ÉPHÉMÉRIDES DU 22 SEPTEMBRE

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ÉPHÉMÉRIDES DU DIMANCHE 22 SEPTEMBRE 2024 – 13e ANNÉE (n° 4553)

Illustration : Alphonse Mucha  – Automne 1896.

Premier jour de l’automne !

« Un 22 septembre, au diable vous partîtes et depuis ce jour-là » …  «  les sanglots longs des violons de l’automne bercent mon cœur d’une langueur monotone » …

Un grand bonjour à tous avec cette rencontre anachronique entre Brassens et Verlaine au seuil de l’automne. « Merveilleuse coïncidence ! » aurait dit le professeur Avenarius.

C’est aussi la saint MAURICE, patron de la Savoie, de la Suisse, d’Angers, des teinturiers et des fantassins, décédé martyr à la fin du IIIe siècle en Suisse avec ses compagnons de la légion Thébaine. Maurice est devenu saint MAURIN à Moustiers où il possède sa chapelle dans les gorges du Verdon. On dit qu’il rossa le diable en ce lieu puis l’enferma dans les grottes du fleuve, dans le territoire d’Aiguines. On rapporte aussi, que, lorsque le vent souffle du midi avec violence, on entend le Diable bramer.

LE DICTON

Bonne fête aux 147 000 Maurice qui vivent encore aujourd’hui comme autant d’îles éparpillés sur l’océan de l’humanité et dont le beau temps du jour est signe de tempête en hiver, dixit les dictons « A la Saint-Maurice, clair temps annonce tempête et vent » et « Beau temps à la Saint-Maurice est présage de tempête en hiver », mais aussi de bonne récolte s’il l’on en croit celui-ci « Sème tes pois à la Saint-Maurice, tu en auras à ton caprice ».

Loin des tempêtes, du vent et des petits pois, le calendrier républicain dédia ce premier jour du mois de vendémiaire au RAISIN ! Bonne fête aux vendangeurs !

PENSÉE

« Si je pense avec des mots qui excluent les contradictions, j’éteins chez moi toute lumière » (Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle CXV).

ÉPHÉMÉRIDES

398 ou 417 – 22 septembre : CONCILE DE TOURS ET SAINT MARTIN – Le concile de Turin, réuni un 22 septembre 398 ou 417, a eu assez d’écho pour faire jurisprudence Le dossier conservé témoigne suffisamment de l’état des esprits au tournant du Ve siècle. (…) il faut retenir surtout l’importance donnée aux trois premières affaires traitées par le concile.

a. prétentions de l’évêque Proculus de Marseille à créer des évêchés et ordonner des évêques dans la province de Narbonnaise Seconde ;

b. lutte entre Vienne et Arles pour le contrôle de la Viennoise ;

c. protestations enfin contre des ordinations abusives faites par des évêques dont les sièges ne sont pas précisés.

Ainsi, se pose la question de savoir qui devait l’emporter, du chef-lieu de la Viennoise ou d’Arles dans laquelle venait d’être placée l’administration de toutes les Gaules, jusqu’alors installée à Trêves ? Le compromis patiemment élaboré consacre le triomphe de la seconde conception de la mission, tout en essayant d’apporter des correctifs apaisants pour ses adversaires : Proculus de Marseille garderait, mais à titre personnel, un primat d’honneur et plutôt que de faire valoir leurs droits contradictoires, Arles et Vienne devaient se partager la Viennoise, en gardant chacune la juridiction sur les cités les plus proches.

Pourtant, les pères de Turin n’avaient pas seulement à régler entre eux des conflits de compétences. Ils devaient aussi tenter de rétablir la paix compromise en Gaule par les derniers soubresauts de l’affaire de l’évêque Priscillien et de ses proches dont la condamnation, puis l’exécution avaient en effet soulevé une grande émotion : c’était la première fois que l’on mettait à mort des chrétiens pour un manquement à l’orthodoxie de la foi. Et surtout, l’intervention dans le débat d’un homme comme Martin de Tours n’avait pas peu contribué à donner de l’éclat à cette querelle car Martin, comme tout le mouvement monastique qu’il avait été le premier à introduire dans les Gaules, était pour l’Eglise du temps un véritable signe de contradiction. Or le monachisme n’allait pas tarder à atteindre à son tour la Provence.

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417 – 22 septembre : MENTION DE CITHARISTA (CEYRESTE-LA CIOTAT) ET GARGARIUS (SAINT-JEAN DE GARGUIER) – Lettre du pape Zozime aux évêques d’Afrique, de Gaule et d’Espagne et mentionnant Citharista (Ceyreste-La Ciotat) et Gargarius (Saint-Jean de Garguier) aujourd’hui dans les Bouches-du-Rhône. Par cette lettre Zozime condamne les évêques de ces deux agglomérations, Tuentius et Ursus, ordonnés illicitement par Procule (évêque de Marseille) sur des territoires dépendant de la métropole d’Arles à la tête de laquelle se trouve Patrocle, évêque d’Arles (Gallia Chr. Nov., évêché de Marseille, 1899, n°12 p.9).

Quelques mois plus tard, le 4 mars 418, Zozime exprimera à Patrocle, évêque d’Arles, son étonnement qu’il ne se soit pas opposé aux empiètements de Procule (Gallia Chr. Nov., évêché de Marseille, 1899, n°13 p.10).

Zozime invite les Marseillais à remplacer Procule par un évêque plus digne. En note : une lettre de St Augustin du début 423 qui raconte comment lui-même créa un évêché à Fussala près d’Hippone, mais pour le sacre, il faut le métropolitain (Gallia Chr. Nov., évêché de Marseille, 1899, n°14 p.11).

1150 – septembre : DIPLOME DE RAIMOND BERENGER EN FAVEUR DU CHAPITRE DE LA MAJOR (Gallia Chr. Nov., n 148, p. 70 ; Louis Ardissonne, 1981). [Diplôme de Raimond Bérenger en faveur du chapitre de la Major, septembre 1150, charte 148, à ARLES] … videlicet … quartam partem de Auroneves et quartem de Evena et totum honorem illorum, …

  1. Au cours de ces années, la lutte entre les comtes de Barcelone et les seigneurs des Baux semblait tourner plutôt en faveur des premiers. Le Chapitre s’empressa de reconnaître leur suzeraineté et put ainsi obtenir, au mois de septembre 1150 un diplôme signé de Bérenger II le Vieux (tuteur de Bérenger III) qui confirme très clairement au Chapitre la possession de tous les territoires d’Allauch et du Château qu’il venait de construire sur le Mont Rodinaccus (Louis Ardissonne, 1981)

