ÉPHÉMÉRIDES DU 14 SEPTEMBRE

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ÉPHÉMÉRIDES DU JEUDI 14 SEPTEMBRE 2023 – 12e ANNÉE (n° 3984)

Ollioules, le château des Vintimille au début du XXe siècle.

FÊTES

Le 14 septembre, nous fêtons les Corneille, Cornaline, Cornélie en l’honneur de Saint Corneille, pape de 251 à 253 et mort en martyr en 253. Le prénom Corneille vient du mot « cornix » qui désigne l’oiseau appelé « corneille » (étymologie latine).

Pour les Chrétiens, le 14 septembre est consacré à l’Exaltation de la SAINTE CROIX, la CROIX GLORIEUSE ou la VRAIE CROIX, en souvenir de l’édification, par la reine sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, d’une basilique sur le Mont Calvaire, accueillant la relique de la croix sur laquelle Jésus aurait été crucifié. Elle est devenue depuis le IVe siècle une des principales reliques de la chrétienté faisant l’objet d’une vénération particulière. Des reliquaires portant le nom de « staurothèques » ont été spécialement fabriqués pour en abriter les fragments.

Sur le massif de Sicié, la chapelle Notre-Dame de Bonne Garde, dite Notre-Dame du Mai, domine la mer du haut d’une falaise de 358 m. Si la chapelle est sur le territoire de Six-Fours, la tour de guet, située sur son parvis, est partagée entre Six-Fours et La Seyne. Les deux villes y font en commun leur pèlerinage le 14 septembre. Cette chapelle est dédiée à la Vierge sous le nom de Notre-Dame de Bonne Garde, car elle doit plus particulièrement veiller sur les marins. Son érection en 1625, serait due, d’après la tradition, à la confrérie des Pénitents Gris. Cette année là, la foudre démolissait la hutte des gardiens, ainsi qu’une partie de la bordure supérieure de la tour de guet. Les gardiens, sains et saufs, allèrent rapporter ces faits aux pénitents gris de la chapelle Sainte-Croix de Six-Fours. Ceux-ci, suivis de tout le peuple, des consuls, et du clergé, partirent en procession planter une croix de bois à côté de la tour. Les premiers coups de pioche mirent au jour de la chaux en abondance. Dans un environnement de schiste et de quartz, c’était vraiment un miracle de trouver de la chaux toute préparée. Manifestement une simple croix ne suffisait pas, il fallait bâtir une chapelle. La même année, l’évêque en autorisait la construction et celle d’un ermitage (Cahier du patrimoine ouest varois n°11, Six-Fours).

Cette histoire est rapportée pour la première fois par Jean Denans, notaire six-fournais et seynois qui, dans ses dernières années d’existence, rédigea entre 1707 et 1713 une histoire de Six-Fours. Voici ce qu’il écrivait :

« FONDATION DE LA CHAPELLE NOTRE DAME DE BONNE GARDE SUR LE CAP DE SICIECH : En l’année 1625, un foudre ou tonnerre ayant donné sur la hutte des gardiens de la montagne de Siciech, proche la tour (du farot), et en ayant rompu et emporté une partie (…) de ladite tour, cela fut rapporté le dimanche après aux confrères pénitents gris de la chapelle Ste Croix, lesquels auraient délibéré entre eux, qu’étant fondés sur la Sainte Croix, d’aller en procession sur ladite montagne pour y planter une croix. Cette délibération prise, d’aucun d’eux offrirent d’aller dans la forêt de la communauté pour y couper le bois et de faire ladite croix, d’autres offrirent de fournir tous les clous nécessaires pour la clouer, et d’autres de la porter sur le lieu où devait être posée. Cette délibération ayant été rapporté à Messire Jacques Lombard, curé de la paroisse et premier fondateur de ladite chapelle, lequel étant tout rempli de zèle et de dévotion pour le culte divin, non seulement s’y accorda, mais encore, il promet de faire aller le clergé et la procession générale. Et le dimanche d’après, ayant fait savoir au prosne (prêche) le pieux dessein desdits pénitents gris, il convia tout le peuple de se disposer à suivre la procession le jour qu’il leur assigna. Lequel venu, la procession étant allée avec les Sieurs consuls et un grand nombre de personnes sur ladite montagne, on y planta solennellement ladite croix, et après les heures chantés à semblables occasions, ledit sieur curé, ayant entonné le Te Deum, la procession commença à descendre en faisant le tour de la croix. Pour lors, un des pénitents gris ayant étendu son mouchoir au pied d’icelle, pour recevoir les aumônes des assistants, fut trouvé beaucoup de deniers et autres pièces de monnaie. Et tous étant passé, ledit pénitent prend ledit mouchoir, avec tout l’argent qui avait été donné en aumône, le porta à sa bastide et là, par curiosité, ayant compté ledit argent, il y trouva trois livres, douze sols. Et le dimanche d’après, étant allé à la susdite chapelle Ste Croix, fit savoir à tous les confrères qu’il avait trouvé au pied de la croix, septante deux sols, leur faisant remarquer que cela faisaient le même nombre des disciples de Jésus Christ, sur lequel ils étaient fondés. Il dit ensuite que cet argent n’était pas de la chapelle, mais bien de la croix qu’on avait posée sur la montagne, leur demandant de délibérer sur ce qu’on en devait faire. Sur cette représentation, il y eut des frères qui remontrèrent que la croix ne pouvait pas être de longue durée, à cause des grandes nibles (brumes) qui règnent trop souvent à la susdite montagne, et que puisse qu’on avait l’argent pour acheter un muech de chaux, fallait l’employer a y faire bâtir un oratoire. Ce qui fut d’abord délibéré. Et peu de temps après, s’étant fait un four de chaux, en fut acheté un muech; et un des confrères eut l’ordre d’aller dans le bois pour y chercher de l’eau au plus près du haut de la montagne, et le plus commode qui se pourrait pour y baigner la chaux. Ce qui fut exécuté, et ayant trouvé d’eau fort avant dans le bois, à un endroit que, selon toutes les apparences, personne n’y avait jamais fréquenté, ouvrant un cloaque pour baigner ladite chaux, fut bien surpris que, environ un pan dessous terre, trouva une assez bonne partie de chaux sur laquelle baigna la nouvelle chaux. Le dimanche d’après, cette aventure ayant été rapporté aux confrères de la susdite chapelle, iceulx, tous portés de dévotion, après avoir dit chacun leur sentiment, que puisse qu’on avait assez de chaux, fallait demander à Monseigneur l’évêque de Tollon, la permission de bâtir une chapelle, pour petite qu’elle fut, pourvu que le Sieur prêtre y peut dire la messe, et s’il n’y avait pas assez de chaux, on treillisserait la façade avec du bois. Cette célébration rapporté à Monseigneur le curé, toujours plus porté de zèle pour la dévotion, il accorda d’aller voir Monseigneur l’évêque de Tollon, pour lui faire savoir toute cette aventure, et lui demander la permission, au nom de tous les pénitents gris, de faire bâtir la susdite chapelle. Ce qu’ayant obtenu, et suivant cette permission, lesdits pénitents firent bâtir, pour un commencement, ce qui compose présentement le presbytère de ladite chapelle. Et encore, il n’était pas si élevé comme il est à présent, l’ayant, lesdits pénitents, fait élever. Cette petite chapelle ne resta pas longtemps sans y avoir une grande dévotion, en sorte que l’année 1633, on fit bâtir la grande chapelle, sous le titre qui avait été déjà donné à la petite chapelle, de Notre Dame de bonne garde. Fut aussi bâti l’ermitage et la citerne, et tout ce qui fut trouvé nécessaire, et y fut établit, pour premier ermite, frère Pierre Chaix, qu’on nommait frère Pieron, où il est décédé et enseveli dans ladite chapelle, ayant cependant lesdits frères pénitents gris, continuer d’y établir des ermites. On peut dire que ladite chapelle a été bâtie par un espèce de miracle, si on considère la chaux qui fut trouvée dans le bois, et que personne n’a’ jamais pu s’imaginer par qui ou pour quel sujet, on avait pu abreuver de chaux dans ledit bois » (Jean Denans, 1713).

Dicton du jour

« à la Sainte-Croix, cueille tes pommes et gaule tes noix », un usage « très pratique » pour les citadins qui viennent de réintégrer leur train-train quotidien à cent lieues de la montagne et de la campagne (!), alors que le calendrier républicain, en avance sur son temps, les invitait à célébrer la MAÏS en ce 28e jour du mois de fructidor, An II. Ce maïs qui est devenu au XXe siècle la première céréale mondiale devant le riz et le blé ainsi que le symbole de l’agriculture intensive avec l’avènement des semences hybrides dans la première moitié du siècle puis des semences transgéniques tout récemment.

PRATIQUES D’ABATTAGE en Provence au Bas Moyen Age : Au mois d’août et septembre. On abattait les bêtes qui ne servaient plus à la reproduction ou à la production de matières premières (laine, lait) : les vieilles brebis, les mâles.

