ÉPHÉMÉRIDES DU MERCREDI 11 OCTOBRE 2023 – 12e ANNÉE (n° 4001)

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Entrée de l’ouvrage de la Pointe du Cerveau (commune de Sanary, cl. H. Ribot)

Information : par suite d’une série d’interruptions de ma page Facebook par les censeurs du dit Facebook, j’informe tous les amis qui suivent mes chroniques sur la page Facebook mentionnée et dans celles des groupes de Marseille, Sanary et La Seyne dans lesquels j’interviens, que j’arrête dorénavant de publier mon pensum journalier sur Facebook (après 4000 jours écoulés depuis le premier) pour réserver à mon seul site mes éphémérides. A eux de décider s’ils veulent récupérer ou non ce que j’écris et de le diffuser sur leurs propres pages.

FETES :

En ce 20e jour du calendrier révolutionnaire An II dédié au pressoir, souhaitons une bonne fête aux 3100 Firmin de France qui tiennent leur prénom du quatrième évêque d’Uzès dans le Gard (538-553).

DICTON

souhaitons que ne se vérifie pas trop vite le dicton du jour qui dit : « A la saint Firmin, l’hiver est en chemin ».

PENSEE

« Si l’on m’enlevait tout ce que les autres m’ont donné, il me resterait peu de choses »» (Georges Brassens, « Les chemins qui ne mènent nulle part – Réflexions et maximes d’un libertaire, » Le cherche midi, 2008, collection Brassens d’abord dirigée par Jean-Pierre Liégeois, 2011 pour la présente édition, 160 p.

ÉPHÉMÉRIDES

Alexandrie (Egypte, cl. H. Ribot)

1214 – 11 octobre : DONATIONS A LA MAJOR DE MARSEILLE – Fait à Montélimar. Giraud Adémar, seigneur et vicomte de Marseille, et sa femme la vicomtesse Mabile confirment à l’église de la Major tout ce que Pierre Bermond, ancien prévôt, lui a laissé ; ils lui concèdent le privilège d’acquérir sans leur consente­ment des biens sur leurs domaines en l’évêché de Marseille. Ils sont reçus en l’association des œuvres pies de ladite église. (acte des vicomtes de Marseille n° 375, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : B. La Major de Marseille, Livre jaune, fol. 5. a. Albanès et Chevalier, Gallia .. . Marseille, n° 210. Ind. : Albanès et Chevalier, Ibidem, n° 1144). Rappelons que la Major (la Principale) désigne l’église cathédrale de Marseille, tout comme la Maire des eaux désigne la source principale.

1274 – 11 octobre : DES HABITANTS D’OLLIOULES PEUVENT UTILISER UNE SOURCE SITUEE A SIX-FOURS – Suivant l’acte passé le 11 octobre 1274, portant pouvoir à Monseigneur l’archevêque Darlen de juger et décider les différents entre les communautés des lieux d’Ollioules et de Six-Fours, à raison de l’aigage ou arrosage, ledit Seigneur archevêque, par sa sentence, entre autres, aurait ordonné que les habitants du château d’Ollioules, ayant des possessions au terroir de Six-Fours et quartier de la Farlède ; puissent abreuver leurs animaux laboureurs, avec leurs poulains et veaux, dans la fontaine du quartier de Berte (Berthe), jusqu’à ce que la fontaine ou abreuvoir du quartier de la Farlède fut fait. Dans lequel, commodément et suffisamment, lesdits particuliers d’Ollioules, puissent abreuver lesdits animaux de labour, avec leurs poulains et veaux. Et ladite fontaine ou abreuvoir étant fait, cesseront d’abreuver lesdits animaux dans ladite fontaine de Berte. Il est à noter que la source de Berte n’a jamais été fontaine en sa source, étant icelle environ une canne et demi sous terre, et l’abreuvoir de la Farlède était, comme il est encore, un puits qui est au coin et proche le viol (sentier) de la terre ci-devant ollivière, qui a été possédée, et qui appartenait aux hoirs de Venturon Porquier, et qui a été ensuite possédée par feu sieur Melchior Audibert, et à présent par (Denans a laissé cette partie en blanc). Auquel puits, en l’année 1682, fut posé une pierre aux armes de la communauté de la Seine, laquelle fut arrachée par un particulier qui n’y avait aucun intérêt et qui la jeta dans le puits où apparemment elle est encore. Il est aussi porté par ladite sentence, que les habitants de Six-Fours, sans aucun empêchement et contradiction des habitants d’Ollioulles, pourront prendre l’eau de la Repe à leur usage et de leurs possessions, à certains jours et heures ainsi que, entre eux, habitants d’Ollioules, ont accoutumé de la distribuer et s’aporcioner (s’approprier) jusque dans le terroir de Six-Fours, et qu’elle soit au-dessous dudit terroir. Il est aussi porté que les habitants d’Ollioulles pourront abreuver leurs animaux de labour, avec leurs veaux et poulains, au puits du quartier de pépiolle, proche la chapelle dudit quartier. Après cette sentence, les communautés d’Ollioulles et de Six-Fours eurent quelques contantions (contentieux), à raison de l’arrosage de leurs terres, ce qui fut terminé par transaction reçue par Maître Du Val, notaire, en date du premier mai 1408, passée entre Maître Jean Aycard, notaire, Guilhem Isnard et Anthoine Lombard, constitués, et intervenant pour la communauté de Six-Fours, d’une part, et Maître Jean Bertrand, notaire, Noble Hugues Reynaudi, et Rainaud Marin, procureurs constitués par la communauté dudit Ollioulles, par laquelle serait (aurait) été accordé et convenu que les habitants de Six-Fours pourront aller prendre l’eau de la Repe, ainsi qu’il est porté par la sentence du Seigneur archevêque Darlen, ci-dessus mentionnée, ces titres sont conservés aux archives de Six-Fours. D’ailleurs, sur les différents arrivés entre Anthoine Pairan, du lieu d’Ollioulles, Pierre Portal dit Amic, rentiers des propriétés des terres de Pierre Astour, et Pierre Tenllier, rentier de celle de Claude Roux, situées au terroir de Six-Fours. Y ayant eu procès à raison de l’arrosage desdites propriétés, par-devant la Cour, par l’arrêt rendu par ladite Cour du 6 novembre 1584, entre autres, il leur aurait accordé d’aller prendre l’eau de la rivière de Repe. Il serait encore arrivé une contention (un contentieux) à raison du même arrosage des terres du terroir de Six-Fours et quartier de Camcebié et bassaquet, entre Jacques Forton, hoste du lieu d’Ollioulles, qui voulait empêcher qu’on n’allât pas prendre l’eau de la Repe, pour la faire dériver audit terroir de Six-Fours, contre Marguerite Martinenque, veuve d’Estienne Curet, de la Seine. A raison dequoi, y ayant eu procès par-devant la Cour du Parlement, et qu’après le décès de ladite Martinenque, fut poursuivi par Henri Curet, son fils. La Cour par son arrêt, en contradictoire jugement du (Denans a laissé en blanc), aurait maintenu ledit Curet à la faculté et possession d’aller prendre d’eau à la rivière de Repe, et la faire dériver pour l’arrosage de son fonds, situé au terroir de S-F, ainsi qu’il est porté par la susmentionnée sentence (Jean Denans, 1713).

1308 – 11 octobre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Cales (charte aux archives de Saint-Victor). Lascours – quartier rural, commune de Marseille, quartier de Sainte- Marguerite. Première mention : Cotes, vers 1020 (cartulaire de Saint-Victor, n°27).

