ÉPHÉMÉRIDES DU 3 SEPTEMBRE

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ÉPHÉMÉRIDES DU DIMANCHE 3 SEPTEMBRE 2023 – 12e ANNÉE (n° 3973)

Plan :

1 Illustration

2 Fêtes

3 Dicton du jour

4 Mot du jour

5 Éphémérides

6 En direct de notre bibliothèque : Sanary, Marseille et La Seyne.

7 Une blague pour la route

ILLUSTRATION

Au Zimbabwé (cliché H. Ribot)

FÊTES

Nous souhaitons une bonne fête aux GRÉGOIRE dont le patron est le pape Grégoire 1er ou le Grand, élu en 590, dont l’influence fut considérable sur le développement des rapports entre l’Église et les pouvoirs laïcs. Nous lui devons entre autres les chants grégoriens.

Dois-je délivrer le dicton du jour « Pluie du jour de saint Grégoire, autant de vin de plus à boire » ?

Le calendrier républicain donna à ce 17e jour de fructidor An II le nom de la CARDERE, dont une variété, le chardon à foulon, était employée pour carder les tissus de laine ou de coton.

LE MOT DU JOUR

« La civilisation est un élan, non un état ; elle n’est pas le port, mais le voyage » (Arnold Toynbee).

ÉPHÉMÉRIDES

Le « Cap Corse » coulé à la passe du Vieux Port août 1944 (coll. H. Ribot)

1170 – 3 septembre : donation à Montrieux d’une terre située à la Pourraque (Acte n° 242, cartulaire de Montrieux, Boyer R., p. 629 ; acte non transcrit dans le cartulaire de Montrieux) : Marseille – L’épouse de Gilbert de Tourves donne aux chartreux de Montrieux la moitié d’un champ situé à la Pourraque, pour qu’ils y fassent ce que bon leur semblera. Guibert confirme cette donation. Témoins :] Pontius Viaderii, Massilie monacus ; Petrus de Gradasca, presbiter ; Guillelmus Bernardi, Montis Rivi conversus ; Guillemus Isnardi, Rothbaldus Destajuli, Petrus Benedicti, Gaufredus Civaderii, Stephanus Sancti Antonini, Bermundus Peregrini, Petrus Johannis, Guitbertus Jocarez, Guiraldus Bernardi, Guillelmus Grimaldi, Raimundus Bolegon, Atthanoldus Berengarii.]

1223 – 3 septembre : Raimond de Signes, seigneur de la Mole, fils de feu Pierre de Signes, vend aux chartreux de Montrieux, le droit de pacage sur les territoires de Signes et de Châteauvieux (Acte 282 du cartulaire de Montrieux. Boyer R., 1980, p. 638 (acte non transcrit dans le cartulaire de Montrieux) : Montrieux – Raimond de Signes, seigneur de la Mole, fils de feu Pierre de Signes, vend aux chartreux de Montrieux, le droit de pacage sur les territoires de Signes et de Châteauvieux, pour le prix de 50 sous. Témoins :] Magister Bertrandus, Vilelmus Giraudus, canonicus, Villelmus de la Terratia, Aldebertus, Stephanus, Vilelmus de Montes Veneres, Bertrandus, Pontius,Vilelmus Bertrandus, M. […], Pontius, procurator, monachi ; conversi : Vilelmus Maurellus, Stephanus Rollandus, Gaufridus de Torreves, Joanes Taupherius, Raimundus Vilelmus, Martinus Caritas, Egidius, Petrus Anna, Petrus de Flasanis, Aycardus Porcellus, Vilelmus Giraldus Capud, Jabaudet, Pontius Giraudus de la Mola, Vilelmus Gibertus de la Mola, Martinus Bautugatus, Petrus de Brusa, Vilelmus Peyret, homo domini de Soleriis .

1254 – 3 septembre : Al Col  (charte  aux archives de la Major). Le Cos – lieu-dit,  commune de Marseille, quartier de Séon (1872). Première mention : Lo Cos, 15 septembre 1302 (charte  aux archives municipales).

1290 – 3 septembre : Valays Sancti Baudilii (Privilège de l’empereur Fré­déric, acte aux archives de l’Evêché). Auj. Saint-Basile, commune de Marseille, nom donné ancienne­ment à la vallée du chemin vieux de la Magdeleine, arro­sée par une partie du ruisseau de Jarret et dont la rue Saint-Basile conserve encore l’ancienne appellation. Première mention : Pratum Sancti Baudili, VIIIe siècle. (Descrip. mancip. monast. S. Salvatoris, dans Belsunce, tome I, page 302).

1296 – 3 septembre : Balma Laugier (charte aux archives de la Major). Aujourd’hui : Baume-Laugière – quartier rural de Saint-Pierre, commune de Marseille (1872). Première mention vers 1090 : Balmœ (cartulaire Saint-Victor, charte n° 145).

1418 – 3 septembre : Le prieur de la Verne rend hommage à Rossolin de Fos, seigneur de Bormes pour le terroir du Monastère. [Giraud Ph. – Notes chronologiques pour servir l’histoire de Bormes, Hyères, 1859 ; Maurel M., 1974 : Le prieur de la Verne rend hommage à Rossolin de Fos, seigneur de Bormes, pour le terroir appartenant au dit Monastère.]

[Dubois M., 1931 : Rossolin IV de Fos ayant légué en 1385 par testament 5 florins or à la Chartreuse de la Verne pour dire des messes, cette donation est ratifiée par son fils (Rossolin V) qui assigne ces 5 florins annuels sur la communauté de Collobrières.]

