EPHEMERIDES DU SAMEDI 30 NOVEMBRE 2024, 13e ANNÉE (n° 4615).
ILLUSTRATION : Huppe fasciée photographié à Charm el-Cheik (Sinaï) en 2024.
LES FÊTES :
Aujourd’hui, 30 novembre, dernier jour du mois, nous fêtons les 362 000 ANDRÉ de France, l’un des noms les plus portés dans notre pays.
ANDRÉ est le deuxième apôtre cité par Matthieu et Marc. On lui donne le titre de « Premier appelé par le seigneur » ».
dicton du jour : doit-il nous réjouir, lui qui dit : « Neige de saint ANDRÉ peut durer cent jours » ?
Le calendrier républicain, dont le décret de la Convention datait du 24 novembre 1793 (4 frimaire an II) entérine l’usage, adopté un an plus tôt lors de l’abolition de la royauté, de dater les actes publics de la République à partir du 22 septembre 1792, premier jour de l’an I de la République et de « l’ère des Français », dédia ce 10e jour de frimaire de l’An II à un outil : la Pioche.
PENSEE : « De temps en temps, une catastrophe nous rappelle que l’homme, dans toute la puissance qu’il a gagnée par le développement des sciences et des techniques, reste pourtant impuissant devant les forces de la nature. » (Georges Duby – « sur les traces de nos peurs », 1995).
ÉPHÉMÉRIDES :

–1193 – 30 novembre : Aicard de Signes vend à Montrieux une terre située à la Sauvette. Guillaume Avivella vend à Montrieux tout ce qu’il possède à Cancerilles (Boyer, 1980, p. 633 ; acte non transcrit dans le cartulaire de Montrieux ; A. Original parchemin, jadis scellé sur double queue (A.V., 1 H 280).
–1218 – 30 novembre et 1er décembre : L’ETENDARD DE SAINT-VICTOR FLOTTE SUR LA TOUR DU THOLONEE – Marseille. Procès-verbal d’exécution des bulles d’innocent III du 4 août 1211 et d’Honorius III du 19 juin 1218, par les évêques de Riez et d’Antibes et l’abbé de Thoronet. L’évêque d’Antibes et l’abbé ayant inutilement sommé les recteurs de Marseille et les chevaliers de Saint-Marcel, les trois commissaires se placent en face de Saint-Marcel et de Marseille, et mettent l’abbé Bonfils en possession de ce qui avait appartenu à Roncelin dans les deux localités. Ils l’investissent encore du port et de la ville, en naviguant avec lui dans le port et en abordant près de la tour de l’Hôpital. L’évêque d’Antibes et l’abbé du Thoronet, l’évêque de Riez s’excusant d’aller plus loin, viennent ensuite à la porte de la cité, livrent à l’abbé Bonfils les parts du tonlieu qui lui reviennent ; celui-ci fait ériger l’étendard de Saint-Victor avec la croix sur la tour du Tholonée. De retour à Saint-Victor, les trois commissaires signifient aux intéressés, qui en appellent à l’évêque de Marseille. que les biens de Roncelin à Saint-Marcel ont été donnés et sont confirmés à Saint-Victor. Ils se rendent encore devant le château de Saint-Marcel, dont, ils trouvent les portes fermées ; ils convoquent chevaliers et prudhommes en l’église voisine Notre-Dame, notifient aux quelques habitants qui se présentent la mise en possession de l’abbé Bonfils et ordonnent à tous de le reconnaître comme seigneur avant le dimanche suivant, sinon l’interdit sera jeté. Le lendemain, ils prescrivent aux prêtres et à l’évêque de Marseille de faire respecter, par l’excommunication et l’interdit, les droits de Saint-Victor. (acte des vicomtes de Marseille n° 401, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : B. Saint-Victor, Petit Cartulaire, fol. 84. — C. Ibidem, fol. 89 v°. a. Guérard, n° 910. – b. G. Doublet, Recueil des actes concernant les évêques d’Antibes, n° CLI. IND. : Gallia christiana, t. III, col. 1157 (date erronée de 1208). — Albanès et Chevalier, Gallia … Province d’Aix, col. 595.
–1218 – 30 novembre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Elemosine molendinum (cartulaire de Saint-Victor, n° 910). MOULIN DE L’AUMONE, moulin qui se trouvait autrefois près de l’abbaye de Saint-Victor, vers Saint-Lambert.
–1255 – 30 novembre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Moulin de Somati (acte aux archives de Saint-Victor). TOUR DE SOMATI – tour au bord de la mer, quartier de Séon, com de Marseille, du nom de la famille propriétaire. Première mention : Tour des Jourdans au XIIIème siècle,
–1292 – 30 novembre :

1. LE VICOMTE DE MARSEILLE FAIT A MONTRIEUX UNE RENTE ANNUELLE – VIDIMUS (A.V., 1H170) de l’acte n° 279 d’avril 1188, des vicomtes de Marseille, et n° 222, du cartulaire de Montrieux, par lequel Guillaume le Gros, vicomte de Marseille, fait à Montrieux une rente annuelle, et l’exempte du droit d’usage pour tout achat effectué à Marseille (Boyer R., 1980, p. 618 : Guillaume le Gros, vicomte de Marseille, fait aux chartreux de Montrieux une rente annuelle de 60 sous sur sa part de revenus procurés par le port et les lesdes de Marseille, pour qu’ils puissent acheter de l’huile, de la cire, de l’encens, du vin, et ce qu’il faut pour faire des hosties, pour célébrer des messes. Il exempte également les chartreux du droit d’usage pour tout achat effectué à Marseille).
2. Hyères – Charles II, comte de Provence, confirme aux chartreux de Montrieux deux privilèges qui leur furent octroyés jadis, l’un par Geoffroi Barral, vicomte de Marseille, l’autre par Guillaume le Gros, vicomte de Marseille (Boyer R., 1980, p. 662 : acte non retranscrit dans le cartulaire de Montrieux).
–1294 – 30 novembre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE –

–Balma Cresteiha (charte aux archives de l’Evêché). LA BALME – bastide, quartier de Séon-Saint-Henri. Dénommée la Baume au cadastre de 1790.
– L’ESTAQUE – au quartier de Séon, première mention du hameau dans un document historique (acte aux archives de la Major). D’après cet acte, le quartier de l’Estaque faisait partie du territoire des Pennes.
–Pe de Feda (acte notarié). PE-DE-FEDA (Pied de Brebis) – lieu-dit, quartier du Cannet.
–1358 – 30 novembre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE –
–Los Clausels (acte notarié). LES CASALS – lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Saint- Marcel (1872). Première mention : Als Casals (charte aux archives municipales).
–Romeguieras (acte notarié). FOURNERY (depuis 1699) – lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Saint- Marcel, à la Tuilière. Première mention : Romiguiera, 9 septembre 1357 (acte notarié).
–Lona (acte notarié). GADELONE – cours d’eau qui se forme au quartier des Accates et se jette dans l’Huveaune au-dessus de Saint- Marcel, commune de Marseille (1872).
–Longannha (acte notarié). LOGOGNANE, ancien nom de la vallée située dans le territoire de Saint-Julien, commune de Marseille, vers Saint- Marcel. Mentions successives : Vallis de Legognano ubi Sancti Juliani ecclesia videtur esse fondata, 1057 (cartulaire de Saint-Victor, n°53). Ligognano (ibid.). Liguognano, circ. 1057 (ibid., n° 54). Longannha, 30 novembre 1358 (acte notarié). Legoniagna, 9 mars 1360 (Délib. du Conseil municipal)..
–La Masselessa (acte notarié). LA MARSEILLAISE – lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Saint-Marcel.
–Lo Peyron (acte notarié). LES PEIRONS – hameau, commune de Marseille, quartier de Saint- Menet.
–Lo Pin (acte notarié). LE PIN – lieu-dit, commune de Marseille, quartier des Camoins.
–Lo Rocas (acte notarié). LA ROCHE – lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Saint-Marcel, à Gadalone. Première mention : La Roqua, le 26 novembre 1328 (charte aux archives de la Major).
–Las Balmetas, 30 novembre 1358 (acte notarié). LA VALENTINE – hameau, commune de Marseille. Première mention : Ulmeta, 1057 (cartulaire Saint-Victor, n° 53). La propriété au lieu-dit les Balmettes, territoire de Saint- Marcel, appartenait en 1344 à Raolin Vivaud ; elle obvint par héritage à Constance de Saint-Gilles, femme de Pierre Imbert, et ensuite à Guillelmette Imberte, dont le couvent des Prêcheurs de Marseille hérita. En 1460, Jean Milhaud Valentin prit à nouveau bail une bastide et son affar audit lieu. C’est depuis lors que ce hameau s’est appelé la Valentine.
–1653 – 30 novembre : MANQUE DE BLE – les Consuls de Marseille ont fait savoir à leur agent à Paris : «l’extrême besoin que nous avons de blé en cette ville, et le peu d’espérance qu’il y a d’en recouvrer du costé du Bastion» (de France, sur la côte d’Algérie). Ils songent à en faire acheter en Angleterre. Cf. MARSEILLE, AC, BB 251 B, ff. 215v-216.

–1696 – 30 novembre : L’ESCLAVAGE BLANC EN MEDITERRANNEE (1500-1800) – « Au sein des prisons d’Alger, les hôpitaux qui subsistaient purent trouver des sources de revenus relativement stables à partir des versement importants était exigés des esclave venant de l’extérieur et des chrétiens libres. Ainsi des marins appartenant à des navires marchands chrétiens durent par exemple payer un peu plus de 4 ducats vénitiens leur admission à l’hôpital d’Alger; des chrétiens libres habitant la ville durent quant à eux débourser 9 sols vénitiens. » (Robert C. Davis, « Esclaves chrétiens, maîtres musulmans », 2006, p. 204, citant la lettre du 30 novembre 1696 du frère Benedetto Fossano à Tunis (CPF, SOCG, « Barbaria », liasse 3, p. 349)
–1789 – 30 novembre ;
1. EN DIRECT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE – Le 30 novembre 1789, à la demande de quatre députés dont Saliceti, la Constituante reconnaît la Corse comme faisant partie intégrante du royaume de France. L’acte de 1768 est effacé en dépit de la protestation génoise ; la Corse est vraiment française en vertu du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Paoli, rappelé de son exil londonien, est reçu en triomphateur à Paris comme un martyr de la liberté (Ambrosi C., 1971, « Corse. 2. Un objet de rivalités historiques ». Encyclopaedia Universalis, vol. IV, 1971, p. 1057 à 1058).

