ÉPHÉMÉRIDES DU MERCREDI 16 AOÛT 2023 – 12e ANNÉE (n° 3955).

1944 – 08 – 16 – général De Monsabert cdt 3e division d’infanterie algériennejpg

1944 – 08 – 16 : général Augustin Guillaume cdt les Tabors marocains

1944 – 08 -15 : général Aimé Sudre 1er Combat Command blindé français

1944 – 08 -16 : général Diégo Brosset cdt 1ere Division française libre

1944 – 08 – 16 : Jean De Lattre De Tassigny et son état-major
Bonjour à tous et toutes.
Bonne fête aux 90 personnes qui, en France, ont pour patronyme Armel et aux 4340 portant ce prénom ou ses dérivés : Aël, Arey, Arhel, Armaël, Armela, Armelin, Armaëlle, Armelle, Armeline, Armelo, Armen, Armenie, Armenio, Arehel, Arzhela, Arzhelenn, Ermel, Ermelle, Harmel, Hermelin, Hermet, etc.
Armel (en breton Arthmael) ou Armagillus, originaire du Glamorgan au Pays de Galles, fut ermite à Plouarzel où il fonda une abbaye, puis abbé à Saint-Armerl-des-Bochaux au diocèse de Léon en Bretagne. Mort entre 552 et 570. Il fut appelé à la cour de Childebert 1er et y resta sept ans, guérissant un boiteux et un aveugle. Le roi lui aurait donné en retour les deux paroisses qui portent son nom : Ploërmel où ses reliques étaient conservées au Moyen Âge, et Plouarzel (Jean Meyer).
Bonne fête également aux Roch (du germanique Hrok).
SAINT ROCH, de Montpellier, d’abord protecteur des pestiférés, a peu à peu, été supplanté dans ce rôle par Saint Éloi, patron des paysans. Mais laissons la parole à Marcel Provence :
“Saint Roch était le protecteur à Marseille des cordiers en chanvre, peigneurs de chanvre, bastié ou batiers, fêté à Saint Martin.
“Logiquement, l’Administration de la Santé faisait sa fête ce jour, avec messes au Lazaret et à Pomègue.
“A Rognonas, la seconde carreto ramado sort le dimanche après la fête.
“Boulbon qui a longtemps conservé son importante Procession des Bouteilles a négligé son Saint Roch, faute de prieurs. La jeunesse vigneronne pratiquait le jeu du plante-vigne dans l’église.
“La confrérie des paysans de Tarascon avait pour insigne la bouto embriago (le baril énivré) et la coucourdo (courge).
“A Lambesc, à Puymoisson et dans de nombreuses paroisses, on trouve des oratoires dédiés à Saint Roch.
“Pernes a bien conservé sa Saint Ro. Procession à la chapelle rurale du saint ; on porte la statue ; on la laisse huit jours à la chapelle et on vient la reprendre le dimanche suivant. On chante le cantique à Saint Ro.
“J’ai gardé pour la fin une renaissance à laquelle j’ai assisté en 1941 à Saint Rémy, le jour où je créai le théâtre des Antiques. On rétablit dans son grand processionnal, la fête de Saint Roch. Bannière et statue furent portées par les prieurs, hommes et jeunes gens sous la direction du Grand Prieur. Dames et demoiselles portent la bannière et la statue de N. D. de Pitié. Depuis 1896, il n’y avait plus de procession au dehors. L’été passé, on est revenu à la grande procession. On va chercher Saint Roch, près de la gare. » (Marcel Provence, Calendrier des fêtes provençales, 1942 ).
A Sanary, la chapelle de Saint-Roch, à la fois ex-voto d’une épidémie de charbon et chapelle de carrefour de la procession de Sainte-Madeleine, se dressait toute petite entre un cyprès et un olivier. La veille de la St Roch, les desservant de la paroisse allumaient un feu de joie sur son parvis . Aujourd’hui détruite, elle a été rebâtie quelques dizaines de mètres plus loin lors de l’aménagement d’un giratoire.
Au calendrier républicain, c’était le 29e jour du mois de thermidor An I, il était dédié au coton, la première fibre textile du monde.
DICTON
« De Saint-Roch, la grande chaleur prépare du vin la couleur ».
LE MOT DU JOUR
« L’amour, on ne le discute pas, il est. » (Antoine de Saint-Exupéry, Pilote de guerre).
ÉPHÉMÉRIDES
501/502 – 16 août : MORT DE L’Archévêque Eon d’Arles. Les diptyques épiscopaux de cet évêché indiquent la présence d’un évêque Johannes soit entre Léonce et Eon, soit entre Eon et Césaire. Klingshirn dans son ouvrage sur Césaire d’Arles penche pour un archiépiscopat inférieur à quelques mois entre la mort d’Eon survenue le 16 août 501 (ou 502) et l’élection de Césaire en décembre 502. Johannes, appelé aussi, selon certaines classifications, Jean Ier (Henri Ribot, Ephémérides 1e année).
1246 – 16 août : limites du CHÂTEAU ROYAL et DE CARNOULES – L’acte n°1035 du cartulaire de Saint-Victor, daté des 10 août, 16 août, 11 septembre et 12 septembre 1246, dit « Carta Maximini et Castri Regalis », fixe les limites du « castrum regale » et de Carnoules. On trouve parmi les signataires : Girardi de Areis jurisperiri, Rainaldi de Masalgis militis, Fulcherus de Blancafort militis. (Nous avons déjà cité ce texte à la date du 10 août).
1261 – 16 août :
1. TESTAMENT DE SIBILLE DE TRETS, SEIGNEUR DE TOULON – Par un codicille, Sibille de Trets, seigneur de Toulon, réduit tous les legs mentionnés dans son testament daté du 14 août 1261 sauf les legs pieux et les mille sous laissés à Me Thomas, notaire et médecin à Toulon ; ceux de 10 000 sous qu’elle avait institués au profit de ses cousines Sibilette de Blacas et Cécilette de Signes ne seront plus que de 6 000 (Henri Ribot, Ephémérides 1e année).
2. Camp de Rodeil (charte aux archives des Trinitaires de Marseille) – Pas de Rodel – quartier rural, commune de Marseille, entre Mal-Passet et la Rose (1872). Première mention : Passum de Rodeill, 2 août 1299 (charte aux archives municipales).
1263 – 16 août : TRANSHUMANCE – Selon l’acte n° 327 du cartulaire de la chartreuse de Montrieux, daté du 16 août 1263, Pierre de Voisins, sénéchal de Provence, ordonne au baile de Castellane de veiller à ce que les troupeaux du monastère puissent paître librement sur le territoire de Castellane, sans que les chartreux aient à payer de droit de lesde et de péage, conformément à la donation faite par Boniface de Castellane (Boyer 1980, p. 648 : acte non transcrit dans le cartulaire de Montrieux).
1339 – 16 août : DUCHÉ DE MILAN – Mort d’Azzon Visconti, un noble italien, issu de la puissante famille Visconti qui régna sur le duché de Milan du XIIIe au XIVe siècle. Après que son père, Galéas Ier, fut démis de ses fonctions, Azzon Visconti devient seigneur général de Milan à partir de 1327, et le restera jusqu’à sa mort le 16 août 1339. Il est réputé pour son rôle de mécène, initiant le renouveau artistique de Milan à l’époque, il employa notamment les services de l’architecte Giotto di Bondone (id.).
1395 – 16 août : cavernulam sive balmam de roca (caverne ou baume du rocher) – Antonias Maurini laborator dat fratri Francisco, heremite de Nocheria de Neapolis, unam cavernulam sive balmam de roca, sitam in territorio Massilie, supra portum Massilie veteris (acte aux écrit, de Joh. Grossi, notaire à Marseille, par Mortreuil, 1872). Actuelle grotte de l’Ermite.
