ÉPHÉMÉRIDES DU 30 AOÛT

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ÉPHÉMÉRIDES DU VENDREDI 30 AOÛT 2024- 13e ANNÉE (n° 4534)

ILLUSTRATION : Ollioules (Var), le château de Montauban (cl. H. Ribot).

FÊTES

Mercredi 30 août, saint Fiacre ! dont 60 personnes portent encore le nom en France, avec un âge moyen de 71 ans. Fichtre, je me disais aussi que je n’avais à ce jour rencontré âme qui vive de ce nom et représentant 1/1000 de la population alors que chacun connaît « Maigret et l’affaire Saint-Fiacre ».

Rappelons que saint Fiacre fut le patron des jardiniers, horticulteurs et fleuristes d’Arles et de beaucoup d’autres communes provençales. Mais saint Roch, saint Eloi et sainte Madeleine l’ont depuis longtemps détrôné, excepté, toutefois, à La Ciotat qui lui demeura fidèle jusqu’à la dernière guerre.

Nous fêtons également les Sacha dont le prénom vient du grec Alexandros.

Toujours à la pointe de la poésie, Fabre d’Eglantine a attribué ce jour, le 13e de fructidor An II au calendrier républicain, à l’épine vinette qui a pratiquement disparu de nos champs pour se réfugier dans la montagne.

LE DICTON DU JOUR

« A la Saint-Fiacre, soleil ardent, pour huit jours encore du beau temps. »

LE MOT DU JOUR

« On peut se demander quel sera le groupe zoologique qui survivra éventuellement, si les êtres humains sont assez stupides ou imprévoyants pour se détruire eux-mêmes. » (Théodore Monod, « Dictionnaire humaniste et pacifiste », Arthaud poche, 2017).

MORALE

« Il n’est pire eau que l’eau qui dort. »

ÉPHÉMÉRIDES

1224 – 30 août : fin de la cinquième croisade – Le 30 août 1224 marque la fin de la cinquième croisade (1217-1221/1224). Les croisés, arrêtés par une crue du Nil se replient sur la Palestine. Après une curieuse expédition d’adolescents qui ont péri tragiquement, le pape Honorius III avait mobilisé des Autrichiens, des Allemands, des Hongrois, des Brabançons contre l’Egypte. Le 5 novembre 1219, Damiette était prise. J. Boudet (« Chronologie de l’histoire de l’Europe ») donne 1221 comme fin de cette croisade, mais il cite le repli de la Palestine comme terme de celle-ci, en 1224.

1257 – 30 août: CHARLES 1er D’ANJOU, COMTE DE PROVENCE, REçOIT LA VILLE HAUTE DE MARSEILLE – Le 30 août 1257, l’évêque Benoît d’Alignan et Charles 1er d’Anjou, comte de Provence, échangent la ville épiscopale de Marseille contre divers fiefs ruraux. Jusqu’à cet accord, la ville était divisée en deux parties ; la ville supérieure ou épiscopale, la moins importante et la moins peuplée, la ville inférieure ou vicomtale bâtie entre la ville épiscopale et le port. La ville haute comprenait La Major et ses environs jusqu’à l’église actuelle de Saint-Laurent ; ainsi qu’une forteresse appelée château Babon, du nom de l’évêque qui l’avait bâtie (Dubois, Gaffarel, Samat, p. 33, de Gérin-Ricard, acte 549 des vicomtes de Marseille)

Détail de l’acte : Echange de la ville épiscopale de Marseille contre divers fiefs ruraux, entre l’évêque Benoît d’Alignan et Charles 1er d’Anjou, comte de Provence. Parmi les témoin: Rostan d’Agoult, chanoine de Marseille; Isnard d’Entrevennes, seigneur de Toulon; Barral des Baux.] Approbation par l’archevêque d’Arles de cet échange, le 2 septembre 1257 (de Gérin-Ricard : acte 550).

[Albanès, Gallia Christ. Nov., Marseille, 1899, p. 152, n° 283 :] Saint-Rémy, 30 août 1257 : Echange entre Benoît d’Alignan, évêque de Marseille, et Charles d’Anjou, comte de Provence, de la seigneurie de la ville haute de Marseille contre le fief de divers châteaux. … Item et tria castra vallis que dicitur de Signa, scilicet castrum de Signa Blancha et castrum de Signa dels Barrairens, et castrum Vetus, cum eorum pertinentiis, que confrontantur ab una parte cum territorio se tenemento castri de Maraneguetis et ab alia cum tenemento seu territorio castri de Cuja et ab alia cum tenemento seu territorio castri de Bauceto, et ab alia cum tenemento seu territorio castri de Meuna, et ab alia cum tenemento seu territorio de Malsagis… item et omnia et singula jura que dictos dns comes et dna comitissa habebant et habere poterant vel visi erant habere et habuisse se quasi in castri de Sancto Canato, de Nercio, de Podio Suri, de Mereneguetis, de Meuna, de Auroneves, et in castro de Bauceto et omnibus aliis locis que dictus episcopus ante tenebat. …

1289 – 30 août: Campus Olivarii – lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Séon (charte aux archives municipales).

1424 – 30 août : transaction par laquelle la terre de Bormes appartiendrait à Rossolin de Fos, et celles de la Môle et de Collobrières à Pierre de Boniface – In nomine domini nostri Jesu Christi amen, anno incarnationis doomini millesimo quadrigentisimo …, Pierre Boniface, fils de Jean Boniface, se substitue à Jacques de Fos pour les castra de Collobrières et de la Môle dont il hérite… En présence de dominus Bertrand de Grasse, nobilis Pierre Boniface, maître Michel Draconis, notaire, Bertrand Embreduni, notaire public de Collobrières, domino Petro Mole, vicaire de l’église de Saint Paul, domino Michel Thibaudi, archiprêtre, Maître Raymond, notaire de Bormes, Jean Albergati de Collobrières.

1431 – 30 août : lieux de MARSEILLE.

1. Balma dels Emerics – lieu-dit, quartier de Montredon charte aux archives municipales).

2. Collet de Reclusis  – lieu-dit, quartier de Montredon (acte aux archives de la Major).

3. Cros de Marasson – lieu-dit, quartier de Montredon (acte aux archives municipales).

4. Balma del Lamp (ibid.). Lou Lun – colline, quartier de Mazargues. Plus anciennement : Balma del Lam, mentionnée le 2 octobre 1328 dans un acte notarié.

5. La Mal Causada (ibid.). Malcaussade lieu-dit, quartier de Montredon (1872). Première mention : La Malcausadas, 15 octobre 1329 (acte notarié).

6. Lo Grant Montredon (ibid.). Montredon – colline au bord de la mer, qui a pris son nom de la forme naturelle qu’elle présente (1872) comme l’indique sa première mention datant du XIe siècle : Podium rotundum (cartulaire de Saint Victor, n° 42)

6. Puteus de Sormils (charte aux archives municipales). Sormiou – calanque sur le littoral au midi de Marseille. La traduction du toponyme donne : « puits de Sormiou ». Mention de la Colla de Sormi le 10 août 1348 (charte aux archives municip.).

7. Vallis Giraudi (ibid.). Val de Giraud – lieu-dit, quartier de Montredon, mentionné dans un acte d’atterminage daté de 1614.

8. Vallis-Arenosalieu-dit non situé, quartier de Montredon (acte aux archives municipales).

9. Vallis-Croza – lieu-dit non situé, quartier de Montredon (ibid.).

10. Vergier dels Enfans – lieu-dit non situé, entre Montredon et Sormiou (ibid.).

10. Viridarium Pavorum – lieu-dit non situé, quartier de Montredon (ibid.). Du lat. viridiarium « lieu planté d’arbres fruitiers », ici du pavot. A donné verger.

1483 – 30 août: mort du roi de France Louis XI – Le 30 août 1483, meurt le roi de France Louis XI. La sœur aînée du jeune roi Charles VIII, Anne, exerce la tutelle avec son mari Pierre de Beaujeu, sans avoir le titre de régente (Lobrichon G. – Journal de la France et des Français, p. 421). Anne, dite « Madame la Grande », et son mari Pierre de Beaujeu vont assurer la régence avec brio jusqu’en 1491, non sans avoir fait pendre au gibet de Montfaucon le conseiller de l’ancien roi, Olivier Le Daim. Ils font face surtout à la « Guerre folle » et, par le traité du Verger, préparent l’annexion de la Bretagne au royaume (Herodote).

