ÉPHÉMÉRIDES DU 30 JANVIER

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Rougon et le Grand Canyon du Verdon

ÉPHÉMÉRIDES DU MARDI 30 JANVIER 2024, 13e ANNÉE (n° 4063).

ILLUSTRATION. Rougon (Alps de Haute Provence et les gorges du Verdon).

LES FÊTES.

En ce 11e jour du mois de pluviôse, dédié à l’HELEBORE, nous fêtons les  Martine qui se déclinent en Marthina, Marthine, Martina, Martyna, Marzhina. Bonne fête, donc, aux plus de 300 000 Martine de France de qui le prénom fut, comme il fallait s’y attendre, très populaire dans les années 1950. Martine, patronne de Rome, fut décapitée au IIIe siècle par ordre impérial. Fille d’un noble romain, elle avait vendu tous ses biens afin de consacrer sa fortune à des œuvres de charité.

DICTON. On dit, en Vivarais, « Prends garde à la sainte Martine, car souvent l’hiver se mutine », … alors, mèfi, car  si « l’hiver peut nous quitter », il peut aussi « reprendre dès ce matin ». Nous avons eu l’exemple en l’an 1616, au cours duquel, à Paris, la Seine fut gelée du 1er au 30 janvier, et où, lors de la débâcle qui suivit, un côté du Pont Saint-Michel se trouva renversé. Autre exemple pris durant l’année 1795, alors qu’en janvier et février, raconte Thiers, « le Zuiderzee était gelé, nos escadrons traversèrent au galop ces plaines de glace, et l’on vit des hussards et des artilleurs à cheval qui attaquèrent comme des places fortes les vaisseaux hollandais devenus immobiles, lesquels se rendirent à ces assaillants d’une espèce si nouvelle ».

Autre dicton, provençal celui-ci : « Janvié amasso li souco / Febrié li crémo touto » (Janvier amasse les souches / Février les brûle toutes ».

PENSEE.

La nuit venue, l’athée cède presque à la tentation de croire en Dieu. (Edward Young, Méditations nocturnes).

EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHÈQUE, un jour, un livre.

Au sujet de Napoléon, puisqu’il est à l’ordre du jour dans pas mal de messages, je vais livrer quotidiennement un ouvrage de notre bibliothèque se rapportant à ce personnage historique :

Vingt-cinquième ouvrage : Albert Demazière – « Le Maître de Napoléon », dans Tite-Live – La deuxième guerre punique. Édition de Crémille, Genève 1971, 277 p. Numéro d’enregistrement H 1812 B 4 5 A.

Albert Demazière – « Le Maître de Napoléon », extrait : « Depuis plus de deux mille ans, la personnalité d’Hannibal fascine les historiens, les hommes de lettres, les généraux et les psychologues. A tout seigneur de la guerre, tout honneur, et nous ne pouvons faire autrement que de citer ici, pour commencer, l’appréciation admirative de Napoléon, telle qu’elle figure dans le Mémorial de Sainte-Hélène: «Cet homme, le plus audacieux de tous, le plus étonnant peut-être, si hardi, si sûr, si large en toutes choses, qui à vingt-six ans conçoit ce qui est à peine concevable, exécute ce qu’on devait tenir pour impossible, qui, renonçant à toute communication avec son pays, traverse des peuples ennemis ou inconnus qu’il faut attaquer et vaincre, escalade les Pyrénées et les Alpes, qu’on croyait insurmontables, et ne descend en Italie qu’en payant de la moitié de son armée la seule acquisition de son champ de bataille, le seul droit de combattre; qui occupe, parcourt et gouverne cette même Italie durant seize ans, met plusieurs fois à deux doigts de sa perte la terrible et redoutable Rome, et ne lâche sa proie que quand on met à profit la leçon qu’il a donnée d’aller le combattre chez lui. »

Certes, on ne peut s’empêcher de penser qu’en louant ainsi sans réserve Hannibal, Napoléon ne perdait pas de vue un certain général Bonaparte dont les exploits, aux cols des Alpes et en Italie, ne furent pas minces. Quand, en mai 1800, le Premier Consul passe audacieusement, avec ses 35.000 hommes et quelques canons le Grand-Saint-Bernard, il a trente et un ans. Hannibal en avait vingt- neuf lorsqu’il franchissait, deux mille et dix-neuf ans plus tôt avec 60.000 hommes et 37 éléphants, le col du Mont-Cenis. Cet « enfant de la défaite», comme l’appelle l’un de ses plus récents biographes, ce fils d’un Hamilcar vaincu dans la première guerre punique, allait remporter, animé par l’esprit de vengeance patriotique au service de dons éclatants, quelques victoires dont l’ampleur, après avoir épouvanté Rome, n’a depuis cessé de hanter généraux et stratèges. Mais pas seulement eux, car Hannibal, outre ses vertus militaires, était un homme d’une grande intelligence et d’une vaste culture. »

EPHEMERIDES

(coll. H. Ribot)

1203 – 30 janvier : MONTRIEUX ACHÈTE UNE TERRE À FONCIMAILLE – Acte n°  134 du cartulaire de la chartreuse de Montrieux – Fait à Montrieux, dans la maison basse, devant la chapelle et dans le cloître des moines. Aicard, Bertrand et Guillaume de Signes, fils de Geoffroi Aimeric, et Mandine, sa tante, vendent aux chartreux de Montrieux une terre à Foncimaille, pour le prix de 60 sous, et partagent entre eux cette somme. De terra de Fulcimania. Aicardus de Signa et Bertrandus de Signa et Willemus de Signa, filius Aimerici, et Mandina, ejus amita, omnes vendunt et donant absque omni retinemento heremitis Montis Rivi illam terram de Fulcimania.., ac pro ea LX sol .reg. cor. ab eis accipientes… (Boyer R., 1980, 1980, p. 524-525 ; Original perdu ; copie Capus p. 276 ; IND. Teissier, fol. 53 ; Dubois, p. 34.)

1213 – 30 janvier : MONTRIEUX REçOIT LE DROIT DE DÉPAISSANCE SUR HYÈRES ET BORMES – Acte n° 173 du cartulaire de Montrieux – Hyères, in sala episcopi – Ameil de Fos, coseigneur d’Hyères, et son fils, Gui, donnent aux chartreux de Montrieux le droit de faire paître librement leurs brebis, leurs chèvres et leurs bœufs sur les territoires d’Hyères et de Bormes. Amelii de Fos et Guidonis, filii ejus. … ego, Amelius de Fos, et ego, Guido, filius ejus, donamus…quod illi de Monte Rivo possint in toto territorio castri Arearum et Borme, cum suis ovibus et capris et bobus, sine pascuo pascere et jacere…  Parmi les témoins, Raimbaudo de Areis pourrait être le troubadour Raimbaud d’Hyères (Boyer R., 1980, 1980, p. 569-570 ; original parchemin, A.V., 1H1081 ; copie XVIe siècle, A.V., 1H1084, 1er texte d’après l’original ;  Copie Capus, p. 283. IND. A.V., 1H6, fol. 7 v° ; Teissier, fol. 72 ; GCN, V, n° 121, col. 74 ; Dubois, p. 36)

(coll. H. Ribot)

Acte n° 182 du cartulaire de Montrieux – Hyères, in capite castri – Boniface d’Espérel et Roger, coseigneurs d’Hyères, donnent aux chartreux de Montrieux un denier pour chaque linh accostant au port d’Hyères, et leur accordent le droit de faire paître librement leurs brebis, leurs chèvres et leurs bœufs sur les territoires d’Hyères et de Bormes ; ils reconnaissent que ces mêmes donations ont é Le chapitre général de 1223 ordonnera aux chartreux de Montrieux d’abandonner cette source de revenus ; cf. cartulaire de Montrieux, n° 226) et quod illi de Monte Rivo possint in toto territorio castri Arearum et Borme cum sui ovibus et capris et bovis, sine pascuo, pascere et jacere (Le même jour, Ameil de Fos, coseigneur d’Hyères, et son fils Gui, ont fait la même donation concernant les troupeaux de Montrieux ; cf. cartulaire de Montrieux, acte 173). Et recogniscimus sollemniter et cum causa quod Guido de Fos et sui atecessores olim donaverant dictum denarium et pascua domui Montis Rivi. Acta sunt hec in sala Bonofacii de Asperello, in capite castri Arearum… témoins : … Raimbaudo de Areis (Boyer R., 1980, 1980, p. 577-578 ; original parchemin, A.V., 1H1082 ; copie XVIe siècle, A.V., 1H1084, 2ème texte d’après l’original ;  copie Capus p. 137 et 285 ;  IND. A.V., 1H6, fol. 7 v° ; 1H3, fol. 122 et 249 v°  ; GCN, V, n° 122, col. 74 ; Teissier, fol. 75 ; Dubois, p. 16 et 36. R. Toscano, cours 1994-1995 : Raimbaud ou Raimbaut d’Hyères, XIIIè s., troubadour provençal, connu par un sirvente de 9 vers qui déplore le départ de Provence d’une certaine dona Sancha ; ce serait lui qui apparaîtrait dans l’acte du cartulaire de la chartreuse de Montrieux, n°173, du 30 janvier 1213 comme témoin : Raimbaudo de Areis. A son sujet, cf acte n° 173, cartulaire de Montrieux), …

1230 – 30 janvier : MARSEILLE, ROQUEFORT, AUBAGNE –

1. Marseille. Hugues de Baux, vicomte, Hugues et Geofroi Rostan, Bernard Nies et André Langlois se portent cautions envers Benoît d’Alignan, évêque de Marseille, pour l’exécution de la sentence arbitrale qu’il doit prononcer dans les différends survenus entre le monastère de Saint-Victor et la commune de Marseille, à propos de la juridiction de la ville, de la perception de divers revenus et de l’exercice de la justice à Roquefort et sur le tiers d’Aubagne donnés au monastère par le vicomte Roncelin. (acte 467 des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : A. Saint-Victor, liasse 112. — B. Ibidem, Petit Cartulaire, fol. 94 v°. a. Guérard, n° 917.Ind. : Dr Barthélemy, Inventaire, n° 234).

