ÉPHÉMÉRIDES DU DIMANCHE 29 JUIN 2025 – 14e ANNÉE (n° 4981)
Bonjour à tous,
ILLUSTRATIONS : suite ouest varoise. En-tête : Riboux en 1999 cl. Ribot.
LES FÊTES : Mon introduction aux éphémérides de ce jour offre un aperçu riche et détaillé des traditions et des célébrations liées à Saint Pierre dans la région provençale, mettant en lumière l’importance de ce saint dans la culture locale et les pratiques religieuses.
En ce jour de la coriandre (au calendrier républicain), soit le 29 juin, nous fêtons les Pierre (de Pierre, un des disciples de Jésus de Nazareth) et les Paul (de Paul de Tarse, l’une des grandes figures du christianisme).
Locutions et traditions provençales AVANT 1940 : Patron des pêcheurs sur tout le littoral provençal. Feux de la saint Pierre, aux Saintes Maries,, Cassis, La Ciotat (qui a la statue du saint sur la façade du tribunal de pêche), Toulon.
En 1938, après un long oubli, la Procession de la barque du saint a été reprise aux Saintes Maries. A 21 heures, un bûcher dressé au bord de la mer, est béni.
A Marseille, c’était la fête des portefaix ou gagne- deniers, qui de préférence à Saint Christophe avaient pris ce saint pour patron parce qu’il porte les clefs du Paradis. Fête aux Grands Augustins. On distribuait des galettes benesido. Cette corporation renaissant à Marseille, cet usage devra revivre.
A Saint Cyr-sur-Mer, Saint Pierre guérissait les fous.
Toulon avait des clefs de Saint Pierre, données par le Pape, et qui guérissent de toute morsure d’animal et de l’hydrophobie. L’application était faite aux gens et aux bêtes. L’apposition cautérisait la plaie, la partie mordue. Pour guérir une morsure de chien, il fallait chauffer légèrement les clefs. Le prêtre de la paroisse posait les clefs sur la tête du mordu, en disant les prières d’usage. La chapelle de N. D. des Amoureux avait ces clefs. Un témoin digne de foi, l’archéologue Henry, il y a deux tiers de siècle vit faire l’application des clefs à des bœufs mordus par un
chien enragé, dans le local dépendant de l’abattoir de Toulon.
Correns possède une relique du bras de Saint Pierre. Le troisième jour des Rogations, deux pénitents montaient sur des chaises à la porte de l’église, soutenant sur leurs épaules le brancard portant la relique. Les fidèles passaient sous le brancard et baisaient les bouts de l’étoffe pendants de la niche, les Vertus, reliquaires dont nous avons parlé plus haut.
Ne travaillez pas la terre le jour le Saint Pierre ! Pour l’avoir fait, du temps de Saint Bénezet, un moissonneur d’Avignon ne put se dépêtrer de la faucille et de la gerbe coupée. Le malheureux alla invoquer Saint Bénezet qui devant son repentir, détacha gerbe et faucille empéguées. Blé et faucille restèrent sur le tombeau, en témoins.
Le Fugeret, près d’Annot, a une procession au Désert de Saint Pierre à deux lieues. Ici il y a protection agraire (Pierre Provence, 1942).
Saint Pierre aux Liens est le patron de Six-Fours.
Le règlement de 1767 pour les patrons pêcheurs de Saint-Nazaire (Sanary) prévoyait des restrictions pour la Saint Pierre qui etait une des fêtes fériades pour les patrons.
Il ne leur est pas permis mêle d’aller visiter les filets en aucun de ces saints jours. Les tonnaires cependant peuvent rester callées les jours ci-dessus nommés, comme les dimanches, à la réserve des trois fêtes de Noël, Pâques et Pentecôte, mais jamais permis de visiter, sous peine de 10 livres d’amende et poisson confisqué. Les patrons ne pourront sortir qu’après vêpres du jour de la dernière fête de ces jours et autres fêtes fériades ci-dessus nommées, on ne pourra sortir qu’après 9 heures du soir sonnées, le tout sous peine de 10 livres d’amende. Les escombrières ne peuvent rester ni le dimanche ni les fêtes fériades sous les mêmes peines. Il sera permis de faire la prime les samedis en carême, aussi les fêtes fériades qui se trouvent en carême. » […]. Des articles traitent : des circonstances des postes pour tous les cas, des filets qu’on met cap à terre, des sardinaux et leurs circonstances, des entrenaux qui se calent tant pour les cagarelles que pour les gerles, des battudes pour battre la nuit, des reissoles, du dimanche, des fêtes fériées (Noël, Pâques et Pentecôte) où tous les filets doivent rester à terre sous peine de 25 livres d’amende, celles du vendredi saint, de la Toussaint, de la Fête-Dieu, de la Vierge (15 août et 25 mars), des Saints Pierre et Jean où il n’est pas permis de visiter les filets… On reste confondu par l’extrême rigueur de cette réglementation, notamment celle qui présente un caractère religieux (Rotger B., 1984, p. 241 et suiv. ; Patania L., Guillaume J. 2002, p. 50 et suiv.).
En 1820, la Prud’homie de La Seyne défend à ses pêcheurs de pêcher le jour de la fête de Saint-Pierre.
La Saint-Pierre était fêtée chaque année avec dévotion et la Prud’homie payait les frais qu’entraînait la célébration : cérémonie l’église, feu de joie, tambours, rubans pour cocardes, suivant l’usage (Gisèle Argensse, 1989, p. 60).
Avant la Guerre de 1914-1918, à Saint-Mandrier, on fêtait Saint-Joseph ou Saint-Michel, à partir de 1924 on fêtera en juillet Saint-Pierre, patron des pêcheurs, fête corporative qui caractérise la vie du pêcheur sur la côte méditerranéenne. Cette année-là, elle eut lieu le 10 août et fut célébrée avec les pécheurs de Saint-Elme et de La Seyne. Ensemble ils firent revivre une vieille coutume provençale. Dans la matinée tambourins en tête, avec le drapeau de la prud’homie un défilé eut lieu dans La Seyne, avec le concours de la corporation des pêcheurs de Saint-Mandrier et de Saint-Elme. En tête du cortège derrière les tambourins venaient les prud’hommes : Estienne, Th. Giraud et Cadière en tenue ; M. Dastre de Brégaillon, prud’homme, M. Charbonnier, officier d’administration, secrétaire de la prud’homie, M. Clérian conseiller municipal de Saint-Mandrier, puis les pêcheurs. A 10 heures le cortège prit place sur quatre bateaux du Creux Saint-Georges pavoisés qui arrivèrent à Saint-Mandrier à 10h30. Le cortège se rendit à la mairie, puis au Monument des morts à l’ennemi où une gerbe de fleurs fut déposée. M. l’Adjoint Spécial souhaita la bienvenue aux visiteurs ; M. Th. Giraud lui répondit. Puis, on se rendit au Café de la Marine où M. Raphel Célestin avait préparé un délicieux menu. Une sauterie de famille termina cette belle réunion. Voilà comment s’est passée la première fête de Saint-Pierre au village (Gisèle Argensse, 1989, p. 180).
En 1925, à Saint-Mandrier, la Saint-Pierre sera encore dignement célébrée par la corporation des pêcheurs, et le Creux Saint-Georges sera de nouveau choisi pour cette fête patronale des travailleurs de la mer (Gisèle Argensse, 1989, p. 180).
1952, reprise de la Saint-Pierre à Saint-Mandrier. a l’occasion de la Saint-Pierre du dimanche 23 juin 1957, le tournoi de joutes (Bandol, Cassis, Saint-Mandrier) qui s’est déroulé à Sanary s’est soldé par la victoire de Cassis. Pour ce qui concerne le duel Bandol-Saint-Mandrier, notons que les Bandolais sont entraînés par M. Bonnafoux, transfuge mandréen. Amy (Bandol) prend le dessus sur Georges Esposito, champion de France 1954. Bonnafoux (Bandol) expédie Dominique Davin dans les eaux chaudes du port sanaryen. Ajello bat Adam (Bandol), après avoir cassé sa lancette. Pimpin et Panico (Bandol) envoient respectivement à la mer Bianco et Maretto. Tonin Guerry sauve l’honneur quelque peu bafoué des Mandréens en « déquillant » tour à tour Roux, Pimpin, Panico, Amy, Huet et le Bonnafoux. Seul le Cassiden Emile Néri met un point final aux exploits de Guerry (Ken Nicolas, vol. 1, p. 312, d’après les résultats recueillis dans République de Toulon et du Var du 24 juin 1957).
Les 20 et 21 juin 1959, festivités de la Saint-Pierre à Saint-Mandrier. Un fort mistral joue avec les tartanes et autres barques de pêche. Pour créer l’ambiance de la rituelle sortie en mer du dimanche matin, les exécutants de la « Souco », de « La Conciliation », de « l’Echo de la presqu’île » et de la « clique de Saint-Jean du Var » investissent le pont des lesteurs Clara, Ville de Cannes et Conception. N’oublions pas le mythique Pipady et deux péniches de débarquement prêtés par la Marine nationale. Au large du fort Saint-Louis, la Clara stoppe ses puissants moteurs. Louis Clément jette aux vagues la couronne de fleurs symbolique en mémoire de tous les marins disparus en mer. Lors de l’apéritif d’honneur qui suit la petite balade nautique, l’abbé Conte, curé du village, reçoit la médaille d’or de l’Education physique pour services rendus à la jeunesse et aux sports (Ken Nicolas, vol. 1, p. 352).
En 1961, Saint-Mandrier fête la Saint Pierre avec éclat. Le port connaissait une grande animation, tous les bateaux pavoisaient à cette occasion. Les pavillons étaient prêtés par la mairie. Le samedi, la course des baleinières de la Marine disputée du phare de la Vieille au quai sud donnait le ton à ces réjouissances. A 21 heures, la retraite aux flambeaux par l’Echo de la presqu’île et le Bagad de l’Ecole des Apprentis de la flotte (E.A.M.F.) précédait le défilé des barques illuminées, puis l’arrivée de Saint Pierre et l’embrasement de sa barque. Les touristes demandent souvent pourquoi brûle-t-on cette barque ? On brûle la barque pour chasser les mauvais esprits et pour que tout ce qui risque de nuire parte en fumée. Puis les couples tourbillonnaient sur la place au cours d’un grand bal populaire. Les enfants s’ébattaient à la fête foraine où les barbes à papa, les pommes enrobées de sucre rouge côtoyaient les baraques de vaisselle, de loterie et les manèges. Le dimanche, Mgr Mazérat, évêque de Fréjus-Toulon, présidait la messe à bord d’une tartane, messe dite par le Père Roumat (Ken Nicolas écrit : abbé Comte), curé de Saint-Mandrier. Toutes les tartanes étaient bondées de fidèles et, après la messe, appareillaient pour le large où une gerbe était jetée à la mer à la mémoire des marins disparus. De très nombreuses personnalités civiles, maritimes et religieuses assistaient à cette manifestation. Les festivités se poursuivaient dans l’après-midi et la soirée du dimanche. L’attraction majeure était peut-être les joutes provençales (Gisèle Argensse, 1989 , p. 70). Seize heures : joutes provençales. Les onze jouteurs juniors locaux ont largement dominé leurs adversaires avec six « fraires », Eugène Albert, Georges Montagne, Gabriel Bravo, Alain Coppola, René Barbesant et, bien évidemment, le champion Jean Scotto. Pour les seniors, victoire éclatante avec quatre « fraires ». Georges Guerry qui « tombe » Raymond Bonnafoux, un ancien Mandréen, devient vainqueur de la compétition. Il reçoit en conséquence la coupe (certainement bénie !) de la Saint-Pierre des mains du bon abbé Conte. Félicitons également Michel Calone, « Tonin » Guerry et Jean Ajello. Les prochaines passes se dérouleront, dimanche 2 juillet, à Sanary (Ken Nicolas, vol. 2, p. 72-73.).
