EPHEMERIDES 11 JUIN

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ÉPHÉMÉRIDES DU DIMANCHE 11 JUIN 2023 – 12e ANNÉE (n° 3821)

ILLUSTRATION : Solliès-Ville (Cl. H. Ribot)

LES FÊTES.

Bonjour à tous en ce onzième jour du moins de juin, nous fêtons les BarnabÉ, du nom du saint qui a présenté Paul de Tarse aux chrétiens d’Antioche et qui, de ce fait, est vénéré par l’église catholique romaine et par les orthodoxes.

A Seillans, dans le Var, saint BarnabÉ était réputé veiller sur les enfants rachitiques à condition, le jour de sa fête, de faire sept fois le tour de ses reliques en marchant sur les genoux.

Plus simplement, le calendrier républicain dédia au chÈvrefeuille ce 23e jour du mois de prairial de l’An II.

LOCUTIONS et TRADITIONS PROVENCALES :  

« visa » (regarder) francisé en « viser » est employé dans l’expression : « viso quèu em soun nas »  (vise-moi celui-là avec son nez).

PENSEE :

« La vertu devient rigide … quand le reste ne l’est plus » (comme beaucoup de citations d’auteurs inconnus celle-ci est parfois attribuée à Coluche)

EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHÈQUE :

SANARY – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES (Cahier de l’ouest varois n°10).

37e livraison : Les accès à l’Ancien Chemin de Toulon à La Ciotat (aujourd’hui, Ancien Chemin de Toulon) :

Dans la direction de La Ciotat, Six-Fours était relié à l’Ancien Chemin de Toulon par le Chemin de Sainte-Madeleine qui franchissait à gué la Reppe au Pas de Puget, où se trouve actuellement une passerelle, et non loin de la coopérative vinicole de Sanary (La passerelle actuelle du Pas de Puget en remplace une autre emportée par la crue de la Reppe de 1973). Il suivait ensuite le Chemin de la Buge, passait devant la Chapelle Saint-Roch de Sanary qui date de 1664 et atteignait, par le Chemin de l’Huide, l’Ancien Chemin de Toulon au carrefour de la Guicharde. La longueur de ce chemin d’accès est d’environ 4,7 km entre Six-Fours et le carrefour de la Guicharde. Pour aller à Sanary, depuis l’Ancien Chemin, il suffit de prendre le chemin précédent qui vient d’Ollioules à partir du Passage à Gué et de suivre la Reppe, ou plus précisément depuis le Moulin de la Reppe à  8,5 km de Toulon. On arrive à Sanary par l’actuelle Avenue de l’Europe, puis l’Avenue des Poilus. Mais dans cette direction, une autre possibilité existe : c’est l’actuel Chemin de Saint-Roch passant par le quartier de la Baou, à 9,5 km de Toulon, appelé autrefois Chemin vicinal de Sanary à Toulon.

En partant de Sanary, par le Nord, en direction du carrefour de la Guicharde, à 1l,2 km de Toulon, il suffisait de rejoindre le chemin d’accès de Six-Fours à la Chapelle Saint-Roch de Sanary, puis de suivre le Chemin de l’Huide. La distance est alors de 1,5 km.

Note : Voir ce que nous avons écrit précédemment au sujet du pèlerinage de Sainte-Magdeleine et de ce chemin venant de Six-Fours

(à suivre)

LES VIEILLES RUES DE MARSEILLE ET AUTRES CONSIDERATIONS (A. BOUYALA D’ARNAUD).

-237e livraison :  LE TERROIR MARSEILLAIS

LES MARTEGAUX ( à 7 kil. 200, banlieue

Hameau habité par des cultivateurs et des jardiniers. Une source y avait fixé la résidence d’un certain nombre d’habitants de Martigues ou « Martégaux , à partir de 1532.

MAZARGUES ( à5 kil.650, banlieue sud).

Au XVIIIème siècle, Mazargues était une des agglomérations les plus importantes de la banlieue de Marseille Au XIXème siècle, le canal de la Durance arrosa ses vallon pierreux, leur donnant grande fertilité. En 1866, on y comptait 3.682 habitants, desservis par un omnibus à impériale. Cette banlieue est typiquement marseillaise, avec ses bastides, ses chemins bordés de petits murs, ses pinèdes, sa ceinture de collines parfumées de plantes aromatiques. Son nom s’inscrit dans l’histoire locale depuis le XIème siècle. C’est Vallis de Marsanges en 1096 ; puis Marzaneges en 1113, Massanegues en 1278, Massargues en 1332. Sa principale gloire est dans un souvenir : le château qu’habita Mme de Grignan. Il n’en reste aucun vestige. Il était situé à l’intersection du chemin de Mazargues et du chemin du Lancier.

La seigneurie de Mazargues appartenait, dans la deuxième partie du XVIème siècle, à Durand de Pontevès, le chef Ligueur énergique, frère du comte de Carcès, qui se faisaiy appeler le « chevalier de la foi». Comme il avait interdit le droit de chasse dans ses terres, les Marseillais, conduits par le consul Philippe Altoviti, vinrent, en 1580, démolir ses murailles et sa tour. Le domaine passa, par les femmes, au maréchal Alphonse d’Ornano, puis, par le mariage de Marguerite d’Ornano, il entra en 1628, dans la familleé de Grignan. C’est à Mazargues que Mme de Grignan mourut de la petite vérole en 1705. Sa fille, la marquise de Simiane, qui séjournait plus modestement à Belombre, vendit Mazargues en 1707 à Honoré de Gantet-Guillou, échevin de Marseille, dont la descendance conserva seigneurie et château jusqu’à la Révolution.

