EPHEMERIDES DU 18 DECEMBRE

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ÉPHÉMÉRIDES DU LUNDI 18 DÉCEMBRE 2023, 12e ANNÉE (n°4037).

Illustration : Marseille vu du château d’If (cl. HR).

Les fêtes : Gatien, le saint du jour, envoyé par le pape Fabien pour évangéliser la Gaule, devint la premier évêque de Tours à la fin du IIIe s. Ce prénom populaire au cours des années 1990, est porté par 2240 personnes que nous fêtons aujourd’hui, tandis que plus de 500 autres l’ont comme patronyme.

Un dicton veut que « A la saint Gatien, le temps ne vaut rien ! ». Que veut-il nous dire ? Regardez le ciel, ce matin et dans la journée, puis jugez sur pièces au cours des jours qui viendront.

C’est le moment d’avoir du flair car le calendrier républicain a dédié ce 28e jour du mois de frimaire à la truffe. L’air se charge de fumet de fête.

PENSÉE : Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans l’avenir (Winston S. Churchill).

EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHÈQUE : Fernand Benoît – La Provence et le Comtat Venaissin, Volume 2 de la collection « Les provinces françaises », NRF Gallimard, 1949, 410 p.

ÉPHÉMÉRIDES :

Cliché H. Ribot.

1279 – 18 décembre : A Saint-Maximin, invention des reliques de sainte Marie-Madeleine après l’ouverture du sépulcre attribué à saint Sidoine :

A Saint-Maximin, où il avait convoqué les archevêques d’Arles et d’Aix, Charles le Boiteux assista le 9 décembre à la messe… On ouvrit le sépulcre attribué à saint Sidoine… L’archevêque d’Aix fit faire des procès-verbaux par notaires: « l’an du seigneur 1279, le 15 des calendes de Janvier (18 décembre), magnifique roi seigneur Charles 1er, illustre roi de Jérusalem et de Sicile, prince de Salerne, et de la maison du Mont Saint-Ange, les vénérables pères seigneurs archevêques d’Aix et d’Arles ainsi que d’autres prélats cherchant le corps de la bienheureuse Marie Madeleine, trouva dans un sépulcre de marbre de la crypte une cédule ainsi conçue « hic requiescit corpus Mariae Magdelenae » (Bouisson, 1949).

1588 –

– 17 et 18 décembre : EN RANG D’OIGNON – A Blois, les Guise et leurs alliés, les députés des Etats, occupaient la ville, entouraient la demeure de Henri III et assiégeaient la monarchie.

Dans la grande salle des Etats, pour la séance inaugurale, les députés sont si savamment « rangés » par le baron d’Oignon, maître des cérémonies, que l’expression passera dans le langage courant.

Le duc de Guise nargue le roi avec superbe… ce roi qui dans son discours joue la comédie de la dignité royale, fragile paravent d’un trône plus fragile encore I

  • Je suis votre roi donné par Dieu et suis seul qui le suis véritablement et légitimement I

Le duc reste impassible. Mais soudain, il tressaille et change le couleur : Henri III ose le menacer.

  • Des grands de mon royaume ont fait des ligues et associations. Mais témoignant ma bonté accoutumée, je mets sous le pied tout le passé, mais je déclare dès à présent, pour l’avenir, atteints et convaincus de crime de lèse-majesté ceux de mes sujets qui ne s’en départiront ou y tremperont sans mon aveu.

C’est la comédie de la puissance et du pardon… comme si le roi pouvait encore menacer ou absoudre 1

Mais le lendemain le duc de Guise et son frère, le cardinal le Lorraine, parlent haut et exigent du roi la suppression de la phrase attaquant “ les grands du royaume ” ayant “ fait ligues et associations ”. Henri, la mort dans l’âme, doit obéir. “ Il fut noté, écrit un chroniqueur, que pendant ses rétractations il survint une si grande obscurité par orage et grêle qu’il fallut allumer la chandelle en plein jour pour lire et écrire, ce qui fit dire à quelqu’un que c’était le testament du roi et de la France qu’on écrivait et qu’on avait allumé la chandelle pour lui voir jeter le dernier soupir. ”

Insulté, le Valois semble tout accepter, mais, dans le tréfonds de lui-même, il a juré de se venger… ou plutôt il a décidé de sauver son royaume !

18 décembre : au château de Blois, la Renaissance lance ses derniers feux. La reine-mère dont la goutte, les rhumatismes ;et le perpétuel catarrhe ont tassé le corps, alourdi et empâté les traits, la reine Catherine qui n’a plus que vingt jours à vivre, lance sa petite-fille Christine de Lorraine au grand-duc Ferdinand de Médicis. Rebecs, luths et violes font danser les jolies filles de l’Escadron volant dont ce sera ce soir la dernière sortie.

  • Le duc, plus entouré que le roi, domine de sa haute stature toute la fête. Jusqu’à présent, il ne pensait qu’à devenir le maire du palais, mais depuis la veille, il songe à prendre la couronne.

Au bout de la table où le dîner s’était tenu la veille, perdu parmi les gentilshommes guisards, se tenait l’Italien Venetianelli. Il avait affecté de crier plus fort que les autres :

  • Vive Henri le Balafré ! Vive l’héritier de Charlemagne !

Mais, dès le lendemain matin, il était allé tout raconter à son

maître Henri III. Le roi était devenu pâle, et, ce soir, sa décision est prise : s’il ne tue pas le Balafré, la France est perdue !

Discrètement le Valois quitte la fête et va retrouver les quel­ques conseillers qui lui sont encore fidèles. Il leur lit le rapport de Venetianelli. Tous approuvent la suppression du coupable par ordre du roi. Solution, nous dit Auguste Bailly, “ conforme au droit monarchique à l’égard des laïques ”.

Minutieusement, le roi prépare le mécanisme du guet-apens (André Castelot, 1962).

1720 – 18 décembre : travaux de récurage du port de la Seyne

(coll. H. Ribot)

1. À partir de 1720, les travaux de récurage du port de la Seyne furent repris sérieusement. La basse ville se peuplait et les habitations gagnaient sur la mer. Les pluies abondantes d’automne et d’hiver envasaient gravement les fonds surtout du côté ouest avec le gros Vallat en provenance du Pont de Fabre et déversant terres et immondices dans le port à hauteur du quai Gabriel Péri d’aujourd’hui. Après ces travaux d’assainissement, l’activité du port devint intense jusqu’à la fin de ce siècle nonobstant les turbulences des événements guerriers dont les incidences sur la vie maritime ne furent pas toujours bénéfiques (Marius Autran, tome 6). Récurage du port de La Seyne, qui recevra alors de plus gros navires (Marius Autran, Chronologie de La Seyne, 1967).

2. Un arrêt du Conseil du Roi, notifié le 18 décembre 1720, approuva le traité que la communauté de La Seyne avait passé avec le sieur Jean Paulet, entrepreneur, pour l’exécution des travaux de récurage du port de cette localité, les droits exprimés par cet entrepreneur ayant été men­tionnés dans le contrat (Arch. des Bouches-du-Rhône, B. 125).

3. Le port nécessite un entretien qui doit faciliter, perdurer sa bonne marche. D’importants travaux de récurage et d’amélioration des quais sont entrepris. L’agglomération se trouvant au pied d’un cercle de collines, entre celles-ci et la mer, les eaux pluviales, abondantes durant l’automne et l’hiver, transformaient rapidement les rues de la cité en de véritables rivières entraînant terres et débris dans le port (Patrick Martinenq ; 1983, p. 30).

4. À partir de 1720, les travaux de récurage furent entrepris plus sérieusement. La basse ville se peuplait, les habitations gagnaient sur la mer. Les pluies diluviennes d’automne et d’hiver envasaient les fonds, surtout du côté ouest ou le Gros Vallat en provenance du Pont de Fabre se déversait dans le port, au rond-point Gabriel Péri d’aujourd’hui, charriant terres et immondices (Marius Autran, tome 8, 2001).

1737 – 18 décembre : Le célèbre luthier Antonio Stradivarius meurt à Crémone (Italie) à l’âge de 93 ans. Il laisse derrière lui environ 1 100 instruments de musique à la sonorité incomparable, dont il reste aujourd’hui 500 exemplaires. Il avait été formé dans l’atelier de la famille Amati, dont l’ancêtre Andrea avait inventé le violon vers 1560 en développant une variante de la viole médiévale.

