ÉPHÉMÉRIDES DU 31 JUILLET

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ÉPHÉMÉRIDES DU MERCREDI 31 JUILLET 2024 – 13e ANNÉE (n° 4508).

ILLUSTRATION. Marseille : Barras de la Penne 1704 Réunion à l’arsenal des galères avant une expédition

LES FÊTES

Le 31 juillet, saint Germain était encore fêté en 1942 aux Grands Carmes de Marseille par les Tailleurs de pierre dont il était le patron.

Aujourd’hui, c’est la fête des Ignace, du nom d’Ignace de Loyola, exactement Inigo Lopez de Loyola), mort le 31 juillet 1556 à Rome. Il fut le fondateur et le premier général de la Compagnie de Jésus ou Jésuites, congrégation catholique reconnue par le pape Paul III en 1540 et qui prit une importance considérable dans la réaction de l’Eglise catholique romaine aux XVIe et XVIIe siècles face à l’ébranlement causé par la Réforme protestante.

Bonne fête donc aux quelques 1520 Ignace que compte notre pays.

Pour rester de saison, le calendrier républicain dédia le 13e jour de Thermidor An II à l’abricot qui appartient au sous-genre “prunus” – un régal pour le palais !

DICTON :

“Le jour de la saint Ignace, moissonnez quelque temps qu’il fasse !”

EPHEMERIDES .

49 av. J.-C. –  31 juillet : Bataille navale de Tauroentum – [J.-P. Brun, 1999 : César né vers 100 et mort en 44 av. J.-C. (P.-M. Duval, 1971, n°72). La Guerre Civile décrit la bataille navale de Tauroentum qui eut lieu le 31 juillet 49 au large du Brusc…]

F. Brien, 1982, p. 158 : En 49 av. J.-C., César lui attribue (à Tauroentum) l’importance d’un castellum, reprenant la même idée que ses prédécesseurs d’un site donné comme défensif pour tenir la mer. Les deux récits de la bataille navale de Tauroentum par César (De Bello Civili) et par Lucain (La Pharsale, livre III, vers 530,…) n’apportent aucun renseignement sur l’agglomération proprement dite.]

Traduction P. Fabre, 1936, cité par J.-P. Brun, 1999, p. 79 : « Les Marseillais avaient radoubé de vieux vaisseaux tirés des chantiers et les avaient armés avec le plus grand soin […] : ils y avaient ajouté des bateaux de pêche qu’ils avaient ponté de façon à protéger les rameurs contre les projectiles ; ils les remplirent d’archers et d’artillerie […]. Profitant d’un vent favorable, ils sortirent du port et atteignirent Tauroentum, place forte (castellum) appartenant aux Marseillais ; ils y joignirent Nasidius, prennent les dispositions de combat, se fortifient encore dans la résolution d’engager la bataille et discutent du plan d’attaque. L’aile droite est attribuée aux Marseillais, la gauche à Nasidius. Brutus cingle vers le même port après avoir augmenté sa flotte. Car,  aux vaisseaux qui avaient été construits à Arles sur ordre de César, étaient venus s’ajouter ceux qu’il avait pris au Marseillais au nombre de six […]. L’action engagée, les Marseillais firent preuve d’une bravoure à laquelle rien ne manquait […]. Peu à peu, nos bâtiments s’étaient écartés les uns des autres ce qui permettait aux ennemis d’utiliser tant l’habileté de leurs pilotes que la maniabilité de leurs bâtiments […]. Mêlés aux Albiques, ils tenaient bon d’ailleurs dans le combat au corps à corps et leur courage n’était guère inférieur à celui de nos troupes. En même temps, les bâtiments plus petits tiraient de loin une grande quantité de projectiles qui causaient aux nôtres, surpris à l’improviste et occupés ailleurs, de nombreuses blessures. Et voici que deux trirèmes, ayant repéré le vaisseau de D. Brutus, que l’insigne de commandement rendait aisément reconnaissable, se lancèrent sur lui par chacun de ses flancs. Mais Brutus vit la manœuvre et poussa la vitesse de son bâtiment de façon à prendre une légère avance ; les vaisseaux ennemis, lancés à toute allure, s’abordèrent avec tant de violence que tous deux souffrirent terriblement de la collision et que l’un même, la proue brisée, fut complètement fracassé. Voyant ce qui se passait, les navires de l’escadre de Brutus qui étaient à proximité attaquent ces bâtiments et les coulent tous deux rapidement. Quant aux vaisseaux de Nasidius, ils ne jouèrent nulle part un rôle utile et abandonnèrent rapidement la lutte […]. De la flotte marseillaise, cinq furent coulés, quatre pris, et un s’enfuit avec ceux de Nasidius, qui gagnèrent tous l’Espagne citérieure. »

Note : Lucain, Marcus Annaeus Lucanus, poète latin né à Cordoue en 39, mort à Rome en 63 ; neveu de Sénèque et compagnon de Néron qui le contraignit à se donner la mort à l’âge de 26 ans. Il est l’auteur de la Pharsale, récit de la guerre civile entre César et Pompée.

