ÉPHÉMÉRIDES DU VENDREDI 19 MAI 2023, 12e ANNÉE (n° 3801)

ILLUSTRATION : Portugal, vallée du Douro (cl. H. Ribot)

LES FÊTES : A tout seigneur tout honneur, saint Yves, dont c’est la fête aujourd’hui, est né en 1250 et mort en 1303. Prêtre official du diocèse de Tréguier, Yves de Kermartin fut canonisé en 1347. Fêté le 19 mai (V. Saxer) ; il avait consacré sa vie à la justice et aux pauvres. Saint patron de toutes les professions de justice et de droit, notamment celle des avocats qui, à Marseille, le fêtaient aux Prêcheurs.
Parmi les plus de 171 000 Yves que nous honorons aujourd’hui, mes pensées vont vers mon frère Yves, décédé en 2019, et vers ma nièce Yvette.
DICTON : « À la saint Yves, le beau temps arrive » ! (croisons les doigts)
LOCUTION PROVENÇALE : Après tous mes discours où je parle de tout et de rien, je ne voudrais pas que vous me renvoyiez cette expression provençale : « Il barjaque tellement qu’il me donne le vire-vire ! ». Aussi je vous souhaite une bonne journée à tous.
LE MOT DU JOUR : « C’est parce qu’il est mal gouverné que le monde est devenu méchant, et non parce que votre nature est corrompue » (Dante, La vita nuova).
EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHÈQUE :
NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et autres LIEUX DE SANARY (Cahiers de Patrimoine ouest varois, n°10 « Regards sur un terroir : Sanary-sur-Mer », 2004 »).
22e livraison : Fréquentations antiques du port de Sanary.

L’angle nord ouest du port.
L’intéressante situation topographique du port actuel de Sanary n’a pas laissé indifférents les colonisateurs romains. Ils ont en effet, fréquenté le secteur dès le premier de notre ère. Un certain nombre d’observations archéologiques ont été faites depuis 1995, relayant ainsi les écrits anciens qui témoignent de découvertes à proximité immédiate du centre ville.
Plusieurs facteurs favorables à l’établissement humain dès l’époque antique à l’emplacement de ce qui deviendra au Moyen Age, le faubourg Saint Nazaire de la ville d’Ollioules sont tout d’abord à repérer.
Le site se présentait alors sous la forme d’une petite baie ouvrant au sud, en partie protégée des vents dominants soufflant du nord-ouest par la colline de Portissol. Une plage de sable en garnissait le fond, et surtout deux cours d’eau y aboutissaient. Il s’agit de la rivière La Reppe et du Vallat Daumas, qui s’y jetait au droit de l’extrémité actuelle est du port. Ces caractéristiques accueillantes ont présidé à une forte fréquentation des lieux à l’époque romaine.
Nos observations ont porté tout d’abord sur l’angle nord-ouest du port, c’est-à-dire l’emplacement des actuels boulevard Courbet et quai Marie Esménard.
En effet, dans son « Histoire de Saint-Nazaire » Claude Brun mentionne en 1883 … »sur l’emplacement occupé aujourd’hui par la maison de M. Michel, ancien maire de Saint-Nazaire, plus de 400 mètres cubes de débris d’urnes et de poteries ont été retirées »… (Brun 1883 : Claude Brun. Histoire de Saint-Nazaire. 62 p. Toulon. 1883).
Dans « Toulon chef-lieu d’arrondissement » paru en 1897, Rémy Vidal, un érudit local à son tour, reprend les informations précédentes p. 26-27 : « … on a retiré plus de 40 mètres cubes de débris d’amphores et autres poteries communes… » (Rémy Vidal. Archéologie du Var. Toulon, chef-lieu d’arrondissement. 112 p. Toulon. 1897).
La maison de Marius Michel, actuelle Résidence La Citadelle, se trouve au 16 Boulevard Courbet. L’importance du volume mentionné par Claude Brun est certainement à rapprocher de la superficie de la maison qui est de 400 mètres carrés. Le peu de précision apportée aux témoignages de ces deux auteurs amène plusieurs questions. Tout d’abord existent-t-il un ou deux sites distincts, ensuite, quelle peut en être la nature, s’agit-il comme le précise Claude Brun des rebuts d’une production industrielle, et enfin le matériel ayant été perdu, quelle est la datation du site ?
Or, en 1995, la réfection du quai Marie Esménard a occasionné le dragage du port en avant du quai sur environ 27 m de longueur et 4 de largeur. Un lot de céramiques d’époque antique a été récupéré, nous en donnons le détail dans le tableau suivant. La répartition très localisée du matériel donne une indication intéressante. Sa quasi-totalité provient de la partie Ouest du sondage. La partie supérieure de la couche de dépôt se trouve à 90 cm du niveau actuel du quai et donc en dessous du niveau de la mer.
(à suivre)
A TRAVERS LES VIEILLES RUES DE MARSEILLE (André Bouyala d’Arnaud, 1961).

-214e livraison : NOTRE-DAME DE LA GARDE
PROMENADE DE LA CORNICHE
ENDOUME
Ce quartier pittoresque et pimpant, au bord de la mer, donne l’impression d’une petite station de la Côte d’Azur. Son port était pratiqué au XIIIe siècle ; un acte du 17 mai 1288 le cite : portus de Domezes. « Domezes » devint « Dôme », puis « Doume ». Onallait « en Doume », comme on va encore en Avignon ou en Arles. Cela devint « Endoume ». Jusqu’au milieu du XIXe siècle il n’y eut là que postes de douane, cabanons et guinguettes ; l’une de celles- ci portait comme enseigne un arlequin et donna son nom à une rue du quartier. Le prolongement du chemin de la Corniche en 1861, ajouté à l’engouement des Marseillais pour les bains de mer et pour l’ « oursinade », fit pousser à Endoume, comme champignons de couche, les bastides chères à la population. Puis la spéculation s’en mêla. On comprit que la ville allait s’étendre vers ce quartier rural ; les parcelles de rochers furent achetées et séparées par des murs couronnés de tessons de bouteilles. Dans la partie élevée d’Endoume, une église fut construite en 1842, sous l’inspiration de Mgr Eugène de Mazenod, qui la dédia à son céleste patron.
Dans la partie basse d’Endoume, flanquée de contreforts rocheux, se creusent deux calanques, celle de Malmousque et celle de Maldormé. A peu de distance de la côte, des îlots rocheux, déchiquetés apparaissent sous un vol de mouettes. Sur un de ces îlots, en l’année 1442, après le sac de Marseille, Alphonse d’Aragon aurait fait pendre douze otages (?). Ce Golgotha sur la mer joyeuse, lumineuse, souligne les contrastes marseillais. C’est l’île des Pendus.
