L’EXPEDITION D’EGYPTE AVEC BONAPARTE ET SANS LUI.
Illustration : l’expédition à son départ de Toulon.
PLAN GENERAL de mon exposé préseté à La Seyne ce 21 septembre.
Je me fonde pour le texte de mon exposé sur une chronologie extrêmement détaillée des événements politiques, militaires, sociaux et locaux liés à la Révolution française (1797‑1799) et surtout à la préparation, au déroulement et aux conséquences de l’expédition d’Égypte de Bonaparte (1798‑1801), avec un fort ancrage régional autour de Toulon, Sanary, Ollioules, La Seyne et le Var.
1. Contexte politique et répressif en France (1797‑1799)
- Après le coup d’État du 18 fructidor an V (septembre 1797), le Directoire mène une politique de répression sévère contre les royalistes et les émigrés, particulièrement à Toulon.
- Les commissions militaires condamnent à mort de très nombreux civils (négociants, artisans, paysans, marins, prêtres, femmes parfois), dans un climat de peur, dénonciations, règlements de comptes et misère sociale.
- Les municipalités locales (Toulon, Sanary, Ollioules, etc.) vivent sous état d’alerte permanent, entre crainte d’un retour des Anglais, des émigrés et d’insurrections internes.
2. Décision et objectifs de l’expédition d’Égypte
- En mars 1798, le Directoire décide d’éloigner Bonaparte, devenu trop puissant après l’Italie, en lui donnant le commandement d’une expédition visant à :
- affaiblir l’Angleterre, maîtresse des mers, en coupant la route des Indes sou(ce de sa prospérité générale. L’idée est ancienne puisque l’empereur Joseph II prévoyait déjà l’occupation de l’Egypte par la France pour y parvenir .
- étendre l’influence française en Méditerranée orientale, en utilisant la flotte française restée puissante en Méditerranée.
- pour Bonaparte, c’était un premier pas vers l’Orient, en occupant la Syrie puis en marchant sur Constantinople.
- associer une dimension scientifique et culturelle (Commission des sciences et des arts).
- Le projet est tenu secret, avec des diversions (rumeur d’une descente en Angleterre ou en Irlande).
3. Toulon, centre logistique majeur
- Toulon devient le cœur de la préparation :
- rassemblement de troupes (environ 40 000 soldats et 10 000 marins),
- concentration de plus de 400 navires,
- prélèvements d’artillerie dans les forts côtiers,
- mobilisation des chantiers navals, artisans, tonneliers, cordiers, paysans.
- L’arrivée des escadres (Brueys, Ganteaume, Ferrée) entraîne quarantaines sanitaires, maladies, désorganisation et mécontentement des équipages.
- Bonaparte arrive à Toulon le 9 mai 1798, passe ses troupes en revue et accélère les préparatifs.
4. La Commission des sciences et des arts
- Créée le 16 mars 1798, elleoctobre 1798 regroupe savants, ingénieurs, artistes, médecins, imprimeurs, orientalistes.
- Parmi eux : Monge, Berthollet, Fourier, Denon, Geoffroy Saint‑Hilaire, etc.
- Elle embarque à Toulon, transformant certains navires en “académies flottantes”.
- Son rôle sera central dans l’étude scientifique de l’Égypte et aboutira à la future Description de l’Égypte.
5. Départ et campagne militaire
- Le 19 mai 1798, la flotte quitte Toulon dans une immense ferveur populaire.
- Étapes majeures :
- prise de Malte (11 juin),
- débarquement à Alexandrie (1er juillet),
- victoire de la bataille des Pyramides (21 juillet 1798),
- entrée au Caire.
- Le texte démonte le mythe de la phrase « Du haut de ces pyramides… », probablement inventée après coup.
- L’occupation de l’Egypte par la France intimida dans un oremier temps le sultan Sélim III.
- En août 1798, la flotte française est anéantie par Nelson à Aboukir, coupant l’armée d’Égypte de la France. Aussitôt le sultan s’allie avec la Russie et déclare la guerre à la France tandis que Ferdinand d’Espagne mettait ses ports à la disposition des Anglais et envahissait la République Romaine.
- En décembre 1798, la Russie s’alliait à l’Angleterre contre la France et en janvier 1799, l’Autriche se joignait à elles.
6. L’occupation française en Égypte
- Bonaparte tente de gouverner en se présentant comme libérateur et protecteur de l’Islam, tout en imposant contributions, réquisitions et contrôle militaire.
- Création de l’Institut d’Égypte (août 1798), imprimeries, journaux, expériences scientifiques.
- Les relations avec la population sont tendues : pillages, violences, révoltes.
- La révolte du Caire (octobre 1798) est violemment réprimée.
- Témoignages égyptiens (Al‑Jabartî) décrivent une occupation brutale, ambiguë et incomprise.
7. Crise et héritage
- Après le départ secret de Bonaparte pour la France (1799), Kléber hérite d’une situation militaire et financière désastreuse.
- L’expédition s’enlise, malgré l’intense activité scientifique.
- En France, la répression politique se poursuit, tandis que les régions côtières restent militarisées.
En résumé
Je montre que l’expédition d’Égypte fut :
- un projet géopolitique majeur mais risqué,
- préparé dans un climat de terreur intérieure,
- soutenu par une mobilisation totale des ports et populations locales,
- à la fois aventure militaire, scientifique et idéologique,
- et finalement une impasse stratégique, malgré un héritage scientifique considérable.

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