ÉPHÉMÉRIDES DU JEUDI 19 DÉCEMBRE 2024, 13e ANNÉE (n°4631).
Illustration : 2013 – Sanary, le port (cliché H. Ribot)
LES FETES : Aujourd’hui, c’est la saint URBAIN, du nom D’URBAIN VI, sixième pape d’Avignon, en fait Guillaume de Grimoard, natif de Grizac en Lozère et mort en 1370 à Avignon. La papauté était alors retenue à Avignon, sous la surveillance du roi de France. Urbain V tenta de revenir à Rome mais ne put y rester que trois ans. Il en fut chassé par les luttes de factions locale.
Patron des buveurs, il était également invoqué contre la goutte et pour protéger des rats !
Fêtons donc les URBAIN, ils sont peu nombreux, un peu moins de 1500 avec une moyenne d’âge de 67 ans.
DICTON : Pourquoi URBAIN est-il tant aimé des buveurs – de vin, s’entend – ? Peut-être à cause de ce dicton qui veut que « le vigneron n’est rassuré qu’une fois la saint URBAIN passée et que plus il y a de neige moins il y a de grêle ». En bref : « plus il y en a moins, moins il y en a plus ! ».Quant au calendrier républicain, il dédiait à l’OLIVE ce 29e jour du mois de frimaire. L’OLIVE ET LE VIN ! Tout un programme festif !
PENSÉE : Un jour, Alphonse Allais adressa à Jules Renard la lettre suivante : « Cher ami, Excusez-moi d’avoir attendu trois mois pour vous répondre, mais quand j’ai reçu votre missive, j’étais au fond du jardin … »
EPHEMERIDES :

Exposition cloniale 1922 Palais de l’AOF Chameliers touaregs (coll. H. Ribot)
–1154 – 19 décembre : Le comte d’Anjou Henri Plantagenêt, à la suite d’un incroyable concours de circonstances, prend le nom d’Henri II, roi d’Angleterre. Son règne sera marqué par d’incessantes querelles avec sa propre femme, Aliénor d’Aquitaine, et ses fils, Henri Court-Mantel, Richard Cœur de Lion, Jean sans Terre, ainsi qu’avec l’évêque Thomas Becket, assassiné par sa faute, et bien sûr le roi de France Louis VII le Jeune, premier mari de sa femme. La dynastie dite des Plantagenêt se prolongera jusqu’en 1485, à la fin du Moyen Âge.
–1269 – 19 décembre :
1 – Turris Aregni, prope marem (archives de la Major). ARENC – faubourg puis quartier rural et, enfin quartier urbain, commune de Marseille, tire son nom de « arena » (sable ; en provençal : arena / areno), plage sablonneuse où aboutissaient les ruisseaux des Aygalades et de Plombières (1872). L’église Saint-Martin est mentionnée pour la première fois le 30 décembre 1153 : eccl. S. Martini de Aregno (bulle d’Anastase, aux Archives de l’évêché). Par cet acte, la possession en est confirmée à l’évêque de Marseille.
2 – Domus S. Lazari de cart (charte aux archives de la Major). Etablissement religieux ou hospitalier qui est connu au 13e s. comme léproserie. Saint-Lazare – faubourg de Marseille, qui a pris son nom d’un établissement religieux ou hospitalier, fondé dans le quartier depuis une époque très ancienne. Saint-Lazare était un prieuré dépendant du Chapitre de la cathédrale (1872). Le Cart est un ruisseau de Caravelle ou des Aygalades.
–1344 – 19 décembre : Balmettes, (acte aux archives des Prêcheurs). La propriété au lieu-dit les Balmettes, territoire de Saint- Marcel, appartenait en 1344 à Raolin Vivaud ; elle obvint par héritage à Constance de Saint-Gilles, femme de Pierre Imbert, et ensuite à Guillelmette Imberte, dont le couvent des Prêcheurs de Marseille hérita. En 1460, Jean Milhaud Valentin prit à nouveau bail une bastide et son affar audit lieu. C’est depuis lors que ce hameau s’est appelé la Valentine.

(St Victor de Marseille, cl. H. Ribot)
–1370 – 19 décembre : Urbain V décède à Avignon. Il est d’abord inhumé à Notre-Dame des Doms, Avignon. Le 31 mai 1372, Ayant demandé que ses ossements soient portés à Marseille dans l’abbaye de Saint-Victor, son cercueil prend la route de Marseille. La cérémonie d’inhumation a lieu le 5 juin 1372 sous la présidence de son frère, le cardinal de Grimoard. De nombreux prélats assistent à cette cérémonie ainsi que plusieurs abbés
–1481 – 19 décembre : LA PROVENCE ET LE TESTAMENT DE CHARLES III – Le 19 décembre 1481, Louis XI accepte le legs par lettres datées de Thouard en Poitou et nomme Palamède de Forbin, son lieutenant général en Provence(Edouard Rastouin – La vie économique de la Provence vers 1480, dans Marseille, 126, 1981, p. 27 et suiv.). Les Etats de Provence se réunissent pour prendre connaissance du testament de Charles III et décident d’envoyer une ambassade au nouveau maître du comté (Lobrichon G., p. 421).

(Ollioules : repas de fin de fouilles archéologiques, cl. H. Ribot)
–1510 – 19 décembre : A OLLIOULES, Jaume Deydier achète à son cousin Berthomieu Marin une parcelle confrontant Darbosson de trois côtés et s’y enfonçant comme un coin. Prix, 40 florins Ch. de Ribbe, 1898, p. 417) .
–1568 – décembre à 1569, fête de saint Vincent : TOUTES LES RIVIERES DE FRANCE FURENT PRISES PAR LES GLACES – En décembre 1568, toutes les rivières de France furent prises par les glaces. Le froid reprit ensuite en février mars et avril. En Vendée, les rigueurs de cet hiver s’y firent sentir « de Noël 1568 à la St Vincent 1569 ». Devant Bordeaux « la mer gela et la glace y était de la hauteur d’un homme ». En Provence, de nombreux figuiers et oliviers furent tués par ces gelées. Le 19 décembre, les rigueurs de l’hiver obligèrent le duc d’Anjou à abandonner le siège de Loudun (herage / histoire climat 2).

(Le Chevalier Paul » contre-torpilleur portant le nom du grand marin mentionné ci-dessous)
–1648 -19 décembre : devant Castelamare ; le Chevalier Paul (1598-1667) livra un vif combat au cours duquel 5 vaisseaux et 5 galères espagnols furent détruits (Dictionnaire des marins français).
–1697 – 19 décembre : Les Cadenets (registre de l’Ecritoire). Les Cadenaux – hameau en 1872 de la commune de Marseille, au quartier de Saint- Antoine. Première mention : Les Cadelles, 11 septembre 1696 (ibid.).

–1741 – 19 décembre : SANARY , OLLIOULES, LE LUC, ET AUTRES LIEUX – En 1739, le comte Jean Baptiste Hubert avait épousé Pauline Félicité de Mailly de Nesle. Comme ses autres sœurs, elle fut l’une des maîtresses de Louis XV. Elle en conçut un fils que le comte reconnu, mais mourut des suites de l’accouchement en 1741. Dès lors le comte ne s’occupa plus que de ce fils né des amours de son épouse avec Louis XV. Celui-ci, Charles Emmanuel de Vintimille, marquis du Luc, né au château de Versailles le 19 décembre 1741, deviendra le dernier seigneur du Luc, d’Ollioules, de Saint-Nazaire et de bien d’autres lieux.
–1778 – 19 décembre : NAISSANCE DE LA FUTURE MADAME ROYALE – Le 19 décembre 1778, naissance de la future Madame Royale, fille de Marie-Antoinette et de Louis XVI, qui, par son mariage, deviendra la duchesse d’Angoulême et, durant quelques minutes, le 2 août 1830, la reine Marie-Thérèse de France. Petite-fille d’empereur, fille, sœur, femme, nièce et belle-fille de rois, elle assistera à trois révolutions, s’expatriera trois fois et subira quarante années d’exil (André Castelot, 1962).
–1789 – 19 décembre : MISE EN VENTE DES BIENS NATIONAUX et Création des assignats (Jean-Charles Volkmann, 1997 ; cf. 14 décembre). La veille, à l’Assemblée constituante, Treilhard déclarait que si la nation avait le droit de disposer des biens ecclésiastiques, elle pouvait aussi les administrer. Le 17 mars 1790, l’Assemblée constituante décidera que les municipalités mettront en vente les 400 millions de biens nationaux décidée le 19 décembre 1789 (Fauchois Yann, 2001).

