EPHEMERIDES 10 JUIN

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ÉPHÉMÉRIDES DU SAMEDI 10 JUIN 2023 12e ANNÉE (n° 3820)

ILLUSTRATION : SUR UNE ROUTE DU ZIMBABWE (H. Ribot)

LES FÊTES.

En ce dixième jour du moins de juin, jour de la camomille au calendrier républicain An II, , nous fêtons les Landry, nom dérivé du prénom germanique Landric. Saint Landry (mort en 660) fut évêque de Paris. On lui doit l’origine du monastère de Saint-Denis. Lors des famines, il vendit ses biens et même des objets liturgiques pour acheter un peu de pain et le redistribuer. Parce que les maladies faisaient de nombreux morts et se transformaient souvent en épidémies, il eut l’idée de regrouper tous les malades pour mieux les soigner et ne pas contaminer le reste de la population. C’est ainsi qu’il fit construire un hospice qui deviendra l’Hôtel-Dieu de Paris.

DICTON : « A la saint Landry, s’il tonne, restera vide la tonne » (le tonneau).

LOCUTIONS et TRADITIONS PROVENCALES : Collègue, qui se prononce toujours avec une seul l, est devenu dans le menu peuple et la petite bourgeoisie, le synonyme de copain. « Nous sommes collègues » doit s’entendre « nous sommes de vieux camarades » : de même, en provençal: « Sian coulégo ». « Tu es beau­coup empégué, collègue ». (L’illustre Maurin, 431). S’emploie par suite adjectivement : « mon mari et lui étaient beaucoup collègues ».

EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHÈQUE :

SANARY – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES (Cahier de l’ouest varois n°10).

36e livraison : la propriété foncière est éparpillée sur le futur territoire sanaryen.

  • 1°  Pierre Maurin, habitant de la Tour de Saint-Nazaire paie des taxes pour les biens suivants :  une maison, dans les broyes (fossés) de la tour ; des étables et un casal, près de la tour ; un autre casal, tout proche ; une terre au quartier Mortier (entre la Millière et La Poussaraque) ; des terres à blé et à oliviers, près de la tour et sur le chemin royal de Six-Fours à Ollioules  ; une vigne,  sur le chemin d’Ollioules à Saint-Nazaire ; et un jardinsur le chemin de Portissol avec le pateq du puits commun, au nord de la tour.
  • 2° Les biens de maître Honoré Sellon : Une maison dans le bourg de la tour Saint-Nazaire, sur la rue publique ; une terre en oliviers, sur le chemin ; une terre à Portissol avec le chemin au milieu ; une  terre avec une vigne jointe ; une terre à blé et oliviers ; un jardinsur le chemin de Portissol avec le pateq du puits commun, au nord de la tour ; une petite terre, sur le chemin ; et autre terre, toujours sur  le chemin.
  • 3° Les biens de Jean Viguier alias Turrel, sont bien plus éloignés ; ils se situent entre les terres de Jean Chautard (la Millière) et celle de Pierredon. Leurs confronts nous conduisent à supposer qu’il s’agit d’anciennes terres que les seigneurs ont été accordées à bail à Jean Viguier, qui laissera son nom à ce quartier d’Ollioules-Saint-Nazaire : la Tourelle.

Les habitants d’Ollioules et de Saint-Nazaire, débarrassés de tout droit de péage dans l’étendue de la Provence par leurs rois, exempts de toutes censes, de prélations, rétentions, services et corvées envers les seigneurs, commençaient à prendre figure d’hommes libres.

(à suivre)

LES VIEILLES RUES DE MARSEILLE ET AUTRES CONSIDERATIONS (A. BOUYALA D’ARNAUD).

-236e livraison :  LE TERROIR MARSEILLAIS

MALPASSE ( à4 kil. 150, banlieue nord-est).

Quartier de petites propriétés situé au bord du ruisseau le Jarret. Son nom évoque certainement un mauvais passage :Malpassetumen 1272, Malum Passetum en 1296, Aqua de Malopassetoen 1299, Mal Passet en 1326. On a cru que ce mauvais passage était le fait des malfaiteurs, comme dans les gorges d’Ollioules. II est probablement le fait de la pluie. Quand celle-ci tombe avec sa violence coutumière dans celle région, le Jarret déborde, ainsi que les petits ruisseaux qui dévalent à cet endroit de Saint- Jérôme ou de Montolivel, et la route de Malpassé se trouve submergée.

(à suivre)

EPHÉMÉRIDES.

1157 – 10 juin : LE PAPE CONFIRME LES DROITS DE SAINT-VICTOR DE MARSEILLE SUR SIX-FOURS – les droits désormais détenus par Saint-Victor sur Six-Fours sont devenus indiscutables, l’original du document qui les établit nous est parvenu, précieusement conservé dans les archives du monastère que les moines se sont empressés de faire confirmer par le pape Adrien IV, le 10 juin 1157 (Antoine Peretti et Vincent Jacob, n°13, 2010 : Ibidem, t. II, § 873, pp. 262-263).

1337 – 10 juin : Lo Vergiers dels Rostanhens (charte aux archives de la Major).Verger des Rostans – lieu-dit, com.de Marseille, quartier des Eygalades, à Plombières. Radical provençal Verdier du latin viridium.

1362 – 10 juin : Grimoard, abbé de St-Victor de Marseille, reçoit mandat du pape Innocent VI pour se rendre en urgence à Naples où il sera élu pape en 1362 sous le nom d’Urbain V. Il confiera l’agrandissement de l’église du monastère  à Rastin, maître maçon. Dès le 9 janvier 1363, celui-ci commencera avec vingt-deux ouvriers à entreprendre les travaux sur l’église supérieure. Saint-Victor jouant un rôle important dans le système de fortifications de la ville de Marseille, l’abbaye prendra un aspect défensif : une tour bâtie sur le croisillon nord fera office de donjon et les quatre contreforts autour du chœur joueront le rôle de tourelles. La partie supérieure de ce donjon, dotée de vingt-trois cloches, a disparu. Le chœur sera formé d’une travée voûtée d’ogives suivie d’une abside carrée. Une chapelle sera ajoutée dans le collatéral nord entre la tour d’Isarn et le donjon.

1568 – 10 juin : Sereste (acte aux archives de Saint-Victor). Ceyreste – canton de La Ciotat. Sur une surface de 2304 hectares, la commune de Ceyreste en a seulement 409 de cultivables ; les 1895 hectares restants se composent de forêts et bois de pins qui appartiennent presque tous à la commune. Les collines communales sont divisées en deux cantons : le Deffens ou Devens, subdivisé en 17 quartiers; la Colle-Noire, subdivisée en 8 quartiers. Il n’y a point de bâtisse importante; la population agricole habite le village (d’après Mortreuil, 1872)

1584 – 10 juin : À la mort du duc d’Anjou, Henri de Bourbon, roi de Navarre et protestant, devint héritiers du trône. Alors, Marseille entra fougueusement dans la Ligue. Le chef des ligueurs provençaux, le comte de Carcès et son neveu Hubert de Vins attachaient Grand Prix à ce que son port fût entre leurs mains.

1662 – 10 juin : Cayreste (acte aux archives de Saint-Victor). Ceyreste – canton de La Ciotat. Voir supra 1568.

1691 – 10 juin 1691 : Le lieutenant du Roi à Toulon rappelle aux consuls de Saint-Nazaire que, « chargé de faire exécuter les arrêts de la cour du Parlement pour l’observation des dimanches et fêtes qu’on profane avec scandale, ils sont priés de veiller à l’exécution de ces arrêts et tenir la main » (Rotger B., 1984, p. 135).