1472 – 3 septembre : Jaume Deydier effectue le pèlerinage de Saint Claude [Charles de Ribbe, 1898 : (p. 173 et suiv., Jaume Deydier se rend) en Franche-Comté, au grand pèlerinage de Saint-Claude. Là au XIIIe siècle, dans une abbaye, avaient été découvertes la tombe et les reliques du saint…, et… une ville n’avait pas tardé à surgir. … Philippe de Vigneulles (y vint) le vendredi de Pâques 1512, … Mme de Chantal y eut son entrevue avec François de Sales… C’est à Saint-Claude que le saint évêque (François de Sales), à la vue des protestants de Genève,… (mena) à pied… plusieurs centaines de fidèles de Thonon, sans qu’il lui survint aucun obstacle…. Lorsque Jaume Deydier se fit romieu de Saint-Claude, voyageant sans doute plus à pied qu’à cheval, il crut en acquérir bien davantage que s’il avait exécuté simplement une course à Saint-Maximin ou à la Sainte-Baume.]  (p. 54) Ay acomensat aquest present libre, tant per instrucion miena coma de mos successors, losquals recomandi al Senhor sobredich Jhesus-Christ et a sa gloriosa Mayre, non oblidant Monsenhor sant Glaudo,delqual fozi romieu, l’an 1472 et del mes de septembre lo tres. (De Ribbe, La société provençale, p. 54 et p. 173 et suiv.).

1597 – 3 septembre : La Boutonedo (registre aux archives de l’Evêché de Marseille). La Boutonèse – propriété appartenant à Antoine Botoni, commune de Marseille, quartier de Saint-Marcel, est citée en 1864.

1636 – 3 septembre : lieux-dits de Marseille cites dans un registre aux archives de l’Évêché.

1. Vallon de la Menthe. Autre graphie : Camp de la Mente (registre 163, fol. 38, ibid.). Auj. Camp de La Menthe – lieu-dit, commune de Marseille, quartier  de Saint-Marcel, près Aigues-Vives.

2. La Font – propriété,  commune de Marseille, quartier de Saint-Marcel, près de Valbarelle (registre aux archives de l’Evêché).

3. Sauvet. Auj. La Sauzède – lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Saint- Marcel. Première mention :  Vallis de Sauzeto, 12 mars 1310 (acte notarié).

4. Vaugatune, vallon, commune de Marseille, quartier de Saint-Marcel, en dessus de la Barasse. Première mention : Val Gatuna, 1451 (registre aux archives de l’Evêché).

1709 – 3 septembre : « L’ingénieur Niquet écrivait au Ministre «que dans les travaux faits autour de Toulon, il avait trouvé des pans de quais de construction romaine». La découverte dont il est question ici avait été faite au quartier d’Entrevignes, où l’on venait de construire…à l’extrémité d’un long canal qui communiquait naturellement avec la mer, un grand bâtiment…Ce fut en élargissant et en creusant plus profondément [ce canal dit de la Boulangerie] qu’on rencontra les restes de quais dont parlait l’ingénieur Niquet.(…) La découverte de restes de quais romains au quartier d’Entrevignes est mentionnée de nouveau dans une lettre que le comte d’Aumale, directeur des fortifications de Toulon, écrivait le 18 septembre 1774 à M. le marquis de Monteynard, ministre de la guerre, et dans laquelle il lui disait «des débris de quais trouvés à diverses époques, même assez avant dans les terres, donnent à penser qu’un arsenal y était attenant. » » Le manque de description précise n’autorise aucune interprétation, sinon la constatation que, dans ce secteur, se trouvaient des constructions antiques assez étendues, peut-être une villa suburbaine dotée de thermes ou un quartier périphérique en bordure du rivage (Jean-Pierre Brun, Michel Pasqualini).

1710 – 3 septembre : MARINS MORTS EN MER – Le 3 septembre 1710, nous trouvons sur le registre des sépultures, comme marin de Sanary mort en mer, le nom de FAUCHIER Joseph.

1720 – 3 septembre : ASSAINISSEMENT APRÈS LA PESTE – A Marseille, le chevalier Roze, avec 100 galériens, nettoie le quartier de la Tourette où il n’y a plus d’habitants mais où il faut enterrer 1000 morts de la peste.

1759 – 3 septembre : CONDAMNATION DE L’ENCYCLOPÉDIE – Le pape Clément XIII condamne les volumes de l’Encyclopédie comme « œuvres du démon » et la met à l’Index.

1783 – 3 septembre : LE TRAITE DE VERSAILLES SIGNÉ ENTRE LA FRANCE ET L’ANGLETERRE MET FIN A LA GUERRE D’AMÉRIQUE. L’ANGLETERRE reconnaît l’indépendance des treize colonies américaines. La France se voit reconnaître la possession de ses comptoirs aux Indes, au Sénégal, à Saint-Pierre et Miquelon. La paix sera publiée le 3 novembre.

1789 – 3 septembre : PARIS RECOMMENCE A BOUGER – Si, à l’Assemblée, le calme revient peu à peu, la capitale, elle, recommence à bouger. Les élections municipales organisées par Bailly les 25 juillet et 1er août, pour élire les 180 représentants de la Commune, entretiennent le malaise né de la famine et de la misère. Dans le même temps, les patriotes du Palais-Royal, qui suivent passionnément le débat sur le veto royal, ne cessent d’exciter les esprits (Agenda du Bicentenaire, JEUDI 3 SEPTEMBRE).

