ÉPHÉMÉRIDES DU 26 AOÛT

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ÉPHÉMÉRIDES DU MARDI 26 AOÛT 2025 – 14e ANNÉE (n° 4898)

Bonjour à tous et toutes.

ILLUSTRATION : Fantaisie autour des pyramides de Giseh.

FETES :  Le 26 août, nous fêtons les Natacha, un diminutif russe pour Nathalie. Sainte Nathalie vécut au IIIe siècle. Epouse de saint Adrien, elle mourut en martyr avec lui pour avoir refusé de renier sa foi chrétienne. En France, on compte 29 000 personnes prénommées Natacha. Leur moyenne d’âge est de moins de trente ans. C’est donc un prénom très actuel !

Au calendrier républicain, c’est le jour de la réglisse plante originelle du sud de l’Europe et de l’Asie qui pousse naturellement sur les côtes orientales de la Calabre. Le nom désigne aussi la racine de la plante qui est souvent appelée « le » réglisse. Utilisée en pharmacie et en confiserie, c’est un élixir de longue vie pour les Chinois, aux vertus tonifiantes, digestives et adoucissante pour Hippocrate.

Le 26 août est une date fertile en événements de toute nature. J’en ai donc retenu quelques-uns qui, à mon sens, ont une certaine valeur quelquefois émotionnelle.

LE DICTON DU JOUR : Soleil rouge en août, c’est de la pluie partout.

LE MOT DU JOUR : est de Jules CLARETIE, chroniqueur à « la Vie parisienne » au XIXème : « Tout homme a contre lui : « Celui qui fait la même chose que ce qu’il fait, celui qui fait le contraire de ce qu’il fait, et surtout la grande masse de ceux qui sont d’autant plus critiques qu’ils ne font rien eux-mêmes. »

ÉPHÉMÉRIDES

CHOIX DE DOCUMENTS DU JOUR.

EXPEDITION D’EGYPTE (1798-1801) – Une base : 1697 – 26 août : Anthoine Morisson – Le voyage en Egypte en 1697, présentation et notes de Georges Goyon ; Le Caire, Institut français d’archéologie orientale, 1976, 210 p. Vingt-huit jours s’étaient déjà écoulés depuis que le navire, un assez gros bâtiment de commerce, avait quitté le port de Gênes pour le long péri­ple qui devait tenir notre voyageur éloigné de son pays pendant deux ans.

MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS : 883e livraison – –1153 – 30 décembre : MARSEILLE – L’église Saint-Martin est mentionnée pour la première fois au milieu du XIe siècle dans le cartulaire de Saint-Victor – eccl. S. Martini de Aregno (bulle d’Anastase, aux Archives de l’évêché). Par cet acte, la possession en est confirmée à l’évêque de Marseille). -1064 et 1163 : La délimitation des paroisses voisines des Accoules et de Saint-Martin entraîne la rédaction de deux actes, l’un de 1064, l’autre de 1163 (Marc Bouiron, Histoire et topographie des monuments de Marseille médiévale, dans Marseille, trames et paysages urbains de Gyptis au roi René, études massaliètes numéro 7, Centre Camille Jullian, Edisud, Aix-en-Provence 2001, page 267). -de 1190 à 1250 : L’église Saint-Martin se situe à l’intérieur des remparts médiévaux. -1249 – 7 février : Aregnum (charte aux archives municipales). -1253 – 8 septembre : Vallis de Aregno (charte aux archives De l’Evèché). On voit que la forme « Arenquo » qui a donné « Arenc » n’est apparue qu’en 1255, alors que la forme « Aregno » était utilisée depuis 1153, soit depuis 100 ans. La base « arene » (sable) est donc la plus ancienne.

LA SEYNE-SUR-Mer : 581e livraison – 1856 – 26 août : paquebot France – Le 26 août 1856, a lieu le premier appareillage de Marseille pour le Brésil du paquebot France appartenant à la compagnie Louis Arnaud Touache et C° (future Compagnie de Navigation Mixte). C’est un petit paquebot équipé de la machine Du Tremblay qui a été construit par le chantier Philippe Taylor, de La Seyne (Marius Autran écrit : « premier navire important lancé à La Seyne par la Société des Forges et Chantiers de la Méditerranée ».). C’est le premier navire important lancé à La Seyne par cette société. Par la suite, l’expérience de l’ingénieur Du Tremblay ne fut pas renouvelée.

OLLIOULES : 583e livraison – 1335 – 26 août: solde de la facture des Murailles et remparts D’OLLIOULES – Nous trouvons à cette date la trace d’un impôt transformé en vente du vingtain pour être affecté à solder la facture des murailles d’Ollioules. On ne dit pas s’il s’agit d’une réparation ou d’une construction neuve, ni s’il s’agit des murailles du château ou de celles de la ville. En fait, le château, jusque-là composé du seul donjon contre lequel s’appuyait quelques habitats sera complété par une basse-cour ceinturée d’un rempart et de tours  (c’est le solde de la facture de ces murailles, daté du 26 août 1335, cité plus haut) délimitant un vaste espace comportant la chapelle Notre-Dame et des réserves. Vers 1370, l’ensemble sera inclus dans la défense globale d’Ollioules.

SANARY – 683e livraison : 1869 – 26 août : AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE , premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary  – jeudi 26 août, saint Zéphirin. Beau temps- série de beaux jours qui viendront mûrir nos raisins qui ne sont pas trop nombreux car, soit la grande chaleur de cet été alliée à la grande sécheresse, soit la maladie de la vigne, beaucoup de raisins ont disparu desséchés, de sorte que nos vendanges seront vite terminées – Aujourd’hui l’arrivée à Toulon de sa majesté l’Impératrice et son fils le Prince impérial. Nous n’avons pas pu aller à Toulon et nous nous sommes contentés d’aller à la campagne d’où nous avons vu passer au chemin de fer le train impérial. Au bout de 15 min environ, on nous a annoncé son arrivée à Toulon.

ÉPHÉMÉRIDES

-L’INTÉGRALE.

1255 – 26 août : Vallis de Arenquo (charte aux archives de l’Evêché). ARENC – faubourg et quartier rural, commune de Marseille, de « arena » (Sable ; en provençal : arena / areno), plage sablonneuse où aboutissaient les ruisseaux des Eygalades et de Plombières (1872). Mention précédentes :

1153 – 30 décembre : MARSEILLE – L’église Saint-Martin est mentionnée pour la première fois au milieu du XIe siècle dans le cartulaire de Saint-Victor – eccl. S. Martini de Aregno (bulle d’Anastase, aux Archives de l’évêché). Par cet acte, la possession en est confirmée à l’évêque de Marseille). -1064 et 1163 : La délimitation des paroisses voisines des Accoules et de Saint-Martin entraîne la rédaction de deux actes, l’un de 1064, l’autre de 1163 (Marc Bouiron, Histoire et topographie des monuments de Marseille médiévale, dans Marseille, trames et paysages urbains de Gyptis au roi René, études massaliètes numéro 7, Centre Camille Jullian, Edisud, Aix-en-Provence 2001, page 267). -de 1190 à 1250 : L’église Saint-Martin se situe à l’intérieur des remparts médiévaux. -1249 – 7 février : Aregnum (charte aux archives municipales). -1253 – 8 septembre : Vallis de Aregno (charte aux archives De l’Evèché). On voit que la forme « Arenquo » qui a donné « Arenc » n’est apparue qu’en 1255, alors que la forme « Aregno » était utilisée depuis 1153, soit depuis 100 ans. La base « arene » (sable) est donc la plus ancienne.

-1292 – 26 août : Planterium de Fabas (charte aux archives municipales). Plan de Fabas – lieu-dit, commune de Marseille.

-1335 – 26 août: solde de la facture des Murailles et remparts D’OLLIOULES – Nous trouvons à cette date la trace d’un impôt transformé en vente du vingtain pour être affecté à solder la facture des murailles d’Ollioules. On ne dit pas s’il s’agit d’une réparation ou d’une construction neuve, ni s’il s’agit des murailles du château ou de celles de la ville. En fait, le château, jusque-là composé du seul donjon contre lequel s’appuyait quelques habitats sera complété par une basse-cour ceinturée d’un rempart et de tours  (c’est le solde de la facture de ces murailles, daté du 26 août 1335, cité plus haut) délimitant un vaste espace comportant la chapelle Notre-Dame et des réserves. Vers 1370, l’ensemble sera inclus dans la défense globale d’Ollioules.