1700 – du 10 juin au 4 août : Les habitants d’Ollioules et de Saint-Nazaire sont en possession du droit de chasse dans la terre gaste dont le seigneur d’Ollioules est  propriétaire depuis les transactions du 20 décembre 1507 et 10 mai 1520, confirmées par la dernière en date, celle du 30 mars 1685, par Pierre-François-Hyacinthe de Vintimille. Or, afin de favoriser certains particulier, le seigneur a fait publier puis afficher le 2 juin 1700 une défense générale de la chasse, sous prétexte d’interdiction de port d’armes, dont les dépenses devaient être prises en charge par le trésorier de la Communauté. Le Conseil délibère le 18 juillet 1700 de voir un avocat ou deux et passe les dépenses au trésorier.  Après intervention d’un avocat, le roi adressa une lettre lue en Conseil de la Communauté le 4 août 1700 : « … sous prétexte de l’ordonnance que sa majesté a rendue à Marly le 9 septembre 1699, pour la défense du port des armes, … plusieurs seigneurs … qui n’ont aucun droit d’empêcher la chasse, … sa Majesté… ordonne… de rien innover n’y déroger au titre et possession de ceux qui avaient droit de chasse avant la publication de cette ordonnance… »  Sur quoi le Conseil approuve et enregistre la lettre (Castellan E., 1937, p. 95-97).

1709 – 10 juin : JUGEMENT RENDU PAR L’AMBASSADE DE France EN TURQUIE – Un jugement, prononcé par l’ambassade de France en Turquie condamne Pierre Truc à restituer la barque Saint-Pierre-et-Saint-Jean au capitaine Joseph Martinenq, de La Seyne (Louis Baudoin, 1965).

1720 – 10 juin : LA PESTE A MARSEILLE – Comme à la date du 10 juin, il n’y a pas eu de nouveau décès, le bureau de Santé ordonne que les passagers du Grand Saint-Antoine pourront entrer le 14 en ville après désinfection (André Maurice, 1983.).

1775 – 10 juin : Louis XVI est sacré roi de France.

-1789 – 10 juin : LE TIERS ETAT INVITE LES DEUX AUTRES ETATS A SE JOINDRE A LUI – Lassé, le Tiers décide, sur une proposition de Sieyès, de « sortir d’une trop longue inaction » : pour la dernière fois, il invite les députés des deux premiers ordres à se joindre à lui pour vérifier, ensemble, les pouvoirs de « tous les représentants de la nation» (Agenda 1789, MERCREDI 10 JUIN).

1793 – 10 juin :

1. Le 10 juin le comité déposa devant la Convention son projet de Constitution (Jacques Godechot, Les Constitutions de la France). Le même jour, Renouvellement du Comité de salut public où entrera Robespierre le 27 juillet (Pierre Goubert, Initiation …, 1984). Le Comité de salut public, avec Robespierre et Saint-Just, reçut de la Convention la direction d’un pays menacé de l’intérieur et de l’extérieur. L’arme que le Comité utilisa, ce fut la Terreur. Des comités de surveillance, affiliés au club des Jacobins, délivrèrent des « brevets de civisme » ou désignèrent les « suspects » qui étaient traînés devant des tribunaux révolutionnaires — il y eut 20 000 condamnations à mort (Lucien Bély, Histoire de France). Né dans l’été 93, mis en forme en décembre (14 frimaire an II), le gouvernement révolutionnaire veut répondre aux circonstances exceptionnelles : « La Révolution est la guerre de la liberté contre ses ennemis. » Pièce maîtresse du système, le Comité de salut public, émané de la Convention, réunit, à partir de l’été 93 et pour un an, les mêmes membres ou à peu près. Galerie de portraits qu’on ne peut guère esquiver, et c’est justice, eu égard au rôle historique de ces héros révolutionnaires. Robespierre, « l’Incorruptible »,«.fiant-Just, à vingt-six ans en pleine maîtrise de sa juvénile maturité, Couthon : cette triade majeure risque de rejeter dans l’ombre des personnalités qui n’ont rien de second et qu’il est un peu arbitraire de classer sous des étiquettes commodes. Techniciens ? Sans doute. Mais il y a beaucoup plus que cela chez Carnot, « l’Organisateur de la victoire », Jean Bon Saint-André ou les Prieur. Pareillement, la personnalité plus fluide d’un Barère, ou celles des deux « hébertistes » du Comité, Collot d’Herbois et Billaud-Varenne, sont loin d’être de second plan. Par son incessant travail, par une cohésion qui ne s’effritera que dans les derniers mois, le Comité de salut public coordonne et anime l’impulsion révolutionnaire. Son importance éclipse les autres organes centraux — ministres devenus de simples exécutants —, et même le Comité de sûreté générale, chargé des mesures contre les suspects (Michel Vovelle, « La Révolution », 1987).

2. Le 10 juin, Marseille déclarait nuls les décrets de la Convention, le 20 elle confiait au comte de Villeneuve de Tourette le commandement d’une armée de six mille hommes qui commençait aussitôt à remonter le long du Rhône. Toutes les forces de la Résistance méridionale devaient se joindre à Pont-Saint-Esprit. Dix mille volontaires étaient réunis à Caen pour marcher sur Paris. Jamais la situation n’avait été aussi dramatique pour les Jacobins qu’en cet été de 93. Les sans-culottes parisiens, exaspérés par les revers militaires de la République et par le soulèvement des provinces, obéissaient aux mots d’ordre des Enragés. La Convention, harcelée par des délégations menaçantes, était débordée par l’agitation populaire. Non seulement la Vendée (en réalité quatre départe­ments) mais aussi la Normandie, la Bretagne, le Bordelais, la région de Toulouse, le bas Languedoc, la Côte-d’Or, la Franche-Comté, la région de Lyon, les Cévennes entraient en rébellion ou en révolte armée (Georges Blond, Toulon, 1967).

-1794 – 10 juin (22 prairial an II)  : Décret de prairial, début de la « Grande Terreur »  (Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997). Un mot d’ordre : la terreur, dont les applications dépassent de beaucoup la simple répression. Celle-ci est effective, et le Tribunal révolutionnaire, animé par l’accusateur public Fouquier-Tinville, verra par la loi du 22 prairial an II, prélude à la « Grande Terreur » de messidor, son activité renforcée (Michel Vovelle, « La Révolution », 1987).

1795 – 10 juin (22 prairial) :

1. MODIFICATIONS DANS LA LISTE DES EMIGRES  – Ceux qui ont quitté la France à la suite du 31 mai 1793 ont radiés de la liste des émigrés ; ceux qui ont émigré pour échapper aux poursuites dirigées contre les (soi-disant) «fédéralistes» sont autorisés à rentrer en France. Les Toulonnais ayant livré la ville ou qui se sont enfuis sur des navires anglais, c’est-à-dire la plus grande part d’entre eux, seront exclus du bénéfice de cette loi le 6 septembre. La Convention atténuera toutefois sa rigueur en exceptant de cette dernière loi, le 24 septembre, les matelots, artisans, femmes, enfants, vieillard et impotents (Yann Fauchois, 2001). Le 22 prairial, une loi a rendu moins facile la rentrée des émigrés, mais son interprétation – peut-être à dessein – prête à équivoque – Elle autorise la rapatriement de ceux qui étaient inculpés de fédéralisme et ordonne la radiation de ceux qui ont été inscrits sur la liste des émigrés postérieure­ment au 31 mai 95. Aussitôt les demandes de radiations, de mains-levées de séquestre ou de scellés se multiplient (Henriette Trojani, La société et la vie à Toulon de 1795 à 1815.).

2. QUESTIONS POSEES relatives à l’établissement des écoles primaires – A Sanary, un état portant la date du 22 prairial an III (2) nous apprend que l’instituteur, le sieur Bonafoux, tenait école et était logé chez lui ; mais il ne fait mention d’aucun traitement, : « Tableau de diverses questions relatives à l’établissement des écoles primaires : 1° Nom de la commune : Sanary-Beauport ; 2° La population effective;.- 2.027 âmes ; 3° Les écoles primaires pour les garçons y sont-elles organisées ? Oui; 4° Les écoles primaires pour les filles le sont-elles également? Non; 5° Depuis quel temps ? 1er vendémiaire; 6° Quel nombre d’instituteurs et leurs noms? Un; François Bonafoux; 7° Quel local sert actuellement pour l’instruction et quel local pourrait y être destiné? L’instituteur fait l’école dans la maison qui lui appartient. Le local qui conviendrait le mieux, serait la chapelle des ci-devant Pénitents Blancs; 8° Les institu­teurs ont-ils leurs logements ? Logé chez lui ; 9° Ont-ils reçu des livres élémentaires composés et publiés par ordre de la Convention nationale ? Il n’en a reçu aucuns ; 10° Observations : I1 est de la plus grande nécessité que l’école des filles soit établie afin de pouvoir donner à la jeunesse toutes les instructions qui leur sont nécessaires. Certifié véritable par nous maire et officiers municipaux de la commune de Sanary-Beauport ce 22 prairial an IIIe de la République française une et indivisible. Signé: gauttier, maire » (Arch. com. de Sanary : Tableau de diverses questions relatives à l’établissement des écoles primaires.)  

