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N°10

Sous la direction d’Henri RIBOT.
Pascal Alliot, Yves Avandetto, Christian Bercovici, Charlotte Bartholomé, Noëlle Béraud, Jean-Pierre Brachet, Jean-Pierre Brun, Michaël Brunot, France Castes, Odette Daïni, Raoul Décugis, Gérard Delattre, Frédéric Dumas, Renée Flesia-Bianchini, Christiane Gibert-Roethlisberger, Dominique Glade, Jacques Glade, Marie Glade, Fosca Gori, Jean-Pierre Guindon, Robert Hervé, Charly Hourcau, Gérard Julien, Les Chemins du Patrimoine à Ollioules, Les Naturalistes en herbes (FJEP Pierre Singal), Gérard Loridon, Marie-France Marchiori, Didier Martina-Fieschi, Magali-Laure Nieradka, Albert Place, Aline Plaisant, Laurent Porte, David Rebaud, Anna Revest, Henri Ribot, Catherine Ribot-Wérotte, Barthélemy Rotger, Elise Rotger, Anne-Marie Sabatini, Pierre Saliceti.
Editions du Foyer Pierre Singal
Médiathèque AGORA, rue Shuman, 83110 Sanary-sur-Mer
et
Centre Archéologique du Var
14, boulevard Bazeilles, 83000 Toulon
Prologue
Voici vingt-trois ans que ce livre, le 10ème cahier de l’Ouest varois, est en gestation. Depuis la publication de « Sanary, 1000 ans d’histoire », très exactement, dont la publication avait permis de créer dans l’ouest toulonnais un pôle regroupant des personnalités qui, loin d’être des « touche-à-tout », avaient déjà ou publié des travaux ou lancé des recherches concernant cette micro-région. La petite équipe, réunie dans les locaux du Foyer Pierre Singal, puis, plus étoffée, dans ceux du Centre Archéologique du Var, se donna pour objectifs de regrouper les chercheurs dispersés dans l’Ouest varois, espace aux contours flous allant du la Sainte-Baume à la mer. Le noyau de départ, composé essentiellement des chercheurs fouillant la Courtine et le château médiéval d’Ollioules, Tauroeis/Le Brusc, la Pinède du Castellet, Saint-Côme de la Cadière et Planiers d’Evenos, donna une teinte à forte dominante archéologique au projet initial. Très vite, cependant, l’intégration d’autres chercheurs en provenance d’autres horizons, permit d’élargir le champ d’action en intégrant la géologie, la botanique, l’étude des archives, l’ethnographie, la préindustrie, l’architecture vernaculaire et religieuse, etc.
Défini pour dix ans – douze en réalité – le projet concerna en définitive les treize communes comprises dans le triangle Signes-Saint Cyr-Saint-Mandrier. Baptisé « Programme de recherches de l’Ouest varois » [1], il fut porté sur les fonts baptismaux par ses parrains Christian Goudineau, professeur au Collège de France, et Jean Courtin, Directeur des Antiquités Préhistoriques de Provence. En conclusion de stravaux des synthèses devaient être livrées, sous forme d’articles dans des revues spécialisées, et sous forme d’une publication spécifique dont le nom avait été adopté en 1982 ; les « Les Cahiers du Patrimoine ouest-varois ». Edités par le Foyer Pierre Singal depuis 1997, ces Cahiers ont livré au public les synthèses des travaux réalisés sur La Courtine d’Ollioules (n°1), la villa romaine de Portissol à Sanary (N°3) et les monuments religieux (n°5 et 6). Ils ont, d’une manière plus large, porté leur regard sur des ensembles communaux tels que Le Castellet (n°2), Saint-Cyr-sur-Mer (n°4) et Sanary-sur-Mer (n°10). Deux livres onté été édités à la demande des Amis du Beausset-Vieux (n°8 et 9).
