TABLEAU DES ANCIENNES MESURES DU DEPARTEMENT DU VAR
XVe – XVIIIe SIECLE
par Henri RIBOT (Centre archéologique du Var)
avec un aperçu de découvertes faites à La Môle (Var)

Mesures de longueur
Aune : mesure de longueur usitée dans tout le Var qui mesurait 1,183 m avant 1790. La même que celle de Paris (Ministère de l’Intérieur An VII).
Canne : mesure d’arpentage (Robert 1978); provençal cana, canna , mesure de longueur usitée autrefois dans tout le Midi. Elle se divisait en 8 pans et valait environ 2 m (Mistral), en fait 1,989 m dans tout le Var et se divisait en 8 parties égales appelées pans (Ministère de l’Intérieur An VII), mais elle aurait valu 2,27 m à Hyères (Maurel M.). Au XVIIe siècle, les cannes d’Avignon, Provence et Montpellier contenaient 2/3 de plus que Y aune de Paris, celle de Toulouse 1,5 celle de Paris (Robert, d’après Furetière).
Goue : Mesure de longueur qui avait cours à Fréjus avant 1790 et équivalait à 0,7459 mètre (Ministère de l’Intérieur An VII).
Ligne : mesure de longueur valant 1/12 du pouce.
Pan : mesure de longueur qui, dans tout le Var, valait 0,249 mètre avant 1790. Sa longueur était de 9 pouces 2 lignes et 3 points. Elle représente le 1/8 de la canne (Ministère de l’Intérieur An VII).
Pas : mesure de longueur valant 1,47 m (Maurel M.).
Pied : mesure de longueur qui, dans tout le Var, valait 0,3247 m avant 1790 (Ministère de l’Intérieur An VII). Le pied du Roi, environ 0,324 m, était divisé en douze pouces (Barrème et Robert, 1978).
Pouce : mesure de longueur qui, dans tout le Var, valait 0,0270 m avant 1790 (Ministère de l’Intérieur An VII). Valant la douzième partie du pied du Roi, le pouce était lui-même subdivisé en douze lignes (Robert, 1978).
Toise : mesure de longueur qui, dans tout le Var, valait 1,9484 m avant 1790 ; c’était la même que celle de Paris (Ministère de l’Intérieur An VII). La toise a 6 pieds (Barrème)
Mesures de longueur pour le bois :
Goue : la goue était une mesure de longueur de 3 pans divisée en 27 parties égales appelées pouces de goue. La goue équivalait à 0,7459 mètres, le pan de goue à 0,2486 mètres et le pouce de goue à 0,0276 mètres. (Ministère de l’Intérieur An VII).
Lieue (multiples et sous multiples du pied-de-roi valant 0,3247 m avant 1790)
Furetière A. – Dictionnaire universel contenant tous les mots françois. Chez Leers, La Haye et Rotterdam, 1690. Rééd. Le Robert, Paris, 1984, 3 vol.
En général, la lieue est estimée à une heure de chemin.
Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle de Pierre larousse
LIEUE singulier féminin (lieu – du latin leuca, que les auteurs latins disent être un mot gaulois. Ou trouve en effet, dans le celtique : gaélique leig , irlandais leiye , leayik, breton leo, leu. Les Romains ont si bien naturalisé dans leur langue le nom de la mesure itinéraire des Gaulois , qu’on la retrouve aujourd’hui chez tous les peuples de l’Europe latine.
Mètrologie Mesure itinéraire, dont la valeur ancienne n’est pas bien connue et dont la valeur moderne a beaucoup varié, mais qu’on fait égale aujourd’hui à 4 kilomètres
Lieue de pays, Lieue conforme à celle qui est en usage dans le pays dont il est question.
Lieue kilométrique, Lieue de 4 kilomètres.
Lieue de terre ou lieue commune, 25 lieues par degré à l’équateur (4,444 km).
Lieue marine 20 lieues par degré à l’équateur, Lieue de 20 au degré, soit 2853 toises (5,555 km).
Lieue majeure, Distance d’un vingtième de degré mesurée sur un grand cercle de la sphère, dans le langage des marins.
Lieue mineure, distance d’un vingtième de degré mesurée sur un petit cercle de la sphère, dans le langage des marins.
Lieue de poste, Lieue de 2000 toises (3,898 km).
Lieue d’une heure, Lieue de 4,872 km.
Lieue de Paris, de Sologne et de Touraine, Lieue de 28,25 au degré , c’est-à-dire de 3,933 km.
Lieue de Beauce et de Gâtinais, Lieue de 34 au degré, c’est-à-dire de 3,268 km.
Lieue de Bretagne et d’Anjou, Lieue de 24,75 au degré, c’est-à-dire de 4,489 km.
Lieue de Picardie, de Normandie, de Champagne, Lieue de 25 au degré, c’est-à-dire de 4,444 km.
Lieue d’Artois, du Maine, du Perche, du Poitou, Lieue de 28 au degré, c’est-à-dire de 3,964 km.
Lieue du Bourbonnais, Lieue de 23 au degré, c’est-à-dire de 4,830 km.
Lieue de Bourgogne, Lieue de 21,5 au degré, c’est à-dire de 5,121 km.
Lieue de Provence et de Gascogne, Lieue de 19 au degré, c’est-à-dire de 5,848 km.
Lieue d’Angleterre, Lieue de 5,569339 km.
Lieue royale d’Espagne, Lieue de 7,066375 km.
Lieue commune d’Espagne, Lieue de 5,606569 km.
Lieue de Portugal, Lieue de 6,179740 km.
Lieue marine de Portugal, Lieue équivalente à la lieue marine française.
Lieue de Prusse, Lieue de 7,407 km.
Lieue Suisse, Lieue de 4,480 km.
