ÉPHÉMÉRIDES DU LUNDI 12 JUIN 2023 – 12e ANNÉE (n° 3821)

ILLUSTRATION : Les Arcs (83)
LES FÊTES.
Le 12 juin, nous fêtons les quelques 250 000 Guy de France. Parmi eux, hélas décédé depuis longtemps, il y aurait eu mon frère aîné s’il n’était parti bien trop tôt, arraché à nous par une maladie terrible alors qu’il se préparait à prendre une retraite méritée.
Guy, je pense à toi, à mes nièces Yvette et Christine à qui tu manques tant ! et à ta petite fille, Anaïs, qui ne t’a jamais rencontré. Repose en paix au cimetière d’Espira, ma ville natale, aux côtés de ma belle-sœur Mythé – et marraine – qui t’a rejoint l’an passé.
Saint Guy, ou saint Vit, est un martyr. Fils d’un païen sicilien, il a été martyrisé en même temps que Crescence, sa nourrice, et Modeste, son précepteur et époux de celle-ci.
DICTON : « Pluie de saint Guy, c’est tout l’an qui rit » ! bon, ce n’est pas pour aujourd’hui !
Le calendrier républicain fit de ce 24e jour du mois de prairial An II celui du caille-lait, une plante du genre Gallium ou gaillet ainsi dénommé du fait d’une enzyme permettant de faire cailler le lait.
PENSEE : L’art est fait pour troubler, la science rassure (Georges Braque, Le jour et la nuit. Cahiers 1917-1952).
EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHÈQUE :
- SANARY – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES (Cahier de l’ouest varois n°10).

38e livraison : Le port de Sanary et un certain BOYER.
Au cours de sa première séance, en mai 1568, le Conseil (aujourd’hui : Conseil municipal) délibère de contribuer aux réparations du port de Saint-Nazaire qui vient à se gaster, de sorte que les barquasses non y peut demeurer assurément (Le compte trésoraire arrêté au 31 décembre de la même année porte qu’une collation valant 8 gros ½ fut offerte aux commissaires chargés de visiter le port de Saint-Nazaire que la ville a ordonné de réparer (per anar visitar lou port de St-Nazaire que la ville ordounat de adoubar). Alors port d’Ollioules, Sanary connaît maintenant une grande activité. Témoin le Sanaryen Antoine Boyer, père de celui qui deviendra à son tour le capitaine Boyer, achète et vend surtout de l’huile d’olives et s’intéresse au commerce maritime comme d’autres habitants du terroir. En 1568, il se substitue à Georges Boyer qui ne voulait pas courir le risque de financer une expédition de vin à Rome en partant du port de Saint-Nazaire. A la mort de son père en 1571, le capitaine Etienne Boyer, qui est apparenté avec les Vintimille, achète et vend de l’huile d’olives, fonde une association pour le commerce des cuirs qui lui parviennent par le port, et prête aussi de l’argent, souvent en association avec son beau-frère, Balthazar Peyran, et avec le notaire Michel de Coreys. Sa barque, nommée « Sainte-Marie Bonne Venture », fait le trafic entre Saint-Nazaire et la Sardaigne. Pour sa participation aux guerres de religion, et son ralliement à la cause d’Henri IV, il obtiendra le privilège des madragues pour la pêche au thon. De l’héritage de son frère aîné, en 1580, Antoine aura une maison avec magasin sur le port et une autre rue du Coquillon. Au début du XVIIe siècle, alors qu’il est propriétaire du château de Bandol, il vendra la bastide qu’il possède dans le Grand Vallat à un nommé Clavel qui lui donnera son nom. Le lien de famille des Boyer avec les Vintimille est connu par l’anecdote suivante : Au cours de l’épidémie de peste qui attaque Toulon et Ollioules en 1587, nous apprenons par le testament de Julie Boyer, épouse de Jehan de Vintimille seigneur de Cabries, capitaine de Toulon, que son oncle, le capitaine Etienne Boyer se trouve en quarantaine au Beausset depuis les fêtes de la Pentecôte. Porteur d’une lettre du président du Parlement d’Aix pour les Consuls d’Ollioules, et ne pouvant dépasser les limites du Beausset, Etienne Boyer doit transmettre son message oralement. Nous ne pouvons savoir, à défaut de registre des sépultures si le fléau touche Saint-Nazaire.
- LES VIEILLES RUES DE MARSEILLE ET AUTRES CONSIDERATIONS .

-238e livraison : LE TERROIR MARSEILLAIS (Jean CONTRUCCI – « Parle-moi de Marseille ». Editions Autres Temps, 1999, 144 p.)
Ce livre est dédié à la jeunesse de Marseille. Celle qui va de sept à soixante-dix- sept ans. C’est pour elle qu’il a été écrit. Pour lui dire d’où elle vient, afin qu’elle sache mieux où elle va. C’est le cadeau d’anniversaire de la plus ancienne des villes de France à ses enfants. Mais il n’est pas interdit aux parents de lire par-dessus l’épaule de leur progéniture. Comme procède le grand-père du jeune héros de ces récits historiques. Ainsi, sur une histoire qui appartient à tous les Marseillais, pourrait s’établir un dialogue par-delà les générations. C’est là le souhait le plus cher de l’auteur. Il leur raconte comment Marseille est devenue ce quelle est, à travers vingt-six histoires vraies qui jalonnent une formidable aventure humaine, commencée en l’an 600 avant Jésus-Christ, quand débarquèrent, dans une calanque abritée des vents, les pères fondateurs de la cité, des Grecs venus de Phocée. Le livre s’achève au moment où un plongeur audacieux découvre, 2 600 ans plus tard, dans une grotte sous-marine du massif des Calanques, le signe amical que des Marseillais, qui vivaient là 27 000 ans avant eux, avaient laissé à leurs descendants, par-dessus l’abîme du temps. Entre-temps, jeunes et moins jeunes auront découvert ou redécouvert que cette ville unique, sur les vingt-six siècles de son histoire officielle, en aura passé vingt-trois en dehors de l’histoire de France.
ÉPHÉMÉRIDES :

–1216 – 12 juin : Civitas, 12 juin 1216 (charte aux archives municipales). La Ciotat – arrondissement de Marseille, chef-lieu de canton qui comprend quatre communes : La Ciotat, Cassis, Ceyreste et Roquefort. Première mention : Citarista, portus Citharista (Port de Ceyreste, Itinéraire maritime d’Antonin : a Taurento, Citarista, portus, M.P.M. XVIII).
