ÉPHÉMÉRIDES DU 2 FEVRIER

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ÉPHÉMÉRIDES DU VENDREDI 2 FEVRIER 2024, 13e ANNÉE (n° 40666).

ILLUSTRATION : merveilleuse rencontre un soir d’automne au Zimbabwé !

LES FÊTES.

BASILE est le saint du jour. Il tire son nom d’un vieux terme grec basileos qui signifiait « roi ». Saint BASILE fonda un ordre religieux dans la région du Pont (actuelle Turquie), sur les bords de la mer Noire. En 370, il devint évêque de Césarée en Cappadoce, sa ville natale. Il fut reconnu comme docteur de l’Eglise en 1568 par le pape Pie V. De nos jours, on dénombre 1800 personnes qui ont BASILE comme patronyme et 6200 prénommées ainsi. Notons qu’on en connaît de nombreuses variantes telles que BASIL, BAZILE, BAZILLE, BAZIRE, BAZIN ou BASLE.

On fête aussi GREGOIRE, évêque de Nazianze également né en Cappadoce, dans le foyer d’un juif converti. Grégoire et lui se rencontrent à Athènes, lors de leurs études. De retour en Cappadoce, ils font des projets monastiques, mais l’Eglise a besoin d’évêques dynamiques en cette période troublée par les hérésies. Grégoire, évêque de Nazianze, le siège épiscopal de son père, puis de Constantinople. Saint Grégoire est plus fragile que Basile. Chassé de Constantinople, il finira solitaire, composant d’admirables poèmes que la liturgie utilise encore.

Le 2 janvier, en Provence, on fêtait autrefois saint CLAIR à qui l’un des triptyques de la collégiale Saint-Pierre de Six-Fours est dédié. Représentant saint CLAIR, saint BERNARD et sainte « TEOPHILA », ce retable de 1,55m sur 1,90m (avec le revers), comprend trois compartiments égaux, à arcades ogivales, crêtes ajourées dorées et gables peints (encadrement typique du gothique international) surmontés du superciel (ou revers) en encorbellement concave pour protéger le retable de la poussière. Le revers, lui-même divisé en deux compartiments, est coiffé d’une petite galerie ajourée, la claire-voie. Antoine Peretti propose de dater ce triptyque dans la fourchette 1490/1515, ce qui en ferait l’œuvre d’art la plus ancienne de la collégiale (Cahier du patrimoine ouest varois n°15, Les tableaux de la collégiale Saint-Pierre de Six-Fours – Guide iconographique, dû à Antoine Peretti).

La période  « Calendale » s’achève le 2 février par la fête de la Chandeleur. On l’appelle, en Provence, la Candelous: ou bien Notre-Dame de Candelouso, ou encore parfois, Nosto Damo de Febrié : Notre-Dame de Février. Selon la liturgie, c’est la fête de la Purification de la Vierge Marie : c’est donc le souvenir de sa visite au Temple et de l’offrande qu’elle y fit de deux tourterelles selon la Loi de Moïse, 40 jours après la naissance de son Fils. Cette démarche rituelle rappelée par l’Ecriture a eu, dans le passé, un certain retentissement dans les usages propres à cette fête.

Si, généralement, c’était ce jour-là, 2 février, que l’on démontait la crèche « calendale » et que l’on rangeait pour un long repos de plus de dix mois sa population de santons, dans certaines églises, en particulier dans la Provence rhodanienne, comme à Châteaurenard par exemple, mais aussi sur la côte varoise, du côté de Bormes, on avait coutume de la remplacer par une autre sorte de crèche, appelée parfois « crèche blanche ». Il s’agissait d’une représentation très sommaire – limitée au jour de la fête et au dimanche suivant – du temple de Jérusalem devant lequel la Vierge Marie et Saint Joseph venaient présenter l’Enfant Jésus au Grand Prêtre – en l’occurrence, un des Rois Mages transformé en pontife pour la circonstance.

Durant l’office, en certains endroits, on déposait, à côté de cette « crèche », une cage avec deux tourterelles.

Ces coutumes n’ont plus cours depuis bien longtemps.

Par contre, deux traditions toujours extrêmement vivantes viennent ponctuer cette fête de la Chandeleur, en particulier à Marseille : Les « cierges verts » de Saint- Victor et les « navettes ».

Quelle est l’origine de cette procession qui se déroule chaque année dans les cryptes de la vieille basilique de Saint-Victor, en l’honneur de Notre-Dame de Confession, dont la petite statue en bois noir est alors transportée avec ferveur, entourée des fidèles portant ces fameux « cierges verts » ? On ne le sait trop. Il est question de cierges verts utilisés déjà au couvent des religieuses du Saint-Sauveur, à Marseille, en 1479 ; de même que l’on en parle, en 1620, à Aix-en- Provence, dans l’église Saint-Sauveur… Toujours est-il que ce jour-là, au petit matin, il y a foule, sous les antiques voûtes noircies, pour fêter Notre-Dame de Février, ou encore, comme on l’appelle aussi, Notre- Dame du « Feu Nouveau », ce « fuo nou que des traducteurs bien intentionnés n’ont rien trouvé de mieux que de transformer parfois en « fenouil » !

A la fin de l’office, les pèlerins matinaux se retrouvent tout naturellement devant le « Four des Navettes », à quelques pas seulement du porche de Saint-Victor. Car, en cette journée de « Candelouso », cierges verts et navettes sont presque inséparables. Et, là encore, la tradition paraît fort ancienne.

On raconte qu’autrefois, pour célébrer cette fête, les prieurs de l’Abbaye faisaient, chaque année, une distribution de pains, qu’ils ajoutaient aux chandelles de la procession ; et l’on précise même qu’en l’année 1591, ils distribuèrent ainsi plus de 4.000 pains.

Faut-il voir là l’origine de ces fameuses « navettes », ces sortes de petites galettes longues, fendues en leur milieu, où l’on a voulu voir une survivance du culte d’Isis, ou bien simplement la représentation de la barque, ayant, selon la légende, amené les « Saintes » sur les rivages de Camargue ?

Un fait est certain : c’est que, le jour de la Chandeleur de 1782, un boulanger nommé Antoine Lauzière, qui venait d’acheter une maison sise au n° 136 de la rue Sainte pour y installer une boulangerie, eut l’idée, pour inaugurer son établissement, de confectionner des sortes de galettes en forme de navettes.

Elles furent tellement appréciées par la clientèle que, bien vite, on vint faire la queue chez le brave boulanger pour en acheter, et que la réputation gagna toute la ville !

Les années suivantes, Lauzière recommença. Ses successeurs, avec plus ou moins de bonheur, continuèrent régulièrement surtout l’un d’eux, David Aveyrous qui, en 1900, obtint la médaille d’or à l’Exposition Universelle.

Si bien qu’aujourd’hui, le « Four des Navettes » fonctionne toujours, et que chaque mois de février, ses actuels propriétaires (écrit en 1986), M. et Mme Rudy Caumont, poursuivent fidèlement la fabrication des navettes dont, bien entendu, ils conservent « le secret ». Car il ne s’agit pas, loin de là, d’un simple gâteau fait de farine, de sucre et autres ingrédients ! Il y a le reste ; c’est-à- dire, le coup de main, en un mot, le « secret », dans le respect de la tradition, une tradition vieille maintenant de plus de deux siècles (selon Pierre Gallochet, NoPek provençal, éditions Rivages, 1986). (selon Pierre Gallochet, Noël provençal, éditions Rivages, 1986.

Le calendrier révolutionnaire dédia ce 13e jour de nivôse An II à l’ARDOISE.

DICTON.

Un dicton veut que « LE TEMPS DU DEUX JANVIER PRÉSAGE CELUI DE SEPTEMBRE »..

PENSÉE.

« Il est grand temps de retrouver l’évolution qui a créé la femme » (Pascal Picq – « Et l’évolution créa la femme », Odile Jacob, 2020)

EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHEQUE, un jour, un livre.

Au sujet de Napoléon, puisqu’il est à l’ordre du jour dans pas mal de messages, je vais livrer quotidiennement un ouvrage de notre bibliothèque se rapportant, en tout ou partie – à ce personnage historique :

Vingt-huitième ouvrage – Thiers A. – Histoire de la Révolution française, tome sixième, « Du retour de Danton (1793) à la chute de Robespierre (1794) », Paris, Lecointe, 1830, 482 p. Numéro d’enregistrement H 12082 B 2 8 A.