Les actes qui mentionnent la Chapelle de Saint-Michel-d’Eau-Douce, dans le port des Goudes, sont très nombreux ; c’était là une résidence des Frères Hospitaliers, créée au XIe siècle. Un seul acte par contre et bien postérieurement mentionne l’actuelle grotte de l’Ermite(unam cavernulam sive balmam de roca), c’est celui du 16 août 1395 qui donnait droit à ce religieux d’y résider.
C’est par simple translation que le nom de St-Michel-d’Eau-Douce, donné judicieusement à un point du littoral, à cause d’une source, fut ensuite étendu au vallon d’accès, puis aux grottes, enfin à l’énorme bloc rocheux… Rien n’explique pareille dénomination… L’eau qui peut exister temporairement d’ailleurs, dans les Grottes, eau douce, justifierait bien faiblement pareil qualificatif. Voir : Roc de Saint-Michel, limité à l’ouest par le Vallon de Saint-Michel-d’eau-douce, au nord par celui de Miougranier ; au sud et à l’est, par le sinueux vallon de la Mounine (H. Imoucha, 1949).
1558 – 16 août : FINANCES DE SIX-FOURS – Par acte du 16 août 1558, selon Jean Denans, « le roi Henri second, ayant fait un emprunt de la communauté de Six-Fours, dont l’extrait en parchemin est dans les archives dudit lieu, aurait fait rente aux syndics et communauté, d’une constitution de pension annuelle et perpétuelle de 16 écus-sol et 2 turs, valant quarante sols tournois, payable le seize de chaque mois d’avril, pour la somme capitale de 200 écus, 48 sols, valant 480 livres. Faite, ladite constitution, par Maître Bernardin Tulle, chevalier, conseiller du Roi, trésorier général de France, surintendant des finances et des dépenses de guerre, au nom dudit Seigneur Roi, acte Maître Raisson, notaire de Tollon. » (id.)
1574 – 16 août : FOUR BANAL DE SIX-FOURS – Le 16 août 1574, selon Jean Denans, « n’ayant pas de four à cuire pain à suffisance, Aiden Curet et Jaume Sabatier, consuls de la communauté de Six-Fours, par acte reçu par Maître Aycardi, notaire, ont acquis de Pierre Martinenq dit Courchet, et Jaume Martinenq dit Cachou, savoir : dudit Pierre Martinenq, tout le bas d’une maison indivise avec Vincens Martinenq son frère. Consistant : le bas en deux étages, sise, ledit dabas ; dans les murs dudit Six-Fours, proche le grand portal, confrontant, de levant : le barri et bas de la maison dudit Jean Martinenq, de midi : avec le bas de la maison de Laurens et Anthoine Domergue, de ponant et tramontane : avec la rue. Et ledit Jaume Martinenq, du bas de la maison qu’il a auprès ledit grand portal, confrontant, de levant : le barri, de midi et ponant : avec le bas acquis dudit Pierre Martinenq, de tramontane : la rue publique. Moyennant le prix, savoir : la portion dudit Pierre Martinenq, de 40 écus de 4 florins pièce, et celle dudit Jaume Martinenq, de 20 écus. (…) Auxquelles places ou dabas de maison, fut fait le four qu’on appelle de l’orloge (horloge) » (id.).
1585 – 16 août : Robert Frangipani succède à Julien de Médicis – Le 16 août 1585, Robert Frangipani, 11ème abbé commendataire de Saint Victor de Marseille, succède à Julien de Médicis, cardinal, évêque d’Albi,. En fait, ce dernier a obtenu du roi Henri III l’autorisation de résigner l’abbaye de Saint-Victor en faveur de son cousin Robert Frangipani, son neveu, patrice romain et clerc du diocèse de Rome. Robert Frangipani, qui a reçu ses bulles de provisions le 1er juin 1585, est mis en possession de sa commende le16 août 1585. Il sera ainsi seigneur de Six-Fours (donc de La Seyne et de Saint-Mandrier) jusqu’à sa mort survenue le 19 mai 1622 (E. Baratier, 1966, Abbatum Massiliensium).
1675 – 16 août : lettre de Mme de Sévigné – Par une lettre de Mme de Sévigné datée du 16 août 1675, parmi les abbés commendataires de l’abbaye cistercienne d’Aiguebelle dans la Drôme, presque tous nommés grâce à la protection des seigneurs de Grignan, ce qui facilitait leurs empiètements sur les droits et terres du monastère, un seul nom est à retenir : celui de Mgr J.-B. d’Adhémar d’Ornano, coadjuteur de l’évêque d’Arles, sauvé de l’oubli par Mme de Sévigné qui écrit : « Le roi loua fort l’orateur et dit à M. le Dauphin : Combien voudriez-vous qu’il vous en eût coûté pour parler aussi bien que le coadjuteur ? Toutes les bonnes têtes louèrent depuis le commencement jusqu’à la fin » (Mme de Sévigné, Lettres, éditions Rombaldi, 1969)..
1677 – 16 août :
1. La Gardiole (registre n° 66 de l’Evêché de Marseille) – Chaîne de collines, commune de Marseille, quartier de Saint-Marcel. Ses ramifications s’étendent dans la commune de Cassis. Prend son nom probablement d’une ancienne vigie ou garde qui y était établie. Première mention : Gardiola sub dominio directo Raimundi de Massilia, 12 août 1278 (acte notarié). L’Affar de la Gardiole qui mesurait, en 1650, 1550 carterées, comprenait divers tènements dont les principaux étaient : grande terre de Sarabran, vallon et issard de l’Esprererière, vallon de Semble, issard de la Pegoulière, vallon de Margaillan, issard de Loule, rivière de la Plane de l’Herbe, le Penen, la Teste de l’Eissadon, plaine du Deversan, vallon d’Ennaux, vallon des Quatre-Cantons (registre précité de l’Evêché).
2. Sarabran (lieu-dit, registre n° 66 aux archives de l’Evêché de Marseille). Sarabrun, proprété, commune de Marseille, collines de la Gardiole (1872). Appelée Sallabran, le 7 juin 1692 (registre aux mêmes archives).
1704 – 16 août : REPONSE A LA requête présentée par le Conseil d’Ollioules au sujet des régales – Le 16 août 1704, l’Intendant royal répond à une requête présentée par le Conseil d’Ollioules au sujet des régales le 16 mai. Il ordonne que le fermier du domaine et le seigneur d’Ollioules lui transmettent dans le mois qui suit leurs « titres et jugements relatifs aux droits de lods en question » et qu’en attendant « il sera sursis à toutes poursuites et exécution. » (Castellan, 1937, p. 103-105).
1707 – 16 août – LES HABITANTS DE SIGNES REPOUSSENT UNE ATTAQUE AUSTRO-SARDE LORS DU SIEGE DE TOULON PAR LE DUC DE SAVOIE -: Le 16 août 1707, trois mille austro-sardes qui assiègent Toulon reviennent à Signes pour venger leurs camarades tombés neuf jours plus tôt aux abords de la chapelle Saint-Clair. Mais, à la suite d’un orage, le Latay est en crue, et a emporté le pont Sainte Marguerite. Ils doivent donc se retirer sans avoir franchi la rivière. Une plaque commémorative a été depuis fixée au mur de la chapelle (Dr Raoulx, Le siège de Toulon de 1707). Ce même 16 août, à la pointe du jour, l’ennemi bombarde Toulon avec fureur. Ses batteries placées de Lamalgue à l’Eygoutier prennent pour but, non pas les remparts, mais les maisons de la ville et l’Arsenal. Le fort de Sainte-Marguerite, défendu avec courage par sa garnison de marins, ne pouvant plus être ravitaillé par mer, est obligé de se rendre faute d’eau. Peu après, le fort Saint-Louis se saborde et sa garnison gagne la Grosse Tour. Mais après une contre-attaque française victorieuse, le siège est levé par le duc de Savoie et les coalisés le 22 août 1707 (Gérard Delattre, Pierre Saliceti, 2002, tome 2).