2. FEDERATION DES GARDES NATIONALES DU DAUPHINE ET DU VIVARAIS – LUNDI 30 NOVEMBRE – Étoile, près de Valence, a vu la Fédération des gardes nationales du Dauphiné et du Vivarais. Cette volonté d’union est née du vide créé par l’effondrement de l’ancien État. Le souci de sécurité pousse les gardes nationales « à être libres ensemble et non plus subir séparément ». Un sentiment profond est en train de naître : celui non plus d’être « dauphinois ou berrichon», mais français (Agenda du Bicentenaire).
–1790 – 30 novembre : TOULON, COUVENT DES MINIMES – “Le Couvent fut transformé en caserne-hôpital en 1791. Après diverses estimations légales datées des 14 octobre et 30 novembre 1790, les casernes (trois maisons) furent acquises le 30 mars 1791 par Gaspard Coulomb, Pierre Chautard et Jacques Doudon. Emigrés d’abord, des acquéreurs, à leur retour à la Rébellion de 1793, les deux premiers seuls entrèrent en possession de leur part (Arch. comm. Modernes H. 10). Le 29 avril 1791, la Marine en prit possession pour y loger les canonniers, l’asile de paix et de prière devint école de guerre. Une partie servait aussi d’hôpital annexe au 31 juillet 1793, on y faisait les distributions de ration de pain aux ouvriers du port à partir du 1er août 1795 pendant 15 mois. Le 17 décembre 1797 (27 frimaire an 6) on y logea la 6e brigade d’artillerie pour laquelle on fut obligé de construire une annexe dans les jardins du sud. En 1828, le 30 juin, les casernes passèrent de la finarine à la guerre, on les appela en 1887 « Casernes Lavalette » “ (Chanoine BOUISSON aux “ Amis du Vieux Toulon” le 3 Janvier 1935)
–1793 – 30 novembre (10 frimaire de l’an II) :

1. ECLAIRAGE DES RUES – Le 10 frimaire (30 novembre), se produit une grande innovation. Le conseil de la commune du Beausset se trouvant être « par l’odieuse trahison des infâmes toulonnais, le théâtre de la guerre », afin de « faciliter le charroi tant des munitions, de bouche, de guerre, que les charrois d’artillerie et le transport des malades », il est nécessaire « que les deux principales rues de ce canton soient éclairées pendant la nuit. Ce qui pourra s’effectuer au moyen de dix réverbères… » Si cette résolution a été suivie d’effet, ce fut la première initiative d’éclairage public nocturne au Beausset. Et pour la réaliser, on a demandé l’autorisation « aux représentants du peuple près l’armée du midi », et surtout des fonds « aux dépens du département, attendu que la municipalité, et surtout dans un temps aussi critique, n’est point à même défaire la dépense, ni de l’achat des dits réverbères, ni de l’huile pour les éclairer » (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française).
2. CAPTURE DU GENERAL ANGLAIS O’HARA – A Toulon, plusieurs sorties avaient été repoussées, et le Général Q’Hara, poursuivi et enveloppé par nos grenadiers, était tombé en notre pouvoir (Mory Fernand, Destins varois de Peiresc à Clemenceau, Privat, Toulouse, 1972, 270 p).

Le feu croisé des Français bat si vivement le fort de Malbousquet, que les assiégés, décident de sortir afin de s’emparer des batteries de « La Convention ». A 3 heures du matin, 3.000 hommes partent de Malbousquet, débouchent sur la route de La Seyne, après avoir traversé le Las sous le fort Saint-Antoine, (ils franchissent la rivière Neuve ?), tournent la colline des Arènes et attaquent à revers la batterie située sur la hauteur des Arènes (Convention, Haute-Convention et Basse-Convention) où ils surprennent les canonniers : quelques-uns sont tués ou faits prisonniers. Les autres fuient vers Ollioules semant la panique au « Camp des Républicains ». Le général Dugommier qui venait de prendre le commandement en chef, tenait une conférence à son quartier général d’Ollioules avec son commandant de l’artillerie. Dès qu’ils sont informés de la situation, ils accourent à toutes brides, contre-attaquent et balayent de leurs feux le Val Bertrand, Dugommier rallie les fuyards, rassemble des troupes fraîches et marche à l’ennemi. Bonaparte installe sur la crête où s’élève aujourd’hui Notre-Dame-de-Faverolles deux pièces qui balaient la plaine. Ce qui permet aux troupes regroupées de progresser sur le plateau des Arènes où les Anglais et les Napolitains satisfaits d’avoir atteint leur objectif n’ont pu trouver le temps de se garantir contre le retour des Français. Sous l’effet de surprise, l’infanterie reprend les batteries de « La Convention » et poursuit l’ennemi jusqu’au glacis du fort de Malbousquet, fait prisonnier le général anglais O’Hara. « Tandis que les Napolitains s’occupaient à enclouer les canons, dira Napoléon, j’avançai sans être aperçu, avec trois ou quatre cents grenadiers, par un boyau couvert d’oliviers, lequel communiquait à la batterie, et je fis un feu écrasant sur les troupes d’O’Hara. Les Anglais étonnés crurent d’abord que les Napolitains qui occupaient les lignes sur la droite les prenaient pour des Français. O’Hara franchit sa batterie et marcha sur nos troupes. Il fut blessé au bras par un sergent et, comme j’étais à l’entrée du boyau, je le saisis brusquement par son habit et le poussais au milieu de mes soldats, pensant que c’était un colonel. Tandis qu’on l’emmenait, il s’écria qu’il était le commandant en chef des Anglais. Il croyait qu’il allait être massacré, parce qu’il existait un ordre de la Convention de ne point faire de quartier aux Anglais. Je courus à lui et empêchais les soldats de le maltraiter ». Le soir de cette rude contre-attaque au cours de laquelle ses troupes subirent des pertes élevées, Dugommier, lui-même légèrement blessé au bras, adresse un bulletin au Ministère dans lequel il cite le citoyen Buonaparte parmi ceux qui se sont le plus distingués. Cette action marquait le dernier événement du front contre le corps de place (Paul Maurel, 1945 et note : O’Hara, blessé au bras, dans l’incapacité de se défendre, fut fait prisonnier par le fourrier Gaillard du 3e Bataillon de l’Isère, à qui cette capture valut le grade de sous-lieutenant. Gaillard mourut à Cuers, où il s’était retiré, en 1832. (Voir à ce sujet la brochure d’E. Coulet : « La capture du général anglais O’Hara »). Paul Maurin-Carcopino, 1969, p. 62-64.).
30 novembre, trois heures du matin. Trois mille soldats et officiers royalistes, commandés par ce général, quittent la batterie de Malbousquet pour aller attaquer la batterie républicaine de la Convention. Ils débouchent sur la route de La Seyne, franchissent la rivière et très astucieusement attaquent à revers la batterie. Les républicains, surpris, pris de panique, s’enfuient. Mais Dugommier, vieux routier, rallie les fuyards, rassemble des troupes fraîches, marche sur la batterie de la Convention. Un nouveau combat s’engage. O’Hara, légèrement blessé au bras droit, s’éloigne un peu et va s’abriter dans une masure. Les républicains reprennent possession de leur batterie et, un instant plus tard, cueillent O’Hara. La nouvelle de cette capture va presque aussitôt soulever en ville une clameur unanime, suivie de l’étrange rumeur. — Il a refusé de combattre! Il s’est fait prendre exprès, pour entrer en contact avec les républicains. — L’amiral Hood a reçu un parlementaire cette nuit. — Et un autre ce matin. Une embarcation fait la navette entre la Victory et les Sablettes. Les républicains la laissent accoster. — Les Anglais sont en train de traiter avec les républicains. Sur notre dos. Le général britannique Dunbas, maintenant gouverneur de la Ville, assure dans son rapport que O’Hara, légèrement blessé au bras, « avait cependant perdu beaucoup de sang et tombait en syncope ». Pour d’autres officiers anglais, O’hara était un type plutôt bizarre. « II avait dit qu’il obtiendrait un succès définitif, ou qu’il mourrait en combattant. Il a voulu se tuer. » Les quatre volontaires républicains qui l’ont capturé confirment : « Quand nous l’avons pris, il a tenté de se tuer. » Comment, avec quoi? D’autres soldats républicains ont déposé : « II n’a pas du tout voulu se tuer. Il a offert sa montre ou de l’argent en échange de sa liberté. Les volontaires ont refusé. » Le certain, c’est qu’après sa capture, O’Hara, conduit au Q.G. républicain, demande aussitôt l’assistance d’un chirurgien anglais, et il veut qu’on aille chercher en ville son bagage. « Mais comment donc! » dit Dugommier, qui aplanit tout (Georges Blond, Toulon, 1967).
Le 30 novembre au petit jour, 2 500 hommes dont 250 français traversent la Rivière Neuve ; à 8 heures la batterie est enlevée par les français du Royal-Louis. Les Républicains battent en retraite dans la plaine. Alors le général O’Hara, se souvenant qu’il a été sous-lieutenant des dragons de la reine, tire son sabre, et debout sur ses étriers autant que sa bedaine le lui permet, charge l’ennemi dispersé, avec les quelques officiers de son état-major. Cependant le général Garnier, le célèbre Garnier, né à Marseille, colon à la Guadeloupe a pu rassembler trois de ses meilleurs bataillons, et à vingt pas devant ses compagnies déployées, tous ses tambours battant la charge, il reprend la Convention, traverse la Rivière Neuve, et monte à l’assaut de Malbousquet où peu s’en faut qu’il prenne la place. Le général O’Hara est tombé de cheval. Il gît sous un olivier, au pied d’une restanque, le bras en sang, traumatisé par sa chute, et anéanti par la responsabilité de cette journée, qui bien commencée, s’est achevée en désastre par sa faute. Il a été découvert sous son arbre par un groupe de volontaires de l’Isère, qui l’ont gentiment aidé à se relever, et c’est Garnier qui le reçut, Garnier qui magnanime lui offrit son propre lit pour qu’il se remette de sa journée. Quand on vit à Toulon le magnifique bai-foncé du général O’Hara rentrer sans son cavalier, l’on ne put s’empêcher de penser que l’absence du général était due à autre chose qu’à un des hasards de la guerre. Les imaginations se déchaînant, les plus étranges rumeurs coururent la ville. L’on crut deviner que le général O’Hara était resté chez les Républicains pour négocier la reddition de la Place. Les Anglais disaient les méfiants auraient pris ce moyen pour envoyer sans éveiller les soupçons un parlementaire auprès des commissaires de la Convention. Bien sûr, il n’en était rien, mais certainement au cours des conseils de guerre, les grands chefs alliés avaient débattu de l’opportunité de rester à Toulon, et l’échec de la sortie du 30 novembre venait singulièrement de renforcer la volonté de ceux qui voulaient partir, en particulier les Napolitains. L’occupation de Toulon était devenue inutile à la réalisation des grands desseins de la guerre. Ces discussions avaient filtré, et sous certaines formes avaient été recueillies par des autorités toulonnaises (Tony Marmottans, Ça s’est passé à Toulon, tome 4, Marseille, Ed. Autres Temps, 1999, p. 52).
3. MOURET, GARNIER ET BUONAPARTE SE SONT CONDUITS D’UNE MANIERE DISTINGUEE – Bonaparte avait fait preuve d’un grand courage lors de l’affaire de la batterie de la Convention qui avait abouti à la capture du commandant en chef anglais, le général O’Hara. Un courrier extraordinaire « dépêché par les représentans du peuple et le général Dugommier » avait laissé à Agricol Moureau une relation, datée d’OlliouIes et relative à la journée du 10 frimaire, due à « Gilin, secrétaire de la commission » :
« L’énergie républicaine devoit triompher lorsqu’une colonne de huit cents hommes « conduite par le commandant d’artillerie Buonaparte est arrivée battant la charge, « a attaqué les ennemis par le centre et a précipité le moment de la déroute totale « des ennemis; ils ont le temps d’enclouer les canons, mais dans une demi-heure « ils ont été désencloués et ont foudroyés (sic) les encloueurs… Les généraux Mouret « et Garnier et Buonaparte se sont, dans cette occasion, conduits d’une manière distinguée» (Courrier d’Avignon, n° 267 du 13 frimaire an II, p. 1067-8). Dugommier envoya un rapport analogue en haut lieu (Roger Vallentin du Cheylard, Sanary et le siège de Toulon, 1913-1914, rééd. 2001).
4. Rapport DE L’ARTILLERIE DU SIEGE DE TOULON, du 30 novembre 1793 (au ministre de la Guerre).
« BATTERIE DES « SANS-CULOTTE » : l’ennemi est hors de portée ;
« BATTERIE DES « QUATRE-MOULINS » : feu très vif toute la nuit contre la redoute anglaise ;
« BATTERIE DES « HOMMES-SANS-PEUR » : elle leur a démoli une pièce de canon qui était sur le cavalier (de l’ouvrage de Mulgrave) ;
« batterie des « jacobins » : rien de nouveau ;
« BATTERIE DES « SABLETTES » : feu très vif contre les Anglais ;
« BATTERIE DU « BREGUART » : feu contre des bombardes de la Grande Rade ;
« BATTERIE DE LA « GRANDE RADE » : quelques coups de canon sur des bâtiments placés en Grande Rade (devant Saint-Mandrier) ;
Le Commandant de l’Artillerie, signé : Bonaparte (Louis Baudoin, 1965, p. 361).
5. L’ARMEE DU MIDI PIETINE DEVANT LA CI-DEVANT VILLE DE TOULON – Si la journée du 30 novembre avait apporté la déception dans le camp allié et dans la population royaliste, elle n’avait pas apporté l’espérance dans le cœur des responsables républicains du siège. Si les bataillons de Garnier, et de Victor avaient bien combattu, ils avaient été cloués au sol dans les fossés de Malbousquet, et le reste de l’armée s’était contenté de fusiller la nature. D’ailleurs de telle manière que l’on avait brûlé 500 000 cartouches, pour ainsi dire pour rien. Il fallait attendre de recevoir 50 000 livres de poudre avant d’entreprendre quoi que ce soit. Une forte appréhension s’était emparée de l’armée, il pleuvait tous les jours, l’hiver arrivait à grands pas ; allait-on s’enfoncer dans la boue et le froid. La Convention qui venait d’écraser à Cholet l’armée catholique et royale, regardait avec amertume et suspicion le piétinement de son armée du Midi (Pierre Vieillefosse, 1977, p. 21-22). Octobre-décembre : écrasement des Vendéens à Cholet, au Mans, puis à Savenay (Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997).
6. MORT D’UN GRANET DE SANARY – Un Granet, de Sanary, garde national, avait fui à Toulon où il planta le drapeau blanc sur la redoute du Faron, le 1er octobre 1793. Nommé capitaine dans le régiment de Majorque par l’amiral espagnol Gravina, il fut tué dans l’affaire du 30 novembre (voir supra).
–1794 – 30 novembre (10 frimaire an III ) :

