ÉPHÉMÉRIDES DU 15 AOÛT

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ÉPHÉMÉRIDES DU JEUDI 15 AOÛT 2024 – 12e ANNÉE (n° 4523).

Bonjour à tous et toutes.

ILLUSTRATION : Soldats de la Première division française libre, août 1944.

Bonne fête aux quelques 1 300 000 personnes prénommées Marie en France auxquelles nous ajouterons les 45 000 dont ce nom est le patronyme. Bien que féminin, puisqu’il vient de l’araméen « Miryam », sœur de Moïse, Marie entre également dans la composition de nombreux prénoms masculins et féminins. Très populaire en 1900, jamais oublié depuis, Marie se place au premier rang des noms les plus portés en France.

Selon Marcel Provence, « le 15 août, on célèbre Notre Dame, la bonne mère. Le culte marial est considérable en Provence . Le peuple provençal ne doute pas qie la Vierge ne lui donne directement les grâces demandées. Les différentes fêtes de la Vie de la Vierge sont célébrées dans des sanctuaires parti­culiers.

Nous grouperons les plus importants ici :

N-D de Pitié à Sanary, N-D du Mai et N.-D. de Pépiole à Six-Fours, N.-D. du Fue Nou, du Feu Neuf, à la Chandeleur ; N.-D. de Graci, des grâces à Aix, Maillane, Cotignac ; de La Garde à Mar­seille ; de Lumière, en pays d’Apt, près de Goult ; des Anges, sur les sommets, à Mimet, à Lurs ; de Santé, de Ben Vai, à Cassis ; de Santé, à Carpentras et Six-Fours ; des Dons, à Marseille et Avignon ; de la Sede à Aix ; des Oranges à Aubagne ; des Pom­miers, à Beaucaire ; de la Fleur, à Thorame; de la Galine (pou­le), à L’Estaque ; di Pieucello, à Eyragues qui en a fait parfois du pieux zèle ! ; du Château, à Tarascon, La Ciotat ; de la Mer, à Martigues, les Saintes-Maries ; de Provence, à Forcalquier ; de Bon Remède, en l’abbaye de Frigolet ; de Vie, à Venasque ; de Belle vue et de Consolation, à Tavernes ; de Beù-Vezer, à Moustiers ; de Bonrencontre, des Sept Douleurs, à Avignon, et tant d’autres.

La plus vénérée est la Vierge Noire, à Marseille, Berre, Aix, les Saintes, le Rove, Cap Sicié, Barjols, Manosque ; le plus souvent un paysan l’a trouvée en labourant. Les bœufs se sont arrêtés d’eux-mêmes. Le cultivateur s’est penché, a déterré la statue.

Aux processions, les statues sortaient parées richement, ornées de bijoux souvent. A Fours, chaque jeune fille qui se marie offre toujours un robe à la Vierge qui en a plusieurs, Pune sur l’autre.

Berre possède la Santo Camié, portée d’Orient au château de Calissanne par un commandeur de F Ordre de Malte. Cette tunique de laine passa à l’église de Berre en 1469.

La Vierge sur le littoral protège les marins qui ne l’ont jamais invoquée en vain. A Sanary, alors Saint-Nazaire, une procession avait lieu le 15 août, jour de l’Assomption. Le Pape Clément VII fit de Marie la patronne d’Avignon, devenue la Cité Mariale. Louis XIV doit sa naissance à l’intercession de N.-D. de Grâces de Cotignac. Il l’a gravé dans le marbre.

La Vierge protège les bergers. Le P. X. de Fourvières a célébré de mémorables messes de bergers à Allos et Fours, Mgr Jorcin, évêque de Digne, à Beauvezer. En 1930 à Maurin, « Messe Nationale des bergers » dit l’invitation. Ces messes ne sont pas célébrées dans les églises mais au milieu des prairies pastorales. A Orgon, les prieuresses étaient habillées en bergères. Le bouquet de N.-D. est offert à Marseille par les dames du Marché.

Il y a des protections particulières le 15 Août. N.-D. à Tavernes guérit les fractures. N.D. de la Garde donne la pluie quand Marseille en a besoin, pour sa fête. N.D. à Venasque et à La Roquebrussane donne la pluie. A La Combe de Guillestre, on va demander suivant l’année, ou la pluie ou la sérénité du temps.

