jugement des trésoriers généraux de France, en date du 29 janvier 1676, intervint pour maintenir les particuliers de La Seyne en possession et en jouissance des maisons qu’ils avaient fait élever sur les régales de leur pays (Louis Baudoin, 1965, p. 232-133).

Le 17 août 1688, défenses furent données au nom de l’abbé de Saint-Victor contre les prétentions du procureur du roi sur les terres régales en question. Ces défenses contenaient un rappel de la sentence qui avait été prononcée en 1565 par le lieutenant d’Aix à leur sujet (Arch. départ, des B.-du-Rh., fonds de Saint-Victor, série H. L’abbé de Saint-Victor était, en 1688, Mgr Philippe de Vendôme, chevalier de l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, Grand Prieur de France, Cardinal-Abbé de la Sainte-Trinité-de-Vendôme, de Saint-Honorat-de-Lérins et de Saint-Victor-lez-Marseille) 105.

1690 – 8 juin : Suivant l’ordre du 8 juin du Comte de Grignan aux communes de fournir de nouveaux soldats de milice soit : La Cadière (18 hommes), Ollioules (23), La Garde (5), La Valette (10), La Seyne (8), Six-Fours (8), Solliès (22) et Saint-Nazaire (10). Les 10 hommes de Sanary devaient être le 3 juillet suivant à 14 h à la Seyne pour aller à Porquerolles sous les ordres du capitaine Du Mayne. Chaque communauté devait exécuter cet ordre sous peine de désobéissance et, en outre, payer 6 sous par homme et par jour, et 15 sous pour les sergents…

1707 – du 3 juillet au 10 septembre : Guerre de succession d’Espagne (Rotger B., 1984, p. 156-157).

L’année précédente, 1706, une armée française avait subi une grave défaite à Turin. Les débris s’en étaient repliés et occupaient la ligne des Alpes. Ces troupes, qui étaient dans un état de misère et de désorganisation, devaient être opposées en 1707 à l’invasion des troupes savoyardes. Pour l’instant, elles étaient en Dauphiné, commandées par le maréchal de Tessé. La Cour et le gouvernement de Paris pensaient que le duc de Savoie et son cousin le prince Eugène essaieraient de pénétrer en Dauphiné, de marcher sur Lyon et de soulever la population des Cévennes. Au contraire, le gouverneur de Provence, le comte de Grignan, tenu au courant par un service d’espionnage bien organisé, ne cessait d’avertir les ministres du danger qui menaçait Toulon et la Provence. Toulon, en 1707, était ce que l’on a appelé le Toulon de Vauban. Ce grand ingénieur avait agrandi l’enceinte de la ville et l’avait fortifiée selon sa méthode. Deux rivières, le Las et l’Eygoutier, qui, selon l’expression « rivalisaient pour ensabler le port » avaient été détournées. Enfin, un arsenal pour la marine de guerre et une Darse nouvelle, appelée plus tard darse Vauban, avaient été aménagés. L’enceinte de la ville agrandie était du côté Est, à peu près ce qu’elle est maintenant. La porte d’Italie n’existait pas. Au Nord elle occupait la ligne du boulevard de Strasbourg, qu’elle quittait à la place Saint-Roch, pour s’infléchir au Sud et venir rejoindre la mer. Elle était percée de deux portes : la Porte Saint-Lazare du côté Nord-Est, la Porte Neuve du côté Nord-Ouest. (Voir le plan de Toulon.) Des sept bastions qui défendaient l’enceinte, trois seulement, faisant face au Nord-Est, furent attaqués : celui des Minimes, celui de Saint-Bernard et celui de Sainte-Ursule. Le rempart était dans un état déplorable, le parapet était ruiné, les fossés comblés à demi, il n’y avait ni chemin couvert, ni palissades, le glacis était plus bas que la campagne, enfin, tout un faubourg s’était élevé du côté Est, dont les maisons et plusieurs couvents empêchaient le tir des canons.

1721 – 3 juillet : LA PESTE A SANARY – Dans une déclaration au Bureau de santé assemblé, le sieur Jacques GAUTIER, premier consul, relate que André VIGUIER lui a dit avoir une fille alitée et attaquée de fièvre. Elle est décédée quelques heures plus tard. Cette fille avait eu, le matin, la fièvre. Elle a ensuite vomi une grande « quantité de vers » après quoi elle est morte. Pour éviter tout reproche, le Bureau décide de l’ensevelir immédiatement. Au sujet de ces vers, cf. « La peste de MARSEILLE » de LEMONTHEY : « L’émétique admi­nistré leur faisait rendre une grande quantité de petits vers semblables à des grains d’orge ».]

1777 – du 3 au 5 juillet : L’EMPEREUR D’Autriche EN VISITE INCOGNITO A TOULON – Début juillet 1777, Toulon ville eut la visite de Monsieur, comte de Provence, frère de Louis XVI, et de Joseph II, frère de Marie-Antoinette, qui voyageait sous le nom de comte de Falkenstein. Les deux princes visitèrent le port, l’arsenal, et se rendirent aux Sablettes ; de grandes fêtes eurent lieu en leur honneur. Le comte de Provence ayant prolongé son séjour après le départ de Joseph II, on lui donna le simulacre, d’un combat naval (Paul Maurel, 1945).

Visite de hauts personnages à Toulon et à La Seyne : Dans les premiers jours du mois de juillet 1777, deux hautes personnalités arrivèrent à Toulon : le comte de Provence, jeune frère du roi régnant Louis XVI, et l’empereur d’Autriche, Joseph II, voyageant sous le nom de comte de Falkestein, tous deux à titre privé. Naturellement, de brillantes fêtes eurent lieu néanmoins en l’honneur du comte de Provence, tandis qu’une certaine discrétion était observée pour l’empereur. Ce dernier arriva le 3 juillet. Il visita le port de Toulon, son arsenal et la rade qu’il trouva fort belle ; il vint aussi à La Seyne où il fut reçu avec respect par la municipalité et fit une excursion au lazaret de Saint-Mandrier et à la plage des Sablettes. L’empereur Joseph II était le frère de la reine de France, Marie-Antoinette, femme de Louis XVI alors régnant ; tous deux promus à un tragique destin. Quant au comte de Provence, arrivé le 4 au soir à Toulon, il assista, en compagnie de l’empereur, au lancement du vaisseau Le Caton, opération exécutée avec succès et dont les princes furent satisfaits. Le reste de la soirée fut employé à leur montrer la fabrication d’un câble pour navire, le filage du chanvre pour les cordages et les agrès, ainsi qu’un bassin de radoub. Joseph II quitta Toulon le lendemain, 5 juillet, tandis que le comte de Provence prolongea son séjour de quelques journées. Des manœuvres combinées (armée de Terre et Marine) furent effectuées devant le frère du roi ; on lui offrit également le simulacre d’un combat naval : dans ce but, quatre vaisseaux furent embossés pour combattre à l’ancre et les huniers hauts, entre la Grosse Tour et Balaguier, tandis qu’une petite escadre adverse de quatre frégates évoluait sous voiles en rade des Vignettes. Le prince assista à ce spectacle à bord du vaisseau La Provence. En outre, la galère L’Ambitieuse était venue de Marseille pour satisfaire sa curiosité. Rendant hommage à notre pays, le comte de Provence voulut connaître nos environs et prit, paraît-il, beaucoup de plaisir, avec sa suite, à participer à une partie maritime à laquelle des pêcheurs l’avaient convié. Il apprécia avec ces gens une succulente soupe de poissons et une délicieuse bouillabaisse (Louis Baudoin, 1965, p. 286-287).