–1228 – 12 juin : Vente de la seigneurie de ROQUEVAIRE – fait à Marseille : Vente, pour la prix de 10.000 sous plus une pension annuelle et perpétuelle de 100 sous, par Raimond de Baux à la commune de Marseille, de la seigneurie de Roquevaire, y compris les droits de sa belle-fille Eudiarde, femme de son fils Bertrand de Baux et fille de Mabile Marseille et de Giraud Adémar. La vendeur s’engage à faire ratifier cet acte dans l’année par Eudiarde et Mabile ; par Bertrand deux mois après sa sortie de la prison où il est détenu (acte 457 des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : A. Arch. départ, des Bouches-du-Rhône. B .118, ÎND. : Méry et Guindon. Histoire . . des actes et de … de Marseille, t. I, p. 323. — Dr Barthélemy, Inventaire, n° 226).
–1322 – 12 juin : Molendinum Griffenorum, 12 juin 1322 (charte aux mêmes archives de la Major). C’est le Moulin de Vivaux, moulin à eau sur l’Huveaune, commune de Marseille, quartier de Sainte-Marguerite (1872). Ce moulin était autrefois sous la directe de la Major. Première mention vers 1030 : Donation à Saint-Victor, par [les vicomtes] Guillaume II et Fouque, leurs femmes et les enfants de Guillaume : Aicard, Pons, Etienne et Bertrand, du tiers du moulin construit par les moines sur l’Huveaune, au lieu-dit Vadum de Margarita. (Acte 70 des vicomtes de Marseille, H. de Gérin-Ricard, 1926, p. 4. Réf. B. Saint-Victor, Grand Cartulaire, fol. 7 v°. a. Guérard, n° 21. Ind. : Albanès et Chevalier, Gallia . . . Marseille, n° 93
–1375 – 12 juin : Bastida de Vila Vielha, 12 juin 1375 (charte aux archives de la Major). Il s’agit de la Vieille – château de la commune d’Allauch, au quartier des Trois-Lucs. Le château de la Vieille était autrefois sur la hauteur qui domine le coteau au bas duquel il est aujourd’hui.
–1675 – 12 juin : Ceyreste et La Ciotat n’ont formé longtemps qu’un seul territoire qui était, au XIe siècle, plus étendu qu’il n’est aujourd’hui, puisqu’il aboutissait jusqu’au torrent de Vanières (Lavaneras), commune de Ceyreste et Saint-Cyr ; c’est à partir des lettres patentes du 12 juin 1675 (registre Ruffus de la Cour des comptes, fol. 196) que les deux cités ont été séparées pour former deux communautés distinctes. Jusqu’à ce moment, La Ciotat dépendait de Ceyreste ; mais la position plus avantageuse du port de mer ayant accru ses ressources, et par conséquent sa population, La Ciotat est devenue chef-lieu de canton et Ceyreste a été relégué au rang de simple commune. Il y a donc eu entre ces deux localités, et pendant plusieurs siècles, des intérêts et une existence politique communs.
–1705 – 12 et 15 juin : Les Echevins de MARSEILLE demandent à la communauté de Sanary d’héberger dans la tour trois ou quatre filles ou femmes débauchées : « Marseille, le 12 Juin 1705. Nous venons d’être informés que trois ou quatre filles ou femmes de cette ville ont été débauchées par la nommée VAREZE femme d’une débauche publique dont elle porte les marques sur le visage et qu’elle les a faits embarquer sur une felouque pour les mener à GENES. Comme cet enlèvement est d’une trop grande conséquence pour n’en pas arrêter le cours, nous vous dépêchons, messieurs, en. toute diligence un de nos valets de ville afin que les trouvant encore à LA CIOTAT où ils doivent s’arrêter, vous vous donniez la peine de faire saisir ces femmes et donniez à notre Vallet tout le secours dont il aura. besoin pour exécuter notre ordre et les conduire fermement en notre ville, nous vous prions de donner tous vos soins à ces affaires pour empêcher que ces femmes ne s’échappent pas. Les Maires échevins de MARSEILLE ».
L’arrestation opérée, les échevins adressèrent leurs remerciements aux maire et consuls de SAINT~NAZAIRE :] « l5 Juin « Nous vous adressons nos remerciements pour avoir arrêté les nommées VAREZE et la fille allemande et qui après avoir été enfermées à la Tour ont été conduites à MARSEILLE où elles sont bien arrivées. Les voituriers qui les ont amenées ont été satisfaits de leur voyage et s’en retournent ce jour. » (Rotger B., 1984 )
–1794 – 12 juin (24 prairial) : REMPLACEMENT DU MAIRE DE SANARY – Le Conseil général de Saint-Nazaire nomme Ourdan et Bonnogrâce pour exercer toutes les fonctions d’officiers de bureau laissées vacantes par la mort du maire Pardigon (Rotger B., 1984, p. 302).
–1795 – 12 juin (24 prairial) : La commission militaire commence à Toulon ses interrogatoires le 24 prairial (12 juin 1795) et ses jugements le 4 messidor (22 juin 1795). C’est désormais l’heure de la répression (Delaforge G., 1995, p. 110).
–1804 – 12 juin : Un décret interdit l’inhumation dans des lieux de culte et oblige à un éloignement d’au moins 35 m de l’enceinte de la ville – Le décret impérial du 23 prairial an XII (12 juin 1804) impose aux villes une série de mesures très précises sur leur nécropole. Désormais, les inhumations sont interdites dans les lieux clos religieux ou laïcs où la population se réunit ; elles doivent avoir lieu dans des fosses distantes, séparées et profondes, dans des terrains clos, réservés à cette fonction, élevés, ventés, éloignés d’au moins 100 mètres de l’enceinte des villes. 27 articles précisent ce que doivent être les sépultures et les lieux qui leur sont consacrés, ce que deviennent les anciens cimetières, ce qui concerne les concessions, comment s’organise la police des lieux de sépulture et enfin ce qui concerne les pompes funèbres, le monopole est alors donné aux fabriques des églises et aux consistoires en compensation des biens sécularisés pendant la période révolutionnaire. Ce monopole sera réduit en 1904 au moment de la séparation de l’Église et de l’État. Un arrêté préfectoral du frimaire an XIV (25 novembre 1805) relaiera le décret impérial : il stipule quelles villes varoises doivent procéder à la translation de leur cimetière. La ville de La Seyne figure parmi elles, mais plus de trente années séparent encore ce décret de la création d’un nouvel espace d’inhumation (Graziella Guglielmi, Cahier du patrimoine ouest varois n°14, 2012).