1520 –30 août : terre gaste dite la Pallun appelé vulgairement le Crotton (aujourd’hui à La Seyne ) – A la date du 30 août 1520, nous relevons dans le manuscrit de Jean Denans, que l’abbaye de Saint-Victor de Marseille, seigneur majeur de Six-Fours, vend aux Six-fournais organisés en université, et représentés par Louis Porquier et Michel Audibert, la terre gaste dite la Pallun appelé vulgairement le Crotton. Cette terre confronte à l’est le rivage de la mer, au sud les terres des héritiers d’Anthoine et Laurent Ruffes, à l’ouest, les terres cultivées de Renerand, seigneur évêque de Toulon, au nord la fontaine appelée du Tamaris. Et cela, pour l’usage, le pâturage et la subsistance des animaux des habitants de Six-Fours. Sont exceptés à perpétuité de cette transaction, sans que l’on sache pourquoi les animaux des héritiers de feu Mathieu et André Beaussier que l’abbé ne veut pas comprendre dans cet achat. C’est une terre, franche de toute sujétion, charge, servitude ou cense. L’unique servitude qui la concerne est l’interdiction faite aux habitants de Six-Fours de l’échanger, de l’hypothéquer ou de l’aliéner, excepté néanmoins à des religieux. Le seigneur abbé conserve néanmoins les droits seigneuriaux ainsi que le droit de retirer la terre en cas de vente, en remboursant l’acquéreur. L’université six-fournaise versera à l’abbaye une cense annuelle de quatre sous, payable à chaque fête de la Nativité (Noël), et, pour l’achat, une douzaine de cailles (Jean Denans, 1713).

1567 – 30 août : Acaptes de Descalis (acte aux archives de l’Evêché). Jas Descalis – bastide, commune de Marseille, quartier de Valbarelle (1872). Première mention : Terre de Jean Descalis, 2 octobre 1486 (acte aux archives de l’Evêché).

1682 – 30 août : RISQUE DE disette d’eau A La Seyne – Lorsqu’à l’été 1682, la « disette d’eau » menace l’économie même de La Seyne, séparée de Six-Fours depuis 25 ans, son conseil communautaire délibère, le 30 août 1682, de faire la recherche de quelques sources pour en porter les eaux jusqu’à l’église. Le quartier de Berthe possédant une source abondante, pouvoir est donné aux Consuls de « faire conduire ladite source du quartier de Berte (sic !) dans l’enclos de ce lieu, avec le plus grand ménage que faire se pourra de l’avis des gens entendant la conduite des eaux, et qui la soutiendront dans son élévation le mieux qui se pourra, pour être jetée à une ou plusieurs fontaines aux lieux les plus convenables que lesdits Consuls jugeront. ». Il va falloir emprunter, et pour cela obtenir l’autorisation de l’Intendant de la Province : « à la charge que tant la conduite que les bassins des fontaines seront donnés à prix fait, et d’autant que la Communauté n’a pas de fonds en main pour la dépense qu’il conviendra faire audit ouvrage ; lesdits Consuls faisant donner requête à Monseigneur de Morant, Intendant de Justice en cette Province, aux fins qu’il soit son bon plaisir de permettre à la Communauté d’emprunter de qui trouvera, jusques à la concurrence de ce que se montera la dépense de la conduite desdites fontaines, et que pourront payer et acquitter au moyen des impositions et épargnes que à la suite pourront être faites. ». A noter qu’un des membres qui signe cette délibération « Beaussier syndic » précise qu’il ne consent que si la somme totale ne dépasse pas 2000 livres. Ce « syndic » représente en fait les forains, personnes qui sont propriétaires de terrains ou maisons à La Seyne, mais habitent ailleurs, en général à Six-Fours et à Toulon. Ces gens se sentent donc beaucoup moins concernés par les problèmes purement seynois, et ils sont souvent en conflit avec le reste du Conseil (Mireille Bailet, Histoire et Patrimoine seynois, Cahiers avril 2004).

1688 – 30 août : SEPARATION D’OLLIOULES ET DE SANARY – Le 10 juillet le Roi a prononcé l’arrêt de séparation qui sera exécuté le 30 août par ordonnance du gouverneur Le Bret. C’est l’origine de l’élection des consuls le jour de la Saint-Louis. Le Conseil Général fut élu. Les premiers élus furent Bernabé Infernet, bourgeois, premier consul, Sébastien Bernard, mar­chand, deuxième consul. On choisit aussi 5 conseil­lers, un trésorier, un greffier. Une des conditions de la séparation fut l’obligation de payer pour les deux tiers les travaux de creusement du port lui permettant de recevoir treize galères (lettre du sr Bernard de Marseille aux syndics de Saint-Nazaire, datée du 16 juillet 1688).

1748 – 30 août: LUTTE CONTRE LA PESTE – En dépit des ordres qui imposent de faire transiter les navires par l’un des lazaret existant, en l’occurrence Toulon ou Marseille, le navire la Cérès, chargé de blé, ayant pour capitaine François Ollivier, reçoit le 30 août 1748, l’ordre d’aborder à La Ciotat ou au Brusc « où je vous indiquerai le port de débarquement ; si vous réussissez, vous viendrez à Toulon pour y faire quarantaine ». Comme on le voit cela est décidé en dépit des risques encourus que l’expérience passée du « Grand Saint-Antoine » a pourtant montré avec toutes les conséquences que nous avons exposées précédemment (Archives de la CCI de Marseille, Fonds annexes L.IX 1071).

1789 – 30 août:

1. Le parti patriote rejette tout veto royal et, avec Sieyès, refuse de morceler la souveraineté de l’Assem­blée nationale. Il demande que le roi commence par signer le décret du 11 août et la Déclaration des droits. La rupture paraît irrémédiable entre les monarchiens, qui mènent désormais un combat d’arrière-garde, et les patriotes, qui sont à présent majo­ritaires grâce à l’appui des tribunes (Agenda du Bicentenaire, DIMANCHE 30 AOÛT).

2. le régiment des gardes françaises est fondu dans d’autreS unités d’infanterie – Le régiment des gardes françaises, qui a coopéré à la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, est dissous à la date du 30 août de la même année ; les soldats de ce corps, versés d’abord dans la Garde nationale soldée à Paris et formée en août, serviront, après le licenciement de cette formation, en septembre 1791, à former les 102e, 103e, 104e régiments d’Infanterie, les 13e, 14e bataillons d’Infanterie légère et les 29e, 30e, 31e divisions de Gendarmerie (Louis Baudoin, 1965, p. 334.

-179130 août : Les divers corps de la Maison du Roi seront licenciés progressivement – Le régiment dit du Roi, compromis gravement dans l’insurrection militaire de Nancy, le 30 août 1791, est supprimé. I1 en va de même pour régiment de cavalerie Mestre-de-Camp. Les divers corps de la Maison du Roi seront licenciés progressivement, sauf les gardes suisses dont une grande partie a été massacrée lors de la prise des Tuileries, à Paris, le 10 août 1792 (Louis Baudoin, 1965, p. 334 : Un troisième régiment, celui de Châteauvieux (Suisse), avait aussi pris part à cette émeute ).

179330 août:

1. la Terreur est à l’ordre du jour – Le 30 août 1793, à Paris, au club des Jacobins, l’abbé Claude Royer demande « qu’on place la Terreur à l’ordre du jour ». La motion est adoptée par le club !  (Yann Fauchois, Journal de la France et des Français, Gallimard, 2001, p. 1188).

2. face a l’arrivée de CARTEAUX, Toulon regroupe ses troupes dispersées – A Toulon, le Comité général des sections ordonne à la municipalité de La Seyne de faire appareiller en rade tous les bâtiments qui se trouvent dans son port (Louis Baudoin, 1965, p. 346, se référant à Louis Honoré, L’Emigration dans le Var, 1923).).

Cet ordre, qui tend à réunir sous la coupe des révoltés toulonnais l’ensemble des navires susceptibles de concourir au siège qui s’annonce, est pris sous la pression que l’armée du général Carteaux installée au Beausset fait peser sur le port de guerre en sédition. Et d’abord, les Allobroges commandés par Doppet, venant de La Ciotat, encore appelés « Habits verts », parce qu’ils portent une courte veste verte et un casque à crinière de cheval. Le quartier général de Carteaux est établi au « château », demeure de Jacques Segond de Séderon, celui qui voulait être maire du Beausset en 1791, et dont le fils Charles se bat à Toulon du côté royaliste. Le général Carteaux s’y installe avec sa femme, qui le suit aux armées !… Nombre d’officiers et de soldats sont logés chez l’habitant, tel le jeune capitaine d’artillerie Napoléon Bonaparte et son frère Joseph qui logent chez le docteur Jean Baptiste Dalmas, au n°24 de l’actuelle rue Pasteur, à l’époque rue du « puits de la ville ». La vieille Madame Dalmas qui est la maîtresse de maison, apprécie davantage la compagnie de Joseph Bonaparte « homme du monde, qui plaisait aux maîtres de maison et à leur société ». Quant à Napoléon Bonaparte, madame Dalmas l’appelle « le sournois », car il a l’air vindicatif et renfrogné. Elle changera d’avis en octobre 1793. A ce moment-là en effet, alors que l’armée est désormais à Ollioules, Napoléon Bonaparte, repassant par Le Beausset, voudra rendre visite à madame Dalmas. On lui apprendra qu’elle n’est pas chez elle, parce que le comité révolutionnaire de surveillance du Beausset l’a fait mettre en prison, car « elle est dévote »… Bonaparte se rendra aussitôt à la prison, et bien « qu’elle regrette toujours les prêtres qui n’ont pas voulu prêter le serment », il la fera libérer, et la raccompagnera lui-même chez elle. Depuis ce jour-là, elle ne l’appellera plus que « mon libérateur »… (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française…).