–1790 – 17 et 19 décembre : PERQUISITION A LA CHARTREUSE DE LA VERNE – Les 17 et 19 décembre 1790, délibération du Conseil municipal de Toulon pour ordonner une perquisition à la Chartreuse de la Verne, craignant que les chartreuses soient « les foyers de projets criminels des ennemis du bien public » sur dénonciation du sieur Brunet. Au terme de cette opération fut la confiscation de 20 000 livres d’économie de la Verne (Archives municipales de Toulon, cité par Davin E., La chartreuse de Montrieux, 1942 puis repris par Maurel M., 1974 et Sauze E., 1998, p. 172)
–1793 – décembre : LA REPUBLIQUE EST VICTORIEUSE – Défaite des Vendéens au Mans et à Savenay (Pierre Goubert, 1984). Le fruit de cette tension des énergies collectives s’affirme en bilan spectaculaire de victoires. Victoires intérieures : le fédéralisme vaincu dès les premiers mois ; Lyon repris en octobre 93, Marseille dès septembre, Toulon, enfin, le 19 décembre après un siège où l’on remarque le jeune capitaine Bonaparte ; l’insurrection vendéenne est sinon abattue, du moins condamnée en décembre, par les victoires du Mans et de Savenay, à régresser au stade de la guérilla (Michel Vovelle, « La Révolution, 1987).