–1830 – 12 juin : CONQUETE D’ALGER – « Le 12 juin, à la pointe du jour, dit une dépêche du commandant en chef, on découvrit la côte d’Afrique ; mais la force toujours croissante du vent et l’agitation de la mer firent regarder le débarquement comme impossible. La flotte s’éloigna momentanément de, la terre ; des bâtiments légers furent dirigés vers la presqu’île de Sidi-Ferruch et les deux plages adjacentes. La certitude qu’on avait d’y trouver un mouillage favorable, l’abri qu’offraient contre les vents régnants la direction et le relief de la côte, la nature du terrain qui, découvert jusqu’à 4000 mètres de la mer, ne permet pas à l’ennemi de s’embusquer, avaient depuis longtemps appelé l’attention sur cette partie du littoral (Dépêche du commandant en chef. Sidi-Ferruch, 14 juin 1830). »
Les circonstances de mer ne se trouvaient guère plus favorables que lors de la première apparition de la flotte devant Alger. « Pendant la nuit du 11 au 12, dit un historien compétent, dont le récit contrôle celui du général en chef, l’horizon de plus en plus chargé s’illumine d’éclairs partant du sud-ouest au sud-est; des grains fréquents s’élèvent dans l’ouest; ils passent au vent qui souffle de Test avec force ; la mer grossit et mugit autour de la flotte, dont rien n’égale l’imposant aspect. Le 12 juin, au jour, Alger et le cap Caxine apparaissent du sud-sud-ouest au sud, à la distance d’environ 12 milles. »
Cette apparition d’Alger produisit un effet électrique sur l’armée. Enfin les deux adversaires se trouvaient en présence, la ville imprenable et l’armée française : un immense cri de Vive le roi ! s’éleva sur la flotte; puis un silence profond succéda comme dans les occasions solennelles. On espérait que l’action allait commencer, et Ton étudiait du regard cette côte pittoresque avec ses mouvements onduleux de terrains qui, couverts de jolies maisons de campagnes, montent doucement vers la ville bâtie en amphithéâtre. Pendant que l’armée, suspendue entre l’espérance et l’anxiété, attendait le signal, le vice-amiral en chef se demandait, dans un profond recueillement s’il serait prudent, en présence d’une mer difficile et d’un vent violent, de conduire une flotte si nombreuse à un mouillage inconnu (Vie de l ’amiral Duperré, par Chasseriau):
« Il ne le pensa pas. Son opinion fut confirmée par celle M. Massieu de Clairval, qui avait pu juger de l’état de la mer aux atterrages, avant de rallier l’armée avec la Sirène, à trois heures du matin. Au grand mécontentement de l’armée expéditionnaire, qui brûlait de joindre l’ennemi, M. le vice-amiral Duperré donna l’ordre à la flotte de s’éloigner de la côte, en prenant le bord du nord. Aussitôt la flotte cherche, mais vainement, à s’élever dans le vent. L’anxiété est à son comble quand, par un retour de la fortune de la France, le vent s’établit à midi dans la région de l’est ; le temps s’embellit bientôt, la mer s’apaise. Sur l’ordre du vice-amiral, la réserve et le convoi restent au bord de sud – sud-est, pour se maintenir au vent et rallier la flottille, tandis que l’armée vire lof pour lof par la coutre-marche, mouvement qui s’exécute lentement en raison de l’étendue de la ligne. A une heure, les apparences du temps redeviennent encore inquiétantes. Cependant, faisant cette fois au hasard la part que le hasard s’attribue toujours dans les choses humaines, le vice-amiral laisse courir la flotte, qui découvre la terre à quatre heures du soir. A cinq heures, ordre de revirer pour ne pas approcher davantage de la terre, et pour qu’en se reportant sur elle à neuf heures, la flotte puisse s’en trouver à 10 ou 12 milles au point du jour (Vie de l ’amiral Duperré, par Chasseriau). »
Quoi qu’on eût fait, il fallait donc, comme dans toutes les grandes entreprises, en revenir à donner quelque chose au hasard. Les retards apportés au débarquement n’avaient pas affranchi de cette nécessité, ils ne l’avaient que reculée. Dans cette journée du 12 juin, il y eut entre le commandant de la flotte et le commandant en chef de l’expédition une explication qui décida du sort de l’entreprise. L’amiral Duperré se promenait sombre et soucieux sur le pont, lorsque le comte de Bourmont se dirigea cers lui et lui dit : « Monsieur l’amiral, cette fois, il faut débarquer. » L’amiral répondit avec hésitation que cela dépendrait du vent. « Non, monsieur l’amiral, cela dépend de moi, et je vous assure que, cette fois nous débarquerons. » L’amiral renouvela ses objections, en alléguant que toute la responsabilité pesait sur sa tête, et qu’il tiendrait compte des circonstances de la mer. « Monsieur l’amiral, la mer n’est pas mauvaise ; vous savez que j’ai le droit de vouloir, et je veux que nous débarquions. » L’amiral Duperré ne répondit pas. Il continua à se promener de long en large avec des marques non équivoques d’impatience. Ce ne fut que lorsqu’on l’ut entré dans la baie de Sidi-Ferruch et que plusieurs vaisseaux eurent passé sans encombre devant la batterie, que la confiance revint à l’amiral. Il s’avança les bras ouverts vers le général en chef et lui dit : « Maintenant, c’est entre nous à la vie et à la mort ! Nous débarquerons demain. — Voilà qui est à merveille, monsieur l’amiral, reprit le comte de Bourmont avec ce sourire doux et fin qui lui était habituel. J’étais bien sûr que nous débarquerions (En consultant les souvenirs d’un grand nombre d’officiers de l’armée d’Afrique, nous avons trouvé partout l’opinion accréditée que le général en chef avait été obligé de montrer ses pleins pouvoirs à l’amiral pour le déterminer à débarquer. Mais, en contrôlant cette rumeur générale par les souvenirs plus précis de M. le comte Louis de Bourmont, alors aide de camp de son père, et embarqué avec lui sur la Provence, nous avons pu rétablir la vérité historique. Le général en chef faisait allusion, dans ce dialogue, aux instructions écrites que l’amiral avait reçues du ministre de la Marine. On trouvera ces instructions aux pièces justificatives, sous le N°6). »
Pendant la soirée, la flotte, bien ralliée courut environ 30 milles sur terre (La conquête d’Alger).