Avec Avignon, invoquons N.D. de la Paix.

A Guillaumes (A.-M.) réveil en fanfare. Procession. Le cortège longe le Var pui grimpe vers la chapelle de Buyel, offrande à la Bonne Mère. Au retour, la proces­sion est accueillie par les bravadiers, sapeurs superbes, l’après-midi, grande bravade, très fournie. Un comité zélé maintient la tradition demeurée animée”.

Selon le règlement daté de juin 1767 pour les patrons pêcheurs de Sanary, concernant tous les postes, arts et filets usités et qui se pratiquent dans les côtes dudit lieu, tous les filets doivent rester à terre sous peine de 25 livres d’amende lors des fêtes de la Vierge (15 août et 25 mars),

Toutefois, la plus étonnante des fêtes du 15 août fut très certainement l’institution de la Saint Napoléon par le décret du 16 février 1852. Comme le rapporte Sudhir Hazareesingh dans son ouvrage intitulé «  La Saint-Napoléon, quand le 14 juillet se fêtait le 15 août », le régime impérial entendait favoriser l’instauration d’un ordre civique radicalement différent, susceptible de « réunir tous les esprits dans le senti­ment commun de la gloire nationale » (Recueil des programmes de la fête du 15 août, bibl. nat., fol. LB56-531). Cette date fut la première d’une série de tentatives visant à « bonapartiser » consciemment le régime issu du coup d’État de décembre 1851 — processus qui culminerait dans la restauration de l’Empire à la fin de cette même année. De 1852 à 1869, dans le droit fil de la tradition établie par le premier Empire, dix-huit célébrations officielles consécutives de cette fête eurent lieu dans toute la France. Notons qu’il n’y eut aucune célébration le 15 août 1870, la France étant alors en guerre contre la Prusse.

La mémoire et l’oubli sont les deux faces de la même pièce et la Saint-Napoléon n’échappe pas à cette ambivalence. Au nombre de ses buts les plus évidents, il y avait la volonté de détourner l’attention publique des coutumes et des valeurs de la tradition républicaine. Comme l’observe au début de la décennie un ambitieux projet pour les célébrations, « il nous faut des fêtes à Paris ; il nous en faut surtout une qui encourage le travail, le commerce et l’industrie, source de la véritable richesse et du bonheur d’un pays dans les temps modernes ; il nous faut surtout la consécration d’une union nécessaire dans une société gan­grenée comme la nôtre par les idées les plus antisociales, ébranlée par les attaques d’une barbarie qui a son dernier mot dans la négation de toute religion, de tout pouvoir, de tout bien4 ». Autre présupposé — très répandu dans la culture poli­tique française jusqu’à nos jours —, celui que les divisions sociopolitiques devaient être comblées en cultivant ouvertement le sentiment de la « grandeur ».

Au total, la Saint-Napoléon était une réussite : les célébrations étaient populaires, joyeuses, exubérantes. Les Français y participèrent par millions, hommes, femmes, enfants mêlés. La participation des associations locales fut indéniable anticipant le dispositif des manifestations républicaines de la IIIe République. Ainsi, le régime impérial démontrait-il que l’on pouvait organiser des concours de masse sans pour autant qu’il y ait des débordements. Le bonapartisme devenait l’objet d’un culte qui atteignit ainsi ses sommets. Toutefois, l’un des objectifs majeurs de la Saint-Napoléon ne fut pas atteint, elle ne parvint jamais à contrôler la menace républicaine. En ce sens, ses festivités connurent un échec signalé.

DICTON : « A la mi-août, adieu les beaux jours ! »

Le calendrier républicain dédie le 15 août de l’An II de la République au lupin dont certaines variétés sont cultivées depuis 4000 ans.

LE MOT DU JOUR

« C’est en se plantant qu’on devient cultivé ! » Nous n’en voulons pour preuve que cette notice lue dans le Manuel d’utilisation d’un ordinateur : « Si cet appareil se plante alors que vous vous apprêtiez à envoyer un mail très important, voici une recette de grand-mère qui peut vous dépanner : procurez-vous une feuille de papier blanc et un crayon à bille. Après avoir écrit le texte de votre courriel sur la feuille de papier, pliez celle-ci en quatre et glissez-la dans une enveloppe. Il ne vous restera plus qu’à rédiger l’adresse de la personne à laquelle vous destinez votre courriel sur cette enveloppe, à timbrer celle-ci et à la mettre à la poste. Ce système de dépannage antique peut vous sembler rudimentaire et peu sûr mais, selon certains témoignages, il a servi à plusieurs personnes à communiquer. »

Carnet de morale (à l’école primaire il y a … très longtemps)

“N’aimez pas à parler des fautes des autres car les médisants n’inspirent aucune confiance, on les craint, on les hait”.