Extrait de l’avant-propos de l’auteur : «  On commença par serrer la place [de Toulon] de près, et par établir des batteries contre les forts. De Lapovpe, détaché de l’armée d’Italie, était toujours au levant, et le général en chef Dugommier au couchant, en avant d’Ollioules. Ce dernier était chargé de la principale attaque. Le comité de salut public avait fait rédiger par le comité des fortifications un plan d’attaque régulière. Le générai assembla un conseil de guerre pour discuter le plan envoyé de Paris. Ce plan était fort bien conçu, mais il s’en présentait un autre plus convenable aux circonstances, et qui devait avoir des résultats plus prompts.

Dans le conseil de guerre se trouvait un jeune officier, qui commandait l’artillerie en l’absence du chef de cette arme. Il se nommait Bonaparte, et était originaire de Corse. Fidèle à la France, au sein de laquelle il avait été élevé, il s »était battu en Corse pour la cause de la convention contre Paoli et les Anglais ; il s’était rendu ensuite à l’armée d’Italie, et servait devant Toulon. Il montrait une grande intelligence, une extrême activité, et couchait à côté de ses canons. Ce jeune officier, à l’aspect de la place, fut frappé d’une idée, et la proposa. » [La suite est à lire dans l’ouvrage en référence…]

ÉPHÉMÉRIDES.

(20 juin 2014 : Alger, Hôtel Georges V – cl. H. Ribot)

984 – 2 janvier : Réclamation pour des terres usurpées au préjudice de l’abbaye de Saint-Victor DE MARSEILLE – Fait à Manosque. Pons Ier, évêque de Marseille, assiste au plaid tenu à Manosque par Guillaume, comte de Provence, et y formule, avec l’abbé Adalard, une réclamation pour des terres usurpées au préjudice de Saint-Victor par l’évêque Rodolphe de Sisteron.(Réf. B. Saint-Victor, Grand Cartulaire, fol. 147. a. Ruffi, Dissertation sur les comtes de Provence, p. 15. — b. Guérard, n » 654. -— c. Albanès et Chevalier, Gallia … Marseille, n° 71 (extraits).

1185 – 2 janvier : DONATION D’UNE TERRE A LA CHARTREUSE DE MONTRIEUX –: Fait à Montrieux, foras claustrum monachorum – Pierre d’Orvès donne à l’abbaye une terre située aux Sambles (Raymond Boyer, 1980, Acte n° 54 du cartulaire de la chartreuse de Montrieux p. 444-445 ; original perdu ; Copie Capus, p. 263 ; IND. Teissier, fol. 27 ; Dubois, p. 33.)

(Roquefort-la-Bédoule – Ratataigne – Baou Redon vue aérienne, DR)

1439 – 2 janvier : LIEUX-DITS DE ROQUEFORT (registre aux archives de l’Evêché de Marseille).

Camp de La Cort – lieu-dit, commune de Roquefort

Coste del Mouyne  – lieu-dit,  commune de Roquefort.

Musseguet. Messuguet- lieu-dit,  commune de Roquefort.

1450 – 2 janvier : LIEUX-DITS DE ROQUEFORT – Lo Cres de Galdinhart. Gaudissart – lieu-dit, commune de Roquefort (1872). Première mention : Galdissant, 13 octobre 1486 (acte aux archives de l’Evêché).

1462 – 2 janvier : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Val de Belon (registre aux archives de l’Evêché), vallon, commune de Marseille, quartier de la Treille, entre les Lyonnaises et la Poissonnière.

1463 – 2 janvier : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Gorc de la Roberta, 2 janvier 1463 (acte aux archives de l’Évêché). Première mention du  Gourt de Roubaud – lieu-dit, commune de Marseille, quartier des Camoins.

1469 – 2 janvier : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Gorgo (acte aux archives de l’Évêché). Gourt de Roubaud – lieu-dit, commune de Marseille, quartier des Camoins (voir ci-dessus).

1486 – 2 janvier : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Terre de Guilhem Paul dit La Treille, confrontant le Gourg de Robaud, 2 janvier 1486 (registre aux archives de l’Evêché) (voir supra Gourt de Roubaud)

(Grenade, Alhambra – cliché h. Ribot)

1492 – 2 janvier : Chute de Grenade et fin de la Reconquista. Le 2 janvier 1492, la reddition de Boabdil, dernier rejeton de la dynastie nasride, met fin au royaume musulman de Grenade. Les juifs qui refusent de se convertir sont expulsés. Les musulmans sont eux-mêmes convertis de force à l’initiative de Francisco Ximenez, ou Jimenez de Cisneros, confesseur de la reine Isabelle la Catholique et archevêque de Tolède (Honoré de Valbelle, Histoire journalière).

En 1505 : « Il y eut en Provence de grandes maladies, des catarrhes avec fièvres continuelles, dont moururent beaucoup de gens et surtout en la ville d’Aix et en si grande quantité que le Parlement qui y était vint demeurer à Marseille… » (Honoré de Valbelle, Histoire journalière).

-En 1506 : il y eut un grand hiver, très froid; il neigea très fort, si bien que l’on trouva en plusieurs endroits trois ou quatre pans de neige; ensuite la neige gela si fort que tout le bétail de la Crau, gros et petit, mourut et avec lui plusieurs bergers, ce que l’on n’avait jamais vu de mémoire d’homme. Plus même, le port de Marseille gela jusqu’à la tour Saint-Jean et si fort que les enfants y jouèrent dessus. Les jardins de Marseille furent tous détruits par la multitude des oiseaux qui, à cause de la neige et des gelées, affluèrent dans les cultures. Mais ce ne fut que demi-mal car les oiseaux mangèrent les légumes, puis furent mangés par nous, et personne ne saurait dire le nombre d’oiseaux qui furent capturés et mangés à cause du froid (Honoré de Valbelle, Histoire journalière).

En 1507 : il y eut une mortalité à Marseille et quasi générale par toute la Provence, spécialement [à] La Cadière, où en un mois et demi moururent de la peste 140 personnes et la plupart moururent en 15 jours; ladite peste fut si impétueuse que femmes, vieillards et jeunes, hommes de quatre-vingts et quatre-vingt-dix ans en moururent (Honoré de Valbelle, Histoire journalière).

En 1530 : il y eut un hiver si chaud et doux et pluvieux qui fit avancer les fruits de la terre de telle sorte que pour Noël on trouva des pommes et des cerises, choses inouïes, des roses et des giroflées; les aman­diers étaient si avancés qu’au mois de janvier j’ai vu un boulanger, Marcelin Fantoni, porter des amandes dont certaines grosses comme le pouce; le blé et les autres fruits étaient si avancés que tout le monde en était étonné (Honoré de Valbelle, Histoire journalière).

1635 – 2 janvier : FONDATION DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE – Le cardinal Richelieu fonde l’Académie française dont la mission est de fixer la langue française, de lui donner ses règles, de la rendre pure et compréhensible.

1654 – 2 janvier : LE ROI ORDONNE LE DÉSARMEMENT DE TOUS LES CORSAIRES – À la suite des affaires marseillaises et génoises, le roi ordonne le désarmement de tous les corsaires (PARIS, AAE, MD, France, 892, f. I). Mais celui-ci n’est pas effectué immédiatement car en septembre 1654, un autre navire génois sera arraisonné par un corsaire près de Port-de-Bouc, et il ne sera pas le dernier (Pillorget 1989).

1785 – 2 janvier : A LA SEYNE, CRÉATION D’UN BUREAU DES CONSIGNATIONS ORDONNÉES EN JUSTICE – Le 2 janvier 1785 fut créé, à La Seyne, un bureau des consignations, ordonnées en justice, des sommes déposées selon l’édit du 12 février 1687 et les déclarations du roi des 2 juillet 1690 et 12 août 1747, consignations dûment enregistrées à la Cour du Parlement de Provence. Ce bureau avait ressort dans les communes de La Seyne et de Six-Fours ; une commission fut accordée au sieur Pothonier, de La Seyne, pour faire la recette et le recouvrement des droits attribués à cet office établi, vraisemblablement, à la place Bourradet (Louis Baudoin, 1965, p. 287).

1789 – 2 janvier : AGENDA DU BICENTENAIRE – VENDREDI 2 JANVIER : Le Journal de Paris commence aujourd’hui la publication des mesures prises par le souverain (le 27 décembre dernier) pour la convocation des États Généraux : 1000 députés, au moins, devront être élus. Le nombre de représentants du Tiers État devra être égal à celui du clergé et de la noblesse réunis. La convocation des États Généraux apparaît comme l’unique solution pour combler l’énorme déficit des finances.