1183 – 31 juillet : Guillaume Martin, coseigneur d’Orvès, accorde aux chartreux de Montrieux tout ce qu’ils peuvent acquérir dans le territoire d’Orvès  – (Boyer R. p. 452) : Montrieux, in claustro monachorum – Guillaume Martin, coseigneur d’Orvès, annule la réserve qu’il avait faite concernant la paisson des porcs, dans la vente aux chartreux de Montrieux de sa part des droits seigneuriaux sur un quart du territoire d’Orvès. Il accorde d’autre part aux chartreux la faculté de posséder tout ce qu’ils peuvent acquérir dans le territoire d’Orvès.]

Willelmi Martini de pastura glandium.

(Boyer R., 1980, p. 419. Original perdu ; copie de 1597, A.V. 1H2317, d’après l’original perdu ; copie XVIe s., A.V. 1H2311 , fol. 2 ; copie Capus p. 262 ;  IND. Teissier, fol. 23 ; Dubois, p. 33).

1243 – 31 juillet : A Marseille. Hommage de Barral des Baux, fils de feu le vicomte Hugues, à l’évêque et au chapitre de Marseille, pour Cuges, Roquefort, Jullians et les deux-tiers d’Aubagne (de Gérin-Ricard : B. Expédition contemporaine mutilée à son début: Arch. comm. de Marseille, CC 1686; IND.: Dr Barthélemy, Inventaire, n° 286. Boyer R., 1980, p. 419. Original perdu ; copie de 1597, A.V. 1H2317, d’après l’original perdu ; copie XVIe s., A.V. 1H2311 , fol. 2 ; copie Capus p. 262 ;  IND. Teissier, fol. 23 ; Dubois, p. 33).

1243 – 31 juillet : D’après R. Manetti (livre non daté) « La reine Jeanne révoque toutes ses donations comme par exemple celle de Brégançon faite à Jacques Galbert au moment de son passage au château ». En fait, cette décision eut bien lieu mais le 25 mai 1365 : « révocation par la reine Jeanne de toutes le ventes, dons, aliénations du domaine royal en Provence, faits par elle ou son aïeul le roi Robert » (Cortez, 1921, p. 240).

1501 – 31 juillet : Lettre royale renouvelant l’édit du 23 mai 1500 ordonnant aux juifs de Provence de choisir entre la conversion et l’exil (Lobrichon G., 2001). Par lettre, le roi François 1er renouvelle l’édit du 23 mai 1500 ordonnant aux juifs de Provence de choisir entre la conversion et l’exil (Lobrichon G. – Journal de la France et des Français,… p. 447). Des chrétiens comme les Vaudois ne pouvaient dès lors être que suspects. On en voulait surtout à leurs pasteurs, les Barbes, qu’on accusait volontiers d’immoralité, parce qu’ils se recrutaient surtout parmi les prêtres qui avaient rompu avec l’église officielle ; mais, en somme, on n’avait rien de sérieux à leur reprocher et on les aurait laissés tranquilles, si les prédications de la Réforme, les doctrines luthériennes, n’avaient rencontré là un terrain bien préparé, fournissant un aliment à des haines latentes et à des convoitises inavouées. Car c’est parmi ces Vaudois du grand et du petit Luberon que la Réforme recruta ses premiers adhérents vers 1522 (Ribot Henri, Guerres de religion en Provence, Conférence donnée à Découvertes et Civilisations).

1697 – 31 juillet : LE BEAUSSET – Chapelle Saint-Dominique. C’était un modeste oratoire, aujourd’hui disparu au quartier de la Rode (auj. rue du Puits). Elle fut bénite le 31 juillet 1697 : les prêtres fidèles y célébrèrent pendant la Révolution (Chanoine Bouisson, 1936).