(à suivre)
ÉPHÉMÉRIDES :

–1065 – 19 mai : Bernard de Millau, 12ème abbé de Saint Victor de Marseille (Edouard Baratier, Georges Duby, Ernest Hildesheimer, 1969.), mais 4ème selon P.-A. Amargier. Bernard de Millau succède à Durand ; il est élu le 19 mai 1065 (acte d’élection : Martène-Durand, Amplissima collectio, t. I ,col. 465-467). Il meurt après juillet 1079, car à cette date la confirmation des possessions de l’abbaye par Grégoire VII lui est adressée : Cartulaire, II, n° 843, p. 214. Cf. ibid., n° 38, p. 57 (P.-A. Amargier, 1966, Abbatum….).
–1252 – 19 mai :
1. CLIMAT : (Emilie 17) REGGIO – Gelée à Reggio le 19/05 (26/05), détruisant les vignes.
3. Sur le territoire de Marseille – Guillaume Gros, seigneur de Gaubert, exempte les chartreux de Montrieux du droit de péage, pour les troupeaux du monastère et pour le sel, le cuir, la laine et toute marchandises qui traverseront ses terres à destination de Montrieux. Témoins :] Dodo de Galberto, miles ; Pogetus, miles de Morerii ; Hugo de Lauriis de Massilia, Gaufridus de Aquis.[Notaire :] Petrus Bonus. (Boyer R., 1980, p. 644 : acte non transcrit dans le cartulaire de Montrieux). Note : Gaubert (Alpes de Haute-Provence). Les revenus du péage de Gaubert étaient partagés entre les coseigneurs du lieu, réf. Arch. Bouches du Rh., B 1430 (Boyer, note p. 728)
–1258 – 19 mai : CLIMAT –
– TOULOUSE ? – Pluies abondantes du 12 mai (19 mai) au 25 décembre (1er janvier 1259). Inondation des cours d’eau due aux pluies. Récoltes détruites par les pluies. Mauvaises récoltes. Semailles compromises par les pluies.
-(ITALIE) CREMONE – Inondation du Pô.
–1359 – 19 mai – Pieforchat (registre aux archives des Prêcheurs). Pin-Forcas, quartier rural, commune de Ceyreste, quartier du Deffens.
–1365 – 19 mai – Guerre de Cent ans – Sacre du roi Charles V à Reims.
–1407 – 19 mai – Guerre de Cent ans – Le pape Benoît XIII rédige en secret la bulle qui excommunie le roi de France Charles VI mais celle-ci n’est pas publiée.
–1440 – 19 mai – Guerre de Cent ans – Mariage de Charles le Téméraire et de Catherine de France.
–1456 – 19 mai : : Cros dels Moyniers (charte aux archives municipales). Cros de Noguiers – lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Saint-Marcel, près de Gadelone. Première mention : Cros de Noguiers, 8 décembre 1455 (registre aux archives de l’Evêché).
–1536- 19 mai : Ann Boleyn est décapitée sur ordre de son mari, le roi d’Angleterre Henri VIII Tudor. Ce dernier avait pris le risque d’une excommunication et d’une rupture avec Rome pour pouvoir l’épouser mais après deux ans de mariage, il n’avait pas supporté de gros soupçons d’adultère. La fille d’Ann Boleyn et d’Henri VIII n’en règnera pas moins sur le pays. Elle en sera le plus grand souverain de toute son Histoire sous le nom d’Elizabeth 1ère (Herodote).
–1585 – 1er juin -1622 – 19 mai : Robert Frangipani, 11ème abbé commendataire de Saint Victor de Marseille. 61ème abbé de Saint Victor de Marseille (Edouard Baratier, Georges Duby, Ernest Hildesheimer, 1969) mais 54ème selon P.-A. Amargier et Edouard Baratier. Il succède à Julien de Médicis, cardinal, 10ème abbé commendataire de Saint Victor de Marseille, évêque d’Albi depuis le 28 mars 1576. Le 19 juillet 1584, Julien de Médicis obtint du roi Henri III l’autorisation de résigner l’abbaye de Saint-Victor en faveur de son cousin Robert Frangipani, son neveu, patrice romain et clerc du diocèse de Rome ; ce dernier eut ses bulles le 1er juin 1585. robert frangipani, 1585-1622. Bulles de provisions du 1er juin 1585, mise en possession du 16 août 1585. Mort le 19 mai 1622 (E. Baratier, 1966, Abbatum Massiliensium). Le 16 août 1585, Robert Frangipani, 11ème abbé commendataire de Saint Victor de Marseille, succède à Julien de Médicis, cardinal, évêque d’Albi,. En fait, ce dernier a obtenu du roi Henri III l’autorisation de résigner l’abbaye de Saint-Victor en faveur de son cousin Robert Frangipani, son neveu, patrice romain et clerc du diocèse de Rome. Robert Frangipani, qui a reçu ses bulles de provisions le 1er juin 1585, est mis en possession de sa commende le16 août 1585. Il sera ainsi seigneur de Six-Fours (donc de La Seyne et de Saint-Mandrier) jusqu’à sa mort survenue le 19 mai 1622 (Cahier du patrimoine ouest varois n°14, Regards sur deux terroirs : La Seyne et Saint-Mandrier, 2012).
–1630 – 19 mai : Projet d’ouverture d’un Lazaret sur le territoire de Six-Fours – Nouvel arrêt du Parlement de Provence en date du 19 mai 1630, pour régler le problème posé par Six-Fours à l’ouverture d’un Lazaret sur son territoire. Désormais, Toulon va pouvoir, sans opposition de la communauté voisine, procéder aux opérations d’acquisition nécessaires au projet (Marcel-Faivre-Chevier, Charles Marras). Arrêté du parlement d’Aix pris le 17 juin 1622 et ordonnance du même parlement prise le 19 mai 1630 enjoignant à la ville de Tholon d’établir un lazaret dans l’île Sépet.
–1635 – 19 mai : Richelieu, au nom de la France, déclare la guerre à l’Espagne. La France entre de cette façon dans la guerre de Trente Ans qui ravage l’Allemagne. Elle va y gagner l’Alsace, en prenant le risque d’une invasion qui n’est évitée que par la victoire de Rocroy, 8 ans plus tard.
–1643 – 19 mai : victoire de Rocroi – Le duc d’Enghien (22 ans) anéantit à Rocroi, dans les Ardennes, les redoutables « tercios » de l’infanterie espagnole. En souvenir de sa victoire, on le surnommera le « Grand Condé » après qu’il aura hérité du titre de duc de Condé sous le nom de Louis II.
