ÉPHÉMÉRIDES DU MERCREDI 3 AVRIL 2024, 13e ANNÉE (n° 4111)
FÊTES.
Bon lundi à tous et vive les 75 000 Richard de France que nous fêtons aujourd’hui, même s’ils doivent leur nom à un ancien évêque anglais (1244-1253).
C’est aussi le jour du hêtre au calendrier républicain de l’an II, arbre appelé le fayard dans le Nord, le fau ou faou dans le Midi, autrement dit le fagus sylvatica Linné qu’on survit dans la forêt de la Sainte Baume ! A Signes, nous avons un puits du Faou et, à Solliès-Toucas, un Plan dei Faou (cf. Cahier du patrimoine ouest varois n° 12, 2009, p. 80).
DICTON :
Le 3 avril nous offre un dicton, non pas sibyllin comme d’habitude, mais un bon, un vrai, un court, rempli de promesses ou de malheur : « Comme est fait le trois, est fait tout le mois ! ». Regardez la météo d’aujourd’hui et croisez les doigts avant de passer à nos éphémérides.
LOCUTION PROVENCALE.
« Paroles longues font les jours courts » (Michel Vovelle, Proverbes et dictons provençaux).
PENSÉE.
« Ne méprisez la sensibilité de personne. La sensibilité de chacun, c’est son génie », Charles Baudelaire.
ÉPHÉMÉRIDES.

(1850 * Marseille – Le vieux port et le bassin de la Joliette. CCM 1949)
1229 – 3 avril : Albannia (cartulaire de Saint-Victor, charte 625). AUBAGNE – chef-lieu de canton, arrondissement de Marseille. Mention

1248 – 3 avril : différend entre les chartreux de Montrieux et plusieurs « caslans » et hommes de Méounes – Acte 41 du cartulaire de Montrieux par lequel Benoît d’Alignan, évêque de Marseille, arbitre un différend entre les chartreux de Montrieux, d’une part, et plusieurs « caslans » et hommes de Méounes, d’autre part, concernant les droits de ces derniers dans le défens de Montrieux et les droits des chartreux dans le territoire de Méounes (Boyer R., 1980, p. 427-432 : original parchemin). Le chapitre général de l’ordre des Chartreux, siégeant à la Grande Chartreuse, confirmera cette sentence (Boyer R., 1980, p. 643 : acte non transcrit dans le cartulaire de Montrieux).
1284 – 3 avril : DROIT DE PÂTURAGE DES BÊTES DE MONTRIEUX – Acte 373, cartulaire de Montrieux par lequel, à Toulon, Guillaume Callol de Méounes remet aux Chartreux de Montrieux la somme de 2 sous et 2 deniers sur le cens annuel qu’ils lui versent pour un pâturage à Méounes (Boyer R., 1980, p. 659 : acte non transcrit dans le cartulaire de Montrieux).
1311 – 3 avril : lieux-dits de Marseille – La Marroniera (charte aux archives de la Major). La MARRONIERE – lieu-dit au quartier Saint-Charles (1872).
1502 – 3 avril : Christophe Colomb entreprend son QUATRIEME et DERNIER voyage avec 4 navires et 150 hommes.
1504 – 3 avril : lieux-dits de Marseille – Colletum de los Altenes (archives de l’évêché). Les Antènes – lieu-dit, quartier des Martégaux (1872). Première mention : 1496 – 13 juin, Valloun des Antenes, (registre n° 82 des archives de l’Evêché).
1646 – 3 avril : le chevalier Paul effectua le 3 avril un coup de main sur Naples avec une escadre de six vaisseaux et réussit, après quatre jours de violents combats, à échapper à des forces très supérieures.

(Plusieurs bâtiments de guerre français ont porté le nom du Chevalier Paul, tel ce contre-torpilleur photographié à_Toulon_le_18_juillet_1939 (coll. H. Ribot)
1663 – 3 avril :

lieux-dits de CASSIS mentionnés aux archives de Saint-Victor (cliché H. Ribot : Cassis-Le-chateau en 1999) –
– Vallon de Jean Flori, dit Doment. DOMEN, lieu-dit sur la limite vers La Ciotat (1872).
– L’ESCOURCHE, chemin par lequel on va de Cassis à La Ciotat (1872)..
– Vallon de la Mercolline. LA MERCOLINE, vallon sur la limite du terroir de Ceyreste (1872).
– Plaine de Mentore, Montaure. MONTAURI, quartier rural (1872).
– Les Brusquières – quartier rural, près la mer, sur la limite du territoire vers La Ciotat (registre aux archives de Saint-Victor).
– Egueyers – sommet d’une colline sur le versant de laquelle est l’auberge d’Eguyet, lieu-dit vallon d’Arnaud, sur la limite du territoire, vers La Ciotat.
– Puys d’Ollier. Pas d’Oullier – lieu-dit, quartier de Mountaure (1872). Première mention : Costa Bertrandi Olerii, 28 décembre 1439 (registre aux archives de l’Evêché).
– Romagoa (ibid.). Romagoua – lieu-dit, quartier de Montaouri. Première mention : Romegoua, 16 octobre 1443 (registre aux archives de Saint- Victor).
– Serriere de Sengle. Le Sengle – éminence sur la limite des territoires de Cassis et de La Ciotat, vers la mer.
– Thomasson ou Thomassin – vallon sur la limite des territoires de Cassis et de La Ciotat.
– Vallon de Callènes – lieu-dit, sur la limite des territoires de Cassis et de La Ciotat.
-Vallon de Guilhem Pichon – lieu-dit, sur la limite du territoire, vers Ceyreste.
– Le Cendrolier – plaine pierreuse, entre le quartier de Romagoa et la plaine de Mentore.
1674 – 3 avril : lieux-dits de Marseille – Vallon de Lours (registre aux archives de l’Evêché). Mention précédente le 19 juillet 1571, Camp de Lours, (registre aux archives de l’Evêché). Camp de Lours – lieu-dit, dans les collines de la Gardiole.
1678 – 3 avril : Le 3 avril 1678, demande renouvelée de Sanary pour se séparer d’Ollioules et arrêt du Roi – Le seigneur de Vintimille qui n’était pas en très bons termes avec les habitants d’Ollioules faisait tout ce qui était en son pouvoir pour détacher le bourg de Saint-Nazaire de la communauté d’Ollioules. Il poussait les habitants de Saint-Nazaire à interjeter appels sur appels des arrêts rendus, à tel point que Louis XIV prit en 1678 l’arrêt suivant contre les habitants de Saint-Nazaire : …
« sur la requête des Consuls et communauté d’Ollioules, commandons au premier huissier de signifier le dist arrest aux habitants de Saint-Nazaire cy dénommés et à tous autres qu’il appartiendra et que nul n’ignore et pour son entière exécution et de nos lettres patentes du mois de décembre 1663 et arrest de nostre Conseil du 19 janvier 1677, y susnommés à la requête des dits Consuls et communauté d’Ollioules faire tout commandement, sommation et défense, sous peine y contenues et autres actes et exploits nécessaires sans autre permission… Notification faite aux habitants de St-Nazaire de la sentence extraite des Registres du Conseil d’Etat : … que le lieu et quartier de Saint-Nazaire soit du territoire d’Ollioules, qu’il en soit inséparable… Car il importe d’observer que le sieur de Vintimille, seigneur du lieu d’Ollioules, ayant pour son seul intérêt formé depuis des années le dessein de la séparation du territoire et communauté d’Ollioules et suscité pour ce sujet les dits habitants du quartier de St-Nazaire. Sa majesté,… informée que cette séparation ruinerait le dit territoire et Communauté aurait déclaré par ses lettres patentes du mois de décembre 1663 ne vouloir point souffrir qu’il fût fait aucun corps de communauté au dit quartier de Saint-Nazaire… Ordonnons que les lettres patentes de 1663, 1668, 1669, 1672 et 1673 seront exécutées… (avec interdiction aux) dits habitants de St-Nazaire de ne se plus pourvoir… trois mille livres d’amendes payées sans dépôt à la première contravention.
Rien de plus opiniâtre qu’un Saint-Nazairien, car en 1678, une nouvelle demande de séparation fut encore faite.
Le Roi Louis leur fit cette fois, défense de renouveler une telle demande sous peine d’une forte amende.
Le principal obstacle à cette indépendance était Colbert qui voulait protéger son oeuvre de Toulon contre toute concurrence pour le trafic des bâtiments de guerre (Castellan, 1937, p. 74 ; A. Place, H. Ribot, P. Chazal, B. Rotger, 1982).