1346 – 26 août : Guerre de 100 ans – Défaite des Français à la bataille de Crécy au cours de laquelle meurt Charles II d’Alençon. La bataille de Crécy opposa à partir du milieu de l’après-midi du 26 août, l’armée du royaume de France à une armée venue d’Angleterre pour saccager et piller les terres proches des rivages de la Manche. Cette bataille violente et sanglante où les monarques respectifs, Philippe VI de Valois et Edouard III, furent présents et actifs, se conclut au soir du second jour par une victoire écrasante de l’armée anglaise, pourtant en infériorité numérique, sur la chevalerie et l’infanterie françaises et ses alliés, qui accusèrent des pertes très importantes du fait de l’indiscipline et des lacunes du commandement. Cette grande bataille marqua le début de la guerre de Cent ans et le retour d’une technique traditionnelle d’archerie. « Là se combattirent vaillamment messire Guichard de Beaujeu, le sire de Château-Villain et plusieurs bons chevaliers et écuyers de Bourgogne. D’autre part étoient le comte de Ventadour et de Montpensier, messire Jacques de Bourbon, en grand arroy, et aussi messire Jean d’Artoi, et messire Jacques son frère, et messire Regnault de Cervoles, dit Archiprêtre, armé pour le jeune comte d’Alençon. » (« Les chroniques de sire Jean Froissart »)

-1403 – 26 août : mise en gages, puis vente à l’inquant de meubles d’un particulier d’Ollioules (Castellan, 1937, p. 21). 

-1585 – 26 août : le manuscrit du notaire de Six-Fours Jean Denans porte « EXIBITION DE LA BULLE « SI IN EVIDENTEM » DE NOTRE SAINT PERE LE PAPE, PORTANT NOMINATION DE COMMISSAIRES APOSTOLIQUES adressée à Messires Adhemar et Ricard, annexé par arrêt de la Chambre des Vacations du Parlement du 26 août audit an, et de l’exhibition et présentation que les consuls et communauté de Six-Fours en avait fait audit Sieurs Adhemar et Ricard, commissaires apostoliques. Lesdits consuls auraient donné les moyens d’utilité à l’église et l’abbaye St Victor, par-devant lesdits Sieurs commissaires apostoliques délégués, lesquels nommèrent pour leur greffier, Maître Anthoine Pavis, notaire royal de la ville de Tollon, aux fins d’écrire la procédure qui fût faite audit Six-Fours, dans la maison de Sieur Arnaud de Lombard, bourgeois, mon bisaïeul maternel. »

1677 – 26 Août : CHAPELLE DE SAINT-ROCH , A LA SEYNE- Un refuge aurait existé pour l’accueil des pestiférés débarqués au havre de La Sagno au lieu cité dans un acte notarié du 26 Août 1677 qui stipule qu’un terrain fut acheté au quartier Saint-Roch (extrémité de la rue Denfert-Rochereau) tout près de la Bourse du Travail actuelle, pour y construire une chapelle (Marius Autran, tome 2, 1988).

1688 – 25 août :

1. arrêt de séparation d’Ollioules et de Sanary – Le 10 juillet, le Roi prononça un arrêt de séparation d’Ollioules et de Sanary qui fut exécuté le 25 août. Le refus d’Ollioules de ne pas s’occuper des choses de la mer entre en grande partie dans cette décision royale  (Place, H. Ribot , B. Rotger, 1982. Texte repris dans Rotger B., 1990, p. 13).

[Castellan, 1937 : 1688, délimitation du territoire de Sanary -] …du côté du couchant… la mer limite le terroir de Sanazaire, du côté du midi jusqu’à la rivière et sur le couchant, laquelle le séparera du couchant d’avec le terroir de Bandol et de la Cadière,… le terroir est séparé du couchant par la Ternide d’Aran, et septentrion par le terroir du Castellet… la Colle de pierre don, Gourdon et de là la Rêpe qui est une petite rivière qui sépare tout pays du lieu du terroir d’Ollioules et de Saint-Nazaire d’avec cleui de Six-Fours du côté du Midi…

[Rotger, 1984 : 1688, délimitation du territoire de Sanary -] … la rivière d’Aran séparant le territoire d’avec celui du Castellet… En remontant la Reppe, … la rivière sépare le terroir d’Ollioules et de Saint-Nazaire et en divers endroits d’avec celui de Six-Fours jusqu’à une terre dite La Grande Bastide appartenant au seigneur d’Ollioules… Le premier des termes sur les confins de Six-Fours, lequel terme

2. PAUL de FORTIA (LE CHEVALIER PAUL) – Depuis 1637 chevalier de l’Ordre de Malte malgré sa bâtardise, capitaine de vaisseau commandant le Neptune à Brest, Paul rallia l’escadre commandée par Sourdis sur les côtes d’Espagne et prit le 22 août 1638, une part déterminante à la victoire de Guetaria où l’escadre espagnole fut presque détruite (Etienne Taillemite).

1697 – 26 août : Anthoine Morisson – Le voyage en Egypte en 1697, présentation et notes de Georges Goyon ; Le Caire, Institut français d’archéologie orientale, 1976, 210 p.

La partie du voyage en Egypte du sieur Anthoine Morison, Chanoine Eglise Saint Pierre de Bar-le-Duc, débute le 17 septembre 1697 au moment où surgit à l’horizon la ligne plate de la côte égyptienne.

La mer était ce jour-là calme. Pourtant la crête des petites vagues blanchissait sous l’effet du vent qui se heurtait à celui du ressac permanent provoqué par l’apport des eaux jaunes du grand fleuve africain.

Vingt-huit jours s’étaient déjà écoulés depuis que le navire, un assez gros bâtiment de commerce, avait quitté le port de Gênes pour le long péri­ple qui devait tenir notre voyageur éloigné de son pays pendant deux ans.

C’est tout à fait incidemment qu’il s’était embarqué sur ce navire en partance de Gênes. En fait, Morison aurait dû partir de Marseille. Le petit bâtiment qui devait le porter avait déjà mis à la voile lorsqu’il dut subitement quitter le navire, l’état de guerre entre la France et l’Espagne interdisant tout départ par mer à partir de la cité phocéenne. Il demeure cependant assez longtemps à Marseille où il profite, car ne l’oublions pas, c’est avant tout un homme de foi, pour visiter le monastère et la grotte de la Sainte Baume, lieu où Sainte Madeleine demeura, dit-on, trente ans. Il décide ensuite de chercher un autre port d’embarquement. C’est vers l’Italie qu’il se dirige. Il flâne assez longtemps dans ce pays. Notre voyageur a le loisir de visiter un assez grand nombre de cités : Gênes, Livourne, Pise, etc. Il descend ensuite jusqu’à Rome.

De son périple italien, il donne une relation, il faut le dire, sans grand intérêt. Ses descriptions des villes de l’Italie, toujours accompagnées de commentaires historiques, manquent de personnalité. Elles ont à peu près la valeur que l’on pourrait attendre, de nos jours d’un guide touris­tique. Il n’en sera heureusement pas de même en ce qui concerne la suite de son itinéraire en Orient.

Nous devons croire que les voyages aux Echelles étaient à cette époque  relativement peu fréquents et les bateaux devaient, semble-t-il, naviguer en convois, car à Venise où il comptait trouver un embarquement, il constate avec dépit que tous les navires avaient déjà quitté le port. Retournant donc sur ses pas, non sans avoir encore flâné en route, Morison visite encore au passage les villes de Pavie et de Milan. Il finit pourtant par trouver un bateau en partance pour Alexandrie le 26 août 1697.

Il fallait avoir quelque courage ou bien être animé d’une foi ardente pour affronter en ce temps-là les périls d’un voyage en mer du Levant. Tout y était hostile, les caprices des éléments, l’insalubrité et l’inconfort des vaisseaux, les douanes, les lazarets en cas d’épidémie, la rapacité des riverains. Mais ce que les voyageurs craignaient par-dessus tout, c’était la rencontre avec les corsaires et les pirates qui en ce temps-là infestaient la Méditerranée.

Tout navire pointant à l’horizon était suspect. A bord, un marinier se tient en permanence dans le tonneau de la vigie, tout en haut du mât de hune.

On était à peine à quelques jours du départ de Gênes, lorsqu’on signale le profil inquiétant de deux brigantins turcs qui accouraient force de rames. Alertés, les passagers se massent sur le pont. Tous, depuis le gros négociant provençal jusqu’au diplomate qui va rejoindre son poste en Orient, tous brandissent les armes, tirent du mousquet pour impres­sionner l’ennemi. Celui-ci, méfiant, flaire le vent, contourne le navire chargé de monde et puis jugeant la proie trop grosse à son gré, s’éloigne sous les huées des voyageurs.