Pour 1788, voici un état des lieux de culte existant à Sanary à cette date, à l’ouest, Notre-Dame de Pitié, fête le 8 décembre ; l’église paroissiale Saint-Nazaire, contenant les autels de Saint-Roch, Saint-Clair, Sainte-Anne, Saint-Joseph ; la Chapelle de Sainte-Trinide, fêtée dans l’octave de la Nativité de la Sainte Vierge, en septembre (Chapelle desservie par un prêtre à la charge des habitants du quartier). A l’est : Notre-Dame de Bon Repos (ruinée après la Révolution), située sur le bord de ce qui est aujourd’hui la rue des Poilus. Au nord : Notre-Dame de la Millière, fête le dimanche de la Nativité (Chapelle Particulière, qui n’existe plus en tant que telle), Chapelle de Saint-Roch, fête le 16 août. Au nord-est : Chapelle Notre-Dame d’Espayme (Chapelle particulière). Au centre de l’agglomération : Notre-Dame de Consolation, Chapelle des Pénitents Blancs ; Chapelle de Sainte Catherine patronne des Seigneurs de Vintimille, des Soeurs de Saint~Dominique (emplacement de l’actuel n° 14 du boulevard Courbet ; Chapelle des Filles du Sacré-Coeur ou de l’Enfant Jésus (actuelle Salle d’exposition, rue Barthélemy de Don). Nota : Le texte se rapportant aux lieux de culte est intégralement repris dans Rotger B., 1990, p. 17).
1789 – 16 août : A L’ASSEMBLEE, LES « MONARCHIENS » SE REGROUPENT –: La veille, l’assemblée a élu son président en la personne de Clermont-Tonnerre. Mounier a présenté son ouvrage sur le gouvernement qui conviendrait le mieux à la France avec le renforcement du pouvoir royal car bien des nobles libéraux, bien des prêtres et bien des modérés du Tiers Etat sont conscients que les événements sont allés plus vite et plus loin qu’ils le souhaitaient. Le débat constitutionnel qui s’ouvre leur offre donc la possibilité d’enrayer le mouvement et d’atteindre la stabilité politique à laquelle ils aspirent. Ceux que l’on surnomme les « monarchiens » se regroupent autour de Mounier, Malouet, Clermont-Tonnerre et Lally-Tollendal, et bénéficient de l’appui de Necker (Larousse / Laffont, Agenda 1789-1989, DIMANCHE 16 AOÛT).
1793 – 16 août : 4e BATAILLON DU VAR : Le 16 août 1793, le 4ème bataillon du Var fait partie de la brigade du 36ème d’infanterie commandé par le général de brigade Ferrette, et bivouaque au camp de Wissembourg. L’armée du Rhin est une armée très politique, et il y a bientôt à Wissembourg un club qui dénonce les modérés ou les fédéralistes (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française). Au même moment, à Toulon, l’ordonnateur Puissant — qui ne pouvait ignorer que des Toulonnais sont prêts à jouer la carte anglo-espagnole contre la Convention montagnarde – écrit à son ministre de tutelle : « Je vous prie d’être bien persuadé, citoyen-ministre, que tous les chefs civils et militaires, tous les habitants de Toulon, que la calomnie poursuit, ne veulent que l’unité et l’indivisibilité de la République et qu’ils sont tous déterminés à s’ensevelir plutôt sous les ruines de la Cité, que de l’asservir sous le joug des esclaves et des tyrans qui se montrent dans ces parages.» Allégations que les événements se chargeront bien vite de balayer (Contre-Amiral Lepotier, 1972, p. 255-256).
1804 – 16 août : Légion d’Honneur – Premières remises de médailles de la Légion d’Honneur (Jean Meyer).
1809 – 16 août : arrêté fixant la composition du costume des prud’hommes – Le 16 août 1809, le préfet du Var prend un arrêté fixant la composition du costume des prud’hommes. « Les prud’hommes actuellement en exercice sont autorisés à employer les fonds nécessaires pour acheter des robes d’étamine noire, toque de velours et cravate de mousseline ou batiste. Ce costume tiendra nature de fonds et seront, par eux, transmis à leurs successeurs. Aucune dépense pour cet objet autre que celle désignée au présent article ne sera allouée en compte aux prud’hommes ». Le tribunal des pêcheurs eut à juger de plusieurs contraventions. En particulier, en raison de la présence de l’ennemi qui naviguait près des côtes et surtout la nuit, la pêche « à la lumière » avait été interdite car les batteries trompées par ces feux, pouvaient ouvrir le feu sur les bateaux de pêche risquant de les confondre avec des navires suspects. Il y eut aussi de nombreuses plaintes contre les pêcheurs car contrairement aux ordres de la police locale et au mépris de la salubrité publique, ils éventraient les thons en provenance de la madrague du Rouveau, le long du port, au quartier du ponant. Il leur fut conseillé de procéder à ce travail avant leur entrée au port pour éviter que ces déchets ne viennent empuantir le bourg et lui faire courir le risque de causer quelques maladies contagieuses (Rotger B., 1984 ).
1815 – 16 août : dissolution du 17e régiment d’infanterie de marine – Le 17e régiment d’infanterie de marine qui avait particulièrement veillé à la sécurité du terroir seynois fut dissous. Quatre cents hommes seulement de ce régiment, choisis parmi les plus jeunes, furent réintégrés dans les équipages de haut-bord pour compléter les effectifs de ces derniers (Archives Marine (cité par Louis Baudoin, 1965, p. 457)).
1824 – 16 août : La Fayette RETOURNE aux États-Unis – Le 16 août 1824, La Fayette revenait aux États-Unis. Ce pèlerinage de gloire va prendre une telle proportion qu’il donnera naissance, outre-Adantique, au mot « lafayetted », » acclamé comme La Fayette ” et qui fut appliqué, entre autres triomphes, à celui de Lindbergh.
C’est donc le 16 août que La Fayette entre dans le port de New York.
“ A deux heures, raconte Levasseur, le général débarqua à la Batterie, au milieu des acclamations de deux cent mille voix, qui saluaient et bénissaient sa bienvenue. Les “ gardes de La Fayette ”, vêtus en uniforme à la fois élégant et simple et portant sur leur poitrine le portrait de leur général, le reçurent au milieu d’eux et l’accompagnèrent jusque devant une longue ligne de bataille formée par les milices qui l’attendaient. Il en parcourut le front, accompagné d’un état-major nombreux et brillant. A mesure qu’il avançait, chaque corps inclinait devant lui ses armes et ses drapeaux : tous étaient décorés d’un ruban empreint de son portrait et de cette légende: “ Welcome La Fayette ! ” Ces mots se trouvaient écrits partout, étaient répétés par toutes les bouches. Pendant cette revue, le canon retentissait sur le rivage, dans les forts et sur tous les bâtiments de guerre.
Le maire de New York s’avança : “ Le peuple des États-Unis vous chérit comme un Père vénéré; la patrie vous considère comme son fils le plus chéri. Aujourd’hui comme dans la suite des temps, la conduite de mes concitoyens prouvera Terreur de ceux qui prétendent qu’une République est toujours ingrate envers ses bienfaiteurs. 99 Les mots manquent pour décrire ce que fut le voyage, cette déification d’un homme vivant. Les réceptions et la randonnée triomphale à travers les États touchèrent au délire.
“ Pendant une tournée de deux cents lieux, écrira La Fayette, nous avons éprouvé tout ce qui peut flatter ou toucher le cœur humain… J’ai retrouvé plus de vieux soldats de la Révolution américaine que je ne l’avais espéré, et il m’a été doux de voir quels souvenirs j’avais laissés dans leurs cœurs… J’ai la satisfaction de penser que ma présence a opéré beaucoup de rapprochement entre les partis : des hommes qui ne s’étaient pas parlé depuis plus de vingt ans se sont concertés et mutuellement invités pour nous fêter; les souvenirs de la Révolution américaine se sont ranimés. 99 Discours, banquets, feux d’artifice, inaugurations, fêtes commémoratives, pèlerinages, parades monstres se succèdent.