(Sanary, terre de la Clavelle, plantée de vignes. Cl. Sans-Martinez, 1937)
1712 – 3 avril : A Sanary, la terre laissée libre par la disparition des oliviers a été replantée en vigne – Les grands froids de 1709 avaient détruit une très grande quantité d’oliviers. La récolte des olives, la fabrication de l’huile avaient été depuis longtemps l’une des principales ressources de l’agriculture locale. La terre laissée libre par la disparition des oliviers a été replantée en vigne. Trois ans après, ce n’est plus l’olivier qui assurera les revenus des paysans de Sanary, mais la culture de la vigne et la fabrication du vin. A tel point que, par une délibération du 3 avril 1712, le maire de Sanary proposa que le grand moulin d’olives de la communauté fût transformé pour recevoir des cuves vinaires. Il est décidé que tous les grands engins qui servaient à presser les olives seront démontés et vendus. A la même époque, Le blé arrive de toutes parts, à tel point que les boulangers du lieu demandent au Conseil de diminuer le prix du pain vendu deux sols la livre. Les communes voisines vendent leur pain moins cher maintenant et les boulangers locaux ont peur de perdre leur clientèle si on n’aligne pas le prix sur celui des lieux circonvoisins. Les Sanaryens commencent à aller acheter leur pain à SIX FOURS par exempte où il est moins cher. Les boulangers demandent donc aux maire et conseillers « la diminution du pain sur le prix de vingt-un deniers la livre à condition que la communauté diminuera le prix de la charge de blé qu’elle leur vend », car « Il est apparent que le blé et prix du pain viennent tous les jours à diminuer par rapport au chargement qu’il en aborde tous les jours, en ayant même un chargement en ce lieu venu du LANGUEDOC et dont le marchand ne trouve aucun acheteur » (Rotger B., 1984). Une décision qui semble découler de cet état de choses : Dans son Conseil en date du 20 juin 1713, le roi supprime pour les habitants du pays de Provence, Arles et terres adjacentes, le droit sur les huiles.

(Ollioules-cadastre-1829-section-A-le-village)
1714 – 3 avril : Impossibilité pour Ollioules de payer par imposition sans faire déserter la ville qui est alors terriblement endettée (157 987 livres dues aux maisons ecclésiastiques).] … pour parvenir à payer, le Maire, dans l’état où se trouve ce terroir par la mortalité des oliviers qui en faisaient presque tout le revenu, n’a que le revenu de la mouture produite par les moulins, le jardin appelé Loutin, une propriété appelée la Plantade, la halle à blé et le moulin qui servait autrefois à détriter les marcs des olives, dont on se sert aujourd’hui pour la ferme du septain que la Communauté exige des habitants et des forains pour subvenir au payement des charges courantes. [Le Maire conclut que de tout cet inventaire, seule la pièce du Loutin qui est arrosable, et le droit de mouture peuvent être aliénés, que le reste ne peut être vendu qu’à vil prix. Quant à la Plantade, il est nécessaire que les rejetons des oliviers soient entrés en vigueur pour lui redonner du prix. De même, on ne saurait se séparer de la halle au grain car on y vend les denrées et y perçoit la ferme du piquet Le même texte nous apprend que les moulins à blé ne peuvent être aliénés sans poser de graves problèmes car 1°] les eaux des moulins d’Ollioules servent pour l’arrosage des particuliers qui ont des biens et des terres arrosables, et ce serait engager les habitants et possédants biens à des procès infinis… avec ceux qui achèteraient les dits moulins pour répartir la faculté des arrosages ; [2°] … ces moulins sont affermés aux meuniers à raison de 4 deniers par panal pour moudre le blé et autres grains… ; [3°, si ces moulins étaient vendus, les acheteurs pourraient alors choisir leur clientèle, ce qui porterait préjudice à la Communauté, et rendrait le lieu encore plus « déshabité » ».] Sur quoi, le Conseil délibère et donne pouvoir au Maire et aux Consuls de supplier … l’intendant de faire attention à l’état pitoyable où le lieu se trouve pour pouvoir payer par imposition et de vouloir bien procurer à cette communauté la vente du droit de mouture sur le pied de 5% avec cette condition que les créanciers qui opteront seront payés sur le pied de 3,5%, ce qui est d’autant plus juste que les terres ne sont pas actuellement d’un grand rapport et que les moulins se trouvent chargés d’une cense de 8 charges, 4 panaux, 6 picotins et 2/3 de picotins de blé annuellement, en faveur du seigneur du lieu, pour la portion la concernant des 12 charges de la cense qu’elle faisait pour les dits moulins avant la séparation avec la commune d’Ollioules (Castellan, 1937, p. 121-124).
1720 – 3 avril : LA PESTE EST EN ROUTE POUR MARSEILLE – Nul ne le sait encore – sinon le commandant, capitaine Chatau, mais le navire qui va amener la mort en Europe, le Grand Saint-Antoine, part de Syrie où il y a la peste. Chargé d’étoffes, il fera escale au Brusc du 4 au 10 mai (André Maurice, décembre 1983).
1721 – 3 avril : Nouvelle alerte À la peste à Marseille – Une mort suspecte, rue de la Croix d’or (André Maurice, décembre 1983, CEL Cannes).
1731 – 3 avril : lieux-dits de Marseille –Le Rouet (registre aux archives de la Major). Le Rouet – village (en 1872). L’église, sous le titre de l’Assomption, était un prieuré de l’abbaye de Saint-Victor. Il en existe diverses investitures en son nom : du 5 novembre 1633, en faveur de Philippe de Tournes; du 22 septembre 1704, en faveur de Charles de Cypriani ; du 6 avril 1764, en faveur de Gabriel Raynaud, clerc du diocèse de Grasse. Première mention : Colla Rouilh, . 4 mai 1245 (charte aux archives municipales).
1793 – 3 avril : la municipalité du Beausset reçoit une lettre alarmiste de son homologue de Cuges. « 64 hommes échappés de la phalange marseillaise vont de village en village faire contribuer (c’est-à-dire : rançonner) et vexer les bons patriotes ; aux armes citoyens, aux armes… Il y a apparence qu’il se trouve parmi cette bande de brigands quelqu’un qui s’entend et qui est de correspondance avec les bandits révoltés du côté de la Vendée… tenons nous prêts… »(Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution Française)
1794 – 3 avril :