–1720 – entre le 4 et le 19 mai : Un historien a découvert en 1977 un document indiquant que des ballots d’étoffe auraient été déchargés par le Grand St-Antoine près de Toulon avant son arrivée à Marseille. Il est possible aussi que des Marseillais contaminés soient partis pour Toulon (Carrière Charles, Courdurié Marcel, Rebuffat Ferréol, 1977, note p. 18 à la date du 4-19 mai 1720)
–1721 – du 19 mai au 27 juin : LA PESTE A OLLIOULES – Services – 44 morts à Ollioules. Soit 61 décès dus à la peste à Ollioules, entre le 19 mai et le 27 juin 1721 sur une population qui oscillait à l’époque entre 2500 et 2800 habitants (Castellan, 1937, p.145). Le 28 mai : A Ollioules, désertion, devant la maladie, des chirurgiens et aides du chevet des malades ; rappel de ceux-ci sous peine de ne plus pouvoir exercer ; établissement d’un aumônier aux infirmeries, d’un commis aux cabanes, d’un registre spécial pour les décès dus à la peste ; le troupeau de chèvres enfermé dans la bergerie Martelly a péri en totalité, daté du 28 mai 1721 (Castellan, 1937, p.145-146.).
–1752 – 19 mai : « Marchandise de contumace » – Le « Phocéen », capitaine Antoine Icard. « Votre chargement fait, s’il est… de marchandises d’estivage ou de contumace… vous vous rendrez directement ici. Si, au contraire, vous avez votre entier chargement de blé, vous viendrez à Toulon pour y faire quarantaine, pendant laquelle vous m’enverrez la montre de votre blé. » (Le terme « Marchandise de contumace » désigne celle qui, susceptible de transmettre la contagion, doit être examinée de près à l’arrivée. Ici encore, nous retrouvons les fibres textiles brutes ou élaborées, et tissus. Toutes devaient être dirigées sur Marseille, le lieu nécessaire de leur marché, sauf à être soumises à un contrôle, conforme aux règlements, à l’arrivée). Note : Le blé est une marchandise de traite : on le charge, le plus souvent en une fois, pour une cargaison complète dans une des nombreuses rades isolées de l’Archipel. Marchandise d’estivage (estiver signifie comprimer les marchandises de grand volume afin qu’elles tiennent le moins de place) ne peut désigner que des fibres textiles, brutes ou élaborées, et tissus. Dans ce cas, le navire vient en droiture à Marseille (Carrière Charles, Courdurié Marcel, Rebuffat Ferréol, 1977).
–1764 – 19 mai : La Bougane – propriété, commune de Marseille, quartier des Caillols (Mention aux archives de la Major).
–1781 – 19 ma1 :disgrâce de Necker – La publication de son « compte rendu » sur l’état financier de la France amène la disgrâce de Necker (Pierre Goubert, Initiation à l’histoire de la France, 1984).
–1782 – 19 mai La Magne, propriété, commune de Marseille, quartier de Saint-Julien, à Beaumont. Mention
aux archives de la Major.
–1789 – 19 mai : Le clergé a décidé qu’il renonçait à toutes ses immunités et exemptions pécuniaires – Le clergé, bien que ne se considérant pas comme régulièrement constitué, a décidé, provisoirement, qu’il renonçait à toutes ses immunités et exemptions pécuniaires. La noblesse, quant à elle, a nommé les commissaires chargés de conférer avec ceux des deux autres ordres. Au même moment, l’assemblée du Tiers État de Paris vient de terminer l’élection de 20 membres. Bailly est nommé président de cette députation, au sein de laquelle on trouve le docteur Guillotin et l’abbé Sieyès, un transfuge du clergé, connu pour ses idées libérales (Agenda du Bicentenaire, MARDI 19 MAI).
–1793 – 19 mai : augmentation des prix de vente de la viande – Le 19 mai, c’est une « nouvelle valse des étiquettes ». Devant la menace des bouchers de cesser leur activité, le conseil du Beausset est obligé d’accepter une augmentation des prix de vente de la viande : 14 sols la livre de mouton (elle était à 10 sols depuis le 13 février 1793, soit 40 % d’augmentation) et 10 sols la livre de « grosse viande » (bœuf, menon ou bouc châtré, brebis, chèvre) (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution Française).
–1795 – 19 mai (30 floréal) : Les généraux Bizanet et Collaud s’inclinent à leur tour devant la volonté populaire. Les rebelles occupent les forts Lamalgue, du Faron et Sainte-Marguerite – [Delaforge G., 1995, p. 109 : Le 30 floréal III (19 mai 1795), au matin, les meneurs des rebelles se présentent chez le représentant du peuple Chiappe arrivé dans la nuit. Ils lui demandent un ordre pour marcher contre les émigrés de Marseille et la libération des jacobins détenus au fort Saint-Jean. (Chiappe s’en sort par une pirouette). Ce même jour, c’est au tour des généraux Bizanet et Collaud de s’incliner devant la volonté populaire. Les rebelles occupent les forts Lamalgue, du Faron et Sainte-Marguerite..
–1798 – 19 mai (30 floréal) : Début de l’expédition d’Egypte de Bonaparte (Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997). A six heures du matin, tous les vaisseaux se couvrirent de toile, les musiques jouèrent, l’artillerie des navires répondant à celle des forts et batteries de la rade ; le rivage s’était couvert de tout un peuple depuis Carqueiranne jusqu’à Fabrégas, en passant par Sainte-Marguerite, le Cap-Brun, Lamalgue, l’Eguillette, Balaguier, Saint-Mandrier, La Croix-des-Signaux, Les Sablettes et La Verne. « La mer, a dit un témoin, était houleuse et il ventait bonne brise du nord-ouest. Le gros du convoi était déjà sorti quand le dernier vaisseau, le bâtiment amiral l’Orient, portant le général Bonaparte, appareilla à son tour. Il était alors huit heures du soir. A cette époque de l’année (fin mai), le jour s’achevait à peine. » L’Orient était encore par le travers de Saint-Mandrier quand il talonna un haut-fond, il avait dû ralentir sa marche et le choc l’avait fait tressaillir dans toute sa mâture; une manœuvre rapide de son commandant lui permit de se dégager et on le vit s’élancer à nouveau. L’expédition d’Egypte était en mer ; elle faisait route, le vent en poupe (Louis Baudoin, 1965, p. 415). Le corps expéditionnaire français quitte Toulon, mais des navires les accompagnent de Gênes, Ajaccio, Civitavecchia. Au total plus de 400 navires prennent part à cette flotte, ainsi que 40 000 hommes et 10 000 marins. La flotte s’empare tout d’abord de Malte le 11 juin, puis débarque à Alexandrie le 1er juillet.