–1793 – 19 décembre (29 frimaire An II) : LA PRISE DE TOULON ET SES CONSEQUENCES
VERS DEUX HEURES DU MATIN, on voit le Thémistocle brûler comme l’une des plus belles pièces du feu d’artifice (Georges Blond, 1967). Le temps me manque pour décrire l’effroyable nuit du 18 au 19 décembre qui vit s’embarquer les dernières troupes coalisées parmi lesquelles des femmes, des enfants, des vieillards désemparés cherchaient à s’enfuir, alors que la ville et la rade étaient éclairées par les incendies et secouées par les explosions. Des hauteurs de Malbousquet et de Missiessy, les Républicains qui depuis la tombée de la nuit entonnaient des chants de guerre, se sont tus d’émotion quand deux frégates chargées de 2 000 quintaux de poudre ont sauté, les plongeant dans un univers de cataclysme (Pierre Vieillefosse, 1977, p. 25).
A L’AUBE, les vaisseaux anglais, espagnols, napolitains et quelques français appareillèrent de la Grande rade et se dirigèrent vers les îles d’Hyères où le mauvais temps les retint jusqu’au 5 nivôse an II (25 décembre 1793). Ces vaisseaux emportaient avec eux un certain nombre de royalistes, d’habitants de Toulon et des environs qui s’y étaient embarqués durant la nuit et qui fuyaient leur pays, redoutant des représailles, tandis que le reste de la population était en proie à l’agitation et au désespoir. Scène que devait éclairer lugubrement l’incendie de l’Arsenal et d’une partie des bâtiments français livrés aux flammes par les Anglais, tandis que retentissaient les explosions dans les forts de La Malgue, d’Artigues, de Sainte-Catherine et de Saint-Antoine, dans les poudrières et magasins que les alliés avaient minés avant leur abandon (Louis Baudoin, 1965, p. 380-381). Comprenant qu’ils sont pris au piège, tandis que Malbousquet et La Malgue tiennent encore, les coalisés évacuent précipitamment Toulon après avoir rembarqué les troupes encore à terre ainsi que tous ceux qui voulaient les accompagner ; enfin, ils contraignent Trogoff à les suivre (Louis Baudoin, 1965, p. 380-381). On a évalué approximativement à 7.4OO personnes les émigrés embarqués sur les bateaux anglais, espagnols, français et napolitains et sur les bâtiments de commerce. Honoré parle de plus de 400 morts, en quelques instants, le 17 Décembre. Comment établir une statistique définitive et certaine ? D’autant plus qu’à ce flot de fugitifs vont s’ajouter les morts multipliés par les passions politiques et la soif de vengeance (Henriette Trojani, La société et la vie à Toulon de 1795 à 1815). L’artillerie des Alliés, en se retirant, dut répondre au feu de l’armée républicaine qui, faute de renseignements précis ou par surcroît de précautions, continua à bombarder la ville et la flotte ennemie, jusqu’à l’occupation définitive de la première et jusqu’à l’éloignement complet de la seconde. Si l’attaque fut héroïque, la résistance fut désespérée (Roger Vallentin du Chaylard, Sanary et le siège de Toulon).
LE 19, A 4H DU MATIN, un détachement français, de l’armée Dugommier, fort de 1500 hommes, commandés par le général Cerboni, fit son entrée à Toulon par la porte de France (Louis Baudoin, 1965, p. 380-381). Entrée des troupes républicaines dans Toulon parmi lesquelles la compagnie franche de Sanary sous les ordres du maire, Jérôme Pardigon, et des éléments des 10ème et 14ème Bataillons de la Drôme, 33 hommes du 54ème bataillon, 21 autres d’une unité d’Aubagne, d’autres encore de la 1ère compagnie d’artillerie de Lozère et d’autres enfin du 1er bataillon du Mont-Blanc de la Légion des Allobroges, que Sanary hébergeait jusque-là (Maurin-Carcopino P., 1969 ; Rotger B., 1984, p. 287).
LA VERSION FIXANT LA PRISE DE POSSESSION DE L’ENSEMBLE DE TOULON PAR L’ARMEE DE LA CONVENTION, AU COURS DE LA MATINEE, OFFRE LES PLUS GRANDES CHANCES DE PROBABILITE (Roger Vallentin du Chaylard, Sanary et le siège de Toulon). Les marins, les galériens maîtrisent l’incendie de l’Arsenal, et si 9 vaisseaux sautèrent ou brûlèrent, 15 purent être sauvés dont le magnifique Royal Louis devenu ensuite le Sans-Culotte (Paul Maurel, 1945. Contre-amiral Lepotier, 1972, p. 268 : On retrouva à flot treize vaisseaux, cinq frégates et cinq gabarres; un vaisseau et deux frégates en chantier avaient été épargnés. Quatre vaisseaux — nous l’avons vu — avaient rallié les ports du Ponant. Finalement neuf vaisseaux avaient été détruits dans le port par les Anglais et ils en avaient emmené trois autres. Aux treize vaisseaux restants vint s’ajouter le Duquesne — commandant Vence — revenant du Levant. Le commissaire Pomme, ordonnateur à Marseille, fut appelé à Port de la Montagne et le capitaine de vaisseau Castellan — rescapé du Thémistocle — fut nommé commandant des Armes). L’attitude observée par les galériens n’a pas été précisée d’après des documents certains8. Leur nombre se serait élevé à 600, lors de la prise de Toulon. Les uns auraient été brûlés vifs, les autres auraient eu une attitude menaçante à l’égard des Alliés se retirant. D’autres enfin se seraient joints à ceux qui arborèrent la cocarde tricolore, lors du départ de ces derniers. Incontestablement, d’après un texte publié plus haut, les Alliés eurent recours à eux, au cours du siège, pour les corvées. La chiourme était d’ailleurs sensiblement réduite à ce moment-là. Quoi qu’il en soit, l’examen du dossier des récompenses officielles décernées aux sauveteurs d’une partie de l’arsenal serait d’un puissant intérêt et causerait peut-être bien des surprises, si toutefois ce dossier existe encore (Roger Vallentin du Chaylard, Sanary et le siège de Toulon).
IL EST UNE HEURE DU MATIN CE 19 DECEMBRE, QUAND L’AMIRAL HOOD FAIT SIGNAL D’APPAREILLER. Les premiers les Français dés-fourchent et larguent leurs huniers. De la terre on entend les sifflets des maîtres d’équipage qui scandent le dérapage des ancres. Poussés par un vent léger, les vaisseaux tous feux allumés forment la ligne, et telle une immense procession prennent la direction de l’est, où peu à peu leurs feux disparaissent sous les dernières étoiles de la plus radieuse des nuits. Pourtant au large d’Escampo-Barriou la brise s’établit à l’est, obligeant les navires à changer d’amures, et de lourds nuages montent à l’horizon. Les vaisseaux emportaient six mille toulonnais et toulonnaises, et fort peu d’entre eux revinrent au pays.
AU LEVER DU JOUR, l’adjudant-général Cervoni entrait dans Toulon par la porte de France à la tête de 200 Allobroges.
A ONZE HEURES les deux divisions franchissaient par l’est et par l’ouest les portes de Toulon. Dugommier venait de prendre la ville. Dans six jours, le jour de la Noël, Toulon s’appellera « Port de la Montagne » (Pierre Vieillefosse, 1977, p. 25).
MEMOIRES DE BARRAS : « C’est parce que dans le récit des faits nous avions cru ne pouvoir refuser à ces malheureux (les bagnards) la justice qui leur revenait qu’on a dit que nous les avions proclamés « les seuls honnêtes gens de la ville de Toulon ». … Nous prîmes, écrit Barras, plusieurs arrêtés pour rétablir l’ordre et l’on fit cesser tout pillage, suite malheureuse d’une pareille catastrophe. Nous rendîmes compte au Comité de Salut Public que l’armée de la République était entrée dans Toulon le 29 frimaire. Sur le rapport du Comité, la Convention nationale décréta que l’armée dirigée sur Toulon avait bien mérité de la Patrie, que le nom de Toulon serait remplacé par celui de Port-la-Montagne et que les maisons de l’intérieur de cette ville seraient rasées » (Le Nabour Eric, 1981).
Il est prouvé par d’autres témoignages que les forçats du bagne de Toulon contribuèrent & circonscrire l’incendie (Mory Fernand, 1972).
VOICI CE QU’ECRIT GEORGES BLOND AU SUJET DE L’ENTREE DES REPUBLICAINS DANS TOULON : Le 19 décembre 1793 à neuf heures du matin, les envahisseurs qui pénètrent dans la ville de Toulon, française depuis trois cent douze ans, ce sont des Français. Les Toulonnais aux aguets regardent avec surprise ces vainqueurs haillonneux, si mal chaussés, aussi peu reluisants que les soldats napolitains qu’on voyait dans les mêmes rues, l’avant-veille. Mais ceux-ci sont bien armés. A l’extrémité des longs fusils, les baïonnettes sont une forêt brillante. L’avant-garde comprend quinze cents hommes, à leur tête le général Cerdoni (adjudant-général). Les soldats de la Convention scrutent farouchement à droite et à gauche les maisons fermées, devant eux les rues vides. L’entrée en ville a été retardée parce qu’on craignait des pièges, des mines partout disposées. Est-ce vrai ?. Non ! Voici des Toulonnais, un petit cortège qui s’avance au-devant des vainqueurs. « Vive la République ! » Cerdoni leur adresse un grand geste de son sabre : — Toulonnais, rentrez chez vous! Pour cette apostrophe, il sera réprimandé. Il a ordre de marcher droit sur le port en passant au fil de l’épée tout ce qui se rencontrera. Même jour, midi. Barras et Fréron font leur entrée à la tête d’un autre corps de troupes. Paul Barras, député du Var à la Convention, ci-devant vicomte de Barras, trente-huit ans, est superbe et athlétique. Fréron, à peu près du même âge. Tous deux ont belle allure sous le bicorne empanaché. Le long de l’enceinte de l’arsenal, un cortège toulonnais s’avance pour accueillir les deux constitutionnels, et lui aussi a bonne allure, rien à voir avec les vieilles et les gosses de neuf heures du matin. Musique en tête, drapeaux tricolores. Il s’agit de deux cents officiers, sous-officiers et soldats de l’artillerie de Marine qui ont refusé de se rallier à la monarchie; qui sont entrés dans la clandestinité; ceux-là même qui, avec les forçats, ont combattu les incendies de l’arsenal. Héros de la fidélité en quelque sorte, on lit la fierté et le contentement sur leur visage. La rencontre a lieu à la hauteur du mur extérieur de la corderie. — Halte! crie Fréron. Il s’avance, regarde d’un air dégoûté le drapeau des artilleurs : — La République n’a rien à faire avec les traîtres qui ont vendu Toulon ! Se retournant vers sa troupe : — Exécutez les consignes. Au mur. Quelques minutes plus tard, les cadavres des artilleurs de marine gisent au pied du long mur de cette corderie qui n’est encore debout que grâce à eux (Georges Blond, 1967).
RECIT DE BARRAS : « La Convention ordonnait aussi la punition des traîtres. Les chefs des troupes marines nous étaient dénoncés comme auteurs de tous les malheurs de cette contrée de la France… Ceux des chefs militaires et civils convaincus d’avoir participé à la rébellion et à la trahison furent condamnés suivant l’exemple qu’ils en avaient donné les premiers, lorsque, maîtres de Toulon et soutenus par les coalisés qu’ils y avaient introduits, ils avaient, au nom de Louis XVI, arrêté, condamné et exécuté tant de malheureux patriotes »… mais… l’exécution des ordres plus que rigoureux des Comités de gouvernement fut suspendue et ajournée… » (Mory Fernand, 1972). Justification de Barras dans ses mémoires : « C’est parce que dans le récit des faits nous avions cru ne pouvoir refuser à ces malheureux (les bagnards) la justice qui leur revenait qu’on a dit que nous les avions proclamés « les seuls honnêtes gens de la ville de Toulon ». La Convention ordonnait aussi la punition des traîtres. Les chefs des troupes marines nous étaient dénoncés comme auteurs de tous les malheurs de cette contrée de la France. Ceux des chefs militaires et civils convaincus d’avoir participé à la rébellion et à la trahison furent condamnés suivant l’exemple qu’ils en avaient donné les premiers, lorsque, maîtres de Toulon et soutenus par les coalisés qu’ils y avaient introduits, ils avaient, au nom de Louis XVI, arrêté, condamné et exécuté tant de malheureux patriotes »… mais… l’exécution des ordres plus que rigoureux des Comités de gouvernement fut suspendue et ajournée… ». Témoignage de Barras : « Les combats tournèrent vite à l’avantage des assaillants républicains et l’armée ennemie opéra sa retraite après avoir incendié les vaisseaux stationnés dans le port, prit ceux qui étaient armés et que commandait Trogoff, embarqua ses troupes et une partie des insurgés, mit sous voile et sortit du port ainsi que de la rade, sans éprouver de grands dommages. L’incendie de nos vaisseaux et de quelques-uns de nos établissements maritimes fut arrêté par les employés de l’Arsenal et plus particulièrement par les forçats4, qui firent des prodiges pour éteindre ces flammes allumées par les Anglais. C’est parce que dans le récit des faits nous avions cru ne pouvoir refuser à ces malheureux la justice qui leur revenait qu’on a dit que nous les avions proclamés « les seuls honnêtes gens de la ville de Toulon. » (Mory Fernand, Destins varois de Peiresc à Clemenceau, Privat, Toulouse, 1972)
–1793 – 19 décembre (29 frimaire An II) : DECRETS DE LA CONVENTION
1. DECRET INSTITUANT LA GRATUITE ET L’OBLIGATION DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE
2. DECRET CONSACRANT LA LIBERTE D’ENSEIGNEMENT MOYENNANT QUELQUES FORMALITES ET CERTAINES OBLIGATIONS – Le décret du 29 frimaire an II (19 décembre 1793) donna force de loi au plan d’organisation proposé par Bouquier, malgré l’opposition des libres penseurs et des catholiques qui siégeaient sur la Montagne» (Célestin Hippeau, p. 973). Ce décret consacrait la liberté d’enseignement moyennant quelques formalités et certaines obligations : déclaration à la municipalité, production d’un certificat de civisme et de bonnes mœurs ; surveillance immédiate des instituteurs et institutrices par les pères de famille ; défense de rien enseigner contre la morale « républicaine. » II établissait, en outre, la gratuité de l’enseignement et l’obligation pour les parents d’envoyer leurs enfants à l’école pendant trois ans au moins, sous des peines rigoureuses (art. 9, section III) : « Pour la première infraction, à une amende égale au quart de leur contribution. » (…) Le décret du 29 frimaire An II (…) imposa (…) le serment civique prêté par tous les instituteurs, et il résulte de très nombreux documents qu’il fut prêté, sans la moindre contrainte, par tous les instituteurs et institutrices des écoles de la région (toulonnaise).] [id. : (ce décret) avait rendu l’instruction obligatoire pendant au moins trois années consécutives. Certaines administrations municipales amplifiaient, de leur propre autorité ou par défaut d’une sage interprétation des textes, cette obligation de la fréquentation scolaire. Nota : Au Castellet, les administrateurs communaux avaient prescrit l’obligation jusqu’à l’âge de 20 ans ( !)). Le même décret, comme la Déclaration des Droits de l’homme, posait aussi le principe de la gratuité. (On peut se demander) si ce décret, qui correspond à la période de la Terreur, a été appliqué (19 décembre. L’instruction primaire est déclarée gratuite et obligatoire, cité par Duby Georges, Histoire de la France, 1987). (S’il semble que les listes scolaires aient bien été établies, exemples à La Cadière, à Carnoules, à la Seyne, et ailleurs), la gratuité paraît n’avoir pas été établie dans la région de Toulon à cette époque. (…) Le Conseil municipal de La Seyne avait supprimé en 1790 l’allocation de 100 livres que la commune donnait au régent parce que celui-ci faisait payer l’écolage indistinctement par tous ses élèves (id. à Carnoules, le 26 janvier 1793). A Sanary, un état portant la date du 22 prairial an III (10 juin 1795, voir à cette date) nous apprend que l’instituteur, le sieur Bonnafoux, tenait école chez lui ; mais il ne fait mention d’aucun traitement (…) Ce système de table rase – afin de faire disparaître tout privilège et de permettre à d’autres régents de s’établir – produisit apparemment un résultat contraire à celui qu’on attendait puisque plus personne ne se présentait (pour prendre en charge l’enseignement dans les écoles.(Bourrilly, 1894). Des circulaires du district de Toulon parvenaient, en brumaire an III, à la municipalité de La Seyne qui devait s’efforcer de satisfaire à des demandes d’enquêtes concernant les écoles existant dans la commune et sur les moyens qu’elle pouvait avoir d’en créer (décret de la Convention nationale du 29 frimaire an II). La commune de La Seyne répondait que, dans une certaine mesure mais avec difficulté, elle assurait l’instruction de la jeunesse ; toutefois, ajoutait-elle, elle manque de personnel enseignant et la fermeture des anciennes maisons religieuses a, évidemment, diminué beaucoup les moyens éducatifs. D’autres communes du Var répondirent qu’elles ne disposaient d’aucun local disponible ; ce à quoi l’Administration centrale leur faisait observer qu’elle n’était pas tenue de leur en fournir (Louis Baudoin, 1965, p. 331).
3. LE NOM DE TOULON EST REMPLACE PAR CELUI DE PORT-LA-MONTAGNE – » Le nom infâme de Toulon est supprimé. Cette commune portera désormais celui de Port-de-la-Montagne.
« Les maisons de l’intérieur de cette commune seront rasées. Il n’y sera conservé que les établissements nécessaires à la guerre, à la marine, aux subsistances et approvisionnements de la république. » (Barère : 19 décembre 1793 / 29 frimaire ; Décret de destruction de la ville de Toulon).
Récit de Barras : « La perte des ennemis fut évaluée à dix mille hommes (soit un tiers de leurs effectifs). Nous prîmes, écrit Barras, plusieurs arrêtés pour rétablir l’ordre et l’on fit cesser tout pillage, suite malheureuse d’une pareille catastrophe… Nous rendîmes compte au Comité de Salut Public que l’armée de la République était entrée dans Toulon le 29 frimaire. Sur le rapport du Comité, la Convention nationale décréta que l’armée dirigée sur Toulon avait bien mérité de la Patrie, que le nom de Toulon serait remplacé par celui de Port-la-Montagne et que les maisons de l’intérieur de cette ville seraient rasées… » (Mory Fernand, 1972)
–1794 – 19 décembre (29 frimaire an III ) : POLITIQUE D’APAISEMENT ENVERS DES CATEGORIES D’EMIGRES – En ce qui concerne les émigrés, la Convention, soucieuse après le 9 thermidor d’effacer les traces du gouvernement terroriste adopte une politique d’apaisement dont certaines catégories d’entre eux vont bénéficier. – Le 25 brumaire an III (15 novembre 1794) sont blanchis de prévention d’émigration les fugitifs notoirement connus avant leur départ pour s’être livrés à l’étude des sciences et des arts. Le 29 frimaire an III (19 décembre 1794) les officiers mariniers, les matelots, les novices sont autorisés à rentrer en France et à se mettre à la disposition des commissaires de marine qui les embarquaient (Henriette Trojani, La société et la vie à Toulon de 1795 à 1815).
–1799 – 19 décembre : EXPEDITION D’EGYPTE – deux courriers.
a. Le général en chef Kléber à l’administrateur général des finances. Le 28 frimaire an VIII (19 décembre 1799) – Vous voudrez bien sur le champ donner des ordres pour qu’il ne soit plus fait d’enregistrement de titres de propriété. Je vous prie aussi de prescrire toutes les mesures nécessaires pour percevoir dès à présent la moitié du miri dû par les propriétaires.