2. Diplôme de Raimond Bérenger en faveur du chapitre de la Major (Gallia Christiana, charte 148) In tam multiplici rerum varietate temporalium forte veritas rerum gestarum oblivioni tradatur, congruum ac necessarium est ut scripture nexu obligetur. Ego itaque Raimundus Berengarii, gratia Dei comes Barchinonensium, marchio Provincialium et princeps Aragonum, sicut in ista presenti scriptura continetur, laudo et concedo canonicis sancte Marie antique sedis Massiliensis, tam presentibus quam futuris, totum illud territorium de Alaudio, quod est et erat ecclesie illorum predicte ; ut scilicet ipsum territorium, libere et quiete possideant, in terris cultis et incultis, in montanis et planis. Et laudo et concedo illud editicium castri quod in eodem territorio super montem Rodinnacum construxerunt, cum omni melioratione et aug¬mento, quod in antea ibi facere voluerint; ut videlicet habeant et possideant castrum illud jure perpetuo, libere et sine ulla contradictione alicujus persone. Ominibus quoque meis procuratoribus, et amicis et fidelibus, et precor et precipio ut supra nominatum castrum, tam multiplici rerum varietate temporalium, ne forte in mea tuitione acceptum, ab omni injuria, et inquietudine et molestia, fideliter et sine fraude, semper et ubique tueantur. Pari modo, eisdem canonicis Massiliensibus me liberalem exhibens, sicut predictum castrum Alaudii,- ita omnem honorem illorum, et, omnia que habent, in mea tuitione accipio ; videlicet, burgum Sancti Juliani, et castrum de Pennis, et quartam partem de Auroneves, et quartam de Evena, et totum honorem illorum, quem modo habent vel in futuro habebunt. Cunctis etiam meis bajulis, et procuratoribus, et fidelibus amicis, precipio quatinus ab omnibus inquietationibus et injuriis omnium hominum, potentium seu inpotentium, ipsos canonicos et omnia eorum, fideliter tueantur et defendant ; et ita quod nullum gravamen ecclesie prefate ex hac mea.tuitione, vel meorum defensione, in futurum proveniat. Huic igitur presenti scripture nos¬tram perpetuam auctoritatem attribuentes, nostro eam sigillo munivimus. Factum est hoc anno dominice Incarnationis M°.C°.L°, apud Arelatem, mense Septem¬bri.

RAIMVNDI COMES : SN Bernardi de Bello Loco. SN Geraldi de Jorba. SN Raimundi de Podio Alto. SN Petri de Cabannis. SN Raimundi Willelmi. SN Poncii Adundantii. SN Willelmi Petri, SN Petri Isnardi de Baucio. SN Willelmi de Vitrola. SN Johannis Fulconis. Milo scripsit (Arch. des B.-du-Rh. La Major de Marseille, G. n° XLII°. Orig. parch., signatures autographes ; le sceau manque).

1396 – 22 septembre : LE ROI, LA MARINE ET JEAN DE VIENNE – Le roi de France Charles V (1364-1380) a compris de quelle utilité serait pour lui une flotte de guerre puissante et nombreuse, s’est s’entouré de constructeurs habiles et de marins, parmi lesquels il faut signaler Jean de Vienne qui reprit Cherbourg aux Anglais et fit plusieurs descentes en Écosse. Malheureusement, il fut tué en combattant les Turcs à Nicopolis le 22 septembre 1396 (Ribot Henri, 2010, La guerre navale au XVIe siècle, atelier du 23 mars 2010, Découvertes et Civilisations, Sanary).

1477 – 22 septembre : [Charles de Ribbe, 1898] : A Ollioules, étaient célébrées les épousailles  de Marguerite Deydier avec Guilhem Jolian  selon le rite du temps : d’abord par la datio corporum, puis par la subarratio suivie de la bénédiction nuptiale. Ce jour-là, faisant sa renonciation sur les biens paternels et maternels, elle se déclarera suffisamment et convenablement dotée. De son côté son mari lui fera reconnaissance de son apport mobilier : une ceinture d’argent avec son tissu rouge (4 fl.), un frontier avec cinq tours de perles (4 fl.), deux années d’or, plus un autre en argent muni de quatre perles (2 fl.), quatre voiles en soie (1 fl .), une copa (houppelande) de couleur pers obscur, un peu usée, doublée de toile rouge (4 fl. 7 gros), une robe ou colle de drap blanc, tirant sur le gris (4 fl.), six chemises neuves, en toile sebenque. Trousseau modeste ne dépassant pas 20 florins, car le deuil du père, décédé quelques mois auparavant, interdit la robe nuptiale. 

Voilier entrant en petite rade de Toulon (cl. H. Ribot)

1506 – 22 septembre : Visite du roi et de la reine de Naples à Toulon. Jaume Deydier écrit : La intrada del rey de Spanha et de la reyna sa molher. L’an 1506 et dimecres, lo 22 del mes de septembre, de vespre, intret lo rey de Spanha et la reyna sa molher, filha del conte de Foys, ambe granda armada de galeras et de naus ; et son requilhit en Tholon honorablemen per monsenhor lo bastard de Savoya et altres senhors, como lo Rey nostre senhor avié comandat, et dormit ung vespre a Tholon a l’evescat, et, lendeman matin, s’en partiron ambe l’armada al rialme de Naples… Et nos aven veser l’armada de nostre Darbosson, ambe las damas de Olioll et de Buelh (Eugène Castellan, 1937, p. 296).

Les dames d’Ollioules, que l’on aurait pensé trouver auprès de René de Savoie à qui elles sont liées depuis cinq ans et le mariage de celui-ci avec Anne de Lascaris-Tende, ne se sont pas rendues à Toulon. Elles sont venues, en compagnie de Jaume Deydier, voir l’escadre espagnole entrer et évoluer dans la rade. Tout Ollioules dut faire de même et se presser sur le testolier, point unique d’où l’on pouvait contempler le spectacle.

1608 – 22 septembre : LES RANGEAIRES – lieu-dit, commune d’Allauch (acte notarié à Allauch). Toponyme écrit La Ranjarde, en 1636 (cadastre d’Allauch).

Yvon La douce France 18 Marseille Abbaye de Saint-Victor (coll. H. Ribot)

1648 – 22 septembre : MARSEILLE – Après la mort de Charles de Casaulx, aucune réforme de Saint-Victor n’est entreprise. Le 22 septembre 1648, les échevins écrivent au cardinal Mazarin pour lui faire savoir qu’ils interviennent auprès du pape pour demander la sécularisation de l’abbaye. Le pape Innocent X refuse d’accorder une bulle de sécularisation et préfère confier le sort du monastère marseillais à la congrégation bénédictine de Saint-Maur qui avait relevé les monastères de Montmajour, Saint-Denis et Saint-Germain des Prés..

1704 – 22 septembre :

1. LA REYMONE (registre aux archives de l’Evêché). LES RAYMONDS – lieu-dit), commune de Marseille, quartier de Saint-Marcel, près de Valbarelle (1872). Bastide en 1363 (Bastide des Raymonds), lieu-dit connu depuis 1605 – Le Reymond, 13 octobre 1605 (acte aux archives des Trinitaires) – Les Raymonds, 3 février 1615 (registre aux archives de la Major) – Bastide des Raymonds, 18 septembre 1636 (registre aux archives de l’Evêché). La Reymone, 22 septembre 1704 (arch. Des Trinitaires).