-1789 – 18 décembre : ADMINISTRATION DES BIENS DU CLERGÉ – à l’Assemblée constituante, Treilhard déclare que si la nation a le droit de disposer des biens ecclésiastiques, elle peut aussi les administrer (Fauchois Yann – De la Régence à la Révolution, 1715 – 1789, Quarto Gallimard 2001).

1792 – 18 décembre : REGIMENTS DE LA DRÔME – Kellermann s’enquit de Lyon auprès des administrateurs de la Drôme « des régimens qui sont en garnison ou cantonnés » dans ce département (Archives départementales de la Drôme, L 56). A première vue, un tel désarroi paraît invraisemblable, car ce général aurait dû avoir entre les mains un état exact des garnisons, dès la prise de possession de ses fonctions (Roger Vallentin du Cheylard, Sanary et le siège de Toulon, 1913-1914, rééd. 2001).

1793 – 18 décembre :

(cliché H. Ribot)

1. dernier conseil de guerre qui se tint à Ollioules – Paul Maurel place à cette date le « dernier conseil de guerre qui se tint à Ollioules. Y assistaient : les généraux Dugommier, Gardanne, Lapoype, Laborde, Garnier, Mouret, les représentants en mission, Bonaparte, commandant l’artillerie, et Marescot, chef du génie. Le plan de Bonaparte, soutenu par Dugommier, (attaque du Petit-Gibraltar) fut définitivement approuvé. Une diversion serait faite sur les forts de Malbousquet et St-Antoine pour retenir une grande partie des assiégés, et Lapoype devait lancer ses troupes à la conquête du Faron. L’attaque générale fut décidée pour la nuit du 26 au 27 Frimaire (17 au 18 décembre). Le Petit-Gibraltar était devenu une redoute formidable avec double enceinte protégée par des chevaux de frise, défendue par 28 canons de tous calibres, 4 mortiers et 2.000 soldats ».

2. . le jour convenu, le 18 décembre, Toulon fut attaqué sur tous les points; le combat fut sanglant. Dugommier (le général chargé du commandement) s’empara de toutes les redoutes et des retranchements élevés par l’ennemi ; il le délogea des positions formidables de Balaguier et de l’Aiguillette, dont il s’était emparé par la négligence de Bonaparte à perfectionner les moyens de défense en cet endroit où il aurait dû placer de la grosse artillerie; et, devenu maître de ces postes importants, Dugommier ordonna à Bonaparte d’en prendre possession. Celui-ci exécuta le mouvement avec une lenteur qui facilita aux assiégés l’évacuation de Toulon qui eut lieu le 19 décembre. » Opinion de Bonaparte sur l’attaque du fort Caire : « « Au milieu de l’obscurité, de la pluie, d’un vent épouvantable et du désordre, des cadavres et des cris des blessés et des mourants, on eut beaucoup de peine à organiser six pièces. Aussitôt qu’elles commencèrent le feu, l’ennemi renonça à ses attaques et battit en retraite. Peu de moments après, le jour parut. Ces trois heures furent trois heures d’anxiété et d’inquiétude. Ce ne fut qu’au jour, et lorsqu’on était maître du fort depuis longtemps, que les représentants de la Convention vinrent, le sabre à la main, d’un air décidé et luron, complimenter les soldats ».»

3. après la prise de Mulgrave : « II est ordonné au Commandant Vermot et à tous les canonniers qui sont aux « Républicains » de se porter sur-le-champ au fort de l’Eguillette où ils seront sous les ordres du Citoyen Marmont. » Le Commandant de l’Artillerie, signé : Bonaparte.

4. LIESSE POPULAIRE A LA SEYNE – La population seynoise qui avait reçu l’ordre d’évacuer la ville s’y retrouva malgré tout pour y fêter la victoire au lendemain du 17 décembre, après la reprise des forts Caire et Balaguier qui décida de la chute de Toulon.

Pendant les évènements de 1793, et le siège de Toulon, l’église de Notre-Dame de Bon Voyage à La Seyne est bombardée, mais résiste

5. 18 décembre à cinq heures du matin, à l’intérieur de l’hôtel du gouverneur, dans la grande salle de réception, toutes les hautes autorités de l’occupation, l’amiral Hood, sir Gilbert Elliott, les amiraux espagnols Langara et Gravina, le général Dunbas, et encore au moins une dizaine de galonnés de haut grade. Dans une pièce voisine, quatre colonels d’artillerie et du génie — deux Anglais, un Espagnol, un Napolitain — étaient penchés sur un grand plan de Toulon, à côté duquel était posée une feuille portant quelques lignes de la main de Hood : « Le Faron et les forts du Balaguier étant perdus, la ville et le port de Toulon sont-ils tenables? Peut-on établir sur le cap Cepet une batterie capable de protéger la rade? » La prise du sommet du Faron était connue depuis moins d’une heure. Les assaillants n’avaient pas encore pénétré dans le fort lui-même, mais cela ne pouvait tarder. En attendant la réponse des quatre colonels, les amiraux et les généraux écoutaient un rapport du général Dunbas. De nombreuses familles étaient en train de fuir Toulon par mer ou l’avaient déjà fait. Toute la soirée de la veille et toute la nuit, des officiers napolitains avaient aidé à leur embarquement, offrant aux fugitifs de prendre passage à bord de navires marchands de leur pays, ou même à bord de leur flotte de guerre. Le général ajouta que, le mouve­ment de fuite risquant de devenir panique, il allait ins­taller des canons sur les quais, pour pouvoir prendre en enfilade les rues y conduisant. Ces pièces serviraient aussi contre les républicains, s’ils surgissaient inopinément. Les quatre colonels pénétrèrent dans la salle, apportant leur réponse par écrit, comme demandé. Cette réponse, rendue à l’unanimité et parfaitement motivée, était néga­tive. En bref, dans les conditions indiquées, rien ne pou­vait empêcher les républicains de croiser les feux des batteries de la presqu’île de Balaguier avec ceux du fort Sainte-Marguerite, et de chasser ainsi des deux rades la flotte coalisée.

L’amiral Hood remercia ces officiers, qui se retirèrent et une délibération commença. Contrairement à l’usage, Hood désira parler en premier, pour faire état d’une information qu’il venait de recevoir. Des renforts devaient arriver de Gibraltar bientôt, peut-être dans le courant de la journée, ainsi que 20 000 Autri­chiens. Ainsi, résister n’était pas impossible. Les deux amiraux espagnols étaient eux aussi d’avis de résister. Mais le général Dunbas, pour qui le gouvernement de Toulon était une lourde charge, ainsi que sir Gilbert Elliott, qui, lui, n’accordait aucune confiance aux troupes étrangères, défendirent avec chaleur l’avis contraire, et tous les autres se rangèrent de leur côté. — Dans ces conditions, dit Hood, je me rallie à l’avis de la majorité. Les grandes lignes des préliminaires de l’évacuation furent mises par écrit. Ordre à la garnison du fort du Faron d’abandonner l’ouvrage à la première occasion. Pour les autres forts, évacuation échelonnée. Embarquer sans délai les blessés et malades. Les flottes alliées emmèneraient les vaisseaux français armés, et en bon état, les autres seraient détruits, ainsi que les magasins et installations de l’arsenal. Ces destructions devraient être préparées, mais exécutées seulement sur ordre. « Si les Puissances jugent l’évacuation néces­saire, elles useront de tous les moyens en leur pouvoir pour emmener les Toulonnais désireux de quitter leur ville. Ceux qui, sans plus attendre, veulent s’éloigner pour se soustraire au bombardement sont libres de le faire; mais ils auront à se procurer un passage à bord des navires marchands; tous les secours possibles leur seront fournis, mais le Comité général aura à s’occuper des provisions de bouche. » Le général Dunbas dit qu’il allait faire placarder des affiches portant cet avis, doubler les patrouilles, interdire les attroupements et inviter les habitants à rester dans leurs demeures.

Vers midi, circulent dans Toulon plusieurs phrases, dix mille fois répétées : —  L’amiral Trogoff quitte Toulon. —  Les officiers français évacuent leur famille. — L’amiral Gravina a annoncé officiellement l’évacuation. Des soldats anglais se tenaient autour des canons bra­qués dans l’axe des rues principales, la gueule tournée vers l’intérieur de la ville.