L’alerte est à peine apaisée que déjà on aperçoit une véritable forêt de mâts se profiler à l’horizon. Quel est ce nouvel ennemi ? On craint les corsaires flessingois, qui n’hésitent pas à déclarer bonne prise tout ce qui flotte et qui navigue sans défense. Fausse alerte. C’est une escadre française sous les ordres d’un capitaine, M. de Forbin, qui rallie les côtes de la Corse. On s’approche, on parlemente, on échange les nouvelles au porte-voix et notre homme est heureux et fier d’apprendre en pleine mer la récente victoire des Français au siège de Barcelone (Était-ce le même Forbin, célèbre marin ami de Jean Bart qui prit part en 1697, avec l’Amiral d’Estrées au siège de Catalogne ? Cela est très probable, mais non certain, parce qu’il y eut en même temps plusieurs marins du même nom.).

Le voyage continue tant bien que mal.

Comment vivait-on sur ces anciens navires à voile ? Rien n’eût été plus intéressant qu’une relation détaillée de la vie quotidienne à bord de ces vaisseaux. Mais notre pieux touriste dépaysé et peut-être souffrant du mal de mer ne songe guère à nous le dire. Cependant nous ne sommes plus à l’époque où les pauvres pèlerins, tel Greffin Affagart, devaient emprunter des galères vénitiennes où il fallait, disait-il, que l’on «ayt bonne intention, bon cueur, bonne bouche, bonne bource » pour entre­prendre de tels voyages (Greffin Affagart, Relation de Terre Sainte (1533-1534), publiée par J. Chavanon. Paris, Lecoffre, 1902, p. 22.).

A la fin du XVIIe siècle, les navires de commerce sont déjà de solides bateaux à voile, pontés, carénés, gréés de plusieurs mâts et armés de canons. Là aussi Morison ne nous indique pas le type de bateau qui le transportait et à plus forte raison le nombre de passagers à bord. Mais si on en juge par celui qu’emprunta Paul Lucas au cours de son premier voyage en 1699, c’est-à-dire à la même époque, le vaisseau pouvait porter quelques 240 hommes à son bord  (Paul Lucas, Voyage du sieur Paul Lucas au Levant … Paris 1704 : le père Coppin (o.c., p. 156) part de Marseille, avec un marchand hollandais de 28 pèces de canons). Est-ce le même Forbin, célèbre marin ami de Jean Bart qui prit part en 1697, avec l’Amiral d’Estrées au siège de Catalogne ? Cela est très probable, mais non certain, parce qu’il y eut en même temps plusieurs marins du même nom.

-1704 – 26 août : Les Paulz (registre de l’Écritoire). Paul (lieudit), commune de Marseille, quartier de Saint-Menet. Première mention : Bastide des Paulx, 29 octobre 1597 (registre aux archives de l’Evêché.

-1776 – 26 août : La Gouergue – propriété, commune de Marseille, quartier de la Valentine (registre aux archives de la Major).

-1780 – 26 août : La Mizerane – propriété , commune de Marseille, quartier de Saint-Julien (registre aux archives de la Major).

1789 – 26 août – La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a été votée – le projet du sixième bureau, condensé, transformé, radicalisé par un long débat et de nombreux amen­dements, a donné naissance à un texte de 17 courts articles. Cette Déclaration ne doit plus rien aux prudences tactiques ni aux timi­dités bourgeoises. Ses objectifs sont librement définis et, de plus, l’Assemblée lui donne un rayonnement universel. L’individua­lisme bourgeois possède désormais sa grande charte de droit public (Agenda du Bicentenaire – MERCREDI 26 AOÛT -).

L’Assemblée décide de publier la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen sans plus attendre, mais reconnaît que cette somme « n’était pas finie » et que si, dans le cours de la discussion de la Constitution, on relève quelque article qui mérite d’être inséré dans la Déclaration, elle l’ajoutera. Contrairement aux déclarations américaines (notamment à la déclaration des droits de Virginie de 1777), la déclaration française se veut universelle. Elle a subi l’influence des philosophes du XVIIIe siècle, et surtout de Locke, de Voltaire, de Rousseau. Elle porte aussi la trace de certains textes français, notamment des remontrances du Parlement de Paris de 1755, qui faisaient allusion aux lois fondamentales et « immuables » du royaume ; à celles du 4 mars 1776 qui invoquaient le droit naturel ; aux remontrances de la Cour des aides du 18 février 1771 qui déclaraient que le premier devoir des rois était d’assurer à leurs sujets la sûreté, la liberté et la propriété de leurs biens. Elle porte les traces des conditions dans lesquelles elle a été établie, de l’obligation d’aboutir rapidement, dans une atmosphère révolutionnaire, et de l’origine sociale de ses rédacteurs, des nobles et des bourgeois. L’article 2 aurait pu être joint au préambule, car il définit les « droits naturels et imprescriptibles de l’homme », la « liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression ». On peut remarquer que l’égalité ne figure pas dans ces droits. C’est à la liberté que sont consacrés les articles les plus nombreux (1, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 11). Il s’agit de la liberté individuelle, de la liberté d’opinion, de la liberté de la presse. Mais la Déclaration ne mentionne ni la liberté de domicile, ni la liberté d’association, ni la liberté de l’enseignement. L’égalité est inscrite dans l’article i : c’est une égalité de droits, non une égalité économique. L’article 6 précise que la loi est égale pour tous, et l’article 13 proclame l’égalité fiscale, qui avait suscité tant de polémiques, en France, dans le demi-siècle qui avait précédé la Révolution. Le droit de propriété figure parmi les « droits naturels imprescriptibles ». L’article 17 précise que « la propriété est inviolable et sacrée ». Les nobles et les bourgeois qui ont rédigé ce texte étaient tous des propriétaires, ils ne pensaient guère à ceux qui ne possédaient rien. La souveraineté, déclare l’article 3, réside dans la Nation : il n’est pas question du roi. La déclaration, en effet, doit s’appliquer à tous les hommes, quel que soit le régime de l’Etat dans lequel ils vivent. La loi, définie par l’article 6, est l’expression de la volonté générale. Un article entier, l’article 16, est consacré à la séparation des pouvoirs. Les députés ont repris les idées de Mon­tesquieu en déclarant : « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution. » Tels sont les principes fondamentaux de la Déclaration. Mais, à côté de ceux-ci, plusieurs articles traitent de questions moins importantes : le rôle de l’armée, qui doit être soumise à la Nation (art. 12), les « contributions » qui remplacent les « impôts » et doivent être votées par les représentants du peuple (art. 13), la responsabilité personnelle des fonctionnaires (art. 15). La Déclaration est donc une arme destinée à défendre ses rédacteurs contre un possible retour offensif du despotisme royal, elle n’a pas pour mission de protéger les classes les plus pauvres contre l’oppression de ceux qui désormais vont accéder au pouvoir. Néanmoins, la Déclaration pose les assises de la société future. Comme on n’y trouve ni le mot de roi, ni celui de monarchie, elle a, en fait, une allure répu­blicaine que ses rédacteurs n’avaient pas l’intention de lui donner. Elle implique le suffrage universel, et le réfé­rendum que les constituants n’établirent point. Elle suppose l’abolition de l’esclavage, que l’Assemblée n’osa pas proclamer. L’égalité des droits paraît même peu compatible avec l’inviolabilité de la propriété. Quoique rédigée par les députés des classes possédantes, elle dépasse de beaucoup les limites qu’elles assignaient au nouveau régime. La Déclaration peut être considérée comme la charte, non seulement de la démocratie poli­tique, mais de la démocratie sociale. Dès sa publication, elle eut dans le monde occidental un plus grand reten­tissement que les déclarations américaines à cause de son caractère beaucoup plus universel. Elle devait devenir non seulement le dogme de la Révolution et de la liberté, mais, comme l’a dit Michelet, « le credo du nouvel âge » et la base de toutes les constitutions françaises, ainsi que de la plupart des constitutions mondiales, jusqu’à nos jours. La Déclaration fut publiée sans être soumise à la sanction royale, car il s’agissait d’une proclamation de principes.

Les représentants du peuple français, constitués en Assemblée nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouver­nements, ont résolu d’exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme, afin que cette déclaration, constamment pré­sente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs; afin que les actes du pouvoir législatif et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous. — En conséquence, l’Assemblée nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Etre suprême, les droits suivants de l’Homme et du Citoyen.

article (premier) — Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

art. 2. — Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.

art. 3. — Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

art. 4 — La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi.

art. 5 — La loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n’est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas.

art. 6. — La loi est l’expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs représentants à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les citoyens, étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

ART. 7 — Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la loi et selon les formes qu’elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la loi doit obéir à l’instant : il se rend coupable par la résistance.

ART. 8. — La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.

ART. 9 — Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.

ART 10 — Nul ne doit être inquiété pour ses opinions religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.