b. Le général en chef Kléber à la commission des subsistances Le 28 frimaire an VIII (19 décembre 1799) Je suis instruit qu’outre les grains qui ont été expédiés de la Haute-Egypte au Caire et ceux qui existent encore en magasin dans cette partie, les villages en doivent encore une quantité considérable qui ne sont pas recouvrés. Je vous prie de me donner un état exact de ces derniers, afin que je prenne des mesures soit pour les faire rentrer dans les magasins soit pour les réaliser de quelqu’autre manière.
–1800 – 19 décembre : EXPEDITION D’EGYPTE – JOURNAL D’UN NOTABLE DU CAIRE durant l’expédition française 1798-1801 (‘Abd-al-Rahman al-Jabartî) – Ce mois-ci, le médecin-chef français envoya à tous les membres du Diwân la copie d’un rapport (de 25 pages) qu’il avait écrit sur le traitement de la variole. Chacun la reçut pour la diffuser dans la population, afin que celle-ci se mette à appliquer les recommandations indiquées pour le traitement de cette grave maladie. Les membres du Diwân accusèrent réception par une lettre de remerciement : c’était en effet un bon rapport dans son genre.
–1801 – 19 décembre (26 frimaire an III ) : LE CORPS LEGISLATIF PERD LE DROIT D’ELIRE SON PRESIDENT. Celui-ci sera choisi par le Premier Consul, Napoléon Bonaparte, sur une liste de cinq noms proposés par les députés (Patrice Gueniffey, 2001).

–1815 – 19 décembre : L’EMPIRE S’ECROULE DEFINITIVEMENT EN JUIN 1815, AU MILIEU DE L’INVASION DES PUISSANCES EUROPEENNES. Un immense désir de voir se relever la nation par une forte instruction publique se manifesta partout. On proscrivit des écoles les emblèmes et livres qui rappelaient ou glorifiaient Napoléon.. La Société pour l’Instruction élémentaire créée par Carnot va étudier de près et mettre en pratique les procédés d’enseignement mutuel qui nous arrivaient d’Angleterre. (…) (Louis Bourrilly, 1895) « Avis du maire de Six-Fours à ses administrés : Le Maire de la commune de Six-Fours invite les habitants de cette commune qui auraient chez eux des bustes, portraits et emblèmes de Buonaparte, ces tristes monuments de l’adulation et de la crainte (…) à venir en faire le dépôt à la Mairie pour qu’il puisse en faire l’envoi à la Préfecture. (…) il invite également ceux de ses administrés qui auraient des exemplaires du Catéchisme à l’usage des églises de France, dans lequel un chapitre est consacré aux devoirs envers la personne de Napoléon, de les apporter à la Mairie, pour y voir rayer et cartonner ce chapitre. (C’est principalement aux) parents dont les enfants ont fait leur première communion depuis l’institution de ce catéchisme (…) que s’adresse cette invitation, qui est de toute rigueur. Six-Fours le 19 décembre 1815. » (Archives comm. de Six-Fours)
–1830 – du 15 au 21 décembre :
– CONQUETE DE L’ALGERIE – Du 15 au 16, en vertu d’un accord passé avec la France, le bey de Tunis renverse le bey de Constantine. Une opération similaire est conduite à Oran par les troupes du général Damrémont.
– FRANCE : du 15 au 21 se déroule le procès de Polignac, Chantelauze, Peyronnet et Guernon-Ranville devant la cour des Pairs. Les quatre anciens ministres sont déclarés coupables de haute trahison et condamnés à la prison à vie. La peine qui frappe Polignac est assortie d’une mort civile. Ils seront transférés à la forteresse de Ham (Patrice Gueniffey, 2001).
–1831 – 17 décembre : ASSOCIATIONS ET COOPERATIVES OUVRIERES – Buchez développe dans la revue « L’Européen » un plan d’association ouvrière qui sera suivi de plusieurs essais de coopératives ouvrières, notamment chez les menuisiers (Association des menuisiers, 1831) et chez les ouvriers bijoutiers de la capitale (1834-1870) (Patrice Gueniffey, 2001).
–1848 – 19 novembre : MARSEILLE- Afin de fêter la proclamation de la Constitution française et son adoption le 4 novembre précédent, la Mairie de Marseille décide de distribuer des billets de pain gratuit aux indigents(Serge Bonnefoi).

–1849 – 19 novembre – Arrivée des eaux du canal de Marseille au siphon puis au Palais Lonchamp, par le canal de dérivation de Lonchamp, « au son des cloches, des salves d’artillerie et des fanfares militaires » (Chantal Granger).
–1851 – 19 décembre : MORT DU PEINTRE ANGLAIS WILLIAM TURNER- William Turner manifeste très tôt des prédispositions pour la peinture. Après des débuts classiques, l’artiste évolue vers un art proprement révolutionnaire qui met en valeur la lumière et l’eau. Il aime plus que tout saisir les couleurs changeantes de la Tamise. Bien après sa mort, sa peinture va inspirer à Claude Monet une nouvelle façon de peindre qui débouchera sur l’impressionnisme.
-1867 – 19 décembre :SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – Jeudi, S. Thimothé – Mauvais temps, aujourd’hui plus mauvais qu’hier, plus froid surtout. Le vent est à l’Ouest N. O., assez fort et froid. Ciel couvert, ce qui menace pluie. Mais la pluie ne viendra pas. Nous sommes au mauvais temps pour quelques temps. […] La nuit, froid très intense.

