ÉPHÉMÉRIDES DU MARDI 17 SEPTEMBRE 2024 – 13e ANNÉE (n° 4549)
ILLUSTRATION : octobre 1967, adieu Oran – bonjour Marseille !

FÊTES
Aujourd’hui 17 septembre, nous fêtons « les conseillers du prince », autrement dit les 23 000 RENAUD dont l’ancêtre éponyme, décédé en 1104, a été chanoine à Soissons avant de terminer sa vie comme ermite dans la forêt de Craon, en Mayenne, puis dans celle de Mélinais près de la Flèche.
Faut-il s’en étonner ? Ce pronom a été très populaire dans les années 80 !
Le calendrier républicain célèbre la VERTU en ce premier jour complémentaire de fructidor (17 septembre 1792). La vertu au sujet de laquelle Voltaire disait : « Le Ciel fit la vertu : l’homme en fit l’apparence ! » (Voltaire, Poème sur la loi naturelle)
TRADITION : Le 17 septembre, à Notre-Dame de la Quête, une chapelle de Grimaud, les mères lavaient les enfants malades dans l’eau d’une source voisine.
Dicton du jour
« Soleil à la saint Renaud, printemps sans eau. ». Ceux qui aiment Renaud, le chanteur évidemment, comprendront ! Sinon que les autres se satisfasse de cet aphorisme : « Etoiles filantes en septembre, tonneaux petits en novembre ».
PENSEE
Les questions ne sont jamais indiscrètes, ce sont parfois les réponses qui le sont (Oscar Wilde).
ÉPHÉMÉRIDES

(2009 Découverte du théâtre antique d’Aix-en-Provence – Cl. H. Ribot)
–1217 – 17 septembre : Quittance par Agnès, femme de Guillaume de Rians, à ses frères Geofroi Reforciat et Burgondion de Marseille, de sa part à l’héritage de leur père Raimond Geofroi, vicomte de Marseille (acte des vicomtes de Marseille n° 398, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : Ind. : Cet acte a été relevé, avec une vingtaine d’autres ci-après, par M. André, archiviste adjoint des Bouches-du-Rhône, de 1860 à 1864. sur un registre qu’il désigne ainsi : Repertorium scripturarum et instrumentorum de Tritis existentium in mala viridi, et qui n’a pu être retrouvé. Ces extraits font partie des collections de M. Joseph de Barbarin, à Marseille).
–1343 – 17 septembre : Garneria (acte notarié). Première mention : Vallon den Garnier, 13 mai 1311 (acte notarié). Devenu Vallon des Innocents, cité le 10 août 1610 (acte cité dans le mémoire de Louis de Villeneuve, au carton Nicolaï, n° 30), puis Vallon du Roy, le 19 mars 1710 (acte cité dans le acte cité dans le mémoire de Louis de Villeneuve, au carton Nicolaï) et, enfin, Vallon des Auffes, 13 avril 1747 (acte de vente cité dans le mémoire de Louis de Villeneuve, au carton Nicolaï) – lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Notre-Dame-de-la-Garde.. Depuis le milieu du dix-huitième siècle, les maîtres auffiers de Marseille ayant choisi cet endroit pour y faire séjourner leurs spars ou auffes et les rendre plus flexibles, ce vallon a reçu le nom qu’il porte aujourd’hui (ibid.).
–1346 – 17 septembre : GUERRE DE CENT ANS – GALERES GENOISES CONTRE VAISSEAUX ANGLAIS – 32 galères génoises de Carlo Grimaldi aidées de plusieurs barges françaises enlèvent à l’abordage 25 vaisseaux de la flotte anglaise participant au blocus de Calais.

–1349 – 17 septembre : ALLAUCH – Le comte d’Avelin, seigneur des Baux, tenait en fief la bastide d’Allauch (bastida Alaudii) située en face du castrum, sous la mouvance du prévôt. Cette bastide passa plus tard entre les mains des seigneurs de Tretz (actes des 24 mai 1278 et 17 septembre 1349, aux archives de la Major) ; il n’en reste aujourd’hui aucun vestigei — Il n’y avait dans le lieu d’Allauch que deux arrière-fiefs, Vallonvert et Montespin. Allauch – Viguerie d’Aix, diocèse de Marseille. Auj. chef-lieu, canton de Marseille (Atlas hist. de Provence). La seule commune comprise dans le territoire de Marseille ; sixième arrondissement cantonal (1872). Le territoire d’Allauch comprenait autrefois celui de Château-Gombert, qui en a été détaché pour être uni à celui de Marseille vers la fin du XVI’ siècle. Il était primitivement compris dans le comté de Marseille (Subjectio Alaudii in comitatu Massiliensi, acte de 1032, aux archives de Saint-Sauveur). Il fut plus tard adjoint à la viguerie d’Aix dont il dépendait pour les cas royaux, les appellations et les dénis de justice. Lors de l’organisation des préfectures, par la loi du 28 prairial an VIII, la commune d’Allauch a été réunie à celle de Marseille, sous une même circonscription cantonale. Au point de vue ecclésiastique, Allauch a toujours été compris dans le diocèse de Marseille. Eglises : St-Sébastien (remaniée au XVIIe s.) ; chapelle Notre-Dame du Château ( XIIe s., très remaniée) ; St Laurent, à la Bourdonnière. Sur un piton calcaire qui domine au nord le bourg actuel, reste de l’ancien village et du château avec une chapelle reconstruite en 1899
–1351 – 17 septembre : Fermpestel (acte notarié). Frépestel, quartier rural, commune de Marseille, quartier de Séon-Saint-André. Première mention : Freg Pestel, 22 mars, 1287. En 1352, on retrouve le nom orthographié ainsi : Frechpestel (charte aux archives de l’Evêché).
–1381 – 17 septembre : GUERRE DE CENT ANS – CHARLES VI ADOPTE L’EMBLEME DU CERF-VOLANT.
–1628 – 17 septembre :
1. ARRET DU PARLEMENT D’AIX IMPOSANT L’ETABLISSEMENT DE BUREAUX DE SANTE DANS LES VILLES DE LA SEYNE, DE GRASSE, D’ANTIBES AINSI QUE LA GARDE AUX PASSAGES DU VAR : le même arrêt rappelle également qu’il est interdit aux prieurs des couvents de Provence de recevoir des religieux en provenance de pays étrangers suspects de contagion. Autre arrêt du 30 mai 1713, étendra ces mesures en établissant des gardes aux ports et à l’entrée des terroirs et des régions limitrophes de la Provence afin d’empêcher l’entrée des personnes et des marchandises suspectes pouvant venir de Hongrie, de Suède, d’Allemagne, du Milanais et du Tyrol, contrées soupçonnées de présenter des cas de peste (Louis Baudoin, 1965, p. 215, d’après Archives du port de Toulon. Toutes ces défenses, toutes ces précautions — et il y en aurait bien d’autres à citer que celles que nous venons d’énumérer — concernaient le plan de lutte préventive contre le fléau, contre, surtout, son introduction, ce qui était fort important, mais il faudra y ajouter les dispositions et mesures d’ordre intérieur et local destinées à combattre l’épidémie une fois déclarée et l’empêcher, si possible, de se répandre).
2. SAMSON NAPOLLON RAMENA EN FRANCE TOUS LES ESCLAVES QUE CONTENAIENT LES BAGNES DE TUNIS ET D’ALGER : Napollon équipa à Marseille deux vaisseaux et fit voile pour Alger où il arriva le 17 septembre 1628. Le 6 août, il avait demandé à la ville de Toulon la somme de 5000 livres pour cet armement « si ne se peult faire mieux; » elle lui avait envoyé 1161 livres qu’elle s’était procurées en mettant un droit sur la vente du blé. La paix fut conclue l’année suivante, et Samson Napollon ramena en France tous les esclaves que contenaient les bagnes de Tunis et d’Alger.
3. MAISONS FORTES ET SIGNAUX DE FEU POUR ANNONCER L’APPROCHE DE VOLEURS DE MER : Mais le vagabondage des mers était trop dans les mœurs des populations barbaresques, pour que la paix pût durer longtemps ; les engagements les plus solennels n’arrêtaient que momentanément les déprédations des forbans qui ne considéraient pas comme un acte de mauvaise foi la violation d’un traité consenti avec les chrétiens, gens pour lesquels ils avaient un profond mépris. Les courses recommencèrent bientôt et la terreur régna de nouveau sur les côtes de Provence.