Mazargues jouissait d’un climat particulièrement sain. Mme de Grignan écrivait, le 5 février 1703, à Mme de Coulanges : « On n’y voit que des personnes qui meurent à cent ans ; on ne connaît point les maladies ; le bon air et les bonnes eaux y font régner non seulement la santé, mais la beauté. Dans le canton vous ne voyez que de jolis visages, que des hommes bien faits, et les vieux comme les jeunes ont les plus belles dents du monde. S’il y a un peuple qui arrive à l’idée du peuple heureux représenté dans « Télémaque », c’est celui de Mazargues ».

(à suivre)

EPHÉMÉRIDES.

1279 -11 juin : LIEUX-DITS D’AURIOL (charte aux archives de Saint-Victor) –

1. Passum de Leborina. Première mention de La Bourine – vallat, quartier de La Bouilladisse en 1872. Le domaine de la Bourine s’étend sur les territoires de Peipin et d’Auriol (1872).  

2. Serignana. Sérignan – lieu-dit, quartier des Bouilladisses en 1872.

1299 – 11 juin : LIEUX-DITS DE MARSEILLE (charte aux archives municipales).

1. Cartengut (acte notarié). Première mention du Cast – lieu-dit, quartier de Saint-Marcel, près de l’ancien château (1872).

2. Esparron : lieu-dit, quartier de Saint- Marcel. Nom disparu depuis.

3. Molendinum Raimundi de S. Marcello. Moulin de Villages – moulin à eau, quartier de Saint-Marcel, sur l’Huveaune. Notons que ce moulin était dénommé  Molendinum Bertrandi Beroardi, le 31 mai 1298 (charte aux archives municipales).

4. Al Pont (acte notarié). Pont-Subeyran – ce pont aujourd’hui détruit, qui était situé en amont du pont des Beroards, au lieu-dit la Clastre (1872), était qualifié de Pont vieil, le 3 janvier 1615 (registre aux archives de l’Evêché).

5.  Torretum. La Tour – lieu qui a pris son nom d’une tour qui existait autrefois au quartier de Saint-Marcel entre le château de Forbin et l’Huveaune : Lo Tor, citée le 8 septembre 1288 (acte notarié).

1331 -11 juin : Îles de Marseille – Ces îles qui sont Pomègues, Ratoneau et If , sont données par la reine Jeanne à Arnaud de Montolieu le 11 juin 1331 (registre Armorum de la Cour des comptes, fol. 207). Louis III donne ces mêmes îles à Caperio de Ysia, 1424 (registre Crucû, fol. 170).— René les donne à Jacomet de Remesan, 27 juin 1449 (registre Leonis, fol. 112).

1385 – 11 juin : Des ancêtres de Jaume Deydier à Ollioules aux XIIIe et XIVe siècles – « Deldich Guilhem (déjà mentionné vers 1250 à Ollioules) et de sa molher fon engendrat ung altre, apellat Guilhem Deydier, ung vallent notari, et renhava en Olioll, corrent lo mileyme mil tres cens… » .[Guilhem II… (eut deux mariages) : le premier avec Catherine Fabre, fille d’André Fabre, comte palatin et coseigneur de Cuers, le second avec Hugua Peyressa qui lui apporta une grosse dot, tant en bien-fonds qu’en argent] « una grossa docta tant en bens coma en argent ». A ce Guilhem succéda un troisième du nom, toujours notaire, Guilhem III, non moins vaillant que son père, qui eut toute la confiance de Johan Le Fèvre, chancelier des comtes de Provence ; le 11 juin 1385, il fut nommé bailli royal de Colmars par Marie de Blois, mère et tutrice de Louis II (De Ribbe, 1898, p. 62-63).

1412 – 11 juin : Guerre de 100 ans – Début du siège de Bourges qui durera jusqu’au 12 juillet.