1794 – 2 janvier : Jean-François Carteaux est emprisonné à Paris – Accusé d’avoir amorcé le siège de Toulon sans ressources suffisantes puis nommé à la tête de l’armée des Alpes, il fut arrêté à Marseille par ordre du comité de salut public puis transféré et enfermé à la Conciergerie à Paris, le 2 janvier 1794. Rendu à la liberté après la journée du 9 thermidor, il se vit confier par le gouvernement le commandement d’un corps d’observation en Normandie, destiné à soutenir l’armée du général Hoche dans l’Ouest. Mis à la retraite par Napoléon. Quand il meurt en 1813, sa femme, née Catherine Ursule Bazire en 1761, obtient de l’Empereur Napoléon 1er une pension double de l’habituelle.

1798 – 2 janvier : LA COMMISSION MILITAIRES DE TOULON DANS SES OEUVRES – Meynier Gaspard, cultivateur, âgé de 30 ans, est condamné à mort par la Commission militaires de Toulon (liste établie par L. Mongin).

-1800 – 28 janvier  (mois de Ramadân 1214 – Mardi 2). Abd-al-Rahman al-Jabarti, Journal d’un notable du Caire durant l’expédition française 1798-1801). (suite) [Retour du luxe]

Alexandrie – Cliché H. Ribot)

Les femmes des émirs et des militaires retrouvèrent leurs exigences et leur train de vie en exagérant comme d’habitude. Serviteurs et boys allaient et venaient vers les tentes de leurs maîtres sur de superbes mulets ou des baudets agiles ; dans leurs chambres à vêtements6, ils [les émirs ?] avaient des assortiments variés d’habits et de châles7 brodés d’or et d’argent. Il y avait également des domestiques qui portaient de grands plateaux et des plus petits garnis de sirops ou de plats cuisinés, recouverts d’une étoffe de soie en couleur ; [ils servaient] en chantant à haute voix, ils s’envoyaient des répliques moqueuses, lançaient des injures aux chrétiens du pays et aux Français, au vu et au su de ceux qu’ils insultaient. Vraiment, il y avait de quoi alimenter la haine et la colère dans le cœur de ces derniers. (à suivre).

1809 – 2 janvier : Naissance à Aix-en-Provence d’Emile LOUBON, peintre, graveur, réputé pour ses paysages provençaux, mort à Marseille le 3 mai 1863. Directeur de l’École des Beaux-Arts. – Membre de l’Académie de Marseille (élu en 1847). Biographie : Remarqué par Granet à l’école de dessin d’Aix, il part deux ans à Rome perfectionner son enseignement, puis il s’installe à Paris où il fréquente les plus grands peintres de son temps. Il regagne ensuite le Sud de la France puisqu’il est nommé en 1845 directeur de l’Ecole de dessin de Marseille.
C’est ainsi que va naître l’école des paysagistes provençaux, sous l’impulsion d’un maître exigeant, mais qui encourage la libre expression de ses élèves, leur singularité.
Il entraine dans son sillage de jeunes peintres avides d’apprendre sur le motif, au contact de la nature, ce qui constitue une grande nouveauté par rapport à la tradition académique d’enseignement en atelier qui avait cours jusqu’alors. Pour le journaliste et critique d’art de l’époque Ferdinand Servian, cette nouvelle manière d’enseigner constitue une petite révolution régionale : “Et son troupeau d’élèves, mouvant comme tel troupeau de ses moutons, allait brouter, non dans les sentiers battus d’un servum pecus, mais parmi des voies inexplorées, sous l’œil vigilant autant que débonnaire de ce pasteur de jeunes âmes qui faisait s’abreuver ses ouailles aux sources pures de l’idéal et leur donnait en pâture les vastes champs de l’art.” En 1846, Emile Loubon fonde le Salon de la Société des Amis des Arts, où vont exposer les peintres qu’il fréquentait alors à Paris : Delacroix, Corot et d’autres peintres barbizoniens tels que Théodore Rousseau. A ces occasions, Loubon en profite pour inviter ces peintres à l’école qu’il dirige et créer une émulation profitable à ses élèves. Parmi les jeunes artistes qui suivent ce profitable enseignement, Raphaël Ponson, Fabius Brest ou François Simon tirent chacun à sa manière parti des leçons du maître pour évoluer dans la voie qui les attire, aussi différente soit-elle des inspirations du maître. Ils seront peintre de marine, orientaliste ou peintre animalier… Jusqu’à sa mort en 1863, Loubon continuera à exposer au Salon. La nature constitue le suprême modèle de cet artiste qui s’est assez peu tourné vers les paysages du littoral, leur préférant la rusticité des terres provençales de l’arrière-pays. Son œuvre est marquée par la volonté de rendre la grandeur contrastée du paysage provençal, sa beauté mais aussi sa dureté, l’âpreté de la vie rurale. On ressent ainsi la chaleur accablante du soleil qui sèche la terre et la rend si poudreuse que les troupeaux ne peuvent se mouvoir qu’auréolés d’une insidieuse poussière. On est bien loin des paysages humides observés par les peintres de Barbizon que Loubon admire tant… Cependant, à sa manière, il s’attache à peindre sur le motif des scènes de la vie quotidienne paysanne, où l’homme compose avec la nature et les animaux pour gagner son pain quotidien. Nous avons placé sur cette page son tableau « Le retour du troupeau ». Sur sa tombe, au cimetière Saint-Pierre (Pinède du carré 6), s’élève une colonne au pied de laquelle est placée une sculpture en bronze représentant une palette de peintre avec des pinceaux. Le sommet de la colonne est coiffé d’une niche abritant un buste représentant le peintre, sculpté dans un bloc de marbre offert par Jules Cantini et réalisé par un de ses élèves, Marius Guindon. Le peintre Raphaël Ponson (1835-1904), son élève, est également enterré dans cette partie du cimetière.

1810 – 2 janvier : CULTURE DU COTON A LA SEYNE – Le maire de La Seyne, M. Joseph Raimondis (Raimondis Joseph-Jean, maire de 1802 à 1813), reçut, avec ses collègues des communes du littoral, une circulaire du préfet du Var, en date du 2 janvier 1810, prescrivant de faire connaître, à la suite des bons résultats données, les noms des propriétaires cultivateurs se proposant de poursuivre la culture du cotonnier dans la commune ; ladite circulaire fut adressée aux municipalités de la zone maritime depuis Bandol jusqu’au fleuve Var (Louis Baudoin, 1965, p. 437). Un semis, fait dans l’enclos de l’hôpital avait parfaitement réussi (Gisèle Argensse, 1989, p. 43).

1817 – 2 janvier :

1. L’INSTRUCTION PRIMAIRE N’EST PAS UN SERVICE D’ÉTAT – Le gouvernement de la Restauration ne semble pas considérer l’instruction primaire au titre d’un service d’État. Il n’a que 50 000 francs sur son budget pour l’enseignement populaire et s’en remet à la bonne volonté des communes, comptant sur les congrégations qui se multiplient rapidement : les congrégations d’hommes, à la faveur de la loi de 1818 accordant la dispense de service militaire aux instituteurs ayant contracté l’engagement de servir pendant dix ans dans l’enseignement ; celles des femmes, grâce à la loi du 24 mai 1825 ; les unes et les autres bénéficiant d’ailleurs de la loi du 2 janvier 1817 relatives aux dons et legs faits aux établissements ecclésiastiques. Les revenus du personnel enseignant ont donc été, sous la restauration, peu différents de ceux qu’il avait sous l’Empire (Michel Bellenfant, 1983, p. 22).

2. STENDHAL, “JOURNAL” : 2 JANVIER 1817 – J’arrive de trop bonne heure au théâtre Valle ; mais toutes les places du parterre sont numérotées ; quand l’on n’est pas des premiers, l’on n’entend pas. Je m’amuse à lire le règlement de police ; le gouvernement connaît son peuple : ce sont des lois atroces. Cent coups de bâton, administrés à l’instant sur l’échafaud qui est en permanence à la place Navone, avec une torche et une sentinelle, pour le spectateur qui prendrait la place d’un autre ; cinq ans de galère pour celui qui élève la voix contre le portier du théâtre {la maschera) qui distribue les places. Le jugement a lieu ex inquisitione, suivant les douces formes de l’inquisition. Tout ce que je vois des spectateurs, l’absence totale de politesse, d’honneur, d’égards, me confirme ce que la princesse G*** me disait hier, que Tibère Pacca, gouverneur de Rome, est homme de talent et qui sait son affaire. Je fais copier son ordonnance de police : ce sera une des pièces justificatives de mon voyage, pour qui m’accusera de trop mépriser le despotisme ecclésiastique.