L’énorme activité causée dans la région par la mise en route de l’expédition d’Egypte devient plus fiévreuse et plus grande. Fabriques du pays et commerce local sont comblés de commandes et d’achats par la Marine et par la Guerre. A La Seyne, les chantiers de constructions navales (Nicollet, Lombard, Tortel, Baudoin, Curet, Argentéry, Beaussant, Jouglas, etc.) travaillent sans arrêt pour satisfaire aux besoins du port de Toulon, construisant bateaux de transport, chalands, barques, embarcations, objets d’armement, prêtant du personnel (charpentiers, calfats, peintres) ou réparant voitures et caissons pour l’artillerie, ponts et passerelles pour le génie. Les fabricants de cordages, de leur côté, nombreux en notre cité, les tonneliers ont aussi fort à faire pour la flotte. D’autre part, la commune livra des bois tirés de la forêt de Janas, les Seynoises confectionnèrent des effets pour les équipages, les soldats, les services d’intendance et d’hôpitaux. En outre, le quartier maritime de La Seyne fournit un contingent appréciable de gens de mer destiné à compléter les armements des navires de l’expédition. Les commerçants, pour leur part, n’eurent pas à se plaindre. Avant son départ de Paris, Bonaparte avait écrit à la Commission à Toulon : « Je vous recommande de veiller à ce que les troupes aient tous les jours du vin et de l’eau-de-vie et à ce que les subsistances leur soient assurées. » Toutefois, on avait décidé d’allouer aux soldats partant pour l’Egypte un supplément de solde journalier de quatre sous afin de ne pas exciter la jalousie des militaires de la garnison de Toulon et des alentours par des distributions exceptionnelles ; les futurs combattants des Pyramides purent ainsi effectuer certains achats et boire du bon vin du pays qui, à cette époque, ne coûtait que deux sous le litre. Les officiers de l’armée de Bonaparte firent, de leur côté, l’acquisition de maints objets, d’articles de toilette et de parure pour leurs épouses ou pour leurs bonnes amies (Louis Baudoin, 1965, p. 410-411). Voir l’illustration : Toulon, 19 mai 1798, départ de Bonaparte et de son armée pour l’Egypte. Getty.
–1802 – 19 mai (29 floréal an 10) :
– Création de la Légion d’honneur (Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997). le Premier Consul Napoléon Bonaparte publie un décret qui porte création de l’Ordre national de la Légion d’honneur. Rompant avec la tradition des ordres de l’Ancien Régime, la Légion d’Honneur est ouverte à tous et non plus seulement aux officiers. Les premiers dignitaires en seront le comte de Lacépède, un naturaliste (civil), qui sera nommé Grand Chancelier, et le général Dejean (militaire), Grand Trésorier…
– Les listes d’émigrés se sont considérablement réduites car nombreux sont ceux qui en ont été rayés. Les derniers inscrits seront rayés définitivement grâce à l’arrêté que le préfet, conformément à l’amnistie du 26 avril adresse à la commune de Sanary et qui prononce une amnistie définitive. Bien des familles en seront soulagées, daté du vingt-neuf floréal an X (19 mai 1802). Les derniers Sanaryens qui en bénéficieront seront : BONNEGRACE Jean-Pierre, d’OLLIOULES, sous surveillance à SANARY; BONNE GRACE Augustin, son fils, tonnelier; COULOMB Antoine, d’OLLIOULES, cultivateur, lui aussi sous surveillance; Marie Elisabeth FERRANT, que nous avons vu débarquer malade; Geneviève GRANET, veuve ANDRAC; VITALIS Joseph, ancien avocat; César GULASSY-MAZAN, savonnier de SOLLIES; Catherine GAUTIER, veuve AYCARD; feu Nicolas DUGUE; François ESTIENNE; Honoré ISNARD. Il en sera de même pour les déserteurs qui eux aussi bénéficieront d’une mesure d’amnistie: Auguste THOULOUZAN, Antoine Joseph BREMOND, Spiridon PIGNOL, François BRUN, Honoré ESTIENNE, Honoré MALAUSSE, Jean Antoine PIGNOL, Louis JOURDAN, feu Antoine ICARD (Rotger B., 1984, p. 337-338).
–1804 – 19 mai : Nomination des maréchaux d’empire (Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997). Napoléon 1er, empereur depuis un jour, porte à la nouvelle dignité de maréchal dix-huit de ses fidèles, soient :
– quatorze généraux : Berthier, Murat, Moncey, Jourdan, Masséna, Augereau, Bernadotte, Soult, Brune, Lannes, Mortier, Ney, Davout, Bessières ;
– auxquels s’ajoutent, en raison de leurs services rendus, quatre maréchaux honoraires dits « sénateurs ayant le titre de maréchaux de l’Empire » : Kellermann, Lefebvre, Pérignon, Sérurier.
–1808 – 19 mai :La cour impériale d’Aix rejette le Projet de code rural portant sur la vaine pâture et la compascuité qui lui a été soumis en vertu du décret du 19 mai 1808. La vaine pâture est décriée car elle dévaste les propriétés, dévore les clôtures, s’oppose au renouvellement des taillis, empêche les semis des bois, dégoûte des améliorations et arrête ainsi tous les rapports, les progrès de l’agriculture. Son exercice né au temps de la vie pastorale, au moment où toutes les terres étaient en friche et les champs sans valeur, a devancé la production en facilitant l’éducation des troupeaux. Son exercice est réglé par la loi du 28 septembre – 6 octobre 1791. Elle existait dans la plupart des agglomérations, mais est restreinte aujourd’hui (en 1818) aux communes de (essentiellement des communes du haut Var, de l’est Var et, pour le centre Var, de Pourrières. Le droit de parcours, plus communément connu ici sous le nom de compascuité, également réglé par la même loi, se distingue du droit de vaine pâture en ce sens qu’il est réciproque entre les communes qui y sont soumises. Il n’existe plus en 1844 que dans les communes de Seillans, Brovès, Coursegoules, Bezaudun, Gréolières. Le projet de code rural préparé en 1808, et dont la discussion est réclamée annuellement par un grand nombre de conseils généraux, au nombre desquels figure celui du Var, prononce l’abolition de la vaine pâture et du parcours. Voici les dispositions qu’il renferme à cet égard :
« Art. 6 – Personne n’a le droit de faire paître ses bestiaux sur le terrain d’autrui, sans une permission expresse des propriétaires (…). Art. 7 – Si le droit de mener ses bestiaux sur le fonds d’autrui est fondé par un titre, le propriétaire du fonds peut s’en rédimer moyennant une indemnité réglée par expert. »
Ces dispositions n’ont pas obtenu l’adhésion de la commission de la cour impériale d’Aix, à l’examen de laquelle elles ont été soumises, en vertu du décret du 19 mai 1808. On lit dans l’avis qu’elle a exprimé : « Les dispositions de l’art. 7, qui autorise le rachat du droit d’herbage, a paru injuste et dangereuse à la commission, en ce qu’elle attaque un droit conventionnel, sur un objet qu’aucune loi n’avait prohibé : l’intérêt public et celui du bas peuple demandent que ce droit soit respecté. Un particulier qui a des terres trop étendues, en vend les portions les plus éloignées à des cultivateurs qui les mettent en valeur, et s’y réserve un droit d’herbage nécessaire à ses troupeaux. Admettre le rachat d’un pareil droit,…, c’est nuire aux progrès de l’agriculture, et enlever au bas peuple le moyen d’acquérir de petites propriétés. »
Cet avis ne nous paraît conforme ni à l’intérêt public ni à celui du bas peuple sur lesquels on l’a fait reposer. Ajoutons que les ventes qui ont lieu aujourd’hui (1844) n’offrent nulle part, dans le département, la réserve dont parle ce même avis (Noyon, 1844, p. 554).