Note de HR : la chronologie de l’arrivée de Carteaux au Beausset, telle que la donne le Dr Delaforge, présente un décalage de 24 à 48 heures avec celles que j’ai déjà relevées. J’ai le sentiment que tout se joue sur le départ de Marseille des troupes de la Convention (28 ou 29 août). Partant le 28, elles peuvent arriver à la rigueur le 28 au soir ou le 29 au matin. Mais partant le 29, elles ne peuvent être au Beausset le 28.

1793 – 30 août (13 fructidor an III) : la Convention adopte le second décret des deux tiers – La Convention adopte le second décret des deux tiers : si, lors de l’élection de la nouvelle assemblée issue de la constitution étaient réélus, ceux qui le seraient choisiraient eux-mêmes, parmi les Conventionnels les députés manquant pour atteindre ce quota des deux tiers (Yann Fauchois, 2001).

1799 – 30 août:

FRANCE- en qualité de commandant de SANARY, le capitaine d’artillerie Bousquet est remplacé, le 13 Fructidor an 7 (30 août 1799), par le citoyen Delboeuf, capitaine au dépôt de la 78e Demi-Brigade (Rotger B., 1984)

EXPÉDITION D’ÉGYPTE – Vendredi 28 [30 août 1799] du Mois de Rabî’ al-awwal 1214 [3 août – 1er septembre 1799](extrait du « Journal d’un notable du Caire », ‘Abd-al-Rahman al-Jabartî, traduction et notes de Joseph Cuoq).

Les membres du Dîwân intercèdent pour les habitants de Jaffa, également maintenus à la Citadelle. Accord est convenu avec eux pour leur libération contre 100 kîs. Les chefs du Dîwân et les tujjâr se réunissent pour discuter de cette affaire en réunion privée. Il fut décidé de donner cette somme graduellement à raison de 25 kîs tous les 20 jours. Quand les tujjâr versèrent les 25 [premiers] kîs, les prisonniers furent libérés. Le restant de la rançon fut versé comme convenu.

[Départ définitif de Bonaparte] – Ce même jour, est arrivée une lettre de Bonaparte, général en chef des troupes françaises, venant d’Alexandrie à l’adresse de la population du Caire. Le qâ’im maqâm Dugua convoqua les chefs du Caire pour leur lire la lettre,0. Il y était dit que Bonaparte était parti le 21 courant [23 août] pour la France en vue d’assurer la paix à la population égyptienne et de mettre fin au blocus maritime. Son absence serait de trois mois, au bout desquels il reviendrait avec de nouvelles troupes, pour purifier le pouvoir en Egypte et en déraciner les mauvais sujets. Le chargé des affaires du pays et du commandement de toute l’armée, continuait la lettre, est Kléber, le général commandant Damiette.

A cette nouvelle, les gens s’inquiétèrent et s’étonnèrent sur les conditions de ce voyage par mer, alors que la flotte anglaise bloquait le port et guettait les Français depuis leur débarquement en Egypte sans arrêt, été comme hiver. Sur le départ de Bonaparte et son évasion, on rapporte des informations et des stratagèmes, dont je n’ai pu vérifier l’authenticité.

1830 – 30 août: conquête de l’Algérie – En vue de la conquête de l’Algérie, Ollioules héberge un bataillon du 40ème régiment de ligne (Castellan E., 1937, p. 294-295).

1867 – 30 août: SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary –  mardi 30, saint Abdon. Grand concours de jeux de paume ; il y avait 8 communes qui y figuraient ; commencé vers 9 h du matin, il n’a fini qu’à 6 h du soir. Belgentier a gagné le premier prix de 180 francs et Solliès-Pont a gagné le 2nd prix de 60 francs. À 6 h du soir on va à la course des chevaux à la plage. Tout s’est bien passé sauf qu’un individu est tombé de cheval mais il n’y a pas eu de suite. Pendant les trois soirées, la salle verte a été animée ; on a assez bien lancé. Aujourd’hui ce qui restait des mâts de Cocagne a été enlevé par des individus montés par les cordes. Enfin on doit dire que les trois fêtes ont été splendides et comme jamais nous ne les avions vues.

1869 – 30 août : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – Lundi 30, saint Gaudens. Temps splendide – Notre agenda porte saint Gaudens mais tout le monde fête sainte Rose du 30 août. – hier soir, M. Michel fêtait saint Louis, fête de Madame Michel , sans sa splendide maison. Nous étions au nombre des invités et nous sommes encore sous l’impression des agréables moments  que nous y avons passés dans cette réunion de famille. Les chants d’abord, les soupers sont venus ensuite qui ont duré jusqu’à deux heures du matin. [illisible]. On a terminé par un cotillon [illisible]. Satisfaction générale.

1870 – 30 août : Le corps d’armée de Failly est écrasé à Beaumont par les Prussiens – Sur le front franco-prussien, se déroule la bataille de Beaumont dans les Ardennes françaises au cours de laquelle le corps d’armée de Failly est écrasé et découvre l’armée de Châlons commandée par Mac-Mahon en marche sur Sedan. La déroute précipitera le désastre final de l’armée française lors de la bataille de Sedan qui s’ensuivra.

1893 – 30 août : de partout, à la suite de l’annonce de l’assassinat de son épouse, des messages de sympathie arrivent à Marius MICHEL Le Conseil Municipal de Sanary, tous ses amis, lui adressent leurs témoignages. En réponse, voici la lettre de Marius MICHEL au Conseil. Elle a été affichée à la porte de la mairie le 30 août (copie de Nazaire ICARD) :

« Tamaris, le 29 Août 1893. Mon cher premier Adjoint,  J’ai su hier soir et ce matin encore, combien le Conseil Municipal de SANARY, les Sociétés, toutes les corporations, la population, enfin notre cher pays, s’étaient montrés sympathiques dans les cruelles circons­tances que je viens de traverser. Dans l’état où je suis en ce moment, je n’irai probablement pas à Sanary de quelque temps pour dire à mes compatriotes combien je suis touché de leur dévouement et de leurs procédés. Veuillez être auprès de tous, le fidèle interprète de ma profonde reconnaissance. Je ne pourrai terminer ces quelques mots sans vous remercier per­sonnellement de vos paroles auprès du cercueil de ma malheureuse femme. Votre bien dévoué MICHEL. »

1898 – 30 août : épilogue de l’affaire Dreyfus – Hubert Joseph Henry reconnaît, devant Cavaignac, nouveau ministre de la Guerre, être l’auteur du faux qui a permis de faire condamner Alfred Dreyfus au bagne. Appelé à témoigner lors du procès à huis clos de Dreyfus en conseil de guerre, Henry a accablé le suspect : « Le traître que nous recherchions, c’est lui ! Je le jure ! » Henry est arrêté et emprisonné au fort du Mont Valérien. Le lendemain, il se tranchera la gorge au rasoir dans sa cellule. Cavaignac démissionnera. L’opinion commencera alors à douter de la culpabilité de Dreyfus tandis que les antidreyfusards feront de Henry un de leurs héros. En septembre, Charles Maurras publiera un éloge d’Henry dans le quotidien catholique « La Gazette de France », évoquant « ce serviteur héroïque des grands intérêts de l’État, ce grand homme d’honneur. » (« La Gazette de France » était un périodique créé en 1631 par Théophraste Renaudot avec l’appui du cardinal de Richelieu. Disparu en 1915, c’était le plus ancien des journaux français.)  

1914 – 30 août : Défaite des Russes à Tannenberg. Moins d’un mois après le début de la Première Guerre mondiale, victoire surprise des Allemands sur les Russes à Tannenberg (Herodote).

