ÉPHÉMÉRIDES DU 21 SEPTEMBRE

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ÉPHÉMÉRIDES DU JEUDI 21 SEPTEMBRE 2023 – 12e ANNÉE (n° 3991)

La poste d’Alger en 1940 (image extraite d’un film documentaire).

En attendant l’automne dont le premier jour aura lieu samedi prochain, je vous invite à fêter comme il se doit les 76 000 MATHIEU – avec un t ou deux t – dont le nom originel signifie en hébreu « Don de Dieu », équivalent du grec THÉODORE et du français DIEUDONNÉ ou DÉODAT.

Ah, j’oubliais ! Saint Mathieu est le patron des banquiers.

Ajoutons que le calendrier républicain dédia ce jour de l’An II aux COMPENSATIONS, c’est-à-dire aux actions consistant à compenser ou contrebalancer, voire à dédommager un préjudice moral.

Une tradition bien ancrée en terre de Provence veut que l’on fête sainte TULLE le 21 septembre. Originaire des rives de la Durance, et fille d’un sénateur romain du Ve siècle, elle mourut sur le littoral, à Tulle devenue Théoule. La commune de Sainte-Tulle l’invoqua contre la peste en 1720-1721 et fut préservée de l’épidémie. Une procession annuelle en donna longtemps le souvenir.

A Sainte-Tulle et à Cucuron, on plantait un Mai le jour de la fête en chantant : « Grando SANTO TULLI, vaqui voste Mai – Se non vous agrado – L’entournaren mai. »

DICTON

Celui-ci fait peine à dire car il nous indique que « Quand vient saint Mathieu, l’été adieu ! ». Inutile de faire un dessin, n’est-ce pas ?

PENSÉE

« Je l’ai épousée pour le meilleur et pour le pire, pas pour qu’on déjeune ensemble » (H. Weiss)

ÉPHÉMÉRIDES

Tableau exposé dans une galerie de peinture du Caire (cliché H. Ribot, 2022).

21 septembre 1185 : Acte n°  28, cartulaire de Montrieux, l’évêque de Marseille confirme à la chartreuse de Montrieux (Méounes) le don de la dîme de ses terres. [Montrieux, in claustro monachorum et ad portam – Foulques de Thorame, évêque de Marseille, confirme la donation qu’il fit jadis aux chartreux de Montrieux de la dîme perçue par lui sur les terres leur appartenant ou sur celles qu’ils acquerront dans les limites des possessions du monastère. De donatione decimarum (Boyer R., 1980, 1980, p. 417 ;  original perdu ; copie XVIIIe siècle par Louis Lambert, procureur de Montrieux , A.V., 1H17910, fol. 1, d’après le texte suivant ; copie Capus, p. 264 ; IND. Ruffi, p. 382 ; Morotius, p. 231 ; Gal. Christ. Nov., I, col. 648 ; Belsunce, I, p. 520 ; British Museum, add. Ms. 17088, fol. 113  ; Tromby, III, app. I, n° XXVIII, et IV, p. 250 ; Brequigny, III, p. 76 ; Le Couteulx, I, p. 222 ; G.C.N., II, n° 1704, col. 919 ;  Teissier, fol. 29 ; Dubois, p. 31.).

1185 – automne : (Italie, Emilie 2) PLAISANCE – Bonnes vendanges : le vin se vend bon marché à Plaisance.

1225 – 21 septembre : ACCORD ENTRE TOULON ET MONTPELLIER – Toulon. Geofroi de Trets, seigneur de Toulon, pour lui et pour ses frères Raimond Geofroi et Rostan d’Agoult, accorde au nom de la ville de Toulon un traité de paix, de concorde et de pardon, aux procureurs de la ville de Montpellier, traité qui aura une durée minimum de 29 ans et comportera, réci­proquement sur terre et sur mer la protection des sujets de ces deux villes. (acte 445 des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : A. Arch. communales de Montpellier, Grand Thalamus, fol. 17. a. O. Teissier, Toulon au moyen âge, p. 10, — b. G, Lambert, Histoire de Toulon, p. 231),

1287 – 21 septembre : Balma leprosorum (charte aux archives de l’Évêché de Marseille). Saint-Lazare – faubourg de Marseille, qui a pris son nom d’un établissement religieux ou hospitalier, fondé dans le quartier depuis une époque très ancienne. Saint-Lazare était un prieuré dépendant du Chapitre de la cathédrale (1872). La Domus S. Lazari de cart, est citée le 19 décembre 1269 (charte aux archives de la Major). En 1243, Gilbert des Baux, fils de Hugues  (Acte 517  des vicomtes de Marseille de Gérin-Ricard, 1926) légua 100 sous aux lépreux de Saint-Lazare de Marseille.

1323 – 21 septembre : Spitaletum dominœ Raynaudœ (acte notarié).  Antérieurement dénommé  L’Espitalet, le 27 avril 1302 (charte aux archives de la Major) puis Hospitale Hugonis Raynaudi, le 1er juillet 1303 (acte notarié), l’Hospitalet est un lieu-dit de la commune de Marseille, sis au quartier des Trois-Fières.

1384 – 21 septembre : MORT DE LOUIS PREMIER, FILS ADOPTIF DE LA REINE JEANNE, COMTE DE PROVENCE ET NEVEU DU ROI DE FRANCE.

1. [Baratier Edouard, Histoire de la Provence, 1969 ; Castellari, Hist. de Marseille, 1945 ; Maurel P., Histoire de Toulon, 1945, Lepotier, Toulon…, 1972, M. Agulhon, N. Coulet, 1987, Castellan 1937, Gaignebet 1935, p. 23] :

La mort de la reine Jeanne 1ère provoqua une véritable guerre civile. Louis d’Anjou se fit couronner roi de Naples par le pape Clément VI à Avignon (1382). Soutenu par le pape, Louis Ier prit la route de l’Italie à la tête d’une brillante armée assuré de l’appui du parti angevin, du sénéchal Foulque d’Agoult et des villes de Marseille (200 arbalétriers) et d’Arles, suivies par  Cuges, Signes, Ollioules, Six-Fours, la Cadière, La Ciotat, Ceyreste, Cassis, Aubagne, Le Beausset, Roquefort et le Castellet…. Les Marseillais, pour leur part, firent appel au roi de France Charles VI qui envoya des troupes en Provence. En revanche, Aix, Toulon, Tarascon, Draguignan, Fréjus, Hyères, Saint-Maximin formèrent une union favorable à Charles de Duras, l’assassin de la reine : ce fut l’Union d’Aix.. La guerre fit rage entre le Rhône, la Durance et l’Étang de Berre. Charles de Duras se borna à harceler son rival. La confusion fut à son comble lorsqu’on apprit la mort de Louis 1er décédé à Bari le 21 septembre 1384 sans avoir pu prendre un avantage décisif sur son rival. Et l’armée royale se désagrégea

