ÉPHÉMÉRIDES DU LUNDI 15 JANVIER 2024, 13e ANNÉE (n°4048).
ILLUSTRATION. La solitude de l’auto-stoppeur de fond (1968, H. Ribot).
LES FÊTES. Le 15 janvier, c’est la fête des REMI, du nom de l’évêque de Reims REMI (on prononce Rémi) célèbre pour avoir baptisé Clovis, le roi des Francs, après la bataille légendaire de Tolbiac. Tandis que Clovis n’était encore que le roi des Francs de Tournai, Remi a commencé de l’instruire dans la religion. Il écrivit au jeune roi encore païen : « Secourez les affligés, ayez soin des veuves, nourrissez les orphelins… Toutes les richesses de vos pères, vous les emploierez à libérer les captifs et à délier le lien d’esclavage ». Clovis fut le premier roi barbare à se convertir au catholicisme, les autres ayant choisi l’arianisme. Cela lui valut la bienveillance du clergé de la Gaule et lui permit d’imposer son autorité sur celle-ci et les pays rhénans.
REMI, célébré par l’Église le 15 janvier, est mort à 90 ans, vers 530, avec, selon le chroniqueur Grégoire de Tours, une grande réputation de charité !
De nos jours, on compte plus de 80 000 Rémi en France dont la moyenne d’âge se situe autour de 30-35 ans.
En Provence, selon Marcel Provence, il était autrefois de tradition de fêter ce jour-là saint MAUR « Né à Rome, fils d’un Sénateur romain, confié à saint Benoît, dont il devint le plus proche disciple, qui le nomma prieur du monastère du Mont Cassin. Envoyé en Gaule pour implanter l’Ordre, il aurait fondé un monastère sur les bords mêmes de la Loire près de Saumur en 542 (abbaye de Glanfeuil, actuelle abbaye de Saint-Maur, 49 Le Thoureil). Ses reliques furent transférées à Saint-Maur des Fossés (94) en 921. »
Le bréviaire romain dit : “MAURUS, nobilis Romanus …” et nous apprend que son père portait le nom grec d’Eutychius (de eutukhia = bonheur). La “Légende dorée” mentionne MAUR dans la vie de saint Benoît, et raconte un épisode auquel le bréviaire fait également allusion. Les “mauristes” ont marqué l’histoire des bénédictins français. C’était une congrégation placée sous le patronage de saint MAUR, approuvée en 1621 par le pape Grégoire XV.
Par jeu de mots (MORT, MAUR) saint MAUR était devenu le patron des Enterre-Morts marseillais. La fête se déroulait dans la chapelle des Grands Carmes.
Toujours selon Marcel Provence, dans le diocèse de Fréjus, le saint avait des protections particulières. Il guérissait les maux de jambes. A Barjols les futures mamans lui demandaient une heureuse délivrance. On leur prêtait jadis pour être placée dans leur chambre, la châsse du saint appartenant à l’église.
Le calendrier révolutionnaire a dédié à l’ÉTAIN ce 26e jour du mois de nivôse An II.

DICTON : Serment d’ivrogne, d’amour et de joueur, à tous les trois ne te fie que peu (Proverbes et dictons de Provence, Rivages)
PENSÉE. L’homme est né libre et partout il est en enfer (Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, I, 1,
EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHÈQUE, un jour, un livre.
Au sujet de Napoléon, puisqu’il est à l’ordre du jour dans pas mal de messages, je vais livrer quotidiennement un ouvrage de notre bibliothèque se rapportant à ce personnage historique :
Onzième ouvrage : Jean Tulard – La vie quotidienne des Français sous Napoléon, Hachette, 1978, 316 p. H 15798 B 6 5 A

Le Premier Empire ce n’est pas seulement Austerlitz, Iéna et Wagram, les amours de Joséphine ou les conspirations royalistes, c’est aussi la vie quotidienne d’un peuple de paysans qui ne découvre les horreurs de la guerre qu’à travers les bulletins de la Grande Armée ou le tirage au sort des conscrits.
De son côté, l’industrie demande son contingent de paysans voués à la prolétarisation urbaine. Paris, véritable Minotaure, dévore une quantité d’hommes aussi grande que celle que requiert l’interminable combat contre les coalitions européennes toujours renaissantes.
De nouvelles catégories sociales apparaissent, du notable à l’employé de bureau, un monde nouveau se met en place, celui de la bourgeoisie dont s’empare la comédie de mœurs, où s’illustrent Collin d’Harleville et Picard.
Citadins et campagnards sont les héros de ce livre avec les gens de la route, brigands et colporteurs, soldats et mendiants, une image du Premier Empire où Napoléon laisse la place à ses sujets : l’envers de la Légende en quelque sorte.
Jean Tulard enseigne l’histoire du Premier Empire à l’Université de Paris-IV et à l’École pratique des Hautes Études. De ses premiers articles dans la Revue de l’Institut Napoléon à sa thèse de doctorat (Paris et son administration, 1800-1830), ses nombreux travaux renouvellent notre vision de cette période, ils ont porté sur les sources (Bibliographie critique des Mémoires sur le consulat et l’Empire), les institutions (Lettres inédites de Cambacérès à Napoléon; Atlas administratif du Premier Empire), le Paris impérial (Nouvelle Histoire de Paris : Le consulat et l’Empire), la Légende (Le mythe de Napoléon), pour aboutir à la synthèse devenue classique de Napoléon ou le mythe du sauveur (1977) que complète, dix ans après, le Dictionnaire Napoléon (1987). Jean Tulard a reçu le Grand Prix national d’Histoire en 1977.
ÉPHÉMÉRIDES.

–1200 – 15 janvier : FONDATION DE L’UNIVERSITÉ DE PARIS à l’initiative de Philippe Auguste. Elle obtiendra du roi un statut officiel en 1215. Le texte en est rédigé par le légat pontifical Robert de Courçon. Son enseignement, tourné vers la théologie et l’analyse des textes anciens, sera à l’origine de la réputation intellectuelle de Paris.
–1208 – 15 janvier : DÉBUT DE LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOIS – Le 15 janvier 1208, le légat du pape, Pierre de Castelnau, est assassiné sur une route du Languedoc par un écuyer du comte de Toulouse, Raimon VI. Le pape Innocent III tire prétexte de ce drame pour lancer une croisade contre les Albigeois (ou Cathares)…
–1226 – 15 janvier : seigneurie de Marseille.
1. La ville de Marseille donna une maison, près des Accoules, payée 10 000 sous à Raimond de Conchis lorsqu’il acheta, le 15 janvier 1226, la part de seigneurie du Tholonée avec l’arbitrage du vicomte Raymond des Baux et d’Adalacie, sa femme. La commune affranchira Aubagne, Le Castellet, La Cadière et Ceyreste, et paiera à perpétuité à Hugues, sa femme et leurs successeurs une pension annuelle (note de Gérin-Ricard, 1926).
2. Confirmation par Alasacie [de Marseille], femme de Raimond de Baux, de la convention entre Spino de Sorresina, podestat de Marseille, et Raimond de Baux, vicomte, sa femme Alasacie et ses fils. pour la cession de leurs droits seigneuriaux sur Marseille..
3. Marseille Vente par Raimond de Baux, sa femme Alasacie et leurs fils Bertrand et Guillaume, à la commune de Marseille, représentée par Spino de Sorresina, podestat, et Ricaud, syndic, de leur part de juridiction sur la seigneurie, la ville et son territoire, pour le prix de 10.000 sous, payé par la cession d’une maison près de l’église des Accoules et une pension perpétuelle de 3.000 sous.
–1229 -11 et 15 janvier : Marseille. Donation à Saint-Victor, par Hugues de Baux, vicomte de Marseille, avec l’assentiment de ses fils Gilbert et Barral, de tous les droits sur la seigneurie de Marseille qu’il tenait de sa femme Barrale ; il en excepte les châteaux et bourgs situés hors Marseille. (acte 459 des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. :B. Saint-Victor, Petit Cartulaire, fol. 83. a. Guérard, n° 908. Ind. : D’ Barthélemy. Inventaire, n° 231, à l’année 1230. -— Albanès et Chevalier, Gallia . . . Arles, n.° 948).
–1258 – 15 janvier : lieu-dit de Marseille – Balma Maynart (charte aux archives municipales). Première mention de la Baume-Maynart, quartier rural des Aygalades (1872).
–1259 – 15 janvier : lieu-dit de Marseille – Mon Calv (charte aux archives municipales). Moncau : quartier rural, entre Saint-Barthélemy et Saint-Just.
–1324 – 15 janvier : lieu-dit de Marseille – Johannetum (charte aux archives de l’Evèché). Cap Janet – pointe qui s’avance dans la mer, quartier de Saint-Louis (1872).
–1325 – 15 janvier : LIEU-DIT DE MARSEILLE – Ressacum Canonice (charte aux archives municipales). Le Ressac – lieu-dit, quartier de Saint- Giniez, vers la jonction de l’Huveaune et de Jarret. Première mention : Ressac ad resclausam monacharum, XIe siècle (cartulaire de Saint-Victor, n° 37). Note : resclausa, sclausa, [resclauso] : écluse ; pêcherie formant barrage ; bassin d’élevage pour les poissons. (Levy 1909 ; Boyer 1980 ; Fourquin et Rigaud 1994).
–1387 – 15 janvier : Avignon – Donation par la reine Marie de Blois, tutrice du roi Louis II, à Jean Drogout, de tous les biens que possède à Puyloubier Jacques de Puyloubier. (Acte 705 des vicomtes de Marseille, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. De Gérin-Ricard : Ind. : Journal de Jean le Fèvre,éd. Moranvillé, p. 223).
–1439 – 15 janvier : Lo Pont. Pont des Béroards en 1872 – lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Saint-Marcel. Pont aujourd’hui détruit, qui se trouvait sur l’Huveaune, au lieu-dit Sauzet (1872). Autre mention pour l’année 1439 : Pont des Bernards, (acte aux archives de l’Evêché). Première mention : Pons inferior, 9 avril 1352 (acte notarié).
–1440 – 15 janvier : LIEUX-DITS DE MARSEILLE (acte aux archives de l’Évêché)
1. La Sauceda. La Sauzède – lieu-dit, quartier de Saint- Marcel. Première mention : Vallis de Sauzeto, 12 mars 1310 (acte notarié). Note : sause [saouvé, saouzé], sauset, sausiera : saule (salix alba L.), au bord de l’eau, dans les lieux humides. (Albert, Jahandiez 1908 ; Nouvel 1981).
