ÉPHÉMÉRIDES DU DIMANCHE 30 JUILLET 2023 – 12e ANNÉE (n° 3938).
ILLUSTRATION.

LES FÊTES
Le 30 juillet, nous fêtons les JULIETTE, un prénom relativement fréquent et populaire en France. Mais combien savent qui fut JULIETTE de Césarée, en Cappadoce, morte en 303 ?
C’était une riche veuve qu’un homme d’affaires avait dépouillée de ses biens et qui voulut poursuivre en justice l’auteur de son malheur. Au début du IVe siècle de notre ère, sous le règne de l’empereur Dioclétien, il ne faisait pas bon être chrétien dans le monde romain ! Pour témoigner au procès, il lui fut demandé d’abjurer sa foi, ce qu’elle refusa de faire. Pour comble d’ignominie, ce fut elle qui fut condamnée au bûcher !
Un dicton rapporte que « A la sainte JULIETTE, l’été est en fête ! » Acceptons-en l’augure !
Pour rester dans l’esprit maritime de notre terroir, je rappelle que le calendrier républicain, qui avait remplacé en 1792 le système de comptage de la tradition catholique, dénomma ce douzième jour du mois de thermidor à la SALICORNE ou « cornichon de mer » une plante merveilleuse que l’on trouve sur nos côtes et dont les tiges tendres peuvent être mangées crues, nature ou en vinaigrette ou bien conservée dans le vinaigre. Réduite en cendres, elle fournit la soude qui entre, avec l’huile d’olives, dans la composition du savon de Marseille. A ce titre, il convient ici de rapporter l’affaire de l’usine de soude des Embiez qui agita les communautés de Sanary et du Brusc dans la première moitié du XIXe siècle.
EPHEMERIDES .
–1096 – 30 juillet : MONTMAJOUR vs SAINT-VICTOR – Le pape Urbain II se trouve à Cavaillon, et à la demande de l’abbé Guillaume, il confirme les biens de Montmajour, son exemption et la libre élection de l’abbé (B. Méj. ms. 329 (554-R125) p. 120 et 142 édité dans DU ROURE p. 199 et 227.). Les monastères de Lagrasse et de Psalmodi récupèrent leur liberté à la même époque (P. SCHMID, «Die Entstehung des Marseiller Kirchenstaats» ; P. AMARGIER, Un âge d’or, p. 141-142.). Les moines de Montmajour, au XIIIe siècle, semblent conserver encore un souvenir amer de la domination de Saint-Victor. Leur rancune se manifeste dans un passage du Roman de Saint-Trophime, confectionné à l’abbaye, où ils reprochent aux Victorins, qui possèdent la nécropole célèbre des Alyscamps, de ne pas honorer convenablement la sainteté du lieu (J. GAZAY, «Le Roman de Saint Trophime». Le roman a été édité par N. ZINGARELLI, «Le Roman de Saint Trophime»).
Il faut rappeler qu’après une bulle de Grégoire V (998), qui confirme sans les énumérer les biens du monastère et ses privilèges, aucun autre document pontifical en faveur de Montmajour ne donne une liste de biens du monastère. Montmajour ne s’est jamais soucié, au XIe siècle, de faire confirmer par Rome ses principales possessions. Les bulles d’Urbain II de 1096 et de Pascal II de 1102, adressées à l’abbé Guillaume, identiques dans leur contenu, ont été élaborées d’après l’ancien privilège de Léon VIII, vieux de plus d’un siècle. C’est seulement pendant l’abbatiat de Pierre (v. 1118¬1130) que les diplômes romains énumèrent de façon plus détaillée les possessions de l’abbaye (Magnani).

–1170 – 30 juillet : PONS DE MEOUNES DONNE DES BIENS AUX CHARTREUX DE MONTRIEUX – Le 30 juillet 1170, Pons de Méounes donne aux chartreux de Montrieux le bien qu’il possède dans les limites du monastère, au-delà du Gapeau, ainsi qu’une part d’un vignoble situé au pied de la Côte Orphanelle. Son fils Arbert, confirme cette donation (Boyer, 1980, p. 409 ; original perdu ; copie Capus, p. 321 ; IND. A.V., 1H3, fol. 195 ; Dubois, p. 31). Poncii de Melna. Notum sit omnibus hominibus tam prestibus quam futuris quod Pontius de Melna, pro salute anime mee et parentum et omnium benefactorum meorum, dono et laudo heremitis Montis Rivi honorem quem infra terminos eorum, ultra Gapellum, habebanm, et partem vinee, que est ad radicem Coste Orphanelle. Hanc donationem fecit in manu domni Bertrandi, prioris. Presentibus monachis ejus : Honorato, Sibosio, Willelmo Bez, Petro de Ponte, qui hanc cartam scripsit ; Giraldo, Rollando, Bernardo, Willelmo ; laicis vero : Raimundo Bertrandi de Cors, et Giraldo Melli. Hanc autem donationem fecit et confirmavit filius predicti Pontii, Arbertus, coram prefatis testibus…
–1178 – 30 juillet : FREDERIC IER BARBEROUSSE COURONNÉ EMPEREUR A ARLES – Le 30 juillet 1178, a lieu à Arles le couronnement de l’empereur romain germanique, Frédéric Ier Barberousse, par l’archevêque d’Arles, Raimon de Bollène. Vers cette date, Aix devient la résidence privilégiée et le centre administratif des comtes de Provence au détriment d’Arles (de Gérin-Ricard : Bibl. Carpentras, ms n° 1860, p. 665 ; ibidem, p. 669.).
–1231 – 30 juillet : DROITS SEIGNEURIAUX – Le 30 juillet 1231, à Forcalqueiret, homologation par Geoffroi Reforciat, châtelain du château Royal près de Carnoules, et G., prévôt de Pignans, de la sentence arbitrale par Raimond, chanoine de Toulon, au sujet de leurs droits seigneuriaux et usages réciproques (de Gérin-Ricard : Bibl. Carpentras, ms n° 1860, p. 665 ; ibidem, p. 669).
–1290 – 30 juillet : BOCA CANSOL (acte notarié). LE CANCEL – lieu-dit, commune de Marseille, dans les montagnes de la Gardiole.
–1318 – 30 juillet : SALA DE RAINHARDA (acte notarié). LA SALLE – hameau, commune d’Allauch, quartier des Trois-Lucs (1872). Première mention : Sala de Reniharda, 6 août 1256 (charte aux arch de la Major).