–1860 – 12 juin : NICE VOTE SON RATTACHEMENT A LA FRANCE – La date de 1860 constitue un tournant dans l’histoire du tourisme sur la Côte d’Azur. Une écrasante majorité de Comtadins vote pour le rattachement à la France : 25 743 OUI et 160 NON pour l’ensemble du Comté de Nice ; 6 810 OUI et 11 NON à Nice. Le rattachement du Comté de Nice (et de la Savoie) à la France, par le plébiscite d’avril 1860 et la ratification du traité par le Parlement français le 12 juin 1860, ouvre de riches perspectives d’avenir pour le nouveau département des Alpes-Maritimes augmenté de l’arrondissement de Grasse (Amic Charles, 1998, La Côte d’Azur au temps du tourisme d’hiver).
-1860 – 12 juin : Collectivités – Communications – Au jour du changement de souveraineté (15 juin 1860), le chantier de l’endiguement du Var reste toujours en souffrance. Depuis 1853, seules quelques routes avaient été construites et le chemin de fer était à une lointaine portée de Nice et de Cannes puisqu’il ne dépassait guère Toulon (Amic Charles, 1998, La Côte d’Azur au temps du tourisme d’hiver).
–1896 – 12 juin : Les Forges et Chantiers de La Seyne lancent le croiseur protégé « D’Entrecasteaux » : après la mise en concurrence des bureaux d’études de la Marine et des Ateliers et Chantiers de la Loire et de la Gironde, le projet de croiseur pour station lointaine présenté par Amable Lagane est accepté. Le 8 novembre 1893 est signé le marché pour la construction du bâtiment qui s’appellera D’Entrecasteaux D’un déplacement de 8.114 tonnes, 120 m de long, construit en acier avec coque doublée cuivre, armé de deux canons de 240 mm et 12 canons de 138 mm, la machine protégée par un pont blindé et une ceinture cuirassée, le bâtiment réalise aux essais 19,09 nœuds pour une puissance de 14.578 ch (Serge Razzanti, Cahier du patrimoine ouest varois n°14, 2012).
–1900 – 12 juin : Les Forges et Chantiers de La Seyne lancent le croiseur cuirassé « Bayan » : commandé en décembre 1898, le Bayan représente le meilleur compromis entre la protection, l’armement, la vitesse et l’autonomie. Une ceinture blindée en acier, au milieu un pont en dos de tortue et un entrepont cellulaire sur le principe étudié par Bertin à Toulon en 1891 assurent au bâtiment une bonne protection. L’armement construit par la Russie se compose de deux canons à tir rapide de 203 mm en tourelles dans l’axe, le bordé fait à mi-hauteur un double retrait qui permet aux huit canons de 152 mm secondaires en casemate de tirer également dans l’axe ; le réduit central de l’artillerie abrite huit canons de 76 mm ; quatre autres canons de 76 mm, deux à l’avant et deux à l’arrière complètent l’armement. La propulsion est assurée par deux moteurs à vapeur à triple expansion, la puissance totale sur les deux hélices est de 17.000 ch à 21 nœuds. La vapeur est fournie par vingt-huit chaudières Belleville dont les performances impressionnent les Russes qui les adoptent pour les bâtiments en construction dans leurs arsenaux. Les chantiers seynois recevront plusieurs bâtiments de la flotte russe déjà en service pour procéder à l’installation de chaudières Belleville. L’approvisionnement de 1.100 tonnes de charbon permet une autonomie de plus de 1.000 milles (Serge Razzanti , Cahier du patrimoine ouest varois n°14, 2012).
–1901 – 12 juin : le physicien Henri Becquerel fait une communication sur le radium à l’Académie des Sciences.
–1903 – 12 juin : ASSASSINAT DU ROI ET DE LA REINE DE SERBIE – La presse internationale annonce que, la veille, 11 juin, à Belgrade, le roi Alexandre de Serbie et son épouse Draga sont assassiné à l’intérieur du palais royal par des conspirateurs militaires. Après un bref combat, le roi a été tué d’un coup de revolver, la reine Draga et ses sœurs massacrées à coups de hache. Les conjurés voulaient forcer le roi Alexandre 1er à abdiquer. Son mariage avec une parvenue et son alliance avec la Russie avaient provoqué la rupture avec le parti radical, principal soutien de la dynastie et aliéné l’amitié austro-hongroise. C’est Pierre 1er qui monte sur le trône.
–1906 – 12 juin : AJELLO’S SAGA – Mariage à Saint-Mandrier de Lagier Camille, boucher, né à Montélimar dans la Drôme le 22 février 1881, fils de Lagier Camille, né à Montélimar, conducteur (+) et Mouillac Rose née à Tour de Drôme, et Ajello Marguerite Pauline, née le 30 août 1889 à St Mandrier, fille de Ajello Nicolas né à Procida et Carrano Antonia née à Amalfi, habitant St mandrier (d’après les archives dépouillées par Hélène et Thierry Bianco).
–1907 – 12 juin : ACCIDENT A BORD DU CUIRASSE « BRENNUS » – Le 12 juin, un quartier-maître canonnier entreprend de nettoyer à l’essence les pièces de 340 mm de la tourelle avant du cuirassé « Brennus ». Afin de mieux voir, il allume une bougie, qu’il dispose à proximité de son bidon. Le chiffon imbibé d’essence s’enflamme aussitôt, suivi par le bidon. Le quartier-maître tente d’éteindre le début d’incendie. Mais ses vêtements prennent feu à leur tour. Plusieurs hommes accourent et se rendent maîtres du sinistre. Bien que sérieusement brûlé, le canonnier peut être évacué vers l’hôpital de Saint-Mandrier où il reçoit les soins nécessités par son état.
–1908 – 12 juin : TOULON – Dégradation place Saint-Roch de l’enseigne de vaisseau Benjamin Ullmo, convaincu de trahison. Il finira (coupable) au bagne de Cayenne dans la case de Dreyfus (innocent) ! L’enseigne de vaisseau de la Marine à Toulon, Charles Benjamin Ullmo, 25 ans, par ailleurs plutôt bien noté, s’est ruiné au jeu (Cercle Moderne, boulevard de Strasbourg), avec l’opium qui est à la mode à Toulon, et pour la « Belle Lison » (Marie Louise Welsh) une « Petite Alliée » à la mode Claude Farrère.