2. Jaquet (acte aux archives de l’Evèché). Jaquet, quartier de Saint-Marcel, près de la Mirabelle.
–1450 – 15 janvier : Lo Pos de Balies, 15 janvier 1450 (registre aux archives de l’Evêché). Poux de Valier – lieu-dit, commune de Marseille, quartier des Camoins. Note : pos (pous, poux) = puits.
–1482 – 15 janvier : PALAMEDE DE FORBIN, GOUVERNEUR DE PROVENCE, REUNIT LES ÉTATS DE PROVENCE QUI LUI REMETTENT LE TEXTE QUALIFIÉ DE « CONSTITUTION PROVENÇALE » QU’IL JURE DE RESPECTER – Le 10 décembre 1481, Charles III d’Anjou, neveu du roi René, a testé en faveur de Louis XI. L’union de la Provence à la France fut proclamée le 29 à Aix, par le sénéchal et gouverneur Pierre de La Jaille, puis le 15 janvier 1482 par Palamède de Forbin, au nom de Louis XI, nouveau comte de Provence (Toulon, port royal). Le 15 janvier 1482, le gouverneur de Provence, Palamède de Forbin, réunit les États de Provence qui lui remettent peu après un texte qualifié de « Constitution provençale » qu’il jure de respecter. Ce document maintient l’identité du comté, ses institutions et sa procédure judiciaire au sein du royaume, et rappelle le principe de l’indigénat pour les offices publics où ne peuvent être nommés que les Provençaux (Lobrichon G. – Journal de la France et des Français,… p. 421). Ainsi, les états de Provence reconnaissent alors Louis XI comme comte de Provence (« Chronologie » dans Martin Aurell, Jean-Paul Boyer, Noël Coulet – La Provence au Moyen Âge, 2005). En 1482, Étienne Dolmet, premier syndic du port, de Toulon, reçoit à la tête du conseil de ville, Palamède de Forbin que Louis XI vient de nommer « gouverneur et lieutenant général de Provence» (Toulon, port royal).
–1484 – du 15 janvier au 30 mars : LES ÉTATS GENERAUX D’OC ET D’OIL SE REUNISSENT POUR LA PREMIÈRE FOIS à l’initiative de Louis d’Orléans ; ils s’achèvent sur un consensus national du peuple –noblesse et bourgeoisie-, et un renforcement de l’autorité royale (Lobrichon G. – Journal de la France et des Français,… p. 426).
–1593 – 15 janvier : Lieu-dit d’Allauch – Bureau des Bourdonnières, où l’on fait recette des droits de la table de la mer et des droits de douane (archives d’Allauch). La Bourdonnière – ferme, quartier de la Fève (1872). Première mention : Bordoneria le 22 avril 1304 (acte notarié). Note : bordo = ferme, métairie, mas (Levy 1909 ; Mistral 1890).
–1637 – 15 janvier : Les religieuses Bernardines, cisterciennes réformées, (ordre suivant la règle de St Benoît , communauté de prière de simplicité et de silence) fondent à Marseille un premier couvent au quai de rive neuve, sur le domaine du « jardin du roi ».
–1651 – 15 janvier : LES FAUSSES INSCRIPTIONS DU VIEUX SIX-FOURS –
Remy Vidal, 1895 : « On donne pour preuve à l’appui de l’existence de St Pierre de Six-Fours au IVe siècle, une inscription gravée à l’angle du bras de croix nord, détruit au XVIIe siècle, et recueillie par Guilhem Colomb, chanoine de la Collégiale de Six-Fours, dans un manuscrit en date du 15 janvier 1651. Guilhem Colomb relate dans cet écrit, qu’un de ses aïeux, notaire à Six-Fours, lui a affirmé avoir vu dans la vieille église une dalle tumulaire portant l’inscription suivante : « Je mets ma confiance dans le Seigneur. — Ci-gît. —Aldoflidus, prêtre du bourg de la basilique baptismale du divin, ou de Saint-Pierre apôtre, l’an du Christ 375″. Le meilleur argument dont on s’est servi jusqu’à présent pour prouver que celle église remonte aux premiers siècles du christianisme, c’est l’inscription suivante, gravée sur une pierre de l’angle sud de l’abside : « C C C LVIIII1S’ PETRUS ». Quand on examine attentivement ces caractères, au moyen d’un estampage soigneusement fait, on trouve une première ligne illisible, la date 359 à la deuxième ligne, et le nom de Saint-Pierre à la troisième. On reconnaît facilement que cette inscription a été retouchée à une époque bien récente et altérée pour les besoins d’une cause que nous n’avons pas à rechercher ici. Il nous suffira de dire que le mot S ‘ PETRVS ainsi que le nombre et les signes qui le précèdent ne sont que des sigles ou marques de tacherons. Ce n’est donc pas sur l’authenticité très contestable de l’écrit recueilli dans le manuscrit de Guilhem Colomb, ni sur l’inscription altérée dont nous venons de parler qu’on peut fixer une date à ce monument. » Rémy Vidal, tout en critiquant deux des trois inscriptions de la collégiale (la troisième n’est pas évoquée), n’ose pourtant pas prononcer le mot de faux ; la première inscription, l’épitaphe d’Aldofidus, lui paraît « très contestable », mais sans plus de précision ; il juge la deuxième inscription « très altérée pour les besoin d’une cause que nous n’avons pas à rechercher ici » (quel manque de curiosité !). Il ne conteste d’ailleurs pas l’existence de cette inscription, mais sa transcription : pour lui S Petrus et la date seraient en réalité des marques de tacherons : une interprétation bien peu crédible ! (Cité par Antoine Peretti et Vincent Jacob, n°13, 2010).
Victor de Gaudemaris, 1909 : « …On fait remonter l’origine de la basilique romane au quatrième siècle. Sur quoi se base-t-on ? Ghilhem Colomb, chanoine de la collégiale de Six-Fours, dans un manuscrit daté du 15 janvier 1651, relate qu’un de ses aïeux, notaire à Six-Fours, lui a affirmé avoir vu, dans la vielle église une dalle tumulaire portant l’inscription suivante : je mets ma confiance dans le Seigneur. Ci-gît Andolfius, prêtre du bourg de la basilique du divin ou saint Pierre apôtre l’an du Christ 375. Il est fâcheux que l’on n’ait pas transcrit l’inscription telle quelle, c’est à dire en latin, avec la date gravée suivant l’usage de son temps. On aurait pu alors fixer une date certaine à ce document qui acquerrait une tout autre valeur qu’une simple relation. […]; L’inscription (celle de S Petrus), supposée de l’an 358, est sur trois lignes : La première est entièrement illisible, la seconde presque autant et il faut avoir beaucoup de complaisance pour lire S.Petrus à la dernière. On ne peut s’attacher à la lecture de caractères mal gravés ou plutôt non existants. On a cru aussi que ces lettres étaient des sigles : mais l’on doit remarquer que l’on n’en trouve pas dans les autres parties des murs à l’intérieur ni à l’extérieur. L’inscription et la relation ne paraissent pas des preuves suffisantes pour faire remonter l’origine de l’église au IVe siècle. » V. de Gaudemaris ne dit mot de l’inscription dite du cimetière. Il cite bien l’épitaphe d’Adolfidus, mais soutient qu’il n’en a eu connaissance que par une simple relation et non pas par l’inscription latine originelle qui aurait permis de lui attribuer une « date certaine »; Pourtant, si l’inscription latine est absente de l’article Garrel/Arnaud, elle se trouve bien dans les « Annales… » de Garrel/d’Audiffret que Victor de Gaudemaris cite abondamment. Quant à l’inscription S.Petrus, il la trouve illisible. Cette approche lui permet de ne pas se prononcer sur la fausseté des inscriptions en question, même si elles ne lui paraissent pas des « preuves suffisantes » (Antoine Peretti et Vincent Jacob, n°13, 2010).
–1651 – 15 janvier : La Condamine (registre de l’Ecrit.). La Condamine – lieu-dit, commune de Marseille, vers la jonction de Jarret et de l’Huveaune. Première mention : Condamina, juillet 1076 (cartulaire de Saint-Victor, n° 87). Note : condamina, condamine : petite exploitation faisant partie de la réserve seigneuriale (Dufournet 1978). Aux XIIe et XIIIe siècles, le terme désigne normalement une ancienne directe seigneuriale cultivée (Boyer R., 1980). Guillaume de Néoules, mentionné en 1247-1252 possède avec son frère à Néoules, 1/8 du fourrage, 1 condamine, 1 terre, 1 pré, et comme redevances : 1 séterée d’annone et 1 d’orge, id. en espèces (de Gérin-Ricard, 1926). Renvoie à domus / dominus.

–1683 – 15 janvier : UN ARRÊT DU PARLEMENT D’AIX PRÉCISAIT « LES RUES SERONT TENUES PROPRES DEVANT LES MAISONS PAR LEURS HABITANTS… DÉFENSE D’Y FAIRE DES TAS DE FUMIER, D’Y DEPOSER DES ORDURES ET DE PROCÉDER A DES JETS DE NUIT… » (Marius Autran, vol 1). Pour ce qui est de notre ville (La Seyne), chaque maison possédait sa fosse à purin et à fumier, sa « sueillo » ; on voit les inconvénients d’un pareil système, surtout à la saison chaude et bien que les artères seynoises fussent généralement assez aérées par la présence de nombreux enclos et jardins garnis d’arbres. Cependant, une réglementation abondante, établie par les conseils des communautés locales et par le Parlement de Provence, était fréquemment rappelée aux populations mais les particuliers, obéissant à des usages invétérés, les négligeaient trop souvent. Entre cent prescriptions, on peut citer, à ce sujet, l’arrêt suivants : celui du 15 janvier 1683 qui disait : « Les rues seront tenues propres devant les maisons par leurs habitants ; défense d’y faire des tas de fumier et d’y déposer des ordures, de procéder à des jets de nuit — les fameux « passo-rès » de nos anciens — et obligation de tenir dans les immeubles des «lieux convenables » (Louis Baudoin, 1965, p. 212).
–1701 – 15 janvier : LIEU-DIT DE MARSEILLE – La Condamine (registre de l’Ecritoire). La Condamine – lieu-dit, vers la jonction de Jarret et de l’Huveaune. Première mention : Condamina, juillet 1076 (cartulaire de Saint-Victor, n° 87). Voir ci-dessus, 1651.