Vers la fin de l’après-midi se produisit une panique brusque et atroce déclenchée par les coups de fusil tirés par un groupe de Napolitains pris de panique. La nuit venait. Ce fut à ce moment que les boulets des batteries républicaines commencèrent à tomber sur la Ville et sur le port. Les premiers boulets isolés tombèrent sur le quartier d’Italie, et aussitôt le bombardement s’étendit. Des habitants qui s’étaient déjà mis au lit se jetèrent dehors à peine vêtus, courant d’instinct vers le quai. Une frégate sarde brûlait non loin de l’arsenal. La question de savoir combien de Toulonnais ont péri ce soir-là et au cours de la nuit de feu et combien ont été sauvés et par qui demeure à jamais une inconnue historique.

« Les vaisseaux français, espagnols et napolitains, ainsi que des navires marchands napolitains et livournais, ont accueilli les passagers de toutes les embarcations qui parvenaient jusqu’à eux. Les Anglais repoussaient tout férocement. » Tel a été longtemps le schéma adopté par de nombreux historiens, y compris Adolphe Thiers dans son Histoire de la Révolution.

Puis cette version s’est nuancée : « En vain les navires des autres puissances accueillent-ils les Toulonnais. Les capitaines de l’amiral Hood résistent longtemps à cette générosité. »

Toutefois, et selon le journal de bord de la Victory,des familles avaient été accueillies très tôt « 18 décembre, huit heures du matin. Plusieurs familles françaises sont recueillies à bord. » Des lettres de sir Gilbert Blliott à Dunbas, datées des 20 et 23 décembre font état de 2 000 réfugiés recueillis par la flotte anglaise. Aucune source autre qu’anglaise ne permet de vérifier ce chiffre, ni de le tenir pour faux. La flotte française aurait emmené 1 500 réfugiés, la flotte espagnole 3 000, la flotte napolitaine 400, les navires de commerce 500. En tout, avec une approximation d’une grande incertitude, 7 400 personnes, moins du quart d’une population évaluée à 30 000 âmes par le général Dunbas. Pouvait-on faire mieux ?

Depuis la nuit tombée, le commodore Sidney Smith circulait dans l’arsenal avec ses commandos à bord de trois canonnières. Plaçant partout des mèches, des traînées de poudre, des barils de goudron. Plusieurs grandes lueurs jaillirent à l’ouest de la Petite Rade, et d’autres encore, toutes montant comme des gey­sers de feu. — Les Anglais brûlent l’arsenal ! Puis Sidney Smith dirigea ses canonnières vers le milieu de la petite rade où se trouvaient ensemble plusieurs navires français désarmés, abandonnés, à quelque distance de la frégate sarde qui brûlait toujours. Dans leurs entreponts, sur leurs ponts, comme dans les locaux de l’arsenal, des barils de goudron reliés par des mèches et des traînées de poudre. Les boulets tombaient un peu partout sur le port. Une quantité encore surprenante de chaloupes et d’embarcations chargées de fugitifs allait et venait sous le bombardement. Des canots se détachèrent des trois canonnières de Sidney Smith, maintenant stoppées en ligne à cinquante brasses de l’îlot de navires condamnés. A la tête de son commando, le commodore courait d’un navire à l’autre, toujours le feu au poing et poursuivi par les incendies qu’à mesure il allumait. A terre les flammes de l’arsenal s’élevaient de plus en plus hautes. Les trois canonnières anglaises décrivirent des cercles autour de l’îlot flottant enflammé qui éclairait deux frégates françaises, l’Iris et le Montréal, vers lesquelles se dirigeait maintenant l’une des canonnières. Chacune de ces deux frégates contenait deux cents quintaux de poudre. L’ordre était de tout simplement les couler. Sidney Smith avait confié cette tâche aux Espa­gnols de son expédition. Il regardait la canonnière qui s’approchait des deux frégates. Les Espagnols allaient monter à leur bord, ouvrir à coups de hache des voies d’eau dans leurs cales. Travail de bûcheron, qui serait à coup sûr plus long que d’incendier. Il y eut comme un manque d’air, puis au contraire, en même temps qu’une lueur blanche aveuglante, un souffle monstrueux qui renversa les hommes et poussa sur l’eau les canonnières comme eût fait une main géante, et l’explosion fut assourdissante au point que les incendiaires, cramponnés à leurs bateaux que secouaient d’énormes remous brisés, pendant un bon moment crièrent sans s’entendre les uns les autres, voyant seulement leurs bouches grandes ouvertes dans leurs visages noircis.

(doc. H. Ribot)

 La ville entière fut ébranlée par une secousse de fin du monde. Des témoins assurent que le sol trembla jusqu’à La Ciotat, à trente kilomètres de la rade. Les Espagnols chargés de couler les deux frégates avaient trouvé pénible d’ouvrir des brèches dans les flancs et avaient préféré jeter un brandon, puis s’éloigner à force de rames. Les deux frégates avaient disparu, volatilisées. Ainsi que le canot de la folle imprudence. On avait vu des débris incandescents voltiger. Un de ces brandons était retombé sur la canonnière des Espagnols, maintenant en flammes et en train de couler. D’autres navires à l’entour, atteints aussi, commençaient à brûler. Les artilleurs des batteries républicaines pointaient leurs canons aussi aisément qu’en plein jour.

« Le tourbillon de flammes et de fumée qui sortait de l’incendie de l’arsenal ressemblait à l’éruption d’un volcan, a écrit Napoléon, et les treize vaisseaux qui brû­laient dans la rade à treize magnifiques feux d’artifice. Le feu dessinait les mâts et les formes des vaisseaux, il dura plusieurs heures et présenta un spectacle unique. » Les détenus politiques qui assistaient au spectacle du pont du vaisseau Thémistocle le trouvaient moins magnifique que terrifiant. Les boulets de leurs amis républicains tombaient de plus en plus nombreux et de plus en plus proches. Les gardiens s’étaient enfuis, usant de l’unique chaloupe. Un silence d’interrogation effrayée se fit à l’approche des deux canonnières de Sidney Smith. Les prisonniers ne savaient rien. Ils avaient vu la ville investie de plus en plus près, les vaisseaux s’éloigner en grande rade, mais personne ne leur avait dit : « Les Alliés partent. » Les deux canonnières passaient et à repassaient devant le Thémistocle. Sans tirer, ce qui provoquait tout de même une curiosité. Une voix se fit entendre, c’était de l’espagnol. Provençaux et Espagnols se comprenaient assez bien, mais le son des canons et le ronflement de l’incendie ne rendaient pas la communication facile. La canonnière étant repassée encore deux fois, le message devint enfin clair : on offrait aux prisonniers de les conduire à terre. Sidney Smith avait ordre d’incendier tous les vaisseaux restant en petite rade. Il voulait libérer les détenus, mais aux moindres risques. Il avait envoyé la canonnière armée par des Espagnols accoster le Thémistocle. Deux cent soixante détenus se trouvaient à bord du navire-prison. Combien prirent passage à bord de la canonnière espagnole ( « Le bateau va brûler, n’y restez pas ! » ), combien aimèrent mieux s’éloigner à la nage ou en s’aidant d’espars, de radeaux de fortune, combien périrent noyés, ces chiffres ne sont pas connus. Que des prisonniers vivants soient restés à bord du Thémistocle lorsque enfin Sidney Smith le fit incendier, et, dans son rapport (quelque peu arrangé, embellisseur) à Hood aucun détail sur cette mise en flammes. Les prisonniers furent déposés sur un quai près de la Petite Chaîne, débrouillez-vous.