–1828 – 19 mai : CONQUÊTE DE L’ALGERIE – En préparation de la conquête de l’Algérie, Ollioules héberge jusqu’à nouvel ordre la 4ème compagnie bataillon d’ouvriers d’administration et la 17ème légion gendarmes, venus de Corse : 4 officiers, 80 soldats et sous-officiers (Castellan E., 1937, p. 294).
–1847 – 19 mai : Bénédiction de la première cloche de l’église de Saint-Mandrier. Cette cloche, a été fondue au frais de la Fabrique de la paroisse. La cérémonie était présidée par M. Pierre Leydet parrain et Mme Thérèse Briet née Coulomb, marraine, qui ont donné à la cloche le nom de Marie-Thérèse (Gisèle Argensse, 1989, p. 66).
–1861 – 19 mai :
1. Mise en service de la chaloupe démontable N° 19, type Arc, construite par les Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne. En 1867, elle sera renommée Coutelas.
2. Le conseil municipal de Sanary demande qu’un train direct pour les dépêches s’arrête gare de Saint-Nazaire-Ollioules, qu’un chemin d’entrée en gare soit réalisé et qu’un établissement de poste soit établi en ville (Archives de Sanary, 1838-1873, fol. 112).
2.
–1861 – 19 mai : George Sand, Le voyage dit du Midi : « 19 MAI (dimanche) MARINE. LA « BRETAGNE ». Tems superbe, fort désagréable, chaleur étouffante sur terre. Vent d’est et froid de chien sur la mer et le long de la mer. (…). Nous allons à Toulon (…) dire adieu à Talma à bord de l’Aube. Son beau bâtiment est plein de charbon, tous ses marins noirs, lui-même enfumé. Il ne sait où donner de la tête, l’escadre part demain. Il nous fait voir les pauvres bœufs de la Camargue qu’on doit tuer en route, les cochons, les poules, etc. il nous donne une lettre pour le chirurgien en chef de la Bretagne. (…) Nous allons à la Bretagne, le chirurgien nous reçoit, et nous promène partout. C’est magnifique, le plus grand navire de la Marine Française. C’est propre, reluisant, tout est prêt, les matelots en tenue du dimanche comme les autres fois. Tout était noir à bord de l’Aube, Talma esprit méfiant et mélancolique semblait impressionné par ce départ dans le charbon. Les matelots travaillaient comme des nègres qu’ils paraissaient être et dans les coins on voyait les jeunes mousses écrire des lettres d’adieux à leurs parens. Sur la Bretagne, tout est en fête, on danse au son de la musique du bord, on fait des armes, on joue au bâton et à la savatte [sic]. Nous les regardons longtems et nous ne sommes pas les seuls. Il y a toujours un certain public de visiteurs qui paraît n’être pas désagréable aux matelots, car ils posent un peu, mais ils posent surtout la décence et c’est édifiant de les voir danser entre eux (ils dansent très bien par parenthèse) et simuler des combats avec une charmante aménité mutuelle. C’est une foule sur ce pont immense et on y circule encore librement, car l’équipage qui compte 1 250 hommes est en partie dehors tous les dimanches il y a congé pour une moitié du personnel à tour de rôle. Nous visitons les quatre étages, garnis de canons ; les machines (il y en a deux, de systèmes différents qui ont leur emploi selon la circonstance) les salles, les logemens, l’appartement très somptueux de l’amiral ; chaque étage a un balcon très grand, il y a une niche à chien sur celui de l’amiral. Nous revenons prendre Matheron à la porte de l’Arsenal et nous rentrons de bonne heure. »
-1866 – 19 mai : TARIFS DOUANIERS SUPPRIMES POUR L’ENTREE DE NAVIRES CONSTRUITS A L’ETRA NGER – La période 1866/1873 va être une période difficile pour la S.N. F.C.M et les autres chantiers français. Sous la pression des armateurs français, les tarifs douaniers élevés qui régulaient l’entrée de navires fabriqués hors de France, quoique assouplis depuis 1855, sont pratiquement supprimés par la loi du 19 mai 1866. La ruée des armateurs marseillais vers l’Angleterre entraîne pour les chantiers seynois une crise à peine compensée par des constructions militaires (Serge Razzanti, Cahier du patrimoine ouest varois n°11, Regards sur un terroir : Six-Fours, 2007).
–1895 – 19 mai : ELECTIONS MUNICIPALES COMPLEMENTAIRES A LA SEYNE- Des élections complémentaires se déroulèrent le 19 mai 1895 à La Seyne. Elles amenèrent huit conseillers nouveaux dont François Bernard, directeur honoraire des octrois de Marseille, tous opposants à la politique de SaturninFabre. Dès que le Maire eut installé ces conseillers dans leurs fonctions, M. François Bernard demanda la parole pour donner lecture du texte suivant : » Messieurs et Chers collègues ! La pierre fondamentale de la République Française, c’est le suffrage universel. S’incliner devant son verdict n’est pas abandonner son poste ; c’est faire acte de bon citoyen. Vous connaissez mes chers collègues le mandat que nous avons accepté ; il est simple et énergique en même temps. Il se résume en un seul mot : Démission ! » » Voilà pourquoi nous venons sans parti pris, sans haine, sans passion, si ce n’est celle d’être utile à notre commune vous dire : Messieurs, au nom des électeurs qui nous ont élus, au nom des intérêts de notre ville, si gravement compromis, démissionnez ! » » Et alors, devant cette importante manifestation, les pouvoirs publics, nous en sommes persuadés, donneront des ordres pour faire modifier le projet de la ville de Toulon « . » … Quant à nous, nous allons remplir notre mandat en adressant notre démission à M. le préfet du Var au cri de : Vive La Seyne ! « . Signé : Bernard, Gros, Sicard, Augier, Pevret, Ginouves, Morice, Blanc. Les nouveaux élus se retirèrent de la séance et le Conseil passa à l’ordre du jour. Après quoi le Maire prit la parole et déclara : » Le motif invoqué par les nouveaux élus est respectable, mais celui qui a incité le Conseil municipal à rester à son poste ne l’est pas moins. Si le Gouvernement ne prenait pas en considération les protestations de la ville de La Seyne contre le projet d’assainissement de la ville de Toulon, alors le Conseil se retirerait sans hésitation « . Il ajouta à l’adresse des démissionnaires : » Il eut été préférable pour l’intérêt de la Ville que les nouveaux élus vinssent fortifier le Conseil municipal dans son action légale et qu’ils conservent la responsabilité de leur décision » (Marius Autran, tome 2, 1988).
–1900 – 19 mai : Engins de pêche et réglementation. Extraits des règlements prud’homaux : [Patania L., Guillaume J., 2002) :
– Battudes (AG Bandol, 19 mai 1900 et 28 décembre 1967) : filets constitués par des nappes tendues verticalement grâce à un lest plus puissant que le liège, à qui on fait décrire un demi-cercle terminé en boucle ; longueur : 100 à 130 brasses, soit 162 à 210 m (espèces pêchées : maquereaux, bogues, sévereaux, saupes, mulets, rougets, pataclets, sars, bonites et palamides).