PENSÉE

« Si le gouvernement créait un impôt sur la connerie, il serait tout de suite autosuffisant » (Jean Yanne).

ÉPHÉMÉRIDES

Sanary 18 novembre 1945 (coll. H. Ribot)

786 – 14 septembre : HAROUN AL-RACHID DEVIENT CALIFE. Le 14 septembre 786, Haroun al-Rachid devient calife de Bagdad. Ce contemporain de Charlemagne va porter l’empire arabo-musulman de Bagdad à son apogée.

1191 – 11 septembre : Barral, seigneur et vicomte de Marseille, libère de toute réclamation le château de Ceyreste, où il abandonne ses droits de quête et autres impositions, tout en se réservant les chevauchées et la justice des crimes: les moines de Saint-Victor auront la juridiction des contestations entre les gens du pays et les droits d’usage. En cas de contestation de cet actes par ses successeurs, la justice, les chevauchées et la suzeraineté de Ceyreste passeront à Saint-Victor. Barral retient encore le droit d’usage sur les troupeaux de chèvres, au moment où les faucons sortent du nid, c’est-à-dire un agneau par troupeau (de Gérin-Ricard, Acte n° 294 : B. Saint-Victor, Grand Cartulaire, fol. 117 v°; a. Guérard Acte n°  942 du cartulaire de Saint-Victor).

1275 – 14 septembre : lieux-dits cités dans une charte aux archives de Saint-Victor.

1. Vallis de Jorzt. (transaction entre l’abbé de Saint-Victor et la commune d’Auriol, cartons de Nicolaï). Pont de Joux, le 26 janvier 1531 (ibid.). Joux – pont, minoterie, fabrique de papier, commune d’Auriol (1872).

2. Molendinum Blancorum. Moulin des Blancs – moulin à eau, commune  d’Auriol, quartier de Joux. Dénommé Molendinum dels Blancs, le 29 octobre 1281 (charte aux archives de Saint-Victor).

1321 – 14 septembre : MORT DE DANTE ALIGHIERI. L’auteur de la « Divina Commedia », condamné à mort par contumace par sa ville natale Florence, meurt à Ravenne où il vivait en exil.

1335 – 14 septembre : S. Privatum (charte aux archives de la Major). Saint-Privat – lieu-dit, com.de Marseille, quartier de Saint-Giniès.

1337 – 14 septembre : Musseguet (acte aux archives de la Major). Dénommé Messuguet le Noir au caastre de 1790. Messuguier, plateau dans les montagnes de Carpiagne, qui s’étend à la fois sur les territoires de Marseille, d’Aubagne et de Cassis. Ce plateau, dont une  partie était sous la directe du prieuré de Saint-Cyr, était dénommé, le 18 juillet 1551: a Quoniam ferax est Messugue, » (acte du aux archives de la Major).

1346 – septembre : Enquête sur le droit de l’évêque de Marseille d’avoir pleine juridiction et des juges d’appel  dans ses châteaux de Valbonette, Alleins, St Cannet, Signes, etc., (Réf. Acte 526, Gall. Chri. Nov., II : Enquête ….]

1382 – septembre : JEANNE DE NAPLES. Charles de Duras arrive à Aquila, investi du royaume de Naples par Urbain VI depuis juin 1381 ? Il s’était rendu maitre du pays, avait capturé la reine qu’il fit mettre à mort dans sa prison, le 27 juillet 1382.

1401 – 14 septembre : Scalerii (acte  aux archives de l’Evêché). Escaliers, quartier rural en 1872, commune de Marseille, quartier de la Palud. Première mention : Als Escalies, 26 août 1354 (acte notarié).

1435 – 14 septembre : S. Privatum (charte aux archives de la Major). Saint-Privat – lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Saint-Giniès.

1437 – 14 septembre : Musseguet (acte aux archives de la Major). Messuguier – plateau dans les montagnes de Carpiagne, qui s’étend à la fois sur les territoires de Marseille, d’Aubagne et de Cassis. Ce plateau, dont une partie était sous la directe du prieuré de Saint- Cyr, tire son nom « de l’herbe appelée Messugue » (selon un acte du 18 juillet 1551 aux archives de la Major).

1438 – 14 septembre : Ecclesia Beate Mariæ de Lansa (testament de Guillaume Flotte aux archives  de Saint-Victor). Dénommée La Lanze, le 5 février 1550 (ibid.). Laza – village aujourd’hui détruit, commune de Roquevaire. Il était situé sur la rive droite de l’Huveaune, à l’entrée du vallon où est encore aujourd’hui la chapelle de Saint-Vincent, et son territoire s’étendait jusqu’au ravin de Basseron. Première mention : Villa Laza, 1040 (cartulaire de Saint-Victor, n° 58). L’église de Laza fut confirmée à l’évêque de Marseille par la bulle d’Anastase, du 30 décembre 1153 (arch. de l’Evêché) et cédée au prévôt et au Chapitre de la Major par la transaction du 25 mai 1163 ; mais, lors de la sentence arbitrale prononcée par l’évêque de Marseille, le 13 mars 1164 [arch. de la Major) sur les différends exis­tant entre le Chapitre et les Religieuses de Saint-Sauveur, celles-ci furent maintenues en la possession de Laza, pos­session qui leur fut confirmée, mais pour la moitié seule­ment, par la balle d’Honorius III, du 12 octobre 1216 (arch. de Saint-Sauveur).

1482 – 14 septembre : Scalerii (acte  aux archives de l’Evêché). Escaliers – quartier rural , commune de Marseille, quartier de la Palud. Première mention : Als Escalies, 26 août 1354 (acte notarié).

1482 – 14 septembre : LOUIS FORBIN, JUGE MAGE ET PREMIER CONSEILLER DU PARLEMENT DU COMTÉ DE PROVENCE – Louis Forbin, à l’instar de son père, étudia le droit. Il fut docteur en droit et professeur de droit. Il bénéficia naturellement de la grande faveur dont jouissait Palamède Forbin ; et il convient d ajouter que, tout comme son père, il s’en montra digne par son mérite. Le 13 janvier 1480, le Roi René lui conférait la charge de président de la Cour des Comptes, en l’absence de Palamède Forbin qui accompagnait le petit- fils du roi en Italie et en Lorraine. Palamède devait reprendre sa charge à son retour, mais \a survivance en était assurée à son fils. Le 14 septembre 1482, Louis XI nomma Louis Forbin juge mage du comté de Provence. En 1502, il fut nommé premier conseiller du Parlement, récemment créé. Louis Forbin fut chargé d’importantes missions. Il fut envoyé auprès de Maximilien d’Autriche pour négocier la paix avec la France.

1484 – 14 septembre : Le Vaut (registre aux archives de l’Evêché). Le Vaisseau – auberge, commune de Gémenos (1872).

1631 – 14 septembre : A Saint-Cyr, une agglomération d’habitants se forma Lèques et un nommé Caulne, de La Ciotat, y fit construire le long de la mer une petite chapelle qu’il s’obligea, par acte du  14 septembre 1631 d’entretenir à ses frais (Magloire Giraud, L’église de Saint-Cyr, Var, 1855).

de septembre 1543 à mars 1544 : le Turc Barberousse et sa flotte viennent hiverner à Toulon que les habitants ont dû abandonner.

1607 – 14 septembre : La Bourdonnière (archives d’Allauch) – ferme, commune d’Allauch, quartier de la Fève (1872). Première mention Bordoneria (acte notarié) le22 avril 1304;  puis, le 15 janvier  1593, Bureau des Bourdonnières, où l’on fait recette des droits de la table de la mer et des droits de douane (archives d’Allauch).

1691 – septembre :  Callas et Seillans (Var) – Abjuration des vers qui gastent les olliviers et son fruict (Honoré L., 1929 ; ADV, BB 107 f° 111 v°, BB 92 f°31).

1713 – septembre : SANARY – Il fut nécessaire d’endiguer le vallat Daumas. Proche du môle de la plage, celui-ci devait être creusé jusque dans la mer et bordé par une muraille bien bâtie à chaux et sable de chaque côté, de la largeur de 3 cannes et demie (environ 7 m), et de deux pans d’épaisseur, afin que le  dit vallat ne puisse déborder dans le port comme il est arrivé souvent. Ces travaux furent effectués par BARRIN pour le prix de 80 livres en -septembre 1713 (B. Rotger).

1720 – septembre : Le Conseil de Sanary décida d’édifier un Bureau de santé auprès du grand môle ; c’est lui qui a donné son nom au quai de la Consigne, aujourd’hui quai Marie ESMENARD. Avec la peste, les premières quarantaines se déroulèrent à la Cride, tandis que les bateaux étaientt coulés près de la côte (Rotger B., 1984).