La musique commence enfin ; elle est d’un nommé Romani, qui s’intitule sur l’affiche « Figlio di questa gran Roma. » Il est digne de sa patrie : sa musique n’est qu’un centon de Cimarosa. Par ce moyen, quoique sans le moindre génie, elle m’amuse.

La prima donna de Valle est cette même Mme Giorgi que j’ai vue à Florence : la musique de Rossini lui allait mieux. Elle n’est plus ici qu’une faible copie de la Malanotte. Il y a un bouffon de la bonne école, point musqué, et qui fait rire ; mais il est bien vieux.

La pièce est une traduction des Jeux de l’amour et du hasard. Le traducteur y a ajouté des coups de bâton et un bailli de village, qui compose une harangue à son seigneur, par le moyen du Dictionnaire des rimes. Il y a longtemps que nous sommes convenus que la musique ne peut peindre l’esprit. Elle est obligée de prononcer lentement, et le degré de rapidité de la repartie peint presque toujours la nuance de l’idée. La musique ne peint que les passions et que les passions tendres.

Depuis Mozart et Haydn, tandis que le chant peint une passion, des traits d’orchestre peignent d’autres nuances de sentiment, qui, je ne sais comment, viennent se confondre dans notre âme, avec la peinture de la passion principale. Mayer, Winter, Weigl, abusent de l’accessoire, ne pouvant atteindre au principal. Mais jusqu’ici, malgré cette découverte, la musique ne peut encore peindre l’esprit.

1825 – 2 janvier : DUMONT D’URVILLE – L’explorateur et navigateur Dumont d’Urville achève son tour du monde..

1875 – 2 janvier : LA SEYNE LANCE LE MONITOR BRÉSILIEN A DEUX TOURELLES « SOLIMOES » – Lancement, aux Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne, du monitor brésilien à deux tourelles « Solimoes », classe Solimoes (« Solimoes », « Javary »). Entrée en service la même année (Galuppini G., 1981, p. 156-157). Deux monitors cuirassés à 2 hélices et 3 700 t de déplacement furent construits en 1875 aux Forges et Chantiers de la Méditerranée pour le Brésil : le « Solimoés » lancé au Havre, le « Favory » à La Seyne (Marius Autran, tome 5).

1884 – 2 janvier : Décès à Marseille de la cantatrice Marie Magdeleine Désirée CAMOIN. Né à Toulouse le 3 juillet 1807, elle épousa Derancourt à Marseille. Elle débuta le 16 novembre 1826 dans « Jean de Paris et le Tableau parlant ».

1891 – 2 janvier : LA BUANDERIE DE SAINT-MANDRIER FONCTIONNE – Le Préfet maritime informe le Ministre : « La buanderie de Saint-Mandrier fonctionne depuis hier. Pendant les trois premiers mois, elle sera en fonction par les Travaux Hydrauliques à titre d’essais puis définitivement par le service de Santé (Gisèle Argensse, 1989, p. 53).

1900 – 2 janvier : SANARY –Sanum Aer, air pur, air bienfaisant. Telle est, à mon avis, l’étymologie de celte coquette et charmante ville que Phébus dote de ses caresses bienfaisan­tes et fidèles. Bien modeste village, Sanary, précédemment, Saint-Nazaire, a cherché à se cacher comme l’humble violette, recevant de la Méditerranée sa fraîche rosée. Né des mains do pauvres pêcheurs, le village s’est développé peu à peu et est devenu comme l’anticham­bre ou le boudoir de Toulon.

(Sanary, cliché H. Ribot)

C’est l’illustre Maison de Vintimille qui la première, gagnée par les grâces du site ravissant, commença sa splendeur. Nous parlons du XIVe siècle.

La chronique du temps nous montre alors au centre de la ville une tour car­rée de 23 mètres d’élévation.

C’est là que se réfugiaient les habi­tants pour se défendre des pirates. De cette tour et de ses droits à la gloire, Sanary a tiré ses armoiries : « Une tour et 2 palmes ». Ce n’est point le moment de faire sortir ici des annales de Sanary tous les noms glorieux qui s’y rattachent.

Qu’il nous suffise de rappeler que c’est la patrie du brave Barthélemy de Don et du vaillant citoyen Rondey qui, à des périodes différentes sauvèrent leur vil­lage et illustrèrent son nom. Nous arri­vons au XIXe siècle et c’est à cette époque que Sanary est devenue ce qu’elle est.

Ses constructions récentes et grandio­ses l’embellissement de son port, les scintillements électriques qui sillonnent les rues sont là pour la distinguer parmi ses compagnes.

Une promenade charmante fait diriger les pas du visiteur vers Portisol ou Port du Soleil. De là, Sanary laisse à peine apercevoir son clocher blanchi. Fille de la mer, elle semble tendre vers elle ses bras complaisants, que les ondes à plai­sir caressent d’un visage serein. C’est là qu’était venu se ranimer, au souffle des flots expirants, le vaillant général Rose, dont Saint-Nazaire déplore la perte. Continuant cette ravissante ascension de Portisol que couronnent les restes de quelques vieux moulins, on aperçoit nettement à sa gauche la pointe du cap Nègre et bien en arrière la presqu’île des Ambiers qui prête main-forte au Rouveau, se permettant toutefois en arrière, un regard confiant vers Six-Fours.

C’est à la presqu’île des Ambiers, au village du Brusc, paraît-il, que les poissons depuis de longs siècles portent un deuil continu par suite de succulentes bouillabaisses. Sur la droite, se dresse, fier et presque menaçant, le ravissant Bec de l’Aigle, qui forme comme l’aile droite de notre scène. Enfin, bien au loin l’horizon s’étend bizarre et splendide à certaines heures.

Enfant du soleil, enfant de la mer, Sanary ne peut avoir que des admirateurs et si je ne craignais d’être téméraire-je placerais ici le mot de Mignon :

C’est là que je voudrais vive… vivre et aimer

Eh ! vous, chers Provençaux, qu’en pensez-vous ?

Sur le point de faire nos adieux à Sa­nary laissons-lui nos souhaits. L’intelli­gente municipalité, qui, à cette heure, dirige les affaires de la Commune a émis un vœu qui ne peut qu’être exaucé.

Le port de Sanary, par sa situation stratégique est un abri favorable pour une flottille de torpilleurs. L’abordage d’une partie de ce port n’est point possible, l’eau y étant peu profonde. D’autre part, à la saison d’été, les algues exha­lent à cet endroit une odeur dans la­quelle les médecins reconnaissent des principes de maladies.

Sanary a donc souhaité que cette partie du port fut comblée. Ce désir sera sûrement écouté, car il s’impose au point de vue de l’hygiène et au point de vue de la défense nationale.

Sanary est d’ailleurs une trop gracieuse fille de Provence pour qu’on puisse lui refuser quelque chose : En cela le passé répond de l’avenir. (« La République du Var », du 2 janvier 1900, article signé G. R).

1903 –2 janvier : UN HOLLANDAIS A SANARY – Cornelis-Johannès Postma, né le 2 janvier 1903 à Hilversum, de nationalité hollandaise, était muni d’une carte d’identité délivrée le 15 novembre 1939 par la préfecture de police de Paris. Résidant seul à Macon (Saône et Loire), il fit auprès du commissariat de police de cette ville, une demande de visa de départ pour se rendre à Sanary le 27 octobre 1941. Signé par le commissaire, ce visa fut adressé à Sanary, où il est aujourd’hui aux archives municipales (retrouvé par Michaël Brunot).  Notons que la carte d’identité des Français fut instaurée par une loi publiée au journal officiel du 20/11/1940, qu’un décret devait ultérieurement rendre obligatoire pour tout Français, de l’un ou l’autre sexe, âgé de plus de 16 ans (Le Matin, 21 novembre 1940).

1904 –2 janvier : RÉVOLTE DANS LES COLONIES ALLEMANDES D’AFRIQUE – Révolte des tribus Hereros, dans les colonies allemandes de l’Afrique du Sud-Ouest.

(le cuirassé russe Tsarevitch – coll. H. Ribio)

1905 – 2 janvier : LA PLACE NAVALE RUSSE DE PORT-ARTHUR CAPITULE DEVANT LES JAPONAIS. au début de la guerre russo-japonaise, la garnison russe de Port-Arthur capitule face à l’armée japonaise, après onze mois de résistance. Le port, qui commande l’accès à la province chinoise de Mandchourie, passe d’un colonisateur à un autre. Un demi-siècle s’écoulera avant que la souveraineté de Pékin sur la ville soit reconnue. Avec cette défaite commence le rapide renversement des forces en extrême Orient qui verra, le 29 août, la Russie contrainte à signer le traité de Portsmouth par lequel elle abandonnera Port-Arthur au Japon, ainsi que le sud de Sakhaline, le protectorat de la Corée et la Mandchourie du Sud. Cette guerre aura ébranlé le régime tsariste mais, surtout, aura révélé la force nouvelle du Japon, première puissance mondiale non blanche.