L’heure la plus émouvante e& assurément celle vécue par La Fayette le 22 novembre. Ce jour-là, il se recueillit sur la tombe de Washington à Mount-Vernon. Il n’y était pas revenu depuis ce lointain jour de 1784, lorsqu’il était venu dire adieu à Washington, alors “ simple citoyen sur le bord du Potomac, à l’ombre de sa treille et de son figuier Quarante années plus tard, lors de son pèlerinage, La Fayette, “ pèlerin de la gloire ”, se souvenait avec une intense émotion des heures exaltantes de 1784. La victoire de la jeune république était alors acquise et ce résultat avait été obtenu en partie grâce à lui; les États- Unis étaient reconnus; enfin, depuis une année, les dernières troupes anglaises avaient quitté l’ultime point de la côte qu’elles occupaient encore. Les deux anciens compagnons d’armes avaient évoqué leurs durs combats, leurs espoirs et leur lutte commune, puis ils s’étaient quittés pour toujours et Washington, après avoir accompagné son ami durant quelques lieues, avait écrit ces lignes à La Fayette :
<c Pendant que nos voitures s’éloignaient l’une de l’autre, je demandais souvent si c’était pour la dernière fois que je vous avais vu. Et, malgré mon désir de dire non, mes craintes répondaient oui. » (André Castelot, 1962)
1833 – 16 août : parmi les associations érigées canoniquement dans l’église de Saint-Cyr, on trouve celle du Rosaire (Magloire Giraud, L’église de Saint-Cyr, Var, 1855).
1861 – 16 août : Julie Daubié est la première femme à obtenir le baccalauréat (Jean Meyer).
1865 – juillet et août : LE CHOLERA A LA SEYNE – L’épidémie de choléra empira au mois de juillet et d’août à La Seyne, avec deux bébés morts en juillet, et deux autres enfants le même jour, le 16 août. La mère de ces derniers mourut aussi le 24 août. D’autres cas fatals se déclarèrent encore, toujours dans le quartier de la Lune (Louis Baudoin, 1965).
1867 – 16 août : SANARY – AGENDA D’HENRI FLOTTE – Vendredi 16 Saint Roch. Beau temps, petite brise de l’ouest sud-ouest. Le ciel est un peu couvert il y a menace d’orage. Comme toutes les années, le clergé est allé en procession à la petite chapelle de Saint-Roch située plus haut que le cimetière. On y a dit la messe puis on est revenu en procession.
1869 – 16 août : SANARY – AGENDA D’HENRI FLOTTE – Lundi 16 Saint Roch. Beau temps, petite brise d’ouest sud-ouest. Il reste une grosse mer au large. Hier soir et ce matin l’air était bien frais à cause de la pluie d’hier. Aujourd’hui, l’église a célébré la fête de Saint Roch ; comme toutes les années une messe a été dite à la chapelle et la procession est retournée à l’église. Une chose à noter d’après des personnes qui l’ont vu ; c’est que la pluie d’orage d’hier avait défoncer les tuiles et une partie du plafond de la chapelle Saint-Roch de sorte que la cérémonie s’est effectuée au courant d’air.
1870 – 16 août : GUERRE DE 1870 – Bataille de Mars-la-Tour (Jean Meyer).
1905 – 16 août : Marseille – Albert Coen, juif immigré de Corfou, se fait traiter de « sale Youpin » par un camelot dont il suivait, émerveillé, la démonstration, et qui lui dit de « rentrer chez lui ».
1910 – 16 août : INCENDIE DE L’EXPOSITION DE BRUXELLES – L’incendie formidable, entre autres proies, avait choisi la section belge de la joaillerie. Dans l’affolement, on a pu voir des « sauveteurs » s’enfuir les mains pleines de bagues. Un grand vent activait la besogne du feu. Qu’allait-on faire des fauves de Bostock ? Le bruit de leur évasion créa une indicible panique. Mais, laissées dans leurs cages, les pauvres bêtes affolés furent la pâture des flammes ; on ne retrouva plus que leurs squelettes calcinés (Le Figaro, du 16 août).
1914 – 16 août :
1. Affaire du « Goeben » et du « Breslau » : Le 16 août 1914, un événement apparemment bénin va modifier la géopolitique méditerranéenne au tout début de la première guerre mondiale. Il a pour acteurs les navires allemands « Goeben », croiseur de bataille, et « Breslau », croiseur du type “scout“, formant la division de l’amiral Souchon. Leur présence en Méditerranée occidentale pèsera sur tous les mouvements des forces anglo-françaises à la déclaration de guerre. Après un raid sur Bône et Philippeville, les deux navires allemands, arrivent, le 16 août 1914, à Constantinople. Le Goeben et le Breslau hissent officiellement le pavillon turc. Au-dessus de leur uniforme allemand, officiers et marins coiffent le fez tandis que l’amiral Souchon est nommé, par le Sultan Mohammed, commandant en chef des forces navales ottomanes, que l’on rassemble autour du Goeben en mer de Marmara, dans le golfe d’Ismid. Le contraste se révéle frappant entre le moderne croiseur de bataille allemand et les vieilles unités composant la flotte ottomane : deux cuirassés ex-allemands, type Barbarossa de 1891, déplaçant 10 000 t et armés de 6 pièces de 280; plus vieux encore (1874), le cuirassé de 9 000 t Messudieh, tout juste susceptible, avec ses 2 pièces de 230, de servir de batterie flottante dans les Détroits. Quelques croiseurs légers, la plupart très anciens, et une douzaine de torpilleurs complétaient le maigre « apport naval » de la Turquie. Cette arrivée incite la Turquie à se ranger aux côtés de l’Allemagne et déclenchera la malheureuse affaire des Dardanelles qui verra la mort de milliers de soldats alliés et la disparition de nombreux navires français et anglais avec leur équipage. A cette époque, sert à bord du Breslau un jeune officier que la 2ème Guerre Mondiale rendra mondialement célèbre, le futur grand amiral Dönitz (Henri Ribot, Ephémérides 1e année ; Paul Chack, Jean-Hacques Antier, Histoire maritime de la première guerre mondiale, tome 2, Editions France-Empire, 1970, p. 75)..
2. Bataille du Cer : Sachant que l’Empire austro-hongrois prépare une grande offensive d’été en Serbie, le commandement suprême de Serbie organise la défense. En se référant à des conflits passés, l’état-major estime que la principale force austro-hongroise passera par le nord et la vallée de la Morava, tandis que les offensives secondaires traverseront à l’ouest par la Drina. En conséquence, les armées serbes sont déployées de la manière suivante : la Première Armée, sous le commandement du général Petar Bojovic, est située sur le territoire de Grocka, Smedereska Palanka ; la Deuxième Armée de terre, sous le commandement du Général Stepe Stepanovic, est située dans la zone de Obrenovac, Lazarevac et Arandelovac ; la Troisième Armée, sous le commandement du Général Pavle Jurisic, défend le nord et le nord-ouest de la frontière de la bouche de Kolubara à Ljubovija ; l’armée de Uzice, sous le commandement du général Milos Bozanovic, est située dans la région de Užice.
Contrairement à eux, la Ve armée austro-hongroise sous le commandement du Général Frank, est située dans la région de Bijeljina, Zvornik, Priboj, Brčko. La sixième armée, sous le commandement du Général Poćorek, est regroupée dans la région de Vlasenica, Rogatica, Kalinovik, Sarajevo, pendant que la deuxième armée, sous le commandement Bem-Ermolija, est située dans le Srem et le Banat. Le Commandement Austro-hongrois qui concentre la majorité de ses forces sur la Drina, décisive pour le nord-ouest de l’orientation stratégique, est quelque peu surpris par le commandement suprême de Serbie.