–1719 – début d’année : LE GOUVERNEMENT ROYAL PROCÉDAIT, LE CAS ÉCHÉANT, A DES LEVÉES DE VOLONTAIRES DESTINES A SERVIR POUR UNE DURÉE DETERMINÉE – En vue d’alléger les charges des communautés découlant de l’entretien des milices et, d’autre part, de subvenir aux besoins des renforts exigés par les armées en opérations, sur des théâtres extérieurs ou non à la province, le gouvernement royal procédait, le cas échéant, à des levées de volontaires destinés à servir pour une durée déterminée. Des levées ou des tirages au sort furent ainsi effectué pendant le XVIIIe siècle pour le recrutement des troupes royales, celui des canonniers garde-côtes de Basse-Provence, ainsi que pour les équipages des vaisseaux du roi (maistrance et matelot provenant des classes de la marine du département de Toulon. C’est ainsi qu’au début de 1719, la municipalité seynoise reçoit notification d’une ordonnance royale, datée du 15 janvier, prescrivant la levée de 23.400 hommes de milices dans les provinces du royaume, à diviser en 39 bataillons de 600 hommes chacun, à 10 compagnies de 60 hommes. Cette ordonnance de 1719 contient des précisions intéressantes sut l’organisation militaire d’autrefois et sur les obligations auxquelles nos pères avaient à faire honneur. « Les hommes, dit l’ordonnance en cause, destinés à cette levée sont à choisir par la communauté de La Seyne. Ils seront pris parmi les célibataires de la paroisse, âgés de 20 à 40 ans, ayant 5 pieds de taille, en état de bien servir. A défaut, il sera choisi des hommes jeunes, mariés, de l’âge et de la qualité indiqués ci-dessus. « La paroisse (la commune) fournira l’habillement qui sera : — pour les sergents : l’habit de drap ; — pour les soldats : un surtout de gros coutil ; une culotte de même, des guêtres de toile, un chapeau, une paire de souliers, deux chemises avec leurs cravates, un havresac. « Pour cela, la paroisse (la commune) remettra entre les mains des agents commis par l’intendant la somme de 25 livres pour l’équipement de chaque sergent et soldat. Sa Majesté se charge de la subsistance et de l’armement (fusil, baïonnette) à rendre à la fin de la campagne.» (Louis Baudoin, 1965, p. 253)

(Sanary, chapelle de Sainte-Trinide en 1999. Cliché H. Ribot).
–1737 – 15 janvier : TRANSCRIPTION DE L’ACTE DE SÉPULTURE DE CATHERINE IMBERT en date du 15 janvier 1737, gardienne de la chapelle de Sainte-Ternide au quartier de Saint-Nazaire (Sanary) et inhumée dans la dite chapelle. Demoiselle Catherine IMBERT fille de feu Michel, Bourgeois du lieu d’OLLIOULES et de feue Marie GARJAN munie de tous les sacrements requis aux malades est décédée dans sa maison de campagne son domicile ordinaire située au quartier de SAINTE-TERNIDE le quinzième Janvier 1737 âgée d’environ soixante et quinze ans, et a été inhumée dans la chapelle du susdit quartier de Ste TERNIDE. Conformément à ses dernières volontés et avec la permission des supérieurs obtenue par Messire MARTELLY prêtre et secondaire de la paroisse d’OLLIOULES. Témoins Messire SOLEILLET prêtre chapelain de l’Eglise des Pénitents Blancs de ce lieu et Laurens AUGI^R fils de Claude de ce lieu et clerc de la paroisse soussignés avec nous. L. ALGIER SOLEILLET prêtre, VITALLIS Curé.
Nota: Catherine IMBERT était née à OLLIOULES le 25 Février 1662 (GG.N°t Baptêmes. Registre de 3 actes de 1650 à 1664, aux archives d^011ioules.
Observations : Si les églises principales, dites « Succursales » sont sous l’autorité du curé du lieu ainsi qu’il en est pour Ollioules et Saint-Nazaire depuis 1692, les chapelles de ces deux lieux sont sous l’autorité du sacristain de la cathédrale de Toulon et, par délégation, du curé d’Ollioules pour les deux paroisses. Il en est ainsi pour la chapelle des Pénitents blancs d’Ollioules, de Saint-Nazaire, ainsi que pour Notre Dame de Pitié et ici de Sainte Ternide.
–1740 – 15 janvier : POSSESSIONS DE LA CHARTREUSE DE LA VERNE DANS LE TERROIR DE BORMES D’APRÈS LA DÉCLARATION AU PAPIER TERRIER FAITE PAR LA COMMUNAUTÉ (notaire Giraud, à Hyères). En franchise de taille : une terre au quartier de Saint-Pons, de 2 charges 5 panaux ; plus une autre terre au même quartier, de 3 panaux ; encore une terre d’une charge 6 panaux au dit quartier ; plus un pré de 2 panaux au quartier de Bessaret ; une terre à la Catalane, de 6 panaux ; une autre terre au quartier du Pont de 5 panaux. Biens roturiers : une bergerie découverte en partie ; un verger d’arbres fruitiers et de châtaigniers au quartier de Landon, de la contenance de 3872 cannes, et un essart au même quartier de 3 charges, 5 panaux en semence (Maurel M., 1974).
–1757 – 15 janvier : Conclusion du rapport des experts sur les terres gastes d’Ollioules – de nombreux empiètements ont été faits et il convient de faire le nécessaire pour qu’elles soient restituées à la Communauté extrait de collocation en date du 15 janvier 1757, fait à la requête d’André Rey, négociant à Toulon, receveur des tailles d’Ollioules, contre Joseph Pons, d’une terre aux Esqueiries, territoire d’Ollioules où il y avait un petit bâtiment ruiné, 17 petits et mauvais oliviers, le surplus en bois sauvage (Castellan E., 1937, p. 265-266). Note : gast, gaste ; gatuna : 1) nom : terre inculte, lieu dévasté, endommagé ; 2) adjectif : désert, abandonné, dévasté, inculte. Du latin vastare, ravager, issu du germanique wast, désert. Synonyme de veire (vetus). (Billy 1981 ; Dauzat 1951 ; Fourvières 1902 ; Levy 1909 ; Mistral 1890). A donné Marseilleveyre. Origine germanique médiévale. Cf. terre gaste
–1765 – 15 janvier : LIEU-DIT DE MARSEILLE – Vallon des Mourens (registre de greffe de l’Ecritoire, archives municipales de Marseille). Barre d’Avesque – propriété, quartier. de Château-Gombert. Première mention : Affar de l’Evesque le 16 septembre 1595 (acte aux archives de la Major). Note : afar, affare, afaire, affaire : terre dépendant d’un fief (Maurel M.) ; le bien avec toutes ses affaires (Mistral 1890) ; propriété rurale (Levy 1909). Aux XIIe et XIIIe siècles, l’affar peut consister en un ensemble de biens immobiliers, de droits et de services appartenant à un seigneur, ou simplement en une tenure ou une terre (Boyer R., 1980). Au XVIIe siècle, affaire se dit quelquefois de la fortune, des biens d’une personne (Furetière).
–1789 – du 15 janvier au 4 mars :
1. LA FRANCE EST DIVISEE EN QUATRE-VINGT-TROIS DÉPARTEMENTS (DÉCRETS DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE DES 15 JANVIER, 16 ET 26 FÉVRIER 1790, LETTRES PATENTES DU ROI DU 4 MARS) (Louis Baudoin, 1965, p. 313). Le 22 décembre 1789, la Constituante, par un décret sanctionné le 26 février 1790, divisa le territoire français en départements, en districts et en municipalités. Les Français étaient régis par les mêmes lois et les particularités de la Provence disparaissaient dans le creuset national. La Provence fut divisée en trois départements. C’était donc la condamnation du parlement de Provence dont la dernière séance eut lieu le 27 septembre 1790. Les protestations de Pascalis et d’autres leur coûtèrent la vie car ils furent pendus par la population d’Aix en décembre de la même année.
Les cantons du district de Toulon sont les suivants : Le Beausset (Le Beausset), La Cadière (La Cadière), Le Castellet (Le Castellet), La Garde (La Garde-La Valette) ; Saint-Nazaire (Saint-Nazaire – Bandol) ; Ollioules (Evenos – Ollioules) ; La Seyne (La Seyne – Six-Fours) ; Toulon (Le Revest – Toulon), d’après Barthélemy Rotger (1984, p. 272).
Aujourd’hui, il est devenu de bon ton de revendiquer la suppression de ces départements jugés trop petits bien qu’analogues en taille aux « cantons » suisses et aux « shires » anglais …
2. AGENDA DU BICENTENAIRE – JEUDI 15 JANVIER : La mer est toujours gelée, depuis La Rochelle jusqu’à l’île de Ré : les bateaux ne peuvent plus accoster. La Loire commence sa débâcle avec une crue de plus de dix pieds! Présage d’inondations désastreuses.
–1792 – 15 janvier :
1. DÉCISIONS DE LA MUNICIPALITÉ DU BEAUSSET RELATIVES AUX BANALITÉS DES FOURS ET AU TRIBUNAL DE POLICE – La municipalité du Beausset apprend que le sieur Segond Séderon a gagné son procès contre la commune dans l’affaire de la banalité des fours. Elle décide donc de proposer le rachat de la dite banalité pour s’en libérer, en offrant la somme de 33.444 livres 4 sols, soit une somme identique à celle que la commune l’avait vendue en… 1723 ! Le même jour, la municipalité du Beausset décide l’installation du tribunal de police correctionnelle dans la « salle située à l’angle nord-est de la maison commune » (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution Française). Rappel : banal, en termes de féodalité, est un adjectif qualifiant ce qui appartient au ban, circonscription du suzerain. Fours et moulins banaux dont les gens devaient se servir en payant une redevance au seigneur (Robert).
2. A PROPOS DES TERRES GASTES D’OLLIOULES – Castellan, 1937 : 15 décembre 1811 – Conclusion du rapport des experts sur les terres gastes d’Ollioules. Dans une délibération précédente, le Conseil municipal avait décidé de procéder, au sujet des terres gastes, à la recherche des pièces s’y rapportant et au tri et à la mise en ordre des archives communales. Ces archives en ordre, la Mairie avait suspendu le 10 mai 1810 toute réclamation.]
« Le Maire dépose ce jour 15 décembre 1811 sur le bureau du Conseil :
1° Le rapport-état, un tableau des envahissements présumés.
2° Les pièces produites par divers particuliers, savoir :
un extrait de collocation en date du 15 janvier 1757, fait à la requête d’André Rey, négociant à Toulon, receveur des tailles d’Ollioules, contre Joseph Pons, d’une terre aux Esqueiries, territoire d’Ollioules où il y avait un petit bâtiment ruiné, 17 petits et mauvais oliviers, le surplus en bois sauvage.
Un autre extrait de 1754, fait à la requête du dit Jean Rey, contre les hoirs d’André Gontard, sur deux terres situées au quartier des Esqueiries, à l’une desquelles il y avait 14 oliviers, 6 câpriers, jeunes pins et une vieille masure de bâtiment.