L’empereur d’Autriche, Joseph II, frère de Marie-Antoinette, reçu par la municipalité de La Seyne, fit une excursion au Lazaret de Saint-Mandrier et à la plage des Sablettes (Gisèle Argensse, 1989, p. 37).

1791 – 3 juillet : Les brigands et les loups infestent la forêt du Dom – Délibération municipale de Bormes par laquelle la population est avertie que le chemin de Collobrières, parcouru par les trenteniers de chèvres et de moutons des Campaux et de la Verne, est rendu dangereux par les brigands et les loups qui infestent la noire forêt du Dom (Maurel M., 1974).

1793 – 2 et 3 juillet (14 et 15 messidor An 1) : LE CONSEIL DE LA DRÔME DECIDE DE REDUIRE LA REBELLION FEDERALISTE – Après s’être prononcée pour la Convention, le conseil du département de la Drôme avait pris les 2 et 3 juillet des arrêtés propres à détruire la rébellion du district de l’Ouvèze. Le 2 juillet, lui était parvenue en effet une lettre de Carteaux, avant 10 heures du matin, datée de Grenoble du 1er et tendant à assurer le succès de la mission qui lui était confiée. Antoine-Auguste Desherbiers Létenduer, général de brigade, commandant provisoire de l’armée des Alpes, mettait bien à la disposition de Carteaux, la Légion allobroge, le 3e bataillon des Basses-Alpes et le Ier bataillon du 5ge régiment d’infante¬rie, un adjudant-général chef de bataillon et deux adjoints pour former son état-major. Carteaux avait en outre à sa disposition toute l’artillerie, les munitions de guerre et de bouche et les effets de campement se trouvant soit à l’arsenal de Valence soit dans les magasins de cette ville. Toutes les gardes nationales des départements à sa portée étaient tenues d’obéir à ses ordres. Un arrêté des représentants Dubois-Crancé, Albitte et Gauthier, pris le 1er juillet, complétait l’ordre de Létenduer en recommandant à Carteaux d’occuper le château de Pont-Saint-Esprit et le poste d’Aramon (Roger Vallentin du Cheylard, 1913-1914, rééd. 2001).

1795 – 3 juillet (15 messidor An 3) : RETOUR DE MICHEL Jean-Bernard, homme de loi. Commissaire des sections de Toulon, anti-montagnard, a servi pendant le siège comme volontaire au 8e bataillon du Var, caserne au fort La Malgue. Citoyen de La Seyne émigré. Rentré en France le 15 messidor an III. Mis en liberté provisoire par le Tribunal criminel de Grasse mais incarcéré à La Malgue le 13 germinal an IV. Mis ensuite en surveillance à La Seyne le 9 frimaire an V par ordonnance du Tribunal criminel de Brignoles. S’est pourvu en cassation et a obtenu gain de cause le 13 brumaire an VI (Louis Baudoin, 1965).

-1799 – 3 juillet : EXPEDITION D’EGYPTE – Lettre du général Bonaparte au général Desaix : «  Au Caire, le 14 messidor an 7. Je reçois votre lettre du 3 messidor. J’ai reçu en même temps une lettre du général Friant de Bénécoue Qui m’annonce que Mourad Bey fuit dans le Bahhireh. Il est indispensable que vous fassiez partir tout de suite pour le Caire tous les escadrons montés des neuvième de hussards 3en 14e et 15e de dragons. Gardez avec vous tous les hommes du vingt-deuxième de chasseurs et du 20e de dragons. Il me paraît qu’il se trame quelque chose car plusieurs tribus d’arabes et quelques centaines de Laugrabis s’y sont rendus De l’Intérieur De l’Afrique ; Mourad Bey s’y rend. Si ce rassemblement prenait de la consistance, il pourrait se faire que les anglais et les Turcs et joignissent plusieurs milliers d’hommes. Nous n’avons encore ni devant Damiette ni devant Alexandrie aucune croisière ennemie. On travaille tous les jours avec la plus grande activité aux fortifications . On vous envoie tout ce qui reste du vingt-deuxième de chasseurs et du 20e de dragons. Et par également une centaine d’hommes de votre division qui vont vous rejoindre. Si vous pouvez vous passer du bataillon de la 61e, envoyez le ici. […] J’attends des nouvelles d’Europe. Le vent commence à devenir bon et nos ports sont ouverts. […] j’attache une importance majeure à la prompte exécution du mouvement de cavalerie dont je vous ai parlé plus haut. Le général Dommartin se rendant à Alexandrie sur un bâtiment armé , a été attaqué par les arabes. Il est parvenu allez repousser avec la mitraille. On dit que vous avez quelques gros bâtiments provenant des mamelouks et quelques djermes désarmées, faites passer tout cela au Caire nous tâcherons d’en tirer parti.

[Autre lettre au scheickh El-Békir]

[Autre lettre au général Reynier]

[Autre lettre au général Friant]

1801 – 3 juillet : EXPEDITION D’EGYPTE – Journal d’un notable du Caire : Vendredi 21 du mois de Safar 1216 : Réunion du Dîwân avec les cheikhs et le commissaire. Ce dernier demanda : « Avez-vous eu connaissance des 13 [s/c] autres conditions du traité de paix ? » « Non », répondirent les cheikhs. Alors il tira de sa poche une feuille écrite en français qu’il se mit à lire, pendant que l’interprète l’expliquait Cette feuille contenait les 11 [sic] autres conditions9. Il se mit à les exposer.

« L’armée française, dit-il, devra quitter les forteresses et se dirigera par voie de terre avec ses bagages jusqu’à Rosette, pour y être embarquée et dirigée sur son pays. Ce départ devra être effectué aussi rapidement que possible, dans un délai de 50 jours au plus tard, par la voie la plus directe.

« Le général anglais et son allié [ottoman] s’engagent à fournir tout ce qui est requis en vivres et dépenses, chameaux et bateaux. Le point d’embarquement sera fixé par un commun accord entre la République [française, d’une part, et, d’autre part], les Anglais et leur allié. Les bagages et les charges lourdes seront expédiés par le Nil (bahr), escortés par des soldats français pour la sécurité.

« Quant aux subsistances prévues [par les règlements de l’armée française], elles sont à la charge de l’armée anglaise et de ses chefs.

« Les commandants des troupes anglaises et ottomanes auront à pourvoir à tout le nécessaire ; les commandants, désignés pour cela, fourniront les bâtiments pour le transport des troupes françaises vers un port de France. Les puissances alliées alloueront 4 bâtiments pour le fourrage et l’entretien des chevaux emmenés sur bateau par les Français.

« Des bâtiments les escorteront pour garantir leur sécurité jusqu’à leur arrivée en France. Les Français ne devront faire escale dans aucun autre port que ceux de France. Les préposés et les commissaires accorderont aux Français tout le nécessaire, suivant les habitudes de leurs troupes.

« Les conseillers, les membres des administrations, les techniciens [dans le texte original, il est dit : les administrations, les membres de la commission des sciences et arts et enfin tous les individus attachés aux corps de l’armée française] pourront emporter avec eux tout ce qui leur est nécessaire en papiers et livres, même les ouvrages achetés en Egypte l0.