En 1633,de Séguiran, premier président de la Cour des comptes d’Aix, chargé d’inspecter les côtes, et d’en faire dresser une carte, consigna dans un rapport des faits déplorables : les malheureux habitants du littoral, sans cesse exposes aux attaques des corsaires, étaient obligés de convertir leurs demeures en places fortes , ils entretenaient des gardes à leurs frais, et avaient établi une ligne de signaux de feu pour annoncer l’approche de ces voleurs de mer (Dr Lambert, L’ŒUVRE DE LA RÉDEMPTION DES CAPTIFS A TOULON (Suite), dans Revue de Marseille et de Provence, 10e année, n°8, août 1864, fondée et publiée au profit des Pauvres, Marseille, bureaux rue Paradis, typographie Vve Marius Olive, p. 355 à 368).
–1731 – 17 septembre : CONTRAT DE MARIAGE PASSE ENTRE UN MARIN SIX-FOURNAIS ET SA FEMME – Fol. Fol. 313 v° – Contrat de mariage passé entre un marin et sa femme. Constituant : Jacques Vicard, capitaine de bâtiment marchand, de La Seyne. Procurateur général : Madeleine Decugis, son épouse (Cahier de l’ouest varois n°11, Six-Fours).
–1789 – 17 septembre : TANT BIEN QUE MAL, L’ASSEMBLEE TENTE DE REGLER LES AFFAIRES EN COURS. Ainsi, la rédaction des propositions concernant l’inviolabilité du roi, l’indivisibilité de la couronne et l’hérédité de mâle en mâle a été approuvée par 558 voix contre 438. Au cours de la séance du soir, on s’est occupé des impositions, mais l’examen de la plus importante, la gabelle, a été renvoyé ultérieurement : l’agitation ne favorise pas les décisions rapides (Agenda du Bicentenaire, JEUDI 17 SEPTEMBRE).
–1793 – 17 septembre :
1. VOTE DE LA LOI SUR LES SUSPECTS (Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997). Comme conséquence des décisions du 5 septembre, la Convention réorganisa le Tribunal révolutionnaire, dont il simplifia et accéléra la procédure, et rendit, le 17 septembre, le décret des « suspects »: « … sont réputés gens suspects: ceux qui soit par leur conduite, soit par leurs relations, soit par leurs propos ou par leurs écrits, se sont montrés partisans de la tyrannie . . . les fonctionnaires publics suspendus ou destitués de leurs fonctions par la Convention nationale. . . . . . ceux des ci-devant nobles, ensemble les maris, femmes, pères, mères, fils ou filles, frères ou sœurs, et agents d’émigrés, qui n’ont pas constamment manifesté leur attachement à la révolution (Ph. J.-B. Bûchez et P. G. Roux, Histoire parlementaire de la Révolution française, t. XXIX, Paris, MDCCGXXXVI, p. 109).
Ce décret mettait entre les mains des autorités révolutionnaires une arme puissante contre les ennemis de la révolution (A. Manfred, La Grande révolution française du XVIIIe siècle, Moscou, 1961).
» Le vaisseau de la révolution ne pourra arriver au port que sur une mer de sang » (Barère, discours du 17 septembre 1793). 17 septembre : Loi des suspects (Pierre Goubert, Initiation …, 1984).
2. LEVASSEUR ET BENTABOLE DESTITUENT LES LIEUTENANT-COLONELS VIDAL ET PEILLON, RESPECTIVEMENT COMMANDANT EN CHEF ET COMMANDANT EN SECOND DU 4EME BATAILLON DU VAR – L’offensive de l’armée du Nord reprendra, mais auparavant le ministre de la guerre, d’accord avec les représentants du peuple en mission Levasseur et Bentabole décident d’une « épuration » des cadres de l’armée. Cinq ou six généraux ou adjudants-généraux sont destitués, et amenés à Paris pour y être jugés… Le 17 septembre, Levasseur et Bentabole destituent les lieutenant-colonels Vidal et Peillon, respectivement commandant en chef et commandant en second du 4ème bataillon du Var, « d’après les plaintes portées contre eux par une partie du 4ème bataillon du Var, comme étant deux hommes ineptes et professeurs de principes anti-sociaux »! Mais Vidal et Peillon sont avant tout des soldats politiques. Et ils s’adressent aussitôt au Comité de Salut Public pour protester contre la décision des représentants du peuple en mission. Ils alertent également Escudier, député du Var à la Convention Nationale. Il n’y a vraiment aucune raison pour que Vidal se comporte différemment au Beausset, à Toulon ou aux armées !… Les deux hommes sont en outre soutenus par les patriotes beaussetans, avec lesquels ils sont restés en liaison, et qui sont à la même époque volontaires dans l’armée de la République qui assiège Toulon. Ceux-ci sont regroupés dans la « Société ambulante du Beausset « qui n’est rien d’autre que la « Société patriotique des Amis de la Constitution » qui se qualifie d’ambulante depuis qu’elle est intégrée dans le 2ème bataillon beaussetan (celui de Portai), et suit les cantonnements successifs de l’armée de la République, autour de Toulon (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution Française)
3. CARTEAUX ET SON ETAT MAJOR S’INSTALLENT DANS LE CHATEAU DE MONTAUBAN (Gérard Delattre, manuscrit repris dans « Cahier du patrimoine ouest varois, n°7, Ollioules »).

Après leur succès d’Ollioules, les républicains avancèrent des deux ,côtés de la grande route (aujourd’hui Nationale n° 8), en direction générale de Toulon ; le quartier général demeurant établi à Ollioules où il restera pendant la durée du siège. Quant à l’état-major de leurs troupes, il vint s’installer au château de Montauban qui possédait des vues étendues vers la petite rade occidentale et vers La Seyne. C’est dans ce château construit en 1622 que vint loger, au milieu des représentants et des officiers, accompagné de sa digne et exubérante épouse, le général empanaché et peu capable Jean-François Carteaux (Ce château figure sur la carte au 1/50 000 de la région de Toulon édition 1935 du Service géographique de l’Armée. Il appartenait, avant la Révolution, au capitaine de vaisseau P.-A. de Beaussier de Châteauvert, qui sera fusillé à Lyon en février 1794 ; note de Louis Baudoin).
Le projet de Carteaux était simple : un siège en règle, et enlever Toulon à l’arme blanche. Selon sa dernière proclamation, rien ne résisterait « à l’irrésistible puissance des baïonnettes républicaines » (Georges Blond, Toulon, 1967).
Le nouveau commandant de l’artillerie se rend aussitôt au quartier général, à Ollioules, où il fait la connaissance de ce braillard de Carteaux, ex-peintre en bâtiments, ancien gendarme devenu dragon, et qui un soir d’émeute, a ramassé ses étoiles de général dans la rue. Le capitaine instruit Buonaparte l’aborde et lui annonce qu’il vient d’être désigné pour diriger, sous ses ordres, les opérations de l’artillerie : — C’est bien inutile, lance le général sans-culotte, tout en frisant sa moustache ; nous n’avons plus besoin de rien pour nous emparer de Toulon. Cependant, soyez le bienvenu. Vous partagerez la gloire de brûler la ville demain, sans en avoir pris la fatigue. En attendant, il l’invite à « partager » son dîner. Autour de la table, trente personnes prennent place, mais, seul, le général est « servi en prince ». Le reste des convives meurt de faim ; ce qui, dans ces temps d’égalité — Napoléon le rapportera plus tard — choque étrangement le nouveau venu, et il commence à regretter d’avoir défendu ce grotesque l’autre jour à Beaucaire (André Castelot, Bonaparte). En attendant de lui montrer (à Bonaparte) l’excellence de son dispositif, le général Carteaux, « homme superbe, doré depuis les pieds jusqu’à la tête », avait invité Bonaparte à un joyeux souper auquel participaient les officiers de son état-major ainsi que les Représentants Gasparin, Saliceti et Barras. C’est donc à Ollioules que Bonaparte se présente de nouveau devant Carteaux, qui l’accueille chaleureusement, en lui faisant observer qu’il remplace l’un des officiers les plus éminents de son armée. Quelques jours après la prise d’Ollioules l’état-major et les services prirent leurs quartiers dans le village même, Carteaux et ses collaborateurs directs logent au château de Montauban, et, marque d’estime, Bonaparte y loge aussi. Carteaux et Madame Carteaux surtout n’ont pas été sans remarquer la particulière bienveillance que Saliceti et Gasparin manifestent au capitaine Bonaparte et Madame Carteaux qui suit son mari à la guerre est aux petits soins pour ce « petit Corsois » si bien vu des puissants représentants. À la popote de Montauban, comme dans toutes les popotes de toutes les armées du monde l’on parlait « femmes ». L’on prêtait à certains jolis garçons d’imaginaires conquêtes féminines, Carteaux riait de bon cœur, tandis que Madame Carreaux, Catherine, une jolie parisienne de trente ans, menaçait du doigt, les prétendus bourreaux des cœurs. Au milieu de ces officiers brillants et chamarrés, le petit capitaine Bonaparte avec son maigre visage jaune, et ses longs cheveux plats aurait pu prêter à la moquerie, si l’aura qui émanait de sa personne ne faisait que dès le premier contact, chacun avait tendance à le respecter (Pierre Vieillefosse, 1977, p. 9 et 10).