2. Son fils, Louis II, lui succéda (1384-1417), il n’avait que 9 ans ; sa mère, Marie de Blois, eut la régence. Les villes de Provence avaient pris parti entre les deux adversaires. Arles, Marseille, Ollioules, le Beausset, Six-Fours, Cuers, embrassaient le parti de la maison d’Anjou et reconnaissaient Louis II pour Comte. Avec Aix et Nice, Toulon se tourna résolument du côté de Charles de Duras, suivi par La Valette, La Garde, Hyères, Signes, Méounes. La guerre entre les deux prétendants s’éteignit avec la mort de Charles de Duras à Bisiglio, près de Bari…

Toutefois, si les «chapitres de paix» du 21 octobre 1387, loin d’être une capitulation, excluaient toute forme de représailles et consacraient la place prépondérante d’Arles dans la vie du comté. Une partie de la Provence persista dans son refus. Nice et sa viguerie, Puget-Théniers, le val de Lantosque et la baillie de Barcelonnette se donnèrent au comte de Savoie (1388) et sortirent de l’orbite provençale pour n’y revenir qu’en 1860.

En conclusion  [H. Ribot, 2003 suivant Gaignebet 1935, p. 23 et Bry, p. 102, d’après Archives des Bouches du Rhône B 9, Armorium Folio 241-V)] :  L’installation définitive de la seconde maison d’Anjou, fut l’œuvre de la reine Marie de Blois, veuve de Louis 1er. Tutrice de son jeune fils Louis II à peine âgé de sept ans, elle s’installa à Avignon auprès du pape Clément VII. Au début, elle n’avait qu’un petite armée de 400 lances, mais très habilement, elle gagna des partisans. En mai 1385, elle confirmait aux États les libertés du pays et recevait l’hommage de plusieurs communautés et de la majorité des prélats. Pour punir Toulon et Hyères, elle retira de la viguerie d’Hyères les communautés d’Evenos, Six-Fours, le Beausset et Ollioules qui s’étaient bien comportées à son encontre, pour les placer sous la juridiction de la viguerie de Marseille (Louis II signa finalement un traité de paix en 1388 avec le baillage de Toulon, que réintégrèrent ainsi Evenos, Ollioules, Six-Fours et le Beausset. Guilhem III, bailli de Colmars, ancêtre de Jaume Deydier d’Ollioules, eut l’honneur de figurer, en compagnie des Bertrand de Marseille, des Baux, des Villeneuve, des Pontevès, des Glandevès, des Castellane, etc., dans cette transaction. Il n’empêche qu’en novembre 1411, Ollioules, Evenos et Le Beausset furent à nouveau  détachés du baillage du Toulon et rattachés à la viguerie d’Aix.

1503 – 21 septembre : A Marseille, les intempéries étaient redoutables, et Honoré de Valbelle, dans son Histoire journalière, notait chaque année les catastrophes qu’elles entraînaient. Il inscrivait d’ailleurs également les circonstances qui apportaient d’excellentes récoltes. « L’an 1503 et le soir de la Saint-Matthieu (21 septembre), il y eut un tel déluge d’eau que le terroir de Marseille en subit un grand dommage et surtout les jardins extérieurs à la ville; des murs de chaux et de sable de 4 pans d’épaisseur s’effondrèrent et de grosses pierres furent transpor­tées. L’Huveaune et le Jarret débordèrent par le Val d’Arène, les portes du jardin de maître Honoré Antelme furent portées jusqu’à la porte du Marché, toutes les rivières sortirent de leur lit avec tant de violence que ni homme, ni femme vivants n’avaient rien vu de semblable de sa vie. Un prêtre appelé Messire Domergue avait une belle vigne près du Jarret au milieu de laquelle cette rivière déposa un champ de roseaux qui semblait y avoir été planté; une maison qui s’y trouvait fut abattue et la vigne détruite.

1521 – 21 septembre : acte aux archives de L’Évêché de Marseille

1. Als Vallons. Les Grands-Vallons – vallon, commune de Cuges  (1872).

2. Ubacum. L’Hubac – quartier rural, commune de Cuges (1872).

3. Palus. les Paluds – quartier rural, commune  de Cuges (1872).

4. Roguiera. Le Roguire – lieu-dit, commune de Cuges, pointe de ro­chers sur le chemin conduisant au bourg de Fiques. Première mention :  Roginiera, Roquiera, janvier 1440 (reg aux archives de l’Evêché).

5. Al canton sive la Vigna Blanca. La Vigne Blanche – lieu-dit, commune de Cuges (1872).

1558 – 21 septembre : MORT DE CHARLES QUINT. Le 21 septembre 1558, mourait l’empereur Charles Quint. Il était entré au monastère de Yuste porté sur un fauteuil, le 3 février 1557. Atteinte de la goutte à un stade avancé, il se nourrissait à la hauteur de son prodigieux appétit contre l’avis de son médecin. Outre cela, il passa son temps à dessiner des parterres et à organiser des cérémonies funèbres sans oublier la sienne qu’il suivit le 30 août 1558. Trois semaines plus tard, il expirait après avoir abandonné successivement la grande maîtrise de l’ordre de la Toison d’Or, la souveraineté des Pays-Bas, les couronnes de Castille, de Léon, de Grenade, de Sardaigne, d’Aragon et de Sicile, les grandes maîtrises de Santiago, de Calatrava et d’Alcantara, la seigneurie des Indes et des îles et terres fermes de l’Océan, sans oublier la dignité impériale. Fermez le ban !

1586 – 21 septembre : PILLAGES EN PROVENCE – Un nouveau gouverneur, le duc d’Épernon, arrive en Provence, bientôt suivi par les troupes gasconnes dont il était sûr et qui seront très vite haïes. Il reprend Seyne (les Alpes) aux protestants, dont il fait pendre les chefs. Rappelons qu’en juillet, des protestants, opposés au seigneur de Vins, étaient entrés en rébellion : ils tinrent campagne entre La Roquebrussanne, Besse et Pignans. D’autres, conduits par le baron d’Allemagne s’étaient établis au Cannet des Maures. Ce furent des pillages jusqu’à Hyères et dans la vallée du Gapeau.