« Tout habitant d’Egypte qui désire partir avec l’armée française sera libre de le faire et assuré de la sécurité pour ses affaires et sa famille. De même, quiconque, de quelque religion qu’il soit, qui a fréquenté les Français ne pourra être inquiété pour cela, à moins qu’il ne soit poursuivi pour faits antérieurs.

« Les blessés français laissés en Egypte seront soignés par les médecins, leurs soins étant à la charge du commandement osmanli. Une fois guéris, ils seront renvoyés en France, suivant les conditions précédemment établies. Les commandants osmanlis s’engagent pour tous [les malades ou blessés] laissés en Egypte [à fournir tout le nécessaire].

« Deux commandants de chacune des deux armées [anglaise et ottomane] seront envoyés sur deux bâtiments à Toulon pour informer la France et ses gouvernants de la paix et des conditions du traité conclu. Toute contestation entre deux personnes au sujet des Français sera remise à deux personnalités pour arbitrage entre les

deux parties en vue d’arriver à une conciliation et d’éviter une annulation du traité de paix.

«Chaque partie tant française qu’osmanlie 11 devra remettre les prisonniers qui sont en sa garde.

« Chaque partie devra désigner un délégué de haut rang comme otage auprès de l’autre partie jusqu’à l’arrivée en France. 12 »

Le commissaire dit ensuite : « Nous avons été mis au courant de ces conditions. Nous ne savons ce qu’il en résultera. » On lui répondit : « Ces conditions sont séduisantes. C’est la paix et enfin la miséricorde [de Dieu] pour tous ! Ce sera la paix générale ! » Le commissaire reprit : « J’espère que cette paix particulière sera le premier pas vers la paix générale. »

[Affluence des gens aux portes de la ville]

[Des Anglais accompagnés par des Français visitent la ville]

1803 – 3 juillet (14 messidor An 11) : ENTREE EN FONCTION DU PREMIER PRÊTRE CONSTITUTIONNEL DE LA SEYNE – Le premier ecclésiastique qui, en application du Concordat, fut mis à la tête de la paroisse Notre-Dame de La Seyne, fut Messire Joseph-André Sénés, nommé le 3 juillet 1803. Lorsqu’il entra en fonctions, M. Sénés fut obligé de se loger en ville car l’ancien presbytère paroissial, très délabré, était devenu inhabitable depuis l’année 1794 (Louis Baudoin, 1965, p. 422).

1809 – nuit du 2 au 3 juillet : Nous avons vu plus haut que les anglais se tenaient au large de la côte. Dans la nuit du 2 au 3 juillet 1809, les anglais effectuèrent un débarquement sur le terri­toire de SAINT NAZAIRE et le Sous-Préfet marqua son étonnement de ne pas en avoir été averti. Les anglais s’étaient en effet montrés plus audacieux qu’à l’habitude, mais la troupe, la garde nationale, les canon­niers de la côte, qui s’étaient mobilisés aussitôt, avaient dissuadé nos ennemis d’insister davantage. C’est pourquoi, le Général de Divi­sion FELIX d’UMERY, commandant la 8e division, adressa ses félicita­tions au Maire. « Il m’a été rendu compte de ce que vos administrés ont fait dans la nuit du 2 au 3 juillet courant pour la défense de la côte qui a été sur le point d’être attaquée par l’ennemi. Je donne à votre zèle tous les éloges qu’on lui doit et à vos administrés tous ceux qu’ils méritent pour leur dévouement… » A quoi le Sous-Préfet renchérit en adressant les félicitations du Préfet. « J’ai rendu compte à M. le Préfet de la con­duite que vous et vos administrés avaient tenu lors de la dernière alerte. Il me charge de vous témoigner toute sa satisfaction. Il n’a pas attendu cette occasion pour faire connaître au Gouvernement et aux Chefs mili­taires, la situation précaire des batteries de la côte. Il avait déjà sollicité des renforts et des approvisionnements, il vient de demander des fusils et des munitions ».] (Rotger B., 1984, p. 348-349).

1813 – 3 juillet : NOMINATION DU COMMANDANT DE LA PLACE DE LA SEYNE – Par décision de S. E. le maréchal de l’Empire, prince d’Essling, le sieur Bonnet est nommé commandant de la place de La Seyne (Var) ; la population en est avisée par le maire par une affiche datée du 3 juillet 1813. La décision prescrit, en outre, qu’un poste de quatre hommes et un caporal sera détaché à l’hôpital militaire de la ville (Les Capucins) pour assurer un service de garde (Louis Baudoin, 1965, p. 442, citant Arch. Com. La Seyne).

1815 – 3 juillet : Le colonel Martinenq écrivit encore au préfet maritime. « Général (titre en usage sous l’Empire bien qu’il s’agît d’un amiral), j’ai de fortes raisons de croire que quelques habitants de La Seyne cherchent à débaucher mes troupes ; un rapport m’a été fait officiellement. Hier au soir, vingt et un hommes manquaient à l’appel au fort Caire. « II serait urgent que le gouvernement puisse y faire venir une garnison qui tiendrait cette petite ville ; hier matin, on voulait y arborer le drapeau blanc. Je vous observe (sic) que beaucoup de marins de mon régiment sont de ce pays-là et qu’il serait peut-être dangereux de compter sur eux s’il fallait employer la force des armes. » (Louis Baudoin, 1965, p. 454 ; note : Le 17ede Marine, formé le 18 mai, était composé d’éléments tirés des équipages de haut bord qui, en temps normal, étaient affectés à des vaisseaux de guerre ; il comptait, dans ses rangs, un certain nombre de Seynois).

1867 – 3 juillet : Agenda de Jean-Baptiste Hermitte, premier adjoint de Marius Michel, maire de Saint-Nazaire (Sanary) – mercredi 3, Saint-Tthierry. Vent à l’ouest, forte brise. La récolte du blé n’est pas terminée. On a commencé ces jours-ci à fouler sur plusieurs aires. La récolte est en avance d’au moins 15 jours. On a reçu la nouvelle horrible, que l’empereur du Mexique, , Maximilien avait été fusillé le 19 juin après avoir été pris comme prisonnier de guerre est jugé par un conseil de guerre. Cette nouvelle a fait suspendre par la cour des Tuileries toutes les fêtes préparées en l’honneur du sultan qui est en ce moment l’hôte de l’empereur Napoléon III.

1868 – 3 juillet : DEPART DE LA SEYNE DU dock flottant de 130 m de long, 30 m de large et 4 100 tonnes, commandé par le vice-roi d’Égypte Ismaël Pacha aux Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne, est convoyé par la compagnie des Messageries Impériales jusqu’à sa destination égyptienne où il arriva le 31 juillet (Marius Autran : glossaire du tome 5, chapitre 4).

1930 – 3 juillet : PROJET DE SEPARATION DE SAINT-MANDRIER ET DE LA SEYNE – La commission syndicale chargée de prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’érection de la section en commune est élue et M. Daudé la mènera. Cette érection n’a pas que des partisans. Certains pensent qu’elle ne peut pas se faire à cause d’une question de budget. Les avantages acquis avec la commune-mère seront perdus. Les fournitures scolaires ne seront plus gratuites ainsi que les enterrements. Devenue commune, la section devra se contenter d’un simple garde-champêtre au lieu des deux agents de police d’Etat qui quitteront la localité. Par deux fois, en 1885 et 1910, on avait tenté l’érection en commune et cela avait été reconnu irréalisable par le manque de recettes à percevoir pour pouvoir arriver à couvrir les dépenses prévues (Gisèle Argensse, 1989 ; p. 201).