4. AFFAIRE DE LA BATTERIE DE MONTAUBAN – Le 18 septembre, Carteaux monte avec Buonaparte en cabriolet « pour aller admirer, déclare-t-il, les dispositions offensives ». Sur les hauteurs qui dominent d’assez loin la rade, on s’arrête. L’escadre anglaise occupe la grande et la petite rade, et, ainsi que le précisera Marmont, « complète par son feu ce magnifique et vaste ensemble de défense ». C’est contre une pareille place, bien défendue par une armée, que Carteaux a décidé d’essayer « son incapacité et sa complète, mais confiante ignorance ». Il y a là quelques pièces de canon vaguement protégées par un « remuement de terre ». Le général, appuyé un bras sur la crinière de son cheval, une bête magnifique provenant des écuries du prince de Condé, l’autre bras sur son sabre — « attitude à dessiner » se rappellera Bonaparte plus tard — interroge son aide de camp.
— Dupas, demande-t-il fièrement, sont-ce là nos batteries ?
— Oui, général !
— Et notre parc ?
— Là, à quatre pas.
— Et nos boulets rouges ?
— Dans les bastides voisines où deux compagnies chauffent depuis ce matin.
— Mais comment transporterons-nous ces boulets tout rouges ?
Le général et l’aide de camp ne parviennent pas à résoudre ce délicat problème et finissent par demander à « l’officier d’artillerie si, par ses principes, il ne saurait pas quelque remède à cela ». Buonaparte croit d’abord qu’il s’agit d’une plaisanterie, mais les deux officiers semblent le plus sérieux du monde, aussi, avec tout le ménagement et la gravité possibles, il essaye de leur faire comprendre que, « avant de s’embarrasser de boulets rouges », il faut « essayer à froid pour bien s’assurer de la portée ». Il ne parvient à les convaincre qu’en employant l’expression technique de coup d’épreuve, qui frappe beaucoup les deux ignorants et les oblige à se ranger à son avis. Le « coup d’épreuve » tiré, atteignant à peine le tiers de la distance, prouve que les batteries se trouvent placées infiniment trop loin du but. Carteaux et Dupas accusent bien sûr ces « coquins de Marseillais » et les aristocrates de Toulon qui auront, malicieusement, sans doute, « gâté les poudres ». Ils vocifèrent à qui mieux-mieux… L’arrivée du représentant Gasparin met fin à cette scène burlesque. Buonaparte — s’il faut l’en croire — se redresse, « interpelle le représentant, le somme de lui faire donner la direction absolue de sa besogne ; démontre sans ménagement l’ignorance inouïe de tout ce qui l’entoure, et saisit, dès cet instant, la direction du siège, où des lors, il commanda en maître ».
C’est là quelque peu excessif ! Il paraît tout aussi difficile d’ajouter foi au récit de Barras — alors lui aussi représentant en mission aux armées, qui prétendra avoir découvert le « lieutenant Buonaparte »… et l’avoir nommé capitaine — lorsqu’on sait que, plus d’un an auparavant, Louis XVI avait signé la promotion du nouveau commandant de compagnie… Quoi qu’il en soit, le capitaine se met au travail (André Castelot, Bonaparte).
Le premier épisode qui mit aux prises le général en chef et le commandant de l’artillerie se situe au château de Montauban où Carteaux s’était installé avec ses officiers. Sur la terrasse en rotonde, au pied du terre-plein, il avait fait installer deux pièces de 24, deux de 16 et un mortier, pour brûler, la nuit venue, les vaisseaux de l’escadre ennemie qu’on apercevait à travers les vallonnements du terrain. La limpidité de l’atmosphère donnait l’impression que les vaisseaux étaient très proches mais, en réalité, la batterie qu’il avait baptisée « Laure » était trop éloignée des objectifs marins (Paul Maurin-Carcopino, 1969, p. 43).
A Montauban, Bonaparte démontra à Carteaux, par un bref essai de coups de canon, que la batterie qu’on y avait installée, 2 canons de 24, 2 de 16 et 1 mortier, située trop loin des objectifs marins avancés dans la baie de La Seyne, ne pouvait effectuer des tirs de quelque utilité et gaspillerait certainement ses boulets. Soutenu par le représentant Gasparin, Bonaparte obtint qu’on se porta plus en avant en direction de la Garenne et de La Seyne ; à l’occasion de la discussion, il reçut un appui inattendu et indirect de la part de la propre épouse du général Carteaux qui ne pouvait s’empêcher d’éprouver une secrète sympathie pour le jeune officier à l’esprit si vif et impérieux (Louis Baudoin, 1965, p. 344).
Dès l’arrivée de Bonaparte à Ollioules, vraisemblablement le 17 septembre, se produisit que ce j’appellerai improprement l’affaire de la batterie de Montauban. Carteaux veut immédiatement montrer à son nouveau commandant de l’artillerie l’emplacement d’une batterie de deux pièces de 24 avec laquelle il va brûler incontinent l’escadre anglaise (Nota : L’artillerie avait une grande puissance de feu. Ses pièces étaient du modèle Gribeauval, du nom d’un inspecteur général de l’artillerie qui avait apporté des modifications technologiques qui en firent un modèle pour toutes les nations. Elles comprenaient, en outre, des canons de bronze à l’intérieur lisse qui tiraient des boulets de 4, 8, 12, 16 et 24 livres. La rapidité de tir était de deux coups à la minute. Les mortiers calibrés en 6, 8 et 12 pouces (le pouce vaut 0 m 027) lançaient des bombes creuses se brisant en éclats. La portée maximum était d’environ 1000 mètres pour les boulets et de 800 mètres pour la mitraille. Chaque batterie comprenait 4 ou 6 pièces à 6 hommes par pièce, soit 24 ou 36 hommes par batterie. Mais au début du siège, les républicains ne possédaient que 6 pièces lourdes et 42 légères, dites de campagne, le tout servi par 350 artilleurs équipés également du fusil à silex, modèle 1777, dont la portée était de 120 à 200 mètres et qui fournissait quatre coups à la minute. Le calibre des canons était désigné par le poids de leur boulet plein en livres anciennes de 489,5 grammes. Un canon de 24 tirait un boulet massif de 24 livres ; un canon de 36 tirait un boulet massif de 36 livres. Une pièce de 24 pesait quatre tonnes. Le diamètre de son boulet était de 148 mm. Il fallait douze à quinze homme pour la servir).
Mais ici, laissons la parole à Paul Maurin-Carcopino (1969, p. 44) écrivant d’après ce qu’écrivit Marmont : « Après le dîner, Carteaux et les Représentants, échauffés par les fumées du vin et plein de jactance, se rendirent en pompe à une batterie dont on attendait de brillants résultats. Bonaparte, en homme de métier, sut à quoi s’en tenir en arrivant mais, quelles que fussent ses idées sur la stupidité du général, il lui aurait été impossible de deviner jusqu’à quel point elle pouvait aller. Cette batterie était située à dix-huit cents toises de la mer et le gril pour rougir les boulets avait probablement été pris dans quelque cuisine. Bonaparte annonça que les boulets n’iraient pas à la mer et démontra que dans aucun cas il n’y avait le moindre rapport entre le but et les moyens. Quatre coups de canon suffirent pour faire comprendre combien étaient ridicules les préparatifs faits. On rentra l’oreille basse à Ollioules et l’on crut avec raison, que le mieux était de retenir le capitaine Bonaparte et de s’en rapporter désormais à lui ». Par bonheur, deux techniciens, Gasparin, homme de caractère, dont Bonaparte dira plus tard « C’est Gasparin, qui a ouvert ma carrière », et Barras, l’ex-vicomte, anciens officiers du roi, s’étant déjà rendu compte de la nullité et de la stupidité de Carteaux, réussirent à neutraliser sa puissance redoutable. Quant à l’intelligence des vues exposées par Bonaparte, « le seul capitaine d’artillerie qui soit en état de concevoir les opérations », elle est immédiatement reconnue et appréciée par les conventionnels qui vont ainsi permettre au juvénile génie de Bonaparte de s’imposer pour la première fois à ses chefs, en cet épisode initial du siège de Toulon.