1. CREATION AU BEAUSSET D’UN COMITE DES SUBSISTANCES – Le 10 frimaire (30 novembre), il est créé au Beausset un « comité des subsistances », composé de six membres. Ce comité est essentiellement chargé de l’approvisionnement en blé et farine des boulangers de la commune, et de la distribution du pain aux citoyens. Il émet à cet effet des « bons », ancêtres de nos tickets de rationnement « sur lesquels le pain devra être délivré, et les délivrera aux citoyens à proportion de leurs besoins, ainsi qu’aux passagers ». Un contrôle de l’usage de ces bons était effectué après chaque décade. Si on en arrive à de telles mesures, c’est qu’il y a toujours pénurie. Mais du moins l’approvisionnement est cette fois-ci dûment contrôlé et très vraisemblablement géré en toute équité. Le même jour, le comité de subsistance fixe le prix du pain à 4 sous 6 deniers la livre, « poids de table », et le son à 2 sols la livre. Soit 50% d’augmentation par rapport à septembre de la même année ! (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française)
2. ADRESSE DE LA COMMISSION MUNICIPALE DU BEAUSSET A LA CONVENTION, POUR LA FELICITER SUR L’ENERGIE DE SES TRAVAUX – pour marquer son « orthodoxie révolutionnaire », Palis (secrétaire-greffier) et Laffon (agent national de la commune) sont chargés par la commune de rédiger « une adresse de la commission municipale à la Convention, pour la féliciter sur l’énergie de ses travaux et sur son adresse au peuple français du 18 vendémiaire dernier ». Voici le texte de cette « adresse » du Beausset à la Convention nationale, ou plutôt à ce qu’il en restait, car d’épuration en épuration, bien des têtes étaient tombées :
« Représentants du peuple français, Votre adresse du 18 vendémiaire au souverain (au peuple souverain), a rassuré les bons citoyens, encouragé les timides et les faibles, neutralisé les factieux, et désespéré les méchants. L’erreur et la faiblesse ne seront pas confondues avec le crime. L’exaltation de la Liberté à son réveil ne le sera point avec les viles passions qui outragent l’humanité. Vous allez achever de résoudre à la face du monde ce fameux problème en politique : un grand peuple peut-il être gouverné par les principes démocratiques? Parce que vous maintiendrez en pratique la déclaration des droits que vous avez proclamé, que l’éducation publique en sera le principal résultat. Parce que vous ne serez point entraîné par le prestige des conquêtes ; le fruit des plus éclatantes victoires étant le pain que procure la paix. Parce que vous ferez succéder aux orages, aux tempêtes révolutionnaires, au règne des passions, le règne des vertus et des mœurs républicaines. Parce qu’enfin vous resterez à vos postes autant que l’exige la gloire et la sûreté du peuple français, autant qu’il le faut, pour que la Liberté et l’Egalité des individus, la souveraineté du peuple ne soient pas compromises. Votre union pour le maintien des principes fera notre union, par conséquent notre force et notre bonheur ».
On ne peut que rester confondu devant la justesse des vues politiques de Palis et Laffon, quant aux mérites de la République ! Il faut signaler aussi leur avertissement à propos du danger d’une « République conquérante », il fallait l’oser en 1794 ! Pressentaient-ils déjà Napoléon, eux qui avaient vu Bonaparte au Beausset un an plus tôt ? (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française)
3. DEMANDE D’EXEMPTION DE LA « CORVEE » JOURNALIERE DE DIX HOMMES ET DE DEUX TOMBEREAUX POUR LES TRAVAUX DES CHEMINS – Aussitôt après, Le Beausset demande au district d’être exemptée de la « corvée » journalière de dix hommes et de deux tombereaux pour les travaux des chemins. Elle argue du fait que de par sa position de chef-lieu de district, elle fournit chaque jour trente gardes nationaux, tant pour la garde du district, que pour celle du tribunal, et pour arrêter les voyageurs sans passeports. Si on ajoute à cela l’étape, le logement, le chauffage et le blanchissage des militaires, le transport par charrettes des militaires et volontaires malades ou blessés, et enfin l’astreinte à domicile journalière de vingt à trente hommes qui logent des personnes employées au service de la République, cela fait chaque jour soixante à soixante-dix beaussétans occupés aux travaux de la République et pas aux travaux des champs !… Le Beausset demande également que le détachement d’infanterie assurant la surveillance de la route soit logé au Castellet, et que la moitié des troupes se rendant au « Port de la Montagne » fasse étape à La Cadière (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française… : l’administration du district ayant effectué un contrôle peu de temps après, est très surprise et fâchée de constater que sur les dix beaussétans normalement requis pour travailler sur les chemins, « un seul d’entre eux s’est rendu à son devoir »…).
–1795 – 30 novembre (9 frimaire An IV) : MANIFESTE DES PLEBEIENS – Babeuf publie le «Manifeste des plébéiens» dans Le Tribun du Peuple (Yann Fauchois, 2001).