–1348 – 30 juillet : LA REINE JEANNE À SANARY – Lors de son voyage en 1348, quittant la Provence pour se rendre en Sicile, la Reine Jeanne et son second mari, Louis de Tarente, s’arrêtèrent le 30 juillet dans le port de Saint-Nazaire. A cette occasion Bertrand de Marseille la protégea et l’escorta. Plus tard, pour le récompenser (…), la reine Jeanne, le 24 juin 1252, confirma Bertrand dans la possession de son fief par un acte dit « Inféodat d’Ollioules » (Ephémérides 2e année)

1989 – chemin de la reine jeanne – Ceyrest : vieille-font (cl. H. Ribot)
–1434 – 30 juillet : ACTE AUX ARCHIVES COMMUNALES DE CEYRESTE – L’abbé de Saint-Victor, seigneur de Ceyreste sous la suzeraineté du comte de Provence, exerçait la juridiction, sauf les cas royaux et les premières appellations. Les habitants de Ceyreste avaient toutefois le droit de s’assembler en communauté et de s’administrer par des consuls. Cet état de choses, mal défini d’abord, a été réglé par une transaction à la date du 30 juillet 1434 entre les habitants de Ceyreste et Guillaume du Lac, abbé de Saint-Victor. Le document mentionne la Font-Nerta (LA NERTE – lieu-dit, commune de Cassis, quartier de l’Arène, en 1872) dont le quartier est connu sous le nom de La Nerta, depuis le 28 décembre 1439 (registre aux archives de l’Evêché)..
–1447 – 30 juillet : GARDE DU RIVAGE – Le 30 juillet 1447, des bâtiments « maures » sont signalés au large de Toulon. Des hommes sont chargés de faire l’estout, c’est-à-dire de veiller à ce qu’il n’y ait point de surprise (De Ribbe, 1898, p. 41 ; Inventaire des archives communales de Toulon, t. 1,…).
–1489 – 30 juillet : SOCIETE OLLIOULAISE – Le 30 juillet 1489, dans le ménage de Jaume Deydier, bayle du seigneur d’Ollioules, naissance d’Honorade dont les parrain et marraine, seront le magnifique Guiran de Gordes et mademoiselle Honorade, fille de Monseigneur d’Ollioules. Le baptême ayant lieu le 1er août. Trois mois plus tard, le12 novembre, Guiran choisira Jaume Deydier pour le parrainage de son fils Bertrand (De Ribbe, 1898, p. 236).
–1501 – 30 juillet : REGISTRE AUX ARCHIVES DE L’ÉVECHE DE MARSEILLE.
1. BAUS DE GOTE ALIAS GOTA. Première mention des BAUX DE GOUTTE – lieu-dit, commune d’Aubagne près de Ruissadel (1872).
2. CAMP DE MANARRENC – lieu-dit, commune d’Aubagne, vers Gémenos.
3. CROS DE LAS VACAS – lieu-dit, commune d’Aubagne, près de Ruissadel.
4. NOTRE-DAME DE ORRA (registres du greffe de l’Ecritoire, archives municipales de Marseille).
5. FONT DE GAYTO. FONT DE GAIETTE – lieu-dit, commune d’Aubagne, près Ruissadel. Première mention : Font de Gayette, 10 septembre 1453 (acte aux archives de l’Evêché).
6. LAS INFIRMIERAS. LES INFIRMIERES – lieu-dit, commune d’Aubagne, quartier de Solans. Première mention : Las Enfermaries, 7 septembre 1453 (acte aux archives de l’Evêché).
6. Canxisse. LES CANSETTES- quartier rural, com. d’Aubagne. Première mention : La Cansseta, 14 mai 1233 (ch. aux archives municipales).
–1597 – 30 juillet : ACTE AUX ARCHIVES DE L’EVECHE DE MARSEILLE.
1. CORDELLE – lieu-dit, commune de Cassis, quartier de l’Arène (registre aux archives de l’Evêché).
2. LE FERRAGEON – lieu-dit, commune de Cassis, quartier du Lombard. Première mention : Ferraies, 10 mars 1501 (acte aux archives de l’Évêché).
3. Poux de Notre-Dame-de-la-Mer. LE Poux – lieu-dit, commune de Cassis, quartier de Notre-Dame (1872). Première mention : Lo Pos, 28 décembre 1439 (charte aux archives de la Major).
–1622 – 30 juillet : LESDIGUIÈRES ABJURE SA FOI ET DEVIENT CATHOLIQUE – Louis XIII voulut nommer connétable le vieux compagnon d’armes de son père, François de Bonne, seigneur de Lesdiguières, mais Lesdiguières était protestant. La connétablie valait bien une messe, et M. de Lesdiguières abjura… ce lui valut cette lettre du vieux Duplessis-Mornay, calviniste farouche : “ J’ai appris, Monsieur, que le roi vous avait honoré de la charge de connétable de France, dont je vous félicite, bien fasché néanmoins que vos loyaux et grands services vous l’aient pu acquérir sans gêhenner votre conscience. ” Lesdiguières gêna aussi la morale. En dépit de ses soixante-dix ans, ce rude homme, installa au château de Vizille qu’il venait de faire bâtir, sa maîtresse, la jeune et jolie Marie Vignon, que les pasteurs du Graisivaudan – ils avaient leur franc parler – appelaient sans ambages une ordure. Elle était l’épouse d’un marchand de soies de la rue Revenderle, à Grenoble, qui (…) eut le bon goût de se faire assassiner et, âgé de soixante-treize ans, M. de Lesdiguières épousa Marie, tout en soupirant, car il n’était point fol : – Il faut bien, une fois, faire une folie dans sa vie ! Et Mme la connétable de Lesdiguières, seconde dame de France, après la reine, l’ex-ordure de ces messieurs les pasteurs du Graisivaudan, reçut, le 30 juillet 1622, à Vizille, S. M. le roi Louis XIII et sa cour (Castelot, 1962).
–1666 – 30 juillet : (registre aux archives des Prêcheurs). PEIRE-PLANTADE – lieu-dit, commune de Marseille, quartier du Cannet (1872). Première mention : Peyre plantade, 12 avril 1469 (acte aux archives de l’Evêché.
–1707 – 30 juillet : SIÈGE DE TOULON – COMBAT D’ARTIGUES ET DE SAINTE-CATHERINE : Le 30 juillet 1707, deuxième attaque des troupes du duc de Savoie contre les fortifications de l’est de Toulon. 6.000 hommes apparaissent à la fois sur les hauteurs d’Artigues et de Ste-Catherine, mais ils sont accueillis par un tel feu des bastions de la place qu’ils ne peuvent se maintenir. La ligne est réoccupée par les Français qui brûlent les oliviers énormes qui couvrent le plateau Ste-Catherine et le cachent à la vue du rempart (Ephémérides 2e année).
–1720 – 30 juillet : PESTE A MARSEILLE ET TOULON – L’épidémie de peste s’étend et s’amplifie à partir du 30 juillet 1720 où l’on dénombre 40 morts par jour à Marseille, tandis que Toulon est infecté (André Maurice, 1983).