– Escombrière (AG Bandol, 24 juillet 1849 et 19 mai 1900) : filet flottant dérivant (sorte de battude du large) ; chaque pièce, à l’origine en lin, mesure de 40 à 70 brasses, pour une hauteur de 200 mailles ; chaque barcade comprend généralement une dizaine de pièces (espèces pêchées : prise des maquereaux en surface). –
–1912 – 9 mai : NOUVELLE MUNICIPALITE A LA SEYNE – Le dimanche 19 mai 1912, la nouvelle municipalité est installée à La Seyne. Pour la section on lira les noms de MM. Lesquoy, Levavasseur, Fouque et Peyret. L’écharpe d’adjoint spécial a été attribuée derechef à M. Lesquoy (Gisèle Argensse, 1989, p. 128).
–1914 – 19 mai : DEPART D’UNE UNITE ENCASERNEE A SAINT-MANDRIER – A Saint-Mandrier, deux batteries du 3ème d’artillerie coloniale cantonnées au Lazaret quittent la presqu’île et sont remplacés par 50 hommes du 10e régiment d’artillerie à pied qui étaient casernés à Saint-Elme (Gisèle Argensse, 1889, p. 147).
–1927 – 19 mai : accident dU sous-MARIN “ANTIGONE” et ses conséquEnces – 1926 – 23 – 04 : Antigone ex grec SD 3, (type Armide / Schneider-Laubeuf) ; Coque érodée ; 1927 – 03 : une voie d’eau apparait ; 19/05 : Désarmé à Bizerte.
–1932 – 19 mai : l’escadrille 7S2, basée à Saint-Mandrier, participe à divers exercices au large de la Sicile et de la Crète, dans le cadre des opérations menées en Méditerranée orientale. Un accident lors du catapultage d’un Goudrou-Lesseure dans le port de Beyrouth, le 19 mai 1932, entraînera le décès de l’enseigne de vaisseau Vézon.
–1935 – 19 mai : Décès à Moreton (Royaume-Uni) de Thomas Edward Lawrence (plus connus en tant que Lawrence d’Arabie). Né le 16 août 1888 à Tremadoc (Pays de Galles) (Royaume-Uni), il avait tenté de restaurer au début du XXe siècle l’empire arabe de Damas, disparu plus de mille ans auparavant. De ce «rêve fracassé», selon le mot de son biographe Jacques Benoist-Méchin, il reste un film à grand spectacle, Lawrence d’Arabie, réalisé par David Lean en 1962, avec l’acteur shakespearien Peter O’Toole dans le rôle-titre. Il reste surtout un chef d’œuvre littéraire, Les sept piliers de la sagesse, dans lequel l’auteur raconte ses aventures sur un mode épique en agrémentant son récit de considérations poétiques et philosophiques…
–1939 – 19 mai : création du Syndicat des producteurs de vins fins de la région historique des vins de Bandol – Avec Lucien et Lucie Peyraud, Arlette Portalis, le comte et la comtesse Pelleport de Pissy, Paul-Ulrich Roethlisberger crée le Syndicat des producteurs de vins fins de la région historique des vins de Bandol, le 19 mai 1939 (Gibert-Roetlisberger A. 2004a)
-1940 – 19 mai :
1.Le général Gamelin est limogé. Le général Weygand est nommé commandant en chef des armées françaises (Jean-Charles Volkmann, 2003).
Une nouvelle contre-attaque blindé française, mené par le colonel de Gaulle, est effectuée vers Laon. Elle fait de bon progrès mais reçoit l’ordre de se retirer avant qu’aucun gain réel ne puisse être effectués.
Pour la première fois la possibilitéd’une évacuationducorps expéditionnaire britannique (BEF) est évoquée entre le Général Ironside, chef du Imperial General Staff, et le Général Gort, commandant britannique sur le terrain. Le général Gort rapporte que le commandant du groupe d’armée nord, le général Billotte, ne lui a pas donné d’ordres depuis 8 jours. Le général Ironside se rend ensuite au quartier général du général Billotte proche, et le trouve incapable de prendre une action décisive. Même quand Ironside, bâtit puissamment, le secoue en le tenant par son uniforme cela ne produit aucun effet.
Le 19 mai un ordre de mouvement est donné au groupe du capitaine Robert et le 20 mai il se replie sur le terrain de Mantes-Gassicourt qui sera bombardé le 3 juin par 21 avions ennemis, tuant cinq mécaniciens (Cahier du patrimoine ouest varois n°11, Six-Fours, 2007).
La Croix, vendredi 30 août 1940 : “Jules Noël capitaine de l’équipe de France d’athlétisme, est mort au champ d’honneur. On apprend la mort glorieuse de l’international d’athlétisme Jules Noël, tombé à la tête de son unité le 19 mai dernier. Agé de 37 ans, Jules Noël occupait depuis 1924 une place de premier rang dans l’athlétisme français. Il avait été maintes fois capitaine de l’équipe de France”.