Le dernier numéro, « Regards sur un terroir : Sanary-sur-Mer » ferme donc, vingt-deux ans plus tard, une boucle ouverte avec « Sanary, 1000 ans d’histoire ». Il ne déroge pas à la méthode employée dans les précédents « Regards » : documentation abondante, références, clarté des propos, synthèse des recherches les plus récentes, rigueur scientifique. Comme nous l’avons fait depuis le n° 4, nous ouvrons l’équipe en lui intégrant des personnalités et des associations locales ou nouvellement venues. L’implication municipale a été l’un des éléments de cette dynamique tant au niveau de l’aide que de la réalisation. Enfin, sans le support logistique du Foyer Pierre Singal ce numéro – tout comme les précédents par ailleurs – n’aurait pu voir le jour. Au long de ses pages, nous abordons le terroir sanaryen avec le regard des sciences de la nature : géographie avec une carte simplifiée de la commune, géologie et botanique. Puis avec le regard des sciences humaines : époques préhistorique, époque romaine, médiévale, moderne et contemporaine.
Il nous faut remercier ceux et celles qui, en dehors de l’équipe de rédaction habituelle, ont accepté la lourde tâche de commettre un article sur un thème de leur choix ou d’effectuer à notre demande des recherches spécifiques. Nous pensons particulièrement aux généalogistes sanaryennes Charlotte Bartholomé Noëlle Béraud Odette Daïni, et Renée Flesia-Bianchini, à Raoul Décugis et Yves Avandetto, de l’Association des Chemins du Patrimoine d’Ollioules, à Charly Hourcau et le Jason Archéo Sub ; mais aussi à Magali-Laure Nieradka et Jean-Pierre Guindon, à Olivier Marchetti et Gérard Loridon. Parmi nos illustrateurs, n’oublions pas de mentionner tout particulièrement les contributions des Naturalistes en herbe du Foyer Pierre Singal – France Castes, Marie-France Marchiori, Aline Plaisant, Catherine Ribot-Wérotte, Anne-Marie Sabatini -, de David Rébaud aux superbes aquarelles de portes et de monuments religieux, et de Bodil Hagbrink qui a su raviver le souvenir de l’école de Sainte-Trinide.
Un grand merci également à Max Audiffren, à Christiane Gibert-Roethlisberger, à Marie Glade et à son fils Dominique Glade (souvenirs de Jacques Glade, à Fosca Gori, à Anna Revest, et à Elise Rotger, qui ont bien voulu nous accorder plusieurs heures, et nous raconter leurs souvenirs de jeunesse.
Notre gratitude va également à Michaël Brunot, qui a succédé à Didier Martina-Fieschi au service du Patrimoine de Sanary (recherche d’archives et documents familiaux), et à ceux qui, sous les municipalités Brunel et Bernhard, nous ont épaulés : MM. Jean-Pierre Chazal et Pierre-Marc Chancogne.
(Insérer ici)
fig. 1. A nos amis disparus : Didi, Françoise, Laurent, Gérard et Barthé
Et puis…………., il y a nos cinq disparus qui faisaient partie de la première équipe de l’Ouest varois, mais qui ont quitté le train en cours de route et dont la place reste vide à jamais. Aucun d’eux n’était Sanaryen. Le plus proche du pays était Laurent Porte, d’Ollioules, mais né à Toulon, les autres arrivaient du Tarn (Frédéric Dumas), d’Algérie (Françoise Brien), du Loiret (Gérard Delattre) et de l’Hérault (Barthélemy Rotger). Leur origine et leur métier ne les prédisposaient pas pourtant en 1982 à se retrouver au sein d’une entreprise commune : Frédéric Dumas était retraité du personnel civil de l’arsenal et auteur de nombreux ouvrages dont aucun n’avait trait à Sanary ; Françoise Brien, doctorante, s’apprêtait à étudier le site de Tauroeis-Le Brusc ; Laurent Porte, ancien médecin général des Armées, prenait sa retraite de cardiologue ; Gérard Delattre, ancien marin de la Royale et de la Marchande, travaillait comme technicien informatique au Laboratoire de l’Arsenal, au Brusc; Barthélemy Rotger, ancien militaire, était depuis cinq ans retraité des Chantiers de La Seyne.
Ce qui les a réunis, ce fut l’amour de cette région – souvent d’adoption – et l’envie de partager les connaissances qu’ils en avaient :
Frédéric Dumas apportait sa pratique de la plongée sous-marine et de l’archéologie[2], ainsi que sa connaissance de le calanque de Portissol où il avait découvert des fours de potier avant guerre, et acquis, en 1966, la certitude qu’une villa romaine s’y trouvait. Il suivit tous nos travaux de 1983 jusqu’à sa mort en 1991[3].