-1869 – 19 décembre :SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – Dimanche, S. Grégoire – Beau temps calme le matin – soleil radieux – à 9 heures, commence une petite brise du large – Thermomètre à 12° centigrades – Baromètre très haut au-dessus de beau temps. L’après-midi, le temps reste au beau.
–1870 – à partir du 17 décembre : BOMBARDEMENTS DE PARIS – Les premiers bombardements de Paris par les Prussiens commencent (Patrice Gueniffey, 2001).
–1871 – 19 décembre : NOUVELLE ASSEMBLÉE NATIONALE – Le prince de Joinville et le duc d’Aumalle prennent possession de leur siège à l’Assemblée nationale (Patrice Gueniffey, 2001).
-1871 – 19 décembre : L’évolution politique à Marseille. — Bientôt le gouvernement envoyait dans les Bouches-du-Rhône un préfet à l’humeur particulièrement agressive, le comte de Fératry : son attitude hostile envers le parti républicain provoqua maint conflit aigu. Son successeur, Limbourg, se montra tout aussi belliqueux. Quant à M. Jacques de Tracy, nommé préfet des Bouches-du-Rhône, le 19 décembre 1873, il entra, à peine arrivé, en conflit avec le conseil général et son président M. Labadié ; c’est que Marseille et le département étaient, non sans raison, considérés comme un bloc d’action républicaine avancée, heurtant sans cesse le conservatisme du gouvernement (Gabrielle Castellari, 1945).
–1877 – 19 décembre : L’évolution politique à Marseille — Le gouvernement envoya dans les Bouches-du-Rhône un préfet à l’humeur particulièrement agressive, le comte de Fératry : son attitude hostile envers le parti républicain provoqua maint conflit aigu. Son successeur, Limbourg, se montra tout aussi belliqueux. Quant à M. Jacques de Tracy, nommé préfet des Bouches-du-Rhône, le 19 décembre 1873, il entra, à peine arrivé, en conflit avec le conseil général et son président M. Labadié ; c’est que Marseille et le département étaient, non sans raison, considérés comme un bloc d’action républicaine avancée, heurtant sans cesse le conservatisme du gouvernement (Gabrielle Castellari, 1945).
–1877 – 19 décembre : LA QUASI-TOTALITE DU CORPS PREFECTORAL EST REVOQUEE, LES INSTITUTEURS REVOQUES SONT REINTEGRES – Par suite de l’échec du président Mac-Mahon qui s’est incliné et a reconnu qu’il ne pouvait gouverner en exerçant le droit de dissolution du ministère puisque « la constitution de 1875 établissait l’irresponsabilité du président, tandis qu’elle instituait la responsabilité solidaire et individuelle des ministres », tous les préfets sauf quatre, et 264 sur 275 sous-préfets sont remplacés. La veille, les instituteurs les instituteurs révoqués ou suspendus avaient été réintégrés (Patrice Gueniffey, 2001).
–1894 – 19 décembre : AFFAIRE DREYFUS – Ouverture à huis clos du premier procès Dreyfus.
–1914 – 19 décembre : LE MIROIR N° 58, ÉDITORIAL “LA GUERRE”: “Samedi 19 décembre.
1. GUERRE DANS LE NORD : “Nous enlevons un kilomètre de tranchées allemandes dans le nord (Auchy-lez-la Bassée, Loos, Saint-Laurent, Blangy) : c’est le fait important du jour. Mais nous avons aussi progressé le long des dunes de la mer du Nord, tandis que les Anglais s’avançaient dans la région d’Armentières. Notre artillerie lourde a pris l’avantage sur l’Aisne, près de Reims, et aux alentours de Verdun, où elle a détruit deux batteries lourdes allemandes. Dans l’Argonne, les ennemis après avoir fait sauter une de nos tranchées avaient essayé de déboucher en rase campagne. Ils ont été repoussés.
2. LES RUSSES EN PRUSSE ORIENTALE / “Les Russes entrent en grand nombre dans la Prusse orientale, après avoir rejeté les Allemands hors de la région de Mlava ; ils refoulent une sortie de la garnison de Przemysl. Von Hindenburg s’est décidé à évacuer Lodz, concentrant ses forces plus au sud pour couvrir Cracovie.
4. LOURDES PERTES AUSTRO-HONGROISES : “Les Serbes estiment à 100,000 hommes les pertes des Austro-Hongrois dans leur pays. On confirme la nouvelle de la disgrâce du général Potiorek, qui commandait l’armée d’invasion en Serbie.
5. PROTECTORAT ANGLAIS SUR L’EGYPTE : “L’Angleterre a proclamé son protectorat sur l’Egypte, c’est-à-dire la rupture de tout lien entre ce pays et la Turquie ; elle nomme sir Arthur Henry Mac-Mahon haut-commissaire au Caire. Elle reconnaît en même temps le protectorat français au Maroc, tel que l’a constitué le traité de 1912. C’est la mise à exécution complète de l’accord franco-anglais de 1904.
6. LES ETATS SCANDINAVES FACE A LA GUERRE : “Les trois rois de Suède, de Norvège et de Danemark se sont réunis à Malmoë pour discuter des intérêts communs des neutres Scandinaves dans la crise.
7. PROTESTATION CONTRE LA BARBARIE TEUTONNE : “Des paroles de protestation contre la brutalité et la barbarie teutonnes ont été prononcées par des chefs de parti aux Etats généraux de Hollande.
8. GUILLAUME II EST RETABLI : “On annonce que Guillaume II, rétabli, va retourner au front”.
–1916 – 19 décembre : FIN DE LA BATAILLE DE VERDUN.
–1920 – 19 décembre : STATION T.S.F. – Inauguration, à la Croix d’Hins (France), de la station de T.S.F. la plus puissante du monde.