En 1907, il photographie les documents confidentiels du torpilleur la Carabine, dont il est le second, pour tenter de les vendre (maladroitement) à l’ambassade d’Allemagne puis au ministère de la Marine qui diligente une enquête. Après l’échec d’une première entrevue, il finit par être arrêté dans les Gorges d’Ollioules, au lieu-dit de la Roche Taillée, le 23 octobre 1907, avec la voiture de mon grand-père Albert César Trucy.
Déféré au conseil de guerre après ses aveux, Benjamin Ullmo est jugé et condamné à la dégradation militaire et à la détention perpétuelle au bagne de Cayenne en Guyane. (« la guillotine sèche » selon l’expression de l’époque).
Les audiences du conseil de guerre, qui siège au tribunal maritime situé dans la majorité, durent deux journées et sont suivies avec passion par la presse et l’opinion publique, encore sous le choc de l’affaire Dreyfus qui a bouleversé et divisé la France jusqu’à l’issue de la réhabilitation de Dreyfus par le Président Émile Loubet, et tout cela dans le climat de revanche après la défaite de 1870.
La presse antisémite (La Libre Parole de Maurice Druont) se déchaîne confondant, dans sa haine, Ullmo qui était coupable avec Dreyfus qui était innocent.
La dégradation publique se déroule place Saint-Roch (place Léon Blum d’aujourd’hui) devant les troupes et une population hostile.
Au bagne, Ullmo sera incarcéré sur l’île du Diable, la plus isolée des îles du Salut, dans la case même qui avait hébergé Alfred Dreyfus.
Par la suite gracié, Benjamin Ullmo poursuivra jusqu’à sa mort (21 septembre 1957) une existence misérable à Cayenne où il est inhumé.
–1909 – 11 juin ET LA SUITE : RETOUR SUR LE séisme de magnitude 6,2.
Le séisme est ressenti jusque dans le Gard, notamment à Nîmes. Plusieurs secousses préliminaires se produisent à divers endroits de Provence : le 26 mai 1909, au Puy-Sainte-Réparade et le 28 à Saint-Cannat. Peu avant la secousse principale, le 11 juin, on remarque le comportement anormal d’oiseaux volant bas, avec des cris de frayeur, de chiens hurlant à la mort, et de chevaux piaffant.
Le 14 juin, on fait état d’un bilan de 43 morts.
Le 15 juin, le sous-secrétaire d’État au ministère de l’Intérieur, M. Mauzan, sous les ordres du ministre Clemenceau, visite les villages détruits.
Le 16 juin, le bilan est porté à 46 morts et plusieurs centaines de blessés.
On évalue les dégâts, le 19 juin, à 15,5 millions de francs, dont 4,6 millions à Salon-de-Provence, 2 millions à Saint-Cannat et 1,55 millions à Rognes.
Dans les semaines suivantes, des répliques, parfois violentes, surviennent, jetant l’effroi parmi la population : le 10 juillet, à Meyrargues, les 12, 13, 14 et 16 juillet à Puyricard, Arles, Lambesc, Marseille et Toulon.
C’est, à ce jour, le séisme le plus fort enregistré en France métropolitaine.
La région de Rognes est maintenant classée en zone II, à sismicité moyenne, et les règles de construction parasismique s’y appliquent (Francis Brun, Liliane Larrea et Robert Larrea : Meyrargues au temps de nos grands-parents, éd. Mairie de Meyrargues, 1990 ; André Brahic, Michel Hoffert, André Schaaf et Marc Tardy : Sciences de la Terre et de l’univers, éditions Vuibert, 1999 ; André Dagorne et René Dars : Les risques naturels, PUF, collection « Que sais-je ? » n° 3533, 4e édition, 2005. Henri Joannet … « et le 11 juin 1909, la Provence trembla! », éd Alan Sutton,2008) ; Estelle Bonnet Vidal : Seismes en Provence, éd. Campanile, 2009).
–1911 – 12 juin : Au dernier recensement, la Chine compterait 451 millions d’habitants
–1914 – 12 juin : Y A-T-IL DES ACCORDS NAVALS ENTRE L’Allemagne ET L’Autriche ? – Le Petit Journal du 12 juin 1914 annonce que la visite de l’empereur d’Allemagne avec l’archiduc d’Autriche-Hongrie, au château de Konopischt en Autriche, en présence des ministres de la marine, ne serait pas liée à une convention navale.
Texte de l’article : « L’archiduc héritier d’Autriche reçoit aujourd’hui, à Konopischt, une brève visite de l’empereur d’Autriche ; cette entrevue s’inscrit normalement au programme des déplacements et villégiatures de Guillaume II chez ses alliés. Certaines informations annonçaient une prétendue participation du roi de Suède (actuellement à Carlsbad) à la rencontre triplicienne (…). L’hypothèse est nettement démentie. Le roi de Suède reste à Carlsbad et la Suède libre de tout vasselage germanique.
« Mais l’entrevue de Konopischt emprunte une signification particulière à la conférence des ministres de la Marine des deux empires, dont elle est le prétexte, sinon le but essentiel.
« Il y a quelques jours, la Gazette de Francfort crut devoir rassurer l’opinion en affirmant que la présence de l’amiral von Tirpitz à. Konopischt « n’a aucun caractère politique et ne saurait en tout cas préparer une convention navale entre l’Allemagne et l’Autriche.
« L’ingénu démenti de la Gazelle de Francfort s’accorde mal aux amères réflexions que les gazettes germaniques les plus officieuses multiplient depuis quelques semaines sur l’insuffisance’ de la flotte triplicienne et notamment de l’effort naval consenti par l’Autriche.
« En 1913, le budget naval de l’Autriche-Hongrie n’atteint à 155 millions, alors que celui de l’Italie atteint à 205 millions et celui de l’Allemagne à 467. (…) l’Allemagne veut diminuer l’écart avec la Triple Entente incessamment ; elle veut surtout contraindre «l’amirauté britannique à faire redescendre en Méditerranée une partie des. forces qui assurent le barrage des routes maritimes du Nord. D’où la sollicitude du gouvernement de Berlin pour les progrès de la flotte austro-hongroise — qui va s’accroître de quatre dreadnoughts — et le voyage d’agrément de l’amiral von Tirpitz à Konopischt. Il reste à savoir jusqu’où les vues personnelles de l’Allemagne s’accordent aux intérêts financiers de l’Autriçhe-Hongrie — et d’abord aux nécessités nationales de sa politique navale. »
–1917 – 12 juin : LA GRECE REJOINT LES ALLIES – abdication du roi Constantin. Vénizélos revient au pouvoir et déclare la guerre à l’Allemagne, rangeant ainsi la Grèce dans le camp des Alliés.