Françoise Brien, qui avait déjà participé en archéologie terrestre aux fouilles du Clos de la Tour à Fréjus, partagea des responsabilités, dans le cadre du programme de l’Ouest varois, au sein de chantiers tels que la Courtine, le Château d’Ollioules et Portissol. Elle étudia le matériel que M. Marius Augier avait découvert à la Gorguette avant la guerre. Puis elle dégagea avec le Centre Archéologique du Var le port romain de Toulon avant de diparaître en 1996. Elle avait soutenu à l’Université de Provence, une thèse de troisième cycle sur le site de Tauroeis.
Laurent Porte, était l’homme au franc parler ; sa formation de pharmacien lui fut d’un grand secours tout au long de sa vie professionnelle qui le conduisit de l’Indochine, où il fut prisonnier des Japonnais en 1945, jusqu’en Centre Afrique, après être passé par Madagascar. Partout il créa, ou fit fonctionner, des hôpitaux. Il fut le premier à tester les effets de l’acide acétasalycilique (aspirine) sur les maladies cardio-vasculaires. Il sut employer ses connaissance en les appliquant à sa recherche concernant l’emploi de l’huile de cade à des fins médicales. Parti à la recherche des fours à cade et à poix de l’Ouest varois, il en avait découvert près de 230 en 2001, contre quatre connus en 1982, dont un à Sainte-Trinide. Son livre sur « Fours à cade, fours à poix dans la Provence littorale », réédité deux fois, fait encore autorité. Il nous a quittés en 2002.
Gérard Delattre se lança à corps perdu dans toute une série d’enquêtes tout azimut : cartes informatisées de l’Ouest varois, articles sur les villages fortifiés, les monuments religieux, les bastides, les manoirs à tourelle, les fortifications, les chemins, les bergeries et leurs vanades, les cochonniers, les fours à chaux, les limites territoriales, rien ne le rebutait. Infatigablement, il arpentait le terrain en compagnie de Pierre Saliceti, de Gérard Julien et de Robert Hervé. Il a participé à la plupart de nos Cahiers en y rédigeant de nombreux chapitres. Une grande partie du Cahier sur Sanary s’inspire de ses travaux. Nous avons publié en 2002, année de sa mort, son œuvre posthume : Les monuments religieux de l’Ouest varois qu’il avait co-écrit avec Pierre Saliceti.
Barthélemy Rotger s’attacha à sauver et à classer les archives de Sanary et d’Ollioules. Lorsque nous avons fait sa connaissance, il avait déjà beaucoup avancé dans ce travail fastidieux dans lequel il excellait. Doté, comme Gérard Delattre, d’un solide bon sens, il oeuvra suivant des pistes très diverses : botanique – il était un orchidophile averti –, aménagement de la Tour de Saint-Nazaire (qu’il appelait Tour romane), cession à la Mairie de la Maison Flotte, création du Musée Frédéric Dumas, lancement de l’Association des racines sanaryennes et de la Fête du nom. Il est l’auteur de deux livres : De Saint-Nazaire à Sanary, en 1984, et La tour Romane en 1996. Une grande partie de ce cahier sur Sanary s’inspire de ses travaux. Il décéda en 2003.
A l’orée de 2005, la relève est déjà assurée. Deux de nos jeunes archéologues ont rédigé l’une des notices de ce cahier, il s’agit de José Roca et de Pascal Alliot. D’autres vont suivre nous l’espérons, au vu de l’expérience pédagogique tentée avec succès cet automne 2004 au collège de la Guicharde, à Sanary-sur-mer, sur le thème de l’initiation à la fouille archéologique. Les élèves de la classe de 5e1 sous la direction de Philippe Massif et de Didier Martina-Fieschi, professeurs d’histoire et de géographie, ont fouillé des couches et interprété des structures d’époque médiévale, romaine et préhistorique, déposées à l’intérieur d’un espace de fouilles.