LES PECHEURS DE SANARY ET LES FETES LOCALES – A la suite d’une demande de la municipalité de Sanary, l’Assemblée Générale des patrons pêcheurs de la Prud’homie du 26 janvier 1993 a décidé à l’unanimité que – pour bénéficier de l’aide municipale au rôle sous forme de subvention, il fallait impérativement faire partie de la Prud’homie de Sanary depuis 5 ans minimum ; – être en règle de toutes ses cotisations envers la Prud’homie ; -participer aux manifestations où la présence des pêcheurs s’impose (Carnaval et Saint-Pierre). Cette Assemblée Générale fait suite à une volonté municipale de conserver les activités du port de pêche qui a connu une chute constante du nombre des marins pêcheurs (en augmentation depuis la séparation avec Ollioules jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale 37 en 1688, 77 en 1834, 68 en 1871, 80 en 1914 ; en diminution très importante après celle-ci, 23 en 1951, une vingtaine en 2002 dont une demi-douzaine de pêcheurs retraités, et malgré l’arrivée des pêcheurs repliés de Tunisie et d’Algérie qui avaient porté le nombre à 38 en 1965) (Patania L., Guillaume J., 2002, p. 58-59).
LE MOT DU JOUR : « Ne remets pas à demain ce que tu peux faire après-demain ! » (Alphonse Allais).
ÉPHÉMÉRIDES :

(Six-Fours – Reynier Eglise Notre Dame de l’Assomption – cl. G. Delattre)
CHOIX DE DOCUMENTS DU JOUR.
LA SEYNE-SUR-Mer : 249e livraison. –1867 – 29 juin : LES CHANTIERS DE LA SEYNE METTENT A L’EAU UN DOCK FLOTTANT POUR L’EGYPTE – La construction du plus grand engin flottant jamais construit aux chantiers débute le 11 octobre 1866. Le poids du dock, non compris les portes, représente 3.800 tonnes de fer assemblé par 1.060.000 rivets. La mise à l’eau, compte tenu de la longueur, ne peut se faire sur une cale traditionnelle, le lancement par le travers est préféré pour la première et dernière fois à La Seyne. Le rivage à l’est des cales est préparé sur 150 mètres par l’installation de cinq cales provisoires. Chaque cale forme un ber indépendant constitué de deux couettes de 0,60 m de largeur, espacées de 3 m reliées entre elles par des entretoises, la pente est de 6,5 %. Le dock reposant sur dix coulisses, la surface en contact avec les couettes représente 180 m² pour 4.200 tonneaux de charges, soit 23 tonnes au mètre carré (2,3 kg/cm²). Lors du glissement, et pour permettre une entrée parallèle au plan d’eau, un dispositif est mis en place avec un énorme touret disposé à cent mètres en amont, côté terre, dans l’axe du dock. Deux filins de chanvre de 32 cm de diamètre sont enroulés avec une égale tension, chaque filin étant fixé sur les coulisses extrêmes du dock. Le frein du touret est constitué par un levier sur lequel est suspendue une masse, nécessaire pour qu’il ne puisse tourner que sous un effort de 20 tonnes. Lors du glissement cette force de retenue de 10 tonnes à chaque extrémité a permis au dock d’entrer dans l’eau absolument parallèlement à la surface à la vitesse de 2 mètres par seconde. Après la mise à l’eau, le 29 juin 1867, la S.N.F.C.M procède aux finitions et aux essais. Le dock est utilisé pour mettre au sec les navires construits pour le Brésil et le Gharbie construit pour le vice-roi d’Égypte. Le 3 juillet 1868 ; le dock qui avait été muni d’une fausse étrave et d’un gouvernail, quitte les chantiers à la traîne de deux paquebots des Messageries, l’Indus de 300 chevaux et l’Amérique de 400 chevaux. Après une traversée mouvementée, il arrive à Alexandrie le 1e août 1868 (Serge Razzanti).
OLLIOULES : 250e livraison. –1721 – 29 juin : LA PESTE A OLLIOULES – Devant la contagions, les notaires avaient quitté le pays. Les testaments fuirent rédigés par le greffier de la Santé et de la Communauté Antoine Bonnonaud (exemple, celui de dame Claire Martelly, fille de feu Joseph, épouse de noble Louis de Bourlasque, lieutenant au régiment du Gâtinais, attaquée du mal contagieux), daté du 29 juin 1721 (Louis de la Bourlasque la suivit dans la tombe le 11 juillet 1721) : « Je laisse la sépulture de mon corps, funérailles et accompagnement à la volonté de mon époux : je veux que pour le repos de mon âme il soit célébré trois trentenaires de messes dans l’église paroissiale de ce lieu aux RR. PP. Observantins et de Notre-Dame de l’Oratoire, pour un trentenaire chacun. Je laisse et lègue à demoiselle Marguerite Martelly, ma sœur, trois livres payables l’an après mon décès, même somme au sieur Joseph Martelly, capitaine au régiment de la Saöne, mon frère, et au demeurant de tous mes biens…[à] mon époux, noble Louis de la Bourlasque…soussigné : Clère Martelly » (Castellan, 1937, p.145).
SANARY – 350e livraison. –1900 – 29 juin : A SANARY, LE QUAI DE LA CONSIGNE DEVIENT LE « QUAI MARIE ESMENARD » – Le 29 Juin 1900, le quai de la Consigne devient quai Marie ESME¬NARD par autorisation du Président de la République, Emile LOUBET Madame Veuve Marie ESMENARD, de BILLON (Puy de Dôme) venant très souvent à SANARY, jouissait de l’estime générale de la population maritime. C’est pourquoi à son décès, elle légua une somme de 85.000 francs dont les intérêts étaient destinés à être versés, à raison de 50 francs par trimestre, à 12 familles de pêcheurs et marins (Rotger B., 1984, p. 469).
MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS. 550 livraison : –1859 : PROMENADE SUR LE CHEMIN DE FER DE MARSEILLE A TOULON, par Adolphe MEYER (copie d’après l’original, cf. infra « En direct de ma bibliothèque »). (Suite) Voilà Saint-Marcel, la seconde station, à dix-neuf minutes de Marseille. C’est un village considérable traversé par la grande route de Toulon et par l’Huveaune. Dans un titre de l’an 1054, ce lieu est appelé Castellum Massiliense. Il est aussi nommé dans les anciens titres Castrum Santi-Marcelli, et l’on présume que, dans les temps les plus reculés, il portait le nom de Castrum Martii. La seigneurie de St Marcel fut échangée ou cédée par l’évêque de Marseille à cette ville. Aujourd’hui, le village fait partie de la commune marseillaise, il se prolonge principalement entre l’Huveaune et la base des collines (chaîne de Saint-Cyr ). On montait processionnellement le jour de Pâques à l’ermitage de ce nom, San-Ceri, et l’on y célébrait la messe, après laquelle on faisait cuire des œufs à la coque pour les manger, séance tenante, sur les rochers voisins.
Au-dessus du village on voit le château de M. de Forbin- d’Oppède.
L’Huveaune borde toujours la voie. A droite, sont des croupes arrondies et boisées; à gauche, de belles prairies. Bientôt se présente un syphon singulier : trois tubes coudés reçoivent un volume d’eau assez considérable ; elle provient du canal de la Durance. Le syphon la prend à gauche du vallon, traverse la rivière, tous les bas-fonds, et la porte sur la hauteur opposée, d’où elle court fertiliser les vastes et opulents quartiers de Sainte-Marguerite (Margarita , la perle ) de Bonneveine , de Mazargues et de Montredon.
La station après Saint-Marcel est celle de Saint-Menet. St-Menet a de beaux ombrages, mais c’est à peine un hameau. J’y ai remarqué une nature plus pierreuse, de beaux ormes et de beaux frênes, les arbres, un peu dénudés par le pied, sur le bord de la voie, montraient des réseaux de racines et des troncs fort pittoresques. Ils poussent bien là véritablement au hasard et doivent fournir une ample moisson d’études aux artistes. Ce dernier mot me rappelle que le château de Saint-Menet appartient à M. de Montgrand, fils du maire le plus honorable qui ait administré Marseille depuis la Révolution, et beau-père de M. Maurice de Vaines, un peintre profond de pensée, comme les maîtres de Düsseldorf, et vigoureux de couleur comme un vieux Bolonais. Saint-Méné ou Menet, était autrefois un prieuré de Cassianites. Un omnibus conduit de Saint-Menet à l’établissement thermal des Camoins. A peu de distance du hameau se trouve le domaine de l’Aumône, ayant appartenu aux chanoines de Saint-Victor, il est aujourd’hui la propriété de M. Bonnet, l’un de nos meilleurs agronomes.

(Riboux Eglise Saint Antoine de Padoue en 1999 – cl. H. Ribt)
EN DIRECT DE NOS ARCHIVES (L’intégrale).