1589 – 11 juin : ARRET QUI DECLARE LES TAILLES VIEILLES (la taille était un impôt foncier dû pour les biens roturiers quel que soit le rang de leur possesseur) : Les consuls des communautés d’Ollioules, Six-Fours, la Garde, le Revest et Evenes (Evenos), par leur placet donné au roi, leur auraient très humblement remontré que les habitants de Toulon, en vertu de certains privilèges, avaient refusé de payer les tailles, tant de sa majesté, que du pays, aux susdits lieux, présupposant, que par leur privilège, ne pouvaient être aucunement contraints, et que lesdites tailles se devaient pour les biens qu’ils avaient auxdits lieux à la ville de Toulon, lieu de leur habitation. A quoi lesdites communautés plaignantes soutenaient, qu’étant à la disposition du droit écrit, les tailles sont réelles et non personnelles, et par ainsi, qu’elles devaient être payées où les fonds son situés. Ce qui causa un procès par-devant la Cour des Comptes. Laquelle, par son arrêt, attendu qu’il s’agissait de privilège confirmé par les feus Rois, ainsi que lesdits de Toulon avançaient, les parties furent renvoyées au Roi, qui depuis sa majesté, les renvoya à ladite Cour des Comptes. Et prévoyant, lesdits de Toulon, l’injustice de leur cause, auraient taché de parvenir à l’exécution de leurdit prétendu privilège, et pour cet effet, se seraient retirés par-devant sa majesté, pour leur être permis de murailler et fortifier leur ville. Ce qu’ils offrirent faire sous certaines qualités contenues aux articles par eux dressés, et entre autres, demandaient le privilège par eux prétendu, que pour la manutention duquel, y avait long temps qu’ils étaient en procès par-devant la Cour des Comptes de Provence. Laquelle requête serait (aurait) été renvoyé au Seigneur grand prieur de France. , gouverneur en Provence, pour donner son avis. Sur quoi lesdites communautés auraient formé opposition par-devant ledit Seigneur, grand prieur, et encore pour la conservation de leur bon droit, par-devant sa majesté, pour qu’il fut son bon plaisir de les recevoir en leur opposition. Et ce faisant, attendu l’instance pendante par-devant ladite Cour des Comptes, renvoyer les suppliants sur leurdite opposition formée contre lesdits de Toulon, à ladite Cour pour être procédé, sur laquelle requête serait (aurait) été rendu décret. Attendu, les suppliants, l’avis dudit Seigneur grand prieur de France, répondu au conseil le 21 janvier 1586, signé Dolu. En suite de laquelle requête et décret, capitaine Laurens Varon, procureur et député des habitants d’Ollioules, Six-Fours, la Garde, le Bausset et Evenes, fit la présentation au greffe du conseil privé de sa majesté, contre les consuls, manants et habitants de Toulon et constitua pour avocat, Maître Jean Sirralies, avocat au conseil, en date du 29 janvier 1586. Au préjudice de laquelle instance, les consuls et communauté de Toulon, en l’année 1589, ayant fait procéder à un relèvement et nouveau cadastre de leur terroir. Ils auraient fait coucher, entre autres, tous les biens que feu Sieur Barthelemy de Lombard, Sieur de Ste Cécille, possédait au terroir de S-F, prétendant que les tailles fussent personnelles. Et obliger les hoirs dudit Sieur de Ste Cécille leur en payer les tailles des biens qu’il possédait au terroir dudit Six-Fours. Ce qui donna lieu à Dame Hellène de Vallavoyre, veuve du Sieur Barthelemy de Lombard, en qualité de mère et tutrice de ses enfants, hoirs dudit Sieur de Lombard, de le mettre en notice aux consuls dudit S-F, par sommation qu’elle leur fit intimer le 11 juin audit an 1589, par laquelle l’on lui protesta, en cas qu’elle fut obligée de payer les tailles à la communauté de Toulon, de tous dépens, dommages intérêts. Lesquels consuls, par leur réponse, auraient déclaré qu’ils voulaient et entendaient prendre la garantie et défense des pupilles contre ladite communauté de Toulon et tous autres. Sur la susdite question, pour savoir si les tailles des biens devaient être payées au lieu de domicile des possesseurs ou au lieu où lesdits biens sont assis, fut encore intenté un grand procès au Grand Conseil du Roi, entre lesdits Sieurs consuls et communauté de Toulon, qui soutenaient que par privilège octroyé au lieu de la viguerie de Toulon depuis l’année 1231, les tailles étaient payées au lieu de domicile des possesseurs et non en lieux où les héritages sont situés et assis, et les consuls et communauté de Six-Fours. Auquel, la communauté de la Vallete qui serait intervenue, soutenant les fins et conclusions de celle de ladite ville de Toulon, et la communauté de la Garde se serait joint avec celle de Six-Fours. A la poursuite duquel procès, ledit conseil fit arrêt en contradictoire jugement, le 14 juillet 1618, par lequel il fut ordonné, que sans avoir égard audit privilège et usage, les habitants de Toulon, Six-Fours, la Garde et la Vallete, payeront, dores en avant (dorénavant), les tailles et impositions en lieux où les biens seront assis. Après lequel arrêt, serait (aurait) été encore rendu divers autres arrêts, tant audit Conseil, qu’en la Cour des Comptes, des 23 janvier 1621, 7 juin 1625. Et enfin, par arrêt du conseil du 14 février 1632, fut ordonné que le susdit arrêt de 1618 serait exécuté (Jean Denans, 1713).

Note : La taille était un impôt foncier dû pour les biens roturiers quel que soit le rang de leur possesseur. Ainsi le 14 février 1645 un arrêt condamne les Chartreux de la Verne à payer les tailles sur les biens roturiers qu’ils possèdent à Bormes depuis 1471, mais sur ces seuls biens, les biens nobles étant francs de taille (Maurel M.). Les grandes tailles (quistae generales, quistae majores) se levaient en certaines circonstances :

Quand le comte allait pour la première fois, sans armes à la cour impériale ;

Quand le comte ou son fils aîné était ordonné chevalier ;

Quand il mariait ses filles ;

Quand il partait pour une expédition outre-mer ;

Quand le comte était captif.

Pour chacune de ces grandes tailles, le comte pouvait exiger 6 sous royaux par feu (Guérard, 1857Au XVIIe siècle, le cadastre est un registre public qui sert à l’assiette des tailles dans les lieux où elles sont réelles, comme en Provence et en Dauphiné. Ce registre contient la qualité, l’estimation et le nom des propriétaires des fonds de chaque Communauté ou Paroisse. ( Furetière).

En Provence, on appelait affouagement le cadastre général où était réglée la proportion dans laquelle chaque commune devait contribuer aux charges publiques et feux les unités imposables, le mot ne signifiant pas ici habitation d’une famille, mais une valeur convenue exprimée en florins. Dans chaque commune existait un cadastre particulier divisé en livres d’une valeur également conventionnelle, pour fixer la part contributive des individus, … pour asseoir et déterminer la taille, l’impôt foncier. … Les affouagements en principe n’étaient renouvelables qu’à de longs intervalles (de Ribbe). –

Comme une trentaine de castra de Provence orientale demandaient de racheter le fouage par une taxe annuelle, le juge des appels des Comtés, André de Crota, par lettres du 30 avril 1345 fit droit à leur requête et ordonna de les décharger de fouage (Léonard E.).

1769 – 11 juin – LIEUX-DITS DE MARSEILLE – La Coulette – propriété, quartier des Caillols (registre aux archives de la Major).

1775 – 11 juin : Louis XVI est sacré roi de France et de Navarre par la grâce de Dieu, en la cathédrale de Reims.

-1789 – 11 juin : le clergé vérifie les titres de ses députés – Depuis hier, le clergé vérifie les titres de ses députés, obéissant en cela aux conseils de conciliation donnés par le roi lui-même le 5 juin. La noblesse, de son côté, s’est contentée d’examiner quelques détails de son règlement de police intérieure (Agenda du Bicentenaire – JEUDI 11 JUIN).