1798 – 10 juin : Prise de Malte par Bonaparte (Rotger B., 1984, p. 316-317-318).

1809 – 10 juin : Excommunication de Napoléon Ier par le pape.

1814 – 10 juin : Le traité de paix de Paris, du 30 mai 1814, fut annoncé aux habitants du Var par le Préfet Leroy de Boisaumarié, qui fut en fonctions du 25 août 1811 au 18 juillet 1814 ; le texte de ce traité, présenté par le Préfet, fut affiché le 10 juin 1814 sur les murs de La Seyne (Louis Baudoin, 1965, p. 446).

1830 – 10 juin : HISTOIRE DE LA CONQUÊTE D’ALGER – Le départ, annoncé pour le 8 juin au matin, fut encore suspendu pour vingt-quatre heures, à cause du calme presque absolu qui régnait et des dispositions à prendre pour l’approvisionnement de quelques bâtiments de la flottille1. Enfin, le 9 juin 1830, l’armée étant ralliée en vue, la réserve, le convoi et la flottille, au nombre de plus de cent quatre bâtiments, appareillèrent par un vent variable très faible. La flotte et les bâtiments de la flottille, déjà sous voiles dès le matin du 10 juin, profitèrent, vers midi, d’un grain de l’est nord-est, pour sortir de la baie sous la direction du vice- amiral commandant en chef, et pour rallier l’armée qui se tenait à 12 milles dans l’ouest (Dépêche du commandant en chef. Baie de Palma, 10 juin 1830, trois heures du matin).

1836 – 10 juin : décès d’André Marie Ampère, mathématicien, physicien, chimiste et philosophe français. Il a été membre de l’Académie des sciences, ainsi que professeur à l’École polytechnique et au Collège de France. Autodidacte, Ampère contribua au développement des mathématiques en les introduisant en physique.

1848 – 10 juin : l’Algérie traverse une période de transition difficile, « celle où un pays commence à produire pour son alimen­tation jusqu’à ce qu’il produise des excédents assez considérables pour établir un commerce d’exportation » ; d’autre part, elle subit les pulsations de la conjoncture et après l’essor — souvent spéculatif — de la période 1844-1846 « les années 1847 et 1848 ont vu décroître considérablement les arrivages de navires, et notamment en 1848 w. » Commentant l’impossibilité d’organiser « la pauvre petite ligne de Cette », l’Akhbar y voit les mêmes raisons « que celles qui rendent si long, si laborieux l’achèvement de nos chemins de fer ; que celles qui arrêtent sur tous les points de la France le dévelop­pement de toute pensée un peu féconde, de toute entreprise à longue portée» (Procès-verbal, assemblée générale des Messageries Impériales, 10 juin).

1852 – 10 juin : Le territoire de la Presqu’île de Cépet (Saint-Mandrier) devient une section administrative de la commune de La Seyne, dotée d’un adjoint spécial (décret du 10 juin 1852).

1900 – 10 juin : Promu colonel le 6 février, Lyautey embarque à Marseille pour rejoindre le général Galliéni à Madagascar comme commandant supérieur du sud de l’île qu’il pacifie en deux ans grâce à son génie servi par sa passion de l’action coloniale. A Fianarantsoa, il a trouvé un champ d’action à sa taille : pacification avec de nombreux ralliements, construction de cités, de routes et d’hôpitaux. Il écrit ses « Lettres du sud de Madagascar. De retour en France, il sera nommé, le 1er octobre 1902, au commandement du 14ème Régiment de Hussards à Alençon.

1923 – 10 juin : décès de Julien Viaud plus connu sous son nom d’écrivain Pierre Loti. Le 23 janvier 1891 Julien Viaud rejoignait à Golfe Juan Le Formidable et arrivait le 27 à Toulon pour son plus long séjour dans cette ville, logeant jusqu’au 2 avril rue du Trésor puis, du 28 mai au 22 novembre au Capharnaüm ; rencontrant à diverses reprise Léo Thémèze, Jean Aicard, Paul Bourget et bien d’autres à Toulon, à Cannes, à Marseille, à Golfe Juan, à Aigues Mortes, aux îles d’Hyères… Dans ma bibliothèque, entre autres : « Aziyadé », 1879, rééd. Collection Pourpre, Calmann-Lévy, 1946 ; Le roman d’un spahi, 1881, rééd. Collection Pourpre, Calmann-Lévy, nd, 252 p. Pêcheur d’Islande, 1886, rééd. Nouvelle Collection Illustrée, Calmann-Lévy, 1906, 128 p. ;

1932 – du 10 au 30 juin – ESCADRILLES DE NOTRE AERONAVALE – A partir du 10 juin la 7B2 du Commandant Teste est débarquée à Bizerte et basée à Karouba pendant une dizaine de jours, elle effec­tue de nombreux vols et surtout ses premiers exercices de lancement clé torpille. Le 21, elle réintègre le Commandant Teste et le 30, elle décolle de Tou­lon pour regagner Berre (Moulin Jean, Morareau Lucien, Picard Claude, 2001 – Le Béarn et le Commandant Teste).

-1940 – 10 juin : L’Italie déclare la guerre à la France. Le gouvernement français se replie à Bordeaux (Jean-Charles Volkmann, 2003). Le croiseur de bataille Strasbourg est détaché en Méditerranée, à la base de Mers-el-Kébir.

1. Mussolini déclare la guerre à la Grande-Bretagne et à la France. Les hostilités ont commencé à minuit (Excelsior, mardi 11 juin). Voici les passages principaux du discours de Mussolini : — L’heure marquée du sceau du destin a sonné, l’heure des déci­sions irrévocables. La déclaration de guerre a déjà été notifiée aux ambassadeurs de Grande-Bretagne et de France. Notre conscience est absolument tranquille. Le monde est témoin que l’Italie a fait tout ce qui était humainement possible pour éviter la guerre, mais tout a été vain. Cela appartient désormais au passé. Aujourd’hui, nous sommes décidés à affronter les risques et les sacri­fices de la guerre en vue des buts suprêmes que nous assigne le cours de l’Histoire. Nos armes résoudront les problèmes que posent les frontières maritimes et continentales. Les dés sont jetés. Je déclare solennellement que l’Italie n’entend pas attirer d’autres peuples voisins qui confinent avec elle : Suisse, Yougoslavie, Grèce, Turquie, Egypte, qu’ils prennent acte de mes paroles. Il dépend d’eux et seulement d’eux qu’elles soient confirmées. La morale fasciste veut que lorsqu’on a un ami on marche ensemble. Nous désirons une longue période de paix juste, à l’Italie, à l’Europe et au monde. Peuple italien, aux armes, il n’y a qu’un mot d’ordre : vaincre, et nous vaincrons (Le Petit Parisien, mardi 11 juin depuis Rome, 10 juin (dépêche Havas.)).

2. « La France ne peut pas mourir», s’écrie M. Paul Reynaud en affirmant sa volonté de poursuivre la lutte – Voici, prise à l’audition, l’allocu­tion prononcée hier soir, à 19 h 30, par M. Paul Reynaud, président du Conseil : — Nous sommes au sixième jour de la plus grande bataille de l’Histoire. L’incendie a commencé sur la Somme, s’est propagé vers l’est jusqu’à la Meuse. Six jours et cinq nuits durant, nos soldats, nos aviateurs, la Royal Air Force ont fait face à un ennemi supérieur en nombre et en armement. Dans cette guerre, qui n’est plus une guerre de front, mais de points d’appui en profondeur, nos armées ont manœuvré en retraite. Elles n’ont abandonné chaque point d’appui qu’après avoir infligé à l’adversaire des pertes cruelles. Les kilomètres gagnés sur l’ennemi sont jonchés de chars détruits et d’avions abattus. Malgré le succès de prestige qu’il peut remporter, il reste à savoir quel sera l’effet de ses pertes sur l’issue de la guerre. En tout cas, rien ne pourra dimi­nuer notre volonté de lutter pour notre terre et pour nos libertés. Les épreuves qui nous attendent sont dures, nous y sommes prêts. Nos têtes ne se courberont pas (Excelsior, mardi 11 juin).

