ÉPHÉMÉRIDES DU SAMEDI 24 AOÛT 2024 – 13e ANNÉE (n° 4529)
Bonjour à tous et toutes.
ILLUSTRATION
Sanary au début du XXe siècle (coll. H. Ribot)
FÊTES
Le 24 août, c’est la Saint Barthélemy, bonne fête pour les Barthélemy mais mauvaise date pour la mémoire. Mais n’anticipons pas. Si l’on sait que Barthélemy est un prénom masculin d’origine hébraïque et que 3410 personnes le portent aujourd’hui encore, en revanche, saint Barthélemy Laurel est quasi inconnu. Tout au plus sait-on qu’il est mort vers 1620 et qu’il était Mexicain. C’était un frère laïc, autrement dit convers, chez les franciscains qui l’assignèrent en mission à Manille aux Philippines où il étudia la médecine et fut alors envoyé au Japon, où, quelques années plus tard, il fut arrêté et condamné à être brûlé vif à Nagasaki. Paix à ses cendres !
Nous reviendrons dans le cours de notre texte sur la Saint-Barthélemy de triste mémoire.
Le calendrier républicain de l’An I remplace cette date quelque peu sulfureuse par une dédicace faite au sucrion. Qu’es aco lo sucrion ? Une simple variété de l’escourgeon dont nous avons parlé le 21 août. Comme on le voit, ce n’est pas un jour faste !
LE DICTON DU JOUR
C’est peut-être pour cela que le dicton du jour rapporte que « à la saint Barthélemy, la grenouille sort de son nid », autrement dit qu’elle monte à l’échelle et, plus prosaïquement que le temps vire à l’humide et qu’il va pleuvoir. A l’heure qu’il est, 7h 30, il m’étonnerait fort qu’il pleuve !
LE MOT DU JOUR
« L’auteur doit se taire quand son œuvre se met à parler. » (Nietzsche, Opinions et sentences mêlées)..
ÉPHÉMÉRIDES

–1199 – du 21 août au 24 août : (Emilie-Romagne 22) MODENE – Neige abondante à Modène le 21 août (28 août) et gel du 21 août (28 août) jusqu’au 24 août (31 août).
–1226 – 24 août : Limites et protection du défens de la Chartreuse de Montrieux (Méounes, Var), daté du 7 juin 1174 et renouvelé le 24 août 1226 (Acte 9 du cartulaire de Montrieux, Boyer R., 1980, p. 395 ).
–1255 – 24 août : Aquœ LaTæ (charte aux archives de l’Évêché). LES AYGALADES ou AIGALADES – commune de Marseille. Première mention : Aqua Lata, 17 juin 1223 (cartulaire de Saint-Victor), n° 946. On voit d’après les indications anciennes que le mot Eygalades, désignant officiellement au XIXe siècle un hameau de la commune de Marseille, doit bien être écrit Aygalades, seule forme qui réponde à son étymologie. Le lieu des Aygalades fut érigé en fief en faveur de Jacques de Remezan par lettres de Charles VIII du mois d’avril 1489 (reg. Pellicanus de la Cour des Comptes, fol. 114). Cette seigneurie obtint par alliance à Jean Mey-nier d’Oppède qui en fit hommage au roi en 1532 (reg. Hommagiorum, n° 29, fol. 250). Antoine de Glandevès ayant épousé Claire de Meynier renouvela cet hommage en 1543 (reg. Homm., n° 14, fol. 185). Le président de La Cépède en était seigneur en 1569 (reg. Justicia, fol. 68). Ce fief passa successivement entre les mains de Mestre d’Aigalades (1790), de Barras (1807), d’un sieur Ganivet (1819) et en dernier lieu (1828), du comte de Castellane
–1300 – 24 août : Molendinum hospitalis S. Johannis (acte notarié). Moulin de L’hôpital – moulin à eau, dans le cours de l’Huveaune entre Saint-Loup et la Moutte, commune de Marseille (1872). Première mention le 6 juin 1286 : Molendinum Galberti, (acte notarié). Moulin sous la directe de l’hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem pour les trois quarts, et sous celle de l’hôpital du Saint-Esprit, pour un quart; cette dernière part n’obvint à cet hôpital que par suite de la cession qui lui en fut faite, le, par Jean Guillaume. Quant à la part de l’hôpital de Saint- Jean, elle était tenue sous la rente annuelle de cent sols par les Vivaud.
–1550 – 24 août : procès contre le Parlement d’Aix devant la Grande Chambre du Parlement de Paris concernant les massacres du Lubéron – Ce fut une cause célèbre que celle du procès contre le Parlement d’Aix devant la Grande Chambre du Parlement de Paris concernant les massacres du Lubéron. Elle occupa cinquante audiences successives. Le roi demanda à Jacques Aubery du Maurier de plaider l’appel contre le Parlement de Provence dès le 24 août 1550, c’est-à-dire d’être l’accusateur public désigné pour représenter le ministère public dans ce procès extraordinaire d’un parlement obligé de se défendre contre un autre parlement. Son réquisitoire, bâti sur les témoignages de Madame de Cental et de ses vassaux, est la principale source de l’histoire de ces événements de 1545. Aubery demande une année pour le préparer (Ribot Henri, Guerres de religion en Provence).
–1572 – 24 août : Massacre de la Saint-Barthélemy, 3000 victimes – La paix de Saint-Germain ne fut pas rompue par une nouvelle prise d’armes, mais par le massacre de la Saint-Barthélemy. Était-ce une vengeance du parti catholique, ou plutôt un coup d’état exclusivement politique, la question a été souvent débattue el n’est pas encore tranchée. Il n’est que juste de reconnaître que cette sinistre tragédie n’eut en Provence aucun retentissement. Si l’ordre d’égorger les protestants fut exécuté dans toute France, en Provence, le lieutenant du roi, comte de Garces, eut le rare mérite de ne pas vouloir obéir. « J’ai toujours servi le Roi en soldat, s’écrit-il, je serais fâché de faire en cette occasion l’office de bourreau. » On a prétendu que le gouverneur Sommerive doit sur ce point partager la reconnaissance de la postérité. Le fait n’est pas prouvé, car Sommerive avait déjà prouvé qu’il ne reculait pas devant les mesures les plus extrêmes, et il haïssait les protestants de toute l’ardeur de ses convictions religieuses. Au moins faut-il lui savoir gré de ses hésitations. D’ailleurs il n’eut pas temps d’exécuter les ordres sanguinaires qu’il avait reçus, car il fut emporté quelques jours après la Saint-Barthélemy par une maladie qui parut trop soudaine pour être naturelle. On prétendit qu’il avait été empoisonné par des fanatiques, qui ne lui pardonnaient pas ses temporisations. Toutefois le massacre de la Saint-Barthélemy (3000 victimes le 24 août 1572) ne parvint pas à émouvoir les Provençaux (Ribot Henri, Guerres de religion en Provence).