1790 – 11 juin : Inventaire des meubles et revenus de la chartreuse de la Verne – (Garcin E. ; Grimaud P. ; Maurel M. ; Archives de Toulon ; Chanoine Marès)

– Rentes et revenus : en argent, 17 009 livres 3 sols 3 deniers ; en grain, 140 charges bled, 16 charges avoine, 11 charges seigle, 1 charge haricots ;

– Argent trouvé : 9057 livres 13 sols 3 deniers ; dû en argent pour les arrérages de pensions et de rentes la somme de 4239 livres 1 sol 3 deniers

– En blé : il est dû par les rentiers et emphytéotes 28 charges 3 panaux

– Capitaux : 92 trenteniers de chèvres et 84 bœufs et vaches plus 14 après.

Suit l’inventaire de la sacristie et la liste des 11 pères et 5 frères convers qui demeurent toujours au monastère (Cahier manuscrit, Collobrières, archives municipales, Série G. G.).

1793 – 11 juin : fidèle à la France, NAPOLEON BONAPARTE est pourchassé par les paolistes ; il s’embarque en juin 1793. Paoli, mis hors la loi par la Convention, sait qu’il ne pourra pas tenir longtemps sans appui financier et maritime ; et, surtout, il subit l’influence de Pozzo di Borgo, qui est le véritable responsable de l’appel aux Anglais (Ambrosi C., 1971, « Corse. 2. Un objet de rivalités historiques ». Encyclopaedia Universalis, vol. IV, 1971, p. 1057 à 1058.).

Le 11 juin 1793, la famille Buonaparte s’expatrie. C’est maintenant sur le continent, en France même, que l’aventurier va tenter sa chance, sous son travestissement de sans-culotte. Sa première tentative en direction des grandeurs et de l’opulence, n’a abouti qu’à un avortement pitoyable. Finie pour lui, la Corse, comme terrain de chasse ou tremplin. Il en a fait son deuil, et a déclaré tout net à sa mère, dans sa vraie langue, l’italien « Questo paese non è per noi » : « ce pays-là n’est pas pour nous ».

1798 – 11 juin : Début de l’expédition d’Egypte (Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997). Le corps expéditionnaire français quitte Toulon, mais des navires les accompagnent de Gênes, Ajaccio, Civitavecchia. Au total plus de 400 navires prennent part à cette flotte, ainsi que 40 000 hommes et 10 000 marins. La flotte s’empare tout d’abord de Malte le 11 juin, puis débarque à Alexandrie le 1er juillet.

1799 – 11 juin (mardi 7 du mois de Muharram) : Abd-al-Rahman al-Jabartî (Journal d’un notable du Caire, 1798-1801) – arrivée d’un groupe de soldats français avec leurs bagages.

Arrivée d’une lettre du général en chef. Il annonce qu’il est parvenu à Saliyya et enjoint au gouverneur Dugua de faire venir les gens à sa rencontre suivant la note qu’il a envoyé et les ordres qui y sont donnés. ». [Entre ce message et le précédent, les événement avaient totalement modifié la donne à Akka. Quand les Français réalisèrent qu’ils ne pouvaient prendre ‘Akka, ils décidèrent de retourner au Caire. Bonaparte rédigea un rapport à l’intention des français du Caire, dans lequel il exposait que l’abandon du siège deAkka était dû au 15 raisons suivantes :

1. Les anglais ont fortifié la place suivant des techniques européennes.

2. Les grosses pièces d’artillerie française, portées par des bateaux, ont été capturés par les anglais devant Jaffa.

3. La peste fit mourir chaque jour 50 à 60 soldats ;

4. Pas de possibilité de ravitaillement à cause de l’état de ruine de la région.

5. Bataille contre Murâd Bey dans le Sa’îd, ce qui coûta 300 morts à l’armée.

6. Annonce de l’expédition de Jilani je dirigeant vers nous.

7. Manifestation du marocain Mohammad qui constitue une troupe importante et qui prétendait être de la dynastie des sultans du Maroc.

8. Présence des Anglais devant Alexandrie et Damiette.

9. Arrivée là de la flotte de Moscou devant Rhodes.

10. Annonce de la rupture de paix entre la France et l’Autriche.

11. Arrivée de la réponse négative donne des rois de l’Inde à notre lettre expédiée avant de venir à ‘Akka ;

12. Mort de Caffarelli qui nous a construit des fortifications suivant sa méthode à lui ; son successeur du lait démolir et cela demanda du temps.

13. Annonce de l’arrivée d’un certain Mustafa pacha, que les anglais sont allés chercher à Istanbul dans l’intention de l’installer en Egypte.

14. La nouvelle que al-Jazzâr aurait déjà embarqué ces bagages sur des bateaux anglais dans l’intention de s’enfuir avec eux au moment de la prise de la ville ;

15. La prolongation du siège pendant 3 à 4 mois devant Akka ne ferait d’accroître les inconvénients ci-dessus mentionnés.]

1800 – 22 avril (2 floréal An 8) : Lettre autographe du général DESAIX retenu au Lazaret de Toulon à sa rentrée d’Egypte. On remarque dans cette lettre, outre le ton graveleux et légèrement galant dans lequel elle est écrite, quelques indications, historiques importantes : d’abord celles relatives à Savary ; ensuite et surtout le rapprochement des dates entre le jour où Desaix dut quitter le lazaret (7 floréal) et celui où il paya de sa vie son arrivée et son intervention décisive dans la bataille de Marengo (23 prairial) 11 Juin 1800 (Desaix, « Lettre autographe du général Desaix retenu au Lazaret de Toulon à sa rentrée d’Egypte », 2 floréal an VIII. Bull. AVT, 1936, aux archives de Amis du Vieux Toulon).