191530 août : hôpital maritime Saint-Mandrier – Décès du Lieutenant-colonel D’ADHEMAR Jean Pierre, du 8e RmixteC, à Toulon (hôpital maritime Saint-Mandrier) / Var (Maladie).

191630 août : entrée en guerre de la Roumanie aux côtés des alliés – à l’occasion de l’entrée en guerre de la Roumanie aux côtés des alliés, le double pavois est arboré toute lajournée au balcon de la mairie du Creux-Saint-Georges (Gisèle Argensse, 1989, p. 156).

193330 août : Naissance de la compagnie Air-France.

193530 août : Bobards en tout genre – un mineur soviétique, A.G. Stakhanov, bat un record de production : Dans la nuit du 30 au 31 août 1935, un mineur soviétique A.G. Stakhanov bat un record de production en extrayant avec son équipe 102 tonnes de charbon en 5 h 45 mn soit 14 fois la norme. Son exemple est glorifié. Ainsi naît le mouve­ment stakhanoviste : les ouvriers sont invités à imiter son exemple et à inventer ou mettre-au point des techniques de travail permettant d’augmenter sensiblement le rendement. Quelle est la différence avec le « taylorisme », âprement combattu par les communistes dans les pays capitalistes ? C’est que l’innovation Viendrait des ou­vriers eux-mêmes et non des ingénieurs-chronométreurs… (André Rossel, 1984).

Analyse critique de cette affaire que j’ai classée parmi les bobards : « Lorsque Stakhanov fait mieux que ce qui est demandé, son exemple est publié dans les jour­naux et il devient le modèle à suivre par tous ses camarades. « Homme nouveau », « Héros du tra­vail », « Bâtisseur du socialisme »… les qualificatifs élogieux ne tarissent pas, souvent issus de la bouche même de Staline. Une véritable campagne de propagande est alors menée, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’URSS. Les journaux étrangers s’intéressent à lui, comme le montre la couverture du magazine américain Time du 16 décembre 1935. Un véritable mythe est créé autour de ce mineur « de choc ». Dès lors, ceux qui suivent son exemple sont présentés comme des modèles à suivre : ils font la chasse aux pauses et aux temps morts et, en dehors de leur temps de travail, ils mettent en ordre leurs outils et préparent les matières premières.

« Qui est Stakhanov ? Il serait né en janvier 1906 dans le village de Lugovaya. Issu d’une famille paysanne, il entre en 1927 à la mine dite Centrale-Irmino dans la ville de Kadievka (Donbass) et devient perforateur, c’est-à-dire utilisateur du marteau- piqueur. Son record change littéralement sa vie. En devenant l’emblème de 1’ « Homme nou­veau » communiste, il reçoit un ensemble de gratifications sans commune mesure avec le niveau de vie de la masse des ouvriers soviétiques de cette époque. Personnage sympathique, dont le sourire franc est éminemment photogénique, on le présente comme cultivé, lisant Tolstoï et Dostoïevski. Admis au PCUS en 1936, il suit ensuite des études à l’Académie indus­trielle de Moscou, puis travaille au ministère de l’industrie du charbon de l’Union soviétique. À partir de 1957, il occupe des postes de responsable dans d’importants groupes miniers et est élu au Soviet suprême. Lorsqu’il meurt, le 5 novembre il est couvert de distinc­tions, dont celles de Héros du travail socialiste et, par deux fois, de l’Ordre de Lénine. Le dernier dimanche d’août est déclaré Journée du mineur de charbon en son honneur, la ville de Kadievka, lieu de son exploit, est rebaptisée Stakhanov.

« L’envers du décor. Cependant, les exploits de Stakhanov ont été en fait bâtis de toutes pièces. La supercherie est dénoncée dès 1937 par d’anciens mineur français. Le mineur se serait fait aider par au moins deux collègues: au lieu de confier à un ouvrier l’abattage, le boisage et les travaux accessoires,  mieux valait lui laisser le marteau-piqueur afin d’abattre sans discontinuer du charbon. Ce qui n’empêcha pas le peuple russe d’y croire dur comme fer tant la propagande fut alors une incroyable machine de guerre pour gagner la bataille de l’intensification du travail.

“En masquant de terribles conditions de travail, ces exploits furent accueillis par certains avec hostilité et demeurèrent dans l’ensemble impopulaires. »

1938 – 30 août :

1. Assouplissement de la loi sur les quarante heures et recours aux heures supplémentaires – Le 21 août 1938, le parlement assouplissait la loi sur les quarante heures. Le 30 août, un premier décret élargit les possibilités de recours aux heures supplémentaires (Jean-Charles Volkmann, 2003).

2. affaire des sudètes – Mais les Français ont d’autres soucis. La paix est menacée. Cette Allemagne hitlérienne est prise de boulimie. Elle a avalé sept millions d’Autrichiens. Elle exige maintenant les trois millions de Sudètes, cette minorité germanique de Tchécoslovaquie. Londres vient de dépêcher à Prague un curieux arbitre. Lord Runciman. On connaît ses qualités de businessman. Et surtout son amitié pour Lady Astor. Une Anglaise qui prône un rapprochement avec Berlin. Ce n’est pas fait pour rassurer Edouard Bénès, le guide du peuple tchèque. Il compte sur la parole donnée. Notamment la parole donnée par la France. Nous avons garanti la sécurité de la Tchécoslovaquie. L’Union Soviétique l’a fait aussi. Mais Staline redoute d’être entraîné seul dans une guerre contre l’Allemagne. La mission de lord Runciman revêt donc une singulière importance. Elle conditionne l’attitude britannique. La nôtre indirectement. En revenant au pouvoir, Edouard Daladier a affirmé que la France tiendrait ses engagements internationaux. Mais pourquoi avoir remplacé Paul-Boncour au Quai d’Orsay par Georges Bonnet ? Ce dernier n’a jamais donné l’exemple de la fermeté. Cela débouchera sur la rencontre quadripartite de Munich des 29 et 30 septembre (Charles Galfré, 2003).

1939 –30 août :

1. A la fin d’août 1939, nos forces navales de Méditerranée étaient réparties, initialement, entre Toulon, Bizerte et Oran. A Toulon, était basée la force la plus importante, baptisée « Force de haute mer » (FHM) et comprenant la deuxième escadre des trois Provence de 23 000 tonnes, en service depuis 1916 ; la troisième escadre, rassemblant nos sept croiseurs de 10 000 tonnes des types Algérie, Dupleix, Colbert, Duquesne, plus des divisions de contre-torpilleurs de 3 000 tonnes, de torpilleurs de 1 500 tonnes, de sous- marins, etc.

La quatrième escadre, comprenant trois croiseurs de 8 000 tonnes type Marseillaise, plus le croiseur hors rang de 5 000 tonnes Emile-Bertin et deux divisions de contre-torpilleurs se tenait à Bizerte. On avait constitué à Oran, une force occasionnelle — ce que les Américains appelle­ront, plus tard « task-force » — désignée sous le nom de sixième escadre — composée du porte-hydravions Commandant Teste avec une escadrille d’avions de surveil­lance ; du bâtiment-base de sous-marins Jules-Verne avec une escadrille de sous-marins et d’une division de torpil­leurs de 1 500 tonnes.

Dans ses plans de mobilisation l’état-major de l’Armée de terre n’avait pas prévu — comme en 1914 — le trans­port immédiat des divisions d’active de l’Armée d’Afrique en métropole… mais, le 25 août 1939 il annonça qu’il déci­dait de faire transporter : d’une part, de Marseille vers Beyrouth, par le paquebot M ariette-Pachaun bataillon de la Légion, plus des permissionnaires et réservistes de l’Armée du Levant; d’autre part, de Casablanca vers Mar­seille, un bataillon de tirailleurs marocains et les cadres de la Légion par le paquebot Chellah; en même temps, la 363e demi-brigade alpine de Marseille en Corse, et, aussi, de Madagascar à Beyrouth deux bataillons de tra­vailleurs malgaches…

Puis, de Marseille en Corse, le 31 août 1939, six mille quatre cents hommes de troupes et, à la même date, il décida de faire embarquer à Oran, « vers le 15 septem­bre », la 86e division d’infanterie à destination de Bey­routh; en outre de transporter d’Afrique du Nord en métropole « fin septembre, début octobre » la 82e division d’infanterie, en même temps que, d’Oran à Marseille, la troisième brigade de spahis et la première division marocaine; en novembre 1939, de Bizerte à Marseille, la 87e division d’infanterie, etc.