–1798 – 30 novembre (10 frimaire an VII ) : CONDITION SOCIALE DES VOLONTAIRES S’ENGAGEANT DANS LA MARINE A TOULON – Le 10 frimaire, une lettre extraordinaire au Ministre de l’intérieur signale que chaque jour, des départements et même de Paris il continue d’arriver dans la commune de Toulon pour être enrôlés dans la marine, des jeunes gens de tous les âges mais d’un état susceptible de protection et de faveur, car parmi eux on compte des fils de banquiers, des hommes de loi, des égorgeurs tels que Charles Pierre Terrasse du Vaucluse, des émigrés tels que Clavel et Baillemat, et très peu d’artisans et d’agriculteurs (Henriette Trojani, La société et la vie à Toulon de 1795 à 1815).
–1799- 30 novembre : Expédition française en Egypte (1798-1801) : Ordre du jour du général en chef Kléber.

Le Caire, le 9 frimaire an VIII (30 novembre 1799)
Article 1er.
La 2e demi-brigade d’infanterie légère qui, pour se déshonorer, n’attendit que la mort de son brave chef Dénoyer, est supprimée pour cause d’insubordination ; elle cessera désormais d’être portée sur les contrôles de l’armée.
Article 2.
Tous les officiers et sous-officiers qui ne seront pas porteurs d’un certificat du général Verdier, attestant qu’ils n’ont pas participé à l’acte de désobéissance dont cette demi-brigade s’est rendue coupable, et qu’ils ont fait, au contraire, ce qu’il convenait pour ramener la troupe au sentiment de l’honneur, seront dégradés.
Article 3.
Le chef de l’état-major général pourvoira à l’incorporation de cette troupe dans les demi-brigades de l’armée qui lui ont été désignées par des instructions particulières qu’il a reçues à cet égard.
Article 4.
Le général en chef se réserve de prononcer sur la 32e de bataille, ainsi que sur les détachements des 3e et 20e régiments de dragons, qui auraient pris part à la sédition de la 2e légère, lorsqu’il aura été plus particulièrement instruit de leur conduite.
Le général en chef témoigne sa satisfaction aux officiers, sous-officiers et dragons du 18e régiment, qui ont donné, dans cette circonstance, l’exemple de la subordination et de la discipline qui doivent caractériser les troupes animées des sentiments de l’honneur et sans cesse jalouses de remplir leur devoir. (à suivre)
–1809 – 30 novembre : DIVORCE AU PLUS HAUT NIVEAU DE L’ETAT – Napoléon 1er décide de divorcer d’avec Joséphine de Beauharnais.
–1835 – 30 novembre : ASSOCIATION DE BIENFAISANCE – Le Préfet du Var décida par arrêté en date du 30 Novembre 1835 de créer une Association de Bienfaisance afin d’assurer l’avenir des orphelins indigents que le choléra avait privé de leur soutien naturel (Rotger B., 1984, p. 383 ; Source : A.D. Var 9 M 9/2 (cité dans Bellenfant M., Rinaudo Y. – Le Var au 19ème siècle, CDDP du Var, Conseil Général du Var, Var-Matin, Toulon, 1990, p. 31). Etat des communes affligées du choléra et total des décès qui ont eu lieu dans chacune d’elles, au 12 décembre 1835 inclusivement (Rotger B., 1984, p. 383 ; Source : A.D. Var 9 M 9/2 cité dans Bellenfant M., Rinaudo Y. – Le Var au 19ème siècle, CDDP du Var, Conseil Général du Var, Var-Matin, Toulon, 1990, p. 31.). [Bellenfant M., Rinaudo Y., 1990 : Le fléau s’est déclaré depuis les premiers jours de mai à Saint-Chamas (Bouches du Rhône). Le premier cas est sgnalé à Toulon le 23 juin, à la Seyne le 27. Dès le début de juillet, il y a à Toulon 48 décès le 4, 69 le 5, 91 le 6, 108 le 11 (chiffre maximum pour un jour). Beaucoup de Toulonnais se réfugient Marseille… où le fléau sévit également. L’épidémie s’étend à Grasse, dans les Bouches-du-Rhône, dans les Alpes de Haute-Provence, dans les Alpes Maritimes jusqu’à Villefranche. Le 11 juillet, le sous-préfet de Toulon demande la révocation de 3 juges qui ont abandonné leur poste. Quant aux médecins de village, on n’en a pas une haute opinion. On ignore alors le rôle des microbes pathogènes, ainsi que celui de l’eau dans la transmission de la maladie. L’épidémie sévit durant les mois de juillet et d’août. Le dernier décès dans le Var est daté du 31 août à la Seyne. Le 12 septembre, la préfecture peut dresser un bilan statistique du fléau, soit 3030 morts pour le Var – les chiffres doivent toutefois être considérés comme un minimum, car ils ne correspondent pas toujours avec les rapports des maires. Il fallut attendre en fait le printemps de 1836 pour que tout redevint normal.

–1862 – tout le mois de novembre : INONDATIONS DU VAR – Décidément, Mathieu de la Drôme est passé maître astronome. Ses observations météorologiques se sont réalisées point pour point, et le Var principalement a vu s’accomplir les prédictions du savant.
Le département a été presque inondé dans les premiers jours de novembre. Les cours d’eau ont débordé, les plaines ont été submergées et les communications interrompues sur plusieurs points. Les traces des inondations avaient presque complètement disparu, lorsque la pluie a recommencé dans la nuit du 20 au 21 novembre. Elle cessait le 22 pour reprendre avec plus de violence dans la nuit du 23. Une tempête inouïe accompagnée d’une pluie torrentielle a duré 72 heures. Le vent n’a faibli que dans la matinée du 26. Les journées des 27 et 28 ont été superbes. La pluie a repris dans la nuit du 28 au 29 et n’a cessé que quelques jours après. Dès le 25, tous les cours d’eau débordaient. Les communications étaient interceptées sur les routes impériales n°’ 7 de Paris à Antibes, 97 de Toulon à Antibes, et 98 de Toulon à Saint-Tropez, ainsi que sur plusieurs routes départementales. Le 25, an matin, une partie des remblais du chemin de fer de Toulon à Nice s’est éboulée sur une longueur de 200 mètres, entre la station de Vidauban et celle des Arcs. Les trains ont dû s’arrêter à Vidauban. Grâce à des secours empressés et an prompt écoulement des eaux, la circulation reprenait le 27 au soir sur le chemin de fer et sur la route impériale n° 97 entre Toulon et Antibes. Le 29, la circulation a encore été interrompue sur cette route.
La côte a eu aussi beaucoup à souffrir. Trois navires se sont perdus à Saint-Raphaël. Un brick du port de Marseille a été jeté par la tempête à l’embouchure du petit Argens. L’équipage composé de six hommes et d’un mousse n’a été sauvé que parle dévouement de quelques personnes de Fréjus et de Saint-Raphaël. Sept navires se sont réfugiés dans le port de Saint-Tropez. Un brick goélette Corse de 50 tonneaux s’est perdu le 29 au matin sur la côte du cap Lardier. L’équipage a été sauvé (Annuaire du Var, 1863).
–1867 – 30 novembre : AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – Beau temps, pas de vent […], forte gelée ce matin. Gelée blanche, quelques nuages qui traversent le ciel de l’Est, ce qui nous annonce le vent de ce côté. C’est aujourd’hui la saint André, fête de La Cadière, notre voisine. C’est une fête assez suivie, surtout par es joueurs de profession qui jouent même quelquefois le vin dans les tonneaux et même la pâte dans le pétrin. On croit difficilement à une telle audace.

–1867 – 30 novembre : AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – Mardi, St André – temps très froid, le vent d’ouest a soufflé toute la nuit comme un forcené. Il s’est calmé au lever du jour. Aujourd’hui, l’air n’est pas plus froid ; le thermomètre marquait ce matin à 8 heures 12° centigrades et 15° à 11 heures. Le ciel est couvert fortement comme s’il allait pleuvoir. M. Vincent est allé à la Colle comme il nous avait prévenus. Il est retourné à 3 heures après midi, a passé à la Mairie et nous a dit qu’en effet les stères de bois laissaient à désirer, qu’il a ordonné de les compléter et que de cette manière on n’aura plus rien à dire […].