Comprenant l’importance stratégique de la montagne Cer, Stepanovic, le Commandant de la Deuxième Armée, prend la défense de la montagne et de son alentour en attendant les renforts. Le premier affrontement sur la montagne de Cer a lieu dans la nuit du 15 au 16 août 1914, entre les 200 000 hommes de la 21e austro-hongroise et une division combinée de 180 000 Serbes. Dans la nuit, après de féroces combats près de Tekeris, les Serbes obligent les forces austro-hongroises à se retirer. Toutefois, le lendemain matin, la 9e division Austro-hongroise perce l’aile gauche et force la division combinée à se retirer. Le front se stabilise après l’intervention du commandant Stepanovic qui amène la 1re Division de Morava, rejette la 9e Austro-hongroise et protège le Begluk. Le retrait de la Drina de l’armée austro-hongroise, commencé dans la nuit de 19 août, est poursuivi le lendemain.
La première victoire des alliés de la Première Guerre mondiale, a permis de découvrir le commandant Stepanovic, et a considérablement renforcé le moral des alliés. En raison de mérites exceptionnels pour son aptitude au commandement et au contrôle durant la Bataille du Cer, le commandant de l’armée serbe Stepanovic reçoit le grade de Vojvoda.
Les Austro-hongrois sont poursuivis vers la Drina et tentent un dernier combat dans Sabac du 21 au 24 août 1914 qui terminera la bataille du Cer. Dans le combat de Cer les forces serbes ont perdu plus de 16 000 soldats, tandis que pour l’Empire austro-hongrois, les pertes s’élèvent à environ 25 000 morts (Frédéric Le Moal, La Serbie du martyre à la Victoire 1914-1918 2008, éditions 10 18).
3. Combat d’Antivari : Alors que l’Autriche-Hongrie profite de l’absence de marine monténégrine pour exercer un blocus et bombarder les ports du Monténégro, allié de la Russie, la France lui déclare la guerre et engage le combat en mer Adriatique. A l’arrivée des flottes françaises et anglaises, les navires austro-hongrois se réfugient dans leurs bases. Mais le 16 août 1914, les troupes de l’amiral Auguste Boué de Lapeyrère surprennent des bâtiments austro-hongrois en train de bombarder Antivari (l’actuel Bar) et les mettent en déroute. C’est la première bataille navale de la Première Guerre mondiale (Henri Ribot, Ephéméride 2e année).
1925 – 16 août : « LA RUEE VERS L’OR », FILM DE Charlie Chaplin que Charlie Chaplin présente au public new-yorkais.
1934 – 16 août1935 : LE « BEARN », PREMIER PORTE-AVIONS FRANÇAIS – Le 16 août 1935, le porte-avions « Béarn », en révision aux Forges et Chantiers de La Seyne, essaye pour la seconde fois son nouvel appareil propulsif dont le premier essai, le 13 août, a dû être interrompu après l’apparition de vibrations et de chocs sur la turbine BP avec la crevaison d’un tuyau sur l’échappement d’une pompe à air de la machine centrale. Le 16 août, la puissance relevée n’est que de 27 300 ch (20 089 kW) mais ce résultat est considéré comme satisfaisant (Moulin Jean, Morareau Lucien, Picard Claude, 2001 – Le Béarn et le Commandant-Teste).
1940 – 16 août : dissolution des centrales syndicales ouvrières et patronales – Le gouvernement de Vichy dissout les centrales syndicales ouvrières et patronales (Jean Meyer).
1944 – 16 août : CAMPAGNE DE FRANCE
1. Opération OVERLORD : Sur le front de Normandie, les troupes canadiennes prennent Falaise (Jean Meyer). A Saint-Malo, malgré des tirs de batteries de 75mm nouvellement arrivées à Dinard et Saint-Malo qui ont pris à partie la plupart des tourelles de la citadelle, le blockhaus de celle-ci est toujours intact. En fin de journée, on peut conclure que la citadelle peut encore tenir et s’avérer redoutable, bien que ses défenses aient été réduites. Le troisième assaut se prépare, il sera pour le 17 dans l’après-midi (R. Fouque, 1945)
2. Opération Anvil :
LA DEFENSE ALLEMANDE S’ORGANISE AUTOUR DE TOULON –
La 242e division allemande passe aux ordres du corps d’armée voisin, le LXXXV. A.K.
Anvil : Débarquement de l’armée De Lattre, le 16 août 1944 à 17 h (Blond G. ; Masson M., Muracciole, de Villardi de Montlaur).
Le croiseur La Galissonnière est placé, au Lazaret, à couple du Strasbourg. Plusieurs péniches auraient été coulées à proximité afin d’interdire tout déplacement des deux unités par les Allemands qui, disait-on, envisageaient de les saborder au milieu de la Grande Passe (Saibène M., Toulon et la Marine, nd.).
La tourelle Ouest de Cépet (340 mm) n’a tiré que quelques coups vers la terre. Dès le 16 août, elle était mise hors de cause. Il ne resta donc plus du 16 au 20 durant l’assaut, qu’une tourelle avec un seul canon disponible. Mais les alliés ne s’en rendirent pas compte et les deux tourelles continuèrent d’être harcelées. Ce canon tira environ 250 coups, presque tous contre les navires alliés qui fuyaient aussitôt en faisant un rideau de fumée. Ce qui constituait un risque important pour la flotte. Les prisonniers ont rapporté que le moral des hommes qui armaient les batteries était toujours très bas. Ils avaient très peur des tirs de la flotte. Ils ne se sentaient plus en sécurité depuis la destruction de la tourelle C. par une bombe qui blessa cinq hommes (Gisèle Argensse, 1989, p. 223).
SABOTAGES ET COUPS DE MAINS DANS TOULON – Stimulés par l’annonce du débarquement enfin réalisé, les FFI effectuent sabotages et coups de main dans Toulon où les troupes de l’occupant refluent. Le rugbyman et agent des PTT Joseph Lafontan est tué le 16 août en sabotant leurs installations (id.).
LA DEUXIEME ZONE DE SANARY EST TOTALEMENT EVACUEE -« Vers 15 Heures, le Maire (de Sanary) fait publier qu’il est absolument interdit de rester dans les maisons de la deuxième zone évacuée. Affolement, car c’est notre cas, la villa VIZZAVONA se trouve dans cette deuxième zone. On donne vingt-quatre heures, à défaut, on sera fusillés dit l’autorité allemande. On va voir le Maire, docteur PLAZY, pour savoir ce qu’il en est exactement, confirmation, même il est précisé que c’ est une erreur Si l’on a parlé de vingt-quatre heures, c’est immédiatement et sans délai que les maisons doivent être évacuées. Que faire, nous n’avons plus d’abri. Ou aller ? Angoisse nouvelle, impossible de faire faire un abri, qu’allons-nous devenir. Je rencontre Monsieur BUREAU qui a évacué sa villa et qui très gentiment nous la propose avec une tranchée qu’il a fait faire, mais c’est très sommaire et très petit. On décide de transformer en abri une cave au sous-sol de la villa BELLA VISTA. On sort tous les meubles et tout le matériel qui s’y trouvaient et on vient s’installer à Bella Vista. On remet les tuyaux d’aération. Lors d’un bombardement précédent le plafond de la chambre des enfants est tombé, les autres menacent d’en faire autant. » (Gaujac P. ; Rotger B., 1994)
à 17 h, débarquement de l’armée française du général De Lattre de Tassigny Blond G. : 1er Combat Command de la 1ère DB dans la nuit du 15 au 16, le reste des troupes suivant en fin d’après-midi (Blond G. ; Masson M., Muracciole, de Villardi de Montlaur).