1935 – 3 juillet : Mort du constructeur d’automobiles André Citroën.

1940 – 3 juillet : CATAPULT – MERS EL-KEBIR : Il y a de cela 80 ans, le 3 juillet 1940, il y eut un autre BREXIT, beaucoup plus dur, beaucoup plus violent que celui que nous connaissons aujourd’hui, qui s’inscrivit en lettres de sang dans les consciences des deux pays : les Britanniques lui donnèrent le nom de « CATAPULT », mais pour les Français ce fut surtout « MERS EL-KEBIR », une affaire qui marqua la rupture entre la France de Vichy et la Grande Bretagne dans la lutte contre l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste. Durant longtemps des affiches « REMEMBER ORAN » furent placardée sur les murs des villes de France.

1. NOUVELLES DE NOS UNITES – Le torpilleur d’escadre « Le Corsaire », classe Le Hardi, tranche 1937, construit par les Forges et Chantiers de la Méditerranée à la Seyne, se trouve désarmé et inachevé dans le port d’Oran qu’il a pu rejoindre. En avril 1941, « Le Corsaire » sera renommé « Le Siroco » (Salou Ch. – Les torpilleurs d’escadre du type « Le Hardi » 1932-1943. Lela Presse, sd).

2. LES ANGLAIS DECLENCHENT L’OPERATION « CATAPULT » – Comme je l’ai évoqué hier, les Britanniques, redoutant qu’une partie de la flotte française fût récupérée par les Allemands et les Italiens, préparait depuis plusieurs jours une opération d’envergure dont le nom de code était CATAPULT. Il s’agissait ni plus ni moins que de s’emparer voire de neutraliser ou de couler les navires français se trouvant dans les ports anglais, essentiellement Portsmouth et Plymouth, ou tenus par les Anglais, Alexandrie par exemple. Afin de signifier à la face du monde que son pays était prêt à se battre et ne déposerait pas les armes, le Premier ministre voulait frapper un grand coup en transgressant le mot d’ordre et en lançant la force H de Gibraltar, commandée par l’amiral Somerville, contre l’escadre française de l’amiral Gensoul stationnée à Mers el-Kébir, la grande base que la France aménageait depuis quelques années en Algérie, à l’ouest de la baie d’Oran.

Voici un résumé de l’affaire.

L’amirauté britannique avait proposé à Gensoul les options suivantes :

-rallier la Royal Navy,

-appareiller vers un port britannique avec équipages réduits et sous contrôle anglais,

-conduire les bâtiments aux Antilles ou aux Etats-Unis sous contrôle anglais afin d’y être désarmés,

-ou se saborder.

Gensoul refusa. Il y eut 1 200 morts parmi les marins français. L’émotion fut considérable, même dans les milieux gaullistes. L’Angleterre avait pris l’initiative d’attaquer son ancien allié ! On fit le silence sur les messages précédents indiquant que l’Angleterre ne pouvait courir le risque de voir la flotte française tomber aux mains de l’ennemi et sur la proposition de rejoindre les ports américains (André Rossel, 1985).

Comment se déroula le massacre de notre escadre basée à Mers el-Kébir ?

Au matin du 3 juillet 1940, étaient amarrés le long de la jetée, d’est en ouest, le transport d’aviation « Commandant Teste », le cuirassé « Bretagne », le « Strasbourg », le cuirassé « Provence », puis le « Dunkerque ». Leur faisaient vis-à-vis dans le fond ouest de la baie, les six contre-torpilleurs « Mogador », « Volta », « Tigre », « Lynx », « Le Terrible », « Kersaint ». Au mât du « Dunkerque » flotte la marque de l’amiral Gensoul, commandant en chef ; à celui de la « Provence » celle du contre-amiral Bouxin, commandant de la division des Provence-Bretagne ; à celui du « Mogador » celle du contre-amiral Lacroix, commandant les divisions de contre-torpilleurs.

Le destroyer HMS « Foxhound » se présente à l’entrée de la rade de Mers el-Kébir. A son bord, le CV Holland. Francophone, Somerville l’a dépêché pour conférer avec Gensoul. Il est près de 8 heures. L’amiral refuse de le recevoir. Il n’est pas disposé à discuter sous la menace et considère l’envoi d’un capitaine de vaisseau comme une marque de désinvolture à son égard. Il délègue le LV Dufay, anglophone et ami personnel de Holland, à sa rencontre.

7h 50 : Les navires français reçoivent l’ordre de prendre les dispositions de combat.

8h 00 : Rappel à poste de la division de DCA et de certaines tourelles d’artillerie lourde.

8h 20 : Décaissement de quatre coups par pièce dans l’une des tourelles.

8h 45 : Au retour de Dufay, Gensoul prend connaissance de l’objet de la mission de Holland. Celui-ci veut lui remettre, en mains propres, un document important. Gensoul renvoie Dufay chercher le pli. Il s’agit d’une mise en demeure qui offre plusieurs alternatives : rallier la Royal Navy, appareiller vers un port britannique avec équipages réduits et sous contrôle anglais, ou conduire les bâtiments aux Antilles ou aux Etats-Unis sous contrôle anglais afin d’y être désarmés. Si aucune des trois offres n’est acceptée, l’amiral devra saborder ses propres navires… A défaut, dans un délai de 6 heures, ils seront coulés. Gensoul avertit par un message tronqué (ne mentionnant pas l’option « Antilles ») l’Amirauté repliée à Nérac.

8h55, sur l’ordre du vice-amiral d’escadre reçu par les bâtiments, les feux sont rallumés tandis que le personnel ayant quitté les bords pour des excursions à terre est rappelé. La tension ne fait que croître pendant les pourparlers entre les deux amiraux, tout au long de la journée.

Dès 8h55 : le « Mogador » et le « Volta » font rallier les bords par le personnel détaché à terre. On rentre les tentes et on commence à recharger en air les torpilles.

Le « Dunkerque » mouillé à Mers el-Kébir (coll. H. Ribot)

9 h : A bord du « Dunkerque », l’Amiral Gensoul réunit son état major pour ordonner de prendre les dispositions de combat. Le CA Lacroix est convoqué pour y recevoir ses ordres. La Flotte de l’Atlantique ne prendra pas l’initiative d’une sortie de Mers el-Kébir avant l’ouverture du feu par les Britanniques. Le cas échéant, la 6e division de contre-torpilleurs appareillera la première, en même temps que la 1re division de ligne dont elle assurera la protection au large. Mais les commandants des unités n’en sont pas informés. Le CV Collinet, commandant le « Strasbourg », essaie de troubler la réunion pour en savoir plus. Gensoul refuse de le recevoir. On lui répond que « la conférence en cours ne le regarde pas » (Archives Vincennes).