1720 – 31 juillet :

-Toulon face à l’épidémie de peste de Marseille – La peste de Toulon, on le sait, est une importation marseillaise : elle régnait en juillet 1720 dans le grand port phocéen, et les Toulonnais qui ont refoulé les barques des fuyards marseillais, après avoir accueilli les premières au Lazaret, ne peuvent alléguer la surprise. Dès le 31 juillet 1720 le corps de ville, dirigé par le premier consul d’Entrechaux, a convoqué un conseil général extraordinaire, élargi aux notables et aux autorités militaires; on y a pris les précautions, raisonnables, que les connaissances du temps permettaient: assainissement et pro­preté. clôture surtout de la ville, qui se protège des arrivées suspectes par terre et par mer, formation d’un bureau, augmentation à six du nombre des intendants de santé. Telle politique de quarantaine ren­forcée, efficace Si elle est réellement hermétique, pose d’entrée de lourds problèmes: le Parlement de Provence, qui autorise des notables d’Aix à faire quarantaine au Lazaret de Toulon, fait se couvrir la rade de barques infestées, que la marine, sans craindre le conflit, pour-chasse et refoule. Mais voilà le Lazaret infecté: Toulon à demi résignée déjà prépare des hôpitaux; à Saint-Mandrier puis au quartier Saint-Roch… Les premiers cas éclatent en ville en octobre: guettée par la mer, la peste est venue d’à côté, de Bandol lourdement infectée, d’où un patron de barque a ramené les germes. Les premiers morts datent de la mi-octobre: les cas resteront isolés et contenus jusqu’à l’hiver dans une ville que l’énergique politique du consul Jean dEntrechaux fait quadriller, visiter maison par maison, approvisionner par des achats parfois lointains (Auvergne), parfois proches, grâce aux vieilles solidarités de voisinage (Lorgues).]

[G. Delattre : A Toulon, la ville est close depuis le 31 juillet 1720, car on craint des navires venant de Marseille (Agulhon M. – Histoire de Toulon, Privat, Toulouse, 1980 ;  G. Delattre, ms inédit. Un historien (il s’agit de Pierre Viatte) a découvert en 1977 un document indiquant que des ballots d’étoffe auraient été déchargés par le Grand St-Antoine près de Toulon avant son arrivée à Marseille. Il est possible aussi que des Marseillais contaminés soient partis pour Toulon (note de l’auteur, p. 18). Cf. à la date du 4-10 mai 1720 (Carrière Charles, Courdurié Marcel, Rebuffat Ferréol – Marseille ville morte – La peste de 1720, Ed. Jean-Michel Garçon, 1988, 360 p., postface citant Pierre Viatte « La peste à Sainte-Marguerite, 1721 », 1977)