–1721 – 30 juillet : SANARY – Louis Chauvet, ermite de la chapelle de Notre-Dame de Pitié, meurt en soignant les pestiférés. On a jusqu’ici pu éviter la « serrade ». C’est une grave décision qui consiste en ce que chaque famille doit s’enfermer dans sa maison sans communication avec quiconque. Les Intendants de santé et ceux chargés de fournir les vivres et tout ce qui est nécessaire aux habitants sont seuls autorisés à circuler. On ferme aussi les portes du bourg. pour qu’aucun habitant du terroir ne puisse y pénétrer. Cette serrade est fixée à quarante jours. Aucune circulation n’est plus permise. On verra Si par ce moyen on trouve le mal contagieux au village. Les infirmeries sont petites. On choisit un endroit pour loger les -malades pour le cas où le nombre augmenterait. On choisit d’abord, le 30 juillet, la bastide de Jean ETIENNE de la CR1DE, mais c’est un lieu trop éloigné, de plus il n’y a pas d’eau pour l’usage des malades.. On jette alors les yeux sur la bastide du clos du sieur INFERNET vicaire, au quartier du Pontilleau, ainsi qu’à la chapelle Notre-Dame du BONREPAU. La décision est prise, les malades y seront logés, et seront pourvus des moyens nécessaires. Bien entendu, la chapelle N.D. de Pitié est aussi retenue et aménagée, en infirmerie. Le frère ermite, Louis CHAUVET, meurt en juillet 1721, en soignant les malades. La quarantaine décidée dans la journée, car le premier Consul veut éviter tout désordre, prend effet le 30 Juillet au soir. C’est une mesure grave, mais à cette époque c’est la seule qui donne quelque succès. Les intendants vont voir leur travail décupler. Ils fournissent les habitants de leurs besoins, courent, vaquent pour secourir les autres. Ils n’ont pas le temps de s’occuper d’eux-mêmes. Le Bureau convient alors de-leur attribuer à chacun une livre de viande chaque jour, sauf les vendredis et samedis. Les intendants estiment cette petite gratification suffisante pour tous les soins et peines qu’ils- prennent. Ils ne veulent rien d’autre. (B. Rotger, 1984 )
-1789 – 30 juillet : LE PROJET DE CONSTITUTION SEMBLE DÉJÀ TRÈS TRADITIONALISTE ET AFFIRME LES PRÉROGATIVES ROYALES – La nouvelle de l’arrivée presque inattendue de Necker, hier, a été vivement applaudie. L’assemblée générale n’a pas lieu ce matin, mais les bureaux, eux, se sont réunis : ils ont commencé à discuter de la première partie d’un projet de Constitution et de celui d’une Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Le projet de Constitution semble déjà très traditionaliste et affirme les prérogatives royales avec la très importante question de la sanction du roi. L’accueil fait à ce projet est très mitigé (Agenda du Bicentenaire, JEUDI 30 JUILLET).
–1791 – 30 juillet : SITUATION TENDUE DANS LA DRÔME – Le 30 juillet 1791, alors qu’à Paris, l’Assemblée constituante vote la suppression des titres de noblesse ainsi que la déchéance de leur nationalité des Français affiliés à un ordre de chevalerie installé à l’étranger, la situation est tendue depuis si longtemps dans la Drôme, qu’une compagnie de canonniers du 1er régiment d’artillerie et 4 ouvriers de la 6e compagnie sont détachés à Pont-Saint-Esprit pour ramener le calme (Ephémérides 2e année).
–1792 – 30 juillet :
1. LE CHANT DES FÈDERÉS MARSEILLAIS – Le 30 juillet 1792, les troupes des Fédérés marseillais font une entrée triomphale, aux Tuileries, en entonnant le « chant de guerre pour l’Armée du Rhin » composé par Claude Joseph Rouget de Lisle, capitaine du Génie alors en poste à Strasbourg dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 à la suite de la déclaration de guerre à l’Autriche du 20 avril 1792. Le docteur François Mireur, futur général des armées d’Italie et d’Égypte, venu à Marseille afin d’organiser la marche conjointe des volontaires du Midi (Montpellier et Marseille), publiera ce chant, à Marseille, pour la première fois, avec un nouveau titre : « Chant de guerre des armées aux frontières ». Le « Chant de marche des volontaires de l’armée du Rhin ». Immédiatement, la foule parisienne, sans se préoccuper de ses différents noms, baptise ce chant : La Marseillaise. Ce titre, outre sa simplicité, avait l’avantage de marquer de Strasbourg à Marseille, de l’Est au Midi, l’unité de la Nation. De la rue Thubaneau aux Champs-Élysées, le chant de Rouget de Lisle devient l’hymne des Marseillais et bientôt La Marseillaise. Le texte est fortement inspiré par une affiche apposée à l’époque sur les murs de Strasbourg par la Société des amis de la constitution ou la municipalité. Par ailleurs, les « enfants de la Patrie » désignaient les engagés volontaires du Bas-Rhin, dont faisaient partie les deux fils du maire. De même, un parent de Rouget de L’Isle rapporte qu’il aurait affirmé, lors d’une réunion, s’être inspiré d’un chant protestant de 1560 exécuté lors de la conjuration d’Amboise. Enfin, certains ont suggéré que Rouget a pu songer à l’ode de Nicolas Boileau « sur un bruit qui courut, en 1656, que Cromwell et les Anglais allaient faire la guerre à la France ». L’origine de la musique est plus discutée, puisqu’elle n’est pas signée (contrairement aux autres compositions de Rouget de Lisle). Plusieurs écrivains et musiciens ont émis des doutes sur sa paternité, jugeant un amateur comme Rouget de Lisle incapable de composer un hymne dont la valeur musicale est reconnue (Ephémérides 1ère année).
2. HEURTS ET VIOLENCES A TOULON – PENDAISON DU GEÔLIER DE LA PRISON – Lundi 30 juillet, neuf heures, à Toulon. Ordre au colonel de Merbion de réduire encore le nombre des troupes qui composent les patrouilles. Même jour, dix heures. Le sieur Jean Naste, portefaix au palais de justice, se présente à l’hôtel de ville et fait un récit circonstancié de ce qui vient d’arriver au sieur Antoine Fadas, geôlier de la prison. Plusieurs patriotes se sont présentés à sa loge vers huit heures : — Il nous a été signalé que des prisonniers ici détenus sont des ennemis du peuple. Nous voulons nous assurer d’eux ! — Tous les prisonniers sont sous ma garde et ma responsabilité. Je ne puis vous en livrer aucun. Une vive discussion s’en étant suivie, Fadas s’est écrié : « Vous prendrez ma vie plutôt que de me faire oublier mon devoir. « Les patriotes l’ont alors arraché à sa loge et l’ont entraîné vers la place du Marché-au-Foin, tout en commençant à le larder de coups de sabre. « Puisque vous allez me tuer, leur disait-il, pourquoi me faire souffrir? » Lié à un réverbère et achevé (Selon le récit des journées du 28 juillet au Ier août 1792 rédigé par le greffier de la commune de Toulon, cote d’archivé de ce document : AN. F. 3. 5.693 (Nouvelle Librairie Nationale, Paris, 1911)).