–1919 – 12 juin : Le commissariat de police de Saint-Mandrier est créé. Comme il y a toujours eu de mémoire des anciens que des gardes-champêtres dans la section, les habitants s’interrogent sur ce que sera ce commissariat. M. Saint-Martin, agent de police d’état est affecté au Creux Saint-Georges (Gisèle Argensse, 1989, p. 162).
–1926 – 12 juin : Le Brésil quitte la Société des Nations.
–1927 – 12 juin : Les chemins de fer français fêtent leurs cent ans d’existence.
–1933 – 12 juin : CONFERENCE INTERNATIONALE POUR RESOUDRE LA CRISE – Quatre jours après la signature du pacte des quatre entre la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie (8 juin), à Londres s’ouvre la Conférence économique mondiale dont l’objectif est de trouver des solutions internationales à la crise.
–Lundi 12 juin 1933 : Le soir vers 8 h. Nous sommes dans notre jolie maison d’un confort raffiné, et j’écris déjà ces lignes après m’être personnellement presque complètement installé dans mon sympathique bureau, à une table de jeu verte, ouverte, que j’utilise provisoirement comme table de travail. (Thomas Mann, Journal, 1933 – 1939).
–1936 – 12 juin : loi sur les conventions collectives, les congés payés et la semaine de 40 heures. La réduction du temps de travail se fera sans réduction de salaire. Le congé payé annuel de 15 jours concerne le commerce et l’industrie ; son extension aux professions libérales et agricoles est prévue. Un troisième texte élargit les modalités d’application des conditions collectives du travail. Les anciens combattants seront exonérés d’impôts sur les pensions. Les traitements des agents des services publics seront relevés par décret. De surcroît, un ensemble de mesures est relatif à la reprise de la vie économique et à la lutte contre le chômage.
–1937 – 12 juin : La presse fait état de purges en URSS – arrestations, jugements et exécutions du haut commandement de l’Armée rouge.
–1939 – du 1er au 14 juin : EXERCICES DE L’ESCADRE
– du 1 au 12 juin : avec les Orage, Ouragan, Achille, Pasteur et Sfax, le « Béarn » effectue des exercices entre Brest et La Pallice (La Revue Maritime, 284, février 1971, p.261)
– du 12 au14 juin : Le « Béarn » transite du Croisic à Cherbourg (La Revue Maritime, 284, février 1971, p.261).
–1939 – 12 juin : « L’Indifférent », tableau de Watteau, est volé en plein jour au musée du Louvre.
–1940 – 12 juin : ATTAQUES AERIENNES ITALIENNE CONTRE TOULON ET SA REGION – Le 12 juin 1940, vers 22 h 30 trois avions italiens survolent la région toulonnaise. La DCA réagit violemment, un des avions aurait été vu tombant à la mer au sud de Sanary. Un peu plus tard dans la nuit, d’autres bombardiers italiens attaquent le terrain d’aviation de Hyères (Le Palyvestre) et l’usine de torpilles de Saint-Tropez. La D.C.A. tire en rafales; mais trop de munitions sont dépensées sans résultat (Cahier du patrimoine ouest-varois n°11, Six-Fours).
En revanche, les attaques aériennes italiennes sur Toulon et sa région à partir du 12 juin 1940 accentuent l’italophobie de certains. Lointaine jusqu’alors, la guerre touche brutalement la région.
–1943 – 12 juin : première des “Mouches”, pièce de Jean-Paul Sartre – Alors que les Alliés progressent en Afrique, que l’URSS a remporté la victoire à Stalingrad et que la France tout entière est sous les bottes nazies et fascistes, voici un article relatif à la première des “Mouches”, pièce de Jean-Paul Sartre, extrait du journal collaborationniste “Aujourd’hui” :
«L’année théâtrale se place décidément sous le signe des Atrides. Après Dieu est innocent de M. Lucien Fabre, après le cycle des Iphigénie — celles de Racine, de Goethe et d’Hauptmann — après L’Électre de M. Giraudoux, voici une version nouvelle des Euménides. L’auteur, M. Jean-Paul Sartre, romancier de talent, ne manque ni d’imagination ni de puissance, mais l’une et l’autre l’entraînent loin ! Il s’agissait pour lui d’accorder le respect des faits légendaires avec le désir de faire du neuf. Mais M. Jean- Paul Sartre manque des qualités majeures qui assurèrent le succès de l’auteur d’Électre : la mesure et le goût. M. Sartre s’est refusé à matérialiser, sous un aspect humain, les Érinyes de la mythologie. Il les a transformées en mouches ! Ne souriez pas, c’est ainsi!… Les mouches, les horribles mouches engendrées par les charniers et en qui revivent les âmes des morts, infestent Argos, la ville des crimes. Atmosphère sombre, étouffante, aggravée par le bourdonnement des mouches… Une musique de scène de M. Jacques Besse imite à merveille leur bruissement ; et les acteurs, par les tapes qu’ils s’administrent sur le visage, complètent l’illusion. Les Erinyes invisibles emplissent l’air… Idée de poète! On ne peut nier qu’elle soit curieuse et hardie. Oreste, revenu au palais d’Agamemnon, est hésitant, timide. Sa sœur Électre, telle une furie, excite sa haine. Oreste tuera donc Égisthe et égorgera sa mère. Et voici l’heure des mouches ! Les voici enfin visibles et à l’échelle humaine… Ce sont des artistes, vêtues de noir, ailées comme au music-hall ou dans les féeries, qui incarnent les insectes vengeurs… On rirait bien si le moment n’était tragique ! Zeus exhortera vainement Oreste à se repentir. Mais Oreste ne courbera pas la tête. Il préférera quitter la ville, entraînant à sa suite l’essaim lugubre des mouches ! Argos sera délivrée…»
-1944 – 12 juin :
1. TORPILLAGE DU PETROLIER « ADOUR » – Le pétrolier de 3776 tjb et de 6915 t de déplacement « Adour » a été livré à la Marine nationale le 22 décembre 1939 par les Chantiers Navals de La Ciotat. Le 12 juin 1941, il est torpillé par un avion britannique en baie de Djoumié (dégâts peu importants). Du 6 septembre 1941 à novembre 1943, il est interné par les Turcs à Erdeck en mer de Marmara. En novembre 1943, il est vendu à la Turquie qui l’incorpore dans sa Marine nationale sous le nom d’Istanbul, puis en 1947 il devient le Akar. Il sera démoli à Aliaga en 1982.