DeuxIème audience du procès de Danton et des dantonistes devant le tribunal révolutionnaire (cf. la ci-devant journée).
LABORIEUSE LEVÉE DES VOLONTAIRES DANS CERTAINES COMMUNES DU VAR – En ce qui concerne la levée des volontaires ordonnée à cette époque, leur recrutement et leur organisation paraissent avoir été fort laborieux dans certaines communes du Var ; le 7e Bataillon de volontaires du Var perdit, du fait de la désertion, deux cent quatre hommes antérieurement au 14 germinal de l’an II (Louis Baudoin, 1965). Le 14 germinal an II, 3 avril 1794, Portal écrit de Brignoles à la municipalité du Beausset. Il se plaint de ce que « les citoyens du Beausset ont presque tous quitté le bataillon ». Cela n’est pas particulier au Beausset. Le phénomène est général, à tel point qu’il faudra bientôt menacer, dans toute l’étendue de la République, les « réfractaires » à la réquisition, d’être considérés comme émigrés et, comme tels d’être soumis eux et leurs familles aux lois concernant les émigrés et parents d’émigrés. Cela oblige Portai à enrôler des citoyens des environs. Et comme il ne dispose que de peu d’armes, il demande à ce que Le Beausset lui envoie au moins 60 fusils avec leurs baïonnettes, y compris les deux que son beau-père a encore chez lui ! S’occuper des effectifs et de l’armement du bataillon, ce sont là des préoccupations d’ordre militaire. Mais Portal est aussi un soldat politique. Et il fait part de sa satisfaction de la réorganisation de la société patriotique du Beausset. Portal précise qu’il « désire que quelque bon patriote soit investi de la confiance du peuple pour l’instruire, et lui faire connaître ses droits et ses devoirs ». Il termine sa lettre en recommandant « … de se méfier des intrigants, et avant d’admettre quelqu’un à la société, qu’on le connaisse bien. Je vous conseille défaire regraver les planches de cuivre pour les cartes et les diplômes afin d’annuler les anciennes ». Pense-t-il encore à Jean Bizot ? On se rend compte que même à Brignoles, Portal s’occupe tout autant des problèmes militaires que de « politique beaussétane ». Et au Beausset, chez les patriotes, c’est manifestement une « épuration » qui est à l’ordre du jour, début avril 1794 (Delaforge G., 1995, p. 106).
Treize jours après son arrivée, le dernier arrivage de blé en provenance de Nice est presque épuisé. Louis Giraud d’Etienne est chargé de se rendre auprès du représentant Ricord, à Nice, afin de « refaire les stocks ». Il doit faire venir le tiers de ce qu’il obtiendra par voie terrestre, et le reste par mer, « le patron de la barque le débarquera à Bandol, ou au Port de la Montagne, ou à St Nazaire ». Mais tout cela tarde un peu, et le 14 germinal (3 avril) on en arrive à l’urgence extrême. Il ne reste plus en tout et pour tout que quinze charges de blé dans tout Le Beausset. Alors qu’il y passe en nombre des militaires, des ouvriers et des marins journellement, et que si beaucoup d’hommes sont partis avec les deux bataillons du Beausset, il reste encore « 1.332 mâles et 1.444 femelles dans le village « . Deux Beaussétans sont chargés de se rendre à Nice pour le ravitaillement en blé. Louis Giraud restera sur place pour réapprovisionner Le Beausset au fur et à mesure des besoins. Et Jacques Sicard agira en qualité de « brigadier pour escorter nos convois et en accélérer la marche ». Il pourra choisir indifféremment et au mieux la voie maritime ou terrestre (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française).
1795 – 3 avril (14 germinal an III ) : la Convention décide ENFIN de nommer la commission de constitution – C’est seulement après la grande insurrection des sans-culottes parisiens, le 1er germinal an III (21 mars 1795), que la Convention se décida à nommer la commission de constitution (14 germinal-3 avril). Elle finit par comprendre, avec quelques républicains sincères (La Révellière, Berlier, Louvet) une majorité de modérés qui auraient souhaité une monarchie constitutionnelle, si elle avait été possible (Thibaudeau, Daunou, Lanjuinais, Boissy d’Anglas). Boissy d’Anglas, protestant cévenol, fut nommé rapporteur de la commission. Il invita ses collègues à rédiger, non pas des lois organiques destinées à faciliter l’application de la Constitution de 1793, mais une Constitution entièrement nouvelle et conforme aux idées des thermidoriens. La commission, puis la Convention, le suivirent. La commission se mit donc à préparer une constitution, mais les deux principaux rédacteurs de celle-ci furent Boissy d’Anglas et Daunou. La nouvelle Constitution fut rédigée surtout dans le but d’empêcher le retour du régime de l’an II, c’est-à-dire la dictature d’un groupe d’hommes se disant directement mandatés par « le peuple ». Elle s’efforce aussi de prévenir l’établissement d’une dictature militaire. Mais elle tend à consolider le gouvernement de la bourgeoisie et à lui assurer la paisible jouissance des avantages que la Révolution lui a procurés. Pour ces raisons elle répudie tout ce qui, dans les précédentes constitutions, avait été rédigé sous l’influence des idées de Rousseau, elle suit au contraire davantage celles de Montesquieu, notamment en ce qui concerne la séparation des pouvoirs et le rôle des « corps intermédiaires ». Aussi marque-t-elle un recul, non seulement sur la Constitution de 1793, mais même sur celle de 1791. A la différence de ces deux constitutions, elle est très longue et très précise. Précédée, comme elles, d’une Déclaration des Droits (complétée par une Déclaration des Devoirs) elle compte 377 articles contre 210 en 1791 et 124 en 1793. Les articles 351 à 377, groupés dans le titre XIV, sont de portée générale et complètent la déclaration des droits et des devoirs (Jacques Godechot, Les constitutions).