EPHEMERIDES :

972 – 15 août : LES SARRASINS SONT CHASSES DES ALPES – Troisième et dernière prise du Fraxinet tenu par les Sarrasins. Mise en liberté de Mayeul peu après la défaite des Sarrasins (cf. la Vita Maïoli auctore Syro et le commentaire de Manteyer)

1178 – août : Marseille – Bertrand de Marseille et ses neveux, Guillaume le Gros et Raimond Barrai, seigneurs de Marseille, exemptent les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem de toute redevance de quai et autres droits de mer et de terre ; ils leur donnent le droit de faire pâturer leurs propres animaux sur les terres qu’ils possèdent (Acte 265 des vicomtes de Marseille, Henry de Gérin-Ricard. Réf. A. Arch. départ, des Bouches-du-Rhône. Ordre de Malte, liasse 54. a. Papon. Histoire de Provence, t. Il, preuves, n° XXII. Ind. : Albanès et Chevalier, Gallia . . . Marseille, n° 175).

1194, août : Cour du Tholonée à Marseille. Hugues Fer, obtenant dans l’exercice de la juridiction à Saint-Marcel-lez-Marseille la place de Geofroi de Marseille, évêque de Béziers, et de son frère Roncelin, termine le procès entre l’abbé élu de Saint-Victor, Marie, femme de Bertrand Béroard, et ledit Bertrand, au sujet du moulin de la Roque, moulin disparu, peut-être à Saint-Marcel (acte 302 des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin-Ricard, 1926, réf : A. Saint-Victor, chartes originales, n° 266. a. Guérard, n° 1112, édit, très incomplète).

1299 – 15 août : Marseille – Aqua d’aigas bonas, (charte  aux archives municipales). Eaux-Bonnes, ruisseau et quartier rural, commune de Marseille, quartier de Saint-Jérôme. Première mention : Aquas Bonas in comitatu Massiliensi, 1038 (cartulaire de Saint-Victor, n° 45).

1392 – 15 août : Marseille – Colla de Monacabus (charte aux archives municipales). Claux de Mourguet lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Séon, près du Saut-de-Marot. Première mention : Colla de Monacho, 1er novembre 1318 (acte notarié). Première mention : Colla de Monegue, 17 avril 1343 (charte aux archives municipales).

1524 – 15 août : GARDE DES FAROTS – (15 août] 1524) Avec le début des guerres d’Italie au XVIe siècle, la garde des farots prend une dimension toute nouvelle. Reliés à Ollioules par des courriers, puis à Arles, les veilleurs rendent compte de ce qu’ils voient. Par exemple, à la date du 15 août 1524, les syndics de Six-Fours écrivent :

l’armada de Gêna es quasi a trach de bombarda de la Torre de Tholon et s’en va sensa fayre pron camyn devers la Poncha de Cepet (le cap Sépet au sud de la presqu’île de Saint-Mandrier). Dubitan grandament non vengan donar una poncha au nostre terrador devers la plage ho la Verna ho Sanct Nazari (la plage de la Verne ou le mouillage de Sanary). Si beson fa nous vous donarem secors et scossa, nous vous pregan lo nous dones si fasia beson. Non autre et que Dieu sia ambe vosautres. Mandares la présenta de lonc de la costiera an grossa diligentia et paguares lo présent portador coma es de costuma. Los tos vostres bons amys coma frayres lous sendegues de Sieys Fors.

Quelques éléments historiques intéressants :

L’armada de Gêna : la flotte impériale commandée par Ugo de Moncada – 1476-1528 -, vice-roi de Sicile était basée à Gênes.