ART. 11 — La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.

art. 12. — La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée.

art. 13. — Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable ; elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.

art. 14. — Les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.

art. 15. — La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration.

art. 16. — Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution.

art. 17. — La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité (Jacques Godechot, Les Institutions de la France. Le comité de constitution avait reçu un certain nombre de projets de déclaration : le 9 juillet, celui de Mounier, le 10 ceux de La Fayette, Lally-Tollendal et Servan, le 21 celui de Sieyès, le 27 celui de Clermont-Tonnerre, synthèse des suggestions contenues dans les principaux cahiers.).

Si d’autres déclarations des droits ont été publiées en 1793 et en 1795, c’est à celle de 1789 que se réfèrent les constitutions du 27 octobre 1946 et du 4 octobre 1958.

-1792 – 26 août : dix hommes du bataillon du Beausset et des environs participent au massacre de Maxime Saqui, député suppléant à l’assemblée législative en juin 1791. Saqui de Tourès, un Noir toulonnais, s’était caché au village de Méounes, à une trentaine de kilomètres de Toulon. Le 26 août, comme depuis plusieurs semaines on ne signalait aucune victime, il crut pouvoir se rendre à la commune voisine de la Roquebrussanne. Bien qu’il eût pris la précaution de ne sortir qu’à la nuit tombante, un des séides de Sylvestre le reconnut et alerta la milice. Une heure plus tard, Tourès était pendu aux branches d’un mûrier. Par les aisselles. Devant lui, des miliciens questionneurs : — N’est-il pas vrai que tu as dit que la voix du peuple était celle de Satan ? —  N’est-il pas vrai que tu voulais faire périr mille personnes à Toulon et jouer aux boules avec la tête des enfants ? Tu n’auras la vie sauve que si tu nommes tes complices. Rependu plus solidement, Saqui de Tourès commençait maintenant à recevoir des coups de sabre. —  Je vous pardonne, criait-il, mais frappez fort, je vous en prie ! Les exécuteurs s’éloignaient un peu, revenaient. Le supplice dura trois heures. Pour finir, deux coups de pistolet dans le ventre. Les fidèles de Sylvestre rentrèrent à Toulon avec la tête de Saqui de Tourès piquée sur un sabre et ils la promenèrent longuement par les rues (Georges Blond, Toulon, 1967).

1793

– du 19 juillet au 26 août : COMMUNES FEDERALISTES OU NON FEDERALISTES ? –  Si Bandol est sous la domination des fédéralistes et sa section sous l’influence des sections de Toulon, tout en conservant l’ancienne municipalité, Sanary, en revanche, quoique correspondant avec ces dernières sections, n’est le siège d’aucun pouvoir fédéraliste où les représailles politiques, en cas de succès des troupes républicaines, ne sont dès lors guère à craindre.

– 26 août : A Toulon, la journée du 26 août 1793 se passe dans l’anxiété. Des barques de pêcheurs ont amené des réfugiés de Marseille, comme au temps de la peste de 1720. Le fléau maintenant s’appelle guillotine. Les troupes de Carteaux ont pris possession de Marseille et l’épuration est féroce. Marseille n’a plus rien à espérer. Albitte, Escudier, Nioche, Gasparin et Saliceti font incarcérer tous ceux qui, de près ou de loin ont manifesté leur sympathie pour les Girondins. L’obstination de l’amiral Saint-Julien va-t-elle priver Toulon du secours des Alliés ? Le Comité général lui a demandé de recevoir encore une délégation. Réponse : « Demain. Rien ne presse. » Or les autorités toulonnaises ont l’impression de siéger sur un baril de poudre, mèche allumée (Georges Blond, Toulon, 1967).

1794 – 26 août : le citoyen BOUSQUET, chef des Bataillons de l’Union du département des Bouches du Rhône, a été révoqué de ses fonctions et s’est retiré à SANARY. De PARIS, la Commission de l’organisation des mouvements des armées de terre ordonne sa réintégration. Le maire lui communique qu’il doit sans délai reprendre ses fonctions. Au Beausset, Claude Nen remplace Jacques Palis comme directeur de l’usine de salpêtre. En remplacement de Jean Louis Deprad, émigré à Toulon, et de son successeur éphémère Jacques Chambourdon, Joseph Deprad est nommé trompette du village (Rotger B., 1984, p. 305-306).

1795 – 26 août (9 fructidor) : VENTE DES BIENS DES HOPITAUX -Suspension de la vente des biens des hôpitaux (Yann Fauchois, 2001).

1798 – 26 août (9 fructidor an VI) : EXPEDITION D’EGYPTE – Jacques Menou, en 1798, s’attache à Bonaparte, débarque avec lui à Alexandrie ; blessé, il est fait gouverneur de Rosette. Bonaparte l’estime pour ses gestes en faveur des musulmans, le félicitant pour « les honneurs rendus à leur prophète » (Correspondance de Napoléon, 9 fructidor an VI, n° 3115, 26 août 1798). J’ai vu son initiale au côté de celle de Kléber sur un graffiti gravée du temple de Philae (RF An 7, M – K) associé aux noms d’officiers de l’armée : Balzac, Coquebert, Coraboeuf, Costaz, Coutelle, Lacipierre, Ripault, Nectoux, S. Ceni, S. Vinci, donc postérieurement au 22 septembre 1798.

1799 – 26 août :

EXPEDITION D’EGYPTE – (Rappelons ici que le général Bonaparte a quitté L’Égypte depuis le 23 août pour gagner la France. Lire à ce sujet les lettres sans fard de Kléber concernant ce départ d’un chef abandonnant ses troupes sans en aviser ses généraux. Apparemment l’auteur du texte ci-dessous, tout comme la plupart des égyptiens, pensait qu’il était en simple déplacement et qu’il allait revenir. Relevons simplement que Abd-al-Rahman al-Jabartî avait noté le 19 août que le général en chef était parti en voyage dans la nuit sans faire part de son projet à la population qui n’en sera informée que le 30 du même mois).

Texte d’Abd-al-Rahman al-Jabartî (Journal d’un notable du Caire durant l’expédition d’Egypte) : Lundi 24 [26 août 1799], correspondant au 9 du mois copte Misrî[Fête du Nil] La crue du Nil est annoncée. On invite à la fêter suivant l’usage. Alors, sortirent les chrétiens de la ville, coptes, syriens et grecs, tout prêts à faire la fête, à danser, chanter, s’amuser. Ils se rendirent cette nuit-là à Bûlâq, au Vieux-Caire et à Rawda. Ils louèrent des barques et s’y installèrent avec des instruments de musique et des chanteurs. Ce fut une débauche. Toute honte était bannie. C’était un retour au temps passé des émirs ; on y remarquait des barques à plusieurs rames, portant des femmes, des prostituées et des boissons. Spectacle effronté de gros rire, de plaisanteries vulgaires, de jurons, tout en singeant les musulmans ; certains étaient habillés comme des émirs égyptiens avec leurs armes ou portaient quelque chose y ressemblant ; ils imitaient leur accent et leur vocabulaire par plaisanterie. et moquerie.

Les Français lancèrent des barques pavoisées et portant des drapeaux. Il y avait là diverses sortes [de fanfares], de tambours et de trompettes sur le fleuve.

Cette nuit-là fut témoin, sur le fleuve et ses rives, d’orgies et d’impudicités indescriptibles. On vit le plus bas peuple, le plus vulgaire, suivre les sentiers de l’abaissement dans les plaisirs les plus ignobles sans que quelqu’un parmi les responsables ne trouvât à redire à qui que ce soit. Chacun faisait ce qui lui plaisait et lui passait par la tête, comme s’il n’était pas en compagnie. [Le proverbe dit] : « Quand le maître de la maison bat du tambourin, toute la maison s’adonne à la danse. »

Les Français, cette nuit et dans la matinée, multiplièrent les coups de canon et les fusées, pendant que d’autres passaient la nuit à jouer du tambour et de la trompette.

Au matin, Dugua le qâ’im maqâm, accompagné de personnalités importantes, françaises et égyptiennes, se rendit près du kiosque de la digue. L’assemblée se tenait là, pendant que les soldats, fusil en main, se mettaient en rang, entre Rawda et le Vieux-Caire, au son des tambours. D’autres, dans des embarcations, tiraient des coups de canon à intervalle régulier jusqu’à l’ouverture de la digue et à l’écoulement de l’eau dans le canal. A la suite de quoi, tous se dispersèrent.

1801 – 26 août : ABBAYE DE BOSCODON – Mort en exil à 80 ans à Nuremberg de Mgr. de Leyssin (Roger Cézanne, 2017).