1791 – 3 septembre : LA DÉCLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN A ACQUIS « UN CARACTÈRE RELIGIEUX » – Le 3 septembre 1791, lorsque l’Assemblée publie la Constitution, elle estime que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a acquis « un caractère religieux » et qu’il n’est plus possible de la modifier. La majorité des députés en étant arrivée à rejeter l’idée selon laquelle la Constitution est un contrat passé entre le roi et la Nation, l’Assemblée s’empare de la sorte du pouvoir exécutif, qu’elle cumule avec le législatif, contrairement à l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme. Il n’y a plus ni noblesse, ni pairie, ni distinctions héréditaires, ni distinctions d’ordres, ni régime féodal, ni justices patrimoniales, ni aucun des titres, dénominations et prérogatives qui en dérivent, ni aucun ordre de chevalerie, ni aucune des corporations ou décorations, pour lesquelles on exige des preuves de noblesse, ou qui supposent des distinctions de naissance, ni aucune autre supériorité, que celle des fonctionnaires publics dans l’exercice de leurs fonctions. — II n’y a plus ni vénalité, ni hérédité d’aucun office public. — II n’y a plus, pour aucune partie de la Nation, ni pour aucun individu, aucun privilège, ni exception au droit commun de tous les Français. — II n’y a plus ni jurandes, ni corporations de professions, arts et métiers. — La loi ne reconnaît plus ni vœux religieux, ni aucun autre engagement qui serait contraire aux droits naturels ou à la Constitution.

1811 – 3 septembre : BAGNE DE TOULON – Sur le registre du bagne de Toulon, on relève, sous le n° matricule 8750, le nom du dénommé Antoine Philippe Pelloquin né le 3 septembre 1811 La Seyne,

1838 – 3 septembre :  A Saint-Cyr, les demoiselles de congrégation de femmes ont obtenu un bref de Grégoire XVI, qui leur accordent à perpétuité aux conditions ordinaires une indulgence plénière 2 fois par mois (Magloire Giraud, L’église de Saint-Cyr, Var, 1855).

1860 – 3 septembre : DÉCÈS DU CURÉ DE LA SEYNE – Décès de Raymond-Siméon Liautaud, curé de La Seyne depuis le 22 avril 1855 et, précédemment, curé de Besse (Var).

1867 – 3 septembre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE – Mardi 3 septembre, fête de Saint Grégoire. Même temps splendide qu’hier. Vent du large faible – brise. L’après-midi le ciel se couvre et il y a menace d’orage ; temps lourd. Le soir le ciel se découvre, la lune nouvelle paraît, le temps est beau. La mer est calme. Les vendanges vont grand train dans 15 jours tout sera terminé.

1869 – 3 septembre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE – Vendredi 3 septembre, S. Grégoire. Beau temps – calme ce matin – Comme d’habitude, vers les 9 heures, commence une petite brise du large. Ce matin, le thermomètre marquait à 7 heures 21°, à 11 heures 24° centigrades – Hier soir, la température s’était refroidie à cause de la pluie –

Hier soir, plusieurs bateaux sont allés aux sardines et quelques-uns ont chargé de ce poisson. Il y avait déjà une série de jours qu’on n’en prenait plus après le grand massacre qu’on en avait fait !

Quelques journaux ont dit que l’Impératrice, fâchée  de ce qu’elle avait été reçue froidement à Toulon, n’a plus voulu passer dans la ville pour partir et s’est embarquée à Castigneau. Nous aimons mieux croire, d’après des personnes qui étaient auprès d’elle, que c’est la fatigue qui l’a décidée à cela.

-1887 – 3 septembre : AU CHÂTEAU DE LA MOLE SE TROUVE A L’HEURE ACTUELLE UNE COPIE DU PLUS ANCIEN PLAN DE LA CHARTREUSE DE LA VERNE. Le précepteur du père de Monsieur de Fonscolombe l’avait relevé le 3 septembre 1887 à la Grande Chartreuse. A gauche, en bas, une date : 1685. Un feuillet explicatif l’accompagne. La Grande Chartreuse n’a plus l’original de ce plan (Maurel M., 1974).

-1899 – 3 septembre : UN VÉLODROME A TOULON POUR LA MUSIQUE DE GOUNOD – Les musicologues viennent nombreux pour écouter la belle musique composée par Gounod dans l’enceinte toulonnaise de ce qui deviendra le Stade Mayol, le 20 mars 1920. Dans cette même enceinte, les afficionados assisteront à des courses de Taureaux. C’est pendant l’une de ces dernières que les aficionados mécontents de la mauvaise organisation de la Corrida, mettront le feu à l’établissement. Ce marquera la fin du vélodrome de Toulon.

1912 – 3 septembre : 79 MORTS DANS UNE MINE DE CHARBON – Un coup de grisou dans la fosse de La Clarence à Divion, France, entraîne la mort de 79 personnes

1914 – 3 septembre :

1. ÉLECTION DU PAPE BENOIT XV – Le cardinal Giacomo della Chiesa est élu pape sous le nom de Benoît XV après 10 tours de scrutin au troisième jour du conclave
2. RENFORCEMENT DE LA TRIPLE ENTENTE – Les membres de la Triple entente (France, Royaume-Uni et Russie) renforcent leurs accords militaires et s’engagent à ne pas signer de paix séparée avec la Triplice (Allemagne, Autriche-Hongrie)

1919 – 3 septembre :
1. GRIPPE ESPAGNOLE – A l’hôpital de Saint-Mandrier, la grippe dite « espagnole est à l’origine des décès de Fortuné Eugène Condrillier né le 20/12/1878 à Hyères (Var), matelot sans spécialité, mort à 39 ans et de François Marie Creïs né le 25/05/1889 à La Feuillée (Finistère), matelot de 2ème classe, Chauffeur Breveté, mort à 29 ans.
2. DROIT DE VOTE AUX FEMMES ITALIENNES – Le gouvernement italien accorde le droit de vote aux femmes.