Les moissons approchaient et chacun craignait de manquer de blé pour l’hiver. C’est alors que le parlement de Provence fit appel à Boyer d’Ollioules qui leva un régiment composé des milices de la région d’Ollioules, de Six-Fours et des communes de la viguerie d’Hyères, excepté Toulon. La campagne dura un mois, de la mi-juillet à la mi-août, et fut loin d’être glorieuse pour le capitaine ollioulais, aussi le parlement licencia-t-il le régiment.

1623 – 21 septembre : MAUNIER, curé de Sanary (Rotger B., 1984 : 1623).]

1669 – 21 septembre : HOPITAL DE SAINT-MANDRIER. Dans un courrier écrit par Colbert à monsieur d’Infreville, Intendant de la Marine à Toulon, apparaissent pour la première fois les noms de l’hôpital de Saint-Mandrier et du Cap Cépet. C’est donc dans la presqu’île du Cap Cépet que fut installé, en 1669, le premier service sanitaire à terre.

1697 – 21 septembre : LIGUE D’AUGSBOURG – Fin de la guerre de la Ligue d’Augsbourg commencée le 27 septembre 1688.

1745 – 21 septembre : PEOPLE, VOUS AVEZ DIT PEOPLE ? En voici une de nouvelle qu’elle est bonne : Mme de Pompadour devient la maîtresse de Louis XV ! Trompettes sonnez !

1747 – 21 septembre : Le Clauset – bastide, commune de Marseille, quartier de Saint-Julien. Alors que le quartier dit du Clausset, est déjà cité en 1732 (registre aux archives de la Major), le Clauset, sous cette orthographe, apparaît le 21 septembre 1747 (dans les mêmes archives).

-1789 – 21 septembre : LE ROI A MANQUE D’HONNÊTETÉ : il accepte en effet la publication des arrêtés, mais refuse leur promulgation qui, seule, les rendrait exécutoires. Dans le même temps, il fait demander au régiment de Flandres de venir de Douai. De son côté, l’Assemblée a décidé que le veto royal prendrait fin après la seconde législature. Au cours de la séance du soir, le décret du comité des Finances sur la gabelle a, enfin, été adopté : le sel sera payé 6 sols dans les pays de grande et de petite gabelle (Agenda du Bicentenaire,  LUNDI 21 SEPTEMBRE).-

-1792 – 21 septembre : ÉLECTION DES DÉPUTÉS A LA CONVENTION, CETTE ASSEMBLÉE QUI VA PROCLAMER LA PREMIÈRE RÉPUBLIQUE EN FRANCE – La Convention fut élue selon le système prévu par la constitution de 1791, à cette différence toutefois que la distinction entre citoyens actifs et passifs fut abolie : le suffrage fut universel, cependant un dixième à peine des électeurs prit part au vote. Ils étaient pour la plupart effrayés, soit par l’arrivée prochaine de l’ennemi et les perspectives de réaction qui se dessinaient, soit par la terreur qui avait suivi la journée du 10 août, et surtout la prise de Verdun par les Prussiens.

Ce furent en général les plus révolutionnaires qui votèrent. Ils élurent des députés hostiles à la monarchie et ceux-ci décrétèrent à l’unanimité, le jour même de la réunion de l’Assemblée, le 21 septembre 1792, le lendemain de la victoire de Valmy sur les Prussiens et le jour de la victoire de Jemappes sur les Autrichiens, « que la royauté était abolie en France » et « proclamèrent la République », ce sera la Première République, une république sans président.

La Société des Amis de la Constitution changea son nom en société des Jacobins, amis de la liberté et de l’égalité.

Pour commencer, le référendum devait être appliqué à la Constitution elle-même, conformément à un décret voté dès le 21 septembre 1792. Il fut organisé durant le mois de juillet 1793, mais à des dates variables, selon les lieux, à cause de la lenteur des communications.

1793 – 21 septembre :

1. ÉMIGRÉS ET FONCTION PUBLIQUE – Décret de la Convention interdisant toute fonction publique aux parents d’émigrés.

2. ÉTAT DES CITOYENS « QUI SE SONT FAIT ENREGISTRER POUR FORMER LE complément DE LA LEVÉE DE 30 000 HOMMES DE CAVALERIE – Nous trouvons un état des citoyens « qui se sont fait enregistrer pour former le complément de la levée de 3o.ooo hommes de cavalerie dans toute « la République et ce qui sont devenus ». Ce document s’applique uniquement au district de Valence, les autres tableaux analogues ayant disparu. Dans le paragraphe concernant les « volontaires contre Toulon », au nombre de quinze, figurent les noms de Charles-Louis Coston, de Valence ; Hilaire-Marcel Deloche, de Tain, etc.

Le premier d’entre eux est le père du biographe de Napoléon Ier et le grand-père de l’historien de Montélimar. Lieutenant-colonel du régiment provincial de Grenoble-artillerie en 1790, il s’engagea comme simple cavalier en 1793, à l’âge de cinquante-deux ans. Quoique muni de sa feuille de route, il fut arrêté à Saint-Paul-Trois-Châteaux, avec le docteur Caudeiron, comme suspect et dépourvu de passeport et il fut incarcéré en ce lieu. La requête de sa femme, examinée le 28 octobre, lut fit rendre la liberté sous la condition de se retirer à Valence ! Il mourut à l’âge de quatre-vingt-quinze ans huit mois (1741-1837).

3. AU MOMENT OU LA BATTERIE DE LA MONTAGNE OUVRE LE FEU SUR LES VAISSEAUX ENNEMIS, DELABORDE OCCUPE LA SEYNE BOMBARDEE PAR HOOD – La prise de La Seyne est la conséquence du plan envisagé par Bonaparte d’après la conception stratégique de Carteaux, qui, continuant son mouvement de glissement vers le territoire de La Seyne, a fait un nouveau bond en avant pour rendre son action contre la flotte alliée plus efficace et pour se rapprocher de la presqu’île de Balaguier dont la chute, à son avis, doit entraîner la chute de Toulon. Beaucoup plus proche que la batterie de la Garenne, moins gênée par les accidents de terrain et par les arbres ou constructions, ayant des vues franches sur le rivage, la batterie des « Sans-culotte » de Brégaillon entreprend, après le 20 septembre, une violente et longue action contre les vaisseaux et pontons ennemis qui se tiennent du côté nord-ouest de l’Eguillette.