–1871 – 30 novembre : LA COMMUNE DE MARSEILLE – Face à la situation désastreuse du pays, un mouvement insurrectionnel a éclaté le 22 mars 1871 à Marseille, avec à sa tête le radical Gaston Crémieux, tentant en vain de proclamer la République et d’instaurer une Commune révolutionnaire. Le 5 avril, le général Espivent recourut à plusieurs mesures répressives : suspension des réunions publiques sauf autorisation, remise dans 48 heures des armes et munitions, suppression des journaux insurrectionnels. Ainsi le mouvement ne dura que 15 jours. Des peines furent décidées par le Comité de guerre contre les prévenus : Gaston Crémieux fut le seul à être fusillé le 30 novembre 1871 (Gabrielle Castellari, 1945 ; Dubois Gaffarel Sama). Bientôt le gouvernement envoyait dans les Bouches-du-Rhône un préfet à l’humeur particulièrement agressive, le comte de Fératry : son attitude hostile envers le parti républicain provoqua maint conflit aigu. Son successeur, Limbourg, se montra tout aussi belliqueux. Quant à M. Jacques de Tracy, nommé préfet des Bouches-du-Rhône, le 19 décembre 1873, il entra, à peine arrivé, en conflit avec le conseil général et son président M. Labadié ; c’est que Marseille et le département étaient, non sans raison, considérés comme un bloc d’action républicaine avancée, heurtant sans cesse le conservatisme du gouvernement (Gabrielle Castellari, 1945).
–1886 – 30 novembre : Première revue des « Folies Bergères » à Paris.
–1900 – 30 novembre : À PARIS, OSCAR WILDE décède d’une méningite cérébrale à l’hôtel d’Alsace. L’écrivain repose depuis lors au cimetière du Père-Lachaise.
–1905 – 30 novembre : FERDINAND VON ZEPPELIN PARVIENT A FAIRE VOLER SON DIRIGEABLE AU-DESSUS DU LAC DE CONSTANCE (Le Figaro, 30 novembre 1905).
–1914 – 30 novembre : LE MIROIR N°55 DU 20 DÉCEMBRE 2014 : “LA GUERRE. “LUNDI 30 NOVEMBRE (comme toujours, mélange de bobards et de vérités).

– LA LUTTE D’ARTILLERIE TOURNE PARTOUT À NOTRE AVANTAGE, et l’on remarque d’ailleurs que l’ennemi a très peu recouru à son artillerie lourde. En Belgique, plusieurs points d’appui ont été enlevés par les nôtres dans les alentours d’Ypres. Trois régiments ennemis qui menaient une attaque ont été refoulés au nord d’Arras. Succès pour nous près de Chaulnes ; échecs allemands dans les Vosges et dans l’Argonne.
– LES RUSSES AVANCENT SUR TOUTE LA LIGNE – “L’état-major général russe publie une note pour dire qu’il faut encore n’accueillir qu’avec réserve les correspondances privées de Petrograd. Les Russes avancent sur toute la ligne, infligeant aux Allemands des pertes immenses, mais les combats continuent en Pologne. Un autre communiqué établit que des colonnes allemandes qui cheminaient en rangs serrés dans la région de Lodz, ont été littéralement fauchées. C’est sans doute pour faire illusion à l’opinion publique teutonne et au Reichstag qui va se réunir que Guillaume II a nommé le général von Hindenburg feld-maréchal.
– UNE REVOLUTION SE PREPARE EN AUTRICHE-HONGRIE – “Les nouvelles qui arrivent de Vienne et de Budapest portent que la situation y devient terrible. Une révolution y éclaterait que l’on n’en serait pas autrement surpris, tant la pénurie de toutes choses y apparaît grande.
– DES SOUS-MARINS ALLEMANDS ONT DÉTRUIT DEUX STEAMERS ANGLAIS, au large de la côte normande, près des caps d’Antifer et de la Hève.
– COLLABORATION FRANCO-BRITANNIQUE – Dans une longue dépêche, le maréchal French rend hommage à l’ardeur avec laquelle les généraux français n’ont cessé de lui prêter une collaboration efficace.
– LES TURCS ONT ABANDONNÉ LA POSITION DE KAPRIKEUI, EN ARMÉNIE, sur laquelle ils luttaient depuis plusieurs semaines, pour s’enfuir vers Erzeroum.
– LA COMMUNAUTE ITALIENNE DE BEYROUTH EST MENACEE DE PILLAGE – « Un navire italien, le croiseur Calabia, a été envoyé à Beyrouth pour y protéger la colonie italienne, menacée comme toutes les autres de pillage par les troupes ottomanes. »
– REMISE DE LA MEDAILLE MILITAIRE AU GENERAL JOFFRE PAR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE – En page centrale la même revue revient sur la remise de la médaille militaire au général Joffre par le Président de la République, le 28 novembre (voir notre chronique précédente) : Lors de sa dernière visite aux armées, M. Poincaré, qu’accompagnaient le président du Sénat, le président de la Chambre des députés, le président du Conseil et le ministre de la Guerre, s’est d’abord arrêté au quartier général pour remettre la médaille militaire au général Joffre, cours d’une cérémonie très émouvante en raison même de sa simplicité. “ Veuillez voir dans cette distinction symbolique, a-t-il dit, un témoignage de la reconnaissance nationale. Dans les rudes semaines que vous venez de passer, vous avez consolidé et prolongé, par la défense des Flandres, la brillante victoire de la Marne ; et grâce à l’heureuse impulsion que vous avez su donner autour de vous, tout a conspiré à vous assurer de nouveaux succès : une parfaite unité de vues dans le commandement, une solidarité active entre les armées alliées, un judicieux emploi des formations, une coordination rationnelle des différentes armes. »
–1919 – 30 novembre : ELECTIONS LEGISLATIVES EN FRANCE – Le Figaro : « Le bloc national remporte une victoire écrasante. Il obtient 419 sièges à la Chambre des députés contre 195 à la gauche (socialistes, républicains socialistes et radicaux-socialistes). »
–1920 – 30 novembre : LA FRANCE RETABLIT SES RELATIONS DIPLOMATIQUES AVEC LE VATICAN (Le Figaro).
–1923 – 30 novembre :
1. AFFAIRE LANDRU – Landru est condamné à la peine de mort.
2. ALLEMAGNE : formation du cabinet Marx (Zentrum). Stesemann est ministre des affaires étrangères (Le Figaro).
–1925 – 30 novembre : DEPRECIATION BRUTALE DU FRANC. La livre britannique vaut 123 francs contre 109 en octobre (Le Figaro)

–1926 – 30 novembre : APPONTAGES SUR LE « BEARN », PREMIER PORTE-AVIONS FRANÇAIS – Le 30 novembre, alors que les travaux en cours ne portent que sur les aménagements intérieurs, le Béarn quitte La Seyne et il est remorqué sur rade de Toulon. Les pilotes, avec des Gourdou-Leseurre GL 22 de la section d’entraînement de Hyères, s’entraînent à l’approche puis à de simples posés de roues (Moulin Jean, Morareau Lucien, Picard Claude, 2001).
–1929 – 30 novembre : Marseille – Les immeubles des numéros 9 et 11 de la rue d’Endoume s’écroulent entre 8 et 9 heures du matin, ensevelissant les locataires sous les décombres. Ils avaient trois jours avant porté à la Mairie une plainte collective réclamant des réparations d’urgence aux immeubles en très mauvais état. Le bilan est de onze morts et d’une dizaine de blessés, certains restant bloqués près d’une journée sous les décombres. Il s’agissait d’immeubles de trois étages à deux fenêtres par étage construits une cinquantaine d’années auparavant… Le 11 mars 1930, Mme veuve Testanière et les sœurs Camille et Anna Pujolas, les propriétaires des immeubles des 9 et 11 rue d’Endoume furent inculpées de blessures et homicides involontaires et renvoyées devant le tribunal correctionnel. Le Tribunal de Marseille reconnaîtra le 11 juillet suivant la responsabilité civile et pénale des propriétaires. Ainsi, Mme veuve Testanière fut condamnée à 20 jours de prison avec sursis et à 100 francs d’amende, alors que les sœurs Camille et Anna Pujolas furent condamnées à 6 jours de prison avec sursis. Elles furent en outre condamnées à versées aux quinze familles des victimes des dommages et intérêts allant de 6.000 à 80.000 francs (Serge Bonnefoi, sans références).
–1934 – 30 novembre : MORT ACCIDENTELLE DE L’AVIATRICE FRANÇAISE HELENE BOUCHER. Elle avait 26 ans lorsque, lors d’un vol d’entraînement sur l’aérodrome de Guyancourt, son avion accrocha la cime des arbres au-dessus du bois de Magny-les-Hameaux et s’écrasa au sol. Cette année-là, elle venait de s’engager dans le combat féministe aux côtés des aviatrices Maryse Bastié et Adrienne Bolland et militait pour le vote des femmes.
–l938 – 30 novembre :
1. L’ITALIE RECLAME A LA FRANCE NICE ET LA SAVOIE (Le Figaro)