2. Marseille. Sentence arbitrale de Benoît d’Alignan, évêque et seigneur de Marseille, entre l’abbaye de Saint-Victor et la commune de Marseille, au sujet de la succession du vicomte Roncelin. (acte 468 des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : B. Saint-Victor, Petit Cartulaire, fol. 94 v°. a. Guérard, n° 917. Ind. ; Albanès et Chevalior, Gallia . . . Marseille, n° 245).

3. Tenementum de Revesto (cartulaire de Saint-Victor, n° 917). Le Revest – commune de Marseille; ancienne dénomination de tout le côté de la colline de Notre-Dame-de-la- Garde, qui avait sa pente vers l’ouest jusqu’à la mer. Première mention : Revestum, 4 juillet 1079 (cartulaire de Saint-Victor, n° 843). Note : « tènement », terme pouvant signifier maison, fief, seigneurie (Boyer 1980, p. 653, note 1).

1298 – 30 janvier : LIEU-DIT DE MARSEILLE – Realis Siccus, 30 janvier 1298 (charte aux archives municipales). Riousset – lieu-dit, qui prend son nom d’un ruisseau qui coule des hauteurs de Saint-Mitre, dans le territoire de Notre-Dame-de-Consolation et se jette dans le Jarret au-dessus de la Rose, commune de Marseille (1872). Premières mentions : Rivus Siccus, 1038 (cartulaire de Saint-Victor, n° 45), puis Riusech, 20 avril 1288 (charte aux archives municipales). Note : traduction directe « ruisseau sec ».

1384 – 30 janvier : DÉBUT DE L’ÉTAT BOURGUIGNON – Mort de Louis de Male, comte de Flandre, et début de l’État bourguignon.

1419 – 30 janvier : LIEU-DIT DE MARSEILLE – Torre de Guilhem Raynaud, 30 janvier 1419 (charte aux archives de la Major). La Taulisse – quartier rural au Cannet (1872). Première mention : Teuletum, 20 avril 1284 (acte notarié). Notes : « Torre », tour, du lat. turrem accusatif de turris, tour, maison élevée, château ; pigeonnier. « Taulisse » : provençal taulissa, teulissa (couvert de tuiles) du latin tectum, toit, abri, asile,  du verbe tegere, couvrir, et de tegula, tuile. (Levy 1909 ; Boyer 1980),

(chapelle de Pépiole, cliché H. Ribot)

1459 – 30 janvier : La mine de fer de Pépiole (à Six-Fours) aurait été découverte par un Toulonnais – A.D Toulon BB 52 : Compte rendu du Conseil Municipal de Toulon en date du 30 janvier 1459 au cours duquel fut enregistrée la plainte du sieur Rodelhat. Robert Hervé, 2007 : La mine de fer de Pépiole (à Six-Fours) aurait été découverte en 1459 par un Toulonnais, Honoré Rodelhat, lequel conclut avec l’Abbé de St-Victor (seigneur de Six-fours au temporel) un contrat lui donnant le monopole de l’exploitation, moyennant une redevance du dixième du revenu futur procuré par la mine. Mais l’abbé de St Victor voulut ensuite confier la mine à un Génois, J de Vinaudas, demeurant à Marseille, qui proposait d’utiliser des ouvriers Italiens mieux habitués au métier de mineur et plus rentables en productivité. Une procédure juridique s’en suivit entre l’abbaye et la ville de Toulon à qui le sieur Rodelhat avait confié ses intérêts. La ville de Toulon soutint Rodelhat qui obtint gain de cause et poursuivit l’exploitation de sa mine.Durand Bruno, 1929 : « Une mine de fer à Six-Fours en 1459 ». Compte rendu du 2ème congrès de l’I.H.P. (Toulon, avril 1928), Marseille, I.H.P., 1929, p. 223-230. Arch. Comm. de Toulon). Louis Baudoin, 1965 : Tentative d’exploitation d’un gisement de fer à Six-Fours par Honoré Rodelhat, notable toulonnais, qui avait passé un contrat à cet effet avec Pierre du Lac, abbé de Saint-Victor et seigneur de Six-Fours. Ayant établi un martinet et engagé sa fortune dans l’affaire, Rodeilhat eut, plus tard, un procès avec ledit seigneur qui avait accordé la concession à un autre entrepreneur. On ignore quelle fut la suite de ce curieux litige (Louis Baudoin, 1965, p. 97, qui reprend le texte de Bruno Durand). Henri Ribot, 2009 : Le minerai de fer imprégnant les schistes noirs du massif des Playes a fait l’objet d’une exploitation à ciel ouvert entre 1860 et 1959. Une étude de 1959 estime les réserves entre 6 et 12 millions de tonnes de minerai.

1575 – 30 janvier : LIEU-DIT DE MARSEILLE – Al Titray ou lou Plan (reconnaissance au registre n° 61 de l’Evéché, f° 1). Altitray, quartier rural du territoire de Saint-Marcel (1872). Première mention au XIe siècle Altipressum (cartulaire de Saint- Victor, n° 40), devenu L’Entrefort ou l’Entretray, en 1521 (acte aux archives de l’Evêché)..

1616 – du 1er au 30 janvier : MILLE HOMMES DE L’ESCORTE DE LOUIS XIII MEURENT DE FROID – Hiver 1615-1616 glacial. En cet hiver, le roi Louis XIII revenait de Bordeaux où son mariage avait été célébré et se rendait à Paris avec sa nouvelle épouse. L’intensité du froid fut telle que, dans le régiment des Gardes composé de 3 000 hommes formant l’escorte royale, plus de 1 000 périrent au cours du voyage : aussi la Cour dut-elle s’arrêter à Tours, car, dit le Mercure Français, « le froid fit mourir tant de valets et serviteurs des princes et seigneurs qu’ils furent contraints, étant à Tours, de faire maison neuve ». Des historiens rapportent qu’en certains lieux de la Sarthe, l’épaisseur de la couche de neige atteignait la hauteur d’un homme. A Paris, la Seine fut gelée du 1er au 30 janvier 1616, et, lors de la débâcle, un côté du Pont Saint-Michel se trouva renversé (herage / histoire clima5).

1626 – 30 janvier : Peirou, père de Jean Pons, demeurant à la Treille de Corporières, 13 octobre 1626 (registre n° 54 de l’Evêché). La Treille, quartier rural de Marseille au quartier de Saint-Julien en 1872).

1663 – 30 janvier : LIEUX-DITS D’ALLAUCH –

1. La Bastide (acte notarié à Allauch). La Bastide – bastide, quartier de Martellène (1872). Première mention : La Bastida, 4 août 1299 (charte aux archives municipales).

2. La Gourgue (acte notarié à Allauch). La Gorgue – propriété, quartier de Martellène. Première mention, le Gouer, 1630 (cadastre d’Allauch). Note : « gorgue » synonyme de pertuis, pertus : trou, ouverture, tunnel, gorge, gouffre, creux.

3. Les Orières – lieu-dit, quartier de Martellène (acte notarié à Allauch). Ourier / ourière [ouriero, ouliero en prov. maritime] : orée, lisière ; bord d’un champ ; du lat. ora, bord < oris, bouche. Ourier : espace labourable entre deux rangs de vigne (Clédat L. 1932 ; Levy E. 1909 ; Mistral F. 1890).

4. Martelène (acte notarié à Allauch). Martellène, quartier rural, partie dans le territoire de Marseille, partie dans celui d’Allauch. Première mention : Marthelene, 23 novembre 1306 (acte notarié à Allauch).

1663 – 30 janvier : LIEUX-DITS DE MARSEILLE –

1. Font du Peirol, 30 janvier 1663 (acte notarié à Allauch). Font du Pérou – source, quartier de la Treille (1872). 1ère mention : Font de Parrayrolis, le 29 novembre 1392 (charte aux archives de la Major). Note : « Peirou / Peirol » peut désigner un endroit pierreux ou un chaudron, puis un chaudronnier).

2. Martelène (acte notarié à Allauch). Martellène, quartier rural, partie dans le territoire de Marseille, partie dans celui d’Allauch. Première mention : Marthelene, 23 novembre 1306 (acte notarié à Allauch).

1727 – 30 janvier : LIEU-DIT DE MARSEILLE – Font de Peirou, 1727 (registre aux archives de la Major). Font du Pérou – source, quartier de la Treille (1872). 1ère mention : Font de Parrayrolis, le 29 novembre 1392 (charte aux archives de la Major).

1751 – 30 janvier : Jean-François Carteaux – Le 30 janvier 1751, naissance de Jean-François Carteaux à Gouhenans (Haute Savoie). Il débute comme enfant de troupe. Bon observateur, c’est un peintre de talent qui réalisa un tableau en pied de Louis XVI que le roi lui acheta. Général de division, chargé du recrutement dans les départements du Midi, il commande ensuite l’armée chargée de reprendre les villes tombées aux mains des fédérés. Il a alors un physique moustachu, les tempes dégarnies, mais les cheveux frisés cachent les oreilles. Après la prise de Marseille, il tente de reprendre Toulon. Il est destitué, accusé d’avoir amorcé le siège de Toulon sans ressources suffisantes et nommé à la tête de l’armée des Alpes. Emprisonné à la conciergerie, il est libéré le 9 thermidor. Il fut mis à la retraite par Napoléon. Quand il meurt en 1813, sa femme, née Catherine Ursule Bazire en 1761, obtient de l’Empereur Napoléon 1er une pension double de l’habituelle (Henri Ribot, Les Soldats de l’An II).

1789 – 30 janvier : Agenda du Bicentenaire – En France, la crise ne fait encore que couver et, cependant, même dans ce contexte agité, on porte un intérêt particulier aux événements qui se déroulent dans les pays voisins. Ainsi, de nombreux gentilshommes libéraux se tournent vers l’Angleterre dont le système de « monarchie libé­rée» représente, à leurs yeux, un modèle à suivre.

1793 – 30 janvier : RENFORCEMENT DES DÉFENSES DE LA RÉGION TOULONNAISE – De grands préparatifs de défense furent effectués au port de Toulon et, dans le but d’augmenter le nombre des « armuriers » de l’arsenal, un pressant appel fut adressé par les administrateurs du directoire du district de cette ville aux ouvriers compétents se trouvant dans les villages voisins. A titre de frais de conduite, ils devaient recevoir six sous par lieue de poste et à titre d’indemnité pour port de leurs effets, une somme de deux sous six deniers(circulaire du 3 février). Peu avant, le chef de l’administration des chantiers et ateliers requérait quant à lui l’envoi à Toulon des tonneliers disponibles et cette demande fut agréée tout de suite par les municipalités (30 janvier). L’un des pivots de la défense côtière toulonnaise, le port de Saint-Nazaire, à l’abandon depuis le 21 octobre 1791, réclamait des réparations urgentes (courrier du 24 février adressé par le conseil général de Sanary aux trois représentants de la Convention en mission dans le Var)  (Roger Vallentin du Cheylard, Sanary et le siège de Toulon, 1913-1914, rééd. 2001).

1794 – 30 janvier (11 pluviôse an II) : Le site de Sanary, stratégiquement bien implanté, lui impose encore une fois de participer à la défense du littoral. La batterie de Portissol, en fonction de 1794 à 1814, est sous les ordres d’un officier d’artillerie stationné dans la localité. Il semble que sa seule présence empêche la flotte anglaise basée aux îles d’Hyères de tenter des coups de main sur cette partie de la côte. En revanche, telle la tartane « La République » et son convoyeur, le 30 janvier 1794,  les navires républicains peuvent trouver refuge dans le port lorsqu’ils sont pressés par la flotte ennemie (Henri Ribot, Sanary et la mer, conférence). La flotte anglaise manifeste sa présence au large de Toulon comme le montre l’exemple du capitaine Pierre Cazi, commandant la tartane « La République » armée en guerre et réfugiée dans le port de Saint-Nazaire, qui, accompagné du citoyen Joseph Revest fit la déclaration suivante :] « Parti du port de la Commune Sans Nom (Marseille) ce jourd’hui vers les 7 heures du matin ayant pour escorte le brigantin « Le Surveillant » commandé par le capitaine Nicolas pour (…) Port-de-la-Montagne (Toulon), se trouvant à la hauteur du cap Seyssiez sur les 1 h 30 de l’après-midi, ils avaient aperçu à trois lieues au large de lui, et à peu près à 5 lieues de terre, 8 bâtiments qui lui ont paru être des vaisseaux et des frégates, ce qui l’avait déterminé à rétrograder et à les faire venir prendre leur retraite dans ce port ainsi que le bâtiment qui les convoyait. »  (Rotger B., 1984, p. 291)

1795 – 30 janvier (11 frimaire an III) :

1. LA FLOTTE HOLLANDAISE EST PRISE D’ASSAUT PAR LA CAVALERIE FRANçAISE – La flotte hollandaise est bloquée au Helder par Pichegru (Pierre Goubert, Initiation à l’histoire de la France, 1984). C’est au cours de cet hiver que la cavalerie de Pichegru s’empara de la flotte hollandaise bloquée par les glaces dans le Zuiderzee. » Le Zuiderzee était gelé, raconte Thiers ; nos escadrons traversèrent au galop ces plaines de glace, et l’on vit des hussards et des artilleurs à cheval sommer comme une place forte ces vaisseaux devenus immobiles et qui se rendirent à ces assaillants d’une espèce si nouvelle » (Thiers Adolphe, Histoire de la Révolution française). Janvier-février : les Français conquièrent la Hollande (Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997).

2. l’approvisionnement alimentaire du Beausset est toujours aussi précaire. Il est soumis aux arrivages de blé au Port-de-la-Montagne et Ville-Sans-Nom. Le 11 frimaire (30 janvier), la municipalité décide de faire « une adresse », rédigée par Léonard Laffon (agent national de la commune), aux représentants du peuple en mission à Ville-Sans-Nom. C’est une nouvelle fois, un véritable cri d’alarme, de détresse et un appel au secours. « … La population du Beausset est d’environ 2800 âmes. La récolte de blé de cette année suivant le recensement fait n’a procuré à cette commune que pour deux mois de subsistance. Sa seule ressource est dans le commerce du vin dont la récolte précédente n’a été que du tiers environ des récoltes ordinaires. La presque totalité de cette denrée a été consacrée au service de la République sur réquisition, à savoir 3000 millerolles au prix du maximum de 16 livres et 1800 au prix courant. C’est au moyen de ces seules ressources qui vont être épuisées, que les habitants sont obligés de pourvoir à leur subsistance pour le reste de l’année agricole. Il nous reste si peu de vin disponible, que nous ne pourrons envisager qu’avec tristesse notre position à venir, si la République ne vient pas à notre secours. La situation de cette commune qui est le lieu de passage et station des troupes en marche, et de tout citoyen au service de la République, marchant isolément en allant et venant du Port de la Montagne, vient aggraver les dangers du besoin, puisque ces individus vivant au moyen de la subsistance en argent, il faut leur fournir du pain. Sous ce point de vue, il s’agit encore plus particulièrement de l’intérêt général de la République, abstraction faite de notre commune. N’est-il pas de toute justice, citoyens représentants, que si nous avons fourni à la République tous nos moyens de subsistance en livrant au prix du maximum et courant, la seule denrée qui fait toutes nos ressources ; n’est-il pas juste que la valeur proportionnelle nous soit compensée en blé ? Vous sentirez mieux que nous ne pouvons l’exprimer les conséquences de l’exposé simple que nous vous présentons, que nous pensons devoir charger d’aucunes réflexions, d’autant que nos biens et nos vies appartiennent à la Patrie. Salut et Fraternité ». Les représentants en mission entendirent cet appel, et transmirent la requête au bureau de distribution des subsistances à Marseille. Encore une fois l’approvisionnement en blé était assuré ! (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution Française)

1799 – 30 janvier :

1. la Commission militaire de Toulon dans ses œuvres – Meyrard Joseph ex-prêtre 45 ans de St-Pons, et Ribaud Laurent fils aîné 33 ans Pourrières, condamné à mort par la Commission militaire de Toulon (liste établie par Mongin L., Toulon ancien et ses rues et cité par Henriette Trojani, La société et la vie à Toulon de 1795 à 1815).

2. 30 janvier 1799 (mois de Sha’ban Mercredi 23) (Abd-al-Rahman al-Jabarti, Journal d’un notable du Caire durant l’expédition française 1798-1801). Départ, de nuit, d’un nombre important de soldats. Le général Bonaparte demanda d’être accompagné de Mustafâ Bey, du katkhudà du Pacha, émir du pèlerinage, ainsi que du cadi militaire Bajmaqshî Aâdéh et de quatre autres cheikhs, à savoir : al-Fayyûmî, al-Sawî, al- ’Arîshî et al-Dawâkhilî. Il y avait aussi un groupe de tujjâr, d’officiers de l’odjâq et des chrétiens coptes et syriens.

1800 – 28 janvier  (mois de Ramadân 1214 – Mardi 2). Abd-al-Rahman al-Jabarti, Journal d’un notable du Caire durant l’expédition française 1798-1801). (suite)

[Attitude de la population] Quant au peuple et aux petites gens du Caire, ils étaient comme s’ils avaient reçu un sultan du ciel2 ! Aussi, regardaient-ils les Français d’un œil de mépris, les estimant déchus de toute considération ; en face d’eux, ils avaient perdu toute retenue ; ils les inondaient d’insultes, de malédictions et de moqueries. Ils ne se rendaient pas compte des conséquences de leur conduite ! Ils ne leur laissèrent aucun moment en paix, au point que l’on vit les maîtres d’écoles (les faqîh) conduire des enfants en sections ou par classes, hurlant des slogans contre les chrétiens, leurs auxiliaires et leurs chefs nommément. Ainsi ils disaient : « Victoire au sultan ! Mort à Fart Rumân ! »

Les gens pensaient que toute l’affaire avait pris fin. Ils ne se contenaient plus ; ils n’avaient pas la patience d’attendre les délais prévus par la Convention. Une telle conduite ne pouvait engendrer que haine et inimitié dans le fond du cœur des Français. Elle fut la cause des grands malheurs qui arrivèrent dans la suite. Un poète a dit : « Ce qui fait rire les sots fait pleurer l’homme averti. » Un autre a dit aussi : « Combien de choses font rire les Égyptiens d’un rire qui convoie des pleurs ! » On dit aussi en proverbe : « Combats pour de bon ou bien tire-toi de côté. »

Les Français se mirent à préparer leur évacuation : ils vendaient leur matériel et ce qu’ils avaient en surnombre en armes et en montures ; ils quittèrent la plupart des villes et des forteresses comme al-Sâlihiyya, Bilbays, Damiette, Suez, etc.4

Les Ottomans arrivaient petit à petit au Caire ; chaque jour un groupe après l’autre y entrait. Les gens commencèrent à les fréquenter par suite de leurs métiers ou de leurs occupations comme au café, au hammâm, chez le tailleur ou le coiffeur. Le peuple et les gens qui avaient des métiers se rendaient chez Mustafâ Pacha en cas de plainte envers la troupe. Mais lui ne prêtait pas attention à ces plaintes, car tout cela faisait partie de la vie militaire et du comportement brutal de leurs soldats. (à suivre).

1801 – janvier : Dans certains textes ou certains comptes rendus effectués par les conseillers d’État (par exemple celui de Fourcroy en janvier 1801 concernant la situation en Vendée), il est fait référence sous le terme de « complot du 3 Nivôse » de l’Attentat de la rue Saint-Nicaise contre le premier consul Napoléon Bonaparte (Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997). L’attentat de la rue Saint-Nicaise, également connu sous le nom de conspiration de la machine infernale, est une conjuration royaliste visant à assassiner le général Bonaparte, Premier consul de France depuis le coup d’État du 18 brumaire, à Paris, le 24 décembre 1800 (3 nivôse an IX), sous le Consulat. Il survient peu après la conspiration des poignards du 10 octobre 1800 (18 vendémiaire an IX) et représente l’un des nombreux complots royalistes et catholiques de l’époque. Conséquence de l’événement, le Premier consul retire le ministère de la Police à Fouché, qui a osé le contredire. De même, le 10 pluviôse an IX (30 janvier 1801), les quatre « conspirateurs des poignards » – Ceracchi, Aréna, Topino-Lebrun et Demerville – qui ont été déclarés coupables d’un complot visant à assassiner le Premier consul et condamnés à mort, sont guillotinés. Bonaparte pense ainsi être débarrassé de ses adversaires jacobins. Leur mort, cependant, ne met pas un terme aux complots contre Bonaparte. Les royalistes restent déterminés à se débarrasser de lui, et il voit bientôt des comploteurs partout, en particulier en Corse. Roederer affirme que Napoléon lui aurait dit : « Si je meurs dans quatre ou cinq ans, la pendule sera terminée et marchera. Si je meurs avant, je ne sais pas ce qui arrivera. » Pour un biographe, cependant, la majorité des Français plaçaient de grandes espérances en lui et ont craint pour sa vie; c’est cette crainte qui lui a permis de devenir Empereur des Français, trois ans après. Par ailleurs, la découverte de l’origine royaliste du complot, avec la conjuration de Cadoudal, en 1804, aboutira à l’exécution sommaire du duc d’Enghien, dernier rejeton de la maison de Condé. Napoléon sort également de cet attentat convaincu de la nécessité d’instaurer une nouvelle légitimité monarchique : ce sera la cérémonie du sacre impérial le 2 décembre 1804. (D’après Pierre-Louis Roederer, Autour de Bonaparte, Paris, H. Daragon, 1909. Leon Pierce Clark, Napoleon Self-Destroyed, Londres, Jonathan Cape & Harrison Smith, 1929. Jacques Bainville, Napoléon, Paris, Fayard, 1931 (traduction en anglais : Boston, Little, Brown, 1933). André Castelot, Napoléon, Paris, Perrin, 1968 (traduction en anglais : New York, Harper & Row, 1971). Vincent Cronin, Napoleon, Londres, William Collins, 1971. Jean Tulard, Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, 1987. Frank McLynn, Napoleon: A Biography, Londres, Jonathan Cape, 1997. Avner Falk, Napoleon Against Himself: A Psychobiography, Charlottesville, Pitchstone, 2006.).

1815 – 30 janvier : TOUTES LES MAISONS DE LA SEYNE ABRITENT DES MILITAIRES – Au mois de janvier 1815, le maire se plaignait du trop grand nombre de troupes qui arrivaient à La Seyne où se constituaient deux dépôts. « Toutes les maisons abritent des militaires », dit-il, « il y en a jusqu’à trois dans le même lit, ce qui nous met dans un embarras extrême. » Le maire réclame qu’on en fasse la répartition dans les communes voisines de Six-Fours et de Saint-Nazaire, « ce qui sera mieux pour tout le monde », ajoute-t-il (Lettre au sous-préfet de Toulon du 30 janvier 1815, Arch. com. de La Seyne).

1826 – 30 Janvier (fol. 61). délibérations du Conseil municipal de Toulon — Subvention accordée à la Caisse de retraite des employés de la Mairie. — Sur la question de savoir si la Ville doit intervenir au procès existant entre le sieur Ledeau et l’Administration de la Marine relativement aux constructions que cette administration a élevées sur le quai du port à la Pounche Rimade. — Demande du Directeur du Théâtre tendant à obtenir pour l’année 1826 une indemnité sur les fonds communaux pour le soutien de son entreprise. — Sur la question de savoir à quel usage on doit employer le terrain occupé par la maison que la Ville a acquise de M. Arbaud ; on propose la vente de cette maison à charge de ne la reconstruire que sur la partie du terrain qui n’est point nécessaire pour l’alignement de la rue et de la place Cathédrale (délibérations du Conseil municipal de Toulon).

1853 – 30 janvier : MARIAGE DE NAPOLÉON III – L’empereur des Français, Napoléon III, épouse Eugénie de Palafox, comtesse de Teba.

1870 – 30 janvier : AJELLO’S SAGA : « Du 17 février 1870 à 9 heures du matin. Acte de mariage de Nicolas Ajello, âgé de 25 ans, né à Procida (Italie), le 2 décembre 1844, profession pêcheur, domicilié à Saint-Mandrier, département du Var, fils majeur de Vincent Ajello, profession pêcheur, domicilié à Saint-Mandrier, département du Var, et de Lucia Lubrano, sans profession, domiciliée au même lieu, tous deux présents et consentants, d’une part, et de Anne Joséphine Cancelin, âgée de 24 ans, née à Toulon (Var) le 19 mars 1845, sans profession, domiciliée à Toulon, département du Var, fille majeure de Antoine Sylvestre Cancelin, profession pêcheur, domicilié à Toulon, département du Var, et de Natalie Stéphanie Rimbaud, sans profession, demeurant à Toulon, tous deux présents et consentants, d’autre part. Les actes préliminaires sont :

1. La publication du présent mariage faite en cette ville le dimanche 30 janvier dernier et 6 février courant, affichée sans opposition. Celles faites à Saint-Mandrier (Var) , les mêmes jours et sans opposition, ainsi qu’il (mot illisible) du certificat délivré le 10 de ce mois.

2. Les actes de naissance des contractants. (…) Les futurs époux ont déclaré qu’il n’a pas été fait de contrat de mariage (…).

Les contractants ont déclaré prendre en mariage, l’un Anne Joséphine Cancelin, l’autre Nicolas Ajello. En présence de Charles Cancelin, domicilié à Toulon, 9 rue Merle, âgé de 47 ans, profession de contremaître à l’arsenal, cousin de l’épouse, de Mattieu Infernet, domicilié à Toulon, 50 rue Trois Oliviers, âgé de 37 ans, profession d’agent d’affaires, cousin de l’épouse, de François, Joseph Giraud, domicilié à Saint-Mandrier (Var), âgé de 70 ans, profession fabricant de tuiles, oncle de l’épouse, et de Joseph Barbiéri, domicilié à Toulon, 41 rue Pomme de Pin, âgé de 38 ans, profession de marin de commerce, oncle de l’épouse. Après quoi, moi André Jean Auguste Fournier, chevalier de la légion d’honneur, adjoint délégué de monsieur le maire, (…) ai prononcé au nom de la loi que lesdites parties son unies par le mariage. Il a été dressé le présent acte dont lecture a été faite publiquement dans la principale salle de la maison commune et qui a été signé par moi, par le père de l’épouse et les témoins. Les époux, la mère et le père de l’époux ont dit ne le savoir y » (Archives de Toulon, registre des mariages 1870, acte n°52).

1873 – 30 janvier : Victor Hugo est élu sénateur de Paris.

1879 – 30 janvier : Le maréchal Mac-Mahon démissionne de la présidence de la République.

1885 – 30 janvier : guerre du Tonkin – Dès le mois de décembre 1884, d’importantes forces chinoises, environ 10 000 hommes, se rassemblent autour de la citadelle de Tuyen Quan au Tonkin. C’est un siège en règle qui commence.

Le commandant Marc Dominé, brillant officier du 2ème Bataillon d’Afrique, qui assure le commandement de la citadelle, dispose pour la défendre de deux compagnies de Légion étrangère, d’une compagnie de tirailleurs tonkinois, d’une section d’artillerie de la marine, de huit sapeurs du génie et des marins de la canonnière La Mitrailleuse. C’est à la tête de ses six cents hommes que le commandant Dominé va livrer bataille et résister aux assauts ennemis. Sous ses ordres la 1ère Compagnie de la Légion étrangère est commandée par le capitaine de Borelli et la 2ème par le capitaine Moulinay. Le commandant Dominé renforce ses défenses en novembre et en décembre 1884. Il est secondé efficacement par le chef du détachement du Génie, le sergent Bobillot. Un blockhaus est même érigé sur un éperon rocheux côté sud-ouest.

Le 1er janvier 1885, la citadelle est totalement encerclée. Les 600 hommes de la garnison ont en face d’eux environ 10 000 hommes, composés de Pavillons Noirs et de l’armée régulière chinoise. L’ennemi tente d’enlever le blockhaus tenu par une petite unité de légionnaires qui tient bon et repousse les assaillants. Les Chinois décident alors d’attaquer sur le côté est de la citadelle, protégé par la canonnière en s’infiltrant le long de la rivière Claire. Les tirs précis de l’équipage de la canonnière les en dissuadent. Devant ces échecs, le commandement chinois décide de changer de tactique en creusant des tunnels jusque sous les remparts, de les miner puis ainsi, grâce aux explosions provoquées, occasionner des brèches et les utiliser pour pénétrer dans la citadelle. Peu à peu, l’étau se referme sur la garnison au point que, le 30 janvier 1885, le blockhaus doit être abandonné (Gérard Garier).

1893 – 30 janvier : Le Parlement vote pour 10 ans une loi dite « prime à la navigation », destinée à encourager les armateurs Français. Cette prime accorde 1,70 F par tonneau et 1.000 milles parcourus par des navires neufs à voiles, construits en France. Plus de 200 voiliers seront construits en France jusqu’en 1902, la majorité par des chantiers sur l’Atlantique. Les Forges et Chantiers de la Méditerranée construisent cinq quatre-mâts barques pour l’armement Bordes destinés au transport de nitrate chilien. Longs de 98 m, d’une jauge brute de 2.900 tonneaux, ces cinq voiliers similaires sont mis à l’eau du 18 décembre 1895 au 9 février 1897, soit un tous les quatre mois. Deux voiliers légèrement plus petits sont lancés en 1902 pour la Société Marseillaise de Voiliers. Tous sont construits en fer sur des plans des chantiers de Nantes ou de la Loire (Serge Razzanti, Cahier du patrimoine ouest varois n°14, 2012).

1909 – 30 janvier : Mariage à Marseille des parents de Marius Autran, Simon Autran, 23 ans, et Victorine Aubert, 20 ans. Leur fils naîtra le 2 décembre 1910 à La Seyne-sur-Mer (Jean-Claude Autran, 2012).

1910 – 30 janvier :

1. LE CROISEUR « CHÂTEAURENAULT » s’échoue au Cap Spartel à l’entrée du détroit de Gibraltar. Le croiseur corsaire Châteaurenault, a été construit par les Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne (ingénieur Lagane). La silhouette de ce premier bâtiment à quatre cheminées construit à La Seyne, ressemblait à celle d’un paquebot. Admis au service actif le 10 octobre 1902, le bâtiment fit une grande partie de sa carrière à Saigon et en baie d’Along. Il revint à Cherbourg en 1905 où il resta deux années en réparation avant d’être basé jusqu’en 1909 dans ce port. Affecté à l’escadre de la Méditerranée, il partait pour Toulon quand le 30 janvier 1910 il s’échoua au Cap Spartel à l’entrée du détroit de Gibraltar. Réparé provisoirement au bassin de Gibraltar, il revint à Toulon à la remorque du croiseur-cuirassé « Victor Hugo » (Henri Ribot).

Fiche du « Châteaurenault » : croiseur-cuirassé Châteaurenault, second à porter le nom.

Chantier : FCM, La Seyne-sur-Mer.

1895 : mise sur cale.

1898 – 21 mai : Lancement.

1899 – 15 octobre : mise en service.

1904 – 7 novembre : endommagé en heurtant un rocher immergé à Phan Ran, puis réparé à Cherbourg.

1910 – 30 janvier : s’échoua au Cap Spartel à l’entrée du détroit de Gibraltar. Réparé provisoirement au bassin de Gibraltar, il revint à Toulon à la remorque du croiseur-cuirassé « Victor Hugo ». Réparé à Toulon. Devient navire-école d’application des manœuvres et des charpentiers à Brest.

Première guerre mondiale : reprend du service. Effectue des patrouilles en Méditerranée. Transporte de troupes pour l’Armée d’Orient entre Tarente et Itéa.

1917 – 5 octobre : sauve 1 200 hommes du transport Gallia, torpillé par le sous-marin allemand UC 35.

1917 – 14 décembre : torpillé par le sous-marin allemand UC 38, par 38° 15’ N et 20° 22’ E. Rapport du CV Jeanson, commandant le Châteaurenault : « « À bord du cuirassé  Voltaire, Corfou, le 17 décembre 1917, le capitaine de frégate Jeanson, Commandant le Châteaurenault à Monsieur le Vice-amiral Commandant en chef de la 1re Armée navale (…) La torpille avait frappé à 8 h 57, avant 9 h 0 il s’engloutissait devant tout le monde, découvert et au cri de « Vive la France. « Pendant ce temps les torpilleurs n’étaient pas restés inactifs ; ils s’étaient mis, aussitôt éloignés du bord, à patrouiller. Lors que la seconde torpille nous toucha, le Lansquenet ayant vu d’où partait la torpille, se précipita et lança une série de grenades ; un peu après le sous-marin montra le haut de son kiosque, le feu fut ouvert aussitôt par les bateaux, le Lansquenet revint sur le sous-marin, relança des grenades, le Mameluck l’accompagnait. À la fin on vit le sous-marin émerger complètement ; le feu continua, plusieurs coups furent au but ; Mameluck et Lansquenet se rapprochèrent du sous-marin, complètement émergé et où l’on voyait courir du monde. « Le feu cessa, on vit les torpilleurs amener les embarcations, en même temps que le sous-marin s’enfonçait par l’arrière, l’avant émergeant fortement, puis il disparut aux acclamations frénétiques de tous les naufragés sur les torpilleurs, chalutiers et radeaux ; le Châteaurenault était vengé.(…). Une fois tout le monde des radeaux ramassé par les chalutiers on fit route vers Vassiliko tout en surveillant l’horizon, on vit par bâbord encore un sillage paraissant être celui d’un périscope à environ 1 200 m, on tira quelques coups de canon. Enfin les chalutiers mouillèrent à Vassiliko et les contre-torpilleurs nous rejoignirent, on fit passer une partie du personnel des chalutiers sur les torpilleurs, et comme le Mameluck et Lansquenet me prévinrent que le Spahi arrivait, je résolus de l’attendre et je fis partir les deux torpilleurs pour Itéa qu’ils pouvaient atteindre avant la nuit à 20 nœuds. Je tenais à envoyer les troupes à destination le plus tôt possible, à remplir la mission. «  Enfin le Spahi arriva et embarqua ce qui restait, environ 273 personnes. On avait donné à manger à peu près à ce personnel sur les chalutiers. Le Spahi ne pouvant marcher plus de 15 nœuds, ayant des avaries de chaudière et manquant d’eau, je fis faire route vers Patras, où je comptais pouvoir faire souper et coucher les hommes. Nous y arrivâmes à 17 h 30. » Une vingtaine de marins du UC 35 ont été sauvés dont le capitaine Hermann Wendlandt pour être emmenés comme prisonniers de guerre.

(La-Seyne-Toussaint-Merle-Philippe-Giovannini-et-Marius-Autran-janvier-1959-coupure-de-presse).

2. Naissance à La Seyne-sur-Mer de Marius Autran, fils unique de Simon Autran, 23 ans, et de Victorine Aubert, 20 ans, qui s’étaient mariés à Marseille le 30 janvier 1909 (Jean-Claude Autran, 2012).

1911 – 30 janvier : inauguration du Carlton de Cannes – Le 30 janvier 1911, avec l’inauguration du Carlton, Henri Ruhl vient d’offrir à Cannes son premier palace, qui sera inscrit aux monuments histo­riques en 1984 (Nelly Nussbaum, Nice-Matin).

1915 – 30 janvier :

1. LES RÉSERVISTES SONT RAPPELÉS SOUS LES DRAPEAUX – Le facteur de la section de Saint-Mandrier, M. A. Giudicelli venant d’être rappelé sous les drapeaux le 30 janvier 1915, est remplacé provisoirement dans son service par André Cadière, de Cavalas (Gisèle Argensse, 1989, p. 153).

2. Le Miroir, n°64, du jeudi 28 janvier au mercredi 3 février 1915. Chronique « La Guerre ». «Samedi 30 janvier.

“Actions locales sur toute la ligne ; nous prenons pied sur la Grande Dune, dans la région de Nieuport; nous refou­lons des attaques d’infanterie autour d’Ypres, Lens et Arras; deux tentatives de passage des ennemis sont repoussées à l’est de Soissons, à Yenizel et au moulin des Roches ; com­bat d’artillerie dans les Vosges; rien de sail­lant en Alsace.

“Entre Russes et Allemands, l’action con­tinue en Prusse orientale (régions de Pilkalen et de Gumbinnen). En Pologne, les Allemands ont subi de nouveau de grosses pertes, leur offensive étant comme toujours repoussée; en Galicie, sur le front des cols des Carpathes, l’avance des troupes du tsar est à peu près générale : elles ont fait prisonniers, en trois jours, 2.400 soldats et 60 officiers. C’est, au surplus, dans les Carpathes que se concentre maintenant la grande action austro-allemande.

“Le baron Burian, ministre des Affaires étrangères d’Autriche-Hongrie, a invité le gouvernement roumain à ne pas favoriser les appels à la révolte qui ont été lancés en Tran­sylvanie.

“M. Augagneur, ministre de la Marine, qui revient de Londres et de Portsmouth, a échangé des télégrammes cordiaux avec M. Winston Churchill, premier lord de l’ami­rauté britannique. »

3. Les Allemands effectuent une attaque par sous-marin au large du Havre.

1926 – 30 janvier : QUE FAIRE QUAND LE TAUREAU EST MALADE ? – M. Y… informe le public qu’en raison de la maladie de son taureau, il s’efforcera de le remplacer dans quelques jours. (L’Eclaireur de la Savoie, annonce, 30 janvier 1926.)

1929 – 30 janvier : CRÉATION DE L’AVIATION MILITAIRE – Au grand dam de la Marine et de l’Armée de terre, le gouvernement décrète la création d’une troisième arme : l’Aviation.

1940 – 30 janvier :  SURVEILLANCE DES CÔTES ESPAGNOLES – Le 30 janvier, le Commandant Bory arraisonne le cargo espagnol Cabo Menor, allant de Vigo à La Corogne, et le dirige sur Saint-Jean-de-Luz. Il sera relâché le 2 février après visite, sa cargaison n’étant pas suspecte (Gérard Garier).

1942 – 30 janvier : LES FNFL EN MER ROUGE – Le 24 janvier à 05 h 30, l’aviso-dragueur Commandant Dominé appareille d’Aden pour patrouiller dans le détroit de Périm entre Ras Si Ane et Anghar. Il est relevé le 30 janvier à 05 h 15 par le Netravati et rentre à Aden où il arrive à 13 h 00. Aucun boutre arraisonné au cours de cette croisière (Gérard Garier).

1943 – 30 janvier :

1. création de la Milice française avec Joseph Darnand. Une loi publiée au Journal officiel avec la signature de Pierre Laval crée la Milice française qui reprend à son compte les 21 points du Service d’Ordre Légionnaire (S.O.L.). Son chef, Joseph Darnand, joue dès lors un rôle central dans l’Etat français. Darnand deviendra responsable du maintien de l’ordre le 30 décembre 1943, après avoir rejoint la Waffen-SS et prêté serment à Hitler (Jean-Charles Volkmann, 2003).

2. La Calypso (sous-marin de moyenne patrouille à double coque) EST COULÉE A BIZERTE PAR DES BOMBES ALLIÉES.

3. Le cargo « Sainte Jacqueline » est remis au Pool allié – Le cargo de 4 806 tjb « Sainte Jacqueline » ex-« Pengreep » britannique (construit en 1914), a été saisi à Dakar par l’Etat français en 1941, puis sabordé et renfloué à Casablanca après le débarquement américain du 8 novembre 1942. Il est remis au Pool allié le 30 janvier 1943 et rendu à ses armateurs d’origine qui le rebaptisent « Empire Fal » ; il continue son service jusqu’à la fin de la guerre (Gérard Garier)).

1944 – 30 janvier-8 février : conférence de Brazzaville (Jean-Charles Volkmann, 2003).

1949 – 30 janvier-18 mars : notre marine en Indochine – Du 30 janvier au 18 mars, le Commandant Dominé effectue une surveillance des côtes de l’Annam, puis indisponibilité à Saigon jusqu’au 30 mars (Gérard Garier).

1950 – 30 janvier : EN CÔTE D’IVOIRE – Une manifestation du Rassemblement démocratique africain dégénère en affrontement avec les forces de police : 13 morts.

1951 – 30 janvier : MORT DE FERDINAND PORSCHE, constructeur automobile allemand qui avait travaillé pour Daimler-Benz de 1923 à 1929, puis développé le moteur arrière dès 1931 et présenté en 1933 les prototypes de Volkswagen. Il construisait aussi des voitures de sport.

1953 – 30 janvier : LE FERRY-BOAT « PRINCESS VICTORIA » SOMBRE ENTRE IRLANDE ET ÉCOSSE, 128 morts.

1958 – 30 janvier : MORT D’ERNST HEINKEL, constructeur d’avions allemand.

1963 – 30 janvier : MORT DE FRANCIS POULENC, compositeur français. A ses débuts, il appartenait au Groupe des Six et se lia avec Jean Cocteau. Son œuvre s’impose surtout par sa variété et comporte aussi bien des compositions pour orchestre que de la musique pour piano, des mélodies sur des poèmes que des œuvres de musique sacrée. Pour le théâtre, il a donné des drames, un ballet et un opéra bouffe. La cocasserie et le lyrisme restent des traits dominants d’un art où la mélodie est primordiale.

1964 – 30 janvier : DEBUTS DE JACQUES MARTIN sur RTL, qui présente des sketches avec Jean Yanne.

1966 – 30 janvier : EMEUTES EN BELGIQUE APRES L’ANNONCE DE LA FERMETURE D’UN PUITS DE CHARBON – L’annonce de la fermeture d’un puits de charbon à Zwartberg au Limbourg (Belgique) est le déclencheur d’une émeute. Les affrontements font deux morts.

1967 – 30 janvier :

1. PODGORNY ReçU PAR LE PAPE – Nicolas Podgorny est le premier chef d’Etat socialiste reç par le pape au Vatican.

2. SIX-FOURS-LES-PLAGES – inscription par arrêté du 30 janvier 1967, de la  chapelle Notre-Dame de la Pépiole (cad. AP 47).

1970 – 30 janvier : LE VATICAN PROTESTE CONTRE LE PROJET DE LOI SUR LE DIVORCE EN ITALIE.

1972 – 30 Janvier :

               1. La compagnie aérienne Air-InTer commande à Marcel Dassault dix Mercure, biréacteur povant transporter 130 à 140 passagers.

               2. 13 morts en Irlande du Nord : Lors de violents affrontements à Derry, les parachutistes de l’armée britannique ouvrent le feu, faisant treize morts.

               3. KLAUS BARBIE – Après son exil au Pérou, l’ancien chef de la Gestapo de Lyon, Klaus Barbie, arrive à la Paz (Bolivie).

1974 – 30 janvier : LE GOUVERNEMENT FRANçAIS DISSOUT PLUSIEURS ORGANISATIONS AUTONOMISTES CORSES, BASQUES ET BRETONNES – En réponse, le 7 février, le FLB-ARB plastiquera un émetteur de l’ORTF à Roc-Trédudon, au sud de Morlaix, et privera la Bretagne de télévision.

1977 – 30 janvier : LIBERATION DE FRANçOISE CLAUSTRE – Françoise Claustre et son époux sont libérés, grâce à la médiation de la Lybie. Ils sont arrivés à Tripoli après une longue captivité chez les rebelles Toubous, dans le Tibesti, au Tchad. Cette affaire a coûté la vie au commandant Pierre Galopin alors qu’il venait négocier leur liberté.

1978 – 30 janvier : Décès de la chanteuse réaliste Damia, de son vrai nom Louise Marie Damien. Elle avait été qualifiée de “tragédienne de la chanson” (avec “Sombre dimanche” et eLes goëlands” qui ont fait coulé des flots de larmes ainsi que des vagues de suicides lors d’une tournée de la chanteuse au Japon).

1979 – 30 janvier : REFERENDUM AU ZIMBABWE – La minorité blanche du Zimbabwé approuve par référendum la nouvelle Constitution qui prévoit de céder une part du pouvoir aux Noirs.

1985 – 30 janvier : BAISSE DU PRIX DU PETROLE – Pour la deuxième fois de son histoire, l’OPEP, réunie à Genève,  réduit le prix officiel du pétrole.

1986 – 30 janvier : CRISE MUNICIPALE À SAINT-MANDRIER – Le Maire de Saint-Mandrier se voit reprocher par une partie de ses colistiers l’excès d’autoritarisme, ainsi que l’augmentation des impôts, accompagnés d’une gestion trop personnelle des affaires de la commune. Le Conseil décide de limiter les pouvoirs du Maire par un retrait des délégations qui lui avaient été accordées en début de mandat. Une commission des travaux est élue. Six personnes y siégeront dont deux élus communistes. Le Maire préfère abandonner ses délégations (Gisèle Argensse, 2000, p. 133).

1992 – 30 janvier : LE PENTAGONE ANNONCE LA FERMETURE DE 83 BASES EN EUROPE.

1995 – 30 janvier : VOITURE PIEGEE A ALGER : 42 MORTS – A Alger, un attentat à la voiture piégée fait 42 morts et 286 blessés.

1997 – 30 janvier : Décès de Jean Constantin, auteur, compositeur et interprète de la chanson.

2006 – 30 janvier : Yves Coppens «  Jane Goodall » (Chronique du 30 janvier 2006).

“Jane Goodall est venue récemment à Paris dans le but de sensibiliser l’opinion publique française à la survie des grands singes. J’ai été de toutes les festivités réservées à cette grande dame. Grande dame que je connais, car nous avons commencé tous les deux, dans les années 1960, sous la même autorité, celle de Louis Leakey, l’immense savant anglais du Kenya. Jane avait besoin de forêt pour étudier ses singes, et moi de savanes pour chercher mes os : Louis Leakey l’a installée à Gombe et moi à Olduvai, les deux en Tanzanie. Nous ne nous sommes pas rencontrés très souvent par la suite… L’idée de Jane était de tenter de sauver l’habitat des grands singes pour sauver les grands singes eux-mêmes, et c’est dans ce but qu’elle a créé l’institut Jane Goodall. Le premier établissement a vu le jour en Californie ; c’était en 1977. Depuis, une vingtaine de fondations sont venues compléter, dans diffé­rents pays du monde, ce premier effort, dont l’institut Jane Goodall France, créé en 2004 et qu’elle venait visiter pour la première fois.

“Une des grandes découvertes de Jane Goodall a été de voir, un jour, un chimpanzé couper et aménager le rameau d’un arbre pour aller pêcher des termites dans les trous des termitières. C’était la première fois qu’on prenait conscience du fait que les grands singes utilisaient des outils. Lorsqu’elle a fait part de son observation à Louis Leakey, j’étais avec lui et je me souviens qu’il m’a dit : « C’est extraordinaire, car ou bien les singes sont à intégrer aux hommes dans la classification zoologique, ou bien il faut revoir complètement la définition de l’homme. » Et il a beaucoup ri, car il adorait ce genre de découverte provocante qui bouscule un peu les habitudes de penser.

“Jane a aussi fait, bien sûr, de très nombreuses autres observations. Elle a décrit par exemple des chimpanzés organisant des patrouilles pour sur­veiller leur territoire contre l’irruption possible des chimpanzés voisins. Elle a vu aussi, au moment des premières pluies, des chimpanzés mâles se livrer à une sorte de danse devant les femelles spectatrices, comme un rituel à la gloire du « dieu Eau » – je vais sûrement trop loin dans la termino­logie, mais il y a quelque chose de cet ordre. Un tel comportement est évidemment troublant et pour­tant, à y bien réfléchir, doit-il l’être ? Après tout, nous sommes cousins, cela est incontestable, et nous avons des ancêtres communs vieux de plu­sieurs millions d’années, ce qui est peu, géologi­quement parlant : il est donc normal que nous nous ressemblions. Le mérite de Jane Goodall a évidemment été d’observer tout cela des années durant, et sur le terrain, pour la première fois (Yves Coppens, 2010 – Goodall J., Through a Window. My thirty years with the champanzees of Gombe, New York, Mariner Books, 2000)”.

2016 – 30 janvier :

1. Sortie pédestre de la journée avec les Amis de La Seyne Ancienne et Moderne. Objectif : Riboux avec visites des sites du Puits d’Arnaud (aire de battage circulaire très bien conservée), le vallon du poulet (ou nous ne pouvons accéder au four à cade à cause d’une battue), le jas de Frédéric où nous faisons la pause repas, le puits de Bouscarle. Promenade décontractée et sympathique qui m’a permis de revoir des paysages qui vont être incorporés dans le prochain numéro des Cahiers du patrimoine ouest varois consacré aux voies de communication.

2. La Semaine du Son à la Médiathèque de Sanary : Expositions « Marcel Mule, saxophoniste classique », « A la découverte du bruit » et « travaux réalisés par l’ALSH de Sanary », atelier d’histoire bruitée, conférence & ateliers -jeux… Evénement divers du mardi 19 au samedi 30 janvier 2016 Médiathèque de Sanary, rue Robert Schumann Centre-ville, 83110 Sanary.

3. Offre exceptionnelle sur la collection Mémoire en Images, des Editions Alan Sutton, le spécialiste de l’édition régionaliste en France.. 50% de réduction sur plus de 500 ouvrages régionaux (soit 10,10 au lieu de 20,20 euros). Parmi ces ouvrages : Sanary-sur-Mer, tome II, qui dévoile de nouvelles anecdotes et de nouveaux faits historiques. Les anciens retrouveront les fêtes et les coutumes qui ont accompagné leur jeunesse. Quant aux plus jeunes, ils pourront prendre connaissance des paysages naturels et du patrimoine désormais disparu.

2021 – 30 janvier : A LA « UNE » DE VAR-MATIN –

1. ON ECHAPPE AU PIRE – pas de confinement pour le moment Fermeture des centres commerciaux de plus de 20 000 m² – Frontières bouclées et contrôles renforcés. Le troisième confinement s’éloigne, mais des restrictions sont annoncées.

2. SIX-FOURS – Le cinéma ouvre symboliquement pendant 1 heure.

3. OUEST-VAR – port obligatoire du masque.

4. LA SEYNE – Cnim tient son plan de sauvetage.

EN DIRECT DE NOS ARCHIVES.

SANARY-SUR-MER – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et ÉDIFICES. 176e livraison :

Préhistoire – L’occupation à l’époque préhistorique de la commune de Sanary (Didier Martina-Fieschi) :

Afin de vérifier et de compléter les recherches préhistoriques qui ont eu lieu à la fin du XIXe siècle et dans les années après-guerre dans notre secteur, le Centre Archéologique du Var et plus précisément la section archéologie du Foyer Pierre Singal a entrepris en 1998 une campagne de prospections sur le territoire de Sanary-sur-mer (Didier Martina-Fieschi. Inventaire archéologique de la commune de Sanary-sur-mer. Centre Archéologique du Var. Direction Régionale des Affaires Culturelles de P.A.C.A. 1998). La démarche proposait de vérifier systématiquement la localisation et l’état de conservation des grottes qui se trouvent sur le massif du Gros-Cerveau, et surtout par une prospection minutieuse des terres encore cultivées, de relever de possibles fréquentations en plaine, inédites jusque-là.. Les grottes se trouvent à l’extrémité ouest du massif du Gros Cerveau, celles de la Clavelle (La grotte de la Clavelle est située sur le Castellet, mais sa proximité la rattache, bien évidemment aux autres sites, nous en rappelons donc les découvertes, tout en renvoyant au Cahier du patrimoine n°2 : Le Castellet, regards sur un terroir, p. 19 et 20), du Maréchal et de la Poudrière à l’ouest du fort militaire de l’Ouvrage de la Pointe et celles du Garou, et des Mascs à l’est. Elles ont été découvertes et fouillées par le receveur de la poste d’Ollioules Casimir Bottin et Emile Rivière dès les années 1888-89. Casimir Bottin avait installé son bureau au dernier étage de la maison qui s’élevait jusqu’en 1984 à l’entrée de l’allée Marguerite à Ollioules, il y avait entassé les résultats de plusieurs années de recherches archéologiques dans le secteur d’Ollioules-Sanary. Le Centre Archéologique du Var a heureusement récupéré ce matériel, qu’il conserve dans ses réserves. Les Ollioulais le prenaient d’ailleurs pour un fou. Quel intérêt, pouvait-on en effet avoir à gratter le sol des grottes à la recherche de « pierres », ou de squelettes blanchis !…Les grottes du Maréchal, de la Clavelle et de la Poudrière sont des grottes sépulcrales, c’est-à-dire qu’on y a découvert des fragments d’ossements humains, dont certains ont été brisés et brûlés (Hélène Barge 1978, Atlas préhistorique du Midi Méditerranéen, feuille de Toulon, p. 55 à 57.). Le matériel céramique associé à ces ossements est attribuable au Chalcolithique, âge du cuivre provençal, ou Néolithique final. Les grottes des Mascs et du Garou ont été en outre fouillées par le notaire toulonnais Jean Layet à la fin des années 50 et ont donné en plus d’outils de silex d’époque néolithique, des maxillaires humains et des céramiques modelées du Chalcolithique, de l’Age du Bronze et de l’Age du Fer. Le croquis ci-dessous réalisé par Jean Layet en 1960, nous montre la profondeur de la grotte du Garou qui se termine par un aven et le profil des céramiques découvertes (Jean Layet 1960. La caverne du Garou ou de Gaspard de Besse, chaîne du Gros-Cerveau. Annales de la SSNATV n°12, p. 35 à 43.). La grotte Milou doit quant à elle son nom à son découvreur un spéléologue sanaryen, dans les années 70. Située à quelques distances à l’est des grottes précédentes, elle a également livré des ossements humains. Sans que l’on puisse en déterminer avec précision la destination, le mamelon du Mont-Garou, qui deviendra plus tard un village protohistorique (voir plus loin, l’époque protohistorique) a également livré quelques traces d’occupation préhistorique. Les collections archéologiques du chanoine de Signes Vincent Saglietto, de Jean Layet, et de René Monery de Cabrens ont livré quelques rares silex, des grattoirs, perçoir, pointe de flèche, hache en pierre polie et en os. Enfin, dans le vallon menant du Garou à Sainte Trinide, le Spéléo-Club de Sanary sous la direction de René Drach a découvert un puits à proximité duquel ont été découvertes des céramiques de l’Age du Bronze et du début de l’Age du Fer. Cette fréquentation préhistorique du massif du Gros-Cerveau ne serait pas complète si l’on omettait de mentionner la découverte en 1998, d’un possible atelier de taille de silex sur le coteau de la Clavelle dominant le ruisseau du Grand Vallat. (Fig.    La grotte du Garou, croquis de Jean Layet, 1960). De très nombreux éclats de silex noirs jonchent en effet, plusieurs restanques. Ce site est à rapprocher de celui découvert sur le Gros-Cerveau, en territoire ollioulais (Cahier du patrimoine Ouest Varois n°7, Ollioules, regards sur un terroir, p. 23.), et celui de la Toulouzane sur Evenos.    La prospection sur les surfaces agricoles des coteaux au nord de l’agglomération de Sanary a enfin, permis de localiser quelques fréquentations préhistoriques liées très certainement à la chasse. Dans le secteur des vignobles du domaine de Pierredon, au Lançon, à Boucène, à Sainte Trinide ainsi qu’à La Gorguette de très nombreux éclats, nucléi (nodules naturels de silex à partir desquels sont débités différents outils laminaires)et fragments d’outils en silex ont été inventoriés. Dans tous les cas, les silex ont été trouvés à 150 mètres au maximum d’un actuel cours d’eau. Cette constante avait déjà été observée lors de précédentes prospections au Castellet, à La Cadière, à Saint-Cyr et à Ollioules. Il est fortement probable qu’il s’agisse de sites de chasse liés à la présence de gibier à proximité immédiate d’un cours d’eau.]

MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS – 376e livraison :

fin XVème siècle : le commerce reçut une aide décisive du roi René. Ayant eu à souffrir des guerres entre Angevins et Aragonais (côtes ravagées par les Catalans, circuits commerciaux troublés ou détruits, insécurité des mers), le commerce reçut une aide décisive du roi René : création d’un corps de garde-côtes en 1479, reprise du réseau routier. Mais le commerce était en majeure partie entre les mains d’Italiens. Ceux-ci eurent toutefois beaucoup d’influence sur la noblesse provençale qu’ils firent sortir de son engourdissement : les Jean de Village, les Forbin, les Albertas devinrent patrons de barques et marchands de sociétés en commandite. La noblesse trouve alors dans le commerce un emploi à sa fortune et un moyen de la faire prospérer (nobilis mercator). Le roi René amplifie l’expansion commerciale par ses propres goûts pour les produits du Levant (V.-L. Bourrilly, 1920 : Situation économique de la Provence à la fin du XVème siècle).

1481 – avril : Marseille – Le cardinal Jean Balue, qui avait été emprisonné par Louis XI en 1469 au château de Loches où il resta près de douze ans, est enfermé en avril 1481 dans l’abbaye de Saint-Victor.

1481 – 10 décembre : A Marseille, Charles III teste en faveur du roi de France, Louis XI, sa souveraineté de Provence et ses prétentions sur Naples.

1481 – 11 décembre : Charles III du Maine et de Provence meurt à Marseille. Il cède ces deux comtés et ses droits italiens au roi Louis XI qu’il a désigné comme son légataire universel et lui recommande de conserver tous les privilèges, droits, libertés, franchises et statuts de la Provence. La Provence, Marseille et Toulon entrent peu après dans le domaine royal (Agulhon M., Coulet N., 1987 ; de Martinenq, 1921 ; Lobrichon G. – Journal de la France et des Français,… p. 421).

[Agulhon M., Coulet N., 1987 : 10 décembre 1481 – par testament (rédigé un jour avant sa mort), Charles III institue Louis XI comme légataire universel, et lui recommande de conserver tous les privilèges, droits, libertés, franchises et statuts de la Provence.]

 [De Martinenq, 1921 : Le 11 novembre 1481 (Erreur de date), le comte Charles du Maine et de Provence mourait à son tour, laissant ses deux comtés d’Anjou et de Provence à son cousin germain le roi Louis XI.]

 [Lobrichon G., 2001 : 11 décembre 1481 – Mort de Charles III du Maine et de Provence. Il cède ces deux comtés et ses droits italiens au roi Louis XI qu’il a désigné comme son légataire universel. La Provence, Marseille et Toulon entrent peu après dans le domaine royal.]

LA SEYNE-SUR-MER. 86e livraison :

[Ortolan G. : L’élargissement de la Corniche par les Mouissèques et Balaguier fut assez long à réaliser. Quant au sentier raboteux que George Sand empruntait pour se rendre à La Seyne par l’Évescat, il était utilisé davantage par les piétons. Les liaisons maritimes : Avant la venue de Michel Pacha sur les rivages de Tamaris, une liaison maritime exista entre Toulon et Balaguier assurée par l’Entreprise Cabissol et Caffarena ainsi qu’une liaison entre Toulon et Saint-Mandrier fondée par la Compagnie Lambert. Pendant quelques années, deux fois par jour, le transport des passagers s’effectua par un petit bateau appelé Cros Saint-Georges. Il ne pouvait transporter qu’une vingtaine de passagers. En 1887, Michel Pacha annonça des projets grandioses pour l’amélioration des liaisons maritimes entre Toulon, Saint-Mandrier, Tamaris, Le Manteau, Les Sablettes par la création de services nombreux et rapides. Ses puissants moyens financiers lui permirent de livrer une concurrence impitoyable à la Compagnie Lambert qui ne tarda pas à déposer son bilan. Un premier bateau appelé Eclair arriva de Turquie, où Michel Pacha avait les coudées franches, puis un deuxième qu’il baptisa Le Petit Manteau. Les succès encourageants le poussèrent à trois autres commandes auxquelles on donna des noms au caractère bien local : Le Seynois, Le Bois Sacré, le Saint-Mandrier. Ces navires pouvaient transporter jusqu’à cent personnes. Ces liaisons rapides allaient faciliter le peuplement des bords de la baie du Lazaret. De nombreux officiers de marine de haut rang, des amiraux vinrent se fixer dans de superbes villas. Après la construction des appontements de Tamaris et du Manteau, on procéda au creusement du chenal parallèle à la route conduisant aux Sablettes où un petit port pour les plaisanciers et professionnels de la mer fut établi. Une fois encore, Michel Pacha puisa-t-il son inspiration à Constantinople ? On peut se poser la question après sa commande de petits bateaux vapeur en bois, construits en Angleterre, identiques à ceux assurant la traversée du Bosphore. On les appelait des steam-boats. Ils rendirent de grands services en reliant des quartiers à peu près déserts où seulement quelques cabanes de pêcheurs témoignaient d’une présence humaine. Ces petits bateaux dont l’unique cheminée centrale crachait des escarbilles redoutées des yeux et des costumes blancs de l’été, portaient des noms locaux comme Le Manteau, Les Sablettes, Tamaris, Saint-Mandrier, ou alors des noms évocateurs de l’Orient comme Bosphore et Stamboul. On en compta jusqu’à six avec L’Express. Les départs se succédaient toutes les demi-heures et il fallait seulement quinze minutes pour aller de Toulon à Tamaris. Ce service assura le transport Toulon – Saint-Mandrier et Toulon – Les Sablettes avec un tronc commun Toulon – Manteau – Tamaris. Les ménagères des quartiers riverains de la baie du Lazaret trouvèrent bien commode d’aller faire des achats à Toulon après quinze minutes de trajet. Les ouvriers de Saint-Mandrier travaillant à La Seyne apprécièrent grandement le transport par mer jusqu’à Tamaris. Ils faisaient le reste à pied et ne s’en plaignaient pas..  (à suivre). [réf. Ortolan]

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE.

 – Docteur, dit un patient, je suis une mouche !

 – Tss, tss ! Bon, descendez du plafond, remettez-vous à l’endroit et nous allons voir cela.

(Ecole de Ste Trinide à Sanary, en 1936). Merci J.P. Clair.

J’en ai terminé. Il est 6 h du matin et nous sommes mardi ! Affectueuses pensées à Isabelle, Olivier, Webber et Raphaël qui a maintenant 11 ans révolus. A demain, pour fêter les MARCELLE !

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