Cette fameuse batterie des « Sans-culotte », dont le nom sera retenu par notre histoire militaire, possédait comme armement : une pièce de 36, quatre de 24, un mortier de 12 pouces et une couleuvrine de 44. Par la suite, quelques pièces de cette batterie, dont la fameuse couleuvrine de 44 provenant de Marseille, furent établies sur le bord même du rivage, à l’endroit où sont situés, aujourd’hui les ateliers de démolitions navales de la Compagnie « Les Abeilles » qui occupent, eux, un terre-plein provenant de comblements faits à la mer. Mais la position de la batterie de la Montagne est encore trop éloignée et gênée par le masque de la hauteur de Brégaillon aussi, le 21 septembre, Bonaparte fait un nouveau bond de 1 500 mètres sur cette colline qui domine la partie Ouest de la petite rade et où il installe la fameuse batterie des « Sans Culottes », armée d’une pièce de 36, de quatre de 24, d’un mortier de 12 et d’une couleuvrine de 44.

Parmi les navires que la « Sans-culotte » combattait dans les eaux de la Petite rade se trouvaient plusieurs navires français dont le vaisseau de 74 le Puissant, commandé par un enfant du pays, le Seynois Pierre-Jacques Féraud, marin intrépide et artilleur consommé mais royaliste convaincu, anti-montagnard fougueux, homme de mer que de tragiques circonstances ont placé à côté des Britanniques qu’il avait autrefois si courageusement combattus lors de la guerre d’indépendance américaine. 21 septembre, sans attendre que ses épaulements soient terminés, la batterie de la Montagne ouvre le feu sur les vaisseaux, elle chasse une frégate et deux pontons embossés près de La Seyne.

Au moment où la batterie de la Montagne ouvre le feu sur les vaisseaux, l’adjudant général, chef de brigade Laborde, occupe La Seyne. Venues du terroir d’Ollioules, les troupes de la Convention, commandées par le général Delaborde, entrèrent dans la ville de La Seyne le 2l septembre 1793.

Auparavant, le général en chef Carteaux a ordonné aux Seynois d’évacuer, dans les vingt-quatre heures sous peine de mort, leur ville bombardée d’ailleurs tout de suite par Hood, parce que les habitants ont construit un brûlot pour l’armée républicaine et ainsi violé la neutralité qu’ils avaient promise.

Un assez grand nombre de Seynois, obéissant à cette injonction, se rendirent par mer à Toulon ou sur des bâtiments ancrés en rade du Mourillon. D’autres s’enfuirent dans les campagnes, à Six-Fours et même à Saint-Nazaire (Sanary) et au Brusc qui avaient été occupés également par Carteaux aux dates des 8 et 14 septembre ; à Saint-Nazaire, on compta trois cent quatre-vingts réfugiés seynois.

Au cours du siège de 1793 et de l’année suivante, Saint-Nazaire sera occupé par des détachements du 10e bataillon de la Drôme, de la 1ère compagnie d’artillerie de la Lozère, du 1er bataillon du Mont-Blanc et par la légion des Allobroges. La plupart des hommes de ces unités furent logés dans des chapelles d’où la Révolution avait banni le culte, principalement dans celle des Pénitents Blancs qui avait été fondée par Barthélemy de Don, tué à l’ennemi en 1710, capitaine des vaisseaux du roi. Les habitants de cette localité prodiguèrent des soins dévoués aux malades et aux blessés de l’armée en bataille dans le terroir de La Seyne ; deux patrons pêcheurs du port de Saint-Nazaire étaient requis de pêcher tous les jours le poisson nécessaire aux malades et aux convalescents des ambulances républicaines (Archives de Sanary ; H. 2).

Ainsi, à partir du 20 septembre, la batterie des « Sans Culottes » avait permis à l’armée républicaine de déborder vers le Sud pour former un vaste demi-cercle allant d’Ollioules à La Seyne par Six-Fours, Fabrégas et les Sablettes.

4. ÉMIGRATION DE SEYNOIS Du 22 septembre 1793 au 21 septembre 1794 – D’Hautecour Gaspard, de La Seyne, émigré fusillé à Toulon (Comm. Révolut.). Philippe Thérèse, de La Seyne, émigrée exécutée à Toulon (Comm. Révolut. an II). Vitalis Simon-Joseph, de Six-Fours, émigré exécuté après l’entrée des républicains à Toulon. Blanc Jacques, plâtrier, de La Seyne, émigré exécuté à Toulon (Comm. Révolut. an II). Daniel Pierre-Antoine, de La Seyne, émigré exécuté à Toulon (Comm. Révolut. an II).  Parmi les Seynois qui ont quitté La Seyne, on relève le nom d’Isnardon Louis, marin, qui se ra taxé d’émigration car il a fui à Toulon « pour éviter le feu que les batteries anglaises et françaises concentraient sur La Seyne ».

5. LES ARMATEURS ONT LE DROIT D’EMPLOYER UN QUART DE MARINS ÉTRANGERS A BORD DE LEURS NAVIRES – L’Acte de navigation du 21 septembre 1793 dispose : « qu’aucun bâtiment  ne sera réputé français si les officiers et trois quarts de l’équipage ne sont Français. » (Archives de Provence).)