1795 – 3 avril (14 germinal an III) : LE BEAUSSET EST OCCUPÉ MILITAIREMENT – Deux autres représentants, Letourneur et Guérin, mettent, le 14 germinal (3 avril), le Beausset sur pied de guerre : le village est occupé militairement par 25 chasseurs à cheval et une compagnie de gendarmes à pied (Eugène Castellan, 1937).

1799 – 2 avril (Mardi 28 du mois de Shawwâl 1213) – « Journal d’un notable du Caire durant l’expédition française 1798-1801 » : [Pèlerinage] – Avis est publié dans les souqs que tout candidat au pèlerinage devra s’embarquer à Suez avec ceux qui convoient la kiswa et la surra (allocation annuelle en argent fournie par le Caire ou Istanboul pour l’entretien des lieux saints). Cette mesure a été prise après délibération.
1814 – 3 avril : Par esprit d’opportinité, le Sénat vote la déchéance de Napoléon 1er.
1842 – 3 avril : nécessité d’un cimetière à Saint-Mandrier par la difficulté qu’il y a de transporter les morts à La Seyne – Lors de la séance du conseil de Fabrique de Saint-Mandrier, M. Louis Buffaria, président, souligne la nécessité d’un cimetière par la difficulté qu’il y a de transporter les morts à La Seyne et par l’obligation pour la paroisse d’en avoir un qui lui soit propre. M. le Président dit au conseil : «Messieurs, j’ai au haut de ma propriété située au Creux Saint-Georges, un espace de Terrain de deux cents mètres carrés ayant pour confront de l’Ouest et du Nord ma propriété même, du Sud la propriété de Joseph Giraud et de l’Est la propriété de Charles Ambiel. Ce terrain par sa situation et sa nature parait convenir à l’emplacement du cimetière que nous nous proposons de construire ; c’est pourquoi j’offre d’en faire un don gratuit à la Fabrique et j’en soumets l’acceptation à votre délibération». Le conseil accepte avec reconnaissance et transmet la délibération à M. le préfet par l’intermédiaire de M. le Maire de La Seyne. (Gisèle Argensse, 1989, p. 66)
1861 – 3 avril : Georges Sand à Tamaris ; “ 3 AVRIL (mercredi) MALADE (De la main de Manceau). Elle se sent un peu mieux mais, si faible, elle fait enfinsa toilette. Elle mange un peu de soupe. Elle se coiffe, qu’en résultera-t-il ? Il est 4 h elle a pris un peu de café et se sent plus éveillée. Visite de M. et Mme Trucy. Un marin comique a apporté une lettre du petit-fils de Talma137. La journée se passe assez bien. Petit dîner. Un peu de cartes. La famille Trucy vient passer la soirée. On fait des tours et des patiences. Madame se couche à 10 h avec une petite fièvre mais elle ne se sent pas trop mal.”
1871 – 3 avril : La Commune à Marseille — Le général Espivent de La Villeboisnet, commandant la 9e division militaire, ayant fixé son quartier général à Aubagne, riposte le 3 avril en proclamant l’état de siège dans la ville de Marseille ; il somme la commune révolutionnaire de se rendre (Gabrielle Castellari, 1945).
1897 – 3 avril : Mort du compositeur allemand Johanes Brahms à Vienne. Initié à la musique par son père, il était né le 7 mai 1833 à Hambourg.