A trach de bombarda de la torre de Tholon : la portée estimée d’une bombarde embarquée était d’environ 800 m. « La Grosse Tour » bâtie à partir de 1514, située au Mourillon – cap de la Manega – défendait l’entrée de la petite rade et du port. Le capitaine commandant la forteresse Jehan de Mottet mit bas les armes contre 500 écus d’or et se rendit le 2 septembre à Adrien de Croy chambellan de Charles Quint et lieutenant du connétable de Bourbon. Jehan de Mottet était déjà commandant de la tour en 1518 (B 1450 f°168, A.D. BdR ; E. Davin, La Tour royale ou grosse tour de Toulon, Toulon, 1958 ; N. Faucherre, « Louis XII, François 1er et la défense des côtes provençales », Guerres et fortifications en Provence, Actes des 4èmes journées d’histoire de l’espace provençal, Mouans-Sartoux , 1995, p. 86-88. CC 534 L. 831).

1670 – 15 août : RHABILLAGE DES FONTAINES DE LA SEYNE  « faire ‘rabiller’ les fontaines pour la conduite des eaux attendu qu’elles se perdent et en cas qu’il se présente quelqu’un qui voulût prendre le soin de l’entretien desdites fontaines tant pour les ‘gourneaux’ (= canalisations) que autrement, donnent pourvoir aux dits sieurs Consuls de mettre ledit entretien à l’enchère » (Mireille Bailet, Histoire et Patrimoine seynois, Cahiers avril 2004).

1689 – 15 août : ARSENAUX MARITIMES –

Colbert, premier ministre du Roi Soleil, prépara dans les moindres détails l’ordonnance du 15 août 1689, qui sera l’ordre de marche des arsenaux maritimes. Colbert n’en vérifia pas les résultats, car il devait quitter la scène trois ans plus tôt. Il poussa la minutie à un degré qu’aucune administration, depuis, n’a pu égaler. (Charles Galfré, L’histoire sociale de l’Arsenal de Toulon.)

A l’origine, le statut des ouvriers est identique à celui des militaires. Le système des classes institué en 1670 par Colbert se généralise en 1689. Toutes les personnes exerçant une activité ayant un rapport avec le milieu maritime sont appelées à servir l’Etat trois ou quatre ans (Cyrille Roumagnac, 2001).

1707 – 15 août :  SIEGE DE TOULON PAR LES TROUPES DU DUC DE SAVOIE – Le siège de Toulon peut se diviser en deux périodes. Du 26 juillet au 15 août l’ennemi s’efforce de s’approcher de la ville et y réussit ; du 15 au 20 août il a renoncé à prendre Toulon et essaie, en bombardant la ville, de lui faire le plus de mal possible.

Le 15 août, les Alliés ne réoccupèrent pas leur ligne Artigues – Sainte-Catherine, mais leurs batteries de La Malgue bombardaient la ville avec rage. La chute des forts qui éloignaient la flotte anglaise de la côte leur permit de bombarder Toulon par mer (Dr Raoulx, Le siège de Toulon de 1707)

1720 – 15 août : LA PESTE 

1. du 9 au 15 août  100 morts par jour à Marseille. sauf des boulangers et des bouchers, sont fermés ; couvents et églises se ferment, on meurt sans confession ni sacrements. A partir du 15 août : 300 morts chaque jour ; des médecins venus de Montpellier confirment qu’il s’agit bien de la peste, mais les échevins attendent 3 jours pour afficher l’information (pour ne pas affoler la population !) ; des soldats gardent le tour de Marseille : on ne peut entrer ni sortir. 3 septembre : le chevalier Roze, avec 100 galériens, nettoie le quartier de la Tourette où il n’y a plus d’habitants. Il faut enterrer 1000 morts. 8 septembre : on compte 30 000 morts en ville. Il ne reste plus guère de boulangers ni de bouchers. Chataud est mis en prison au Château d’If. Les échevins sont découragés. Du 18 au 24 septembre, on brûle les étoffes apportées par le Grand St-Antoine sur l’île de Jarre. Le 26 septembre, le Grand St-Antoine est brulé. 25 septembre : 400 morts ; est-ce la fin de l’épidémie ? (André Maurice, 1983).