1907 –2 janvier : INTERDICTION DE CRUCIFIX DANS LES SALLES D’ÉCOLE – En application de la loi de séparation de l’Église et de l’État, le gouvernement français fait interdire la présence de crucifix dans les salles d’école.

1915 –2 janvier : N°60 DU MIROIR DATÉ DU 17 JANVIER 1915, ÉDITORIAL “LA GUERRE”:

“Samedi 2 janvier.

“Les Allemands ont canonné vainement le village de Saint-Georges près de Nieuport. Notre artillerie prend un avantage marqué dans la Somme et en Champagne. Vive action en Argonne où les ennemis ont gagné quelques mètres; ils ont été durement refoulés par nous entre Meuse et Moselle. Nous progressons dans le village de Steinbach (Haute-Alsace).

“La région des quatre rivières en Pologne a été décidément fatale aux corps de Hindenburg qui se sont obstinés à les franchir. Ils ont laissé, paraît-il, 200.000 hommes sur la Bzoura. Les Autrichiens étant anéantis, toute une armée russe a pu passer les Carpathes et se déverser dans la plaine hongroise.

²Le cuirassé anglais « Formidable », lancé en 1901 et jaugeant 15.000 tonnes, a sauté en Manche sur une torpille. 199 hommes ont été sauvés sur un équipage d’environ 900.

“Guillaume II, dans une proclamation à son armée, reconnaît que la « situation est sérieuse ».

“L’Autriche a demandé deux corps allemands pour protéger la Bosnie contre une invasion serbe; par contre, elle envoie en Flandre deux corps de ses Slaves du sud.

“L’officier aviateur anglais Hewlett qui commanda le raid des hydravions sur Cuxhaven et qui avait disparu, a été retrouvé à bord d’une barque hollandaise qui est rentrée dans le port d’Ymunden. »

1920 – 2 janvier : GEORGES CLEMENCEAU A TOULON – La population pouvait aller applaudir Georges Clemenceau Président du Conseil, qui après un passage à Draguignan, Brignoles, Hyères, Cogolin, faisait une arrivée triomphale à Toulon (Gisèle Argensse, 1989, p. 168).

1927 – 2 janvier : COQUILLE JOURNALISTIQUE – « Rome, 2 janvier. – A l’occasion de la nouvelle année, d’Annunzio a envoyé à Mussolini la dépêche suivante : « 1927 anus mirabilis. Vivas, valeas, vineas. » (L’Indépendance roumaine, du 5 janvier 1927).

1932 – 2 janvier : PROTECTORAT DU MANDCHOUKOUO – Création par les Japonais du protectorat du Mandchoukouo (ancienne Mandchourie).

1937 – 2 janvier : L’ « Île de LOOS » s’échoue au sud de Casablanca. En 1930, un accord est conclu par Fraissinet  avec la Compagnie Cyprien-Fabre et les Chargeurs Réunis afin d’assurer un service commun vers les ports de l’Afrique de l’Ouest largement concurrencés par les armements italiens. L’année suivante, devant la concurrence des Italiens abondamment subventionnés, les lignes de la mer Noire sont définitivement abandonnées après cinquante années d’exploitation. En 1933, Fraissinet lance un service bananier avec le navire affrété danois Estrid (1 397 tjb, 1933) de l’armement D/S Torm de Copenhague. En novembre 1934, l‘îles de Loos bâtiment neuf de 2 900 tjb construit par le chantier danois d’Elsinore, est mis en service mais, dès le 2 janvier 1935, il s’échoue au sud de Casablanca au retour de son voyage inaugural. Le Cap des Palmes (3 082 tjb, 1935) va lui succéder.

1937 – 2 janvier : STATU QUO ANGLO-ITALIEN EN MEDITERRANEE – L’accord anglo-italien du maintien du statu quo en Méditerranée permet une détente toute provisoire dans le climat international de l’époque.

1940 – 2 janvier : LA PRIME DE PREMIÈRE NAISSANCE EST ACCORDÉE A PARTIR D’AUJOURD’HUI (Paris-Soir du mardi 2 janvier 1940). Le code de la famille entre en vigueur (…) et le « journal officiel » a publié ce matin un décret ouvrant droit à cette prime (…) réservée « aux enfants français de premier rang nés dans les deux années qui suivent la célébration du mariage de leurs auteurs ». Pour l’année 1940, le bénéfice de cette prime est étendu aux enfants dont les parents étaient, à la date du 30 juillet 1939, mariés depuis moins de deux années.

1942 – 2 janvier :

1. – Jean Moulin est parachuté en France avec les pseudonymes de Rex ou Max, pour organiser la résistance intérieure et la placer sous les ordres du général de Gaulle

2. LA MARINE DE VICHY AU MAROC – L’aviso-dragueur « La Boudeuse » entre en grand carénage à Casablanca le 2 janvier et y reste jusqu’au 24 février. Aussitôt après, il reprend la routine des convois et le 25 quitte Casablanca avec le convoi C 32 composé de 5 bâtiments (Gérard Garier).

3. EN EXTRÊME-ORIENT, les Japonais prennent Manille.

1943 – 2 janvier : LA MARINE DANS LA GUERRE DES CONVOIS – Le 2 janvier, en escorte du câblier Alsace de Gibraltar à Casablanca, l’aviso-dragueur « La Gracieuse » grenade un sous-marin à 17 milles du cap Spartel. Six jours plus tard, en convoi vers Dakar, il réitèrera sur un sous-marin signalé dans le 218 du cap Manuel (Gérard Garier).

1944 – 2 janvier : ALORS QUE DARNAND EST NOMMÉ SECRÉTAIRE GÉNÉRAL AU MAINTIEN DE L’ORDRE DEPUIS LE 1er JANVIER, L’OCCUPANT ALLEMAND MONTE UNE EXPÉDITION CONTRE LE DÉTACHEMENT « MARAT » DE LA 1ere COMPAGNIE FTP INSTALLÉE A LA FERME DE LIMATTES (A SIGNES) – 9 maquisards et un berger sont fusillés, 2 maquisards arrêtés (var 39-45 / guerre / chrono).

De nombreux jeunes, refusant le service du travail obligatoire, avaient rejoint le maquis F.T.P.F FAITA qui allait devenir un camp d’instruction. Ces jeunes avaient ensuite été affectés aux maquis que le Front National avait créé à SIGNES (au lieu-dit “Les Limattes”) ou au Bessillon (entre BARJOLS et COTIGNAC) et dans la région d’AUPS.

Ces maquis eurent à soutenir de durs combats contre les forces de répression (Waffen SS et milice de Vichy), le 2 janvier 1944 à SIGNES, le 22 juillet 44 à AUPS, le 27 juillet 44 à BESSILLON. La GESTAPO, très active. parvint même à introduire un de ses agents dans un maquis F.T.P.F et le début de l’année 1944 fut marqué par un coup dur pour le maquis du plateau des Limattes près de SIGNES, qui eut des répercussions sur l’organisation du P.C.F à TOULON. Cet agent de liaison (un Français) s’était acquis la sympathie d’un chef de groupe du maquis et (ce qui était une imprudence) il était venu un jour chez le frère de ce chef à TOULON, René BATTAGLIA, et avait acquis la certitude que ce dernier était un membre actif de la résistance.

A Signes , 10 maquisards ont été ainsi massacrés dans la ferme de Limatte où s’était cantonné le camp Battaglia, élément de la première compagnie de Provence. Ce jour-là, ces hommes, encerclés et très sommairement armés, résistèrent héroïquement aux assauts réitérés des Allemands. Les prisonniers furent tous exécutés (Ken Nicolas, vol. 2, p. 237).

Après l’affaire du plateau des Limattes, où les maquisards trouvèrent la mort dans un combat inégal, la gestapo fit irruption chez René BATTAGLIA, trouva le matériel d’impression des tracts du P.C.F, du Front National, de la C.G.T, et même d’autres organisations de la Résistance qui utilisaient ce centre d’impression, par l’intermédiaire du Front National (Joseph Bessone, La Résistance dans le Var, le mouvement ouvrier varois dans la Résistance.).