Mille, 1000 toises (1,949 km)
Encyclopédie de Diderot et d’Alembert
LIEUE, s. f. (Géog.) sorte de mesure itinéraire dont se servent les François &les Espagnols, pour marquer la distance d’un lieu à un autre. Les Anglois, les Italiens, les Allemands, usent du mot de mille, quoiqu’ils ne donnent pas la même étendue à leurs milles. Il en est de même des lieues françoises ; la lieue gauloise étoit de quinze cent pas romains ; la lieue commune de France est de deux mille, la grande de trois mille cinq cent, &même plus.
Il me reste à rapporter nos diverses lieues de France à un degré de l’équateur.
Les lieues communes de France, de trois milles romains, ou de 2282 toises, sont de 25 au degré, plus 15 toises.
Les lieues de Paris, de Sologne, de Touraine, de 2000 toises, sont de 28 un quart au degré.
Les lieues de Beauce, de Gatinois, contenant 1700 toises, sont de 34 au degré.
Les lieues de Bretagne, d’Anjou, comprennent 2300 toises, &sont de 24 trois quarts au degré.
Les lieues de Normandie, de Champagne, sont de 25 au degré.
Les lieues de Picardie contiennent 2250 toises, &sont de 25 au degré, plus 810 toises.
Les lieues d’Artois, sont de 28 au degré.
Les lieues du Maine, du Perche, du Poitou, sont de 24 au degré.
Les lieues du Berry, sont de 26 au degré, moins un onzieme.
Les lieues de Bourbonnois, sont de 23 au degré.
Les lieues de Lyonnois, contiennent 2450 toises, &sont de 23 au degré, plus 710 toises.
Les lieues de Bourgogne, sont de 21 &demi au degré.
Les lieues de Gascogne &de Provence, contiennent 3000 toises, &sont de 19 au degré.
Les lieues de France, suivant l’ordonnance de Louis XIII, devoient être partout de 2200 toises, mais on n’a suivi aucune regle jusqu’à présent dans les différentes parties du royaume. L’établissement des pierres milliaires qu’on a placées depuis 1763 sur toutes les grandes routes de mille en mille toises, feront probablement naître l’usage de compter les lieues de 2000 toises ; &les lieues de postes sont en effet presque par tout le royaume de cette quantité. Les astronomes comptent les lieues de 25 au dégré moyen de latitude, ou de 2283 toises chacune ; les navigateurs comptent par lieues marines de 20 au dégré, c’est-à-dire d’environ 2850 toises.
Trévoux 1743-1752
LIEUE, s. f. Mesure de chemins. Leuca.
S. Jérôme &Flodoard disent leuca.
Ammien Marcellin &d’autres leuga.
Nithard leuven,
&Léland léga.
Espace de terre considérée dans sa longueur, servant à mesurer les chemins, & la distance d’un lieu à un autre, & contenant plus ou moins de pas géométriques, selon le différent usage des Provinces &des Pays.
La lieue des anciens Gaulois étoit de mille cinq cents pas géométriques.
Les autres croient que les lieues ont chacune quatre milles. Voyez Ablancourt dans sa Préface sur César.
Les grandes lieues de France sont ordinairement de trois mille pas géométriques, &en quelques endroits de 3500.
La lieue moyenne, ou commune, est de 2400 pas géométriques, &la petite lieue de 2000. pas géométriques.
Chorier dans son Hist. de Dauphiné, L. II. p. 95. prétend que les lieues Gauloises n’étoient que de quinze cens pas. Et L. IV. p. 229. cent cinquante milliaires, dit-il, composoient 32 lieues chez les anciens Gaulois, qui ne donnoient à chaque lieue que quinze cents pas, c’est-à-dire, un milliaire &demi, selon le témoignage d’Ammien Marcellin.
Chaque lieue de Languedoc contient environ quatre milles. Catel. Hist. de Languedoc, L. II. p. 333.
Sa mesure en Bretagne est de trois mille pas. Lobineau. Hist. de Bret. Gloss.
Les lieues Espagnoles sont plus grandes que nos lieues Françoises : 17 lieues Espagnoles font un degré, ou 20 lieues Françoises. Ainsi les lieues Espagnoles sont 15 25, ou 52 155 plus longues que les nôtres ; c’est-à-dire, que si nous donnons 3000 pas à nos lieues, les lieues Espagnoles en ont 3671. &près de 3672.
Un degré répond à 15 lieues d’Allemagne sur la terre, ou à 20 lieues marines, ou à 25 lieues communes de France.
Une poste doit être ordinairement de deux petites lieues, ou d’une bonne &grande lieue &demie.
La lieue du Moulin Bannal, ou Bannier, est réglée à deux mille pas, dont chacun est de cinq piés.
En Bourgogne la lieue contient 50 portées, c’est la chaîne d’un Arpenteur, la portée 12 cordes, la corde 12 aunes, l’aune deux piés &demi, &le pié 12 pouces.
Vingt lieues Françoises &Angloises répondent à quinze lieues Hollandoises.
Mesures agraires
Arpent de bois : A Fréjus et dans son district, on utilisait l’arpent de bois de 3117 cannes carrées (Ministère de l’Intérieur An VII).
Canne carrée : en provençal cana / canna carrada, mesure d’aire usitée autrefois dans tout le Midi, mesurant environ 4 m2 (Mistral). La canne carrée valait 0,039 ares dans le Var avant 1790 ; elle se divisait en 64 pans carrés, ou pans carrais.
La canne carrée était l’unité fondamentale des mesures agraires, non seulement du département du Var, mais de toute la ci-devant Provence. Elle était la seule qui ait servi de base à la formation de tous les cadastres de cette ci-devant province ; et si les propriétés territoriales y sont aussi évaluées en charges de, panai, picotin de semence ou en d’autres mesures pareilles, ces mesures découlent toutes de la canne carrée qui a toujours été la seule mesure employée à l’évaluation première. La canne carrée mesurait 3,9561 mètres carrés.
A Brignoles et dans son ci-devant district, le panai était utilisé comme multiple de la canne, il mesurait de 200 cannes carrées à 500 cannes carrées.
A Saint-Maximn et dans son district, on utilisait comme multiple un panai de 200 cannes carrées.