–1612 – 24 août :
1. Andanos – sommet de l’une des collines de Saint-Cyr, commune de Marseille (mention, charte aux archives du Chapitre).
2. Vau-Cremade – vallon, commune de Marseille, quartier de Sainte- Marguerite, près du vallon de Vaufrège (registre aux archives de l’Evéché). Première mention : Area cremada, le 8 février 1372 (charte aux archives municipales ).
–1664 – 24 août : Le chevalier Paul – Conseiller du duc de Beaufort sur la Royale en 1664, le chevalier Paul, né à Marseille en 1598, livra bataille le 24 août devant Cherchell à une escadre algérienne qui fut pratiquement détruite.
–1682 – 24 août : LA SEYNE – Réparation de la voûte de la mère de la fontaine de l’église – En été, durant les périodes de sécheresse, la ville de La Seyne manque d’eau potable. Les fontaines et puits existant dans les divers hameaux qui constituent la Communauté sont en mauvais état : de nombreuses délibérations parlent du problème de leur entretien et des réparations à envisager. Après le hiatus de sept ans pour lesquels les délibérations de la Communauté ne nous sont pas parvenues, la situation ne s’est pas améliorée : « feront réparer (…) la voûte de la mère de la fontaine de l’église ». (Mireille Bailet, Histoire et Patrimoine seynois, Cahiers avril 2004)
–1764 – 24 août : Acceptation d’arbitrage au sujet des impôts dus par le seigneur d’Ollioules à la Communauté et accueil du Marquis du Luc de Vintimille à son arrivée à Toulon (Castellan, 1937 ).]
–1768 – 24 août:Les Groliers (registre aux archives de la Major). Hameau, commune de Marseille, quartier des Caillols (1872). A la date du 24 août 1768, est cité dans ce hameau le lieu-dit La Planette. Première mention : Las Granegas, 27 avril 1351 (acte notarié).
–1774 – 24 août:Turgot contrÔleur des Finances – Départ des anciens ministres Maupeou etTerray. Turgot nommé contrôleur des Finances, Miromesnil, chancelier (Pierre Goubert, Initiation à l’histoire de la France, 1984).
–1789 – 24 août : L’Assemblée nationale décrète la liberté de la presse. Le vote de cet article est très important : même si un grand nombre de journaux illicites circulaient déjà sous le manteau, un grand nombre de feuilles périodiques de tous bords ne subiront plus la censure royale. Tous les autres articles ont fait l’objet de discussions (Agenda du Bicentenaire, LUNDI 24 AOÛT).
–1790 – 24 août : SUPPRESSION DE L’EVECHE DE MARSEILLE – En vertu du décret du 12 juillet 1790 et de la proclamation royale du 24 août suivant, l’évêché de Marseille fut supprimé, le département des Bouches-du-Rhône ne forma plus qu’un diocèse dont Aix était le chef-lieu. L’évêché de Marseille a été rétabli par l’ordonnance royale du 31 octobre 1822 qui divisa le département en deux diocèses, celui d’Aix et celui de Marseille. L’installation a eu lieu le 14 juillet 1823.
–1793 – 24 août :
1. SA VICTOIRE A SEPTEMES OUVRE A CARTEAUX LA ROUTE DE MARSEILLE – Le mouvement de Carteaux consistant à poursuivre les Marseillais était hardi, car il était très inférieur en forces, et les Marseillais soutenus en arrière par une nombreuse garde nationale, par une forte artillerie et par les royalistes de Toulon, pouvaient lui opposer une résistance insurmontable ; mais, à Marseille même, il n’y avait pas que des royalistes. La onzième section, composée en majorité de républicains, avait déclaré qu’elle ne quitterait pas Marseille, qu’elle voulait défendre contre une escadre anglaise qui croisait dans la rade. Carteaux connaissait la situation. Il n’hésita pas à continuer sa marche en avant, et, après deux engagements heureux à Cadenet et à Salon, arriva en vue des hauteurs de Septèmes. Il y fut rejoint par les républicains de la onzième section qui, après avoir sou tenu dans les rues de Marseille une véritable bataille, avaient réussi à s’ouvrir un passage à travers les rangs des Fédéralistes. Le 24 août s’engageait à Septèmes, une dernière bataille, décisive celle-là, qui se termina rapidement à l’avantage de Carteaux et de ses troupes et par la reprise d’Aix par les troupes de la Convention (Gabrielle Castellari ; Michel Vovelle, « La Provence et la Révolution », Histoire de la Provence, p. 425 et sq.).
A peine Carteaux avait-il dessiné son attaque que les canonniers de l’armée fédérale abandonnèrent leurs pièces et s’enfuirent Malgré les efforts de leur général Villeneuve-Tourette, le reste des soldats suivit cet exemple et se replia d’abord sur Marseille sans essayer de s’y défendre, puis dans la direction de Toulon. Carteaux n’avait plus qu’à prendre possession de sa facile conquête (Marius Dubois, Paul Gaffarel, J.-B. Samat – Histoire de Marseille, 1928).
Après l’annonce de la prise d’Aix par les troupes de la Convention, au cœur du vieux Marseille populaire des sections 11, 12 et 13, les Jacobins se regroupent dans l’église des Prêcheurs et entrent en lutte ouverte avec les troupes des sections bourgeoises (Michel Vovelle, Histoire de la Provence, p. 425 et sq.).
24 août, l’amiral Hood fit savoir qu’il acceptait ces conditions. Il promettait en outre de payer aux équipages leur solde en retard. Il laissait aux Toulonnais (cela afin de ne pas braquer les matelots) le choix de leur drapeau. Il demandait en échange que les vaisseaux français se retirent de la petite rade et que tous les forts lui soient livrés. Deux membres du Comité général se rendirent à son bord pour sceller l’accord, et ils demandèrent que les troupes alliées débarquent aussitôt. — Il me faut quelques jours, dit Hood (Georges Blond, Toulon, 1967).
2. TOULON OUVRE SES FORTS AUX ANGLAIS – A Toulon, investi dès la fin août par la convergence des troupes de la Convention venues de Marseille, et des éléments de l’armée d’Italie commandés par Lapoype qui arrivent de Nice, la dégradation du fédéralisme girondin ira jusqu’à ses extrêmes limites : cependant que l’ensemble du département, reconquis et soumis, rentre dans le rang, Toulon proclame Louis XVII souverain constitutionnel et livre ses forts aux Anglais (24 août). Les mesures de réaction franchement royaliste se succèdent au mois d’août : retour au drapeau blanc, appel au comte de Provence, retour à une législation prérévolutionnaire (Michel Vovelle, Histoire de la Provence, p. 425 et sq.).