1830 – 26 août : Amnistie des condamnés pour délits politiques commis depuis le 7 juillet 1815 – Alors que vient d’être renversé le régime appelé « Restauration » et, qu’à la tête du pays se trouve le roi Louis-Philippe, un Bourbon, certes, mais de la branche d’Orléans, celle qui a condamné Louis XVI à l’échafaud en 1792, le 26 août 1830, l’Etat décide d’amnistier les condamnés pour délits politiques commis depuis le 7 juillet 1815 ; dans deux jours, il amnistiera les déserteurs de l’armée et le 5 septembre, ceux de la Marine. On retire le culte de l’église Ste Geneviève à Paris et on lui redonne sa destination révolutionnaire de Panthéon dédié « aux grands hommes par la Patrie reconnaissante ».

1848 – 26 août : Louis Blanc et Caussidière – chacun sait que Lamartine vient de publier sa « Lettre aux dix départements » dans laquelle il expose sa conduite depuis la Révolution, que Louis Blanc, dont chaque possède aujourd’hui une rue ou une place portant le nom, est poursuivi pour complicité dans la journée du 15 mai quand Paris connaissait une manifestation monstre. Demain, 27, Louis Blanc et Caussidière, condamné comme lui par l’Assemblée, profiteront du sursis de 48 heures qui leur est accordé pour passer Angleterre.

1850 – 26 août : Mort de Louis-Philippe – Louis-Philippe, le roi porté au pouvoir en 1830 et déchu en 1848 meurt dans son château du Surrey (Angleterre). Tour à tour dénommé « citoyen Chartres », « Egalité fils », il est le dernier roi à avoir effectivement régné en France. Admirateur du régime britannique qu’il avait pris pour modèle, son règne avait été caractérisé par le développement et l’enrichissement rapide de la bourgeoisie manufacturière et financière, l’extrême misère de la classe ouvrière. Des révoltes populaires incessantes avaient fini par emporter son régime. Avec sa disparition, les deux clans rivaux des légitimistes et des orléanistes qui, un moment sembleront près de se réconcilier. A tort : l’intransigeance du comte de Chambord, petit-fils de Charles X, le dernier frère de Louis XVI, fera tout échouer. Les deux prétendants au trône, le comte de Paris et le comte de Chambord, se rencontreront bien les 5 et 6 août 1873, en vain. Ce sera finalement, lors d’un banquet organisé à Evreux le 24 août suivant, que le duc de Broglie, conscient de l’impossibilité d’une restauration à cause de l’intransigeance de Chambord, lancera l’idée du maintien de Mac Mahon à la tête du pays. Mais ceci est une autre histoire !

1856 – 26 août : paquebot France – Le 26 août 1856, a lieu le premier appareillage de Marseille pour le Brésil du paquebot France appartenant à la compagnie Louis Arnaud Touache et C° (future Compagnie de Navigation Mixte). C’est un petit paquebot équipé de la machine Du Tremblay qui a été construit par le chantier Philippe Taylor, de La Seyne (Marius Autran écrit : « premier navire important lancé à La Seyne par la Société des Forges et Chantiers de la Méditerranée ».). C’est le premier navire important lancé à La Seyne par cette société. Par la suite, l’expérience de l’ingénieur Du Tremblay ne fut pas renouvelée.

1858 – 26 août : paquebot QuirinalLe 26 août 1856 est le jour du premier départ du paquebot Quirinal affecté à la ligne d’Italie. Premier d’une paire de paquebots en fer destinés à la Russie, c’est un navire à vapeur et roues à aubes, ayant deux mâts, deux cheminées et l’avant à guibre. Il a été construit par les Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne (frenchlines / ship fr 1309).

1862 – du 26 août au 24 septembre : Baudelaire – « La Presse » publie vingt poèmes de Baudelaire sous le nom de « Petits poèmes en prose »

1867 – 26 août : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE , premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary  – lundi 26 août – beau temps – vendu large petite brise – aujourd’hui on a commencé à vendanger quelques petites vignes à portissol pour la Coupe. La fin de la semaine et le commencement surtout de la prochaine, on coupera rondement les vignes des coteaux séchant, les feuilles tombent et le raisin se réduit à peu de chose. La propriétaire doit veiller sur eux et les faire couper le plus tôt possible du moment qu’ils sont mûrs.

-1869 – 26 août : AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE , premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary  – jeudi 26 août, saint Zéphirin. Beau temps- série de beaux jours qui viendront mûrir nos raisins qui ne sont pas trop nombreux car, soit la grande chaleur de cet été alliée à la grande sécheresse, soit la maladie de la vigne, beaucoup de raisins ont disparu desséchés, de sorte que nos vendanges seront vite terminées – Aujourd’hui l’arrivée à Toulon de sa majesté l’Impératrice et son fils le Prince impérial. Nous n’avons pas pu aller à Toulon et nous nous sommes contentés d’aller à la campagne d’où nous avons vu passer au chemin de fer le train impérial. Au bout de 15 min environ, on nous a annoncé son arrivée à Toulon.

1879 – 26 août : pêche au gangui – Parmi les affaires opposant les patrons pêcheurs, raïs de madrague et prud’homies diverses, nous relevons, à la date du 26 août 1879, que les bateaux de Sanary faisant la pêche au gangui sont accusés d’entraîner par mégarde les filets dits « entre maux » (Patania L., Guillaume J., 2002, p. 77-79).

1914 – 26 août :

gouvernement d’union nationale – Un gouvernement d’union nationale est constitué par Viviani. Les socialistes, dont le vieux leader révolutionnaire Jules Guesde, ministre d’État, ou les proches de Jaurès comme Marcel Sembat, ministre des Travaux publics, y participent. Dans un manifeste du 29 août, la direction du Parti socialiste SFIO affirme que « dès lors qu’il ne s’agit pas de l’ordinaire participation à un gouvernement bourgeois […mais] de l’avenir de la Nation, le parti n’a pas hésité ».

Les hommes mobilisables sont partis à la guerre laissant souvent une famille dans le besoin. Aussi le 26 août 1914, une quête est faite par les dames de la Croix Rouge dans la section de Saint-Mandrier. La somme recueillie servira à venir en aide aux familles nécessiteuses des mobilisés. Un prélèvement minimum est fait sur les pensions des retraités. L’Adjoint spécial fait également appel au dévouement des dames et demoiselles de la section pour qu’elles veuillent bien se consacrer à la réparation des effets militaires des mobilisés et à la confection des linges et pansements pour les blessés. L’atelier de couture est installé dans la salle de musique ouverte tous les jours (Gisèle Argensse, 1989, p. 149).

-1927 – 26 août : La catastrophe de Montenvers. Terrible accident dans un décor somptueux 26 août 1927. Le développement du tourisme dans les Alpes françaises date du XIXe siècle. En 1821, à Chamonix, est créée la Compagnie des guides de montagne. La clientèle en est essentiellement britanni­que. Après 1860, les Alpes commencent à être accessibles par le rail. Ainsi, le sommet du Montenvers (altitude 1913 m), qui domine la mer de Glace et se dresse face au formidable obélisque du Dru, est relié à Chamonix par un che­min de fer à crémaillère. Désormais, les touristes sont de plus en plus nombreux à venir, comme M. Perrichon, «trem­bler» devant les 45 km2 de glace. Cependant, avec l’essor du tourisme, apparaissent les premiers accidents de montagne.

Le 26 août 1927, la ligne de chemin de fer à crémaillère Chamonix-Montenvers est le cadre d’un terrible accident. Vers 16 h 50, un train chargé de touristes quitte la station supérieure du Monten­vers, en direction de Chamonix. Il se compose d’une locomotive et de deux wagons bondés de voyageurs. Après avoir roulé à peine 250 m, il s’emballe brutalement et prend une vitesse vertigi­neuse. Le conducteur-chef a alors la présence d’esprit de serrer le frein de secours de la seconde voiture. Ce réflexe heureux provoque une rupture d’attela­ge. Le wagon s’immobilise, épargnant la vie de dizaines de personnes, tandis que la locomotive et la première voiture con­tinuent leur course folle. A la sortie d’un viaduc qui enjambe un torrent, locomo­tive et wagon déraillent et culbutent dans le ravin profond de 10 m. Dix minutes après la terrible chute, on com­mence à dégager les morts et à porter secours aux blessés. De l’amas de fer­railles tordues, on retirera quatorze morts et une trentaine de blessés, dont plusieurs succomberont dans les heures ou les jours qui suivront.

Cette catastrophe n’empêche pas la ligne d’être rétablie et de continuer à connaître un grand succès. Aujourd’hui, le chemin de fer du Montenvers est l’une des trois dernières lignes à crémaillère françaises à demeurer en service avec celle de Saint-Gervais-glacier de Bionnassay, dans les Alpes, et celle de la Rhune, dans les Pyrénées. Chaque année, de la mi-mai à la fin octobre, les automotrices de Montenvers véhiculent quelque 500000 touristes. Au-delà de la station supérieure du Montenvers, un té­léphérique conduit à une grotte creusée et retaillée chaque année par la mer de Glace. A 200 m de l’hôtel du Monten­vers, un parc zoologique présente, dans leur cadre naturel, toutes sortes d’ani­maux (Edito-Service S.A., Genève).