1309 – 11 octobre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Sanctus Tronus (charte aux archives municipales). Saint-Tronc, hameau, commune de Marseille, quartier de Saint-Loup. L’église de Saint-Tronc dépendait de la paroisse de Saint-Martin (1872).Première mention : Centro, XIe siècle (cartulaire Saint-Victor, n° 36) puis Centrones, 23 avril 1040 (ibid., n° 52). Le nom de ce hameau a conservé une appellation de lieu très ancienne, modifiée par le nom donné à la chapelle de Sainte-Croix, par allusion au bois ou tronc de la croix du Sauveur. Il y avait autrefois en cet endroit un cou­vent de religieuses de Saint-Benoît, dont les ruines exis­taient encore au commencement du XVIIIe siècle (Calendr. 4713, pag. 176). Destruction totale de la chapelle Sainte-Croix à la révolution.

1340 – 11 octobre : QUI FUT GUY DE MONTFORT que mentionne une légende de Cuges ?  Fils de Robert VII, comte de Boulogne et d’Auvergne, et de sa seconde épouse Marie de Flandre, le cardinal Guy de Montfort naquit à Boulogne. Il était le petit-neveu de Louis IX, roi de France, et le grand-oncle de Robert de Genève, futur pape d’Avignon sous le nom de Clément VII. Sa demi-sœur était la seconde épouse de Jean II le Bon, il était aussi apparenté par son père à Charles le Mauvais, roi de Navarre, et par sa nièce, Marie de Boulogne, aux vicomtes de Turenne. Ce fut Clément VII qui le propulsa au plus haut niveau en le plaçant d’abord sur le siège épiscopal de Lyon, le 11 octobre 1340. Puis, lors du consistoire du 20 septembre 1342, il le nomma cardinal-prêtre de Sainte-Cécile (Salvador Miranda, Cardinal Guy de Boulogne, University Park, Miami, FL 33199, 2009). Sa première Livrée occupait l’actuelle rue Joseph Vernet et descendait jusqu’aux rives du Rhône. Lors de la construction des remparts d’Avignon, cette Livrée fut coupée en deux. Le cardinal de Boulogne s’installa alors dans celle d’Annibal de Ceccano puis  devint l’un des prélats les plus en vue du Sacré Collège. Le 14 février 1350, il présida à Padoue au transfert des reliques de saint Antoine dans la nouvelle église.

1358 – 11 octobre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Turris de Serveriis (charte aux archives municipales). Servières lieu-dit, commune de Marseille, quartier du Cannet. Cette tour et le quartier tirent leur nom de Johannis de Serveriis, mentionné le 14 octobre 1303 dans un acte notarié.

1359 – 11 octobre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Garbias (charte aux  archives municipales). Garbier,  quartier rural,  commune de Marseille,  quartier de Saint-Charles.  Première mention : Territorium de Garberiis, 17 avril 1164 (privilège de l’Empereur Frédé­ric, aux archives de l’Evêché). Au début du XVIIe siècle, il y avait déjà quelques agglomérations dans le quartier : une à la Belle de Mai proprement dite, une autre vers Bon Secours, un troisième vers les Chutes-Lavie (notice de l’abbé Savoie, 1935-1936). A cette époque, existait le chemin appelé Chemin de Garbiers qui, par la suite, devint « boulevard St-Charles » et aujourd’hui « Camille Flammarion ». Commençant à la porte fortifiée de l’Annonerie (remplacée par la porte d’Aix) ce chemin traversait le quartier Bernard-du-Bois, suivait le tracé du boulevard Saint-Charles (Camille-Flammarion) et aboutissait au chemin d’Allauch. A l’entrée du chemin, se voyait l’ossuaire des Israélites. Peu à peu, le haut du quartier fut appelé « Saint-Charles », tandis que le bas du quartier désignait plutôt la Belle de Mai. Le 4 février 1614  (archives communales), la veuve Jean Barreau, née Bouzelle, fait donation d’un terrain situé au quartier de Garbiers pour y construire une chapelle qui serait consacrée à Saint-Charles Borromée, évêque de Milan. Cette première chapelle se trouvait à la rue Jobin, à l’intersection des terrains où se trouvent la Manufacture du Tabac et le couvent des religieuses « Victimes » de la rue Levat (L.A., 1986). C’est cette chapelle qui donnera par la suite le nom de Saint-Charles à tous les quartiers avoisinants (gare, cimetière, lycée, caserne).

1365, probablement le 11 octobre : Le pape Urbain V vient s’assurer de la bonne réalisation des travaux conduits à Saint-Victor. Marseille l’accueille somptueusement : il est reçu à l’église Saint-Lazare, aujourd’hui au débouché de l’autoroute A7, par l’évêque Guillaume Sudre. Le pape, entouré de ses cardinaux, gagne ensuite le couvent des Trinitaires, la place de Lenche, les Accoules, puis Saint-Victor. Urbain V confirme l’affranchissement de la juridiction épiscopale, Saint-Victor dépend directement du pape.

1600 – automne : Interdiction, sous peine de quatre écus, de vendanger avant le 11 octobre à cause de l’insuffisante maturité des raisins (Arch. Du Var, BB 4 fo 131 v°. Louis Honoré, « Récoltes anormales en Basse-Provence (1540-1817), Institut Historique de Provence, 1929, p. 214-224).

1666 – 11 octobre : Début du procès relatif à l’extraction de serpentine à la Môle par suite de la requête adressée par Jean de Gautier au Sénéchal d’Aix de la valeur à dire d’expert du marbre (serpentine) que l’économe de la Verne a fait emporter de la carrière de la Mole.

1720 – 11 octobre :

1. Le 11 octobre, un décès de la peste à Bandol, il s’agit de Anne, femme de RIOUX (Cayol M., 1980).

2. Cancelin, qui introduisit la peste à Toulon, meurt le onze octobre à Toulon (id.).

1721 – 11 octobre : COMPOSITION D’UN « MAGASIN » DE PÊCHEUR SANARYEN – Cancelin possédait un « magasin » à Sanary qui, le 11 octobre 1721, fut ouvert pour être « parfumé » et con­tenait deux pièces de sardineaux, une pièce bâtarde, deux escombrières, une dauguiere, une voile à bateau, dix-neuf signaux, un fer de bateau, dix-neuf signaux, un fer de bateau, etc. lesquels furent mis à tremper dans la mer et remis à Pierre VIDAL désigné comme séquestre. Nous retrouverons plus loin, ce mode de désin­fection.

1746 – 11 octobre : Une fois encore dans le cours de cette guerre de Succession d’Autriche, le maréchal de France Maurice de Saxe remporte une victoire à Rocourt sur les Autrichiens, pour le roi Louis XV.

1779 – 11 octobre : VAUDRAN – Maître Estubi, notaire, enregistrait la cession du domaine de Vaudran qui s’appelait encore Vau-Vaudran. Lieu-dit, commune de Marseille, quartier de la Valentine (Mortreuil, 1872), au 68 Impasse des Vaudrans, 13011 Marseille (tourisme-marseille.com). Pascalis de la Systrière le vendait 14.800 livres au Sieur François Gabriel. Dès son accession au Domaine, Jouvin y planta des centaines de cèdres du Liban ; des arbousiers et nombres d’essences inconnues de la région dont des essences rapportées d’Afrique tels que des arbres à écorces rouges introuvables ailleurs. Il fit creuser de nombreux puits et aménager des kilomètres de bordures fleuries et de bancs en pierres ou en béton. Mais Vaudran ne se limitait pas à une poignée d’hectare. Jouvin avait acquis des kilomètres de terres en arrière du château. Protégées par une immense muraille en pierre haute de plusieurs mètres de haut, avec un sommet taillé en pointe hérissé de débris de verre, elle était destinée à décourager d’éventuels visiteurs indésirables. Vaudran avoisinait un autre domaine encore plus impressionnant : celui de la Salette avec sa chapelle de Notre-Dame de la Salette.