D’accord avec les émissaires de Marseille, qu’il conserva à son bord, l’amiral Hood se rapprocha de Toulon et, le 24 août à 22 heures, il envoya un canot parlementaire dans la vieille Darse (En fait, cela s’est passé la veille, le 23 août, à 10 heures du soir). Son envoyé, reçu par le Comité Central, remit une lettre des émissaires marseillais et une proclamation de l’amiral offrant son aide… à condition… que les vaisseaux français soient désarmés et les forts mis à sa disposition pour protéger son escadre, s’engageant à rendre le tout dès que toute menace aurait cessé. Le Comité Central délibéra toute la nuit. Beaucoup de ses membres se méfiaient des Anglais, en vertu d’une expérience historique, sachant fort bien qu’ils ne cherchaient qu’à profiter de nos discordes internes pour détruire les forces navales françaises et leur grande base méditerranéenne… leur but de toujours! Mais beaucoup d’autres aussi, perdaient peu à peu toute faculté de raisonner aussi sainement, sous l’emprise croissante de la peur… provoquée par les proclamations sanguinaires de la Convention, transformées en actes concrets par le Comité de Salut Public… alors que deux armées — chargées d’exécuter ses décisions — marchaient sur Toulon… et n’en étaient plus qu’à quelques lieues ! Deux armées attaquaient Toulon. Par l’ouest, celle de Carteaux venant de Marseille. Par l’est, celle de Lapoype, 6 000 hommes détachés de l’armée des Alpes. Plusieurs conventionnels étaient descendus de Paris pour exciter le zèle des militaires contre la ville maudite (Georges Blond, Toulon, 1967).
Les délégués de Marseille jouèrent un grand rôle dans l’acceptation du concours anglo-espagnol présenté comme le seul moyen d’éviter un massacre imminent. Finalement, le Comité Central des Sections Toulonnaises répondit à l’amiral anglais que le « peuple » entendait rester fidèle au gouvernement monarchique, créé par l’Assemblée Constituante de 1789, et, par conséquent, reconnaissait comme roi Louis XVII, fils de Louis XVI, sous le pavillon blanc. Devant l’imminence des dangers qui le menaçaient, il demandait des secours militaires et du ravitaillement et acceptait les conditions exigées par l’amiral Hood, afin d’obtenir cette aide, en consentant au désarmement, « temporaire », des navires français présents au port et en recevant, « temporairement », dans les forts, des contingents de troupes étrangères correspondant « à la moitié » de leurs garnisons, navires et forts devant être libérés dès que le danger cessera. A cette nouvelle quelques soldats se révoltèrent et crièrent : Vive Carteaux! Mais ce mouvement fut vite réprimé et ses auteurs emprisonnés à Lamalgue (Contre-amiral Lepotier, 1972, p. 256-257).
Le même jour, le Conseil général des sections accepta en principe les propositions anglaises, « à condition que la garnison soit composée d’un nombre égal de troupes françaises et anglaises ». Ayant eu satisfaction sur ce point, il dut présenter d’autres exigences, notamment au sujet de la cocarde, car, dans une nouvelle lettre l’Anglais laissait la faculté au port de Toulon de continuer à arborer le pavillon tricolore. Ceci, certainement, pour réduire l’opposition des marins demeurés « patriotes » dans le sens si noble que l’on donnait à ce terme Pons, écrivain royaliste qui publia son ouvrage sous la Restauration (en 1826), le reconnaît très franchement : « II n’était pas si facile de gagner les équipages » Il convient de noter à l’honneur de notre escadre qu’elle tenta résistance. Le 24 août, le contre-amiral Saint-Julien (Henriette Trojani, La société et la vie à Toulon de 1795 à 1815), qui la commandait en l’absence du contre-amiral Trogoff, retenu en ville par un accès de goutte, prit une position de combat à la fois contre la ville et contre les Anglais. Jean René César Chambon de Saint-Julien, contre-amiral en 1793, après avoir défendu dans 1’hôtel de la Marine à Toulon le Comte Albert de Rions, avait été jugé républicain par le Conseil général du Var et autorisé à reprendre son commandement du « Commerce de Bordeaux » – Son rôle au moment de l’entrée de l’escadre anglaise a été très discuté. Il s’est retiré vers 1’armée républicaine puis a disparu. On le retrouve à Toulon en l’an IV, il s’y marie le 26 nivôse et y meurt le 25 messidor an VII à 46 ans) cette situation se prolongea pendant trois jours jetant l’épouvante dans la cité ; mais une grande partie des marins furent circonvenus (beaucoup avaient des épouses, des parents dans Toulon) ; par ailleurs Saint-Julien hésita à livrer une bataille dont la place aurait énormément souffert (Paul Maurel, 1945).

La flotte causa plus d’inquiétudes. Elle comptait dix-huit vaisseaux, six frégates et trois corvettes. L’amiral Trogoff était retenu à terre, depuis quelques jours, par une attaque de goutte — « diplomatique », pensèrent, naturellement, certains. Le contre-amiral Saint-Julien, commandant sur rade en son absence, fut indigné par la résolution prise par le Comité Central des Sections. Il se rendit à bord des différents vaisseaux et, rappelant aux hommes et à leurs officiers le serment qu’ils avaient prêté à la République, il les invita à ne pas faillir à l’honneur, à la parole donnée, et à repousser toute trahison devant les ennemis de la patrie. Le commandement en chef lui fut aussitôt conféré, par acclamations, et il déclara qu’il s’opposerait à l’entrée des Anglais. Il signala l’appareillage général et fut obéi… sauf par Vankerpen, commandant de la frégate Perle, dévoué à Trogoff, qui vint mouiller à l’entrée de la vieille Darse. Sur les ordres de Saint-Julien, tous les navires s’embossèrent entre la Grosse Tour et Saint-Mandrier et arrêtèrent le Tarleton qui tentait de conduire vers l’amiral Hood les délégués du Comité Central qui durent rentrer en ville. Mais, au cours de la nuit suivante, ils allèrent s’embarquer clandestinement à Saint-Nazaire, sur un bateau de pêche, afin d’aller accomplir leur infamante mission (Contre-amiral Lepotier, 1972, p. 256-258).
Les manœuvres de la frégate anglaise Conflagration le 23, l’arrivée d’un officier anglais, le tocsin et la générale, avaient fait comprendre aux équipages des navires mouillés sur la grande rade que quelque chose se passait, qui leur paraissait louche. Le 24 tôt le matin, les matelots et officiers mariniers de retour des corvées de vivres à terre dirent que les citoyens étaient rassemblés devant les sections, qu’on criait partout vive Louis XVII et que la ville avait « fait la paix avec les Anglais ». Comme ils achevaient leur récit, un signal monta à la drisse du Commerce de Marseille, vaisseau amiral : « Défense de communiquer avec la terre. » — Il se prépare un coup, dirent les matelots. Arrivèrent un peu plus tard les canots majors amenant les officiers qui avaient passé la nuit à terre. Ceux-ci confirmèrent qu’un accord était conclu avec les Anglais. Peu après, quinze membres du Comité général, chargés de faire part à la flotte des volontés des sections, montèrent à bord du Commerce de Marseille. Le premier objet que remarquèrent ces délégués fut une inscription clouée au grand mât : « La Constitution ou la mort! ». La première mesure qui parut indispensable à Trogoff dans l’après-midi du 24 août, alors que les cris de « Vive la Nation ! Vive la République ! » retentissaient à bord de tous les navires, fut de filer discrètement à terre, alléguant une attaque de goutte. Le commandement passait à son second, l’amiral Saint-Julien de Chambon, qui fit aussitôt arborer le pavillon amiral en tête de mât de son vaisseau, le Commerce de Bordeaux. Investi du commandement, il n’hésita pas : ordre de mettre à terre trois compagnies de débarquement qui devaient s’assurer des forts de l’Eguillette et de Balaguier ainsi que des batteries du cap Cépet. L’ordre fut exécuté sur-le-champ et sans coup férir. Une heure plus tard, un canot lui apporta un message de la terre. Le Comité général et les sections engageaient l’amiral Saint-Julien « à renoncer à ses projets et à empêcher l’armée navale de se porter au plus grand des crimes en utilisant ses armes contre les Alliés ». En cas de désobéissance, les autorités de Toulon étaient décidées à « repousser la force par la force ». En même temps, le Comité envoyait une adresse aux équipages pour leur expliquer les motifs de son accord avec les Anglais et les rassurer sur les conséquences (Georges Blond, Toulon, 1967).