2. Souvenirs de Lion Feuchtwanger sur son second départ de Sanary pour l’internement au camp des Milles ; son opinion sur les gens du pays au moment où la nouvelle de l’internement est connue, entre les 15 et 21 mai 1940 : « Tout a commencé un soir de la mi-mai, après le coucher du soleil. Au rez-de-chaussée de ma maison de Sanary, dans la petite pièce où se trouvait le poste de radio (…). J’écoutais les informations (…) C’est alors que, brusquement, on annonça que tous les ressortissants allemands, ainsi que tous les apatrides nés en Allemagne et âgés de 17 à 65 ans, hommes et femmes, domiciliés à Paris, devaient se présenter le jour même à tel ou tel endroit pour être internés. (…) Depuis neuf mois, je me trouvais pris dans cette souricière qu’était la France, sans pouvoir obtenir d’autorisation de sortie du territoire. Et maintenant, j’allais devoir goûter encore une fois au camp d’internement. (…) Ma secrétaire ne pouvait s’empêcher de gémir : « Ah, pourquoi n’êtes-vous pas parti en Amérique quand il était encore temps ! » (…) Lamentation qui avait sa raison d’être dans mon cas. (…). Ce fut notre femme de ménage, Léontine, qui m’apporta la nouvelle. (…) le communiqué avait été affiché à la mairie (…), l’avis concernait tous les apatrides nés en Allemagne et n’ayant pas atteint 56 ans révolus au premier janvier. Nous devions être alors le 18 ou le 19 mai, et j’allais avoir 56 ans le 7 juillet. (…) Léontine est une jolie personne rondelette de bientôt trente ans ; elle se trouvait tout comme son mari à notre service depuis six ans et je suis convaincu qu’ils nous étaient, et nous sont vraisemblablement encore, entièrement dévoués. Le visage de Léontine exprimait alors un regret sincère mais aussi le plaisir de pouvoir annoncer une telle nouvelle, la curiosité de savoir comment j’allais réagir, l’inquiétude de savoir ce qu’elle allait devenir si nous retournions en camp, ma femme et moi, et également, malgré tout son dévouement, une petite joie maligne de voir que c’était maintenant à mon tour, moi le « patron », moi le « Monsieur », de ressentir encore plus fortement qu’elle, les amers désagréments de la guerre. Il me restait 48 heures pour faire mes préparatifs. Nous avions le droit d’emporter trente kilos de bagages. (…) couvertures (…), pliant, (…), vêtements et linge des plus solides (…), un édition de Balzac façon Pléiade (…). Le lendemain, on m’indiqua par téléphone la mairie où me serait délivré le laissez-passer nécessaire à mon trajet jusqu’au camp (…). L’employé de la mairie, un homme auquel j’avais très souvent eu affaire durant mes années à Sanary, se montrait aimable, empressé même. Comme la plupart des habitants du pays, il laissait néanmoins paraître une certaine gêne – mélange de curiosité, de regret sincère et de honte d’avoir à se compromettre gravement avec des gens que le gouvernement faisait arrêter, donc qui étaient suspects. D’un air affairé, il se hâta d’établir le laissez-passer. Alors qu’il fallait parfois attendre quinze jours pour obtenir une autorisation analogue afin de se rendre en ville à 8 km de là, chez le dentiste par exemple, le sergent de la gendarmerie la plus proche annonça cette fois au téléphone qu’il était prêt à venir immédiatement s’occuper des paperasses nécessaires. Trois autres Allemands de Sanary avaient également été convoqués. Nous attendions dans une pièce qui était située au rez-de-chaussée de la mairie et qui servait habituellement à la garde-à-vue des criminels jusqu’à l’arrivée de la police. Le vétérinaire se servait aussi de cette pièce, à l’occasion de sa visite hebdomadaire (…). C’est donc là que nous attendions. Nous étions quatre qui devions partir le lendemain pour les Milles : le peintre R., puis mon voisin et son fils qui venait juste d’avoir 17 ans et qui allait y laisser sa peau, puis moi, et enfin l’écrivain K., un Allemand qui avait combattu en Espagne aux côtés des Républicains. Nous attendions debout. Nous nous étions tous fait une autre idée des choses au moment de notre arrivée en France. Les mots « Liberté, Egalité, Fraternité » s’inscrivaient en grosses lettres au fronton de la mairie, on nous avait acclamés lorsque nous étions arrivés, voilà bien des années, les journaux avaient publié en notre honneur des articles de bienvenue tout à la fois chaleureux et respectueux, les autorités françaises nous avaient déclaré que c’était un honneur pour la France d’accueillir des hôtes comme nous, j’avais même été reçu par le Président de la République. Et maintenant, on nous internait. (…) les années écoulées nous avaient ouvert les yeux sur la versatilité du comportement humain. (…) Le gendarme arriva enfin , il était soûl ;(… il) nous tapa sur l’épaule et nous déclara qu’il n’avait absolument rien contre nous. (…). Le gendarme soûl n’arrivait pas à bout des formulaires. (…) Finalement, nous fîmes appel au secrétaire pour qu’il vienne nous aider. Le lendemain, nous nous rendîmes au camp en taxi. (…) L’horloge indiquait 5 h 2 mn en ce 21 mai 1940.» (Feuchtwanger Lion, 1985, p. 18 et la suite)
3. DEPART DU « BEARN » POUR HALIFAX – Emportant 3.880 caisses contenant 194 tonnes d’or fin, valant 9.241.000.000 fr, le « Béarn » quitte Toulon, escorté par les torpilleurs Mars et Tempête (La Revue Maritime, 284, février 1971, p.261)
–1941 – 19 mai : « La Boudeuse », aviso, photographié le 19 mai 1941 (voir illustration).
-1943 – 19 mai :
1. Marseille, 19 mai 1943, le « paquebot Général Bonaparte » est coulé par le sous-marin HMS « Sportsman » (voir illustration).
2. RENFLOUEMENT DY PETROLIER « DURANCE » – Le pétrolier Durance, 7ème du nom, mais le 6ème dans la Marine nationale, construit par les chantiers Lannester à Lorient et admis au service actif en 1921, est renfloué du 20 janvier au 19 mai 1943 (Marc Saibène, Toulon et la Marine 1942-1944). Le bâtiment est saisi par les Allemands, puis conduit aux Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne.
3. MAUVAIS ETAT SANITAIRE DE L’EQUIPAGE DU « COMMANDANT DUBOC » – Le séjour de l’aviso Commandant Duboc à Madagascar se prolongeant, le lieutenant de vaisseau Pépin Lehalleur télégraphie le 19 mai que l’état sanitaire de son équipage s’aggrave et qu’il a également un besoin urgent des pièces de rechange attendues par le Savorgnan de Brazza (Gérard Garier, Les avisos de 630 tonnes, Le Commandant Duboc).
–1944 – 19 mai : Le « Commandant Teste » est conduit au Lazaret – Le transport d’hydravions Commandant Teste, officiellement restitué à la France le 15 mai, est conduit le 19 au Lazaret pour y être gardiennée. Situation des bâtiments sabordés remis à la Marine Française : conformément aux accords conclu à Wiesbaden, les bâtiments suivants seront remis à la France au fur et à mesure qu’on en débarquera les charges de sabotage préparées par les Allemands : Dunkerque, Strasbourg, Commandant Teste, La Galissonnière, Jean de Vienne, Foudroyant, L’Adroit, Mameluck , Mogador, Volta, Guépard, Verdun, Le Bordelais, La Palme, Le Mars, Aurore, Diamant, Fresnel, Pascal, Redoutable, Théthis, Euridice, Sirène, Galatée (Saibène M., Toulon et la Marine).
–1949 – 19 mai : La « Reine des Flots » EST VENDUE A LA POLOGNE – Le patrouilleur auxiliaire « Reine des Flots » ex-« Bois Rosé » remis aux F.N.F.L. le 16 janvier 1941, a été déréquisitionné en 1946 et rendu à son propriétaire Les Pêcheries de la Morinie qui l’ont réarmé pour la pêche en particulier la morue fraîche jusqu’en novembre 1948. Vendu le 19 mai 1949 à une compagnie polonaise sous le nom de Jowisz, il sera exploité jusqu’en 1961 où il est condamné (Gérard Garier, Les avisos de 630 tonnes, Le Commandant Duboc).
–1949 – 19 mai : surveillance du Tonkin et du golfe du Siam.
– Jusqu’au 19 mai et à partir du 15 juin, l’aviso est en surveillance du Tonkin (Gérard Garier, Les avisos de 630 tonnes, Le Commandant Bory).
