ÉPHÉMÉRIDES DU JEUDI 6 AVRIL 2023, 12e ANNÉE (n° 3785)

ILLUSTRATION : tag photographié à Chypre.
QUESTION DU JOUR : La GeStaPo de Lyon, sous la conduite de Klaus Barbie, arrêta 44 enfants et leurs 7 éducateurs hébergés dans la Maison d’Izieu, au village du même nom, dans l’Ain. Des sept éducateurs, une seule personne reviendra d’Auschwitz. Barbie sera condamné pour crime contre l’humanité à Lyon, en
-1947
-1987
-1982.
REPONSE A LA QUESTION DU 5 AVRIL : Par arrêté du 5 avril 1933 est créée à TOULON une « ÉCOLE des MÉCANICIENS et CHAUFFEURS » qui enseigne les mêmes spécialités qu’à LORIENT avec une nouvelle spécialité : torpilleur.
FÊTES :
Nous fêtons les MARCELLIN qui sont près de 4000 à se nommer ou se prénommer ainsi !
Saint Marcellin était légat impérial en Afrique du temps des troubles entre donatistes et catholiques. Avec son frère Agrave, il a essayé d’imposer des décisions prises lors d’une conférence de Carthage qui s’était prononcée contre les donatistes accusés d’hérésie. Ces derniers, usant de fausses accusations, réussirent à faire tuer les deux frères.
Le calendrier républicain dédia au MELEZE ce 17e jour du mois de germinal An II.
DICTON : « beau temps à la Saint Marcellin assure le pain et le vin ».
LOCUTION PROVENçALE : « depuis le temps qu’ils se fréquentent ». Le verbe « fréquenter » se dit des relations entre amoureux depuis l’idylle la plus innocente jusqu’à celles qui le sont moins. « Elle n’est pas mariée, mais elle fréquente », c’est-à-dire qu’elle a un amoureux en titre. Un peu passé aujourd’hui : « si jeune et déjà il se fréquente » pour dire il se masturbe (réf. Le français de Marseille, A. Brun, 1931).
EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHEQUE : Silvana SEIDEL MENCHI – Erasme hérétique – Réforme et Inquisition dans l’Italie du XVIe siècle, traduit de l’italien par Pierre Antoine Fabre. Gallimard / Le Seuil, coll. Hautes Etudes, 1996, 446 p.
PENSEE D’ALBERT SCHWEITZER « La vérité n’a pas d’heure, elle est de tous les temps, précisément lorsqu’elle nous paraît inopportune » (Albert Schweitzer, « A l’orée de la forêt vierge », médecin, pasteur et théologien protestant, philosophe et musicien alsacien, prix Nobel de la Paix 1962, mort le 4 septembre 1965 à Lambaréné, Gabon).

A TRAVERS LES VIEILLES RUES DE MARSEILLE (André Bouyala d’Arnaud).
-196e livraison : AUTOUR DU QUARTIER DE LA PLAINE (suite)
ACADEMIE (cf. rue Adolphe Thiers).
BIBLIOTHEQUE.
Le décret du 2 novembre 1789 mit à la disposition de la nation les biens du clergé. Les communautés religieuses versèrent alors dans des dépôts littéraires leurs manuscrits et leurs imprimés, auxquels s’ajoutèrent, en 1792, ceux des émigrés. Ces documents, confiés d’abord aux « Ecoles Centrales », furent remis ensuite aux villes et ils formèrent les bibliothèques municipales. Le couvent des Bernardines fut choisi comme siège de la bibliothèque de Marseille, le premier bibliothécaire fut demandé à l’Académie : ce fut le docteur Achard. L’administration municipale inaugura solennellement les locaux, le 10 mars 1799. Ces locaux furent réduits à une partie du premier étage quand le lycée occupa lui aussi le couvent, en 1805.
Le fonds d’origine de la Bibliothèque était formé par les apports des Oratoriens, des Augustins, des Minimes et des Bernardines de Marseille, par ceux de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, de l’Oratoire de Notre-Dame des Anges cl du Grand Séminaire d’Aix. L’Académie de Marseille y contribua aussi.
En 1819, la Bibliothèque comprenait quarante mille volumes environ, avec 1.270 manuscrits. Sous le second Empire elle atteignait soixante mille volumes. Actuellement elle en compte plus de deux cent mille, avec plus de 2.000 manuscrits et 144 incunables d’une grande rareté. En 1821, la Ville avait acheté une des plus riches collection de médailles de l’époque, celle du président de Fauris-Saint-Vincens qui fut annexée à la Bibliothèque et à laquelle s’ajouta le Trésor d’Auriol, jailli d’une amphore antique sous le coup de pioche d’un paysan.
Bibliothèque et Cabinet des Médailles furent installés en 1881 dans le local de style officiel et ennuyeux construit entre 1864 et 1869 sur un terrain voisin compris entre le couvent des Bernardines et la rue Napoléon (de la Bibliothèque). Dans ce nouveau local prit place également l’Ecole des Beaux-Arts, logée jusqu’alors, elle aussi dans le « phalanstère » du couvent des Bernardines..
(à suivre)

ÉPHÉMÉRIDES.
–1199 – 6 avril : Richard Coeur de Lion est blessé et meurt au cours du siège du château de Châlus, au centre de la France. Le roi d’Angleterre s’est montré en toutes occasions un piètre politique, roulé par l’empereur d’Allemagne, le roi de France ou ses propres barons. Qu’importe, la postérité a gardé le souvenir d’un guerrier chevaleresque et vigoureux doublé d’un troubadour capable d’écrire en langue d’Oc et en langue d’Oil comme il le fit avec le « rotlenge de Richard Cœur de Lion », dans lequel le roi d’Angleterre se lamente car il est retenu en otage par le roi de France, lui qui avait à sa cour Arnaud Daniel, Guiraud de Bornelh, Peire Vidal et Bertrand de Born qui le surnomma Oc-e-No. La légende de Robin des bois a aussi contribué à sa popularité posthume.
Gaucelm Faidit écrivit à sa mémoire l’un de ses plus beau Planhs :
« Richartz es mortz ».