2. LE ROUET – village, commune de Marseille (1872). Première mention, Colla Rouilh, le 4 mai 1245 (charte aux archives municipales). L’église, sous le titre de l’Assomption, était un prieuré de l’abbaye de Saint-Victor. Il en existe diverses investitures en son nom : du 5 novembre 1633, en faveur de Philippe de Tournes; du 22 septembre 1704, en faveur de Charles de Cypriani ; du 6 avril 1764, en faveur de Gabriel Raynaud, clerc du diocèse de Grasse.

1709 – 22 septembre : La Communauté d’Ollioules décide de mettre en vente la pièce de Loutin et la partie de pièce de Peïre Pigne afin de payer les arrérages des deniers du Roi et le reste au creusement, conduites et dérivation des eaux du Labus (Castellan, 1937) .

1789 – 22 septembre : EN FRANCE, LA CRISE SEMBLE INEVITABLE – Les ouvriers s’attroupent, réclament du travail et des salaires meilleurs : aujourd’hui, après les tailleurs et les perruquiers, ce sont les garçons bouchers qui manifestent. Devant la situation de plus en plus critique, le roi fait porter son argenterie à la Monnaie pour pallier le manque de numéraire. C’est également ce jour que l’Assemblée vote le premier article de la Constitution : « Le gouvernement français est monarchique. » La crise, cependant, semble inévitable. » (Agenda du bicentenaire, Mardi 22 septembre).

1792 – 22 septembre : PREMIER JOUR DE L’AN I DE LA REPUBLIQUE – Le 5 octobre 1793, la Convention a adopté le calendrier révolutionnaire présenté par Romme le 20 septembre sur une proposition de Billaud-Varenne. Par la même occasion, l’assemblée décide de dater les actes publics à partir de ce jour de « l’an I de la République française » que fut le 22 septembre 1792 (Yann Fauchois, 2001, p. 1155 et 1192).

1793 – 22 septembre :

1. REQUISITIONS – Réquisition des officiers municipaux du Beausset de faire transporter immédiatement à Ollioules six matelas destinés au dépôt de malades établi en ce lieu.

2. SIEGE DE TOULON – ECHEC CONTRE L’EGUILLETTE ET BALAGUIER – PREMIERE CRISE ENTRE BONAPARTE ET CARTEAUX – Une attaque est tentée contre le fort de l’Eguillette, clef de la place ; mais menée avec des moyens insuffisants, elle échoue. Les Anglais comprennent la valeur de la position ; ils fortifient la hauteur qui la domine et la redoute Mulgrave devient le Petit-Gibraltar. Le Général Laborde fait une reconnaissance vers le Fort Caire qui occupait la colline du même nome (section E du plan cadastral de La Seyne) située au centre de la presqu’île de Balaguier qu’elle domine de ses 86 mètres et portait le nom de son propriétaire, le sieur Caire, négociant et conseiller municipal à Toulon, émigré sous la Révolution (28 Frimaire, An II) puis décédé à Livourne (Italie), le 3ème Jour complémentaire de l’An VIII. Les Anglais de Lord Mulgrave, et les Espagnols de l’Amiral Gravina sont en train d’y établir la “Grande Redoute” flanquée de plus petites appelées Saint-Louis et de Grasse. Les Français sont donc contre-attaqués. Attaque mal conduite des Républicains contre l’Eguillette. Le général Delaborde tenta mollement un coup de main sur l’Eguillette où les Anglais avaient débarqué 300 hommes. Il n’avait reçu de Carteaux que des moyens insuffisants, et ne croyait pas plus que son chef au succès de l’opération. C’était pourtant le premier mouvement de la manœuvre napoléonienne de débordement sur une aile de l’adversaire.

Le 22, l’attaque mal conduite échoua. Ce qui conduisit l’ennemi à fortifier Balaguier qui comprenait ainsi l’importance à donner au mont Caire. Comme l’écrivait l’amiral Hood : « La position du Caire commande toute la rade ; il faut s’attacher de la rendre forte et inexpugnable… L’ennemi n’entreprendra rien sur la ville tant que sur ses arrières, il verra le promontoire Caire à nous… ».

Sur l’ancienne redoute Mulgrave, ou Petit Gibraltar, les Anglais élevèrent un ouvrage que Dugommier qualifiera de « très perfectionné » (26 canons, 3 mortiers et des canons de marine à longue portée trouvés à l’Arsenal), flanqué de trois autres redoutes (Saint-Philippe, Saint-Côme et Saint-Charles). L’ensemble, adossé aux forts de l’Eguillette et de Balaguier, constituait une défense particulièrement redoutable,… (que complétait plus au sud) la redoute de Saint-Elme (qui) barrait l’isthme des Sablettes. Voici ce qu’écrivait à l’amiral en chef anglais Hood, au sujet des positions en cause, un personnage connaissant bien le pays, M. de Fabry, ancien commandant français de la Marine à Toulon, alors âgé de quatre-vingts ans au moment du siège. « La position du Caire, disait-il, commande toute la rade ; il faut s’attacher à la rendre forte et inexpugnable. D’après ce qu’on m’en a dit, les travaux qu’on y a exécutés sont faibles à raison des attaques qu’elle doit repousser. « L’ennemi (c’est-à-dire les Français) n’entreprendra rien sur la ville tant que sur ses derrières, il verra le promontoire Caire à nous. Occupons-nous donc de cette position ; qu’elle puisse tenir contre toute une armée. Le conseil fut suivi. Sans réaction de notre part, les Anglo-Espagnols procédèrent au renforcement de leur tête de pont de Balaguier. Ils élevèrent sur le sommet du mont Caire, sur l’emplacement de l’ancienne redoute du XVIIIe siècle, un ouvrage qui deviendra célèbre sous le nom de redoute Mulgrave ou du Petit-Gilbraltar, citadelle semi permanente, à double enceinte et à faible profil, dont les parapets étaient constitués par des troncs d’arbres superposés jusqu’à une hauteur de trois à quatre mètres à partir du bord du fossé dont les abords furent garnis de chevaux de frise et d’abattis. Sur les crêtes, se détachant de la hauteur principale ainsi fortifiée, furent établies deux redoutes en flanquement : l’une au nord-nord-est, dite de Saint-Philippe, appuyée sur la Rouve ; l’autre, celle de Saint-Charles, au sud-est et dominant Tamaris. Enfin un ouvrage, dit de Grasse ou de Saint-Louis, se trouvait en soutien en arrière du Bois-Sacré de l’Eguillette. Tout cet ensemble était fortement adossé aux forts permanents de la tour de Balaguier et de l’Eguillette existant avant la Révolution et puissamment armés, ainsi que, d’une manière plus distante, à la presqu’île de Cépet verrouillée aux Sablettes par la batterie anglaise de Saint-Elme, par d’autres canons commandant l’isthme dont la baie extérieure de la haute mer était surveillée par des croiseurs anglais bombardant la côte occidentale. L’ouvrage principal de Mulgrave reçut des Anglais l’armement suivant : 2 pièces de 24 (abritées dans une tourelle de sacs à terre), 5 pièces de 36, des mortiers et des obusiers, une batterie à ressauts ; en tout 28 canons, mortiers et obusiers d’après le rapport de Dugommier à la Convention qui qualifie Mulgrave « d’ouvrage très perfectionné ». Ce dernier aurait reçu, en outre, des canons de marine à longue portée que les Anglais auraient tiré des navires français trouvés par eux dans l’Arsenal de Toulon. Mulgrave contenait des batteries pouvant tirer dans plusieurs directions : sur La Seyne, les hauteurs de Gaumain-l’Evescat, la Petite rade et même vers Les Sablettes – Le Crotton. A l’intérieur se trouvaient des magasins blindés, des abris et des parapets pour infanterie.