Par le sieur Marausse, d’une vente passée par le sieur Giboux, un extrait abrégé de la transaction passée entre la communauté d’Ollioules et le seigneur du dit lieu, le 11 décembre 1507.
Par M. Auban, en des observations par écrit avec un plan figuratif de sa propriété par le sieur Bérenguier.
Finalement, monsieur le Maire, président, dépose sur le bureau un autre extrait abrégé de transaction passée entre la commune d’Ollioules, les particuliers du dit lieu et les seigneurs du dit lieu, le 11 décembre 1507.
Le secrétaire donne lecture de toutes les pièces… après quoi un membre observe qu’il résulte des pièces … que les terres gastes situées au territoire d’Ollioules appartenaient autrefois au seigneur et qu’elles étaient séparées des terres des particuliers par une série de croix tirant de Levant à Couchant, qu’il y a trois siècles qu’il fut commis des empiètements sur les terres gastes par divers particuliers, les usurpations donnèrent lieu à un procès entre les seigneurs d’Ollioules et la Communauté du dit lieu et les particuliers ; le procès fut terminé par la transaction en date du 11 décembre 1507. Par cette transaction, il fut arrêté que les parties des terres qui étaient alors occupées et possédées par des particuliers resteraient aux mêmes particuliers sous la directe majeure, domaine et seigneurie, du dit seigneur, sans préjudice toutefois des droits de la Communauté et des avantages particuliers qui furent conservés de dépaître, couper des herbes, faire des fours à chaux, couper du bois pour construire des édifices et autres usages dans les parties non cultivées et de faire des fours à chaux seulement dans les parties cultivées. En conséquence, s’il y a lieu de laisser les choses comme elles étaient au moment de la transaction, il y a lieu de s’assurer si depuis cette époque de nouveaux empiètements n’ont pas été faits sur les terres gastes et faire le nécessaire pour qu’elles soient restituées à la Communauté » (Eugène Castellan, 1937).
–1793 – 15 janvier : L’ASSEMBLÉE A MAJORITÉ GIRONDINE CONDAMNE LOUIS XVI – Louis XVI est reconnu coupable par la majorité de la Convention dominée par les Girondins.
–1826 – 15 janvier : PARUTION DU PREMIER NUMÉRO DU « FIGARO » QUI EST ALORS HEBDOMADAIRE.
–1854 – 10 et 15 janvier : ARMEMENT MARSEILLAIS – On peut imaginer les conditions atroces dans lesquelles devaient être entassés les passagers de 3e classe, et parmi ceux-ci les Arabes, quand on lit cette nouvelle du 15 janvier 1854 annonçant que le Languedoc, parti de Marseille le 10, a dû gagner la côte d’Espagne en raison du mauvais temps et que « deux passagers arabes sont morts pendant la traversée de fatigue et d’épuisement » (Akhbar, 15 janvier 1854). Il est vrai que les tempêtes hivernales étaient particulièrement redoutables ; ces premiers navires étaient ballottés comme des coques de noix, au point que les passagers, après l’épreuve, en concevaient un dégoût profond.
–1864 – 15 janvier : Échouage de la goélette l’Emma, dans le golfe de Fos. Ce navire, commandé par le capitaine Magnan, connu pour ses hardiesses et ses aventures, était parti de Marseille le 14 au soir pour un voyage d’exploration sur le cours du Niger. Le sinistre fut horrible ; l’équipage put se sauver à la nage, sauf un matelot nègre et le jeune Jean Décanis appartenant à notre ville et qui s’était embarqué en amateur pour ce périlleux voyage. Nota : l’Emma avait précédemment appartenu à M. Alexandre Dumas (Le Petit Marseillais, 1869/ Merci Chantal).
–1867 – 15 janvier : AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint au maire de Sanary – 15. Mardi. St Maur – Petite pluie dans la journée mais vers sept heures du soir, le vent a passé à l’Ouest, petite brise, et il commence à tomber de la neige. Cette chute continue une partie de la nuit.
–1880 – 15 janvier : Selon Bérenger-Féraud (Revue d’Anthropologie, 15 janvier 1880), les castellets « présentent deux variétés assez distinctes… Les uns sont constitués par un amoncellement de quelques pierres, de trois à une douzaine, disposées de telle sorte qu’elles forment une pyramide grossière… Les autres le sont par une seule pierre plus longue et que l’on a eu soin de placer dans une des cavités ou fissures que présentent les roches du sommet de la montagne, de manière à offrir un véritable menhir de petite dimension… » (cité par de Ribbe, 1898, p. 177, n 1). Selon Bérenger-Féraud (Revue d’Anthropologie, 15 janvier 1880), les castellets « présentent deux variétés assez distinctes… Les uns sont constitués par un amoncellement de quelques pierres, de trois à une douzaine, disposées de telle sorte qu’elles forment une piramide grossière… Les autres le sont par une seule pierre plus longue et que l’on a eu soin de placer dans une des cavités ou fissures que présentent les roces du sommet de la montagne, de manière à offrir un véritable menhir de petite dimension… » (cité par de Ribbe, 1898, p. 177, n 1).

–1882 – 15 janvier : ANTIQUITÉS DE PORTISSOL A SANARY – Rémy Vidal, 1882 : « Saint-Nazaire LES TOMBEAUX GALLO-ROMAINS DE PORT-ISSOL. Dimanche matin, 15 janvier, plusieurs personnes munies des instruments nécessaires pour faire des fouilles, se rendaient encore à Port-Issol, où ont déjà eu lieu les découvertes que nous avons rapportées. Après un examen attentif des lieux et quelques légers coups de pioche donnés de part et d’autre, on a pu constater la présence d’un grand nombre de tombeaux romains ; une vingtaine au moins, paraissent à fleur de sol par une ou plusieurs de leurs parties ; deux seulement ont été fouillés. De la première tombe, découverte et visitée jeudi dernier par MM. Mouton et Guichard, on a encore retiré deux briques tumulaires à rebord, portant intact la marque de fabrique “Mari”, imprimé en creux au milieu de plusieurs cercles concentriques, et deux urnes lacrymatoires parfaitement conservées, mais dont les goulots ont été brisés en partie en les enlevant, malgré toutes les précautions prises. On sait que les vases de cette espèce contenaient les baumes dont on arrosait le corps du défunt. On a encore trouvé quelques débris de fer oxydé qui paraissent avoir appartenu à une arme, mais dans un tel état de vétusté qu’il est impossible de reconnaître si c’était un poignard, une épée ou tout autre instrument. Du deuxième tombeau, distant d’environ 150 à 200 mètres du premier, on a retiré que des briques à rebords, toujours très grandes, et d’un modèle particulier. Elles portent des entailles qui permettent de les assembler par le haut, et qui les empêchent de tomber sur le corps qu’elles recouvrent. Les ossements que renfermait ce dernier tombeau étaient réduits en poussière blanchâtre. Il n’y avait là point d’urne, ni de monnaie, ni aucun de ces objets qu’on trouve ordinairement dans les sépultures antiques. Cette tombe est environnée de toutes parts de sépultures semblables que le peu de temps, dont on disposait pour les fouilles, n’a pas permis de visiter ; c’était peut-être là une fosse commune, et voilà ce qui expliquerait l’absence de tous autres objets. Dans tous les cas, le fait matériel, indiscutable, qui ressort de cette découverte, et que nous tenons à signaler, est celui-ci : il existe à Port-Issol un cimetière romain très important, qui mérite d’être visité par les savants et particulièrement les archéologues. En y faisant des fouilles méthodiques et bien dirigées, on y trouvera, , nous en sommes certains, une foule d’objets précieux pour la science et pour l’histoire de la localité. Chacun peut voir les urnes lacrymatoires trouvées dans le tombeau gallo-romain de Port-Issol ; elles sont exposées dans la vitrine de M. Michel, papetier et graveur, rue d’Alger, à Toulon » (Rémy Vidal, article paru dans le « Petit-Var » du Dimanche 22 janvier 1882).
–1905 – 15 janvier : CRÉATION DE LA « LIGUE D’ACTION FRANÇAISE » (Le Figaro du 16 janvier 1905).
–1907 – 15 janvier : DANS LE CADRE DE L’ENTENTE CORDIALE, LA FRANCE PREND EN MAIN LA DÉFENSE DE LA MÉDITERRANÉE OCCIDENTALE ET CONCENTRE A TOULON LA TOTALITÉ DE SES CUIRASSÉS – Le 15 janvier 1907, en application des premiers accords de l’Entente Cordiale, la France prend en main la défense de la Méditerranée occidentale et concentre à Toulon la totalité de ses cuirassés armés regroupés en deux escadres : la 1ère Escadre, armée à effectif complet et la 2ème Escadre ou Escadre de Réserve de la Méditerranée, armée à effectif réduit. Les Brennus, Charles Martel et Hoche composent désormais la 1ère Division de l’Escadre de Réserve. Le contre-amiral Germinet, plus ancien que le contre-amiral Kiesel, commandant la 2ème Division, assure le commandement de l’Escadre de Réserve. Pendant l’absence du vice-amiral Touchard, commandant la 1ère Escadre, le contre-amiral Germinet devient commandant de l’Escadre de la Méditerranée par intérim du fait de sa plus grande ancienneté. La 1ère Division poursuivant son rôle de division d’instruction avec ses écoles de spécialités : élèves officiers de la Marine Marchande, apprentis timoniers, apprentis torpilleurs, c’est la 2ème Division qui est chargée de remplacer avec l’un de ses cuirassés toute unité de la 1ère Escadre qui serait indisponible. Le 15 janvier également, Le 15 janvier, le Henri IV est placé en réserve normale sous les ordres du capitaine de vaisseau Archimbaud. Un mois plus tard, le bâtiment sera placé en réserve normale urgente. Dans le même temps, le vice-amiral Gijon s’embarque à bord du croiseur-cuirassé Léon Gambetta. Le lendemain, 16 janvier, le contre-amiral Kiesel, qui fut le deuxième commandant du Masséna, prendra le commandement de la 2ème Division de l’Escadre de Réserve de la Méditerranée (Gérard Garier).

(Le Creux-Saint-Georges, tableau personnel).