Cet épisode a été raconté par plusieurs témoins, Napoléon, Barras, Marmont qui l’ont enjolivé. Ecoutons ce qu’écrivit Pierre Vieillefosse reprenant Marmont : « Carteaux avait invité Bonaparte à un joyeux souper avec les représentants Gasparin, Saliceti, Barras, et les officiers de son état-major qui se rendirent en pompe à une batterie. Cette batterie était située à 800 toises de la mer et le gril à rougir les boulets avait probablement été pris dans une cuisine. Bonaparte annonça que les boulets n’iraient pas jusqu’à la mer, et que dans aucun cas, il n’y avait le moindre rapport entre le but et les moyens. Quatre coups de canons suffirent pour faire comprendre combien étaient ridicules les préparatifs faits, et l’on rentra à Ollioules l’oreille basse ». Certains auteurs ont placé cette batterie sur la terrasse du château de Montauban, Marmont n’a jamais dit cela, il a précisé à 800 toises de la mer, alors que le château en est à 1450 toises. Bien que Marmont soit à l’époque un tout jeune homme, il sortait de l’école d’artillerie et il n’aurait jamais écrit une chose aussi extraordinaire. Pourquoi mettre en batterie à Montauban, alors que l’ennemi est derrière la Rivière-Neuve et que le terrain est libre jusqu’à la mer ? Que Carteaux ait prescrit à ses artilleurs de ne pas trop s’approcher de la Rivière-Neuve de crainte d’une surprise, c’est le rôle d’un général, mais ce sont les artilleurs qui ont choisi l’emplacement de batterie, et jamais ils n’auraient disposé leurs pièces à une distance telle qu’il n’y aurait eu aucune chance d’atteindre les vaisseaux. Le capitaine Perrier qui aurait dû remplacer Dommartin, était à Marseille aux prises avec l’Administration, pour essayer de tirer de la place tout ce qui pourrait lui être nécessaire. Et aussi empêcher que n’importe qui prenne dans les dépôts réservés à l’artillerie. Bien que ses adjoints soient des gens valables, c’est sans doute la distance terre – vaisseaux qu’ils ont sous-estimée. Ces « Nordiques » (le nord commence à Valence !) ont été victimes du ciel de Provence. Et aussi connaissaient-ils mal les dimensions des navires, ce qui leur aurait permis de calculer la distance avec précision. S’il y avait une faute technique, elle n’incombait pas à Carteaux, et s’il y avait un chapeau à porter, il ne faut pas coiffer le général. C’est plutôt de sa déconvenue que quelques-uns de ses jeunes officiers firent des gorges chaudes. Carteaux considère tous les jeunots qui l’entourent (par ex. : Marmont avait dix-neuf ans) comme de petits garçons qu’il aime bien d’ailleurs, mais qu’il giberne et brocarde en vieux soldat qu’il est ; dès l’âge de neuf ans, il a porté l’uniforme d’enfant de troupe. Et ce jour-là, dominateur, superbe, promettant de brûler l’escadre anglaise, puis après quatre coups de canon, ramené à la réalité, voici la revanche qui ravissait les blancs-becs. En réalité il n’y avait pas de quoi fouetter un chat. Il n’y a pas un artilleur au monde, qui tirant à vue, n’ait pas quelquefois mal apprécié la distance, surtout à la mer ou en montagne. Ce petit incident dut complaire à Bonaparte, en ce sens qu’il démontra que l’on avait besoin de lui, et sans doute l’exagéra-t-il un peu ? Presque tous les auteurs se copiant encore une fois les uns les autres ont cité cet épisode pour blâmer Carteaux comme si le général avait donné la preuve de son impéritie. A la suite de cette déconvenue Carteaux sut en tout cas ce qu’il convenait de faire, puisque dès le lendemain il laisse Bonaparte porter la batterie au bord même de la mer, à 800 mètres des vaisseaux. Le 18, Carteaux, qui s’est emparé du château de Dardennes, chasse l’ennemi du vallon des Favières et coupe à la ville la prise d’eau de la rivière du Las (Pierre Vieillefosse, 1977, p. 12-14).
4. « MARCHONS TOUS EN MASSE ET DANS UN MOIS CETTE HORDE DE SCELERATS NE SOUILLERA PLUS LA TERRE DE LA LIBERTE, LA PAIX RENAITRA ET LA PATRIE SERA LIBRE » – République française, Une et indivisible, Les représentants du peuple près l’armée d’Italie, aux officiers municipaux de la commune de Sanary (Ce nom est manuscrit, preuve que cette circulaire a été expédiée dans plusieurs communes). La patrie en danger réclame, citoyens, tous les défenseurs enrôlés dans les différons bataillons de la République. Nous savons qu’il en est dans votre commune qui n’ont point rejoint leurs corps et nous vous requérons sous votre responsabilité individuelle de les faire partir sur le champ; le moindre retard dans l’exécution de cette disposition à laquelle est attachée le salut de la liberté en faisant disparoître votre caractère de citoyen et de magistrat du peuple, ne vous présenteroit plus que comme son ennemi, que comme complice de toutes les trahisons dont il est environné. Il n’est plus qu’un cri pour les républicains, aux armes, guerre aux tyrans, guerre aux conspirateurs, guerre aux fédéralistes et aux ennemis de l’égalité. Marchons tous en masse et dans un mois cette horde de scélérats ne souillera plus la terre de la liberté, la paix renaîtra et la patrie sera libre. Paul BARRAS, RICORD, FRERON, ROBESPIERRE jeune. Nice, ce 17 septembre 1798, l’an second de la République française (Imprimé, petit in-f°, s. l. n. n. n. d., aux Archives de Sanary, D4). Cette circulaire imprimée avait été lancée pour donner plus de poids aux ordres du général Carteaux et pour prévenir les défections. Celui-ci venait en effet de dresser ses premières réquisitions (Roger Vallentin du Chaylard, Sanary et le siège de Toulon).
–1863 – 17 septembre : DECES D’ALFRED DE VIGNY.

–1865 – 17 septembre : TRENTE-TROIS MORTS DU CHOLERA A LA SEYNE S’AJOUTENT AUX PRECEDENTS DECES. Une ambulance est rapidement établie par la municipalité dans la chapelle des Pénitents Blancs, donc dans la partie haute de la ville plus saine. Trois médecins y sont affectés en permanence, et les religieuses de la Présentation et les Trinitaires de l’hôpital ont le rôle d’infirmières. D’autres ambulances de soins d’urgence seront établies à l’hospice civil et aux chantiers navals avec trois autres médecins. Pour assurer le ravitaillement, les fours, les moulins, et les commerces indispensables sont réquisitionnés. Les trois pharmacies fonctionnent en permanence de jour comme de nuit, distribuant gratuitement les médicaments demandés. Des vivres et des secours seront distribués et des accords passés avec les municipalités des autres villes pour assurer le ravitaillement des réfugiés. Pour effectuer les inhumations, la municipalité demandera et obtiendra de l’autorité maritime de Toulon des escouades de dix forçats surveillées par deux gardes-chiourme qui creuseront des tranchées dans le cimetière de La Seyne. D’autres iront dans les rues de maison en maison pour ramasser les cadavres avec tous les véhicules disponibles, les corbillards habituels ne suffisant pas. A cause du manque de cercueils, bien qu’on en fasse faire par la troupe basée à Toulon, les cadavres seront disposés dans les tranchées et recouverts de chaux vive.
–1871 – 17 septembre : INAUGURATION DU TUNNEL DU FREJUS QUI RELIE LA FRANCE A L’ITALIE.