Fortz chausa es que tôt lo major dan
e-l major dol, las ! q’ieu anc mais agues,
e so don dei totztemps plaigner ploran,
m’aven a dir en chantan, e retraire –
Car cel q’era de valor caps e paire,
lo ries valens Richartz, reis dels Engles,
es mortz -Ai Dieus ! cals perd’ e cals dans es !
cant estrains motz, e cant greus ad auzir !
Ben a dur cor totz hom q’o pot sofrir. . .
(traduction)
«Richard est mort » / C’est une chose terrible que le plus grand malheur / et le plus grand deuil, las ! que j’aie jamais [éprouvé, / et auquel je dois sans cesse compatir en pleurant, / il me faille le dire dans mon chant et le raconter : / celui qui était de valeur chef et père, / le puissant et valeureux Richard, roi des Anglais, / est mort ! Ah ! Dieu ! quelle perte et quel malheur ! / quelle parole étrange et si pénible à entendre ! Il a le cœur bien dur, l’homme capable[de le supporter !
– 3 et 6 avril : SENTENCE D’EXCOMMUNICATION PRONONCEE CONTRE MARSEILLE – Exécution par les évêques d’Antibes et de Riez et l’abbé du Thoronet de la sentence d’excommunication prononcée contre le podestat et la commune de Marseille qui refusaient de livrer les châteaux de Roquefort et le tiers d’Aubagne, pour le paiement des créanciers du vicomte Roncelin (de Gérin-Ricard, acte 462). Note : le podestats était un administrateur annuel, assisté d’un Conseil et étranger à la ville, mais muni des pleins pouvoirs.
– après le 6 avril : Réclamation d’Hugues des Baux et de sa femme Barrale à la commune de Marseille. Acte des vicomtes de Marseille 463, daté après le 6 avril 1229 (de Gérin-Ricard : A. Arch. départ. des Bouches-du-Rhône, B 315; IND.: Dr Barthélemy, Inventaire n° 214.) – Postulo pro domino Ugone de Baucio et pro domina Barrala ut, pro jure quod habent et habere debent in civitate Massilie et pro dampnis datis et querimoniis quas proponere possunt contra civitate Massilie, – que omnia, si necesse fuerit, plenius explicabo, – dent Massilienses dicto domino Ugoni Baucio et domine Barrale et eorum successoribus in perpetuum nomine donationis, quinque milia solidorum regalium coronatorum censuales annuatim. Item, ut restituant eis tertiam partem Albagne (Aubagne), quam comune habet ex causa pignoris pro quatuor milibus solidorum. Item, ut restituant eis Castelletum (Le Castellet) cum Caderia (La Cadière) et Ceseresta (Ceyreste), que dominus Ugo de Baucio et domina Barrala pignori obligaverunt Ancelmo Fero, civi Massilie, pro viginti milibus solidis regalium. Item, ut solvant eis XXX milia solidorum regalium coronatorum, quos debent eis ex quadam compositione quam cum eis fecerunt. Item, ut pro destructione Tholonei (le Tholonée), quam estimo MMM. marcas argenti, dent eis unum stare infra civitatem Massilie valens quindecim milia solidorum regalium, salvo et retento eis jure quod habent et habere in locali Tholoneum erat constructum, et in extimatione destructionis. Item, ut restituant eis castrum Rupisfortis (Roquefort), quod violenter abstulerunt domino Ugoni de Baucio, cujus restitutio fuit adjudicata per sententiam arbitrorum domino Ugoni de Baucio, quorum sententie.D. et plures de civitate Massilie juraverant obedire. Item, ut restituant eis castrum Sancti Marcelli (Saint-Marcel), quod violenter domino Ugonis de Baucio abstulerunt. Item, ut faciant eis remitti omnia debita que debent civibus Massilie, ita, quod ab omnibus creditoribus plene sint liberati (copie due à M. Busquet, note de Gérin-Ricard). [On a par là une idée de l’importance du Tholonée, palais des vicomtes détruit lors d’une révolte de la ville. Ces vicomtes étant désormais sans gîte, la ville leur donna une maison, comme elle en donna aussi près des Accoules, payée 10 000 sous à Raimond de Conchis qui l’habitait, lorsqu’il acheta, le 15 janvier 1226, la part de seigneurie. L’arbitrage fut fait par le vicomte Raymond des Baux et Adalacie, sa femme].
–1321 – 6 avril : La Barbassada – lieu-dit, commune de Marseille (charte aux archives municipales).
–1341 – 6 avril : Colla Aycardi Sarracena (acte notarié). COLLE SARRASINE – lieu-dit, commune de Marseille (1872).Les premières mentions font état de Colla den Sarrayna, le 8 octobre 1309 (charte aux archives municipales) et de Colla domine Aycarde Sarracene, 21 juillet 1316 (charte aux archives municipales).La première dénomination de la Colle Sarrasine date de 1614 (acte d’atterminage). Note : « colla » = colline.
–1342– 6 avril : Pons de Maganillas (acte notarié). Marignelle – quartier rural, commune de Marseille, entre Arène et le Cannet. Première mention le 19 juillet 1248 : Pons de Manavellas (charte aux archives municipales). La terre de Marignelle appartenait à Jeanne de Riquetti, dame de Chateauneuf-des-Negreaux. Elle fut acquise par M. Bonsignour, notaire. Note : « pons » désigne soit un ancien péage, soit un lieu où peut être placé un pont.
–1368 – 6 avril : La Roquetta (acte notarié). La Roquette – lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Plombières (1872). Première mention : La Roqueta, 13 décembre 1285 (acte notarié).
–1369 – 6 avril : ALLAUCH – La seule commune comprise dans le territoire de Marseille ; sixième arrondissement cantonal (1872). Mention Allauchium, le 6 avril 1369 au registre Sclaponis de la cour des Comptes, f° 69.
–1480 – 6 avril : A OLLIOULES, Jaume Deydier donne une arbalète à Guiran de Simiane (Charles de Ribbe,1898, p. 47.) – L’an de guerre, Simon Blancart, armurier d’Aix, vendit à Jaume Deydier une arbalète d’acier toute neuve, au prix de deux écus d’or :] une arbalesta d’asier tota nova que comprey, l’an de la guerra, as Ays, de Simon Blancart, mi quostel dos escus d’or ; [mais bientôt, le 6 avril 1480, la jugeant inutile entre ses mains, il en gratifie Guiran de Simiane…] Lo dich senhor en fon enamorat… car era fort bona.