3. HEURTS ET VIOLENCES AU BEAUSSET – TENTATIVE DE LYNCHAGE D’UN CITOYEN – Le 30 juillet, Dumerbion réussit à renvoyer les gardes nationaux chez eux. Mais pas pour longtemps en ce qui concerne les beaussetans. Avant de partir, Joseph Vidal aura réussi à se faire livrer, les 29 et 30 juillet, par la direction de l’artillerie, 300 fusils garnis de leurs baïonnettes, 300 sabres, 12 pistolets, et 2 canons de 4 avec 300 boulets à tirer (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution Française).
Le 30 juillet, à sept heures du soir (soit à l’époque des troubles de Toulon), il se produit un nouvel événement tragique, alors que le conseil en assemblée permanente est réuni à la maison commune. Le citoyen Cyprien Deprad échappe de peu à un lynchage, sans qu’il soit possible de déterminer les raisons de la haine populaire à son égard. A sept heures du soir donc, les membres du conseil ont « entendu un grand bruit à la rue, et de suite il nous a été donné avis que c’était une troupe d’hommes et de femmes qui courait après un homme. Sur quoi nous nous sommes de suite transportés décorés de nos écharpes du côté de l’attroupement qui se trouvait être alors sur une aire du sieur Martin, potier, sise du côté de la rue S te Magdeleine, et après avoir parlé au peuple attroupé, au nom de la loi nous sommes parvenus à lui enlever un homme que nous avons reconnu pour être le sieur Cyprien Deprad que nous avons conduit au milieu de nous à la maison commune et fait mettre en prison pour le garantir de la fureur populaire, et voyant le calme rétabli nous avons consigné les clefs de la prison au commandant de la garde qui était doublée, et lui avons requis et consigné de veiller à la sûreté du sieur susnommé »… (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution Française)
-1793 – 30 juillet : ÉMOI DES TOULONNAIS A LA NOUVELLE DE L’AVANCÉE DES TROUPES DE CARTEAUX – Le 30 juillet 1793, les Toulonnais, qui viennent d’entrer en sédition, apprennent que l’armée républicaine, commandée par le général Carteaux a pris Avignon le 26, tandis que l’armée des Bouches-du-Rhône, prise de panique, reflue sur Aix (Ephémérides 2e année).
–1798 – 30 juillet – (12 thermidor an VI) : LES MARINS SUSPECTS D’EMIGRATION SONT ELARGIS – Le 12, et à cause des nécessités d’armement, les marins suspects d’émigration sont élargis avec leurs femmes (Henriette Trojani,).
-1804 – 30 juillet : LE PRÉFET DU VAR AUTORISE LA COMMUNE DE SANARY A ÉTABLIR UNE ÉCOLE PRIMAIRE dont Charles Roustan et Jean Antoine Tanneron furent les premiers instituteurs. Si les instituteurs, ne recevant d’ailleurs rien de l’Etat, étaient peu rétribués par les familles, ils étaient en revanche étroitement surveillés par le clergé et surtout par les agents du gouvernement qui se préoccupaient fort de leurs principes d’éducation et particulièrement de leurs idées politiques (Rotger B., 1984, p. 340).
–1810 – 30 juillet : GUERRE SUR MER – Le 30 juillet 1810, un pinque génois appelé « Le Saint-Nicolas », commandé par le capitaine Barthélémy Moulin, poursuivi par des embarcations ennemies, s’échoue sur la côte occidentale de Six-Fours, près de la Lauve (Rotger B., 1984, p. 355-356.).
–1814 – 30 juillet : L’ARMÉE ET LE POUVOIR – Si la marine et ses chefs tentaient dans la situation pitoyable qui leur était faite de sauver ce qui pouvait encore l’être, il faut admettre que les mesures prises, même les plus critiquables, par le Ministre Dubouchage pouvaient être difficilement évitées. Il serait injuste, ainsi que nous le verrons dans un prochain chapitre, d’accuser le Ministre de la Marine d’avoir sciemment toléré les abus et l’arbitraire. Nous avons déjà cité des exemples de la sollicitude royale envers le « petit peuple de la Marine ». Dans une lettre du 30 juillet 1814, il est vrai, le Ministre écrivait au Préfet Maritime de Toulon : « Sa Majesté entend que le Droit et l’équité déterminent seuls le choix des hommes qui vont rentrer dans leurs familles, et il vous est particulièrement recommandé de tenir la main à ce que les commandants des corps n’exercent aucune influence contraire à ces principes. » Les directives étaient précises, toute la correspondance officielle du vicomte Dubouchage est sur le même ton. Une lettre secrète et confidentielle autorisait le Préfet Maritime à tolérer rembarquement de tous les marins déserteurs qui se présenteraient, et pas seulement les déserteurs des 100 jours. Il est vrai que le Ministre rappelait aussi qu’ « en vertu de l’article 5 de l’acte du 4 mai 1812, tout militaire qui se rendrait coupable de désertion après avoir obtenu grâce pour le même délit est passible de la peine de mort ». Il arrive parfois qu’un chef soit débordé par des subordonnés trop zélés. Quand le Préfet Maritime, l’amiral de Missiessy, se plaint qu’il n’a pas assez d’hommes de troupe de marine, Débouchage lui reproche de proposer sans cesse des licenciements et il lui ordonne de ne licencier que les impropres au service après avis de la Commission de Santé. Quand un bâtiment change de nom, rappelle le Ministre, « ces suppressions doivent être faites sans éclat ». Tous les emblèmes, chiffres et armoiries de l’Usurpateur doivent être supprimés partout où ils existent, mais une lettre du Ministre prescrit que « cette suppression sera exclusivement opérée par les autorités de police ». La Marine, comme la Guerre d’ailleurs, devra veiller à ce qu’aucune adresse, proclamation ou feuille publique « ne contienne d’injures ou expressions outrageantes contre le gouvernement renversé ». Dans une autre lettre, Dubouchage écrivait : « Nul ne peut être inquiété pour ses opinions, c’est Je droit de tous les citoyens, mais nul ne peut être admis à servir le Roi dans un grade quelconque, s’il n’est sincèrement dévoué à Sa Majesté. »
-1822 – 30 juillet : QUAND « LES TROIS AMIS » DEVIENNENT « GUSTAVE » ! – Le brick Les 3 Amis construit par le chantier Pierre Lombard, à La Seyne (100 tonneaux, 2 mâts et 1 pont, armateur : Antoine Coutelenq, capitaine marin et autres, à Toulon et à Six-Fours) devient le Gustave (Louis Baudoin, 1965).