Dans le district de Barjols, le multiple de la canne carrée était un panai qui variait de 250 cannes2 à 400 cannes carrées.
A Vence et dans son district, la valeur du panai était de 400 cannes carrées. A Fréjus et dans son district, la valeur du panai variait de 180 cannes2 à 500 cannes2, mais l’on y utilisait également l’olivier réduit (100 cannes carrées), la soucherée de vignes ou possogrée (100 cannes2) et l’arpent de bois (3117 cannes carrées).
Grasse et son district utilisaient la sesterée (entre 800 cannes2 et 1200 cannes2) et la journée de pré (un peu plus de 351 cannes carrées) comme multiples de la canne carrées.
A Hyères et dans son district, on utilisait comme multiple de la canne carrée la quarterée de 200 cannes carrées.
A Draguignan et dans son district, on utilisait comme multiple de la canne carrée le journal de 800 cannes carrées, tandis qu’à Callas, le journal ne mesurait que 600 cannes carrées.
A Toulon et dans son district la canne carrées était la seule mesure agraire utilisée (Ministère de l’Intérieur An VII).
L’eiminada de la Provence contenait 100 destrées ou cannes carrées.
Charge de terre : mesure d’aire correspondant à la superficie que l’on semait avec une charge de blé, soit 1600 cannes carrées, soit environ 53 ares, elle se divisait en 8 émines (Mistral). Ce n’était point une mesure effective, mais seulement le composé de 10 panaux, il a paru inutile de l’évaluer. Il en allait de même pour le picotin qui était la huitième partie du panai (Ministère de l’Intérieur An VII).
Civadier : Mesure d’aire dans les Alpes, qui valait environ un are (Mistral). On écrivait Civadier ou sivadier (Maurel M.).
Eimino. cf.. émine.
Emine, emina, eimina» emino, hémine : mesure agraire correspondant à 1/8 de la charge soit un panau, et se divisant en 8 ponhadieras. L’eimina formait la moitié du sestié / setier, 1/8 de la saumada ou de la charge ; elle se divisait en 2 quarias, 20 cossas, 8 motarèus ou ponhadieras (d’après Mistral).
Faucherée : mesure d’aire qui valait 800 cannes carrées à Fréjus avant 1790 (Ministère de l’Intérieur
An VII).
Fosserée : cf.. soucherée
Hémine, cf. émine, emina% eimina, hémine ; héminée : cf. eiminada
Héminée, eiminada, eminada, minada, : contenu d’une hémine (Mistral) du bas-latin heminata, à partir du grec signifiant moitié, Veiminada représentait l’espace de terrain que l’on pouvait ensemencer avec une hémine de blé. Ancienne mesure agraire équivalant selon les lieux à 4/5 d’are. L’eiminada de la Provence équivalait au 1/8 de la saumada et contenait 100 destrées ou cannes carrées ; Veiminada de Dauphiné valait la moitié de la sesteirada ; celle du Roussillon valait 60 ares. L’ héminée : étendue de terre pour l’ensemencement de laquelle il fallait une hémine de grains (Robert). C’était une mesure de terre dont l’étendue avait besoin de 2 minois de grains pour être ensemencée, soit environ un demi arpent de Paris (Furetière).
Journal : au sens ancien, le journal représentait ce que l’on pouvait labourer en une journée et, par extension, la mesure de terre correspondant à cette surface (Robert). Etendue de terre qu’un laboureur pouvait cultiver en un jour avec sa charrue ; mesure de superficie qui valait à peu près 20 ares en Provence, environ 60 ares à Aix, 29 ares en Gascogne (Mistral, qui renvoie à [quarteirado] / cartairada « étendue de terre qu’on peut semer avec une cartiera de blé »). Mesure d’aire qui, à Draguignan et son district, valait 800 cannes carrées et, à Callas, 600 cannes carrées avant 1790 (Ministère de l’Intérieur An VII).
Journée de pré : Grasse et son district utilisaient la journée de pré comme mesure agraire avant 1790 (un peu plus de 351 cannes carrées (Ministère de l’Intérieur An VII).
Motarèu : sous-division correspondant à 1/8 de la charge (Mistral).
Olivier réduit : mesure d’aire qui, à Fréjus, valait 100 cannes carrées avant 1790 (Ministère de l’Intérieur An VII).
Pan carré ou pan carrat : La canne carrée valait 0,039 ares dans le Var avant 1790 ; elle se
divisait en 64 pans carrés, ou pans carrais. A Fréjus, le pan carré mesurait 81 pouces de goue carrés (Ministère de l’Intérieur An VII).
Panau panai : mesure agraire comprenant 10 ponhadieras ou 160 cannes carrées (Mistral). Un panau d’olivas correspond à un boisseau d’olives ; à Aix, la carga d’avoine est de 12 panaus, et la carga d’amandes est de 16 panaus (Mistral). Mesure d’aire qui, dans le Var, valait 150 cannes carrées, quelquefois plus, avant 1790.
A Brignoles et dans son ci-devant district, le panai, utilisé comme multiple de la canne carrée, mesurait de 200 cannes carrées à 500 cannes carrées.
A Saint-Maximn et dans son district, on utilisait comme multiple un panai de 200 cannes carrées.
Dans le district de Barjols, le multiple de la canne carrée était le panai qui varie de 250 cannes carrées à 400 cannes carrées.
A Vence et dans son district, la valeur du panai était de 400 cannes carrées.
A Fréjus et dans son district,, la valeur du panai variait de 180 cannes carrées à 500 cannes carrées (Ministère de l’Intérieur An VII).
Panal de semence (sa valeur) : Les terres arables étaient estimées en calculant la quantité et la valeur des grains nécessaires pour les ensemencer. Le prix du panai de semence était d’autant plus élevé que la terre était d’une valeur plus considérable… de 6 livres le panal pour une terre médiocre, jusqu’à 54 livres pour les meilleures terres arrosables. Les vignes étaient estimées par soucherées, le prix de la soucherée calculé suivant la qualité du sol.