L’action réclamée par le préfet, ce sont les Allemands qui vont la mener le 2 janvier 1944. Mais il n’est pas sûr qu’il y ait un lien direct entre les dénonciations précédentes et cette attaque. Depuis octobre, stationne à Toulon puis Bandol un groupe de jeunes Français (si l’on peut dire) enrôlés au service des Allemands, spécialisés dans le repérage des maquis et leur infiltration en se faisant passer pour réfractaires. Il est fort possible que ce soient les éléments de ce groupe (dit groupe Brandebourg) qui soient à l’origine de l’attaque, car la présence des maquisards est connue ; ils ne se cachent guère ; certains fréquentent les bals de l’hôtel des Acacias. Conscients du danger, les responsables de la 1e Compagnie ont inspecté le détachement la veille ou l’avant-veille de l’attaque et lui ont donné l’ordre de changer de lieu de stationnement. Le fait est que le dimanche 2 janvier au petit matin le groupe est cerné dans la ferme de Limattes par environ 75 Allemands partis du Moulin du Gapeau où le propriétaire, suisse d’origine, les aurait accueillis. On entend tirer à partir de 9 h30, pendant 3/4 d’heure (d’autres sources disent 1 h30). Les maquisards tirent jusqu’à épuisement de leurs munitions et brisent les crosses de leurs armes pour qu’elles ne puissent plus être réutilisées par les Allemands. Ceux-ci auraient eu des pertes, mais on ignore leur nombre. Deux maquisards, Alexandre Strambio et Lucien Henon, de retour de mission ont été interceptés (l’un d’eux porte un uniforme pris sur la route de La Garde-Freinet, en décembre, aux gendarmes de Grimaud hostiles à la Résistance). Ils seront déportés (Henon n’en reviendra pas). Deux ou trois maquisards ont pu s’échapper ; les neuf autres sont faits prisonniers et fusillés avec le berger Honnorat qui se trouvait là. Les maquisards ont la tête criblée de balles, le berger a été touché au bas-ventre. L’affaire fait grand bruit et soulève une émotion considérable. Les obsèques de certains des morts dans leur localité d’origine sont l’occasion de manifestations patriotiques imposantes. Ainsi, celles de Pierre Valcelli, retrouvé avec 36 impacts et un bras cassé, à Salernes le 7 janvier et celles de Serge Venturrucci au Luc, le 9. Plusieurs journaux clandestins relatent l’affaire, notamment « Résistance », journal de la Résistance de l’arrondissement de Draguignan (dont le rédacteur en chef est Edouard Soldani). Son article, rédigé par Julien Cazelles, futur député, est utilisé par Maurice Schumann à la BBC quelques semaines plus tard, le 9 mars à 21 h 45. Quelques jours après, Philippe Henriot, chroniqueur patenté du régime à la radio officielle, tente de réagir en niant l’évidence, c’est-à-dire la réalité de la répression sanglante ! ce n’est que le mercredi 5 janvier que le charnier est trouvé par Sansonnetti et les gendarmes, à 300 mètres de la ferme, repéré par les pieds qui en émergent. Le lendemain, lorsqu’ils remontent avec le Parquet de Toulon, ils ont la surprise de voir les cadavres déterrés, étendus sur l’herbe, recouverts d’une couverture, chacun portant épinglée une feuille de papier avec son nom. Un gendarme fait des photos, mais les Allemands lui confisquent l’appareil et la pellicule. Les corps sont descendus au village et enterrés ce jour-là. Basset et Sansonnetti mourront en déportation (Ferrero François qui ravitaillait les FTP est également l’une des victimes de la répression de l’occupant. Liste des tués de Limattes: ALPHONSO, officier aviateur de l’armée italienne. BATTAGLIA Paul, 23 ans, ouvrier tailleur, Sainte-Maxime. GIANNA Joseph, HONNORAT Ambroise, 67 ans, berger. HUON Amédée, 22 ans, région parisienne, pompier. JOANNI Yvan, Savoie, maître skieur. LAFONT Georges, 21 ans, matelot, originaire de Gironde. PERRUCCA Jean, 24 ans, originaire de Savoie. VALCELLI Pierre, 22 ans, ouvrier céramiste, Salernes. VENTURUCCI Serge, 22 ans, ouvrier boulanger, Le Luc (var39-45 / lieux / ouest / signes).

Décapité par la répression, affecté par une trahison, cible de plusieurs attaques allemandes (9 morts à Signes le 2 janvier 1944, etc.), le camp Faïta (puis 1ère compagnie FTP de Provence) est contraint de se déplacer vers le Var intérieur (secteur de la Sainte-Baume), puis de se replier dans les Basses-Alpes, département qui paraît plus sûr et où le ravitaillement est plus facile. Parallèlement, Italiens et Bulgares, souvent anciens d’Espagne évadés des camps d’internement, animent les FTP-MOI, particulièrement actifs à Toulon, tandis que les Jeunesses communistes servent d’assises aux groupes « légaux » des FTP, présents dans quelques grosses bourgades de l’intérieur (région dracénoise, Barjols) et du littoral avec Saint-Tropez-Hyères et la région toulonnaise (Jean-Marie Guillon, 2004).

1945 – 2 janvier : DE GAULLE REFUSE D’OBÉIR A UN ORDRE D’EISENHOWER – Le général Eisenhower, commandant en chef des forces alliées, ordonne l’évacuation de Strasbourg. De Gaulle refuse.

1955 – 2 janvier : Naissance d’Europe n°1.

1956 – 2 janvier : ÉLECTIONS LÉGISLATIVES, VICTOIRE DU « FRONT RÉPUBLICAIN » (Jean-Charles Volkmann, 2003). Les élections législatives du 2 Janvier furent marquées par des succès importants du Parti Communiste Français qui obtint plus de 5,5 Millions de suffrages et 150 députés. Par rapport à 1951, les socialistes perdent six sièges et les communistes en gagnent cinquante-deux. Par contre, et cela intéresse directement les Mandréens, le candidat poujadiste invalidé dans la 2e circonscription des Bouches-du- Rhône laisse son siège de député à Max Juvenal.

Résultats définitifs pour le Var : ont été réélus, Jean Chariot, Frank Arnal, Jean Bartolini et Louis Puy. A été élu : Toussaint Merle (P.C.F.). Pour l’anecdote, la liste de l’Association du Christ de Montfavet, représentée par René Castels, n’obtient que 676 voix dans tout le département tandis que le P.C. compte deux députés sur 5 sièges : Jean Bartolini et Toussaint Merle. À La Seyne, la candidature Toussaint Merle obtint 7 601 voix, soit 55 % des suffrages exprimés. Le Parti socialiste totalisait 2 585 voix soit 19 %, les candidats radicaux 12 %, les candidats de droite environ 13 %. A Saint-Mandrier : S.F.I.O. : 380 voix ; P.C.F. : 332 voix ; Louis Puy : 184 voix. Toussaint Merle fait son entrée à l’Assemblée nationale (Ken Nicolas, vol. 1, p. 331-332

Voilà donc Toussaint Merle responsable de trois mandats électifs et non des moindres. L’hôtel de ville n’étant pas encore reconstruit (les Seynois attendaient depuis 12 ans les subventions nécessaires et les Toulonnais attendront beaucoup plus !), ce fut donc à la bourse du travail que les foules se rassemblèrent dans un accueil délirant d’allégresse pour fêter le succès incontesté du Parti communiste, de la Municipalité, et de leur représentant Toussaint Merle. Les noms de MM. Eugène Beaussier, Georges Bender, Pierre Chambon, secrétaires généraux ; de MM. Aimé Molinari et Raymond Gay, directeurs des services techniques, de Mlle Marie-Louise Rouvier et de M. David directeurs du centre médico-social, Simone Ferrero, dirigeante de la Caisse des écoles, Robert Pastorino et Hebréard, chefs du service de l’état civil, Provençal et Varey, spécialistes des finances, et de bien d’autres, resteront attachés intimement à l’histoire de La Seyne surtout dans la période de son ascension fulgurante (1950-1980) dont ils furent avec les élus du moment les meilleurs artisans (Marius Autran, tome 2, 1988).

1960 – 2 janvier : Le champion cycliste italien Fausto Coppi s’éteint, victime de la malaria.

1963 – 2 janvier : Embuscade Vietcong à Ap Bac – A Ap Bac, dans le delta du Mékong, au sud de Saigon, l’armée sud-vietnamienne et ses conseillers américains essuient leur premier échec face aux Vietcongs ou communistes sud-vietnamiens, soutenus et armés par le Nord-Vietnam. Ce jour-là, l’armée sud-vietnamienne monte à l’assaut du village pour neutraliser un émetteur radio quand elle est prise dans une embuscade, au milieu des rizières. Plusieurs hélicoptères américains sont appelés en renfort et cinq d’entre eux sont abattus. Les Vietcongs se retirent une fois la nuit venue, libérés de la peur que leur inspirait jusque-là la puissance américaine. La guerre du Vietnam commence pour de bon (Herodote).