L’armée Lapoype, qui avait son quartier général à Solliès-Pont et La Farlede, serrait la ville à l’Est : de Sainte-Marguerite au pied du Coudon ; des camps sont placés en avant sur les hauteurs de Touars et de Sainte-Musse pour surveiller les mouvements ennemis.

Le 22 à 5 heures de relevée Laborde marche avec 400 hommes sur l’Eguillette, où les Anglais ont commencé dès les premiers jours de septembre d’importantes fortifications. Quand ils ont vu la veille Laborde entrer dans La Seyne avec son bataillon, ils ont immédiatement envoyé sur le mont Caire un renfort de 550 hommes, que conduisirent Lord Mulgrave et l’amiral Gravina en personne, accompagnés d’ingénieurs. Laborde qui a avancé avec précaution, et qui sent devant lui une force bien supérieure à la sienne, après une vaine fusillade, se replie sur La Seyne, dès la tombée de la nuit.

Plus tard l’on a reproché à Carteaux de n’avoir donné que 400 hommes à Laborde, en expliquant que s’il avait attaqué lui-même avec toutes ses forces le mont Caire encore mal fortifié, la prise de la position aurait obligé les Anglais à se retirer, ainsi qu’ils le firent en décembre à la suite de l’attaque du général Dugommier. Mais l’on oublie, ou l’on feint d’ignorer, que Carteaux ne disposait que de 4 000 hommes armés, qu’il avait vingt lieues de côtes à garder, que son front s’étendait sur quinze kilomètres, et que s’il s’était porté lui-même sur l’Eguillette avec toutes ses forces, les alliés qui disposaient de 15 000 hommes de bonnes troupes auraient pu foncer sur Ollioules, et détruire sa petite armée. Cette défaite aurait été celle du général Carteaux et si la bataille l’eût personnellement épargné, la guillotine l’attendait à Paris. Le général Brunet rendu responsable de l’échec de l’expédition de Sardaigne, bien qu’il n’y fut pour rien, avait été exécuté. Robespierre s’adressant à Carnot lui-même, lui dit : « Nous avons besoin de toi, c’est pourquoi nous tolérons ta présence au Comité, mais songes-y bien, ta tête tombera au premier échec de nos armées ». En cette circonstance, comme en beaucoup d’autres Carteaux fut prudent, sage et raisonnable ; il a sur lui une lettre que Kellermann, son chef admiré de l’armée des Alpes a écrite au Comité de Salut Public : « Je donne des ordres au général Carteaux qui commande ces troupes de se conduire avec la plus grande prudence, et de ne rien risquer ». Ceux qui critiquaient Carteaux n’étaient pas responsables du siège, une fois encore les conseilleurs n’étaient pas les payeurs. La charmante colline appelée le mont Caire était apparue à tous comme la clef de Toulon, car ce ne fut pas Bonaparte seul qui le découvrit. Son mérite particulier fut de permettre d’envisager la possibilité d’enlever cette forteresse, ce qu’aucun général en chef ne voulait tenter de crainte d’un échec. Cette possibilité il la provoqua en améliorant jour après jour sa machine de guerre et en convainquant les représentants ; ces hommes les plus puissants de l’armée ; qu’il fallait attaquer ou partir. Comment se présentait cette forteresse redoutable établie au sommet du mont Caire à la cote 85, que les Anglais appelaient le fort Mulgrave, du nom du général anglais qui commandait les troupes de terre ; et les Français, la Grande Redoute.

La Grande Redoute, laissons-lui le nom donné par les Français, avait environ 130 mètres de longueur et 50 mètres de largeur, elle était entourée de parapets de terre et de bois, dans lesquels s’ouvraient les embrasures de vingt canons de marine. Sa garnison comprenait 800 hommes, mais avec les petites redoutes qui la flanquaient à l’est et les garnisons des forts de Balaguier et de l’Eguillette, elle formait un camp retranché défendu par 3 000 hommes qui pouvaient à bref délai être renforcés par des troupes débarquées des vaisseaux. Pour préparer l’attaque de la forteresse, Bonaparte veut placer au plus près, le plus de batteries possible. En conséquence, l’échec de l’attaque menée contre l’Eguillette conforte Carteaux dans son opinion que le plan de Bonaparte n’est pas le bon. Contrairement aux ordres de Carteaux, Bonaparte estime qu’il y a lieu d’être supérieur en force sur un seul point et de l’être alors au maximum. « L’art de la guerre, écrit-il au début de sa carrière, consiste, avec une armée inférieure, à avoir toujours plus de forces que l’ennemi sur le point précis que l’on attaque ». Il décide donc de croiser le feu de son artillerie uniquement sur le fort Malbousquet. L’obstination fait place à la désobéissance et le jeune officier, fier de sa parfaite connaissance des questions d’artillerie mais excité dans sa combativité parachève la dissension jusqu’à la rupture en s’adressant au Comité de Salut Public : « Il faut donner à l’artillerie cette considération et cette indépendance que les lois militaires et l’usage de tous les temps lui ont accordées, et sans lesquelles elle ne peut servir utilement ». Et, en conclusion, il demande l’envoi à l’armée d’un général d’artillerie (Selon LOURDE, Hist. de la Révolution, etc., t. III, p. 318, Carteaux aurait fait réarmer les batteries de Saint-Nazaire et de Bandol dès le début de l’occupation de Toulon par les Anglais).