Le commodore Sidney Smith, debout à l’arrière de sa canonnière, était toujours aussi reconnaissable à son attitude arrogante, à sa voix péremptoire. Il donna l’ordre de gouverner sur l’entrée de la darse neuve, autrement dit, de rentrer dans l’arsenal. Les magasins, les ateliers brûlaient dans un grondement continuel et dans une tranquillité étrange. Pas une âme. Le feu dévorait sans rencontrer nulle opposition, nulle révolte. Des constructions massives devenaient gracieuse dentelle rougie, puis d’un coup s’effondraient, ou au contraire pliaient doucement sur elles-mêmes, et mouraient comme de leur fin naturelle, de tout temps décidée. Néron n’avait pas vu son incendie si bien ni de si près que Sidney Smith voyait le sien. Tout au fond de l’arsenal, le grondement était un peu moins fort. Les lueurs éclairaient jusqu’aux pentes des coteaux, et l’on découvrait sur ces pentes un autre spec­tacle, accordé à la grandeur de l’incendie : les premières colonnes républicaines descendaient vers la Ville. Elles descendaient à plusieurs ensemble, comme des rivières parallèles, d’un mouvement à la fois inégal et continu. On voyait des hommes à pied et des cavaliers, des chevaux tirant des canons. Malgré le bruit de l’incendie, par instants parvenaient jusqu’aux deux petits navires de Sidney Smith des sortes de vagissements d’enfants : les chants de victoire de l’armée républicaine en marche. Comme les canonnières s’approchaient de la porte de la darse, le commodore donna l’ordre de venir sur la gauche. Là s’élevaient les bâtiments du bagne, et la plu­part ne brûlaient pas parce qu’aucun dispositif d’incendie n’y avait été placé. Cet établissement sans intérêt naval ni militaire n’était pas mentionné dans l’ordre de mis­sion. Mais maintenant la vue de ces bâtisses intactes cho­quait le commodore comme un scandale, comme une imper­fection intolérable à son chef-d’œuvre. Incendier le bagne était encore facile. En faire auparavant sortir les forçats serait moins malaisé que l’évacuation des détenus du Thémistocle. La canonnière L’Hirondelle doubla un petit môle, arriva en pleine vue du bâtiment principal. Pour la première fois, Sidney Smith éprouva un choc, une déception. Les forçats étaient là, rassemblés devant le bagne, et il y en avait plusieurs centaines. Ils portaient leur affreux vêtement de bure grossièrement coupé, pantalon clair et casaque sombre, les uns tête nue crâne rasé, les autres coiffés du bonnet phrygien à matricule. Ils n’étaient plus enchaînés et beaucoup tenaient des fusils. Sidney Smith ne pouvait savoir que tandis qu’il s’avançait jusqu’au fond de l’arsenal, des ouvriers et des artilleurs de Marine patriotes s’avançaient eux aussi dans l’incendie, avec l’intention de le combattre. Ces hommes pour la plupart n’avaient jusque-là fait preuve que de sentiments rudes et même grossiers, revendiquant depuis des années, y compris celles de la Révolution, pour être mieux et payés plus régulièrement. Ces hommes maintenant s’exposaient généreusement pour tenter de sauver un peu de cet arsenal où ils s’étaient vus presque esclaves. Voir détruire ce qui était en partie l’œuvre de leurs mains leur était intolérable, ils allaient défendre l’arsenal comme si c’eût été leur propriété, leur royaume. Une haine farouche contre les Anglais et les royalistes les animait aussi, mais enfin ils risquaient ce que la partie adverse avait si rarement risqué. Les ouvriers de l’arsenal et les artilleurs de marine, cinquième colonne pourvue d’armes cachées, avaient péné­tré dans l’enceinte abandonnée par les Anglais et ils avaient aidé les forçats déjà en révolte à briser leurs chaînes. Mouvement encore plus surprenant que le leur, les forçats s’étaient joints à eux pour le sauvetage. Les magasins aux câbles, au chanvre, au blé allaient échap­per partiellement au feu grâce au courage de ces hommes depuis longtemps et sous tous les régimes traités comme des bêtes. Déjà l’un d’eux, se jetant dans le magasin au goudron, avait éteint de sa main la flamme atteignant juste un tonneau de poudre. Les forçats en costume de bure, crâne rasé ou coiffés de leur bonnet matricule, regardaient s’approcher les deux canonnières. Ils ne savaient pas qui se trouvait à bord de ces navires. Quand ils les virent évoluer, et les canons braqués sur eux tous ensemble, ils comprirent qu’ils n’avaient pas leur chance, même avec des fusils. Ils reculèrent, assez en ordre, se repliant sur le passage qui séparait la grande darse de la petite. Ils étaient muets comme des fantômes et ils marchaient bizarrement, gênés de ne plus avoir de chaînes. Déjà des hommes du commando de Smith jetaient par les portes et les fenêtres du grand bâtiment des paquets de poix enflammés. Mais les forçats n’étaient pas loin, ils allaient revenir combattre l’incendie. Le commodore décida d’arrêter son travail. Un peu plus tard, les deux canonnières arrivèrent en grande rade. Il faisait encore tout à fait nuit.

Sur l’eau sombre glissaient les vaisseaux des escadres qui abandon­naient Toulon. Le ciel aussi était sombre, les pilotes prévoyaient une nouvelle tempête. Le vent d’est obli­geait les grands navires à courir des bordées. La montagne du Faron venant d’être occupée par le général Lapoype qui l’avait escaladée par le pas de Leydet, le pas de la Masque et du côté du Revest; au matin, le drapeau tricolore flottait sur ce massif. Les généraux coalisés se réunirent pour délibérer sur les moyens à prendre en vue d’effectuer l’évacuation de la place forte et du port de guerre de Toulon. Les garnisons alliées, qui occupaient encore certains ouvrages et forts de la place, firent à la hâte leur retraite sur la ville ; elles furent aussitôt embarquées et dirigées sur la flotte dont les navires, chargés de troupes, de matériel et de malheureux civils étaient sous voiles, prêts à appareiller.

Parmi les assiégés, d’aucuns veulent continuer à se battre ; le capitaine de vaisseau Féraud (de La Seyne) propose aux alliés de faire mouiller l’escadre près du cap Cépet à l’abri des boulets, tandis qu’avec quelques vaisseaux embossés en face il ferait taire les batteries de l’Eguillette et de Balaguier. L’amiral Hood tergiverse, renonce à la lutte, et, finalement, se prépare au départ. Des forts de Malbousquet et d’Artigues, qu’ils vien­nent d’occuper, les républicains bombardent la ville. Une panique éperdue saisit la foule, qui redoute la vengeance terrible de la Convention. Tous veulent s’embarquer. Ce sont des rixes, des batailles, pour prendre place dans les canots.

28 frimaire, les alliés auraient reçu, à 9 heures du soir, l’ordre du départ.

A 21 heures, la frégate Iris, mouillée au Mourillon et servant de poudrière, sauta en ébranlant toutes les mai­sons de la ville. Ce fut, ensuite, le tour d’une poudrière, voisine des remparts, puis celui du fort des Pomets. A 10 heures (du soir) l’abandon de la ville aurait été terminé.

Lorsqu’à 22 heures les détachements alliés qui interdisaient l’accès à l’arsenal se retirèrent pour s’embarquer, tout ce qui restait d’habitants, d’ouvriers et de canonniers de la marine enfoncèrent la porte principale et rejoignirent les forçats « déchaînés » pour tenter, avec eux, d’arrêter les incendies. Naturellement, dans sa haine générale contre les « traîtres Toulonnais » la Convention devait proclamer que « seuls les forçats avaient arrêté l’incendie ». En réalité ce sont les canonniers de la marine qui, eux aussi, étaient sur place, et ayant vu les Anglais préparer l’incendie, avaient pris les armes et s’étaient portés sur les quais de l’arsenal, pour chasser à coups de fusils les embarcations qui voulaient achever l’embrasement. Ils furent aidés par les forçats qu’ils déchaînèrent, puis, par la foule et les ouvriers, lorsque ces derniers purent pénétrer dans l’arsenal. Ce sont, en particulier, trois ouvriers qui arrêtèrent, à temps, la mèche disposée pour faire sauter la poudrière des Minimes. Parmi les vaisseaux qui brûlaient était le Thémistocle qui servait de prison aux patriotes… Quelques-uns de ces derniers furent mis à terre à Castigneau par des chaloupes pendant l’incendie, certains se sauvèrent à la nage… d’autres périrent…

Les habitants de Toulon habitués au bruit du canon n’avaient attaché que peu d’importance à la chute du fort Mulgrave. Les préparatifs de départ des alliés, les allées et venues des troupes leur firent croire aux préparatifs d’une contre-attaque. Cependant quand on vit l’embarquement des bagages des officiers supérieurs, ceux de l’amiral Trogoff, quand la cavalerie anglaise commença à s’embarquer, l’inquiétude s’empara des esprits. Mais quand les Napolitains invitèrent leurs amis toulonnais à venir sur leurs vaisseaux, l’inquiétude fit place à l’effroi.