1789 – 11 octobre : La présence du roi à Paris semble avoir apaisé la population de la capitale. Les Parisiens sont convaincus que, séparé des contre-révolutionnaires de la Cour, le roi prendra désormais les mesures favorables à l’achèvement rapide de la Constitution. En effet, le peuple a toujours une grande tendresse et une grande confiance dans la personne de son roi : sa présence dans la ville est ressentie comme un remède à tous les maux (Agenda du Bicentenaire, DIMANCHE 11 OCTOBRE).

1790 – 11 octobre :

1. SURVIE DES ORDRES RELIGIEUX -Bien que les Ordres Religieux soient dissous par l’Assemblée Constituante, la possibilité de vie Commune était laissée aux anciens religieux qui se regroupaient en une maison, quel que soit leur Ordre d’origine. Un décret du 11 octobre 1790 précisait qu’ils devaient être au minimum 20 (Louis Baudoin, 1965).

2. CRÉATION D’UN POSTE DE PIÉTON CHARGE DE PORTER LE COURRIER A SANARY – Création d’un poste de « piéton » chargé de porter et de ramener du Bureau de Poste d’Ollioules, le courrier de l’administration et des particuliers de Sanary. Par délibération de 1789, le Conseil de Saint-Nazaire avait demandé l’autorisation de dépense pour la création d’un poste de « piéton » pour porter le courrier au Bureau de Postes d’Ollioules et en rapporter lettres et papiers pour les Sanaryens. Il faudra attendre le 11 octobre 1790 pour que le directoire du district adresse un arrêté du département concernant la création de cet emploi. Ce « piéton » était chargé de porter les lettres trois fois par semaine et de prendre les lettres arrivées pour les porter au domicile des habitants. Il devait également porter à Toulon, Directoire du District et du Département, toutes le dépêches de la commune. A partir de là, le commis de poste d’Ollioules ne put plus refuser de remettre le courrier au messager de Saint-Nazaire. On désigna Toussaint Daniel, fils de Louis, cordonnier. Une boîte en fer blanc fut apposée sur son échoppe. On peut ainsi dire que c’est en octobre 1790 que la première poste commença de fonctionner à Saint-Nazaire (A. Place, H. Ribot, B. Rotger, 1982 ; Rotger B. 1984, p. 273)

1793 – 11 octobre :

1. PROPOS DE « LESE-BATAILLON DU BEAUSSET » – Le 11 octobre, alors que le bataillon du Beausset est toujours au Revest, Portal exige de faire traduire devant lui Pascal Bonifay qui a tenu, au village, « certains propos scandaleux sur le compte de notre respectable bataillon »

2. LES SANARYENS DOIVENT FOURNIR HUILE ET ECLAIRAGE A UNE BATTERIE – Lettre de Barras, commandant l’artillerie à Toulon, à Sanary, du 11 octobre 1792, pour fourniture d’huile et de chandelle à la batterie de la Cride.

3. SOUSCRIPTION DES SANARYENS POUR ACHETER DU BLE – Le 11 octobre, la Société populaire décida  l’ouverture d’une souscription, confiée au zèle du curé Pierre Julien et de trois autres commissaires Roustan, Geoffroy et Granet. Ils recueillirent 10.878 livres 10 sols. Les commissaires du comité des subsistances Guigou, Cay, Gautier et Trotabas devaient avec cette somme, recueillie avant le 27 octobre, soit en quinze jours environ, et d’accord avec la municipalité, faire des achats de blé. Cette somme comprenait 5.600 livres en assignats d’une valeur supérieure à 100 livres n’ayant pas cours, de telle sorte que la souscription était réduite à 6.278 livres 10 sols. Deux Sanaryens : Jean Granet et Pierre Fabre, versèrent 1.200 livres chacun.

4. SABORDAGE D’UN NAVIRE FRANçAIS A LIVOURNE – Quatre jours après l’affaire de la Modeste à Gênes, un autre vaisseau anglais s’empara de la même manière de la frégate Impérieuse dans le port de la Spezia ! Outrés, croit-on, d’avoir assisté à de telles perfidies contre leurs compatriotes, des matelots du Scipion mirent le feu à la cambuse alors qu’il était mouillé devant Livourne et, en l’espace de deux heures, ce vais­seau disparut dans les flammes avec quatre-vingt-six hom­mes de son équipage et son commandant : Degoy.

5. Analysons quelques délibérations du Comité de Salut Public de Saint-Nazaire. Les 11 et 12 octobre fut dressée la liste générale des personnes se trouvant « dans la traite ville de Toulon, soit avant ou après l’arrivée du général Carteaux. Elle comprenait : 1° Jérôme Fournier, Laurens Deprat, Charles Hermitte, Antoine Aicard, Barthélémy Reboul, Jean André, Calixte Roustan, Laurent Sabatier, Jean-Louis Reboul, Joseph Reboul, Antoine Andrac, Toussaint Andrac, Joseph Lien, Antoine Deprat, Nazaire Daniel et Deloulle, tous embarqués sur les vais­seaux de la République ; 2° Jean-Louis Arnoux, Barthélémy Vidal et son fils, Jean Allègre, Louis Comte, Pierre Armelin et son fils, Cyprien Vernet, François Vernet, Nicolas Dugué, Jean Mistre, employés à l’Arsenal ; 3° Jacques Fournier, pa­tron d’un bâtiment de la côte, Duvignos, commissaire de la marine, habitant Toulon, Hédouin, officier d’artillerie, marié à Sanary, Jean Gautier fixé à Toulon depuis 15 ans, Grâce Andrac, mariée à Toulon depuis 12 ans, Jean-Jacques Verdillon au service de la République, soit en tout 33 personnes. La femme et les enfants, le cas échéant, de 3 personnes seulement s’étaient réfugiés, disait-on, à  Toulon ; la sœur de 2 autres avait pris la même détermination. Le 14 octobre furent ajoutés à ce tableau, deux citoyens habitant Toulon : Joseph Aicard, officier bombardier dans cette ville, possédant des immeubles à Saint-Nazaire, et Jean-Joseph Tournaire, embarqué sur les vaisseaux de la République. Trois noms de Toulonnais, propriétaires de biens à Sanary, furent encore relevés (22 octobre).

-1794 – 11 octobre (20 vendémiaire an III) : RÉQUISITION DU VIN DU BEAUSSET – Le 20 vendémiaire (11 octobre), le vin du Beausset est réquisitionné pour le service de la marine. Il est défendu aux citoyens du Beausset « d’en vendre à qui que ce soit, excepté pour la consommation de la commune ». C’est qu’à Toulon-Port de la Montagne, les représentants du peuple en mission s’activent pour remettre en état la marine de guerre de la République.

1797 – 11 octobre : Traité de Campo Formio, confirmant les préliminaires de Leoben. 18 octobre: traité de Campoformio avec l’Autriche, elle reconnaît à la France la possession de la Belgique. Le régime dépendait de plus en plus des généraux qui faisaient des conquêtes et envoyaient à Paris une partie du butin qu’ils accumulaient. Bonaparte remporta en Italie du Nord des victoires éclatantes en innovant avec audace. Il administra avec autorité et talent ses conquêtes, renfloua les caisses de l’État et signa la avec paix l’Autriche (octobre 1797).

1799 – 11 octobre :

1. Marseille apprend par des crieurs publics que Bonaparte, revenant d’Égypte, vient de débarquer en Provence. Le soir, la ville s’illumine. Un mois après, l’événement du 18 brumaire et accueilli avec enthousiasme(Louis Tavernier, 1973).

2. « Ariodant », opéra de Méhul. Drame mêlé de musique en 3 actes sur un livret de Hoffman d’après l’Orlando Furioso d’Arioste (création, Paris, Salle Favart, 11 octobre 1799).