1931 – 26 août : Liane de Pougy et Saint-Mandrier – En août 1931, Liane de Pougy séjourne au cap Brun, à Toulon. Elle ne se lasse pas d’admirer, de son balcon, le paysage qui s’offre à ses yeux. A droite : Le Mourillon, le port de Toulon, le cap Six-Fours, Tamaris, Les Sablettes…Un jour, « l’estivante » s’informe sur l’existence de cette « jolie colline, juste en face, qui semble sacrée sous le soleil entre toutes les autres, car elle montre une blanche coupole qui ressemble à un petit temple ». « C’est Saint-Mandrier », lui répond son amie, Marine d’Aubigny. Aussitôt, une succession d’images nostalgiques traversent l’esprit de l’ancienne Madame Pourpe. Et, en effet, Anne-Marie Chassaigne, dite Liane de Pougy se souvient qu’elle fut mariée à un enseigne de vaisseau du nom deJoseph Armand Henri Pourpe de qui elle divorça avec fracas à l’âge de 19 ans. « Saint-Mandrier ! Voici ma gorge qui se serre, tous mes souvenirs affluent. Le riant paysage s’efface. C’est ici que mon premier mari est mort, c’est là qu’il est enterré… ». Le lendemain, 26 août 1931, Liane se rend dans la presqu’île. « II m’a semblé entendre aussi l’assurance que jamais l’âme de mon mari ne m’a abandonnée. Au moment de sa mort, en août 1892, j’ai reçu un mot d’un prêtre qui l’avait assisté en ces derniers moments et qui me disait à peu près ceci : « Votre mari est mort pieusement à Saint-Mandrier. Il a eu beaucoup de chagrin à cause de vous ; vous avez été jusqu’au dernier moment son souci et son inquiétude…». En 1910, alors au sommet de sa carrière, Liane de Pougy, quadragénaire, a rencontré le prince Georges Ghika, d’origine roumaine, de quinze ans son cadet, très noble mais fort désargenté, qui l’épouse. Le mariage est parfaitement heureux durant seize ans, jusqu’à ce que Georges quitte Liane pour une femme plus jeune. Mais le prince finit par lui revenir, mais leur relation devient difficile et chaotique. En 1928, trois ans avant l’épisode de Saint-Mandrier que nous relatons ci-dessus, la princesse Ghika se lie d’amitié avec la mère supérieure d’un asile proche de Grenoble. Elle récupère auprès de ses amis parisiens des fonds pour l’entretien des pensionnaires de cet institut auquel elle demeure très attachée par la suite et exprime le désir d’y être inhumée. Après la mort du prince, vers 1945, la princesse entre comme novice dans le Tiers-Ordre de Saint-Dominique. Elle finit sa vie dans la prière à Lausanne.

1935 – 26 août : porte-avions Béarn – Le porte-avions « Béarn », toujours en révision aux FCM accomplit l’officiel en route libre de 11 h à 19 h. Les deux chaufferies sont en fonction mais avec seulement cinq chaudières, la 6e étant en veilleuse. Le mistral qui souffle à 50 km/h gêne les mesures de vitesse. Sur la base, les vitesses relevées sont de 20,38 nœuds dans un sens et de 21,25 dans l’autre. Les démontages et visites commencent dès le lendemain (Moulin Jean, Morareau Lucien, Picard Claude, 2001).

1939 – 26 août :

1. Toussaint Merle, alors jeune enseignant, est mobilisé et rejoint les Chasseurs Alpins à Antibes (Marius Autran, tome 2, 1988). Après le succès d’une liste vichyssoise à l’élection municipale de la Seyne, il noue des contacts étroits avec de vieux militants communistes locaux en lutte.

2. Mon grand-oncle  CANDILLE Justin, Elie, Louis – Le 26 août 1939, la gendarmerie adopte son organisation du temps de guerre. La G.R.M. éclate et se disperse. Elle détache deux tiers environ de ses officiers aux armées. Les brevetés, peu nombreux, rejoignent des états-majors (G.Q.G., armée, corps d’armée, division). Les autres exercent des commandements dans des unités mobilisées de réserve (commandants d’escadrons et de pelotons dans la cavalerie, commandants de compagnies et de sections dans l’infanterie). Quelques officiers supérieurs prennent même la tête de bataillons. Le chef d’escadron Candille commandera au feu le 54e bataillon de mitrailleurs motorisés.

1940 – 26 août : TÉLÉVISION – “Paris-Soir”, lundi 26 août : Paul Nipkow inventeur de la télévision meurt subitement. Berlin, dimanche 25 août. L’inventeur de la télévision, Paul Nipkow, qui venait de fêter son 80e anniversaire le 22 août, avait reçu, à cette occasion, de nombreuses marques d’honneur. Le soir de son anniversaire, l’inventeur avait glissé et fait une chute sur le parquet de son appartement, à Berlin- Pankow. Vendredi il avait été transporté à la clinique Saint- Lazare pour y passer la radiographie. Hier matin, de bonne heure, une embolie a provoqué la mort subite du grand inventeur  (Paris-Soir”, lundi 26 août 1940).

-1941 – 26 août : base aéronavale de Saint-Mandrier – La commission italienne revient sur la base aéronavale de Saint-Mandrier pour en visiter les soutes ; à cette époque, le contrôle allemand s’arroge beaucoup de prérogatives italiennes, ce qui dérange les activités de la Marine à Toulon.

-1943 – 26 août : Les gouvernements britannique, américain et soviétique reconnaissent le Comité Français de la Libération Nationale comme l’organe directeur de la France en Guerre.

-1944 – 26 août :

1. DEFILE DE LA VICTOIRE A PARIS – Jamais un défilé n’a comporté autant de risques : francs-tireurs allemands, collaborateurs aux abois, proximité des arrière-gardes allemandes sont beaucoup plus nombreux que le petit détachement de la 2e DB de Leclerc et le l’unique régiment US qui l’appuie. Jamais l’aviation de Göring n’a eu une cible aussi tentante. Malgré le risque, De Gaulle se propose de faire défiler plus d’un million de personnes ! Il en va de son propre avenir politique et de celui de la France elle-même.

La décision de De Gaulle provoque un conflit immédiat avec le commandement américain. A 15 du matin, un officier US apporte à Leclerc les instructions du commandant allié du Ve corps, général Gerow, pour la journée du 26 août. Elles sont sans appel : les flancs de Paris étant exposés à une réaction allemande, la 2e DB française doit quitter Paris et rejoindre sans délai les lisières nord de la ville.

Au même moment, les Américains reçoivent le message suivant : « Le général De Gaulle a ordonné à Leclerc de défiler avec ses troupes de l’Arc de Triomphe à Notre-Dame. » Gerow transmet une nouvelle note à Leclerc : « Vous êtes sous mon commandement et ne devez accepter d’ordre de personne d’autre. (…) Les troupes placées sous votre commandement ne participeront à aucun défilé (…) à moins d’en avoir reçu l’ordre signé de moi personnellement. »

Leclerc n’hésite pas. Son chef, c’est de Gaulle. Après avoir reçu un nouvel ordre encore plus abrupt de Gerow, il conduit auprès de De Gaulle l’officier US qui le lui a apporté. Le général déclare : « Je vous ai prêté Leclerc, il me semble que je peux vous le reprendre pendant quelques heures. » Pour lui, ce défilé fera l’unité politique de la France ! »

Côté allemand, le maréchal Model est en tournée d’inspection vers Compiègne et le grand quartier général de Hitler ne peut le joindre. Seul son adjoint, général Hans Speidel, reçoit l’ordre de bombarder immédiatement Paris avec les fusées V1 et V2 tandis que le 3e flotte aérienne repliée à Reims lancera un raid sur la ville. Speidel assure que les instructions seront transmises et raccroche. Jugeant que Paris est tombé et qu’il ne sert à rien de le détruire, et jugeant l’ordre de destruction insensé, il ne le transmettra pas. Une semaine plus tard, Speidel sera arrêté par la GeStaPo.