3. Sur notre front de l’Est la bataille se poursuit plus violente. L’ennemi est contenu partout par nos vigoureuses contre-attaques (Excelsior, mardi 11 juin). La bataille s’est étendue jusqu’à l’Argonne. En Champagne, la grande attaque ennemie est nettement bloquée. Nous sommes au dernier quart d’heure. Le général Weygand a adressé hier matin, à 10 heures, l’ordre du jour suivant : L’offensive allemande est main­tenant déclenchée sur tout le front, de la mer à Montmédy. Elle s’étendra demain jusqu’à la Suisse. L’ordre demeure pour chacun de se battre sans esprit de recul en regardant droit devant lui là où le commandement l’a placé. Le commandant en chef n’ignore rien des efforts, de la vaillance dont les armées engagées et l’armée de l’air donnent, sans désemparer, le magnifique exemple. Il les en remercie. La France leur demande plus encore. Officiers, sous-officiers et soldats, le salut de la Patrie réclame de vous non seulement votre cou­rage, mais toute l’opiniâtreté, l’initiative, tout l’esprit combatif dont je vous sais capables. L’ennemi a subi des pertes considérables. Il sera bientôt au bout de son effort. Nous sommes au dernier quart d’heure. Tenez bon (Le Petit Parisien, lundi 10 juin)

4. Les troupes alliées ont dû quitter la Norvège. Les troupes norvégiennes ont cessé les hostilités le 9 juin à minuit (Le Petit Parisien, mardi 11 juin).

1944 – 10 juin :

1. Efficacité de l’action menée par les unités de la Résistance – Des extraits du journal de marche du groupe d’armées G (lre et 19e armées allemandes), regroupant les troupes d’occupation du sud de la France, soit la moitié du territoire national, prouvent l’efficacité de l’action menée par les unités de la Résistance. Formant l’équivalent de 15 divisions alliées, les FFI jouent un rôle important dans la libération de la France et le succès du débarquement en Normandie. Les sabotages et les embuscades se multiplient sur les arrières des troupes allemandes en Normandie. L’action des 30 000 FFI en Bretagne, soutenus par deux régiments parachutistes de la France libre, est particulièrement exemplaires, puisque 150 000 soldats allemands, fixés dans une importante guérilla, ne peuvent venir soutenir à temps les troupes hitlériennes engagées en Normandie en juin 1944. Concernant les sabotages réalisés par la Résistance française, Olivier Wieviorka (Histoire de la Résistance 1940-1945, éditions Perrin, 2013) écrit que « dans l’ensemble cependant, les stratèges du SHAEF (commandement allié) furent impressionnés par les résultats obtenus en juin 1944. Ainsi, 950 coupures ferro­viaires furent réalisées sur un total planifié de 1 050. » (Dominique Lormier, 2016) : « 10 juin 1944 : situation terroriste dans le sud de la France devient de plus en plus menaçante. Constitution de fortes bandes dans la région des Pyrénées : Foix, Tarbes, Pau, Auch. Communi­cations par voie de terre Toulouse-Bordeaux fortement menacées. Les effectifs dont on dispose sont toujours sur la brèche.

2. FRONT DE NORMANDIE – A 08 h 00, les 2 bâtiments sont ancrés à peu près à leur ancienne place et à 08 h 30 le Montcalm libéré par le Texas, qui se ravitaille en munitions, vient s’interposer entre les deux et reconstituer le groupe. Ce sont ses 152 qui succéderont à ceux du croiseur amiral pour les tirs de la journée, après un dernier appel du S FCP à 10 h 51, qui avait fait arroser un état-major de régiment situé près du carrefour et d’un pont à 3 kilomètres est-nord-est de Moley, vers Le Breuil (tir 22).

Le Georges Leygues envoie à terre une baleinière qui va rendre visite à Port-en-Bessin et faire arborer le pavillon français au clocher. Peu d’objectifs au demeurant peuvent être signalés; les troupes sont tout à fait au contact de l’ennemi, les SFCP muets, les avions mal équipés pour observer avec précision. A 17 h 50 un SFCP et un avion font tirer le Montcalm sur une batterie mobile aux environs de Ruberey (tir 36) ; mais la batterie riposte violemment et son tir antiaérien, très précis, gêne l’avion observateur à un tel point que les liaisons sont très difficiles et que le Montcalm doit suspendre le feu et l’avion rentrer à sa base. A 19 h 23, dernière manifestation des 152, en tir de soutien, sur demande du SFCP, à 1 kilomètre nord-nord-ouest de Saon (tir 37) ; mais l’avance rapide des troupes ne permet pas au SFCP de fournir des objectifs. La nuit approche d’ailleurs et des alertes aériennes débutent tôt vers 18 heures avec menace signalée de bombes planantes. Il est temps de changer de mouillage ; à 21 h 25, c’est chose faite. Mais déjà 5 Focke-Wulf sont sortis des nuages au-dessus du Montcalm et ont attaqué des caboteurs. A 21 h 40, le Georges Leygues tire sur un avion sans doute ami, mais non identifié comme tel. A 22 h 10, la menace des bombes planantes se fait plus précise et il faut émettre, pour brouiller les émissions de contrôle. Un cargo brûle dans la zone anglaise ; c’est dans ce secteur que l’attaque se développe et l’on signale à peu près au même instant (23 h 05) 3 avions en flammes.

L’alerte se termine à 00 h 22 ; mais la nuit est ponctuée de tirs de DCA à terre, de violentes explosions, provenant d’un bombardement, d’incessants pas­sages d’avions, tournant parfois au-dessus des croiseurs qui, une fois, dans l’igno­rance de leur nationalité, les engagent. (Le Georges Leygues à 05 h 00). En fait, il s’agit, cette fois, de chasseurs et de bombardiers alliés.

La journée du 10 juin sera la dernière des tirs contre la terre ; les troupes alliées ayant, dans ce secteur, avancé dans l’intérieur au-delà de la portée des 152. Mais pour le Georges Leygues, cette dernière journée comportera une recrudescence d’activité. Sur la demande du SFCP, c’est d’abord, à 09 h 50, le balayage d’un croisement de route et d’une concentration de troupes dans le bois de Vernay à 1 kilomètre nord-nord-ouest de Saint-Paul-du-Vernay (tir 23). C’est cette région que va battre le croiseur par intermittences jusque tard dans la soirée; en effet, le bois de Vernay semble particulièrement bien disposé pour camoufler des troupes ou entreposer des munitions. A 10 h 05, il engage éga­lement une concentration de troupes et de véhicules sur une route à 1,500 km au nord de Saint-Paul (tir 24), à 10 h f2 des dépôts de munitions dans le bois (tir 25); à 15 h 18 (tir 26), des transports sur les routes qui longent le bois et sur celles qui mènent de Subies à Saint-Paul-du-Vernay et de Dodigny à Saint-Paul. Enfin, à 19h 17, à 4 kilomètres au nord-est de Saint-Paul, dans le bois même, 82 obus sont expédiés sur des transports ennemis (tir 27). Le succès de ces tirs est remarquable, « 2 véhicules, voitures blindées avec remorques, dépôt de munitions et quelques hommes hors de combat » rapporte le SFCP le lendemain, après l’occupation de la position par les troupes alliées.

Le Montcalm tire aussi pour la dernière fois, mais seulement vers 15 h 24, sur observation aérienne.