–1574 – 6 avril : Plan de l’Aumosne (au registre des biens d’émigrés). L’AUMONE – ferme de la commune d’Aubagne, au quartier Camp-Majour (1872). Première mention au XIe siècle : Vinee de Elemosina in Castro S. Marcelli, XIe siècle (cartulaire de Saint-Victor, charte n° 42). Cette terre appartenait à l’Aumônerie de l’abbaye de Saint- Victor, sous le titre de la Conception-Notre-Dame. Elle dépendait autrefois du territoire de Saint-Marcel, ou de celui de l’église de Saint-Cyr, car de ce côté les limites du terroir de Marseille avaient donné lieu à de fréquentes contestations, dès une époque très reculée , et n’étaient pas bien précises. L’Aumône était divisée en divers tennements qui s’appelaient l’Aumône neuve, l’Aumône vieille, la Pastèque, les Sidores, la Courren, Sebellier ou Gibelins, la Bastidone, Lieutaud. Le domaine de l’Aumosne sera, le27 avril 1791, inscrit sur le registre des biens d’émigrés.
–1580 – 6 avril : TREMBLEMENT DE TERRE DANS LE PAS-DE-CALAIS – Des séismes ont été répertoriés dans des zones stables, et réactivant des reliefs relatifs à des chaînes “ dites ” vieilles telles que les Massifs Central et Armoricain. C’est le cas du tremblement de Terre du 6 avril 1580 qui eut lieu dans le Pas-de-Calais et provoqua des dommages dans le Nord-Est de la France et le Sud-est de l’Angleterre et engendra un tsunami (ou raz de marée) dans la Manche (futura-sciences).
–1582 – 6 avril : (registre aux archives de l’Evêché de Marseille)
1. Lo Puits. PUITS DE CARPIAGNE – bastide, commune de Marseille, près de Carpiagne (1872). Première mention : Lo Pos de Capeanha, 20 décembre 1439 (acte aux archives de l’Evêché).
2. Val Richard. VAL-RICARD – propriété, comme de Marseille, au quartier de Carpiagne (1872).
–1645 – 6 avril : TRANSACTION QUI REGLE La CONTRIBUTION DES FORAINS : A l’égard du privilège des forains, par transaction passée entre les consuls et communauté de Six-Fours, et les habitants de Tollon et de Saint Nazaire, possédant biens au terroir dudit Six-Fours, reçue par Maître Denans, notaire, le 6 avril 1645, lesdits habitants seraient (auraient) été déclarés forains. Et qu’à l’avenir, à leur égard, les impositions seraient faites comme celles des anciens forains, des particuliers d’Ollioules, possédants biens au susdit terroir de Six-Fours En sorte qu’ils ne payeront que les impositions du Roi, du pain, et autres concernant l’utilité des fonds. Et que tous les domaines qui sont en état, appartiendront à la communauté, sans que les forains n’y puissent à jamais prétendre aucune chose, et que, à l’occasion de ce, ladite communauté demeurera chargée de payer toutes les dettes passives qui n’ont pas été comprises au département d’iceulx (Jean Denans, 1713).
–1764 – 6 avril : LE ROUET – village de la commune de Marseille en 1872. Investiture de l’église de l’Assomption Rouet, prieuré de l’abbaye de Saint-Victor, en faveur de Gabriel Raynaud, clerc au diocèse de Grasse, le 6 avril 1764. Première mention du lieu : Colla Rouilh, 4 mai 1245 (charte aux archives municipales). Première mention de l’église : Ecclesia B.M. de Roillo, 24 décembre 1261 (charte aux archives municipales). Bien que située dans le domaine du temporel de Saint-Victor, Notre-Dame du Rouet dépendait, au Moyen Âge, du chapitre cathédral (Ed. Baratier, Le temporel…, 1966).
–1789 – 6 avril : REPRESENTANTS A VERSAILLES DE LA CIRCONSCRIPTION DE TOULON –
Le 6 avril furent élus comme représentants de la circonscription de Toulon et le long cahier du Tiers Etat de Toulon (95 articles et 7 chapitres leur fut confié :
— pour le clergé : les abbés Monjallard, curé de Barjols, et Rigouard, curé de La Farlède (Louis Baudoin, 1965) ;
— pour la noblesse : de Lapoype-Vertrieux, Michel de Vialis, maréchaux de camp ;
— pour le tiers état : Meifrund, deuxième consul de Toulon ; Jaume, propriétaire à Hyères ; Ricard de Séalt, propriétaire ; Féraud, consul de Brignoles.
Furent désignés à titre de suppléants : l’officier du Génie Destouff de Murreau, pour la noblesse ; l’abbé Dauphin, curé d’Entrecasteaux, pour le clergé ; Honoré Granet, négociant à Toulon, pour le tiers état. Il ne semble pas que ces représentants jouèrent par la suite, à la Constituante, un rôle d’un grand relief ; il est vrai que la Provence, en revanche, y fut superbement représentée par le lion Mirabeau, député pour le tiers état de la sénéchaussée d’Aix (Louis Baudoin, 1965, p. 306-307).
-Les délégués sont élus le 31 mars, les députés le seront le 6 avril et le long cahier du Tiers Etat de Toulon (95 articles et 7 chapitres sera confié aux députés élus (F.T. 2020).
Note : L’évêque constitutionnel du Var, sous la Révolution, fut Jean-Joseph Rigouard, né à Solliès-Pont le 1er octobre 1735. Ancien curé de La Farlède, Rigouard avait appartenu à la loge « La Réunion » de Solliès-Pont et avait été élu député aux Etats-Généraux en 1789. Son élection, comme évêque, remontait au 11 avril 1791. Il mourut à Solliès-Pont le 15 mai 1800, à l’âge de 65 ans.
–1793 – 6 avril : CREATION DU COMITE DE SALUT PUBLIC (Pierre Goubert, Initiation …, 1984, Jean-Charles Volkmann, 1997 et Georges Duby, 1987). Par la force des choses, une nouvelle pratique et même une nouvelle légalité révolutionnaire s’élaborent dont les organes majeurs sont le Tribunal criminel extraordinaire (10 mars), les comités de surveillance dans les communes et, à partir du 6 avril, un premier Comité de salut public dominé par la personnalité de Danton (Michel Vovelle, 1987).