–1921 – 19 décembre : FORGES ET CHANTIERS DE LA MEDITERRANEE, LA SEYNE – Le 19 décembre 1921, lancement, par les Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne-sur-Mer (Var), du paquebot de 9975 tonneaux « Groix » pour la Compagnie des Chargeurs réunis. Le 11 octobre 1922, « Groix » effectuera sa première traversée du Havre à La Plata (Argentine), la compagnie assurant des lignes régulières avec l’Amérique du Sud (cartophiles-groix.wifeo / paquebot).
–1934 – 19 décembre : LE JAPON ET SA MARINE – Le Japon dénonce le traité de Washington limitant les flottes de combat.
–1940 – 19 décembre : LE SOUS-MARIN Sfax (type 1 500 t)EST COULE PAR UN SOUS-MARIN ALLEMAND – Au large du cap Juby; le sous-marin allemand U 37coule par erreur le sous-marin français “Sfax” et le pétrolier Rhône alors qu’ils allaient renforcer la flotte basée à Dakar. On dénombre 61 morts et seulement 4 rescapés
–1942 – 19 décembre :
1. GUERRE EN BIRMANIE – En Birmanie on note une avancée significative des troupes britanniques et indiennes.
2. FRONT DE L’EST – Sur le front de l’Est, l’armée de secours du général von Manstein ne parvient pas à dégager la VIe armée allemande encerclée à Stalingrad par les soviétiques (André Rossel, 1985).
3. LES SOLDATS ITALIENS ARRIVENT A SANARY – Alors que le 2ème séjour d’occupation allemande à Sanary, qui débuta le 20 novembre et prit fin le 19 décembre 1942, les Italiens les remplacèrent. « Ils s’éclipsent, nos Fritz (…). Ce sont les Italiens qui vont nous tomber sur la collerette (…). Les Prussiens leur refilent tout ce qui est à gauche du Rhône (…). On va les voir arriver avec leurs mandolines, leurs pas dansants, leurs cristi la Madona et autres spaghetti. (…) Au moins, à cause de la langue (…) on pourra leur expliquer ce qu’on pense (…) alors que les Allemands (…). On attendait une entrée fougueuse (…) et voici une cohue d’hommes épuisés, dépenaillés (…) Trois cents kilomètres séparent Gênes de Toulon. On est à pied (…), traversant villes, bourgs, villages où l’on ne recueille que sourde rancune. (…) Sur la place de Sanary où prend fin le maigre marché, des rires éclatent, insolents, insultants, montés des poitrines tudesques. Car les arrière-gardes germaniques sont encore là pour passer la consigne (…) du haut de leurs camions, de leurs tanks, ils huent ces véhicules de romanichels, ils se tiennent les côtes (…) index tendus. (…) Ceux qui ont entendu cela ne l’oublieront pas. Et l’on considère soudain avec sympathie ces bruns Italiens (…) Pour eux le civil compte encore. Avec lui, on discute (…). A la tombée de la nuit, groupés en compagnie, les étrangers s’entassent aux lisières des forêts. D’énormes feux sont allumés (…) Ils chantent (…) puis s’enveloppent dans leur couverture (…) Il y a des victoires plus éclatantes » (Marc Saibène, Toulon et la Marine 1942-1944 ; Valloton B., 1945, p. 32 et suiv.).
4. RAID ET CAMPAGNE DU FEZZAN – Le 19 décembre1942, fort de ‘expérience des raids antérieurs sur Koufra et Mourzouk, Leclerc lança vers le nord le plus fort convoi motorisé qui ait jamais entrepris des opérations à longue distance en pays désertique. Les techniciens de l’Axe avaient prétendu l’entreprise irréalisable. Ils avaient compté sans la volonté des Français. Le Général Leclerc organisa une armée moderne groupa les hommes, les instruisit, les équipa. On fit une route de 1.200 kms. en plein cœur de l’Afrique, nos troupes purent entrer en campagne, à travers un désert de rocailles et de grès, que barrait sur des centaines de kilomètres une muraille montagneuse haute de 2.000 mètres : le Tibesti. Quarante-deux jours après son départ de Fort-Lamy, Leclerc, ayant conquis tout le Fezzan, faisait sa jonction dans Tripoli avec la VIIIème Armée, le 2 février 1943, tandis qu’une colonne détachée fonçait vers le sud tunisien et donnait la main aux troupes du Général Giraud, symbolisant ainsi le désir d’union de tous les combattants français. Les troupes de Leclerc après avoir fait leur jonction à Tripoli avec les divisions des Généraux de Larminat et Koenig, engagées aux côtés de la VIIIème Armée poursuivirent avec cette dernière, l’offensive victorieuse en Tripolitaine, puis en Tunisie. Pour le première fois, les soldats de la France Combattante se battaient contre l’ennemi en territoire français. Elles furent constamment à l’avant-garde depuis le moment où se dessina la manœuvre d’enveloppement qui, sous les ordres du général Freyberg, permit de contourner par l’ouest la ligne Mareth. Gabés fut prise par les troupes du général Leclerc et la population enthousiaste envoya le témoignage de son indéfectible fidélité au général de Gaulle qui répondit : Je promets qu’en dépit des retards et des obstacles l’union des Français se fera. Je promets qu’elle ne se fera que dans le respect de l’idéal de la France Combattante qui inspire aujourd’hui la France entière. » « Message du général de Gaulle au général Leclerc. “ .. . Général Leclerc, sous votre commandement habile et audacieux les troupes et l’aviation du Tchad ont su préparer méthodiquement et exécuter hardiment une des opérations offensives les plus difficiles de cette guerre. Les trésors d’ardeur, de discipline et de courage qu’elles ont dépensés constituent pour les Français soumis à l’oppression de l’ennemi un puissant réconfort et, pour le monde, une preuve nouvelle de ce que valent nos armes quand elles sont confiées à des chefs dignes de la France. Demain, soyez-en certains, les Forces Françaises, inspirées par l’exemple et animées par l’esprit des troupes que vous commandez, seront rassemblées pour les grandes victoires. » (Charles de Gaulle, Au service de la France, 1940-1944, p. 35.
5. ENTREVUE HITLER-LAVAL A BERCHTESGADEN : Rien ne va plus pour la France de Vichy en cette fin d’année 1942. L’Afrique du Nord est entrée en dissidence, une grande partie de la flotte s’est sabordée à Toulon et l’autre partie est tombée aux mains des Allemands dans le port de Bizerte en Tunisie. En effet, le 8 décembre, l’amiral Derrien reçut du commandement allemand, occupant la ville depuis le 13 novembre, l’ordre de livrer la flotte intacte sous peine de voir marins et officiers être exterminés. Dans l’obligation d’accepter, l’amiral livrait quelques heures plus tard le reste de la puissance militaire de Vichy. Parallèlement, le 15 décembre, Pierre Laval apprit que le montant des frais d’occupation venait d’être réévalué, passant de 400 à 500 millions de francs. Face à cette aggravation de la situation politique du gouvernement de Vichy, Laval sollicita et obtint un rendez-vous avec le Führer. PAR LA FAUTE DE LA France : Le 19 décembre 1942, Laval rencontra donc Hitler à Berchtesgaden. Assistaient à cette entrevue : Goering, Ribbentrop et le comte Ciano. Le chef du gouvernement de Vichy avait la ferme intention de demander des comptes aux Allemands. Mais, dès le début de la discussion, c’est lui qui fut mis en accusation. Par Goering tout d’abord qui reprochait à Laval d’avoir laissé se développer en France le marché noir d’une façon alarmante. Le Führer, quant à lui, n’avait toujours pas accepté la dissidence de l’Afrique du Nord. Il accusa Laval de n’avoir pas encore pris de mesures à rencontre des familles des «rebelles» ayant joué la carte alliée. D’une façon générale, les Allemands reprochaient au gouvernement de Vichy son manque total de fermeté. Laval ne put se faire entendre. Le maître du Reich lui apprit deux nouvelles qui n’avaient vraiment rien d’enthousiasmant. La première concernait Sauckel. Ce dernier devait en effet procéder à une nouvelle réquisition de main d’œuvre en France. Pour ce faire, Hitler conseilla à Laval de réorganiser la police française. C’en était fini de l’indépendance de Vichy. Les autorités d’occupation faisaient peu à peu main basse sur tous les rouages de la vie politique et économique de l’ex-zone libre. La seconde nouvelle que le Führer apprit à Laval allait également dans le sens du contrôle total de la France par les Allemands. Il déclara: «J’ai confiance en vous, je ne traiterai jamais qu’avec vous. Vous êtes le dernier gouvernement de la France. Après vous, ce sera un Gauleiter». Le chef du gouvernement français ne prit pas cette déclaration pour une menace, au contraire, il crut remporter une nouvelle victoire personnelle. Au terme de l’entrevue de Berchtesgaden, Pierre Laval rentra à Vichy en croyant être investi d’une nouvelle mission: «C’est un nouveau départ. On avait donné à la France sa chance. On lui en donne une nouvelle». En fait, la réalité était toute autre. Hitler ne décida-t-il pas quelques semaines plus tard «qu’il n’était plus nécessaire d’avoir des égards particuliers vis à vis des Français?» (Jean-Paul Viart, op. cit.) Un an plus tard, exactement le 13 décembre 1943, Pierre Laval déclarera : « La victoire de l’Allemagne empêchera notre civilisation de sombrer dans le communisme. La victoire des Américains serait le triomphe des Juifs et du communismes. Quant à moi, j’ai choisi. » (André Rossel, 1985).