Ponhadiera : Petite mesure agraire qui valait 1/8 de la charge, soit 25 cannes ou environ 1 are (Mistral).
Quaria : sous-division correspondant à 1/2 charge (Mistral).
Quarterée / quarteirado] /cartairada : mesure d’aire qui, à Hyères, valait 600 cannes carrées avant 1790 (Ministère de l’Intérieur An VII). Cî .journau /jornai.
Saumada : de sauma (mûle, du bas-latin sagma = bât) d’où saumater : conducteur de bêtes de somme, muletier. (Mistral 1890 ; Cayol 1980). La saumada, ou charge d’une sauma, équivalait à 8 eiminadas en Provence (Mistral).
Sivadier ou sivadier (Maurel M.) : cf. civadier.
Soucherée (sa valeur en regard de l’impôt) : Les terres arables étaient estimées en calculant la quantité et la valeur des grains nécessaires pour les ensemencer. Le prix du panai de semence était d’autant plus élevé que la terre était d’une valeur plus considérable…de 6 livres le panai pour une terre médiocre, jusqu’à 54 livres pour les meilleures terres arrosables. Les vignes étaient estimées par soucherées, le prix de la soucherée calculé suivant la qualité du sol. Soucherée ou fosserée (fossogrée) : A Fréjus et dans son district, on utilisait également la soucherée de vignes ou fossogrée (100 cannes carrées) avant 1790 (Ministère de l’Intérieur An VII).
Mesures d’aire pour le bois
Canne carrée : Les planches de bois tendre se mesuraient dans le Var à la canne carrée formée de la réunion de plusieurs planches d’un pouce et demi d’épaisseur de pan de goue, présentant une surface de 64 pans de goue carrée, soit 3,9552 mètres carrés (Ministère de l’Intérieur, An VII).
Mesures de capacité pour les liquides
Note : L’eau de vie ne se mesure pas, elle se pèse (Ministère de l’Intérieur, An VII)
Baril ou coupe : mesure de capacité pour les liquides qui valait, dans tout le Var, 32,5 litres et quelquefois 35,5 litres avant 1790. Elle correspondait à une demi-millerolle ou charge. Sa valeur équivalait à
27,164 litres à Moissac,
27,860 litres à Aups, Fabrègnes,
28,656 litres Cotignac,
29,054 à Entrecasteaux
31,264 litres à Camoules et Collobrières,
32,567 litres à Brignoles,
32,567 litres à Cuers, à Pierrefeu et au Puget (Puget-ville),
33,870 litres à Pignans et Gonfaron,
34,495 litres à La Seyne et Six-Fours,
34,738 à Hyères, Bormes, Solliès et Belgentier,
34,738 litres au Revest,
35,390 litres, à Toulon, Ollioules, La Garde, Evenos, au Beausset, à la Cadière, au Castellet et à Bandol,
35,533 litres à Saint-Nazaire (Sanary),
36,456 litres à Grasse, à Saint-Paul,
37,562 à La Valette (Ministère de l’Intérieur An VII).
Bota, botte, boute OU boutte : bota, tonneau, baril, du latin buttis, tonneau, qui a donné « bouteille », butticula ; mesure de capacité^des grains (Robert). Au XVIIe siècle, la botte est un vaisseau à vin qui est environ de la grandeur d’un muid. Ce mot est en usage seulement dans les provinces de France qui tirent vers le Midi, l’Italie et l’Espagne (Furetière). Avant 1790, la boute valait dans le Var 540 à 548 litres ; elle équivalait à
500,224 litres à Camoules et Collobrières,
505,808 litres à Hyères, à Bormes, à Solliès et à Belgentier,
521,072 litres à Cuers, à Pierrefeu et à Puget-ville
540,192 litres à La Valette,
555, 120 litres au Revest,
555,808 litres à La Seyne et à Six-Fours,
564,032 litres à Toulon, à Ollioules, à La Garde et Evenos,
566,240 litres au Beausset, à La Cadière, au Castellet, et à Bandol,
568,528 litres à Saint-Nazaire (Sanary) (Ministère de l’Intérieur An VII)
Boute ou boutte : cf. bota.
Charge ou millerolle : Les valeurs des charges étaient les suivantes en Provence : vin, 1 hectolitre ; huile, 34 décalitres (Mistral). La millerolle ou charge était une mesure de capacité pour les liquides qui valait, dans tout le Var, de 62 litres à 99 litres avant 1790. Elle contenait 2 coupes ou barils. La millerolle ou charge équivalait à
62,528 litres à Camoules et Collobrières,
62,529 litres à Draguignan,
62,530 litres à Saint-Maximin et Barjols,
65, 134 litres à Pierrefeu et le Puget (Puget-ville),
65, 135 litres à Salemes,
65,088 à Lorgues,
65,134 litres à Cuers,
65,135 litres à Brignoles,
65,529 litres à Fréjus, Roquebrunne (sur Argens), Callian,
67,524 à La Valette,
67,740 litres à Pignans et Gonfaron,
69,390 à La Seyne et Six-Fours,
69,476 litres au Revest,
69,478 à Hyères, Bormes, Solliès et Belgentier,
70,780 litres, à Toulon, Ollioules, La Garde, Evenos, au Beausset, à la Cadière, au Castellet et à Bandol,
71,066 litres à Saint-Nazaire (Sanary),
75,900 litres au Luc, au Canet (Cannet des Maures), Vidauban, le Muy, les Arcs, La Motte, Trans,
99,006 litres à Grimaud, à Saint-Tropez (Ministère de l’Intérieur An VII).