–1178 – 29 juin : LES MOINES DE MONTRIEUX REÇOIVENT UNE TERRE SITUEE ENTRE VIDIL ET CANCERILLES – Acte n° 135 du cartulaire de Montrieux, daté du 29 juin et 9 juillet 1178, Montrieux, in claustra monachorum – R. et P. Belsier et les fils de celui-ci, P. et André, donnent aux chartreux de Montrieux une terre située entre Vidil et Cancerilles, contre une rémunération de 40 sous. Guillaume, seigneur de Signes, confirme cette donation. « R. Belsier et P. Belsier et ejusdem P. filii, P. Belsier et Andreas Belsier , donaverunt et laudaverunt ecclesie beate Marie Montis Rivi et habitatoribus ejusdem loci tam presentibus quam sequentibus tram quam habebant infra terminos eorum, que ab oriente terminum terram de vidilium et ab occidente terram de Cancerillis. Pro cujus terre donatione donatoribus ejus prefate domus heremite xl sol. donaverunt. Facta est autem hec donatio in manu domini Bertrandi, prioris, presentibus ejus monachi : Honorati, sacrista ; Willelmo Bez, Petro de Ponte, qui hanc cartam scrpsit ; Giraldo, Rollando, Bernardi, Willelmo, procuratore ; Willelmo, Bernardo Catalano, R., novicio ; conversis vero : Ricardo, Raimundo de Turris, Willelmo de Molendino, Stephano Scophario, Martino ; noviciis vero : Willelmo Maurelli et Pontio Dozo ; Giraldo, monacho Sancti Gervasi ; laicis vero de seculo : Engone Lombardo, P. Rostagni et B., frate ejus ; Pontio de Melna, Bosio de Melna et Lamberto, nepote illius ; B. Garsias et P. Martini, fratre ejus ; R. filio Petri de Melna ; R. Bernardi, filio Poncii Bernardi ; Willelmo, consanguineo Barnerii, presbyteri ; R. Audeberti de Torris, Giraldo Alvernatio et P., filio Johannis Ferltrarii… Romane Ecclesie presidente domino papa Alexandro, et regnante Frederico, imperatore… dominus Willelmus de Signa… laudavit et confirmavit…” (Boyer R., 1980, p. 525-526. Original parchemin, A.V., 1H1796 ; copie Capus p. 243 ; IND. A.V., 1H3, fol. 277 v° ; 1H29622, fol. 2 ; Teissier, fol. 15 ; Dubois, p. 33)
–1186 – 29 juin – LES MOINES DE MONTRIEUX REÇOIVENT UNE PARTIE DE LA TERRE DES SAMBLES SITUEE A ORVES – Acte n° 65, cartulaire de Montrieux, Guillaume Martin, seigneur du Beausset (et coseigneur d’Orvès), donne à Montrieux une partie de la terre des Sambles. « Montrieux, in claustro monachorum – Guillaume Martin, seigneur du Beausset (et coseigneur d’Orvès), donne au chartreux de Montrieux, une partie de la terre des Sambles, contre une rémunération de 40 sous et la remise d’une dette de 10 sous.] Willemi Martini, de donatione et venditione partis terre de Sambolas » (Boyer R., 1980, p. 454-455. Original perdu ; copie Capus p. 265 ; IND. Teissier, fol. 30 ; Dubois, p. 32).
–1218 – 29 juin – LIMITES DU DESERT DE LA CHARTREUSE DE LA VERNE A COLLOBRIERES – Donation faite par Raimon de Signes, sa mère Alaïs et ses deux sœurs.] … et va à la Colla de la Pruniera (Le Mont Niger ou Nier cité en 1192 et 1223 correspond très vraisemblablement au sommet actuel de la Colle qui culmine à 482 m au nord du Lavandou. La charte de 1218 évoque pour sa part une ligne de crête ponctuée par la Colla de la Pruniera qui se retrouve aujourd’hui dans le même chaînon, à l’aire Prunière – 434 m -. Le tracé coïncide exactement avec la limite de Bormes et du Lavandou) aissi coma aia pend et vass’en tot drech al Suoil Orsier aissi come aiga pend et fer al Lando (Cité dans les documents de 1192, 1218 et 1223, le Lando, ou le Collem de Landon, se retrouve dans les lieux-dits Landon et Col de Landon, sur la ligne de partage des eaux entre le bassin versant du Batailler et celui de la Môle. La limite est matérialisée par le chemin de crête qu’emprunte le GR 51) aissi come aiga pend e va à la Colla de la Batailla (La Colla de la Batailla, citée en 1192, 1218 et 1223, est l’ancien nom du col de Gratteloup que franchit la RN 98 et de la colline – altitude 296 m – qui le surplombe au nord. De ce col descendent au N-E la rivière de la Môle et au S-O le Batailler. Dans un acte de 1284, la rivière de la Môle, qui descend de l’autre versant de la Colla de la Batailla, porte également le nom de Bataillerium) et va à la Coll de la Bosseda (Les documents de 1192, 1218 et 1223 donnent la Colla ou Campum de la Boisseda qui s’identifie à la Bouissède, sommet de 432 m situé au nord du col de Gratteloup, où le GR 51 rejoint la limite des communes de Bormes et de la Londe) aissi come aiga pend et d’aqui en lo Falc (Les documents de 1192, 1218 et 1223 donnent lo Falc qui sépare selon la charte de 1223 le territoire de la Verne de celui de Collobrières. La Colla del Falc est encore mentionnée en 1225 dans une convention passée entre les Chartreux et la communauté de Bormes, d’après le cartulaire de Dom Capus. Ce nom survit dans le lieu-dit le Fau ou le Faou sur la limite communales actuelle entre Collobrières, la Londe et Bormes. La Montagne du Faucon – 622 m -, à environ 2 km au N-E, pourrait en être un avatar) dels termes de Miravals (Selon les chartes de 1174, 1192, 1218 et 1223, à partir du terme précédent, la limite se confond avec celle de Miravals, c’est-à-dire La Garde-Freinet. Miravals est le nom du petit castrum perché sur la colline de Miremer qui fut abandonné au profit de la Garde-Freinet avant le milieu du XIIIe siècle) entro al Rai de Giscla (La Giscle se retrouve dans les chartes de 1174, 1192, 1218 et 1223 ; elle sert de limite entre la Verne et Grimaud sur 2 km d’est en ouest) et d’aqui anant ansin que aiga corre entro al Rocas de Romegosa et d’aqui anant ansin com puoja Lischa per lo mont de las Arendolieras (La charte de 1192 évoque, de manière vague, un gué, passum, que l’acte de 1223 situe sur l’Ega Blanca. Aujourd’hui, on retrouve encore sur place le toponyme utilisé dans l’acte de 1218 : le Rocas de Romegosa ou Roumaguoi, qui surplombe la Giscle à l’endroit où la limite de Collobrières tourne vers le sud. Toutes ces variations dans les noms doivent s’appliquer à des lieux très voisins qui jalonnent une même limite) entro en los molons et teiras (E. Sauze note : le copiste a transcrit terras, qui ne signifie rien ici) et d’aqui drechurier ves amont passant entro al Rascas (Les actes de 1174, 1192, 1218 et 1223 donnent lo Rascaz, homonyme disparu d’un terme déjà rencontré.) et d’aqui descendon de drech en lo Laire (On serait tenté d’identifier lo Laire ou Lairador des actes de 1174, 1192, 1218 et 1223 avec le sommet appelé aujourd’hui le Laïré – 440 m -, mais, selon ces textes, ce toponyme se trouve en contrebas du Rascaz. Peut-être s’agit-il du vallon que le cadastre actuel nomme Règue du Duc.) et d’aqui anant al Rial de Chabaudosa (La limite remontait ensuite, disent les chartes de 1218 et 1223, par lo Rial de Chabaudosa vers un sommet nommé Chabaudosa par la charte de 1192. Il s’agit peut-être du vallon de Malarègue qui tombe dans le torrent de la Verne. Le nom de Chabaudosa est resté attaché à un sommet – 314 m – séparant la vallée de la Verne de celle de la Môle et que le cadastre de Collobrières appelle Capedouse, et celui de la Môle Saint-Julien, du nom d’une chapelle située au pied du versant oriental. Le sommet de Capedouse sert encore de limite à Collobrières, Bormes et la Môle) et par la val pojant entro sus en lo Serre de la Rabassieras (Le texte de 1174 place à cet endroit un lieu-dit los casals de Geboel, et celui de 1223 la Colla de Giboel, toponyme qui ne semble pas s’être conservé, pas plus que celui de la charte de 1218, lo serre de la Rabassieras. On trouve encore la collis Silvetae de l’acte de 1192 dans le lieu-dit Siouvette qui couvre tout le versant sud de l’extrémité orientale du chaînon) et d’aqui anant en drech en lo Sueil de la Silveta (Les trois chartes de 1192, 1218 et 1223 s’accordent pour placer la limite à la Fons Silvetae ou Sueil de la Silveta au bas du versant de Siouvette, là où passe exactement la limite entre la Môle et Bormes) et d’aqui en Gorg Redon (Le lieu-dit Gorc Redon, cité dans les textes de 1192, 1218 et 1223 se retrouve en 1284 mentionné dans un procès-verbal d’expertise où l’on cite le rial del Desteill) et d’aqui anant puojan per la Pineda de Bernard (Le nom de l’Agut de la Pineda de Bernard des textes de 1192, 1218 et 1223 a disparu ; la crête est sans doute celle qui suit la limite communale actuelle jusqu’au sommet coté 228 m) et dona sus en lo Castelard de Mala Merena (Le lieu-dit Malmerenda en 1192, Mala Merena en 1218 et Mala Merenda en 1223 correspond à la colline ronde de Murène au sommet de laquelle devait se trouver un poste de guet ou une fortification (comme en témoigne l’acte de 1218 qui mentionne lo castelard de Mala Merena) ansin come aiga pend della et dessa et a Bordassi (Il est impossible aujourd’hui d’identifier le lieu-dit Bordassi qui devait se trouver sur la ligne de partage des eaux) aissi come aiga pend della et dessa et va sus a la Gaya (Les chartes de 1192, 1218 et 1223 donnent la Gacha, la Gaya et la Gaita et le chemin qui y conduit. C’est un autre poste de guet qui devait se trouver là où aujourd’hui se trouve la colline de Biscarre (481 m) qui surplombe le rivage entre Bormes et Cavalaire) et fer a la Favairola (La Favairola des textes de 1192, 1218 et 1223, aujourd’hui la Faveirolle, est un petit replat en contrebas et à l’ouest du sommet de Biscarre, sur le territoire communal du Lavandou. Plusieurs ruisseaux en descendent. Celui qui est mentionné en 1192 et 1223, fons de Favairola, prend sa source à l’ouest et coule dans un ravin très encaissé, le fossatum des chartes, aujourd’hui Vallon de Rompecul) aissi come aiga pend… (E. Sauze, Les limites du désert de la Verne).
–1220 – 29 juin : COMTE DE FORCALQUIER – Meyrargues. Décision arbitrale de Bertrand Cornut, archevêque d’Aix, Bertrand de Baux, Gaufridet de Trets, etc. dans les contesta¬tions entre Garsende, comtesse de Provence, et Raimond Bérenger V, son fils, d’une part, et Guillaume de Forcalquier, d’autre part, pour le comté de Forcalquier. (acte des vicomtes de Marseille n° 412, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : Arch. départ, des Bouches-du-Rhône, B 312. — B. Copie contemporaine ; Ibidem. — C. Copie du 26 janvier 1235 : Ibidem. — /). Copie du XVIIe siècle : Bibl. de Carpentras, ms. n° 1863, loi. 43. a. Bouche, La Chorographie … de Provence, t. I, p. 853. -— b. Baron du Roure, Notice historique sur une branche de la maison de Sabran, p. 49, avec reproduction héliographique. IND.: D* Barthélemy, Inventaire… Supplément, n° 36.