Comme en 1914, lorsqu’à la fin d’août 1939 le conflit devint imminent nous pouvions craindre d’avoir, à la fois, contre nous l’Allemagne et l’Italie. En conséquence la marine appliqua les mesures prévues pour « le cas A-I », prévoyant, en priorité, la « couverture » des mouvements de troupes par mer et, d’abord, celui des six mille quatre cents hommes destinés à la défense de la Corse, embar­qués sur six paquebots de Corse, plus l’El Djezaïr des lignes d’Afrique du Nord.

A cet effet, le gros des Forces de haute mer appareilla de Toulon, sous les ordres du vice-amiral Ollive, dans la soirée du 29 août 1939. Cette force alla d’abord au-devant du Chellah, venant de Casablanca, que deux contre-torpilleurs escortèrent jusqu’à Marseille. Puis elle « cou­vrit » le convoi des sept paquebots, chargés des troupes de Corse, jusqu’à leur entrée en baie d’Ajaccio.

Après cette mission, la deuxième escadre, avec des tor­pilleurs, fit route vers Oran, puis Gibraltar, couverte à l’est, par une sortie de Bizerte de la quatrième escadre et elle fut suivie, vers Oran, par la troisième escadre accom­pagnée de trois divisions de contre-torpilleurs.

La deuxième escadre la rejoignit à Oran le 18 septem­bre cependant que les contre-torpilleurs et torpilleurs étaient mis aux ordres du vice-amiral Esteva ayant pris, à Toulon, le commandement de la zone d’opération mari­time du sud — dit « Amiral Sud » — afin de lui permet­tre d’assurer l’escorte des convois.

Ce « repli » des Forces de haute mer de Toulon vers Oran et Gibraltar avait été décidé, avant-guerre, en rai­son de l’éventualité d’une attaque massive de l’aviation italienne sur ce port, si l’Italie entrait en guerre (Amiral Lepotier, Toulon porte du Levant, France-Empire,1972, p. 425-426).

2. mise en garde de la population contre toutes les fausses nouvelles et interprétatîons erronées – L’adjoint spécial de Saint-Mandrier, Marc Baron, officier de réserve rappelé sous les drapeaux, invite la population au plus grand calme. Il met la population en garde contre toutes les fausses nouvelles et interprétations erronées qui peuvent circuler, et il lui demande de se conformer strictement aux instructions des autorités civiles et militaires (Gisèle Argensse, 1989, p. 209).

1940 – 30 août :

1. Un accord est signé entre les gouvernement de Vichy et du Japon. Ces derniers pénètrent en Indochine et débarquent à Haïphong. Cette acceptation de la mainmise japonaise sera suivie de nombreux autres « accords » : 9 mai 1941 : accord pour l’utilisation « temporaire » du port de Haïphong ; 29 juillet 1941 : protocole franco-japonais pour « la défense en commun de l’Indochine française » ; 8 décembre 1941 : alliance militaire entre le Japon et « l’Indochine » etc. (André Rossel, 1985).

Le 30 août, la Nouvelle-Calédonie, les territoires de l’Océanie et les comptoirs de l’Inde se rallient à la France libre (Jean-Charles Volkmann, 2003).

2. des soldats français isolés, auraient passé de Syrie en Égypte pour y combattre au côté des Anglais – Le journal Paris-Soir, du vendredi 30 août 1940, communique : « On apprend de la frontière égyptienne que des soldats français iso­lés, auraient passé de Syrie en Égypte pour y combattre au côté des Anglais. Ces soldats ne transgressent pas seulement une interdic­tion du gouvernement français, mais ils se mettent hors toute loi de guerre et doivent s’attendre à être traités en francs-tireurs en parti­cipant vraiment à des actions belliqueuses. Bien que ces soldats soient, en l’occurrence, victimes de l’excita­tion britannique, ils ne se rendent pas compte de l’inutilité de leur acte, car on les traitera avec toute la rigueur du droit de guerre. »

3. Le journal “La Croix”, du vendredi 30 août , publie :

– L’accès des camps de prisonniers est interdit. Les autorités allemandes ont signifié à diverses reprises que les visites des proches ou amis des prisonniers français ne peu­vent être admises. L’accès des camps de prisonniers est interdit. Les familles se rendant aux camps malgré cette défense per­dent leur temps et s’exposent inutilement à des désagréments.

– la carte de rationnement du lait entrera en vigueur le 15 septembre, et la création de la carte de beurre est envisagée. Chaque porteur de carte d’ali­mentation d’enfant, ayant droit à recevoir du lait complet décla­rera, à la mairie ou au commis­sariat de police, le producteur, crémier ou distributeur de lait, qu’il choisit sur la liste affichée dans sa commune ou son arron­dissement. Les femmes encein­tes ou mères allaitant, ainsi que les malades ayant droit à une ration spéciale de lait entier accordée par certificat médical, seront tenus à faire la même désignation. Sur présentation des cartes d’alimentation, le con­sommateur recevra aux mairies ou aux commissariats une carte de lait sur laquelle sera collé le ticket de la carte d’alimentation désigné pour chaque période d’alimentation par le ministre de l’Agriculture. Pour la période du 15 septembre au 31 décembre 1940, le ticket sera le n°10 (sep­tembre). Ces cartes seront de couleur rouge pour les enfants ayant droit à 3/4 de litre de lait par jour, bleue pour les enfants ayant droit à 1/4 de litre de lait par jour, verte pour les catégo­ries ayant droit, sur certificat médical, à 1/2 litre de lait par jour. Pour ces dernières cartes, la durée de leur validité sera éta­blie conformément aux stipula­tions du certificat médical. Le consommateur remettra sa carte au producteur, crémier au distributeur qu’il aura choisi et dont le nom aura été porté sur la carte. Chaque jour, lors des four­nitures de lait correspondantes, le crémier poinçonnera ou mar­quera la case de la carte correspondant au jour indiqué. Pour les consommateurs ayant droit de recevoir du lait complet et qui sont autorisés par certificat médical à obtenir, en substitu­tion, des quantités équivalentes de lait concentré, les autorités municipales apposent sur la carte de lait, au tampon, la mention «lait concentré». Dans le cas de changement de domicile de l’un ou de l’autre des enfants d’une famille ayant droit à une carte d’alimentation en lait, le consommateur fera une déclaration au commerçant l’approvisionnant. Contre cette déclaration, le distributeur remettra la carte au consomma­teur indiquant, au dos, les rai­sons de la remise de la carte.

– Mort de Jules Noël capitaine de l’équipe de France d’athlétisme – Jules Noël capitaine de l’équipe de France d’athlétisme, est mort au champ d’honneur. On apprend la mort glorieuse de l’international d’athlétisme Jules Noël, tombé à la tête de son unité le 19 mai dernier. Agé de 37 ans, Jules Noël occupait depuis 1924 une place de pre­mier rang dans l’athlétisme fran­çais. Il avait été maintes fois capitaine de l’équipe de France (La Croix, du vendredi 30 août 1940).

-1942 – 30 août:

1. FRONT d’AFRIQUE DU NORD : Ordre du jour adressé aux unités composant l’Afrika Korps : “Soldats, aujourd’hui, renforcée par de nouvelles divisions, l’armée passe à l’attaque pour anéantir définitivement l’ennemi. J’attends que chacun des soldats de mon armée, dans ces journées décisives, donne le meilleur de lui-même. Le commandant en chef, signé : Rommel, général feld-maréchal”. Deux points importants ; contourner les Anglais par le sud et effectuer ce contournement en une seule nuit et à la vitesse de l’éclair. Sous le couvert de deux courtes nuits sans lune, les 23 et 30 août, l’Afrika Korps effectua son mouvement de rocade vers le sud. Entre temps, une conférence décisive eut lieu au QG, entre Rommel, le maréchal italien Cavallero et le maréchal Kesselring. Cavallero se fit fort d’acheminer le carburant en temps utile. Kesselring assura que, en cas de défaillance italienne dans le transport, la Luftwaffe livrerait elle-même le carburant par voie aérienne. Le 30 août 1942, à 20 h, les divisions allemandes roulent sur un large front par le sud en direction d’El-Alamein afin de contourner les Anglais par le sud-est et l’est : la 15e DB, avec 70 chars, la 21e DB avec 120 chars. Les deux divisions tombent sur une solide défense, tout particulièrement sur de solides champs de mines. Désordre effroyable ! La 15e DB parvient malgré tout à passer. La 21e DB tombe également sur un champ de mine important. Non contents d’être l’objet d’un important arrosage d’armes automatiques et de canon, les unités allemandes sont assaillies par une aviation anglaise que l’on n’attendait pas et qui éclaire le champ de bataille avec du magnésium. Le chef de la 21e DB est tué. A minuit, les Allemands se battent dans les vastes champs de mines des Britanniques qui les défendent avec acharnement. Il faudra attendre l’aube, pour que l’offensive reprennent et que les champs de mines soient franchis. Mais l’opération éclair sera manquée à cause de la résistance inattendue des défenseurs et d’une méconnaissance des points d’appui britanniques (Paul Carell, Afrika Korps).