1817 – 11 juin : Un certain nombre d’anciens évêchés, existant avant 1790, furent supprimés, dont celui de Toulon ; le diocèse de Fréjus, qui englobera désormais tout le Var, il ne sera rétabli officiellement qu’en 1817 (concordat du 11 juin négocié par le duc de Blacas d’Aups avec le pape Pie VII).

1818 – 11 juin : MENTION DE LA BATTERIE DU JONQUET – Pour découvrir la batterie du Jonquet, il suffit d’emprunter le sentier douanier qui menait jadis au Cap Sicié, puis de prendre à droite le tout nouveau chemin taillé à flanc de colline qui monte en quelques lacets jusqu’à l’ancien sémaphore de Notre-Dame du Mai. Là, dans le 3ème virage et tout près d’une table d’orientation, on peut apercevoir la batterie dite « du Jonquet » : une masure solitaire au toit effondré et aux murs branlants, sise sur un étroit promontoire de schiste, face aux rochers des Deux-Frères et sans plus aucun chemin pour y mener.

Nous ne possédons que très peu de documents à son sujet. Quant à la date de sa construction, elle semble remonter à 1806. Deux documents vont dans ce sens : L’un en date du 11 juin 1818 qui stipule que « l’établissement de cette batterie date de douze ans environ » (SHM Toulon. Atlas général des côtes. Direction de Toulon. 1818, 4B1) ce qui donne la date de 1806. L’autre en date du 5 avril 1843 qui indique plus précisément que, même si « la construction de cette batterie remonte à l’année 1806, ni le général Marescot, ni la Commission de 1810-11 n’en ont fait mention » (SHT Paris. art3W35 : Rapport en date du 5 avril 1843. État des batteries avant 1841.).

À l’époque, cette batterie, située à l’est du Cap Sicié et dominant de plus de cent mètres (108 m) le niveau de la mer, a pour mission, en collaboration avec ses batteries collatérales, de surveiller et de protéger la navigation et d’assurer de ce fait la communication de la rade de Toulon à celle du Brusc, quoique son effet soit relativement minime vu son « extrême » élévation (les batteries collatérales de la batterie du Jonquet étaient respectivement à l’est celle du Bau Rouge et à l’ouest celle du Cap Sicié. Les rapports de l’époque estimaient que la batterie du Jonquet était distante, à vol d’oiseau, de 1 400 mètres de celle du Cap Sicié et de 2 200 mètres de celle du Bau Rouge. Et la distance de cette batterie à la « ligne du niveau de la mer » était estimée à 350 mètres, en réalité à 120 mètres). Elle doit également couvrir les quelques anses qui se trouvent situées à l’est et de part et d’autre des pointes de Malpasset et de St Selon (actuelles plages dites du Jonquet et du Bœuf) afin d’en « éloigner les Corsaires » (SHM Toulon. Atlas général des côtes. Direction de Toulon. 1818, 4B1). Elle est établie « sur un plateau artificiel taillé dam la pente roide de la montagne » (SHM Toulon. Atlas général des côtes. Direction de Toulon. 1818, 4B1) et sur un terrain communal appartenant au village de La Seyne. Son épaulement, d’une épaisseur de 3,60 m, tracé en arc de cercle, délimite un espace suffisant pour « la manœuvre des 2 bouches à feu dont elle est armée » (SHM Toulon. Atlas général des côtes. Direction de Toulon. 1818, 4B1. SHT Paris. art3W35 : Rapport en date du 5 avril 1843. État des batteries avant 1841) [9-4], à savoir, en 1818, deux canons de 18 devant être servis par six canonniers. Cet épaulement (ou parapet, disposé pour le tir en barbette) est formé d’un blocage de terre et de pierraille soutenu par un parement interne et externe réalisé en pierres sèches. Sa plate-forme de tir, taillée dans le roc et remblayée en partie avec de la rocaille, est soutenue par des murs en pierres sèches. Tout comme la batterie du Cap Sicié, elle possède, établis un peu en retrait vers l’ouest, un petit poste de garde et un magasin à poudre, le tout isolé sans enceinte ni retranchement » (SHM Toulon. Atlas général des côtes. Direction de Toulon. 1818, 4B1). Il n’y a ni puits ni citerne. Dominant légèrement la batterie, le poste de garde a été construit sur un tertre taillé « dans la pente de la montagne » (SHM Toulon. Atlas général des côtes. Direction de Toulon. 1818, 4B1).

Ce bâtiment, de forme rectangulaire de 9 m de long sur 5 m de large, a été réalisé en pierres brutes maçonnées au mortier de chaux (murs d’une épaisseur de 0,50 m, recouverts d’un enduit à l’extérieur). Il possède un toit à deux pans couvert de tuiles d’une hauteur de 4 m au niveau du pignon. Sa façade principale, de 3 m de haut, donne vers le sud sur une petite terrasse (de 10 à 11 m de long, pour une largeur maximum de 5 m) soutenue par un mur en maçonnerie de 2,10 m de haut. Deux fenêtres disposées de part et d’autre de l’unique porte d’entrée y ont été établies afin de dispenser un peu de lumière à l’intérieur. L’unique pièce a été sommairement aménagée d’un long bat-flanc en bois accolé au mur nord (extrait d’un article de Michel Cruciani).

1830 – 11 juin : CONQUÊTE D’ALGER – Le 11 juin, le temps très-beau au lever du soleil, ne tarda pas à se gâter : les grains se succédaient; le vent deve­nait violent, et le baromètre était tombé tout à coup de trois lignes. Cependant l’armée et le convoi se maintenaient bien ralliés, ainsi que les bateaux restés en arrière. A midi la flotte s’estimait à 83 milles de la côte d’Alger, dans le nord quart nord-est. Le vent était à l’est sud-est (Vie de l ’amiralDuperré. F, Chasseriau, page 206).