1944 – 10 juin : Il y a 76 ans : ORADOUR ! ne jamais oublier !

massacre d’Oradour-sur-Glane par les Allemands (Jean-Charles Volkmann, 2003) où plus de 640 habitants du village sont brûlés vifs. Ceux qui tentent de fuir sont abattus. Seul un enfant parvient à se cacher et à survivre. J’ai visité le site en 1947. Nous habitions Limoges à cette époque. J’avais alors 4 ans et cette vision m’a hanté et me hante encore.

Je mets ci-dessous un encart spécial pour rappeler ce crime contre l’humanité décidé et réglé le matin même au rez-de chaussée de l’hôtel de la gare de Saint-Junien par la Milice (Pitrud), la Gestapo (Joachim Kleist) et la 2e panzerdivision SS Das Reich commandée par le général Lammerding.

L’ETRANGE OUBLI, CE JOUR, DU Massacre d’Oradour-sur-Glane par les Allemands

Pourquoi le massacre d’Oradour-sur-Glane ?
Les hypothèses retenues, à savoir l’exécution d’un officier allemand par les maquisards, erreur de lieu, dénonciation émanant de collaborateurs, semblent peu plausibles devant l’ampleur de la tragédie, qui est restée durant longtemps une énigme pour les historiens de la Seconde Guerre mondiale. Depuis l’excellent ouvrage de Pascal Maysounave, nous savons désormais qu’il ne s’agit pas de représailles suites aux actions de la Résistance. A l’écart de la zone contrôlée par les maquis du limousin, Oradour-sur-Glane, sous la houlette de ses notables plutôt maréchalistes, a des airs de commune paisible. Et pourtant, le 10 juin 1944, au lendemain des pendaisons de Tulle, elle est anéantie par les SS de la division Das Reich, en route vers le front de Normandie : les hommes sont mitraillés dans les granges ; femmes et enfants brûlés vifs dans l’église ! Les nazis y ont méthodiquement appliqué le concept de guerre totale, déjà mis en œuvre par l’armée allemande en 14-18, visant à massacrer une commune entière, afin de terroriser la population de la région, de tarir en elle tout sentiment patriotique, tout soutien aux maquis et diminuer l’activité de ceux-ci par crainte des représailles contre les civils. (Pascal Maysounave, Oradour, plus près de la vérité, éd. Lucien Souny, 1996)
Les 9 et 10 juin 1944, le massacre, programmé d’Oradour fait l’objet de trois réunions de préparation, réunissant des membres de la Milice, de la Gestapo et de la division Das Reich. D’après l’enquête minutieuse menée par le commissaire Arnet en septembre 1944, le 10 juin 1944 au matin, le général Heinz Lammerding convoque à l’hôtel de la Gare de Saint-Junien le sous-chef de la Gestapo de Limoges, Joachim Kleist et son interprète Eugène Patry, quatre chefs de la Milice, sous la conduite de Pitrud, et le commandant SS Adolf Diekmann. C’est là, sur une banale table de café, dans la salle du rez-de-chaussée de ce petit hôtel qu’est décidée et réglée la destruction d’Oradour, lors d’une conversation qui dure plus d’une heure.
L’action est confiée à environ 200 soldats SS, sous les ordres du commandant Diekmann, issus du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e panzerdivision Waffen SS Das Reich. Vers 13 heures 30, deux colonnes motorisées quittent Saint-Junien, la plus importante aligne huit camions, deux blindés à chenille et un motocycliste de liaison prenant la direction d’Oradour-sur-Glane, sous le commandement de Diekmann, qui prend la tête du convoi à bord d’un blindé à chenilles. Les soldats SS, tous casqués, sont armés de fusils, de grenades, de mitrailleuses, de fusils lance-fumigènes et lance-grenades.
Un kilomètre avant l’arrivée du village d’Oradour-sur-Glane, situé en Haute-Vienne à environ vingt kilomètres au nord-ouest de Limoges, la colonne SS s’arrête pour la distribution des ordres aux officiers et sous-officiers. Un premier groupe de cinq à huit véhicules pénètre dans la commune par l’est, via le pont de Glane, vers 13 h 45. A ce moment, l’encerclement du village est déjà accompli par environ 120 hommes. D’après un des témoins, Clément Boussardier, qui assiste au passage des camions et des blindés à chenilles : « Les soldats allemands étaient tous armés soit de fusils, de mitrailleuses ou de mitraillettes. Ils dirigeaient leurs armes en direction des maisons. Les Allemands étaient en tenue camouflée et leur attitude de tireur, prêt à faire feu, m’avait impressionné. » (Archives du centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane).
Ce déploiement de force ne cause aucune panique au sein de la majorité de la population, qui n’a pratiquement jamais vu d’Allemands durant l’occupation. Les civils regardent arriver les SS avec plus de curiosité que de crainte. Cependant le pharmacien et d’autres commerçants baissent leurs stores métalliques, tandis qu’entre 130 à 150 habitants tentent de s’enfuir ou de se cacher.
Convoqué par le commandant Adolf Diekmann, le docteur Desourteaux, maire du village, fait appel au crieur public pour ordonner aux habitants et aux personnes de passage au bourg, particulièrement nombreux en raison d’une distribution de viande et de tabac, de rejoindre le champ de foire. La majorité de la population, persuadée qu’il s’agit d’un simple contrôle d’identité, obéit sans broncher. L’inquiétude des habitants semblent encore être mesurée, ainsi Monsieur Compain, le pâtissier local, va même jusqu’à demander à un soldat SS s’il ne peut pas aller vérifier la cuisson des gâteaux qu’il vient de mettre four et s’entend répondre en français, avec un fort accent alsacien, qu’on va s’en occuper.
Les soldats SS obligent les habitants de la périphérie à rejoindre le centre du village, à savoir la place du champ de foire. Craignant le pire, Marcel Dartout, âgé alors de 20 ans et marié depuis 10 mois, tente de fuir par les jardins : « Arrivé au bout du jardin, raconte-t-il, je me suis aperçu que les Allemands déployés en tirailleurs cernaient le bourg, ce qui m’a obligé de revenir à la maison. Peu de temps après, un Allemand est venu faire irruption dans notre cuisine. Il tenait un fusil à la main et, avec son canon, il nous a poussés dehors, ma femme, ma mère et moi sans ménagement. » (Archives du centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane)
Les nazis ramassent tous les habitants grands et petits, jeunes et vieux, passent dans chaque habitation, défoncent portes et fenêtre si nécessaire. La rafle inclut également les 4 écoles de la commune, soit 191 enfants, deux instituteurs et cinq institutrices, car bien que l’on soit un samedi après-midi, les enfants sont rassemblés dans les écoles en raison d’une visite médicale. La rafle concerne également les civils des fermes et des maisons situées à l’extérieur du bourg. Des blindés passent dans les champs et ramènent des paysans. Les fuyards ou ceux qui ne peuvent se déplacer sont immédiatement abattus. Une vieille femme, courbée sur son bâton et qui n’avance pas assez vite, est assassinée d’une rafale de mitraillette. Si certains habitants parviennent à se cacher ou s’enfuir, l’immense majorité de la population est rassemblée sur le champ de foire.
Le rassemblement des civils se termine vers 14 heures 45. Un Waffen SS alsacien traduit alors les propos mensongers du commandant Diekmann, à savoir que les SS ont entendu parler d’une cache d’armes et de munitions à Oradour et demandent à tous ceux qui possèdent une arme de faire un pas en avant. On les menace d’incendier les maisons afin de faire sauter le prétendu dépôt clandestin. Devant le silence de la population masculine, Diekmann ordonne au maire de lui désigner trente otages. Desourteaux lui répond qu’il ne lui est pas possible de satisfaire une telle demande et assure que les habitants n’ont pas connaissance d’un tel dépôt. D’après Robert Hébras, alors âgé de 18 ans, Diekmann demande au maire, M. Desourteaux, de le suivre à la mairie. De retour sur le champ de Foire, M. Desourteaux maintient son refus et se propose comme otage avec, le cas échéant, ses plus proches parents. Diekmann repousse cette offre avec mépris.