1898 – 3 avril : 3 000 ouvriers sont en grève ou en promenade depuis bientôt un mois à La Seyne – « En voyant le calme qui règne dans la petite ville de La Seyne, personne ne se douterait que plus de 3 000 ouvriers sont en grève ou en promenade depuis bientôt un mois. Les cafés et les bars sont déserts, sur les places et dans les rues aucun rassemblement, c’est tout au plus si on voit dans les environs de la ville quelques joueurs de boules qui attendent avec anxiété la fin d’une crise qui plonge dans la plus affreuse misère des milliers de familles. Les réunions que les grévistes avaient l’habitude de tenir tous les jours au sous-sol des écoles deviennent de plus en plus rares et peu fréquentées. Tout l’intérêt des grévistes réside aujourd’hui dans la réponse qui sera faite à leurs délégués à Paris par le conseil d’administration » (Rapport du commissaire du 3 avril 1898 cité par Patrick Martinenq, 1983).
1907 – 3 avril : EN RUSSIE – La famine toucherait plus de vingt millions de personnes.
1922 – 3 avril : Staline, secrétaire général du Parti communiste russe. Nomination capitale qui lui permet de concentrer un pouvoir considérable en ayant la haute main sur l’appareil administratif. Mais Staline est encore inconnu en Occident et cette promotion passe pratiquement inaperçue.
1925 – 3 avril : nouveau débat sur le droit de vote des femmes – Paris Soir du 3 avril titre que, à la Chambre des députés, on assiste à un nouveau débat sur le droit de vote des femmes. Parmi les orateurs, M. Lafagette se distingue : « la logique des femmes n’est point celle des hommes et | leur venue dans la politique y augmenterait outrageusement la part de l’inconscient ou du subconscient. On peut provoquer ainsi une Révolution… » Paris Soir précise: | « l’orateur, très écouté et très applaudi, fait un rapide exposé de la vraie valeur des sexes au point de vue biologique, valeur qui repose sur le potentiel énergétique, plus grand chez l’homme que chez la femme. Et voilà pourquoi il ne faut pas mettre l’homme et la femme sur le même plan économique et politique. Les femmes ne sont certes pas indignes de la politique, c’est la politique qui est indigne d’elles (Applaudissements) » (Paris Soir du 3 avril 1925).
Moins de six années après la fin de la Première guerre mondiale et malgré ce qu’elle avaient fait en l’absence de main d’œuvre masculine, et il fallait les faire rentrer dans le rang et les renvoyer à la vaisselle, au balayage et aux mômes.
1930 – 3 avril : Turquie – Les femmes obtiennent le droit de vote.
1939 – 3 avril : M. Albert Lebrun, Président de la République s’empresse d’aller en visite À Londres. Dès son retour le 3 avril, il se joint à M. Daladier pour faire appel à l’union de tous les Français pour éviter une guerre. Le 6avril il sera réélu Président de la République (Gisèle Argensse, 1989, p. 207).
1940 – 3 avril :
1. Cinq ans de prison pour propagande communiste. A la suite de la dissolution du syndicat des métaux, l’ancien secrétaire général de cette Fédération, Vrigneaud, communiste notoire, adressa une lettre de protestation à la C.G.T. ainsi qu’une circulaire à divers autres syndicats. Non seulement il se refusait à protester contre l’invasion de la Finlande par l’U.R.S.S. mais il en appelait à la classe ouvrière… Délit qui lui a valu de comparaître hier devant le tribunal militaire qui l’a condamné à cinq ans de prison et 10.000 francs d’amende. (Le Petit Parisien, mercredi 3 avril).
2. CINQUANTE heures par semaine, telle sera, à partir du 1er juin 1940, la durée hebdomadaire du travail pour les femmes et les enfants dans la région parisienne – Par arrêté du ministre du Travail, la limite de la durée hebdomadaire du travail fixée par le décret du 1er septembre 1939 sera ramenée à compter du 1er juin 1940, à cinquante heures pour les femmes et les enfants dans les établissements situés dans les départements de Seine, Seine-et-Oise et Seine-et-Marne. Cette limite s’entend de la durée hebdomadaire moyenne pour une période de quatre semaines. Des dérogations pourront être accordées pour des établissements par décision de l’inspecteur du travail lorsque les besoins de la production les rendront nécessaires (Le Petit Parisien, mercredi 3 avril).
1942 – 3 avril :
1. LES ÉTAT-UNIS RECONNAISSENT L’AUTORITÉ DES FORCES FRANçAISES LBRES AU CAMEROUN ET EN AFRIQUE ÉQUATORIALE.
2. Publication clandestine du poème de Paul Eluard : «J’écris ton nom, liberté« .
« Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom
…
« Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
« Liberté.
1943 – 2 avril : UN BOMBARDEMENT ALLIÉ DÉTRUIT LE PORT DE TUNIS.
1944 – 3 avril :
1. EN NORVEGE, LE CUIRASSÉ ALLEMAND « TIRPITZ » EST A NOUVEAU IMMOBILISÉ par une attaque aérienne britannique. Le bâtiment, atteint par plusieurs torpilles, est à nouveau immobilisé.
2. 9 immeubles sont démolis par ordre des autorités allemandes dans la commune de Sanary (Archives de Sanary : Etat établi et signé par le Maire, le 3 mai 1944.)
1945 – 3 avril : FIN DE CARÉNAGE POUR LE « COMMANDANT DUBOC » – Depuis le 19 mars, l’aviso-dragueur « Commandant Duboc » est en petit carénage à Toulon. Le 3 avril, carénage achevé, il effectue une patrouille au large de Toulon (Gérard Garier). A la même époque, le « Commandant Dominé » passe au bassin à Alger du 24 mars au 3 avril.
1948 – 3 avril : LE CONGRES AMERICAIN ADOPTE L’« European Recovery Program », « programme de reconstruction européenne » ou « plan Marshall », que signe dans la foulée le Président Harry Truman, à Washington. Voir ce que j’en ai rapporté à la date d’hier.
1950 – 3 avril : l’aviso « Commandant Dominé » est à Colombo – Le 25 mars, l’aviso « Commandant Dominé » a quitté Saigon pour la métropole. Il a fait escale à Singapour du 27 au 29 mars, puis est à Colombo le 3 avril. Il arrivera à Toulon le 29.
1951 – 3 avril : De Bruxelles – DANS LE CADRE DE L’OTAN, LES USA REMETTENT TROIS AVIONS À LA BELGIQUE, les trois premiers chasseurs à réaction subsoniques « Republic P-84 Thunderjet ».
1953 – 3 avril : A compter du 3 avril, l’AVISO « Commandant Duboc » est au Japon à Uraga en grand carénage jusqu’au 10 octobre avec le « Commandant Dominé », puis travaux de fin de carénage à Hong-Kong jusqu’au 12 novembre. En décembre, il sera à Saigon
1955 – 3 avril :
1. L’état d’urgence est proclamé en Algérie où l’on rétablit la censure. Le 14 mai, quatorze membres de l’ancien Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, seront libérés. Le 21 mai, la France rappellera les réservistes(Jean-Charles Volkmann, 2003).
2. Belgique : INCENDIE MEURTIER DANS UN CINÉMA – A Sclessin, près de liège, l’incendie du cinéma « Le Rio » a fait trente-neuf morts parmi lesquels vingt-deux enfants. Les flammes sont apparues aussitôt après l’entracte, à côté de l’écran, interdisant l’accès à une sortie de secours. En quelques secondes, les nombreux spectateurs ont été entourés par un mur de flammes. Avec une rapidité foudroyante, le feu se propagea dans la rue.
1960 – 3 avril : FONDATION DU P.S.U. – Le Parti socialiste unifié (PSU) est fondé par fusion du PSA (Parti socialiste autonome) avec l’UGS (union de la gauche socialiste) et des dissidents communistes.
1976 – 3 avril : Christian Ranucci, 22 ans, est guillotiné à 4h13 à la prison des Baumettes à Marseille Il avait été condamné à mort le 10 mars 1976 par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône pour le meurtre d’une fillette de 8 ans.
1986 – 3 avril : A SAINT-ÉTIENNE, LA SOCIETE MANUFRANCE DÉPOSE SON BILAN. Mise en liquidation judiciaire en 1985, Manufrance, nom commercial pour Manufacture française d’armes et cycles de Saint-Étienne, une société française de vente par correspondance située dans la ville industrielle de Saint-Étienne, avait tout juste 100 ans puisque créée en 1885. Le 19 février 1986, le matériel, le mobilier et les immeubles étaient vendus. L’activité renaîtra sous l’impulsion de Jacques Tavitian en 1988. Après le rachat de quelques marques du portefeuille de l’ancienne société Manufrance, et la création le 1er octobre 1988 de la SARL « Manufacture française d’armes de Saint-Étienne » dont il est le gérant, Jacques Tavitian relancera l’activité par le biais d’un magasin à Saint-Étienne et un catalogue de vente par correspondance. La production de fusil (Robust et Simplex) sera également relancée.
1987 – 3 avril :
1. VOYAGE DU PAPE JEAN-PAUL II AU CHILI – Le voyage du pape au Chili est mouvementé : les manifestations hostiles au régime du général Pinochet se succèdent. Alors que le Jean-Paul II célébrait la messe au parc O’Higgins le 3 avril, de violents affrontements, qui ont fait 600 blessés, ont opposé les forces de l’ordre aux militants du Parrti communiste. Pour manifester son indépendance à l’égard de toutes les idéologies, le pape a achevé de célébrer l’office, soulignant que « l’Etat ne doit pas se substituer aux responsabilités que les individus sont capables d’assumer ».
2. Fin du procès de la Mafia en Italie : 65 condamnations à des peines de prison, 180 acquittements.
3. Disparition de l’acteur Robert Dalban, de son vrai nom Gaston Paul Barré. Je l’aimais bien ! Vous ne voyez pas ? Rappelez-vous : avec plus de deux cents films à son actif entre 1934 et 1986, il a été l’un des « seconds rôles » masculins les plus représentatifs du cinéma français ! Il a donné la réplique aux plus grands acteurs du cinéma français : Jean Gabin, Lino Ventura, Bernard Blier, Paul Meurisse, Jean Marais, Louis de Funès, Danièle Darrieux ! Il a incarné le père de Manette (Claude Jade) dans « Mon oncle Benjamin d’Edouard Molinaro, en 1969. Ça y est, c’est revenu ? Je le savais !
1989 – 3 avril : ALGER INAUGURE SON PREMIER RÉACTEUR NUCLÉAIRE.
1990 – 3 avril : PETER MLADENOV est élu président de la République bulgare par le parlement.
1991 – 3 avril : Mort de l’écrivain britannique Graham Green à Vevey (Suisse), il était né le 2 octobre 1904 à Berkhamstead. Rappelez-vous : « La puissance et la gloire », Robert Laffont, 1948, rééd. Livre de Poche, n° 104, 1960, 254 p.
1994 – 3 avril : LE NÉO-ZELANDAIS Peter Blake remporte le trophée Jules Verne, record du tour du monde à la voile, reléguant, à deux jours près, Olivier de Kersauson à la deuxième place
1996 – 3 avril : ÉPIDÉMIE DE LA VACHE FOLLE – Pour éradiquer l’épidémie de « la vache folle », la Grande-Bretagne s’engage à abattre en cinq années toutes les bêtes de plus de trente mois. Le 17 mai suivant, le Président Jacques Chirac, en visite en Grande Bretagne, assurera John Major que la France le soutiendrait pour obtenir un allègement de l’embargo européen sur la viande bovine.
1998 – 3 avril : LA PRESSE RAPPORTE QUE MAURICE PAPON, CONDAMNÉ A 10 ANS DE PRISON, EST SORTI LIBRE DU TRIBUNAL DE BORDEAUX LE 2 AVRIL – Ayant comparu libre, l’ancien secrétaire général de la préfecture de la Gironde est condamné à 10 ans de prison par la cour. Mais c’est libre qu’il sort du palais de justice, le pourvoi en cassation suspendant toute incarcération. Ce premier procès d’un haut fonctionnaire de l’Etat aura eu le mérite de mettre en cause, sans vraiment l’ébranler, la toute-puissance de l’administration pendant la guerre, jamais contestée sauf par les victimes. Pau après, Maurice Papon s’enfuira en gagnant la Suisse. Le 21 octobre 1999, il sera arrêté par les policiers suisses, à Gstaad, puis expulsé vers la France par les autorités helvétiques. Le 22 octobre, il sera remis à la police française à Pontarlier. Sa fuite ayant rendu caduc son pourvoi en cassation, Maurice Papon doit donc purger les 10 ans de réclusion infligés par la Cour de cassation de la Gironde.
2007 – 3 avril : le TGV français établit le record du monde de vitesse sur rail, en atteignant 574,8 km/h sur la ligne à grande vitesse est-européenne.
2009 – 3 avril : TERRORISME AUX U.S.A. – Un homme d’origine vietnamienne ouvre le feu dans un centre d’accueil pour immigrés à Binghamton (Etat de New York) tuant 13 personnes.
2014 – 3 avril : décès de Régine Deforges à Paris, écrivain et éditrice française. Née le 15 août 1935 à Montmorillon (Vienne), elle avait connu un énorme succès public de l’édition française avec sa fresque « La Bicyclette bleue » (1981) qui s’est achevé, en 2007.
2016 – 3 avril : «Panama Papers» – Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) met en lumière le scandale des «Panama Papers», un vaste système d’évasion fiscale (Le Figaro).
2017 – 3 avril : A LA DÉCOUVERTE D’ISTANBOUL – A 17 heures, aux Amis de La Seyne Ancienne et Moderne à La Seyne, Béatrice Tisserand donnait une conférence sur le thème « De Byzance à Istanbul en passant par Constantinople : histoire et merveilles artistiques de cette capitale entre Orient et Occident ».
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SANARY-SUR-MER – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et ÉDIFICES. 234e livraison : (suite)