–1794 – 24 août : Réorganisation du gouvernement – Réorganisation du gouvernement en seize comités (Jean-Charles Volkmann, 1997).
–1804 – 24 août : Le 6 fructidor an XII (24 août 1804), sur la demande des habitants du quartier SAINTE TERNIDE, le maire sollicita la réouverture au culte de la chapelle Sainte-Ternide. Celle-ci, vendue comme bien national, avait été acquise par le sieur Jean PIVOT cadet, de TOULON, et revendue par lui au sieur Antoine SOLEILLET (acte JUIGLARD, notaire à TOULON) le 19 Brumaire an VII, au prix de 300 livres. Jean PIVOT l’avait achetée le 5 Prairial an VI à la nation, au prix de 185 livres. Les raisons qu’en donna le maire étaient que les habitants de ce quartier étaient obligés de quitter leurs maisons de campagne éloignées d’une grande lieue pour venir assister aux offices divins dans l’église paroissiale, les jours de dimanche et fêtes. Cela leur avait été accordé autrefois et les habitants se cotisaient entre eux pour payer le prêtre desservant. Toutefois, les baptêmes, mariages et inhumations, continueraient comme auparavant à se faire à la paroisse Saint-Nazaire. Le nouveau propriétaire accepta et la chapelle fut rouverte au culte. C’était aussi autour de cette chapelle que le 15 Septembre de chaque année avait lieu la fête du quartier. Tous les campagnards s’y rassemblaient pour s’y voir avec plaisir. Il y avait une messe, des danses et autres divertissements, et surtout un concours de tir à la cible. Le quartier comprenait alors deux cents âmes. (Rotger B., sd ; Delattre G., Saliceti P., 2002).
–1833 – 24 août : CONQUETE DE L’ALGERIE – Ollioules héberge 79 soldats et mulets du train des équipages ainsi qu’une compagnie de sapeurs du 2ème régiment du Génie : 3 officiers, 150 hommes, jusqu’à nouvel ordre. Toutes unités appartenant au corps expéditionnaire d’Afrique (Castellan E., 1937, p. 295).
–1865 – juillet et août : choléra – L’épidémie de choléra empira au mois de juillet et d’août à La Seyne, avec deux bébés morts en juillet, et deux autres enfants le même jour, le 16 août. La mère de ces derniers mourut aussi le 24 août. D’autres cas fatals se déclarèrent encore, toujours dans le quartier de la Lune (Louis Baudoin, 1965).
1867 – 24 août : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE – samedi 24 août – Saint Barthélémy. Bonne brise d’ouest – beau temps d’ailleurs – le thermomètre était à 23° ce matin dans la maison. Nos paysans demandent un peu de pluie dans l’espoir qu’elle ferait peut-être grossir un peu les raisins qui sont tout petits de grains beaucoup secs. Mathieu de la Drôme nous a annoncé des pluies sur les bords de la Méditerranée pour le 15 ou le 16 septembre seulement. C’est encore loin et peut-être à cette époque on aura vendangé dans plusieurs localités. Sècheresse des plus fortes.

1869 – 24 août : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE – mardi 24 août – Saint Barthélémy. Dans ce splendide avec petite brise du large la journée sera chaude – il y a déjà plusieurs jours que monsieur le maire a entrepris dépaver la rue Saint-Pierre pour la border de trottoirs et macadamiser le milieu. Il élargira aussi le point le plus étroit qui est le derrière de la maison Roch Coulomb. Ce derrière est en très mauvais état ; on sera obligé de le réédifier complètement. De cette manière la rue gagnera un mètre de largeur. Le tout sera fait aux frais des Chemins municipaux à condition pourtant que cette rue sera classé parmi les Chemins vicinaux. Ce qui n’est pas fait encore quoique on les demandait depuis quelque temps déjà.
–1904 – 24 août : Mort du maître verrier Emile Gallé (Le Figaro du 25 août 1904). Ma mère avait alors tout juste un mois.
–1911 – 24 août : premier président de la République portugaise – Election du premier président de la République portugaise, Manuel Arriaga (Le Figaro du 25 août 1911).
–1913 – 24 août : chemins de fer – Electrification des lignes de chemins de fer dans le Midi de la France (id.).
–1916 – 24 août : ACCIDENT A BORD DU SOUS-MARIN Gustave Zédé (type Gustave Zédé) ; Explosion des batteries 4 morts.
–1927 – 24 août :
1. principe d’un pacte général de non-agression – La Société des Nations (SDN) adopte le principe d’un pacte général de non-agression (Le Figaro du 25 août 1927).
2. suites de l’AFFAIRE SACCO ET VANZETTI – A Paris, le Figaro ouvre ses colonnes à l’affaire Sacco et Vanzetti qui ont été « électrocutés » la veille (voir notre éphéméride d’hier). Il rapporte qu’à Paris, « devant les menaces des organisations révolutionnaires de manifester le soir sir les grands boulevards, il fut décidé que tout rassemblement serait dispersé par ja police. Cependant, dès 21 heures, les incidents graves et violents que l’on redoutait se produisirent dans les principaux quartiers. La police eut raison, au prix de rudes bagarres, des manifestants révolutionnaires. En certains endroits de Paris, les agissements de certains « sympathisants » ont revêtu un caractère de violence justement réprimé. » (id.)
–1929 – 24 août : Palestine –Graves désordres en Palestine. La loi martiale est instaurée à Jérusalem et Jaffa (Alain Peyrefitte, 1986)
–1931 – 24 août : pacte de neutralité et de non-agression ENTRE France et Union soviétique – À Paris, au ministère des affaires étrangères, la France et l’Union soviétique signent un pacte de neutralité et de non-agression (id.).
–1934 – 24 août : Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne – Mise en service du contre-torpilleur Chevalier Paul, classe Vauquelin, construit par les Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne.