Vers 15 heures, les femmes et les enfants sont conduits dans l’église après des scènes d’adieux particulièrement déchirantes. Après une heure d’attente, les hommes sont ensuite amenés dans divers locaux repérés par les nazis. Les hommes et jeunes gens de plus de 14 ans sont répartis dans six lieux d’exécution, par groupes d’une trentaine de personnes. Le tir des armes automatiques dans les lieux de rétention des hommes débute vers 16 heures. Le SS Heinz Barth raconte : « À l’intérieur, les hommes étaient énervés. Alors j’ai ordonné feu ! Et tous ont tiré. Moi-même, j’en ai tué environ douze ou quinze. On a mitraillé une demi-minute, une minute. Ils tombaient tous, bêtement. » (Archives du tribunal militaire de Bordeaux)
Marcel Dartout témoigne : « Nous avons perçu le bruit d’une détonation venant de l’extérieur, suivi d’une rafale d’arme automatique. Aussitôt, sur un commandement bref, les six Allemands déchargèrent leurs armes sur nous. En quelques secondes, j’ai été recouvert de cadavres tandis que les mitrailleuses lâchaient leurs rafales ; j’ai entendu les gémissements des blessés. Lorsque les rafales eurent cessé, les Allemands se sont rapprochés de nous pour exterminer à bout portant quelques-uns parmi nous. » (Archives du centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane).
Les corps des malheureux sont ensuite recouverts de paille, de foin et de fagots auxquels les soldats SS mettent le feu. Des rafales sont dirigées sur les jambes, si bien que le feu est allumé sur des hommes encore vivants. Du groupe de 62 prisonniers dont fait partie Marcel Dartout, 6 s’échappent du bâtiment, dont un est tué par une sentinelle. Les 5 autres évadés sont les uniques rescapés de cette fusillade.
Les SS, qui ne participent pas au massacre se livrent au pillage, emportent argent et bijoux, tissus et produits alimentaires, instruments à musique et bicyclettes, sans oublier bien entendu volailles, porcs, moutons et veaux. Après le pillage, les bâtiments sont systématiquement incendiés. De nombreux habitants, ayant échappé à la rafle, sortent alors des maisons et sont mitraillés sans pitié.
Parmi les femmes et enfants enfermés dans l’église, seule Marguerite Rouffanche, âgée alors de 47 ans, parvient à s’échapper. Son témoignage est unique, mais corroboré par les dépositions de plusieurs SS, lors du procès de Bordeaux en 1953 :
« Entassés dans le lieu saint, nous attendîmes, de plus en plus inquiets, la fin des préparatifs auxquels nous assistions. Vers 16 heures, des soldats âgés d’une vingtaine d’années placèrent dans la nef, près du chœur, une sorte de caisse assez volumineuse de laquelle dépassaient des cordons qu’ils laissèrent traîner sur le sol. Ces cordons ayant été allumés, le feu fut communiqué à l’engin dans lequel une forte explosion se produisit et d’où une épaisse fumée noire et suffocante se dégagea. Les femmes et les enfants à demi asphyxiés et hurlant d’épouvante affluèrent vers la partie de l’église où l’air était encore respirable. C’est ainsi que la porte de la sacristie fut enfoncée sous la poussée irrésistible d’un groupe épouvanté. J’y pénétrai à la suite et, résignée, je m’assis sur une marche d’escalier. Ma fille vint m’y rejoindre. Les Allemands, s’étant aperçus que cette pièce était envahie, abattirent sauvagement ceux qui venaient y chercher refuge. Ma fille fut tuée près de moi d’un coup de feu tiré de l’extérieur. Je dus la vie à l’idée de fermer les yeux et de simuler la mort. La fusillade éclata dans l’église. Puis de la paille, des fagots, des chaises furent jetés pêle-mêle sur les corps qui gisaient sur les dalles. Ayant échappé à la tuerie et n’ayant reçu aucune blessure, je profitai d’un nuage de fumée pour me glisser derrière le maître-autel. Il existe dans cette partie de l’église trois fenêtres. Je me dirigeai vers la plus grande qui est celle du milieu et, à l’aide d’un escabeau qui servait à allumer les cierges, je tentai de l’atteindre. Je ne sais alors comment j’ai fait, mais mes forces étaient décuplées. Je me suis hissée jusqu’à elle, comme j’ai pu. Le vitrail était brisé, je me suis précipitée par l’ouverture qui s’offrait à moi. J’ai fait un saut de plus de trois mètres, puis je me suis enfuie jusqu’au jardin du presbytère. Ayant levé les yeux, je me suis aperçue que j’avais été suivie dans mon escalade par une femme qui, du haut de la fenêtre, me tendait son bébé. Elle se laissa choir près de moi. Les Allemands alertés par les cris de l’enfant nous mitraillèrent. Ma compagne et le poupon furent tués. Je fus moi-même blessée en gagnant un jardin voisin. » (Archives du tribunal militaire de Bordeaux)
D’après les dépositions de plusieurs SS lors du procès de Bordeaux en 1953 : « Des soldats entrent à l’intérieur de l’église où ils ont tiré des rafales de mitraillettes, tandis que d’autres SS ont lancé des grenades à main à l’intérieur du même édifice, sans aucun doute pour achever la population ; au moment où le feu a été mis à l’église, on entendait toujours des cris à l’intérieur, mais moins qu’au début, ce qui prouve que, lorsqu’on y a mis le feu, des personnes étaient encore vivantes ou agonisantes. » (Archives du tribunal militaire de Bordeaux)
Après 18 heures, Jean Pallier, ingénieur des chemins de fer, arrive en camion près du village. Il raconte : « Au sommet d’une côte, nous avons pu apercevoir le bourg qui n’était plus qu’un immense brasier. » (Archives du centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane) Lui et ses compagnons sont arrêtés par des sentinelles allemandes à 300 mètres d’Oradour-sur-Glane. Un sous-officier SS parlant correctement français déclare aux membres du petit groupe : « Vous pouvez dire que vous avez de la chance. » (Archives du tribunal militaire de Bordeaux)
Le massacre est terminé. On compte au total 642 victimes, dont 245 femmes, 207 enfants et 190 hommes.
À l’exception d’une section de garde, les SS quittent le village entre 21 heures et 22 heures 30. Les 11 et 12 juin 1944, des groupes de SS reviennent à Oradour-sur-Glane pour enterrer les cadavres et rendre leur identification impossible. Dans sa déposition relative au 11 juin, le sergent SS Boos déclare : «J’ai personnellement déblayé l’église. Je portais des gants pour cette besogne. Je prenais les cadavres et les restes, les sortais de l’église et les mettais dans un tombeau creusé à cet effet. Pendant ce travail, une ligne de sentinelles était en position et tirait sur les civils qui s’approchaient de la forêt. » (Archives du tribunal militaire de Bordeaux) Un autre SS témoigne : « Le lendemain du massacre, nous sommes revenus pour enterrer les morts. J’étais dans l’église pour sortir les cadavres, en nombre inconnu tant ils étaient brûlés, cadavres de femmes et d’enfants. Nous les avons enterrés derrière l’église et nous sommes partis. » (Archives du tribunal militaire de Bordeaux)