Les commandants de navires vont néanmoins prendre l’initiative de commencer les préparatifs pour faire face à un éventuel départ. Les feux sont allumés
10h00 : ayant dicté sa réponse à l’ultimatum, Gensoul renvoie Dufay auprès de Holland et fait procéder au réarmement des batteries de côte, de DCA et de l’hydraviation d’Arzew. Puis, il réunit ses contre-amiraux. Il leur fait part de sa résolution à ne rien négocier sous la menace et leur ordonne de prendre les dispositions en vue d’un éventuel combat.

10h 15 : signal mettant les navires au courant de l’ultimatum et leur ordonnant d’être prêts à répondre à la force par la force.

A 10h 30 et 11h 05 : Dans cette optique, Gensoul fait mettre sur bouée les hydravions du « Dunkerque » et du « Strasbourg », puis contacte le colonel commandant la base aérienne de La Senia, pour savoir le nombre d’aéronefs sur lequel il peut compter.

10 h 56 : Darlan étant à Clermont-Ferrand, le message est reçu par le VA Le Luc, directeur de cabinet de l’amiral de la Flotte, qui ordonne de répondre à la force par la force. Enfin, Gensoul délègue une dernière fois Dufay, accompagné du CV Danbé, son chef d’état-major, à la rencontre de Holland, afin de lui redire la détermination française à se défendre.

11 h 45 : Balancé les machines.

11h50 : Somerville l’informe qu’il ne permettra pas à l’escadre d’appareiller et qu’à Alexandrie le VA Godfroy a accepté un désarmement avec équipages réduits.

12 h : bâtiment prêt à combattre.

12h 20 : nouveau message de Gensoul à l’Amirauté. L’usage de la radio étant interdit par l’armistice, les communications ne passent que par le câble Marseille-Alger ; et Darlan ne recevra ce second message qu’après l’ouverture du feu.

12 h 30 : Darlan est joint et approuve le premier message de Le Luc. Au même moment, à Toulon, les contre-torpilleurs sont parés à appareiller et la tension continue à monter progressivement jusqu’à ce que le branle-bas de combat soit ordonné.

Vers 12h 30 : Somerville interdit l’appareillage des bateaux français et envoie 5 hydravions qui survolent la passe et laissent tomber des mines magnétiques afin de mieux verrouiller la souricière. Cependant Somerville repousse l’ultimatum de 12 h 30 à 14 h.

12 h 50 : Le Luc signait le télégramme suivant : 3308. Amiral « Algérie », Amiral « Georges-Leygues », Amiral « Marseillaise », Ecoutez Amiral « Dunkerque » : « Primo : J’ai reçu le message suivant : Forces anglaises comprenant trois cuirassés, un porte-avions, croiseurs et torpilleurs devant Oran. Ultimatum envoyé : coulez vos bâtiments dans les six heures ou nous vous y contraindrons par la force. – Réponse : bâtiments français répondront à la force par la force. « Secundo : Ordre d’appareiller en tenue de combat et de rallier Oran aux ordres Amiral « Dunkerque ».

En même temps, prescrivant de suspendre la démobilisation commencée de l’aéronautique navale et de l’aviation d’Afrique, Le Luc ordonnait d’en remettre les appareils en état pour le service de la flotte et pour une riposte éventuelle sur Gibraltar. Les télégrammes nécessaires furent dictés au téléphone par le fil direct Amirauté-Marine Marseille, avec ordre à celle-ci de transmettre par câble à Marine Alger qui les diffuserait par radio.

13h 09 : Ayant eu connaissance du 2nd télégramme de Gensoul, Le Luc télégraphiat à celui-ci en clair : Amiral Dunkerque de l’Amirauté française, 3309, « Faites savoir à l’intermédiaire britannique que l’Amiral de la Flotte a donné l’ordre à toutes les forces françaises en Méditerranée de vous rallier immédiatement. Vous aurez donc à donner vos ordres à ces forces. Appelez les sous-marins et avions nécessaires. Commission armistice par ailleurs prévenue. ».

(HMS Hood)

13h 10 : Nouveau message du Hood : si vous acceptez les propositions, hissez au grand mât un pavillon carré, sinon je vais ouvrir le feu à 14 h.

13h 15 : Gensoul répond au Hood : « je n’ai pas l’intention d’appareiller. – J’ai télégraphié à mon gouvernement dont j’attends la réponse. – Ne créez pas irréparable. »

13h 30 : Signé à 13h 09, le message de Le Luc est transmis par câble à Alger.

A 13h30, Gensoul adresse un second message à Nérac pour informer Darlan de la situation. La réponse de l’Amirauté, en plein déménagement, est rédigée par le VA Le Luc, puis envoyée en clair.

13h 30 : comme il ne reçoit pas de réponse du gouvernement, Gensoul envoie au Hood : « suis prêt à recevoir personnellement votre délégué pour discussion honorable. ». Alors que des mines magnétiques obstruent le chenal de la rade, Gensoul ordonne à ses bâtiments de préparer l’appareillage. On se dirige droit vers l’affrontement.

14h 10 : Gensoul ordonne le branle-bas de combat après l’annonce de l’ouverture du feu par les Britanniques pour 15h.

14h 12 : l’envoi de Holland est annoncé par le « Hood ».

14h 15 : 45 minutes avant l’expiration de l’ultimatum, conscient de la détermination de Somerville, Gensoul abat sa dernière carte et accepte de recevoir Holland. Les contre-torpilleurs reçoivent l’ordre d’aller mouiller en ligne de file. Le « Mogador » largue son coffre et fait route vers Sainte-Clotilde, à l’autre extrémité de la rade. Le « Volta » appareille le deuxième, devant Roseville, à la limite des fonds de dix mètres. Cette disposition est destinée à faciliter l’évitage dans la rade du « Dunkerque » et du « Strasbourg », alors amarrés par l’arrière à la grande jetée.

Vers 14h 30 : Le Luc a Darlan au téléphone. Celui-ci approuve l’action de Le Luc. Pour ce qui est de la riposte sur Gibraltar, il préconise d’attendre les ordres.

15 h : Holland se présente à la coupée du « Dunkerque » où il est accueilli par Gensoul.

15h 05 : Gensoul fut prévenu par le message collectif 3308 que toutes les forces disponibles d’Alger et de Toulon étaient mises en route pour le soutenir et que, par conséquent, son télégramme du matin avait bien été reçu. Pour lui, dès l’instant qu’on ne lui signalait pas que les ordres antérieurs étaient annulés, c’est qu’ils valaient toujours. Il n’avait donc qu’à s’y conformer.

Nouveau message du « Hood » adressé à Gensoul : « Si une des propositions britanniques n’est pas acceptée pour 17h 30 BST, il faut que je coule vos bâtiments. ». Gensoul tend le papier à Holland, sans mot dire. On ne peut qu’obéir.

15 h 15 : le commandant Holland est sur le pont du « Dunkerque ». Il supplie Gensoul de rejoindre les Antilles à équipage réduit. Darlan, en effet, en avait accepté le principe dix jours plus tôt. Pourtant, Gensoul a omis d’en reparler dans son télégramme à Darlan. On le lui reprochera plus tard. Il n’en reste pas moins qu’à Mers el-Kébir, on est « au bord de la paix » (Du Gardin. / amiral mers el kebir). Gensoul fait alors remettre les tourelles de tir du « Strasbourg » dans l’axe, comme gage de sa volonté de négocier, puis ordonne aux contre-torpilleurs de reprendre leurs postes initiaux d’amarrage. La prise des nouveaux postes de mouillage des contre-torpilleurs est donc suspendue. Pendant les ultimes pourparlers, l’émissaire britannique reçu à bord du « Dunkerque » ne doit pas avoir l’impression qu’un appareillage général est en cours.