–1243 – 29 juin – GILBERT DES BAUX FAIT UN DON DE 1000 SOUS A LA CATHEDRALE DE TOULON – Acte 518 des vicomtes de Marseille. « Toulon. Mort de Gilbert des Baux, chanoine laïc de la cathédrale de Toulon, à laquelle il laissa 1000 sous pour son anniversaire. III kalendas julii, obiit dominus Gisbertus de Baucio, canonicus noster, qui reliquit huic ecclesie mille soldos pro suo anniversario faciendo, ac centum soldos pro una. » Epitaphe de Gaufridet de Marseille, seigneur de Trets et de Toulon, de sa femme Guillemette de Blacas et de leur gendre Gilbert des Baux : (L’acte 519 des vicomtes de Marseille, que rapporte ensuite Gérin-Ricard, est la copie de l’épitaphe de Gaufridet de Marseille, seigneur de Trets et de Toulon, de sa femme Guillemette de Blacas et de leur gendre Gilbert des Baux. Il s’agit d’une plaque de marbre apposée après le 29 juin 1243 sur le mur méridional extérieur de la cathédrale de Toulon, à gauche de la porte) Qui tumulum cernit, cur non mortalia spernit ? anno incarnationis Domini millesimo CC°XXX°, nono nonas julii, obiit dominus Gaufridetus, dominus Tritis et Tholoni…. – Item, obiit Guillema, uxor domini Gaufredeti, anno domini millesimo CC trigesimo carto, X° kalendas septembris. – Obiit dominus Gisbertus de Baucio. – Sit notum cunctis quod domina Sibilia fecit fieri hoc sepulcrum. Ave Maria (de Gérin-Ricard : Martyrologe de l’église de Toulon).
–1243 – après le 29 juin : Epitaphe de Gaufridet de Marseille, seigneur de T rets e! de Toulon, de sa femme Guillemette de Blutas et de leur gendre Gilbert de Baux. (Acte 519 des vicomtes de Marseille, Henri de Gérin-Ricard, 1926. Réf.
A. Plaque de marbre sur le mur méridional extérieur de la cathédrale de Toulon, à gauche de la porte. Note : Cette épitaphe surmontait le tombeau construit dans la cathédrale par Sibile de Marseille pour son mari Gilbert de Baux et pour son père et sa mère, probablement peu de temps après la mort de Gilbert arrivée en 1243. Le tombeau a été démoli lors de l’agrandissement de l’église opéré vers 1660. Un acte passé à Toulon, le 24 octobre 1482, et relatif à une fondation de messe à la cathédrale par la confrérie de la Conception de la Vierge, mentionne comme suit la position du tombeau de Gaufridet de Trets : Xctum Tholoni, in plalea ecclesie cathedralis Tholonensis et super bancum lapide um, ante momimentum domine de Tritis (Arch. départ, du Var, E 641, fol. 96, protocole d’Ilonoré Pavés, mentionné par Albanès et Chevalier, Gallia … Toulon, n° 907)
B. Bibl. de Carpentras, ms. 1859, fol. 225. Getle copie de Peiresc indique à tort deux fois Gaufridus pour Gaufridetus. (Renseigne¬ment dû à M. Benoît, archiviste paléographe.)
a. Rufïi, Histoire de Marseille, p. 73, avec dessin indiquant au- dessus de l’épitaphe: un buste et de chaque côté la croix de Toulouse, cléchée et pommetée, qui a été portée par les comtes de Provence, les vicomtes de Marseille, les de Baux. — b. Oct. Teissier, Toulon au moyen âge, p. 243 (d’après un estampage). —
a. G. Lambert, Les seigneurs de Toulon au moyen âge, dans Bulletin de T Académie du Var, 1897. T. XX, p. 55 à 59. —- d. E. de Juigné de Lassigny, Généalogie des vicomtes de Marseille, dans Mémoires du Congrès des Sociétés savantes de Provence, Arles, 1909, p. 251.
Qui tumulum cernit, cur non mortalia spernit ? Anno Incarnationis Domini millesimo GG°XXX°, nono nonas julii, obiit dominus Gaufridetus, dominus Tritis et Tholoni. In pace ejus anima requiescat. — Item, obiit Guillelma, uxor domini Gaufrideti, anno Domini millesimo GG trigesimo carto, x° kalendas septembris. — Obiit dominus Gisbertus de Baucio. — Sit notum cunctis quod domina Sibilia fecit fieri hoc sepulcrum. Ave Maria.
–1274 – 29 juin – CÉRÉMONIE POUR LE JOUR DE LA FETE DES SAINTS PIERRE ET PAUL – Le IIe Concile de Lyon s’ouvre le 7 mai 1274 en présence de plus de cinq cents pères. Les ambassadeurs grecs sont là pour négocier, mais il n’y a rien à négocier : aucune discussion ne se tient durant ce concile, il y a juste des cérémonies, en particulier celle du 29 juin, jour de la fête de Saint Pierre et Saint Paul : c’est l’occasion d’une célébration du Pape, au cours de laquelle est chanté un Credo avec le filioque (Henri Ribot, L’EMPIRE BYZANTIN DE 1204 à 1453).
–1380 -29 juin : JEANNE DE NAPLES ADOPTE LOUIS D’ANJOU, FRERE DU ROI DE FRANCE – De ses quatre maris, la reine de Naples et comtesse de Provence,, Jeanne, n’avait eu que des enfants morts en bas âge ; le problème de sa succession s’avérait difficile. Son neveu et plus proche parent, Charles de Duras, lui vouait une haine implacable. Sur les conseils du pape Clément VII, le 29 juin 1380, elle adopte pour héritier du trône Louis d’Anjou, frère du roi de France Charles V, mais la mort de ce dernier empêche le prince de venir rapidement au secours de sa mère adoptive.
–1558 – 29 juin : LES SIX-FOURNAIS REÇOIVENT L’ORDRE DE PORTER DES VIVRES AUX TURCS – Pendant la même année 1558, les consuls de Six-Fours, d’après J. Denans, fournirent des vivres à des navires turcs venus mouiller à Toulon (Louis Baudoin, 1965, p. 98). ORDRE DE PORTER DES VIVRES A L’ARMEE TURQUESQUE : Monsieur le comte de Tande, par ses lettres et ordre donné à Marseille le 29 juin 1558, adressé à Monsieur Gerosme Albert, commis par autre commissaire, aux fins de se transporter aux villes et lieux, tant de la cote de la marine, que autres, de ce pays, pour faire commandement de par le roi et lui, aux consuls, syndics, manants et habitants desdites villes et lieux, de porter ou envoyer le long de ladite cote de la marine : bœufs, moutons, poulardes et autres vivres, pour en survenir l’armée turquesque (turque), qui s’attendait de jour à autre en ses mers. Et ayant été averti qu’elle est arrivée à Saint Florins, étant requis de donner prompt ordre à l’envoi desdits vivres, il a avisé que tous les lieux de la vallée fourniront, selon la cotisation, que sur ce, en sera faite par les procureurs du pays. Savoir : pour S-F fournir un bœuf, 10 milleroles d’huile, 15 chapons et 15 poulardes (Jean Denans, 1713).

(Ollioules et Evenos : La Reppe et les Gorges ou vaux en 1983 – cl. H. Ribot)
–1577 – 29 juin : VENTE DE DEUX MOULINS A EAU SITUES AU QUARTIER DES MOULLIERES – Comme encore, par acte du 29 juin 1577, reçu par Maître Aycardi, notaire, lesdits consuls auraient aussi vendu à Arnaud Lombard, bourgeois, deux moulins à eau au quartier des Mollières, au prix de 2 701 florins, et vingt et un florins quatre sols pour les droits du sur inquain, sous la réserve d’une cense de un patac, payable à chaque jour de Noël, de la directe et perception du lods en cas de vente, avec le droit de rétention (Jean Denans, 1713). Les moulins à eau des Moulières, avec leurs jardins et autres dépendances, furent vendus au sieur Armand Lombard, bourgeois, pour le prix de 2701 florins, plus 21 florins 4 sols pour droit de surenchère et sous la réserve d’une cense de patac payable toutes les années à la fête de Noël, du droit de directe et de perception du droit de lods en cas de vcnte avec clause de retrait féodal (Ce droit permettait le rachat, par une Communauté, d’un héritage féodal tombé entre les mains d’un étranger à cette Communauté. Le retrait lignager : dans les ventes de biens fonciers, les plus proches en affinitat et parentela furent investis d’un droit de préférence, moyennant le paiement du prix. Rien de plus ancien que le retrait lignager, puisqu’il remontait à la législation mosaïque ; mais à la suite d’une loi romaine qui l’avait abrogé, il était resté étranger à la Provence ; seules quelques villes l’avaient établi au nombre de leurs coutumes. L’usage en fut rendu général par un statut complémentaire de celui relatif aux successions, dans cette année 1472 (de Ribbe). Retorn, retourne : cf. retrait lignager (Levy 1909), restauration (Mistral 1890). Cet acte important fut passé le 29 juin 1577 par-devant Me Aycard, notaire à Six-Fours (Louis Baudoin, 1965, p. 782).
–1720 – 29 juin : LA PESTE A MARSEILLE – 28 et 29 juin, à Marseille, un tailleur et sa femme meurent de la peste, place du Palais (André Maurice, 1983).
–1721 – 29 juin : LA PESTE A OLLIOULES – Devant la contagions, les notaires avaient quitté le pays. Les testaments fuirent rédigés par le greffier de la Santé et de la Communauté Antoine Bonnonaud (exemple, celui de dame Claire Martelly, fille de feu Joseph, épouse de noble Louis de Bourlasque, lieutenant au régiment du Gâtinais, attaquée du mal contagieux), daté du 29 juin 1721 (Louis de la Bourlasque la suivit dans la tombe le 11 juillet 1721) : « Je laisse la sépulture de mon corps, funérailles et accompagnement à la volonté de mon époux : je veux que pour le repos de mon âme il soit célébré trois trentenaires de messes dans l’église paroissiale de ce lieu aux RR. PP. Observantins et de Notre-Dame de l’Oratoire, pour un trentenaire chacun. Je laisse et lègue à demoiselle Marguerite Martelly, ma sœur, trois livres payables l’an après mon décès, même somme au sieur Joseph Martelly, capitaine au régiment de la Saöne, mon frère, et au demeurant de tous mes biens…[à] mon époux, noble Louis de la Bourlasque…soussigné : Clère Martelly » (Castellan, 1937, p.145).