Les rouages de transmission de l’influx révolutionnaire se sont mis en place progressivement : agents nationaux au niveau des districts, comités de surveillance dans les villes et bourgs. Entre le Comité et ces instances d’exécution, les représentants en mission ont joué un rôle à la mesure de la réputation qu’ils ont gardée devant l’histoire. Une histoire qui, aujourd’hui, a l’impression de les connaître à la fois très bien et fort mal. Quel parti une historiographie aujourd’hui dépassée n’a-t-elle pas tiré de ceux de ces « proconsuls » que leur intransigeance ou leur cruauté mit en valeur : Carrier à Nantes, Lebon dans le Nord, Fouché, de la Nièvre à Lyon, Fréron et Barras dans le Midi…, et quelle aubaine lorsque l’événementiel — prenant figure féminine — infléchit à Bordeaux les rigueurs d’un Tallien. L’histoire actuelle s’interroge sur l’influence réelle, l’environnement et les moyens d’action de ces agents de la Terreur (Michel Vovelle, 1987).
–1794 – 6 avril (17 germinal An II) : LA TARTANE, « LE SAINT-FRANÇOIS », COMMANDEE PARLE CAPITAINE FRANÇOIS PONS ET CHARGEE DE BLE, SE TROUVAIT ANCREE ET EN QUARANTAINE DANS LE PORT DE SANARY (Registre des délibérations, fos 54 à 76) ! Le représentant du peuple, Maltedo, annula l’arrêté de son collègue Maignet pris à Port-la-Montagne le 3 ventôse an II (21 février 1794) prescrivant l’envoi de ce blé à Marseille et donna l’ordre de le transporter à Port-la-Montagne par les soins de Loth, inspecteur des subsistances militaires (17 germinal), en prenant de grandes précautions pour éviter la contagion (S’il faut en croire L’Historique du pays conservé aux archives, le marquis de Centurion, lieutenant-général des armées navales, aurait affirmé la supériorité du port de Sanary sur ceux de Bandol et de la Ciotat, le 4 mai 1667). Malgré la demande instante du conseil, l’autorité compétente avait accordé un secours insuffisant, 70 charges de blé et 30 d’orge.
–1795 – 6 avril (17 germinal an III) : MENTION RELATIVE A JEAN ETIENNE MARIE PORTALIS – Le 17 germinal an III (6 avril 1795), l’ultime mention figurant sur le dernier registre des délibérations municipales concernant cette période, et dont nous disposons encore à ce jour aux archives, est relative à Jean Etienne Marie Portalis. La municipalité du Beausset reçoit en effet un certificat de l’administration du district « au sujet de la déclaration du domicile à Paris de Jean Etienne Marie Portalis, homme de loi, Joseph Marie Portalis, employé au comité de législation, et de la citoyenne Françoise Marguerite Siméon femme Portalis, pour n’être plus à l’avenir dans le cas de justifier de leur résidence »… (Gérard Delaforge)

–1814 – 6 avril : ABDICATION DE NAPOLEON PREMIER. Les victoires de Champauben, Montmirail, Montereau ne sauvent pas la France. 30 mars les coalisés entrent dans Paris. 6 avril abdication de Napoléon. Traité de Paris, laFrance retrouve les frontières de 1792. L’Empereur est envoyé à l’île d’Elbe près de la Corse (Viguier, 1993).
–1827 – ACHAT DU NOUVEAU CIMETIERE DE LA SEYNE. Une allocation préfectorale portée sur le budget en 1826 relance l’acquisition du terrain. Il est acheté 600, 00 francs à M. Beaussier, héritier de la demoiselle Pascal et mesure 3037 mètres carrés. Pourquoi moins cher (que la dernière proposition) ? Le terrain est-il plus petit que celui de la demoiselle Pascal ? L’urgence de la création de la nouvelle nécropole a-t-elle influencé à la baisse le prix du terrain ? La vente a lieu à Ollioules le 6 avril 1827. Dans son ouvrage, Baudouin fait état d’une ordonnance royale datée du 7 mars 1827 signée de Charles X autorisant cette acquisition (. BAUDOIN, op.cit. , p. 492).
–1857 – 6 avril : LES FINANCIERS CONTRÔLENT LES CHANTIERS DE LA SEYNE – En cinq ans, de 1851 à 1856, les Messageries Impériales ont mis la main sur les deux plus grands chantiers de la Méditerranée. Les financiers ont récupéré le contrôle sur les techniciens de génie, incapables de concilier les compétences techniques et le savoir faire du chef d’entreprise. La nouvelle société procède, le 6 avril 1857, à une nouvelle augmentation de capital.
–1908 – 6 avril : FREJUS – classement par arrêté du 6 avril 1908, des parties anciennes de l’ancien Evêché, place Formigé (place).
–1917 – 6 avril : LES Etats-Unis DECLARENT LA GUERRE À L’ALLEMAGNE – Le président des Etats-Unis, Wilson, ordonnait, le 12 mars 1917, l’armement des bateaux de commerce après le torpillage de l’Algonquin, un navire marchand américain, par un sous-marin allemand. Le 2 avril suivant, le Président demandera aux deux chambres du Congrès de voter l’entrée en guerre des Etats-Unis contre l’Allemagne. Le 6 avril, la déclaration de guerre sera prononcée. Sa décision est motivée par le torpillage du paquebot Vigilentia, le 19 mars 1917 et le souvenir du sort similaire du Lusitania, en 1915. Elle est également motivée par la publication du télégramme secret adressé le 16 janvier 1917 par Arthur Zimmerman, secrétaire d’État allemand aux Affaires étrangères, à son homologue mexicain pour lui suggérer une alliance contre les États-Unis. Le 18 mai, ce sera la loi sur le service militaire obligatoire qui permettra d’enrôler dans l’armée trois millions d’hommes âgés de 18 à 45 ans.
