CELA S’EST PASSE UN 8 JUILLET

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(Marseille à l’époque de l’amiral Barthélemy Bonvin)

1283 – 8 juin ou le 8 juillet : Barthélemy Bonvin est nommé amiral de la flotte royale en Provence, sous le règne de Charles Premier, comte de Provence de 1246 à 1285 (cf. supra, la bataille de Naples). Il participe aux combats entre Provençaux et Aragonais pour le contrôle de la Sicile. La bataille navale de Malte est livrée le 8 juin ou le 8 juillet 1283 pendant la guerre des Vêpres siciliennes. Elle oppose les flottes aragonaise et provençale composées de galères. Les Aragonais, commandés par Roger de Lauria, remportent une victoire décisive sur leurs adversaires, menés par les amiraux Barthélemy Bonvin et Guillaume Cornut. Ce dernier est tué lors des combats. En mars 1289, à la demande du nouveau roi Charles II qui s’y était engagé lors de sa libération de captivité, Bonvin emmène 80 otages, dont deux frères du Roi et son propre fils, de Marseille à Barcelone à bord de trois galères (Roger Duchêne, Marseille, Fayard, 1998, p.167).

8 juillet 1615 :

TRANSACTION LORS D’UN PROCÈS INTENTE PAR LA COMMUNAUTÉ DE SIX-FOURS QUI VOULAIT VOIR DEMOLIR LE PREMIER FOUR A PAIN CONSTRUIT PAR LES SEYNOIS. Les sieurs Vicard, Beaussier et d’autres notables de La Seyne, avaient déposé une requête pour le maintien du four. Il fut convenu que le four de La Seyne continuerait à fonctionner sous la réserve que ses habitants remettraient à la métropole un pain sur 100 de la fournée et de celle des futurs fours qui pourraient par la suite être édifiés à La Seyne (Louis Baudoin, 1965, p. 124 : Citant Lucien Maranda, un Seynois, ce premier four aurait existé dans l’immeuble de la rue Franchipani (mauvaise orthographe de Frangipani) portant le millésime 1775. Lucien Maranda se souvenait y avoir vu le four de boulanger encore en activité).

AUTRE PROCES – Le premier cimetière seynois était situé au chevet de l’église paroissiale Notre-Dame du Bon Voyage, à l’emplacement de l’actuel presbytère construit à la fin du XIXe siècle, du parking et du groupe scolaire Martini. La création de ce lieu de sépultures fut une condition imposée par la communauté de Six-Fours aux syndics administrateurs seynois lorsque le bourg fut érigé en paroisse en 1614 (Louis BAUDOIN 1965, op. cit., pp. 122-123). Un conflit les opposa, résolu par un acte de désistement des consuls constaté le 8 juillet 1615. Un agrandissement, béni par Monseigneur de Chalucet, eut lieu en 1701 (Idem, pp. 491-492).

Le Moulin à huile de la Piole en 1972

8 juillet 2004 –: ENTRETIEN D’HENRI RIBOT AVEC MADAME REVEST ANNA, A LA PIOLE, SANARY (Publié dans « Cahier du patrimoine ouest varois n°10, Sanary »).

Mme Revest a toujours parlé le provençal, mais à l’école d’Ollioules, où tous les enfants du Lançon allaient, ça ne passait pas. Toutefois, l’institutrice me demandait de parler le provençal. Je suis allée à l’école jusqu’à 12 ans, et j’ai passé le Certificat d’Etudes.

VIE QUOTIDIENNE JUSQU’A LA GUERRE DE 1939

« Une de mes sœurs habitait Ollioules qui était la véritable ville comparé à Sanary, avec de meilleurs débouchés. C’était un pays riche dont l’économie se fondait sur le commerce des fleurs.

« Les grandes familles d’alors étaient les Giran, de Pierre Pigne, et les Fenouillet, toutes personnes qui ne faisaient pas étalage de leur fortune.

« J’ai connu Piatti et Sicard qui élevait des chevaux de course.

« En 1922, après mon Certificat d’études, j’ai commencé à travailler à la campagne, avec M. Revest, dans sa campagne du Gour, à Sanary. La production se composait de vin (avec cave), de fleurs (narcisses et soleils d’or), de fruits et d’olives.

« A la Piole, où je connaissais les Revest et les Venel, j’ai alors vu fonctionner le moulin à huile.

« Mais il n’y avait pas assez d’eau pour faire du bon travail. Et des familles comme les Barrosos et les Canolle ont vendu leurs avoirs et ont préféré s’installer à Ollioules où l’eau était abondante. Car en ce temps-là, nous n’avions pas le canal de Provence..

« Le mas du Lançon appartenait aux Isnard et Marenco, avec la chapelle. Quand ils ont vendu, ils se sont installés à la Vernette où était le Cercle où la fête durait tout un mois. Le dimanche, nous allions au Cercle (cartes, boules). Au Lançon, Madame Pélissier était mitoyenne avec nous. Le docteur Pélissier a hérité de sa tante, Mme Marloy. Il y avait le moulin à huile que je n’ai jamais vu fonctionner, une grande citerne, une aire à blé et la chapelle de Notre-Dame d’Espaïmé.

« Après mon mariage avec Louis Revest, je suis allée m’installer dans la maison de Mme Revest, ma belle-mère, qui était venu habiter dans ce quartier par la force des choses, mon beau-père étant mort à la guerre 1914-1918.. C’était lui qui avait sculpté la couronne de la croix de l’une des tombes de la famille de Michel Pacha que l’on peut voir à l’ancien cimetière. De lui-même, il ne serait pas venu à la Piole. J’ai conservé tous ses outils.