–1777 – 29 juin : LOUIS XVI NOMME NECKER DIRECTEUR GENERAL DES FINANCES DU ROYAUME (Pierre Goubert, 1984).

(Saint Cyr : Tour du Rega en 1998. Cl. H. Ribot)
–1789 – 29 juin – DEPUIS QUE LE PEUPLE A APPRIS LA NOUVELLE DE LA REUNION DES TROIS ORDRES, IL EST PRIS D’UN TRES GRAND ENTHOUSIASME, titre un journal qui semble refléter le sentiment populaire : « Depuis que le peuple a appris la nou¬velle de la réunion des trois ordres, il est pris d’un très grand enthousiasme. Cette émotion a été portée à son comble lorsque l’on a vu le roi et la reine mêler et confondre leur joie et leurs larmes dans leurs embrassements. » Mais le peuple est bien naïf» qui pense voir là une soumission totale du pouvoir royal (Agenda du Bicentenaire, LUNDI 29 JUIN).
–1793 – 29 juin : CRIMES CONTRE L’HUMANITE AVEC LE DEBUT DE LA BATAILLE DE NANTES.
–1798 – 29 juin : LA COMMISSION MILITAIRES DE TOULON DANS SES ŒUVRES – Fabre Marc 48 ans de Varages, est condamné à mort par la Commission militaires de Toulon (Mongin L. ; Henriette Trojani).

(Sanary – Portissol en 1983 – cl. H. Ribot)
–1801 – 29 juin : EXPEDITION D’EGYPTE – -Journal d’un notable du Caire durant l’expédition française 1798-1801 – Lundi 17 du mois de Safar 1216 – Elargissement des prisonniers turcs détenus à la Citadelle. Chacun reçut une pièce d’étoffe et 15 piastres. On les renvoya au camp du vizir. On avait exigé d’eux un gros effort pour des travaux de force en transport de terre et de pierres, dans de dures conditions d’internement et d’alimentation. Aussi beaucoup d’entre eux étaient- ils morts. [Le drapeau ottoman sur la Citadelle] Les Français libérèrent également des Bédouins et des fellahs. Dans la nuit du lundi, après le coucher du soleil, on entendit la voix du canon à la citadelle d’al-Zâhir, en dehors du quartier al-Husayniyya. On entendit aussi l’appel à la prière du ‘asha (vers 8- 9 heures du soir) et de l’aurore. Quand le jour se leva, les gens regardèrent [vers la Citadelle] et aperçurent l’étendard osmanli au sommet et des [soldats] musulmans sur les murs. Alors les gens apprirent que la Citadelle s’était rendue. Les coups de canon entendus en avaient donné l’annonce. Joie des gens quand ils constatèrent que la forteresse s’était bien rendue. Le bruit s’est répandu qu’on avait relâché le matin les cheikhs retenus comme otages, ainsi que d’autres et tous les détenus. Les Français se hâtent de transporter ou de vendre leur matériel, leurs chevaux, leurs cuivres, leurs servantes et leurs domestiques (’abîd)5. C’est la liquidation de leurs affaires ! Ils descendirent plusieurs canons de la Citadelle, ainsi que de la citadelle de Bâb al- Barqiyya ; ils évacuent aussi leur matériel, leur literie et la poudre.
–1830 – 29 juin : LA CONQUÊTE D’ALGER – L’ARMEE FRANÇAISE EST DEVANT LE FORT DE L’EMPEREUR : A la fin de la journée du 29 juin, après des malentendus, des confusions, des faux mouvements déterminés par une erreur de l’état-major général, avec de la fatigue et un peu plus de périls, on arrivait au but : l’armée était devant le fort de l’Empereur. Le dernier acte de la campagne allait s’ouvrir. Les troupes avaient montré beaucoup de vigueur et d’entrain dans les combats qu’il avait fallu livrer pour débusquer les Turcs de leurs positions. La brigade d’Arcines, vigoureusement conduite, s’était distinguée. La division des Cars avait eu la principale part à ces vifs engagements. Après avoir enlevé la première hauteur, il y eut un effort énergique à faire pour enlever le second ravin. Les Turcs revinrent plusieurs lois à la charge, mais ils furent culbutés. Dans une de ces dernières luttes, qui eut pour théâtre une côte couverte de maisons, les musulmans, après s’être énergiquement défendus, égorgèrent leurs femmes et leurs enfants, pour les empêcher de tomber dans nos mains, indice certain de la passion furieuse avec laquelle ils avaient combattu. Un vif enthousiasme éclata parmi les troupes françaises quand elles aperçurent le fort de l’Empereur et, à quelque distance, Alger la guerrière, ses minarets, son port, ses murailles blanches, ses redoutables batteries. Des acclamations s’élevèrent sur toute la ligne, et l’armée française salua cette proie qu’elle était venue chercher à travers tant de fatigues et de si loin. On apercevait, entre la ville et le fort de l’Empereur, un nombreux rassemblement de troupes. Du côté de la porte Bab-Azzoun, le rivage était couvert d’habitants, qui sortaient en toute hâte de la ville, en emportant leurs effets les plus précieux. Les consuls européens, réunis au consulat des États-Unis, en face de la porte opposée, envoyaient offrir leurs services au général en chef de l’armée française : ils abdiquaient dès lors leurs fonctions auprès d’un gouvernement condamné à mourir, le comte de Bourmont prescrivit au général Valazé de reconnaître immédiatement le point où l’on pourrait ouvrir la tranchée dans la nuit suivante, et décida qu’on armerait six batteries contre le château de l’Empereur (Alfred Nettement, Histoire de la conquête d’Alger).

(Signes Pont de Chibron sur le Latay – Coll. JMT)
–1859 : PROMENADE SUR LE CHEMIN DE FER DE MARSEILLE A TOULON, par Adolphe MEYER (copie d’après l’original, cf. infra « En direct de ma bibliothèque »). Premier épisode : BANLIEUE. – AUBAGNE (2e partie) On gagne ainsi le village de la Pomme, première station, à douze minutes de Marseille. Là se montre l’Huveaune, charmante rivière qui coule bordée de prairies et de grands arbres. Albeka était le nom qu’elle portait dans l’antiquité, il rappelle celui des Albiœci dont parle César, et qui vinrent au secours de Marseille dont ils étaient les alliés. Les chartes du XIe et XIIe siècles la nomment Evelua , Huvelna. Des Prémontrés possédaient un monastère à son embouchure ; il avait été fondé en 1204, subsista jusqu’en 1404 , et fut définitivement réuni à l’Abbaye de Saint Sauveur en 1524. ( Il y a des chiffres obstinés) L’Huveaulne commence dans le département du Var, par un ruisseau qui vient du revers septentrional de la Sainte Baume, entre Nans et Saint- Zacharie ; elle traverse ce village, puis Auriol, Roquevaire, Aubagne et toute la partie sud-est du terroir de Marseille, pour se jeter dans la mer à deux pas de la promenade du Prado.
En tenant compte des sinuosités , le cours de l’Huveaune est d’environ quatre myriamètres. Les eaux, moins abondantes qu’autrefois (puisqu’elles formèrent, dit-on, de grands lacs superposés, jusqu’à l’époque de la maison d’Anjou), ne tarissent pourtant jamais : et si le lit est parfois à sec, dans l’été, il faut l’attribuer aux nombreux canaux d’arrosage que l’on tire de son sein et qui sont, sur un long parcours, absorbés par les terres qu’ils fertilisent. La statistique des Bouches-du-Rhône donnait, en 1824 , 20 000 habitans à la vallée de 1’Huveaune, et dans un « tableau approximatif du nombre d’individus atteints des maladies qui règnent ordinairement dans chaque saison de l’année, » elle assignait un chiffre réellement exceptionnel en faveur de la salubrité de cette vallée : le total des malades n’arrivait qu’à 205, soit 1 sur 98 , tandis qu’à Marseille ce même chiffre était d’un sur 50.
En deçà de la Pomme, la nature devient de plus en plus agreste. Nous y avons vu un grand nombre d’arbres en fleur dont la neige odorante se détachait avec une fraîcheur ravissante sur le fond agréable des prés verts. Un peu au-delà de ce village on traverse l’Huveaune qu’on laisse à droite, coulant paisiblement sous un dôme d’un vert tendre. Presque de suite se présente le château de la Moutte, autrefois de M. le conseiller Dupuy de la Moutte. C’est dans ce château sombre et humide, à cause de la ceinture d’arbres deux fois séculaires qui le cachent, qu’eut lieu un banquet mémorable, donné sous le règne de Louis-Philippe, par le parti légitimiste, à l’orateur Berryer, élu député de Marseille. Le parc, les allées, exhalent cette mélancolie sévère des grandes demeures un peu abandonnées.
En deçà delà Moutte, le paysage offre un tableau très-pittoresque : les collines de gauche s’avancent, celles de droite se rapprochent, et toutes ensemble forment ainsi une échancrure au fond de laquelle coule la rivière. La masse sombre des flancs couverts de pins, ou les versants calcaires parsemés d’yeuses, présentent un contraste piquant avec les agréables nuances de la végétation du vallon qu’elles font paraître plus douce à l’œil.
Les voyageurs qui traversaient autrefois la Provence sur des routes où s’élevait un perpétuel nuage de poussière calcaire chauffée aux rayons d’un soleil torride, ne pouvaient se faire une idée de notre pays, de cette belle nature pleine de caprices et d’antithèses , de surprises et de ravissements. J’espère qu’un voyage fait au printemps , sur les divers chemins de fer qui sillonnent notre province, leur révélera toutes ses beautés splendides.
Au-dessus du village on voit le château de M. de Forbin- d’Oppède.
L’Huveaune borde toujours la voie. A droite, sont des croupes arrondies et boisées; à gauche, de belles prairies. Bientôt se présente un syphon singulier : trois tubes coudés reçoivent un volume d’eau assez considérable ; elle provient du canal de la Durance. Le syphon la prend à gauche du vallon, traverse la rivière, tous les bas-fonds, et la porte sur la hauteur opposée, d’où elle court fertiliser les vastes et opulents quartiers de Sainte-Marguerite (Margarita , la perle ) de Bonneveine , de Mazargues et de Montredon.
La station après Saint-Marcel est celle de Saint-Menet. St-Menet a de beaux ombrages, mais c’est à peine un hameau. J’y ai remarqué une nature plus pierreuse, de beaux ormes et de beaux frênes, les arbres, un peu dénudés par le pied, sur le bord de la voie, montraient des réseaux de racines et des troncs fort pittoresques. Ils poussent bien là véritablement au hasard et doivent fournir une ample moisson d’études aux artistes. Ce dernier mot me rappelle que le château de Saint-Menet appartient à M. de Montgrand, fils du maire le plus honorable qui ait administré Marseille depuis la Révolution, et beau-père de M. Maurice de Vaines, un peintre profond de pensée, comme les maîtres de Düsseldorf, et vigoureux de couleur comme un vieux Bolonais. Saint-Méné ou Menet, était autrefois un prieuré de Cassianites. Un omnibus conduit de Saint-Menet à l’établissement thermal des Camoins. A peu de distance du hameau se trouve le domaine de l’Aumône, ayant appartenu aux chanoines de Saint-Victor, il est aujourd’hui la propriété de M. Bonnet, l’un de nos meilleurs agronomes.