Depuis 1792, les municipalités successives n’ont pas payé leurs dettes, rentes, intérêts d’emprunts, et bien d’autres. Le passif est lourd. Jusqu’à présent, tout s’est bien passé, personne n’en parle. Jus­­qu’au jour de Pluviôse an 12 où l’un des créanciers de la commune, le citoyen ROBERT obtient que la commune soit poursuivie en rembourse­ment d’une rente d’une somme de 15.000F prêtée à la commune avant 1792 à 4 1/2 pour cent. Cela fait ressortir toutes les autres dettes de la commune qui font un total d’environ 32.000 francs. La municipalité fait remarquer au préfet que déjà ses devancières avaient demandé à l’État de prendre tous les biens de la commune en échange d’une liquidation totale de ce passif. Les événements n’avaient pas permis de réaliser cette proposition. On la renouvela et on offrit en payement de ces dettes tout l’actif de la commune à la date de l’an douze. Cet actif consistait dans les terres saisies comme Biens nationaux au ci-devant seigneur de VINTI­MILLE et sises à PORTISSOL, LA CRIDE, la MORVENEDE. Seul le presbytère de la rue CI astre avait été vendu par l’administration du dis­trict de TOULON en faveur de Benoît MAYEN, d’OLLIOULES en 1792. Ce dernier l’avait cédé à Joseph MICHON de SANARY par acte du 17 ventôse an 7, passé par devant maître HERMITTE, notaire à SANARY. Cette proposition malheureuse que la municipalité de cette époque fût contrainte de prendre et qui donnera lieu à la vente de ces terres en 1808, grèvera lourdement l’avenir de notre commune. Toutes les terres de la colline de PORTISSOL, celles de LA CRIDE, de la MORVENEDE, tomberont entre des mains de particuliers. Un nommé SICARD de TOULON s’en rendra acquéreur le 21 septembre 1808 au prix de mille francs, il les revendra à Antoine BOYER, de SANARY, le 27 septembre, six jours après, pour le prix de 1.200francs (Léon REBOUL) notaire à SANARY. C1est ce qu’on appelle faire une bonne affaire. Elle se fit au détriment de la population sanaryenne. Même la maison commune sera saisie par l’État. Elle ne lui sera rétrocédée que plus tard et gratuitement. Lorsque les terres gastes appartenaient « honorifiquement » au sei­gneur, tout le monde pouvait avoir accès dans l’enceinte de ces terres, et y jouir de divers droits. Leur vente comme biens nationaux fit que les nouveaux acquéreurs interdirent à tous les habitants d’y avoir accès et d’en retirer les petits profits, tels que cueillette, ramassage du bois mort, etc… Par exemple, l’un des acquéreurs qui avait acheté les bois de LA COLLE, vente qu’il avait lui-même inspiré à la municipalité, prétendit interdire l’accès de cette partie du terroir. Un procès lui fut fait par 35 habitants à qui il voulait faire payer un droit d’accès. Il le perdit, car dans le contrat de vente que tous les acquéreurs de biens nationaux étaient tenus de signer avec l’administration du Var, il était dit que « les dits biens sont vendus, avec leurs servitudes actives et passives, francs de toutes dettes, etc… ». Ces servitudes étaient celles accordées aux habi­tants par les seigneurs successifs, chefs militaires, depuis 1447, à savoir: droits de pasturages, lignage, chauffage et four à chaux.

-1799- 21 septembre : JOURNAL D’UN NOTABLE DU CAIRE DURANT L’EXPÉDITION FRANCAISE – [Un mawlid local et ses origines] Samedi 20 du mois de Rabî al-Tânî [21 septembre 1799] Appel en l’honneur du Mawlid d’al-Sayyid al-Bakrî, qui est enterré à la mosquée al-Sharâïbî à l’Azbakiyya, près du quartier al- Ru’i’î. On ordonna aux gens d’illuminer les rues de ce côté-là et on les autorisa à se déplacer jour et nuit sans avoir à craindre quoi que ce soit.

Nous avons parlé précédemment de ce Sayyid ‘Alî. Il était originaire d’al-Balah. La plupart du temps, il sortait totalement nu dans les souqs3. Il avait un frère, homme habile et avisé, qui se gardait de le blâmer. Cette situation dura des années. Tout changea quand ce dernier s’aperçut de l’engouement de la population pour son frère et de la foi qu’on lui accordait, comme cela arrive habituellement en Egypte en de tels milieux. Il se mit alors à empêcher son frère de sortir, il le revêtit d’habits, faisant savoir aux gens qu’il avait reçu de lui toute autorisation pour cela et qu’il était chargé de la Qutbaniyya, etc.

Hommes et femmes accouraient en visite auprès de ce personnage pour en recevoir la baraka, écouter ses paroles et recueillir ses propos incohérents et ses révélations sur le fond des consciences. C’est alors que son frère se mit à attirer les gens, à parler des miracles de notre homme, de son don de lire dans les cœurs et d’en révéler les secrets. La population accourut en foule, chacun voulant imiter son voisin. Dons, offrandes, larges libéralités de toutes sortes affluaient, surtout de la part des femmes des émirs ou des notables. La situation du frère devint confortable ; ses biens s’élargissaient ; sa marchandise se vendait bien ; sa pêche était fructueuse.

Quant à notre cheikh, il devint gros et gras à force d’avoir trop mangé et de ne rien faire. Il devint énorme comme al-Bû al-‘Azîm(?). Il resta ainsi jusqu’à sa mort en 1207/[1792-93]. On l’enterra, bien que son frère sache à quoi s’en tenir, dans une partie interdite de la mosquée ; cela ne fit problème à qui que ce soit. Dans la suite, on érigea une maqsûra (une enceinte réservée) dans la mosquée. Alors se succédèrent sur sa tombe lecteurs de Coran, chanteurs d’hymnes, derviches, troubadours chantant et décrivant ses miracles dans leurs qasîda (poésies) et leurs panégyriques. Ils s’exaltaient, ils hurlaient ; ils se noircissaient le visage à la grille [de la maqsûra] ou sur ses marches, ils prenaient l’air autour du tombeau à pleines mains pour le fourrer dans leurs vêtements et dans leurs poches5.

A la visite de son tombeau, hommes et femmes accouraient avec des offrandes, des bougies et des aliments de toutes sortes. Cette mosquée devint un lieu de réunion et de rendez-vous.

Quand les Français arrivèrent en Égypte, la population ne se préoccupa plus [de cette dévotion], qui fut abandonnée parmi bien d’autres choses. Mais quand reprirent les célébrations des mawlid et des confréries, les Français accordèrent pour cela l’autorisation, parce qu’ils y voyaient un moyen de faire sortir les gens de la sharî’a (loi), de réunir les femmes avec des individus aux mauvaises passions, de distraire les gens par des voies défendues. Et c’est ainsi que ce mawlid revint au milieu de tant d’autres choses.