–1939 – 24 août –
1. B.A.N. de Saint-Mandrier – Au mois d’août 1939, l’escadrille HS1 de la BAN de Saint-Mandrier participe à un exercice général en Méditerranée. Il apparaît pour beaucoup qu’il s’agit là d’une dernière répétition du temps de paix. Les événements leur donnent raison et le 24, les Loire embarquent sur le Teste qui appareille le lendemain à destination d’Oran où il arrive le 27. Dès le lendemain, les appareils commencent d’effectuer des missions de surveillance armée au large (Moulin Jean, Morareau Lucien, Picard Claude, 2001).
2. Ribot Amédée, Ange, Elie est rappelé à l’activité le 24/08/39 affecté au 157e RAP 5e batterie. Affecté au corps le 25/08/39.
–1940 – 24 août –
1. Légion française des combattants – Tandis que Londres subit son premier bombardement allemand, en France, la Légion française des combattants voit le jour.
2. Une exécution à Bordeaux pour acte de violence contre l’armée allemande : Bordeaux, 27 août. — Les autorités allemandes ont fait placarder en fin d’après-midi, sur les murs de la ville, l’avis suivant : ‘Le 24 août 1940, le juif Israël Leizer Karp, de nationalité polonaise, au passage de la garde d’honneur, allant hisser le drapeau, se précipita en brandissant un bâton, près de la gare Saint-Jean de Bordeaux, contre le tambour-major et les musiciens militaires. Par jugement du tribunal militaire de guerre, Karp fut condamné pour acte de violence contre les membres de l’armée allemande à la peine de mort. Le commandant en chef de l’armée a confirmé le jugement et en a ordonné l’exécution. En exécution du jugement, le condamné a été fusillé ce matin. Bordeaux, le 27 août 1940. Le Stadtkommandant.
–1941 – 24 août : Création des sections spéciales – Création des sections spéciales, institués auprès de chaque tribunal militaire ou maritime, auxquelles sont déférés les auteurs de toutes infractions pénales, qu’elles soient commises dans une intention communiste ou anarchiste. Les jugements rendus par la section spéciale sont exécutables immédiatement, sans recours ni pourvoi (Alain Peyrefitte, Jean-Jacques de Bresson, 1986).
–1944 – 24 août : DEUXIEME GUERRE MONDIALE – CAMPAGNE DE France :
1. SOUS-MARIN « RUBIS » – 21e mission du sous-marin FNFL « Rubis » (golfe de Gascogne).
2. PARIS BRÛLE-T-IL ? Le 24 août 1944, à 21h 22, une explosion de joie salue l’arrivée des trois premiers chars français au cœur de Paris. 1931 jours, Dans une gerbe d’étincelles, les trois tanks et les six half-tracks s’immobilisent devant l’Hôtel de Ville. L’armée française était de retour dans la capitale. A minuit, toutefois, les Allemands rappellent qu’ils sont toujours là, 20 000 soldats au total, et que les Panzers du colonel Kayser tiennent encore le haut du pavé. A la radio, la première radio française libre, Pierre Crénesse s’écriera : « Parisiens, rentrez chez vous, refermez vos fenêtres, ne vous faites pas massacrer inutilement… tout n’est pas fini. » (Dominique Lapierre et Larry Collins, Paris brûle-t-il ?, Le Cercle européen du Livre, 1967).
3. BATAILLE DE TOULON –
A 2 h du matin, le 2ème bataillon du 4e Sénégalais traverse les gorges à pied et atteint Ollioules où s’installe le PC régimentaire.
A 7 h 30, le cuirassé USS « Nevada » se déchaîne contre la batterie de Cépet.
A Toulon, après la reddition du Fort Sainte-Catherine, les Sénégalais et les F.F.I. du capitaine Orsini et du lieutenant Marquis donnent l’assaut au Fort d’Artigues et aux Arènes où 34 officiers et 1.000 hommes se rendent au colonel Bourgund. La 9e D.I.C. avait reçu mission de conquérir les forts encore occupés par les Allemands pour parachever la libération de la ville. Le fort Lamalgue tombe aux mains des Sénégalais des 6ème et 4ème régiments. En six jours de combat, la Division de Monsabert a eu 229 tués dont 14 officiers et 692 blessés dont 33 officiers.
A l’ouest, basé au château de la Millière, le peloton Caniot du 2ème Spahis poursuit sa mission. Un stock important de munitions et de grenades allemandes est accumulé à proximité des bâtiments provoquant l’inquiétude de Mme ROETITLISBERGER. Après la destruction du stock en question, le sous-lieutenant CANIOT reprend ses conversations avec M.M. MUHLETHALER et ROETHLISBERGER en vue d’obtenir la reddition du Fort de SIX FOURS.
Depuis ce matin, le port de SANARY est occupé par une compagnie d!infanterie française. L’officier qui la commande fait savoir qu’une de ses patrouilles a été prise à partie par le fort de la CRIDE, alors qu’elle tentait de s’en approcher. » Après s’être rendus à La Cride, M. Muhlethaler et Roethlisberger obtiennent la reddition de cette batterie allemande de 88 mm pour 20 h.
Puis une communication téléphonique est établie avec le fort de Six-Fours. Contact est ainsi pris avec le colonel allemand commandant l’ouvrage qui accepte le principe d’une reddition à condition d’en débattre avec le lieutenant-colonel Van Hecke lui-même. Pendant les discussions avec les autorités du fort, les spahis font pression sur les soldats allemands en leur faisant accroire qu’un régiment de Sénégalais « ces noirs au grand coupe-coupe » qui ne font pas de quartier.
A 17 h, des tirs allemands tombent sur Sanary. Ils viennent du fort du Peyras situé à l’est, entre Fabrégas et Sicié. Un tank répond mais un civil est tué près de la poste, villa Farigoulette, rue du général Rose prolongée, il s’agit de Marius Louis ESTIENNE qui sera déclaré « Mort pour la France » le 29 juin. Il y a également cinq blessés qui sont soignés par le Docteur Durmeyer.
A 20h, alors que la ville subit un nouveau tir d’artillerie, on entend une grosse explosion : c’est le fort de la Cride qui fait sauter son armement et ses munitions.
A l’est de Toulon, la 9e D.I.C. a reçu mission de conquérir les forts encore occupés par les Allemands pour parachever la libération de la Ville. D’abord, à Saint-Jean du Var, celui de Sainte-Catherine, un ouvrage imposant avec ses hautes murailles et son pont-levis. L’ennemi y occupe tous les emplacements de combat. le Chef de Bataillon Gauvin (6e RTS) entreprend de parlementer, son chauffeur alsacien, le caporal Lederberger, lui servant d’interprète. Son interlocuteur est un officier supérieur de la Luftwaffe. Il commence par demander de ne pas être livré aux mains de ceux qu’il persiste à appeler des « terroristes » (il s’agit bien entendu des F.F.I., impatients d’en découdre aux côtés des coloniaux.). Gauvin suit l’officier de l’intérieur du fort et assiste alors à une scène pour le moins inattendue : l’aviateur – c’est lui qui semble commande – fait voter ses hommes à main levée qui se déclarent « pour » ou « contre » la reddition. Ceux qui sont le plus décorés hésitent… enfin tous lèvent la main. Bilan : 65 prisonniers.