Au total 45 personnes, dont 12 passagers du tramway de Limoges arrivés après l’arrêt du massacre, échappent aux SS, dans diverses circonstances. Armand Senon, un adolescent immobilisé avec une jambe en plâtre, s’enfuit au dernier moment de sa maison en flamme, et parvient à se cacher. Hubert Desourteaux reste tapi. Roger Godfrin, âgé à l’époque de huit ans, s’enfuit de l’école dès qu’il aperçoit les SS : il est l’unique écolier à échapper au massacre. Marguerite Rouffanche se dissimule dans un jardin, Armand Senon dans un buisson, les frères Beaubreuil dans un égout.
D’après l’historien Pascal Plas, le choix du massacre d’Oradour-sur-Glane est délibéré et n’a aucun lien avec la présence de maquisards : « Pour massacrer une population dans un temps déterminé, il ne faut pas qu’il y ait de résistance. Et justement Oradour-sur-Glane est en dehors des grandes zones de la Résistance. » (Pascal Plas, Reportage de France 2 du 3 septembre 2013) Selon Jean-Luc Leleu, spécialiste de l’histoire de la Waffen SS, le massacre d’Oradour-sur-Glane est « une transposition circonstancielle de la guerre menée à l’Est. Il s’agit d’une violence méthodiquement appliquée et parfaitement contrôlée. » (Jean-Luc Leleu, La Waffen SS/ Soldats politiques en guerre, éd. Perrin, 2007)
Les analyses des historiens se rejoignent sur le récit du déroulement : « Les Waffen SS rassemblent une population docile sous prétexte de contrôle d’identité, séparent les hommes pour les envoyer dans six locaux où ils sont abattus, enferment les femmes et les enfants dans l’église où ils sont massacrés, et mettent le feu au village, afin de rendre impossible l’identification des corps. » (Archives du Centre national Jean Moulin, Bordeaux).
Pour l’historien Bruno Kartheuser, « si on compare les cas de Tulle et d’Oradour, très proches l’un de l’autre, on pourra en fin de compte les interpréter comme des exercices d’un disciple d’Himmler animé de l’ambition d’obtenir, alors qu’il restait peu de temps après le débarquement des Alliés, un effet maximal de terreur. » (Bruno Kartheuser, Les pendaisons de Tulle, Neundorf-Krauntgarten, 2004)
Il n’en demeure pas moins vrai que la division Das Reich a totalement échoué dans sa lutte contre la Résistance du Limousin, qui demeure plus puissante que jamais. Appliquant avec efficacité la guérilla mobile, les maquis se dérobent devant les assauts de l’occupant, tout en multipliant les embuscades et les sabotages. Si bien que le 17 juillet 1944, la brigade allemande Jesser, le 95e régiment allemand de sécurité, un bataillon de la schutzpolizei et 600 miliciens, 4 800 hommes au total, tentent d’écraser à nouveau les maquis du Limousin, dont particulièrement les 3 500 maquisards FTP du colonel Guingouin réunis au mont Gargan. Durant deux jours, les maquisards livrent une véritable bataille, défendent avec héroïsme leurs positions et contre-attaquent même en divers endroits. Cette mission défensive doit permettre le parachutage massif d’armes. Le 19, la guérilla mobile reprend ses droits, partout les colonnes ennemies sont attaquées lors d’embuscades habilement conduites. La bataille du mont Gargan, du 17 au 24 juillet 1944, souligne le succès du colonel Guingouin et de ses maquisards : 342 tués ou blessés dans les rangs de l’occupant, contre 97 FTP tués, blessés ou disparus.
La garnison allemande de la ville de Limoges, totalement encerclée par une partie des 13 900 maquisards FFI (AS, FTP, ORA) de la Haute-Vienne, capitule finalement le 21 août : 12 officiers et 350 soldats allemands se rendent à la Résistance. En Corrèze, la garnison allemande de Brive se rend aux FFI dès le 15 août 1944 : 493 prisonniers, dont 17 officiers, 14 canons, 3 mortiers lourds tombent aux mains de la Résistance. Dans la Creuse, 600 soldats allemands sont mis hors de combat, contre le sacrifice de 228 résistants locaux. Au total, 5 215 soldats allemands (tués, blessés et prisonniers) sont mis hors de combat dans le Limousin par la Résistance locale, qui déplore dans ses rangs 3 960 tués ou déportés.
Malgré les massacres des nazis à Tulle, Argenton-sur-Creuse et Oradour-sur-Glane, la Résistance du Limousin a remporté une incontestable victoire finale contre l’occupant, réduit le plus souvent à s’enfermer dans les communes, pour éviter les embuscades et les sabotages. Les garnisons allemandes se rendent finalement les unes après les autres aux forces combattantes de la Résistance.
Le 12 janvier 1953 s’ouvre le procès d’Oradour-sur-Glane devant le tribunal militaire de Bordeaux, dans un climat politique tendu, du fait que parmi les 21 accusés, soldats et sous-officiers de la division Das Reich, se trouvent 14 Alsaciens. Condamné à mort par contumace par le tribunal militaire de Bordeaux le 5 juillet 1951 pour le massacre de Tulle, le général SS Heinz Lammerding, commandant de la division Das Reich, vit paisiblement à Düsseldorf, dans la zone occupée par les Britanniques, et le gouvernement français ne parvient pas finalement à obtenir son extradition, malgré trois mandats d’arrêt à son encontre, délivrés en 1947, 1948 et 1950. Le SS Adolf Diekmann, commandant d’une partie du bataillon responsable du massacre, est mort durant la bataille de Normandie, le 29 juin 1944. Le verdict est finalement prononcé dans la nuit du 12 février 1953 : parmi les accusés allemands, le sergent Lenz est condamné à mort, un accusé qui a pu prouver son absence lors du massacre est acquitté, tandis que les autres Allemands sont condamnés à des peines variant de dix à douze ans de travaux forcés. Les Alsaciens « Malgré-Nous » écopent de cinq à douze ans de travaux forcés ou de cinq à huit ans de prison. Un seul Alsacien, engagé volontaire dans la Waffen SS, est condamné à mort pour trahison.
Le verdict déclenche de vives protestations en Alsace, qui se déclare solidaire avec ses treize enfants du pays condamnés à tort à Bordeaux et avec les 130 000 Alsaciens incorporés de force. Le Limousin est, quant à lui, indigné par la réaction de l’Alsace. Le 19 février 1953, une loi d’amnistie est adoptée à l’Assemblée nationale par 319 voix pour, 211 contre et 83 absentions. Si bien que le 21 à l’aube, les 13 Alsaciens « Malgré-Nous » sont libérés et rejoignent leur famille en Alsace dans l’après-midi. Les 5 Allemands voient leur peine réduite et sont finalement libérés quelques mois plus tard. Les deux peines capitales sont commuées en réclusion perpétuelle en septembre 1954. Aucun condamné par contumace n’est inquiété.
Pour le maire du nouveau bourg d’Oradour-sur-Glane, le docteur Robert Lapuelle, « à ce sentiment de très grande peine et de survie, s’était ajouté un sentiment d’injustice, d’abandon et quelquefois de révolte ». (Archives du centre la Mémoire d’Oradour-sur-Glane).
Le massacre d’Oradour-sur-Glane connaît un nouvel épisode juridique en 1983. Condamné à mort par contumace lors du procès de Bordeaux en 1953, le lieutenant SS Heinz Barth se réfugie sous une fausse identité en République démocratique allemande, à savoir l’Allemagne de l’Est. Son passé découvert, il est arrêté le 14 juillet 1981, et condamné à la prison à perpétuité par un tribunal de Berlin-Est, le 7 juin 1983, notamment pour sa participation active au massacre d’Oradour. Trois survivants du massacre témoignent lors du procès qui est suivi par la presse française et internationale. Barth est libéré, après la réunification de l’Allemagne, en juillet 1997. Sa condamnation ne l’empêche pas de percevoir, dès 1991, une pension au titre de victime de guerre, de 800 marks ! Cette pension est finalement annulée par un tribunal de Potsdam en 2000. Sa mort, le 6 août 2007, fait les gros titres de la presse. (D’après Dominique Lormier, Histoires incroyables de la guerre 1939-1945, Editions Métive / Histoire, 2016).