La guerre et la tour de Saint-Nazaire
A la mort de Charles 1er en 1283, son fils, Charles II, prisonnier du roi d’Aragon, met cinq ans pour revenir en Provence, où il poursuivra les réformes de son père. Il nommera le vicomte et coseigneur d’Ollioules et Saint-Nazaire, Bertrand III, à la tête des vigueries de Marseille puis d’Avignon, avant de le faire vice-sénéchal de Provence de 1292 à 1294, puis de 1312 à 1315.
En 1302-1303, c’est la mise en place, entre la Turbie et la Camargue, de feux de signalisation ou farots (les farots étaient des feux de garde complétés plus tard par une tour sur laquelle on placera un fanal ou fuoch de nuech ; on appelait aussi ces tours à feu de nuit des tours d’assurance en 1697), mesure liée au contexte de la guerre latente entretenue contre les Aragonais. Et, dans la liste de ces farots, celui des Embiez, …als Rauzels alias vocatum Plumassa, îles que l’acte situe inexplicablement sur le territoire d’Ollioules : quod est in territorio Oliolis où il complétait la tour de Sanary.
La Tour de Sanary ou Tour de Saint-Nazaire
Située à quelques mètres du rivage sur le quai du port de Sanary, donc en plein centre de la vieille ville, elle occupe la parcelle cadastrale numéro 655, feuille 2, section AB. Ses coordonnées Lambert sont 881,825, et 3096,775, et son altitude 2m, à sa base. Son nom a toujours été Tour Saint-Nazaire car elle a été construite à proximité de l’ancien prieuré. C’est une pièce unique dans l’Ouest toulonnais où se rencontrent peu de vestiges militaires aussi bien conservés de l’époque médiévale. Il y a, nous l’avons écrit plus haut, toute chance pour qu’elle ait été élevée entre 1266 et 1296, après que le comte de Provence ait acquis la possession pleine et entière de Toulon dont il devait assurer la défense. La situation exceptionnelle de Sanary comme port, mais surtout comme lieu de débarquement possible d’un ennemi prenant Toulon à revers, imposa d’emblée la mise en place d’une verrou efficace. La tour dite Tour de Saint-Nazaire répondit à ce soucis ; elle fut attribuée en fief au seigneur d’Ollioules Bertrand III qui joua un rôle de premier plan en Provence entre 1286 et 1315. Les caractéristiques techniques et militaires de sa construction corrobore cette date, tant par la forme des archères que par le type de voûtement. La nature de son implantation, dans les terres gastes d’Ollioules, et près d’un prieuré, interdisait qu’une population sédentaire s’établît à proximité. Aussi ce fut Ollioules dut fournir les défenseurs. Ce qui n’alla pas sans mal, puisqu’en 1322, les hommes d’Ollioules demandèrent à ne pas être tenus de garder à leurs frais, sauf en temps de péril, la tour ou bastide de Sanary, « …turrem sive bastidam Sancti Nazarii… ». Citant Noël Coulet et Louis Stouff (Le village en Provence au bas Moyen Age, p. 27), B. Rotger, en 1984, ajoute dans une note: « ces bâtiments ou bastides sont situés à l’une des extrémités du terroir d’un village, liés à un passage ou une vallée qu’ils commandent et apparaissent ainsi comme des forteresses qui bordent l’accès au terroir. C’est bien là le rôle de la tour de Saint-Nazaire en bordure de la mer , protégeant Ollioules… »,.
Description de la tour de Saint-Nazaire : C’est une tour carrée de 22,70 m de hauteur au parapet, 22,10 m à la plateforme supérieure. La longueur du côté est extérieurement de 8 m, et intérieurement de 4,20 m, ce qui fait des murs de 1,90 m d’épaisseur. Elle est divisée intérieurement en trois niveaux.
Le rez-de-chaussée a son niveau bas à 2,16 m au-dessus du niveau de la mer. Il est voûté en plein cintre d’axe est – ouest. La voûte, épaisse de 0,70 m, est au niveau 8,35 m. La hauteur de la salle est donc de 6,19 m.. Un escalier de pierre, construit sur des demi-arches, et s’appuyant sur les murs nord et ouest permet d’accéder au premier étage. Huit longues des archères, droites et à base plongeante, sont percées, deux par côté, à cet étage.
Le premier étage a son niveau bas à 9,05 m. Il est lui-aussi voûté en plein cintre d’axe nord – sud. La voûte est au niveau 14,75 m. L’épaisseur de la voûte est de 0,45 m. La hauteur de la salle est donc de 5,70 m. L’accès au second étage se fait par un escalier de fer, mais se faisait peut-être à l’origine par une échelle. Il a existé une ouverture en forme de porte romane sur le côté sud qui a été bouchée.
Le second étage a son niveau bas à 15,20 m. Il est encore voûté en plein cintre d’axe est-ouest. La voûte est au niveau 20,90 m. Comme la précédente, la hauteur de la salle est de 5,70 m. L’épaisseur de la voûte est de 1,30 m. L’accès à la plateforme se fait par un escalier de bois rejoignant un passage percé dans la voûte avec marches d’escalier incorporé. Huit longues meurtrières, deux par côté, existent à ce niveau. Elles sont adaptées au tir à l’arc. L’arbalète a été interdite par le deuxième concile de Latran de 1139, car trop meurtrière. Cette interdiction a été plus ou moins respectée, mais la généralisation de cette arme n’est apparue qu’au XIVème siècle. Au-dessus des meurtrières, existe toute une série de trous réservés dans la maçonnerie pour faire un pigeonnier. On sait en effet que les pigeons étaient un privilège de seigneur.
La plateforme est au niveau 22,10 m. La sortie de l’escalier est couverte par une construction légère maçonnée mais néanmoins ouverte en sens contraire de la mer d’où venait un danger éventuel. Le parapet de pierre, continu sans merlon, fait 0,60 m de hauteur et autant de largeur. Il a pu existé autrefois des créneaux et des merlons.
L’entrée de la tour se fait par une porte en plein cintre percée dans la face est, mais plus près du côté sud de la salle du rez-de-chaussée, et surmontée, au dessus des pierres d’encadrement, d’une ouverture carrée. Ces pierres d’encadrement sont à léger bossage. L’apparence générale de la construction est un beau “petit appareil” de pierres calcaires bien taillées. Le fait que cette porte soit au rez-de-chaussée, montre qu’il y avait déjà une difficulté à l’atteindre. On dit en effet que cette tour a été construite sur un récif affleurant que les alluvions de la Reppe ont ultérieurement rattaché à la côte. Il existe néanmoins une porte bouchée au premier étage curieusement située au Sud, côté mer.
Les toutes premières tours de pierre ne comportaient qu’une seule voûte pour soutenir la plateforme. Les niveaux intermédiaires étaient faits de planchers de bois, accessibles par des échelles. L’inconvénient évident était que tout ce bois pouvait être incendié en cas d’attaque. La tour de Sanary, avec ses trois voûtes superposées représentent donc un progrès important qui n’est apparu qu’au milieu du XIIème siècle.
L’alternance des sens de ces voûtes répartissait mieux leur poids sur les murs latéraux. L’accès par des échelles de bois retardait néanmoins la prise des niveaux supérieurs quand les inférieurs étaient atteints.
Le pied de la tour a ensuite été chemisé d’un talus de pierre à fort fruit, ce qui est le signe extérieur de prévention d’attaque par bélier, sape ou mine, techniques utilisées pour faire brèche. Il est donc très probable qu’un hourd de bois à machicoulis pouvait être posé au niveau de la plateforme en cas de nécessité, ce qui confrme les travaux que préconisera Robert de Millet en 1323. Des pierres lâchées depuis ce hourd ricochaient ainsi sur les assaillants qui ne devaient pas disposer d’un grand espace pour se déployer.
MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS – 434e livraison :