-1841 – 21 septembre : CHOIX DU TERRAIN DE LA FUTURE ÉGLISE DE SAINT-MANDRIER – Le conseil de Fabrique de la presqu’île de Saint-Mandrier, fait choix pour établir leur future église succursale «au fond du golfe dit le Cros Saint-Georges point central du dit quartier de Saint-Mandrier, d’un terrain situé à l’embranchement du chemin dit de la Coudourière, ayant pour confront du Nord et de l’Est la mer ; du couchant un ruisseau qui le sépare de la propriété du sieur Boustagneau, ruisseau entre deux ; sur ce terrain formé par les lais et relais de la mer, de la contenance de 1200 mètres, il se propose de faire construire une petite église ». (…) Ainsi donc ce terrain appartenant à l’administration des domaines, le conseil de Fabrique «lui en demande concession gratuite sur le fondement que les revenus de la dite Fabrique qui sont presque nuls ne lui permettent pas d’en acquitter le prix d’achat». Le conseil municipal de la Seyne confirmera qu’effectivement ce terrain appartient aux domaines en tant que lais et relais de la mer et que la commune ne peut élever aucune prétention sur le droit de propriété.

1867 – 21 septembre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE premier adjoint au maire de Sanary – Vendredi 21 septembre – Saint Mathieu – calme plat ce matin – Ciel couvert annonçant la pluie – Après midi vent à l’est faible. Brise – toujours ciel couvert mais la pluie ne vient pas – thermomètre à 20°.

1869 – 18 septembre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE premier adjoint au maire de Sanary – Mardi 21 septembre – St Mathieu. Temps clair mais mauvais temps – un vent d’ouest très fort ce matin qui deviendra plus fort cet après-midi. Nous avons été ce matin par le train de 9h nous promener en chemin de fer jusqu’à la gare de La Ciotat. De là à pied jusqu’à Ceyreste voir notre parent, l’oncle Daniel, notaire. Arrivé à 10 h à Ceyeste, nous en sommes partis à 4 h pour revenir à 5h 00 par le même la même voie du chemin de fer. Nous sommes restés dedans pendant tout le temps ; le vent qui était alors en tempête nous a empêchés de sortir. Nous étions de retour à Saint-Nazaire à 6h 30 du soir : le vent était un peu moins fort.

-1870 – 21 septembre : HÔPITAL DE SAINT-MANDRIER – Cinq blessés en provenance de MACON arrivent à l’hôpital de la marine. Ils sont Corses et veulent rentrer dans leur pays. Ils repartiront le 25. RAYBAUD Félix, chirurgien militaire de 2e classe, démissionnaire pour raison d’âge, sera chargé des soins aux blessés. Finalement, on recevra des blessés, une quinzaine. Ils sont atteints de gale, de bronchite, de congélation des orteils, de blessures à la main ou à la jambe ou à la mâchoire pour l’un d’eux. Les premiers arrivés en septembre 1870, les derniers partiront en mars 1871.

1940 – 21 septembre :

1. APARTHEID AVANT LA LETTRE : Les Juifs, les étrangers et les « gens de couleur » n’ont pas le droit de rentrer en zone occupée.

2. UN BAC CHAVIRE DANS LE RHÔNE FAISANT UNE DIZAINE DE VICTIMES – La Dépêche du Midi publie : « Montélimar, 21 septembre – A Traille, un bac a chaviré dans le Rhône. Une soixantaine de personnes étaient à bord. On compte une dizaine de victimes.

3. OUVERTURE DE LA CHASSE – La Dépêche du Midi publie : « La chasse sera ouverte à dater du 6 octobre. Une bonne nouvelle pour les chasseurs : le ministre secrétaire d’État à l’Agriculture et au Ravitaillement communique en effet : Il a été décidé de procéder à l’ouverture générale de la chasse en 1940, réserve faite de la chasse à courre, dans les parties du territoire français non occupées par les armées allemande et italienne, à l’exception de la zone démilitarisée de la frontière sud-est. La date d’ouverture est fixée au dimanche 6 octobre 1940. Toutefois, l’emploi des armes à feu sera interdit dans la totalité des communes limitrophes des lignes de démarcation des par parties susvisées du territoire français, et le port desdites armes sera en tout cas prohibé sur une bande de 5 kilomètres de pro¬fondeur le long de ces lignes. En outre, l’exercice de la chasse à tir ne sera autorisée que deux jours par semaine, le dimanche et le jeudi.”

4. LE NOUVEAU STATUT CINÉMA FRANÇAIS – Le journal Aujourd’hui, publie samedi 21 septembre « Le nouveau statut cinéma français. Tous les films devront être soumis à l’autorité militaire (occupante) : Dans la zone occupée de Ia France, des films ne peuvent être présentés publiquement que s’ils ont été autorisés par le Chef de l’Administration Militaire (allemande) en France. Comme présentations publiques seront considérées également les présentations dans les écoles, établissements d’enseigne¬ment, associations, clubs, etc. »

5. PRÉSENTATION DE LA COLLECTION D’HIVER – Enfin, le Matin publie l’encart suivant : “NINA RICCI. Présentation de la Collection d’Hiver, l’après- midi à 15 heures. 10, rue des Capucines (Demander invitations à Opéra 87-31)”. Comme quoi, la vie suivait son cours !

1942 – 21 septembre : DES VOITURES GONIOMÉTRIQUES EN ZONE NON OCCUPÉE – 290 spécialistes allemands sont autorisés à opérer avec des voitures goniométriques en zone non occupée pour détecter les émetteurs clandestins de la Résistance. A la suite de cette action, de nombreuses arrestations seront opérées.

1948 – 21 septembre : MARCEL CERDAN devient champion du monde des poids moyens en boxe. Mais vous connaissez la suite !

1951 – 21 septembre : LOIS BARANGÉ – vote des lois Marie et Barangé sur l’aide à l’enseignement privé.

1961 – 21 septembre :

1. A FREJUS, inscription par arrêté du 21 septembre 1961, de la façade de la chapelle Saint-Félix ; et du versant de toiture correspondant, située 67 rue Montgolfier (cad. A 717).

2. EXERCICES DE PARACHUTAGE EN RADE DES VIGNETTES – Des exercices de parachutage sont effectués en rade des Vignettes les 13, 14, 20 et 22 septembre de quatorze heures à seize heures, ainsi que les 19 et 21 septembre de vingt et une heures à vingt-deux heures. Tout mouvement de bâtiment et d’embarcation est interdit dans cette zone pendant les exercices.