1810 – 11 octobre : SURVEILLANCE DU CORPS ENSEIGNANT – Si les instituteurs, ne recevant d’ailleurs rien de l’Etat, étaient peu rétribués par les familles, ils étaient en revanche étroitement surveillés par le clergé (En qualité de chef de l’enseignement catholique, l’évêque surveille l’enseignement religieux dans toutes le maisons d’éducation publique ou privée de son diocèse – Loi du 18 germinal an X, art. 23) et surtout par les agents du gouvernement qui se préoccupaient fort de leurs principes d’éducation et particulièrement de leurs idées politiques. Nous en trouvons la preuve dans la circulaire adressée aux Maires par le sous-préfet de Toulon le 11 octobre 1810, voir plus loin : ] « je désire que vous me fassiez connaître confidentiellement votre manière de penser sur les principes des professeurs, sur les textes qui servent de composition aux élèves ; si on emploie particulièrement l’histoire glorieuse de la 4ème dynastie dans les devoirs des écoliers. Vous n’avez pas d’action directe sur l’enseignement ; aussi n’est-ce pas d’une manière officielle que vous devez obtenir les renseignements que je vous demande. Je laisse à votre sagacité le choix des moyens par lesquels vous pourrez me les procurer . Je désire recevoir le plus tôt possible votre rapport, et je compte à cet effet sur votre zèle et votre discrétion. (Bourrilly, 1894, p. 100 ; Arch. comm. d’Ollioules).

1815 – 4  au 11 octobreSEMAINE DE QUATRE JOURS POUR LES OUVRIERS DE L’ARSENAL -La semaine de travail pour les ouvriers est ramenée, le 11 octobre 1815, à 4 jours par semaine, le Ministre ne rétablira la semaine de travail que le 23 février 1816, afin de « soutenir, dit le Conseil, l’existence de la classe précieuse des ouvriers ». Seuls les ateliers de la clouterie, tonnellerie, relieurs, cordonniers et ateliers à voiles conservèrent la durée normale de travail. Le bagne, qui grève le budget de la Marine (une journée de forçat coûtait 80 centimes) n’échappe pas aux mesures d’économie. D’abord sont licenciés les cadres sur lesquels la Municipalité c donné de mauvais renseignements sur leur conduite pendant les 100 jours, 18 gardes chiourmes sont congédiés. Emu par la situation dramatique de ces pauvres gens, — l’un d’eux, par exemple, a 6 enfants en bas âge et un beau-père âgé à charge — l’intendant Dupont écrivait au Ministre Dubouchage que « sa tâche était difficile à cause du sentiment naturel de pitié qu’inspire le malheur dans les individus même les plus coupables. Il appartient aux ministres de Sa Majesté revêtus de sa confiance et de grands pouvoirs d’étendre la clémence du Souverain à ces hommes qu’a réprouvé l’animadversion générale ». Il faut reconnaître, en toute objectivité que les gestes d’huma­nité ne furent pas l’exception. De vieux marins blessés au combat de Trafalgar, dans l’indigence totale, sont réembauchés comme « gardiens de dépôt » jusqu’à ce qu’ils puissent percevoir leur demi-solde d’invalide. Afin de recaser quelques ouvriers, la Direction du Port demande que les forçats soient remplacés par des gardiens pour la manu­tention du gréement, car « le gaspillage et la dilapidation qui suivent d’ordinaire le travail de mouvements des munitions et mâtures fait par cette classe d’individus a porté le Conseil c adopter qu’il fut opéré par des gens libres ». Quoi qu’il en soit, les forçats, eux, travaillaient toute la semaine, car « la dépense en état d’oisiveté est la même pour l’Etat, » constate le Conseil. Le 1 1 octobre 1815, l’arsenal comptait encore 1.341 ouvriers civils, 166 ouvriers militaires et 759 forçats. Malgré les secours distribués par le Ministre aux plus nécessi­teux, l’insuffisance des salaires et les licenciements maintenaient dans la cité une profonde misère. D’après L. Nicolas (20), en 1815, 120 000 marins français, de guerre et de commerce, pourrissaient encore sur les sinistres pontons anglais. Le capitaine de vaisseau Bonnefous qui resta 5 ans prisonnier des Anglais sur le ponton de Bahama, en rade de Chatham, raconte dans ses Mémoires que les officiers de marine français prisonniers pouvaient bénéficier du système des « cautionnements ». On appelait cautionnements » les petites villes où se trouvaient les dépôts, les prisonniers pouvaient y résider sur leur parole d’honneur de ne pas s’en écarter de plus d’un mille de distance, de rentrer tous les soirs au coucher du soleil et de comparaître 2 fois par semaine devant un Commissaire du Gouvernement Anglais. L’Angleterre accordait à chaque officier prison­nier 18 pence (36 sous) par jour quel que fut son grade. La France n’avait pratiquement plus de marine et comme pour consacrer cette disparition, on jugea inutile de conserver le télégraphe : par mesure d’économie, toutes les vigies sémaphoriques de l’arrondissement de Toulon furent supprimées, les sémaphores démontés et les cabanes cédées aux Domaines (Jean Bernardini, Le port de Toulon et sa marine pendant la restauration, 1970).

1818 – 11 octobre : la confrérie des pénitents blancs est établie à Saint-Cyr (Magloire Giraud, L’église de Saint-Cyr, Var, 1855).

1856 – 11 octobre :

1. Inauguration de la ligne de chemin de fer Paris-Marseille. Rappelons que la ligne de chemin de fer Marseille-Aubagne-Toulon fut inaugurée en 1859.

2. SILENCE, MESSIEURS, ON NE S’ENTEND PLUS MANGER ! – Le 11 octobre 1856, le « Café de Paris » ferme ses portes. Le journaliste Malitourne, à la fin du dernier dîner, fait venir le chef. « Francisque, au moment de nous séparer, je veux vous dire publiquement que je suis content de vous. Personne ne vous égalait pour les « mauviettes désossées à la Sainte Alliance », les « bartavelles des Alpes sur piédestal », les « laitances de carpe à la Stuart », les « filets de perdreaux à la Penthièvre ». Adieu , Francisque ; notre siècle vous a méconnu ; vous avez mon estime. Véron – le roi du gastronome – qui assiste à la scène – pleure doucement. Il est un fait que le « Café de Paris » était le temple du « Bien manger ». Courchamps – la gastronomie en personne – aimait à y déjeuner. A Malitourne, le voyant solitaire, attablé devant une dinde, se moqua un jour de lui.

– Mon cher, répondit Courchamps, il faut en effet être deux pour manger une dinde truffée. Eh bien, nous sommes deux : la dinde et moi.

Il se fâchait si, à une table voisine, on parlait un peu fort.

-Silence, Messieurs ! On ne s’entend pas manger ! » (André Castellot, 1962)

1905 – 11 octobre :

1. A Paris, le Salon d’Automne présente la « Cage aux Fauves », parmi les peintres représentés, on note Georges Braque, Georges Roualt, André Derain, qui doivent leur surnom au critique d’art Louis Vauxcelles qui qualifie ainsi l’une des salles présentant leurs tableaux (Le Figaro du 11 octobre 1905).

2. Une vision de fin du monde : l’éclipse de Burgos  – Le Figaro publie un article de l’astronome Camille Flammarion intitulé « Une vision de fin du monde : l’éclipse de Burgos » dont voici quelques extraits : « Nul spectacle n’est plus merveilleux ni plus impressionnant (…) c’est une transformation totale de l’aspect habituel de l’univers. (…) Le bleu du ciel devient presque  noir à l’ouest (… sentiment d’oppression (… clarté livide et funèbre (…) illumination de la dernière heure du monde (…) des cris s’élèvent, une femme s’évanouit (… )».