Nous commençons à voir Gardelaban ; il a son chapeau, présage de pluie :
« Garlaban a lou capeou, Prend toun sa, saouve-ti leou. »
Il ne faut point prendre « le nom d’un port pour un nom d’homme , « Gardelaban est une montagne. C’est l’ancien Gallus Albaniœ, le coq ou horloge des Aubagnens. Son élévation, au-dessus du niveau de la mer, est de 745 mètres ; sa composition, de calcaire alpin jaunâtre et pénétré d’oxide de fer. On a cru jadis que Gardelaban recelait de l’or, et la tradition porte que l’exploitation d’une mine y fut autrefois entreprise, mais presque aussitôt abandonnée : les profits ne couvraient pas la dépense. La vallée d’Auriol (Aurea vallis ), qui s’étend au pied de la montagne, a peut-être reçu son nom de cette faible mine d’or.
Du point où nous sommes, Gardelaban occupe le fond du tableau à l’Est ; les collines qui relient le plateau de la Pomme à la colline de l’Evêque, courent à gauche, tandis que à droite se prolongent toujours les croupes boisées de St-Cyr et de St-Marcel.
A trente-deux minutes de Marseille se trouve la station de la Penne. Ce village tire son nom de sa position au pied des rochers, quoique les populations le fassent venir d’un ancien monument romain que 1’on y voit encore, et qui aurait servi de tombeau a un certain Penellus ou Penna ( nom étrusque ), général romain, servant dans les troupes que César avait groupées autour de Marseille. Ce monument est nommé la Pennelle. C’est une pyramide irrégulière, composée, dans son état actuel, de huit assises en retrait l’une sur l’autre. Elle est fort curieuse. Mais le nom ligurien de Penne, des Pennes, commun à beaucoup de villages situés dans les rochers escarpés et qui a la même signification que le Penna des Espagnols, ne convient-il pas mieux pour expliquer l’origine de la dénomination de cet endroit ? On fait généralement trop bon marché des souvenirs et de la langue des Gaulois lorsqu’il s’agit d’antiquités. Avant d’être soumis par Rome , nos ancêtres furent les conquérants de l’Italie, de l’Illyrie, de la Thrace , de la Grèce et de l’Asie-Mineure ; « de l’Océan aux Alpes et du Rhin aux Pyrénées leur langue était la même, » dit M. Granier de Cassagnac ; un pareil peuple a dû laisser sur le territoire une profonde empreinte, l’empreinte indélébile d’une langue bien plus ancienne et bien plus énergique que le latin. Mais la fausse érudition du moyen-âge , qui croyait tout tenir de la latinité, nous a valu une foule d’erreurs dont la science et les lettres ne se débarrasseront pas aisément.
Au reste, peu importe l’origine de ce nom, l’endroit est charmant, c’est toujours le cours de l’Huveaune : des prés verts et des arbres humides encore des frais baisers de la nuit. Entre leurs cimes, on aperçoit le château de la Reynarde, naguère possession de la famille de Félix, aujourd’hui acquis et restauré par M. Roux de Fraissinet. M. le comte de Félix est mort récemment à son château d’Ollières, dans le Var. Laissez-moi vous citer la devise de sa maison ; la répétition des initiales la rendent très-originale et je la trouve fort belle par ce temps de palinodies : Felices Fuerunt Fideles. Le mot semper est sous-entendu.
Des membres de la famille de Félix, aucun ne pratiqua mieux cette devise que le vertueux ami du Dauphin, père de Louis XVI, le maréchal Dumuy, vrai type du guerrier chrétien.
La colline de l’Evêque approche rapidement ; nous sommes à Camp-Major, la cinquième station en partant de Marseille, et placée à sept minutes de la précédente.
Si j’en crois les habitans, Camp-Major signifie le grand camp de César ; mais Achard présume qu’une colonie arlésienne, étant venue s’établir très anciennement à Aubagne, donna le nom de Camaïor à ce lieu qui rappelait alors la Camargue par sa physionomie. Le Pagus Lucretus voisin, le Lucretum, d’où Crau serait dérivé, donnerait une sorte de confirmation a cette opinion. Du temps de César, la plaine; fertile qui s’étend sous nos yeux , pouvait-elle servir à asseoir un camp, et, si elle remplissait les conditions d’étendue, de position stratégique, offrait- elle le même avantage comme salubrité ?
Le grand nombre d’anciens camps romains que l’on dit avoir existé sur une multitude de points, ne saurait nullement surprendre. « Les Romains , dit Napoléon 1er, bon juge en ces matières, doivent la constance de leurs succès à la méthode dont ils ne se sont jamais départis , de se camper tous les soirs dans un camp fortifié , de ne jamais donner bataille sans avoir derrière eux un camp retranché pour leur servir de retraite et renfermer leurs magasins, leurs bagages et leurs blessés. La nature des armes dans ces siècles était telle, que dans ces camps ils étaient non-seulement à l’abri des insultes d’une armée égale, mais même d’une armée supérieure ; ils étaient les maîtres de combattre ou d’attendre une occasion favorable… Pourquoi donc une règle si sage , si féconde en grands résultats a-t-elle été abandonnée par les généraux modernes ? Parce que les armes offensives ont changé de nature : c’est avec sa courte épée que le légionnaire a vaincu le monde ; c’est avec la pique macédonienne qu’Alexandre a conquis l’Asie. L’arme principale des modernes est l’arme de jet, le fusil, cette arme supérieure à tout ce que les hommes ont jamais inventé : aucune arme défensive n’en peut parer l’effet. Un camp romain était placé indépendamment des localités : toutes étaient bonnes pour des armées dont toute la force consistait dans les armes blanches ; il ne fallait ni coup d’œil, ni génie militaire, pour bien camper ; au lieu que le choix des positions, la manière de les occuper et de placer les différentes armes, en profitant des circonstances du terrain, est un art qui fait partie du génie du capitaine moderne. »
Toutes ces choses considérées, Camp-major aurait très-bien pu servir à camper le gros de l’armée romaine ; je ne m’y oppose pas (à suivre).
-LES CHANTIERS DE LA SEYNE METTENT A L’EAU UN DOCK FLOTTANT POUR L’EGYPTE – La construction du plus grand engin flottant jamais construit aux chantiers débute le 11 octobre 1866. Le poids du dock, non compris les portes, représente 3.800 tonnes de fer assemblé par 1.060.000 rivets. La mise à l’eau, compte tenu de la longueur, ne peut se faire sur une cale traditionnelle, le lancement par le travers est préféré pour la première et dernière fois à La Seyne. Le rivage à l’est des cales est préparé sur 150 mètres par l’installation de cinq cales provisoires. Chaque cale forme un ber indépendant constitué de deux couettes de 0,60 m de largeur, espacées de 3 m reliées entre elles par des entretoises, la pente est de 6,5 %. Le dock reposant sur dix coulisses, la surface en contact avec les couettes représente 180 m² pour 4.200 tonneaux de charges, soit 23 tonnes au mètre carré (2,3 kg/cm²). Lors du glissement, et pour permettre une entrée parallèle au plan d’eau, un dispositif est mis en place avec un énorme touret disposé à cent mètres en amont, côté terre, dans l’axe du dock. Deux filins de chanvre de 32 cm de diamètre sont enroulés avec une égale tension, chaque filin étant fixé sur les coulisses extrêmes du dock. Le frein du touret est constitué par un levier sur lequel est suspendue une masse, nécessaire pour qu’il ne puisse tourner que sous un effort de 20 tonnes. Lors du glissement cette force de retenue de 10 tonnes à chaque extrémité a permis au dock d’entrer dans l’eau absolument parallèlement à la surface à la vitesse de 2 mètres par seconde. Après la mise à l’eau, le 29 juin 1867, la S.N.F.C.M procède aux finitions et aux essais. Le dock est utilisé pour mettre au sec les navires construits pour le Brésil et le Gharbie construit pour le vice-roi d’Égypte. Le 3 juillet 1868 ; le dock qui avait été muni d’une fausse étrave et d’un gouvernail, quitte les chantiers à la traîne de deux paquebots des Messageries, l’Indus de 300 chevaux et l’Amérique de 400 chevaux. Après une traversée mouvementée, il arrive à Alexandrie le 1e août 1868 (Serge Razzanti).
-AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, maire de Saint-Nazaire (Sanary) – 29 juin samedi Saint Pierre – beau temps, brise du sud-ouest. Ce matin à 8 heures, nous avons entendu le salut impérial. Ce qui nous prouve que le sultan Abdul Aziz est arrivé. Une foule de personnes sont allées à Toulon par le train de ce matin pour voir la réception du sultan, sa suite et sa personne. Au moment où j’écris j’entends de nouveau un salut impérial. Il est dix heures moins un quart.
–1884 – 29 juin : LE CHOLERA FRAPPE LA REGION TOULONNAISE – A l’hôpital de Saint-Mandrier, huit malades ont été amenés dans la journée, ce qui élève le chiffre des cholériques à 36 : 21 sont convalescents, 14 atteints légèrement, et 1 gravement atteint. Aucun cas de décès n’est à signaler (Gisèle Argensse, 1989, p. 79).

(Le Castellet – La Pinède emplacement du vicus romain. Cl. 1990 CAV)
–1900 – 29 juin : A SANARY, LE QUAI DE LA CONSIGNE DEVIENT LE « QUAI MARIE ESMENARD » – Le 29 Juin 1900, le quai de la Consigne devient quai Marie ESME¬NARD par autorisation du Président de la République, Emile LOUBET Madame Veuve Marie ESMENARD, de BILLON (Puy de Dôme) venant très souvent à SANARY, jouissait de l’estime générale de la population maritime. C’est pourquoi à son décès, elle légua une somme de 85.000 francs dont les intérêts étaient destinés à être versés, à raison de 50 francs par trimestre, à 12 familles de pêcheurs et marins (Rotger B., 1984, p. 469).