1721 – septembre : « Le sieur GRAS marchand de TOULON est mort. Il a déclaré avant mourir que dans le mois de septembre dernier il fit venir d’AIX cinq balles de prise qui se sont trouvées empestées, l’une a été vendue au sieur BARRY de LA SEYNE qui a communiqué le mal à cet endroit. Il n’est rien arrivé depuis 4 à 5 jours à La Seyne. Je vous donne bien le bonjour. » (Rotger B., 1984, citant  DECUGIS de LA TOURELLE). Toutefois Maurice Agulhon, en 1980 émettait un doute concernant le « sieur Gras » : « Un marchand toulonnais qui réussit en fraude à acheter à Aix, en janvier 1721, des étoffes venues de Marseille, et en meurt avec ses proches, sera considéré avec quelque injustice comme le responsable de cette seconde introduction et de­viendra le bouc émissaire posthume du fléau qui sévit désormais sans relâche. »

1752 – 14 septembre : QUAND LA REALITE DEPASSE LA FICTION : Le 2 septembre 1752 à minuit, par suite du passage au calendrier grégorien, l’Angleterre passe directement au 14 Septembre.

1757 – 14 septembre : Le Colombier – lieu-dit, commune de Marseille, quartier des Caillols (registre aux arch. de la Major).

1759 – 14 septembre : DÉCÈS A QUÉBEC DU MARQUIS DE MONTCALM, LIEUTENANT-GENERAL DES ARMÉES DE LA NOUVELLE-FRANCE. Il avait été envoyé au Québec en 1756 comme commandant des troupes françaises en Amérique du Nord pendant la guerre de Sept Ans. En 1758, il avait soutenu le siège de Québec pendant près de trois mois avant d’être mortellement blessé en 1859 lors de la bataille de la plaine d’Abraham, perdue par les forces britanniques.

1789 – 14 septembre : CLERMONT-TONNERRE REELU PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE – Lundi 14 septembre : Clermont-Tonnerre a, une nouvelle fois, été élu président de l’Assemblée nationale. Il a ensuite été décidé que tous les membres de la législature seraient remplacés tous les deux ans. De nombreuses propositions avaient été présentées à ce sujet, notamment celle de changer un tiers ou la moitié des membres chaque année (Larousse/Laffont, 1789-1989, Agenda du bicentenaire).

1791 – 14 septembre :

1. LOUIS XVI JURE FIDÉLITÉ À LA CONSTITUTION –  Louis XVI jure fidélité à la Constitution (Georges Duby, 1987), prête serment à la Constitution (Pierre Goubert, Initiation …, 1984), prête le serment prévu. Aussitôt, il est restauré dans ses pouvoirs. La Constitution entre immédiatement en application, l’Assemblée constituante elle-même se sépare le 30 septembre (Jacques Godechot, Les Constitutions de la France depuis 1789)

2. L’ASSEMBLÉE ENTÉRINE L’ANNEXION D’AVIGNON A LA FRANCE (Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997). A Bédarrides des délégués des communes du Comtat et d’Avignon ont voté le 18 août 1791 dans une large majorité la réunion à la France ; celle-ci est entérinée par l’Assemblée Nationale le 14 septembre 1791. L’agitation tournant à la guerre civile entre Avignon la révolutionnaire et le Comtat Venaissin fidèle au pape, en mai 1791, l’Assemblée Nationale envoya des médiateurs qui réunirent à Bédarrides des délégués des communes du Comtat et d’Avignon. Ceux-ci votèrent le 18 août 1791 dans une large majorité la réunion à la France. C’est cette décision qui est entérinée par l’Assemblée le 14 septembre 1791. Le même jour, Louis XVI jure fidélité à la Constitution, selon Georges Duby, ou prête serment à la Constitution, selon Pierre Goubert. Aussitôt, il est restauré dans ses pouvoirs. La Constitution entre immédiatement en application, l’Assemblée constituante elle-même se séparera le 30 septembre (Jacques Godechot, Les Constitutions de la France depuis 1789).

1792 – 14 septembre : LIMITE DES POUVOIRS DE MUNICIPALITÉS – L’Assemblée législative décrète que les municipalités ne pourront pas donner d’ordres ni envoyer de commissaires ailleurs que dans leur circonscription (Yann Fauchois, 2001, p. 1152).

1793 – 14 septembre :

1. LES TROUPES REVOLUTIONNAIRES OCCUPENT SIX-FOURS ET SANARY – Six-Fours et même Saint-Nazaire (Sanary) et le Brusc sont occupés par Carteaux – Six-Fours et même Saint-Nazaire (Sanary) et le Brusc sont occupés par Carteaux (Louis Baudoin, 1965, p. 345). C’est seulement le 14 (septembre) que le capitaine Guynet ou Guinet put occuper Le Brusc (Roger Vallentin du Cheylard, Sanary et le siège de Toulon, 1913-1914, rééd. 2001). Au milieu du XVIIIe siècle, commencèrent les travaux de fortifications de la rade du Brusc, tandis que la batterie Saint-Pierre, qui n’était guère entretenue, elle ne serait remise véritablement en état qu’à partir de 1791, quand on lui adjoignit une batterie secondaire, dite de « l’île des Ambiers » (Selon un document datant de 1792 établi par le Corps Royal d’Artillerie). En 1793, lors du siège de Toulon, ces batteries, comme toutes celles de la baie du Brusc – Sanary, tombèrent aux mains de l’armée républicaine. La batterie Saint-Pierre était à ce moment armée d’un mortier de 12 pouces « à la Gomer » et celle de l’île de deux canons de 16 pouces en fer allongé (Regards sur un terroir : Six-Fours).

2. LES VAROIS RÉFUGIÉS DANS TOULON SONT DECRETES COUPABLES DU CRIME D’ÉMIGRATION – Au moment de la trahison, Toulon avait été le refuge des habitants de La Seyne, d’Ollioules, du Beausset, de Marseille, terrorisés par l’arrivée de Carteaux. Il s’y était joint les fédéralistes de la Valette, le Castellet, La Cadière, Hyères, qui redoutaient les représailles des montagnards. C’est pourquoi Gasparin, Saliceti, Escudier, ont qualifié d’émigrés tous les réfugiés de Toulon. Pendant des années on a essayé de faire le départ entre les traîtres et les fuyards. Mais les traîtres ne sont pas seulement ceux qui ont signé 1’acte de reddition de la ville, ce serait trop simple. Il y a tous les suspects de royalisme et dans le domaine de la suspicion il est facile d’aller très loin, car, comment pénétrer au coeur des consciences ? A la faveur du doute, toutes les animosités personnelles peuvent se faire jour, d’autant plus que les tenants de l’ancien régime sont les possédants dont les biens sont une proie tentante. Aucune ville en France ne connaît une situation aussi tragique. Pour vivre elle doit composer avec des suspects, et, tâtonnant pendant des années entre la clémence et la rigueur, restera un foyer de passions et de convoitises (Henriette Trojani, La société et la vie à Toulon de 1795 à 1815). C’est vers le 14 septembre, que fut publié l’arrêté des représentants de la Convention qui considéra les Varois réfugiés dans Toulon comme étant, désormais, coupables du crime d’émigration : « Arrêté des représentants Gasparin, Escudier, Saliceti réputant « émigrés » les Varois réfugiés dans Toulon ; Liberté, Egalité, Au nom du peuple français, Les représentants du peuple, près l’armée envoyée contre les rebelles de Toulon ; Considérant que les habitants des campagnes qui se sont rendus à Toulon pour y soutenir, à force ouverte, les principes de ceux qui ont levé l’étendard de la rébellion, ont participé à l’horrible trahison qui a livré cette ville aux ennemis de la République, DECLARENT : 1° Que les citoyens non domiciliés à Toulon, qui maintenant se trouvent dans cette ville, sont dans le cas fixé par la loi du 23 juillet 1793; en conséquence, l’administrateur du département du Var est chargé de faire exécuter toutes les lois concernant les émigrés à l’égard des citoyens de son arrondissement qui se trouvent dans le cas prévu par le présent article ; 2° Le directoire du département est pareillement chargé de mettre en état d’arrestation toutes les personnes suspectes ainsi que les familles et parents des citoyens renfermés dans la ville de Toulon. « Fait au Q.G. du Beausset, le 14 septembre 1793, l’an II de la République, « Signé : Gasparin, Escudier, Saliceti et Thune, secrétaire » (Louis Baudoin, 1965, p. 342-343, d’après Archives départementales du Var, série L). Gasparin, Escudier et Saliceti avaient ordonné l’incarcération des gens suspects se trouvant dans le territoire de la République (14 septembre). L’administration du département du Var décida leur internement dans le Séminaire de Fréjus (Archives de Sanary, D4).