1910 – 11 octobre : Décès de l’entomologiste Jean-Henri Fabre. Le 9 avril précédent, Léon Gimpel publiait dans l’Illustration un article se rapportant à la visite qu’il venait de faire à l’entomologiste dans sa maison de Sérignan, au pied du Ventoux. Ainsi, en 1910, la France découvrait une gloire nationale qu’elle avait jusque-là ignorée : l’entomologiste Jean-Henri Fabre. Aujourd’hui, des étudiants du monde entier se rendent à Avignon pour écrire des thèses sur l’observateur du Scarabée sacré (Jacques Borgé et Nicolas Viasnoff, Archives de Provence, 1994).

1923 – 10 octobre et 16 octobre : La coalition entre socialistes de gauche et communistes a gagné la majorité absolue en Allemagne dans les Lands de Saxe et de Thuringe. Dans les deux cas, l’armée intervient et dissout ces gouvernements pourtant légaux (André Rossel, 1984).

1931 – 11 octobre : ALLIANCE DES CASQUES D’ACIER ET DES NAZIS EN Allemagne – Alliance entre les Casques d’Acier (anciens combattants), les NAZI (parti socialiste ouvrier national socialiste allemand) et les nationaux. Le même jour, Adolf Hitler devient citoyen allemand (Le Figaro du 11 octobre 1931).

1939 – 11 octobre :

1. ARRIVÉE DES ANGLAIS EN FRANCE– Alors que le corps expéditionnaire britannique fort de 138 000 soldats arrive en France, Daladier, président du conseil français, rejette les propositions de paix adressées le 6 du mois par Hitler à la France et à l’Angleterre (Le Figaro du 11 octobre 1939).

2. NOTRE MARINE EN GUERRE – Le 11 octobre, l’aviso-dragueur Elan part de Brest ; arrivée au Verdon le12, le lendemain départ pour Casablanca où il arrive le 20. Appareillage de Casablanca le 23 pour rejoindre Brest qu’il atteint le 29 (Gérard Garier).

1940 – 11 octobre :

1. MARINE DE VICHY – Le 11 octobre,l’aviso-dragueur La Batailleuse quitte Bizerte pour escorter les sous-marins de 1 500 t Monge et Pégase jusqu’à Casablanca, où les trois bâtiments arrivent le 18.

2. FORCES FRANCAISES LIBRES – Le 11 octobre 1940. ÉTAT-MAJOR. Ordre N° 22 : Citation – Le Général de GAULLE, Commandant en Chef Les Forces Françaises Libres, CITE A L’ORDRE DE L’ARMÉE l’aviso « COMMANDANT DUBOC ». « Le 23 septembre 1940, lors de la tentative de débarquement à Rufisque, a été pris sous le feu des batteries adverses au cours d’une manœuvre difficile et périlleuse chacun donnant à bord un haut exemple de valeur militaire, de sang-froid et de mépris du danger. Trois morts et cinq blessés. »  Le Général de Gaulle. Signé : DE GAULLE (Gérard Garier)

3. Nouvelle déclaration du maréchal Pétain sur l’ordre nouveau à réaliser en France : «L’ordre nouveau ne peut être une imitation servile des expériences étrangères. Le régime nouveau sera une hiérarchie sociale » (André Rossel, 1984).

4. LE SPORT DOIT-ÊTRE RACISTE est le titre d’un article de Emile Dortignac dans Au Pilori.

1941 – 11 octobre :

1. FORCES FRANCAISES LIBRES – A l’arrivée à Gibraltar le 11 octobre 1941, le Commandant Duboc dut rester cinq jours indisponible pour des réparations à ses moteurs. Puis, en attendant le départ du prochain convoi HG à destination de la Grande-Bretagne auquel il devait se joindre, il fut affecté à la patrouille du détroit de Gibraltar contre les sous-marins allemands qui cherchaient à passer au cours de la nuit. Rappelons qu’il n’avait toujours pas d’ASDIC…. (Gérard Garier)

2. LE GÉNÉRAL LECLERC EST CONDAMNÉ A MORT PAR VICHY – Le 16 juin 1941, le futur général Leclerc sera déchu de la nationalité française par un décret du gouvernement de Vichy. Le 11 octobre suivant, la cour martiale le condamnera à mort par contumace et à la confiscation de ses biens pour « crimes et manœuvres contre l’unité et la sauvegarde de la patrie ».

1943 – 11 octobre : une dizaine de cadres de la milice s’enrôlent pour devenir l’armature de la future unité SS française  – Joseph Darnand, qui a déjà prêté serment à Hitler le 8 août 1943 à l’ambassade d’Allemagne à Paris (et nommé à cette occasion SS-Frw. Obersturmführer), soucieux d’armer la Milice, obtient des armes du Haut Commandement de la Waffen-SS, après avoir fourni, le 11 octobre 1943, une dizaine de ses cadres s’enrôlent pour devenir l’armature de la future unité SS française : Pierre Cance (délégué général de la Milice Française et bras droit de Darnand), Noël De Tissot (secrétaire général de la Milice Française et bras droit idéologique de Darnand), Léon Gaultier (qui travailla pour le Ministère de l’information de Paul Marion à Vichy), Jean Artus (instructeur à l’école des cadres d’Uriage), Paul Pignard-Berthet (lui aussi instructeur), Henri Fenet (chef départemental de la Milice de l’Ain), Ivan Bartolomei, Albert Pouget (chef départemental de la Milice de Lozère), Pierre Bonnefoy (chef départemental de la Milice du Vaucluse), Pierre Crespin (chef départemental de la Milice du Gers), Émilien Boyer (Franc-Garde de Carcassonne), Lefèvre (chef départemental de la Milice de l’Aude), Jacques Massot (chef départemental de la Milice du Var), Jacques-Flavien De Lafaye (chef départemental de la Milice de l’Allier) et Foulques De Baillardel De Lareinty-Tholozan (milicien de Narbonne). Joseph Darnand sera jugé, condamné et passé par les armes le 10 octobre 1945.

1944 – 11 octobre : Ouverture du camp de Bandol pour les suspects de collaboration.

1945 – 11 octobre : JACQUES GLADE EN PERMISSION A SANARY – Affecté à l’occupation de l’Allemagne du 9 mai jusqu’au 11 octobre 1945, Jacques Glade est nommé sergent le 1er septembre. En octobre, il est à Sanary. Un mois plus tard, il est à Marseille avec son unité pour embarquer à destination de l’Extrême-Orient où il arrive le 25 novembre. Alors qu’il était en Indochine, il tomba malade – hépatite -. Evacué d’abord sur l’hôpital de Saïgon le 10 janvier 1946, il fut ensuite rapatrié sanitaire par les soins de son père qu’il venait de retrouver. Ce fut ainsi qu’il revint à Toulon à bord du Cap-des-Palmes, le 16 juin 1946. Il fut alors affecté au dépôt des Isolés des Troupes Coloniales à Marseille, puis libéré des contrôles de l’armée en juillet 1946 (Cahier du patrimoine ouest varois n°10).

1946 – 11 octobre :

1. Promulgation de la loi relative à l’organisation de la médecine du travail en France.

2. Nouvelle organisation du commandement naval en Extrême-Orient : l’amiral T.N.E.O. (théâtre Naval d’Extrême-Orient) autorité principalement opérationnelle a sous ses ordres la Marine en Indochine et la D.N.E.O. (Division Navale Extrême-Orient). L’aviso-dragueur Commandant Bory est, sur le papier, affecté en novembre à la Division navale d’Extrême-Orient, 1ère Escadrille d’avisos (Gérard Garier).