1939 – 3 septembre :

1. UN LIVRE POUR CE JOUR – Adrian Ball « 3 septembre 1939 : Demain la guerre », publié dans la collection « Les grandes heures de l’histoire » par le Cercle européen du livre en 1965 (Robert Laffont 1963 pour le texte français sous le titre « Le dernier jour du vieux monde ») est, à mon avis une référence, sinon la référence pour saisir ce qui a fait de cette journée tragique une journée révolutionnaire. A partir de ce moment, rien ne sera plus comme avant sur notre Terre. Résumons, les faits, l’Allemagne n’ayant pas daigné répondre à l’ultimatum franco-britannique, l’Angleterre se considère en état de guerre depuis 11 heures, la France à partir de 17 heures. Nous savons par les carnets du comte Ciano, ministre italien des affaires étrangères, que son homologue allemand Von Ribbentrop avait parié avec lui que la France et l’Angleterre ne réagiraient pas. Ribbentrop a donc perdu son pari.
2. LE VAR EST PLACE DANS LA “ZONE DES ARMÉES” ET TOULON EN “ZONE RESERVEE”. Une centaine d’hommes du 157ème régiment d’artillerie s’installent dans le fort de Six-Fours qui dispose de quatre canons de 90 et d’une demi-section de 13,2 mm. L’effectif atteindra 250 hommes au début de 1940. La batterie du Claffard sera réarmée avec des canons de 120 longs, tractés par chevaux, à la fin du mois d’octobre 1939. En novembre 1939, l’école de canonnage du cap Brun sera transférée au fort de Six-Fours ; le cours de canonnage durera quatre mois avec 80 apprentis canonniers composés d’appelés de la classe 39. Le second aura lieu en mars. La notification de début des hostilités parvient le jour même à bord du Commandant Teste au mouillage d’Oran, Le nombre et le type de missions aériennes effectuées augmenteront, les Loire procédant à des escortes de convois qui emmèneront en métropole, des régiments d’activé de l’Armée de Terre stationnés en Oranie.
3. RUPTURE ENTRE SYNDICATS ET COMMUNISTES – A Lille, ce 3 septembre, l’Union Départementale des syndicats ouvriers du Nord adresse aux travailleurs un appel stigmatisant le pacte odieux des deux dictatures complices, Moscou et Berlin, et ajoutant : « Cette trahison sera le signal du ralliement des travailleurs autour de leur organisation syndicale ». L’Union Départementale déclare « hautement et fermement qu’elle cesse toute collaboration avec les communistes placés à la direction des syndicats. Cette collaboration doit cesser au sommet et à la base du mouvement syndical français. Elle doit cesser à la C.G.T., dans les fédérations nationales, dans les unions locales, dans les syndicats. Les contacts avec les chefs communistes ne sont plus possibles, malgré les déclarations ultra-patriotiques qu’ils ne vont pas manquer de faire. Le mensonge dont ils sont devenus coutumiers ne peut être admis par des ouvriers honnêtes. »

1943 – 3 septembre :
1. AVANT LA DEMANDE ITALIENNE D’ARMISTICE, LES ALLEMANDS ONT ENVAHI DE NUIT LA BAN DE SAINT-MANDRIER. Les défaites des troupes de l’Axe en Tunisie, la libération de l’AFN qui devient une base de départ alliée, le débarquement de Sicile commencé le 10 juillet, la destitution de Mussolini le 24 juillet 43, précèdent la demande d’Armistice italienne du 3 septembre. Avant cette date, de nuit, les Allemands ont envahi à nouveau la base. Tous les Italiens sont faits prisonniers, sauf ceux qui ont pu s’enfuir avec les hydravions. Nouveaux « propriétaires  » et nouvelles difficultés. La plupart des soldats allemands venus précipitamment à Saint-Mandrier sont « au repos  » après un séjour peu plaisant en Russie.
2. LE 3 SEPTEMBRE, UN ACCORD D’ARMISTICE FUT SIGNE PAR LES REPRESENTANTS DU GOUVERNEMENT ITALIEN ET LES REPRÉSENTANTS DU GENERAL EISENHOWER QUI AGISSAIT AU NOM DES NATIONS UNIS. Signé le 3 septembre 1943 à Cassibile (Sicile), l’armistice ne fut publié que le 8 septembre 1943. Dans cet accord, il était seulement question de cesser les hostilités, de rapatrier les prisonniers de guerre, de désarmer la marine et l’aviation, de permettre à l’Angleterre et aux Etats-Unis d’utiliser sans entrave les aérodromes et les ports italiens. Face au déferlement des troupes allemandes dans la péninsule, le gouvernement Badoglio, réfugié à Brindisi, en territoire libéré par les alliés, ne donne aucune instruction aux autorités locales, les Italiens sont livrés à eux-mêmes. Dans les territoires occupés, et c’est le cas en France, les troupes italiennes laissées sans ordre précis se débandent. Peu tentent de résister comme à Gap ou Grenoble, où dans la nuit du 8 au 9 septembre les échanges de tirs provoquent des pertes importantes, une centaine de tués et blessés de part et d’autre. Parmi eux figurent plusieurs soldats, 5 au moins, inhumés à Saint-Mandrier.

1944 – 3 septembre : LA MARINE FRANÇAISE REPREND PIED A SAINT-MANDRIER – Dans la matinée, une embarcation transportant quinze hommes, sous le commandement du capitaine de corvette Jacques Hourdin et de l’IM1 Milot arrive à la BA.N. de Saint-Mandrier afin de remettre en état le site fortement dégradé par les bombardements qui ont plu, drus et lourds sur la presqu’île pour anéantir les batteries de Cépet tenues par les allemands, et ont laissé des creux partout, dans la terre et les toits (près de 800 tonnes de bombes et 8700 projectiles en août).. Les premières journées seront occupées aux désamorçages et les hommes deviennent démineurs dans l’eau et sur terre. On mangera à la popote de la défense du littoral. On ancrera, au fond du plan d’eau des bouées d’amarrage pour les hydravions de la 2S, encore stationnée en Afrique du Nord, à Arzew. Le personnel de la base augmentera rapidement : à la mi-octobre, 4 officiers, 8 officiers-mariniers et 51 QMM sont là. Le logement précaire du personnel de la base et des 60 hommes de la 2S est assuré. Ayant rejoint la flottille 9 F.Tr devenue 30S à Saint-Mandrier, l’hydravion de reconnaissance et de patrouille Latécoère 611 Achernar, seul de son genre, et meilleur que les Bréguet-Bizerte 730 et 731, effectuera encore quelques missions de transport.