Le 14 septembre 1793, du « quartier général du Beausset », ces trois mêmes représentants du peuple : Escudier, Saliceti et Gasparin prennent un arrêté concernant particulièrement les beaussétans qui se sont réfugiés à Toulon : « Considérant que les habitants des campagnes qui se sont rendus à Toulon pour y soutenir à force ouverte les principes de ceux qui ont levé l’étendard de la rébellion, ont participé à l’horrible trahison qui a livré cette ville aux ennemis de la République, déclarent : 1°) que les citoyens non domiciliés à Toulon, qui maintenant se trou¬vent dans cette ville, sont dans le cas fixé par la loi du 23 juillet dernier. En conséquence l’administration du département du Var est chargée défaire exécuter toutes les lois concernant les émigrés, à l’égard des citoyens de son arrondissement qui se trouvent dans le cas prévu par le présent article. 2°) le directoire du département est pareillement chargé de mettre en état d’arrestation toutes les personnes suspectes, ainsi que les familles et parents des citoyens renfermés dans la ville de Toulon.

Les réfugiés beaussétans à Toulon sont désormais considérés comme émigrés, eux qui ne sont pourtant ni nobles, ni prêtres ! Ils sont donc hors-la-loi… Et c’est qu’ils sont nombreux, les beaussétans qui ont cru devoir ou pouvoir chercher refuge à Toulon, ou ailleurs (il y en a même un qui part à Bordeaux…). Ils sont au moins 141. Ils appartiennent à toutes les classes d’âge et à toutes les classes sociales. Ce sont essentiellement des hommes. Certains ne reverront jamais Le Beausset, et décéderont en terre étrangère. Le problème des émigrés en général, et de ceux de 1793 en particulier, est à la fois complexe et passionnant. L’étude la plus complète sur ce sujet reste celle effectuée par Louis Honoré en 1923 : « L’émigration dans le Var, 1789-1825 ». Dans ce travail colossal, il a répertorié les émigrés varois, commune par commune. Il a ainsi dressé une liste de 131 noms d’émigrés pour Le Beausset. Jean Gavot en répertorie 114 dans son « Histoire du Beausset ». Pour ma part, j’en ai comptabilisé 141 sur la période 1791-1793, en excluant certains individus de la liste de Louis Honoré, car il y a inclus quelques patronymes qui ne sont manifestement pas beaussétans et qui n’apparaissent pas dans le rôle des impositions de cette période. J’y ai par contre ajouté quelques noms d’individus émigrés antérieurement (essentiellement prêtres de 1791 et nobles). Mais dresser une liste exacte des émigrés pendant la Révolution est une gageure, et même les contemporains des faits y ont « perdu leur latin ». En outre faut-il considérer comme émigrés uniquement ceux qui, ayant quitté leur lieu d’habitation principal, ont cherché refuge à Toulon ou à l’étranger, ou doit-on inclure aussi ceux qui, quittant leur village, se sont mis à l’abri dans quelque endroit plus ou moins reculé du territoire national ? Le directoire du département du Var, chargé de dresser une liste globale des émigrés varois, a opté pour la première solution. Les jacobins beaussétans pour la deuxième ! Pour eux, tous ceux qui avaient quitté Le Beausset, ne serait-ce que pour se rendre et résider à Marseille, Aix ou Toulon, étaient des « déserteurs », et donc des émigrés. L’émigration touche au Beausset toutes les classes sociales. Nobles et prêtres, dès 1791. Bourgeois à partir de 1792 (hommes de loi, négociants). Le gros de l’émigration se situe bien sûr en août 1793, au moment de la rébellion fédéraliste et du soulèvement de Toulon. On reste surpris de constater qu’à ce moment-là, ceux des beaussétans qui se réfugient à Toulon sont des cultivateurs (ménagers surtout, et même travailleurs !) ainsi que des artisans de toutes sortes : menuisiers, perruquiers, cuisiniers, boulangers, cordonniers… Sur les 141 individus « prévenus d’émigration » que j’ai recensés, 26 mourront de mort violente, fusillés ou guillotinés. Cela représente quand même un fort pourcentage (18%), soit près d’un beaussétan sur 5 qui émigrèrent en août 1793 (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française).

3. SANARY DOIT FOURNIR VINGT-CINQ HOMMES PATRIOTES POUR UN BATAILLON QUI LEUR SERA DESIGNE – « Jean-François Carteaux, général de brigade des armées de la République Françoise, employé à celle des Alpes et commandant l’armée destinée à repousser les rebelles de Marseille et toute force départementale. Requiert la municipalité de Saint-Nazaire de fournir sur le champ vingt-cinq hommes d’un patriotisme reconnu, pour être joint au bataillon qui leur sera désigné ; les dits vingt-cinq hommes seront pris sur les citoyens qui ne font aucun service dans l’armée de la république. CARTEAUX. Au quartier général du Beausset, le 14 septembre 1793, l’an 2 de la République françoise. » La signature est accompagnée d’un cachet aux deux légendes : Commandant général – République Française. Dans le champ, la République avec ses attributs (Archives de Sanary, D4).

4. A SANARY, ON COMPTE TROIS CENT QUATRE-VINGTS REFUGIES SEYNOIS – C’est seulement le 14 (septembre) que le capitaine Guynet ou Guinet put occuper Le Brusc (Roger Vallentin du Cheylard, Sanary et le siège de Toulon, 1913-1914, rééd. 2001). A Saint-Nazaire, on compta trois cent quatre-vingts réfugiés seynois. Au cours du siège de 1793 et de l’année suivante, Saint-Nazaire sera occupé par des détachements du 10e bataillon de la Drôme, de la 1ère compagnie d’artillerie de la Lozère, du 1er bataillon du Mont-Blanc et par la légion des Allobroges. La plupart des hommes de ces unités furent logés dans des chapelles d’où la Révolution avait banni le culte, principalement dans celle des Pénitents-Blancs qui avait été fondée par Barthélemy de Don, tué à l’ennemi en 1710, capitaine des vaisseaux du roi. Les habitants de cette localité prodiguèrent des soins dévoués aux malades et aux blessés de l’armée en bataille dans le terroir de La Seyne ; deux patrons pêcheurs du port de Saint-Nazaire étaient requis de pêcher tous les jours le poisson nécessaire aux malades et aux convalescents des ambulances républicaines (Archives de Sanary ; H. 2) (Louis Baudoin, 1965, p. 345).

-1797 – 14 septembre (27 fructidor An V) : MESURES DE SURETÉ A TOULON – Alors que Toulon est rentré dans le rang depuis près de quatre longues années, une conférence réunit la commission municipale de la ville, l’ordonnateur et le commandant de la place pour arrêter des mesures de sûreté (Henriette Trojani, La société et la vie à Toulon de 1795 à 1815).

1798 – 14 septembre (28 fructidor An VI) : UN TOULONNAIS, UN BEAUSSETAN ET UN OLLIOULAIS ONT ETE PASSES PAR LES ARMES – Un an après la réunion précédente, cette même commission municipale de Toulon se réjouit de ce que « le 26 au soir, Buzaval, de Toulon, Victor, d’Ollioules, Guairouard du Beausset dit Patte fine ont été radiés définitivement par le plomb que leur a fait mordre la poussière » (id.), autrement dit : ils ont été passés par les armes.

1799 – 14 septembre (28 fructidor An VII) – ARRESTATION DE TOUS LES ÉTRANGERS A TOULON QUI NE SERAIENT MUNIS D’AUCUN PAPIER, CARTE OU COMMISSION, QUI TÉMOIGNE DE LEUR ACTIVITÉ DANS LA VILLE – Le 28 fructidor, ordre est donné aux commissaires centraux, deux heures après minuit, de se rendre auprès du commandant de la place de Toulon qui fournira un détachement armé. Dans les isles, ils visiteront scrupuleuse¬ment toutes les maisons, examineront les papiers de tous les individus qui y habitent, arrêteront et feront traduire devant la commission municipale tous les étrangers à l’habitation qui ne seraient munis d’aucun papier, carte ou commission, qui témoigne de leur activité dans la ville. Le but de cette visite est d’arrêter tout embaucheur, égorgeur, émigré rentré et non en surveillance. En même temps, toutes les armes seront confisquées (id.).

1812 – 14 septembre : CAMPAGNE DE RUSSIE : L’ ARMÉE FRANÇAISE ENTRE DANS MOSCOU – Napoléon 1er, qui vient de lancer la Campagne de Russie avec une armée de 600 000 hommes mobilisés et remporté la victoire à Smolensk, Borodino et la Moskova., entre dans Moscou le 14 septembre. La ville est incendiée sur ordre du gouverneur Rostopchine, le père de la comtesse de Ségur dont chacun connaît les écrits destinés à la jeunesse. Un mois plus tard, le 19 octobre exactement, débutera la catastrophique retraite de Russie (Viguier, 1993).

1851 – 14 septembre : MORT DE JAMES FENIMORE COOPER – Le romancier James Fenimore Cooper, auteur du Dernier des Mohicans, meurt le 14 septembre 1851 à Copperston (New York, États-Unis)

1867 – 14 septembre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE – samedi 14 septembre, exaltation de la sainte croix – beau temps – petit vent variable. Si elle couvert mais n’annonçant pas de pluie.