-Entre le 22 septembre 1793 et le 22 septembre à 1794 : CITOYENS AYANT QUITTE LA SEYNE POUR GAGNER TOULON EN INSURRECTION – On note que les citoyens suivants ont quitté La Seyne pour gagner Toulon en insurrection. Ils seront condamnés puis fusillés par les Conventionnels lors de la reprise de la ville : D’HAUTECOUR Gaspard, de La Seyne, émigré fusillé à Toulon (Comm. Révolut.). PHILIPPE Thérèse, de La Seyne, émigrée exécutée à Toulon (Comm. Révolut. an II). VITALIS Simon-Joseph, de Six-Fours, émigré exécuté après l’entrée des républicains à Toulon. BLANC Jacques, plâtrier, de La Seyne, émigré exécuté à Toulon (Comm. Révolut. an II). DANIEL Pierre-Antoine, de La Seyne, émigré exécuté à Toulon (Comm. Révolut. an II). En revanche, on relève que d’autres ont échappé à la mort et se retrouvent sur des navires de la République, comme CAUVIER François, second-maître, citoyen de La Seyne émigré, est en l’an III, sur la canonnière de la République la Mégère. GUIGOU André-Louis, citoyen de La Seyne émigré, est maître charpentier sur l’Alceste (an III). D’autres rentreront plus tard d’émigration tels LAUZET Jean-Baptiste, capitaine marchand, citoyen de La Seyne émigré ; à son retour sert comme pilote côtier en l’an IV, sur le bâtiment de la République le Mercure. Il sera tué d’un coup de fusil d’un soldat autrichien au cours d’un combat sur mer, en germinal an VI. Ou bien BAUDOIN Louis, retraité, et sa femme. Citoyens de La Seyne émigrés. se sont rendus à Toulon à la suite de l’ordre du général Carteaux. Décédé à Toulon en l’an IX. DENANS Joseph, citoyen de La Seyne émigré ; à son retour sert, en l’an IX, sur le chebek de la République Général-Suard. DELEPOUX J.-A. et VIAL Biaise, citoyen de Six-Fours émigré ; rentrés d’Angleterre vers l’an X. COMBAL Jacques-Louis-Michel, citoyen de La Seyne émigré ; à son retour sert à l’armée d’Italie en l’an X ; EYFFREN Pierre, citoyen de La Seyne émigré ; à son retour commande, en l’an X, la bombarde française la Marie-Joseph (Louis Baudoin, 1965).

1803 – 24 septembre  – 1804 – 22 septembre – Le port de Sanary poursuivait son commerce avec des nations étran­gères, c’est pourquoi Don Antoine Barthélémy MOYA, Commissaire des relations commerciales d’Espagne, de Naples et d’Etrurie, nommé par sa Majesté Catholique pour le département du Var, désigna Louis FORQUE, négociant de BANDOL, et le commissionna pour les ports de SANARY et de BANDOL. Ses attributions consistaient à faciliter toutes les démarches des navires de ces nations, à leur servir d’interprète et bien sûr à percevoir les droits dus pour les actes de commerce ( B. Rotger).

1822 – 22 septembre : HIEROGLYPHES – Champollion déchiffre la signification des hiéroglyphes de l’ancienne Egypte.

1839 – 22 septembre : CONQUETE DE L’ALGERIE – Ollioules héberge jusqu’à nouvel ordre un bataillon ouvrier, 260 hommes appartenant au corps expéditionnaire d’Afrique (Castellan E., 1937, p. 296).

1867 – 22 septembre SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – dimanche 22 septembre, Saint Maurice. Temps calme – brise faible – une masse de nuages passe sur nos têtes sans donner une goutte d’eau – le soleil brille par éclat, il est très chaud : le thermomètre était à 22° à l’ombre il fait encore bien chaud. Le baromètre est toujours à « beau temps ». Après midi,  le temps continue de même – on fait encore fête au quartier de la Millière mais à 4 heures, forte ondée qui a duré environ 1/4 d’heure  qui a contrarié les danseurs. La soirée a été splendide après la pluie. On n’a pas de nouvelles sur le naufrage du « Brésil ». Les vendanges sont terminées ;  on décuve le vin et on le met en tonneaux.

1868 – 22 septembre : baumes Dechaux – « Marseilleveyre,curieuses grottes jumelles, qui s’ouvrent très haut dans la paroi nord-est du Cirque supérieur de Voire (accès par escalade). Un familier du massif, bien antérieurement à la création de nos actuels groupements excursionnistes, Xavier DECHAUX s’y suicida le 22 septembre 1868. Son nom gravé en maints endroits du massif, atteste de la qualité d’un habile tailleur de pierres. Suivi d’un millésime, on le voit : Sommet du massif (1867), Font de Brès (1866), Baumes DECHAUX (1868) et même sur l’Oratoire du Col du St Pilon (1866). Il mit fin à ses jours, d’un coup de pistolet, dans ces grottes dont il avait voulu faire son tombeau. Mais l’échelle nécessaire à y accéder ayant attiré l’attention d’un chasseur, on découvrit son cadavre vingt jours après sa mort. Il avait transporté, lugubres fardeaux, une grande croix de bois pour orner sa tombe et une plaque de marbre, où son épitaphe, gravée bien entendue, portait la date de sa mort et des citations où transparaissait son funèbre dessein. Ce fait divers, copieusement commenté par la Presse d’alors attira de nombreux curieux pendant longtemps, et, tout naturellement, le vallon d’accès prit le nom de Vallon de l’Homme-Mort, étendu bientôt au secteur et au Plateau supérieur !… » (d’après Henry Imoucha – Excursions en Provence : Marseilleveyre, Tacussel éditeur, Marseille, troisième édition, revue et augmentée, 1948, p. 38).

1869 – 18 septembre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – Mercredi 22 septembre, Saint-Maurice. Mauvais temps aujourd’hui à 10h00 du matin. Il se renforce encore et bientôt il sera aussi fort qu’hier ; c’est un temps des équinoxes qui ont lieu aujourd’hui ou demain. Aujourd’hui fini l’été de 1869 et on commence à minuit 35 l’automne. Le vent continue, le même tout l’après-midi et à 10 h du soir il n’avait toujours pas cessé. Il ne serait pas impossible (qu’après) ce vent, le bon Dieu nous envoie un peu de pluie ; ce qui ne ferait de mal à personne et du bien à tous.

1880 – 22 septembre : A Saint-Mandrier, le conseil municipal de La Seyne autorise le Maire le 22 septembre 1880 à acquérir une maison et un jardin appartenant à Mlle Roure pour l’installation d’un groupe scolaire. Les réparations indispensables qui doivent être effectuées à l’immeuble pour pouvoir y installer les écoles communales de la section, atteignent le chiffre de 1250 F alors qu’un budget de 700 F avait été prévu (Gisèle Argensse, 1989 ; p. 74.).

1901 – 22 septembre : LA FAMILLE IMPERIALE RUSSE QUITTE LA FRANCE – Avant de repartir, l’impératrice a formulé ce jugement publié dans le « Figaro » : « La foule française ne ressemble à aucune autre. Nulle part ailleurs, on ne voit dans la masse populaire tant de visages intelligents, tant de figures éveillées et distinguées. » (Sic !).

République Tchéque, Prague, l’Art nouveau

1902 – 22 septembre : ET SI LA FEMME CESSAIT D’ETRE UN OBJET DE LUXE ? – Le « Figaro » publie un long article sur le thème « Et si la femme cessait d’être un objet de luxe ? ». Les ouvrières ont apprécié !

1905 – 22 septembre : SITUATION MILITAIRE DE FRANÇOIS CYR AIELLO (SURCHARGE MANUSCRITE : AJELLO) : Embarquements – bateau Louis, port d’armement Toulon, n° d’armement 307, genre de navigation pêche, port d’embarquement Toulon comme patron, date de l’embarquement 22 septembre 1905. Signature de l’administrateur : illisible (Archives familiales : Inscription maritime – Fascicule de mobilisation – Aiello avec surcharge manuscrite : Ajello, François, Cyr, inscrit à Toulon, f° et n° 11969).