2. KLAUS MANN, CARNET « LE TOURNANT » – 30 août. Aujourd’hui, lettre de l’Army : je suis convoqué pour une nouvelle visite médicale. Me prépare donc à un départ précipité pour New York. Est-ce que ça marchera, cette fois… Au Gide, il ne manque plus que le dernier chapitre et l’épilogue.

1944 – 30 août : LE 13e REGIMENT SENEGALAIS – Le 30 août 1944, la 1ère compagnie du 13ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais de Jacques Glade est de repos à Sanary où l’unité bivouaque après avoir, la veille, nettoyé les forts du gros Cerveau et défilé le 27 sur le port (Cahier du patrimoine ouest varois n°10).

1954 – 30 août: Communauté Européenne de Défense – L’Assemblée nationale rejette le traité créant la Communauté Européenne de Défense (Jean-Charles Volkmann, 2003).

1955 – 30 août :

1. INAUGURATIONS EN SERIE A SAINT-MANDRIER – Inauguration du nouveau groupe scolaire de Saint-Mandrier, en même temps que l’avenue Marc Baron, le nouveau quai, la jetée et les travaux d’adduction d’eau. Trois écoles forment le groupe scolaire : l’école maternelle qui n’a que deux classes, sous la direction de Mme Bot, l’école de filles dirigée par Marie-Thérèse Fauchon, comprenant quatre classes, et l’école de garçons de M. Jeannot, également composée de quatre classes. Ces trois écoles sont distinctes et séparées par un grillage (Gisèle Argensse, 2000 ; p. 39-40).

Mme Blot, déjà adjointe à l’école maternelle, devient directrice de la maternelle au sein du tout nouveau groupe scolaire (Ken Nicolas, vol. 2, p. 6-7).

2. TENSION ENTRE LE CONSEILLER GENERAL DU CANTON ET LE MAIRE DE SAINT-MANDRIER – Toussaint Merle, conseiller général du canton de La Seyne, ayant demandé à Louis Clément, maire de Saint-Mandrier, de bien vouloir lui désigner un lieu municipal afin de recevoir les doléances de ses administrés. Le premier magistrat mandréen lui répond par lettre datée du 30 août 1955 « La mairie ne possède aucune salle dont vous pourrez disposer pour une permanence éventuelle ». Le correspondant du journal « Petit Varois » du vendredi 9 septembre fera remarquer que « pendant tout son mandat, Monsieur Montagne, ex-conseiller général, membre de la S.F.I.O., a pu assurer ses rares permanences dans un local de la mairie ». « Et le nouveau groupe scolaire fort de ses dix salles, ne pourrait-il pas faire l’affaire ? », se demande le journaliste. Puis, l’article évoque à nouveau l’anticommuniste forcené de Louis Clément « qui n’empêchera pas notre camarade Toussaint Merle d’exercer son mandat de conseiller général ». Pour donner suite à ce refus plus ou moins « camouflé », Toussaint Merle s’empressera d’écrire une lettre aux conseillers municipaux de Saint-Mandrier, le 5 septembre, dont voici la fin : « …II ne vous échappera pas, aussi, que cette décision antidémocratique constitue une entrave à l’exercice du mandat d’un élu de la population du canton. C’est pourquoi, je crois pouvoir vous demander de bien vouloir reprendre cette question à une prochaine séance du conseil municipal… Celui-ci confirmera la décision de Monsieur Clément (Ken Nicolas, vol. 1, p. 272-273).

1968 – 30 août :

1. cargo bananier Fort Ponchartrain, de la Compagnie Générale Transatlantique – Nous avons vu précédemment que, le 6 août 1968, la coque du cargo bananier Fort Ponchartrain, de la Compagnie Générale Transatlantique, et sous traitée aux Constructions Navales et Industrielles de la Méditerranée (CNIM) à La Seyne, a été lancée. Le 30 août, le bâtiment arrive à Saint Nazaire pour achèvement par les Chantiers de l’Atlantique. Le 12 avril 1969, ce sera son premier départ du Havre pour les Antilles.

2. Nasses / garbelles et girelier (AG Bandol des prud’homies de pêcheurs du Brusc et de Sanary, 30 août 1968) : la nasse proprement dite est un panier cylindrique ou plus ou moins sphérique en roseaux ou fil de mer aux mailles de moins de 2 cm de côté ; des amorces faites de sardines, allaches, maquereaux et bonites ouverts et salés, …, sont suspendues à l’intérieur ; le poisson s’engage en écartant les pointes flexibles (alfa) ; le langoustier est une nasse cylindro-conique, longue de 1,70 m à 2m faite en roseaux entrelacés ; la capture la plus recherchée est celle de la langouste, mais aussi les mérous, pageots, mostèles, murènes, sérans,… ; pour les nasses à congres et les gireliers, pas de réglementation particulières ; pour les garbelles à langoustes, interdiction de les utiliser dans les trois prud’homies. Chevrotière / drague / petit gangui pour poissons, oursins, crevettes.

2018 – 30 août : trois benêts ont grimpé sur les câbles du pont de Brooklyn pour un selfie – Le pont de Brooklyn est devenu une des principales attractions touristiques de New York… il attire de plus en plus de monde et toutes sortes de gens. L’année dernière, deux touristes alle­mands ont été arrêtés pour avoir escaladé les deux tours du pont dans le but de remplacer le drapeau américain par un dra­peau blanc… Cette année, c’est un Français qui a grimpé sur la structure du pont pour pouvoir réaliser sa jolie photographie. Il a été arrêté dès sa descente, poursuivi pour comportement dangereux, violation criminelle de propriété et trouble à l’ordre public. Il a dû payer 6000 dollars de caution pour être libéré, dans l’attente de son procès. Il évita de justesse la prison et s’en tira avec 30 jours de travaux d’intérêt général (L’Echo des Savanes, 1438).

2021 – 30 août : EN AVANT-PREMIÈRE : diffusion journalière d’extraits d’un ouvrage que j’ai écrit à la demande de l’Association « LES VOLONTAIRES DE L’AN II – L’AURORE DE LA RÉPUBLIQUE » et dont la publication devrait voir le jour en septembre prochain (les chapitres 1 à 38 ont déjà été livrés sur ma page FB).

EN DIRECT DE NOS ARCHIVES :

(Isabelle et Cathy à Sanary).

SANARY-SUR-MER – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et ÉDIFICES. 339e livraison).            (suite) La défense commune du terroir, qui inclut alors Ollioules et Sanary (alors Saint-Nazaire), relève du Conseil général d’Ollioules qui, dès le 20 juin 1568, installe deux hommes pour la garde de la Cride (amodar deux hommes per gardians à la Crido per faire las garde), vote un capage de 6 gros par chef de maison pour paiement des gages des gardiens,met d’autres gardiens aux portes de la ville afin d’empêcher l’entrée de vagabonds et règle les arrérages du celui qui, durant le mois qu’ont duré les derniers troubles, a été  chargé d’ouvrir et fermer les portes de la ville (mes que a gardat aquellous d’au temps des derniers troubles). En prévision de nouveaux troubles, Ollioules doit se mettre en défense en 1574 – nous pouvons supposer que ceci concernent également la tour Saint-Nazaire -, ce qui entraîne un vote : « Pour evictar quauque surprise que pourryé venit à la ville si serre lou portaulx appelar de Marcabel et du Lanssen, et les aultres sé tiennent huberts embé six hommes per chescun portal anan carrière per carrièreVote de 66 florins 7 sous ½ pour faire adoubar les pourtaulx et portalletz et frachos dei barrys» (Castellan, 1937, p. 54.). Ces mesures sont de bon principe, puisque la phase la plus terrible des guerres de religion va survenir peu de temps après, avec le pillage des Chartreuses de La Verne et de Montrieux en  1578, mais ne peuvent empêcher Boyer, lieutenant de La Valette, de prendre Ollioules, sa propre ville, puis de s’emparer de Six-Fours, de Saint-Nazaire et de La Ciotat. Son compatriote, le capitaine ligueur Isnard, défend avec honneur Evenos contre les entreprises de Lesdiguières en 1592. Des châteaux sont encore détruits ou démantelés avant la fin du siècle : Cogolin, La Garde-Freinet, Hyères, et la citadelle de  Saint-Tropez. Le cauchemar s’achève en novembre 1595, quand Boyer, abandonnant la faction du Duc d’Epernon, fait enfin crier «Vive le Roi !» à Ollioules et à Saint-Nazaire, puis rallie le parti d’Henri IV  (Cahiers du Patrimoine ouest varois n° 5/6, 7 et 10).Dans une note adressée à Philippe II, roi d’Espagne, peut être par le duc d’Épernon lui-même en octobre 1594, Sanary, dont le nom est écrit ainsi, figurait au nombre des villes reconnaissant l’autorité du Duc d’Epernon (Réf. J-P. Chazal, A. Place, H. Ribot, B. Rotger, Sanary, 1000 ans d’Histoire, Mairie de Sanary, 1982).  (à suivre)

MARSEILLE – 539e livraison : LE TERROIR MARSEILLAIS

 (Suite) Les Arts : peinture, gravure au XVIIe et au XVIIIe siècles (avec quelques considérations sur les phases antérieures de l’histoire marseillaise).