2. dans le Var, attaque allemande contre le maquis des Milices socialistes de la Sainte-Baume qui fait 10 morts à La Coutronne, près du Plan d’Aups (var39-45 /guerre / chrono).

3. Expédition allemande dans la vallée du Verdon. Attaque de Vinon où se trouve le PC de la Mission interalliée. Deux résistants sont fusillés, des fermes sont incendiées (var39-45 /guerre / chrono).

4.  LES EVACUATIONS OBLIGATOIRES DE SANARY, 10 juin – Extrait du journal :] « par ordre des autorités allemandes et pour des raisons strictement militaires la ville de SANARY doit être entièrement évacuée par Sa population. Cette évacuation doit se faire dans les conditions suivantes  première zone, région côtière, comprenant 580 personnes, pour le 10 juin 1944 deuxième zone, région ouest, comprenant 500 personnes, pour le 11 juin  troisième zone, régions nord et est, comprenant 3 000 personnes pour le 24 juin 1944. [A la suite de démarches faîtes, en accord avec M. le Préfet du Var, par le Général GUICHARD, délégué du S.I.P.F.G., les autorités allemandes viennent de décider que la troisième zone ne serait pas évacuée. Plus tard, des ouï-dire alarmants circulèrent l’évacuation s’étendrait jusqu’au chemin de fer. Un évènement mit fin à cette éventualité : le débarquement des alliés sur un autre point du Var. Après les évacuations, commencèrent la destruction, la pulvérisation des murs : des explosifs, déposés il la base des bâtiments, accomplissaient l’œuvre de mort. Il ne resta que quelques pierres éparses sur le sol. Ainsi disparurent l’hôtel des Bains, l’hôtel Primerose, le Casino, etc… La moitié de la ville fut évacuée, les cafés dont les façades donnaient sur le port furent sommés de fermer toutes ouvertures sur ce côté.]

[id. : Quand le village fut àpeu près entièrement évacué, il n’y eut pratiquement plus de vie. La mairie et ses archives avaient été déplacées dans une villa réquisitionnée, sur la route de BANDOL, les magasins s’étaient repliés sur la colline des Picotières, dans diverses  maisons.  On  ne  voyait  plus  de déménagements : les habitants étaient partis dans toutes les directions en arrière du pays. Le port était interdit, les rues barrées par des murs de béton. Entre les parties est et ouest du territoire, s’établit une communication par la rue de la Prud’homie. De nombreuses maisons étaient vides de tout occupant et très peu de gens circulaient. Sur le port, les palmiers gisaient à terre, coupés au pied. Les barques, ayant quitté les quais, étaient éparpillées un peu partout dans les champs  seules, six barques, avaient été réquisitionnées par les allemands : « Le Lynx », « La Marie-Louise », « l’Henriette », « La Laurence », « La Thétis » et « La Bellise ». Le quai Marie-Esménard, où une bombe était tombée, présentait, avec ses maisons éventrées, un aspect de désolation. Les façades du port cachaient les cloisons  effondrées, les portes disjointes  la plupart des toits de ces maisons n’avaient plus de tuiles et les trottoirs étaient couverts de débris de verre à vitre. L’église, interdite, avait perdu une partie de ses vitraux, et le Curé s’était réfugié auprès du pasteur protestant. Pendant plusieurs jours, la population resta sans pain ni viande  les jardins de la route de la Gare furent alors très fréquentés.]

[notification de réquisition type trouvée dans les archives de BR :] « Notification de réquisition. Le Maire de Sanary s/mer vu la circulaire 98 A de M. le Ministre des Finances en date du 25 mars 1942 considérant qu’il y a lieu de déférer à la demande de l’autorité militaire allemande (Kommandantur) sans date tendant à l’évacuation des immeubles si après désignés en vue de leur démolition, notifie à M. ………………….. demeurant à ……………….. la démolition prochaine par les troupes allemandes d’opérations de l’immeuble suivant …………… Commune de Sanary s/mer ……………….. Rue …………………. N° ……… et l’invite à constituer le dossier prévu par l’instruction 98 RTO du Préfet du Var. Sanary s/mer, le …………, Le Maire : …………. »

[Valloton B., 1945 : On parle depuis si longtemps d’une évacuation partielle de la population que (personne n’y croit plus). – Vous ne savez pas ? sur la place devant la Mairie, ça y est. On y court : la longue feuille couverte d’une écriture serrée (…) Il faut partir. Mais où aller ? Les agents de police municipaux recensent, obligent les familles épargnées à se tasser. On s’installe dans les nouveaux domiciles. Puis l’ordre est rapporté, et chacun rentre chez soi. En trois semaines, certains déménagent quatre fois. La cinquième est la bonne et on vous interdit de remettre les pieds dans votre domicile. Tout ce qui ouvre sur le quai, sur le port, doit fermer dans la huitaine. Tuer le port, c’est tuer les pêcheurs. Les cafés aveuglent leurs devantures ; le curé emporte son mobilier ; id. l’épicier, le pharmacien, la revendeuse d’orge grillée rebaptisée café, les vieillards de l’asile mêlés aux cornettes de religieuses, boulangers emmenant leur pétrin, photographes, des vieilles, des mamans avec leurs marmots. Le jour fixé, à midi, quais déserts, bancs vidés, palmiers inutiles. Plus de voiles larguées au long de la digue, plus de chaises aux terrasses des cafés. Mauvais rêve ! Au tour de ceux de la Cride, de Port-Issol au hasard d’une inconcevable fantaisie géographique (…) La Millière, la Maison Carrée, le Scarabée, le Colombet, et bien d’autres, se transforment en garde-meubles, en bibliothèques, en magasins de vaisselle, en dépôt de bois. (Mais) tant qu’on ne quitte pas Sanary, il n’y a que demi-mal.]

1975 – 10 juin : LA CADIERE-D’AZUR – Monuments historiques : inscription de la Fontaine Saint-Jean (cad. B 142) par arrêté du 10 juin 1975.

1991 – 10 juin : décès à Paris (Ier) de Jean Bruller, de son nom de plume : Vercors. Né le 26 février 1902 à Paris (XVe), il futillustrateur et écrivain. Il adopta pendant la Résistance le pseudonyme littéraire Vercors au moment de la publication en 1942 de son roman clandestin « Le Silence de la mer », premier des 26 récits publiés par les Éditions de Minuit, la maison d’édition clandestine qu’il fonda avec son ami Pierre de Lescure. Par la suite, il garda son patronyme pour son travail d’artiste et son pseudonyme comme nom d’écrivain. Dans ma bibliothèque : « Le silence de la mer », et autres récits, Albin Michel, 1951 ; « L’humanité en marche », réalisation éditions du Burin, distribution Martinsart, 1971 ; « Les chevaux du temps », Tchou, 1977.

1993 – 10 juin : TOULON  – inscription par arrêté des Monuments historiques : hôpital Chalucet et jardin public Alexandre 1er, rue Chalucet, avenue Général Leclerc, place Gabriel Péri, avenue Lazare Carnot.

– De la chapelle de l’hôpital Chalucet, en totalité, à l’exclusion de la salle pour les malades aménagée dans l’attique

– Les façades et toitures du pavillon d’entrée de l’hôpital Chalucet

– Le jardin public Alexandre 1er, ancien jardin de l’hôpital, à l’exclusion des bâtiments et des aménagements liés à la transformation en jardin public (cad. 7 et 8) :

2004 – 10 juin : MORT DE RAY CHARLES, l’un des plus grand chanteurs de jazz que les Etats-Unis nous ont offerts. On le présente habituellement comme l’artiste qui a offert la Soul music au monde. Mais Ray Charles est surtout un carrefour, le lieu où s’entrecroisent Jazz, Rhythm ‘n’ Blues, Pop, Blues et Country. Etincelant de mille compositions deux décennies durant (les années 1950 et 60), et porté par un indéniable talent à édifier son propre mythe, ce merveilleux vocaliste, excellent pianiste et chef d’orchestre, reste, à l’instar de Nat King Cole, Frank Sinatra ou Elvis Presley, l’une des grandes voix de la musique populaire. Il a durablement influencé des artistes majeurs comme les Beatles ou les Rolling Stones (de lui, dans ma discothèque, mon 33 tours préféré – « Genius hits the road » : Alabamy bound, Georgia on my mind, Basin street blues, Missipi mud, Moonlight in Vermont, New York’s my home, California her I come, Moon over Miami, Deep in the heart of Texas, Carry me back to old Virginny, Blue Hawaii, Chatanooga choo-choo. Ray Charles, piano et chant, Vega ABC-Paramount, ABC 335, 1 disque vinyl 33 tours 30 cm mono).

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE : LENDEMAIN DE FÊTE DES PERES !

-Regarde la belle montre que les enfants m’ont offerte pour la fête des Pères ! elle marche à l’énergie solaire !

-Et les jours de pluie ?

-Je mets un imperméable, tiens !

Ce sera tout pour aujourd’hui.

A demain et bon samedi à tous.

Affectueuses pensées pour Isabelle, Webber, Raphaël et Olivier.

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