En partant, l’amiral Hood avait donné l’ordre d’incendier les installations du Port et les vaisseaux. Reprenant les armes, les canonniers de Marine s’opposèrent aux porteurs de torches. Et ils reçurent le renfort des ouvriers qui, forçant la porte principale de l’Arsenal gardée par les fusiliers anglais, engagèrent une lutte acharnée pour préserver leur outil de travail. Lutte héroïque, nous dit l’historien Michel Vovelle. Les forçats y prirent une part tout aussi méritoire. À la poudrière des Minimes, trois ouvriers avaient pu arrêter à temps la mèche disposée pour la faire sauter.

En rade, la lueur des incendies éclairait un tragique ballet. Celui des chaloupes, des bateaux de pêche surchargés de femmes, d’enfants, d’hommes désespérés. Des liens familiaux, leurs convictions peut-être, les avaient entraînés dans un combat qu’ils ne pouvaient gagner. Celui d’une ville contre une nation. Et ces négociants, ces artisans, ces notables, qui fournirent tant de consuls à la cité, suppliaient les coalisés de ne pas les abandonner. Tous ne pourraient être accueillis sur ces navires qui appareillaient pour l’Italie ou l’Espagne. Et l’on assistait à des suicides, à des naufrages, à des collisions meurtrières dans ce port en proie au chaos. La mer ramènerait bien des corps sur les plages. Parmi eux, des prisonniers du Thémistocle qui s’étaient jetés d’un vaisseau livré aux flammes. L’embarquement de ceux-ci et des Toulonnais fugitifs aurait commencé à 11  heures.

Le pas est pris désormais par les opérations militaires d’un investissement qui se pour­suit de septembre à la fin novembre : la mise en place systématique des batteries destinées à battre les forts ennemis et la rade, entreprise où nous n’aurons garde d’omettre la place qui revient au capitaine d’artillerie Bonaparte, aboutit au milieu de décembre 1793, après l’attaque du Fort Faron, à un étranglement complet des défenses ennemies.

L’évacuation de Toulon, le 18 décembre 1793, met le point final à une entreprise devenue militairement intenable. Il est intéressant de noter ici l’opinion de Barras dans ses mémoires : « Dugommier (le général chargé du commandement) s’empara de toutes les redoutes et des retranchements élevés par l’ennemi ; il le délogea des posi­tions formidables de Balaguier et de l’Aiguillette, dont il s’était emparé par la négligence de Bonaparte à perfectionner les moyens de défense en cet endroit où il aurait dû placer de la grosse artillerie; et, devenu maître de ces postes impor­tants, Dugommier ordonna à Bonaparte d’en prendre possession. – Celui-ci exécuta le mouvement avec une lenteur qui facilita aux assiégés l’évacuation de Toulon qui eut lieu le 19 décembre. Les combats tournèrent vite à l’avantage des assaillants républicains et l’armée ennemie opéra sa retraite après avoir incendié les vaisseaux stationnés dans le port, prit ceux qui étaient armés et que commandait Trogoff, embarqua ses troupes et une partie des insurgés, mit sous voile et sortit du port ainsi que de la rade, sans éprouver de grands dommages. L’incendie de nos vaisseaux et de quelques-uns de nos établissements maritimes fut arrêté par les employés de l’Arsenal et plus particulièrement par les forçats (Il est prouvé par d’autres témoignages que les forçats du bagne de Toulon contribuèrent à circonscrire l’incendie), qui firent des prodiges pour éteindre ces flammes allumées par les Anglais. C’est parce que dans le récit des faits nous avions cru ne pouvoir refuser à ces malheureux la justice qui leur revenait qu’on a dit que nous les avions proclamés  les seuls honnêtes gens de la ville de Toulon. La perte des ennemis fut évaluée à dix mille hommes (soit un tiers de leurs effectifs). ».

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1794 – 18 décembre (28 frimaire an III) : approvisionnement d’OLLIOULES – 28 frimaire An III (18 décembre 1794) –  Enfin, le district du Beausset tenait à la disposition de la commune d’Ollioules un contingent de 368 quintaux de blé. Le citoyen Forest partit sur le champ pour en prendre livraison.

1796 – 18 décembre (28 frimaire An V) : COMMANDEMENT DES BATTERIES DE CÔTE – Le capitaine de canonnière, Ferrante, fut chargé des batteries de Sanary, de Bandol et du Brusc. Le général de brigade Moynat-Dauxon, commandant à Toulon le 1er arrondissement du Var, lui donna l’ordre de prendre le « commandement » des deux premières communes et de celle de Six-Fours (28 frimaire an V) (18 décembre 1796). Il prescrivit en même temps le désarmement de la batterie du môle et le dépôt de son matériel dans la tour de Sanary où ses réparations furent effectuées en 1797 au môle du ponant. Ferrante demanda quelque temps après l’autorisation de construire une maison au midi de la « batterie supprimée du vieux môle » et à 12 toises de la mer. Au contraire, l’état des batteries de la Cride et de Portissol, du Cap-Nègre et des Embiez (Six-Fours) était suffisant. Lors de leur suppression, il y a environ vingt-cinq ans, chaque gardien avait un logement de cinq ou six pièces à sa dispo­sition pour sa famille. Chaque poste comprenait en outre deux soldats

1797 – 18 décembre (28 frimaire an VI) : La Commission militaires de Toulon dans ses œuvres – Thouron Hyppolite – bourgeois 24 ans Hyères, condamné à mort par la Commission militaires de Toulon..

1813 – 18 décembre : situation budgétaire de La Seyne, pour les années 1811 et 1812  – A la suite du rapport établi par le Maire, J. Raimondis, d’après les comptes du receveur communal Antoine Portanier, la situation budgétaire de La Seyne, pour les années 1811 et 1812 s’établissait comme suit :

Recettes :  Année 1811 et antérieures (41 426,83 F) – Année 1812 (43 090,07 F)

Dépenses : Année 1811 et antérieures (40 782,26 F ) – Année 1812 (42 096,69 F)

Pour l’année 1813, les recettes s’élèvent à 48 137,28 F et les dépenses à 46 346,59. D’où un excédent budgétaire de 1 637, 95 F pour l’exercice 1811 et de 1 790,69 F pour celui de 1813.

(cl. H. Ribot)

1859 – 18 Décembre 1859 : arrêté réglementant l’extraction des sables et lests sur toutes les plages du littoral de l’arrondissement de Toulon – Suite aux plaintes des propriétaires riverains et des pêcheurs locaux, et sous la pression du ministre de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics, le préfet du Var prend un arrêté réglementant l’extraction des sables et lests sur toutes les plages du littoral de l’arrondissement de Toulon. Ce texte définit avec une grande précision géographique les zones autorisées et celles qui ne le sont pas. « Considérant qu’il est d’intérêt public de prohiber ou de régulariser l’enlèvement des sables et autres matériaux sur les points qui doivent être défendus contre l’envahissement de la mer, écrit le préfet, pour arriver à ce but, il est nécessaire de soumettre les extractions de sables, graviers, pierres et autres matériaux propres au lestage ou aux constructions, à un règlement général qui concilie les besoins du commerce et ceux des constructions publiques et privées tant avec les droits que l’Etat possède sur le rivage et sur les lais et relais de mer, qu’avec les intérêts de la navigation, de la pêche, ceux des divers services publics et enfin ceux des propriétés riveraines. »

1903 – 18  décembre : Le canal de Panama sous le contrôle perpétuel des États-Unis.

1926 – 18 décembre : LE PREMIER PORTE-AVIONS FRANçais – Le porte-avions Béarn est ensuite au bassin jusqu’au 17 décembre 1926, pour la mise en place des hélices, et revient à La Seyne le 18.