Sainte-Catherine étant tombé, les Sénégalais et les F.F.I. du capitaine Orsini et du lieutenant Marquis donnent l’assaut au fort d’Artigues et aux Arènes tenus par 34 officiers et 1.000 hommes. Le Fort d’Artigues se montrera le plus coriace : pendant toute la journée du 24 on se battra. Des F.F.I (commandant Orsini) sont aux côtés des marsouins. L’artillerie (III/R.A.C.M avec ses 105 et 11/ R.A.C.A.0.F, avec ses 155 mm) tire pour ouvrir des brèches et neutraliser les emplacements de combats ennemis. Une section du génie, guidée par des F.F.I tente de détruire le blockhaus qui défend l’entrée. Le lieutenant Beaufils est tué au cours de cette action. L’infanterie progresse pas à pas. Gauvin, blessé passe le commandement au capitaine Daboval. A 20 heures, l’assaut est interrompu. Il sera repris le lendemain après un nouveau bombardement de 200 coups de 105 et 150 de 155 mm. Finalement, le capitaine Pate parvient à téléphoner au commandant du fort et le somme de se rendre. Gauvin, envoyé en parlementaire, rencontre le colonel Fleischhut, « toujours correct dans son salut hitlérien » dira-t-il. – » Dequi la garnison sera-t-elle prisonnière, demande l’Allemand ? Des Américains, des Français ou des « civils » ? Quel sera son sort » ? – Vous avez étévaincus par l’Armée Française, vous serez prisonniers de l’Armée Française et traités de soldats à soldats ». Fleischhut fait entrer Gauvin dans le fort : cinq blessés graves sont évacués vers l’école de la Loubière. L’incendie fait rage à l’intérieur, des munitions éclatent. La reddition ne sera effective que le 26 à 8 heures. Plus de 500 hommes défilent devant le colonel Salan avant de prendre le chemin du camp de prisonniers.
Débarqués à Saint-Tropez le 24 août, le commissaire de la République, Raymond Aubrac, et le général Cochet, délégué militaire pour le Midi de la France, prennent contact avec les responsables militaires et civils de la Résistance locale. Henri Sarie prend ses fonctions de préfet le jour même à Draguignan. Le commandement de la résistance s’installe à Toulon et collabore avec lui sous la présidence de Frank Arnal, qui devient aussi président de la délégation spéciale de la ville. Le commandement des FFI est attribué au colonel Lelaquet pendant que les FTP assurent une grande partie du recrutement du régiment local, le « Régiment de Maures », qui attendra longtemps avant de partir sur le front.
3. MARSEILLE : Jeudi 24 – Après une tentative infructueuse de règlement à l’amiable le 23 août, les combats reprennent dès le 24. De Lattre engage alors le 3e régiment de tirailleurs algériens (3e RTA) en provenance de Toulon. Chargés de réduire un à un les points d’appui ennemis dans les murs de la ville, le 7e RTA et les chars du CCI vont livrer un combat très difficile au cours duquel le commandant du III/17e RTA sera tué. L’affaire la plus spectaculaire reste la prise de la colline de Notre-Dame de la Garde qui réclame la participation de chars Sherman, de tirailleurs, de goumiers, de sapeurs et de FFI. Or, les Allemands, s’ils sont inquiets, ont la ferme intention de garder la colline truffée de casemates et de batteries. Pourvus de vivres pour de longs mois, ils ne craignent personne. L’assaut est, pensent-ils, impossible de jour. « Nous avons reçu l’ordre de résister jusqu’à la mort » dit un lieutenant aux religieuses. Les Français espèrent épargner la basilique où les religieuses et le recteur restent cachés. Il est impossible de circuler à l’extérieur du sanctuaire. Le soir, vers 20 h, à l’occasion d’une accalmie, les religieuses aperçoivent, à l’horizon, la flotte des alliés. Chacun sait que, à Toulon, en six jours de combat, la division de Monsabert a eu 229 tués dont 14 officiers et 692 blessés dont 33 officiers. Aussi, à Marseille, la décision est-elle prise : « Demain la compagnie attaquera la face Nord de Notre Dame de la Garde. Itinéraire : Rue Vauvenargues, place Sancta Maria, Notre Dame. » La nuit tombe et là-haut, la vierge veille.
–1948 – 24 août –
1. Tension Est-Ouest : l’URSS ferme ses consulats de New York et San Francisco.
2. ANNONCE DE LA SUPPRESSION DES TRAMWAYS TOULONNAIS – Le maire de Toulon reçoit la visite. de Monsieur ORLANDI, lequel s’engage de pratiquer les mêmes tarifs que les tramways dont la municipalité Toulonnaise veut supprimer le service dans un proche avenir. Les élus d’Ollioules protestent. La régie, peu impressionnée, fait savoir par une lettre du 24 août, l’arrêt de l’exploitation. Seule la ligne n° 1 continuera à assurer le trafic jusqu’au pont de l’Escaillon. La ligne n° 4 aura vécu huit ans. La desserte d’Ollioules se fit par les autocars de la société Orlandi.
–1952 – 24 août –
-ouverture de la chasse fixée au dimanche 24 août 1952 – Par décision ministérielle, l’ouverture de la chasse est fixée au dimanche 24 août 1952, à partir de sept heures. Ne chassez pas à moins de cent mètres d’une quelconque habitation (Ken Nicolas, vol. 1.).
–1952 – 24 août : LA REALITE DEPASSE LA FICTION – Prenant la parole devant les représentants de la presse, le général J. Lawten Collins, chef d’État- Major de l’armée américaine, a annoncé que les services techniques de l’armée américaine procèdent actuellement à la mise au point d’une vareuse de fantassin à l’épreuve des balles. Il a ajouté que les mêmes services étudient une balle de fusil capable de percer cette vareuse (Reuter).
1965 – 24 août : RIBOT Henri – à M. Joël Odiardo, 64 avenue Frédéric Mistral, La Seyne-sur-mer, Var, France. Dogu-Bayazit, le 24-8-65, Turquie. Mon cher Joël, je reprends aujourd’hui le cours de mon histoire. Partis d’Ankara, nous avons gagné Trébizonde, un port situé sur la mer Noire. Là, nous avons pu effectuer une réparation portant sur la roue avant gauche dont 2 gougeons avaient cédé. Nous avons profité de cet arrêt prolongé pour réparer un pneu crevé. De là, nous nous sommes rendu au consulat d’Iran et, après beaucoup de palabres avons réussi à nous faire délivrer nos visas d’entrée en Iran. C’était un dimanche.et le consul, affecté d’une nonchalance à nulle autre pareille, y avait mis beaucoup de mauvaise volonté. Le visa entre les mains, nous sommes partis pour Erzurum. Quand je t’aurais dit qu’il nous a fallu un jour complet pour ne franchir que 125 km, tu auras compris que la route était très difficile.. En effet, c’était une route de montagne assez délicate à négocier. Le lundi soir, nous avons dormi en rase campagne. Comme nous nous trouvions en plein Kurdistan, nous n’avons dormi que d’un seul œil. Ce matin, nous avons plié bagage sous le regard de deux bergers. Enfin, nous avons pu partir tranquillement. A 10h, le mont Ararat – celui sur lequel aurait atterri l’arche de Noé – était en vue. A 11 h, nous étions à ses pieds. J’arrête pour l’instant mon bavardage. Pourrais-tu transmettre ceci au Provençal, s.v.p. ( tu arranges le texte à ta manière) ?