1908 – 22 septembre :  accident sur le croiseur cuirassé Latouche-Tréville, 13 morts (FT, 2020).

1911 – 22 septembre : LOUIS DUCREUX naît à Marseille où il fait ses études au lycée Thiers. Il grandit dans la famille d’industriels Picon, à l’origine de l’apéritif de ce nom. Passionné de théâtre et d’opéra, il gagne d’abord sa vie comme pianiste puis crée à vingt ans la Compagnie marseillaise du Rideau Gris qui rejoindra en 1933 André Roussin. D-s son entrée à la Comédie de Lyon, il écrit ses premières pièces : Clair-Obscur, Musique légère et Souvenir d’Italie. En 1943, il anime le Studio des Champs-Elysées. Il dirige ensuite l’Opéra de Marseille (de 1961 à 1965 puis de 1968 à 1971), l’opéra de Monte-Carlo (de 1965 – 1972) et le grand théâtre de Nancy (de 1973 à 1977). Il y diversifie le répertoire et met en scène quelques opéras. Parallèlement à cette activité théâtrale, il mène une carrière au cinéma, comme acteur et compositeur, et participe à l’émission Au Théâtre ce soir comme acteur et metteur en scène. Ses prestations au cinéma sont cependant rares jusqu’à « Un dimanche à la campagne » de Bertrand Tavernier (1983), dans lequel il tient l’un des rôles principaux et qui le révèle à un plus large public. Auteur de chansons, il écrit notamment en 1955 les paroles de La rue s’allume qui devient un classique de la chanson à texte grâce aux interprétations de Michèle Arnaud, de Cora Vaucaire et de Barbara. En 1980, il publie, aux éditions Lafont, le roman « La Porte tournante au café Riche ». Sa dernière apparition fut le rôle du grand-père dans le film de François Margolin, « Mensonge ». Louis Ducreux décède à Paris, le 22 décembre 1992. Mais Marseille ne l’oubliera jamais : une rue porte son nom dans la cité phocéenne .

1914 – 22 septembre :

1. LE GRAND MEAULNES EST ORPHELIN – Alain fournier meurt au combat, laissant à jamais « Le Grand Meaulnes » orphelin.

2. « TAHITI LA DÉLICIEUSE ÉPROUVÉE PAR LA GUERRE ! A PAPEETE LES DÉGÂTS S’ÉLÈVENT AU MOINS A DEUX MILLIONS : La petite île de Tahiti, perdue de l’autre côté de la terre dans sa sereine solitude, semblait protégée plus que tout autre pays contre les horreurs de la guerre. On sait que le 22 septembre, les croiseurs allemands “ Gneisenau ” et “ Scharnhorst ” lui ont rendu visite, bombardant la ville de Papeete sans oser opérer un débarquement. Deux hommes seulement, un Chinois et un Maori, furent tués mais les dégâts matériels étaient importants, surtout au centre de la localité. Ils sont évalués à environ deux millions de francs » (Le Miroir n°54 du 6 décembre 1914).

3. LE STEAMER “ WALKURE ” COULÉ DANS LE PORT DE PAPEETE : Tandis que les habitants de Papeete mettaient le feu aux approvisionnements de charbon du port dont voulait évidemment s’emparer l’ennemi, celui-ci se vengeait en coulant la petite canonnière “ Zélée” et un navire récemment capturé, le “ Walkure ”, sans se douter que celui-ci était allemand. Cent vingt-cinq obus de 204 m tombèrent sur Papeete, détruisant de nombreuses maisons presque toutes en bois. Les habitants mobilisés comptaient se défendre jusqu’au bout, mais les croiseurs s’éloignèrent pour ne plus revenir (Le Miroir n°54 du 6 décembre 1914).

1933 – 22 septembre : DEPART DE THOMAS MANN POUR ZURICH – Thomas Mann travaille à Sanary au troisième tome de « Joseph et ses frères » avant de partir pour Zûrich le 22 septembre 1933. Dès le début, il a organisé en compagnie de quelques autres écrivains des soirées de lecture. René Schickelé, Lion Feuchtwanger, Heinrich Mann, Julius Meier-Graefe assistèrent à ces Dichterlesungen et lirent à tour de rôle des extraits de leurs écrits les plus récents.

1940 – 22 septembre : INONDATIONS DANS LES ALPES FRANÇAISES – La presse et la radio font état des ravages causés par les inondations dans les Alpes françaises où de véritables trombes d’eau sont tombées coupant des routes et endommageant gravement des usines ainsi que des maisons. Pour la seule Haute-Savoie, il y a pour plusieurs millions de francs de dégâts.

1945 – 22 septembre : LE « BÉARN » QUITTE MARSEILLE AVEC DES TROUPES ET DU MATÉRIEL POUR L’INDO¬CHINE (La Revue Maritime, 284, février 1971, p.261)

1961 – 22 septembre :

1. ACCIDENT DE SOUS-MARINS – Méditerranée, collision de l’ « Espadon » (type Narval) avec le sous-marin « Laubie ». Dégâts sur la baignoire, et superstructures de l’avant.

2. DES EXERCICES DE PARACHUTAGE SONT EFFECTUES EN RADE DES VIGNETTES les 13, 14, 20 et 22 septembre de quatorze heures à seize heures, ainsi que les 19 et 21 septembre de vingt et une heures à vingt-deux heures. Tout mouvement de bâtiment et d’embarcation est interdit dans cette zone pendant les exercices (Ken Nicolas, vol. 2, p. 89).

1992 – 22 septembre : INONDATIONS CATASTROPHIQUES DANS LE SUD-EST. Cette tragédie causa la mort de plus de 40 personnes qui furent emportés par l’Ouvèze ou ses affluents. Le chiffre des victimes avancé le plus généralement fait état de 46 morts, plus un à Beaumes-de-Venise, régulièrement oublié des statistiques. Trente-huit personnes ont perdu la vie ce jour-là dans le Haut-Vaucluse, dont 34 à Vaison-la-Romaine. Parmi elles, quinze habitants du lotissement Theos et onze résidents, au moins, du camping du Moulin de César. Cette crue hors norme frappa de nombreux villages en aval de Vaison, causant aussi des morts : trois à Séguret ; un vieil agriculteur parti chercher sa vache à Gigondas, elle fut retrouvée vivante ; quatre campeurs emportés par les flots du Brégoux à Aubignan; un piéton qui voulut traverser le pont emporté par la crue de la Salette à Beaumes-de-Venise ainsi que quatre disparus dont un bébé de six mois. Neuf mois après, en1993, un corps a été retrouvé sur la commune de Roaix par un pompier maître-chien de Vaison. Soixante-trois communes furent sinistrées dans le Vaucluse, les plus touchées, outre Vaison, Séguret, Gigondas, Beaumes-de-Venise et Aubignan, étant Violès, Bédarrides, Jonquières et Sarrians. Dès le lendemain, on découvrit l’importance des dégâts : routes emportées, vignobles disparus, ponts détruits comme ceux de Roaix et Beaumes-de-Venise. Une désolation qui s’amplifia dans les communes de Vaucluse touchées par la crue, il a été comptabilisé 2 300 maisons ou commerces sinistrés dans le département dont 320 à Vaison furent rasés ou à réparer. Mais le Vaucluse ne fut pas le seul département sinistré. Ce 22 septembre, il y eut une crue centennale de l’Ardèche qui fit cinq morts dans le sud de ce département, entre Pont-de-Labeaume et Aubenas. Le département de la Drôme fut aussi durement touché, l’eau monta à plus de deux mètres dans certains villages riverains de l’Ouvèze. La commune de Sainte-Jalle fut particulièrement sinistrée.