1964- 3 septembre : DÉSACCORD SUR L’AMÉNAGEMENT DU PORT DE SAINT-MANDRIER – Après une ultime discussion sur la question de l’aménagement du port de Saint-Mandrier, le conseil municipal ne vote pas le projet initial. « Considérant qu’un projet d’aménagement du port de Saint-Mandrier a été établi pour le compte d’une société privée. Constatant que ce projet apportera une gêne considérable aux usagers actuels du port et particulièrement aux pêcheurs. Que ce projet n’apportera aucun bénéfice réel à la commune, si ce n’est une augmentation très aléatoire des recettes par la taxe locale alors que toutes les dépenses de fourniture d’eau, d’électricité, d’entretien et de voirie resteront à sa charge. Constatant enfin que ce projet n’a à aucun moment été soumis à son approbation. Le Conseil à l’unanimité, demande à Monsieur le préfet de bien vouloir s’opposer à toute exécution des travaux projetés sans qu’aucun accord préalable n’ait été réalisé entre toutes les parties ». « Le bon sens triomphe », écrit Louis Esposito, qui n’est autre que le secrétaire du C.I.L. «…C’est la victoire de tous ceux qui ne veulent pas qu’une société privée s’implante en maître dans notre village ». De plus, les Mandréens viennent d’apprendre avec stupéfaction que des travaux ont été effectués, début septembre, à l’insu de la municipalité. Les édiles, sans exception, s’en sont offusqués publiquement. Et le C.I.L. d’ajouter avec à-propos : «Habitants de Saint-Mandrier, rejoignez les rangs du C.I.L. où plus de cent familles sont déjà groupées. Tous ensemble nous aiderons la municipalité à faire front à cette société capitaliste…Ensemble nous pourrons réaliser l’aménagement du port dans l’intérêt des pêcheurs et de toute la population ».

1966 – 3 septembre : DÉCÈS DE LA COMÉDIENNE CÉCILE SOREL. De son vrai nom Céline Émilie Seurre, elle était devenue comtesse de Ségur par son mariage. A sa retraite, elle était venue s’installer à Sanary, emmenant avec elle Paul Vizzavona, un architecte Art Nouveau à qui nous devons des rues de Bruxelles qu’elle chargea de restaurer son cabanon de la Cride. Après sa mort, la voie qui dessert ce lieu fut dénommée avenue de Ségur. A son sujet, voici un extrait d’un livre de Benjamin Valloton publié en 1945 : « En ce dimanche après-midi de novembre, parcourons la campagne sanaryenne. La Cryde, (…) aujourd’hui chaos de projectiles, de canons écroulés, de coupoles aplatis sur un sol calciné, dans un décor de pins déchiquetés. Près d’une mitrailleuse au tube tordu, des tertres disent que des soldats du Führer ont terminé leur course humaine sur ce rocher de la Méditerranée, près de la somptueuse demeure en ruine de Cécile Sorel. Port-Issol. Entre la route et les falaises rayées du trait jaune des tranchées, le vallon que l’on a connu fouillis de verdure, ni d’aimable maisons… désert jonché de gravats (…). A l’est de Sanary, sitôt la Reppe franchie, on pourrait croire à un cataclysme de la nature (…). Ici de la mer au sommet des collines, règne la mort totale (…). Le mistral secoue furieusement les écriteaux dressé sur les champs de mines. (Freissinières et Sanary, 1944) ».

-1969 – 3 septembre : DÉCÈS DE HO CHI MINH, homme politique vietnamien, fondateur du Parti communiste d’Indochine en 1930, auteur de la proclamation d’indépendance du Vietnam, fondateur de la République démocratique du Vietnam et président du Nord Vietnam de 1945 à 1969.

2014 – 3 septembre : JAZZ AU TEMPLE – De 20 heures 30 à 23 heures 30, l’association ART ET RENCONTRES, Musique au Temple, nous a régalés, grâce à l’éclectique Eric Barrillon, maître de cérémonie. Pour la seconde fois en deux ans, j’ai pu revoir, et surtout entendre, à Sanary, ÉRIC LUTER dans un spectacle intitulé « Jazz Swing & New Orleans ». Trompettiste et chanteur, il était accompagné par le quartet de Renaud Perrais composé de Renaud Perrais, saxophones et clarinette Jean-François Merlin, contrebasse Thierry Lutz, batterie Éric Gilles, guitare et banjo. Au programme, coupé par un court entracte, nous avons écouté – réécouté – avec plaisir et joie profonde, des morceaux dont la liste était, il fallait s’y attendre, inspirée du répertoire de Claude Luter et Sidney Bechet :

2015 – 3 septembre : JAZZ AU TEMPLE – « Le 3 septembre, à 20h 30, au Temple de Sanary, nous sommes allés entendre Eric Luter à la trompette, Alain Meaume au saxo-soprano et le Chicago Jazz Gang. Un régal ! Ce soir, nous serons chez Denise dont c’est l’anniversaire et, après un apéritif dinatoire dont elle a le secret, nous réécouterons avec plaisir nos deux jazzmen et leur orchestre que complèteront vraisemblablement d’autres soliste venus de tous les coins pour se joindre à nous. » (Henri Ribot, Carnet). Note : depuis cette séance mémorable, Alain Meaume nous a quittés pour aller, au paradis des artistes, rejoindre Sidney Bechet qu’il aimait tant.