– Décisions prises par le conseil de Sanary pour lutter contre la contagion – Lors de l’assemblée du Conseil de ST­NAZAIRE, le neuf août, VIGUIER François, premier consul, fait part de l’arrêt rendu par les seigneurs du Parlement et de la Chambre d’AIX, pris dans sa séance du 31 juillet dont une copie a été- fournie par les consuls d’OLLIOULES. Cet arrêt porte inhibition et défense à toute sorte de personne de quelque état, condition et qualité qu’elle soit d’aborder de la ville de MARSEILLE à AIX et autres villes et lieux de la province pour s’y réfugier attendu le soupçon de peste qu’il y a dans ladite ville et à ceux de la même ville et autres d’y « venir à peine de la vie« . Comme il est très nécessaire de pourvoir à la sûreté de notre lieu à l’exemple de celui de la ville d’AIX, il serait nécessaire d’avoir un nombre d’intendants de la Santé car il n’y a actuellement que deux inten­dants seulement établis à ce jour et qui seraient insuffisants pour sub­venir aux nécessités et précautions présentes, ce qui a été pratiqué par nos pères en 1664. Comme l’affaire requiert célérité, il. faut au plus tôt procéder à ces désignations. Le Conseil nomme aussitôt comme Inten­dants: François VIGUIER, Joseph BROUTIN, François ANDRAQ, Jac­ques DUSSUEIL, Anthoine JAUFFRET, lesquels entrent en fonction immédiatement. Ils sont chargés de résoudre toutes les affaires concer­nant la santé publique; ils doivent « accomoder » les chemins, en ouvrir de nouveaux s’il le faut pour faciliter le passage des étrangers et des habitants; faire fermer les portes et les avenues; et Si nécessaire ordonner la quarantaine à ceux qui viennent de MARSEILLE ou autres lieux soup­çonnés de peste; ils pourront diminuer ou augmenter les gardes des portes Si besoin est; établir cinq compagnies de garde bourgeoise com­mandées par Joseph GAUTIER, Blaise. GRANET, Jean GIBOIN, Jacques AYCA RD, Joseph CHAUDOUL; ils devront aussi fournir des gardes à ceux qui seront en quarantaine. On voit que la besogne ne leur manqua pas. Tout cela entraîna des dépenses dont il fallait tenir un compte exact. La fermeture du bourg nécessitait la fabrication de palis­sades car le bourg ne possédait qu’une porte au bout de la rue appelée du Portail, (aujourd’hui rue Gabriel Péri). De plus, il fut décidé que les compagnies bourgeoises seraient astreintes à un service de garde, jour et nuit, pour la sûreté du lieu et la garde <du port. Pour la nuit, on les munit de fanais. Les gens des compagnies qui n’étaient pas de garde devaient continuer à faire leur métier ou remplir leurs fonctions. De plus, certains jardins donnant à l’intérieur du bourg, sur la campagne, devaient être interdits. On tiendra en permanence un officier avec deux sentinelles à la porte de TOULON et OLLIOULES pendant tout le jour et la relève en sera faite comme le Capitaine de ville décidera. Leur râle est de vérifier Si les arrivants ont le billet de santé. Également, un Inten­dant parmi ceux désignés prendra sa garde tout le jour au bureau de santé. Celui-ci devra connaître tout ce qui abordera et particulièrement ceux arrivant de MARSEILLE. Etant donné qu’il n’y a pas assez d’hommes pour monter la garde et assurer des relèves normales, les veuves, les femmes dont le mari est absent et qui ont leur famille dans le lieu, seront obligées de contribuer au service de garde car bien souvent sont compris dans la garde de pauvres « peizarits tout à fait mendiant ».  Pour éviter toute absence à la garde pour ceux qui sont désignés les absents seront punis d’une amende de cinq livres et resteront enfermés dans leur maison jusqu’au paiement de celle-ci, les insolvables seront. punis de trois jours de prison. Il ne sera reçu dans le bourg aucune voiture, passant, bâtiment de mer, venant de MARSEILLE sous quelque prétexte que ce soit. Les bâti­ments de MARSEILLE devront mouiller hors du port et après leur avoir donné ce dont ils ont besoin, ils devront faire voile vers TOULON ou autre endroit. Il sera payé à chaque personne de garde cinq sols par jour de garde. Se fermer, c’était une mesure prudente, mais comme tous les villages et villes des alentours se fermaient depuis la peste de MARSEILLE, maintenant à AUBAGNE, les vivres vinrent à manquer. On ne pouvait plus entrer dans le DAUPHINÉ, ni dans le PIEMONT, et tous les lieux de la montagne de la province avaient enfermé tous leurs grains. De plus, on manquait d’argent car le commerce s’ était pratiquement arrêté et les impositions ne rentraient pas. On décida de faire un emprunt pour acheter cent charges de blé et deux cents moutons, ouà défaut des bœufs. Quelques temps après, les deux personnes désignées pour aller acheter des moutons, à savoir, Pierre ROUNARD, boucher, Jean GRANET, berger, revinrent de RIEZ. Ils ramenaient 82 moutons et trois menons (béliers). On avait pu acheter des moutons, les consuls de TOULON acceptè­rent de laisser sortir du blé. Un marchand de TOULON, BLANCARD, vendit cent soixante charges d’un « beau bled du Levant ». Une fois payé le droit de « table de mer », une tartane vint apporter ce blé au port. (Rotger B., 1984 )

du 31 juillet au 15 octobre 1721 : des Sanaryens dévoués se sont offertes comme « Corbeaux » – A la menace de contagion, quatre personnes dévouées se sont offertes comme « Corbeaux » pour ensevelir les morts. Ce sont des citoyens qu’il faut absolument citer pour conserver leur mémoire: Jean AYCARD, Jean COUREY, Joseph AUBERT, Jean FLOTTE. De plus, pour nourrir les malades dans les infirmeries, deux autres volontaires seront pourvoyeurs, ce sera: Jacques ESPANET et Jean CHARPIN. On loge les « corbeaux » dans un séchoir à PQRTISSOL appartenant à Joseph FULGONIS, bourgeois du BEAUSSET. Ils exerceront leur fonction avec un grand dévouement du 31 juillet au 15 octobre 1721. Nous n’avons pu savoir s’il s’agissait des membres de la Confrérie des Pénitents blancs (Rotger B., 1984 ).

1789 – 31 janvier :  – M. de Lally-Tollendal a lu devant l’Assemblée nationale un discours prononcé par Necker devant l’Assemblée des représentants des districts de Paris. Necker con­jure les représentants de la Commune de Paris de cesser les exé­cutions capitales ; en ce mois de juillet, la Révolution triomphe dans un bain de sang qui excite davantage encore les plus extrémistes.