EN DIRECT DE NOS ARCHIVES :

SANARY -sur-Mer– NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES. 360e livraison  :

1803 – 24 septembre  – 1804 – 22 septembre – Le port de Sanary poursuivait son commerce avec des nations étran­gères, c’est pourquoi Don Antoine Barthélémy MOYA, Commissaire des relations commerciales d’Espagne, de Naples et d’Etrurie, nommé par sa Majesté Catholique pour le département du Var, désigna Louis FORQUE, négociant de BANDOL, et le commissionna pour les ports de SANARY et de BANDOL. Ses attributions consistaient à faciliter toutes les démarches des navires de ces nations, à leur servir d’interprète et bien sûr à percevoir les droits dus pour les actes de commerce ( B. Rotger).

1867 – 22 septembre SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – dimanche 22 septembre, Saint Maurice. Temps calme – brise faible – une masse de nuages passe sur nos têtes sans donner une goutte d’eau – le soleil brille par éclat, il est très chaud : le thermomètre était à 22° à l’ombre il fait encore bien chaud. Le baromètre est toujours à « beau temps ». Après-midi,  le temps continue de même – on fait encore fête au quartier de la Millière mais à 4 heures, forte ondée qui a duré environ 1/4 d’heure  qui a contrarié les danseurs. La soirée a été splendide après la pluie. On n’a pas de nouvelles sur le naufrage du « Brésil ». Les vendanges sont terminées ;  on décuve le vin et on le met en tonneaux.

1869 – 22 septembre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE premier adjoint de Marius Michel, maire de Sanary – Mercredi 22 septembre, Saint-Maurice. Mauvais temps aujourd’hui à 10h00 du matin. Il se renforce encore et bientôt il sera aussi fort qu’hier ; c’est un temps des équinoxes qui ont lieu aujourd’hui ou demain. Aujourd’hui fini l’été de 1869 et on commence à minuit 35 l’automne. Le vent continue, le même tout l’après-midi et à 10 h du soir il n’avait toujours pas cessé. Il ne serait pas impossible (qu’après) ce vent, le bon Dieu nous envoie un peu de pluie ; ce qui ne ferait de mal à personne et du bien à tous.

(à suivre)

1933 – 22 septembre : DEPART DE THOMAS MANN POUR ZURICH – Thomas Mann travaille à Sanary au troisième tome de « Joseph et ses frères » avant de partir pour Zûrich le 22 septembre 1933. Dès le début, il a organisé en compagnie de quelques autres écrivains des soirées de lecture. René Schickelé, Lion Feuchtwanger, Heinrich Mann, Julius Meier-Graefe assistèrent à ces Dichterlesungen et lirent à tour de rôle des extraits de leurs écrits les plus récents.

LE TERROIR MARSEILLAIS – La sculpture : TERROIR MARSEILLAIS – 560e livraison :

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L’architecture, par Arnaud d’Agnel, 1920 (suite) : Le plan de l’Hospice de la Charité et aussi l’œuvre de Pierre Puget, mais il fut dénaturé par les architectes Arnoux et Joulian.

L’Hôtel-Dieu est l’œuvre de Portal qui a en commença le plan en 1684. La première pierre en fut seulement posée le 17 septembre 1692. Cette construction, qui n’est pas sans mérite, fut remanié au dix-huitième siècle par Mansard, Dageville et Brun.

On voit encore, aux cours Belsunce, au cours Saint-Louis et sur la Canebière, plusieurs hôtels qui sont dus aux grands Puget ou à ses disciples.

Marseille possède quelques monuments intéressants du 18e siècle. L’annexe de l’Hôtel de Ville remonte à cette époque. Vollon puis Hardouin-Mansard en donnèrent le plan qui ne fut pas exécuté faute de ressources suffisantes. Ce furent les architectes Brun et Guimet qui réalisèrent enfin les projets toujours remis à plus tard. Sous leur direction, les travaux,  fait par les frère Seynès, Être fin en 1786.

Parmi les plus belles constructions de style Régence, il faut citer le magnifique hôtel de la place Daviel, des maisons de la Grand-Rue et de la rue Longue-des-Capucins. Un des hôtels de style Louis XVI, des plus gracieux, est une maison de la rue Pavé-d’Amour. (A suivre)

LA SEYNE-SUR-MER – 259e livraison :Textes divers écrits sur La Seyne.

1793 – 22 septembre : SIEGE DE TOULON – ECHEC CONTRE L’EGUILLETTE ET BALAGUIER – PREMIERE CRISE ENTRE BONAPARTE ET CARTEAUX –

Le 22 à 5 heures de relevée Laborde marche avec 400 hommes sur l’Eguillette, où les Anglais ont commencé dès les premiers jours de septembre d’importantes fortifications. Quand ils ont vu la veille Laborde entrer dans La Seyne avec son bataillon, ils ont immédiatement envoyé sur le mont Caire un renfort de 550 hommes, que conduisirent Lord Mulgrave et l’amiral Gravina en personne, accompagnés d’ingénieurs. Laborde qui a avancé avec précaution, et qui sent devant lui une force bien supérieure à la sienne, après une vaine fusillade, se replie sur La Seyne, dès la tombée de la nuit.