15h 30 : Réunion à Vichy de Pétain, Weygand, Baudouin et Laval, qui restent silencieux après le récit fait par Darlan. Aucune réaction de leur part. Le « Volta » reprend son coffre: Au même moment, Darlan rejoint Vichy. Une vedette dépose Holland à bord du « Dunkerque ». A la recherche d’une porte de sortie acceptable par les deux parties, il lui propose un gentleman’s agreement : le désarmement de la flotte sur place. Pour appuyer son offre, il lui fait lire les messages secrets de Darlan du 24/06. Holland considère l’offre comme la base d’un accord possible mais doit en référer à Somerville.

16h 30 : I’ultimatum expire. Il ne se passe rien. Alors, est-ce la paix ? Tirera ? Tirera pas ?

16h 50 : il ne s’est toujours rien passé. On respire.  » Ils ne tireront pas  » commencent à dire les marins français, en retrouvant leur sourire.

17h18 : Arrivée du message de l’amiral Le Luc qui approuve la réaction de Gensoul et l’avertit de l’arrivée de renforts.

17h 20 : sur ordre du « Hood », les négociations sont brutalement rompues. Le « Mogador », veillant l’onde de 800 mètres, capte le dernier ultimatum britannique fixant à 17h30 l’ouverture du feu.

A 17h27 (ailleurs, on lit : 17h40) : Après avoir prescrit à La Senia de faire décoller les chasseurs, il faut ordonner le branle-bas de combat pour la seconde fois. Les bâtiments reçoivent l’ordre de se tenir prêts à un appareillage d’urgence et à riposter dès le déclenchement du tir anglais.

17h30 précises : anticipant l’ordre d’appareillage, le « Mogador » vire son ancre et manoeuvre pour se présenter dans la passe. Le contre-amiral Lacroix intervient immédiatement et fait revenir le « Mogador » à son mouillage. Pendant cette manoeuvre, les contre-torpilleurs, encore à Saint-André reçoivent l’ordre de gagner leurs postes d’attente devant Roseville, à la limite des fonds de dix mètres.

17h 40 ou 45 : Gensoul donne l’ordre de sortie à respecter : les contre-torpilleurs en ligne de file, suivis de la 1ère DL (« Strasbourg » en tête), de la 2e DL et du « Commandant Teste ». Le premier, le « Volta largue » à 17h40 et met en route pour aller stopper à 150 mètres sur l’arrière du « Mogador ». Le « Lynx » largue vers 17h45.

De 17 h 54 à 18 h 12 (certaines sources placent le début des tirs à 17h 55) : A 17h55, le pavillon « 5 » signalant l’ordre d’ouvrir le feu est hissé à bord du cuirassé H.M.S. « Hood » portant la marque de l’amiral Somerville. Quelques instants plus tard, un formidable rugissement secoue le navire qui tire avec son artillerie principale. C’est la première fois qu’il l’utilise en combat depuis le début de la Seconde Guerre Mondiale, alors qu’il dirige son feu dévastateur sur des alliés d’hier, sur des frères d’armes aux côtés desquels il patrouillait encore récemment dans l’Atlantique du Nord (ledrame – mers el kebir / modules / drame) : l’escadre anglaise ouvre le feu. La première salve de 380 mm britannique tombe à l’extérieur des jetées de Mers el-Kébir. Le « Mogador » met immédiatement en avant 200 tours (soit 24 noeuds) vers la passe. Le « Volta » manoeuvre à l’imitation du « Mogador ». A partir de ce moment, les évènements se précipitent.

17h 55 ou 17h56 (Pierre Varrillon donne 16h 56 soit une heure plus tôt, ce qui est impossible) : Alors que la première salves atteint la jetée, 4 geysers de 100 m de haut, Gensoul donne le signal d’appareillage général et d’ouverture du feu. Aussitôt le signal d’appareillage général qui flotte aux drisses du Dunkerque est halé bas devenant ainsi exécutoire. Mais seul le « Strasbourg », qui a reçu des instructions claires de son commandant, réussit à franchir la rade portuaire en deux minutes filant 15 noeuds, suivi des torpilleurs, plus ceux qui vont venir d’Oran. La « Bretagne » a également mis en avant, mais presque aussitôt elle est atteinte à tribord par un obus de 380, sous la cuirasse, à la hauteur des soutes à gargousses des tourelles IV et V. Les poudres s’enflamment en fusant et disloquent la coque. Quelques minutes après, elle chavire et coule.

17h 57 : Des hydravions Loire 130 du « Dunkerque » et du « Strasbourg » auraient décollé. Où seraient-ils allés ? Mystère !

17h 57 ou 17h 58 : le « Dunkerque » est touché dès la seconde minute alors qu’il commençait à tirer sur le « Hood ». Puis touché à de nombreuses reprises, le navire amiral est mis hors de combat. La « Provence » qui porte la marque de l’amiral Bouxin a mis en avant, tire 22 obus de 340 sur les Britanniques avant d’être touchée à son tour et obligée de s’échouer.

18h 00 : Gensoul informe l’Amirauté : “ Combat engagé avec les forces britanniques ”.

Vers 18h : Le « Tigre » largue au moment précis où les premières salves anglaises tombent sur Mers el-Kébir. Le « Tigre » et le « Lynx « sont encadrés deux fois par des salves anglaises. Ce dernier est même légèrement atteint sur bâbord par des éclats d’obus, crevant le bordé et provoquant la vidange à la mer d’une caisse d’eau de lavage. Le « Mogador » engage au canon un destroyer télémétré à 15 000 mètres sur son avant, devant Canastel. C’est le H.M.S. « Wrestler », placé en surveillance de la sortie du port d’Oran. Dès la première salve, le tir est observé encadrant et le feu des tourelles de chasse continue à toute vitesse. Elles vont tirer au total 16 coups de 138 mm en quelques dizaines de secondes alors que le « Mogador » casse son erre en battant en arrière pour laisser manoeuvrer le remorqueur « Jo Lasry II », en train d’ouvrir la porte du barrage de filets. Le contre-torpilleur est alors encadré par une salve de 380 mm et deux terribles explosions ébranlent tout le bâtiment. Il disparaît dans un immense nuage de fumée noire qui va s’élever à plus de 200 mètres d’altitude. En tête de file des contre-torpilleurs, le « Mogador », atteint par un obus, ralentit la sortie des bâtiments légers qui doivent traverser la rade à 5 nœuds au milieu des gerbes de 380 mm. Ayant franchi les filets de protection de Mers el-Kébir, « Le Terrible » qui a aperçu un destroyer britannique, ouvre le feu. Le « Volta » qui a mis à 40 nœuds, route vers Canastel, engage aussitôt au canon le destroyer télémétré à 13900 mètres sur bâbord, mais le but, qui a répondu par une salve courte, est vite perdu dans la fumée. Après avoir doublé devant Canastel la bouée marquant l’extrémité du barrage de filets d’Oran, le « Volta », suivi par « Le Terrible », vient route au nord pour tenter de tourner l’escadre britannique et l’attaquer à la torpille.