– Du 5 mai au 9 juin, le groupe de l’aviso « Commandant Duboc » est de surveillance du golfe du Siam. Le 19 mai, il est accroché dans le rach Koh-Nou (Gérard Garier, Les avisos de 630 tonnes, Le Commandant Duboc).
–1958 – 19 mai : Conférence de presse du général De Gaulle -Immédiatement après la grave crise politique du 13 mai 1958, le général de Gaulle convoque la presse au Palais d’Orsay, pour montrer quelles sont les causes de la situation où se trouve la France et pour préciser la portée de sa déclaration du 15 mai, dans laquelle il se déclarait « prêt à assumer les pouvoirs de la République » (INA).
–1974 – 19 mai : Valéry Giscard d’Estaing est élu président de la République. A 48 ans, il devient le troisième président de la Ve République. Le nouvel élu est le fondateur et le chef d’une formation centriste, les Républicains Indépendants, ancêtre de l’UDF (Union pour la Démocratie française).
–1978 – 19 mai : LA LEGION SAUTE SUR KOLWEZI – 405 parachutistes du 2e REP (Régiment Étranger de Parachutistes) de la Légion étrangère sautent sur Kolwezi, une cité minière du Katanga ou Shaba (Zaïre, ex-Congo belge) où des rebelles ont pris en otage les 3000 expatriés belges et français (plusieurs dizaines ont déjà été massacrés). 250 parachutistes supplémentaires sautent le lendemain matin. L’intervention a été décidée dans l’urgence par le président Valéry Giscard d’Estaing. C’est un succès. Les Européens survivants sont évacués et l’ordre revient dans la ville. On déplore toutefois 170 morts et disparus parmi les civils européens, 700 environ parmi les Zaïrois, ainsi que cinq morts, vingt blessés et six disparus parmi les membres de la mission militaire française présente à Kolwesi, un mort parmi les parachutistes belges et un mort parmi les parachutistes marocains venus en soutien logistique.
–1994 – 19 mai : Ouverture du tunnel sous la Manche..
–2000 – 19 mai :
1. « Ces châteaux qui ne sont pas cathares » – « Les onzièmes rencontres archéologiques du Fenouillèdes, organisées tous les printemps par la dynamique association « Forum », ont eu, pour leur cycle de conférences, un nombreux public fidélisé et motivé par la qualité des thèmes choisis et la compétence des conférenciers.
« Le vendredi 19 mai, au foyer rural de Saint-Paul, Daniel Campergue, maître de conférences à l’université de Perpignan et spécialiste en architecture médiévale, a donné sa conférence sur l’évolution de la fortification, de l’an mille au XVIIIe siècle : « Ces châteaux qui ne sont pas cathares ». Après un historique sur le Moyen âge, il débuta sa causerie, très didactique et illustrée, par de nombreuses diapositives d’excellente qualité.
« Construits après le Xllle siècle. il montra le passage progressif de la tour carrée à la tour circulaire, du nid d’aigle de Puylaurens au fort enterré de Salses, en passant par les anciens remparts de Perpignan (détruits au début du XXe siècle) et sa citadelle.
« Il s’attarda sur des détails d’architecture comme les fines archères verticales pour les arquebuses, aux larges meurtrières horizontales pour les canons, autant de critères chronologiques d’une fortification.
« Le château de Queribus surveille le Grau de Maury. Le fort de Bellegarde verrouille le col du Perthus.
« La fonction est identique mais le plan, le relief, les matériaux, les ouvertures de tir, en un mot l’architecture, est totalement différente. L’époque de construction a changé : jamais les Cathares n’ont vu ces châteaux qui ont été construits après le XIIIe siècle.
« En fin de conférence, le public, étonné et surpris par cette révélation, a posé de nombreuses questions après avoir chaleureusement applaudi Daniel Campergue.
« M. Foulquier, maire de Saint-Paul, une partie de son conseil municipal, Antoine Crouchandeu, principal du collège, J. Calvet, et de nombreux élus du Fenouillèdes, ont fait l’honneur d’assister à cette conférence. Fernand Cervera, président de l’association « Forum », remercia le conférencier et invita tous les participants au pot de l’amitié. » (article de M. Lacoste » (« Indépendant » du 27 mai 2000)
2. séisme dans le nord-ouest de la Turquie : « Publié le 19/05/2011 à 00:00 et mis à jour le 19.05.2011 à 23:28 : Un séisme d’une magnitude de six sur l’échelle de Richter a frappé jeudi soir le nord-ouest de la Turquie, selon des données de l’Institut américain de recherche géologique (USGS). Il a précisé que l’épicentre se trouvait à 80 km à l’ouest-sud-ouest de Kutanhya. On ne signale dans l’immédiat ni victime, ni dégâts. »
–2019 – 19 mai : METEO DE SANARY – Après une nuit où la température fut relativement élevée (14° à 8h), il ne faut pas s’attendre à une journée des plus belles avec 17° vers 14h, et 13° la nuit prochaine. Le vent d’ouest, présent toute la journée, soufflera au milieu du jour à 30 km/h avec des rafales à 60. Quelques gouttes sont attendues aux alentours de midi.
–2021 – 19 mai :
1. La deuxième phase du plan de déconfinement attend les français dès le 19 mai 2021 et présente un début de retour à la vie normale. Réouvertures des lieux culturels et des commerces non-essentiels, retour en terrasse dans les cafés, bars et restaurants, couvre-feu, évènements. Tout d’abord, le couvre-feu est décalé à 21h contre 19h auparavant. Au-delà, une attestation reste nécessaire pour justifier son déplacement, au risque d’une amende. Le 19 mai marque aussi plusieurs réouvertures : celle des commerces non-essentiels (dont les centres commerciaux), des terrasses des bars, cafés et restaurants, que des lieux culturels sont les musées, monuments, cinémas, théâtres et salles de spectacle. Après le 19 mai, le public est de retour dans les stades, les restaurants des hôtels rouvrent pour les clients qui y séjournent. Enfin les rassemblements de plus de 10 personnes sont autorisés (contre 6 auparavant).
Culture et loisirs – Fermés depuis le 30 octobre, les cinémas pourront rouvrir avec une capacité d’accueil de 35 % (800 spectateurs au maximum) et deux fauteuils libres entre chaque spectateur ou chaque groupe, pour redonner une chance à des films à la vie interrompue trop vite à l’automne, comme Adieu les cons, d’Albert Dupontel, auréolé de sept Césars, ou Drunk, de Thomas Vinterberg. Ou pour faire découvrir de nouveaux longs-métrages, alors que les films se bousculent pour trouver une place dans les salles obscures.
2. je suis à LA CELLE avec Cathy, Marina Valente et Martine Leguilloux pour représenter, le Centre archéologique du Var lors de la réouverture du monastère et la nouvelle exposition qui y est présentée.

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE : Sur la porte d’un commerce :
Suis allé faire une course. Serai de retour dans une heure. Même un peu avant car je suis déjà parti depuis vingt minutes.
Bises à Isabelle, Webber, Raphaël et Olivier.
Adessiats a totei !
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