–1919 – 6 avril : manifestation organisée à Paris pour protester contre l’acquittement de l’assassin de Jaurès et honorer Jaurès le pacifiste alors que, quinze jours plus tôt, le 3e conseil de guerre de Paris, juridiction militaire, condamnait à la peine de mort Émile Cottin, l’anarchiste qui avait blessé de plusieurs balles Clemenceau. Cette manifestation est organisée le 6 avril suivant par les sections socialistes et syndicales de Paris pour protester contre le verdict et honorer Jaurès le pacifiste. 100 000 personnes défilent, et les affrontements avec la police causent deux morts.
–1923 – 6 avril : Le jeune prêtre et scientifique parisien Teilhard de Chardin embarque à Marseille, cap sur la Chine, pour la première fois de sa vie. Son arrivée à Tianjin (anciennement nommée Tientsin) n’est pas exactement celle d’un touriste. Teilhard est déjà à la recherche du premier homme, de la racine de l’humanité : « Là encore, au-dessous des hautes murailles de lœss, sont disséminés les vestiges d’un Homme dont les yeux ont regardé la Chine avant qu’elle n’eût revêtu sa robe de Terre Jaune. ». Il écrira, le 14 décembre 1929 : « On vient justement de trouver, près de Pékin, dans de grandes fouilles auxquelles je suis mêlé de près, la plus grande partie d’un crâne qui paraît faire juste la transition entre le Pithécanthrope et les Hommes de Neandertal. »
–1937 – 6 avril : B.A.N. DE SAINT-MANDRIER – Le 1er septembre 1935, le capitaine de corvette Henri Morache succède au capitaine de corvette Mottez. Le CC Henri Morache sera lui même remplacé le 1er septembre 1937 par le capitaine de corvette Antoine Feissolle qui dirigera la BAN de St Mandrier puisque cette dénomination de «Base aéronautique navale» fut effective à partir du 6 avril 1937. A cette date le confort sur la Base est toujours sommaire et rustique ; en effet la deuxième caserne des équipages, le banc moteur, le slip (partie inclinée servant à la mise à l’eau), la grande grue, les citernes à carburant enterrées, la caserne des officiers mariniers, ne sont pas encore réalisés. L’infirmerie a quitté la villa « El Douira » pour laisser la place au bâtiment de commandement, elle occupera jusqu’à la fermeture la place rendue libre à l’aubette (Joseph Roca, Cahier du patrimoine ouest varois n°14, 2014).
–1939 – 6 avril : ALBERT LEBRUN EST REELU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE – Le 21 mars, M. Albert Lebrun, Président de la République s’empresse d’aller en visite à Londres. Dès son retour le 3 avril, il se joint à M. Daladier pour faire appel à l’union de tous les Français pour éviter une guerre. Le 6 avril il sera réélu Président de la République (Gisèle Argensse, 1989, p. 207).
–1941- 6 avril : INVASION DE LA YOUGOSLAVIE – à 5h15 du matin, l’Allemagne, l’Italie, la Roumanie et la Hongrie envahissent la Yougoslavie sans déclaration de guerre préalable. Les journaux italiens et allemands déclarent que « les forces de l’Axe marchent contre la trahison des Serbes, en référence au putsch des officiers serbes du 27 mars ». Partant d’Autriche, de Hongrie, de Roumanie et d’Albanie, les forces de l’Axe se dirigent vers les principales villes de Yougoslavie et s’enfoncent entre Grecs et Yougoslaves pour empêcher une éventuelle jonction. À l’aube, sous la direction personnelle du maréchal Hermann Goering, la Luftwaffe lance une puissante attaque aérienne contre Belgrade, pourtant déclarée « ville ouverte ». Tous les terrains d’aviation sont bombardés et l’aviation yougoslave est pulvérisée au sol. Un second bombardement massif a lieu le lendemain pour engendrer la terreur parmi la population. En deux jours, les raids allemands font 17 000 tués dans la population civile de Belgrade. La ville est occupée le 13 avril 1941. Alors entrent en action les résistants du général Mihailovic, les Tchetniks.
–1943 – 6 avril :
1. Plan d’évacuation de la commune de Sanary-sur-Mer, daté du 6 avril 1943 (Archives municipales ; Revest A., témoignage dans Cahier de l’ouest varois n°10, 2004). « Plan d’évacuation de la commune de Sanary-sur-Mer. L’ensemble de la commune se trouve divisé en trois secteurs distincts : OUEST, CENTRE, et EST, afin de facilité les opérations d’évacuation. La délimitation de chacun de ces secteurs est portée sur la carte établie à cet effet. A la tête de chaque secteur est placé un légionnaire chef de secteur responsable de la mise en application des mesures à prendre. Il dispose à cet effet de plusieurs légionnaires désignés pour le seconder. En ce qui concerne particulièrement le secteur CENTRE, l’évacuation des habitants se fera par les rues ou groupes de rues parallèles au quai, ou commençant par celui-ci, avec la portion des rues perpendiculaires au quai comprise à l’arrière de ces rues parallèles au quai. L’évacuation se fera par vagues successives, chaque chef de secteur sera doublé aux points de rassemblement d’un agent de police. Des consignes spéciales seront données aux chefs de secteur ainsi qu’aux légionnaires sous leurs ordres pour que l’évacuation se fasse dans le calme et l’ordre. De même, il leur sera recommandé de veiller tout particulièrement à l’évacuation des femmes enceintes, impotents, enfants jeunes, vieillards, etc. Des camions automobiles réquisitionnés pour leur transport stationneront aux points suivants : écoles, nouvelle poste, Vallat Daumas. Des ordres seront donnés à la population afin que chaque habitant emporte ce qu’il pourra avoir de vivres au moins pour un jour, des vêtements chauds, une couverture et ses tickets de pain. Deux boulangers ultérieurement désignés et requis, assureront la fabrication du pain pour l’ensemble de la population. Resteront dans l’agglomération : la Maire et les Adjoints, le Président de la Croix-Rouge, le Personnel des deux postes de secours, le Personnel de la voirie, le Personnel de l’usine électrique, le Personnel intransportable, la Police, le Curé, les P.T.T. Dispositions générales. Dès le signal d’alerte, les dispositions prévues pour chaque secteur entreront immédiatement et simultanément en pratique.