–1940 – 29 juin :
1. QUEL EST LE DESTIN DE LA FLOTTE FRANÇAISE APRES L’ARMISTICE ? Mais où ira donc la flotte ? Les détails restent à négocier. Tandis que les relations avec l’Angleterre vont rapidement se détériorer, les délégués français engagent les premiers pourparlers avec la commission d’armistice italienne, ainsi qu’une approche avec les Allemands qui proposent d’entrée le désarmement de certains grands navires dans l’Arsenal de Brest. Pour Darlan, cette option n’est pas envisageable. Un accord satisfaisant sur la répartition de nos navires entre des ports libres d’occupation aboutira à Turin le 29 juin. Les deux cuirassés Richelieu et Jean Bart, le porte-avions Béarn et quelques bâtiments auxiliaires seraient ainsi désarmés à Oran. Trois croiseurs et des torpilleurs seraient désarmés à Alger et Bougie; trois cuirassés type Provence et des torpilleurs, à Bizerte et Bône; le Dunkerque et le Strasbourg, huit croiseurs et les contre-torpilleurs, à Toulon. Les sous-marins désarmeraient à Toulon, Bizerte et Oran alors que trois croiseurs armés de pièces de 203, deux armés de 152, six torpilleurs, quatorze sous-marins et divers petits bâtiments resteraient armés pour assurer la défense des colonies. Aussitôt informés de l’acceptation italienne, l’Amirauté française se tourne vers la commission allemande qui ne la rejette pas mais s’oppose fermement au passage du détroit de Gilbraltar, bloquant ainsi le Richelieu à Dakar depuis le 23 et le Jean Bart à Casablanca depuis le 22. A ce jour, la flotte qui s’apprête à démobiliser les premiers contingents, est toujours disponible et formée en escadre, aux ordres de son chef. Elle n’est plus à Toulon, où subsistent tout de même trois croiseurs, une douzaine de contre-torpilleurs et vingt sous-marins, mais à Oran, à Alexandrie, à Casablanca et à Dakar. Quelques croiseurs stationnent à Alger et divers bâtiments évacués des ports de la Manche et de l’Atlantique se regroupent ou font route vers le Maroc. D’autres se sont dispersés en Angleterre. Une importante partie des bâtiments se trouve donc en Méditerranée avec les quatre cuirassés de la Force de Raid mouillés à Mers el-Kébir, et la Force X bloquée à Alexandrie. Cinq cuirassés au total et pas moins de dix croiseurs et vingt contre-torpilleurs (Marc Saibène, Toulon et la Marine 1942-1944).
2. DISSOLUTION DE LA MUNICIPALITE DE LA SEYNE – La Municipalité seynoise présidée par le Docteur Mazen depuis 1921 fut dissoute. On lui avait intimé l’ordre auparavant de débaptiser des rues portant des noms maudits pour les Vichyssois, comme le socialiste Roger Salengro et le communiste Henri Barbusse. Le souvenir de leur vie tout entière consacrée à la justice sociale et au pacifisme devait être oublié. Puis l’ordre de quitter l’Hôtel de Ville sans autre forme de procès arriva. Une équipe aux ordres du Maréchal et composée en majorité de militaires retraités prit la succession. Comme on le verra, ce ne fut pas pour longtemps. M. Malsert reçut l’ordre d’organiser chaque matin la cérémonie du Salut aux couleurs, comme cela se faisait dans les casernes ou sur les bateaux de guerre. Le « garde à vous » retentissait lancé par la voix gauloise de M. Vacchero. Les alignements, l’exécution du chant « Maréchal, nous voilà ! », tout cela prenait beaucoup de temps sur l’horaire de travail. Peu à peu, constatant que les professeurs de patriotisme enchaînaient de mieux en mieux la France aux ambitions des Hitlériens, les enseignants et les élèves ne prirent plus au sérieux la cérémonie quotidienne, qui devint hebdomadaire et abandonnée au bout de quelques semaines (Marius Autran, tome 3, 1990). Toussaint Merle, après le succès d’une liste vichyssoise à l’élection municipale de la Seyne, noue des contacts étroits avec de vieux militants communistes locaux en lutte (Ken Nicolas, vol. 1, p. 331-332).
3. KLAUS MANN, FILS DE THOMAS MANN – « LE TOURNANT » (Carnet alors qu’il est réfugié aux Etats-Unis) « 29 juin. Soucis au sujet de Golo (frère de Klaus), oncle Heinrich (frère de Thomas Mann), Mopsa Sternheim et d’autres, qui ont disparu en France. Golo qui s’était enrôlé dans l’armée française en tant que volontaire tchèque, a été promptement interné, comme si la France faisait la guerre contre les antifascistes plutôt que contre les fascistes. Les dernières nouvelles de lui — c’était encore avant la débâcle — venaient d’un camp de prisonniers. Depuis, pas un mot — ni de lui, ni de notre oncle, qui devait être à Nice au moment de l’effondrement. Bien sûr, les rumeurs n’ont pas manqué. De Heinrich Mann, on prétendait déjà qu’il était tombé aux mains des nazis, et — pour faire bonne mesure — en même temps que Lion Feuchtwanger. Heureusement, ces horribles racontars ont été aussitôt démentis. Franz Wefel passe pour être mort en France; espérons que ce n’est encore qu’une de ces affreuses histoires inventées de toutes pièces.
« Et André Gide ? A Paris, sa vie serait en danger. (Est-ce que les Allemands occuperont aussi la partie sud du pays ?) Et Julien Green ? Et Cocteau ? Ils sont si nombreux, ceux pour lesquels on craint à présent. Des suicides aussi, il y en aura de nouveau. Que l’on se souvienne de Mennoter Braak, qui s’est tiré une balle dans la tête quand les nazis ont envahi la Hollande. Un esprit noble et pur, un homme hautement civilisé; il n’a pas supporté le triomphe de la barbarie… Combien de Français peuvent bien à présent envisager la même démarche ou l’avoir déjà décidée ?
« Particulièrement désespérée, la situation (intérieure et exté¬rieure) des communistes français. Au malheur qu’ils partagent avec tout le monde, doit s’ajouter, en ce qui les concerne, un amer sentiment de remords. Car si l’extrême-droite est la première responsable de la débâcle, la part de responsabilité, de culpabilité de l’extrême-gauche ne doit pourtant pas être négligée ni oubliée. Les « Rouges », comme une presse malveillante aime ici à les nommer, n’ont-ils pas fait cause commune avec les Laval et les Pétain en contribuant à saper la volonté de résistance de la nation ? On se demande si la Troisième Internationale va continuer maintenant encore, après le fiasco français, à ignorer et à saboter une guerre dans laquelle pourtant — trotz allem, malgré tout, after all ! — c’est la Liberté qui est en jeu. Le combat contre Hitler — qu’on en dise ce qu’on voudra — est un bon combat, ou du moins un combat nécessaire. Pour l’Amérique aussi, il deviendra nécessaire de participer à cette lutte : Roosevelt le sait, nous le savons tous; pourquoi les communistes américains ne veulent-ils pas le comprendre ? Les organes de leur parti, The Daily Worker et The New Masses, concentrent toute leur haine sur les « fauteurs de guerre » de Washington, tandis qu’ils découvrent des « traits révolutionnaires » chez les Princes de la Paix de Berlin. Hitler ne s’est-il pas prononcé pour la « fin de l’asservissement au tribut » ? Et d’ailleurs, il existe un pacte de non-agression germano-soviétique… Suppose-t-on, dans les milieux staliniens, que ce pacte-là, justement, ne sera pas violé par les nazis ? Après tout ce que nous avons vécu, un tel aveuglement paraît presque impardonnable.
« (Le même jour, plus tard). Impardonnable ? Oui, l’attitude actuelle des affidés du Kremlin est difficile à comprendre, encore plus difficile à excuser. Mais n’oublions pas tout ce qui s’est passé chez les « démocrates » pour pousser l’Union Soviétique et ses amis à prendre cette position désastreuse ! Que l’on pense à l’Espagne ! Que l’on pense à Munich ! Par peur du communisme, on a laissé le fascisme croître et embellir et maintenant que l’on se voit attaqué par son propre protégé (le fascisme), on attend de l’aide des communistes !…
« Pourtant, il n’en reste pas moins, naturellement, qu’une victoire allemande serait, pour les communistes aussi, et surtout pour eux, la catastrophe. Après l’Angleterre, ce serait le tour de l’Union Soviétique. » (Editions SOLIN, 1991)
–1942 – 29 juin :
1. BATAILLE DE L’ATLANTIQUE : Appareillé de Greenock le 29 juin 1942 à 21 h 55, l’aviso Commandant Duboc arrive le 30 à Londonderry pour y attendre la constitution du convoi OS 33 avec lequel il devra faire route jusqu’à Freetown. Placée sous les ordres du H.M.S. Pélican, l’escorte comprendra les escorteurs britanniques Lowestoft, Spey et Tother, le contre-torpilleur F.N.F.L. Léopard et le Commandant Duboc (Gérard Garier, Les avisons de 630 t, Le Commandant Duboc).
2. FRONT D’AFRIQUE DU NORD : Le 28 juin, les forces italo-allemandes commencèrent l’attaque de Marsa Matrou que défendaient 8000 Sud-africains et Indiens. Dans les premières heures du 29 juin, le dernier coup de feu était tiré. 40 chars britanniques avaient été détruits et 6000 Anglais faits prisonniers. La dernière forteresse munie d’un port utilisable avant Alexandrie venait de tomber. C’était une grande victoire pour les Italo-Allemands, pour Rommel surtout. Cependant, le commandement suprême anglais avait pu ramener la plus grande partie de son infanterie sur la position d’El-Alamein et y édifier ainsi le dernier barrage devant le Nil. Les Italo-Allemands tentèrent de poursuivre leur avantage, cependant les limites des forces de leurs soldats étaient atteinte. Tard, dans la nuit du 29 au 30, il leur fallut s’arrêter, leurs hommes étant morts de fatigue et les véhicules refusant tout service. L’Afrika Korps était alors à 100 kilomètre à peine d’Alexandrie et du canal de Suez. La position atteinte par les Britanniques s’appelait El Alamein, un petit pays avec une gare. Rommel savait que s’il ne laissait pas le temps aux Britanniques de l’occuper, le front craquerait facilement (Paul Carell, Afrika Korps).
–1944 – 29 juin :
1. CAMPAGNE DE FRANCE – FRONT DE NORMANDIE : Le haut commandement allemand mystifié par une ruse classique.
A l’heure où Cherbourg tomba, il y avait, rien qu’entre la Seine et la Schelde, plus de divisions allemandes inactives dans leurs zones de stationnement, qu’il n’y en avait d’engagées contre l’ennemi sur le front d’invasion. Pourquoi? Parce que le quartier général du Führer et le Haut Commandement de la Wehrmacht n’avaient pas cessé d’être hantés par cette idée que le débarquement de Normandie n’était qu’une manœuvre de diversion, et que l’attaque principale des Alliés se produirait nécessairement dans la partie la plus étroite de la Manche, c’est-à-dire, dans le pas de Calais.
Dès le premier jour du débarquement allié, toutes les contre-mesures allemandes ont été conditionnées par cette fausse conviction bien implantée.