1948 – 11 octobre : Le gouvernement français accuse le Kominform d’être à l’origine des grèves qui se sont étendues à l’ensemble des bassins houillers. Rappelons ce qu’était le KOMINFORM : Un an auparavant, le 22 septembre 1947, les délégués des partis communistes d’Union soviétique, de Pologne, de Yougoslavie, de Bulgarie, de Roumanie, de Hongrie, de Tchécoslovaquie, d’Italie et de France se réunissaient près de Varsovie et créaient le Kominform, bureau d’information installé à Belgrade et qui devint rapidement l’organe de coordination idéologique du mouvement communiste. Présenté comme une reconstitution du Komintern, le Kominform était en réalité pour l’URSS un instrument pour contrôler étroitement les partis communistes occidentaux. Il s’agissait de resserrer les rangs autour de Moscou et de vérifier que les communistes européens s’alignaient bien sur la politique soviétique. Ainsi, la Yougoslavie de Tito, accusée de déviationnisme, serait-elle bientôt exclue du Kominform. Le délégué soviétique, Andreï Jdanov fit approuver par les participants de la réunion la thèse selon laquelle le monde était désormais divisé en deux camps irréductibles : un camp «impérialiste et anti-démocratique» dirigé par les États-Unis et un camp «anti-impérialiste et démocratique» dirigé par l’URSS. Cette doctrine constitua la réponse soviétique à la doctrine Truman. Jdanov condamnait l’impérialisme et la colonisation mais prônait la démocratie nouvelle. Il soulignait que le bloc anti-impérialiste s’appuyait partout dans le monde sur le mouvement ouvrier démocratique, sur les partis communistes ainsi que sur les combattants des mouvements de libération dans les pays coloniaux. En 1947, le monde était donc devenu bipolaire, divisé en deux blocs inconciliables.

1952 – 11 octobre : Le Leap, secrétaire de la CGT, est arrêté pour atteinte à la sûreté de l’Etat.

1958 – 11 octobre et 1959 – janvier : HISTOIRE DE LA FONTAINE DE SAINT-MANDRIER – La fontaine mise en place à Saint-Mandrier en 1996 en même temps que le kiosque et les jardin a une histoire. « Le 11 octobre 1958, des palissades se dressent autour de l’emplacement qui a été définitivement choisi par les services municipaux de l’architecture de la ville de Toulon. C’est sur la Place Gabriel Péri, à proximité du jardin Alexandre 1er et du Palais de Justice, au milieu même du Rondpoint occupé jusqu’à ces jours derniers par un cercle de gazon, que sera érigée cette fontaine qui ne manquera pas d’allure » (le Maire de Toulon étant alors M. Edouard Le Bellegou). En janvier 1959, les Toulonnais reprochent qu’elle ne fonctionne pas tout le temps et une fois la nuit venue, n’est pas très visible. Les jets d’eau étant trop puissants, ils inondent le rondpoint et les passants prennent une bonne douche suivant les fantaisies du vent. Plus tard, le rondpoint ne correspondant plus aux impératifs de la circulation, M. Roger Ardissone, entrepreneur, a été chargé d’enlever la fontaine afin de pouvoir aménager cette place conformément aux exigences de la vie moderne. C’est ainsi que la partie enterrée dans laquelle se trouvaient les projecteurs, a été acquise par M. Ardissone. C’est cette partie que nous voyons sur la place de Saint-Mandrier en 1995, complétée par un ornement central et le système d’eau, le tout lui donnant un air bien provençal.

1959 – 11 octobre :  le gouvernement français est-il prêt à discuter le cessez-le-feu en Algérie, y compris avec le FLN  – Diffusion d’une interview accordée au Figaro par Maurice Couve de Murville qui déclare « que le gouvernement français est prêt à discuter le cessez-le-feu » en Algérie, y compris avec le FLN ». Ce qui sera démenti les 13 et 15 par le premier ministre Michel Debré : « il ne saurait être question de négociations politiques avec le FLN. ».

1962 – 11 octobre : Ouverture du Concile Vatican II.

1963 – 11 octobre :

1. Décès de Jean Cocteau. C’est à 13 heures, le 11 octobre 1963, que Jean Cocteau s’est éteint subitement dans sa propriété de Milly-la-Forêt, où il était en convalescence depuis un infarctus du myocarde, quelques mois auparavant. L’académicien venait d’apprendre la mort d’Édith Piaf. Cette nouvelle lui causa, semble-t-il, une brutale émotion. Peu de temps après, il s’effondrait sans connaissance. Son jardinier et sa cuisinière se trouvaient à ses côtés à ce moment. Un médecin et le curé de Milly arrivaient peu après, mais le poète venait de rendre le dernier soupir, terrassé par une crise cardiaque (Le Figaro). « Je crois que Cocteau était un vrai poète. Je crois que son influence a été très grande, très importante et qu’on ne lui a pas assez rendu justice » (François Mauriac).

2. « “Jusqu’à la victoire, toujours : la patrie ou la mort.  » Ainsi s’achevait la lettre d’adieu de Che Guevara à Fidel Castro lorsque, le 9 octobre 1967, il disparaissait de Cuba. (…)

On s’est demandé, depuis que l’on a signalé sa présence en Bolivie, quelle étrange idée avait incité le “Che” à venir installer une guérilla dans le pays le plus misérable, le plus inaccessible du continent coupé de tout, privé des res­sources les plus élémentaires pour que subsistent les maqui­sards. Peut-être le révolution­naire espérait-il que son action déclencherait des explosions en chaîne : celle des mineurs de Potosi et d’Oruro, celle des étudiants de La Paz et de Santa Cruz et le fragile gouvernement du général Barrientos s’effondrerait.

Mais il est établi mainte­nant que la doctrine qu’il avait expéri­mentée à Cuba et qu’il a ensuite exposée dans son ouvrage la Guerre de guérilla n’est pas la stratégie univer­selle. Il s’agissait, rappelons-le, de créer des “ foyers insur­rectionnels ” qui devaient par leur seule présence faire surgir les “conditions pour faire la révolution ”. Autrement dit, l’existence d’une guérilla dans une région devait embraser tout un pays. (…)

Le “ Che ” n’a pas fait beau­coup mieux en Bolivie; les campesinos boliviens ne sont pas venus à lui, les mineurs des Andes n’ont pas bougé, ni les étudiants. Le miracle de Cuba ne s’est pas reproduit, cristallisant autour de la sierra Maestra la rébellion de tout un peuple. » (Georges Dupoy, Le Figaro).

Nous pouvons situer l’exécution d’Ernesto “Che” Guevarra entre 9h 30 et 10h du matin, le 9 octobre.. En tuant le “Che”, on n’a pas tué la révolution en Amérique. La révolution n’est pas morte pour cela, car tous les abus contre lesquels luttait le « Che » demeurent : l’injustice, la misère, la mauvaise répartition des terres, la faim, la maladie, l’analphabétisme, les colonels, les oligarques, les caciques, les politiciens pro­fessionnels et j’en passe.

Pendant sept mois, j’ai poursuivi le « Che ». Je voulais le connaître, savoir quels étaient les motifs qui le poussaient à se révolter, et quel était son secret. J’ai essayé de le trouver où il n’était pas : je suis passé à côté d’en­droits où peut-être il se cachait et se battait, en l’ignorant. Je l’ai cru vivant, je l’ai cru mort, et aujourd’hui je me demande encore si c’est vraiment lui qui a été tué dans le canon d’El Churo, car il est difficile de se résigner à une mort aussi stupide et aussi misérable.

Et si je n’avais poursuivi que son sosie, celui qui est exposé dans la buanderie de Vallegrande ? Il m’arrive encore de me le demander.