1869 – 14 septembre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE – mardi 14 septembre – exaltation de la Sainte Croix – le vent d’hier à l’ouest a continué toute la nuit assez fort et frais. Aujourd’hui, il grandira encore surtout vers le milieu du jour. C’est aujourd’hui la croix. Les paysans disent que ce jour-là on ne doit pas toucher aux figues ni aux raisins. C’est un préjugé comme tant d’autres qui n’a pas de raison d’être et qu’il serait difficile de justifier. Le soir le vent cesse complètement. La soirée est splendidement belle et annonce une belle journée pour demain. On a terminé les sondages qu’on faisait pour le port et pour le terrain des bassins.

1870 – 14 septembre :

1. TOULON : BOULEVARD DE STRASBOURG – Noël Blache, nouveau Maire de Toulon, fit remplacer par celui de Strasbourg le nom de Louis-Napoléon donné au boulevard aménagé sur l’enceinte fortifiée, et organisa une garde nationale de 6000 hommes (Paul Maurel, 1945, p. 162).

2. Marseille apprend la fuite du gouvernement – Le 14, on apprend que les Prussiens avaient isolé Paris et que le gouvernement devait se transporter à Tours, puis à Bor­deaux (Gabrielle Castellari, 1945).

3. SANARY – De septembre 1870 à mars 1871, la chapelle de Notre-Dame de Pitié servit d’ambulance militaire.

1905 – 14 septembre : DÉCÈS DE PIERRE SAVORGNAN DE BRAZZA, EXPLORATEUR PACIFIQUE ET ALTRUISTE, FONDATEUR DE BRAZZAVILLE – En 1905, à la suite du scandale de l’affaire Toqué-Gaud au cours de laquelle un administrateur des colonies, Georges Toqué, et un commis des affaires indigènes, Fernand Gaud, ont décidé de faire exécuter Pakpa, ancien guide, en lui attachant de la dynamite autour du cou, on a demandé à Savorgnan de Brazza d’inspecter les conditions de vie dans les colonies, conditions qui s’étaient détériorées pendant son absence. De cette mission, il tire un rapport qui dénonce les influences de l’intérêt privé dans la politique coloniale, et qui restera pendant longtemps inaccessible au public. Mais sa santé se détériore. Au retour de sa mission, atteint de fortes fièvres, il est contraint de débarquer à Dakar. Le 14 septembre 1905, veillé par sa femme et le capitaine Mangin, il décède à six heures du soir. La photo de Jacques, son enfant de cinq ans, disparu deux ans auparavant, a été placée à sa demande sur sa table de nuit. Le bruit court qu’il a été empoisonné. Quant à l’Assemblée nationale, elle s’empresse de mettre son embarrassant rapport sous l’éteignoir. Son corps est d’abord réclamé par le gouvernement français. La Troisième République cherche en effet ses nouveaux héros. Brazza, officier de marine aristocrate, élégant, héroïque, révolté par l’esclavagisme, apôtre de la paix, et surtout désintéressé, a un profil parfait à tous ces égards. On pense donc pour lui au Panthéon et à la récupération de sa gloire intacte. Mais Thérèse refuse l’honneur. Son corps est alors inhumé au Père-Lachaise, puis déplacé, trois ans plus tard, à Alger, où vivent sa veuve et ses enfants. Sur sa tombe, l’épitaphe, rédigée par son ami Charles de Chavannes, indique que « Sa mémoire est pure de sang humain. Il succomba le 14 septembre 1905 au cours d’une dernière mission entreprise pour sauvegarder les droits des indigènes et l’honneur de la nation. » (Didier Martina-Fieschi, Conférence donné à Ollioules sur Savorgnan de Brazza, 2014) En 2005, à l’occasion du centenaire de la mort de l’explorateur, le gouvernement du Congo-Brazzaville, a lancé la construction d’un mémorial à sa mémoire dans la capitale qui porte son nom. Aujourd’hui y reposent sa dépouille ainsi que celles de sa femme et de leurs quatre enfants.

1918 – 14 septembre :

1. HÔPITAL DE SAINT-MANDRIER – Loïs Alfred ou Louis Léopold ou Léopold Auré, canonnier au 10e R.A.P., originaire de la : Réunion – Les Trois-Bassins où il est né le 31 août 1896, meurt de maladie (la grippe probablement) à l’hôpital de Saint-Mandrier.

2. ALBERT CAVET – Naissance à Sanary d’Albert Cavet, issu par sa mère des vieilles familles du terroir. Elève brillant du lycée de Toulon, passionné d’aviation, il est admis à l’école de l’air le 10 septembre 1938. Quand la guerre éclate, il est toujours à l’entraînement à Lézignan, tenu par une sévère discipline, et continue son instruction aérienne. En juillet 1942, il ne veut plus obéir aux ordres de Vichy, et, trompant la surveillance des policiers, il franchit la frontière des Pyrénées le 17 août 1942 après maintes aventures. Il se retrouve en prison à Cuidadrodriga, essaie de faire le mur, et se retrouve au secret. Il réussit pourtant à rejoindre l’Angleterre, où il est incorporé à l’escadrille du groupe « Cigognes ». Il obtient une citation pour la destruction au sol des nombreux engins et matériels ennemis. Après de dures interventions, il part au repos durant deux mois. Il obtient ensuite sa mutation pour le groupe « Alsace ». Le premier avril 1945, son avion part en mission en Hollande pour mitrailler un train. Malheureusement, deux Spitfires sont abattus dont le sien. Il est déclaré mort au champ d’honneur. Sa ville natale lui a dédié une de ses places.

-1925 – 14 septembre : PREMIÈRE EXPOSITION SURRÉALISTE. À Paris, Max Ernst, Man Ray, Pablo Picasso, Juan Miro et Giorgio de Chirico révèlent au public une peinture fortement inspirée par les développements de la psychanalyse.

1927 – 14 septembre :

1. AU JAPON, RAZ DE MARÉE SUR L’ILE DE KYUSHU : 3000 MORTS.

2. MORT D’ISADORA DUNCAN – Sur la Promenade des Anglais, à Nice, la célèbre danseuse irlandaise Isadora Duncan meurt par étranglement, sa longue écharpe s’étant enroulée dans la roue arrière de sa voiture.

-1928 – 14 septembre : CRÉATION DU MINISTÈRE DE L’AIR EN FRANCE.

1936 – 14 septembre : B.A.N. DE SAINT-MANDRIER – Le 14 septembre 1936, le LV de Montaudry est remplacé à la tête de la 7B2 par le LV Brachet (Moulin Jean, Morareau Lucien, Picard Claude, 2001).

1937 – 14 septembre : Le « Petit Journal » fut édité de 1863 à 1944. L’un des plus grands tirages auparavant (jusqu’à cinq millions d’exemplaires), en 1937, il ne tirait plus qu’à 150 000 quand il devint l’organe du Parti social français du colonel de La Rocque, mais son audience ne s’en trouva pas améliorée. Voici trois extraits d’articles publiés par ce journal le même jour :

1. LA FRANCE ET L’ALLEMAGNE ONT BEAUCOUP PLUS DE RAISONS DE S’ADMIRER QUE DE SE HAÏR – Le « Petit Journal » publie un article illustré d’un cliché où l’on peut voir Hitler et Himmler passant en revue les Sections d’Assaut : « La France et l’Allemagne ont beaucoup plus de raisons de s’admirer que de se haïr, s’écrie le chancelier Hitler à Nuremberg où le Congrès nazi est clos. »

2. ENTRE TOUS LES ATTENTATS COMMIS DEPUIS L’ASSASSINAT DE DOUMER, IL EXISTE UN LIEN ÉTROIT : LES ANARCHISTES – Le « Petit Journal » publie dans un autre article une interview de Me Maurice Garçon intitulé « Entre tous les attentats commis depuis l’assassinat de Doumer, il existe un lien étroit » qui se conclut par « N’oubliez pas qu’aux purs théoriciens de bonne foi, mais dont quelques-uns sont trop facilement enclins aux pires excès, viennent toujours se mêler les recrues les plus équivoques, délinquants de droit commun, usant d’un prétexte politique pour donner à leur agitation une fausse couleur et un faux semblant. » Pour l’érudit avocat, auteur d’un livre « La justice contemporaine », il s’agit des anarchistes dont l’un d’eux, Angelo Tamburini, disparu de Toulouse, sera arrêté à Rieucros dans l’Ariège (autre article du « Petit Journal » paru le 16 septembre).