Les objectifs d’une telle activité étaient multiples. Il s’agissait tout d’abord de familiariser les élèves avec l’archéologie, science humaine requérant des techniques précises. Il importait ensuite de présenter, la succession stratigraphique des couches les unes par rapport aux autres et pointer ainsi le continuum historique des époques anciennes. Le matériel archéologique, céramiques et métaux, et les structures, habitat, foyers et chapelle, découverts ont en outre, été étudiés afin de donner une assise concrète aux études des programmes d’histoire de 6e et de 5e. Des relations entre cette fouille artificielle ainsi réalisée à l’intérieur du collège et de véritables sites archéologiques ont enfin été faites, afin de sensibiliser les élèves au patrimoine de notre région et leur permettre une approche plus didactique de leur environnement de vie aux époques préhistorique, romaine et médiévale.
A tous, passés, présents et à venir : MERCI !
[1] Appellation amicalement contestée par Gérard Delattre qui lui préféra toujours Ouest-toulonnais (cf. Cahier n° 5/6) et que Laurent Porte dénomma Sud-Ouest varois (cf. sa publication sur les fours à cade et à poix).
[2] Il fut l’un des découvreurs de peintures rupestres dans les gorges d’Ollioules où une grotte porte son nom.
[3] Voir le n° 3 des Cahiers.

Géologie du territoire sanaryen
Aperçu général (Fig. 4)
Le territoire de Sanary s’inscrit dans trois unités géologiques distinctes qui sont du Sud au Nord : l’extrémité tout à fait occidentale de la « dépression permienne », en limite sud de commune ; le « bassin de Bandol » qui couvre environ 75 % de la surface communale ; le « massif du Gros-Cerveau », qui en occupe environ 25 %, au Nord
(Insérer ici en travers, sur toute la page)
Fig. 4, Carte géologique simplifiée de la région de Sanary
La dépression permienne.
Elle constitue un vaste ensemble de sédiments paléozoïques déposés entre 280 et 230 MA* au pied des massifs des Maures, du Pradet et de Sicié. Il s’agit essentiellement de grès et d’argilites, de couleur rose à « lie-de-vin » caractéristique, issus du démantèlement du « socle métamorphique hercynien ». On y associe les premières assises gréseuses et conglomératiques du Trias inférieur.
A Sanary ces formations « permo-triasiques « sont visibles à la Pointe du Bau Rouge et dans la petite butte de « l’Hôtel du Parc ». Elles ont été reconnues lors de travaux d’excavation avenue Clemenceau et rue Pasteur.
Plus au Sud, sur la commune de Six-Fours, elles forment le soubassement des Lônes et de Bonnegrâce et réapparaissent à l’Ouest de Pépiole, accompagnées de Carbonifère.
Le bassin de Bandol.
Il est constitué par un petit synclinal, d’axe sensiblement Est-Ouest, de 12 km de long -entre la Pointe Grenier et les quartiers ouest de Toulon- par 5 km de large -entre les reliefs du Gros-Cerveau-Croupatier et la dépression permienne-. A l’Ouest il s’ouvre à la mer par la baie de Bandol. Les dépôts, constitués de sédiments marins, s’échelonnent du Trias moyen au Jurassique supérieur, soit entre 220 et 140 MA[1].
De structure dissymétrique, il montre :
– un flanc sud réduit au Trias et au Jurassique inférieur, avec un fort redressement des couches visibles sur le littoral de la Cride et de Portissol- le Bau-Rouge (Fig. 5)
– un flanc nord dont la série s’étage du Trias au Jurassique supérieur et qui présente des dédoublements de couches avec décollement général vers le Nord.
Le décollement est attesté, hors limites de la commune, par les « lambeaux de recouvrement » des massifs du Beausset-Vieux et de Pibarnon-Fontanieu.
Le centre du bassin est dégagé dans les sédiments marno-calcaires du Jurassique moyen – quartiers la Millière, Mortier, la Vernette, la Plaine du Roy, le Logis Déprats – dont la morphologie en « cuvette » s’abaisse d’Est en Ouest depuis Ollioules, jusqu’à la baie de Bandol. Le cœur de la cuvette est occupé par les sédiments d’âge oligocène (37 à 32 MA) représentés par les argiles et poudingues bien visibles à la faveur du CD 559, le long de la Plage Dorée.
Le massif du Gros-Cerveau.