–1911 – 15 janvier : LA DEMANDE RELATIVE A L’ÉRECTION DE SAINT-MANDRIER EN COMMUNE DISTINCTE EST SOUMISE A L’ENQUÊTE RÉGLEMENTAIRE. Me Paul Juvenal, avocat à Toulon et oncle de M. Max Juvenal, a été désigné comme commissaire enquêteur. Une semaine plus tard, l’adjoint spécial informe les habitants de la section qu’à partir du 15 janvier courant et pendant 8 jours ils pourront venir consigner leurs observations concernant la demande d’érection en commune de la section sur un registre qui sera à leur disposition au bureau du secrétariat à l’hôtel de ville de la section, Cette question va déclencher une polémique car il y aura les réfractaires et les ardents partisans. On avance comme arguments que Saint-Mandrier, devenu commune de plein exercice ne pourra pas faire face aux dépenses qui lui incomberont car les recettes actuelles qui sont déjà déficitaires, se trouveront réduites d’un tiers. Les feuilles d’impôts si chargées déjà seront augmentées. La population devra se résigner à voir diminuer son éclairage, réduire son service des eaux. Pour que l’opération soit menée à bien il faut que les recettes correspondent aux dépenses futures. C’est pour cette raison qu’en 1854, 1866 et 1885 les demandes d’indépendance n’avaient pas abouti et pourtant à ce moment-là la démarche avait recueilli la majorité des habitants de la section. Saint-Mandrier n’étant pas une localité de rapport elle aurait tout intérêt à rester sous la tutelle de La Seyne. Les partisans de la séparation tiennent bon (Gisèle Argensse, 1989, p. 128.).
La demande relative à l’érection de Saint-Mandrier en commune distincte fut soumise en 1911 à l’enquête réglementaire. L’adjoint spécial informa les habitants de la section qu’à partir du 15 janvier et pendant 8 jours ils pourraient venir consigner leurs observations sur un registre mis à leur disposition au bureau du secrétariat à la mairie annexe. Le dimanche 26 mai, un arrêté préfectoral convoquait les électeurs de la section afin d’élire une commission syndicale chargée de donner son avis sur le projet d’érection de Saint-Mandrier en commune distincte. MM. Juvenal Paul, Dubard Bernard et Peyret Henri, tous propriétaires, furent élus. La commission se mit immédiatement au travail sous la présidence de M. Paul Juvenal. Sa préoccupation première fut de tracer la ligne de démarcation qui séparerait Saint-Mandrier de La Seyne par le milieu de l’isthme des Sablettes en comprenant dans la nouvelle commune, qui s’appellerait la commune du «Cros Saint-Georges», la petite agglomération de Saint-Elme. Les habitants de Saint-Elme, dont la destinée était liée au développement des Sablettes et de Tamaris, donc de La Seyne, protestèrent contre l’annexion de leur quartier à la future commune.
En 1913, les membres de la commission se rendirent à La Seyne où ils eurent une entrevue avec les membres du Conseil Municipal. Parvenu à ce point, on peut considérer que le travail des membres de la commission syndicale était terminé et qu’il ne restait plus qu’à attendre les événements. Un seul point de division ressortait de leur dossier : la délimitation des deux communes. Des arbitres nommés par la préfecture décideraient donc. Mais il était dit que la procédure, pourtant bien avancée, ne pourrait être conduite jusqu’au bout car le Préfet du Var avait d’autres chats à fouetter !
En 1913, on essayait l’efficacité des défenses de la presqu’île de Cépet qui connaissait un vaste déploiement de travaux sur les batteries ; on procédait à des exercices de mobilisation et l’hôpital était mis en alerte en prévision d’un conflit. La déclaration de guerre de l’Allemagne à la France le 3 août 1914 arrêta tout et fit enterrer pour la quatrième fois les espoirs de ceux qui voulaient vivre en commune indépendante de La Seyne (Henri Ribot, Cahier n°14 du patrimoine ouest varois, 2012).
–1915 – 15 janvier :
1. LE MIROIR N°62 DU 31 JANVIER 1915. EDITORIAL « LA GUERRE » : “VENDREDI 15 JANVIER.
“L’affaire de Crouy a été très chaude. Les Allemands qui avaient fait venir de gros renforts, n’ont pu nous arrêter à gauche, ni nous enlever nos positions au centre, mais à droite, devant Vregny, nous avons dû céder du terrain. Comme la crue de l’Aisne avait emporté des ponts et des passerelles, et qu’ainsi les communications entre nos troupes pouvaient être rompues, le commandement, entre Crouy et Missy, a ramené nos effectifs sur la rive gauche. De part et d’autre, les prisonniers ont été assez nombreux : ceux que nous avons faits appartenaient à sept régiments différents. On estime, au surplus, que cette affaire n’a qu’une valeur locale et ne peut influer sur l’ensemble des opérations.
“En Flandre, les troupes belges ont fait sauter, à Struyvakenskerke, une ferme qui servait de dépôt de munitions à l’ennemi. Dans la région de Lens, notre artillerie a procédé à un bombardement efficace. Près de Roye, nous avons bouleversé des tranchées allemandes ; en Champagne, nous continuons à désorganiser ou à prendre des tranchées, spécialement autour de Perthes.
“Des sous-marins ont paru devant Douvres. Mais, canonnés vigoureusement, ils ont plongé et abandonné leur entreprise.
“Un aviateur anglais a jeté des bombes sur les positions allemandes d’Anvers.
« La presse européenne commente abondamment le départ du comte Berchtold et son remplacement par le baron Burian, mais les interprétations de cet incident sont des plus contradictoires. »
2. REGISTRES D’ÉTAT-CIVIL DU CREUX-SAINT-GEORGES – Au cours de l’année 1914, il y a eu 37 naissances, 10 mariages, 12 décès au Creux-Saint-Georges et 160 à l’hôpital Saint-Mandrier (Gisèle Argensse, 1989, p. 145).
–1919 – 15 janvier :
1. ROSA LUXEMBURG ET KARL LIEBKNECHT SONT ASSASSINÉS DANS LEUR PRISON. Ex-animateurs du groupe révolutionnaire Spartakus, ils avaient fondé le 30 décembre 1918 le Parti communiste allemand et tenté d’importer en Allemagne la Révolution russe à la faveur des troubles consécutifs à la défaite de leur pays et à l’armistice. Ayant déclenché une grève générale, leur tentative de soulèvement est écrasée par le chancelier social-démocrate Friedrich Ebert au cours de la « Semaine sanglante » du 11 au 15 janvier 1919. Dans la foulée l’assemblée constituante allemande met mise en place une République parlementaire.
2. Armement marseillais – Il y a 103 ans, en quittant le quai de La Joliette à Marseille, le 13 janvier 1919, à destination du Pirée puis de Constantinople, les 660 passagers et membres d’équipage du paquebot « Chaouia », de la compagnie Paquet, ne pouvaient imaginer que le premier conflit mondial, achevé un an plus tôt, les poursuivrait jusque dans le détroit de Messine. C’est ainsi que dans la nuit du 14 au 15 janvier 1919, dix minutes après minuit, alors que le navire s’apprête à s’engager dans ce chenal à la réputation sulfureuse qui sépare la Sicile de l’extrémité de la « botte » italienne, une formidable explosion secoue sa structure. Son flanc avant bâbord vient de heurter une mine datant de la Grande Guerre. L’engin de mort a déchiré la coque entre les cales n° 1 et n° 2, défonçant leur cloison étanche et ouvrant une voie d’eau que les pompes ne peuvent étaler.
Le commandant Jean-Baptiste Calviès tente alors une manœuvre désespérée, mettant la barre à droite toute afin d’échouer son navire sur les hauts-fonds. Mais il est déjà trop tard. Le bateau sombre par l’avant avec une rapidité terrifiante et une inclinaison telle que seule une baleinière peut être mise à l’eau. Endormis à cette heure tardive, beaucoup de passagers trouvent une mort horrible, piégés dans leur cabine. La déflagration ayant mis hors d’usage son installation télégraphique, le Chaouia ne peut envoyer de SOS et les naufragés ne peuvent compter que sur eux-mêmes, surnageant dans les eaux froides de cette nuit hivernale. Des actes de bravoure vont cependant permettre d’épargner de nombreuses vies, notamment les actions du matelot Victor Heuzé qui sauve, à lui seul, 52 personnes, et du matelot Antoine Bévérini qui, aidé du premier lieutenant Gall, va arracher le commandant du navire à une mort certaine, avant d’aider plusieurs personnes à grimper sur un radeau et plonger à nouveau pour porter secours à une femme. Son geste lui vaudra de recevoir la Médaille d’honneur pour acte de courage et de dévouement. Par chance, la lueur de l’explosion a été aperçue par la vigie du vapeur anglais « Dagestan » qui fonce sur les lieux du drame. Il recueillera la totalité des rescapés, soit 184 personnes. Comme le raconte l’académicien marseillais et ancien commissaire de la marine Jean-Noël Bévérini, dont le matelot Antoine était le grand-oncle, longtemps après le drame, le commandant Calviès continuait de rendre visite à celui auquel il devait la vie. Les deux hommes se retrouvaient dans sa maison située chemin d’Endoume, au pied de Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille. Chaque fois, l’officier tentait de payer sa dette : « Antoine, demande-moi ce que tu veux. » Et son hôte, aussi discret que serviable, lui répondait invariablement : « Je n’ai besoin de rien, commandant… » (Sources : La Provence).
–15 janvier 1929 : PLAN-D’AUPS-SAINTE-BAUME – Eglise Saint-Jacques le Majeur : Inscription par arrêté du 15 janvier 1929 de la stèle romaine (fragment) située à l’entrée de l’église, sans inscription .
–1934 – 15 janvier : fin de la première partie de la refonte du porte-avions « BEARN » AUX FCM – LA SEYNE – Le porte-avions Béarn entre en grande refonte le 23 février 1934. Il est aux appontements du 24 février au 6 août, au chantier de la Seyne du 6 au 13 août, de nouveau aux appontements du 13 août au 13 novembre puis est conduit au poste de réparation des Forges et Chantiers de la Méditerranée, à La Seyne, ce dernier jour. Il y prend la place du cuirassé Bretagne et reste à La Seyne jusqu’au 15 janvier 1935. Le bâtiment sera au bassin à Toulon, du 15 janvier au 25 février puis retournera au chantier de La Seyne du 25 février au 1er juillet (Moulin Jean, Morareau Lucien, Picard Claude, 2001).