9ème bombardement de Toulon d’après Saibène. Premiers bombardements anglais en piqué toute la matinée et une grande partie de l’après-midi. Le courant est définitivement coupé à Sanary (Gaujac P. ; Rotger B., 1994 ; Saibène M.). La Flak allemande tire. Des soldats allemands commencent à partir. Les escadrilles se succèdent. Selon des témoins de Sanary : « Les bombardements en piqué avec des appareils anglais à double fuselage qui apparaissent brusquement dans le ciel, piquent sur leur objectif de trois ou quatre directions différentes. Nous avons très bien vu la manœuvre, surtout de notre emplacement de l’hôtel du Rayon du Soleil. On a très bien vu les éclatements de bombes, tous les emplacements de batteries qui se trouvent par-là ont été arrosés, le tir est beaucoup plus précis, on se sent moins en danger qu’avec les bombardiers lourds, malgré cela ils n’ont pas atteint tous leurs objectifs et on doit rester sur la porte de l’abri pour y rentrer dès que nécessaire. Cette séance a duré toute la matinée et une grande partie de l’après-midi. »
Les Sanaryens restés sur place ignorent tout de la progression des alliés : « On dit qu’ils sont à Hyères, à La Valette, à Brignoles, à Draguignan, qu’y a-t-il de vrai ? Qui sait ce qui s’est passé à Pontevès ? On parle de Flayosc. » Quand des appareils anglais à double fuselage apparaissent brusquement dans le ciel de Sanary, et piquent sur leur objectif de trois ou quatre directions différentes, durant toute la matinée et une grande partie de l’après-midi. Tous les emplacements de batterie sont arrosés. Le tir est beaucoup plus précis, on se sent moins en danger qu’avec les bombardiers lourds. »
A deux heures du matin, le maire fait ouvrir les magasins où il reste encore un peu de vivres et les fait distribuer à la population. Le courant est définitivement coupé dans la ville
Selon un témoin, vers 15 Heures, le Maire, le docteur PLAZY, fait publier qu’il est absolument interdit de rester dans les maisons de la deuxième zone évacuée, celle des quartiers ouest ; à défaut, on sera fusillés dit l’autorité allemande.
« Vers 15 Heures, le Maire (de Sanary) fait publier qu’il est absolument interdit de rester dans les maisons de la deuxième zone évacuée. Affolement, car c’est notre cas, la villa VIZZAVONA se trouve dans cette deuxième zone. On donne vingt-quatre heures, à défaut, on sera fusillés dit l’autorité allemande. On va voir le Maire, docteur PLAZY, pour savoir ce qu’il en est exactement, confirmation, même il est précisé que c’ est une erreur Si l’on a parlé de vingt-quatre heures, c’est immédiatement et sans délai que les maisons doivent être évacuées. Que faire, nous n’avons plus d’abri. Ou aller ? Angoisse nouvelle, impossible de faire faire un abri, qu’allons-nous devenir. Je rencontre Monsieur BUREAU qui a évacué sa villa et qui très gentiment nous la propose avec une tranchée qu’il a fait faire, mais c’est très sommaire et très petit. On décide de transformer en abri une cave au sous-sol de la villa BELLA VISTA. On sort tous les meubles et tout le matériel qui s’y trouvaient et on vient s’installer à Bella Vista. On remet les tuyaux d’aération. Lors d’un bombardement précédent le plafond de la chambre des enfants est tombé, les autres menacent d’en faire autant. »
A 17 h, débarque le reste des troupes de l’armée française du général De Lattre de Tassigny, le 1er Combat Command de la 1ère DB ayant été mis à terre dans la nuit du 15 au 16.
Vers le milieu de la nuit du 16, la canonnade au large de Sanary et Bandol est telle que l’on pense à un débarquement à Bandol. On supposera par la suite que c’est la marine anglaise qui a bombardé les batteries côtières installées prés de Bandol. Le reste de la nuit est calme (id.).
MORT DE L’AVIATEUR AMERICAIN Franklin Louis Robinson –Dans le cimetière II de Reynier, à quelques centaines de mètres au sud de l’église, non loin du quartier Brunette, une stèle rappelle le sacrifice d’un pilote américain venu libérer notre Pays et la Provence, en ce 16 août 1944. Sur cette stèle de marbre surmontée d’une grande croix et sous une aile brisée d’avion, on peut lire l’inscription suivante : «IL VINT DE LOIN DONNER SA VIE POUR SAUVEGARDER LA NÔTRE».
Ce pilote américain, le major Franklin Louis Robinson, avait vingt-six ans. Il était marié et père d’un petit garçon de vingt-deux mois.
D’après le rapport de retour de mission de l’escadrille 48ème F.S. le 16 août 1944 dont l’objectif étaient 4 canons de défense côtière à l’est de Toulon , « Quatre avions de la 48ème escadrille ont décollé à 12 h 35, portant chacun 2 bombes de 500 livres. Ils sont accompagnés de quatre avions de chacune des 37ème et 49ème escadrilles. Cette formation s’est rendue dans la zone de l’objectif et, en contactant le directeur des opérations, elle a été redirigée sur une autre cible, différente de celle prévue. Après avoir changé d’objectif prévu pour la cible nouvellement désignée, le chef d’escadrille, le major Robinson, a longé la côte à 6000 pieds (2000 mètres), directement au-dessus des installations portuaires de Toulon. Une flak très intense et précise a été rencontrée sur toute la zone de Toulon et de l’objectif. La formation, à 6000 pieds, est arrivée à 13 h 55 sur l’objectif qui était la route à l’ouest de Toulon. Notre escadrille a exécuté une attaque sur le pont de chemin de fer en Y-822977 (Sanary / La Millière ?). Résultats : six impacts, tous à environ 100 yards (presque 100 mètres) à droite du but. Le major Robinson, avec le lieutenant Green, ont fait leur descente depuis l’altitude de 6000 pieds. Le lieutenant Green a redressé son avion à 1500 pieds (500 mètres) et pouvait toujours voir le major Robinson qui plongeait vers la cible. Le lieutenant Green volait comme ailier gauche, il a fait un virage à droite, vers la mer, à cause de la flak intense sur sa gauche.
Après l’attaque, de nombreux appels pour contacter le major Robinson sont restés sans réponse. Aucun avion ennemi n’a été rencontré. Trois avions sont rentrés à la base à 16h 10. Un de nos avions est revenu endommagé par la flak. Le major Franklin L. Robinson est (déclaré) manquant au feu. » (Claude Majastre, Cahier du patrimoine ouest varois n°11, Six-Fours).
il ne reste plus à Cépet qu’une tourelle avec un seul canon de 340 mm disponible. A partir du 16 août, il ne reste plus à Cépet qu’une tourelle avec un seul canon de 340 mm disponible. Mais les alliés ne s’en rendent pas compte et les deux tourelles continuent d’être harcelées. Ce canon tirera durant l’attaque environ 250 coups, presque tous contre les navires alliés. Les équipages de ces pièces est cependant très bas et ne se sentent plus en sécurité depuis la destruction de la tourelle C. par une bombe qui a blessé cinq hommes (id.).
Résistants et gendarmes de Draguignan prennent possession de la préfecture C’est le 16 août 1944, que les résistants et gendarmes de Draguignan prennent possession de la préfecture, en dépit de l’encerclement. Stimulés par l’annonce du débarquement enfin réalisé, les FFI effectuent sabotages et coups de main dans Toulon où les troupes de l’occupant refluent. C’est à cette occasion que le rugbyman et agent des PTT Joseph Lafontan est tué en sabotant leurs installations (id).
Canonnade au large de Sanary et Bandol, on pense à un débarquement, le 16 août 1944 vers le milieu de la nuit : « Au milieu de la nuit, violente canonnade de canons de marine. On entend le tocsin qui sonnait à Bandol : Alerte, Débarquement ! pendant une heure on pense à un débarquement à Bandol. Puis tout s’estompe et on va se recoucher. On supposera par la suite que c’est la marine anglaise qui a bombardé les batteries côtières installées prés de Bandol. Le reste de la nuit est calme. » (Henri Ribot, Ephémérides 1e année).
A partir du 16 août, Jacques Glade est en Corse où il prendra place le 20 août à bord d’un LST pour débarquer le 21 à la Nartelle avec le 13ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais (Carnet de route de J. Glade).
1951 – 16 août : Décès du comédien Louis Jouvet au théâtre de l’Athénée à Paris en pleine répétition (Jean Meyer).