L’armée navale était pleine de confiance et d’espoir. Elle comptait que cette fois Alger ne lui échapperait pas. Malgré les menaces du gouvernement anglais, ses vaisseaux étaient demeurés immobiles et n’avaient point essayé de nous barrer le chemin. Vers le temps où notre flotte quittait pour la seconde fois Palma; lord Stuart, ambassadeur d’Angle­terre, était venu avertir le prince de Polignac que « l’amiral anglais commandant dans la Méditerranée lui avait mandé qu’il rappelait à lui tous les bâtiments de guerre qui se trou­vaient dans la partie de la Méditerranée que devait traverser notre flotte, afin d’éviter tout soupçon que son gouverne­ment voulût entraver notre marche (Voici le passage textuel que nous copions sur l’original de la lettre écrite par le prince de Polignac au général comte de Bourmont, à la date du 16 juin 1830 : « Le gouvernement anglais devient moins ombra­geux au sujet de notre expédition d’Alger. L’amiral commandant dans la Méditerranée (et je m’imagine qu’il n’agit pas sans ordre) a mandé à lord Stuart qu’il rappelait à lui tous les bâtiments qui se trouvaient dans la partie de la Méditerranée que doit traverser notre flotte, afin d’éviter tout soupçon que son gouvernement voulût entraver notre marche. »). » Les chemins étaient donc ouverts. (d’après « Histoire de la conquête d’Alger » ; d’Alfred Nettement).

1832 – 8 juin au 11 juin : Le prince d’Orléans arrive le 8 Juin 1832, défilés, discours et fête le soir. Le 9, il est sorti dans la matinée pour se rendre au Palais de Justice, puis à dix heures, le Prince est sorti du port sur le « Sphinx » (depuis saint jean) durant 3 heures, salué par des coups de canon tirés des forts et du brick le « Marsouin », stationné dans la rade. puis le Prince a débarqué au Pharo, d’où il est allé visiter deux fabriques de savon, deux raffineries de sucre, le collège royal et la bibliothèque de la ville. le soir, un bal avait été préparé , avec beaucoup d’éclat, dans la salle du Grand-Théâtre. Le Prince devait y assister, mais profondément affligé des événements de Paris, il résolut de n’y pas danser. Le 10 , il a visité les hospices et divers lieux et le soir s’est rendu au spectacle, puis est reparti le 11 à midi pour Toulon

1837 – 11 juin : Conquête de l’Algérie – Ollioules héberge une compagnie d’ouvriers d’artillerie appartenant au corps expéditionnaire d’Afrique : 2 officiers, 36 hommes (Castellan E., 1937, p. 295).

1909 – 11 juin : Un séisme de magnitude 6,2 détruit les villes de Lambesc, Saint-Cannat et Rognes dans le massif de la Trevaresse en Provence (Vaucluse).

Le séisme est ressenti jusque dans le Gard, notamment à Nîmes. Plusieurs secousses préliminaires se produisent à divers endroits de Provence : le 26 mai 1909, au Puy-Sainte-Réparade et le 28 à Saint-Cannat. Peu avant la secousse principale, le 11 juin, on remarque le comportement anormal d’oiseaux volant bas, avec des cris de frayeur, de chiens hurlant à la mort, et de chevaux piaffant.

C’est, à ce jour, le séisme le plus fort enregistré en France métropolitaine. Si le séisme avait eu lieu en 1982, en intégrant le développement de l’urbanisation, il y aurait eu 400 à 970 morts, 1850 à 5650 blessés, 450 bâtiments détruits, 21850 endommagés (sur 25420 bâtiments), soit 4660 millions de francs de dégâts auxquels il faut ajouter une perte de 500 millions de francs liée à la perturbation de l’activité économique.

Cette modélisation montre que si les séismes présentent un aléa modéré en métropole, il s’agit tout de même d’un Risque majeur.

(Réf. Francis Brun, Liliane Larrea et Robert Larrea : Meyrargues au temps de nos grands-parents, éd. Mairie de Meyrargues, 1990 ; André Brahic, Michel Hoffert, André Schaaf et Marc Tardy : Sciences de la Terre et de l’univers, éditions Vuibert, 1999 ; André Dagorne et René dans : Les risques naturels, PUF, collection « Que sais-je ? » n° 3533, 4e édition, 2005. Henri Joannet … « et le 11 juin 1909, la Provence trembla! », éd Alan Sutton,2008) ; Estelle Bonnet Vidal : Seismes en Provence, éd. Campanile, 2009).

1910 – 11 juin : Naissance du commandant Jacques-Yves Cousteau.

1940 – 11 juin – « La France ne peut pas mourir», s’écrie M. Paul Reynaud en affirmant sa volonté de poursuivre la lutte. Voici, prise à l’audition, l’allocution prononcée hier soir, à 19 h 30, par M. Paul Reynaud, président du Conseil :

“Nous sommes au sixième jour de la plus grande bataille de l’Histoire.

L’incendie a commencé sur la Somme, s’est propagé vers l’est jusqu’à la Meuse.

Six jours et cinq nuits durant, nos soldats, nos aviateurs, la Royal Air Force ont fait face à un ennemi supérieur en nombre et en armement. Dans cette guerre, qui n’est plus une guerre de front, mais de points d’appui en profondeur, nos armées ont manœuvré en retraite.

Elles n’ont abandonné chaque point d’appui qu’après avoir infligé à l’adversaire des pertes cruelles. Les kilomètres gagnés sur l’ennemi sont jonchés de chars détruits et d’avions abattus.

Malgré le succès de prestige qu’il peut remporter, il reste à savoir quel sera l’effet de ses pertes sur l’issue de la guerre. En tout cas, rien ne pourra diminuer notre volonté de lutter pour notre terre et pour nos libertés. Les épreuves qui nous attendent sont dures, nous y sommes prêts. Nos têtes ne se courberont pas” (Excelsior, mardi 11 juin 1940).