2020 – 3 septembre : Les pompiers ont été appelés pour repêcher un homme à la mer au pied de la digue ouest du port de Granville. C’est ensuite un héli­coptère Caïman de la marine nationale basé à Cherbourg qui est envoyé sur zone. Après trois quarts d’heure d’opérations, l’homme est finale­ment récupéré par un navire de plaisance… L’individu d’une tren­taine d’années, qui pêchait à la ligne depuis la jetée, avait plongé pour repêcher un cubi de rosé qui venait de tomber. Espérons qu’il aura profité du temps passé en mer pour boire autre chose que de l’alcool (Marianne, 1221, p. 40).

EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHÈQUE :

SANARY-sur-Mer – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et ÉDIFICES. 87e livraison :

La Grande Peste de 1720-1721. A peine une génération a-t-elle eu disparu, que les administrateurs de la jeune communauté se heurtent à l’un des pires fléaux de l’époque – la peste noire-, face à laquelle la médecine est alors impuissante et que les villes refusent tout d’abord de reconnaître pour ne pas faire chuter leur commerce.  Suivons donc pas à pas l’évolution de cette maladie qui, partant de Marseille va progressivement toucher toute l’aire toulonnaise, et voyons comment une jeune communauté va réagir.

Le 3 avril 1720, le Grand Saint-Antoine, bâtiment chargé d’étoffes et  commandé par le capitaine Chataud, part de Syrie où il y a la peste (André Maurice, décembre 1983) ; il  fait escale au Brusc du 4 au 10 mai 1720, où il débarque quelques ballots de tissus acheminés sur Toulon par un patron pêcheur (Viatte P., La Peste à Sainte-Marguerite, Toulon, 1977, dactyl, témoignage de Pierre Viatte, fonctionnaire de l’Hôpital de Toulon 1906-1980, cité dans « Un document nouveau sur la peste de Marseille », Provence Historique 1983, par  Carrière C. et Courdurie M.). Puis, il se rend à Livourne sur ordre de ses armateurs marseillais, avec cinq morts à bord. Là, le bureau de santé lui délivré un billet qui ne signale seulement qu’une fièvre maligne pestilentielle, ce qui n’est pas la peste dans le langage des médecins de marine. Mais à ce moment, ses responsables n’ignorent plus la situation sanitaire à bord de leur navire, et les morts durant le  voyage. Le 25 mai, le Grand Saint-Antoine arrive à l’île Pomègue avec trois nouveaux morts. Le bureau de Santé de Marseille décide d’enfermer les étoffes les plus chères au Lazaret pour 40 jours. Les passagers devront y rester 20 jours. Comme à la date du 10 juin, il n’y a pas eu de nouveau décès, le bureau ordonne que les passagers pourront entrer le 14 en ville après désinfection. Entre temps, il semble que des commerçant ayant commandé les étoffes soudoient les gardiens afin que ceux-ci débarquent une partie de la cargaison et l’amène jusqu’à leurs boutiques.

C’est peu après que l’épidémie commence : Le 13 juin, le gardien du Grand St-Antoine meurt ; le 20 juin, une femme meurt à son tour, rue Belle Table. Le 25 juin, meurent un mousse du Grand St-Antoine et plusieurs hommes qui ont transporté les ballots d’étoffe au Lazaret. On désinfecte le bateau. Les 28 et 29 juin, un tailleur et sa femme meurent, place du Palais. Le 1er juillet, deux femmes meurent, rue de l’Echelle. Le 4 juillet, on dénombre un mort, rue Galant ; le 9 juillet, un enfant, place de Lenche. A ce moment, le docteur Peysonnel affirme aux échevins de Marseille qu’il y a la peste. Du 10 au 24 juillet 1720, les échevins refusent de se rendre à l’évidence, alors que l’épidémie s’étend et que Toulon, Antibes, Nice et Gênes ferment leurs portes aux navires venant de Marseille (André Maurice, 1983). A Toulon, la ville est close depuis le 31 juillet 1720 (G. Delattre).).

Du 30 juillet au 30 septembre, l’épidémie s’étend. A Marseille, plus de doute(André Maurice, 1983.) : on brûle le Grand Saint-Antoine et les étoffes qu’il a apportées, mais il est trop tard, car le 8 septembre, on compte déjà 30 000 morts en ville.

A sa réunion du 9 août, le Conseil de Saint-Nazaire décide d’interdire l’accès à toute personne venant d’une villesuspecte , et de mettre en fonction immédiate des intendants de santé en nombre suffisant. Le Conseil délibère de faire aménager des chemins pour faciliter le passage des étrangers et des habitants, puis de fermer les portes (vers les place Cavet et rue de la Prud’homie actuelles) et les avenues (rues perpendiculaires au port, telles les actuelles rues Barthélemy de Don, Siat-Marcellin, Félix-Pijeaud et Lucien-Gueirard) où des gardes seront placés. Ils prévoient, si nécessaire, d’ordonner la quarantaine. Pressentant les risques à venir, le Conseil décide enfin d’acheter à Toulon cent charges de blé et deux cents moutons, ou à défaut des bœufs, qu’une tartane amènera au port. Enfin, il demande à l’évêque de Toulon l’envoi de missionnaires, car on est jamais trop prudent

(à suivre)

MARSEILLE – 287e livraison : LE TERROIR MARSEILLAIS

1014 : Saint-Victor de Marseille. Donation à Saint-Victor, par [le vicomte] Fouque, de tout ce qu’il possède par héritage aux mêmes lieux. Parmi les témoins qui confirment : Odile, femme du donateur ; Guil­laume II, son frère ; Acélène, femme de ce dernier ; Pons II, évêque [de Marseille] ; Aicard. (Acte 41 des vicomtes).