2. LA MANIFESTATION CONTRE LES ACCORDS DE MUNICH EST MANQUÉE – Très vite, dans la matinée de mercredi, on constate que la manifestation contre les accords de Munich est manquée. La CGT n’a pu immobiliser les services publics. Une circulaire ministérielle menaçait de révocation les fonctionnaires. Peu de perturbations ferroviaires, mais en gare de Toulon des cheminots réquisitionnés restent immobiles et muets au pied de leur machine. A l’Arsenal, 2 500 ouvriers observent la grève des bras croisés. Cela représente 25 % des effectifs de la construction navale, 30 % de ceux de l’artillerie. À la pyrotechnie maritime, on compte peu de défaillants. Le pointage effectué par les responsables syndicaux, réunis à leur siège de la rue Fernand-Pelloutier, offre quelques sujets de satisfaction. À La Seyne, le personnel des Forges et Chantiers a puissamment débrayé. Pourcentages élevés aussi dans le bâtiment, les entreprises métallurgiques varoises, au port de commerce de Toulon. Aucun tramway n’est sorti du dépôt de Brunet, où les forces de police ont dû faire évacuer les ateliers. Il reste que le mot d’ordre de grève a été faiblement suivi dans les postes, à l’usine à gaz de La Colette, dans le secteur public en général, à l’exception de l’enseignement. Beaucoup de magasins, de cafés, de restaurants ouverts, le courant électrique n’ayant pas été coupé. Même la corporation du Livre, pourtant très syndiquée, n’a pas été unanime. Le Petit Var a pu paraître avec une pagination réduite.
La réaction de l’État, comme celle du patronat, est très dure. On peut évaluer à deux millions le nombre de grévistes au plan national. Plus d’un tiers d’entre eux (773 000) vont faire l’objet de sanctions. Mises à pied, rétrogradations de salaires, révocations, se succèdent jusqu’en décembre. Seront momentanément privés d’emploi : 28 000 métallos, 120 000 travailleurs du textile et de l’habillement, 110 000 salariés du bâtiment et des travaux publics, 90 000 employés des produits chimiques. Dans le secteur de l’aviation, au lendemain de la grève, les lock-out toucheront 36 000 ouvriers. Les services publics ne seront pas épargnés : 3 206 postiers sanctionnés en métropole, 705 révocations dans les services concédés (Eau-Gaz-Electricité), des centaines de blâmes chez les cheminots. Ministre de l’Instruction publique, Anatole de Monzie obtient de Daladier qu’il ramène à huit jours de privation de traitement la sanction qui frappe les 20 000 instituteurs grévistes. Dans les arsenaux, on prononcera 19 révocations. Mais aucun des 2 500 ouvriers du port de Toulon, qui « s’étaient croisés les bras » le 30 novembre, ne sera épargné. Le tourneur sur bois Henri Bérenguier est mis à pied dans l’attente d’une retraite qui, pour cet ancien secrétaire général du syndicat, sera anticipée. Le chef d’équipe André Baud voit son salaire réduit durant trois mois. La même sanction frappe l’ouvrière aux écritures Marcelle Allègre. Un jour de mise à pied pour le charpentier tôlier Charles Alessi. Fils d’un salarié de l’établissement maritime, il a été affecté à l’atelier de réparations des sous-marins, dès sa sortie de l’école des apprentis. À 18 ans, c’est un militant. Formé dans cette rude pépinière constituée par la Cité ouvrière de Rodeillac, où l’enfant sait déjà qu’il devra gagner son pain. Là se sont révélés des dirigeants syndicaux comme Paul Lendrin, le jeune secrétaire général de l’UD-CGT. Mais, au lendemain d’une grève perdue, les perspectives sont des plus sombres. « En cette période de répression, nos effectifs syndicaux avaient fondu, confiera un jour Charles Alessi. De quatre mille encartés, nous étions tombés à deux cents… » (Charles Galfré, 2003).
On retrouvera les conséquences de ces grèves en janvier 1943 lorsque, aux Chantiers de La Seyne, se fera la mise en place d’une Direction Allemande à côté, ou au-dessus de la Direction Française. En fait, la véritable direction sera assurée par MAUTZ, assisté d’une équipe d’ingénieurs et cadres. Elle trouvera des collaborateurs, dans tous les sens du terme parmi les quelques rares cadres seynois qui s’étaient déjà signalés avant la guerre, et surtout après la grève contre les accords de Munich, le 30 Novembre 1938 (licenciements de militants syndicaux et politiques). Tout sera met en place pour assurer la participation des F.C.M à la machine de guerre allemande qui amènera rapidement des wagons entiers d’éléments préfabriqués d’Allemagne ; des tôles numérotées, des cornières, etc… destinées à la construction de navires et de chalands de débarquement.
3. ECHEC DE LA GREVE GENERALE LANCEE DEPUIS LE 25 OCTOBRE. Ce mouvement avait été déclenché contre les décrets-lois pris par le gouvernement Daladier. (…). Le 30 novembre, le travail a repris (Le Figaro).
–1939 – 30 novembre :
1. POUVOIRS SPECIAUX – Le gouvernement Daladier obtient des pouvoirs spéciaux pour la durée des hostilités (Jean-Charles Volkmann, 2003).
2. STALINE LANCE LES TROUPES SOVIETIQUES A L’ASSAUT DE LA PETITE FINLANDE.
–1940 – 30 novembre : LA PREMIERE COLONNE DE CAMIONS FRANÇAIS A TRAVERSE LE SAHARA. Vichy, 30 novembre – La radio française annonce que la première colonne de camions français ayant traversé le Sahara occidental est arrivée à Agadir.
Elle était partie de Saint-Louis du Sénégal et transportait, entre autres denrées, du café, de l’huile et du savon (Le Matin, dimanche 1er décembre).
–1942 – 30 novembre :
1. « LE CALME REGNE A TOULON » selon Paris-Soir du 1er décembre 1942. TOULON, 30 Novembre. A la fin de la journée de vendredi, M. Maljean, sous-préfet, et M. Coulon, maire de Toulon, avaient adressé à la population un appel au calme. « En présence, disaient-ils, de» événements qui viennent de se dérouler à Toulon, il importe plus que jamais que la population conserve son sang-froid et un calme absolu, la discipline la plus stricte, la correction de tous, ainsi que le plus grand respect des consignes de la défense passive.

Quand samedi matin le jour se leva, la rade offrait encore un spectacle impressionnant ; on apercevait les flammes s’échappant des navires incendiés. Dans l’arsenal, après les quelques incidents de la veille que la rumeur populaire avait singulièrement amplifiés, ce fut le calme absolu. Les tramways roulèrent comme de coutume. Après quelques heures passées au fort Lamalgue où il avait établi son poste de commandement, l’amiral Marquis, préfet maritime, avait été autorisé à regagner l’hôtel de la préfecture maritime. C’est là qu’il reçut, de longues heures durant, les amiraux, ses collaborateurs, les commandants des navires sabordés et tous les officiers qui tenaient à lui donner des détails des faits qui s’étaient déroulés à leur bord. (…) Une mise au point concernant l’occupation du port de Toulon (s’ensuivit)
Des informations précises parvenues dans la journée d’hier et contrôlées par les autorités françaises locales ont rétabli les faits. Il y a eu, le 27 novembre, dans l’enceinte fortifiée de Toulon, deux morts et vingt-sept blessés. On signale que trois contre-torpilleurs qui étaient dans un bassin spécial sont intacts.
Toulon. 30 novembre : Deux des vingt-sept blessés du 27 novembre ont succombé, ce qui porte à six le nombre de morts. La liste en sera rendue publique dès que les familles auront été avisées. » (Paris-Soir du 1er décembre 1942).
2. ON PROCEDA HONTEUSEMENT AUX OBSEQUES DE QUELQUES VICTIMES DECEDEES A L’HOPITAL SAINTE-ANNE. Le cortège en ville fut interdit et, comme garde d’honneur, les cercueils eurent des policiers, une haie de policiers mêlés aux familles au moment de la levée des corps (Marius Autran, tome 2, 1988).
–1953 – 30 novembre : Mort du peintre FRANCIS PICABIA.

–1956 – 30 novembre : ECOLE DES APPRENTIS MECANICIENS DE LA FLOTTE – A Saint-Mandrier, l’amiral Paul Galleret inaugure une salle de cinéma située dans l’enceinte de l’Ecole des apprentis mécaniciens de la flotte. Ce complexe ultramoderne doté d’une grande scène constituera également une salle de spectacles de premier choix (Ken Nicolas, vol. 1, p. 303-304).
–1958 – 23 et 30 novembre : VICTOIRE DES GAULLISTES AUX ELECTIONS LEGISLATIVES (Jean-Charles Volkmann, 2003). Le docteur Vitel fut élu dans la 4ème circonscription. À La Seyne, Toussaint Merle gardait la confiance de la population et pour la première fois le Parti socialiste était battu par la droite (Marius Autran, tome 2, 1988).
–1959 – 30 novembre : NOTRE MARINE DANS LE PACIFIQUE – – Le 30 novembre, l’aviso « La Capricieuse » a appareillé de Papeete pour une mission de représentation aux îles Tubaï. Il a fait escale à Rapa du 3 au 5 décembre, Raevavae du 6 au 7, Rurutu du 8 au 10, Rmatara du 10 au 11. Le 14, il touche Tahiti et rentre dans le port de Papeete (Gérard Garier)