–Du 19 décembre 1942 au 31 janvier 1943 : OCCUPATION DE SANARY – L’Hôtel de la Tour est occupé par les troupes italiennes. Contacts avec les habitants. Vie de tous les jours de ceux-ci. Cornelis Postma, daté du 19 décembre 1942 au 31 janvier 1943 (Doc. trouvé dans les archives de BR. ; B. Valloton, 1945, p. 39 et suiv. ; Glade M., 2004 ; Revest A., 2004) [Archives de Sanary =:] « Le Maire de Sanary-sur-Mer certifie que l’HOTEL DE LA TOUR exploité par MM. MONTFOLLET et MERCIER a été occupé (…) du 19 décembre 1942 au 31 janvier 1943 par les troupes italiennes (…). Le Maire, signé : J. Cavet. » [B. Valloton, 1945 : (Installation des cuisines, recherche d’hébergement. Siège des habitants en utilisant toutes sortes de moyens. A l’un, Grattino, agriculteur d’origine italienne, mais antifasciste, on promet le fumier des chevaux des hommes qu’il hébergera. A Mme Groux, veuve d’un capitaine au long cours, on propose de n’installer que des officiers d’état-major avec leur cuisinier, mais sans la gêner. Dans le cas de la Rione, propriété située sur les pentes du fort de Six-Fours et voisine de la sienne, les propriétaires, deux suissesses, font appel à l’intercession de B. Valloton. Habitant un simple cabanon, leur maison est donc inhabitée, et, même tenues par des Suisses tombe sous le coup de la réquisition. Un capitaine et d’autres officiers, le garde-champêtre morose, les deux dames cramponnées à leur rêve, une chèvre qui observe de son écurie. Il ne reste plus qu’à plier. Les meubles sont transférés dans le cabanon. Puis,) ils arrivent, une quarantaine (qui envahissent) l’atelier, le jardin. On crie, on chante, enfonce des clous, patrouille un peu partout (sans se) donner la peine de fermer les robinets d’arrivée d’eau. (…) La nuit vient. Ils s’entassent chez eux (…) Le lendemain, les oranges ont disparu, les artichauts sont piétinés, l’eau du puits a un goût de savon. Parmi les hommes qui s’honorent de l’appellation de « Lupi di Toscana », il en est de tout gabarit (…) on fait la cour à la fille du jardinier voisin ou à une veuve toutes deux d’origine italienne. Celle-ci, qui déblatérait contre le régime fasciste quand elle lavait le linge alentour, en oublie vingt ans d’hospitalité française (…) : – Ça devait arriver. Les Français, trop légers… (…) Ils ne voulaient plus de sueur. Retraite à trente ans, cigarettes et bons morceaux (…). Moi, veuve, presque vieille, est-ce que je ne trime pas 12 heures par jour dans le linge mouillé ? … Alors les autres sont venus. (…) Sur la terrasse, on installe des mortiers (…) . Tout leur appartient, maintenant. Ils s’insinuent, s’étalent, s’enracinent. (Lâchent leurs chiens qui sont gardés dans le poulailler. Sans compter le résultat de résultat de promenades solitaires fait pour rebuter les moins délicats.) Dans les bois, les preuves abondent (que les Italiens mettent au compte des Français, jusqu’à la mise en place de véritables feuillées qui ne seront pas pour autant utilisées).] [Glade M., 2004 : Les officiers italiens étaient installés près de l’établissement des Oiseaux à la Gorguette. Ils parlaient à tout le monde et ne faisaient rien du matin au soir, sauf du cheval. Ils essayaient de s’entretenir avec nous au moment de nos récréations ; nous étions six élèves aux Oiseaux. Comprenant le corse (ma mère ne parlait que cette langue), je les comprenais.] [id. : Vie de tous les jours : Le courrier : Durant toute cette période j’ai pu écrire à mon amie bretonne sans problème. Le ravitaillement : Je possédais une carte d’alimentation J3 (Le 1er mars 1940, des décrets-lois ont institué les cartes de rationnement pour certaines denrées dont le charbon ; ils renforçaient le rationnement de l’essence, imposaient la fermeture des boucheries trois jours par semaine, etc. (J. L. Panné, 2001, p. 2064). « Le 6 mars 1940 sera le premier jour du régime sec » (Le Petit Parisien, mercredi 6 mars 1940). Un décret fixera les modalités d’interruption du chauffage central collectif entre le 1er avril et le 15 octobre (Le Matin, 8 avril 1940). Le Petit Journal du 9 juillet 1940 annonce l’entrée en application de la carte d’alimentation qui sera effective le 17 septembre. Chaque âge a ainsi sa carte d’alimentation dont on détache un ticket à chaque distribution. Mais le rationnement est inégal selon les régions. Les enfants manquent de lait frais et la plupart des médicaments sont introuvables. Les cas de tuberculose augmentent de 30 %, la mortalité s’accroît de plus de 50% dans les Bouches-du-Rhône, d’après J.-M. d’Hoop, 1987, p. 525-526). A Marseille, on échangeait de vieux vêtements contre de la nourriture. Jusqu’au 11 novembre 1942, à cause de la ligne de démarcation, il était difficile de communiquer. Passé cette date, une cousine du Loiret et une amie bretonne nous adressaient des légumes et même du beurre. A Marseille, nous avions des têtes de poisson pour le souper. A Sanary, nous avions installé un clapier à lapin contre le mur du jardin. Comme nous ne fermions pratiquement jamais le portail, un jour, ils furent tous volés, nous ne savons pas par qui, peut-être par les Allemands ? [id. : Mes parents avaient loué une partie de la villa à un couple de juifs diamantaires de la place Vendôme à Paris qui ont résidé chez nous durant deux ans. La dame s’amusait à nous faire des vêtements, créatrice de mode, elle avait des doigts de fée. Sa famille résidait à Marseille où elle était antiquaire. Elle a pu se rendre à Paris pour se faire refaire le nez ; j’étais en compagnie de la fille du receveur des postes lorsqu’elle est revenue de cette opération chirurgicale. Il ont quitté Sanary pour rejoindre un de leurs amis député du Gers. Au moment de nous quitter, ils nous ont offert une aquarelle exécutée par le peintre hollandais Cornelis Postma qui avait séjourné à Sanary en 1940 et 1941. Le tableau, qui est en possession de mon fils, le docteur Dominique Glade, représente un oiseau derrière des barreaux et regardant un paysage désertique. Il est signé : Cor Postma, Sanary 1940, villa Pacifique (Cornelis-Johannès Postma, né le 2 janvier 1903 à Hilversum, de nationalité hollandaise, était muni d’une carte d’identité délivrée le 15 novembre 1939 par la préfecture de police de Paris. Résidant seul à Macon (Saône et Loire), il fit auprès du commissariat de police de cette ville, une demande de visa de départ pour se rendre à Sanary le 27 octobre 1941. Signé par le commissaire, ce visa fut adressé à Sanary, où il est aujourd’hui aux archives municipales (retrouvé par Michaël Brunot). Notons que la carte d’identité des Français fut instaurée par une loi publiée au journal officiel du 20/11/1940, qu’un décret devait ultérieurement rendre obligatoire pour tout Français, de l’un ou l’autre sexe, âgé de plus de 16 ans, publié dans Le Matin, 21 novembre 1940). ] [Revest Anna : Les soldats italiens étaient à plaindre : ils réclamaient un peu de nourriture et du vin. Ils n’étaient pas gâtés. Ici, ils n’ont rien fait (pas coupé d’arbres, ni creusé de tranchées). D’ailleurs, ils n’habitaient pas à la Piole. A Sanary, il y avait à cette époque beaucoup de familles d’origine italienne : Barroso, Colombo, Minetti, Cometto, Bodino (qui était marié avec une fille Fournier).] [Revest A. : La nourriture : Nous avions des cartes d’alimentation, et il n’y avait alors pas de café mais des substituts (ersatz). Le manque de pain était crucial. Nous nous servions à la boulangerie de M. Venel qui nous servait rue du Coquillon puisque le port n’était plus accessible. A Sanary, nous nous servions à l’épicerie Bénech.Il y avait aussi des marchands ambulants, comme Marcel Orso, puis plus tard le boulanger Coste.]
–1944 – du 17 au 20 décembre : DERNIERE OFFENSIVE ALLEMANDE A L’OUEST – Alors que Faenza vient de tomber en Italie, l’Allemagne a lancé le 17 son offensive de la dernière chance dans les Ardennes, entre Montjoye et Echternach. L’Etat-Major allié envisage un repli général et une évacuation de Strasbourg, mais au bout de trois jours l’armée allemande est à bout de souffle (André Rossel, 1985).
–1946 – 19 décembre :
1. DEBUT DE LA GUERRE D’INDOCHINE QUI VA DURER JUSQU’EN 1954. Le 19 décembre 1946, le parti communiste vietnamien de Hô Chi Minh, le Vietminh, lance une insurrection générale contre le colonisateur français à Hanoi et dans tout le Tonkin. C’est l’échec de la reprise en main négociée par Jean Sainteny et l’amiral Thierry d’Argenlieu et le début de la première guerre d’Indochine.
2. DECES DU PHYSICIEN PAUL LANGEVIN.
–1947 – 19 décembre : CREATION DE LA CGT-FO – Scission du syndicat C.G.T et création du syndicat Force ouvrière (congrès constitutif en avril 1948) (Jean-Charles Volkmann, 2003).
–1949 – 19 décembre : DEVALUATION DU FRANC (Jean-Charles Volkmann, 2003).

–1964 – 19 décembre : JEAN MOULIN AU PANTHEON – Les cendres de Jean Moulin sont transférées au Panthéon, à Paris, à l’initiative du général de Gaulle et du ministre des Affaires culturelles, André Malraux. Ce dernier prononce à cette occasion un flamboyant discours en hommage à Jean Moulin et à tous les résistants à l’occupation allemande.
–1965 – 19 décembre : DEUXIEME TOUR DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES. Le général De Gaulle est réélu élu Président de la République avec 55,2% des suffrages, contre 44,80 à François Mitterrand. A Saint-Mandrier : De Gaulle : 833 voix ; Mitterrand : 714 voix (Ken Nicolas, vol. 2, p. 236).
–1967 – 19 décembre : CONTRACEPTION – Loi Neuwirth qui autorise la contraception.
–1969 – 19 décembre : FORGES ET CHANTIERS DE LA MEDITERRANEE, LA SEYNE – Livraison par les Constructions Navales et Industrielles de la Méditerranée (CNIM), La Seyne, du cargo Pointe des Colibris, dont le nom initial était Pointe Rouge 2ème d’une série de trois cargos polythermes polyvalents : Pointe Allègre, Pointe des Colibris, Pointe Marin commandés par la Compagnie Générale Transatlantique. En 1982, il sera renommé Mantego Bay (frenchlines / ship fr 382 ).
–1974 – 19 décembre : le paquebot FRANCE accomplit son dernier voyage – quelques centaines de mètres seulement – jusqu’au quai du Havre où il va attendre une incertaine résurrection.
–1994 – 19 décembre : Engins de pêche et réglementation. Extraits des règlements prud’homaux, de 1829 à 2001 – Chevrotière / drague / petit gangui pour poissons, oursins, crevettes (AG Bandol, 18 mai 1900, 12 février 1961, 12 octobre 1984 : caractéristiques définies par l’Arrêté du 19 décembre 1994, cit. Patania L., Guillaume J., 2002 ).
–1996 – 19 décembre : Mort de l’acteur italien Marcello Mastroianni. Il était né le 28 septembre 1924.
–2016 – 19 décembre : Attentat terroriste à Berlin – L’attentat du 19 décembre 2016 à Berlin est une attaque terroriste islamiste au camion-bélier qui s’est déroulée au marché de Noël de la Breitscheidplatz, à Berlin-Charlottenbourg en Allemagne. Elle a eu lieu aux alentours de 20 h heure locale, faisant douze victimes et plus de cinquante blessés.
–2016 – 19 décembre : METEO A 7h : Température : 6°, temps clair, précipitations nulles, humidité 88%, vent à 19 km/h. Evolution pour la journée : pluie, avec un maximum de température de 12 à 13° vers midi et un minimum de 8° à 20 h.
–2017 – 19 décembre : METEO A 7h : journée ensoleillée dans l’ensemble. Matin : 6°, ciel clair à peu nuageux. Vent de secteur Est-Nord-Est à 5 km/h. Après-midi : 10°, ciel clair à peu nuageux. Vent de sud-est à 5 km/h. Soirée : 4°, avec vent de Nord-Nord-Ouest.
EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHEQUE (chronique initiée en 2018) :
« Les artistes du bagne », chefs-d’œuvre de la débrouille 1748-1953, Musée de Balaguier, La Seyne-sur-Mer. 2010, 1 volume, 144 p.
EN DIRECT DE NOS ARCHIVES :
SANARY-SUR-MER – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et ÉDIFICES. 410e livraison.