1939 – 18 décembre :

1. FIN DE LA BATAILLE DU RIO DE LA PLATA – La radio et la presse internationales se font l’écho de la bataille navale qui vient de se dérouler au large des côtes sud-américaines et qui opposa le cuirassé allemand Admiral Graf Spee (commandant Langsdorff) à un groupe de trois croiseurs (commodore Harwood), deux britanniques, Exeter et Ajax, et un néozélandais, Achilles. Le 17, à 19h 25, heure locale, le navire allemand, n’ayant pu effectuer ses réparations dans le temps imparti, l’Uruguay étant un pays neutre, venait d’appareiller du port de Montevideo et de se saborder dans l’estuaire du Rio de la Plata.,

2. LA GUERRE DES CONVOIS COMMENCE – Le 4 décembre 1939, les sous-marins de 1 500 t Casabianca et Sfax appareillèrent d’Halifax avec le convoi HX 11 de 45 bâtiments. Le cuirassé HMS Revenge commandait l’ensemble  de la formation. La mer fut très dure et les sous-marins eurent de grosses difficultés à suivre le convoi. Le 17, à 18 h 30, l’aviso-dragueur Commandant Rivière, qui avait appareillé de Brest le 16, à 12 h 20, rejoignit le convoi. Les deux sous-marins quittèrent alors le convoi et, escortés par l’aviso, firent route sur Brest où ils arrivèrent le 18 décembre, à 16 h 20. Du 18 au 28, le Commandant Rivière est en indisponibilité à Brest pour visite des 1 000 heures (Gérard Garier, Les avisos de 630 t.).

1941 – 18 décembre : ECHOS DES F.N.F.L.– L’aviso-dragueur Commandant Dominé fut immobilisé à Douala du 18 décembre 1940 au 21 janvier 1941, puis à Lagos du 23 janvier au 3 mars 1941, où on le fit entrer en cale sèche pour lui enlever ses hélices qui furent aussitôt ramenées à Douala par le Cap des Palmes sur lequel avait pris passage l’Ingénieur mécanicien de 2ème classe Labé (hélices ramenées le 23 février 1941 par l’Indochinois) (Gérard Garier, Les avisos de 630 t.).

1943 – 18 décembre : DISPARITION DU SOUS-MARIN “Protée”, type M6 Achéron, dit des 1500 t. Biographie succincte du « Protée » : sous-marin Protée, type M6 Achéron, dit des 1500 t. ; n° de coque Q 155 ; mise en service, 1932 ;  croisière endurance en Indochine, 1936 ; Méditerranée, 3ème escadrille, 1ère flottille de SM (Pégase, Phénix, Actéon, Protée, Monge, L’Espoir), 1937 ; Toulon, septembre 1939 (indisponibilité) ; Maroc , févier 1940 ; Levant, mai 1940 ; Alexandrie, patrouilles sur les côtes de Provence, torpille un cargo le 22 novembre 1943.

(sous-marin Protée, coll. H. Ribot)

Le 18 décembre 1943, sous les ordres du CC Georges Millé, il part pour sa seconde en mission au large de Marseille et disparaît ; «Tout ce que l’on sait avec certitude, estime l’amiral François Bellec, directeur du musée de la Marine, à Paris, c’est que le Protée a appareillé le 18 décembre 1943 d’Alger pour réaliser une mission le 20 dans le secteur de Marseille.» Le lieutenant de vaisseau George Millé commande les 72 marins qui composent l’équipage. Le sous-marin est en bon état, malgré ses 10 années de service. Il fait partie des 31 bâtiments de la classe des 1.500 tonnes qui ont été livrés à la Marine nationale. En 1942, il s’est échappé à temps de la rade de Toulon, évitant le sabordage de la flotte française, pour gagner d’abord Alexandrie, puis Alger. Le Protée y est incorporé dans une escadrille sous-marine britannique et affecté à des missions en direction du sud de la France. D’ailleurs, selon le service historique de la Marine, 3 agents anglais se trouvaient à bord au moment du naufrage. «On a longtemps pensé que le Protée avait été victime d’une attaque par des grenades sous-marines allemandes, explique l’amiral Bellec. D’autant que le « Casabianca », un autre sous-marin de la même famille, qui était en patrouille un peu plus à l’est, a rapporté avoir entendu des explosions à cette période.» Mais compte tenu de l’état de l’épave, cette hypothèse ne semble plus devoir être retenue, comme l’explique Henri Delauze. «Les déflagrations auraient endommagé la coque. En fait, le Protée qui venait d’embarquer les 3 Anglais du côté de Cassis s’est engagé dans un champ de mines. Il a dû toucher l’une d’elles avec son kiosque, au moment où il se mettait en plongée.» L’explosion a arraché quelques tôles, ouvrant une voie d’eau. Le naufrage n’a laissé aucune chance aux 76 occupants, qui reposent désormais par 125 mètres de fond dans leur sanctuaire d’acier. » (Guy BENHAMOU — 15 mai 1995 , Libération, « La Comex a réveillé «Protée» Le sous-marin disparu en 1943 dormait intact dans les fonds marseillais »).

74 victimes dont 3 Britanniques . Cdt au 19.12.1943 : LV Georges MILLÉ . Etat Major : LV Frédéric. VIÉ – I.M Louis LAUBIE – EV René DUBOIS – EV Robert ETIENNE. Equipage : GILLET Jean – L’HERMITE Jean-Yves – VARLET Georges – CASE Jean – CUFF Pierre – LE FOLL Noël – LABBE Joseph – BURTEY René – RIOU Albert – CATHOU Roger – VILLALARD Frédéric – CAMENEN Joseph – GUENVER Victor – BRIANT Marcel – AUBERT René – PUJOLS André – JOUANJEAN Olivier – LE GOULM Henri – JAGOT Pierre – MARTIN André – BASSARD René – RAVARD – SEBIRE Pierre – LAGAT Jacques – BARBIER Jean – FORTUNY Michel – KERVAREC Mathieu – BUONO François – BULBER Etienne – NICOLAS Albert – PERON Jean-François – CURTET Gilbert – CECCALDI Pierre – JOUAN Auguste – FAROULT Raphaël – LECLEACH Eugène – GIRAULT Emile – QUILLIEN Joseph – PAPENHOFF Georges – JARDIN Pierre – KERLOCH Raymond – BOUVIER Louis – CHAPUIS René – BLANDAMOUR André – BARRES Georges – LEFEBVRE André – VOILLAT Robert – THEVENARD René – POIROT Séraphin – GUILLOU Ernest – LE DUC Joseph – SEILER Auguste – ROUSSEAU Robert – FRELIN André – BONJEAN André – BAZIN Pierre – LABORIE Maurice – ANDRE Louis – LE CHANTOUX Yves – LAMOTTE André – FAVALI André – MOURET Guy – MAGGIOTTI Paul – BARBREAU Marcel – MAURICE Paul – VIAUD Lucien. Equipe de liaisons Britanniques : S/Lieutenant DAWAEL Aurian – Acting leading signalman USHERWOOD John – Acting leading – télégraphist COLLIER Denis. Les familles de l’équipage ont demandé que le sous-marin ne soit pas renfloué et ouvert (comme cela était envisagé), considérant qu’il s’agit de leur sépulture définitive.

1944 – 18 décembre : Premier numéro du journal « Le Monde » fondé par Hubert Beuve-Méry..

1946 – 18 décembre : NOTRE MARINE EN INDOCHINE – Le 18 décembre, les avisos de la 8ème division (Commandant Duboc et La Boudeuse) arrivent au Cap Saint Jacques et, le 20, à Saigon où ils sont  incorporés à la 8ème division d’avisos, au moment de la révolte Viet-Minh au Tonkin (Gérard Garier, Les avisos de 630 t.).

1994 – 18 décembre : DECOUVERTE DE LA GROTTE CHAUVET – Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel et Christian Hillaire découvrent par hasard une grotte préhistorique sur le cirque d’Estre en Ardèche. La grotte est ornée de peintures du paléolithique et jonchée d’ossements animaliers. Après avoir été authentifiée et visitée par le Ministre de la culture, elle est fermée au public et équipée de systèmes permettant sa préservation. Une exposition permanente lui est consacrée dans le village voisin, Vallon-Pont-d’Arc.

2001 – 18 décembre : MORT DE Gilbert Bécaud (François Silly), chanteur, compositeur et acteur français né à Toulon le 24 octobre 1927. Rappelez-vous : en 1956 – Alors, raconte ; Toi, l’oiseau ; Quelle joie ; dis-moi qui je suis. En 1956 encore : La corrida – Ça claque  Le pianiste de Varsovie – Je t’ai ouvert les yeux. 1964 : Nathalie, un de ses plus importants succès sorti un an exactement après mon premier voyage en Union soviétique où l’une de mes amies étudiantes s’appelait justement « Nathalie »). En 1968 : L’absent ; Le pianiste de Varsovie. Etc.