1867 – 17 septembre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, 1er adjoint de Marius MICHEL, maire de Sanary – mardi 17 septembre – Saint Lambert – Ce matin, fort vent d’Est – vers midi, l’orage se forme à l’ouest et, à deux heures, il est sur nos têtes. Il a duré environ une heure. Il est tombé quelques grêles et un peu de pluie qui a humecté la terre à environ 2 travers de doigt en profondeur ; ce n’est pas beaucoup mais c’est le commencement. Le ciel est toujours plein de nuages et il ne serait pas étonnant qu’un nouvel orage se forme à nouveau. On a enterré ce matin le père Simon Bonafous qui est mort sur la route comme nous l’avons dit hier. – Nous avons eu aussi, hier, la mort de Mme Arnaud, née Granet, malade depuis 2 ou 3 ans. Elle est décédée à la campagne Jaune appartenant à sa sœur, Mme Guigou où elle était depuis quelques temps.

1869 – 17 septembre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, 1er adjoint de Marius MICHEL, maire de Sanary – Vendredi, St Corneille. Beau temps – température toujours chaude. Thermomètre à 22 – 23 degrés – Baromètre au-dessus de beau temps. Hier soir, à 8 heures, un grand malheur est arrivé dans Sant-Nazaire. Une femme a accompli un mauvais dessein mûri il paraît depuis quelque temps. Elle s’est laissé choir dans un puits appartenant à Baptistin Fournier et sis dans sa maison. – Cette femme habituée dans cette maison, avait choisi ce puits. – C’est la femme de Gaëtan Castagnetto – Elle laisse donc son mari et deux enfants. Nous lui avons porté secours, mais tout a été inutile. Elle était asphyxiée depuis deux heures.
–1877 – 17 septembre : MARSEILLE – En 1877, Joseph BONNAUD, le cadet des frères, prend la raison sociale « BONNAUD A. et Cie » et installe un magasin au n°15 rue de la République. Le 17 septembre, il achète à son père Alphonse la fabrique de Pont-de-Vivaux pour la somme de 4255 f. Grâce à cet achat, il intente un procès à sa belle-sœur et obtient d’être le seul détenteur de la marque fondée en 1824. La veuve d’Hippolyte se voit interdire l’emploi de « Maison BONNAUD fondée en 1824 » et doit apposer sur ses pipes la marque « Vve BONNAUD ».
–1879 – 17 septembre : DECES DE L’ARCHITECTE EUGENE VIOLLET-LEDUC qui fut tout à la fois architecte et écrivain, qui sut tout à la fois mettre à la portée du grand public l’ « Histoire de l’habitation humaine depuis les temps préhistoriques jusqu’à nos jours » (éd. P. Mardaga Bruxelles-Lièges 1978, rééd. d’après J. Hetzel et Cie, 372p.) que rédiger son monumental « Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle » dont je possède le tome premier « Architecture » et le tome deuxième, Architecture et mobilier (Bibliothèque de l’Image, 2002, T. I, 720 p., T. II, 720 p.), ainsi qu’une autre version du deuxième tome : « de Arts (libéraux) à Chapiteau » (Editions de Sancey, 1978, 544 p.).
–1894 – 17 septembre : GUERRE ENTRE LE JAPON ET LA CHINE – Le 17 septembre 1894, dans l’embouchure de Yalou, si les canons à tir rapide Elswick de 120 mm en batterie accablent l’escadre chinoise dont trois bâtiments sont coulés, en revanche, le canon de 320 mm Canet se révèle inefficace à cause de sa faible cadence de tir. Le Matsushima est touché dans la batterie centrale, causant de nombreux morts, la tourelle de 320 mm est faussée et menace de défoncer la coque à chaque coup de roulis. Le bâtiment parvient à se mettre à l’abri et cesse le combat (Serge Razzanti, Cahier du patrimoine ouest varois n°14, 2012).
–1918 – 17 septembre : DISCOURS DE GEORGES CLEMENCEAU PRONONCÉ AU SÉNAT : « MESSIEURS, Après les présidents des deux assemblées, le Gouvernement réclame à son tour l’honneur d’exprimer dans la mesure où les mots peuvent le faire, l’immense gratitude des peuples dignes de ce nom envers les merveilleux soldats de l’Entente, par qui les peuples de la terre vont enfin se trouver libres des angoisses de la suprême tourmente des lames de fond de la barbarie ! Pendant un demi-siècle, pas un jour 11e s’est écoulé sans que la France pacifique, en quête de réalisations toujours plus hautes, eut à subir quelque indigne blessure d’un ennemi qui ne pardonnait pas à notre défaite passagère d’avoir sauvé du naufrage la conscience du droit, les revendications imprescriptibles de Indépendance dans la liberté. Vaincus, mais survivants d’une vie inaccessible a la puissance des armes, la terreur du germain dans le faste bruyant de ses fausses victoires était, du redressement historique qui nous était dû* Pas un joui* sans une menace de guerre î Pas un jour sans quelque savante brutalité de tyrannie ! Le gantelet de fer ! La poudre sèche ! L’épée aiguisée ! furent le thème de la paix germanique. Sous la perpétuelle menace des catastrophes qui devaient établir parmi tes hommes l’implacable hégémonie, nous avons vécu des heures affreusement lentes parmi les pires outrages et les avances plus humiliantes encore d’une basse hypocrisie nous proposant l’acceptation du joug volontaire qui, seul, devait nous soustraire au cataclysme universel. Nous avons tout subi dans l’attente silencieuse du jour inévitable qui nous était du. Et le moment vint où, faute d’avoir pu nous réduire par la terreur, le prétendu maître du monde, croyant l’heure venue des suprêmes défaillances, prit la résolution d’en finir avec la tranquille fierté des peuples qui osaient refuser de servir. Ce fut l’énorme méprise du dominateur trop prompt à conclure de l’avilissement traditionnel de son troupeau à l’impuissance des révoltes de noblesse chez les peuples qui avaient jusque-là sauvé leur dru il à la vie indépendante. Et sans cause avouable, sans l’apparence d’un prétexte, sans s’arrêter même aux invraisemblances des mensonges, l’agresseur traditionnel des antiques ruées se jeta sur notre territoire pour reprendre 4e cours des grandes déprédations. Nos soldats partirent pour le sacrifice total que demandait le salut du foyer. Ce qu’ils furent, ce qu’ils sont, ce qu’ils ont fait, l’histoire le dira. Nous le savions, nous, par avance, mais c’est depuis hier seulement que l’Allemagne effarée commence à comprendre quels hommes se sont dressés devant elle (vifs appl.). Imbécilement elle avait cru que la victoire amnistierait tout : nos campagnes dévastées, nos villes, nos villages effondrés par la mine, par l’incendie, par les pillages méthodiques, les sévices raffinés, toutes les violences du passé revivant pour les hideuses joies de la brute avinée. Hommes, femmes, enfants emmenés en esclavage, voilà ce que le monde a vu voilà ce qu’il n’oubliera pas (vifs appl. répétés). Eh bien non ! Il n’y aurait pas eu le victoire pour amnistier tant de crimes ! et puis, la Victoire annoncée n’est pas venue et le plus terrible compte de Peuple à Peuple s’est ouvert. Il sera payé ! (vifs applaudissements). Car après quatre ans d’une gloire ingrate, voici qu’un renversement de foi tune inattendu – non pour nous – amène le grand recul des armées du Kaiser devant les peuples de conscience affranchie. Oui, le jour annoncé depuis plus d’un siècle par notre Hymne National est vraiment arrivé les Fils sont en train d’achever l’œuvre immense commencée par les Pères. La France n’est plus seule à justifier les armes, suivant la parole de notre grand penseur. C’est tous les peuples frères dans une communion du droit humain comme il ne s’en vit jamais qui vont achever la suprême victoire de la plus haute humanité. Qui donc pourrait rêver d’avoir vécu, même dans le sang et les larmes, une plus belle histoire de l’homme pour une plus belle destinée ? Civils et Soldats, Gouvernements et Assemblées de l’Entente, tous furent au devoir! Us y resteront jusqu’au devoir accompli. Tous dignes de la victoire parce qu’ils sauront l’honorer. Et cependant, dans celte enceinte où siègent les anciens de la République, nous nous manquerions à nous-mêmes si nous pouvions oublier que l’hommage suprême de la plus pure gloire va à nos combattants, à ces magnifiques poilus, qui verront confirmer par l’histoire des lettres de noblesse qu’ils se sont eux-mêmes données. Héros au stoïcisme souriant qui, à celle heure même, ne nous demandent rien que le droit d’achever l’œuvre grandiose qui les sacre pour l’immortalité ! Que veulent-ils ? Que voulons-nous nous- mêmes? Combattre, combattre victorieusement encore et toujours jusqu’à l’heure où l’ennemi comprendra qu’il n’y a plus de transaction possible entre le Crime et le Droit. Nous serions indignes du grand destin qui nous est échu, si nous pouvions sacrifier quelque peuple, petit ou grand, aux appétits, aux rages de domination implacable qui se cachent encore sous les derniers mensonges de la barbarie. J’entends dire que la paix ne peut être amenée par une décision militaire. Ce n’est pas ce que disait l’Allemand quand il a déchaîné dans la paix de l’Europe les horreurs de la guerre; ce n’est pas ce qu’il annonçait hier encore quand ses orateurs, ses chefs, se partageaient les peuples comme bétail enchaîné, annonçant chez nous et réalisant en Russie les démembrements qui devaient faire l’impuissance du monde sous la loi du fer ! La décision l’Allemagne l’a voulue et nous a condamnés à la poursuivre. Nos morts ont donné leur sang en témoignage de l’acceptation du plus grand défi aux lois de l’homme civilisé. Qu’il en soit donc comme l’Allemagne a voulu, comme l’Allemagne a fait. Nous ne cherchons que la paix et nous voulons la faire juste, solide, pour que ceux à venir soient sauvés des abominations du passé. Allez donc, enfants de la Patrie, allez achever de libérer les peuples des dernières fureurs de la force immonde! Allez à la victoire sans tache: toute la France, toute l’humanité pensante est avec vous ! »
Édité et offert par le “PETIT NIÇOIS”.