–1943 – 15 janvier 1943 :
1. REVENDICATIONS DE L’AXE EN TANT QUE DROITS DE LA PUISSANCE OCCUPANTE ! A Vichy, le 27 décembre 1942, le général Neubronn, inspecteur de la commission d’armistice, remet à l’amiral Abrial, secrétaire d’État à la marine, une note revendiquant pour l’Axe « Les droits de la puissance occupante ». La note se base sur le texte des accords d’armistice, et confirme que le gouvernement du Reich ne les dénonce pas. (…) Il entendra appliquer à la zone Sud toutes les prérogatives de l’article 3, c’est-à-dire la soumission entière des administrations françaises aux directives allemandes. Le gouvernement italien formulera les mêmes prétentions le 15 janvier 1943. La saisie des navires sabordés ou non à Toulon est par ce fait considérée comme accomplie. Un protocole est rapidement établi entre les alliés de l’Axe et va définir les modalités d’occupation des navires, en distinguant les épaves des bâtiments à flot : aux Allemands, les Condorcet et Océan comme casernes, Incomprise, Garonne, Henri Desprez et Firuz, ainsi que les bâtiments de servitude ; aux Italiens, les Strasbourg, Jean de Vienne, La Galissonnière, Tigre, Panthère, Lion, Trombe. Les épaves seront renflouées par des sociétés civiles engagées à cet effet. Vainqueurs par le hasard si ce n’est par le fait des armes, à Toulon, les Italiens s’emparent des navires et du matériel qui les intéressent : navires de combat, bâtiments de commerce, de pêche et même yachts sont saisis sans négociation aucune. Ils entreprennent le renflouement des La Galissonnière et Jean de Vienne, s’emparent des escorteurs intacts et s’intéressent aux sous-marins. Bientôt, certains bâtiments vont partir pour l’Italie Les protestations du Préfet maritime auprès de l’amiral italien Tur restent lettres mortes. Toutefois, il y aura quelquefois opposition entre les Italiens et les Allemands à ce sujet, car les activités de l’arsenal relèvent de ces derniers. Mais aucune concession ne sera obtenue de l’amirauté italienne qui écoutera hypocritement les doléances transmises par l’amiral Danbé, fera traîner les questions sans les repousser, en se retranchant derrière des ordres supérieurs invérifiables. Alliant à cela une évidente mauvaise fois, à bout d’arguments, ils se montreront nerveux et parfois cassants (Marc Saibène, Toulon et la Marine 1942-1944)
2. DU 15 JANVIER AU 10 MAI : RENFLOUEMENT DU CHASSEUR CH 4 – Le chasseur CH 4 ou Chasseur IV, construit aux Chantiers de Bretagne, mis en service en 1934, est relevé entre les 15 janvier et 10 mai 1943 après avoir été sabordé à Toulon le 27 novembre 1942. Sa réparation est confiée aux Forges et Chantiers de la Méditerranée de La Seyne pour la coque, et aux Forges et Chantiers de la Méditerranée de Marseille pour le moteur. Le 1er trimestre 1944, le navire est incorporé dans la Kriegsmarine sous le n° UJ 6077 appartenant à la 6ème flottille (Marc Saibène, Toulon et la Marine 1942-1944).
–1945 – 15 janvier : NOTRE MARINE EN MÉDITERRANÉE – L’aviso La Moqueuse est en grand carénage du 15 janvier au 25 avril 1945 suivi, au printemps (avril et mai) d’activités et de missions diverses entre Oran et Gibraltar (Gérard Garier).
–1946 – du 15 janvier :
1. Au Miougranier, CRASH d’un Dakota de la Royal Air Force(sources :baaa-accro, La Provence – Philippe Gallini, calancoeurs & Wikipedia) – Le 15 janvier 1946, par une météo neigeuse et très délicate, le Dakota IV, un avion Douglas C-47D de la Royal Air Force effectue une liaison entre Palerme et Londres avec à son bord des soldats britanniques libérés des camps d’internement japonais. Alors qu’il volait au-dessus des Calanques de Marseille à une trop faible altitude de 1 300 pieds, l’appareil s’est fait aspirer verticalement par la dépression d’air dans le vallon du Miougranier et a été détruit lors de l’impact. Le berger Louis Fine entendra le crash depuis les hauteurs des Goudes. Il tentera depuis Callelongue d’avertir les secours, mais en vain, le téléphone étant alors en panne. Il faudra 2h30 pour que les premiers secours puissent se rendre sur place. Arrivé sur le lieu du crash, les sauveteurs n’ont pu évacuer que trois passagers vivants, dont un gravement blessé, qui décédera quelques heures plus tard. Les 25 autres occupants seront retrouvés tués. Seuls réchapperont de la catastrophe les soldats Hamilton et Linney, dont ce dernier malgré de graves blessures ira chercher de l’aide après six heures de marche dans la neige et le froid au camp américain du Roy d’Espagne ! Une croix ainsi qu’une plaque situées dans le vallon du Miougranier rappellent aux randonneurs l’existence de ce terrible crash. Les familles des victimes sont invitées chaque année par l’association les Calancoeurs et le CIQ de Callelongue à se recueillir sur le site du crash puis au cimetière militaire de Mazargues où reposent les 26 anglais (4 membres d’équipage et 22 passagers).
2. NOTRE MARINE EN INDOCHINE – Au passage devant Bizerte le 19 janvier, l’aviso-dragueur « Commandant Bory » prend en escorte les quatre dragueurs Y.M.S. D311, D332, D338, D351 destinés à l’Indochine qui avaient appareillé de Toulon le 15 janvier. Il s’agit des futurs « Anémone », « Glycine », « Myosotis » et « Perce-Neige », dont le deuxième et le troisième seront coulés par le Viet-Minh et irrécupérables (Gérard Garier).

« Jeanne d’Arc » croiseur-école à son arrivée à Toulon le 11-03-1945.
–1950 – 15 janvier : CROISIÈRE DE L’ÉCOLE D’APPLICATION – Le 15 janvier, l’aviso « Commandant Delage » rallie le croiseur École d’application « Jeanne d’Arc » au large de la Guyane et lui sert d’annexe jusqu’au 21. Le 9 février, le « Commandant Delage » arrive aux Saintes.
–1951 – 15 janvier : NOTRE MARINE EN MÉDITERRANÉE – L’aviso « La Boudeuse » termine son grand carénage à Sidi Abdallah (Gérard Garier).
–1953 – 15 janvier :
1. NOTRE MARINE DANS LE PACIFIQUE – L’escorteur de 2ème classe « La Moqueuse » fait route, de Nouméa, vers les Nouvelles Hébrides. Il fait escale à Port-Villa le 15 janvier (Gérard Garier).
2. DE FÉVRIER A MARS, PARIS, ET LA FRANCE EN GÉNÉRAL, CONNAISSENT UNE GRANDE SÈCHERESSE DOUBLÉE PAR UN GRAND FROID (Herage / histoire climat 5). A Saint-Mandrier aussi il fait diablement froid en ce début d’année. Aussi, Fernand Rognone, boulanger-pâtissier à Saint-Mandrier, monte-t-il une équipe de jeunes footballeurs résidants quai Jean Jaurès ou aux alentours de la grande place. Un premier défi a été déjà lancé en direction du quartier d’en face : le quai Jules Guesde, voire le quai Séverine. Bon manieur de ballon, notre sympathique pourvoyeur en baguettes, croissants et autres gâteaux des dimanches n’a de cesse, depuis, d’entraîner ses petits camarades frigorifiés. Aujourd’hui, 15 janvier, à quatorze heures, sont convoqués au stade municipal : Fernand Lercari, Ajello, Jollin, D’Isanto, Paul Becchino, Andritsos I et II, Beaudouard, Bonal, Louis Quittat, sans oublier les remplaçants Revest et Beaudouard II. Les adversaires sont emmenés par Joseph Coppola (Ken Nicolas, vol. 1, p. 117.).
3. AGENDA DE GEORGES BRASSENS – Jeudi 15 janvier : séance de photographies au studio Guy Lormeau.
–1954 – 15 janvier :
1. CONTENTIEUX ENTRE PÉCHEURS ET MARINE NATIONALE – « En son temps, nous avons signalé que des remorqueurs de la Marine nationale laissent traîner, sans raison apparente, un câble qui occasionne de graves dégâts dans les cordes et les paniers de nos pêcheurs. Nous avions pensé qu’en signalant cet état de fait, les responsables allaient prendre toutes les dispositions utiles. Hélas, une fois de plus, on ne s’est pas penché sur ce problème. Les prud’hommes doivent intervenir sans tarder, certainement il est possible de trouver une solution. Que les auteurs se penchent sur cette importante question, en pensant que le métier de la pêche est très dur, en pensant que comme eux ces travailleurs de la mer ont droit à gagner leur vie, sans ce soucis constant » (Le Petit Varois du vendredi 15 janvier 1954). Ken Nicolas est bien placé pour parler des piades et du métier de piadier. En effet, son père, Adrien Nicolas, et son grand-père paternel, Hippolyte, ont exercé cette profession pendant une bonne quarantaine d’années à Saint-Mandrier. Les piades, ou pagures (nom usuel : bernard-l’ermite) vivent enroulées en spirale dans une coquille. Leur abdomen mou est utilisé comme appât pour la pêche. Comment les pêche-t-on ? Imaginez une corde longue de trois cents mètres environ, lestée à chaque bout par du plomb et terminée par un flotteur communément appelé « signal ». Toutes les deux brasses vient s’amarrer un panier de forme conique, ouvert du côté de la petite base (goulet). Le fond est bouché par un malon ou tomette. Ces nasses, tressées le plus souvent par le pêcheur à l’aide de canne, de blette ou de fil d’aluminium, reçoivent comme appâts (ou « esques ») du pain chimique spécialement conçu pour cette pêche (fourni à l’époque par la seule boulangerie Hernandez sise au quartier de la Vieille) ou des bigorneaux morts (« bious »). L’ensemble cordages-paniers est appelé « ton ». Son père en possédait deux calés dans la rade et trois plus au large, vers Sainte-Marguerite. Ken se souvient avec précision des sorties en mer sous son capitanat. Il lui octroyait neuf francs par jour pour tenir le rôle ingrat du matelot (Ken Nicolas, vol. 1, p. 173-174).
2. NOTRE MARINE EN INDOCHINE – Du 11 au 15 janvier, l’aviso « La Capricieuse » fait le plein à Haïphong et remorque l’escorteur côtier « Flamberge » (ex-PC 1086 US) depuis Tourane du 18 au 20 et rallie Saigon le 21 (Gérard Carier).
–1955 – 15 janvier : GENE CAUSÉE PAR LES TIRS DU CENTRE D’EXPÉRIMENTATION DE LA RENARDIÈRE – Les tirs incessants du Centre d’expérimentation pour armes de la Renardière, affectent de plus en plus les nerfs de la population autochtone. Ils mettent également à rude épreuve ceux des nombreux visiteurs qui écourtent, en conséquence, leur séjour dans la presqu’île. Cet état de fait implique, évidemment, un lourd préjudice financier pour le commerce local. De plus, ces nuisances se prolongent la nuit venue. Les murs et les vitres des habitations en tremblent. « Les malades ne peuvent pas se reposer. Les enfants sursautent et les coups de canon continuent. Nous avons déjà l’inconvénient de ne pouvoir circuler librement dans la moitié de la presqu’île, les pêcheurs ne peuvent placer leurs engins où ils le désirent, car ils ont peur d’être dans le champ de tir, maintenant nous ne pouvons plus nous reposer tranquillement…» (Le Petit Varois du samedi 15 janvier 1955).