1972 – 21 septembre : LITTÉRATURE – Henry de Montherlant disparaît en laissant un mot à Jean-Claude Barat, son légataire universel : « Je deviens aveugle. Je me tue ». De cette mort volontaire, Julien Green écrit quelques jours plus tard : « Ayant inventé un personnage tout de bravoure et d’éclat, il [Montherlant] a fini par le prendre pour lui et s’y est conformé jusqu’à la fin. ». Henry de Montherlant écrivit, entre autres, « Port-Royal », publié à Paris par Gallimard en1954, et réédité en Livre de Poche, n°553, 1964; 184 p. Certaines de ses œuvres ont donné lieu à des éditions d’art illustrées atteignant des prix de vente élevés aux enchères ou chez les libraires de bibliophilie. 

1980 – 21 septembre : GÉRARD D’ABBOVILLE devient le premier homme à traverser l’Atlantique en solitaire à la rame.

EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHÈQUE

Sanary-sur-mer – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et ÉDIFICES. 105e livraison :

Auberges, restaurants et hôtels de Sanary au fil du temps

Aux XVIe et XVIIe siècles, on trouve la mention de deux logis (auberges). L’un, dans l’agglomération, est le logis où pend l’enseigne de Saint Nazaire, l’autre, hors les murs, est le logis Deprat qui laissera son nom au quartier où il se trouvait.

1664 – août : mention du Logis Saint-Nazaire (Louis Robail, de Nîmes, propriétaire de l’auberge ou logis). La fontaine de Mortier alimente enfin Sanary à la satisfaction des habitants et des marins étrangers. Les Ollioulais interviennent officiellement et détruisent les tuyaux d’adduction d’eau. Un procès s’ensuit qui condamne Ollioules à la remise en état des lieux. Sanary a enfin son alimentation en eau courante, années 1663-1664, et août 1664 [Place, H. Ribot , B. Rotger, 1982 ; B. Rotger, 1984 :  …] Par la suite des plaintes déposées par Saint-Nazaire auprès du Sénéchal de Toulon, Saquy de Fos, un officier de justice vint interroger les témoins ainsi que les syndics qui avaient déposé plainte, dont l’audition eut lieu dans le logis (auberge) à l’enseigne de Saint-Nazaire (Témoignages de Jean Servais, Languedocien, commis des droits forains et domaniaux ; Jean Bailly, de Paris, contrôleur de la foraine pour Saint-Nazaire ; Louis Robail, de Nîmes, propriétaire de l’auberge (logis) ; Etienne Girand, travailleur d’Evenos ; Barthélemy Girand, travailleur d’Evenos ; Anne Gautière, femme de André Mostier, marinier de Saint-Nazaire ; Catherine Viguière, femme de Jacques Lambert, marinier de Saint-Nazaire ; Marguerite Bigaude, fille d’Antoine, maître serrurier d’Ollioules habitant Saint-Nazaire ; Magdeleine Denance, femme de Claude Cabre, marinier de Saint-Nazaire). Le procès eut lieu à Aix qui condamna les Ollioulais à réparation et Saint-Nazaire répara les dégâts. Depuis, l’eau revint à la fontaine et coula jusqu’en 1856, avec quelque fois des accidents de parcours mais enfin, Saint-Nazaire eut son eau de façon à peu près régulière. (Témoignages de : Jean Servais, Languedocien, commis des droits forains et domaniaux ; Jean Bailly, de Paris, contrôleur de la foraine pour Saint-Nazaire ; ; Etienne Girand, travailleur d’Evenos ; Barthélemy Girand, travailleur d’Evenos ; Anne Gautière, femme de André Mostier, marinier de Saint-Nazaire ; Catherine Viguière, femme de Jacques Lambert, marinier de Saint-Nazaire ; Marguerite Bigaude, fille d’Antoine, maître serrurier d’Ollioules habitant Saint-Nazaire ; Magdeleine Denance, femme de Claude Cabre, marinier de Saint-Nazaire.)

1689 – La Rose, hôte, qui eut une grande vogue.

1698 – Antoine Brun, hôte.

1700 – la veuve Canessenque, hôtesse.

1701 – Les sœurs Magdeleine et Anne Cabre, cabaretières et donnant à manger.

1710 – 22 février : Logis Deprat, un pauvre mendiant se disant breton décédé dans le logis de madame DEPRAT, auberge sur le grand chemin royal.

1752 : le Logis Deprat est toujours présent et se maintint plus de 40 ans (vers 1792)

1754 : mort de Pierre Gris dit Beauséjour, hôte.

1773-1781 : André, aubergiste.

1795 : Maurel, cabaretière, qui eut une grande vogue.

(à suivre)

MARSEILLE – 305e livraison : LE TERROIR MARSEILLAIS

Nos archives :

1179 – 23 octobre : Privilège accordé à l’ordre du Temple par Ildefonse IT. roi d’Aragon, et son frère Raimond Bérenger IV, comte de Pro­vence. Parmi les témoins qui souscrivent : Guillaume le Gros, vicomte de Marseille (Acte 267 des vicomtes de Marseille, Henry de Gérin-Ricard. Réf. A. Arch. départ, des Bouches-du-Rhône, Templiers, liasse 8).

1190 – mars : Paix et concorde entre le roi d’Aragon lldefonse II cl Hugues de Montréal. Le roi donne pour cautions : Geofroi de Marseille, évêque de Béziers, et son frère Barral de Marseille (acte 292 des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin-Ricard, 1926, réf : A. Arch. départ, des Bouches-du-Rhône, B 294, n° I).

1191 – mars : Marseille. Barral, seigneur de Marseille et vicomte, procureur du roi d’Aragon en Provence, prend sous sa sauvegarde Guillaume de Villeneuve et Jean de Couches ; il leur garantit, moyen­nant une redevance annuelle d’une livre de poivre, la liberté d’accès et de séjour au port de Marseille. (acte 291 des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin-Ricard, 1926, réf : A. Arch. de la Couronne d’Aragon. Pergamens Alfonso I. n° 576).

« In nomme Domini nostri Jhesu Xristi, an no Incarnationis ejusdem M°C°LXXXX, mense marcii, indictione VIII. Notum sit presentibus et futuris liane cartam audientibus, quod ego Barralus, dominus Massilie et vicecomes et in Provincia pro rege Aragonensi procurator, recipio te, Guillelmum de Villanova, et te, Johannem de Conchis, et omnes res vestras, in Dei fide et securitate et defensione mea in mari et in terra et in omni posse meo, intrando portum meum Massilie et ibi permanendo et eundo et redeundo ; hanc autem securitatem et defensionem facio vobis predictis per me et per omnes amicos meos. Et pro hac securitate et defensione debemus dare tibi, domino Barralo. et tuis annuatim, in Nativitate Domini, unam libram piperis. Action in domo Nigrelli. Hujus rei sont testes : Nasquesius judeus. Riberius et ego Bernardus, Massiliensis publicus notarius, Massilie interfui et rogatu domini mei Barrali hanc cartam scripsi.