1942 – 11 juin : FRONT D’AFRIQUE – ROMMEL VISITE BIR HAKHEIM – En Afrique du Nord, dans la matinée du 11 juin, Rommel visite Bir Hakheim. « Nous avions attendu sa chute avec impatience. Cinq cents Français, la plupart blessés, tombèrent entre nos mains… » (Max Gallo, 1942, le jour se lève)

1944 – 11 juin

1. Mesures d’évacuation de Sanary édictées par les Allemands :

LES EVACUATIONS OBLIGATOIRES À SANARY – Extrait du journal :

« Par ordre des autorités allemandes et pour des raisons strictement militaires la ville de SANARY doit être entièrement évacuée par sa population. Cette évacuation doit se faire dans les conditions suivantes première zone, région côtière, comprenant 580 personnes, pour le 10 juin 1944 deuxième zone, région ouest, comprenant 500 personnes, pour le 11 juin troisième zone, régions nord et est, comprenant 3 000 personnes pour le 24 juin 1944. » (VOIR LES EPHEMERIDES A LA DATE D’HIER 10 JUIN POUR LA SUITE DE CET ARTICLE).

2. LA BATAILLE DE FRANCE –  Normandie, secteur Port-en-Bessin. Comme chaque nuit, celle du 10 au 11 juin est peuplée des tirs de la DCA, des explosions des bombes. Le ciel est éclairé par un combat aérien et vers 25 h 25 un avion descend en flammes. De son côté, la DCA alliée détruit 5 avions allemands ; mais la DCA allemande tire aussi de terre ; il est probable que les avions ennemis, cette fois, ne sont pas majorité dans le ciel nocturne. Cependant la menace des bombes planantes se précise ; on s’active à brouiller les ondes sur lesquelles l’ennemi les dirige, lorsqu’à 05 h 40 les bombardiers ennemis reviennent Le Georges Leygues voit quelques minutes plus tard une bombe à 1 500 mètres à tribord. Mais c’est le Montcalm qui semble particulièrement visé ; 6 à 8 bombes tombent par tribord, les premières à 500 mètres sur l’arrière, les dernières à 200 mètres par le travers de la passerelle.

Son coéquipier le voit se dessiner en sombre sur les lueurs de l’explosion, par la nuit claire mais sans lune ; ses canonniers essaient également de descendre à la DCA ce qu’ils pensent être une bombe planante. Puis tout se calme dans le secteur Omaha, alors que vers 05 heures, le bruit assourdi des explosions de bombes se fait entendre vers Utah. A 07 h 15, l’amiral BRYANT donne l’autorisation de désarmer les tourelles et par ce beau dimanche 11 juin, cependant que la bataille s’éloigne et qu’une très légère brise passe sous les nuages, les équipages français, qui viennent de rompre du poste d’alerte où ils étaient depuis 5 jours sans interruption, accueillent les nombreux visiteurs que les pêcheurs et chalutiers leur amènent de la terre (M. Masson, CF Muracciole, LV de Villardi de Montlaur, 1969)

3. LA BATAILLE DE FRANCE –  Normandie, secteur Bayeux-Tilly. Le 11 juin se produisit la grande offensive britannique qu’on escomptait depuis plu¬sieurs jours. Elle débuta par une forte attaque de blindés contre Tilly. Le capitaine Philipps — qui commandait le point d’appui et qui est maintenant curé de Gladbeck — réussit à en rejeter les Anglais avec l’aide d’une partie du 901e R.G. accourue en renfort. Une deuxième attaque fut dirigée contre Verrières-Lingèvres. Verrières fut perdu. Les éclaireurs anglais débouchaient déjà du petit bois, au nord de la localité, en direction de la route. On les voyait sinuer à travers les prairies, les champs et les vergers.

La réserve du Panzer-Regiment fut alors engagée en contre-attaque. En grondant, les colosses d’acier, les « Tigre », les « Panther » défilèrent par les venelles étroites de Lingèvres. Grinçants, ils firent tête à droite devant l’église écroulée, et débouchant par la grand-route, ils s’élancèrent en éventail à travers champs à l’assaut du petit bois : « Dispositif de combat. Masquez toutes ouvertures. »

A partir de ce moment on ne peut plus apercevoir, des haies, des fossés, des prairies et de la lisière du bois, qu’un étroit secteur large comme la main, délimité par le « kinon », la lucarne de combat en verre blindé.

Le lieutenant Théo était chef de section à la 6e Compagnie et commandait à bord de ce troisième char, dont le nom conventionnel était « Citron ». Tous ses sens tendus, il observait attentivement. Devant lui roulaient en file indienne, sur un étroit chemin de terre, trois chars de sa compagnie. Puis ils s’infléchirent sur la gauche pour aller fouiller une lisière formée d’une haie à hauteur d’homme et jalonnée de vieux pommiers, retournés à l’état sauvage. Le lieutenant Théo suivait sur leurs traces, à quelque distance. Il les vit s’engager dans une clairière. Et soudain il entendit dans ses écouteurs :

« Attention, char ennemi ! Tourelle onze heures. Feu.

Des détonations claquèrent. Il s’engagea à son tour dans la clairière et vit de quoi il retournait : sur la piste, au centre, gisait un char « Cromwell » en flammes que le char « Cerise » venait d’abattre presque à bout portant; et, derrière cette épave en feu, des nuages de fumée semblaient indiquer que ses congénères s’étaient retirés en émettant un brouillard artificiel. Soudain, un char « Sherman » surgit de la haie sur la droite mais replongea tout aussitôt dans le fourré. Théo fit feu sur lui à cent cinquante mètres, mais se sentit à son tour canardé sur sa gauche. Poursuivant néanmoins la silhouette entrevue à travers la haie, Théo fit feu de nouveau sur elle et cette fois son coup porta visiblement en plein. A la nuit tombante, le char « Citron » alla occuper un emplacement de repos dans une ferme du village (Paul Carell, Ils arrivent)..