–1926 – 17 septembre : ACHEVEMENT DU PORTE-AVIONS « BEARN » – À partir 17 septembre, le charbon de bourrage est embarqué sur le porte-avions Béarn en achèvement aux FCM, La Seyne (Moulin Jean, Morareau Lucien, Picard Claude, 2001).
–1940 – 17 septembre :
– Les Alpes françaises ravagées par des inondations – Des routes sont coupées, des usines et des fermes subissent de graves dommages. Clermont-Ferrand, 17 septembre. Dans l’après-midi d’hier, annonce « Le Petit Parisien », une véritable trombe d’eau s’est abattue sur toute la région des Alpes, où la pluie sévissait depuis plusieurs jours. La gravité de la situation qui en est résultée a encore été accrue par le fait qu’un vent du sud soufflant en bourrasque, fit fondre la neige abondante qui était précédemment tombée. En de nombreux endroits, on a déploré des inondations, des dégâts aux routes et aux usines.
Clusey sous 1 mètre d’eau. En Haute-Savoie, près de Donneville, l’Arve, subitement gonflée et recevant les eaux torrentielles du Gifre et du Borne, charriait d’énormes quantités de bois, plusieurs milliers de mètres cubes, troncs d’arbres arrachés à la montagne et piles de planches emportées des scieries riveraines. La plaine a été inondée près de Clusey. Dans cette localité, l’eau atteint 1 mètre au quartier Saint-Vincent.
Des usines électriques ravagées. A Faverges, c’est la Glières qui a inondé 20 hectares de cultures et la route d’Annecy à Albertville. La Dranse, près de Thonon, a débordé et causé de gros dégâts aux usines électriques de Chevenoz et de Broige. Pour la seule Haute-Savoie, il y a plusieurs millions de dégâts (La Dépêche, mercredi 18 septembre 1940).
– INSTAURATION DU RATIONNEMENT POUR LES PRODUITS ALIMENTAIRES (Jean-Charles Volkmann, 2003). Le Petit Journal du 9 juillet 1940 annonce l’entrée en application de la carte d’alimentation qui sera effective le 17 septembre. Chaque âge a ainsi sa carte d’alimentation dont on détache un ticket à chaque distribution. Mais le rationnement est inégal selon les régions. Les enfants manquent de lait frais et la plupart des médicaments sont introuvables. Les cas de tuberculose augmentent de 30 %, la mortalité s’accroît de plus de 50% dans les Bouches-du-Rhône (d’après J.-M. d’Hoop, 1987, p. 525-526)
–1943 – 17 septembre : CREATION A ALGER D’UNE ASSEMBLEE CONSULTATIVE PROVISOIRE (Jean-Charles Volkmann, 2003), tandis des MUR et de l’AS, se constitue le pôle le plus important de la Résistance locale. Implanté dans tout le département, il sert de base à des services tels que le NAP ou le Service maquis, mis sur pied par le transporteur hyérois Louis Picoche. Ce service regroupe des réfractaires cachés dans les chantiers forestiers dans un important maquis AS à l’automne 1943. Ce maquis appelé Vallier d’après le pseudonyme de son chef circule jusqu’à l’été 1944 dans le Haut-Var, autour du Plan de Canjuers (Jean-Marie Guillon, « La Résistantce dans le Var », article de la rubrique Toulon et son agglomération – histoire, publication : mardi 8 juin 2004).
–1949 – 17 septembre : LES F.C.M. LANCENT LE PAQUEBOT « VILLE DE MARSEILLE » – Il faut attendre 62 années pour voir sur les cales seynoises un navire battant pavillon de la plus grande compagnie de navigation française. C’est le 17 septembre 1949, avec le lancement du Ville de Marseille (construction n° 1294), commandé lui par l’Etat et remis à la »Transat » (Serge Razzanti, Cahier du patrimoine ouest varois n°14, 2012).
–1979 – 17 septembre : LE PREMIER RESTAURANT MCDONALD’S OUVRE SES PORTES A STRASBOURG. Le choix de l’une des deux capitales européenne est, à mon sens, très symptomatique !
–1986 – 17 septembre : Attentat de la rue de Rennes, à Paris – une bombe explose devant le magasin Tati et le siège du magazine Le Point, rue de Rennes à Paris. L’engin éclata à 17 h 20 dans une poubelle municipale fixée au sol sur le trottoir, à trois mètres des vitrines, et fit sept morts et cinquante-cinq blessés… L’attentat fut d’abord attribué par le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua et son ministre délégué à la sécurité Robert Pandraud aux Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), une organisation communiste à laquelle Georges Ibrahim Abdallah avait appartenu. Robert Pandraud reconnaitra ultérieurement : « Je me suis dit qu’au fond mettre en avant la piste Abdallah ne ferait pas de mal, même si ça ne faisait pas de bien. En réalité, nous n’avions alors aucune piste. » L’ensemble de la presse française reprit cette thèse, contribuant à alourdir la condamnation de Georges Ibrahim Abdallah (réclusion à perpétuité). Le juge antiterroriste Alain Marsaud soulignera dans ses Mémoires : « Il est désormais évident qu’Abdallah fut en partie condamné pour ce qu’il n’avait pas fait4. » (Pierre Carles & Pierre Rimbert, sur Le Monde diplomatique, 1er août 2020)
–1989 – 17 septembre : L’OURAGAN HUGO FAIT 23 MORTS EN GUADELOUPE.
–2013 – 17 septembre : « MISTRAL, CHUTE DE TEMPERATURE (CINQ DEGRES DE MOINS PAR RAPPORT A LA VEILLE, sur la terrasse à 8 h ».
–2017 – 17 septembre : Jules Meurey, photographe à Six-Fours de 1933 à 1956, est un des témoins de la libération de notre région ; Claude Majastre, de l’association Patrimoine de Six-Fours et de ses environs, évoquait sa biographie ainsi que l’Histoire de la Libération en se basant sur trois périodes : avant le débarquement, la libération des villages et les lendemains d’après-guerre avec la reconstruction et les premiers bilans humains et matériels. Cette conférence lançait l’année des conférences de VLC, sous la responsabilité de Michel Lochot (P.B., Var-Matin).
EN DIRECT DE NOS ARCHIVES :
SANARY -sur-Mer– NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES. 355e livraison :

1867 – 17 septembre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, 1er adjoint de Marius MICHEL, maire de Sanary – mardi 17 septembre – Saint Lambert – Ce matin, fort vent d’Est – vers midi, l’orage se forme à l’ouest et, à deux heures, il est sur nos têtes. Il a duré environ une heure. Il est tombé quelques grêles et un peu de pluie qui a humecté la terre à environ 2 travers de doigt en profondeur ; ce n’est pas beaucoup mais c’est le commencement. Le ciel est toujours plein de nuages et il ne serait pas étonnant qu’un nouvel orage se forme à nouveau. On a enterré ce matin le père Simon Bonafous qui est mort sur la route comme nous l’avons dit hier. – Nous avons eu aussi, hier, la mort de Mme Arnaud, née Granet, malade depuis 2 ou 3 ans. Elle est décédée à la campagne Jaune appartenant à sa sœur, Mme Guigou où elle était depuis quelques temps.
