
1. LES FORCES ALLEMANDES : Au moment où va débuter le débarquement de Provence (opération Anvil), la XIXè armée allemande est commandée par le général Wiese dont le QG est à Avignon. Le dispositif de défense de la côte est le suivant : 8 Divisions d’Infanterie (716ème à Perpignan, 198ème à Narbonne, 189ème à Montpellier, 338ème à Taillade-Avignon, 244ème à Marseille, 242ème à Toulon et 148ème entre Cannes-Nice, 157ème dans les Alpes), 1 division blindée (11ème Panzer), 20 bataillons « Ost Legions », 3 régiments de la Luftwaffe (155 avions), 2 brigades de la Kriegsmarine (1 MAS, 2 chalutiers, 4 SM à Toulon), 1 régiment de canons d’assaut, 14 batteries lourdes, plus DCA (24 batteries et 500 pièces à Toulon) et auxiliaires. 242è DI allemande, Général Kattner (Toulon et la Riviera française).
Avec près de 20 000 hommes, la 242e est une des 8 divisions allemandes du mur de la Méditerranée, mais l’une des plus aguerries. C’est la seule qui compte ses 3 régiments à effectif complet (entre Sanary et Agay) (Masson M., Muracciole, de Villardi de Montlaur ; P. Gaujac. ; Robichon J.).
Deux batteries de côtes, construites avant-guerre par la Marine française, ont joué un rôle important dans le choix des plages : la batterie de 340 du cap Cépet, dans la presqu’île de Saint-Mandrier, qui commandait 80 kilomètres de côtes, de La Ciotat au Lavandouet la batterie de 138 du Titan, à l’extrémité orientale de l’île du Levant, qui battait la plage de Cavalaire, une des meilleures de la zone (ISC — Sorbonne — EPHEIV — 45 rue des Écoles — 75005 Paris).