4. CRIME DE GUERRE A ORADOUR-SUR-GLANE : Les 11 et 12 juin 1944, des groupes de SS reviennent à Oradour-sur-Glane pour enterrer les cadavres et rendre leur identification impossible. Dans sa déposition relative au 11 juin, le sergent SS Boos déclare : «J’ai personnellement déblayé l’église. Je portais des gants pour cette besogne. Je prenais les cadavres et les restes, les sortais de l’église et les mettais dans un tombeau creusé à cet effet. Pendant ce travail, une ligne de sentinelles était en position et tirait sur les civils qui s’approchaient de la forêt. » (Archives du tribunal militaire de Bordeaux) Un autre SS témoigne : « Le lendemain du massacre, nous sommes revenus pour enterrer les morts. J’étais dans l’église pour sortir les cadavres, en nombre inconnu tant ils étaient brûlés, cadavres de femmes et d’enfants. Nous les avons enterrés derrière l’église et nous sommes partis. » (Archives du tribunal militaire de Bordeaux)

1955 – 11 juin : 80 spectateurs trouvent la mort aux 24 heures du Mans.

Depuis la première édition, qui eut lieu en 1923, l’épreuve des 24 Heures du Mans rassemble les meilleures voitures et les pilotes les plus réputés pour une course qui chaque année attire de plus en plus de spectateurs. Pour la 23e édition, en 1955, ils sont 300000 amateurs de sport auto¬mobile et s’attendent à du grand spectacle, car cette année-là, en plus des constructeurs habitués de la course -Jaguar, Ferrari et Maserati-, Mercedes est de retour avec trois 300 SLR, des modèles basés sur les Formule 1 et sur¬nommés les «Flèches d’argent». Elles sont conduites par les meilleurs pilotes du moment: Juan Manuel Fangio, champion du monde en titre, et Stirling Moss ; John Fitch et Pierre Levegh ; et enfin, Karl Kling et André Simon.

Le 11 juin, le départ est donné à 16 heures et, aussitôt, les bolides atteignent les 240 km/h en ligne droite, mais au bout d’un peu plus de deux heures de course, à 18h28, c’est le drame. La Mercedes du Français Pierre Levegh heurte l’Austin Healey de Lance Macklin. Celui-ci a fait un écart sur la gauche pour éviter la Jaguar de Mike Hawthorn, qui lui a coupé la route pour aller se ravitailler. La Mercedes décolle sous l’effet du choc. Le pilote est éjecté et tué sur le coup, tandis que sa voiture explose littéralement en vol. De nombreux débris, parmi lesquels le train avant, le capot et le moteur, sont projetés dans les gradins et sèment la mort parmi le public. On dénombrera par la suite 84 tués et 120 blessés. Pour autant, la course continue.

Ce drame est aujourd’hui encore l’accident le plus grave de l’histoire du sport automobile. Il incita les autorités françaises à créer une Commission nationale d’examen des circuits de vitesse, qui officie toujours, et l’Automobile Club de l’Ouest, organisatrice de la course, entreprit d’énormes travaux pour améliorer la sécurité (Arnaud Balvay, Michel de Montauld – Agenda mémoire 2015, Paris, Trésor du Patrimoine).


1979 – 11 juin : Mort de l’acteur John Wayne.

1982 – 11 juin : NOTRE MARINE AU LIBAN – En fin d’après-midi, la corvette « Montcalm », commandée par le capitaine de vaisseau Guy Labouérie, de la 1ère division de corvettes ASM avec le « Georges Leygues » et le « Dupleix » et les flottilles 35F, appareille pour sa première mission opérationnelle : Olifant 1 (Liban) ; elle récupère à la sortie des passes deux des Lynx de la flottille 35 F de la BAN de Saint-Mandrier.

1988 – 11 juin : Le stade multisport du Pin Rolland est baptisé « Stade Max Juvenal » en hommage à l’ancien Maire qui œuvra à l’édification de ce complexe sportif. En présence de nombreuses personnalités, Mme Juvenal dévoila la plaque commémorative (Gisème Argensse, 2000, p. 165).

1995 – 11 juin : ELECTIONS MUNICIPALES – A Saint-Mandrier, à l’issue du premier tour où il y a ballottage, seules trois listes pourront se représenter le 18 juin. En effet, les listes Bravo (F.N.) et Bertrand (P.C.-P.S.) n’obtiennent pas les 10% des voix nécessaires pour être présentes au second tour (Gisèle Argensse, id.).

2018 – 11 juin : METEO DE SANARY : après une nuit relativement claire assortie d’un vent à 20 km/h et des températures de 17 à 19°, la journée se présente sous l’emprise d’un vent d’ouest qui atteindra son maximum à partir de la mi-journée avec 35 km/h et des pointes à 45 km/h. La température maxima prévue ne dépassera pas les 22°. La nuit prochaine les températures devrait baisser jusqu’à 15°.

2020 – 11 juin : ALAIN BOVERO N’EST PLUS ! Ses funérailles eurent lieu à 10 h 30 en l’église Saint-Nazaire. A l’issue de la cérémonie, les pêcheurs lui ont rendu hommage en faisant sonner les sirènes de leurs bateaux et les cornes de brume. Qu’il repose en paix !

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE : Celle-ci est de George W. Bush, datée du 16 juin 2000, et publiée dans NPR’S Edition -: « Je ne pense pas que nous ayons condamné le moindre coupable, euh ; innocent au Texas » (« Les amuse Bush, le Président vous parle », Le cherche Midi, 2003 ; p. 69).

A demain, pour d’autres éphémérides.

Affectueuses pensées pour Raphaël, Webber, Isabelle et Olivier.

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