On ne s’intéresse pas aussi longtemps à un homme comme le « Che », on ne recueille pas autant de témoignages sur lui, auprès des siens, auprès de ses amis ou de ses ennemis sans arriver à le détester ou l’aimer. Le « Che », l’homme de chair et de sang, a été tué à Vallegrande, mais l’autre, pour moi, reste celui qui écrivait il y a deux ans à ses parents : « Chers vieux, je sens à nouveau entre mes talons les côtes de Rossi­nante, je reprends la route (…). » Ce Don Quichotte de la révolution qui croyait trop à la bonté de l’homme et fut utilisé par tous ceux qui en doutaient, restera pour moi et pour les hommes de ma sorte et de mon âge le symbole de notre nostalgie et celui de nos rêves perdus. Ernesto « Che » Guevara n’a pas seulement été tué au nord de Vallegrande par une patrouille de « Rangers » boliviens, enca­drés par les bérets verts américains de Panama.

Il disait dans sa lettre à ses parents : « Je suis comme les chats, j’ai sept vies. » Aussi, comme les chats, on le tua sept fois.

Une première fois ce fut à Cuba, au nom d’une certaine raison d’Etat qui exige, lorsqu’un pays a fait sa révolution, qu’il se débarrasse aussitôt de ses authentiques révo­lutionnaires. Alors la révolution devient dis­cours, parades, défilés, comités, partis, intrigues, mais aussi plans, administration, bureaucratie. Ce n’était pas fait pour le « Che ». Il quitta Cuba parce qu’il s’était fait de la révolution une idée tellement absolue, tellement vaste qu’il compromettait du même coup l’existence du pays où elle venait de réussir (Jean Lartéguy, Les guérilleros – un tombeau pour Che Guevarra, 1969).

1965 – 2 au 11 octobre : LE « SAGAFJORD », navire de croisière de la Norwegian America Line réalise sa 1ère croisière entre Oslo et New-York du 2 au 11 octobre 1965. Le bâtiment avait été lancé par les Forges et Chantiers de la Méditerranée de La Seyne le 13 juin 1962.

1970 – 11 octobre : Onze soldats français sont tués au Tchad par des rebelles du Tibesti.

1972 – 11 octobre : INCIDENT A BORD DU SOUS-MARIN Sirène (type Daphné) Base de Kéroman – Noyage au sein de l’alvéole (erreur humaine) – Noyage par ouverture porte du TLT N° 7.

1982 – 11 octobre : Décès de Jean Effel, nom de plume de François Lejeune, qui fit paraître ses premiers dessins au début des années 1930. Sur fond d’internationalisme prolétarien et de réalisme poétique, son regard porté sur « La Création du monde » (1937) révolutionna la Genèse par le rire. Ce qui plut à Emmanuel Berl, alors rédacteur en chef de Marianne. Jean Effel se consacra à ce thème, avec plus de 5 000 dessins, et à un nombre considérable d’albums, traduits en quinze langues, qui donnèrent lieu, en 1962, à un dessin animé long métrage en couleur dû au réalisateur tchèque Edward Hofman. Après la guerre, le dessin qu’il exécute à l’occasion de la célèbre rencontre du général De Gaulle avec le président Mao, à l’occasion de la reconnaissance de la Chine populaire par la France, n’a pas perdu de son sel ; les deux chefs d’État se présentent, l’un par « Mao… », l’autre par « Moâ ! » (L’Express, 23 janvier 1964). Pour Jean Effel, la légende appartenait au dessin, et il insista toujours pour qu’elle figurât dans sa graphie manuscrite au tracé appliqué, presque enfantin. L’Humanité-Dimanche, L’Express, Paris-Match, France-Soir, etc., très nombreuses sont les publications auxquelles le dessinateur collabora. Un timbre-poste lui a été consacré le 15 octobre 1983 (réf. Nelly FEUERHAHN, Encyclopaedia Universalis).

EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHEQUE

SANARY-SUR-MER – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES.

113e livraison : Les noms de Gros et Petit Cerveau proviennent de la racine pré-indo-européenne K–R– qui a donné la base KeR- et le thème KeR-V-(devenu CERV) qui désigne une- montagne

Gros Cerveau (le) 1/50 000, com. d’Ollioules et de Sanary (hauteur, cote 443m, qui donne son nom au massif séparant le Beausset, Le Castellet et Evenos d’Ollioules et de Sanary ;limite d’Ollioules et de Sanary ; ouvrage militaire de 1ère classe). Grand ServeauMontaigne – Colle – Colline 1688 (Castellan E.1937 ; Rotger B.1984) : 8e terme placé entre Ollioules et Sanary. Sous cette forme Serveau, et en suivant Dauzat (Dauzat A. 1951), on serait tenté de voir dans le Cerveau un diminutif du lat. silva, forêt ; mais le rôle joué dans l’antiquité et le Moyen Âge par cette hauteur, toujours qualifiée de montagne ou de colle dans les périodes ultérieures, ne permet d’y voir tout au plus qu’un rhabillage tardif d’un toponyme plus ancien de type KeR-v-. Le Cerveau, ou collis castri de aregno des chartes médiévales, est la base du cadastre romain décelé sur les communes du canton du Beausset (exception faite de Signes et de Riboux, semble-t-il) ; il porte également les traces de l’un des oppida les plus importants de cette région, le Mont Garou, qui connut une occupation quasi permanente de l’Age du Bronze à la fin de l’Antiquité. Enfin, les grottes qui s’ouvrent au nord, à l’ouest et à l’est du massif, ont livré des restes d’utilisation au Néolithique et à l’Age du Bronze (habitats, tombes et peintures rupestres). Cession de terrain à l’Etat pour construire le fort dit du Gros Cerveau 1883. Variantes : Cervel ; le Cerveau.

Petit Cerveau (le) com. d’Ollioules (hauteur à l’est du Gros Cerveau) ;Petit Servel 1801 (C’est sur le Petit Cerveau que les gendarmes d’Ollioules abattirent Audibert dit la Baraque en 1801 ; le toponyme la Baraque est resté comme lieu-dit du Petit Cerveau, d’après G. Beltrame 1976).

Pointe du Cerveau (la) 1976, com. de Sanary ; une des hauteurs du massif du Gros Cerveau, cote 311m ; oppidum protohistorique du Garou ; ouvrage militaire 1881) ; collis castri de Aregno 1151 (Limites du Beausset et du Castellet.) ; Barre de la val d’areng 1636 (Cadastre du Castellet, fol. 302.) ; barre de la val d’aren 1636 (id., fol. 31.) ; oppidum du Mas 1928 (Saglietto V. 1928c), Gareou / Garou 1942 (de Cabrens  1942a) ; oppidum de la Clavelle ou du Garou ; le mont Garou 1942 (de Cabrens nd – Les monnaies de Provence au cours des siècles. Toulon, 47 p., et J. Layet, nombreux titres) ; le Masc (Saglietto V.ms.) ; ouvrage de la Pointe 1881. Le castrum de Aregno, premier terme des limites établies en 1156 entre le Beausset et Le Castellet correspond à l’oppidumdu Garou qui fut occupé du début de l’Age du Fer jusqu’ à la fin de l’époque romaine (et une partie de l’Antiquité tardive). Ses vestiges ont été dénommés successivement oppidum du Mas ou le Mas, du Garou ou de la Clavelle, et enfin du Mont Garou, appellation sous laquelle il est aujourd’hui connu du monde scientifique (Saglietto V..ms. et 1928c, de Cabrens R. 1942c, Benoit P. 1955, Layet J. 1959, Grimaud P. 1960-1961, Layet J. 1960a, 1960b, 1960c, 1960e, 1961a, 1961b, 1961e, 1962a, Amann A.-H. 1977, Barge H. 1978, Arcelin P., Arcelin-Pradelle Ch., Gasco Y. 1982, Ribot H. 1982d, Saliceti P. 1984).