Il forme un relief vigoureux, allongé d’Est en Ouest, entre les vallées de la Reppe et du Grand Vallat. Il représente le rebord tout à fait méridional du « bassin du Beausset » redressé à la verticale, et localement écaillé, lors du décollement vers le Nord des assises triasiques et liasiques du bassin de Bandol. Il est constitué essentiellement par une puissante série calcaro-dolomitique qui s’étage du Bathonien (Jurassique supérieur, -140 MA) jusqu’au Bédoulien (Crétacé inférieur, -110 MA) qui forme avec les calcaires urgoniens les grands escarpements rocheux dominant les « grès du Val d’Aren ».
A son extrémité ouest, entaillées par la cluse du Grand Vallat, apparaissent les formations marno-calcaires noirâtres du Gargasien, Clansayésien et de l’Albien (110 à 100 MA) redressées à la verticales.
Les talus de l’autoroute montrent une belle coupe de cette terminaison occidentale du Gros-Cerveau qui fournit localement de petites ammonites pyriteuses.
La structure.
La structure du sous-sol de Sanary peut se résumer, schématiquement, en un synclinal d’axe ENE-OSO, s’abaissant à l’Ouest vers la mer.
* Le flanc sud, en grande partie sous la mer, montre le Trias inférieur gréso-conglomératique – Pointe du Bau Rouge – et le Trias moyen marno-calcaire – Pointe de Portissol – redressés à la verticale. Le contact « verticalisé » avec les formations gréso-argilitiques du Permien n’est pas visible car situé en mer, au Sud, et sous les alluvions de la Reppe, à l’Est.
* Contrairement au flanc sud, le flanc nord, qui « butte » sur les contreforts du Gros-Cerveau, affleure en une bande triasique continue de 500 m à 1 km de large, depuis Tassy à l’Ouest jusqu’à la Bernarde, à l’Est. Le Trias montre ici des déformations par plis et écailles, qui se manifestent dans la morphologie par une succession de buttes et de collines calcaires, séparées par des « couloirs » et des dépressions marneuses (Tassy, Ste Trinide, la Piole, le Lançon, la Bernarde…).
Les pendages sont globalement vers le Sud.
* Entre ces deux flancs triasiques, nettement dissymétriques, se développent les formations calcaires et marno-calcaires du Jurassique inférieur et du Jurassique moyen.
Les variations de pendages des strates sont perceptibles :
– d’une part, entre la rive nord de la baie de Portillon et la rive sud de la baie des Cousses où les calcaires du Jurassique inférieur plongent vers le Nord (Fig. 6)
– d’autre part, au Nord de la baie de Bandol où les marno-calcaires du Jurassique moyen et les calcaires du Jurassique inférieur plongent vers le Sud, comme le montrent les coupes de la rive droite du Grand Vallat et celles des tranchées de l’autoroute.
Relations avec le Bassin du Beausset.
La structure synclinale du bassin de Bandol est « déversée » sur le bassin du Beausset, par dessus l’ensemble Gros-Cerveau-Croupatier, comme en attestent les massifs du Beausset-Vieux et de Pibarnon-Fontanieu constitués du même matériel (Trias et Jurassique inférieur).
Sur le territoire de Sanary cela se traduit :
– au Sud du Gros Cerveau par :
- le dédoublement de la série triasique entre Tassy et le Lançon
- l’écaillage et le renversement de couches dans le Trias supérieur et le Jurassique dans les quartiers au Sud de la Clavelle, à Ste Trinide et au Lançon.
– dans le massif du Gros Cerveau lui-même par :
. le redressement et le renversement des couches du Crétacé inférieur depuis le Bois de Sanary jusqu’à la Clavelle
- la formation d’écailles dans les calcaires du Jurassique supérieur et du Crétacé inférieur, entre les Ouvrages du Gros Cerveau et de la Pointe
- la présence de décrochements, de direction N-S, qui affectent le puissant ensemble calcaro-dolomitique du Jurassique supérieur et et du Crétacé inférieur, accidents sans prolongement, au Nord, dans le Crétacé supérieur du bassin du Beausset.
Quelques centres d’intérêt.
Hydrogéologie .