(Mogador touché !)

18h 05 : Le « Strasbourg » après avoir évité, se dirige vers la passe, ses canons tirant vers l’arrière. Il échappe à la première salve et tire sur l’escadre anglaise. Pour être moins visible, le commandant Collinet fait route en longeant les falaises du Cap Canastel. Les Britanniques semblent l’avoir ignoré malgré la vitesse du bâtiment limitée à 28 nœuds.

18h 10 : Les deux contre-torpilleurs « Lynx » et « Tigre » franchissent la passe et engagent aussitôt avec leur artillerie principale, un destroyer anglais télémétré à 18000 mètres par leurs travers bâbord.

18h12, le « Hood » envoie le pavillon « 6 » du cessez-le-feu : 17 minutes ont suffi pour que, par une action unilatérale, le drame soit consommé. (le drame – merselkebir / modules / drame).

18h15 : Gensoul fait suspendre le feu, puis prie Somerville de cesser le feu. Seul en effet le « Strasbourg », au prix d’une belle manœuvre du CV Collinet, a réussi à sortir du guet-apens, escorté de cinq contre-torpilleurs. La nuit tombe sur Mers el-Kébir (Service historique sga defense gouv / 04 histoire / articles / articles rha / mers el kebir). On compte les morts.

A 18h15 : le « Mogador » est rallié par la gabare « La Puissante » qui le remorque devant les Bains-de-la-Reine afin de dégager la passe. Le contre-torpilleur, grâce à d’importants mouvements de fluides a pu être rapidement remis dans ses lignes d’eau normales. Echoué par l’arrière, il mouille par 7 mètres de fond à 2800 mètres dans le 153 du phare de Mers el-Kébir. Devant l’importance des avaries du « Dunkerque », l’amiral Gensoul ordonne au commandant d’échouer le croiseur de bataille et d’en commencer l’évacuation.

A 18h15 environ, le « « Tigre reconnaît du bord opposé, le bâtiment de ligne « Strasbourg », remontant la file des contre-torpilleurs à 30 nds. Le « Tigre » chasse aussitôt un poste de protection sur bâbord arrière du « Strasbourg » et ordonne au « Lynx », alors sur son avant, de réduire à 20 nœuds, de se laisser dépasser, et de prendre ensuite la formation en ligne de file derrière son chef de division.

Vers 18h20 : Le « Volta » engage de nouveau un destroyer à 15600 mètres de portée, plus gros que le précédent, débouchant à grande vitesse de l’extrémité est du rideau de fumée. A la troisième salve il est encadré. Des flammes sont observées sortant de son arrière. Accusant une forte bande, il se réfugie lui aussi dans la fumée. Le « Volta » aura tiré au total 88 coups de 138 mm – la meilleure école à feu de sa carrière, précisera plus tard avec humour son directeur de tir – quand il est rappelé à 18h30 par le « Strasbourg », qui vient de réussir à sortir de Mers el-Kébir, alors que le dispositif « Lynx » et « Tigre » est réalisé devant Canastel, les bâtiments étant alors en route au 35 à 28 nœuds afin de sortir de la baie d’Oran par l’Est. Le « Volta » chasse un poste de protection sur bâbord du bâtiment de ligne, en route au nord-est pour sortir au plus vite de la baie d’Oran.

A 18 h 38 Somerville se lance à la poursuite du « Strasbourg » à 22 nœuds alors que le « Hood » pourrait en donner 30. Le groupe « Strasbourg » est alors pris en chasse par la Force H qui le fait attaquer par des appareils du porte-avions H.M.S. « Ark Royal ».

18h40 : une vigie du « Tigre » croit apercevoir un périscope à 1000 mètres sur bâbord avant. Aussitôt, le contre-torpilleur gouverne sur l’objet et mouille à l’estime quatre grenades de 200 kg et une balise fumigène, puis vient en grand sur tribord pour chasser son poste de protection du « Strasbourg ». Le « Lynx » grenade à l’imitation (une grenade de 100 kg par mortier et trois grenades de 200 kg) et abat sur bâbord. Après une giration complète, il mouille trois nouvelles grenades de 200 kg sur le Phoscar et reprend une route de chasse de son poste sur l’arrière du « Tigre ». Le « Strasbourg » est déjà hors de portée d’une torpille, s’il y a bien là un sous-marin.

Vers 19 h, les remorqueurs « Esterel » et « Cotentin » et les patrouilleurs « Terre-Neuve » et « La Sétoise » remorquent le « Dunkerque » qui s’échoue devant le port de Saint-André, l’avant du navire reposant par huit mètres de fond sur une longueur de trente mètres environ à partir de l’étrave. L’évacuation du « Dunkerque » commence aussitôt avec l’aide des patrouilleurs « Terre-Neuve », « L’Ajaccienne » et « La Sétoise » et du dragueur auxiliaire AD 276 « Grouin du Cou ». Ne restent à bord que quatre cents hommes environ.

Vers 19 h, le groupe « Strasbourg » fait route au 60 afin de s’éloigner de l’escadre anglaise, la 4e D.C.T. étant toujours postée sur bâbord arrière du bâtiment de ligne, soit dans l’Ouest de ce dernier. 19h 05 (Pierre Varillon donne 18h 05) : Collinet apprend par l’hydravion du « Strasbourg » qui a pris l’air dès le début du combat que l’escadre britannique est là, dans l’ouest, faisant route parallèle.

A 19 h 20, 6 avions de l’ « Ark Royal » lancent 24 bombes sur le « Strasbourg », aucune n’atteint son but.

Vers 20h, un groupe de six bombardiers-torpilleurs embarqués anglais survole le « Tigre » et le « Lynx » à 1000 mètres d’altitude. Ces appareils ont manœuvré afin de se placer dans le soleil couchant pour attaquer le « Strasbourg ». Ils sont énergiquement engagés par la défense contre avions des bâtiments légers. L’un d’eux, touché, ne ralliera pas son porte-avions. Plusieurs vagues d’avions-torpilleurs Swordfish se succèdent entre 19h45 et 21h qui sont énergiquement engagés au passage par la D.C.A. des contre-torpilleurs. Les avions ne parviendront pas à mettre un coup au but avant la tombée du jour, qui marque la fin de l’engagement. Le « Volta » prend alors poste en antenne sur tribord avant du « Strasbourg ».

19h 55 : un nouveau message signale que l’escadre britannique est encore là, mais que cette fois le « Hood » est en flèche accompagné de bâtiments légers. Le « Valiant » et la « Resolution » n’ont pas suivi car trop lents.

20 h 20 : Le « Strasbourg », lancé à pleine vitesse voit l’air vicié d’une de ses chaudières poussées à plein régime, entraîner la mort par asphyxie de cinq marins qui seront veillés jusqu’à Toulon.

20h 25 (Pierre Varillon donne 19h 25) : Estimant que le « Strasbourg » est hors de portée, et ses réserves de combustible limitées, l’amiral Somerville décide de retourner vers Gibraltar. Il ne tient pas à se trouver isolé au jour dans cette partie de la Méditerranée où convergent les croiseurs d’Alger et la flotte de Toulon venue à la rescousse. Il envoie 6 avions torpilleurs dont les 6 torpilles manquent le but.