Jean Cordonier, surnommé Jean de Troyes du lieu de sa naissance, habitat Marseille pendant 33 ans, de 1516 à 1549, date de sa mort. On connaît 9 peintures de se maître champenois Dont une faite en collaboration avec Etienne Peson citée précédemment. Avant de se fixer définitivement à Marseille, l’artiste dut habité quelque temps à Aix comme le prouve le titre de peintre d’Aix qu’il porte dans l’acte de prix-fait du 2 mai 1516, relatif à un retable dédié à Notre-Dame de consolation, pour l’église des Accoules, œuvre payée à son auteur 160 florins (Précisons que le florin d’or fut ainsi nommé parce que, depuis le règne de Charles 1er, il portait une fleur de lis. Cette pièce valait au XVe siècle 16 sous. Sous le roi René, le florin fut évalué 12 gros, et le gros 12 deniers ou 8 patacs. Le gros d’Avignon valait 2 sous).

Jean de Troyes fut chargé par la Corporation des bombardiers le 23 avril de la même année de peindre un retable monumental dédié à sainte barbe dont le prix était fixé à 450 florins. C’est à notre connaissance la peinture la plus coûteuse qui a été exécutée à Marseille au XVIe siècle.

Une œuvre presque aussi importante est un retable de 400 florins commandez par les calfats de Marseille, le 20 octobre 1526, en l’honneur de notre-dame-de-pitié. La boiserie de ce retable fut faite par un fustier de la ville, Jean Mayorquin au prix de 100 florins. D’autres ouvrages moins considérable furent exécutés par Jean Cordonnier entre autres pour là pour la commune de Six-Fours dans le Var le 30 août 1520 payé 27 écus.

Le docteur Barthélémy à découvert dans les archives notariales de Marseille 2 actes datés du 27 mars et du 26 septembre 1521 où l’on parle de peinture faites par un peintre d’envers Jean Guyens alors qu’il était au service d’Etienne Peson.

Pierre Doulx ou Doux, originaire du Piémont, passa 6 à 7 ans à Marseille,, de 1543 à 1549, avant de se fixer à avignon, Il s’engagea à peindre un retable de Notre-Dame dans la chapelle de l’Annonciation à l’église Saint-Martin pour la somme de 28 écus et demi d’or,

Enfin, 3 peintres d’origine inconnue, Augier Batron, Louis Lejeune et Antoine Cadol, résidèrent à Marseille.

(à suivre avec l’histoire des maîtres verriers).

LA SEYNE-SUR-MER. 242e livraison :

1520 –30 août : terre gaste dite la Pallun appelé vulgairement le Crotton (aujourd’hui à La Seyne ) – A la date du 30 août 1520, nous relevons dans le manuscrit de Jean Denans, que l’abbaye de Saint-Victor de Marseille, seigneur majeur de Six-Fours, vend aux Six-fournais organisés en université, et représentés par Louis Porquier et Michel Audibert, la terre gaste dite la Pallun appelé vulgairement le Crotton. Cette terre confronte à l’est le rivage de la mer, au sud les terres des héritiers d’Anthoine et Laurent Ruffes, à l’ouest, les terres cultivées de Renerand, seigneur évêque de Toulon, au nord la fontaine appelée du Tamaris. Et cela, pour l’usage, le pâturage et la subsistance des animaux des habitants de Six-Fours. Sont exceptés à perpétuité de cette transaction, sans que l’on sache pourquoi les animaux des héritiers de feu Mathieu et André Beaussier que l’abbé ne veut pas comprendre dans cet achat. C’est une terre, franche de toute sujétion, charge, servitude ou cense. L’unique servitude qui la concerne est l’interdiction faite aux habitants de Six-Fours de l’échanger, de l’hypothéquer ou de l’aliéner, excepté néanmoins à des religieux. Le seigneur abbé conserve néanmoins les droits seigneuriaux ainsi que le droit de retirer la terre en cas de vente, en remboursant l’acquéreur. L’université six-fournaise versera à l’abbaye une cense annuelle de quatre sous, payable à chaque fête de la Nativité (Noël), et, pour l’achat, une douzaine de cailles (Jean Denans, 1713).

1682 – 30 août : RISQUE DE disette d’eau A La Seyne – Lorsqu’à l’été 1682, la « disette d’eau » menace l’économie même de La Seyne, séparée de Six-Fours depuis 25 ans, son conseil communautaire délibère, le 30 août 1682, de faire la recherche de quelques sources pour en porter les eaux jusqu’à l’église. Le quartier de Berthe possédant une source abondante, pouvoir est donné aux Consuls de « faire conduire ladite source du quartier de Berte (sic !) dans l’enclos de ce lieu, avec le plus grand ménage que faire se pourra de l’avis des gens entendant la conduite des eaux, et qui la soutiendront dans son élévation le mieux qui se pourra, pour être jetée à une ou plusieurs fontaines aux lieux les plus convenables que lesdits Consuls jugeront. ». Il va falloir emprunter, et pour cela obtenir l’autorisation de l’Intendant de la Province : « à la charge que tant la conduite que les bassins des fontaines seront donnés à prix fait, et d’autant que la Communauté n’a pas de fonds en main pour la dépense qu’il conviendra faire audit ouvrage ; lesdits Consuls faisant donner requête à Monseigneur de Morant, Intendant de Justice en cette Province, aux fins qu’il soit son bon plaisir de permettre à la Communauté d’emprunter de qui trouvera, jusques à la concurrence de ce que se montera la dépense de la conduite desdites fontaines, et que pourront payer et acquitter au moyen des impositions et épargnes que à la suite pourront être faites. ». A noter qu’un des membres qui signe cette délibération « Beaussier syndic » précise qu’il ne consent que si la somme totale ne dépasse pas 2000 livres. Ce « syndic » représente en fait les forains, personnes qui sont propriétaires de terrains ou maisons à La Seyne, mais habitent ailleurs, en général à Six-Fours et à Toulon. Ces gens se sentent donc beaucoup moins concernés par les problèmes purement seynois, et ils sont souvent en conflit avec le reste du Conseil (Mireille Bailet, Histoire et Patrimoine seynois, Cahiers avril 2004).

-1793 – 30 août : face à l’ARRIVEE DE CARTEAUX, TOULON REGROUPE SES TROUPES DISPERSÉES – A Toulon, le Comité général des sections ordonne à la municipalité de La Seyne de faire appareiller en rade tous les bâtiments qui se trouvent dans son port (Louis Baudoin, 1965, p. 346, se référant à Louis Honoré, L’Émigration dans le Var, 1923).). Cet ordre, qui tend à réunir sous la coupe des révoltés toulonnais l’ensemble des navires susceptibles de concourir au siège qui s’annonce, est pris sous la pression que l’armée du général Carteaux installée au Beausset fait peser sur le port de guerre en sédition. Et d’abord, les Allobroges commandés par Doppet, venant de La Ciotat, encore appelés « Habits verts », parce qu’ils portent une courte veste verte et un casque à crinière de cheval.

1955 – 30 août : TENSION ENTRE LE CONSEILLER GENERAL DU CANTON DE LA SEYNE ET LE MAIRE DE SAINT-MANDRIER – Toussaint Merle, conseiller général du canton de La Seyne, ayant demandé à Louis Clément, maire de Saint-Mandrier, de bien vouloir lui désigner un lieu municipal afin de recevoir les doléances de ses administrés. Le premier magistrat mandréen lui répond par lettre datée du 30 août 1955 « La mairie ne possède aucune salle dont vous pourrez disposer pour une permanence éventuelle ».