Un groupe d’armées, composé de deux armées, avec vingt-quatre divisions d’infanterie, cinq divisions aériennes de campagne, ainsi qu’un groupe blindé composé de six D.B., était, au début de juin, stationné dans la moitié nord de la France, en Belgique et en Hollande. Mais, quarante-huit heures après le débarquement accompli des forces alliées, en trois points différents de la côte normande, les contre- mesures allemandes se bornaient encore à déplacer des régiments, des bataillons ou des détachements mixtes de combat. Quand des divisions intervinrent dans la bataille, ce ne fut jamais que par fractions qu’elles furent engagées sur le front. Ces fractions se battirent de façon remarquable, mais, si étrange que cela puisse paraître quand on évoque ces trente-cinq divisions allemandes immobiles en coulisse, l’assaillant eut partout, grâce à l’application adroite de son centre de gravité et à la stratégie fragmentaire allemande, la supériorité du nombre. Sans cesse, au cours des deux premiers jours, le Commandement allemand pécha contre le principe de Guderian : « Pas de boulettes, des boulets. » Avec une stratégie de pains à cacheter, on colmata les positions défensives allemandes, tantôt ici et tantôt là, avec de modestes réserves de secteur, de petites unités d’intervention. Et cela malgré une défensive remarquable qui fut ^bien près, par moments, d’acculer l’adversaire au bord du désastre. Qu’on se souvienne d’Omaha!
Mais le Commandement allemand n’exploita à aucun moment aucune des chances qui lui furent offertes. Il fut comme paralysé par la frayeur qui pesait sur lui de voir surgir, en d’autres points de la côte, d’autres opérations de débarquement de grand style. La flotte de simulacre dans les ports anglais et les camps de carton-pâte dans le comté de Kent, sur lesquels s’hypnotisèrent les reconnaissances allemandes, firent leur effet et contribuèrent à ancrer dans le cerveau du Haut Commandement cette idée fixe. Par ailleurs, les règles des opérations amphibies étaient peu familières aux généraux, spécifiquement continentaux, du Haut Commandement. allemand. On laissa ainsi, dans la crainte de débarquements éventuels, des divisions, l’arme au pied, en des points de la côte française où, de par la situation atmosphérique et la configuration du rivage, de telles opérations n’étaient même pas concevables. Et l’on aboutit ainsi à ce résultat paradoxal que, à la fin de juin, les Américains à eux seuls avaient débarqué dans leur secteur quatre corps d’armée avec quatorze divisions, auxquelles ne s’opposaient que trois divisions allemandes intactes, les restes de trois autres battues, et cinq régiments. Ce qui, au total, compte tenu de la pénurie de matériel, représentait à peu près la valeur combative de cinq divisions normales. Et pendant ce temps, des armées entières, de leurs quartiers généraux du sud-ouest ou du sud de la France, des stations balnéaires de Belgique et de Hollande, assistaient, désespérées, à la tragédie de Normandie, rivées qu’elles étaient à l’immobilité par des ordres qui correspondaient à une vue entièrement erronée de la situation.
L’Australien Chester Wilmot écrit à ce sujet : Au moment de la chute de Cherbourg, se trouvaient dans les têtes de pont 25 divisions anglo-américaines. Dans le Royaume-Uni, 15 divisions attendaient leur embarquement pour la Normandie, et 6 autres, composées de recrues à l’instruction, formaient un réservoir de renforts pour l’armée britannique sur tous les fronts. Le Service de Renseignements allemand signala néanmoins à son Commandement : L’ennemi a engagé dans les têtes de pont de 27 à 31 divisions et une grande quantité d’éléments d’armées de toute nature. En Angleterre restent disponibles 67 grandes unités dont 57 au minimum sont susceptibles d’être engagées dans une opération de grande envergure. Les 42 divisions fantômes que le Service de Renseignements allemand incorporait ainsi bénévolement aux réserves d’Eisenhower étaient tout simplement le fruit d’une ruse de guerre britannique. Ces divisions anglo-saxonnes inventées de toutes pièces obnubilèrent la liberté de jugement du Haut Commandement allemand et troublèrent son entendement au point de rendre sa stratégie démentielle. Cherbourg fut un des premiers fruits de cette « stratégie démentielle ». Elle devait encore en récolter quelques autres ! (Paul Carell, Ils arrivent).
Note : Le SS Adolf Diekmann, commandant d’une partie du bataillon responsable du massacre d’Oradour-sur-Glane, est mort durant la bataille de Normandie, le 29 juin 1944.
2. CAMPAGNE DE FRANCE – RESISTANCE : « DEBOUT CONTRE LES AFFAMEURS » titre l’Union clandestine des syndicats ouvriers du Var, dans le tract appelant à manifester le jeudi 29 juin 1944. Révolte que reflète une presse de la Résistance toujours plus présente. A Toulon, selon les moments, le kiosque à journaux de l’avenue Vauban recèle des exemplaires des Petites Ailes, de Défense de la France, du Populaire, de Combat, de Libération, de Franc-Tireur, de l’Humanité, des Cahiers du Témoignage Chrétien, de l’Insurgé… Cela, seuls quelques initiés le savent. Parmi eux, Julien Sauli, l’un des syndicalistes qui impulsent la contestation à l’Arsenal (Charles Galfré, 2003).
3. EFFICACITE DE L’ACTION MENEE PAR LES UNITES DE LA RESISTANCE – Des extraits du journal de marche du groupe d’armées G (1ère et 19e armées allemandes), regroupant les troupes d’occupation du sud de la France, soit la moitié du territoire national, prouvent l’efficacité de l’action menée par les unités de la Résistance. Formant l’équivalent de 15 divisions alliées, les FFI jouent un rôle important dans la libération de la France et le succès du débarquement en Normandie. Les sabotages et les embuscades se multiplient sur les arrières des troupes allemandes en Normandie. L’action des 30 000 FFI en Bretagne, soutenus par deux régiments parachutistes de la France libre, est particulièrement exemplaires, puisque 150 000 soldats allemands, fixés dans une importante guérilla, ne peuvent venir soutenir à temps les troupes hitlériennes engagées en Normandie en juin 1944 (Dominique Lormier, 2016) : « 29 juin 1944 : ordre de retrait de la 189e division d’infanterie, opérant contre les terroristes dans la région de Toulouse, serait une catastrophe.
4. DESTRUCTION DE VILLAS A SANARY – « 29 juin 1944 . de 5 à 7 heures, on fera sauter les villas. Zone dangereuse jusqu’au cimetière, chemin de la Buge. Ouvrir toutes les fenêtres » (Archives municipales, copie d’une lettre manuscrite au crayon trouvée dans un dossier de Barthélemy Rotger)

(Peyredon, colline en limite du Castellet et du Beausset en 1999. Cl. H. Ribot)
–1949 – 29 juin : DIFFUSION A PARIS DU PREMIER JOURNAL TELEVISE.
–1950 – 29 juin : NOTRE MARINE – EN MEDITERRANEE – Après une mission de transport d’Oran à Gibraltar de mai à juillet, où il fait au retour escale à Gibraltar le 29 juin, à Oran le 30, l’aviso « Elan » fait route sur Alger. Il reprend son entraînement sur les côtes de Tunisie interrompu par une croisière qui le ramène dans les îles grecques du 3 octobre au 2 novembre, où il rejoint Bizerte ce jour, venant de Patras (Gérard Garier, Les avisons de 630 t, l’Elan). EN INDOCHINE – L’aviso « Commandant Dominé » est de surveillance du golfe du Siam (Gérard Garier, Les avisons de 630 t, Le Commandant Dominé).
-1979 – 29 juin : DECES DE BOBBY LAPOINTE. Je rappelle l’ « Intégrale de Bobby Lapointe » en 4 disques vinyle 33 tours 30 cm stéréo, parue en 1984 et reflet de la truculence, de l’émotion et de la poésie de cet artiste hors normes qui nous a régalés en première partie du spectacle de Brassens en 1964, tu t’en souviens, Lucien ? Et ces soirées passées à l’écouter entre deux chapitres du rapport de fouilles de l’oppidum de Saint-Blaise, tu te rappelles, Charlette ?
–1983 – 29 juin : DEVENIR DES TERRAINS DE L’ANSE DU PIN ROLLAND A SAINT-MANDRIER – Un projet de construction d’un ensemble garage municipal-halle de sports est lancé par la Municipalité sur les terrains disponibles de l’anse du Pin Rolland à Saint-Mandrier, près du complexe sportif. M. Dubost est nommé architecte et le projet est évalué à 1 976 120 F. La première pierre sera posée le samedi 17 mars 1984. Cette salle ne verra pas le jour, elle se fera plus tard à l’emplacement des ateliers municipaux, rue Anatole France (Gisèle Argensse, 2000, p. 122).

–2015 – 29 juin : PELERINAGE A TIBERIHINE – (cliché ci-dessus) « Aujourd’hui, moment à marquer d’une pierre blanche. Le père Raphaël Aussédat, curé de la paroisse d’Hydra à Alger, nous amène au monastère de Tibérine. Rencontre avec ceux qui vivent là-bas, qui y travaillent ou qui sont simplement de passage, hommes et femmes simples mais combien emplis de ferveur. Après le parc aux nombreuses sources d’eau fraîche ruisselante, nous nous recueillons sur les tombes des moines morts en ce lieu et avons une pensée émue pour les sept d’entre eux assassinés durant la décennie noire que connut l’Algérie à la fin du XXe siècle. A cent lieues du film qui les a fait sortir de l’oubli, nous sommes parmi eux ! Je preds quelques clichés pris sur place à ce moment qui restera gravé à jamais dans ma mémoire » (Henri Ribot, Carnet de route, 2015).
CHRONIQUE CATALANE –

78e livraison. LES CORBIERES ET LE FENOUILLEDE : (clihés ci-dessus et ci-dessous pris e 1966) OPOUL Durant quatre siècles, jusqu’en 1659, Opoul fut la forteresse catalane, puis espagnole, la plus avancée vers les terres de France. Inutilisé militairement depuis le traité des Pyrénées (1659) et laissé à l’abandon, le château est à présent en ruines, mais ses restes ont encore fière allure. Une gravure du XVII’ siècle le dépeint dans son aspect ancien : tour ronde, courtine, poivrière, porte fortifiée montrent qu’Opoul, cité dès le Moyen âge comme place importante, avait été pourtant reconstruit à la période espagnole. Des ouvertures assez grandes laissent penser qu’on y utilisait le canon.

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE Pierre rapporte un perroquet chez lui et dit à sa femme :
– Je l’ai payé deux cents billets à la salle des ventes. Faut dire qu’on était bien dix amateurs à se le disputer… Et le plus fort, c’est que je ne sais pas s’il parle !
– Comment, si je parle ? grogne le perroquet. Et qui c’est qui a fait monter les enchères ?

Je vous souhaite un bon dimanche.

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