2004 – 18 décembre : une aide-soignante et une infirmière tuées à Pau – Un homme de 21 ans, Romain Dupuy, débarque au Centre hospitalier des Pyrénées, à  Pau, tuant avec un couteau une aide-soignante et une infirmière. Trois ans plus tard, la cour d’appel de Pau confirmera la relaxe psychiatrique de la première instance.

2005 – 18 décembre : SOUS-MARIN « PROTEE » – A 9h30, à la Seyne-sur-Mer s’est tenue une cérémonie en hommage aux disparus du sous-marin Protée ; cette commémoration s’est déroulée au carrefour portant le même nom. La Marine Nationale était représentée par une délégation en arme de la préparation militaire de la Seyne-sur-Mer et les autorité militaires du CIN de Saint-Mandrier. Deux allocutions furent prononcées, c’est d’abord Monsieur Moralès, seul survivant du sous-marin qui prit la parole, suivi par le 1er Adjoint au maire de la Seyne-sur-Mer. La célébration se termina par un dépôt de gerbes. Information communiquée sur le net le 18 décembre 2013 : « C’est un hommage au marin Raymond Morales qui a été rendu. A l’époque, tout l’équipage avait péri sauf cet homme qui n’avait pas embarqué comme prévu, échangeant son jour de repos à terre avec son meilleur ami. Ses cendres viennent d’être déposées sur l’épave. Il a rejoint ses amis de l’époque comme il le souhaitait ».

2009 – 18 décembre : Agriculteurs en colère Une centaine d’agriculteurs du syndicat Jeunes Agriculteurs d’Ile-de-France ont déversé jeudi matin, peu avant 7h, de la paille devant l’Elysée, à Paris, avant d’être dispersés à coups de gaz lacrymogène par la police. « Sarkozy trahison », « Agriculteurs en colère« , ou « Travailler plus pour crever plus », pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants).

2012 – 18 décembre : Hommage au sous-marin Protee à La Seyne-sur-mer et à Toulon – Extraits du texte de nos amis de l’amicale de Toulon, Rubis : « La journée du 18 décembre 2012 a été choisie pour rendre un hommage à l’équipage du sous-marin Protée, disparu en mission après son appareillage d’Alger le 18 décembre 1943, pour une patrouille vers les côtes de Provence, plus particulièrement dans un secteur au sud-est de Marseille, lui permettant de suivre l’activité d’entrée et sortie du grand port provençal » (voir à la date du 18 décembre 1943 ce que nous avons écrit à ce sujet). « La première cérémonie, organisée par l’AMMAC de la SEYNE SUR MER, commune qui a vu la naissance du « Protée » et son admission au service actif le 1er novembre 1932, a eu lieu à 10 h à la stèle du sous-marin « Protée » au rond-point de Saint-Elme à la SEYNE SUR MER. Etaient présents : les représentants de la municipalité, une garde d’honneur de la préparation militaire (PMM) de la SEYNE SUR MER, le capitaine de corvette commandant en second du sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) « Perle » représentant le préfet maritime, Monsieur Dermot O’DONOVAN, officier de réserve de la Royal Navy représentant les familles des marins britanniques disparus, les présidents de l’AMMAC de la SEYNE SUR MER, de l’AGASM Pégase de NICE, de l’AGASM Casabianca des Bouches du Rhône, de l’AGASM Rubis de TOULON et du VAR, les représentants des associations et les porte-drapeaux. Des anciens étaient aussi présents : Pierre FAVREAU et Raymond MORALES, respectivement anciens des sous-marins « Casabianca » et « Protée ». Monsieur Jean-Pierre CASE, fils du maître mécanicien Jean CASE du « Protée », a honoré la mémoire de son père. Après un repas pris en commun au restaurant « La Vague d’Or » aux Sablettes, nous étions à nouveau réunis à 14 h 30 au Monument National des Sous-Mariniers, avec les mêmes acteurs, pour un hommage auquel ont été associés : le sous-marin « Narval » coulé par mine le 19 décembre 1940 au large de la Tunisie (50 disparus), le sous-marin « Sfax », torpillé par l’U37 au large du cap Juby, à la même date, le 19 décembre 1940 (64 morts). Les deux cérémonies étaient rehaussées par une forte présence des trois amicales de l’AGASM : CASABIANCA – PEGASE et RUBIS – ainsi que les représentants de l’AMMAC de la SEYNE SUR MER. »

2013 – 18 décembre : SOUS-MARIN « PROTEE » – « C’est un hommage au marin Raymond Morales qui a été rendu. A l’époque (cf. 18 décembre 1943), tout l’équipage du sous-marin « Protée » avait péri sauf cet homme qui n’avait pas embarqué comme prévu, échangeant son jour de repos à terre avec son meilleur ami. Ses cendres viennent d’être déposées sur l’épave. Il a rejoint ses amis de l’époque comme il le souhaitait ».

2016 – 18 décembre : Météo (La Mitre, Toulon), à 8 h 00 – Temps clair et ensoleillé. Température : 8° C à 8 h ; maxi : 23° à 12h. Précipitations : 0%. Humidité : 87%. Vent : 13 km/h.

2017 – 18 décembre :

– INTERNATIONAL – Président du Parti populaire autrichien (OVP) et ministre fédéral de l’intégration, des Affaires européennes et internationales, Sebastian Kurz est nommé chancelier fédéral d’Autriche et devient à 31 ans le plus jeune chef de gouvernement du monde.

– Météo SANARY à 6 h 00 – Averses éparses. Température : 3° C à 7 h ; maxi : 10° à 12h. Précipitations : 40%. Humidité : 59%. Vent : 27 km/h.

2018 – 18 décembre : L’Association de Marins et Marins Anciens Combattants (A.M.M.A.C.) organise le mardi 18 décembre à 10h30 une cérémonie commémorative en souvenir du 75ème anniversaire du naufrage du sous-marin Protée et pour honorer la mémoire des 74 membres d’équipage disparus. Rendez-vous : rond-point du sous-marin Protée à Saint-Elme.

2020 – 18 décembre : « UNE » DE VAR-MATIN –

Le président de la République testé positif à la Covid-19. A l’isolement, Jean Castex annule sa visite dans le Var.

LOGEMENT SOCIAL : votre ville est-elle mise à l’amende ?

SANARY-BANDOL : opération sécurité dans les trains.

2021 – 18 décembre : METEO POUR SANARY : journée ensoleillée avec un minimum de 4° à 7h et un maximum de 15° à la mi-journée. Le vent ne dépasse pas les 10 à 15 km/h dans la journée et la nuit suivante. Des nuages apparaissent à partir de 22h, annonciateurs de pluie pour le lendemain

EN DIRECT DE NOS ARCHIVES :

Sanary, l’îlot des pêcheurs vers 1930 (coll. H. Ribot)

SANARY-SUR-MER – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES. 147e livraison:

Anse de Sanary, 1376, débarquement dans l’anse de Sanary, de Sainte-Catherine de Sienne en 1376, Cette dernière était allée chercher le Pape Grégoire xl à Avignon et le ramenait à Rome en bateau. Une tempête l’ayant rendue malade, elle avait préféré débarquer. Elle n’est remontée à bord qu’au Lavandou, après quelques jours passés à terre. Delattre G., Saliceti P., 2002 : Chapelle Sainte-Catherine, des sœurs de Saint-Dominique : Elle n’a pas existé très longtemps. Mentionnée en 1777, elle est vendue comme bien national à la Révolution à Jean-Pierre Martin, le 24 fructidor An IV pour 108 F. Elle se trouvait sur le quai Sainte Catherine, au départ de la Montée Notre-Dame, actuellement 14 Boulevard Courbet. Elle commémorait le débarquement dans l’anse de Sanary, de Sainte-Catherine de Sienne en 1376, Cette dernière était allée chercher le Pape Grégoire xl à Avignon et le ramenait à Rome en bateau. Une tempête l’ayant rendue malade, elle avait préféré débarquer. Elle n’est remontée à bord qu’au Lavandou, après quelques jours passés à terre. Pour sa traversée de Toulon, les Toulonnais étaient venus au-devant d’elle, et l’ont ensuite raccompagnée. Le carrefour où ils l’ont accueillie, a été marqué par une Chapelle dite de Bon-Rencontre. A l’endroit où ils l’ont laissée, a été élevée une Chapelle Sainte-Catherine qui a donné son nom au quartier.