1971 – 2 janvier : Soixante-six personnes meurent étouffées et piétinées sur un stade à Glasgow. Les faits se déroulent à la fin d’un match entre les Glasgow Rangers et le Celtic Glasgow. Après 89 minutes de jeu, le Celtic est en train de gagner le match par 1 but à 0 et beaucoup de supporters des Rangers sont en train de quitter le stade. Dans les toutes dernières secondes, Colin Stein marque le but égalisateur pour les Rangers. Les supporters qui sont en train de quitter le stade essaient d’y retourner. Les barrières de l’escalier 13 cèdent et un mouvement de foule se déclenche, écrasant les personnes présentes dans le stade. Le bilan est extrêmement lourd : 66 tués et plus de 200 blessés. Parmi les morts on compte beaucoup d’enfants (13 ont 15 ans ou moins). La plupart des décès sont dus à une asphyxie par écrasement. L’enquête officielle met un peu à mal la thèse du retour des spectateurs dans le stade. Pour la police tous les spectateurs allaient dans le même sens et il s’agirait donc de mouvements de foule vers le terrain pour célébrer la victoire, écrasant sur son passage les spectateurs assis dans les rangées les moins élevées. Trente ans plus tard, à l’angle de la tribune principale (Main Stand) et de la tribune de Copland Road (Copland Road Stand), un monument commémoratif sera installé qui rappellera les noms de tous ceux qui ont perdu la vie dans le désastre.

(1943 : Pierre Fresnay et Ginette Leclerc dans « le corbeau » d’Henri-Georges Clouzot)

1992 – 2 janvier : MORT DE GINETTE LECLERC – Connue sous son nom de scène, Ginette Leclerc, Geneviève Menut avait commencé sa carrière en se laissant photographier pour des cartes postales amoureuses, puis comme figurante dans une série de films entre 1932 et 193 avant de tourner dans des rôles de « petites poules assez dénudées » où son charme canaille faisait merveille. C’est en tournant « L’homme de nulle part » en 1937 qu’elle connut enfin un semblant de succès dans le rôle d’une « belle garce ». Sa chance réelle vint en 1938 avec le film de Léonide Moguy « Prison sans barreaux », où elle fut une remarquable détenue perverse, puis avec « La femme du boulanger », film dans lequel elle joua l’épouse infidèle et tendre à la fois du pauvre boulanger joué par Raimu. Après ces deux films, la chance l’abandonna et elle retomba dans ses rôles alimentaires avec, cependant, une exception, « L’empreinte de Dieu » (1940). Le seul grand rôle de sa carrière fut celui de la voluptueuse et boiteuse Denise dans « Le Corbeau ». Elle tourna jusqu’en 1961, non sans avoir eu très tôt cette réflexion sur sa carrière : « Dans le choix de mes rôles, je ne veux plus jouer sur le physique. Mon physique m’aida dans mes débuts. Aujourd’hui, il me gêne, il gêne ma carrière »… Fondatrice d’un club d’artistes (« Banco ») elle a également fait une importante carrière théâtrale. Ginette Leclerc (du nom de son premier mari) demeure la femme qui a été le plus assassinée au cinéma et, certainement, la dernière vamp du cinéma classique français (d’après Roger Boussinot, « L’encyclopédie du cinéma », Bordas, tome 2, 1986)

1996 – 2 janvier : LA RECHERCHE SUR LE CANCER DANS LE ROUGE – un rapport de la Cour des comptes révèle que l’Association pour la recherche sur le cancer a versé à la recherche à peine un tiers des fonds collectés en 1993.

2001 – 2 janvier : MALADIE DE LA « VACHE FOLLE » -avec six mois d’avance sur ses partenaires européens, la France engage le dépistage systématique de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) sur l’ensemble des bovins de plus de trente mois entrant à l’abattoir et destinés à la consommation

2002 – 2 janvier – douze personnes âgées trouvent la mort dans l’incendie d’une maison de retraite de Saint-Bonnet-de-Mure (Rhône).

2018 – 2 janvier : DECHETERIES – A compter du 2 janvier 2018, conformément à la loi, les déchèteries de l’Agglomération Sud-Sainte-Baume ne pourront plus accepter les apports des professionnels, notamment les gravats et les végétaux. Les professionnels doivent s’adresser aux déchetteries qui leurs sont dédiées.

2020 – 2 janvier : Croisière sur le Nil. 5e jour : Arrivée à Philae (cl. H. Ribot).

2021 – 2 janvier :

-« LE MONDE » – Le couvre-feu sera avancé à 18 heures  dans quinze départements : Vingt départements avaient été évoqués mardi par le ministre de la Santé, Olivier Véran. Ce sont finalement dans quinze départements que le couvre-feu sera avancé à 18 heures à partir du samedi 2 janvier, a annoncé le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, vendredi 1er janvier, sur TF1. Les départements concernés sont : Hautes-Alpes (05), Alpes-Maritimes (06), Ardennes (08), Doubs (25), Jura (39), Marne (51), Haute-Marne (52), Meurthe-et-Moselle (54), Meuse (55), Moselle (57), Nièvre (58), Haute-Saône (70), Saône-et-Loire (71) , Vosges (88), Territoire de Belfort (90).

(Robert Hossein et Marina Vlady en 1959 lors du rournage de « Toi le venin »)

-« L’HUMANITE » – Triste nouvelle – Robert Hossein est décédé ce jeudi 31 décembre, à 93 ans des suites du COVID-19 à l’hôpital. Il s’était illustré aussi bien au théâtre qu’au cinéma, en tant qu’acteur ou à la mise en scène. Pour le grand public, il restera notamment Joffrey de Peyrac, l’amant et l’époux d’Angélique, marquise des anges. Robert Hossein voulait faire du théâtre comme on faisait du cinéma afin d’attirer le plus grand nombre de spectateurs. En 1975, il monte Le Cuirassé Potemkine au Palais des Sports de Paris. Un cuirassé de 26 mètres sur scène et la révolution de 1905 s’invite sur la scène. Ensuite se sera Notre-Dame de Paris, Les Misérables puis Marie-Antoinette, dont il refait le procès avec la complicité du public… Abraham Hosseinoff de son vrai nom, était né le 30 décembre 1927 à Paris. Robert Hossein a été fait Commandeur de la légion d’honneur en 2006 et Grand officier de l’ordre national du mérite en 2019. Que repose en paix cet homme qui disait : « C’est vrai et je le répète : « Je crois en Dieu parce que je crois dans les hommes. Si vous ne croyez pas en Dieu, croyez dans les hommes. S’il existe, il croira en vous. » Mais on ne peut se réclamer de Dieu sans appliquer ce que l’on revendique. Je me demande si la justification d’une existence, arrivé à un certain point, ce ne serait pas de renoncer, d’inviter les gens sur des collines et de leur dire qu’on les aime, comme cette « oriflamme calcinée » qu’est l’abbé Pierre, ce que l’on pouvait dire aussi d’André Breton ou d’Antonin Artaud. Cela dit, je ne suis pas une référence. Je connais des gens qui s’occupent beaucoup des autres sans faire de bruit. » (L’HUMANITÉ, Jeudi 31 décembre 2020, Dominique Widemann).

EN DIRECT DE NOS ARCHIVES.

SANARY-SUR-MER – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et ÉDIFICES. 180e livraison : article publié dans « La République du Var », du 2 janvier 1900, signé G. R).

(Sanary, cliché H. Ribot)

SANARY –Sanum Aer, air pur, air bienfaisant. Telle est, à mon avis, l’étymologie de celte coquette et charmante ville que Phébus dote de ses caresses bienfaisan­tes et fidèles. Bien modeste village, Sanary, précédemment, Saint-Nazaire, a cherché à se cacher comme l’humble violette, recevant de la Méditerranée sa fraîche rosée. Né des mains do pauvres pêcheurs, le village s’est développé peu à peu et est devenu comme l’anticham­bre ou le boudoir de Toulon.

C’est l’illustre Maison de Vintimille qui la première, gagnée par les grâces du site ravissant, commença sa splendeur. Nous parlons du XIVe siècle.

La chronique du temps nous montre alors au centre de la ville une tour car­rée de 23 mètres d’élévation.