(la maison de Marius Michel à Sanary, montée Courbet, telle qu’elle était au moment de sa construction)

1857 – 31 juillet : Blaise Jean Marius MICHEL marié à Marie-Louise Augustine SERIS, née le 16 Décembre 1830 à MARSEILLE. Il a deux enfants, Marie Joséphine Amélie, née à CONSTANTINOPLE, le 25 Janvier 1857, et Alfred Pierre Marie, né le 25 janvier 1860, à MARSEILLE. Il est le fils de Jean Antoine MICHEL, lieutenant de vaisseau dans la marine royale, et de Joséphine LAUTIER, tous deux de SAINT-NAZAIRE

1867 – 31 juillet : agenda de Jean Baptiste Hermitte, 1er adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – 31. Mercredi – S. Germ. L’Aux. Beau temps – calme l’après-midi – Aujourd’hui, on se repose des émotions et des fatigues de ces jours-ci. Les tambours sont partis le matin et l’on n’entend plus ce brouhaha de la population tant exotique qu’indigène. Quelques foires sont parties. Les étrangers qui sont venus voir notre fête, chez des amis, s’en vont chez eux.

1892 – 25 janvier : c’est la bénédiction de la nouvelle église de Sanary, par le vicaire général AGARRA T, en présence du nouveau curé de la paroisse, Monsieur BREMOND. Une grande foule assistait à la cérémonie à laquelle prirent part le Conseil de Fabrique, le Conseil Municipal, le Syndic de la Marine avec la prud’homie des pêcheurs en robe. Il y avait pour le clergé, le chanoine JAUFFRET, curé doyen de LA SEYNE, le chanoine GUIOL, curé de St-Joseph de MARSEILLE, le chanoine ARNAUD, curé doyen d’Ollioules, le chanoine BOUISSON de TOULON, le chanoine FABRE du diocèse de Constantine, natif de St Nazaire, et bien d’autres membres du clergé de Toulon et des villes voisines. Les chants étaient interprétés par la Maîtrise de LA SEYNE, et l’excellente musique « La Saint-Nazairienne » a exécuté divers morceaux de circonstance avec un « rare bonheur » (Rotger B. 1984).

L’église actuelle, construite entre le 27 avril 1891 et le mois de juillet 1892, sur les plans de l’architecte Page de Toulon, est bénite le 31 juillet 1892. La démolition de l’église de 1570 et la reconstruction de la nouvelle ont été faites aux frais de Marius Michel dit Michel Pacha (Delattre G., Saliceti P.).

1914 – 31 janvier : ASSASSINAT DE JEAN JAURÈS – Alors qu’il dîne au café du Croissant, rue Montmartre, dans le 2e arrondissement de Paris et à deux pas du siège de son journal, L’Humanité, Jean Jaurès est atteint par deux coups de feu tirés pat Raoul Villain : une balle lui perfore le crâne et l’autre se fiche dans une boiserie. Jaurès s’effondre, mortellement atteint. Ce meurtre met un terme aux efforts désespérés que le tribun socialiste avait entrepris depuis l’attentat de Sarajevo pour empêcher la déflagration militaire en Europe. Il précipite le ralliement de la majorité de la gauche française à l’Union sacrée, y compris beaucoup de socialistes et de syndicalistes qui refusaient jusque-là de soutenir la guerre. Cette Union sacrée n’existera plus en 1919 lorsque son assassin sera acquitté. Le transfert des cendres de Jaurès au Panthéon, en 1924, soulignera une autre rupture politique intervenue au sein de la gauche, entre communistes et socialistes

1944 – 31 janvier :

1. Archives de Sanary, Lettre de la Feldkommandantur 800 au général Guichard, traduite le 31 juillet 1944 et transmise au maire de Sanary le même jour. Arrivée en Mairie le 3 août 1944 :] «  (…) Evacuation et destruction. Commune de Sanary. Maison route de la gare du Sud – coopérative vinicole ; maison Bd Maréchal Pétain – Ch Lautier ; Villa et pavillon et maison bd Maréchal Pétain, Vve Boyer ; Maison « La Mignonne », bd Maréchal Pétain ( Aragon) ; Garage et Granges, bd Maréchal Pétain (Sté Autos Cars) ; Villa, bd Maréchal Pétain (Vve Maillet) ; Maison, id. (Lesnard Georges), Maison, id. (Lautier Jules). »

2. Le 31 juillet 1944, le commandant Antoine de Saint-Exupéry disparaissait lors d’une mission aérienne sur le sud-est de la France, laissant derrière lui une œuvre  riche d’esprit qui nous fait encore rêver. Le 31 juillet 1944, à 8h 30, ou 8h 45, le commandant Antoine de Saint-Exupéry s’élance sur la piste de l’aérodrome de Bastia, à bord de son appareil, un Lightning P-38, pour ce qui doit être une mission de reconnaissance au-dessus de Lyon. Le radar du Cap Corse suit l’avion jusque dans le midi de la France. Il aurait dû être de retour à 12h 30. On ne le reverra jamais. En octobre, il rejoindra la liste des écrivains français tombés durant la guerre, tels Crémieux, exécuté par les Allemands, et Jean Prévost victime d’une embuscade dans le Vercors. Considéré comme disparu, il ne sera officiellement reconnu mort pour la patrie qu’en avril 1948.