En principe, au moment du débarquement, la batterie de Cépet était en état de fonctionner, mais en réalité, une des tourelles avait été immobilisée par les bombardements aériens alliés et sur l’autre, un ouvrier français avait pu saboter un des canons. Une seule pièce restait donc disponible : « Big Willie », comme la surnommèrent les Américains (Masson M., Muracciole, de Villardi de Montlaur, 1969). Le cdt Baudouin avise le CA Lemonnier du sabotage de la tourelle ouest de Cépet. Le commandant des forces maritimes françaises – adjoint de l’amiral Hewitt qui commande l’ensemble du dispositif naval allié – en déduit que la batterie de Cépet n’a plus sa capacité entière de tir. L’ouvrage est pourtant jugé tellement redoutable que le débarquement aura quand même lieu en dehors des zones battues par ses canons (Ken Nicolas, vol. 1, p. 101).
2. Opération Anvil (débarquement de Provence) : à 3 h, l’armada alliée arrive à 40 km de Toulon, hors de portée des pièces de Cépet (Masson M., Muracciole, de Villardi de Montlaur). Amiral Milot : « Les forces allemandes du littoral s’enferment dans les zones fortes de Toulon-Saint-Mandrier et de Marseille.
A 4h, l’amiral Davidson fait une diversion entre Cannes et Nice ; puis au large de la Ciotat (id.). Bombardement de l’Ouest toulonnais analogue à celui de la veille tandis que les Allemands réquisitionnent en vain des hommes pour effectuer des travaux, entre 7 h et midi (Récit anonyme retrouvé par Bartélemy Rotger ; Archives de Sanary : décès, Année 1944, n° 77).
A 5 h, les bâtiments d’appui, LST, LCT et transports sont dans leurs zones respectives, en face des plages Alpha, Delta, Camel (Masson M., Muracciole, de Villardi de Montlaur).
A 5 h 50, début de la préparation aérienne sur la zone de débarquement par la 12è T.A.C., bombardiers lourds venant d’Italie, de Sardaigne et de Corse (id.).
A 7 h, les canons de la flotte se joignent à l’action de l’aviation ; à Sanary, on entend la DCA mais il n’y a aucun bombardement direct (id. ; Récit anonyme cité supra).
A 8 h, mise à l’eau des chalands : plages Alpha (Cavalaire et Pampelone : 3è Div.), Delta (baie de Bougnon, La Nartelle : 45è Div.) et Camel (Saint-Raphaël : 36è Div.) (Masson M., Muracciole, de Villardi de Montlaur). Parmi les clichés placés en annexe, voir celui pris par Gérard Garier qui montre un des monuments de commémoration du débarquement en Provence ; celui-ci au Dramont est composé d’un authentique L.C.V.P. restauré, l’US 282. La plage du Dramont fut l’un des principaux points du débarquement allié (Gérard Garier, Les avisos de 630 t, le Commandant Bory).
A 12 h 15, « Le reste de la matinée est plus calme. Au cours de cette matinée on apprend par Monsieur CASSAN correspondant des Messageries Hachette que les Anglais auraient débarqués aux Saintes Maries de la Mer, ceci nous explique le remue-ménage de la nuit au large de Sanary (HR : ce qui était faux d’ailleurs). On pousse un soupir de soulagement car on pense que le débarquement ne se fera donc pas à Sanary, que les avions vont avoir à s’occuper d’autre chose que de nous et en effet la journée sera plus calme, c’est une grande détente morale. A midi on constate que le courant électrique est revenu. On bondit à Bella Vista chercher un poste de TSF et à 12 Heures 15 ont prend les nouvelles de la radio anglaise. Elle annonce le débarquement mais ne dit pas le lieu. On murmure qu ils auraient débarqués prés de Cannes et près de Sète. On reste suspendus aux nouvelles mais on ne sait pas grand-chose. La radio allemande parle de Bormes et des lIes d’Hyères. On échafaude des calculs. Ils vont prendre Toulon par derrière dans combien de temps ? quelles sont les possibilités de défendre Toulon ? Pour les allemands il semble en fait qu’il y aurait trois mille cinq cents hommes en tout, on peut donc espérer que la résistance ne sera pas trop dure et que nous en souffrirons moins. » (Récit anonyme mentionné supra).
3. AIDE APPORTEE PAR LA RESISTANCE – Parachutées autour de Draguignan, déposées à La Motte, débarquées entre Saint-Raphaël et Le Lavandou, partout les troupes trouvent des résistants pour les guider et les appuyer avec leurs maigres moyens. Elles pénètrent souvent, même sur la côte, dans des localités déjà libérées par les FFI locaux et pourvues de nouvelles municipalités. C’est parce que le terrain est presque entièrement libéré et que la Résistance les y incite que les Américains lancent à partir de là une colonne à travers les Alpes du Sud pour se diriger sur Grenoble et déboucher sur la vallée du Rhône et qu’ils poussent jusque dans les Alpes-Maritimes (Jean-Marie Guillon, « La Résistance dans le Var », article de la rubrique Toulon et son agglomération – histoire, publication : mardi 8 juin 2004).
4. Le débarquement en Provence ne surprit pas Certains QUI étaient prévenus depuis l’avant-veille. « Pour ma part, demeuré le seul responsable de la CGT des chantiers à La Seyne, comme convenu auparavant, je me mis à la disposition de deux dirigeants de résistance locale : « Lilou » DIANA, capitaine FTP, et Lucien PICHAUD, lieutenant FFI. Une première rencontre eut lieu au quartier TOUFFANY au “Ruisseau” chez notre ami “Gu” BERTODATO où était entreposée une “roné” qui avait bien servi les mois précédents. Mais je ne la découvrais que ce jour là. Là fut constitué le groupe dirigeant de la résistance locale pompeusement appelé « État Major ». Nous prîmes position quartier du ROUQUIER, dans la villa de l’Amiral LE BIGOT, absent, d’où partirent les coups de mains auxquels prirent part une quarantaine de copains. Des fusils, une mitrailleuse italienne, quelques fusils allemands pris dans quelques fortins isolés : voilà un premier stock vite accumulé. Mais nous n’avions vraiment aucune expérience de l’art militaire. Devant la villa, c’était un va et vient permanent, sans aucune méfiance » (Louis Puccini, La Seyne et la Résistance).
5. Du 15 au 21 août, l’essentiel du département passe sous le contrôle des troupes américaines et de la Résistance locale (Jean-Marie Guillon, 2004). 1er Combat Command de la 1ère DB dans la nuit du 15 au 16, le reste des troupes suivant en fin d’après-midi (Masson M., Muracciole, de Villardi de Montlaur). Draguignan, la préfecture, est libérée le 16 au soir par la Résistance. Seule la garnison de Fayence résiste jusqu’au 21. Débarquement de l’Armée B du général de Lattre de Tassigny à partir du 16 (Cavalaire-Cogolin). Mise en place des premières délégations municipales nommées par la Résistance et parution de La Résistance du Var libéré le 17 à Draguignan. Le commissaire régional de la République Raymond Aubrac débarque à Saint-Tropez le 18, lance son premier appel aux populations du Sud-Est et prend ses premières décisions, avant de rejoindre Marseille (le 25) (var 39-45).
6. RESISTANTS SEYNOIS TUES EN LOZERE – 16 résistants Seynois ont été fusillés ou tués par les Allemands lors des combats de Libération de la France en 1944. Parmi eux, CHAUVET Maurice Michel Joseph – Soldat F.F.I., né le 23 juillet 1917 à Saint-Laurent-de-Cerdans (Pyrénées Orientales) et GHIBAUDO Jean Félix Clairin – Soldat F.F.I., né le 6 janvier 1919 à La Seyne-sur-Mer, tués tous deux dans une embuscade le 15 août 1944 à Barjac (Lozère).

août 1944 : Les Allemands font sauter les quais de St Tropez



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