–1741 – 19 décembre : SANARY , OLLIOULES, LE LUC, ET AUTRES LIEUX – En 1739, le comte Jean Baptiste Hubert avait épousé Pauline Félicité de Mailly de Nesle. Comme ses autres sœurs, elle fut l’une des maîtresses de Louis XV. Elle en conçut un fils que le comte reconnu, mais mourut des suites de l’accouchement en 1741. Dès lors le comte ne s’occupa plus que de ce fils né des amours de son épouse avec Louis XV. Celui-ci, Charles Emmanuel de Vintimille, marquis du Luc, né au château de Versailles le 19 décembre 1741, deviendra le dernier seigneur du Luc, d’Ollioules, de Saint-Nazaire et de bien d’autres lieux.
-1867 – 19 décembre :SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – Jeudi, S. Thimothé – Mauvais temps, aujourd’hui plus mauvais qu’hier, plus froid surtout. Le vent est à l’Ouest N. O., assez fort et froid. Ciel couvert, ce qui menace pluie. Mais la pluie ne viendra pas. Nous sommes au mauvais temps pour quelques temps. […] La nuit, froid très intense.
-1869 – 19 décembre :SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – Dimanche, S. Grégoire – Beau temps calme le matin – soleil radieux – à 9 heures, commence une petite brise du large – Thermomètre à 12° centigrades – Baromètre très haut au-dessus de beau temps. L’après-midi, le temps reste au beau.
MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS – 610e livraison.

(Exposition coloniale 1922 Palais de l’Afrique OCC village soudanais Entrée principale timbrée 1906 – coll. H. Ribot)
–1269 – 19 décembre :
1 – Turris Aregni, prope marem (archives de la Major). ARENC – faubourg puis quartier rural et, enfin quartier urbain, commune de Marseille, tire son nom de « arena » (sable ; en provençal : arena / areno), plage sablonneuse où aboutissaient les ruisseaux des Aygalades et de Plombières (1872). L’église Saint-Martin est mentionnée pour la première fois le 30 décembre 1153 : eccl. S. Martini de Aregno (bulle d’Anastase, aux Archives de l’évêché). Par cet acte, la possession en est confirmée à l’évêque de Marseille.
2 – Domus S. Lazari de cart (charte aux archives de la Major). Etablissement religieux ou hospitalier qui est connu au 13e s. comme léproserie. Saint-Lazare – faubourg de Marseille, qui a pris son nom d’un établissement religieux ou hospitalier, fondé dans le quartier depuis une époque très ancienne. Saint-Lazare était un prieuré dépendant du Chapitre de la cathédrale (1872). Le Cart est un ruisseau de Caravelle ou des Aygalades.
–1344 – 19 décembre : Balmettes, (acte aux archives des Prêcheurs). La propriété au lieu-dit les Balmettes, territoire de Saint- Marcel, appartenait en 1344 à Raolin Vivaud ; elle obvint par héritage à Constance de Saint-Gilles, femme de Pierre Imbert, et ensuite à Guillelmette Imberte, dont le couvent des Prêcheurs de Marseille hérita. En 1460, Jean Milhaud Valentin prit à nouveau bail une bastide et son affar audit lieu. C’est depuis lors que ce hameau s’est appelé la Valentine.
–1370 – 19 décembre : Urbain V décède à Avignon. Il est d’abord inhumé à Notre-Dame des Doms, Avignon. Le 31 mai 1372, Ayant demandé que ses ossements soient portés à Marseille dans l’abbaye de Saint-Victor, son cercueil prend la route de Marseille. La cérémonie d’inhumation a lieu le 5 juin 1372 sous la présidence de son frère, le cardinal de Grimoard. De nombreux prélats assistent à cette cérémonie ainsi que plusieurs abbés
–1848 – 19 novembre : MARSEILLE- Afin de fêter la proclamation de la Constitution française et son adoption le 4 novembre précédent, la Mairie de Marseille décide de distribuer des billets de pain gratuit aux indigents(Serge Bonnefoi).
–1849 – 19 novembre – Arrivée des eaux du canal de Marseille au siphon puis au Palais Lonchamp, par le canal de dérivation de Lonchamp, « au son des cloches, des salves d’artillerie et des fanfares militaires » (Chantal Granger).
LA SEYNE-SUR-MER. 62e livraison :

–1921 – 19 décembre : FORGES ET CHANTIERS DE LA MEDITERRANEE, LA SEYNE – Le 19 décembre 1921, lancement, par les Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne-sur-Mer (Var), du paquebot de 9975 tonneaux « Groix » pour la Compagnie des Chargeurs réunis. Le 11 octobre 1922, « Groix » effectuera sa première traversée du Havre à La Plata (Argentine), la compagnie assurant des lignes régulières avec l’Amérique du Sud (cartophiles-groix.wifeo / paquebot).
–1969 – 19 décembre : FORGES ET CHANTIERS DE LA MEDITERRANEE, LA SEYNE – Livraison par les Constructions Navales et Industrielles de la Méditerranée (CNIM), La Seyne, du cargo Pointe des Colibris, dont le nom initial était Pointe Rouge 2ème d’une série de trois cargos polythermes polyvalents : Pointe Allègre, Pointe des Colibris, Pointe Marin commandés par la Compagnie Générale Transatlantique. En 1982, il sera renommé Mantego Bay (frenchlines / ship fr 382 ).
OLLIOULES – 73e livraison – Siège de Toulon.

–1741 – 19 décembre : SANARY , OLLIOULES, LE LUC, ET AUTRES LIEUX – En 1739, le comte Jean Baptiste Hubert avait épousé Pauline Félicité de Mailly de Nesle. Comme ses autres sœurs, elle fut l’une des maîtresses de Louis XV. Elle en conçut un fils que le comte reconnu, mais mourut des suites de l’accouchement en 1741. Dès lors le comte ne s’occupa plus que de ce fils né des amours de son épouse avec Louis XV. Celui-ci, Charles Emmanuel de Vintimille, marquis du Luc, né au château de Versailles le 19 décembre 1741, deviendra le dernier seigneur du Luc, d’Ollioules, de Saint-Nazaire et de bien d’autres lieux.
TOULON – 125e livraison. Mongin – Toulon ancien et ses rues. DEUXIÈME PARTIE. Agrandissement de 1589. IX Rues tracées dans le Borc del Portalet.

Place Gambetta (1ère partie) : Une modeste chapelle érigée de temps immémorial par la corporation des pêcheurs sous l’invocation de son patron vénéré, Saint-Pierre, s’élevait sur cette place appelée primitivement plassa del Portalel (BB. 53). Ce quartier n’était habité que par des pêcheurs et des marins, et servait principalement de lieu de construction pour les barques et les navires de petit tonnage. En 1635, les P.P. Augustins Déchaussés, admis à se fixer à Toulon, « avec droit de queste », sur la recommandation du roi Louis XIII (BB. 29), obtinrent la permission de desservir la petite chapelle de Saint- Pierre (Archives communales, BB. 56). Six ans plus tard, devenus propriétaires d’un terrain attenant à cette chapelle, les Augustins y édifièrent leur couvent (BB. 57). En 1652, ces religieux se faisaient octroyer par la Communauté une somme de 500 livres qui leur permit d’acheter une maison adossée au monastère et sur l’emplacement de laquelle ils bâtirent l’église Saint-Pierre actuelle.
La place du Porlalet reçut, au XVIIe siècle, plusieurs destinations différentes. En 1636, les propriétaires des maisons situées dans ce quartier avaient été autorisés à faire construire à leurs frais, sur un des côtés de la place, une halle pour la vente du poisson ; l’année suivante, sur l’opposition des habitants de la place de la Poissonnerie, les Consuls étaient forcés de revenir sur leur décision et de faire rétablir le marché au poisson à l’endroit où il était installé auparavant. Le Conseil de ville, se croyant moralement obligé de donner quelque compensation aux propriétaires de la place du Portalet ainsi évincés, présentèrent, en 1641, une requête à MM. les Trésoriers « généraux de France, en la généralité de Provence, aux fins d’ordonner que les vieilles prisons de la ville soient démolies, et que l’argent provenant de la vente de leur emplacement, soit employé à la construction, dans la circonférence de la halle Saint-Pierre, de nouvelles prisons et d’un auditoire pour y administrer la justice » (Archives communales, BB. 58). Quelques mois plus tard, le Conseil de ville décidait en outre que ceux qui voudraient à l’avenir, vendre du pain, seraient tenus, après l’avoir fait marquer, de le faire porter à la halle Saint-Pierre, seul lieu où il pourra être vendu » (Archives communales, BB. 58). Enfin, le 22 juillet 1642, des lettres patentes du roi vinrent ordonner que « la halle Saint-Pierre servirait désormais de magasin pour y déposer les câbles, agrès, munitions de guerre et ustensiles des vaisseaux » (Archives communales, BB. 58). (à suivre)
UNE BLAGUE POUR LA ROUTE :

« Le billet populaire de congé annuel que vous pouvez obteni une fois par an vous permet de sortir de Frane par un point et y rentrer ensuite par un autre (ou vice versa) » (S.N.C.F., années 1950)

Nous sommes le 19 décembre 2024. L’hiver est à deux pas, et il est 8 heures. J’arrête ici ces éphémérides et vous souhaite un bon mardi à tous.
Ce sera tout pour aujourd’hui.
Affectueuses pensées à Isabelle, Olivier, Raphaël et Webber qui s’apprêtent à nous rejoindre pour passer Noël en famille à Sanary. La crèche est à présent terminée, les cadeaux vont pouvoir affluer, mais pour cela, il va falloir écrire des lettres au Père Noël puis les porter à la boîte qui se trouve devant la mairie.
A demain !

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