–1864 – 30 juillet : CREATION D’UN RESEAU TELEGRAPHIQUE ENTRE LA SEYNE, OLLIOULES, SANARY ET BANDOL – En vertu d’une circulaire du Ministre de l’intérieur du 30 Juillet 1864 envisageant la création d’un réseau télégraphique dans les Chefs-lieux de canton et les localités importantes, la commune de Bandol fait part, en juin 1865, de la demande qu’elle vient de faire à Monsieur le Sous-Préfet de Toulon de faire établir un réseau télégraphique entre les communes de La Seyne, Ollioules, Sanary et Bandol. Cette proposition de BANDOL sera accueillie avec faveur par SAINT-NAZAIRE. Une convention pour la création de ce bureau à SAINT-NAZAIRE sera signée avec le Préfet en juillet 1865 (Rotger B., 1984, p. 411).
–1867 – 30 juillet : SANARY – AGENDA D’HENRI FLOTTE- Mardi 30 – St-Abdon – Grand concours de [jeu de] paume. 8 communes y figuraient. Commencé vers 9 h du matin, il n’a fini qu’à 6 h du soir. Belgentier a gagné le premier prix, 180 francs. Solliès-Pont a gagné le 2nd prix, 60 francs. À 6h du soir on va à la course des chevaux à la plage où tout s’est bien passé. Sauf qu’un individu est tombée de cheval mais il n’y a pas eu de suite fâcheuse. Pendant les 3 soirées, la Salle verte a été animée – on a assez bien soupé et aujourd’hui ce qui restait des mâts de Cocagne a été enlevé par des individus montés par les cordes. Enfin on doit dire que ces trois fêtes ont été splendides et comme jamais nous ne les nous avions vues.

-1892 – 30 juillet : CONSTRUCTION DU FUNICULAIRE A CRÉMAILLÈRE DE MARSEILLE – Inauguration du funiculaire à crémaillère le plus haut de France (161,9 m) construit en deux ans et demi, sur le principe de deux cabines de 50 passagers, équilibrées sur le principe de la balance d’eau, pour le compte de la Société des Ascenseurs de Notre-Dame de La Garde à Marseille. Le projet d’Émile Maslin, ingénieur aux Forges et chantiers de la Méditerranée, avait été retenu par le conseil municipal en 1889, soit 5 ans après la consécration de la basilique. De sa gare de départ de style colonial, cinquante passagers pouvaient embarquer pour une ascension de 84 mètres à l’assaut d’une pente vertigineuse. À l’arrivée une passerelle construite par la société Eiffel et longue de 80 mètres permettait ensuite de rejoindre la partie basse de la basilique. L’ascenseur, comme il a vite été surnommé, fonctionnait sans électricité mais grâce à un système hydraulique qui permettait de faire monter et descendre les deux cabines en bois posées sur des rails, une crémaillère et reliées par un câble autour d’un tambour. Cabines équipées d’un réservoir d’eau de 6000 litres. En remplissant celui de la cabine du haut, elle descendait et faisait remonter celle du bas vidée de son eau. A raison de deux minutes de trajet seulement, durant ses 75 années de vie, ce funiculaire transporta 600 000 personnes par an.
–1896 – 30 juillet : LIGNE DE TRAMWAY ELECTRIQUE TOULON-LA VALETTE – Le 30 juillet 1896, est inaugurée la ligne de tramway électrique Toulon-La Valette. Progressivement, le réseau toulonnais allait s’étendre vers le Mourillon, Le Pont du Las, Les Routes, Lagoubran (Ephémérides 2e année).
–1897 – 30 juillet : MAIRIE DE SAINT-MANDRIER – Le 30 juillet 1897, la nouvelle mairie de la section de Saint-Mandrier est terminée. La société philharmonique « Conciliation » y trouve une salle de répétitions. MM. Peyret, adjoint spécial à qui l’on doit la construction, Maunier président, Daudé, chef de la « Conciliation » et quelques membres exécutants, se sont rendus dans la nouvelle salle de la musique et ont étudié sur place le nouveau système d’éclairage que recevront les musiciens pour les répétitions. Cette salle sera éclairée au moyen de resplendissants réflecteurs dernier modèle» (Ephémérides 2e année).
–1907 – 30 juillet : MARSEILLE – Un arrêté préfectoral, après réalisation d’essais et de tests de sécurité, autorisa la mise en service de l’ascenseur du pont transbordeur (doc. Paul Rouyer).
-1908 – 30 juillet : GRÉVISTES TUES A BOUT PORTANT PAR LES FORCES DE L’ORDRE – Quatre grévistes sont tués à Draveil par les forces de l’ordre qui, pour la première fois depuis la fondation de la IIIe République, ont tiré à bout portant. Les jours suivants, Clemenceau fait arrêter 31 dirigeants de la CGT qui se trouve ainsi décapitée. Des troubles continueront à agiter la région de Draveil et de Villeneuve-Saint-Georges jusqu’en janvier 1909, date à laquelle la chambre des députés votera l’amnistie de tous les faits survenus.
–1909 – 30 juillet : CREATION DE L’ORÉAL – Eugène Schueller crée la société française de teinture pour les cheveux qui deviendra par la suite le groupe l’Oréal.
–1912 – 30 juillet : CONSTRUCTION NAVALE – Le 30 juillet 1912, le transport spécialisé « Kanguroo », portant le sous-marin « Ferré » dans ses flancs, quitte Saint-Mandrier et prend la mer à destination du Pérou. A bord sont embarqués les officiers et l’équipage du submersible qui, après avoir suivi la construction de leur bâtiment sur ses chantiers, ont été initiés et entraînés à la navigation sous-marine par les soins du personnel technique de MM. Schneider et Cie, à la Station d’Essais de Saint Mandrier (Ephémérides 2e année).
–1914 – 30 juillet : CINÉMA – Le 30 juillet 1914, alors que la guerre se précise à l’horizon, le dernier événement marquant du quartier des Russes, à Saint-Mandrier, sera le tournage d’un film sur différents endroits de la côte et notamment vers les chantiers du Creusot (Ephémérides 2re année).
–1927 – du 28 au 30 juillet : LE PREMIER PORTE-AVIONS FRANÇAIS – Le porte-avions Béarn, construit par les chantiers de La Seyne, est sur rade du 28 au 30 juillet. Puis, il sera à Milhaud jusqu’au 14 octobre (Moulin Jean, Morareau Lucien, Picard Claude, 2001).