1° SECTEUR OUEST – (soit au total : 400 personnes) Chef de secteur : PLACE. 1ère section : Il comprend les personnes habitant Port-Issol, les Baux, La Colline, rue Galliéni, quai Marie Esménard, Place de la Tour. Chef de groupe : PLACE. (…). 2ème section : rue Lauzet, route de Bandol, Picottières, Stellamare, etc. Chef de groupe SALANSONNET (…). Le point de rassemblement de la 1ère section : LES ECOLES, où le chef de groupe prend les habitants à charge et les dirige vers Ste TRINIDE par la route de Bandol, Stellamare, puis à gauche l’ancienne route d’Ollioules, la suivre jusqu’au chemin vicinal n° 2. Prends alors un chemin charretier conduisant à la grande Bastide. Le légionnaire BAURAND, de Ste TRINIDE assurera l’ordre et la dispersion à l’arrivée. Cet itinéraire sera balisé par des flèches de couleur JAUNE. Le point de rassemblement de la 2ème section : STELLAMARE, où elle est prise en charge par les légionnaires (…) ; elle suit ensuite le même itinéraire que la 1ère section.
2° SECTEUR CENTRE – il comprend 3 groupes, soit au total : 990 habitants. Chef de secteur : SCHNEBELE Louis. 1er groupe : Il comprend les habitants des rues Guérard, Gaillard, Laget, du Moulin, soit au total 262 habitants. Légionnaires chargés de ce groupe : DELACROIX, BRUN, ROBVEILLE, GERIN. 2ème groupe : Quai Victor Hugo, rue de la Prud’homie, rue Michel Pacha, rue Louis Blanc, rue Général Rose, soit au total 392 habitants. Légionnaires chargés de ce groupe : ANDRAUD, CAZALET, HIRSCH, E. MISTRE, LESOIL. 3ème groupe : rue Siat Marcellin, Place du Coquillon, rue Barthélemy de Don, soit 336 habitants. Légionnaires chargés de ce groupe : CHIARASINI, FONTERRET, BENECH. Les habitants de chaque rue se rassemblent aux extrémité de chaque rue perpendiculaire et pour les rues parallèles, à la jonction de ces rues avec la rue du Général Rose. A ces points de rassemblement se trouvera un des légionnaires mentionnés plus haut. Ces trois groupes se dirigeront dans l’ordre par le chemin du cimetière vers la chapelle St-Roch, où se trouveront les légionnaires LESUR et MEFFRE, chargés de l’orientation, puis passeront devant l’abattoir, le long du stade municipal, sous le pont du chemin de fer, et traverseront la Millière, ensuite le chemin vicinal n° 7, passer devant la Vernette et le Cercle. Rejoindre le chemin de la Tourelle, tourner à gauche, puis à droite pour suivre le chemin vicinal n° 10 vers la Piole où un poste de secours sera organisé à la ferme Venel. L’itinéraire sera balisé par des flèches BLEUES.
3° SECTEUR EST – au total : 566 habitants. Chef de secteur : PERRAUT. Il comprend les habitants de : quai Maréchal Pétain, rue de la Plage, rue Nationale, rue Granet, rue Giboin, bd des Bains, bd de l’Avenir, quartier des Bains. Les habitants de ce secteur se rendront au carrefour rues Nationale – Granet – Giboin, et seront pris en charge par les légionnaires PERRAUT, LAROCHE, BEAULIEU, SOLEILLET Victor, AUDIFFREN, GASTINEL. Le groupe ainsi formé se dirigera vers le LANÇON par le Vallat Daumas et la route de la Confiance ; après la chapelle St Roch, prendre chemin de Pierredon, passer sous le pont du chemin de fer, tourner à gauche sur le chemin vicinal n°2 et prendre à droite le CV n° 6. A la campagne Imbert, prendre à gauche, rejoindre CV n° 11, à la Tourelle, tourner à droite, après 100 m tourner à gauche pour emprunter le chemin du Jour. Se rendre à la ferme Tremellet où un poste de secours sera installé. L’itinéraire sera jalonné par des flèches vertes. Au Vallat Daumas, légionnaire LAUGIER chargé de l’orientation. A la chapelle St-Roch : légionnaire FENOUILLET.
Dispositions spéciales.
1° – Services médical : 2 postes de secours (Centre d’Hygiène et Poste Est en face de la Bastide) seront maintenus à Sanary s/mer avec les docteurs LAUTIER et GAILLARD. Les trois autres médecins prendront la direction des trois postes installés dans chacun des secteurs de repliement et assureront les soins des évacués en cours de route avec le concours de la Croix Rouge. Personnel secouriste : SANARY – CENTRE HYGIENE ( Mlle ESCANDE, Mlle GIRARD), SANARY – POSTE EST (M. et Mme GASTINEL, M. et Mme AYOUB) ; ZONE de DISPERSION – POSTE A.O. Dr BOUFFIER (Mlle FAURE, Mlle de COURCELLES, Mlle MARIA), – POSTE A.C. Dr BONHOMME (Mme JOUVET, Mme JESTIN, Mme BOUSQUET) – POSTE A.E. Dr FUMEY (Mlle GRANET, Mlle CAVET, Mlle CANOLLE).
2° – Transport des malades, infirmes, etc. : il sera prévu pour le transport des malades, femmes enceintes, impotents, enfants jeunes, vieillards, etc., Groupe OUEST, 2 camions stationnés aux ECOLES ; groupe CENTRE, 3 camions stationnés Nouvelle POSTE ; groupe EST, 2 camions stationnés au VALLAT DAUMAS.
3° – Ravitaillement : Les habitants sont invités à prendre avec eux une couverture et les vivres qu’ils pourraient avoir en réserve. Deux boulangers seront maintenus à Sanary pour faire le pain nécessaire au ravitaillement de la population. Sanary s/Mer, le 6 avril 1943. Le Maire. »
[Revest A., 2004 : Je me souviens d’avoir été évacuée une seule fois, de nuit, derrière, sur la colline.