Comme l’a si bien résumé Stacy de La Bruyère en 1994, si son œuvre est mince – sa vie fut si courte -, en partie datée, souvent incomplète, elle est riche d’esprit et nous fait aller au-delà de nous-mêmes. Elle nous fait rêver. La liste de ses livres s’étend de Courrier Sud, Gallimard, 1929, rééd. Livre de Poche, 1959 et 1962, 190 p. jusqu’aux ouvrages posthumes tels Citadelle, Gallimard NRF, 1948, rééd. 1958, 531 p. ou Ecrits de guerre 1939-1944, préface de Raymond Aron, Gallimard, 1982, rééd. Folio 2573, 1994, 520 p. sans oublier « Le Petit Prince » enregistré avec la voix de Gérard Philipe (un disque vinyle 33 tours 25 cm, 1962). Quant aux biographies, elles font florès telles celles écrites par Consuelo de Saint-Exupéry, Simone de Saint-Exupéry, Virgil Tanase, Paul Webster, Renée Zeller, R.M. Albères, Pierre Chevrier – Antoine de Saint-Exupéry, Stacy de La Bruyère, Luc Estang, Joseph Kessel, Jacques Pradel, Luc Vanrell, …

EN DIRECT DE NOS ARCHIVES.

SANARY-SUR-MER – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et ÉDIFICES. 310e livraison).

A la Piole, la Cote 147 fut le camp des douze cents hommes du 79e Régiment d’Infanterie.

(suite) A environ 20m en avant, et à l’Ouest de la ligne de parapets, un poste d’observation (7), probablement réservé à l’officier de tir, est lui aussi construit en pierre sèche.

3) Sur le côté ouest, aisément accessible par un vallon montant depuis le bassin de Sainte-Trinide, une série de 6 murs (8), de hauteur et d’épaisseur voisinant 1 m, se succèdent. Quelques constructions annexes peuvent être interprétées comme des postes de garde et d’observation.

4) Ces murs ouest forment, avec les restanques renforcées du côté sud,  un passage en chicane (9)de largeur jamais inférieure à 3 m. Ce passage pouvait donc être emprunté par des chariots,, depuis le pentagone centraI, voire par des canons et leur caisson. Bien qu’indirectement, il atteint la terrasse des emplacements de tir des canons.

5) L’angle sud-ouest est prolongé par une série de murs en angle aigu constituant une défense avancée, comportant un second passage piétonnier caladé, un poste d’ observation, et des possibilités de circulation de chariots ou canons entre les extrémités des murs disposés en quinconce.

6) Le côté sud comprend en avant, des emplacements de tir pour des canons, une série de terrasses comportant des parapets, et présentant la particularité de laisser un passage en chicane (11),  sur l’avant de chaque pièce. Aux extrémités ouest et est de ces parapets, à hauteur des chemins d’accès privés actuels, mais déjà existant probablement à l’époque, des constructions très dégradées peuvent être interprétées comme des postes de garde (12) renforcés, au nord comme au sud, par un mur de protection en banquette (13)  permettant des tirs de mousqueterie battant les chemins d’accès.

S’il n’y a pas de point d’eau sur le sommet de cette colline, il existe des puits dans chacun des vallons montant soit du Lançon, soit de Sainte- Trinide.

Ultérieurement, la conservation des structures a été assurée par un berger qui a utilisé le pentagone central comme vanade pour son troupeau. l1 n’a eu qu’à fermer le passage d’entrée de l’angle nord-est par un muret nettement plus mince que les autres, mais aujourd’hui effondré. Il a établi sa cabane (16), construite en et moellons, dans le passage de l’angle sud-ouest. Contre la cabane, s’appuie un appentis construit en pierre sèche réservé à l’âne. Les postes d’observation, utilisés encore comme postes de chasse, ont par ce biais été conservés. Par contre, toute la partie est, située hors du mur du pentagone central, a été remaniée. Des terrasses agricoles (14) ont construites selon un module bien plus large que les précédentes. L’excédent de pierres utilisées par les militaires a été regroupé en de nombreux clapiers..

La partie située au nord du pentagone central est un grand champ plat, maintenant abandonné. Un chemin d’accès privé y existe toujours. (A suivre)

MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS  – 510e livraison :

(Marseille, l’arsenal des galères).