1953 – 16 août : JOUTES A LA CIOTAT – Les Francs-jouteurs se déplacent à La Ciotat où ils rencontrent l’équipe locale et les Cassidens, à l’occasion des fêtes locales. L’équipe est composée des meilleurs éléments parmi lesquels : Raymond Bonnafoux, Georges Esposito, Antonin Esposito et l’ami Billas… Dimanche 9 août, à Cassis, en finale, après avoir été sept fois « frères », Raymond Bonnafoux fut le grand champion de cette lutte serrée où nos jeunes jouteurs firent preuve de qualité » (République de Toulon et du Var du jeudi 13 août 1953). Ce dimanche 16 août, les Mandréens ont frappé fort à La Ciotat : En finale, cinq « fraires » à leur actif. Les hommes du président Mattia semblent manifestement en très grande forme à l’approche des prochains tournois décisifs du championnat (Ken Nicolas, vol. 1, p. 159).
1959 – 16 août : DECES DE Wanda Landowska – Décès de la pianiste et claveciniste polonaise Wanda Landowska (Jean Meyer).
1967 – 16 août : D’après une décision ministérielle prise ce jour, j’apprends que le 10e RAMa en voie de dissolution, unité basée à Bousfer (Mers el-Kébir, Algérie) à laquelle j’appartiens, va être dirigé sur la Métropole par voie maritime (Référence NDS N° 2706/EMI/4/EG du 16 août 1967).
1972 – 16 août : DECES DE PIERRE BRASSEUR – Décès à Brunico (Italie) de l’acteur et réalisateur français Pierre Espinasse, connu sous son nom de scène Pierre Brasseur, père de Claude Brasseur (Jean Meyer). Descendant d’un famille de comédiens qui a commencé de faire parler d’elle sous la monarchie de Juillet, il est inhumé au cimetière parisien du Père-Lachaise (Jean Meyer).
1977 – 16 août : Décès D’Elvis Presley, 42 ans, victime d’un arrêt cardiaque à Graceland, sa maison de Memphis (Tennessee). Il avait gravé son premier disque « My Hapiness », à l’intention de sa mère, en 1953. Remarqué par le producteur Sam Philips, le jeune conducteur de camions était devenu le roi du rock’n’roll, ses jeux de scènes provoquant l’hystérie des foules. Graceland est devenu un lieu de pèlerinage pour ses idoles (id.).
1993 – 16 août : Disparition de Pierre Desgraupes – Disparition du journaliste français de télévision Pierre Desgraupes (Jean Meyer) et de l’acteur britannique Stewart Granger.
2007 – 16 août : Mort du jazzman Max Roach qui s’éteint à New York à l’âge de 83 ans. Le batteur a participé à la révolution be-bop avant d’être l’initiateur du free-jazz. Il était également un défenseur de la cause des noirs aux côtés de Martin Luther King à qui il avait d’ailleurs rendu hommage en organisant un concert à la cathédrale Saint John the Divine en 1998.
2014 – 16 et 17 août :
1. Ollioules fête la Saint Eloi – Ollioules fête la Saint Eloi ce week-end. Liesse en vue, samedi et dimanche prochains à Ollioules qui honorera la mémoire de Saint Eloi. Samedi 16 août à 18h00, parcours folklorique avec des ânes. Dimanche 17 août à 9 heures, visite du quartier de Faveyrolles en calèches. 10h30, grande messe de la Saint Eloi en plein air avec le groupe traditionnel et les fifres et tambours de Notre Dame de Signes. Bénédiction et vente des pains bénits.17h30, grande cavalcade avec plus de 50 chevaux comtois, boulonnais, percherons, bretons, ânes et mulets sur le thème « Ollioules, terroir gastronomique ». Et toute la journée, animations avec des groupes provençaux. Attention : dimanche l’accès au centre-ville sera fermé à partir de 16 heures. Parkings en périphérie.
2. FETE DE LA MER A LA SEYNE, SIX-FOURS ET SANARY – Du 16 au 17, Centre-ville de La Seyne FETE DE LA MER organisée par l’association Vitrines Seynoises (Chez Photographie Chabert 7, rue Marceau 83500 La Seyne. Bal populaire offert par la municipalité, place des Poilus, centre-ville de Six-Fours, avec l’orchestre Option. Cette formation de variétés aux multiples références ayant accompagné des artistes tels que : Herbert Léonard, Jeane Manson, Richard Anthony, Didier Barbelivien… assurera avec brio votre soirée dans un répertoire très éclectique. Cf. Comité des Fêtes de Six-Fours, M. Serge Arcamone 857, rue Caret Bas 83140 Six-Fours. Du samedi 16 au dimanche 17 août 2014, quai du Port de Sanary sur Mer 83110 Sanary, Opérations « Embarquement immédiat » offertes par l’Association des Pointus de Sanary, de 10h à 12h et de 14h30 à 17h30. Les adhérents de l’APS vous offrent une balade en baie de Sanary sur leurs pointus multicolores. Rendez-vous sur les quais du port. Contact : Jean Louis Dewez06 79 96 63 56 Prud’homie des Pêcheurs, rue de la Prud’homie 83110 Sanary.
3. Xicolatada EN CERDAGNE – A Palau-de-Cerdagne : Xicolatada, tradition tricentenaire censée éliminer la gueule de bois du 15 août.
4. A Sienne, en Toscane : seconde manche courue du Palio dell’Assunta.
2015 – 16 août : A LA SEYNE, ON TOURNE LE film « Mal de Pierres » – Message de Jean-Claude Autran de ce jour : « Les Seynois savent-ils qu’à partir d’aujourd’hui 16 août et pendant 6 semaines, plage de La Verne, aura lieu le tournage d’une partie du film « Mal de Pierres », adaptation d’un roman signé Milena Agus et réalisé par Nicole Garcia avec, comme actrice principale, Marion Cotillard. Le décor sera la plage de galets et la maison aux volets verts, la plus proche du plan incliné de mise à l’eau, qui devra être partiellement déconstruite pour les besoins du film, puis reconstruite. » Merci Jean-Claude.
2019 – 16 août : A SANARY ,
– à 21h00 ; Finale Disque d’Or, parvis de la chapelle de Notre-Dame de Pitié.
– du jeudi 15 au dimanche 18 août : grande braderie d’été des commerçants dans les rues et sur le port.
2021 – 15 août : EN PRIME : diffusion journalière et en avant-première d’extraits d’un ouvrage que j’ai écrit à la demande de l’Association « LES VOLONTAIRES DE L’AN II – L’AURORE DE LA REPUBLIQUE » et dont la publication devrait voir le jour en septembre prochain (les chapitres 1 à 20 ont déjà été livrés sur ma page FB).
Chapitre 22 .
2023 – 15 août : EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHEQUE :
SANARY – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES. 72e livraison :
Sanary-sur-Mer (extrait de « Carte archéologique de la Gaule, 1999) rédigé par Didier Martina-Fieschi, Henri Ribot et J.-P. Brun)
La commune de Sanary-sur-Mer couvre 1923 ha. Elle englobe les pentes méridionales du Gros-Cerveau, une étroite plaine côtière (La Plaine du Roy, La Vernette) et une avancée rocheuse en mer (La Pointe de la Cride). Le village situé au fond de la baie de Sanary s’est constitué à proximité d’une tour de guet du XIVe siècle. Le territoire ne fut détaché de la ville d’Ollioules qu’en 1688.
La partie nord de la commune est occupée par les contreforts du Gros-Cerveau qui culmine à 443 m et s’abaisse vers le sud par une série de côteaux d’une altitude moyenne de 120 m. Au sud, la plaine de La Reppe (Les Prats), rivière côtière sépare Sanary de Six-Fours. A l’ouest, la Plaine du Roy forme une plaine côtière prise entre le Gros Cerveau et la Pointe de la Cride. Le rivage est découpé ; l’anse de Sanary, à l’embouchure de la Reppe est bien abritée du mistral. L’anse de Port Issol, plus ouverte sur le large est protégée du mistral par la Pointe de la Cride et du vent d’est par la Pointe de Port Issol. En revanche, le rivage de La Cride est accore et le secteur de La Gorguette dans la baie de Bandol, très ouvert au mistral.