–1983 – 23 et 24 août : INONDATIONS – Inondations et coulées de boue à Saint-Mandrier (Mairie de Saint-Mandrier).
–1999 – 24 août : Alexandre Lagoya – Morne journée qui voit la disparition d’Alexandre Lagoya, le grand guitariste classique, qui suit ainsi dans la tombe sa femme, Ida Presti, avec qui il se produisit en duo jusqu’à la mort de celle-ci en 1967 avant de reprendre en solo sa carrière cinq années plus tard. Qui ne se souvient de « Asturias » d’Albeniz ou de « Jeux interdits » diffusés en disque vinyl 33 tours 30 cm stéréo ? Alexandre Lagoya ? Un maître qui sut enseigner son art puisqu’il fonda la classe de guitare au Conservatoire national supérieur de musique de Paris où il enseigna entre 1969 et 1994 et, à ce titre, forma de nombreux guitaristes et musiciens renommés ! J’ai encore dans le cœur et dans la tête le merveilleux concert du duo Presti-Lagoya donné au festival d’Aix-en-Provence, le 2 août 1956.
–2004 – 24 août : Classement aux Monuments Historiques de la parcelle oùt les vestiges de l’oppidum de Verduron ont été mis au jour. Verduron – quartier du 15e arrondissement de Marseille. En occitan, Verduro signifie verdure (Chantal Granger).
–2023 – 24 août : Journée la plus chaude de cette séquence caniculaire sur le sud-est. Pour les départements des Bouches-du-Rhône et du Var : Les températures maximales sont en hausse ce mercredi, comprises entre 38 et 40 degrés localement 41 degrés dans l’intérieur et entre 33 et 37 degrés sur le littoral. Les minimales de la nuit de mercredi à jeudi sont proches de 22 à 24 degrés, plutôt autour de 20 degrés dans l’ouest du var. Les températures maximales restent comprises entre 38 et 40 degrés dans l’intérieur et entre 31 à 33 degrés sur le littoral, localement jusque 35 à 37 degrés sur le littoral ouest du var. Les minimales de la nuit de jeudi à vendredi perdent 1 ou 2 degrés, proches de 19 à 21 degrés, plutôt 22 à 24 degrés en bord de mer.
EN DIRECT DE NOS ARCHIVES.
SANARY-SUR-MER – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et ÉDIFICES. 334e livraison).
L’église de Saint-Nazaire de 1570.
Le bourg de Saint-Nazaire comprend trente-six maisons et deux cents familles au moment de la construction de son église paroissiale sur les restes de ce qui a été aux siècles précédents le prieuré dont elle reprend le vocable, Saint Nazaire. C’est pourquoi, pendant très longtemps, les moines de Saint-Victor resteront co-décimateurs des revenus de l’église. D’abord église rurale dépendante de l’église paroissiale d’Ollioules, elle ne deviendra succursale que beaucoup plus tard, après la séparation d’Ollioules et de Saint-Nazaire. Dès le début, la communauté manque de prêtre, et fait une sommation le 28 octobre 1570 au sacristain de l’église de Toulon et prieur d’Ollioules qui, influencé par les syndics d’Ollioules, ne manifeste pas un grand enthousiasme à satisfaire cette demande. Il faudra un arrêt du Parlement de Provence pour que les responsables soient contraints d’exaucer les prières des « pauvres habitans et manans » du bourg de Saint-Nazaire. Cet arrêt du Parlement, en date du 27 juillet 1577 portera que Saint-Nazaire serait pourvu d’un prêtre par la cité d’Ollioules pour le service divin et administrer les sacrements aux habitants (B. Rotger, 1984, p. 38 et 39 et Cahier du Patrimoine ouest vatois n° 5/6).
(à suivre)
MARSEILLE – 534e livraison : LE TERROIR MARSEILLAIS
(Suite) Les sciences au XVIIIème siècle –
Au 18e siècle l’érudition l’archéologie et l’histoire continuaient d’avoir de fervents adeptes. L’abbé Barthélémy, d’Aubagne (1715-1795), connut un succès prodigieux et mérité avec son « voyage du jeune anacharsis », qui lui valut d’entrer en 1789 à l’Académie française. L’influence de la Grèce et de Lorient développé par des relations séculaires des marseillais avec le levant plus active que jamais au 18e siècle. Elle est attestée par le « voyage littéraire de la Grèce » du négociant marseillais Pierre-Augustin Guys (1721-1799) et par les travaux du consul de Smyrne Peysonnel (1727-1790).
Le marseillais Rigord (1656-1727), numismate et antiquaire qui avait refusé le poste de directeur du cabinet des médailles du roi fut Glorifier par le journal de Leipzig.
Claude Mathieu Olivier (1701-1736), un des fondateurs de l’académie de Marseille, mort prématurément, eut malgré tout le temps de publier une savante histoire de Philippe de Macédoine en 2 volumes. Félix Cary (1699-1754), également fondateur de l’académie de Marseille publia en 1752 son « Histoire des rois de traces et du Bosphore éclairée par les médailles ».
Etc.
La peste de Marseille mit fortement à l’épreuve les sciences et la renommée des médecins locaux en même temps que leur dévouement professionnel. Elle suscita une controverse fameuse avec des professeurs de Montpellier envoyés en mission à Marseille sous la direction du professeur Chicoyneau, Le plus célèbre médecin de l’époque, ami du régent. Bien que malmené par les professeurs de Montpellier je ne Marseille soutinrent la théorie de la contagion. Ce fut ainsi que J.-B. Bertrand, de Martigues, se révéla même comme un véritable précurseur des idées microbiennes.
Parmi les autres médecins marseillais qui se mirent le plus en vue, on peut citer Gautier d’Agoty, Arbaud, Aubert, Boyer (médecin ordinaire de Louis XV), Pierre Demours, Barthelemi Vidal, Jean-Jacques Gardane (De La Ciotat), Lambert de Luc, qui se distingua comme inoculateur de la variole, Raymond d’Auriol, tous du collège des médecins de Marseille.
Sous l’influence De Marseille qui doit naître alors une grande extension à son commerce avec des colonies, plusieurs des botanistes provençaux se signalèrent en allant faire l’inventaire de la flore tropicale de nos possessions outre-mer : île de France, Guyane, Sénégal, etc.
Le « Portulan » de Barras de la Penne fut le fruit d’une véritable école cartographique de Marseille consacrée aux côtes de la Méditerranée et aux régions voisines (Espagne et Maroc). De même, on peut citer l’Atlas maritime de Claude Arnaud (1660-1661).