(suite) après Richelieu et jusqu’à Colbert, il n’est plus, pour la Marine qu’abandon et détresse. En 1663, les 65 vaisseaux de 1642 sont réduits à une vingtaine ; 6 corps de galère moisisse dans les ports ; les autres sont coulés à fond dans le port de Toulon. La chiourme compte à peine 8 à 900 forçats .

Dès 1663,  Colbert entreprend suivant une impeccable méthode la réalisation d’un plan bien conçu. En Méditerranée, il procède d’abord à une sorte de liquidation. On vend les galères inutilisables on dégage les accès du port de Toulon puis comme on veut aller vite, la flotte et l’armement son temps partie reconstitué au moyen d’achat fait à l’étranger/ en même temps Colbert organise l’exploitation des ressources naturelles du Royaume et commence la réfection des arsenaux. Après les grands travaux de Rochefort et de Brest, Marseille à son tour. En 1667, sur l’ancien plan Fourmiguier, est établit le parc de l’arsenal des galères et ses cales couvertes pour la construction des navires. En 1680, après l’incendie qui détruit à Toulon une partie des anciens bâtiments (1677), une un grandiose arsenal sera construit à l’ouest du port. Vauban y aménagera une darse pouvant contenir 100 vaisseaux, entourera la ville de fortification, il fera établir des ouvrages qui commanderont la rade. Pour conduire et maintenir l’administration de la Marine dans les voies qu’il a tracées Colbert se sert d’intendants spéciaux, installés un poste fixe dans les grands ports : Toulon est la résidence d’un intendant de la Marine, Marseille d’un intendant des galères. Ces agents supérieurs ont sous leurs ordres tout le personnel des commissaires, contrôleurs, trésoriers, écrivains du roi (A suivre).

LA SEYNE-SUR-MER. 212e livraison :

La création de la première administration municipale de La Seyne eut lieu le 22 avril 1658. Ces édiles n’étaient pas élus, mais choisis parmi les notabilités c’est-à-dire les possédants. Furent élus et nommés : — les trois nouveaux consuls : Antoine Lombard (premier consul et maire), Honoré Tortel et Jacques Pascal (deuxième et troisième consuls, adjoints au maire). Les premiers conseillers du corps municipal étaient au nombre de huit ; un auditeur forain ; le greffier et notaire royal ; le capitaine de ville ; le trésorier ; les quatre intendants de santé ; le capitaine de port ; des experts-jurés ; les recteurs de l’hospice et de l’œuvre de la Miséricorde ; un sergent de ville et trompette public ; un peseur public ; un fontainier et autres fonctionnaires municipaux. L’assemblée désigna, en outre, les marguilliers de la paroisse Notre-Dame-de-Bon-Voyage, du Saint-Sacrement, du Rosaire et de Saint-Jean-du-Purgatoire ; de plus, l’Enseigne de la Jeunesse. Il fut décidé, conformément d’ailleurs à la coutume de Provence, que le Conseil municipal serait renouvelé régulièrement, selon les usages en vigueur, électeurs et candidats devant être de bonne vie et mœurs, savoir lire et écrire, être inscrits au cadastre ou livre terrier, bons catholiques et fidèles sujets du roi. Tous prêtaient serment devant le viguier, lieute­nant de juge. On votait avec des boules blanches et noires populairement appelées « balottes ». Un règlement intérieur fut établi pour définir les obligations et gages des officiers municipaux (Louis Baudoin, 1965, p. 174-175).

Parmi les édiles de la première administration publique fut nommé un Capitaine de port, dont la responsabilité était grande avec les problèmes d’entretien, de surveillance, de trafic de marchandises. Cependant on n’y trouve pas de préposé à la surveillance, à l’entretien ou à la création des voies de terre. À la vérité, rien ne précisait, sous l’Ancien Régime, à qui en revenait la charge. Ce ne sera qu’après la Révolution de 1789 que la ville, devenant propriétaire des chemins, des rues et des places, sera dans l’obligation d’en assurer l’entretien (Marius Autran, tome 1, 1987).