« Notre chance était d’avoir un puits à la Piole (mais avec 20 m de profondeur !). Les champs de blé, de narcisses et d’anémones entouraient la maison Des personnes récupéraient les fleurs, puis les acheminaient à la gare ; les narcisses et les anémones étaient ainsi vendus en Angleterre et en Allemagne après avoir été désinfectés à l’aide d’une machine.

« Je n’ai pas vu fonctionner notre aire de la Piole. Nous gardions une partie du blé et le reste était vendu à Ollioules.

« Enfin, nous avions un clapier.

« Paul Venel a fait faire la route de la Piole, à l’époque du maire Francis Coreil (maire de 1931 à 1941). Elle passait à l’origine en bas. Ce n’était à l’origine qu’un chemin qu’il fallait améliorer et classer.

« Le peintre Paul Hoog est arrivé à la Piole en 1939, après mon mariage. Il y avait le grand-père et les deux époux. Ils ont construit leur maison à partir d’un ancien cabanon qui se trouvait en bas. M. Hoog avait un chien. Lorsque, avec sa femme, il s’absentait pour aller en Suisse, il demandait que nous nous occupions du pépé et du chien

« A Sanary, il y avait quatre religieuses qui avaient chacune une tâche précise : sœur supérieure, sœur Amélie (qui s’occupait de la campagne), sœur Marie (l’ouvroir avec les jeunes filles), et sœur Vincent (la nourriture, car Michel Pacha avait laissé de quoi nourrir 20 personnes à l’asile Amélie). J’ai connu sœur Amélie, car elle venait s’occuper de ma grand-mère. Elle serait entrée dans les ordres à la suite d’un chagrin d’amour. Elle était jolie et dégourdie, et appartenait à une famille de Marseille.

« Le père Arnaldi était un saint homme qui venait de Sanary au Lançon faire faire la communion à Pâques. Il se mettait en colère lorsque nous allions à Ollioules faire la communion.

« J’ai également connu le curé Cathala qui habitait près de la Mairie. L’abbé Martinenq était plus coulant que lui.

« J’allais le jeudi et le dimanche à l’asile Amélie faire de la couture mais aussi jouer la comédie). J’allais aussi au catéchisme.

« Lors de la fête de Sanary, les personnes âgées se mettaient au balcon de l’Asile pour admirer le feu d’artifice.

LA GUERRE DE 1939-1945 :

« A la déclaration de guerre, en 1939, j’avais déjà mon fils.

« Nous avons continué l’exploitation. Nous produisions des légumes, des fruits, de la vigne, des olives et produisions un peu d’huile à l’aide du pressoir à vin. Nous portions nos produits à Ollioules, aux criées de Piatti et d’Abran.

« Je me souviens d’avoir été évacuée une seule fois, de nuit, derrière, sur la colline.

« Les soldats italiens étaient à plaindre : ils réclamaient un peu de nourriture et du vin. Ils n’étaient pas gâtés. Ici, ils n’ont rien fait (pas coupé d’arbres, ni creusé de tranchées). D’ailleurs, ils n’habitaient pas à la Piole. A Sanary, il y avait à cette époque beaucoup de familles d’origine italienne : Barroso, Colombo, Minetti, Cometto, Bodino (qui était marié avec une fille Fournier).

« Les Allemands allaient chez M. Hoog dont ils occupaient la maison. Ils passaient devant notre maison en chantant. Ils étaient courtois et polis, mais ils n’achetaient rien.

« Un jour, ils ont perquisitionné partout dans la maison, sauf dans la chambre où un poupon était posé sur le lit : ils croyaient que c’étaient un bébé et ne voulurent pas le réveiller.

« Pour la nourriture, nous avions des cartes d’alimentation, et il n’y avait alors pas de café mais des substituts (ersatz). Le manque de pain était crucial. Nous nous servions à la boulangerie de M. Venel qui nous servait rue du Coquillon puisque le port n’était plus accessible. A Sanary, nous nous servions à l’épicerie Bénech. Il y avait aussi des marchands ambulants, comme Marcel Orso, puis, plus tard, le boulanger Coste.

APRES LA GUERRE :

« Mon fils, Edouard, est allé à l’école, à Sanary, dans la classe de M. Dumerc qui était très gentil, puis avec M. Revest qui parlait le provençal. Il avait des facilités. Ensuite, il est allé au collège à Bandol. Puis, il choisit de travailler à la campagne où il est resté.

« Edouard a bâti à la Canolle au Lançon ; c’est une vieille propriété de notre famille qui appartenait à ma grand-mère Anaïs Canolle où se trouve notre maison (citerne et four) avec le Gour sur la gauche.

« Je suis maintenant grand-mère et arrière-grand-mère. »

Note : Paul Hoog est né à Fribourg en 1892. Elève du Technicum de cette ville, section peinture, il suivit de 1910 à 1911 les cours des arts décoratifs de Paris, puis, de 1911 à 1919, ceux de l’école des Beaux-Arts de Paris. En 1924, il devint Sociétaire des Salons d’Automne. Il s’installa définitivement à Sanary au quartier de la Piole en 1939. Son œuvre est importante. Il exposa aux salons de d’Automne, des Tuileries, des Indépendants et, bien sûr, à Fribourg. C’est un peintre de la Méditerranée, tout particulièrement de la campagne provençale. Nous lui devons entre autres le tableau intitulé La Piole, reproduit dans notre livre « Sanary, 1000 ans d’histoire » (Place A., Ribot H., Rotger B., en 1982), à la page 194.

One response to “CELA S’EST PASSE UN 8 JUILLET”

  1. Avatar de Henri RIBOT

    je fais suivre l’histoire de ce jour.

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