2. LA BATAILLE DE FRANCE – Normandie, secteur Port-en-Bessin : Le 12, il fait un temps magnifique ; il n’y a pas eu d’alerte au cours de la nuit et les avions en flammes signalés par le Montcalm au nord et au sud-ouest doivent être amis. L’activité allemande ne se traduit plus que par sa DCA toujours violente, et les E-boats qui, paraît-il, se manifestent au large. L’amiral Bryant vient à bord du Georges Leygues rendre visite à l’amiral Jaujard et y reste pour assister à un déjeuner cordial, pendant que le monitor Roberts ouvre le feu avec 380 mm devant Arromanches. La journée se termine avec de courtes alertes aériennes (M. Masson, VF Muracciole, LV de Villardi de Montlaur, 1969).
3. LA BATAILLE DE FRANCE – Normandie, secteur Cherbourg : Depuis des jours, dans chaque ordre d’opérations allemand, on peut lire : « Si Montebourg tombe, la route de Cherbourg sera libre. Il faut que Montebourg tienne à tout prix. » Le major Küppers a reçu, le 12 juin, le commandement du groupement nouvellement constitué pour la défense de Montebourg au moyen de cinq batteries prélevées sur diverses unités. Il a ainsi sous ses ordres dix-neuf pièces, des calibres les plus divers, dont quatre de 122, deux de 105, et même une de 150 sur affût automoteur. A celles-ci s’ajoutent le groupe de D.C.A. König et la batterie de « faiseurs de nuées » du major Rassner. Au total, un ensemble non négligeable destiné à appuyer le 919e Régiment de grenadiers qui, depuis le 6 juin, a été refoulé aux lisières de Montebourg. C’est par-là qu’a débuté la bataille pour Cherbourg, car un port de guerre, une place forte, ne peut être défendu que sur ses positions avancées. Toutes les opérations terrestres les plus récentes, depuis l’Afrique du Nord jusqu’à la Sicile, en passant par le cas particulier si frappant de Singapour, l’avaient montré surabondamment. Et pourtant, malgré ces leçons de la guerre, ce fut en vain que les chefs d’artillerie de la côte orientale du Cotentin attendirent qu’on mît à leur disposition des matériels nombreux ramenés de la côte ouest et du nord de la presqu’île où ils n’étaient pas indispensables. Au lieu qu’à eux ils l’eussent été, et à quel point, pour pilonner sans merci sous leur tir concentré la tête de pont américaine avant qu’elle ne prît de l’extension. Mais, en matière d’emploi de l’artillerie aussi, le Commandement allemand se montra timoré et pécha contre la vieille devise de Guderian : « On n’assomme pas les gens avec des boulettes de mie de pain, il y faut des pavés. » On se contenta de boulettes (Paul Carell, Ils arrivent)..
4. Regroupés à Toulon après le débarquement de Normandie, les miliciens du Var (chef départemental, Massot) ont à leur actif trois principales opérations :
– la première, contre les lointains maquis de la Dordogne (il s’agit de prêter main-forte au G. F. L.), échoue piteusement. Bien avant d’arriver en Dordogne, les miliciens (ils sont une centaine, avec des camions, des conduites intérieures et des side-cars) tombent dans une embuscade. Plusieurs sont tués. Le gros rentre à Toulon sans fanfare.
– La deuxième à lieu à Aups, le 12 juin. C’est une expédition de la Milice (varoise et marseillaise) : incendie de fermes, deux maquisards CFL fusillés, deux arrestations, réquisition de 80 hommes du village pour les travaux côtiers (var39-45 / guerre / chrono). C’est une opération de contrôle. Des jeunes gens réfractaires du S. T. 0. sont arrêtés et déportés en Allemagne. Deux maquisards sont tués. Des soldats allemands ont participé à cette opération.
– La troisième, la plus sinistre, se déroule à Brignoles, le 27 juillet. Des miliciens commandés par le chef Requin et des Allemands arrêtent une dizaine de maquisards et de personnes soupçonnées d’appartenir à la Résistance. Les corps de ces malheureux seront retrouvés quelques jours plus tard dans un charnier à Pontevès, Gard.
Le chef Requin sera fusillé à la Libération (Delperrie de Bayac J., 1969, p. 482).
5. ARMEE DE L’OMBRE DES PYRENEES ORIENTALES – A Céret (Pyrénées orientales), les Allemands arrêtent le droguiste Sageloy, le fils Coste, fermier au mas Pare et Victor Roqueta, industriel qui mourra en déportation le 19 avril 1945. (Arch. Dép. Pyr. Or., Versement cabinet, 24/12/1656, L 65)..
Les troupes allemandes stationnées au Boulou font leurs préparatifs de départ pour la Normandie (Arch. Dép. Pyr. Or., Fonds Fourquet, CHG, L1)
6. Efficacité de l’action menée par les unités de la Résistance – Des extraits du journal de marche du groupe d’armées G (1re et 19e armées allemandes), regroupant les troupes d’occupation du sud de la France, soit la moitié du territoire national, prouvent l’efficacité de l’action menée par les unités de la Résistance. Formant l’équivalent de 15 divisions alliées, les FFI jouent un rôle important dans la libération de la France et le succès du débarquement en Normandie. Les sabotages et les embuscades se multiplient sur les arrières des troupes allemandes en Normandie. L’action des 30 000 FFI en Bretagne, soutenus par deux régiments parachutistes de la France libre, est particulièrement exemplaires, puisque 150 000 soldats allemands, fixés dans une importante guérilla, ne peuvent venir soutenir à temps les troupes hitlériennes engagées en Normandie en juin 1944 (Dominique Lormier, 2016) : « 12 juin 1944 : depuis le début du débarquement, renforcement considérable de l’activité des bandes. Accroissement des actes de sabotage. Recrudescence des actes de terrorisme et des attaques contre nos soldats. Terroristes et mouvements de Résistance ont réalisé mobilisation dans certains départements et sont également passés à l’attaque d’éléments allemands. L’évolution de la situation exige un commandement unique et énergique dans tout le sud de la France (…).