3. « LA FRANCE AUX FRANÇAIS » – Par ailleurs, selon la presse dite d’information, le statut des étrangers en France serait à l’ordre du jour du gouvernement français alors que l’immigration est pratiquement stoppée depuis 1930 (à peine 40 000 réfugiés ayant fui le régime nazi se sont-ils installés dans le pays après 1933. Malgré tout, le thème de l’invasion étrangère fait la Une des journaux : « La France aux Français » titrera le « Petit Journal » le 16 septembre en associant la déclaration du Président du Conseil, Camille Chautemps, sur le « trop grand nombre d’étrangers se livrant à des activités politiques » et un cliché de Trotsky illustrant « le trotskysme, parti terroriste étranger en France » (Le Petit Journal du 14 septembre 1937).

1940 – 14 septembre :

1.  DÉBUT DE L’OFFENSIVE ITALIENNE CONTRE L’ÉGYPTE. Succès initiaux : prise de Sollum et de Sidi-Barani (André Rossel, 1985). Le même jour, les avisos FNFL Commandant Duboc et Commandant Dominé arrivent à Freetown d’où ils repartiront le 21 pour débarquer dans le port même de Dakar les détachements de fusiliers marins et du train destinés à provoquer le ralliement du cuirassé Richelieu et, par voie de conséquence de Dakar et du Sénégal à la France libre du général de Gaulle (D’après Gérard Garier, les avisos de 630 t).

2. L’ entretien des troupes d’occupation est fixé à 400 millions de francs par jour : Le «Journal Officiel » publie une loi qui ouvre un compte spécial (frais d’entretien de l’armée d’occupation) et qui approuve une convention passée entre l’État et la Banque de France, mettant à la disposition du Trésor une avance de 50 milliards, en vue de faire face aux charges d’entretien des troupes allemandes d’occupation en territoire français. Cette avance doit permettre de concourir au paiement des frais qui ont été fixés par le gouvernement du Reich à 20 millions de reichmarks par jour, à compter du 25 juin, date de la mise en vigueur de la convention d’armistice (La Croix, samedi 14 septembre 1940).

3. Une amende de cinq millions à la ville de Nantes – Il y a un mois, la ville de Nantes s’était vu infliger, par l’administration militaire allemande, une amende de deux millions de francs, pour des actes de sabo­tage commis sur des installa­tions de câbles téléphoniques. Des faits semblables s’étant renouvelés, le Maire de Nantes a adressé l’avis suivant à la population : « Dans la nuit du 6 au 7 septembre un câble allemand a été coupé par une main criminelle, près de la gare d’Orléans, en face du numéro 15 du quai Commandant-Charcot. « L’autorité militaire allemande a infligé à la ville une amende de cinq millions de francs français. Dans cette pénible conjoncture, le Maire s’adresse à nouveau de la manière la plus pressante, à ses concitoyens dont chacun va porter le poids de la lourde pénalité financière imposée pour la seconde fois à la ville. «L’intérêt même de Nantes est en jeu. Les Nantais doivent le comprendre et prêter aux auto­rités le concours de leur sagesse et de leur vigilance. » (L’Œuvre, samedi 14 septembre 1940).

1941 – 14 septembre :

1. TANDIS QUE LA JUSTICE CONDAMNE A MORT DES FRANÇAIS DISTRIBUTEURS DE TRACTS, DES REFUGIES RUSSES APPELLENT A SOUTENIR L’ALLEMAGNE CONTRE LA RUSSIE ET L’ANGLETERRE – Le grand duc Vladimir, prétendant au trône de Russie, invite ses partisans à soutenir la lutte de l’Allemagne contre la Russie et l’Angleterre. En France, le pays apprend par voie de presse (« Le Petit Journal ») qu’à Clermont-Ferrand, le tribunal militaire de la 13e division a condamné à mort deux militants communistes pour atteinte à la sûreté de l’État en diffusant une propagande anarchiste. Pour des raison liées à la réduction de la production de papier, le gouvernement décide que les quotidiens, déjà édités sur 4 pages seulement, ne paraîtront plus le dimanche, sauf cas exceptionnel (Le Petit Journal du 14 septembre 1941).

2. LES AVISOS FNFL AU CŒUR DE LA BATAILLE DE L’ATLANTIQUE – Le Commandant en Chef britannique en Atlantique Sud fait savoir qu’il avait l’intention de renvoyer l’aviso FNFL « Commandant Duboc » en Grande-Bretagne en l’affectant comme renfort d’escorte au convoi SL 87. Le bâtiment appareillera de Freetown à 09 h 50 le 15 septembre 1941 et rejoindra le convoi le 17 vers 7 heures du matin dans les parages du point 12° 42 Nord et 19° 34 Ouest (point à 08 h 00 le 17). Il prendra son poste de protection sur l’arrière. Le SL 87 comprend douze bâtiments au départ, mais l’un d’entre eux, le Consuelo quittera le convoi le 17 au soir. L’escorte est ainsi composée : sloop H.M.S. Gorleston Y92 (Lieutenant Commander C.W. Keymer, R.N., commandant supérieur) ; H.M.S. Lulworth Y60 ; H.M.S. Bideford U43 ; la corvette H.M.S. Gardenia M99 & K99 ; et l’aviso Commandant Duboc. Le 14 septembre, l’aviso Commandant Dominé, alors en escorte des convois SL 85 et HG 72, repêche le pilote d’un Hurricane abattu. Le convoi arrivera à Belfast le 16 à 18 h 00. Le Commandant Dominé sera indisponible durant quinze jours pour travaux (Gérard Garier, les avisos de 630 t).

1942 – 14 septembre :

1. LA SUISSE REFOULE DES JUIFS – Des juifs qui tentent de pénétrer illégalement en Suisse sont refoulés par les autorités helvétiques,

2. LES AVISOS FNFL AU CŒUR DE LA BATAILLE DE L’ATLANTIQUE – L’aviso-dragueur Commandant Duboc appareille d’East London, le 14 septembre 1942 à 12 h 45 en escortant le sous-marin HMS Truant par très grosse mer d’Ouest-Sud-Ouest au départ. Arrivée le 15 à 20 h 42 à Port Elisabeth, il en repart le lendemain à 12 h 35 avec le Truant. Ils touchent le18 à 10 h 45 Simonstown (Gérard Garier, les avisos de 630 t).

1943 – 14 septembre : LA FRANCE APPREND LA LIBÉRATION DE LA CORSE – Les publications clandestines annoncent aux Français que la Corse est libérée. Le Front national, fondé par le Parti communiste, est la seule organisation résistante de l’île. Les communistes contrôlent 240 municipalités sur 360. Pour eux, la libération de la Corse devient un modèle politique.

1944 – 14 septembre : LE TERRITOIRE FRANÇAIS POURSUIT SA LIBÉRATION – La deuxième division blindée (2e DB), commandée par le général Leclerc, venue de Paris, et l’armée du général de Lattre de Tassigny, arrivant de Provence, font leur jonction symbolique à Châtillon-sur-Seine, en Côte d’Or. Au même moment, les alliés franchissent la frontière allemande à Malmédy, province de Liège, et à Eupen, capitale des neufs communauté belges de langue allemande située à 15 km d’Aix-la-Chapelle. Avec la ferme intention de reprendre la situation en main, le général de Gaulle entame un long périple qui, en 4 jours, va le conduire à Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux et Orléans. Il écrira dans ses mémoires « des chefs de fractions armées constituaient comme un soviet ».

1946 – 14 septembre : LA CONFÉRENCE DE FONTAINEBLEAU SUR L’INDOCHINE SE TERMINE SUR UN CONSTAT D’ECHEC. Néanmoins, Hô Chi Minh réclame une représentation diplomatique autonome à l’ONU. Toutefois, un accord partiel, devant entrée en vigueur le 30 octobre, prévoit la reprise des négociations en janvier 1947. Dans l’attente, le gouvernement vietnamien s’engage à mettre fin aux hostilités et violence en Cochinchine (Jean-Charles Volkmann, 2003).

1947 – 14 septembre : LA MARINE ET LA GUERRE D’INDOCHINE – Du 2 août au 14 septembre, l’aviso Commandant Dominé effectue un voyage de retour en métropole/ Départ de Saïgon, mauvaise mer depuis la pointe de Sumatra jusqu’à Colombo avec escale à Colombo puis de nouveaux mauvais temps jusqu’à Gardafui, escale à Djibouti, Aden, Suez (avec désinfection au fly-tox), port Saïd le 27, Messine le 30 et enfin Toulon le 1er septembre à 9 h aux appontements de Milhaud. Appareillage pour Oran et passage à Gibraltar, l’Atlantique et La Pallice le 14 pour grand carénage aux Ateliers et Chantiers de La Rochelle-La Pallice ex-chantiers Delmas-Vieljeux (Gérard Garier, les avisos de 630 t).

1948 – 14 septembre : L’ÉGLISE CATHOLIQUE ET LE COMMUNISME – 14 septembre 1948 : les cardinaux français, dans une lettres qu’il adressent aux catholiques, précisent la portée du décret du Saint Office, émis le 13, condamnant le communisme.