2. LA SURVEILLANCE DES ACCES SE DURCIT ENTRE LE VERDON ET LA MER : Ordonnance du marquis de CAILUS décrétant d’arrêter tout individu suspect qui ne sera pas muni d’un passeport dans les limites comprises entre le Verdon et la mer ; le golfe et la rade de Sanary étaient gardés par deux bateaux qui se trouvaient au large du BRUSC (Rotger B., 1984)

1721 – 15 août : LA PESTE AFFECTE PEU SANARY – Dans l’acte déclaratif de la santé, les consuls de la viguerie de Toulon affirmèrent sous la foi du serment que la contagion avait cessé à Sanary le 15 août (Vallentin du Cheylard Roger, 2000). En fait, Sanary dut à la salubrité de son climat d’être singulièrement privilégiée (Agulhon M. – Histoire de Toulon, Privat, Toulouse, 1980).

1761 – 15 août : Assignation de la part du seigneur à la Communauté d’Ollioules pour se faire payer sa rente féodale – 8 charges, 4 panaux, 6 picotins 1/3 des picotins de blé échus le 15 août dernier, … soit 250 livres (environ 3000 euros de 2013). Note : La charge ou cargo était unemesure de capacité pour les grains dont les valeurs étaient les suivantes en Provence : blé ou amandes, 32 dal ; bois : 125 kg ; raisin à Aix, 161 kg. La charge métrique de blé valait à Marseille au XIXe siècle, 160 1. (Mistral). La charge équivalait à 10 panaux, le panal valant 1,685 décalitres (Maurel M.). Le Panau / panal était une mesure agraire comprenant 10 ponhadieras ou 160 cannes carrées (Mistral). Un panau d’olivas correspond à un boisseau d’olives ; à Aix, la carga d’avoine est de 12 panaus, et la carga d’amandes est de 16 panaus(Mistral). Mesure d’aire qui, dans le Var, valait 150 cannes carrées, quelquefois plus, avant 1790. Le picotin était une mesure de capacité qui valait 0,204 décalitres à Grasse et Saint-Paul, 0,205 décalitres à Brignoles, à Hyères, à Saint-Maximin, à Barjols, à Draguigan 0,203 décalitre à Toulon, avant 1790 (Ministère de l’Intérieur An VII). Le picotin (2,5 1.) valait le quart du boisseau (Robert, 1978). Enfin, la livre (monnaie) valait 20 sous. Très grossièrement, et pour fixer un ordre de grandeur, on peut considérer qu’une livre tournois de 1760 équivaudrait à 12 € de 2013.

1765 – 15 août : visite des terroirs de Provence – Procès-verbal de visite des terroirs de Provence dont ceux de Collobrières et la Verne – Monsieur le Conseiller de Jouques, commissaire, et ses gens arrivent à la Verne le 15 août 1765 : « Du jeudi quinzième dudit mois d’août, nous sommes partis du lieu de Collobrières en même compagnie…, et suivis de nos gens, pour nous rendre à la terre de la Verne, où nous avons pris retraite chez les pères Chartreux. Signatures : D’Arbaud Jouques, Bovis, substitut, Regibaud, greffier ». Etrangement, on ne trouve pas un mot des bois, défrichements, coupes alors qu’aux consuls de Collobrières il est demandé » d’avoir attention de ne point pousser à l’excès la tolérance et la modération dont on a usé envers eux jusqu’à présent à cet égard » (Archives d’Aix, B 6216, n° 23)

1787 – 15 août : Le Parlement est exilé momentanément à Troyes (Jean-Charles Volkmann, 1997 ; Pierre Goubert, 1984).

1789 – 15 août : l’Assemblée a élu son nouveau président – M. de Clermont-Tonnerre. Mounier a ensuite présenté son ouvrage sur le gouvernement qui conviendrait le mieux à la France. Ce manifeste monarchien contre l’anarchie propose un renforcement du pouvoir royal : le roi doit conser­ver l’initiative des lois, même si elles sont constitutionnelles (Agenda du Bicentenaire, SAMEDI 15 AOÛT).

1792 – 15 août :

1. LA LIBERTE DE LA PRESSE PASSE PAR L’INTERDICTION DE CERTAINS TITRES – 15 août 1792, an 4 de la Liberté, devant le conseil général de la commune du Beausset assemblé en surveillance permanente, le maire, Joseph Eynaud, déclare que « la liberté de la presse à qui nous devons la Révolution est un des plus grands bienfaits de la Constitution, mais des libellistes coalisés avec les ennemis de l’intérieur et de l’extérieur s’efforcent d’allumer le feu de la guerre civile avec leurs infâmes libelles et à renverser l’édifice de la constitution. Plusieurs de ces pamphlets circulent dans le canton » (…). Deux membres « se transporteront tous les jours à la Poste aux lettres pour assister à l’ouverture des paquets et y arrêter tous les pamphlets (…) à l’effet d’être brûlés publiquement sur la grande place de ce lieu, jugeant cette mesure indispensable dans les circonstances présentes pour éviter le feu de la guerre civile » (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution Française).