Coupe ou baril : mesure de capacité pour les liquides qui valait, dans tout le Var, 32,5 litres et quelquefois 35,5 litres avant 1790. Elle correspondait à une demi-millerolle ou charge. Sa valeur équivalait à
27,164 litres à Moissac,
27,860 litres à Aups, Fabrègnes,
28,656 litres Cotignac,
29,054 à Entrecasteaux
31,264 litres à Camoules et Collobrières,
32,567 litres à Brignoles,
32,567 litres à Cuers, à Pierrefeu et au Puget (Puget-ville),
33,870 litres à Pignans et Gonfaron,
34,495 litres à La Seyne et Six-Fours,
34,738 à Hyères, Bormes, Solliès et Belgentier,
34,738 litres au Revest,
35,390 litres, à Toulon, Ollioules, La Garde, Evenos, au Beausset, à la Cadière, au Castellet et à Bandol,
35,533 litres à Saint-Nazaire (Sanary),
36,456 litres à Grasse, à Saint-Paul,
37,562 à La Valette (Ministère de l’Intérieur An VII).
Emine, emina, eimina, hémine : Ancienne mesure de vin, pesant 3 livres en Languedoc, mais 20 livres en Rouergue(Furetière). Autrefois esmine, esmina, emena, mina ; eiminada étaient plus usitées que émine ; mesure de capacité (Levy).
Hémine : du grec hemina (moitié d’un setier), mesure de capacité valant un demi selier ou 12 onces, soit 0,271 litre, en France. L’hémine de Rouergue valait un tiers d’hectolitre, celle du Roussillon 113 litres environ. L’hémine était au XVIIe siècle, une mesure de froment de 2 bichets {boisseaux) environ (Furetière).
Par altération on écrit quelquefois mine au lieu de hémine (Robert).
Saint Benoît a établi l’hémine comme portion de vin due aux religieux de son ordre aux repas (Furetière).
Escandal : mesure de capacité pour les liquides usitée à Saint-Maximin et équivalant à 15,533 litres (Ministère de l’Intérieur An VII)
Grand pot : mesure de capacité pour les liquides qui valait 2,539 litres à Saint-Tropez (Ministère de l’Intérieur An VII).
Millerole ou charge : (cf . supra :charge)
Mliidi muids : mui au Xlle siècle ; du latin modius. Ancienne mesure de capacité pour les liquides, les grains, … qui variait selon les pays et les matières à mesurer (Robert). Au XVIIe siècle, c’était une grande mesure de liquide qui faisait 300 pintes à Paris selon les ordonnances d’Henri IV, 280 selon celles de Louis XIII ; la jauge des vaisseaux se mesurait en muids de 36 septiers de 8 pintes. On l’appelait queue en Champagne, feuillette en Bourgogne, poinçon en Touraine, tonneau en Berry, pipe en Poitou, asnée ou botte à Lyon, barrique à Bordeaux ou 4 bairiques valent 1 tonneau (Furetière). Muids : mesure valant 540 litres (Maurel M.).
Panela : mesure pour le vin (Levy).
Pinte ou demi-pot : mesure de capacité pour les liquides qui valait un demi-pot soit
1,242 litres à Saint-Nazaire (Sanary),
1,285 litres à La Seyne et Six-Fours,
1,544 litres au Revest,
1,350 litres à La Valette,
soit la moitié du grand pot de Saint-Tropez et équivalaitt donc, dans ces villes au pot (Ministère de l’Intérieur An VII), et 0,93 litre à Paris (Robert, 1978).
Pot : mesure de capacité pour les liquides qui valait au XIIe siècle deux pintes (Robert, 1978) ; ou de 1,31 litre à 2,518 litres (Maurel M.). Le pot était la mesure première pour le vin, dans toutes les communes du Var. Ses divisions formaient les mesures inférieures, et sa multiplication celles qui lui étaiet supérieures. Il occupait parmi les mesures anciennes de capacité pour les liquides à peu près la même place que le litre occupe parmi les nouvelles. Le pot se divisait en deux pintes ou demi-pots, la pinte en deux chopines et la chopine en deux petites ou 1/8 de pot. Le pot équivalait à
1,302 litres à Brignoles, à Pignans et à Gonfaron,
2,518 litres à Toulon, Ollioules, La Garde et Evenos,
1,241 litres à Hyères et à Bonnes,
1,533 litres à Solliès et à Belgentier,
1,118 litres à Collobrières et à Camoules,
1,206 litres à Cuers,
1,163 litres à Pierrefeu et le Puget (Puget-ville),
1,302 litres à Saint-Maximin, à Baîjols et à Draguignan,
1,356 litres à Lorgues,
1,478 litres au Luc, au Cannet, à Vidauban, au Muy, à La Motte et à Trans,
1,302 litres à Salemes, à Fréjus, à Roquebrune (sur Argens), à Callian, , à Grimaud,
1,519 litres à Grasse et Saint-Paul (Ministère de l’Intérieur An VII).
Quarte : au XIIIe siècle, mesure de capacité valant deux pintes, soit un pot (Robert, 1978)
Mesures de capacité pour l’huile
Avant 1790, les communes du ci-devant district de Barjols autres que Barjols, Châteauvert, La Bastidonne, Potevès, Aups, Fabrègnes, Moissac, Cottignac, Entrecasteaux, ne mesuraient pas l’huile, elles la pesaient. Il en était de même.
pour Saint-Tropez, Grimaud, Grasse et Saint-Paul et les communes de leurs ci-devant districts (Ministère de l’Intérieur, an VII).
Broquel : Le broquet équivalait à 8,358 litres à Saint-Maximin où il se subdivisait en demi broquet (Ministère de l’Intérieur An VII).
Canne : La canne était une mesure de capacité pour l’huile, qui se divisait en 4 quart aux et valait environ 1 décalitre en Provence, mais 4 litres en Rouergue et 1,5 litre en Guyenne (Mistral).
Demi-coupe : La demi-coupe équivalait à 15,632 litres à Fréjus (Ministère de l’Intérieur An VII).
Millerole : La millerolle équivalait à 66 litres à Toulon, La Valette, La Garde et au Revest (Ministère de l’Intérieur An VII).
mota \moutoh motte, moutte : mesure valant 16 doubles décalitres (Maurel M.). La motte d’olives représentait seize de nos doubles décalitres, soit la quantité qu’on pouvait moudre sous la meule en une fois (Castellan, 1937).