A 14 h, De Gaulle est devant la tombe du Soldat Inconnu, sous l’Arc de Triomphe où, après la Sonnerie aux Morts et la Marseillaise, il ranime la Flamme éternelle éteinte depuis le 14 juin 1940. Puis il passe en revue les tanks et blindés alignés autour de l’Etoile. De retour à l’Arc de Triomphe, il regarde les Champs-Elysées où une foule immense se presse sur la chaussée jusqu’à l’obélisque. Puis le cortège s’ébranle derrière quatre tanks de la 2e DB. Par les bras et forment une chaîne qui contient la foule. Derrière de Gaulle, à un pas de lui, on peut voir les nouveaux chefs de la France : Leclerc, Juin, Koenig, ceux de la Résistance, les membres du Conseil national de la résistance, du C.P.L., du C.O.M.A.C., Parodi, Chaban-Delmas, …, sans aucune hiérarchie ni protocole.  Au moment où De Gaulle arrive place de la Concorde et monte dans une voiture découverte, un coup de feu retentit. Des milliers de personnes se jettent à terre ou se mettent à l’abri des blindés. Alors que De Gaulle descend de voiture devant le portail du Jugement dernier, des balles balaient le parvis de Notre-Dame la place tandis que FFI et 2e DB ripostent. Au moment où De Gaulle passe sous le grand porche, des coups de feu éclatent à l’intérieur de la cathédrale tandis que le général parcourt les 60 m de la nef et prend sa place à gauche de la nef. Cérémonie terminée, De gaulle regagne sa voiture.

Une question demeurait : qui avait tiré dans Notre-Dame ? Des Allemands ou des miliciens ? Pour De Gaulle, il n’y a pas de doute : ce sont les communistes. Quelques heures plus tard, le général Koenig dira : « A Paris, en ce moment, le pire danger est constitué par les FFI.

Dans la nuit la 3e escadre aérienne allemande, près de 150 appareils, survolent la capitale qui ne possède aucun matériel contre avions. A la fin du bombardement, on dénombrera 213 morts et 314 blessés. 593 immeubles auront été détruit ou endommagés (Corneliu Ryan, Paris brûle-t-il ?, 1967).

2. LIBERATION DE TOULON ET DE SA REGION – Dans le secteur de BANDOL, le peloton GASTINES alerté dans la nuit, intercepte à 4 heures du matin, sur la route du Plan, 16 allemands commandés par un feldwebel. Le même jour, le Régiment d’infanterie coloniale du MAROC et le 43 R.T.S. achèvent le nettoyage de La Seyne et de la presqu’île de Sicié, et Jacques Glade, débarqué le 21 à la Nartelle avec le 13ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais, note dans son carnet : « Départ pour Toulon » où il arrivera le 27. On assiste à un tir massif de la « Lorraine » et de tous les croiseurs sur la batterie de 340 de Cépet qui tire une dernière fois ; un projectile tombe à ranger la « Lorraine ». La presqu’île fume de toutes parts. Deux gros incendies s’allument, accompagnés de violentes explosions. Mais la garnison allemande résiste toujours. Dans la soirée, le « Montcalm » cède la place à l’« Emile Bertin ».

3. La reddition du fort de Six-Fours est effective. Déjà, à 9 heures une immense explosion s’est fait entendre tandis qu’une fumée noire couronne le fort. Les Spahis sur leur trente et, un, le peloton Caniot partait aussitôt vers l’ouvrage par le front de mer où il est loisible de mesurer les dégâts causés par l’occupant : le port est détruit, les immeubles du bord de mer ont été rasés et remplacés par quelques horribles blockhaus entourés de réseaux de barbelés et de mines. A quoi ont servi finalement toutes ces destructions, tous ces travaux gigantesques qui devaient faire de l’Europe une citadelle inexpugnable ? A quoi a servi SIX FOURS ? L’aviation et l’artillerie alliées ne pouvaient pas grand-chose contre cette masse imposante. Et pourtant, cinq cents hommes servant une puissante artillerie de marine s’apprêtent à capituler à midi, en même temps que ceux de la batterie du cap Nègre puis ceux du cap Sicié. Dans sa harangue, avant de se rendre, le commandant du fort dit à ses hommes qu’ils ont abattu 102 avions. En tout 488 Allemands, probablement 120 du fort et le reste provenant des environs, se rendent avec les honneurs de la guerre. Les 47 spahis du peloton sont là pour les recevoir. A midi, comme prévu, les portes de la citadelle s’ouvrent officiers en tête, marchant au pas cadencé, les soldats allemands arrivent comme à la parade. Ainsi que prévu, également les officiers allemands sont conduits en voiture au P.C du colonel VAN HECKE. La colonne restante est acheminée en direction de Sanary et du Pont d’Aran. En chemin, des éléments de la 9ème DIC arrivent pour la relève et félicitent les Spahis.

Avec la Cride, Six-Fours, Brégaillon, dont la garnison de près de 400 hommes s’est rendue au capitaine Baudouin, et les défenses annexes, la route de Toulon par l’Ouest est maintenant ouverte (Marius Autran, tome 1).

4. Comité local de Libération de Six-Fours – Le 26 août 1944, à Six-Fours, le Comité local de Libération prend le pouvoir abandonné « par le conseil municipal vichyssois », note un rapport de police le 12 septembre 1944. « Les tendances politiques du comité sont plus avancées que celles de l’ancienne municipalité. Mais cela répond aux sentiments de la population qui approuve la désignation de ses nouveaux administrateurs »

5. LIBERATION DE MARSEILLE – Le 26, André Diethelm et le général de Lattre sont à Marseille. À la suite de sa réflexion sur la tenue des tirailleurs qui leur rendent les honneurs, le général Goislard de Monsabert dit au général de Lattre de Tassigny : « Ils sont beaux, mon général ! »

1954 – 26 août : Communauté européenne de DEFENSE – La France refuse de signer le traité de la Communauté européenne de défense !

1962 – dimanche après-midi 26 août : « Au large du cap Cerbère, à bord de l’« Argens », un enfant de six ans est terrassé par une crise d’appendicite aiguë. Un hélicoptère de Saint-Mandrier réussit à le transporter à l’hôpital Sainte-Anne ». L’Argens, un transporteur de chars de la Marine nationale, embarque, dans le port de Mers el-Kébir, plusieurs centaines de Français et de Musulmans quittant l’Algérie pour Marseille. Parmi ces nouveaux déracinés un harki, Mohammed Kherefoun, son épouse et ses trois enfants dont le petit Bouaf, tout juste âgé de six ans. Pendant la traversée, ce dernier se plaint soudainement du ventre. Le médecin de bord diagnostique une crise d’appendicite aiguë. Il faut opérer de toute urgence… 12 h 47 : un SOS est émis. Le drame se joue à trois cents kilomètres des côtes toulonnaises. L’amirauté décide l’envoi d’un hélicoptère HUP basé à Saint-Mandrier avec, à son bord, un praticien militaire. La « banane », escortée par un petit avion bimoteur, décolle à 19 h 30. Pourquoi si tard ? Tout simplement parce que l’aéronef en question ne possède qu’un modeste rayon d’action et l’Argens se trouvait bien au-delà de ses limites au moment de son SOS. LArgens qui se dirigeait vers Marseille, se dérouta en se rapprochant du cap Cerbère où son rendez-vous avec le HUP du lieutenant de vaisseau Rouge avait été fixé, à l’extrême limite de son rayon d’action de l’hélicoptère. Entre temps, l’hôpital de Perpignan a été prévenu. Il se tient prêt à recevoir le petit Bouaf dans les meilleures conditions possibles. Parvenu au lieu de rendez-vous, l’Argens stoppe ses machines. L’aéronef descend lentement. Les sauveteurs larguent des filins d’acier auxquels on amarre la civière de l’enfant. Puis c’est l’envol pour rallier au plus vite Perpignan. Aussitôt arrivé à destination, le petit garçon est pris en compte par une ambulance qui le dépose à l’hôpital prévu pour les premiers soins… A 22 h 00 : un avion de l’aéronavale transporte le malade à Hyères-Palyvestre. Minuit : Bouaf est admis à l’hôpital Saint-Anne (République du mercredi 29 août 1962).

-1968 – 25 août : Charles Boyer – L’acteur français Charles Boyer se suicide deux jours après le décès de sa femme, Par Paterson, des suites d’un cancer, et deux jours avant de fêter son 79e anniversaire, ainsi que 13 années après le suicide de son fils unique. Citoyen des Etats-Unis depuis 1942, il est enterré au Holy Cross Cemetary à Los Angeles.

 
-2016 – 26 août : Au Fort Napoléon, La Seyne : « Airs & Duos d’Amour des Opéras de G. Verdi », avec Chrystelle Di Marco – soprano, Irakli Kakhidze – ténor et Nino Chaidze – pianiste​. Cathy et moi, nous y étions !
 -2024 – 26 août : -TOULON ANCIEN ET SES RUES (L. Mongin, Toulon ancien et ses rues, tome 1, 1901) – – 56e livraison – Place Cathédrale (suite) – La place de l’église fut à plusieurs reprises le théâtre d’évènements regrettables.