Abbaye de Notre-Dame des Accoules :

Mention :

1020-1047 : Marseille – Isarn, abbé de Saint-Victor. Toute la rive sud du Vieux-Port appartient désormais aux moines, en particulier la zone sud-est jusqu’à l’actuelle rue Beauvau, où se trouvent de riches salines qu’ils conservent jusqu’à ce que François Ier les annexe en 1518 pour agrandir l’arsenal des Galères. Ils obtiennent le privilège de l’eau depuis Saint-Menet jusqu’à la mer. Peu à peu, ils essaiment à travers toute la vicomté, créent plus de soixante prieurés et deviennent l’un des principaux aménageurs agricoles du sud de la Provenced 6. Plus d’une soixantaine de moines et vingt novices vivent à l’abbaye. Saint-Victor redevient un grand centre spirituel et de formation. L’église supérieure est entièrement reconstruite. Cette restauration refondation s’accompagne d’une préservation des éléments paléochrétiens, d’un réaménagement des sarcophages et du martyrium. A la même époque sont réécrites la passion de saint Victor, la vie de Cassien et l’écriture peu après sa mort de la vie d’Isarn, les trois saints sur lesquels s’appuie cette refondation. C’est aussi l’époque de la confusion volontaire entre Lazare compagnon de Cassien et futur évêque d’Aix avec Lazare le frère de Marie Madeleine réputé premier évêque de Marseille et de leurs reliques. Yann Codou explique la nécessité pour le rayonnement de l’abbaye d’affirmer la prééminence de Marseille et de ce lieu dans l’évangélisation de la Provence, dans l’introduction du monachisme en occident par Cassien et du rôle d’Isarn dont la tombe sera placée au milieu des sarcophages au moment où le monastère adopte la règle de saint Benoît.

Vers 1031 : Notice relatant la restauration, par les vicomtes Guil­laume II et Fouque, de l’abbaye de Notre-Dame-des-Accoules à Marseille et fixant les limites de ses possessions. (Acte 81 des vicomtes de Marseille, H. de Gérin-Ricard, 1926, p. 4. Réf. B. Copie du XVIIe siècle : Bibl. de Carpentras, ms. n° 1855, fol. 352.). Le texte est très incorrect. Nous n’avons cependant pas hésité à le donner à cause des précieux renseignements qu’il renferme.

Juxta Massiliam, in contrada que vocatur Lauretum : Breve recordationis de honore Sancte Marie de Abadia, quomodo G[uillelmus] et F[ulco,] vicecomites Massilie, restauraverunt abadiam puellarum infra Massiliam, per preces et per monitiones Senioreti, canonici Avenionis, et curiose requisierunt qui (sic, pour que) debedant esse illius abadie. Primum, juxta Massiliam, in contrada que vocatur Lauretum, que infra istos terminos continetur. sicut carrer[i]a pergit ad viam Sancti Stephani, sicut terra de[sc]endit in Lauretum et donat (sic, pour vadit) ad fontem Sancti Saturnini usque ad terram Algetini, et per viam de valle Focaricia, que descen­dit ad pratum quod est juxta mare, totum quod est infra istos terminos, cultum et incultum, recognoverunt supradicti [vice]comites esse de abadia puellarum ; et homines qui habebant ullos honores fecerunt recognoscere et accipere per manum abbatisse et domine Adalmois ad fidelitatem et servicium. Ipsi homines ad ipsam vener[u]nt anno Incarnationis Dominice millesimo trigesimo primo, scilicet Iterius, G. Daniel, Jaufredus de Porta, Gaufridus Pilletus, Guillelmus Saussicia, Arnulfus Sani- scalcus. Et pariter istos habet ipsa abbatissa in dominicatura terra (sic) quam fecit Adalardus et Andréas de Mare. Istam cartam fecit scribi Senioretus, per mandatum supradictorum vicecomitum, tali tenore ut si quis voluerit aliquid de illo honore auferre, sit in comparatione inde proditoris.

1031 : Solliès – Donation par Déodat, évêque de Toulon, au monastère de Notre-Dame des Accoules  à l’intérieur des remparts de Marseille, de l’église Notre-Dame des Accoules à Beaulieu, sur le territoire de Solliès ; cette donation est faite à la prière et avec le conseil de Guillaume le Gros, vicomte de Marseille, qui concède à cette église, une étendue de deux stades de terrain autour (Henri de Gérin-Richard, Acte 80 des vicomtes de Marseille, 1926).

Vers 1031 : juxta Massiliam, in contrada que vocatur Lauretum – Notice relatant la restauration, par les vicomtes Guil­laume II et Fouque, de l’abbaye de Notre-Dame-des-Accoules à Marseille et fixant les limites de ses possessions. (Acte 81 des vicomtes de Marseille, H. de Gérin-Ricard, 1926, p. 4. Réf. B. Copie du XVIIe siècle : Bibl. de Carpentras, ms. n° 1855, fol. 352.). Le texte est très incorrect. Nous n’avons cependant pas hésité à le donner à cause des précieux renseignements qu’il renferme.

Breve recordationis de honore Sancte Marie de Abadia, quomodo G[uillelmus] et F[ulco,] vicecomites Massilie, restauraverunt abadiam puellarum infra Massiliam, per preces et per monitiones Senioreti, canonici Avenionis, et curiose requisierunt qui (sic, pour que) debedant esse illius abadie. Primum, juxta Massiliam, in contrada que vocatur Lauretum, que infra istos terminos continetur. sicut carrer[i]a pergit ad viam Sancti Stephani, sicut terra de[sc]endit in Lauretum et donat (sic, pour vadit) ad fontem Sancti Saturnini usque ad terram Algetini, et per viam de valle Focaricia, que descen­dit ad pratum quod est juxta mare, totum quod est infra istos terminos, cultum et incultum, recognoverunt supradicti [vice]comites esse de abadia puellarum ; et homines qui habebant ullos honores fecerunt recognoscere et accipere per manum abbatisse et domine Adalmois ad fidelitatem et servicium. Ipsi homines ad ipsam vener[u]nt anno Incarnationis Dominice millesimo trigesimo primo, scilicet Iterius, G. Daniel, Jaufredus de Porta, Gaufridus Pilletus, Guillelmus Saussicia, Arnulfus Sani- scalcus. Et pariter istos habet ipsa abbatissa in dominicatura terra (sic) quam fecit Adalardus et Andréas de Mare. Istam cartam fecit scribi Senioretus, per mandatum supradictorum vicecomitum, tali tenore ut si quis voluerit aliquid de illo honore auferre, sit in comparatione inde proditoris.