–1935 – 30 juillet : LE PREMIER PORTE-AVIONS FRANÇAIS – La première chauffe de la rue 1 commence le 30 juillet 1935, suivie de la rue 2 le lendemain.
–1940 – 30 juillet :
1. PAS DE VACANCES CETTE ANNÉE DANS LES ÉCOLES DE LA SEINE. Le préfet de la Seine vient de décider que toutes les écoles du premier et du deuxième degré, relevant de la Direction de la Seine, resteraient ouvertes pendant la période du 1er août au 15 septembre. Il s’agit, en fait, des écoles primaires, primaires supérieures et techniques. Les activités intellectuelles seront réservées à la matinée : les activités physiques à l’après-midi. Les écoles ouvriront tous les jours ouvrables, de 9 h à 11 h 30 et del4hàl6h 30. Les cantines pourront continuer à fonctionner (Le Matin, mardi 30 juillet).
2. LE GOUVERNEMENT DE VICHY INSTITUE LES CHANTIERS DE JEUNESSE (Ephémérides 2e année).
3. BOBARD – LA MORT DE CHARLES TRÉNET ! Midinettes, vos beaux yeux vont pleurer : le Prince charmant de la chanson est mort. 11 est mort en avion. Nous ne savons rien de plus : il est mort sans détail ! S’il commentait son destin, sans doute vous dirait-il en souriant : «Ce n’est rien. Je suis tombé de … Une chute de Pégase!… » On l’avait baptisé « le fou chantant».. 1l fallait en effet être un peu fou et de la manière la plus ravissante pour écrire des chansons et célébrer la joie, la jeunesse et l’amour en des temps où la joie, la jeunesse et l’amour étaient comme interdits de séjour… Chansons alertes, musique guillerette, rimes espiègles, sentiments ton sur ton… 11 arrivait en scène, ainsi qu’à une fête, le chapeau en arrière, le visage barbouillé de sourire comme confiture et aussitôt la salle était comme illuminée : avait de la joie… Un frémissement l’accueillait. On n’était venu que pour lui, et comme il ne faisait son entrée qu’à l’heure des étoiles, sur le coup de 11 heures, on avait toujours un peu l’impression qu’il était en retard. On avait envie de lui dire : « Enfin te voilà, ce n’est pas trop tôt… » Mais il ne nous en laissait pas le temps, car il « enchaînait » aussitôt. Que chantait-il ? Il chantait la fleur bleue qu’on cueille dans le chemin des écoliers, le soleil qui pose des lapins à la lune, les rois qui dansent la java, les cœurs qui font boum, les amoureux qui se promènent la main dans la main et les grands-pères distraits qui oublient leurs chevaux. Ce garçon sympathique, qui jouait avec son talent ainsi qu’avec une toupie, nous a quittés un peu trop tôt. Il nous laissera le souvenir d’un ami d’enfance, vous savez : le bon petit diable qui faisait des blagues, qui arrosait les pianos pour faire fleurir les mélodies et qui embrassait toutes les filles sur la bouche histoire de les faire rêver. On se surprendra encore à chanter mélancoliquement ses airs légers. Le printemps a perdu sa fleur bleue. Y a plus de joie ! Y a plus de Trenet ! (Paris-Soir, mardi 30 juillet 1940).
–1942 – 30 juillet :
1. GUERRE – FRONT DE L’EST – « PLUS UN PAS EN ARRIÈRE ! » Quand Molotov lance : « Sous le grand étendard de Lénine et de Staline, nous mènerons cette lutte jusqu’à la victoire totale, jusqu’au triomphe complet de notre cause et de celles de toutes les nations éprises de liberté », c’est le nom de Staline qu’on crie durant plusieurs minutes. Mais quelques semaines plus tard, la ville de Rostov tombe aux mains des Allemands. On devine derrière le paravent des communiqués officiels la panique qui a saisi les troupes russes. Et c’est Staline qu’on invoque et qui intervient. Les journaux martèlent à sa suite qu’il faut une « discipline de fer ». « Ressaisissez-vous », lance-t-on « aux lâches et aux paniquards ». On ne cache plus qu’on a fusillé des généraux et de nombreux officiers, comme des dizaines de soldats. Le 30 juillet 1942, l’ordre du jour de Staline est lu dans toutes les unités : « Plus un pas en arrière ! » La Pravda le reproduit et le commente : « Une discipline de fer, des nerfs d’acier sont les conditions de notre victoire : soldats soviétiques, plus un pas en arrière. Voilà la devise de notre pays ! « L’ennemi n’est pas aussi puissant que l’imaginent certains paniquards terrifiés… Chaque soldat doit être prêt à mourir de la mort d’un héros plutôt que de négliger son devoir envers son pays… Ou bien nous aurons une armée d’une discipline rigoureuse, ou bien nous périrons. Aujourd’hui, l’ordre d’un officier est une loi d’airain ! » (Max Gallo, 2011)
2. GUERRE – FRONT D’AFRIQUE DU NORD : ROMMEL N’HÉSITE PLUS À CRITIQUER LE COMMANDEMENT ITALIEN, le dénuement de l’armée de Mussolini, dont l’armement est dérisoire, en qualité et en quantité. « Les unités sont pratiquement dépourvues d’armes et de chars capables de percer les blindages des chars ennemis.” Par ailleurs, Rommel est scandalisé par la manière dont le soldat italien, « étonnamment frugal et d’une modestie toute épreuve », est traité par ses officiers. Les rations alimentaires sont si insuffisantes que fréquemment les soldats italiens viennent mendier auprès de leurs camarades allemands les nourritures qui leur font défaut. Alors que ces soldats doivent se passer de “roulantes”, le officiers italiens continuent d’exiger des repas comportant plusieurs plats ! Beaucoup d’officiers estiment superflu de se montrer pendant la bataille et de donner à leurs hommes l’exemple du courage. » Malgré ce constat critique, Rommel, en cette fin juillet 1942, tire un bilan positif de son offensive. Il n’a pas conquis El-Alamein, mais l’Afrika Korps résiste. Entre le 26 mai et le 30 juillet 1942, il a capturé 60 000 soldats de l’armée britannique, détruit plus de 2 000 chars et véhicules blindés. Seulement, les pertes allemandes sont très lourdes et l’Afrika Korps ne peut espérer recevoir des renforts significatifs en hommes et en matériel (Max Gallo, 2011).