Le « Jean Bart » en cours de démantèlement à La Seyne en 1970 (cliché H. Ribot)
–1970 – 15 janvier : LA FIN DU DERNIER CUIRASSÉ FRANÇAIS – Condamnation du bâtiment de ligne « Jean Bart » qui, depuis 1956, mouillait à l’angle Robert de l’arsenal de Toulon en compagnie des ex-croiseurs « Océan » (ex-Suffren) et « Montcalm ». La mise en service du CIN (Centre d’Instruction Naval) de Saint-Mandrier sera partiellement financée par la vente à la ferraille du « Jean Bart » (Gérard Garier, 2010, p. 159.).
–1974 – 15 janvier : Marti à Toulon. Article publié dans le Petit Varois et signé par Maurice Oustrières. Claude Marti-Salazar, Martí nom de scène, né le 6 mars 1940 à Carcassonne, est un chanteur, poète, romancier et essayiste de langue occitane, qui a aussi été instituteur. Il est une des figures de la Nòva cançon.
–1993 – 15 janvier : LE DÉCRET DU 15 JANVIER 1993 rétablit LES LIMITES DES PRUD’HOMIES DE PÊCHE QUI AVAIENT ÉTÉ SUPPRIMÉES PAR LE DÉCRET 90-95 DU 25 JANVIER 1990. Le Décret 90-95 du 25 janvier 1990 supprimant (volontairement ou par erreur ?) les limites des prud’homies provoqua un tollé général. Il fallut près de trois années de démarches administratives et le soutien de tous pour le décret 93-56 du 15 janvier 1993 rétablisse ces limites.]
[L’article 31 du décret du 25 janvier 1990 prévoyait le maintien de l’article 4 du décret du 19 novembre 1859 (pris lui-même en application de l’article 3 du décret – loi du 9 janvier 1853 sur exercice de la pêche maritime en Méditerranée)…. Cet article 4 énonçait clairement que « l’institution de communautés et juridictions », connues dans la Méditerranée sous le nom de Prud’homies, sera désormais régie par les dispositions suivantes, qui abrogent tous les actes antérieurs sur la matière en ce qu’ils ont de contraire au présent décret.
Ce décret, qui comprend près de 200 articles, a codifié l’ensemble des dispositions relatives à l’institution des prud’homies. Le maintien de cette institution, pendant une si longue période historique et sous des régimes politiques totalement différents s’explique par la nécessité pour les patrons pêcheurs d’édicter des règlements, destinés, d’une part à discipliner la profession (tribunaux prud’homaux de pêche) et d’autre part, de prendre des mesures d’ordre et de précaution portant sur une gestion intelligente de la ressource. A divers titres, d’éminents juristes : M. François FERAL (professeur de droit de l’université de Montpellier et correspondant auprès de la FAO en matière de pêche maritime) et M. Christian RAOULT (Ancien Bâtonnier du barreau de Versailles) ont estimé que cette institution pourrait être rapprochée de certains ordres, le premier de « l’Ordre des Médecins » avec son code de déontologie et ses réglementations particulières, le second de « l’Ordre des Avocats », qui a traversé les siècles et qui comme les prud’homies, sont des auxiliaires de la justice.]
[Il est possible de se référer aux délimitations anciennes pour procéder aux Elections c’est ce qui se passe depuis la parution du Décret du 25 janvier 1990 les élections ayant lieu normalement, comme par le passé (Patania L., Guillaume J., 2002, p. 38-39 : interview de M. A. Sebaoun, 1er Prud’homme de Bandol, 17/09/2001).
–2021 – 14 janvier : Publié le à 14h 44 – La cour d’assises du Var a condamné mercredi 13 janvier un septuagénaire à 18 ans de prison ferme, pour avoir violé sa belle-fille de 2008 à 2016, à La Seyne-sur-Mer. Son ex-compagne, la mère de la victime, a écopé de 14 ans de prison ferme. Ancien sergent instructeur de la Légion étrangère, un habitant de La Seyne-sur-Mer (Var) a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle mercredi 13 janvier. Comme le rapporte Var-Matin, son ex-compagne a écopé de 14 ans d’emprisonnement. Tous deux étaient accusés de viols par une personne ayant autorité sur mineur de 15 ans, agression sexuelle et corruption de mineur de 15 ans. L’un des frères de la victime a lui aussi été violé par le légionnaire qui les avait contraints à avoir des relations sexuelles incestueuses. Près de 300 photos et vidéos accablantes ont été retrouvées. La jeune femme, violée dès l’âge de 8 ans, avait prévenu un juge d’instruction en 2017. Depuis sa mise en examen, l’accusé a toujours rejeté l’accusation de viol, assurant que lui et sa belle-fille étaient amoureux.
EN DIRECT DE NOS ARCHIVES :
SANARY-SUR-MER – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES. 160e livraison :
[H. Ribot, à la recherche du Château de Sable : Les limites de 1156 détachèrent définitivement Six-Fours, avec Sicié, Cépet et les îles des Embiez, du domaine de la famille des Vicomtes de Marseille qui conserva Ollioules et Toulon, mais récupéra au passage Saint-Nazaire (Sanary) qui fut intégré au territoire ollioulais dans lequel il resta jusqu’en 1688. Lagoubran, en bord de mer, appartenait à Ollioules, ce qui explique le fléchissement des limites vers le sud en cet endroit, alors que partout ailleurs, jusqu’à la Reppe, celles-ci présentent une orientation est-ouest parfaite.]

(photo aérienne du château des Vintmille à Ollioules, cliché GROV 1987.
[Smyrl, p. 60-62 : Les grands du comté de Provence, alliés des Baux. Les seigneurs des Baux disposaient de l’appui, non seulement des languedociens, mais de certains seigneurs provençaux normalement dépendant du comte… Guy de Fos, Guillaume de Châteaurenard, le vicomte Aufan de Mésoargues, et sans doute certains membres de la famille vicomtale de Marseille installés à Signes et au Puy-Ste-Réparade. Raymond-Bérenger le Vieux… se trouvant le 17 août (1156) au château de Lambesc, sa cour livre un jugement contre Guillaume de Signes et son fils, sur la plainte de Saint-Victor de Marseille, au sujet de rapines dans le val de Signes et à Riboux, Méounes et Rougiers (Cart. De St Victor, t. II, n°966, p. 408 ; Gérin-Ricard et Isnard, n° 235). Le rapport de ces troubles avec la guerre baussenque est difficile à juger… Mais en 1156, pendant le règlement de la rébellion baussenque, la cour comtale a besoin de réitérer la sentence de 1150, à la demande de St-Victor, contre Geoffroi, fils de Guillaume de Signes, coupable de nouvelles rapines à Signes et à Riboux… Les vicomtes restés à Marseille ne semblent pas avoir failli à la loyauté au comte, et la plus grande partie de la famille établie dans la région du Gapeau se trouve comme eux représentée parmi les fidèles de 1147, et absente de la caution des Baux.]
B. Rotger (1984, p. 13-14), à partir de ce texte, rappelle les événements depuis 1144 (en fait 1110) et ne cite que la position de Saint-Victor, faisant des vicomtes des ravisseurs de biens. Sans références autres que celles (non citées) de Garrel ou de Denans ( ?), il parle de la construction, sur les ruines d’un « temple d’Apollon », ancien haut-lieu des Grecs, d’une église sous le vocable de Sainte-Marie de Cortina (mot latin signifiant : trépied sacré) (sic !). En revanche, il retient que ce texte permet de dire que Sanary, non cité, est définitivement rattaché à Ollioules, donc aux vicomtes de Marseille. De plus, il ajoute que, pour ce qui est de Saint-Nazaire dépendant dorénavant d’Ollioules, l’église qui sera construite au XVIe siècle dépendra, pour l’entretien de sa toiture et de la sacristie, de l’abbaye de Saint-Victor…, ce qui semblerait prouver que la nouvelle église fut établie sur ce qu’avait été le monastère fondé par l’abbaye de Saint Victor, peut-être ruiné, et sur laquelle celle-ci avait conservé des droits.]
(à suivre)
MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS – 360e livraison :
–1347 – 1er novembre : Des marins Génois, fuyant la ville de Caffa assiégée par les Mongols, accostent à Marseille, amenant la peste bubonique. L’épidémie de peste noire, partie de Marseille, fin 1347, atteint l’Italie, la moitié orientale de l’Espagne et Paris avant l’été 1348.

Ses conséquences à court et long terme – Le changement se manifeste d’abord dans les sources elles-mêmes tous les chroniqueurs ont eu conscience d’être en face d’un phénomène nouveau et ont jugé nécessaire de donner une description du mal. Celui-ci est donc beaucoup mieux connu, et l’on peut dire qu’à ce moment commence véritablement l’histoire des épidémies européennes. À vrai dire, la peste avait déjà ravagé l’Occident médiéval au VIe siècle. Venue d’orient, elle sévit, pendant un demi-siècle à partir de 543, en Italie, en Espagne et dans une partie de la Gaule. Les historiens inclinent à mettre en partie au compte de cette première épidémie la régression démographique qui fit de l’Europe du haut Moyen Âge un pays très faiblement peuplé. Mais la maladie s’est alors développée dans un monde très barbare, et l’extrême rareté de la documentation empêche d1en mesurer l’ampleur et les effets.
Celle qui, née en Asie centrale, atteignit Marseille à la fin de l’année 1347, par l’intermédiaire des navigateurs italiens et de leurs comptoirs commerciaux de Crimée, bénéficie au contraire d’un éclairage suffisant pour qu’on puisse établir à son propos un certain nombre de données sûres. Elle a fait naitre en effet, au XIVe et surtout.au XVe siècle, une abondante littérature médicale. Ces traités attestent qu’il s’agit bien de la peste bubonique, transmise par les rats et les puces, mais doublée d’une forme pulmonaire, plus foudroyante et qui se propage par contagion directe. L’évolution du mal est très rapide et, dans les pays où il sévit encore aujourd’hui, il déterminait naguère, avant les découvertes thérapeutiques très récentes, des taux de mortalité oscillant entre 60 et 100 p. 100.