(à suivre)

MARSEILLE

(cl. H. Ribot)

– 313e livraison : LE TERROIR MARSEILLAIS

Nos archives :

1209 – 23 janvier : Marseille – Raimond Geofroi de Trets, seigneur et vicomte de Mar­seille, concède à l’évêque Rainier] et au prévôt Pierre Bermond] que les hommes de l’évêché et de l’église pour­ront trafiquer dans leur cité de Marseille sans payer de droits, charger, décharger, vendre dans le port vieux entre le mona­stère de Saint-Victor et leur cité, y entrer ou en sortir libre­ment. Il confirme l’acte passé entre l’évêque Pierre de Mar­seille, Hugues Geofroi, son frère Bertrand de Marseille, leur neveu Hugues Geofroi, par l’entremise de l’archevêque d’Arles et de l’évêque de Carpentras. (acte 334 : A. La Major de Marseille, chartes, n° 42, avec bulle ayant pour légende : SR’ GAVFRIDI DE TRITIS : / VICECOMITIS • MASSILIE. a. Belsunce, L’antiquité de l’église de Marseille, t. II, p. 54. — b. Albanès et Chevalier, Gallia .. . Marseille, n* 1136).

1209-1245 : Le commerce du sel en Provence sous Raymond Bérenger V (de Romefort, 1929) [Le sel est une des richesses de la Provence dont l’industrie et le commerce atteignirent leur apogée sous Raymond Bérenger V (1209-1245), car elles ne souffraient pas encore, à Gênes et à Pise, de la concurrence des salines de Languedoc, de Venise, de Lombardie, d’Egypte et de Catalogne, qui n’apparaîtra qu’avec le règne des comtes angevins. Les salines provençales se divisaient en quatre groupes : 1) les étangs à salines de Fos (Lavalduc, l’Engrenier, Ligagnau) et de Camargue (autour d’Arles, des Saintes-Maries-de-la-Mer et à la Vernède près de Sylveréal) monopolisés par les comtes qui se servaient d’une institution, la salnaria (en français : la saunerie), à la fois grenier à sel et douane, à Tarascon d’abord, puis, à  partir de 1239, à Arles et aux Sainte-Maries-de-la-Mer ; 2) les salines de l’étang de Berre comprises dans les terres des Baux de la branche de Berre (Istres, Berre et Vitrolles) avec les salins créés par les comtes (salina), analogues aux salnaria, de Digne dès 1177 et de Valensole ; 3) les salines de Six-Fours, entre le rivage et l’île des Embiez, pour lesquelles les textes ne mentionnent aucune taxe à l’importation dans le port de Marseille,  relevaient de l’abbaye de Saint-Victor ; 4) les salines de Toulon (sur le pourtour de la rade) et d’Hyères (Giens et le Gapeau) que se partageaient les communautés et les seigneurs de Fos, pour Hyères, et d’Agout, pour Toulon. Au XIe siècle, le commerce du littoral était taxé de leydes, droits frappant la vente et perçus surtout par les seigneurs. Sous le règne de Raymond Bérenger, il était taxé de gabelles, droits frappant l’entrée de la marchandise dans un port ou une ville, et surtout perçus par les communautés urbaines. Le sel était au nombre des marchandises frappées par les gabelles qui, toutes, furent ou bien prises par le comte aux villes, ou bien créées par lui. Le commerce du sel, qui se faisait avec le sud-est de la France, les Alpes, la Lombardie, la Ligurie et la Toscane, montre que la Provence était un pays bien vivant, ouvert à l’influence italienne, arguments de plus en faveur de cette thèse que la Provence et l’Italie du Nord se compénétraient intimement durant le moyen âge.]

( à suivre)

LA SEYNE-SUR-MER – Textes divers écrits sur La Seyne.

(St-Elme, cliché H.. Ribot)

34e livraison : Cahier du Patrimoine ouest varois n°14 –

La longue marche vers la séparation  de La Seyne et de Saint-Mandrier

(1800-1950).

L’agriculture occupait plus de 31% de la population en 1806. En 1804, apparaissait la bastide Rolland et son domaine qui plus tard donnèrent naissance au quartier du Pin Rolland situé au tout début de la presqu’île de Saint-Mandrier (Marius Autran, Images de la vie seynoise, tome VI). Si l’agriculture était diversifiée sur la presqu’île, relevons qu’entre 1806 et 1811, afin de parer au blocus britannique, un semis de coton, fut fait dans l’enclos de l’hôpital de Saint-Mandrier, et avait parfaitement réussi (Gisèle Argensse, 1989, p. 43). Mais il n’y eut pas de suite.

L’armée : au moment du siège de Toulon, en 1793, la presqu’île de Cépet fut totalement occupée par les Anglais et sa population évacuée probablement vers Toulon et La Seyne. Celle de La Seyne (chef-lieu) le fut aussi, mais plus tard dans l’année et sur ordre des Conventionnels. Tout le monde était revenu dans les quelques années suivantes. L’expérience aidant, Napoléon, à défaut d’avoir une marine, fit construire de nombreux ouvrages de défense côtière sur le littoral atlantique comme sur le littoral méditerranéen. Parmi eux se trouvaient les « Tours Modèles », dont une seule fut élevée à Saint-Mandrier en 1812, sur le site de la Croix des Signaux (http://www.aemef.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=70&Itemid=56). En 1813-1814, il fallut subvenir aux besoins des 30e et 31e compagnies mobiles du 4e d’artillerie à pied cantonnées à Saint-Mandrier. Des chandelles, pour éclairage des corps de garde, devaient également être fournies aux ouvrages du Marigaud,  de Saint-Elme, de La Coudoulière, de Mort-d’Huy, de Cépet, du Puits et de La Caraque. Pendant les Cent-Jours, un plan de défense prévoyait d’assurer la protection de la presqu’île de Cépet au moyen des forts et batteries de la Caraque, de la Croix-des-Signaux, de Mord’Huy, du cap Cépet, de la Coudoulière, du Puits et de Saint-Elme. Cette première ligne était appuyée, du côté toulonnais, par les ouvrages de la Basse-Lamalgue, des Vignettes, de Sainte-Margue­rite, de Saint-Louis, de la Grosse-Tour et de la Croupe-Lamalgue. La défense de Saint-Mandrier était reliée à celle de la presqu’île de Balaguier par un camp fortifié établi sur l’isthme des Sablettes. Les gardes nationaux, gardes-côtes et douaniers furent, dans la mesure du possible, employés dans des fortins, postes et vigies du littoral ; au cap Cépet, à Cavalas, à Marégau, à la Verne, à Fabrégas, à Sicié et au Brusc (Louis Baudoin, 1965, pp. 451-452). L’amiral Duperré ordonna de remplacer les soldats-marins du 17e par des forçats tirés du bagne de Toulon afin de continuer à travailler à la remise en état des ouvrages du Caire, de l’Eguillette, de la tour de Balaguier et de la presqu’île de Cépet (Idem, pp. 453-454.). Ce ne fut qu’entre 1846 et 1850 que la batterie de la Coudoulière fut complètement reconstruite ; armée de 5 bouches à feu, elle fut dotée d’un réduit pour 25 hommes (http://www.tpm-agglo.fr/jahia/webdav/site/tpm-agglo/users/smoulinas/public/documentation/baladesForts%20.pdf).

 (à suivre).

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE :

« Si j’ai bien compris, dit un interne à l’homme, affolé, qui vient de garer sa voiture devant la maternité, votre bébé va naître dans un quart d’heure et vous insistez pour que nous assurions sa venue au monde dans les meilleures conditions. Mais, si je peux me permettre une question qui n’est stupide qu’en apparence : pourquoi n’avez-vous pas songé à nous amener votre femme ?

(cliché H. Ribot)

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, il est 7h 30 ! Nous reprendrons le fil de nos éphémérides le 8 novembre, à notre retour d’Egypte où nous allons retrouver Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber.

Bon MERCREDI à tous, et à … dans près d’un mois !

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