Quarteron ou livre : Le quarteron se divise en demi quarteron ou demi livre, et en quart de quarteron ou quart de livre. Le quarteron équivalait à
0,398 litres à Brignoles,
0,516 à Toulon, La Valette, La Garde, Le Revest,
0,175 litres au Beausset, à La Cadière, au Castellet, à Bandol et à Saint-Nazaire,
0,518 litres à La Seyne,
0,539 litres à Six-Fours,
0,460 litres à Hyères,
0,398 litres à Camoules et Collobrières,
0,447 litre à Draguignan, à Lorgues (Ministère de l’Intérieur An VII).
Quartin : Le quartin équivalait à
15,632 litres à Brignoles,
16,283 à Pignans et Gonfaron,
16,50 litres à Toulon, Le Revest, La Valette et La Garde,
17,369 litres à Hyères, à Solliès, à Bormes, et à Belgentier,
16,283 litres à Cuers, à Pierrefeu, au Puget (Puget-ville),
15, 632 litres à Camoules et à Collobrières,
16,716 litres à Barjols, à Châteauvert, à La Bastidonne et à Pontevès,
16,283 litres au Luc, au Cannet, à Vidauban, au Muy, aux Arcs, à La Motte et à Trans (Ministère de l’Intérieur An VII).
Mesures de capacité pour les matières sèches
Avant 1790, la chaux, les charbons de bois et de terre, se vendent à la livre et au quintal, poids de table, dans tous le département, à l’exception de Toulon, qui mesure le charbon de terre seulemen (Ministère de l’intérieur, An VII).
Boise!, boissel, boisseau, bichet : a pour radical « boîte ». Ancienne mesure de capacité pour les matières sèches d’environ 1 dal (Robert) qui équivalait à 8 liuradon (Levy). Mesure pour le grain, le sel, les navets, la cendre, le charbon, etc. dont la valeur variait dans toute la France : à Paris, 2 boisseaux soit 1 hémine, 3 boisseaux soit 1 minot ; 4 minots (cf.. eiminoî) soit 1 septième de blé ; 48 minots soit 1 muid. Le blé se mesurait au boisseau ras, la farine au boisseau comble. Le boisseau de 1669 mesurait 8 pouces 2 lignes 1/2 de hauteur, 10 pouces de large ou de diamètre. Il contenait 220160 grains comble et 172000 ras. A Lyon, le boisseau est appelé bichet et l’hémine était au XVIIe siècle, une mesure de froment de 2 bichets ou boisseaux environ (Furetière).
Eiminau : mesure correspondant dans la Drôme à un demi-boisseau (cf.. boisseau).
Mesures pour le plâtre et le charbon de terre :
Panau* panai : Le panai équivalait à 1,636 décalitre à Brignoles, Hyères, Saint-Maximin, Barjols, Draguignan, Fréjus, 1,534 décalitre à Saint-Paul (Ministère de l’Intérieur An VII).
Mesures de capacité pour le plâtre :
Emine : L’émine pour le plâtre valait 5,610 décalitre à Toulon (Ministère de l’Intérieur An VII).
Mesure : Mesure pour le plâtre dont on n’a pu donné le nom aux enquêteurs et qui équivalait à 2,509 décalitres à Grasse (Ministère de l’Intérieur An VII).
Muid, muids : Le muid de plâtre comprenait 36 septiers (Furetière).
Mesures pour le charbon de terre :
Mesure : Mesure pour le charbon de terre dont on n’a pu donner le nom aux enquêteurs et qui équivalait à 12,851 décalitres à Toulon (Ministère de l’Intérieur An VII).
Charge de charbon : Une charge de charbon contient 2 mines (Furetière).
Mesures de capacité pour le sel :
Avant 1790, le sel se vendait aussi à la livre et au quintal, poids de table, dans tout le département, excepté aux salines d’Hyères où il se vendait à minot (Ministère de l’intérieur, An VII).
Minot : Le minot était une mesure de capacité pour le sel en usage à Hyères et valant 3,273 décalitres (Ministère de l’Intérieur An VII), soit un quart de septier ; il se divisait en 4 quarts ou quarteaux (Barrème) ; eiminoU minot : terme de salines ; mesure de sel (Mistral).
Muid, muids : Le muid de sel correspondait à 12 septiers (Furetière) ou 24 mines (Barrème).
Mesures de capacité pour les grains
Boisseau : mesure de capacité pour les grains valant 1/12 de septier et se subdivisant en 4 quarts ou 16 litrons (Barrème).
Charge ou Cargo : mesure de capacité pour les grains qui se divisait en 8 panaus. Les valeurs des charges étaient les suivantes en Provence : blé ou amandes, 32 dal ; bois : 125 kg ; raisin à Aix, 161 kg. La charge métrique de blé valait à Marseille au XIXe siècle, 160 1. (Mistral). La charge équivalait à 10 panaux, le panai valant 1,685 décalitres (Maurel M.). Au XVIIe siècle, la charge était une mesure d’un poids proportionné à la force de ce qui le supportait. Une charge de blé ou de mulet équivalait à 400 livres (Furetière).
Civadier : mesure pour l’avoine et le grain en général valant 2 picotins ou un quart de panai, ou 1/32 de charge ; elle représentait 1/6 de l’aune en Languedoc (Mistral). Mesure pour le grain valant 0,409 décalitres à Grasse et Saint-Paul avant 1790. Il y avait, à Saint-Maximin, le civadier qui était le quart du panai ras (Ministère de l’Intérieur An VII).
Cossa : sous-division correspondant à 1/20 de la carga, charge; Icoreol en rhodanien, [couosso] en niçard, [couasso] en maritime (Mistral) ; vient du latin conge ; chez les Romains, mesure pour les liquides équivalant à 3,25 litres (Robert).