Vers 21h, la nuit est complète et le « Tigre » et le « Lynx » chassent des postes de protection sur tribord du « Strasbourg ». Peu après, le bâtiment de ligne est obligé de réduire sa vitesse à 20 nœuds pendant deux heures. N’ayant pas reçu le signal optique correspondant, le « Lynx » perd définitivement le contact avec la formation.
22h30 : Alors qu’à Mers el-Kébir, le feu à bord du « Mogador » est finalement maîtrisé, encadré par les « Terrible », « Tigre », « Volta », « Kersaint », le « Strasbourg » fait d’abord route sur Alger pour rallier les divisions de croiseurs qui accourent à sa rencontre.

Le soir même, le gouvernement de Vichy communiquera : « Vichy, 3 juillet. — Dans le courant de la matinée du 3 juillet, une importante force navale britannique qui comprenait notamment trois puissants navires de ligne appartenant à la Home Fleet est descendue de la mer du Nord, s’est présentée devant la rade de Mers EI-Kebir, base navale d’Oran, où se trouvaient au mouillage, en exécution de la convention d’armistice, une escadre qui comptait deux de nos plus belles unités, les cuirassés « Dunkerque» et «Strasbourg». L’amiral anglais a adressé au vice-amiral Gensoul, commandant l’escadre française, la sommation d’avoir à se rendre ou à s’aborder ses navires en lui laissant un délai de six heures pour prendre sa décision. Avant même que ce délai fut expiré, des hydravions britanniques fermaient la rade de Mers- EI-Kebir, au moyen de mines magnétiques. L’amiral français ayant refusé d’obtempérer à la sommation de l’amiral britannique, Ma flotte anglaise ouvrit le feu, à 17 h 40, sur les bâtiments français. Le gouvernement français a aussitôt donné l’ordre aux unités qui se trouvaient en rade d’Alexandrie, aux côtés de la flotte britannique d’appareiller et de prendre le large, au besoin ; par la force. De plus, devant cette agression d’autant plus odieuse qu’elle était commise contre l’alliée de la veille, l’amirauté française a immédiatement enjoint à toutes ses unités de guerre, se trouvant en haute mer, d’arraisonner les navires marchands battant pavillon britannique et de répondre par le feu à toute nouvelle agression des bâtiments de guerre anglais. » — (Havas).

– KLAUS MAN – Le TOURNANT : Carnet – « Washington. 3 juillet. Epuisé et parfaitement déprimé après une longue journée passée à m’affairer dans cette ville chauf­fée à blanc. Entretiens approfondis au sujet de Zéro Hour, avec Mac Leish à la Library of Congress, Michael Huxley de l’Ambassade d’Angleterre et avec le ministre plénipoten­tiaire tchécoslovaque, le Major Hurban. Tous trouvent mon projet « quite interesting » mais personne ne veut lui venir en aide. Cela devra donc se faire sans soutien officiel. A la place des dollars, des livres et des couronnes tchèques que je ne puis obtenir, je garde ma chère vieille indépendance. »

1944 – 3 juillet : Parution du premier quotidien de la France libéré : « La presse cherbourgeoise ».

1962 – 3 juillet : Reconnaissance officielle de l’indépendance de l’Algérie. Jean-Marcel Jeanneney est le premier ambassadeur dans le nouvel État algérien. Le GPRA arrive à Alger.

1967 – 3 juillet : « Le Creux Saint-Georges N° 5 va assurer les liaisons entre Toulon et Saint-Mandrier ». Cette vedette est équipée de deux moteurs développant une puissance de quatre-vingts chevaux. Cent vingt passagers pourront, dès demain, prendre place pour rallier Toulon ou Saint-Mandrier, soit neuf kilomètres environ, en quinze minutes. Après la cérémonie, le Champagne a été servi au cours d’une petite promenade dans les eaux de la plus belle rade d’Europe. Les invités ont pu apprécier le confort et la puissance de l’embarcation pilotée par André Davin. Ce bateau remplacera les Saint-Georges N° 2 et 3 (République-Le Provençal du lundi 3 juillet 1967).

1996 – 3 juillet : Interdiction de fabriquer, d’importer ou de mettre en vente des produits contenant de l’amiante.

2024 – 3 juillet : Le camp présidentiel est divisé sur la conduite à tenir au second tour, entre les partisans du « ni RN, ni LFI » et ceux qui prônent un désistement inconditionnel en faveur de la gauche, quand le maintien de candidats arrivés en troisième position risque de faire gagner le RN.

CHRONIQUE CATALANE

80e livraison. LES CORBIERES ET LE FENOUILLEDE : SOURNIA – On peut atteindre Sournia, en pays des Fenouillèdes, par quatre routes. L’une à l’est, vient d’Ille : elle a traversé une garrigue pierreuse au bloc étrange, et longé le plateau deéquerre, grande étendue qu habite seulement le vent et le soleil. La 2nde route, au sud, rejoint Prades par le col de Roca Jalera. La 3e à l’ouest permet d’atteindre Rabouillet, à l’orée de la vaste et belle forêt de Boucheville, puis le département de l’Aude. Le 4e itinéraire, au nord, mène à Caudiès. Dans la vallée de la Boulzane : sur la droite,  Peu avant Sournia, on passera devant un oratoire dédié à saint Cucufat forme française de Cuyat saint catalan, patron d’une abbaye romane située un peu au Nord de Barcelone, Sant-Cugat-del-Vallès, dont le cloître à deux étages est garni de chapiteaux renommés. Sournia possède deux églises pré-romanes dont l’intérêt est considérable, Saint-Michel, à la pointe d’un éperon qui domine la rivière de la Désix, et Sainte- Félicité, au bord de l’eau. Toutes deux datent du Xe siècle, et présentent des caractères archaïques les rattachant à la tradition wisigothique. C’est dire qu’elles nous éclairent sur ce que furent les premiers sanctuaires chrétiens ruraux du Roussillon, issus des temples locaux des temps gallo-romains. Leur chevet est rectangulaire, et l’arc triomphal en communication avec la nef, très étroit. Celui de Sainte- Félicité, encore bien conservé, affecte la forme d’un fer à cheval, figure que connaissait déjà semble-t-il l’architecture wisigothique. Ce chevet est comme un lieu séparé délibérément du reste de l’église ; il est sacré plus encore qu’elle : c’est là le siège des sacrifices. Les formules architecturales postérieures en perdront le sens à mesure que se transformera la religion, spécialement à l’occasion d’apports orientaux et, surtout, d’interprétations théologiques nouvelles particulières à l’Occident. En amont de Sournia, le chemin qui passe à Saint-Michel traverse la Desix et parcourt des étendues désertiques au-delà desquelles se trouve la vallée de la Castellane. Le sommet qui les domine, le Rocher du Roussillon, rappelle qu’autrefois la frontière de France passait là laissant Mos- set en Roussillon, mais se réservant les Fenouillèdes et la vallée de Sournia. Avant de parvenir à la crête, qui constituait la limite des états, on sera passé par Corbous, le pays des corbeaux, et par Arsa et sa chapelle Saint-Laurent, dominées par les ruines d’un château médiéval. (à suivre)

UNE COURTE BLAGUE POUR LA ROUTE !

  • Je voudrais deux sandwiches dont un sans moutarde !
  • Mais certainement, monsieur. Lequel ?

Ce sera tout pour aujourd’hui !

Bon jeudi.

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