–1795 – 11 juillet : [Delaforge G., 1995 : La commission militaire reprit ses travaux à Marseille le 27 messidor (11 juillet 1795). Elle y fut encore plus sévère qu’à Toulon, et cessa de fonctionner le 29 fructidor an III (15 septembre 1795). Au total, en vingt séances tant à Toulon qu’à Marseille, 240 prévenus comparurent devant la commission militaire : 52 prévenus furent condamnés à mort, 7 prévenus furent condamnés à 2 ans de fer, 5 prévenus furent condamnés à 3 mois de détention, 3 prévenus furent condamnés à la déportation, 11 inculpés furent renvoyés devant le tribunal criminel du Var, 3 devant celui des Bouches-du-Rhône, 152 prévenus furent acquittés, les 7 autres ne furent pas jugés. Dans leurs ouvrages respectifs, Edmond Poupé et Malcom Crook ont estimé que la répression de la révolte de prairial an III n’avait pas été excessive. Certes. Constatons cependant que parmi les 52 condamnés à mort et exécutés, il y a 13 beaussetans. Quoique originaires de Toulon et du Castellet, on peut joindre à ceux-ci Peillon et Suffren qui ont toujours « marché » avec les beaussetans. Presque le tiers des condamnations à mort prononcées par cette commission militaire concernait donc des beaussetans ! C’était faire, dans la répression, beaucoup d’honneur au Beausset. On aurait voulu décapiter le jacobinisme beaussétan et décourager à tout jamais les habitants du village de défendre cette opinion politique que l’on ne s’y serait pas pris autrement. En ce qui concerne Le Beausset, il me semble qu’il y a là un régime particulier de sévérité, et de punition « pour l’exemple ». Rappelons que la rébellion avait compté de 3 000 à 12 000 hommes, et que la bataille du Beausset avait entraîné la mort de 50 rebelles et 300 prisonniers. Or la commission militaire a prononcé 52 condamnations à mort. Il y a donc eu davantage de morts du fait de la répression que par le combat du 5 prairial… Le Beausset avait été « patriote » depuis le début de la Révolution au village, le 26 mars 1789. Désormais, les meneurs jacobins beaussetans étaient exterminés. 1795 voit la fin de la phase active de la Révolution au Beausset.] La commission militaire reprit ses travaux à Marseille le 27 messidor (11 juillet 1795). Elle y fut encore plus sévère qu’à Toulon, et cessa de fonctionner le 29 fructidor an III (15 septembre 1795). la rébellion avait compté de 3 000 à 12 000 hommes, et que la bataille du Beausset avait entraîné la mort de 50 rebelles et 300 prisonniers. Or la commission militaire a prononcé 52 condamnations à mort. Il y a donc eu davantage de morts du fait de la répression que par le combat du 5 prairial… (Delaforge G., 1995, p. 110).
LA SEYNE-SUR-MER. 143e livraison : LES ORIGINES DU SPORT SEYNOIS (1880-1914 )