2. réveil fédéraliste – Le réveil fédéraliste est presque général en   Provence à partir du milieu d’août (Maurice Vovelle, 1971).

1793 – 15 août :

1. La Convention décrète l’embargo des navires étrangers dans les ports français (Yann Fauchois, 2001, p. 1187).

2. procession de la Vierge organisée À Toulon – Contre la Convention montagnarde, une grande procession de la Vierge est organisée à Toulon le 15 août 1793 avec invitation de délégations des communes voisines. La Seyne demande à être excusée : la Vierge est fêtée localement (Gérard Delattre, Pierre Saliceti, 2002).

3. DES CANONS POUR L’INSURRECTION TOULONNAISE – Le 15 août, Toulon demandait aux beaussétans de hâter la marche de trois canons de calibre 4, que les Marseillais étaient venus chercher en renfort (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française).

1795 – 15 août (28 thermidor) : CRÉATION DU FRANC EN ARGENT- Création d’une nouvelle unité monétaire légale: le franc représenté par une pièce de 5 g d’argent (au 9/10e de pureté), de manière à correspondre à la livre définie stablement depuis 1726. Les premières pièces seront frappées à l’automne (Yann Fauchois, 2001).

1798 – 15 août : Jeudi 13 [15 août 1799] LA Commission militaires de Toulon DANS SES OEUVRES – Gavassan Honoré de Gonfaron, Dalmas Jean-Michel cultivateur Le Beausset, Fournier Honoré dit Capucin-Beausset, Pex Eustache de Solliès, Rimbert Marc cordonnier, Silvy Dominique de St-Maximin, sont condamnés à mort par la Commission militaires de Toulon (liste établie par Mongin L. ; Henriette Trojani).

1799 – 15 août : EXPEDITION D’EGYPTE – Dimanche 9 [11 août 1799] du Mois de Rabî’ al-awwal 1214 [3 août – 1er septembre 1799][Préparatifs de départ définitif de Bonaparte] Le bruit s’est répandu que le général s’est rendu en Basse-Egypte6. Nul ne sait où il s’est dirigé, à vrai dire. Un des chefs français interrogé a déclaré que le général de la Manûfiyya avait invité Bonaparte, lors de son passage en direction d’Aboukir, à descendre à Manûf, mais que ce dernier, ayant alors décliné l’invitation, avait promis de revenir dès son retour au Caire. C’est cette explication qui courut parmi les gens, qui pensèrent dès lors que c’était la vraie (Abd-al-Rahman al-Jabartî- Journal d’un notable du Caire durant l’expédition française (du 28 juin 1798 au 8 septembre 1801), traduit et annoté par Joseph Cuoq. Préface de Jean Tulard. Albin Michel, 1979).

1802 – 15 août : A Sanary le Maire ROUSTAN fait publier et afficher dans toute la commune un Senatus-consulte qui proclame Napoléon BONAPARTE, Premier Consul à vie. Cette publication est faite en présence de tous les fonctionnaires et de la Garde nationale en armes qui célébreront cet événement d’une décharge de mousqueterie (Rotger B., 1984) .

1806 – 15 août : Pose de la première pierre de l’Arc de Triomphe de Paris.

1844août: Marseille – Canal Saint-Jean qui reliait jusqu’en 1938 le Vieux Port et le premier port de la Joliette. Le projet est autorisé en août 1844, et les travaux sont lancés. Ils vont durer neuf ans et aboutir à la création du bassin de la Joliette. Pour relier les deux bassins, il est décidé de créer un canal, long de 150 mètres, dans le fossé du Fort Saint-Jean. L’édifice devient alors une île, reliée toutefois au reste de la ville par deux ponts tournants. Ce canal est protégé de la mer par des enrochements confectionnés avec des « pierres plates » d’où le nom donné à cette zone qui devient le lieu de prédilection des baigneurs du quartier et des pêcheurs à la ligne pendant de nombreuse années.

1858 – 1871 : Marseille – