ÉPHÉMÉRIDES DU 22 JANVIER

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ÉPHÉMÉRIDES DU LUNDI 22 JANVIER 2024, 13e ANNÉE (n°4055).

ILLUSTRATION. Sur le site de la Courtine d’Ollioules en 1987 : Cathy au théodolite avec au premier plan notre Land Rover 109 qui nous permit de mener à bien ce chantier qui s’étendit sur cinq étés.

LES FÊTES. Le 22 janvier, jour de la saint VINCENT, nous fêtons près de 210 000 personnes ayant ce prénom et plus de 60 000 qui l’on comme nom de famille.
VINCENT, diacre de Saragosse, où il mourut torturé sous le règne de Dioclétien, qui subit le martyr durant les persécutions de la fin du IIIe – début IVe siècle, est le pendant de LAURENT et d’ETIENNE. Ses restes furent ramenés en 542 à Paris à l’église Saint-Vincent, devenu Saint-Germain-des-Prés. Souvent accompagné d’une serpette, d’un seau et de grappes de raisin, c’est l’un des saints patrons des vignerons, patronage peut-être lié à un mauvais jeu de mot selon ses exégèses (Vincent, “cent vins”, mais aussi « sans vin » ?).
Saint Laurent, patron d’Ollioules, est représenté en costume de diacre ayant pour attributs des ongles de fer et une meule. Il est quelquefois représenté portant un bateau, ceci rappelant qu’il fut embarqué avant d’être jeté au large.

Autrefois, c’était à Marseille la fête des vignerons et vinaigriers, mais aussi des pêcheurs et fabricants de corail (peut-être à cause de la couleur de la matière, voisine de celle du vin ?).
Fête votive et des vignerons à Albaron.
A Apt, qui a un quartier Saint-Vincent, la veille de la fête, on conduisait deux charrettes; l’une qui portait un tonneau de vin, enfourché par un gai buveur, l’autre chargée d’un gros fagot de bois suivi de jeunes gens et d’hommes brandissant des torches allumées et criant comme à Goult pour la Saint-Sébastien, la Fassaio ! la Fassaio ! On flambait la Fassaio. On chantait en pressant la fassaio, assoiffante :

Lou grand St-Vincent, /Nous fa beure,/ Nous fa beure, /Emai, ben !

Tout cela devait activer le travail secret de la vigne et préparer bonne vendange.
A Saint-Saturnin d’Apt, même fête ; des danseurs présentaient une danse évidemment bacchique ; ils portaient des grelots aux pieds et aux jambes. A Pertuis, à la procession, on portait la statue du saint tenant à la main des raisins de la précédente vendange que l’on avait conservés avec soin pour la fête du patron des vignerons.

En 1942, Marcel Provence notait : « Nos rites de vignerons sont morts, sauf l’admirable souche de la Saint-Marc à Villeneuve. »

22 janvier – La « Journée franco-allemande » met à l’honneur plus de 50 ans d’amitié et de coopération entre la France et l’Allemagne. La date du 22 janvier commémore la signature du traité de l’Élysée, le 22 janvier 1963, par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer. Dix-huit ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le président français et le chancelier allemand y scellaient l’amitié entre la France et l’Allemagne. Ils ouvraient une nouvelle ère dans les relations franco-allemandes.

DICTONS. « A la saint Vincent tout gèle ou tout fend. » / « Quand sant Vincens esclairo, i’a mai de vin que d’aigo. » / « A san Vincens, lei glaceroun perdoun sei den ou lei recoubroun per longtemps. » / « Aubo claro a Sant-Vincèns, forço fru pèr touti gènt. »

Au calendrier républicain, ce troisième jour du mois de pluviôse était dédié au FRAGON, ou FAUX HOUX voire PETIT HOUX, dont le rhizome a des vertus circulatoire d’où son surnom de « PLANTE DES JAMBES LÉGÈRES ». Emolliente, sa racine est utilisée dans les pommades pour les hémorroïdes.

PENSÉE. Quand on manque à la vérité, on manque forcément à la justice (Charles Péguy, Pensées).

EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHEQUE, un jour, un livre.

Au sujet de Napoléon, puisqu’il est à l’ordre du jour dans pas mal de messages, je vais livrer quotidiennement un ouvrage de notre bibliothèque se rapportant à ce personnage historique :

Dix-septième ouvrage : Louis Madelin – Histoire du Consulat et de l’Empire – VIII L’apogée de l’Empire 1809-1810, Paris, Librairie Hachette, 1944, 210 p. Numéro d’enregistrement H 17435 CA 1 6 5 A.

L’Empire, du fait même du mariage, semblait à l’apogée mais, déjà, tout ce qui paraissait contribier à son exaltation concourait à sa ruine.

On ne peut toutefois pas laisser de côté cet événement majeur que fut la grande rafle de Marseille au sujet de laquelle je propose deux livres traitant l’un du sujet spécifiquement marseillais, l’autre élargissant ce crime au plan plus général de l’occupation allemande de la France.

Chloé Leprince – Rafle à Marseille en 1943 : un quartier rasé et le petit rire de Pétain (France Culture).

Meyer Ahlrich – L’occupation allemande en France 1940-1944, trad. Pascale Hervieux, Florence Lecanu, Nicole Taubes, Editions Privat, Toulouse, 2002, 240 p.

EPHEMERIDES

(Signes – avril 1991 – ferme du vieux Latay. Cliché. H. Ribot)

1195 – 22 janvier : AICARD DE SIGNES VEND AUX CHARTREUX DE MONTRIEUX UNE TERRE SITUÉE A CANCERILLES – Montrieux, in claustro monachorum – Aicard de Signes vend aux chartreux de Montrieux une terre située à Cancérilles, pour le prix de 7 livres moins 5 sous – Aicardi de Signa. Notum sit tam presentibus quam futuris hominibus quod ego, Aicardi de Sinna, vendo heremitis Montis Rivi quandam terra in Cancerillis in heremo et in culto, que contigua est terra eorumdem heremitarum ab occidente et terre Garnierorum ab oriente ; pro qua dedi concambium Bertrando de Signa duas terras, unam juxta fontes de Capello, alteram a la Vila Viella, accipiens ab eis vii libras minus v sol regalium novorum (Boyer R., 1980, 1980, p. 487 ; Original disparu ; copie Capus p. 270 ; IND. Capus p. 415 ; Teissier, fol. 42 ; Dubois, p. 33)

1257 – 22 janvier : ETIENNE ISNARD VEND AUX CHARTREUX DE MONTRIEUX SA PART DU CENS ANNUEL VERSE PAR LE MONASTÈRE A L’ÉVÊQUE DE MARSEILLE – Montrieux – Etienne Isnard vend aux chartreux de Montrieux la part, s’élevant à 2 sous et 4 deniers, qui lui revient sur le cens annuel versé par le monastère à l’évêque de Marseille pour les pâturages de Méounes, pour la somme de 28 sous tournois. Témoins : ] frater Martinus, capellanus domini episcopi ; Raimundus de la Scalla, prior de Meuna ; Adreas, Raimundus Bertrandi, diachoni et clerici domini episcopi. [Notaire :] Guillelmus Lambertus (Boyer, 1980, p. 645 : acte non transcrit dans le cartulaire de Montrieux).

1298 – 22 janvier : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Aganeta (acte notarié), mention au quartier de Saint-Julien.

1366 – 22 janvier : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Vallis Cobrani, 22 janvier 1366 (charte aux archives municipales). Val de Gobran – lieu-dit au quartier de la Palud. Première mention : Val de Gobran, 20 avril 1290 (charte aux archives mu­nicipales) puis Vallis de Gobram, 27 avril 1302 (charte aux archives de la Major).

1377 – 22 janvier : LIEUX-DITS DE MARSEILLE –Parvœ Plumberiœ, 22 janvier 1377 (acte notarié). Plombières, ruisseau qui prend sa source dans les col­lines de Sainte-Marthe et arrose les quartiers de la Palud, de Saint-Barthélemy, de Bon-Secours et se jette dans la mer à la plage d’Arène (1872). Première mention : Colonia in Plumbarias, VIIIe siècle (descript. mancip. Sancti Salvatoris, Belsunce I, p. 302).

1378 – 22 janvier : LIEU-DIT D’ALLAUCH – Legonada (charte aux archives de la Major. Les Gonagues – lieu-dit, quartier de Tourdinau.

1391 – 22 janvier : Ollières. Concession du droit de pâture par Jacques d’Agoult, sei­gneur d’Ollières et de Roquefeuil, fils aîné de feu Isnard, aux habitants d’Ollières, après réception de leur hommage. (Acte 709 des vicomtes de Marseille, Henry  de Gérin-Ricard, 1926. Réf. De Gérin-Ricard : Arch. Départ. des Bouches-du-Rhône, B 21. fol. 252 v°). Ollières : commune du Var, arrondissement de Brignoles, canton de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. Première mention le 23 avril 1005 : Marseille. Fouque, vicomte de Marseille, donne à Odile, sa femme, pour prix du premier baiser nuptial, ce qu’il possède à Solliès, Ceyreste, Cuges, Ollières, biens et personnes. Sont présents à la donation : Pons Ier, évêque de Marseille, et Guil­laume II, frères de Fouque ; Lambert, son beau-frère. (Acte n°30 des vicomtes de Marseille, H. de Gérin-Ricard, 1926 ; réf. a. Ruffi, Histoire de Marseille, t. I, p. 484).

1419 – 22 janvier : LIEUX-DITS D’AURIOL – Podium Guissonum (acte aux archives de Saint-Victor). Le Pujol – hameau. Première mention : Villa Podiolum, VIIIe siècle (descript. mancip. Sancti Salvatoris, Belsunce, 1, 302). Puis, Al Puiol, 16 septembre 1287 (acte nota­rié).

1602 – 22 janvier : LIEUX-DITS DE MARSEILLE –

Le Cavissat (acte d’atterminage). Cavissât, quartier rural, quartier de la Capelette, près du Moulin des Prêcheurs. Caviszac, 6 octobre 1228 (charte aux archives municipales). Première mention : Cavisac, 13 dé­cembre 1383 (acte notarié).

Cauffone (acte d’atterminage). Coufonne, ruisseau, commune de Marseille. Il prend sa source près de Mazargues et se jette dans l’Huveaune (1872). Première mention : Calfona, XIe siècle (cartulaire de Saint-Victor, n° 85).

1607 – 22 janvier : LIEUX-DITS D’ALLAUCH – Journounés (acte notarié à Allauch). Les Journones – lieu-dit (1872).

1633 – 22 janvier : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Les Chartreux – quartier rural et église au quartier de Saint-Just (1872 : 3.289 habitants). Le quartier pris son nom du couvent fondé par la Chartreuse de Villeneuve le 22 janvier 1633. Cf. Sainte-Marie-Madeleine des Chartreux – Eglise, commune de Marseille, place Edmond-Audran, 4e arrondissement. Avant d’être une église paroissiale, cette église était la chapelle d’un monastère de l’ordre des Chartreux qui a donné son nom au quartier.

1716 – 22 janvier : MOINS VINGT DEGRÉS EN SAVOIE – -20° le 22 janvier. En Savoie la neige avait 20 pieds d’épaisseur : il en était de même en Alsace.

1721 – 22 janvier :

(Pierre Saliceti ex-voto du Beausset-Vieux, daté du 26 avril 1723 faisant suite à un voeu 1722 fait durant épidémie de peste).

1. LA SEYNE EST TOUCHÉE PAR LA PESTE – [G. Delattre : La Seyne est atteinte vers le 22 janvier 1721. Le marchand Gras de Toulon a vendu une balle de laine à La Seyne. Dernier mort le 31 août 1721. Sur 6000 habitants environ, le tiers de la population a disparu. Six-Fours est moins atteinte, 28 décès sur environ 2200 habitants, dernier mort le 6 septembre 1721 (G. Delattre, ms, inédit).
2. APPROVISIONNEMENT ET EPIDEMIE – [Castellan, 1937 : malgré toutes les précautions prises durant l’année 1720, la peste prit en 1721 un développement extraordinaire (…). Le Bureau de santé d’Ollioules envisage d’interdire le commerce entre Toulon et Ollioules et de demander à l’intendant les mousquetons nécessaires à l’armement des 21 soldats de Marine destinés à la garde des portes. Il délibère également de faire distribuer tous les jours 6 pots de vin à la garde de la porte. Délibéré de faire pétrir 10 charges de blé pour en faire des galettes ou biscuits qui seront distribués aux pauvres de la ville. Députation de Joseph de Saint-Gilly de Toulon pour aller demander au commandant un ordre de laisser passer pour aller à Lorgues prendre les trois trenteniers de moutons promis à la Communauté. (…). Délibéré de faire enfermer les familles des mendiants du lieu… dans la chapelle de Notre-Dame de la Miséricorde, et les hommes à l’Hôpital St-Jean-Baptiste, sans que ni les uns ni les autres ne puissent sortir, et de choisir deux personnes qui leur feront la distribution des vivres…[soit] deux galettes et un quart de pot de vin par jour aux femmes et aux enfants et un demi pot aux hommes en attendant de leur donner quelque soupe ; il leur sera fourni de la paille et un peu de bois de chauffage… (Cahier du patrimoine ouest varois n°7, Ollioules).
3. LES SEYNOIS SONT INTERDITS D’ACCÈS A OLLIOULES – Le 22 janvier 1721, au début de l’épidémie par conséquent, les consuls d’Ollioules firent défense à Laurent Aoust, fermier des moulins à farine de la localité, de recevoir, à l’avenir, aucun habitant de La Seyne venant faire moudre son blé, cette ville étant soupçonnée du mal contagieux, et le 7 mai de la même année, le Conseil d’Ollioules fit mettre en quarantaine les sieurs Brémond et Laurent Arnaud qui venaient de rentrer de La Seyne (Louis Baudoin, 1965, p. 225).

1728 – du 24 décembre au 22 janvier 1729 : HIVER LONG ET RUDE, EN PARTICULIER DU 24 DÉCEMBRE 1728 AU 22 JANVIER 1729 (Herage / histoire climat 5).

1765 – 22 janvier : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Vallon de la Rimbaude, 22 janvier 1765 (registre aux ar­chives de la Major). Mouret – lieu-dit, quartier de Château- Gombert. Première mention : Le Mouret, 16 septembre 1595 (registre aux ar­chives de la Major).

1767 – 22 janvier : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Quartier de Château-Gombert

-Clauson – lieu-dit, sur le bord de Jarret (registre aux archives de la Major). id. en1790  (cadastre).

-La Mazette – propriété (registre aux archives de la Major).

1789 – 22 janvier : AGENDA DU BICENTENAIRE : JEUDI 22 JANVIER – Dans les provinces écrasées par la centralisation monarchique et minées par le chômage et la misère, l’agitation politique est de plus en plus vive. Le roi demeure cependant ferme : ainsi annule-t-il un arrêt du parlement de Besançon auquel s’opposaient certains membres du clergé et de la noblesse.

1794 – 22 janvier (3 pluviôse An II) :

-Six-Fours : Nous voyons réquisitionner la madrague se trouvant au Brusc, à la demande de deux personnes qui consentaient à en livrer le produit à Toulon, moyennant rétribution pour augmenter les subsistances. Elle appartenait à des émigrés comme la madrague de Brégançon, sise dans le golfe d’Hyères et dont la pêche recevait la même destination (3 pluviôse an II). L’arrêté fut signé par Ricord, représentant du peuple.

-Marseille – la Commission Brutus Leroy – Les membres du Tribunal eux-mêmes passèrent bientôt pour tièdes. On les accusa d’avoir prononcé trop d’acquittements. Ils furent arrêtés à leur tour (22 janvier 1794) et remplacés par une Commission nouvelle, dite du nom de son président, la Commission Brutus Leroy. Les pouvoirs de ces juges improvisés étaient exor­bitants. Pas d’acte d’accusation, pas de jury, pas de recours au Tribunal de cassation ! Nul besoin de motiver ses actes et une procédure plus que som­maire. Les juges en effet, se contentaient de consta­ter l’identité des prévenus, puis ils prononçaient la sentence, et les condamnés étaient aussitôt hissés sur les charrettes et conduits jusqu’à la place Royale, dite alors de la Liberté, où l’échafaud était dressé en permanence. La Commission Brutus ne tint que dix audiences, et jugea 219 personnes, dont 95 furent acquittées et 124 condamnées et exécutées, dont 14 le 9 février, 23 le 20 et 20 le 21 ! On ne procédait plus que par fournées. C’étaient de véritables héca­tombes ()Dubois, Gaffarel, Samat).

1800 – 21 janvier : JOURNAL D’UN NOTABLE DU CAIRE DURANT L’EXPÉDITION FRANCAISE 1798 – 1801 (Abd-al-Rahman al-Jabarti) – Mois de Sha’bân 1214

[Retour des parlementaires au Caire] Vendredi 22 [19 janvier 1800] – CONVENTION D’AL-‘ARISH (suite)

« L’armée française en Egypte, voulant donner clairement une preuve de son désir intime d’arrêter l’effusion du sang et de voir cesser rapidement les malheureuses querelles survenues entre la :république française et la Sublime Porte, consent à évacuer Egypte, d’après les dispositions de la dite convention, espérant que cette concession pourra être un acheminement à la pacification générale de l’Occident.

Article premier à Article 9 donnés précédemment.

Article 10

Aucun habitant de l’Egypte, de quelque religion qu’il soit, ne sera inquiété, ni dans sa personne, ni dans ses biens, pour les liaisons qu’il pourra avoir eues avec les Français, pendant leur occupation de l’Egypte.

Article 11

Il sera délivré à l’armée française, tant de la part de la Sublime Porte que des deux gouvernements ses alliés, c’est-à-dire Angleterre et la Russie, les passeports, sauf-conduits et convois nécessaires pour assurer en toute sécurité son retour en France.

Article 12

Lorsque l’armée française d’Egypte sera embarquée, la Sublime porte, ainsi que ses alliés, promettent conjointement que, depuis le moment de leur embarquement jusqu’à son retour sur le continent jamais, elle ne sera nullement inquiétée, comme, de son côté, Son excellence le général Kléber, commandant en chef, s’engage, en son nom et au nom de l’armée française d’Egypte, à ne commettre aucune hostilité pendant le dit temps, ni contre la flotte, ni contre une province de la Sublime Porte et de ses alliés. Il est entendu que les bâtiments qui transporteront la dite armée ne s’arrêteront à aucune        ne autre côte que celle de la France, à moins de nécessité

absolue.

Article 13

En conséquence de la trêve stipulée ci-dessus pour l’évacuation de l’Egypte, les parties contractantes conviennent que si dans l’intervalle de la dite trêve, quelques bâtiments de France, à l’insu des galions des Puissances unies, entraient dans le port d’Alexandrie, ils en partiraient au plus tôt après avoir pris l’eau et les vivres nécessaire et retourneraient en France munis de passeports des Puissances unies et ; dans le cas où l’un de ces bâtiments aurait besoin de réparations, celui-là seul pourrait rester jusqu’à ce que les dites réparations soient achevées, et partirait ensuite pour la France, comme les précédents, au premier vent favorable.

Article 14

« Son Excellence le général Kléber, commandant en chef, pourra envoyer sur-le-champ un aviso du gouvernement français : l’officier qui sera chargé de cette mission sera pourvu des sauf-conduits pour que le susdit aviso puisse prévenir le gouvernement français de l’Egypte.

Article 15

« Etant reconnu que l’armée française a besoin de subsistances journalières pendant les trois mois dans lesquels elle doit évacuer (à suivre).

1813 – 22 janvier : conseil municipal de Toulon – (registre des délibérations du conseil municipal de Toulon, année 1813, folio 180). Décision relative aux 20 000 fr donnés par la Ville pour aviser aux moyens de la remonte et à l’équipement de la cavalerie française.  […] Vingt cavaliers sont offerts à la ville (Jean Bartolini, 1866, p. 16).

1815 – 22 janvier : conseil municipal de Toulon – (registre des délibérations du conseil municipal de Toulon, année 1815, folio 66-67). Installation de M. Laberthonie, nommé maire de Toulon, par Ordonnance du Roi, le 14 décembre 1814 (Jean Bartolini, 1866, p. 20).

1851 – 28 septembre : LOI PRÉVOYANT L’ASSISTANCE JUDICIAIRE.

1852 – 22 janvier : LA FAMILLE D’ORLÉANS EST BANNIE DE FRANCE. En conséquence de la révolution de 1848, Louis-Philippe et la famille d’Orléans sont bannis de France.

1853 – 22 JANVIER : LES ÉVÊQUES DE FRÉJUS SONT AUTORISES A ADJOINDRE A LEUR TITRE CELUI DE L’ÉVÊCHÉ SUPPRIME DE TOULON – Par décret consistorial du 28 septembre 1852, les évêques de Fréjus sont autorisés à adjoindre à leur titre celui de l’évêché supprimé de Toulon. (“Liste des évêques de Toulon — Wikipédia”) Ce décret fut reçu par décret présidentiel du 22 janvier 1853.

1867 – 22 janvier : AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint au maire de Sanary – 22. Mardi. S. Vincent. – Beau temps.

1881 – 22 janvier : LA NOUVELLE ÉCOLE LAÏQUE DE COTTIGNAC (cliché H. Ribot 1978). C’est lundi dernier que les institutrices laïques ont remplacé les institutrices congréganistes ; ces dernières n’ont voulu quitter le local de la commune que le 13, à minuit. On s’est empressé de leur accorder jusqu’au 16 au matin. Cependant, il a fallu sortir sans avoir la satisfaction de faire une petite protestation ; l’urbanité parfaite avec laquelle M. le Maire s’est conduit dans cette circonstance leur en a enlevé toute occasion. Certains conservateurs, prétend-on, veulent faire ouvrir à ces religieuses une école libre, à laquelle il ne manquera rien, sinon des élèves, car, sur les 80 inscrites, 60 sont déjà rentrées à l’école laïque ; lundi, il en entrera dix, et avant la fin du mois toutes seront rentrées, car les mères commencent à comprendre que ces laïques, dont on leur avait si mal parlé, sans les connaître, sont de très honorables mères de famille ou de jeunes demoiselles appartenant à des familles honorables, entre les mains de qui les enfants seront très bien placées. Nous félicitons le Conseil Municipal de cette transformation, depuis si longtemps demandée par la majorité de la population. Espérons que prochainement un magnifique groupe scolaire s’élèvera sur le terrain déjà acquis par la commune ; alors COTIGNAC n’aura plus rien à désirer sous le rapport de l’enseignement populaire, car cet enseignement sera gratuit, parfaitement dirigé et confortablement installé (A.D.VAR « Le Petit Bar » Dimanche 22 janvier 1881)

1882 – Petit Var du 22 janvier : DÉCOUVERTE DE VESTIGES ARCHÉOLOGIQUES A PORTISSOL, A SANARY – Le mauvais temps a particulièrement sévi durant l’année 1881. Déjà en janvier, il y a eu de fortes pluies et une grosse mer. Cela aura permis une découverte intéressante. En effet, le mauvais temps a ébranlé les terres à la pointe de Portissol. Découverts par la pluie apparaissent plusieurs tombeaux. Mobilier : métal : fragments de poignard ou d’épée ; céramique : mention de cruches en céramique commune dans un article manuscrit inédit daté du 15 Octobre 1882 ; verre : 2 « urnes lacrymatoires ». Ce matériel exposé un temps à Toulon puis à Sanary, fut ensuite perdu (journal « LE PETIT VAR » des 11, 16, et 22 Janvier 1882).

1883 – 22 janvier : ATTENTAT CONTRE LOUISE MICHEL – Attentat contre Louise Michel au Havre alors qu’elle donnait une conférence.

1901 – 22 janvier : MORT DE LA REINE VICTORIA – La reine Victoria meurt à l’île de Wight, après 63 années de règne sur un quart des cinq continents (Le Figaro du 23 janvier 1903).

1903 – 22 janvier : TRAITE DE PANAMA – États-Unis : le président Théodore Roosevelt présente au Sénat le traité de Panama signé avec la Colombie (Le Figaro du 23 janvier 1903).

1905 – 22 janvier :
1. DIMANCHE ROUGE » A SAINT-PETERSBOURG. « Le prêtre Gapone, organisateur de la grève, conduit une manifestation se dirigeant vers le palais impérial. Cette manifestation se veut pacifiste ; les ouvriers ne portent aucune arme mais tiennent à voir l’empereur et à lui remettre une pétition. Un coup de feu déclenche l’affolement général ; la troupe, sous l’autorité du grand-duc Serge, reçoit l’ordre de tirer. Les manifestants sont dispersés dans le sang, plusieurs centaines de cadavres jonchent le sol. Dans cette pétition, les ouvriers exposaient ce qu’ils considéraient être les besoins essentiels de la nation, ses souffrances, sa misère et la situation créée par le régime bureaucratique. Ils réclamaient en outre le suffrage universel pour l’élection d’une Assemblée constituante. » (Le Figaro du 23 janvier 1905).
2. UN SYNDICAT JAUNE A LA SEYNE – le 1er novembre 1904 est créé à La Seyne, un syndicat indépendant des ouvriers réunis. Syndicat jaune. Quelques passages du discours que le citoyen Bietry tint le 22 janvier 1905 devant 100 personnes à la salle du sous-sol écoles laïques (Bietry avait fondé le 1er juin 1902 1a fédération nationale des jaunes de France. En 1903, elle change de nom pour devenir l’Union fédérative des ouvriers et syndicats indépendants. L’autre organisateur fut Lanoir qui lança en avril 1901 le journal l’Union ouvrière. Il faut signaler que ce même Lanoir fut, en 1925, candidat aux élections municipales de La Seyne sur une liste locale dénommée liste de protestation et d’intérêt local. Cette liste était opposée à celle du docteur Mazen, maire socialiste SFIO sortant) : « Créer un syndicat indépendant à La Seyne contre les agissements de politiciens qui dirigent les syndicats rouges. Le qualificatif de jaune vient de la grève de Montceaux-les-Mines : les ouvriers non-grévistes poursuivis au cours d’une bagarre par les syndicalistes se réfugient dans un café. Or, pour couvrir les carreaux cassés pendant la lutte, les non-grévistes le recouvrirent d’un papier jaune, de telle sorte que cette couleur ayant frappé les rouges, des cris d « jaunes » retentirent bientôt pour que les assaillis se gratifient eux-mêmes du titre de syndicat jaune… On a vu les flammes jaunes au bout des mâts de nos glorieux corsaires. Le blé jaunit nos campagnes et nourrit l’humanité. Nous trouvons même au milieu du blé jaune certaines fleurs rouges qui sont aussi peu utiles que le blé est indispensable. Ces fleurs rouges ne sont autres que les coquelicots qui puisent leur vie au détriment de la plante jaune que nous devons élever avec soin. Il convient d’arracher ces fleurs nuisibles et d’ensemencer les champs de notre plante jaune » (Patrick Martinenq, 1983 – Place de la Lune, 1830-1936, Maurecourt, ERG, 1983, 486 p).

1917 – 22 janvier : LA SITUATION ÉCONOMIQUE, MILITAIRE ET SOCIALE DE LA RUSSIE SE DÉGRADE – Russie : Grande grève à Moscou et à Petrograd pour protester contre le situation désastreuse de l’économie et contre l’échec de l’offensive Broussilov (Le Figaro du 23 janvier 1917).

1921 – 22 janvier : PREMIER CONGRÈS NAZI – Allemagne : Premier congrès du parti ouvrier national-socialiste allemand (N.S.D.A.P. en abrégé NAZI (Le Figaro du 23 janvier 1921).

1922 – 22 janvier : MORT DU PAPE BENOIT XV.

1924 – 22 janvier :
1. L’APRES-LENINE EN RUSSIE : Après la disparition de Lénine, Joseph Staline forme une « troïka » avec G. Zinoviev et L. Kaménev contre Trotski.
2. LES TRAVAILLISTES AU POUVOIR EN ANGLETERRE – L’Angleterre connaît son premier gouvernement travailliste, il est conduit par James Ramsay MacDonald.

1933 – 22 janvier : HITLER, CHANCELIER D’ALLEMAGNE : A la suite de conversations entre le président de la république, le maréchal Hindenburg, et Von Papen, Hindenburg accepte de confier le poste de chancelier à Hitler (Le Figaro du 23 janvier 1933).

1941 – 22 janvier : GOUVERNEMENT DE VICHY – Création du Conseil national, instance consultative auprès du maréchal Pétain (Le Figaro du 23 janvier 1941).

1943 – 22 janvier :

1. CRIME DE GUERRE – A MARSEILLE, LE VIEUX-PORT EST COMPLÈTEMENT BOUCLE : LA RAFLE MENÉE PAR LA POLICE DE VICHY ET L’OCCUPANT ALLEMAND COMMENCE. Les 22 et 23 Janvier 1943, la rafle s’est étendue au quartier de l’Opéra où vivaient de nombreuses familles juives, en raison de la proximité avec la grande synagogue de la rue Breteuil. 250 familles ont été raflées, tôt le matin, avec une brutalité inouïe, les gens emmenés dans la tenue dans laquelle ils étaient au moment où les policiers ont franchi la porte, sans bagage ni objet personnel; les familles ont été séparées dès le moment de l’arrestation, et ne se sont jamais retrouvées. Ce quartier était aussi celui de la pègre et du grand banditisme, dont les truands requis pour la Gestapo, ce qui peut expliquer la violence des sbires. La ville est fouillée maison par maison, mis à part les quartiers résidentiels, durant 36 heures. « Au total, à la suite des dizaines de milliers de contrôle, près de 2 000 Marseillais (…) se retrouveront dans les trains de la mort. » écrit ainsi M. Rajsfus. 1 500 immeubles sont détruits. Bilan humain de l’opération « Tiger » (estimations) : 1 642 transferts sur Compiègne le 24 janvier, 782 Juifs déportés et exterminés à Sobibor, 600 « suspects » déportés à Sachsenhausen (Source Cercle d’étude de la Shoah).

Les 22 et 23 janvier 1943, tandis que la Wehrmacht proclamait l’état d’urgence, des forces de la police française – dix mille hommes auraient participé à l’action – opérèrent à Marseille des rafles massives sous prétexte de la lutte contre la Résistance. Les arrestations concernèrent près de six mille personnes. Mille six cent quarante-deux d’entre elles, principalement des Juifs français ou étrangers, des Nord-Africains, des étrangers sous statut de permis de séjour, furent livrées aux Allemands et, par convois formés de wagons à bestiaux dirigées sur le camp d’internement de Compiègne, placé sous l’autorité de la Wehrmacht. Dans le même temps, des troupes de la police, lourdement armées, bouclaient le quartier du Vieux-Port. Avec l’assistance des autorités françaises, vingt mille habitants de ce quartier Marseille furent évacués et internés provisoirement à Fréjus, où les Allemands en sélectionnèrent six cents dont ils constituèrent un convoi supplémentaire pour Compiègne.

En conclusion, les rafles et déportations du début de 1943 à Marseille apparaissent comme des événements qui marquèrent de façon drastique l’histoire de l’occupation allemande en France. Elles eurent pour déclencheurs des motifs étroitement imbriqués entre eux et mêlant persécution des Juifs, sécurité des troupes d’occupation, projets d’assainissement urbain, etc. L’intervention de Himmler et l’implication de la Wehrmacht en aggravèrent le tour dramatique. Ces événements illustrent de façon exemplaire la logique de la « collaboration d’état » du régime de Vichy, sans la complicité duquel la plus grande rafle de Juifs opérée en France dans l’année 1943 n’aurait pu être exécuté.

2. CRIME DE GUERRE – CENT FEMMES OTAGES SONT TRANSFÉRÉES DE BORDEAUX A COMPIEGNE PUIS A BIRKENAU – Le 22 janvier 1943, cent premières femmes otages sont transférées en camions de Bordeaux au camp de Royallieu à Compiègne (selon le registre d’écrou du Fort de Romainville) où elles sont rejointes par 130 autres femmes. Toutes passent la nuit au camp, probablement dans un bâtiment du secteur C. Le 24 janvier, les deux-cent-trente femmes sont conduites à la gare de marchandises de Compiègne et montent dans les quatre derniers wagons (à bestiaux) d’un convoi dans lequel plus de 1450 détenus hommes ont été entassés la veille. En gare de Halle (Allemagne), le train se divise et les wagons des hommes sont dirigés sur le KL Sachsenhausen, tandis que les femmes arrivent en gare d’Auschwitz le 26 janvier au soir. Le lendemain matin, après avoir été alignées sur un quai de débarquement de la gare de marchandises, elles sont conduites à pied au camp de femmes de Birkenau (B-Ia) où elles entrent en chantant La Marseillaise. Le numéro de chacune est immédiatement tatoué sur son avant-bras gauche (Henri Ribot).

3. Création du Groupe Mobile de Réserve (GMR) Estérel à Ollioules. Loi du 23 mars 1941 portant organisation des services de Police en France et création du Groupe Mobile de Réserve (GMR). Le décret du 23 avril 1941 fixait les effectifs des « Groupes de Réserve » pour la zone non occupée à 32 commandants de Gardiens de la Paix, 126 officiers de Paix, 126 brigadiers-chefs, 504 brigadiers, 6048 gardiens de la Paix, 32 brigadiers comptables, 63 gardiens de la Paix secrétaires soit un effectif total de 6931hommes. Appelées « Groupes Mobiles » ou « Groupes de Réserve » ces unités prirent leur appellation définitive de « Groupes Mobiles de Réserve » le 13 mai 1941. Les premiers « Groupes Mobiles de Réserve » furent créés dans les grandes villes du Sud : MARSEILLE, TOULOUSE, BORDEAUX, PERPIGNAN, CARCASSONNE (réf. Jean-Marc Maupoix).
4. DE GAULLE ARRIVE A CASABLANCA – Lorsqu’il arrive enfin à Casablanca le 22 janvier 1943, de Gaulle a une entrevue glaciale avec Giraud et une explication orageuse avec Churchill. Au soir de cette journée agitée, il rencontre pour la première fois Franklin Roosevelt. Le président, habillé de blanc et assis sur un large canapé, est tout sourires et prie de Gaulle de prendre place à ses côtés. Mais derrière les artifices du charme et de l’idéalisme pointe bientôt l’implacable volonté de puissance. «Les nations alliées en Afrique du Nord, déclare le président, exercent en quelque sorte un mandat politique pour le compte du peuple français». Le même jour, le sultan du Maroc rencontre en tête-à-tête le président Roosevelt, en marge de la conférence d’Anfa. Assuré du soutien américain au rétablissement de la monarchie, il décide dès cette date d’assumer publiquement la revendication indépendantiste (Henri Ribot).

5. LES BÂTIMENTS DE GUERRE QUI SE TROUVENT A DAKAR REPRENNENT LE COMBAT CONTRE L’AXE ROME-BERLIN – A Dakar, le contre-torpilleur Le Fantasque passe en carénage en cale sèche afin de gratter les coques. Le 22, carénage terminé, il laisse la place à son sistership Le Terrible et s’amarre à couple du cuirassé Richelieu. Le 13 février, les deux navires arriveront aux Etats-Unis où ils seront modernisés. A la suite de quoi, ils prendront la dénomination de croiseurs légers puis, associés au Malin, de la même série qu’eux, ils formeront la 10e division de croiseurs légers et reprendront le combat contre l’Allemagne et l’Italie qu’ils avaient cessé après l’armistice de juin 1940. A Arzew, l’escadrille 2S, qui sera plus tard officiellement affectée à Saint-Mandrier avec 14 Latécoère 298, entre en guerre en janvier 1943, elle totalisera au 1er avril 1944, 1488 missions de guerre, 3363 heures de vol, un sous-marin endommagé homologué. Cette escadrille assurera à elle seule la tâche de protéger les convois qui, venant de Gibraltar, doivent longer la côte algérienne (Henri Ribot).
6. LES ALLEMANDS TRANSFÈRENT LE PAQUEBOT FRANÇAIS « GOUVERNEUR GENERAL DE GUEYDON » AUX ITALIENS – Le paquebot « Gouverneur général de Gueydon » de la Compagnie Générale Transatlantique, saisi par les Allemands le 8 décembre 1942 à Bizerte est transféré par eux aux Italiens le 22 janvier 1943 pour être utilisé comme transport de troupes. Le navire sera sabordé, coulé et chaviré par les Allemands le 7 mai 1943 dans le canal d’accès au lac de Bizerte avant l’arrivée des troupes alliées (Henri Ribot).

7. DANS LE PACIFIQUE, LES JAPONAIS SONT DÉSORMAIS SUR LA DÉFENSIVE – Les forces terrestres nippones sont écrasées par les troupes étasuniennes en Nouvelle-Guinée, après une dure campagne. Les Japonais sont désormais sur la défensive et les forces américaines, sous le commandement de l’amiral Nimitz et du général MacArthur, entament le mouvement de reconquête des Philippines.

8. Le Cabinet de guerre britannique reçoit la lettre suivante envoyée la veille par Churchill se préparant à la réunion plénière de Casablanca avec Roosevelt, : « « Il a été reconnu que la sécurité des communications maritimes constitue la tâche primordiale à laquelle doivent être consacrés nos moyens réunis, et l’on a réaffirmé le principe selon lequel nous devons concentrer nos efforts en tout premier lieu pour obtenir la défaite de l’Allemagne.

1954 – 22 janvier : A SAINT-MANDRIER, AGRANDISSEMENT DU POLYGONE DE TIR DE LA RENARDIÈRE – «Est déclarée d’utilité publique l’acquisition par le département de la Défense nationale pour les besoins des études et fabrications d’armement, le terrain d’une superficie de 33.120 mètres carrés nécessaire à l’agrandissement du polygone de la Renardière » (Le Petit Varois du 22 janvier 1954).

1962 – 22 janvier : FIXATION DU TARIF DES DIFFÉRENTES CALES DE HALAGE DE SAINT-MANDRIER PAR ARRÊTÉ MUNICIPAL. 1) Les taxes mentionnées ci-dessous sont fixées à compter du lundi 22 janvier 1962. – Cale du quai Séverine : petit chariot pour trois jours 2 N.F ; à partir du quatrième 1 N.F. /jour. – Cale du quai Jules Guesde : grand chariot, bateaux de Saint-Mandrier seulement, pour trois jours 4 N.F. ; à partir du quatrième 3 N.F. / jour ; grands chariots pour les embarcations étrangères de moins de trois tonneaux et au-dessus, pour trois jours 20 N.F. ; à partir du quatrième 10 N.F. /jour. 2) II ne sera pas perçu de taxes les jours d’intempéries. 3) A propos de toutes les cales (bateaux sollicitant des manivelles pour tirer à terre), pour trois jours 0,50 N.F. ; à partir du quatrième jour 1 N .F./jour, si ceux-ci se trouvent dans la zone de travail. 4) En ce qui concerne les bateaux ne se servant pas de treuils, pour trois jours 0,50 N.F. ; à partir du quatrième jour 0,50 N.F./jour (Ken Nicolas, vol. 2, p. 109).

1963 – 22 janvier : FIN DE LA VISITE EN FRANCE DU CHANCELIER ALLEMAND ADENAUER. Signature d’un traité de coopération franco-allemand. Les mesures les plus spectaculaires sont, du point de vue militaire, la promesse de rapprocher les doctrines et d’intensifier les échanges et, en ce qui touche l’éducation, un effort pour promouvoir la langue du partenaire et favoriser les échanges parmi la jeunesse.

1972 – 22 janvier : DANEMARK, ROYAUME-UNIS, IRLANDE ET NORVÈGE INTÈGRENT LA C.E.E. – A Bruxelles, signature des traités d’adhésion des nouveaux membres de la Communauté Économique Européenne (CEE) (Danemark, Royaume-Unis, Irlande, Norvège).

1988 – 22 janvier : PARIS-DAKAR – Le Finlandais Juha Kankkunen, sur Peugeot 205, et l’Italien Eric Orioli, sur Honda, remportent le Paris-Dakar (Chronique du XXe s.)

1990 – 22 janvier : TGV PARIS-BRUXELLES – Feu vert pour la mise en circulation du TGV en Belgique. La ligne Paris-Bruxelles sera ouverte en 1995.

1992 – 22 janvier : 1500 VICTIMES à HAÏTI – C’est le chiffre, selon Amnesty International, de victimes dues à la violence politique régnant à Haïti depuis septembre 1991.

1993 – 22 janvier : GUERRE DANS L’EX-YOUGOSLAVIE – Les Croates lancent une offensive contre la Krajna sur la côte dalmate, région croate dominée par la minorité serbe. La bataille durera jusqu’au 22 février.

1994 – 22 janvier : MORT A PARIS DE JEAN-LOUIS BARRAULT – Acteur, metteur en scène et directeur de théâtre, il était entré à la Comédie française en 1940 dont il devient sociétaire en janvier 1943. En 1968, il ouvrit le théâtre de l’Odéon aux étudiants qui l’occuperont pendant plus d’un mois. André Malraux ne lui lardonna pas ce geste et Jean-Louis Barrault fut obligé de quitter le théâtre avec sa compagnie pour s’installer dans une salle de catch, l’Elysée-Montmartre, avant de planter ses tréteaux dans l’ancienne gare d’Orsay qu’il transforma en théâtre.

1995 – 22 janvier : ATTENTAT A TEL-AVIV – Un double attentat, revendiqué par le Jihad islamique, fait 19 mort à Tel-Aviv.

1996 – 22 janvier : DU NOUVEAU DANS LA POLICE FRANÇAISE – Pour la première fois dans l’histoire de la police, une femme, Martine Monteil, prend la direction de la brigade criminelle.

1998 – 22 janvier : DES MINEURS DE CHOC EN ROUMANIE – « De Rimnicu Vilcea, 22 janvier : L’état d’urgence est levé, la marche des mineurs sur Bucarest est arrêtée. Arrivés hier soir à Rimnicu Vilcea, à 150 km au nord-ouest de la capitale, les 15 000 mineurs étaient partis mardi de la vallée du Jiu. Ils exigeaient que leurs salaires soient augmentés de 35% et que les projets de fermeture de mines soient retirés. Le gouvernement a accédé à toutes leurs revendications ». Rappelons toutefois que le 17 février suivant, Miron Cozma, le leader des gueules noires, figure du nationalisme roumain, sera arrêté après avoir été condamné deux jours plus tôt à 18 ans de prison pour avoir « sapé l’autorité de l’Etat.

2007 – 22 janvier : HOMÈRE ET ULYSSE (YVES COPPENS, CHRONIQUE DU 22 JANVIER 2007) « Homère. Sur les traces d’Ulysse » est le titre d’une exposition à la bibliothèque nationale de France. C’est un titre qui fait évidemment rêver à ces histoires fantastiques dont la mythologie grecque est si riche. Homère a probablement vécu entre 800 et 700 avant Jésus-Christ, et il a probablement repris un certain nombre de récits épiques anciens pour les réunir sous les noms de Y Iliade et de l’Odyssée. Ces histoires étaient sans doute des histoires populaires, seulement racontées. Elles évoquent des royaumes de l’âge du bronze, antérieurs donc de quelques centaines, peut-être de quelques milliers d’années, à la naissance d’Homère. L’Iliade compte 15 537 vers et L’Odyssée 12 109. Je l’ai noté, car cela m’a amusé !
Ce sont des œuvres de grande portée, les plus vieilles d’Occident. Les textes sont, en effet, à l’évidence, destinés au plaisir des grands, mais aussi à l’éducation des petits, puisqu’on y trouve un mélange d’hommes et de dieux, de réel et de merveilleux. Aux enfants, ils offrent un apprentissage de la vie, en racontant le parcours d’une vie, celle par exemple d’un homme qui souffre, mais qui ose et ne perd jamais espoir. Et, cependant, le héros est parfois fragile ; il arrive qu’il se trompe, mais cela est aussi très instructif.
L’exposition commence à l’époque du royaume de Mycènes, au moment de l’histoire du cheval de Troie. Elle présente des vases, des amphores, des sculptures, des textes et puis des bas-reliefs, des gravures de cette époque mais aussi d’époques postérieures. Cette histoire a été en effet beaucoup racontée dans les siècles qui ont suivi, y compris à l’époque chrétienne. Et cela se poursuit puisque, aujourd’hui encore, on en parle. Le premier film que j’ai conseillé dans la série des « paléo-fictions » s’appelait tout de même L’Odyssée de l’espèce !…

EN DIRECT DE NOS ARCHIVES.

SANARY-SUR-MER – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et ÉDIFICES. 167e livraison :

Le 4 juin 1352, Jeanne, reine de Naples et de Sicile, comtesse de Provence, confirma Bertrand de Marseille dans la possession de son fief par un acte dit « Inféodat d’Ollioules ». Voici un passage de cet acte :] « … estimant que notre fidèle Bertrand de Marseille, seigneur d’Ollioules, est digne des plus grandes récompenses et, en toute connaissance de cause, nous lui donnons, remettons et désemparons, à lui et à ses hoirs et successeurs de l’un et l’autre sexe, quels qu’ils soient et à perpétuité, savoir tout ce que nous avons et possédons au lieu d’Ollioules et dans son district, situés dans notre Comté de Provence ; et tout ce que notre cour royale a, tient et possède en ce qui concerne les hommes et les vassaux et aussi la justice basse et mixte, la juridiction des arrières fiefs, les cens, les services, les lods et trezains, les mouillages et épaves jusqu’à quatre milles du rivage seulement, ainsi que les régales tant de la mer que de la terre et les eaux courantes, les leydes, les marchés, les fours et moulins et tous les autres droits quels qu’ils soient, appartenant ou revenant à nous et à notre cour royale, en quelque façon que ce soit, sur le lieu d’Ollioules ou de tout son district et la mer et son terroir… » [C’est une confirmation sans équivoque de la propriété du terroir d’Ollioules et de son rivage Saint-Nazaire qui est ainsi accordée à Bertrand de Marseille des Comtes de Vintimille (Place A., Ribot H., Rotger B., 1982. MS à la bibliothèque de la Chambre des Députés – Paris).

MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS – 367e livraison :

1376 – 2 octobre : Le pape Grégoire XI embarque à Marseille.

1380 à 1386 : La guerre d’Union d’Aix (Baratier Edouard – Histoire de la Provence, publiée sous la direction d’Edouard Baratier, par M. Agulhon, Edouard Baratier, A. Bourde, M. Escalon de Fonton, P. Guiral, J.-R. Palanque, L. Pierrein, F. Reynaud et M. Vovelle, Toulouse, Privat éd. 1969) : de ses quatre maris, la reine Jeanne n’avait eu que des enfants morts en bas âge ; le problème de sa succession s’avérait difficile. Son neveu et plus proche parents, Charles de Duras, lui vouait une haine implacable. Sur les conseils du pape Clément VII, le 29 juin 1380, elle adopte pour héritier du trône Louis d’Anjou, frère du roi de France Charles V, mais la mort de ce dernier empêche le prince de venir rapidement au secours de sa mère adoptive. Excommuniée par le pape italien Urbain VI, la reine Jeanne tombe aux mains de Charles de Duras qui s’empare du royaume de Naples.

Ces événements ont des répercussions en Provence où Louis d’Anjou est accueilli avec réticence en raison des guerres qu’il avait menées dix ans auparavant contre les Provençaux alors qu’il gouvernait le Languedoc pour le compte de son frère. Au début de l’année 1382, le duc rassemble à Avignon les troupes levées après bien du retard pour passer en Italie et délivrer la reine prisonnières. Les Etats de Provence réunis à Apt sont loin d’être unanimes en sa faveur ; il a l’appui des Marseillais, intéressés par la fourniture de bateaux et d’équipements destinés à l’expédition, mais d’autres villes lui restent hostiles. Charles de Duras, à l’annonce de la prochaine arrivée de l’armée du duc Louis d’Anjou, se débarrasse de la Reine Jeanne qui meurt étouffée dans une forteresse des Apennins. Pendant que Louis poursuit en Italie du Sud des opérations militaires difficiles, la nouvelle de  la mort de la Reine se répand en Provence où elle provoque une véritable guerre civile. Le pape Clément VII soutient le parti Angevin appuyé par le sénéchal Foulque d’Agoult et la ville de Marseille ; Aix, au contraire, prend la tête d’une union favorable à Charles de Duras. La guerre fait rage entre le Rhône, la Durance et l’Etang de Berre. La confusion est à son comble lorsqu’on apprend la mort de Louis 1er décédé à Bari le 21 septembre 1384 sans avoir pu prendre un avantage décisif sur son rival.

L’installation définitive de la seconde maison d’Anjou est due à l’initiative et à la persévérance de la reine Marie de Blois, veuve de Louis Ier. Tutrice de son jeune fils Louis II à peine âgé de sept ans, elle vient s’installer à Avignon auprès du pape Clément VII tout dévoué à la cause angevine. Au début, elle n’a avec elle qu’un petite armée de 400 lances, mais très habilement, en distribuant à bon escient de l’argent et des privilèges, elle gagne des partisans. En mai 1385, aux Etats réunis à Apt, elle confirme les libertés du pays et reçoit l’hommage de plusieurs communautés et de la majorité des prélats. Peu à peu, elle obtient le départ des troupes françaises du sénéchal de Beaucaire et organise des tournées dans les villes qui ont reconnu comme comte son fils. La nouvelle de la mort de Charles de Duras, assassiné en Hongrie le 6 février 1386, démoralise ses partisans provençaux. La ville d’Aix cependant persévère dans son hostilité et le jeune roi n’y pénètre qu’à l’automne 1387.]

(M. Agulhon, N. Coulet, 1987) : Le temps des troubles. – Le retard de Louis d’Anjou s’explique, pour une part, par son désir de ne s’embarquer qu’une fois « asseuré des Provençaux », comme l’écrit son chan­celier Jean le Fêvre. Aux Etats d’Apt (16-17 avril 1382), les nobles et les prélats opinent unanimement en faveur du duc, mais les délégués des communautés se séparent sans conclure. Bien vite deux camps se dessinent d’un côté Marseille qui prend parti pour Louis d’Anjou par fidélité à Jeanne; de l’autre la majorité des villes du comté regroupées autour de la capitale dans l’Ùnion d’Aix. Une fois la mort de Jeanne connue (27 juillet 1382), cette ligue se déclare pour Charles de Duras. La guerre qui s’ouvre est un conflit entre villes où le campanilisme joue son rôle. C’est aussi un affrontement entre les villes, fortes de leur nou­veau poids politique et la grande noblesse provençale. C’est enfin un jeu diplomatique complexe en raison des ambitions françaises sur la Provence, qui se découvrent aux lendemains de la mort de Louis 1er en Italie (21 septembre 1384).

LA SEYNE-SUR-MER. 78e livraison :

La bataille de Malogineste. (Suite) A partir de cette comparaison entre le texte initial et sa dernière version, que dire de toutes ces affabulations dont les détails ont été ajoutés au cours des années ? Une fois éliminées les invraisemblances :

  • l’organisation féodale du Six-Fours du haut moyen-âge fortement teintée d’anachronismes avec ses château, castrum, bourg, bastides de la plaine, villes, mas et postes, associées à des manses, c’est-à-dire de grandes maisons de campagne, peuplés de manans, serfs et grangiers ;
  • les troupes locales avec les vigies du château, les Six-Fournais qui prirent les armes et descendirent de la colline ;
  • les Sarrasins, infidèles ou gens pagana, c’est-à-dire les  « barbaresques »  de l’époque,
  • l’incohérence des récits quant au lieu de débarquement : la plage de la Gardiole (proche du Brusc selon l’un, des Embiez selon l’autre) ou le rivage de La Seyne qui lui est diamétralement opposé,
  • l’absence de certitude quant aux destructions et aux objectifs des assaillants : ils firent irruption en terre de Six-Fours où ils dévastèrent les chapelles de Saint-Mandrier et de Saint-Honorat pour l’un mais ne tentèrent pour d’autres que de s’emparer du grand Castrum et de piller les bastides de la plaine ;
  • la référence à des chroniqueurs inédits et parfaitement inconnus qui auraient mentionné entre autres témoignages : la rencontre des deux troupes sur le chemin du Brusq, le quartier dit de « Malogineste » aux abords de la route du Brusc, celui de Barras, entre la R.N. 559 actuelle et le lieu-dit «le Grand-Camp », le port de La Seyne, la plage de La Gardiol proche l’île des Embers, Saint-Pierre (la collégiale),  le lieu-dit « Plan de la Boisque », proche du port de « Marzan » (Le Brusc)
  • le récit de la bataille et de la lutte qui fut chaude et meurtrière, les Sarrasins laissant de nombreux morts ainsi que des prisonniers aux mains de Six-Fournais avant de regagner leurs navires, contredit le texte de Denans qui ne mentionne qu’une razzia, les Sarrasins emmenant selon lui divers habitants dont un personnage de noble lignée, Pierre Daniel,…
  • les fluctuations de la date de cet épisode qui passe sans vergogne de 732 à 737 et  940, puis aux alentours de 950 ou 952, pour être très précisément attribuée au  premier août de l’an 950 ;
  • la dédicace apposée en 1861 sur la plaque de l’oratoire élevé au « Xème s.,

il y a la certitude que rien de tout cela n’est vrai et que tous ces récits ne se rapportent qu’à un texte créé de toutes pièces par Denans, notaire à Six-Fours qui a rédigé son manuscrit au tout début du XVIIIème, c’est-à-dire au moment même où, coïncidence ou acte délibéré,  était érigé le nouvel oratoire. A partir des textes de chroniqueurs inconnus de l’histoire qui auraient situé soit très précisément, soit approximativement,  le lieu du combat que dire de la date, entre 740 et le 31 août 950, ou d’un  castrum, d’un bourg et de bastides  qui n’existent pas encore au Xe siècle, ainsi que d’une gardiolle qui ne verra le jour qu’à partir du début de XIVème siècle, soit 400 ans plus tard  ? Que penser de pillards qui s’expriment en latin pour les uns, en provençal pour d’autres -cette dernière langue étant à peine en gestation-, et qui abandonnent leurs morts sur le champ de bataille mais trouvent le temps de les enterrer dans des sépultures « musulmanes caractéristiques » sur lesquelles un oratoire chrétien est érigé, détruit puis rebâti en 1710 ? Enfin, quelle valeur accorder à l’arrêt d’une « invasion » qui ne serait tout au plus qu’un coup de main comme on en connaîtra plus tard, et d’une victoire « décisive » qui n’a aucune commune mesure avec les coups de boutoir qui, en 931, 942 puis 972 annihilèrent les Sarrasins de Provence ? Une dernière question demeure : que seraient devenus les prisonniers sur une terre que les historiens postérieurs considèrent comme ayant été désertée par sa population ? Dès lors, il est totalement impossible de contrôler une donnée ainsi transmise quand aucun écrit ne vient corroborer ce qui s’est passé et rien ne permet de reconnaître ce qui est inventé de ce qui s’est réellement passé. Il serait aisé d’y voir un mythe, si celui-ci s’ancrait haut dans le temps. Mais il n’en est rien. Rappelons-nous que le mythe des origines raconte toujours une histoire sacrée, un événement qui s’est déroulé dans le temps primordial et a débouché sur l’existence du cosmos ou d’un de ses fragments. Etant le récit d’une création, le mythe est ainsi considéré comme une histoire vraie que prouve l’existence même du monde[1]. Cependant, pour la grande masse des récits traditionnels, nous sommes confrontés à la possibilité d’un noyau de vérité que seul un passage au crible de la critique peut aider à dégager. Le pessimisme malgré tout reste de mise quant à la réussite d’une telle démarche car la chasse aux anachronismes est un exercice souvent inutile et périlleux. En fait, et le plus souvent, ce sont les données archéologiques qui apportent le plus de sources primaires[2]

C’est à Arles que se trouve l’un des prototypes de ce récit, il nous est rapporté par Garcin : « En 850, les Sarrasins débarquèrent à l’embouchure du Rhône, et le remontèrent jusque près d’Arles… Mais voyant les habitants de la contrée s’avancer en bon ordre pour les combattre, ils jugèrent plus prudent de se rembarquer en toute hâte. A peine eurent-ils regagné leurs vaisseaux que la tempête les fit échouer sur la côte ; et tout ce qui avait échappé à la fureur des flots fut massacré par les gens du pays. »[3]

Toulon et Six-Fours appartenant dans l’Antiquité à la cité d’Arles et leur évêque étant suffragant de l’archevêque d’Arles durant le Moyen Age, il n’est pas illogique d’avoir adapté à la région toulonnaise des histoires se rapportant à la cité ou au diocèse, et transposé des récits que l’histoire nous a transmis, comme celui du sac et de la prise de La ville de Toulon par le roi de Majorque en 1178 qui emmène en captivité Hugues Geofroi, vicomte de Marseille[4], son neveu[5] et beaucoup d’autres[6].

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE.

A un copain qui l’appelle pour lui proposer de l’accompagner au cinéma, un ado répond :

-Il faut que je range ma chambre, que je fasse mes devoirs et que je dîne, je ne peux pas te retrouver avant dix minutes.

J’en ai terminé. Il est 21 h ce dimanche 21janvier !

Affectueuses pensées à Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber.

A demain, pour fêter les BARNARD !


[1] M. Eliade – Aspects du mythe, Gallimard, 1963.

[2] Finley M. I. – Démocratie antique et démocratie moderne. La Découverte 1990.

[3] Garcin, I, p. 91.

[4] et seigneur de Toulon

[5] Reforciat

[6] De Gérin-Ricard 1926 : A. chronique de Saint-Victor: Bibl. du Vatican, fonds de la Reine, n°123; a. Labbe, Nova bibliotheca manuscriptorum, t. I, p. 341; – b. Historiens de France, t. XII, p. 349; – c. Pabst et Pertz, Monumenta Germaniae historica. Scriptores, t. XXIII, p. 3; – Albanès et Chevalier, dans les Mélanges d’Archéologie et d’Histoire, t. VI, p. 319. Ce fait est confirmé par le Martyrologe de l’église de Toulon au 16 des calendes d’ Août 1178: Bibl. du Vatican, fonds de la Reine, n°540, fol. 89 v°; Bibl. Nat., lat. 11080, fol. 114; Albanès, dans les mêmes Mélanges, t. VI, note 1 de la p. 319; G. de Manteyer, Les légendes des saintes de Provence et le Martyrologe d’Arles-Toulon, dans les mêmes mélanges, t. XVII, p. 481: « Eodem die, presens civitas Toloni a Sarracenis destructa fuit, in qua trecenti christianorum et coamplios igne et gladio perierunt, currente tunc anno Dominice Incarnationis MCLXXVIII. » Parmi les prisonniers emmenés à Majorque se trouvaient sept chanoines de Toulon, dont Hugues de Trets et un prêtre du nom de Thomas, qui écrivit de Majorque une lettre souvent citée, publiée par Albanès, même ouvrage, p. 458. Ils ne furent libérés qu’en 1185. Papon mentionne qu’en 1178, les sarrazins massacrèrent 300 habitants. P.-A. Février et R. Boyer, Toulon avant le Royaume, Histoire de Toulon, p. 22, « Le martyrologe d’Arles-Toulon, conservé à la bibliothèque vaticane, nous apprend que le 17 juillet 1178, la ville a été dévastée et que plus de 300 personnes ont péri par le fer et par le feu; ce que confirmèrent un bréviaire de Marseille et un manuscrit liturgique de l’église de Toulon. Cerains habitants furent faits prisonniers, tel ce captif qui fit donation d’une somme d’une livre à la cathédrale, ou le vicomte de Marseille, Hugues Geoffroy, et son neveu. Même si la destruction de 1178 fut partielle, il est certain que le ville eut de la peine à s’en relever, d’autant qu’elle fut à nouveau prise en 1197. Rappelons qu’avant 1125 Antibes avait été dévastée et qu’entre 1124 et 1130, le pape exhortait les provençaux à contribuer à la défense de la Tour de Lérins où les moines pouvaient trouver refuge ».

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