(suite) Les vicissitudes de la gymnastique civile seynoise : dans le Var, la naissance du mouvement associatif conscriptif a été tardive (Jean-Claude Gaugain, 2000, op. cit., p. 124-134. Pour la France, voir Pierre Arnaud (dir) – Les Athlètes de la République, gymnastique, sport et idéologie républicaine. Toulouse. Privat. Bibliothèque historique, 1987).
La presse régionale n’en fit état qu’en juin 1883, à une date où la Fédération Nationale de Gymnastique (U.S.G.F.) avait plus de dix ans d’existence et revendiquait plus de 250 sociétés. L’article du Petit Var du 30 juillet 1883, relatant la naissance de la première société toulonnaise, s’inscrivait dans la filiation gambettiste et sa péroraison empruntait à Paul Déroulède. La Seyne entra dans la mobilisation conscriptive en août 1886 avec l’autorisation officielle accordée à sa première société de gymnastique appelée « Disciples de Denfert-Rochereau », du nom du glorieux défenseur de Belfort en 1870. La présidence échut à Baptistin Curet. La présidence d’honneur fut acceptée par le général Boulanger, ministre de la Guerre grâce à l’appui de Clemenceau, député du Var depuis l’année précédente. L’autre président d’honneur a été Cyrus Hugues, conseiller général, nettement à gauche à ce moment-là. A la première fête de la société, assistèrent le sous-préfet, Daumas, député élu avec Clemenceau, et ancien proscrit sous l’Empire, Fouroux, conseiller général et dauphin de Dutasta, le maire et l’administration de La Seyne au grand complet, et l’inspecteur primaire de Toulon, Bourrilly. Sept ans avant l’accord franco-russe, on y salua le pavillon russe en présence de l’état-major du Dimitri Donskoï présent dans la rade. L’objectif de ces sociétés, inspiré par le courant patriotique républicain et les campagnes hygiénistes relayées par la presse, était aussi de redresser les corps et les mœurs. Dans le contexte des dures luttes politico-religieuses, le besoin se faisait sentir de contrôler la jeunesse entre la sortie de l’école et le service militaire. Ces sociétés sportives avaient une fonction patriotique, civique, morale et cultivaient une fonction parade. Il s’agissait d’éloigner ces jeunes de l’influence du clergé et des lieux de perdition. Le 14 juillet 1890, le président Beaudouin prononça un discours dont nous connaissons des extraits significatifs grâce au Petit Var du 18 juillet suivant : « Messieurs, je lève mon verre en l’honneur du drapeau français, du drapeau tricolore, symbole de civilisation et de progrès, … et qui fit le tour du monde et le fera encore pour réveiller les peuples de leur léthargie et leur rappeler qu’ils sont nos frères et libres. Soyez fiers, Messieurs, soyez heureux mes enfants, d’être nés et libres, car tout citoyen de l’Univers a deux patries, la sienne et la France. Salut au drapeau de la République française qui ne s’effacera un jour que devant le drapeau de la République universelle. Je bois à l’union des peuples et à la paix universelle. »
UNE BLAGUE POUR LA ROUTE.

Dans la cour de l’asile, un fou se met à rire tout seul. Un autre fou arrive et lui demande :
– Mais qu’est-ce qu’il t’arrive ? Pourquoi tu ris comme ça ?
– Je me suis raconté une blague que je ne connaissais pas !

Je vous souhaite un bon mercredi de printemps à tous.
Affectueuses pensées pour Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber.
Et plein d’amour et d’espoir pour tous ceux qui sont dans la peine.
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