Diffusion : Au XIVe siècle, le passage de l’épidémie fut bref; dans la plupart des localités, elle ne régna pas plus de six mois consécutifs. Mais elle parcourut l’Europe, du sud au nord. Depuis Marseille, elle gagna très vite Avignon, alors séjour du pape et carrefour du monde chrétien, qui fut un admirable pôle de diffusion. Avant l’été de 1348, elle avait traversé toute l’Italie, la moitié orientale de l’Espagne et la France jusqu’à Paris ; pendant la fin de l’année, elle se répandit en Normandie et dans le sud-ouest de l’Angleterre. En 1349, elle ravagea l’Allemagne presque entière, les Pays-Bas, le nord-est de la France, l’Angleterre, l’Irlande, l’ouest du Danemark et de la Norvège, et poursuivit sa marche plus à l’est l’année suivante. Il apparaît cependant que la vague ne submergea pas tout. Localement, des agglomérations voisines furent très inégalement frappées ; des provinces entières semblent avoir été à peu près épargnées, le Béarn, la plus grande part de la Pologne, la Bohème, la Hongrie ; venue de France, l’épidémie atteint l’ouest des Pays-Bas en 1349, elle en pénètre l’est, depuis l’Allemagne, en 1350, mais elle laisse indemne le centre de la région. Il semble, d’autre part, que la violence du choc varia en fonction des structures sociales. Le mal semble s’être propagé de manière plus catastrophique dans tous les groupes humains fortement rassemblés, les communautés religieuses, les corps de troupe, et, d’une manière générale, dans les villes ; ses ravages furent peut-être atténués dans les campagnes, et notamment dans les régions d’habitat dispersé. D’autre part, la peste a sans doute frappé moins durement les riches qui, mieux nourris, vivaient dans de meilleures conditions d’hygiène et qui pouvaient plus aisément fuir devant le fléau, comme le petit groupe d’aristocrates réfugiés dans un domaine de la campagne florentine, dont Boccace fait les conteurs du Décaméron ; à Lübeck, par exemple, les propriétaires de maisons ont succombé dans la proportion d’un quart seulement, alors que le taux moyen de mortalité dans les villes allemandes fut de 50 p. 100. On retrouve ici le lien entre le développement de l’épidémie et les conditions alimentaires. N’oublions pas que, lorsque la peste noire envahit l’Europe, celle-ci, encore surpeuplée, contenait un prolétariat misérable et famélique, déjà fortement malmené par les disettes et la suite de « mortalités »mal définies qui remplissaient la première moitié du XIVe siècle, et que ces conditions biologiques ménageaient un terrain favorable à l’irruption de la pandémie.
Les victimes : Les médecins de l’époque se sentirent désarmés devant elle. Ils en attribuèrent généralement l’origine à la « corruption » de l’air, l’un des quatre éléments du cosmos, provoquée par la conjonction de certaines planètes. Ils ne surent proposer que des remèdes dérisoires, et notamment des feux d’herbes aromatiques que l’on croyait propres à vaincre cette corruption atmosphérique. Rares sont les données numériques qui permettent une évaluation précise des victimes de la maladie. « Par tout le monde, une maladie courait, appelée épidémie, dont mourut le tiers des hommes ». Froissart exprime ici l’opinion commune des contemporains quant à la proportion moyenne des décès. Celle-ci, estiment les historiens, oscilla, selon les régions et les groupes sociaux, entre deux tiers et un huitième. A Brême, 70 p. 100 des habitants moururent, de 50 à 60 p. 100 à Hambourg, 10 p. 100 à Magdebourg. Le registre paroissial de la bourgade de Givry, en Bourgogne, peuplée d’environ i 500 âmes, fait mention de 645 décès entre le 1er août et le 15 novembre 1348. Dans quelques villages dépendant de l’abbaye de Westminster, 24 personnes moururent en 1346, une cinquantaine en 1347 et 1348 il en mourut 707 l’année suivante lorsque passa la peste. Albi comptait i 790 chefs de famille en 1343,1100 à peine en 1357.
Répercussions psychologiques : Une telle saignée ne fut pas sans conséquences. Psychologiques d’abord. De même qu’au XIC siècle, devant les mortalités dont on ignorait les causes et les remèdes, les hommes virent dans cette hécatombe l’expression du courroux du Ciel. Pour conjurer le fléau se développèrent donc des rites de pénitence collective, parmi lesquels les processions de flagellants. En l’an de grâce de Notre-Seigneur 1349 allèrent les pénitents. Ils sortirent d’abord d’Allemagne. Ce furent des gens qui faisaient pénitences publiques et se battaient de verges à aiguillons de fer. Ils se déchiraient le dos et les épaules en chantant des chansons bien pitoyables sur la Nativité et la Passion […]. Ils faisaient leur pénitence trente-trois jours et demi, autant que Jésus-Christ passa d’années sur terre. Puis ils retournaient chez eux. Cette chose fut commencée pour prier Notre-Seigneur de refréner sa colère et casser ses verges » (Froissart). La terreur devant la maladie conduisit également à massacrer les juifs, qui furent accusés d’avoir empoisonné les puits et les fontaines. « En ce temps furent généralement par tout le monde pris et brûlés les juifs, leurs avoirs confisqués, excepté en Avignon, en terre d’Église » (Froissart). La peste favorisa l’explosion d’un antisémitisme latent, où les antagonismes religieux étaient avivés par les intérêts économiques. Peu à peu se répandit même l’idée fausse que les juifs avaient été moins atteints par l’épidémie que les chrétiens. D’une manière générale, il semble que la conscience collective ait été durablement secouée on peut en trouver le témoignage dans l’évolution des thèmes de la peinture, spécialement étudiée à Florence et à Sienne, et qui montre, comme la multiplication des confréries pieuses1 un enfoncement dans le ritualisme et une fuite vers le surnaturel.
Conséquences démographiques et économiques : Les répercussions démographiques et économiques de la peste noire furent également profondes et durables. L’épidémie survenait dans une population en voie de stagnation sinon de déclin depuis l’optimum de la fin du XIIIe siècle. Les énormes vides creusés par le mal devaient sans doute être rapidement comblés, dans un milieu que cette brusque perte de substance libérait en effet du poids du surpeuplement. Mais la peste, à l’inverse des précédentes « mortalités », jusqu’ici occasionnelles, s’installa pour longtemps en Europe elle se ralluma périodiquement, tous les dix ou quinze ans, pendant plus d’un demi-siècle. Ces résurgences furent durement ressenties la peur qu’elles éveillèrent fut sans doute plus vive que lors de la première attaque et se transforma en inquiétude permanente. Surtout, elles empêchèrent, par leur répétition, toute reprise démographique et inclinèrent vers un abaissement progressif l’évolution de la population européenne. Peu à peu, certes, la maladie devint moins meurtrière, tandis que l’organisme humain s’accoutumait à se défendre contre elle. En Angleterre, où les études statistiques ont été des plus poussées, on voit le taux de mortalité décroître régulièrement dans le cours du XIVe siècle, à chaque retour de l’épidémie. Mais le premier de ces retours, en 1360, avait été presque aussi destructeur que l’attaque de 1349 en outre, il avait spécialement frappé les enfants, ce qui engageait davantage l’avenir. La peste noire n’est certes pas à l’origine d’une régression démographique dont on voit les traces évidentes avant son apparition, mais elle l’a considérablement accentuée sans elle, l’Europe n’aurait pas été, comme il apparaît, deux fois moins peuplée en 1400 qu’un siècle plus tôt. L’épidémie doit être tenue pour un facteur de première importance dans l’histoire économique de la fin du Moyen Âge. En premier lieu, elle a provoqué une crise de main-d’œuvre dont ont souffert les exploitants des grands domaines et les entrepreneurs qui dominaient la production artisanale. Cette crise a déterminé un brusque désordre dans les salaires, auquel les souverains ont essayé de remédier par les édits enjoignant de ramener les gages à leur niveau d’avant la peste. Vaine tentative. L1élévation des frais d’embauche, jointe à la diminution du nombre des sujets et à la nécessité, pour repeupler les exploitations progressivement désertées, de consentir à une réduction des redevances et des services, a porté un coup très rude à la seigneurie rurale et hâté sa décomposition. Améliorant ainsi la situation des travailleurs survivants, l’épidémie fut d’autre part l’origine d’une concentration des patrimoines. La tonalité nouvelle que revêt l’économie européenne après 1348 (sa relative atonie consécutive à la raréfaction des producteurs et des consommateurs et1 d’autre part, la hausse du niveau de vie, sensible aux différents étages de la société) ne peut être expliquée sans faire intervenir les effets, directs et indirects, de la peste noire. Celle-ci, la première d’une série de vagues épidémiques qui se sont succédé jusqu’au XIXe siècle, marque incontestablement le seuil d’une nouvelle phase de l’histoire de l’Occident.] (Duby Georges – La Peste noire, dans Le Moyen Age, 1. Les Evénements, trad., collection « Le miroir des siècles », dir. J. Bersani, Encyclopaedia Universalis et Le Grand Livre du Mois, 1999, p. 128-137.)
LA SEYNE-SUR-MER. 70e livraison :

–1683 – 15 janvier : UN ARRET DU PARLEMENT D’AIX PRECISAIT « LES RUES SERONT TENUES PROPRES DEVANT LES MAISONS PAR LEURS HABITANTS… DEFENSE D’Y FAIRE DES TAS DE FUMIER, D’Y DEPOSER DES ORDURES ET DE PROCEDER A DES JETS DE NUIT… » (Marius Autran, vol 1). Pour ce qui est de notre ville (La Seyne), chaque maison possédait sa fosse à purin et à fumier, sa « sueillo » ; on voit les inconvénients d’un pareil système, surtout à la saison chaude et bien que les artères seynoises fussent généralement assez aérées par la présence de nombreux enclos et jardins garnis d’arbres. Cependant, une réglementation abondante, établie par les conseils des communautés locales et par le Parlement de Provence, était fréquemment rappelée aux populations mais les particuliers, obéissant à des usages invétérés, les négligeaient trop souvent. Entre cent prescriptions, on peut citer, à ce sujet, l’arrêt suivants : celui du 15 janvier 1683 qui disait : « Les rues seront tenues propres devant les maisons par leurs habitants ; défense d’y faire des tas de fumier et d’y déposer des ordures, de procéder à des jets de nuit — les fameux « passo-rès » de nos anciens — et obligation de tenir dans les immeubles des «lieux convenables » (Louis Baudoin, 1965, p. 212).
UNE BLAGUE POUR LA ROUTE

Chez un papetier.
-Bonjour, je voudrais offrir un stylo à ma femme pour son anniversaire.
-C’est pour une petite surprise ?
-Non, non ! une grosse surprise… Elle s’attend à une voiture.
A demain mardi même heure pour notre chronique journalière !
Affectueuses pensées à Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber.
Bon lundi à tous-tes !

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