C’est là que se réfugiaient les habi­tants pour se défendre des pirates. De cette tour et de ses droits à la gloire, Sanary a tiré ses armoiries : « Une tour et 2 palmes ». Ce n’est point le moment de faire sortir ici des annales de Sanary tous les noms glorieux qui s’y rattachent.

Qu’il nous suffise de rappeler que c’est la patrie du brave Barthélemy de Don et du vaillant citoyen Rondey qui, à des périodes différentes sauvèrent leur vil­lage et illustrèrent son nom. Nous arri­vons au XIXe siècle et c’est à cette époque que Sanary est devenue ce qu’elle est.

Ses constructions récentes et grandio­ses l’embellissement de son port, les scintillements électriques qui sillonnent les rues sont là pour la distinguer parmi ses compagnes.

Une promenade charmante fait diriger les pas du visiteur vers Portisol ou Port du Soleil. De là, Sanary laisse à peine apercevoir son clocher blanchi. Fille de la mer, elle semble tendre vers elle ses bras complaisants, que les ondes à plai­sir caressent d’un visage serein. C’est là qu’était venu se ranimer, au souffle des flots expirants, le vaillant général Rose, dont Saint-Nazaire déplore la perte. Continuant cette ravissante ascension de Portisol que couronnent les restes de quelques vieux moulins, on aperçoit nettement à sa gauche la pointe du cap Nègre et bien en arrière la presqu’île des Ambiers qui prête main-forte au Rouveau, se permettant toutefois en arrière, un regard confiant vers Six-Fours.

C’est à la presqu’île des Ambiers, au village du Brusc, paraît-il, que les poissons depuis de longs siècles portent un deuil continu par suite de succulentes bouillabaisses. Sur la droite, se dresse, fier et presque menaçant, le ravissant Bec de l’Aigle, qui forme comme l’aile droite de notre scène. Enfin, bien au loin l’horizon s’étend bizarre et splendide à certaines heures.

Enfant du soleil, enfant de la mer, Sanary ne peut avoir que des admirateurs et si je ne craignais d’être téméraire-je placerais ici le mot de Mignon :

C’est là que je voudrais vive… vivre et aimer

Eh ! vous, chers Provençaux, qu’en pensez-vous ?

Sur le point de faire nos adieux à Sa­nary laissons-lui nos souhaits. L’intelli­gente municipalité, qui, à cette heure, dirige les affaires de la Commune a émis un vœu qui ne peut qu’être exaucé.

Le port de Sanary, par sa situation stratégique est un abri favorable pour une flottille de torpilleurs. L’abordage d’une partie de ce port n’est point possible, l’eau y étant peu profonde. D’autre part, à la saison d’été, les algues exha­lent à cet endroit une odeur dans la­quelle les médecins reconnaissent des principes de maladies.

Sanary a donc souhaité que cette partie du port fut comblée. Ce désir sera sûrement écouté, car il s’impose au point de vue de l’hygiène et au point de vue de la défense nationale.

Sanary est d’ailleurs une trop gracieuse fille de Provence pour qu’on puisse lui refuser quelque chose : En cela le passé répond de l’avenir.

MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS – 380e livraison :

(18 Marseille Le quai des Belges apres 1926 (carte postale Tardy, coll. H. Ribot)

vers 1500 : Marseille – La Tour de Mazargues, passée de Raimond de Soliers  à la maison de Boniface, passe, vers 1500, dans celle de Pontevès, par le mariage de Marguerite de Boniface avec Durand de Pontevès, seigneur de Flassans (Mortreuil). Mention de Mazargues, Mazargos, Mazargo, 1500 (Trésor du F.)

1506 : le port de Marseille est gelé (E. Le Roy Ladurie, Histoire du Climat depuis l’An Mil, 1983).

1506 – 29 avril : Signes – Election de Jean de Cuers à l’évêché de Marseille par le chapitre. … infra ecclesiam parocchialem Sancti Petri, castri de Signa, Massiliensis diocesis et cappellam novam ejusdem ecclesie, ad actum hujus modi complendum, cum in eadem civitate Massilie non sit tutus accessus, propter pestem in eadem civitate Massilie nunc, proch dolor ! … dni Guillelmi de Paulo, canonici antiquoris ejusdem ecclesie sedis, ac prioris ejusdem prioratus Sancti Petri, castri de Signa … ellegerunt et eligunt reverendum patrem dunum Johannem de Coreys… [textes :] Stephanus Rochetoni, vicarius de Signa. (Gallia Chr. Nov. II n° 835, p. 507).

1506 – 14 juillet : Jean de Cuers renonce à l’élection faite en sa faveur et reste prévôt du chapitre de Marseille jusqu’à sa mort (Gallia Chr. Nov. II n° 835, p. 507). Signes – Election d’Antoine du Four comme évêque de Marseille.] … quod congregato ven. Capitulo ecclesie Massiliensis, in loco de Signa, diocesis Massilensis, oh perstem, proch dolor ! vigentem in eadem civitate Massilie, et in ecclesia parrochiali Sancti Petri de Signa, videl. In capelle nova ejustem ecclesie, pro actu infrascripto peragendo, quem locum ad id sufficientem et y donomeum elegerunt ; in quo interfuerunt reverendi patres et egregii domini, Johannes de Coreis, sancte sedis apostolice prothonotarius, prepositus, … Nunc vero, quia ad ejus aures pervenit xpoi anissimum dominum nostrum Regem declarasse voluntatem suam esse, quod presideat prospestor dicte ecclesie Massiliensis, suus confessor magister Anthonius de Furno, in sacra pagina doctor. Nolens ipse R.D. (reverenbdi patres et egregi domini !) prepositu nullo modo voluntati de se factum, ac omne jus quod illius pretextu habere potuit et potest, livere et nullo cogente remisit ac remittit dicto ven. Capitulo Massiliensi, omnibus melioribus modis, viis et formis quibus potuit et potest, ad opus scilicet et utilitatem predicti magistii Anthoni de Furno, confessoris regii, illum in locum suum ponendo et inducendo … octum in dicto opido de Signa et ante domum claustralem prioratus dicte ecclesie, presentibus ibidem testibus superius nominatis … (Gallia Chr. Nov. II n° 839, p. 510).

LA SEYNE-SUR-MER. 88e livraison :

« Johannet, cadet de Jaume Deydier, grand possédant d’Ollioules, était devenu clerc, reçu fort tard docteur à l’université d’Avignon et ne fut en état de célébrer sa première messe que le 15 mai 1502. Grand événement que cette messe chantée pour la première fois par Johannet, devenu mossen Johan, dans l’église saint-Laurent d’Ollioules] quant Mossen Johan, mon frayre, cantet sa messe novella en Olioll. [… Avaient été invité une multitude de Toulonnais que la peste régnant en ville en avait chassés, et si nombreuse fut l’assistance que cette offrande atteignit le chiffre de 33 florins 3 gros. Un banquet] una honesta festa [fut célébré à table, et d’autres offrandes furent faites en victuailles. Aucune maison d’Ollioules n’ayant une salle assez vaste pour recevoir tous les invités, le repas fut servi dans la bergerie de M. de Seyne,] la dinada si feze en lo gias de M.  de Sayna ; [et la cuisine se fit au moulin du voisinage,] en lo molin de la Torre. [La dépense de la fête s’éleva à 22 florins 6 gros, …, Jaume … la prenant toute à sa charge.. » (d’après Charles de Ribbe – La société provençale à la fin du Moyen Age d’après des documents inédits. Paris, Perrin Ed. 1898, 572 p.

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE.

Fatigué par une journée de travail particulièrement pénible, un homme qui regagne son domicile au volant de sa voiture se fait traiter de cocu par un autre automobiliste. Et ce mot le taraude pendant tout le trajet, au point qu’en arrivant chez lui il demande d’entrée à sa femme, hors de lui :

– Combien de fois m’as-tu trompé depuis notre mariage ? Combien de fois ? Allez, réponds !

Elle le regarde abasourdie et lui lance :

– Tu ferais mieux d’aller prendre une douche froide…

Il sort de la pièce en claquant la porte, puis se dit qu’après tout une bonne douche le détendra.
Et un quart d’heure plus tard, il revient calmé en disant :

– Chérie, excuse-moi pour tout à l’heure j’étais énervé. Pour me faire pardonner, veux-tu que nous allions au cinéma puis au restaurant ?

Alors elle met le doigt sur la bouche en murmurant :

– Chut ! Ne me trouble pas. Je compte …

(Calabre : Crotone sanctuaire Hera Lacinia VIe av JC=

J’en ai terminé. Il est 9 heures !

Affectueuses pensées à Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber.

Bon vendredi à tous et à demain !

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