1869 – 17 septembre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, 1er adjoint de Marius MICHEL, maire de Sanary – Vendredi, St Corneille. Beau temps – température toujours chaude. Thermomètre à 22 – 23 degrés – Baromètre au-dessus de beau temps. Hier soir, à 8 heures, un grand malheur est arrivé dans Saint-Nazaire. Une femme a accompli un mauvais dessein mûri il paraît depuis quelque temps. Elle s’est laissé choir dans un puits appartenant à Baptistin Fournier et sis dans sa maison. – Cette femme habituée dans cette maison, avait choisi ce puits. – C’est la femme de Gaëtan Castagnetto – Elle laisse donc son mari et deux enfants. Nous lui avons porté secours, mais tout a été inutile. Elle était asphyxiée depuis deux heures.
(à suivre)
LE TERROIR MARSEILLAIS – 555e livraison :

La sculpture : selon Raoul Busquet citant les découvertes de Ph. Mabilly, Pierre Puget naquit à Marseille vers la mi-octobre 1620 probablement à la rue du Petit Puits ; il fut baptisé le 16 du même mois dans l’église de la major. La famille de son père, comme celle de sa mère, était d’origine marseillaise. Simon Puget, son père, et Antoine Cauvin, son grand-père maternel, étaient maîtres maçons, mais aucun document n’autorise à voir en eux plus et mieux que d’humbles artisans dont la besogne était toute matérielle. Il n’en est pas ainsi d’un oncle du grand homme, César Cauvin, qualifié de maître sculpteur dans un acte notarié du 19 novembre 1641.
Pierre Puget étant étudié ici du point de vue exclusivement provençal, on passera sous silence des faits importants telles les œuvres remarquables mais sans rapport direct avec le pays d’origine du grand artiste dont la première éducation artistique s’est faite à Marseille à l’âge de 14 ans lorsqu’il est mis en apprentissage par son tuteur chez Jean roman. Ce maître menuisier s’occupait aussi de sculptures sur bois et venait précisément d’être chargé du décor sculptural de plusieurs galères. Doué d’une puissance d’assimilation extraordinaire Puget devient en quelques mois un ouvrier habile.
De retour à Marseille en 1643, après avoir suivi l’initiation à la peinture auprès de Pierre de Cortone, il n’y reste qu’un an ou 2, puis il entre à l’arsenal de Toulon puis il fait un séjour de 3 ans à Rome. Nous le retrouvons à Marseille de 1652 à 1655, année au cours desquelles il peint deux grandes toiles pour la confrérie du Saint-sacrement de la major, destinées à être placées à droite et à gauche des fonts baptismaux. Ce sont « le baptême de Constantin » et « le baptême de Clovis », actuellement dans la galerie de peinture du musée Longchamp (en 1935). A vrai dire ses œuvres sont médiocres de composition et de dessin ; on y sent le travail, une certaine recherche de la reconstitution historique mais sans succès d’ailleurs.
On doit à une nouvelle commande de la même confrérie le Salvator Mundi visible aussi au palais de Longchamp. Il se révèle alors un artiste par sa manière très personnelle. Pendant les 3 ans qu’il passa à Marseille, notre artiste dut certainement exécuter d’autres travaux que le manque de documents ne permet pas de désigner. A défaut de données historiques, signalons que Puget aurait peint son annonciation à cette époque.
Il faut le reconnaître, en dépit de quelques tableaux remarquables, Puget, s’il est un dessinateur quelquefois heureux, un coloriste souvent parfait, n’est pas un grand peintre.
Son œuvre sculpturale peut plaire plus ou moins dans son ensemble mais personne n’en conteste la valeur artistique ; on reconnaît à son auteur un talent supérieur, sinon du génie ; nous parlerons ici uniquement des chefs-d’œuvre exécutés à Marseille, en laissant de côté ceux de Toulon, de Paris et de gênes.
En 1690 il se retire dans sa ville natale où il possède une maison rue de Rome et une villa sur la colline Fongate.
La retraite de Puget durant les 4 dernières années de sa vie est d’une activité féconde. Après avoir fini son bas-relief de Diogène, il sculpte le buste du Christ, le Faune, le médaillon du Roi lequel est exposé au musée de Marseille. Les pièces les plus importantes sont deux bas-reliefs :
L’un, qu’on admire au palais Longchamp, figure Louis XIV à cheval ; l’autre est Saint Charles Borromée priant pour la cessation de la peste, plus connu sous le nom simplifié de Peste de Milan. Il se trouvait à l’entrée du port dans un salon de l’intendance sanitaire.
Puget mourut le 12 décembre 1694.
Les Marseillais du 17e siècle dans leur admiration pour Puget, paraissent avoir été surtout frappés de son talent d’architecte.
Nous ne développerons pas plus avant notre chapitre portant sur cet artiste extraordinaire dont tout marseillais doit connaître sur le bout des doigts la biographie. Laissons donc au lecteur les développements liée à l’affaire de la place royale que nous sommes obligés d’évoquer rapidement tant ils prendraient de place, mais rappelons simplement que le roi avait trahi l’artiste en laissant Mansard corriger son œuvre tandis que ses concitoyens lui faisaient l’injure de le mettre en concurrence avec Jacques Clérion, un sculpteur plus jeune et sans mérite.
LA SEYNE-SUR-MER – 255e livraison :Textes divers écrits sur La Seyne.

–1865 – 17 septembre : TRENTE-TROIS MORTS DU CHOLERA A LA SEYNE S’AJOUTENT AUX PRECEDENTS DECES. Une ambulance est rapidement établie par la municipalité dans la chapelle des Pénitents Blancs, donc dans la partie haute de la ville plus saine. Trois médecins y sont affectés en permanence, et les religieuses de la Présentation et les Trinitaires de l’hôpital ont le rôle d’infirmières. D’autres ambulances de soins d’urgence seront établies à l’hospice civil et aux chantiers navals avec trois autres médecins. Pour assurer le ravitaillement, les fours, les moulins, et les commerces indispensables sont réquisitionnés. Les trois pharmacies fonctionnent en permanence de jour comme de nuit, distribuant gratuitement les médicaments demandés. Des vivres et des secours seront distribués et des accords passés avec les municipalités des autres villes pour assurer le ravitaillement des réfugiés. Pour effectuer les inhumations, la municipalité demandera et obtiendra de l’autorité maritime de Toulon des escouades de dix forçats surveillées par deux garde-chiourmes qui creuseront des tranchées dans le cimetière de La Seyne. D’autres iront dans les rues de maison en maison pour ramasser les cadavres avec tous les véhicules disponibles, les corbillards habituels ne suffisant pas. A cause du manque de cercueils, bien qu’on en fasse faire par la troupe basée à Toulon, les cadavres seront disposés dans les tranchées et recouverts de chaux vive.
(à suivre)
OLLIOULES (19e livraison) :

–1793 – 17 septembre : CARTEAUX ET SON ETAT MAJOR S’INSTALLENT DANS LE CHATEAU DE MONTAUBAN (Gérard Delattre, manuscrit repris dans « Cahier du patrimoine ouest varois, n°7, Ollioules »).
Après leur succès d’Ollioules, les républicains avancèrent des deux ,côtés de la grande route (aujourd’hui Nationale n° 8), en direction générale de Toulon ; le quartier général demeurant établi à Ollioules où il restera pendant la durée du siège. Quant à l’état-major de leurs troupes, il vint s’installer au château de Montauban qui possédait des vues étendues vers la petite rade occidentale et vers La Seyne. C’est dans ce château construit en 1622 que vint loger, au milieu des représentants et des officiers, accompagné de sa digne et exubérante épouse, le général empanaché et peu capable Jean-François Carteaux (Ce château figure sur la carte au 1/50 000 de la région de Toulon édition 1935 du Service géographique de l’Armée. Il appartenait, avant la Révolution, au capitaine de vaisseau P.-A. de Beaussier de Châteauvert, qui sera fusillé à Lyon en février 1794 ; note de Louis Baudoin).