(à suivre)

LA SEYNE-SUR-MER – Textes divers écrits sur La Seyne.

6e livraison : Adolphe MEYER, « Promenade sur le chemin de fer de Marseille à Toulon », 1859.

Les voyageurs des secondes sont plus calmes, c’est là qu’il faut entrer si vous voulez obtenir quelques renseignements sur le pays. Ce sont des gens des professions libérées, des marchands, des ecclésiastiques, de petits bourgeois ; des gens qui voyagent pour leur plaisir sans se donner de l’importance et sans faste. On y rit encore, quoique  moins fort, et le temps y vole avec la rapidité de la locomotive. Il faut aller aux premières si vous désirez voir le paysage en vous recueillant, ou si vous êtes fatigué et avez besoin de sommeil. On y est très-bien pour dormir: sauf un accident heureux, le silence digne qui règne dans ce lieu, ou les conversations de Mme Patin, de M. Jourdain et de M. Prudhomme , qui y pérorent avec gravité, sont d’excellents somnifères.

J’ignore où beaucoup de gens ont été prendre qu’être maussade et désagréable en voyage est le suprême du bon genre. Ils copient la raideur et la bêtise britanniques, sans posséder aucune des qualités solides des anglais. Issus d’épiciers, de mitrons, de liquoristes ou de marchands de chandelles, ils se déguisent de grands airs à faire la fortune du crayon de Chain ou de Daumier. Quelques-uns n’ouvrent pas la bouche , et pour cause ! d’autres prennent un ton doctoral et satisfait, font des périphrases et, au besoin, lâchent quelque citation ; ce sont les forts ceux-là, et, dans leur cénacle, le froncement de leurs sourcils amoncèle des nuages. La plupart n’ont aucun égard pour leurs voisins mâles ou femelles , mais beaucoup se croiraient déshonorés de rester sans gants devant des gens qu’ils n’ont aucune envie d’estimer.

J’ai voyagé un jour à côté d’une jolie dame qui m’inspire encore une terreur profonde : ses paroles ressemblaient à de petits cristaux pointus. Je devinais quand sa charmante bouche allait s’ouvrir pour décocher quelques mots qui fendaient l’air avec une précision mathématique. Elle demandait de baisser le store en pesant chacune de ses paroles. Ses bras, fort blancs, faisaient tinter leurs bracelets de jais dans des mouvements que n’eût pas désavoués un professeur de déclamation. Près d’elle était un petit garçon, mièvre , étiolé , hébété déjà par cette atmosphère étrange que l’on fait autour des pauvres enfants de la classe riche, et qui « les amène , comme dit Stendhal à n’être plus tard que des hommes communs. » La jolie dame ne regardait pas son enfant, …

(A suivre)

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE

Avec la presse en folie :

 « Mgr. Yu Pin, archevêque de Nankin… » (Journal d’Extrême-Orient, 23.3.56.)
« M. Georges Lamour-Modeste, père de 17 enfants… » (Nord-France, 6.5.56.)
« M. Lesobre, Pivrogne meurtrier… » (Journal.)
« Mlle Haultcœur, contrebasse… » (Frontière, 12.11.54.)
« Archange Menut, 1 m. 90, 115 kilos… » (Paris-Normandie.)
« Deladerrière, le chef d’orchestre de la ligne d’avants. » (Journal.)
« Mme A. Tournemine, soins du visage » (Publicité.)
« M. Lafolie, grains » (Annuaire Suresnes.)
« Germaine Lagarce, surveillante générale » (Annuaire.)
« Philomène Durdevie, centenaire » (La République du Centre, 14.9.55.)
« Abbé Oraison » (Carte.)
« Albert Ducourant, chef de bureau de l’E. D. F. » (La Voix du Nord, 3.5.56.)
« M. Kreveras, organisateur des Pompes funèbres » (Bulletin Indépendant.)
« M. Aurevoir, gardien de cimetière » (Le Soir, 13.12.55.)
« M. Ouvre-L’Œil, ancien gendarme » (Dépêche du Midi, 21.2.56.)
« Docteur Max Sithon » (La Croix de Paris, 10.4.56.)
« Docteur Malokrâne » (Télégramme de Brest, 16.6.56.)
« M. Bourreau, percepteur » (Sud-Ouest, 10.10.59.)
« M. French, professeur d’anglais… » (Figaro Littéraire, 28.1.56.)
« Mme Jumeaux, la maman des triplés… » (Dépêche du Midi, 11.5.56.)
« M. Malréchauffé, charbonnages… » (Royal-Auto, 2.55.)
« La Maison du Poète, 158, rue de la Lune » (Revue des Disques, 2.56.)
« M. Astre, photographe, rue de la Clarté » (Sud-Ouest, 14.1.56.)
« Docteur Bouric, 30, rue Dos d’Ane » (Annuaire de la Loire-Inf.)
« M. Pénard, Cité du Bonheur » (Lyon-Soir, 5.6.56.)
« Le receveur sera absent de 13h30 jusqu’à son retour » (J. Duhamel ; 2001).
« A la rubrique ‘oui’, merci de répondre ‘non’ » (ibid.).

Sur cette photographie d’Alexandrier, je vous souhaite un bon dimanche. Affectueuses pensées à Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber.

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