–1943 – nuit du 30 au 31 juillet : CINQUIÉME MISSION DU SOUS-MARIN FNFL « CASABIANCA » – Les succès obtenus par le « Casabianca » incitent les services secrets alliés à tenter un débarquement record de munitions et d’armes en Corse. Le sous-marin réussit à absorber 20 tonnes de matériel en paquets de 35 kg et il est prêt à appareiller le 27 juillet à 19 h 00. Mais il devient nécessaire de débarquer des armes dans un lieu différent pour les faire parvenir plus facilement dans le centre de la Corse après en avoir approvisionné le nord de l’île. Aussi, à la demande du commandant Colonna d’Istria, le Casabianca ira déposer sa cargaison dans le golfe de Porto. La crique de Gradella est choisie après une reconnaissance aérienne des Anglais. Rendez-vous est pris avec l’organisation en Corse, le 30 juillet à 20 h 30. Quatre Anglais se joignent à l’équipe du « Casablanca ». Le commandant L’Herminier atterrit sur le cap Gargalo le 29 juillet dans la nuit et se pose sur le fond dans la journée du 30 à 14 h 30, dans l’axe du golfe de Porto. A 22 h 50, le sous-marin fait surface et pénètre dans la baie de Gradella. Les doris sont mis à l’eau et s’approchent de la plage, quand une fusillade très vive éclate dans la nuit. Les doris font demi- tour, les hommes remontent à bord et le « Casabianca » bat en arrière rapidement pour se dégager. L’alerte est donnée sur la côte quand le Casabianca lance ses diesels et fait route vers le large- Il n’y a pas de blessés. Le commandant L’Herminier décide de gagner le golfe de Saint-Florent et de débarquer son matériel sous la pointe Curza comme au cours de la mission précédente. Le 31 juillet à 15 h 25, le « Casabianca » se pose sur le fond en face de la plage de Saleccia. Il fait surface à 23 h 35 par calme plat. Le lieutenant de vaisseau Bellet se rend à terre pour effectuer la reconnaissance préalable. Il prévient après une minutieuse exploration des environs que la plage est claire de tout danger. Le débarquement commence alors avec l’aide du youyou métallique et 12 tonnes, sont mises à terre et camouflées soigneusement. Le 1er août à 04 h 00, toute l’équipe de plage a rallié et le sous-marin plonge après avoir laissé un Anglais avec un poste radio pour assurer la surveillance de la plage. A 22 h 35, le « Casabianca » prend contact avec l’officier anglais et le débarquement commence aussitôt. Pour hâter le mouvement, le commandant L’Herminier envoie trente hommes à terre, le reste aide à la manutention des paquets à bord du sous-marin. L’opération terminée, le Casabianca plonge et remonte en surface la nuit suivante pour prendre le large et prévenir l’organisation en lui donnant l’emplacement des dépôts de matériel débarqué. Le « Casabianca » fait route sur Alger où il arrive le 10 août, après avoir effectué une courte patrouille. Dès son arrivée, le commandant l’Herminier apprend que l’organisation corse a récupéré tout le matériel avant d’avoir été prévenue du changement de programme.
-1950 – 30 juillet : « LES PASSAGERS DE LA PLUIE » A SAINT-MANDRIER – Les 29 et 30 juillet 1950, à Saint-Mandrier, le cinéma-central projette le film de Delmers Daves intitulé : « Les passagers de la pluie » (1947), avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall (Ephémérides 1ère année).
–1956 – 30 juillet : ACCIDENT DE PLONGEE A SAINT-MANDRIER – Le 30 juillet 1956, le Seynois Pierre G., âgé de vingt-sept ans, et René D., habitant Saint-Mandrier, tous deux ouvriers des chantiers de la Seyne, décident de se rendre, lundi 30 juillet, au lieu-dit « Le Rascas » pour une partie de pêche sous-marine. Vers dix-neuf heures, René D., assis sur un rocher, observe les évolutions aquatiques de son ami. Rien d’anormal à signaler. Tout-à-coup, le jeune plongeur remonte à la surface et reste immobile. Une poignée de secondes après, pris d’un doute soudain, le Mandréen se met à l’eau et franchit prestement la vingtaine de mètres qui le séparent du corps toujours inerte. Il décide, dans un premier temps, de hisser son camarade sur un rocher. Puis, il hèle, avec le peu de souffle qui lui reste, des pêcheurs travaillant à proximité. Eugène Ajello et son fils René, à bord du pointu Maryse-Robert, abandonnent leur filet et rejoignent le lieu de l’accident. Après avoir récupéré les deux plongeurs, ils mettent le cap sur la base aéronavale toute proche. L’un d’eux pratique, sans tarder, la respiration artificielle pendant le court déplacement. Arrivé à destination, le noyé est pris en compte par la marine, puis évacué sur la clinique des chantiers de la Seyne. Hélas, malgré les efforts conjugués des médecins et des pompiers, Pierre G.. ne sera pas ramené à la vie (Ephémérides 2e année).
–1977 – 30 juillet : DÉCÈS DE L’AMIRAL DE LABORDE – Interné un moment à Aix-en-Provence par les Allemands le 27 novembre 1942, l’amiral de Laborde fut révoqué sans pension en mai 1945, décision annulé par le Conseil d’Etat en décembre 1949, et condamné par la Haute Cour de justice, le 28 mars 1947, à la peine de mort, bientôt commuée en quinze ans de détention. Libéré en septembre 1951, amnistié par décret du 1er septembre 1959, il mourut à Castillon-la-Bataille – Gironde), le 30 juillet 1977 (Etienne Taillemite, 2002).
–1997 – 30 juillet : ATTENTAT SUICIDE A JERUSALEM – Deux membres du Hamas se font sauter au milieu de la foule sur un marché juif, à Jérusalem : 14 morts.
–2023 – 30 juillet : EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHEQUE :
SANARY – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES. 58e livraison : L’hôtel de ville – La maison commune.