1968 – 30 août : cargo bananier Fort Ponchartrain, de la Compagnie Générale Transatlantique – Nous avons vu précédemment que, le 6 août 1968, la coque du cargo bananier Fort Ponchartrain, de la Compagnie Générale Transatlantique, et sous traitée aux Constructions Navales et Industrielles de la Méditerranée (CNIM) à La Seyne, a été lancée. Le 30 août, le bâtiment arrive à Saint Nazaire pour achèvement par les Chantiers de l’Atlantique. Le 12 avril 1969, ce sera son premier départ du Havre pour les Antilles.

OLLIOULES. 6e livraison :

(Ollioules – grotte Chélo – peinture préhistorique. Cl. H. Ribot)

1564 : Par lettre patente Charles IX, qui a été fort bien accueilli par Ollioules « ville assise près de la mer en bon, fertile, et commode pays et sur chemin passant à l’entour, croissent et affluent quantité de fruits et biens » permet à la ville d’établir deux foires, l’une le 7septembre, l’autre le 4 décembre, et un marché hebdomadaire, le  samedi. Cette autorisation donne encore plus de poids à la ville, mais surtout à sa composante la plus importante, la bourgeoisie, fondée essentiellement sur la propriété rurale.

1568 – 20 juin : La date du 20 juin 1568 marque-t-elle un tournant dans la vie politique locale lorsque l’assemblée générale des Ollioulais – Sanaryens inclus -, élit ses consuls et officiers municipaux pour une année , ou Conseil étroit : soit un premier consul, un deuxième consul, tous deux rétribués, puis les conseillers ou officiers municipaux, les scripteurs, un greffier, un trésorier, un auditeur des comptes, obrios, les estimateurs (pézadeurs de la carn, visitadeurs de las olives, alieuradeurs de las mesures), et les prud’hommes ès-lois (esleux), tous non rétribués (Castellan E., 1937).

Le conseil étroit, deviendra plus tard le conseil général, renouvelable chaque année, en vertu d’un arrêt de la Cour du Parlement de Provence, du 26 mars 1586).

C’est un grand pas en avant pour la connaissance du fonctionnement de cette forme de démocratie toute nouvelle que la bourgeoisie provençale a imposée dans la plupart de ses villes et villages. Ne nous laissons pas trop gagner par une vision euphorique de la vie à cette époque : il n’y a pas eu foule parmi les électeurs à cette première élection, si l’on en croit les registres compulsés par E. Castellan : « Comme il y a eu des difficultés pour réunir l’ensemble du Conseil général avec au moins 40 personnes pour cette élection – le nombre venu cette année 1568 ayant été insuffisant -, le Conseil sortant vota des mesures  coercitives pour astreindre les habitants à accomplir leur devoir. »

Le jour même de son élection le nouveau Conseil prend un certain nombre de décisions :

mise aux enchères de la ferme des moulins à blad et engiens de grignouns ensemble per un anado et fixer le prix du blé à 9 florins ½ par saumade (ou setier : 3,273 décalitres), et de la sivade (civadier : 0,409 décalitres ) à 7 florins

taxe de l’huile (l’olly novel) à raison d’une livre par baril (un baril équivalait à 35 litres à Ollioules, et Evenos)

vue la pénurie de blé, achat de 2000 charges de toute urgence ;

arrérages de gage du maître d’école (d’iscolle) ;

approbation de la création des confréries de Saint-Laurent et de Saint Nazaire par les habitants.

Estimation des moulins de la communauté, et établit un contrat d’arrentement que les uns et les autres étaient tenus d’observer, ou  Capitoul des moulins. (Cahiers du Patrimoine ouest varois n° 5/6, 7 et 10).

1688 – 30 août : SEPARATION D’OLLIOULES ET DE SANARY – Le 10 juillet le Roi a prononcé l’arrêt de séparation qui sera exécuté le 30 août par ordonnance du gouverneur Le Bret. C’est l’origine de l’élection des consuls le jour de la Saint-Louis. Le Conseil Général fut élu. Les premiers élus furent Bernabé Infernet, bourgeois, premier consul, Sébastien Bernard, mar­chand, deuxième consul. On choisit aussi 5 conseil­lers, un trésorier, un greffier. Une des conditions de la séparation fut l’obligation de payer pour les deux tiers les travaux de creusement du port lui permettant de recevoir treize galères (lettre du sr Bernard de Marseille aux syndics de Saint-Nazaire, datée du 16 juillet 1688).

1793 – 30 août au octobre : Lors du siège de Toulon et que le Beausset est devenu le chef-lieu, Joseph et Napoléon Bonaparte sont logés chez l’habitant. La vieille Madame Dalmas qui est la maîtresse de maison, apprécie davantage la compagnie de Joseph Bonaparte « homme du monde, qui plaisait aux maîtres de maison et à leur société ». Quant à Napoléon Bonaparte, madame Dalmas l’appelle « le sournois », car il a l’air vindicatif et renfrogné. Elle changera d’avis en octobre 1793. A ce moment-là en effet, alors que l’armée est désormais à Ollioules, Napoléon Bonaparte, repassant par Le Beausset, voudra rendre visite à madame Dalmas. On lui apprendra qu’elle n’est pas chez elle, parce que le comité révolutionnaire de surveillance du Beausset l’a fait mettre en prison, car « elle est dévote »… Bonaparte se rendra aussitôt à la prison, et bien « qu’elle regrette toujours les prêtres qui n’ont pas voulu prêter le serment », il la fera libérer, et la raccompagnera lui-même chez elle. Depuis ce jour-là, elle ne l’appellera plus que « mon libérateur »… (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française…).

30 août 1830 : conquête de l’Algérie – En vue de la conquête de l’Algérie, Ollioules héberge un bataillon du 40ème régiment de ligne (Castellan E., 1937, p. 294-295).

TOULON ANCIEN ET SES RUES (L. Mongin, Toulon ancien et ses rues, tome 1, 1901) – Cour du Chapitre (suite) – Toulon ancien et ses rues – 60e livraison

(suite) Au XVe siècle, le Chapitre de la Cathédrale, voyant dans le produit des charivaris une source de petits revenus, se fit attribuer par la communauté au détriment des habitants qui en avaient jusqu’alors disposé. Il n’est pas hors de propos de donner ici quelques détails sur cet usage très ancien qui n’est pas encore complètement tombé en désuétude dans quelques-unes de nos communes.

Les veufs et les veuves qui se remariaient, (Le peuple croyait que les secondes noces quoique tolérées par « les lois divines et humaines étaient injurieuses aux prédécédés et aux enfants nés des premiers mariages.» Mourgues Statuts et coutumes du ;pays de Provence), les vieillards qui épousaient de jeunes femmes et, en général, toutes les personnes dont on désapprouvait la conduite, étaient de la part de la jeunesse du quartier l’objet de manifestations bruyantes et grotesques. Les auteurs de ces concerts discordants, munis des instruments les plus criards, tambours , crécelles, chaudrons, casseroles, poêles se réunissaient devant la demeure des individus désignés à leurs quolibets et se livraient à un tapage infernal. De temps à autre, le silence se faisait pour permettre à un des principaux meneurs d’entonner, à tue-tête un des nombreux couplets d’une chanson composée pour la circonstance.

En principe, seuls les voisins qui pouvaient de leurs fenêtres apercevoir la maison de ceux qu’on voulait ridiculiser, avaient le droit de manifester : mais généralement tous les habitants du quartier et quelquefois même la population entière, venaient s’unir aux premiers. Pour faire cesser le vacarme il suffisait de payer une collation à tous les voisins. Le seul document que nous possédions sur cet usage et qui date du XVe siècle semble laisser supposer qu’à cette époque le charivari n’était autorisé que pour lo mariage d’une veuve : « Il est d’usage et coutume dans la dite cité, que « lorsqu’une femme veuve se marie, la jeunesse de la ville l’accompagne à l’église, au bruit des bassins, des chaudrons et poêles, ce qu’on « appelle charivarin, et que celui qu’elle épouse est tenu de donner à la jeunesse un pourboire en pain, vin et viande, suivant l’ordre donné par les syndics de la dite cité, et de ce pourboire, ni la jeunesse ni la partie ne doivent point le refuser, et le charivari doit cesser à l’instant. » (à suivre)

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE

En décorant le présentateur vedette du Journal de 20 heures, le Président de la République lui glisse à l’oreille :

-Après cela, j’espère que vous allez arrêter de dire des mensonges.

-Certainement, monsieur le Président, dès que je cesserai de citer vos propos.

(Toulon, la petite rade vue de la grosse tour ou Tour royale – cl. H. Ribot)

Il est 7 h., je vous quitte en vous disant à demain. Bon VENDREDI à tous, et affectueuses pensées à Isabelle et Webber ainsi qu’à Raphaël et Olivier.

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