Pour assurer l’équilibre du budget qui comprenait, dans son passif, outre des dépenses ordinaires de toute communauté, des créances résultat des procès antérieurement soutenus par les syndics de l’ancienne succursale de Six-Fours, la nouvelle communauté de La Seyne recourut naturellement aux impôts et aux taxes. Il fallait compter aussi avec les prestations pour la province et le royaume. L’imposition directe la plus importante était la taille royale (qui a été remplacée, de nos jours, par la taxe foncière). Il existait trois sortes de tailles : la taille réelle perçue sur la propriété, la taille personnelle prélevée sur les revenus provenant du commerce et de l’industrie et la taille mixte provenant des deux premières combinées. La capitation, à payer au roi par les villes et communautés, était calculée par tête d’habitant. Voici quelques chiffres, concernant la Provence,  à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle : Toulon, 60.238 livres ; Marseille, 207.934 livres, 13 sols, 4 deniers ; les états de dettes des communautés de la Viguerie de Toulon, années 1690-1718, intéressent celles de La Garde, de La Valette, de La Seyne, du Revest, de Sainte-Marguerite et de Six-Fours. (Arch. départ, des Bouches-du-Rh., Intendant, de Provence, série C).

Pour répondre aux besoins extraordinaires de l’Etat, on y ajoutait le vingtième du revenu imposé. En outre, le clergé des anciennes provinces, qui était exempt de l’impôt du vingtième et de la capitation, votait dans ses assemblées des dons gratuits qui rapportaient une moyenne de 3 à 4 millions de livres par an. Il y avait encore les impôts indirects, ceux des fermes locales : sur le vin, les spiritueux, les produits travaillés, les cartes à jouer, etc. ; ceux de la ferme générale (province et Etat) : sur le sel (la gabelle), droits d’octroi et de circulation, le tabac, etc. et aussi les journées de prestation (la corvée) pour des travaux publics : édifices, ponts, chemins. A toutes ces charges, il faut encore ajouter la dîme, redevance ecclésiastique perçue sur le seul revenu et qui variait selon le revenu lui-même. La dîme était affectée à assurer le culte religieux, l’entretien du clergé, celui des églises, des institutions et des œuvres d’assistance. Car il y a lieu de noter ici qu’il n’existait, avant la Révolution, ni budget de l’Assistance publique ni budget de l’Instruction publique et que ce sont les finances ecclésiastiques qui subvenaient aux dépenses de ces postes assurés par des milliers de prêtres, religieux et sœurs de charité au service des âmes, des pauvres, des malades, des vieillards, des étudiants et écoliers. Toutefois, l’Etat et la province y contribuaient par leurs subventions et des municipalités assuraient souvent le fonctionnement d’écoles ou collèges qu’elles avaient, elles-mêmes, créés (Louis Baudoin, 1965, p. 175-177).

TOULON ANCIEN ET SES RUES (L. Mongin, Toulon ancien et ses rues, tome 1, 1901) – 33e livraison. (suite) Rue Baudin – Rue des Boucheries — Place et rue des Orfèvres – Place de la Poissonnerie –

(suite) Appelée le 2 vendémiaire, an III, J.-J. Rousseau (Archives communales modernes. Registre des Délibérations an III) et le 4 vendémiaire, an VII, rue Cicéron, elle reprit après la période révolutionnaire son nom de rue des Beaux Esprits. Un décret du 26 janvier 1889 lui a attribué celui de rue Baudin. (Archives communales modernes. Registre des Délibérations an III).

Devant la porte d’entrée des prisons civiles, prend naissance une impasse qui rappelle par sa configuration la rue de l’Equerre. Elle est mentionnée dans les plus vieux cadastres sous le nom de carriera Perduda (Archives communales, GG. 86). Au XVIIe siècle elle était encore habitée par quelques familles aisées.

A l’extrémité Sud de la rue Baudin et à gauche, en descendant, il existe un passage qui fait communiquer cette rue avec la place Vincent Raspail. C’est tout ce qu’il reste de nos jours d’une très ancienne rue appelée indistinctement caméra darrier la Canal, carriera tras la Canal, carriera de la Canaou (Archives communales, GG. 86). Elle devait son nom au canal qui passait dans ce quartier et qui allait se jeter dans les fossés de la ville par le trou de Mauronne (Voir rue des Bonnetières).

Cette rue longeait la partie Nord du Couvent des FF. Prêcheurs, et aboutissait près de Gleyza de Sant-Vinssens. (Place Saint-Vincent actuelle). A suivre !

UNE BLAGUE (qui n’en est pas une) POUR LA ROUTE.

La parole est à Jean-Charles :

« Dans tous les pays du monde, les policiers procèdent à des confrontations. À Bruxelles, on plaça comme c’est la règle un suspect au milieu d’une demi-douzaine d’inspecteurs de police. Le témoin n’hésita pas. Il désigna un des policiers. Le suspect fut donc libéré mais avant de partir il demanda au commissaire :

« si le témoin m’avait désigné, aurais-je été arrêté ?

« Oui certainement !

« Alors pourquoi n’arrêtez-vous pas votre inspecteur ? »

Excellente journée à tous !

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