–1964 – 30 novembre : LES FORGES ET CHANTIERS DE LA MEDITERRANEE, LA SEYNE, LANCENT LE PAQUEBOT CAR-FERRY FRED SCAMARONI pour la Compagnie Générale Transatlantique. Fin mai 1965, après ses premiers essais à la mer, le navire rentre aux chantiers de la Seyne par ses propres moyens. Dans la nuit du 26 au 2706, un incendie se déclare à bord, ce qui retarde la mise en service du navire. 17 mai 1966, Fred Scamaroni est mis en exploitation, ligne Ajaccio-Marseille (ferries online). A partir de 1973, ce navire sera rebaptisé tour à tour Nuits Saint-Georges, Lord Sinaï et Al Tara avant de devenir, en 1988, le Salem Express (aquanaute).
–1970 – 30 novembre : MORT DE LA STYLISTE NINA RICCI.
–1974 – 30 novembre : ET LUCY PARUT ! Le 30 novembre 1974, dans les collines desséchées de l’Afar, au nord-ouest de l’Éthiopie, les anthropologues Tom Gray, Donald Johanson et Maurice Taïeb découvrent 52 restes d’un squelette vieux de 3 millions d’années, Lucy. Lucy appartient à l’espèce Australopithecus afarensis, du groupe des australopithèques (ou « singes du sud », en latin et grec). Maurice Taïeb avertit son collègue Yves Coppens et celui-ci arrive de Paris avec une équipe de télévision pour filmer la découverte..
–1979 – 30 novembre : ADOPTION DE LA LOI SUR L’INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE (IVG) – Vote de la loi définitive sur l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) présentée par Simone Veil.
–1987 – 30 novembre :
1. INAUGURATION DE L’INSTITUT DU MONDE ARABE A PARIS.
2. FRANCE-IRAN : LE GRAND ECHANGE (Le Figaro) – Au lendemain du retour à Paris de Roger Auque et Jean-Louis Normandin, Paris et Téhéran sortent de l’impasse dans le conflit des ambassades. Wahid Gorji a quitté Paris et Paul Torri est attendu dans la capitale Française. On attend à présent le rétablissement des relations diplomatiques franco-iraniennes et le règlement du contentieux financier. « De part et d’autre, les apparences ont été ménagées. Les faces sont sauves. La libération de nos confrères Normandin et Auque ne représentait que la première phase de l’accord : l’échange entre Wahid Gordji et Paul Torn, la deuxième. Reste la troisième qui, on veut bien l’espérer – pourrait intervenir à bref délai : la remise en liberté de Marcel Fontaine, de Paul Carton et de Jean-Paul Kaufmann, vraisemblablement en contrepartie du remboursement d’une autre tranche de l’emprunt contracté par la France sous le règne du Chah. »
3. REALISME DU MONDE ARABE ET MUSULMAN – « La reprise des relations diplomatiques avec l’Egypte, décidée d’entrée de jeu par les six Etats membres du Conseil de coopération du Golfe, achève de clore une période qui, pour un monde arabe profondément divisé, ravagé par les mirages d’une fortune artificielle, tétanisé par une explosion démographique incontrôlée, énucléé depuis l’ostracisme qui a frappé, après les accords de paix israélo-égyptiens, l’irremplaçable centre de gravité qu’est l’Egypte, a été une période négative. » (Anne Kriegel, dans le Figaro).
–1994 – 30 novembre : MORT DU THEORICIEN ET CINEASTE GUY DEBORD, l’un des fondateurs de l’« Internationale situationniste ».
–2015 – 30 novembre : ARABIE SAOUDITE : LA MORT POUR UN POÈTE ATHÉE.
Un poète condamné à mort, c’est la routine en Arabie Saoudite. Le dernier s’appelle Ashraf Fayadh, 35 ans. Palestinien, il est né dans une famille exilée en Arabie il y a un demi-siècle. Le tribunal islamique l’a condamné à la peine capitale pour « insultes à l’islam et propagation de l’athéisme ». La première condamnation, en mai 2014, le vouait à 800 coups de fouet et quatre ans de prison. Mais cela ne suffit pas dans cet aimable royaume, par ailleurs notre allié et client éminent.
C’est un recueil de poèmes publié en 2008 par Ashraf qui constitue officiellement le délit Il y a aussi un fatras de « fautes » dénoncées par la sinistre milice de « propagation de la vertu et de prévention du vice ». Ces sbires se vengent d’Ashraf, qui aurait posté une vidéo montrant une flagellation en public. Lejeune homme, détenu depuis deux ans à la prison d’Abha, une ville du sud-ouest de l’Arabie où vivent de nombreux artistes, écrit, peint. Il a même participé à la biennale de Djedda avec l’appui de certains officiels, comme le relève le quotidien britannique The Guardian.
Une pétition pour que sa vie soit sauve a été signée par une centaine d’écrivains et de militants des droits civiques du monde arabe. Parmi eux, la Koweïtienne Mona Kareem, estime que c’est aussi son origine palestinienne qui désigne comme cible le jeune poète. On espère qu’en France les amis de la Palestine se mobiliseront pour Ashraf Fayadh, menacé de décapitation par le pouvoir wahhabite, avec autant d’énergie qu’en d’autres circonstances. (Martine Gozlan, « Marianne », 27/11 AU 3/12/2015).
–2020 – 30 novembre : METEOROLOGIE POUR SANARY : Après un ciel brumeux avec 6° à 5 heures, le temps fut bien ensoleillé sur Sanary. Un léger vent d’est fut présent dans la journée alors que le mistral ne se fit pas se faire sentir avant la nuit suivante. L’après-midi, les températures maximales plafonnèrent entre 13 à 17° sur le pourtour méditerranéen (15° à Sanary).
-2022 – 20 novembre : A la « UNE » de Var-Matin, édition Toulon – La Seyne – Sanary.
PIRATAGE DES DONNEES INFORMATIQUES ; Qui sont les Hackers ? De plus en plus d’attaques visent les collectivités. « Ne payez pas la rançon » conseille un expert.
LA SEYNE : une nouvelle stratégie pour la sécurité. Quels objectifs prioritaires de lutte contre la délinquance ?
TOULON : Un Père Noël vert pour tous les enfants.
LA GARDE : trois choses ç savoir sur le futur budget de la ville.
VAR : Deux morts dans un accident de la route.
IRAN : Le pays a pour la première fois fait état de la mort de plus de 300 personnes dans les troubles qui ont suivi le décès de Mahsa Amini.
FOOT-BALL – MONDIAL : Qualifiés, les Bleus optent pour la rotation.
INTERVIEW : Monique Calmet, avocate de la nature.
-2024 – 20 novembre : Toulon Var-Matin – Rugby : Comment les Toulonnais préparent le match contre l’USAP ! »Si tu n’es pas fort sur les bases, c’est quasiment impossible de battre Perpignan ».
EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHEQUE :
- Claudine Le Tourneur d’Ison – « Une passion égyptienne » – Jean-Philippe et Marguerite Lauer. Plon, 1996, 247 p. N° d’enregistrement H 21163.
- Kléber en Egypte, 1798-1800, n°4 « Kléber commandant en chef 1799-1800 », présentation et notes par Henry Laurens, Institut Français d’Archéologie Orientale du Caire, 1995, 507 à 1000 p. N° d’enregistrement H 21135.
EN DIRECT DE NOS ARCHIVES :
Sanary-sur-mer : NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES. 393e livraison –
–1867 – 30 novembre : AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – Beau temps, pas de vent […], forte gelée ce matin. Gelée blanche, quelques nuages qui traversent le ciel de l’Est, ce qui nous annonce le vent de ce côté. C’est aujourd’hui la saint André, fête de La Cadière, notre voisine. C’est une fête assez suivie, surtout par es joueurs de profession qui jouent même quelquefois le vin dans les tonneaux et même la pâte dans le pétrin. On croit difficilement à une telle audace.
–1867 – 30 novembre : AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – Mardi, St André – temps très froid, le vent d’ouest a soufflé toute la nuit comme un forcené. Il s’est calmé au lever du jour. Aujourd’hui, l’air n’est pas plus froid ; le thermomètre marquait ce matin à 8 heures 12° centigrades et 15° à 11 heures. Le ciel est couvert fortement comme s’il allait pleuvoir. M. Vincent est allé à la Colle comme il nous avait prévenus. Il est retourné à 3 heures après midi, a passé à la Mairie et nous a dit qu’en effet les stères de bois laissaient à désirer, qu’il a ordonné de les compléter et que de cette manière on n’aura plus rien à dire […].
LE TERROIR MARSEILLAIS – 593e livraison : Industries artistiques : (suite)
D’autres industries artistiques ont été en honneur dans les Bouches-du-Rhône. La plus connue et la plus populaire est l’industrie du meuble, dont les trois principaux centres furent Arles, Aix et Marseille. Dans la première ville, on a surtout fabriqué, au XVIIIe siècle, des meubles tels que armoires, pétrins, panetières, escudéliers, boîtes à farine, à sel, etc.
Les maîtres menuisiers d’Aix et sculpteurs sur bois, sous les règnes de Louis XIV et de ses successeurs, ont sculpté avec un goût exquis des boiseries d’appartement, des cheminées et des consoles. Bernard Toro, en quelques années exerça une profonde influence sur la menuiserie locale.
A Marseille, plusieurs inventaires de meubles et autres objets, prouvent qu’on avait une technique irréprochable et que les décors étaient élégants.
Une spécialité dans laquelle excellèrent les ébénistes marseillais au XVIIIe siècle, fut la fabrication des meubles d’acajou et de bois de rose. Citons parmi les principaux fabricants Louis Gouiran et Antoine Bargamin.
(à suivre)
LA SEYNE-SUR-MER – Textes divers.296e livraison.
–1835 – 30 novembre : Le choléra s’est déclaré depuis les premiers jours de mai à Saint-Chamas (Bouches du Rhône). Le premier cas est signalé à Toulon le 23 juin, à la Seyne le 27. Dès le début de juillet, il y a à Toulon 48 décès le 4, 69 le 5, 91 le 6, 108 le 11 (chiffre maximum pour un jour). Beaucoup de Toulonnais se réfugient Marseille… où le fléau sévit également. L’épidémie s’étend à Grasse, dans les Bouches-du-Rhône, dans les Alpes de Haute-Provence, dans les Alpes Maritimes jusqu’à Villefranche. L’épidémie sévit durant les mois de juillet et d’août. Le dernier décès dans le Var est daté du 31 août à la Seyne. Le 12 septembre, la préfecture peut dresser un bilan statistique du fléau, soit 3030 morts pour le Var – les chiffres doivent toutefois être considérés comme un minimum, car ils ne correspondent pas toujours avec les rapports des maires. Il fallut attendre en fait le printemps de 1836 pour que tout redevint normal.