Petite mesure pour les grains et les surfaces : 1/20 à 1/12 de l’eimina selon les pays ; 1/160 de la carga ; Va de panau quelquefois ; 1/8 d’eiminada à Villeneuve-les-Avignon (Mistral). Una cossa de civada : environ 1 litre d’avoine.
Demi-vanal ou quartière / quartiera : mesure pour le grain valant 0,817 décalitres à Grasse et Saint-Paul avant 1790 (Ministère de l’Intérieur An VII). La ponhadiera : étymologiquement « contenu d’une poignée » ; vaut un quart de la quartiera (Levy)
Emilie : Mesure de capacité pour les graines usité autrefois en Provence et valant environ 22 livres. L’émine équivalait à 3,369 décalitres à Grasse, Saint-Paul, 1,928 décalitres à Antibes avant 1790 (Ministère de l’Intérieur).
Mine : La mine est une mesure de grain, de charbon, de chaux, etc., contenant 2 minots et valant la moitié d’un setier (Furetière).
Muid, muids : mesure de grain sans vaisseau valant 12 septier s à Paris où 1 septier = 4 minots ou 2 mines ou 12 boisseaux ou 2640 livres ; le muid de blé en Berry est de 21 boisseaux (dont 16 au septier) (Furetière et Barrème).
Panau, panai : ancienne mesure de capacité usitée en Provence pour les grains qui valait environ 2 décalitres et qui correspondait en Languedoc au cinquen. En Franche-Comté : pénal. En Barrois : penault. Le panau correspond à la moitié d’un setier. C’est également le 1/8 de la carga ou charge (le 1/10 au XlXè siècle). Il se subdivisait en 4 civadiers ou 8 quartier as.
1) panai comble : mesure pour le grain valant 1,928 décalitres à Grasse et Saint-Paul, 1,931 décalitres à Brignoles, à Saint-Maximin, à Barjols, à Draguignan, 1,917 décalitres à Toulon, avant 1790 ; l’avoine, dans quelques arrondissements du Var, les olives, les noix, les amandes, dans tous les arrondissements, se mesurent à panai comble ;
2) panai ras : mesure pour le grain valant 1,634 décalitres à Grasse et Saint-Paul, 1,636 à Brignoles, 1,624 décalitres à Toulon, 1,636 décalitre à Hyères, à Saint-Maximin, à Barjols, à Draguignan avant 1790 (Ministère de l’Intérieur An VII).
Demi-panal ou quartière : mesure pour le grain valant 0,817 décalitres à Grasse et Saint-Paul, 0,818 décalitre à Brignoles, à Hyères, 0,812 décalitre à Toulon, 0,818 décalitre à Saint-Maximin, à Barjols, à Draguigan (Ministère de l’Intérieur An VII).
Picotin : Mesure de capacité qui valait 0,204 décalitres à Grasse et Saint-Paul, 0,205 décalitres à Brignoles, à Hyères, à Saint-Maximin, à Baijols, à Draguigan 0,203 décalitre à Toulon, avant 1790 (Ministère de l’Intérieur An VII). Le picotin (2,5 1.) valait le quart du boisseau (Robert, 1978).
Ponhadiera : étymologiquement « contenu d’une poignée » ; petite mesure de grains contenant environ 32 dl et munie d’une poignée. Elle vaut un quart de la quartiera ; un cinquième du panau ; un huitième de Yeimina ; un vingt-quatrième du setier delphinois (Mistral), mais un treizième de setier à Manosque (Levy).
Setier, sestier : du latin sextarius, « sixième », ancinenne mesure de capacité pour les grains, valant 8 pintes (Robert, 1978).Mesure de capacité pour les grains qui valait 3,273 décalitres à Fréjus, avant 1790 (Ministère de l’Intérieur An VII).
Mesures de volume pour le bois
Note : Avant 1790, le bois de chauffage ne se mesurait pas, il se pesait et se vendait au quintal, poids de table (Ministère de l’Intérieur An Vil).
Goue cube : La goue cube était un solide dont la base avait un pan carré, ou 81 pouces de goue carrés et dont la hauteur était celle de la goue elle-même, soit 0,7459 mètre. La goue cube équivalait à 0,046 m3. Cette mesure était en usage à Fréjus et dans les communes de son ci-devant district pour les bois tendres tels que aubes, peupliers, pins, etc. Le cent de goue était la mesure des bois durs tels que chênes, ormeaux, noyers, etc., et ce n’était que le quart de la goue cube, soit 0,0115 mètre cube (Ministère de l’Intérieur An VII).
Pied cube : le bois de construction se mesurait au pied cube dans tout le département du Var (Ministère de l’Intérieur An VII).
Mesures de masse
Livre poids de table : Le poids de table, valant 397,43 grammes, était le seul usité dans toutes les communes du département du Var avant 1790 (Ministère de l’Intérieur An VII). La livre poids se divisait autrefois en 16 onces ou 128 gros ; la livre valait
379,16 g à Aix,
388,51 g à Marseille,
391,36 g à Arles et à la Môle,
397,43 grammes à Toulon,
400 g à Carpentras,
487,992 g à Avignon,
415,89 g à Alès (Mistral).
Mesure de poids anciennement usitée qui variait en France de 380 à 580 g, 489 g à Paris (Robert).
Livre poids de marc : Le poids de marc, valant 489 g, n’était utilisé qu’à Toulon avant 1790 ; la proportion du poids de table au poids de marc était de 16 à 13 (Ministère de l’Intérieur An VII). La livre poids de marcs se subdivisait en 8 onces
Once : La huitième partie de la livre poids de marc (Furetière).
Poids : Le poids, en usage dans plusieurs communes, n’était pas autre chose qu’une pesée qui était de 400 livres à Hyères, de 500 livres à Fréjus, Roquebrune (sur Argens) et Callian, de 420 livres à Saint-Tropez et Grimaud (Ministère de l’Intérieur An VII).