L’aquifère principal se situe dans les calcaires du Trias moyen (Muschelkalk) et du Jurassique inférieur (Lias), fortement fracturés, qui développent un réseau karstique noyé. Celui-ci est exploité, sous les alluvions de la Reppe, aux confins des communes de Sanary, Ollioules et Six-fours, dans le quartier de la Baou où se trouve la station du Syndicat Intercommunal[2]. L’eau ainsi pompée est stockée à 55/69 m d’altitude dans les réservoirs Desmazures, (capacité de 1800 m3, de Pierredon (2000 m3, à 105/109 m d’altitude) et de la Piole (2100 m3, à 170/175 m d’altitude).
Le Gour, connu pour ses débordements irréguliers constitue un « regard » sur la nappe karstique. Il s’ouvre dans les calcaires du Muschelkalk, formant ici une petite « reculée » dont le fond est masqué par les formations alluviales et colluviales provenant de l’érosion des proches reliefs.
Paléontologie .
Le Trias supérieur et le Lias inférieur de Portissol-la Cride montrent, sur des couches verticalisées, des empreintes de pas de Dinosaures étudiées par P. Ellenberger en 1965.
Les niveaux marno-calcaires du Muschelkalk fournissent localement, en toutes zones, de nombreuses coquilles de Brachiopodes (Coenothyris) : Portissol, la Piole, la Bernarde.
Les niveaux du Lias sont riches en Brachiopodes (Rhynconelles, Térébratules), Lamellibranches (Pectens, Gryphées) et en Céphalopodes (Belemnites et Ammonites) : la Cride, pont d’Aren, Pierredon.
Les calcaires urgoniens (Crétacé inférieur) du Gros Cerveau, plus connus sous le nom de « pierre de Cassis », renferment de nombreux fossiles dont les plus caractéristiques sont de petits Rudistes (Requiénies et Toucasies)
Les niveaux Aptien (Crétacé inférieur) de l’extrémité ouest du Gros Cerveau fournissent de rares ammonites.
Bibliographie géologique sommaire.
Bercovici Chr. 1979 – Nouvelles observations stratigraphiques et tectoniques sur la géologie de la région toulonnaise, Bull. de la Soc. Sciences Nat. et Archéolo Toulon et Var n° 223, 2ème trimestre 1979, p. 9.
Bercovici Chr. 1984 – Contribution à la géologie de la région toulonnaise, Annales de la Soc. Sciences Nat. et Archéolo Toulon et Var n° 36 fasc.1, année 1984 p. 1 à 62.
Bercovici Chr. 2003 – Géologie d’Ollioules. n° 7 des Cahiers de Patrimoine ouest varois : Ollioules.
Buffetaut E. 1994 – Les plus anciens dinosaures de Provence, in : Dinosaures en Provence, Les Cahiers de Sainte/Victoire/1, EDISUD, 1994, 72 p.
Ellenberger P. 1965 – Découverte de pistes de vertébrés dans le Permien, le Trias et le Lias inférieur aux abords de Toulon (Var) et d’Anduze (Gard) C.R.Ac. Sc., t. 260, p.5856
Gouvernet C. 1963 – Structure de la région toulonnaise. Mém. Carte Géol. Fr., 244 p.
Gouvernet C., Guieu G. et Rousset C. 1979 – Provence, 2ème éd. Coll. Guides géologiques régionaux, 238 p. Masson édit. Paris
Nury D., Rousset C. 1985 – Extension des dépôts oligocènes de la région de Toulon (Var, Sud-Est France). Cadre structural et implications paléogéographiques, géologie méditerrannéenne, t. XII-XIII, n° 3-4 pp 175-184
Carte géologique de la France.
– Feuille de Toulon à 1/80000, (1ère édition), par M. BERTRAND, 1887 ; (2ème édition), par L. LUTAUD et al., 1950.
– Feuille de Toulon à 1/50000, (1ère édition), par E. HAUG et al., 1925 ; (2ème édition), par C. GOUVERNET, 1969.
(Insérer ici fig. 5) (Insérer ici Fig. 6)
Fig. 5, Fort redressement des couches visibles sur le littoral de la Cride et de Portissol – le Bau-Rouge
Fig. 6, Rive sud de la baie des Cousses où les calcaires du Jurassique inférieur plongent vers le Nord
(Insérer ici)
Fig. 7, Le réseau hydrologique de Sanary.
[1] * millions d’années
[2] Un sondage a été réalisé au Lançon, dans le secteur du Gour.
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