Toute la région située à l’ouest de Toulon semble avoir été centuriée. Dans la Plaine du Roy, des traces nettes d’un réseau orienté N-1°45’E ont d’abord été repérées par J. Soyer (1973, p. 205, fig. 6), puis par G. Chouquer (G. Chouquer et Fr. Favory 1992, p. 148). Un point remarquable parait être la chapelle Sainte Ternide, un monument romain, (mausolée, ou plutôt temple, voir J.-P. Brun, 1977, p. 201 et pl. 28) situé à l’intersection d’un cardo et d’un décumanus.
MARSEILLE – 272e livraison : LE TERROIR MARSEILLAIS

Atlas historique : peuples et habitats préromains du Sud-Est.
(Suite) La fondation de Marseille, selon Aristote, né vers 384-mort vers 322 av. J.-C. (Pralon Didier – La légende de la fondation de Marseille, Etudes massaliètes 3, Marseille grecque et la Gaule, 1992, p. 52-53. Pour la version de la fondation de Marseille, par Justin, abréviateur de Trogue-Pompée, au IIe s. ap. J.-C., et l’analyse de ces deux variantes d’un même conte, voir par la suite.).
[Pralon Didier, 1992, p. 52-53 : Avec celui de l’historien voconce Trogue-Pompée, aujourd’hui perdu, mais connu par son abréviateur Justin qui en rédigea le texte trois siècles plus tard, le récit qui suit idéalise et poétise la fondation de Marseille ; il raconte le mariage merveilleux d’un jeune aventurier phocéen avec la belle Gyptis. Il a joui dans la culture locale d’un prestige unique, effaçant les autres épisodes. Il a fait l’objet de multiples commentaires historiques, rarement d’analyses littéraires, tant le fragment d’Aristote et l’abrégé de Justin ont passé pour de médiocres textes. Ils reproduisent toutefois un récit traditionnel qu’il convient d’examiner pour ce qu’il est : un épisode d’une petite épopée des origines. Les deux versions s’accordent en général, mais elles répondent à des propos différents, auxquels répondent aussi des des différences de détail : Aristote relève les particularité d’une cité coloniale de peuplement mêlé. Le Voconce Trogue-Pompée rapporte les traditions de sa terre natale. On ne connaît le texte d’Aristote, Constitution des Marseillais, que par une citation du polygraphe grec Athénée de Naucratis, à la fin du IIème siècle ap. J.-C. Dans le contexte immédiat, les savants, réunis en banquet, évoquent les rencontres amoureuses les plus remarquables et rapprochent celle de Zariadre et Odatis de celle d’Euxène et Petta. ]
Athenaeus, Deipnosophistae, XIII, 576a (éd. G. Kaibel, Leipzig, BT, 1980, III, 269),] « Aristote raconte une histoire semblable dans la constitution des Massaliotes. Il écrit : « Les Phocéens qui pratiquaient le commerce en Ionie fondèrent Massalia. Euxène, le Phocéen, était l’hôte du roi Nanos (tel était son nom). Ce Nanos célèbra les noces de sa fille alors que par hasard Euxène était présent. Il l’invita au banquet. Le mariage se faisait de cette manière : il fallait qu’après le repas l’enfant entre et donne une coupe de boisson tempérée à qui elle voulait des prétendant présents. Et celui à qui elle aurait donné la coupe, celui-là devait être son époux. L’enfant entre donc et, soit par hasard soit pour une autre raison, donne [la coupe] à Euxène. Le nom de l’enfant était Petta. A la suite de cet événement, comme le père acceptait qu’il eût la jeune fille en pensant que le don avait été fait avec l’accord de la divinité, Euxène la reçut pour femme et cohabita, changeant son nom [à elle] en Aristoxène. Et il y a à Massalia une famille issue de cette femme, encore maintenant, appelée Prôtiades. Car Protis fut le fils d’Euxène et d’Aristoxène. »
[Le récit d’Aristote n’est pas très bien écrit. Il se réduit à un résumé sec, elliptique, disloqué par des incidentes. Le texte lui-même n’est pas assuré. G. Kaibel jugeait les deux premières phrases mutilées. Willamowitz corrigeait la complétive « qu’il eût » en une participiale « recevant ». Le nom lui-même de la princesse n’est pas assuré. Il est vrai que le texte d’Athénée est mal transmis (Athénée propose Pétta, que Kaibel voudrait corriger en Gepta. Justin propose Gyptis, que Guschmid corrige en Geptis). Il n’en esquisse pas moins un joli conte : la jeune princesse choisit pour époux le bel étranger que personne n’attendait. L’ordre de la vraisemblance est tout juste respecté : Euxène voyage parce qu’il fait du commerce.
Avec Nanos, que… le Grec ne peut imaginer que comme un roi nain, il entretient des relations d’hospitalité, comme le requiert son propre nom, puisqu’il s’appelle « le bon hôte ». Le hasard, qui dans les contes fait bien les choses, veut qu’il soit présent le jour où la princesse doit choisir elle-même son époux parmi les invités du banquet,… donc parmi un groupe de prétendants triés. En invitant Euxène au banquet, Nanos… l’inclut parmi les prétendants possibles. La courtoisie hospitalière interfère avec les dispositions nuptiales. Il n’est même pas impossible que le roi espère se concilier un « gendre rentré », tout comme Alcinoos, quand il propose à Ulysse d’épouser Nausicaa et de s’installer à Schérie (Odyssée, VII, 311-316 ). Ce projet plausible se cache sous la formule euphémistique « soit par hasard soit pour une autre raison », comme peut s’y cacher un coup de foudre fabuleux. La passion rejoint la raison d’Etat, ou ce qui en tient lieu. Offrir la coupe du breuvage, c’est couronner le don de l’hospitalité. Le geste du don l’emporte tant sur la chose donnée qu’à deux reprises le mot qui signifie l’offrande est employé sans complément. Note : Dans « une coupe de boisson tempérée », le participe passé évoque le vin mélangé dans le cratère. Mais le nom même du vin n’est pas écrit, de sorte que le breuvage a excité les imaginations et suscité des discussions sans fin.
Comme les autres noms, le nom de la princesse a donné lieu à conjectures et élucubrations. Elle est de quelque manière, l’être ailé, l’oiseau féérique insaisissable que le miracle de la séduction et de l’amour, auquel nul ne pourrait s’opposer puisque les dieux l’ont acordé, transforme en « hôtesse la meilleure » (Aristoxéné) de l’ »l’hôte bien reçu » (Euxénos) : le mari et la femme se fondent dans une telle harmonie que leurs noms ne diffèrent pus que d’un degré, la femme l’emportant en générosité sur l’homme… (Note : Camille Julian a relevé que Gyptis évoque le grec « vautour » et Petta « l’oiseau de proie », mais il n’ose raffiner davantage). On traduit généralement « cohabita » de façon fort vague par « il habita avec sa femme », comme si l’on pouvait imaginer que les deux époux puissent vivre séparément ! Le terme ne peut manquer d’évoquer la réunion par Thésée des dèmes attiques auparavant dispersés ou encore la fondation conjointe de colonies. Le changement de nom n’implique pas seulement l’assimilation de la femme au mari, mais aussi l’hellénisation des indigènes qui cohabitèrent avec les Phocéens. Si le nom de Prôtiades signifie bien « descendants de Prôtis », si le fils porte souvent en Grèce un nom qui rappelle une caractéristique du père, il se peut toutefois qu’une famille massaliote ait magnifié sa généalogie, tout comme l’ont fait les Iulii à Rome.
… Aristote… ne retient que l’essentiel : la bonne fortune et la concorde ont présidé à la naissance de Marseille.
(à suivre)
UNE BLAGUE POUR LA ROUTE

Après décompte des votes, dit le président d’un conseil d’administration, le projet soumis est adopté par huit « oui », six « non » francs et massifs et un « mille fois non » qui, n’en déplaise à son auteur, ne sera totalisé que pour une opinion négative.
Il est 6 heures ! je vous souhaite une bonne journée.
Laisser un commentaire