Enfin, la création de l’observatoire de Marseille donnez une impulsion définitive aux études astronomiques traditionnelles en Provence depuis Pythéas, grâce à la sérénité et à la pureté du ciel qui favorisent les observations.
LA SEYNE-SUR-MER. 237e livraison :
–1682 – 24 août : LA SEYNE – Réparation de la voûte de la mère de la fontaine de l’église – En été, durant les périodes de sécheresse, la ville de La Seyne manque d’eau potable. Les fontaines et puits existant dans les divers hameaux qui constituent la Communauté sont en mauvais état : de nombreuses délibérations parlent du problème de leur entretien et des réparations à envisager. Après le hiatus de sept ans pour lesquels les délibérations de la Communauté ne nous sont pas parvenues, la situation ne s’est pas améliorée : « feront réparer (…) la voûte de la mère de la fontaine de l’église ». (Mireille Bailet, Histoire et Patrimoine seynois, Cahiers avril 2004)
–1865 – juillet et août : choléra – L’épidémie de choléra empira au mois de juillet et d’août à La Seyne, avec deux bébés morts en juillet, et deux autres enfants le même jour, le 16 août. La mère de ces derniers mourut aussi le 24 août. D’autres cas fatals se déclarèrent encore, toujours dans le quartier de la Lune (Louis Baudoin, 1965).
–1934 – 24 août : Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne – Mise en service du contre-torpilleur Chevalier Paul, classe Vauquelin, construit par les Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne.
1965 – 24 août : RIBOT Henri – à M. Joël Odiardo, 64 avenue Frédéric Mistral, La Seyne-sur-mer, Var, France. Dogu-Bayazit, le 24-8-65, Turquie. Mon cher Joël, je reprends aujourd’hui le cours de mon histoire. Partis d’Ankara, nous avons gagné Trébizonde, un port situé sur la mer Noire. Là, nous avons pu effectuer une réparation portant sur la roue avant gauche dont 2 gougeons avaient cédé. Nous avons profité de cet arrêt prolongé pour réparer un pneu crevé. De là, nous nous sommes rendu au consulat d’Iran et, après beaucoup de palabres avons réussi à nous faire délivrer nos visas d’entrée en Iran. C’était un dimanche.et le consul, affecté d’une nonchalance à nulle autre pareille, y avait mis beaucoup de mauvaise volonté. Le visa entre les mains, nous sommes partis pour Erzurum. Quand je t’aurais dit qu’il nous a fallu un jour complet pour ne franchir que 125 km, tu auras compris que la route était très difficile.. En effet, c’était une route de montagne assez délicate à négocier. Le lundi soir, nous avons dormi en rase campagne. Comme nous nous trouvions en plein Kurdistan, nous n’avons dormi que d’un seul œil. Ce matin, nous avons plié bagage sous le regard de deux bergers. Enfin, nous avons pu partir tranquillement. A 10h, le mont Ararat – celui sur lequel aurait atterri l’arche de Noé – était en vue. A 11 h, nous étions à ses pieds. J’arrête pour l’instant mon bavardage.
(à suivre)
TOULON ANCIEN ET SES RUES (L. Mongin, Toulon ancien et ses rues, tome 1, 1901) – 55e livraison –
Place Cathédrale (suite) – Primitivement, la plassa de la Gleyza servait de lieu de réunion aux habitants, qui venaient y discuter les questions intéressant la cité. Comme cette place était toujours très fréquentée, les marchands de bestiaux avaient pris l’habitude de s’y réunir ; d’autre part comme le cimetière de la paroisse, situé à proximité, était rempli d’herbes, ces marchands trouvaient très commode et surtout économique d’y faire paître leurs troupeaux.
Pour mettre un terme à ces abus scandaleux, une ordonnance vint, en 1323, défendre « à toute « personne de conduire ou de faire stationner sur « la place de l’église Sainte-Marie, des animaux, sous peine d’une amende de cent florins » (Archives communales, HH. 50).
Ccnt ans plus tard lorsque la plassa Palays fut spécialement affectée aux assemblées populaires, la place de l’église fut abandonnée aux habitants pour s’y livrer aux divers jeux permis par les règlements de police. « Les Toulonnais peuvent s’ébattre et danser sur la dite place, y sauter en toute liberté et sans avoir besoin d’aucune autorisation, y faire le jet de la barre de fer ou du palet, y jouer aux échecs et aux « dames » (Las personnas de aquella cioutat padon ballar et dausar on la plassa de la Gleysa, sautar licitamen sensa licencio de neguna persona, trayre la barro de ferra o la peyra, jugar a scati et a toulos.).
Il peut paraître étonnant, au premier abord, qu’un règlement soit intervenu à cette époque, au sujet des jeux qui pouvaient être autorisés sur la voie publique. Hâtons-nous de dire, pour expliquer cette mesure, que nos ancêtres étaient de grands joueurs, et que, loin de ne chercher dans le jeu qu’un passe-temps, beaucoup d’entre eux ne s’y adonnaient que dans un but de lucre. Comme le respect qu’ils professaient pour l’oustau (maison) leur faisait un devoir sacré de ne pas s’y réunir pour se livrer à leur passion favorite, ils s’assemblaient soit sur la place, soit dans les rues, soit même dans le cimetière de la paroisse.
Le conseil de ville finit par s’émouvoir des progrès toujours croissants de ce vice au sein de la population, et fit une distinction entre les différents jeux alors en usage. On ne toléra dans la rue que les jeux d’échecs et de dames qui constituaient de simples amusements, et à la condition que les habitants ne joueraient qu’al bagnat (mouillé) c’est-à- dire à boire, et non al eyssuch (au sec) c’est-à-dire de l’argent. Quant aux jeux de dés et d’osselets, qui étaient des jeux de hasard et d’argent, ils furent rigoureusement interdits « sous peine de cinq sols d’amende et la confiscation des enjeux ».
Malgré ces pénalités rigoureuses pour l’époque, le jeu de dés n’en était pas moins pratiqué clandestinement et avec la même fureur.
Comme il était matériellement impossible, malgré toute la surveillance des syndics, d’empêcher les habitants de se livrer à ce jeu, on décida qu’il ne serait toléré que « sur la place du mûrier dans le palais royal ». (Archives communales, AA. 93) Ce lieu se trouvant englobé dans la résidence du bailli, on avait sans doute pensé que le voisinage du châtelain de Toulon exercerait une action modératrice sur la passion des joueurs.
(à suivre)
UNE BLAGUE POUR LA ROUTE :

Une dame encore coquette et qui se voudrait toujours jeune se présente au tribunal à la barre des témoins.
-Vous vous appelez Joséphine Dubouc, dit le président du tribunal. Pouvez-vous nous dire votre âge ?
Du coup, la dame devient écarlate et elle se réfugie dans un douloureux silence.
-Allons, madame ! dit le président. Décidez-vous ! tout ce temps perdu ne fait qu’aggraver les choses !
….

Il est 8 heures, je vous quitte en vous disant à demain pour notre entretien journalier !

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