2. PUBLICATION A NEW YORK DU « PETIT PRINCE » DE SAINT-EXUPERY, SIMULTANEMENT EN ANGLAIS ET EN FRANÇAIS. Ce conte poétique et philosophique écrit sous l’apparence d’un conte pour enfants relate à chacun de ses chapitres une rencontre du petit prince qui laisse celui-ci perplexe quant au comportement absurde des « grandes personnes ». Chacune de ces rencontres peut être lue comme une allégorie. Par son langage volontairement simple et dépouillé, parce qu’il est destiné à être compris par des enfants, et ses aquarelles qui participent à cette pureté du langage, ce livre est en réalité le véhicule privilégié d’une profonde conception symbolique de la vie telle que Saint-Exupéry la ressent. On peut y lire une invitation de l’auteur à retrouver l’enfant en soi, car « toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants. (Mais peu d’entre elles s’en souviennent) ». D’ailleurs l’ouvrage n’est-il pas dédié à son ami resté en France, Léon Werth, écrivain et critique d’art, ou, plutôt précise-t-il, à l’enfant qu’a été Léon Werth. Mais regrettera par la suite de ne pas l’avoir dédicacé à son épouse Consuelo qui est l’âme du livre. Malheureusement, bien peu de Français auront accès à la lecture de ce conte merveilleux qui ne sera publié en France que bien après la guerre par les éditions Gallimard. Pour ma part, ma rencontre avec lui ne se fera qu’en 1954, en même temps que je découvrirai sa féerique adaptation phonographique enregistrée par Gérard Philipe dans le rôle du récitant, Georges Poujouly dans le rôle du petit prince, Pierre Larquey dans le rôle de l’allumeur de réverbères, Michel Roux dans le rôle du serpent, Jacques Grello dans le rôle du renard, et Sylvie Pelayo dans le rôle de la rose..
3. TRANSFERT D’UNITES FRANçAISES A L’OCCUPANT – L’aviso-dragueur La Curieuse, classe Elan, construit par l’arsenal de Lorient et mis en service en 1940, est relevé du 10 janvier au 6 avril 1943 après avoir été sabordé à Toulon le 27 novembre 1942. Le 27 avril, des travaux de mise en état de conservation sont entrepris par les chantiers de La Seyne. Travaux suspendus à la suite des prétentions italiennes sur le navire. Saisi par les Italiens, nommé FR 55. 9 septembre, l’aviso est saisi par les Allemands ; il devient le SG 16. Les travaux de remise en état reprennent pour le compte de la Kriegsmarine. 1944 – 02 ou 03 ; travaux achevés. Le navire est affecté à la 6e flottille (En grande partie, les informations proviennent de Marc Saibène, Toulon et la marine, 1942-1944).

–1943 – 6 avril « Le petit prince » d’Antoine de Saint-Exupéry est publié à New-York, simultanément en anglais et en française. Le général De Gaulle évoqua avec tristesse Saint Exupéry en ces mots : « quand j’étais à Alger, il est arrivé. il m’a fait demander une audience. J’ai réfléchi. Je me suis dit : « je vais tout de même le faire attendre un peu. » Et je ne l’ai jamais vu, hélas. j’en ai eu beaucoup de chagrin. C’est qu’il y a deux hommes en moi. L’homme et le général. Parfois l’homme ferait bien quelque chose que le général ne peut pas faire, pas encore, pas tout de suite. » Saint-Exupéry aurait apprécié cette déclaration (cité par Marcel Achard, dans « Icare », n°65, p. 65.
–1944- 6 avril :
1. LA GESTAPO ARRËTE quarante-quatre ENFANTS – La GeStaPo de Lyon, sous la conduite de Klaus Barbie, arrête 44 enfants et leurs 7 éducateurs (Jean Mayet). Créée en 1943 pour accueillir des enfants juifs clandestins, la Maison d’Izieu, dans le village du même nom, dans l’Ain, est investie le 6 avril 1944 par la Gestapo de Lyon, sous le commandement de Klaus Barbie. Les Allemands arrêtent 44 enfants et leurs sept éducateurs. Seul un adolescent arrive à s’échapper. 42 enfants et cinq adultes seront gazés à Auschwitz-Birkenau. Deux adolescents et le directeur seront fusillés en Estonie. Des sept éducateurs, une seule personne reviendra d’Auschwitz. Barbie, par ailleurs responsable de l’arrestation de Jean Moulin, après une longue cavale en Bolivie, sera condamné pour crime contre l’humanité à Lyon, en 1987.
2. Trois immeubles sont démolis par ordre des autorités allemandes dans la commune de Sanary, le 6 avril 1944 (Archives de Sanary : État établi et signé par le Maire, le 3 mai 1944).
3. MISE EN SERVICE DE LA FREGATE « LA SURPRISE » ARMÉE PAR LA FRANCE – La frégate « La Surprise », ex HMS « Torridge », du type River (sister-ships La Découverte, L’Aventure, L’Escarmouche, La Croix-de-Lorraine, le Tonkinois), construite par les chantiers Blyth SB & DD Co Ltd, à Blyth, est armée par la France le 9 mars 1944 (K 292) et mise en service le 6 avril suivant. Elle participera au débarquement de Normandie. En 1964, elle sera cédée au Maroc et rebaptisée « El Maouna », yacht du sultan, qui sera désarmé en 1975 puis démoli.
–1951 – 6 avril : une convention accorde à la société d’économie mixte, nouvellement créée sous le sigle de la RMTT la concession pour 99 ans en remplacement de la STVG des liaisons routières. Elle adhère au réseau du SITCAT (établissement public administratif d’une durée illimitée) en 1978 pour desservir l’agglomération toulonnaise et mettre en service des lignes intérieures seynoises. Les ressources : le 1% des salaires plafonnés des employeurs privés et publics. Pour compléter les affrètements des lignes, ce réseau fit appel aux autres sociétés STAR, ORLANDI, SODETRAV et TRANSVAR.
–1954 – 6 avril : SAINT-MANDRIER – MARIUS OMER, RETRAITE DE LA POLICE NATIONALE, DECEDE LE 6 AVRIL A L’AGE DE SOIXANTE-DEUX ANS. Officier de police judiciaire au commissariat central de La Seyne-sur-Mer, il avait décidé de s’installer à Saint-Mandrier où il épousa Fernande Boyer. Le couple habite une petite maison située à l’entrée du village. Avec l’appui d’un groupe de collègues, il conçoit puis dirige, avec une passion bien compréhensible, l’orphelinat de la Police nationale. Leur fils, Abel, né à Saint-Mandrier en 1917, devient dans un premier temps pompier de Paris. Il terminera sa carrière professionnelle comme comptable à la base aéronavale. Quant à leur petit-fils, Marc, il revêtira l’uniforme de la Police municipale du Creux Saint-Georges en 1977 (Ken Nicolas, vol. 1, p. 204.).