Quintal : Anciennement, poids de cent livres (Robert, 1978). Mesure de masse qui, dans le Var, valait 397 kilogramme avant 1790 (Ministère de l’Intérieur An VII), soit 1000 livres, poids de table.
Rup : Le rup est un poids de 20 livres, poids de table, en usage à Hyères, Fréjus, Grasse et Saint-Paul (Ministère de l’Intérieur An VII).
Mesures de masse pour les diamants
Quarat : Le carat pesait 4 grains. Il se subdivisait en Demi-Quarat (2 grains), Quart de Quarat (1 grain), Huitième de Quarat (Demi Grain), et Seizième de Quarat (Quart de grain) (d’après Barrème)
Grain : Le grain était le plus petit des poids dont on se servait pour peser les choses précieuses. Il y a 480 grains à l’once et 16 grains au carat (Furetière).
Mesures de masse de la fin du XIVe siècle
Multiples de la livre, poids de table, découverts à la Môle entre 1972 et 1974.
Les fouilles du castrum médiéval de la Môle conduites par Henri RIBOT de 1972 à 2004 ont permis de dégager un habitat fortifié datable du troisième quart du XIVe siècle. L’intérêt de cette recherche, outre un grand nombre d’indications nouvelles portant sur l’organisation spatiale du site, l’articulation de ses composantes et l’aménagement intérieur de l’habitat, porte sur la découverte in situ d’un matériel de mesure de masses dès plus rare dont nous présentons ici l’un des exemplaires.
Il s’agit d’une série de poids en pierre, étalonnée sur la base de la livre, poids de table, dont l’importance réside dans le fait que, malgré les quatre siècles qui la séparent de l’inventaire réalisé par le ministère de l’intérieur en 1798, elle correspond à la valeur reconnue de la livre poids de table du Var d’Ancien Régime.
Les sondages I et II ouverts en 1972 et 1974 ont donné cinq poids en pierre portent d’encoches déterminant leur valeur en livres.
La livre employée à la Môle variait, d’après ces poids, de 388,5 à 395 g, la moyenne s’établissant à 391,8 g, l’once ayant une valeur de 32,6 g. Cette livre est fort proche de la mesure utilisée à Marseille (388,51), à Arles (391,36 g), à Toulon et le Var (397,43 g), et plus généralement en Provence, entre le XVe siècle et la Révolution. Notons qu’elle possédait des multiples dont, pour ceux qui nous sont parvenus : 1, 4, 5 et 7 livres.
| poids en grammes | Marques (livres) | onces (1 /12 de livre) | % d’erreur | Sondage de la Môle | Tableau |
| 2720 g | 7 | 84 | -0,5 | S II. Cl C201 | Np 1 |
| 1970 g | 5 | 60 | + 0,8 | S II. D5.C2.01 | N° 2 |
| 1580 g | 4 | 48 | + 1,08 | S 106 | N° 3 |
| 390 g | 1 | 12 | -0,18 | S 103 | |
| 390 g | 1 | 12 | -0,18 | S II.C2.S3.01 | N° 4 |
Malgré la qualité médiocre du matériau employé, basalte et grés, la fourchette d’erreur par rapport à la valeur reconnue de la livre, poids de table, varie de 0,8 % en moins à 2,5 % en plus, ce qui, somme toute, reste minime eu égard au type de pesées qui devaient être effectuées avec ces mesures (Henri Ribot, 1985).


| Poids de 7 et 5 livres, poids de table multiples de la livre, poids de table, découverts à la Môle (Var), XIVe siècle (S II. Cl C201 et S II. D5.C2.01). |
- Archives de Cogolin : Catalogue des titres de la terre de la Molle, n° 20.
- Diderot et d’Alembert : Encyclopédie de
- E. Lew, Petit dictionnaire Provençal-Français, 1909. CPM, Marcel Petit, place de l’Eglise, 13280 Raphèle-lès-Arles, rééd. 1991, 390p.
- Eugène Castellan. Histoire d’Ollioules. Toulon 1937.
- Frédéric Mistral Lou Trésor dou felibrige, ou dictionnaire franco-provençal embrassant les divers dialectes de la langue d’Oc moderne, rééd. 1932 et 1979, 4 tomes.
- Furetière, Dictionnaire universel contenant tous les mots françois. Chez Leers, La Haye et Rotterdam, 1690. Rééd. Le Robert, Paris, 1984, 3 vol.
- Henri Ribot « Les fouilles du castrum de Sainte-Madeleine », Archéologie Médiévale, XV, Caen, CNRS, 1985, p. 103-156. Il existe un tiré à part de cet article (même présentation et même pagination).
- M. Cayol Histoire de Bandol. Ed. Aris, Bandol, 1980, 273 p.
- Ministère de PIntérieur An VII, Tableau des anciennes mesures du département du Var comparées aux mesures républicaines, publié par ordre du Ministère de l’Intérieur. A Paris, de l’Imprimerie de la République, An VII. Réalisé par les commissaires Grisolles, Accard, Fabre. Vu et approuvé par les administrateurs du Var Barthélemy, Maunier, Crassous, Lantier, le 21 fructidor, an 6 de la République française, une et indivisible (7 septembre 1798). Les mesures anciennes ayant été envoyées à toutes les communes de la ci-devant Provence par la commune d’Aix qui en était la capitale, devraient être toutes égales entre elles. S’il s’y trouve quelques petites différences, elles ne peuvent venir que de l’inexactitude des ouvriers qui les ont fabriquées (note en introduction du tableau).
- Mireille Maurel La Chartreuse de Notre-Dame de la Verne en Provence, imp. St-Victor, Marseille, 1974,338 p.
- N. Barrème , L ’ arithmétique du Sr Barrème ou le livre facile pour apprendre l ’arithmétique. A Paris, avec privilège du Roy, 1747, 467 p.
- P. Robert, Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française. Soc. du Nouveau Littré, Le Robert, Paris, 1978 7 vol.
- Pierre larousse : Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle
- Trévoux 1743-1752
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