Plus tard l’on a reproché à Carteaux de n’avoir donné que 400 hommes à Laborde, en expliquant que s’il avait attaqué lui-même avec toutes ses forces le mont Caire encore mal fortifié, la prise de la position aurait obligé les Anglais à se retirer, ainsi qu’ils le firent en décembre à la suite de l’attaque du général Dugommier. Mais l’on oublie, ou l’on feint d’ignorer, que Carteaux ne disposait que de 4 000 hommes armés, qu’il avait vingt lieues de côtes à garder, que son front s’étendait sur quinze kilomètres, et que s’il s’était porté lui-même sur l’Eguillette avec toutes ses forces, les alliés qui disposaient de 15 000 hommes de bonnes troupes auraient pu foncer sur Ollioules, et détruire sa petite armée. Cette défaite aurait été celle du général Carteaux et si la bataille l’eût personnellement épargné, la guillotine l’attendait à Paris. Le général Brunet rendu responsable de l’échec de l’expédition de Sardaigne, bien qu’il n’y fut pour rien, avait été exécuté. Robespierre s’adressant à Carnot lui-même, lui dit : « Nous avons besoin de toi, c’est pourquoi nous tolérons ta présence au Comité, mais songes-y bien, ta tête tombera au premier échec de nos armées ». En cette circonstance, comme en beaucoup d’autres Carteaux fut prudent, sage et raisonnable ; il a sur lui une lettre que Kellermann, son chef admiré de l’armée des Alpes a écrite au Comité de Salut Public : « Je donne des ordres au général Carteaux qui commande ces troupes de se conduire avec la plus grande prudence, et de ne rien risquer ». Ceux qui critiquaient Carteaux n’étaient pas responsables du siège, une fois encore les conseilleurs n’étaient pas les payeurs. La charmante colline appelée le mont Caire était apparue à tous comme la clef de Toulon, car ce ne fut pas Bonaparte seul qui le découvrit. Son mérite particulier fut de permettre d’envisager la possibilité d’enlever cette forteresse, ce qu’aucun général en chef ne voulait tenter de crainte d’un échec. Cette possibilité il la provoqua en améliorant jour après jour sa machine de guerre et en convainquant les représentants ; ces hommes les plus puissants de l’armée ; qu’il fallait attaquer ou partir. Comment se présentait cette forteresse redoutable établie au sommet du mont Caire à la cote 85, que les Anglais appelaient le fort Mulgrave, du nom du général anglais qui commandait les troupes de terre ; et les Français, la Grande Redoute.

(à suivre)

OLLIOULES (24e livraison) :

1909 9-11 Ed Praly Ollioules Les gorges La Roche Taillée (coll. H. Ribot)

1506 – 22 septembre : LE ROI ET LA REINE D’ESPAGNE, SE RENDANT A NAPLES, S’ARRETENT A TOULON. Jaume Deydier écrit : La intrada del rey de Spanha et de la reyna sa molher. L’an 1506 et dimecres, lo 22 del mes de septembre, de vespre, intret lo rey de Spanha et la reyna sa molher, filha del conte de Foys, ambe granda armada de galeras et de naus ; et son requilhit en Tholon honorablemen per monsenhor lo bastard de Savoya et altres senhors, como lo Rey nostre senhor avié comandat, et dormit ung vespre a Tholon a l’evescat, et, lendeman matin, s’en partiron ambe l’armada al rialme de Naples… Et nos aven veser l’armada de nostre Darbosson, ambe las damas de Olioll et de Buelh (Eugène Castellan, 1937, p. 296).

Les dames d’Ollioules, que l’on aurait pensé trouver auprès de René de Savoie à qui elles sont liées depuis cinq ans et le mariage de celui-ci avec Anne de Lascaris-Tende, ne se sont pas rendues à Toulon. Elles sont venues, en compagnie de Jaume Deydier, voir l’escadre espagnole entrer et évoluer dans la rade. Tout Ollioules dut faire de même et se presser sur le testolier, point unique d’où l’on pouvait contempler le spectacle.

1709 – 22 septembre : La Communauté d’Ollioules décide de mettre en vente la pièce de Loutin et la partie de pièce de Peïre Pigne afin de payer les arrérages des deniers du Roi et le reste au creusement, conduites et dérivation des eaux du Labus (Castellan, 1937) .

TOULON ANCIEN ET SES RUES (L. Mongin, Toulon ancien et ses rues, tome 2, 1902) –

78e livraison. Toulon ancien et ses rues. DEUXIÈME PARTIE

Agrandissement de 1589

(suite) Cours Lafayette.

Au XVIIe siècle la rue des Vieux Fossés fut nominalement divisée en trois tronçons: le premier, s’étendant de la place Saint-Jean à la place de la Huile au blé (Place Puget), fut appelé Grande rue Saint-Michel ou Grande rue nouvelle Saint-Michel (Voir rue Magnaque) ; le second, allant de la place de la Halle au blé à la place Blancard (Place Camille Ledeau), devint la rue de la Miséricorde (Rue Hoche) ; enfin le troisième, se dirigeant de la place Blancard au quai, conserva le nom de rue des Vieux-Fossés (Archives communales, CC. 86).

Peu après, la grande rue Saint-Michel prenait dans son étendue les diverses dénominations suivantes : de la place Saint-Jean à la rue des Prêcheurs (Rue Jean Aicard), 1e rue Saint-Michel ou 1re rue Saint-Jean ; de la rue des Prêcheurs à la rue Cavaillon (rue de Lorgues), Grande rue du bourg Sainte-; de la rue Cavaillon à la place de la Halle au blé, Grande rue du bourg de la Lauze (Archives communales, CC. 1-25).

Un siècle plus tard la rue Saint-Michel était divisée, au point de vue des appellations, en deux grandes voies seulement, s’étendant, l’une de la place Saint-Jean à la traverse Cathédrale, et l’autre, de la traverse Cathédrale à la place des Ormes (Place Puget). lin moins de cent ans, ces deux voies ont changé plusieurs fois de noms. La première fut successivement appelée :

Rue Saint-Michel (Archives communales, CC. 34).

Rue du Marché « parce qu’elle servait de marché « aux fruits, à la volaille et au gibier » (Archives communales, BB.             29).

Cour? Saint-Michel (Archives communales, DD. 61).

Rue aux Arbres « parce qu’elle en était bordée « des deux côtés » (Archives communales,BB. 29, CC. 27).

Rue Brutus (Archives communales modernes : registre des Délibérations an III. Brutus, Lucius Junius, principal auteur de la révolution qui chassa les Tarquins et institua la république à Rome ; mort l’an 308 av. J.-C.).

Rue du Marché (Archives communales, Archives communales modernes : registre des Délibérations de 1803).

Le deuxième a porté, dans le même espace de temps, les noms qui suivent :

* Cours Saint-Lazare « à cause du voisinage de « l’hôpital désigné sous ce vocable » (Archives communales, DD. 6O).

Rue Sainte-Ursule, ainsi appelée parce qu’à son extrémité Ouest se trouvait le couvent des Ursulines (Archives communales, CC. 27).

Rue Saint-Eloy« tirant son nom de la fontaine

« construite dans cette rue et sur laquelle était la « figure de Saint-Eloy » (Archives communales, CC. 75; DD. 61).

(à suivre)

UNE BLAGUE que je redonne à l’envie

Une brave dame achète un perroquet à la gérante d’un bordel – du temps où il en existait encore -. Elle l’installe sur un perchoir dans son salon. Et le perroquet dit :

-Tiens ! la patronne a changé !

Et à midi, quand les deux filles de la dame arrivent, le perroquet dit :

-Tiens ! le personnel aussi a changé !

Et le soir, quand rentre le mari, le perroquet le regarde et il dit :

-Ah, bien ! y a toujours ce brave Robert !

Je vous souhaite un bon dimanche peuplé de visite aux monuments de notre Patrimoine Historique !

Affectueuses pensées pour Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber.

Source :

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