Ego, Barralus +. »

1191 – septembre : Barral, seigneur et vicomte de Marseille, libère de toute réclamation le château de Ceyreste, où il abandonne ses droits de quête et autres impositions, tout en se réservant les chevauchées et 1a justice des crimes : les moines de Saint-Victor auront la juridiction des contestations entre les gens du pays et les droits d’usage. En cas de contestation de cet acte par ses successeurs, la justice, les chevauchées et la suzeraineté de Ceyreste passeront à Saint-Victor. Barrat retient encore le droit d’usage sur les troupeaux de chèvres, au moment où les faucons sortent du nid, c’est-à-dire un agneau par troupeau (acte 294 des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin-Ricard, 1926, réf : B. Saint-Victor, Cartulaire, fol. 117 v°. a. Guérard, n° 942).

(à suivre)

LA SEYNE-SUR-MER – Textes divers écrits sur La Seyne.

27e livraison :  LA SEYNE ET LE SIEGE DE TOULON EN 1793 –

               La prise de La Seyne est la conséquence du plan envisagé par Bonaparte d’après la stratégie de Carteaux qui, continuant son mouvement de glissement vers le territoire de La Seyne, a fait un nouveau bond en avant pour rendre son action contre la flotte alliée plus efficace et pour se rapprocher de la presqu’île de Balaguier dont la chute, à son avis, doit entraîner celle de Toulon. Beaucoup plus proche que la batterie de la Garenne, moins gênée par les accidents de terrain et par les arbres ou constructions, ayant des vues franches sur le rivage, la batterie des « Sans-culotte » de Brégaillon entreprend, après le 20 septembre, une violente et longue action contre les vaisseaux et pontons ennemis qui se tiennent du côté nord-ouest de l’Eguillette.

Cette fameuse batterie des « Sans-culotte », dont le nom sera retenu par notre histoire militaire, possédait comme armement : une pièce de 36, quatre de 24, un mortier de 12 pouces et une couleuvrine de 44. Par la suite, quelques pièces de cette batterie, dont la fameuse couleuvrine de 44 provenant de Marseille, furent établies sur le bord même du rivage, à l’endroit où sont situés, aujourd’hui les ateliers de démolitions navales de la Compagnie « Les Abeilles » qui occupent, eux, un terre-plein provenant de comblements faits à la mer. Mais la position de la batterie de la Montagne est encore trop éloignée et gênée par le masque de la hauteur de Brégaillon aussi, le 21 septembre, Bonaparte fait un nouveau bond de 1 500 mètres sur cette colline qui domine la partie Ouest de la petite rade et où il installe la fameuse batterie des « Sans Culottes », armée d’une pièce de 36, de quatre de 24, d’un mortier de 12 et d’une couleuvrine de 44.

Parmi les navires que la « Sans-culotte » combattait dans les eaux de la Petite rade se trouvaient plusieurs navires français dont le vaisseau de 74 le Puissant, commandé par un enfant du pays, le Seynois Pierre-Jacques Féraud, marin intrépide et artilleur consommé mais royaliste convaincu, anti-montagnard fougueux, homme de mer que de tragiques circonstances ont placé à côté des Britanniques qu’il avait autrefois si courageusement combattus lors de la guerre d’indépendance américaine. 21 septembre, sans attendre que ses épaulements soient terminés, la batterie de la Montagne ouvre le feu sur les vaisseaux, elle chasse une frégate et deux pontons embossés près de La Seyne.

Au moment où la batterie de la Montagne ouvre le feu sur les vaisseaux, l’adjudant général, chef de brigade Laborde, occupe La Seyne. Venues du terroir d’Ollioules, les troupes de la Convention, commandées par le général Delaborde, entrèrent dans la ville de La Seyne le 2l septembre 1793.

Auparavant, le général en chef Carteaux a ordonné aux Seynois d’évacuer, dans les vingt-quatre heures sous peine de mort, leur ville bombardée d’ailleurs tout de suite par Hood, parce que les habitants ont construit un brûlot pour l’armée républicaine et ainsi violé la neutralité qu’ils avaient promise.

Un assez grand nombre de Seynois, obéissant à cette injonction, se rendirent par mer à Toulon ou sur des bâtiments ancrés en rade du Mourillon. D’autres s’enfuirent dans les campagnes, à Six-Fours et même à Saint-Nazaire (Sanary) et au Brusc qui avaient été occupés également par Carteaux aux dates des 8 et 14 septembre ; à Saint-Nazaire, on compta trois cent quatre-vingts réfugiés seynois.

Au cours du siège de 1793 et de l’année suivante, Saint-Nazaire sera occupé par des détachements du 10e bataillon de la Drôme, de la 1ère compagnie d’artillerie de la Lozère, du 1er bataillon du Mont-Blanc et par la légion des Allobroges. La plupart des hommes de ces unités furent logés dans des chapelles d’où la Révolution avait banni le culte, principalement dans celle des Pénitents Blancs qui avait été fondée par Barthélemy de Don, tué à l’ennemi en 1710, capitaine des vaisseaux du roi. Les habitants de cette localité prodiguèrent des soins dévoués aux malades et aux blessés de l’armée en bataille dans le terroir de La Seyne ; deux patrons pêcheurs du port de Saint-Nazaire étaient requis de pêcher tous les jours le poisson nécessaire aux malades et aux convalescents des ambulances républicaines (Archives de Sanary ; H. 2).

Ainsi, à partir du 20 septembre, la batterie des « Sans Culottes » avait permis à l’armée républicaine de déborder vers le Sud pour former un vaste demi-cercle allant d’Ollioules à La Seyne par Six-Fours, Fabrégas et les Sablettes.

(à suivre)

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE

D’un papa tout heureux :

-A la maternité, j’avais apporté mon camescope. Le temps de savoir faire fonctionner la machine, le bébé entrait en classe de sixième.

J’en ai terminé pour aujourd’hui. Rappelez-vous que le premier jour de l’automne aura lieu le samedi 23 septembre 2023 à 08:49 :56 UTC+2 (équinoxe d’automne).

Je vous souhaite un bon jeudi et vous dis à demain.

Affectueuses pensées pour Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber.

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