–1926 – 30 novembre : APPONTAGES SUR LE « BEARN », PREMIER PORTE-AVIONS FRANÇAIS – Le 30 novembre, alors que les travaux en cours ne portent que sur les aménagements intérieurs, le Béarn quitte La Seyne et il est remorqué sur rade de Toulon. Les pilotes, avec des Gourdou-Leseurre GL 22 de la section d’entraînement de Hyères, s’entraînent à l’approche puis à de simples posés de roues (Moulin Jean, Morareau Lucien, Picard Claude, 2001).
–1964 – 30 novembre : LES FORGES ET CHANTIERS DE LA MEDITERRANEE, LA SEYNE, LANCENT LE PAQUEBOT CAR-FERRY FRED SCAMARONI pour la Compagnie Générale Transatlantique. Fin mai 1965, après ses premiers essais à la mer, le navire rentre aux chantiers de la Seyne par ses propres moyens. Dans la nuit du 26 au 2706, un incendie se déclare à bord, ce qui retarde la mise en service du navire. 17 mai 1966, Fred Scamaroni est mis en exploitation, ligne Ajaccio-Marseille (ferries online). A partir de 1973, ce navire sera rebaptisé tour à tour Nuits Saint-Georges, Lord Sinaï et Al Tara avant de devenir, en 1988, le Salem Express (aquanaute).
OLLIOULES (57e livraison) : Quelques noms de familles d’Ollioules d’après leur origine (n°12 des Cahiers de l’Ouest varois. Auteur : Henri RIBOT).
Abeille, Abelha [Abiho] : abeilhé, éleveur d’abeilles ; nom méridional ; nom de famille provençal : Antoine Abeille alias Cougourdan, en 1520 à Ollioules ; l’Abeille, nom d’une bastide de la Ciotat en 1871 ; les Abeilles, nom d’un chantier de démolition à Lagoubran. (Roux 1991 ; Levy 1909 ; Mistral 1890).
Aldebert, Audibert : variante méridionale d’Audebert ; ancien nom de baptême, du germanique alda-, vieux, + berht-, brillant ; nom d’homme puis de famille : Audibert 1221 à Belgentier ou Méounes, Bertrand Audibert 1335, Audibert Barthélemy 1485, à Six-Fours ; Anthoine Audibert 1571 au Castellet ; Honoré Audibert , délégué de Six-Fours pour La Seyne, 1654 ; Audibert André et Charles 1678 à Six-Fours ; Audibert 1790 à La Seyne ; Audibert dit la Baraque 1801 à Ollioules. Féminin : Audiberte. (Mistral 1890 ; Dauzat 1951 ; Roux 1991).
angoissa [angouisso], ancoues, ange, angoisse : angoisse ; étranglement ; défilé ; du lat. angustia (renvoie au suffixe PIE -ANKUS/-ANKA de calanque et caranque). Col de l’Ange (Cuges) ; vaux d’Angoisse XIXe s. (gorges d’Ollioules).
arangels : oranges (en 1491 à Ollioules ; de Ribbe, 1898, p. 503 et suiv.).
Arbossa : nom de femme usité au Moyen Age (Mistral 1890). Darboussan 1794, 1/50 000, 1937 (Ollioules ; bastide Darbosson 1490, Darbosson 1492, Darboussous 1909 et 1977, batterie de Darbussan 1944) ;
Arthur Young : en septembre 1789, Arthur Young, économiste et agronome anglais (1741-1820), passa à Ollioules en curieux, jaloux d’aller voir une agriculture bien différente de celle de sa brumeuse Angleterre (Castellan).
Barry : gardien de la clôture du domaine ; Barrière et Bary / Barry, habitants du faubourg ; nom de personne, puis nom de famille méridional, à Ollioules et Signes
boier, boey, boer, boyer, bouier, bouyer, Buer, Bouer : gardien de bœufs, bouvier ; du latin boarius, dérivé de bovem, bovis, cf.. supra. Noms de famille méridionaux, Antoine Boyer, à Ollioules et Bandol en 1562. La famille de Boyer dont les ancêtres défendirent Ollioules au moment des guerres de religion, construisit le fort puis le château de Bandol, qu’elle reçut au début du XVIIe s. en arrière-fief. Les de Boyer fondèrent des madragues à Saint-Cyr et au Brusc entre autres. Le nom de Boyer / Boier se retrouve à Méounes avec Ugo Boverius ou Boier 1211, charte 22 de Montrieux, et à Bandol, Ollioules, Saint-Cyr et Six-Fours aux XVIe, XVIIe et XVIIIe s., Boyer-Foresta à partir de 1715 à Bandol. En 1790, une bastide de Sainte Marthe, commune de Marseille, était dénommée la Boyère. (Boyer 1980 ; Mistral 1890 ; Roux 1983).
Bonnenaude, Bonnonaud : nom de personne, Bononnaud, maire d’Ollioules en 1651. (Rotger 1984).
borel/lo, burlier, borlier, burelier, borelier : bourrelier. Mais d’autres sens sont possibles : bourlié, facétieux ou bien burliero, lieu où on joue aux boules ; Burlier, nom de famille provençal : la Burlière à Ollioules, Borello 1235). Pour Borel, Dauzat tout comme Levy proposent bourreau comme nom de profession (Levy 1909 ; Dauzat 1951 ; Mistral 1890)
TOULON (107e livraison).
Mongins. Toulon ancien et ses rues. DEUXIÈME PARTIE
Agrandissement de 1589
VII Rues tracées dans le Borc d’Amont ou D’Oliolas ou de Bonafé.
Rue Nationale
Lorsque la Communauté de Toulon abandonna aux PP. de l’Oratoire, en vue de l’agrandissement de leur collège, les constructions de l’Hôpital du Saint-Esprit situé dans la rue des Moreaux, cet hôpital fut transféré à l’Hôtel-Dieu qui se trouvait dans la rue dite actuellement Nationale, et sur les terrains faisant face à la rue de l’Hôpital. L’Hôtel-Dieu, appelé à l’origine Hospitium Christi pauperum, avait été construit en 1603 « principalement pour recevoir les pauvres malades, soit habitants, soit étrangers, et servait d’asile aux enfants trouvés et aux orphelins (« Après la création de l’Hôpital de la Charité, les orphelins passèrent, à l’âge de sept ans dans le dit hôpital. » — Archives communales, GG. 30). Il y avait un médecin et un « apothicaire entretenus ; les chirurgiens de la ville y servaient par quartiers gratuitement » (Archives communales, BB. 29 ; GG. 30).
Après la disparition de l’ancien Hôpital du Saint-Esprit, l’Hospitium Christi pauperum prit l’appellation de l’établissement qu’il venait de remplacer. On voyait, en effet, au-dessus de la porte d’entrée principale une colombe sculptée, aux ailes déployées, symbolisant le Saint-Esprit, et au-dessous de la colombe, cette inscription
HIS TUTA SUB ALIS
MIHI DIVITES
EGO PAUPERIBUS
Un peu plus bas, le millésime de 1638.
Le nombre des pensionnaires, augmenté bientôt de tous les commensaux des maisons hospitalières démolies sous Henri IV, devint si considérable qu’il fallut agrandir l’hospice à plusieurs reprises différentes. D’autre part « ses revenus ne lui suffirent plus pour l’entretien des 250 enfants trouvés ou orphelins qu’on y avait ordinairement, outre les 150 malades qu’on y traitait toute l’année » (Archives communales, BB. 29). Les finances royales et celles de la commune vinrent alors généreusement à son secours. En 1646, une ordonnance du roi « prescrivit à chaque confrérie d’artisans de fournir un lit garni à l’hôpital et de l’entretenir perpétuellement » (Archives communales, BB. 159). Vingt ans plus tard, « des lettres patentes abandonnèrent en faveur dudit hôpital les droits qui se levaient en Provence sur les cartes, tarots (sorte de jeu de cartes), petuns (tabacs), et dés » (Archives communales, GG. 30). De son côté, le Conseil de ville se faisait un devoir de lui voter annuellement une subvention.
Quoique datant du commencement du XVIIe siècle, cet établissement ne fut confirmé sous le titre d’Hôpital du Saint-Esprit qu’en 1753 (BB. 90).
Pendant la Révolution, l’hospice du Saint-Esprit vit sa chapelle convertie en salle de théâtre et ses locaux transformés en prisons pour les femmes prévenues du crime de royalisme. Cette maison hospitalière, évacuée en 1854, a été démolie il y a une douzaine d’années.
Une petite ruelle dont l’extrémité Sud était fermée par une barrière, séparait autrefois l’hôpital du Saint-Esprit d’un couvent bâti, en 1635, par les P.P. Carmes Déchaussés. Autorisés, dans les premières années du XVIIe siècle, à fonder une maison conventuelle à Toulon (BB. 53), ces religieux s’étaient d’abord fixés dans la chapelle de Saint- Pierre, sur la place du même nom (Place Gambetta). En 1776, il lut ordonné aux Carmes de céder leur couvent aux pères Capucins, car les terrains occupés par ces derniers étaient devenus nécessaires pour la construction de l’église Saint-Louis actuelle. Les Carmes reçurent en échange la maison des PP. de la Merci qui se trouvait à l’angle Nord-Ouest de la place d’Armes.
Sous la Révolution, l’ancien monastère des Carmes fut donné au département de la Marine, qui y installa la caserne des ouvriers d’artillerie ; il y a quelques années (écrit en 1902), la ville en fit l’acquisition et vendit son emplacement à des particuliers.
Le 29 octobre 1678, le sieur de la Robinière, capitaine au régiment de Champagne en garnison à Toulon, fut assassiné dans cette rue. Tous les habitants du quartier furent rendus responsables de ce meurtre, sous prétexte « qu’ils ne s’étaient pas mis en devoir de l’empêcher ou d’arrêter les coupables. Un ordre du roi prescrivit, le 22 décembre de la même année, d’imposer, régaler et faire lever la somme de 550 livres sur les habitants de ladite rue, chacun à proportion de leurs facultés » (Archives communales, EE. 5). Cette somme fut remise à la famille à titre d’indemnité.
Primitivement cette rue ne s’étendait que de la place Puget à celle de l’Intendance et était appelée rue Droite Notre-Dame de l’Humilité (CC. 20). Après l’agrandissement de 1680, elle fut prolongée jusqu’à la place Saint-Roch. Depuis cette époque, elle a porté les noms suivants : rue du Saint-Esprit (CC. 863) ; rue Droite de la porte royale (Archives communales, DD. 92) ; rue des Carmes (DD. 75) ; rue Royale (DD. 76) ; le 2 vendémiaire an III, rue de l’Egalité (modernes. — Registre des Délibérations, an III) ; le 4 mai 1805, rue Impériale; rue Royale ; enfin rue Nationale.
une blague POUR LA ROUTE :

Dans un nouveau lotissement, un homme demande à son voisin :
-J’aimerais vous emprunter votre tondeuse à gazon mais je sais déjà que vous allez refuser, sous le prétexte que vous comptez l’utiliser tout l’après-midi.
-En effet !
-En ce cas, vous n’allez pas vous servir de votre raquette de tennis. Pourriez-vous me la prêter ?

L’hiver est en route ! Nous sommes le 30 novembre et il est 7 heures du matin. J’arrête ici ces éphémérides et vous souhaite un bon jeudi à tous.
Pensées affectueuses à Isabelle, à Raphaël, Olivier et Webber, ainsi qu’à mes parents et amis épars dans le monde.

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