Le 13 juin 1563 le viguier, les consuls, le juge et divers notables de Toulon se rendaient à l’église des F.F. Prêcheurs « pour y entendre certaine moralité, lorsque, arrivés devant le couvent de ces religieux, ils se trouvèrent en présence d’un grand rassemblement. La foule ne paraissant nullement disposée à vouloir s’écarter, le viguier l’invita poliment à faire place aux autorités. Mais, loin d’accéder à ce désir, le peuple riposta par des raisons peu gracieuses ».

Devant ces sentiments hostiles et afin d’éviter tout tumulte, les autorités rebroussèrent chemin et se dirigèrent vers la place de la Cathédrale ». A  peine là, « des manants et habitants, débouchant  d’une rue latérale, se précipitèrent sur elles ; l’un des manants donna même un coup de poing « au viguier ». (Archives communales, BB. 49)

L’arrestation immédiate des coupables mit fin à ce commencement de sédition.

Le 7 septembre 1613, à la nouvelle que le sieur de Forbin de Saint-Cannat venait d’être nommé gouverneur de Toulon, les citoyens opposés à ce choix, se portèrent sur cette place et provoquèrent les partisans du nouveau gouverneur.

Les deux partis en vinrent aux mains et la rixe ne tarda pas à dégénérer en émeute. L’attitude des consuls, qui firent preuve en cette circonstance d’un grand courage, préserva la ville d’un carnage général ; ils n’hésitèrent pas à se jeter au milieu des combattants et à faire arrêter les principaux agitateurs.

Sous la Terreur, elle fut le témoin de scènes scandaleuses : des femmes du peuple, animées d’une haine farouche, attendaient, aux abords de l’église, les dames qui se rendaient aux cérémonies religieuses ; elles les accablaient d’injures et poussaient quelquefois même la fureur jusqu’à les fouetter publiquement.

Appelée tout d’abord plassa de la Gleyza, (Archives communales, CC. 390) puis vers le milieu du XVIIe siècle place de la Grande Eglise, (Archives communales, CC. 86) elle prit cinquante ans plus tard le nom de place Cathédrale. (Archives communales, BB. 62).

Dénommée le 2 vendémiaire, an III, place Tricolore, (Archives communales modernes, an III) et le 4 vendémiaire, an VII, place de la Raison, (Archives communales modernes, an VII) elle reprit, le 4 prairial, an XIII, son appellation de place Cathédrale. (Archives communales modernes, an XIII)

-MARSEILLE – 535e livraison : LE TERROIR MARSEILLAIS

 (Suite) Les sciences au XVIIIème siècle –

L’Observatoire de Marseille. – Dès la seconde moitié du 17e siècle, Marseille avait possédé des observateurs très distingués tels que le père feuillée (1660-1732), de l’ordre des minimes, et de Chazelles (1657 1710) qui, pendant 28 ans, fut professeur d’hydrographie à l’arsenal des galères ?

Nous ne nous étendrons pas ici sur la carrière de ces 2 hommes mais nous ne pouvons nous abstenir de rappeler que 2 Chazelles fut le promoteur de la création du premier observatoire régulièrement établi dans notre ville. Ce fut lui en effet qui inspira aux jésuites Laval le goût de l’astronomie.

Ce dernier su convaincre ses confrères de l’utilité d’annexer une station astronomique bien outillée au collège de Sainte-Croix que leur ordre dirigeait avec succès rue montée des Accoules à l’extrémité du roc des Moulins point culminant de la ville et en 1702 grâce à une subvention royale obtenue par le crédit du père de la chaise L’Observatoire se trouva en état de fonctionner.

Laval, qui en fut naturellement le premier directeur a eu une vie très active. À l’Observatoire il traça une méridienne qu’il prolongea jusqu’à la montagne du Collet de la rose où il fit tailler un rocher en forme de pyramide pour servir de mire et exécuta un assez grand nombre d’observations ayant trait en particulier à la réfraction atmosphérique. Il fut également chargé par le roi de travaux géodésiques sur les côtes de Provence et plus tard d’un voyage en Louisiane. Nommé professeur d’hydrographie à Toulon en 1718, Laval y transporta la plupart des instruments de Marseille, et l’Observatoire de Sainte-Croix demeura inactif jusqu’en 1729, époque où le père Pézenas va lui redonner une vie nouvelle.

Le nouveau directeur était un savant d’un rare mérite et d’une culture intellectuelle aussi variée qu’étendue. À Marseille outre l’Observatoire il avait comme le père Laval la charge des cours de l’école royale d’hydrographie fonction qu’il conserva jusqu’à la suppression des galères royales en 1749.

Cette même année l’Observatoire de sainte croix fut érigé en observatoire Royal de la Marine prenant ainsi le caractère national qui l’a conservé depuis et Pézenas confirmé dans ses fonctions de directeur fut également nommé membre correspondant de l’Académie des sciences. En même temps une passion royale a assuré les émoluments des 2 astronomes et de plus l’état contribua dans une certaine mesure à enrichir le matériel scientifique. C’est ainsi par exemple qu’un beau télescope de 6 pieds de longueur fut attribué à Marseille.

Pendant toute la durée de sa direction qui prit fin en 1763, lors de l’expulsion des jésuites, Pézenas n’a cessé de déployer un zèle une activité une habileté des plus louables. Parmi les nombreux disciples qu’il forma nous citerons le père Lagrange qui devint directeur de l’Observatoire de Milan.

Autour de 8 c’était groupé une élite d’esprit distinguée qui A Marseille s’occupait alors de la culture des lettres et des sciences. Avec eux ils publia d’année en année à partir de 1755 5 volumes et une quarto de mémoire scientifique ayant trait à l’astronomie la physique la mathématique la navigation et l’agriculture.

Saint-Jacques de Sylvabelle, qui succéda en 1763 à Pézenas comme directeur de l’Observatoire Royal de Marseille été digne de le remplacer. Un des principaux titres de Saint-Jacques est d’avoir activement contribuer et un des premiers parmi les savants français à faire comprendre la profondeur et la fécondité du principe de l’attraction universelle. Il reprit et diffusa les recherches de Newton dans un remarquable mémoire sur les variations célestes, R mémoire qu’il présenta à l’Académie des sciences, mais en l’ayant écourté et malheureusement jamais complété. D’Alembert n’en ayant pas tenu compte, Saint-Jacques prit le parti d’offrir j’en viens mémoire à la société royale de Londres qui le publia.

Enfin les troubles politiques arrêtèrent à Marseille comme ailleurs presque tout fonctionnement des institutions scientifiques.

-SANARY-SUR-MER – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et ÉDIFICES. 335e livraison). Chapelle de Notre Dame de Consolation – Dans les années qui suivent l’érection de la paroisse, la chapelle de Notre-Dame de Consolation, siège de la Confrérie des Pénitents Blancs, voit à son tour le jour. La date précise de sa construction n’est pas connue, mais d’après les messes de fondation, la période de 1570 à 1580 peut être avancée. Elle sera utilisée comme maison commune chaque fois qu’il sera nécessaire de réunir les habitants pour une décision intéressant la communauté, et ce jusqu’en 1690. Même après 1690, et jusqu’à la Révolution, c’est là que les élections auront lieu. Elle servira de même au culte paroissial chaque fois que des réparations seront effectuées à l’église Saint-Nazaire. Au cours de la Révolution, elle deviendra le siège de la Société des Amis de la Constitution, puis du  Comité de Surveillance  avant d’être vendue comme bien national le 7 fructidor An IV. Rachetée, puis rétablie au culte en 1825, avec reconstitution de la confrérie des Pénitents Blancs, des réparations y seront effectuées en 1842 et 1867 (Dissoute durant la Révolution, la confrérie des Pénitents Blancs, qui avait la charge de la chapelle dès sa construction, se dissoudra définitivement en 1867. La confrérie est, à cette date, remplacée par la Congrégation des filles). Une statue de la Sainte Vierge sera placée au-dessus de la porte, et la titulaire deviendra Notre-Dame de la Visitation. Elle servira d’ambulance improvisée lors de la catastrophe fenoviaire du 5 février 1871, avant de redevenir église paroissiale pendant la démolition et la reconstruction de l’église Saint-Nazaire entre 1890 et 1892. La chapelle Notre-Dame de Consolation, qui appartient toujours à la paroisse, a subi des travaux de réfection en 1985 puis au début des années 2020 (B. Rotger, 1984, p. 38 et 39 et Cahier du Patrimoine ouest varois n° 5/6).

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE

– Chéri, tu m’offres quoi pour mon anniversaire ?

– Tu vois la Ferrari rouge qui est garée devant chez nous ?

– Oh oui !

– Eh bien, je t’ai acheté un pull de la même couleur.

Il est 8 heures, je vous quitte en vous disant à demain pour notre entretien journalier !

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