Le projet de Carteaux était simple : un siège en règle, et enlever Toulon à l’arme blanche. Selon sa dernière proclamation, rien ne résisterait « à l’irrésistible puissance des baïonnettes républicaines » (Georges Blond, Toulon, 1967).
Le nouveau commandant de l’artillerie se rend aussitôt au quartier général, à Ollioules, où il fait la connaissance de ce braillard de Carteaux, ex-peintre en bâtiments, ancien gendarme devenu dragon, et qui un soir d’émeute, a ramassé ses étoiles de général dans la rue. Le capitaine instruit Buonaparte l’aborde et lui annonce qu’il vient d’être désigné pour diriger, sous ses ordres, les opérations de l’artillerie : — C’est bien inutile, lance le général sans-culotte, tout en frisant sa moustache ; nous n’avons plus besoin de rien pour nous emparer de Toulon. Cependant, soyez le bienvenu. Vous partagerez la gloire de brûler la ville demain, sans en avoir pris la fatigue. En attendant, il l’invite à « partager » son dîner. Autour de la table, trente personnes prennent place, mais, seul, le général est « servi en prince ». Le reste des convives meurt de faim ; ce qui, dans ces temps d’égalité — Napoléon le rapportera plus tard — choque étrangement le nouveau venu, et il commence à regretter d’avoir défendu ce grotesque l’autre jour à Beaucaire (André Castelot, Bonaparte). En attendant de lui montrer (à Bonaparte) l’excellence de son dispositif, le général Carteaux, « homme superbe, doré depuis les pieds jusqu’à la tête », avait invité Bonaparte à un joyeux souper auquel participaient les officiers de son état-major ainsi que les Représentants Gasparin, Saliceti et Barras. C’est donc à Ollioules que Bonaparte se présente de nouveau devant Carteaux, qui l’accueille chaleureusement, en lui faisant observer qu’il remplace l’un des officiers les plus éminents de son armée. Quelques jours après la prise d’Ollioules l’état-major et les services prirent leurs quartiers dans le village même, Carteaux et ses collaborateurs directs logent au château de Montauban, et, marque d’estime, Bonaparte y loge aussi. Carteaux et Madame Carteaux surtout n’ont pas été sans remarquer la particulière bienveillance que Saliceti et Gasparin manifestent au capitaine Bonaparte et Madame Carteaux qui suit son mari à la guerre est aux petits soins pour ce « petit Corsois » si bien vu des puissants représentants. À la popote de Montauban, comme dans toutes les popotes de toutes les armées du monde l’on parlait « femmes ». L’on prêtait à certains jolis garçons d’imaginaires conquêtes féminines, Carteaux riait de bon cœur, tandis que Madame Carreaux, Catherine, une jolie parisienne de trente ans, menaçait du doigt, les prétendus bourreaux des cœurs. Au milieu de ces officiers brillants et chamarrés, le petit capitaine Bonaparte avec son maigre visage jaune, et ses longs cheveux plats aurait pu prêter à la moquerie, si l’aura qui émanait de sa personne ne faisait que dès le premier contact, chacun avait tendance à le respecter (Pierre Vieillefosse, 1977, p. 9 et 10). Pour le développement de cette affaire, lire « Henri RIBOT – Les volontaires de l’An II – L’Aurore de la République » – Toulon 1793, 2021).
TOULON ANCIEN ET SES RUES (L. Mongin, Toulon ancien et ses rues, tome 2, 1902) –

73e livraison. Agrandissement de 1589
Avant l’agrandissement de 1589, la population de Toulon avait pris un tel développement qu’elle ne trouvait plus à se loger dans l’intérieur de la cité. Aussi une grande partie des habitants s’étaient-ils répandus autour des remparts où ils avaient fondé divers borcs (Faubourgs).
Ces faubourgs, loin de ressembler par leur aspect et leur importance à ceux qui existent de nos jours, ne comprenaient que des groupes de maisons disséminées, entourées de vergers ou de terres complantées de vignes et d’oliviers. Ils étaient au nombre de huit :
Le borc de Sant-Michaël, était ainsi appelé d’une chapelle dédiée à Saint-Michel et située sur la place Hubac actuelle. Lors de la démolition de cette chapelle, en 1590, le faubourg prit le nom de Saint-Jean ; une petite église édifiée sous ce vocable, sur la place dite aujourd’hui L. Blanc, avait présidé à ce changement d’appellation. Le faubourg de Saint-Michel ou de Saint-Jean, qui était le plus considérable de tous, s’étendait depuis la mer jusqu’au portail du même nom ; il appartenait en grande partie au chapitre de la Cathédrale.
Le borc de Sant-Lazer, était compris entre les rues Garibaldi et Saint-Bernard actuelles. Il devait sa dénomination à la léproserie de Saint-Lazare qui se trouvait à l’embranchement des routes de Saint-Jean-du-Var et de l’abattoir. Concédé, en 1646, aux P. P. de la Merci qui s’occupaient de la rédemption des captifs, cet établissement hospitalier fut démoli, lors du siège de 1707, pour les besoins delà défense.
Le borc de Santa-Catharina allait de la rue Saint- Bernard à la rue Roche. Il avait emprunté son nom à la chapelle Sainte-Catherine érigée depuis des temps immémoriaux sur le sommet du monticule ainsi appelé encore aujourd’hui. C’est à l’extrémité Ouest de ce bourg que prenait naissance le chemin conduisant à la chapelle. Ce faubourg était également désigné sous le nom de Morance, d’une vieille et illustre famille qui y possédait une grande propriété. Jean Gonzalvo de Morance, capitaine général des mers de Sicile et de Provence, chambellan et conseiller du roi, seigneur de la majeure partie de Solliès, avait fait, à la fin du XIVe siècle, de grandes avances pour l’armement, l’équipement et l’entretien des galères pour le service de son souverain pendant les dernières guerres, et Louis II, dans la pénurie de ses finances, n’avait pu ni rembourser les avances, ni payer les gages de ce vrai, constant et fidèle serviteur, dont le zèle était prouvé par tout ce qu’il avait fait dans les circonstances les plus épineuses, au péril de ses jours et en y sacrifiant toute sa fortune. Cet éloge de Gonzalve de Morance se trouve textuellement dans les lettres patentes datées de Villeneuve-les-Avignon, le octobre 1399, par Louis II, comte de Provence, contresignées par Georgos de Malte, son sénéchal. Le roi René accorda par lettres patentes du 4 janvier 1459, à la même famille, la franchise des tailles et impositions pour ce qu’elle possédait dans la commune de Toulon (L. Germain, Histoire de la Valette).
Le borc de la Lauza (Carrière do pierres) ou de la Roca blava (Roche bleue) s’étendait de la rue Roche à celle des Trois Dauphins. La nature de son terrain lui avait valu cette appellation. Le chapitre de la Cathédrale y était propriétaire d’un immense jardin, la Canonegua (de Canongne, chanoine), et d’un moulin dit de la Lauze.
Le borc de Dona Borgna, était situé entre les rues des Trois Dauphins et Racine. Il était ainsi appelé parce qu’une dame Forniera, surnommée la borgna (Borgne), y avait un verger. Le sobriquet de dona borgna, après s’être transformé en dona borgua, se francisa en Donnebourg.
Le borc d’Amont ou d’Oliolas ou de Bonafé, comprenait la place Puget, la rue du Pradel et la rue Nationale. Ce bourg ne se composait que de quelques jardins et d’un petit nombre de maisons.
Le borc dels Prédicados couvrait tout le terrain occupé de nos jours par une partie de l’Arsenal, la place d’Armes, la rue du Canon et toutes les rues qui montent vers la rue Nationale. Il devait son nom au couvent des F. F. Prêcheurs qui s’élevait primitivement sur l’emplacement actuel de l’église Saint-Louis.
Le borc del Portalet ou de la Savonnière avait emprunté ces appellations soit à la porte du Portalet, soit aux fabriques de savon établies dans ce quartier depuis 1430. Il comprenait la place Saint-Pierre et toutes les rues qui y aboutissent.
(à suivre)

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE
- Bonjour, je m’appelle Merlin !
- Enchanté !

Voilà, j’en ai terminé pour aujourd’hui.
Affectueuses pensées pour Isabelle, Raphaël, Webber et Olivier.

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