1956 – 14 – 26 septembre : CRISE DE SUEZ – CRÉATION DE L’ASSOCIATION DES USAGERS DU CANAL DE SUEZ, EN ACCORD AVEC LES États-Unis : Entre le 14 et le 26 septembre 1956 : Anthony Eden, pour l’Angleterre, et Guy Mollet, pour la France, annoncent le 12 la création de l’association des usagers du Canal de Suez, en accord avec les Etats-Unis. Le 15, le président Nasser refusera de reconnaître l’association. Des pilotes soviétiques arriveront alors au Caire pour remplacer ceux de la compagnie du canal qui sont partis. Les représentants de la France, de l’Angleterre et des Etats-Unis s’entretiennent à Londres, le 18. Le 19, s’ouvre la conférence sur Suez de 18 pays à Londres. La conférence approuve la charte de l’association des usagers. Le 26, Anthony Eden est de retour à Paris.

1960 – 14 septembre : CRÉATION DE L´ORGANISATION DES PAYS EXPORTATEURS DE PÉTROLE (OPEP).

1986 – 14 septembre : EXPLOSION D´UNE BOMBE AU PUB RENAULT AUX CHAMPS- ELYSEES A PARIS – deux tués.

1982 – 14 septembre :

1. MORT DE LA PRINCESSE GRACE DE MONACO, dans un accident de voiture.

2. ASSASSINAT DU PRESIDENT DU LIBAN BECHIR GEMAYEL.

1988 – 14 septembre :

1. VISITE EN FRANCE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE TUNISIENNE – Départ à Orly du Président de la République Tunisienne, M. Ben Ali, le 14 Septembre 1988. Il s’était entretenu le 13 avec le Premier ministre français qui l’avait ensuite reçu à dîner au Quai d’Orsay.

2. L’ ÉTAT ET LES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT AGRICOLE PRIVÉS – Décret n°88-922 du 14 septembre 1988 pris pour l’application de la loi n° 84-1285 du 31 décembre 1984 portant réforme des relations entre l’Etat et les établissements d’enseignement agricole privés.

1992 – 14 septembre : PRÉSENCE DE LA MARINE FRANÇAISE EN MEDITERRANEE ET MER NOIRE – Après la période de permissions d’été, la frégate « Duquesne » mouille à Cannes du 22 au 24 août, prélude à une mission en mer Noire du 1er au 19 septembre, entrecoupée par des haltes à La Sude le 4 septembre 1992, Varna (Bulgarie) du 7 au 10 septembre, Constanza (Roumanie) du 11 au 14 septembre et Istambul du 15 au 16 septembre.

2007 – 14 septembre : MORT DE JACQUES MARTIN, comédien, fantaisiste, journaliste et animateur d’émissions télévisées tels que Le Petit Rapporteur, Dimanche Martin et l’Ecole des fans.

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SANARY-sur-Mer – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES. 97e livraison :

Le comte prend en main les deux plus anciennes villes ayant appartenu aux vicomtes – Toulon et Marseille -. Précisions sur Ollioules, Evenos et Sanary, d’après une enquête comtale (milieu du XIIIe siècle)

A la mort prématurée de Raimond Bérenger V, le 19 août 1245, le comté revient à sa quatrième fille, Béatrix qui épouse, le 31 janvier 1246, Charles d’Anjou, frère du roi de France Louis IX. C’est un nouveau succès de la politique méridionale des Capétiens après le traité de Paris qui, par le mariage d’Alphonse de Poitiers avec l’héritière de Raimond VII, assurait au frère de Charles d’Anjou la possession du comté de Toulouse. Les débuts du nouveau comte sont difficiles. Parti pour l’Égypte aux côtés de son frère lors de la septième croisade (1248-1254), il est capturé avec lui à Mansourah. Son absence qui dure deux années encourage des forces d’opposition  qui, dès le printemps 1246, s’unissent contre lui. Barral des Baux, podestat d’Avignon, prend la tête de cette ligue. La noblesse provençale participe à cette agitation à laquelle Charles 1er  met fin énergiquement dès son retour. Le 19 novembre 1251, la promesse de Barral des Baux à Charles 1er de faire la guerre aux Marseillais, puis le serment de fidélité et l’hommage que le même Barral des Baux prête à Charles trois jours plus tard, marquent la fin de la révolte (de Gérin-Ricard : A. Arch. départ. des Bouches du Rhône, B 304 et 345; IND. : Dr Barthélemy, Inventaire, n° 361 et 362. Barral donne comme cautions de sa parole Bertrand des Baux, les frères Fouque de Pontevès et Isnard d’Entrevennes, Guillaume de Sabran, Guillaume, fils du feu comte de Forcalquier, Guillaume des Baux, les seigneurs de Trets et d’Hyères, et celui de Castellane. Ce serment sera renouvelé en 1252.).  Un traité est passé entre le comte et Marseille en 1252 (Dubois, Gaffarel, Samat, p. 47-48.).

En même temps qu’il impose son pouvoir aux rebelles, Charles 1er prend en main l’administration, de ses domaines d’abord, du pays ensuite. En 1246, avant son départ pour la croisade, il a fait entreprendre une enquête sur l’état des biens et des droits qui lui sont dus. Réalisée pour l’essentiel en 1251-1252, cet inventaire lui permet de récupérer tous les droits oubliés, aliénés ou usurpés dont il exige la restitution par les seigneurs et les collectivités qui ne peuvent présenter de privilège d’exemption (Baratier E., 1969). D’après l’enquête, la situation des castra, se présentait ainsi : à Evenos et à Ollioules, le seigneur Guillaume de Signes d’Evenos, fils de Guillaume 1er de Signes et Cécile de Marseille, déclare qu’il tient les châteaux du comte et qu’ils doivent à celui-ci deux chevaliers avec leurs chevaux armés ainsi que la queste (« De castro de Avena et de castro de Olieulis, dominus Gill. de Signa juratus, confessus fuit quod dicta castra tenet pro domino comite et faciunt ei cavalcatam duorum militum cum equis armatis, quistas de novo. » La queste est un impôt levé tous les ans sur chaque chef de famille tenant feu. La queste correspond à la taille en France, impôt foncier dû pour les biens roturiers quel que soit le rang de leur possesseur.). Plus aucun service n’est dû aux vicomtes, et rien n’est dit au sujet de Saint-Nazaire, ce qui permet de déduire que le fief n’existe pas encore et qu’aucune forteresse digne de ce nom n’y est implantée.

(à suivre)

MARSEILLE – 297e livraison : LE TERROIR MARSEILLAIS

1148 – 16 avril : Acte n° 147, confirmation par le pape Eugène III des possessions de l’église de Marseille dont Meynarguettes, Méounes, Orvès, Le Beausset, Evenos (Albanès et Chevalier, Gallia… Marseille, n° 147, p. 68.). [Albanès, Chevalier: Acte du pape Eugène III, confirmant les possessions de l’église de Marseille]

Partem quam habes in castro de Pennis , Castrum de Mayranegas, Castrum de Melna, Castrum de Auroneves, Castrum de Bauceto. Partem tuam de castro Evene,…

NOUVELLE BULLE DU PAPE QUI CONFIRME LES BIENS DE L’Eglise de marseille sur le territoire ALLAUCH – Le Chapitre pensa à juste titre qu’il était inutile et dangereux de rester à Villevieille et qu’il était préférable de s’établir solidement sur une position plus défendable et qui serait fortifiée. Il abandonna donc Allauch-le-Vieux pour s’installer sur le Mont Rodinaccus, merveilleux emplacement facile à défendre et poste d’observation remarquable mais ne possédant ni source ni puits. Mieux valait à cette époque sécurité que confort. Le château d’Allauch fut donc construit entre 1141 et 1148. En réalité, le Chapitre restaura et modifia un embryon de château et de bourg, dont il est parlé dans un acte de 1130, dont l’édification par les vicomtes de Marseille remontait à la fin du XIe siècle. Il fut élevé avec un donjon central, une double enceinte, des maisons particulières, des palissades et une église. On peut d’après certains inventaires du XVe siècle en faire une description approximative : « un bâtiment principal avec une salle, une grande chambre, un cellier et deux caves, une grande et une petite, et une tour avec cave, qui servait ordinairement de prison. Au-devant se trouvait une place que les habitants affectionnaient er qu’ils choisissaient volontiers comme leur lieu de réunion » (Abbé Espeut). Enfin de solides remparts extérieurs abritaient les maisons des habitants qui désertèrent totalement Allauch-le-Vieux pour s’installer dans le nouveau bourg où ils se sentaient plus en sécurité. Le Chapitre alors, pensant que cette réalisation pouvait faire naître de nouvelles convoitises de la part des vicomtes, fit reconnaître avec tous les biens d’église sa nouvelle possession par une nouvelle bulle du Pape Eugène III, le 16 avril 1148 où, cette fois, il n’est plus question de villa mais de castrum. A ce moment-là dut être construite l’église, restaurée plusieurs fois et appelée Notre-Dame-du-Château, mais qui portait autrefois le nom de Notre-Dame-du-Belvézer ou de Beauvoir (Beate Mariae de Belle Vederi ou de Pulchro Vederi). Mais elle ne fut pas immédiatement église paroissiale. Ce n’est que vers 1928 qu’elle dut devenir paroisse et remplacer Saint-Pierre-de-Villevieille, située près d’Allauch-le-Vieux (Louis Ardissonne, 1981, p.21).