7. Traduction, ce jour, de l’estimation pour destruction d’immeubles à Sanary, redigee le 4 juin 1944 « Platzkommandantur-Toulon Abt Ib Br.B.Nr. 2353/44. Toulon, le 4 juin 1944. Objet : estimation pour destruction d’immeubles. Référence : lettre du Général Guichard au Lt-Colonel Nicolaï, du 31/05/1944. Monsieur le Général Guichard, 13 rue Revel-Toulon. Bien que la question des évacuations concerne la Ferldkommandantur 800, section Ia, à Draguignan, la Platzkommandantur vous fait connaître ce qui suit : Dans la lettre de la Feldkommandantur 800, section Ia, n° 700/44, s’est produite une petite erreur, à savoir que ce n’est pas la « Herresunterkunftsverweltung » qui est chargé de l’estimation des immeubles, mais la « Technische Kp. 5 » directeur Feldwebel Vinzl (avant Herreesbauamt, Insp. Sievers). En surplus, les services suivants sont qualifiés pour l’estimation des destructions d’immeubles : 1° – pour les immeubles dont la destruction est ordonnée par les services de terre : « Technische Kp.5 Aussenstelle Toulon » (Arsenal de Terre). 2° – pour les immeubles dont la destruction est ordonnée par les services de la Marine : « Marinebauamt Toulon » (chemin Ste-Musse ). 3° – pour les immeubles dont la destruction est ordonnée par les services de de l’armée de l’air : « Luftwaffenbauamt » (Cap Brun). Comme il n’existe qu’à Toulon un Marnebauamt et un Luftwaffenbauamt, dans les autres communes toutes ces estimations sont faites par le « Technische Kp. 5 » qui transmet à la Felkommandantur 800. Le Platzkommandant. Service de Coordination départementale des mesures de protection contre les événements de guerre. N° 1493/PEG. Traduction conforme, Toulon, le 12 juin 1944. Le général Guichard, représentant du SIPEG pour le Var. Destinataire : les Maires de : St-Cyr, la Cadière, Bandol, Le Castellet, Le Beausset, Sanary, Six-Fours, Ollioules, Evenos, La Seyne, Toulon, Le Revest, la Valette, la Garde, (…). » (Lettre de la Platzkommandantur-Toulon aux maires des communes du grand Toulon datée du 4 juin 1944, traduction conforme datée du 12 juin)
–1945 – 12 juin : Suppression de la censure de la presse, en France.
–1946 – 12 juin :
1. création du Conseil national du patronat français, C.N.P.F. (Jean-Charles Volkmann, 2003).
2. Le « Béarn » à Singapour – En route pour son dernier voyage vers la France, le « Béarn » fait escale à Singapour.
–1949 – 12 juin : surveillance du Mékong – Du 2 avril jusqu’au 24 mai ,et à partir du 12 juin jusqu’au 25 juillet, l’aviso-dragueur Commandant Dominé est de surveillance du Mékong. Il effectue des relevés hydrographiques et capture 18 jonques, 190 sampans. Une grenade explose à 30 mètres de son avant au mille 152 du Mékong et le Viet Minh lance deux grenades au milieu de ses embarcations.
–1999 – 12 juin : téléphérique du Faron – Construction du téléphérique du Mont Faron (FT, 2020).
–1963 – 12 juin : Nomination de Maurice Herzog au secrétariat d’Etat à la Jeunesse et aux Sports.
–1964 – 12 juin : Afrique du Sud : condamnation à la prison à vie de Nelson Mandela, vice-président de l’African National Congress.
–1968 – 12 juin : Après une nouvelle nuit d’émeutes, le gouvernement français interdit les manifestations.
–1975 – 12 juin : Le vice premier-ministre de Chine, Teng Siao-Ping, est en visite officielle en France.
–1981 – 12 juin : Le SITCAT reprend la ligne Toulon, Les Sablettes, Saint-Mandrier, en créant la ligne 8M. En six mois, 163550 passagers empruntent les trois bateaux. Depuis 1999, elle assure le transport des personnels de l’Arsenal travaillant à Saint-Mandrier. De nos jours, le réseau Mistral continue à assurer le transport des usagers de l’agglomération toulonnaise (Ligne 8M Toulon La Seyne, 18M vers les Sablettes, 28M vers St Mandrier).
–1985 – 12 juin : Signatures officielles à Lisbonne et à Madrid de l’acte d’adhésion du Portugal et de l’Espagne à la Communauté européenne qui agrandit ainsi sa façade atlantique et compte désormais douze pays et trois cent vingt millions d’habitants ; elle augmente sa superficie d’un tiers et son produit intérieur brut de 9%. .
–2015 – 12 juin : PEUT-ON PARLER DE GAZ DE SCHISTE EN ALGERIE ? (Compte Facebook du caricaturiste Tahar Djehich, 12 juin 2015) – Le 20 avril 2015, la police de Lmghir (El-Ouesd ; Algérie) a interrogé le caricaturiste Tahar Djehiche sur une caricature sur le gaz de schiste publiée sur son mur Facebook et jugée offensante à l’égard du président Abdelaziz Bouteflika. Le caricaturiste a été interrogé sur le sens de la caricature où le président a été représenté dans un sablier. Le caricaturiste s’est contenté de dire que la caricature est un langage universel. Convocation – Procès – Diffamation envers le président de la République – L’incitation à un attroupement non armé – Acquittement, le 26 mai. Le Parquet d’El Maghayier (El Oued) a décidé de faire appel. Compte facebook de Tahar Djehich/ Quotidien El Khabar, le 23 avril 2015 par Khelifa Gaaid. Me Badi Abdelghani avocat de M. Djehich, 26 mai 2015 Compte facebook du caricaturiste Tahar Djehich, 12 juin 2015 (bulletin des droits de l’homme de juin-2015).
–2022 – 12 juin : Au théâtre Galli, la section danse du Foyer Pierre Singal présente son gala annuel à partir de 15 heures.

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE :
Une poule et un canard se promènent, patte dans la patte.
La poule : « oh ! il fait un froid de canard ce matin ».
Le canard : « oui, j’en ai la chair de poule ! ».
A demain, pour d’autres éphémérides.
Affectueuses pensées pour Raphaël, Webber, Isabelle et Olivier.
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