–1971- 6 avril : Mort du compositeur Igor Stravinsky – Il était né en 1882 d’un père chanteur, ce qui le prédestinait à sa formidable carrière de compositeur. Il allia les cours de droit aux cours de piano. La musique domina rapidement ses études universitaires. Après avoir côtoyé Nikolai Rimski-Korsakov, qui le guida sur la bonne voie, il fut remarqué à Paris par Serge de Diaghilev. Ce dernier lui proposa alors de réaliser un ballet, ce fut l’Oiseau de feu (1909-1910). Son œuvre, très conséquente, est marquée par une originalité rythmique et orchestrale. Il composa entre autres Petrouchka (1911) et le ballet le Sacre du printemps (1913). La guerre le contraint à rejoindre la Suisse, où ses compositions furent interrompues. Au lendemain du conflit, il s’installa en France et obtint la nationalité. Il traversa une période néoclassique de laquelle est issue sa Symphonie de psaume. Il voyagea alors beaucoup pour présenter ses compositions et, durant la Seconde Guerre mondiale, obtint la nationalité états-unienne. Il écrit l’opéra The Rake’s Progress en 1948-1951 ainsi que plusieurs sonates et concertos.
–1982 – 6 avril : MORT DE L’AMIRAL AUPHAN – Après la fin du conflit, la Haute Cour de justice jugea l’amiral Paul-Gabriel Auphan et le condamna par contumace en juillet 1946, avant qu’un second procès , en 1955, ne se termine par une condamnation de principe. Il mourut à Paris le 6 avril 1982 (Etienne Taillemite, 2002 : en août 1944, l’amiral Auphan avait été chargé par le maréchal Pétain d’une mission auprès du général de Gaulle qui refusa de le recevoir).
–1987 – 6 avril : DECES DU MILLIARDAIRE ROUGE JEAN-BAPTISTE DOUMENG – Fils d’un métayer de Noé (Haute-Garonne), Jean-Baptiste Doumeng avait adhéré au parti communiste dès l’âge de 16 ans. En 1947, il s’engage dans les affaires et devient l’un des plus grands patrons de l’agroalimentaire mondial, notamment dans le cadre des activités de la société « Interagra » dont la mise en liquidation judiciaire sera prononcée en 1993, six ans après sa mort, Sa fortune est due, pour l’essentiel, au commerce qu’il a développé avec les pays de l’Est pendant la période la guerre froide. Il fut maire de son village natal et membre du conseil général de Haute-Garonne jusqu’aux années 1970 (Jean Mayet).
–1992 – 6 avril : BOMBARDEMENT DE SARAJEVO – Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine, est le théâtre d’une grande manifestation pacifique. Mais des francs-tireurs serbes tirent dans la foule. Alors commence le long siège de Sarajevo par l’armée yougoslave. C’est la dernière étape de la guerre engagée par Slobodan Milosevic, qui mènera au démembrement complet de la Yougoslavie, avec l’indépendance des Républiques fédératives de Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine et Monténégro, ainsi que du Kossovo (ou Kosovo).
–1994 – 6 avril : le président-dictateur du Rwanda, Juvénal Habyarimana, est tué dans un attentat contre son avion personnel. Ses fidèles de la majorité hutu entreprennent aussitôt le massacre de la minorité tutsie (10% de la population) et des hutus modérés. En trois mois, 800.000 innocents sont massacrés à coups de machette. C’est le dernier génocide du XXe siècle. Il est suivi d’un embrasement guerrier dans la région des Grands Lacs africains : 3 à 5 millions de morts à ce jour.
• CORONAVIRUS : 8 078 morts au total en France, 357 décès de plus en 24 heures.
• Le premier ministre britannique Boris Johnson, testé positif au coronavirus, a été hospitalisé pour passer la nuit en observation. Cela fait dix jours qu’il souffre de fièvre.
• Est-on en train de se relâcher trop tôt avec les beaux jours ? Les autorités civiles et sanitaires tirent la sonnette d’alarme après avoir vu se multiplier joggeurs et promeneurs.
• DROME– On en sait plus sur le profil du suspect interpellé après l’attaque au couteau de Romans-sur-Isère qui a fait 2 morts et 5 blessés hier : l’homme n’était ni fiché S, ni suspecté de radicalisation, et c’est apparemment le confinement et le coronavirus qui l’ont beaucoup excité.
–2022 – 6 avril : ukraine – Après la stupeur devant la découverte des atrocités contre des civils dont est soupçonnée l’armée russe dans s plusieurs villes ukrainiennes, place aux sanctions. La Commission européenne a proposé ce mardi aux Vingt-Sept d’arrêter complètement leurs achats de charbon russe. Ce dernier représente 4 milliards d’euros par an et 45 % des importations de l’UE. « Nous travaillons sur des sanctions supplémentaires, notamment sur les importations de pétrole », a aussi ajouté la présidente de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen. La Commission propose également de fermer les ports européens aux bateaux opérés par des Russes, d’interdire les transactions avec quatre grandes banques russes et de ne plus laisser entrer les opérateurs de transport routier russes et biélorusses dans l’UE. De leur côté, les Etats-Unis n’autorisent plus la Russie, à partir de ce mardi, à rembourser sa dette avec des dollars détenus dans des banques américaines, faisant croître le risque d’un défaut de paiement russe (Publié le 05/04/22 à 19h30 — Mis à jour le 05/04/22 à 19h30).

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE : Petite annonce publiée dans une revue littéraire
« à vendre Encyclopaedia universalis en 20 volumes plus 30 Universalia. Etat absolument neuf, jamais ouverts ni feuilletés. Mon mari sait tout ! »

J’en ai terminé pour aujourd’hui et vous souhaite un bon jeudi de printemps à tous.
Affectueuses pensées pour Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber. Et plein d’amour et d’espoir pour tous ceux qui sont dans la peine
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