Texte extrait des actes des évêques de Marseille, n° 147, p. 68 et sq. 16 avril 1148. Confirmation par le pape Eugène III.  Eugeniusn, episcopus, sevis servorum Dei, venerabuli fratri Raymundo Marsiliensi episcopo, in perpetuum. Ad hoc a summo pastore omnium in apostolices sedis regimine pastoralem curam accepimus, ut omnium excclesiarium sollicitudinem habeamus, easque protectionis munimine foteamus. Proinde, dilecte in Domino frater Raymunde episcope, tuis rationabilibus postulationi­bus elementa annuimus, et predecessoris nostri felicis memorie Iniocencii pape vestigiis inherentes, beate genitricis Dei Marie Marsiliensem ecclesiam, cui auc­tore Domino preesse dinosceris, sub beati Petri et nos­tra protectione suscipimus et presentis scripti privilegio communimus. Statuentes ut quascumque possessiones, queeumque bona, tam in ecclesiis quam in decimis, castellis, villis et aliis eadem ecclesia in presentiarum juste et canonice possidet, aut in futurum concessione pontificum, largitione regum vel principum, obla­tione fidelium seu aliis justis modis, Deo propicio poterit adipisci, firma tibi tuisque successoribus et illibata permaneant ; in quibus hec propriis duximus exprimenda rocabulis. Castrum Sancti Cannati. Cas­trum Nereii. Castrum Alaugii. Villam Sancti Juliani. Partem quant habes in castro de Pennis. Castrum de Mayranegas. Castrum de Melna. Castrum de Auroneves. Castrum de Rauceto. Partem tuam de castro Evene. Podium quod castellum Gumberti vocatur. Addentes siquidem auctoritate apostolica prohibemus, ne quis in eodem podio vel in aliis ejusdem Marsiliensis ecclesie possessionibus, absque assensu et voluntate Marsiliensis episcopi, castrum, turrem vel munitionem aliquam edi- ficare présumât. Decernimus ergo … conserventur, tuis tuorumque successorum ef pauperum,pro quorum sus­tentatione concessa sunt, usibus omnimodis profutura. Si qua igitur in futurum … subjaceat. Cunctis autem eidem ecclesie justa servantibus … eteme pacis inve­niant. Amen. Datum Remis, per manum Guidonis, sancte Romane ecclesie diaconi cardinalis et cancella­rii, xvi. kalendas madii, indictione xi, Incarnationis dominice anno M.C.XLVIII, pontificatus vero dompni Eugenii pape anno IIII. (Arch. des B.-du-Rh. Livre jaune de La Major, f° 2 v°. Inédite).

1146-1149 : Acte n° 20, cartulaire de Montrieux, Guillaume de Valbelle donne à  Montrieux la moitié de Valbelle (Boyer R., 1980, 1980, p. 410 ; original parchemin A.V. 1H1786 ; copie XVIIIe siècle par Louis Lambert, procureur de Montrieux A.V 1H1799, fol 2, d’après le texte suivant ; copie XVIIIe siècle, très fautive, A.V. ; 1H1787, d’après le parchemin original ; copie Capus, p. 227 ; IND. : Belsunce, I, p. 432 ; Teissier, fol. 182 ; Dubois, p. 30.). [Boyer R., p. 410 : Raimond de Solliès, évêque de Marseille, arbitre un différend entre Guillaume de Valbelle et ses cohéritiers ; ils donnent au monastère de Montrieux la moitié de Valbelle, du côté des Aiguilles]

Willelmi de Valbella.

Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod ego, Guillelmus de Valle Bella, habui placitum cum coheredibus meis, Drogone et ceteris de Valle Bella.Tque placitum illud versum est in amorem et diffinitum est Raimundo, Massiliensi episcopo, et ceteris. Et concessum est in manu ejusdem episcopi quod Guillelmi de Valle Bella et fratres ejus in pace donarent et concederent medietatem Vallis Belle habitatoribus Montis Rivi, et ut idem Guillelmus fratres ejus partirent et prefati religiosi acciperent. Sicque factum est. Et, partita valle, prediscti religiosi acceperunt deves las Agullas. Hujus diffinicionis sunt testes : Raimundus, Massiliensis episcopus ; Willelmus de Signna, Gaufredus, filius ejus ; Bermundus de Torreves, Petrus Exquivi, Willelmus Cornuti, Johannes, prior Montis Rivi ;  et procurator ejusdem domus, Guido ; et Aicardus, et ceteri fratres.

v. 1146-1149 : Acte n°  159, cartulaire de Montrieux, donation de terres à Montrieux, situées entre le Gapeau et Valbelle exclusivement (Boyer R., 1980, 1980, p. 554-555 ; Original perdu ; IND. : Teissier, fol. 175). [Boyer R., p. 554-555 : Guillaume Bermond et ses frères, Pierre Ameil et Hugues, vendent aux chartreux de Montrieux leurs biens situés dans les limites des possessions du monastère, depuis le Gapeau jusqu’à Valbelle exclusivement : ils reçoivent en paiement un jardin avec figuiers, qui appartenait à Pierre Raimond, une pièce de terre, deux quarterées de vignes, des casaux, un bœuf et la somme de 20 sous].

Guillelmi Bermundi.

… ego, Guillelmus Bermundi, et fratres mei, Petri Amelii et Ugo, filii Tercol, vendimus, concedimus..habitatoribus Montis Rivi… quicquid habemus infra terminos eorum, a fluvio Gapelli et infra, excepta Valle Bella, in manu Johannis, priori ejusdem loci.. Et accipimus ab eis ortum cum ficulneis, quod fuit Petri Raimundi, et unam peciam terre et duas carterias vinee et casalia et unum bovem et xx sol…

(à suivre)

LA SEYNE-SUR-MER – Textes divers écrits sur La Seyne.

17e livraison : Adolphe MEYER, « Promenade sur le chemin de fer de Marseille à Toulon », 1859.

« Nous entrons dans le port. Le premier navire qu’on aperçoit est encore un souvenir de Napoléon ; ce navire porte à son arrière, écrit en lettre d’or, ce mot : Muiron. Disons tout de suite que ce n’est point la véritable frégate qui a ramené Bonaparte d’Égypte. Depuis plusieurs années déjà le Muironn’est plus bâtiment-amiral. Il a été remplacé par l’Indienneà laquelle on a donné le nom de Muiron.

Encore sur le chantier, lorsque Bonaparte entra dans Venise, la frégate fut lancée avec solennité, le 6 août 1797. Elle reçut le nom d’un aide-de-camp du général en chef de l’armée d’Italie, Muiron, mort à Arcole, en sauvant la vie à son supérieur et son ami.

Ce fut sur ce navire , escorté de la frégate Carrère et des chébèques la Revancheet la Fortune,que Bonaparte, retournant d’Égypte, se présenta devant Fréjus, le 8 octobre 1799.

Je veux vous signaler un fait peu connu dont on me garantit l’authenticité.

Dans la journée du débarquement, Bonaparte fit appeler le maire de Fréjus, M. Rolland. Celui-ci surprit le général lisant un volume qui fut de suite renversé sur la table. La curiosité poussa M. Rolland à connaître le titre de l’ouvrage : c’était la Conjuration de Catilina, par Salluste.

Une double inscription gravée en lettres d’or sur la poupe du Muironet sur un marbre noir fixé dans la chambre du conseil, portait l’inscription suivante :

La frégate Muiron, prise en 1797 , dans l’arsenal de Venise, par le conquérant de l’Italie, a ramené d’Egypte, en1799 , le sauveur de la France.

Nous voici à quai : je débarque et pourrai considérer ma tâche comme finie. »

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE

Deux types discutent dans la rue :

Le premier : « moi, j’ai jamais couché avec ma femme avant le mariage ! Et toi ? »

L’autre : « Attends que je réfléchisse ! rappelle-moi son nom de jeune fille. »

Je vous souhaite une bonne lecture ainsi qu’un excellent jeudi. Affectueuses pensées pour Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber.

Pour ma part, je passera la journée du 14 sur site de la Courtine d’Ollioules où je guiderai des élèves de classes de seconde appartenant à un établissement toulonnais.

A demain !

One response to “ÉPHÉMÉRIDES DU 14 SEPTEMBRE”

  1. Avatar de Ribot
    Ribot

    J’ai relevé une erreur d’écriture pour la création des leques. Je corrigerai dans la soirée. Actuellement je me trouve a chateauvallon où j’attends des lasses de lycée

Répondre à RibotAnnuler la réponse.

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