Jusqu’en 1561, les habitants et manants du hameau de Saint-Nazaire, n’avaient aucune représentation auprès du Conseil de Ville d’Ollioules. Ce n’est qu’en cette année-là, que le Conseil d’Ollioules ayant décidé de mettre un capage de 20 sous par maison et particulier des lieux d’Ollioules et de Saint-Nazaire faisant feu, décida aussi de nommer trois personnes pour médiateur de paix et pour conserver l’union et l’amitié entre les particuliers. Cela parce que Saint-Nazaire prenait de l’importance et qu’on ne pouvait courir le risque de son indépendance. C’est à partir de cette époque que l’on voit de nombreuses constructions s’élever à Saint-Nazaire ce qui consacre l’importance que prend le hameau qui petit à petit devient bourg. Construction de la Chapelle de Pitié, construction de la Chapelle des Pénitents Blancs, construction de l’église paroissiale, travaux importants au port. On compte soixante-quatre maisons, trente-trois caps de maisons, des manants et d’autres habitants. Dès 1600, on tient le registre des baptêmes, on fonde la Confrérie Saint-Nazaire. Les réunions des « caps d’hostal » ou chefs de maison se tiennent dans la Chapelle des Pénitents qui tient lieu de maison commune, mais c’est encore Ollioules qui s’occupe des affaires du pays. Forts de leur importance, les habitants de Saint-Nazaire vont essayer avec l’aide du seigneur de Vintimille d’obtenir la séparation des terroirs. Enfin, sans obtenir satisfaction quant à l’indépendance, en 1652, lors de l’installation d’un nouveau conseil de ville à Ollioules, trois habitants de Saint-Nazaire sont élus comme membres de ce conseil. Ce sont : Barthélémy Farnoul, Pierre Reboul, Sébastien Bernard. Enfin en 1660, sur demande des habitants et manants du hameau de Saint-Nazaire, le Roi par Arrêt du 8 novembre 1660, donne son accord à ce que des syndics soient nommés pour représenter les 250 familles qui peuplent le bourg. Le 25 novembre 1660, assemblés dans la Chapelle Notre-Dame de Consolation, chapelle des Pénitents Blancs après avoir été convoqués à son de cloche et à haute et intelligible voix, les habitants élisent leurs représentants. Le nombre de personnes participant au vote fut de 135 chefs de famille, représentants 1 200 âmes de communion, occupant plus de 250 maisons. Furent élus : Jacques Bernard, Denis Bernard, Barnabé Infernet.
Après cette élection, toutes les affaires du bourg firent l’objet de délibérations et d’assemblées qui se tinrent toujours à la Chapelle des Pénitents Blancs qui fut ainsi consacrée Maison Commune.
Finalement après de nombreuses requêtes, rejets de celles-ci, le Roi Louis XIV accorda la séparation d’avec Ollioules, le 10 juillet 1688. Le 25 août de cette même année, furent élus Consuls : Barnabé Infernet, premier consul, Sébastien Bernard, second consul. Plus cinq conseillers, un trésorier, un greffier. On s’inquiéta alors de trouver une véritable maison commune. En 1690, on décida de louer une maison. Charles Bernard conseiller, accepta de louer sa maison. C’est celle qui constitue aujourd’hui l’angle de la rue Félix Pigeaud alors rue de Vintimille, et les deux premières portes de la mairie donnant sur le port. A l’époque, ces portes n’existaient pas et on montait au premier et deuxième étages, seuls loués, par une porte donnant sur la mer de Vintimille. Le rez-de-chaussée de cette maison était occupé par des magasins.
Le Conseil s’y réunit pour la première fois le 11 octobre 1690.
Ce n’est qu’en 1714, que le Conseil décida l’achat de la maison aux enfants de Charles Bernard, décédé. On ouvrit alors la porte sur le port, on ferma celle de la me de Vintimille. On fit aussi divers travaux et réfection et même une cheminée au premier étage. C’est celle qui a précédé celle qui y existe toujours.
En 1815, il fut décidé de réparer et de rediviser la maison commune. Nous en donnons le plan de la façade tel qu’il fut réalisé, en 1816.
En 1858, on acheta à trois propriétaires la maison commune. Auguste Monge, capitaine au long cours, Marie Martin Vve Marlet, Alexandre Delevi, maître calfat. Le rez-de-chaussée comprenait une classe de 100 élèves, une prison, un poste de police. Nous vous en donnons également un plan en élévation.
Ce n’est qu’en 1890, pour y placer l’horloge qui jusque-là se trouvait sur le clocher de l’église depuis 250 ans, que le Conseil municipal décida d’élever un fronton pour y placer la nouvel horloge après la démolition de l’église du XVIe siècle par Marius Michel, maire de l’époque.
En 1847, le Conseil de Fabrique de l’Église Saint-Nazaire avait reçu un leg de la part de feu Moulinard. Celui-ci consistait en une maison sur le port et un terrain dit du « Rosaire ». Le testateur avait stipulé que la maison devait servir de presbytère. Le premier curé qui en prit possession fut monsieur Icard et le dernier fut le chanoine Arnaldi.
En 1909, ce presbytère fut transféré à la commune de Sanary en même temps que le terrain du Rosaire (J.O. du 26 mai 1909).
Après avoir eu différentes destinations suite au décès du chanoine Arnaldi, la maison abrita entre autres le Foyer des Anciens.
C’est finalement l’Hôtel de Ville qui l’absorbera et en fera l’actuel agrandissement inauguré le 3 février 1977 par la Municipalité Brunel.
Notre Hôtel de Ville actuel est donc constitué de trois immeubles qui sont venus s’ajouter les uns aux autres au cours des ans. On devrait lire au fronton la date de 1690 et non celle de 1890 qui n’est que celle du fronton de l’horloge du à Marius Michel-Pacha et dont l’architecte fut Paul Page. (Sanary, Mille ans d’Histoire, 1982).
MARSEILLE – LES VIEILLES RUES ET AUTRES CONSIDERATIONS (Bouyala d’Arnaud et autres références). 258e livraison : LE TERROIR MARSEILLAIS –
SAINT-LOUP (à 5,100 km, banlieue sud-est).
En 1818, le village de Saint-Loup était, après Mazargues et Château-Gombert, le plus important de la banlieue de Marseille. Son nom primitif, Saint-This, subit une curieuse transformation. Des actes du XIe siècle donnent Ecclesia sancti Tyrsi et Sanctus Tirsus ; au XIIIe siècle, on trouve San Tis ; au XVme, Sant His. Il semble que l’on ait transformé sur un mode chrétien un nom d’origine qui aurait pu être Centis. Transformation semblable fut à l’origine de Saint-Tronc. Quant au vocable de Saint- Loup, le saint évêque de Troyes qui se rendit à la rencontre d’Attila, armé seulement de ses prières, on ne sait comment il fut introduit ; il apparaît au XVIe siècle. L’ancienne église de Saint-Loup appartenait au chapitre de la Major ; un chanoine en était prieur ; l’église actuelle aurait été inaugurée en 1791.
A Saint-Loup, le « Château de la Mazenode » rappelait les deux évêques de Marseille, oncle et neveu, qui se sont succédé sur le siège épiscopal de 1823 à 1861. Après la guerre de 1914-1918 la « Mazenode » devint une manufacture de tapis. Entre Saint-Loup et Saint-Pierre, au quartier du Rodier, se trouvait la bastide de l’abbé de Porrade, un des membres fondateurs de l’Académie de Marseille, en 1726. Dans cette bastide, surnommée le « Jardin riant », l’abbé de Porrade et un certain nombre d’amis d’esprit se réunissaient pendant la peste de 1720. Au cours de ces réunions, ils auraient posé les assises de l’académie locale.
(à suivre)

Excellente journée à tous.
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