1890 – Construction d’un parapet au-dessus de la carrière de pierres de M. Gilardo aux Baux, à Sanary, daté de 1890. Au cours de l’année 1890, on construisit en haut de la carrière de pierres, exploités par M. GILARDO, un parapet pour éviter tout accident fâcheux aux passants. Il domine à présent les immeubles construits dans l’ancienne carrière (Rotger B., 1984, p. 455).

1933 – octobre : Guindon J.-P., Service du Patrimoine de Sanary : Lion Feuchtwanger figure sur la première liste des citoyens à être déchus de leur nationalité. Exilé sur la Côte d’Azur en 1933, il s’installe avec Sa femme Marta à l’Hôtel de la Réserve à Bandol. Peu de temps après, ils emménagent dans la Villa Lazare, restant on contact avec Julius Meier-Graefe, René Schickelé, Heinrich et Thomas Mann. En octobre 1933, le terrain escarpé qui descend jusqu’à la mer fut le théâtre d’un drame qui faillit coûter la vie à Lion, mais aussi à Bertolt Brecht et Arnold Zweig, venus lui rendre visite. L’automobile du couple dévala la pente et se dirigea vers le groupe des trois hommes occupés à discuter on regardant la mer, Marta réussit à faire dévier le véhicule, mais eut une jambe cassée dans l’accident. C’est de chez Aldous Huxley, qui habitait à peu de distance, que l’on put appeler des secours (Guindon J.-P., Service du Patrimoine de Sanary).

(à suivre)

MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS – 346e livraison :

Vu en escale au quai des Belges, dans le Vieux Port, ce Laté 21 effectuait la liaison régulière Marseille-Alger à partir de 1926.

124[6] – [1-11] juillet [: Marseille. Emprunt pour trois ans par Barral des Baux, fils du feu vicomte Hugues, à la commune de Marseille de 1100 livres de royaux coronats ; engagement des deux tiers d’Aubagne et du château de Roquefort.] In nomine Domini, anno incarnationis ejusdem millesimo ducentesimo quad(quadragesimo)… julii. Notum sit tam presentibus quam futuris quod ego, Barralus, dominus de Baucio, filius quondam domini Hugonis de Baucio, confiteor et in veritate recognosco vobis, Guillelmo de Mari et Petro de..ntibus (Petro de Templo presentibus), nomine dicti comunis et pro eo, me a vobis habuisse et recepisse mutuo et ex causa mutui,gratis et amore, tradentibus, nomine dicti comunis Massilie et pro eo, mille et centum libras regalium coronatorum quas  (Confiteor) habuisse et recepisse, renuncians inde, etc. Quas predictas mille et centum libras  promitto vobis dictis syndicis…[syn]dicis comunis Massilie locum vestrum in postea tenentibus, dare et solvere in pace ab hoc festo sancti Michaelis proxime venientis usque ad tre annos proximos continue completos; pro quibus mille centum libris oblig[o]…dicti castri Albanie et dicti castri de Rochaforti…Testes interfuerunt: Guillelmus de Laurias, Raymundus Dalmatius, Jacobus Vaivaudus, Raimundus de Rocaforti… (Acte 525 des vicomtes de Marseille, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. A. La Major, Chartes originales, n° 75; IND. Dr Barthélemy, Inventaire, n° 307.)

1249 – 26 mars : l’évêque de Marseille donne à Montrieux 738 émines de froment, afin de construire une maison à Marseille –  Montrieux – Benoît d’Alignan, évêque de Marseille, donne au monastère de Montrieux 738 émines de froment, afin que les chartreux puissent ainsi subvenir aux dépenses de la construction d’une maison sise près du couvent des Frères Mineurs de Marseille, en remplacement de celle que Montrieux possédait près de l’hôpital Saint-Michel, et que l’évêque a affectée aux religieuses de Notre-Dame de Sion. Témoins :] Stephanus de Podio, Guillelmus de Monvenres, Bertrandus de Corrodis, Hugo Johannis, Imbertus de Valle de Piscibus, Johannes de Manuascha, Bartholomeus, Bertrandus Audeberti, Hugo de Miramars Guillelmus de Talart, Guillelmus de Berra, Poncius de Turribus, Durandus de Durfort. [Notaire :] Guillelmus Lamberti. (Boyer R., 1980, Acte 305, cartulaire de Montrieux, p. 643, acte non transcrit dans le cartulaire de Montrieux).

LA SEYNE-SUR-MER. 59e livraison : LES COURS D’EAU DE SICIÉ (extraits du Cahier du Patrimoine de l’Ouest varois n°14, en vente à Charlemagne, La Seyne et Toulon). Les sources du bord de mer –

(La batterie du Cap Sicié , diapositive de Gérard Delattre)

Nous avons affaire ici à des points d’eau qui souvent ne doivent leur persistance qu’à la pugnacité des hommes fréquentant ces lieux (militaires, campeurs, chasseurs, pêcheurs, naturistes, etc.). Ayant toutes le même type de résurgence, elles sont sujettes aux glissements des plaques de lauvisses qui, chaque année, viennent obturer les captages.

Les gouttes d’eau de la Chinoise

Si on continue notre progression vers les plages du Jonquet, on arrive en dessous de la deuxième des trois descentes d’escaliers qui ont été réalisées pour essayer en vain de domestiquer et de civiliser ce coin du littoral. Là, juste avant d’atteindre le rocher du Bœuf, quelques gouttes d’eau se frayent un chemin laborieux à travers un agglomérat de grès et de lauvisse. On a pris l’habitude de nommer ce lieu, « les gouttes d’eau de la Chinoise », en souvenir d’un vieux couple amoureux de toute cette côte qui, au fil des années et de leurs capacités physiques se sont repliés petit à petit depuis la pointe de la Garde Vieille jusqu’à cet endroit avant d’émigrer vers la Verne où ils continuent, malgré leur quatre-vingts printemps, de taquiner les bavarelles, les gobies et les rascassons avec une même ferveur.

Les sources du Jonquet

Dans les années cinquante, alors que cette grande plage était encore souvent déserte et pas encore envahie par les naturistes, il existait un point d’eau diffus qui selon les années se laissait entrevoir dans le bas de l’éboulis. Au début des années soixante-dix, une source finit par voir le jour sous l’action répétée d’une poignée d’irréductibles pionniers des clubs naturistes locaux. Ils firent de ce nouveau domaine légalement prélevé aux « textiles » par des textes de loi, la plage principale qui fut rapidement embellie par des agaves, aloès, géraniums et roseaux. Elle fut curée régulièrement et bénéficia d’un grand nombre d’aficionados qui, hiver comme été, se relayaient à son chevet, lui conservant d’une année sur l’autre un aspect civilisé. Des tapis de griffes de sorcières cohabitent avec des coussins de belle-mère à la plus grande satisfaction des nombreux utilisateurs. On l’a d’ailleurs rebaptisée « La Fontaine », tellement elle donne à toute la plage l’apparence d’un fragment de village ! Depuis quelques années, une seconde source fut aménagée pour désengorger la première. Avec le même soin, elle eut droit à son lot de restanques et de fleurissement. Malgré des fluctuations de débit dues aux sécheresses estivales, pour l’instant, elles remplissent scrupuleusement leur office (à suivre).

COURTE BLAGUE DU JOUR : Dans un pré, un peintre rencontre un berger et il lui dit

Thibault (7 ans) est tranquillement installé à regarder des dessins animés sur sa tablette. Il est exaspéré par son petit frère qui s’accroche continuellement à lui en lui répétant :

  • Viens jouer avec moi, viens jouer avec moi ! »

Au bout d’un moment, exaspéré, Thibault lui répond :

  • Si tu étais un jouet, je commencerais par te retirer tes piles !

Nous sommes le 18 décembre 2023. L’hiver est pour bientôt, et il est 8 heures. J’arrête ici ces éphémérides et vous souhaite un bon lundi à tous.

Ce sera tout pour aujourd’hui.

Affectueuses pensées à Isabelle, Olivier, Raphaël et Webber qui s’apprêtent à nous rejoindre pour passer Noël en famille à Sanary. La crèche terminée, les cadeaux vont pouvoir affluer, mais pour cela, il va falloir écrire des lettres au Père Noël puis les porter à la boîte qui se trouve devant la mairie.

A demain !

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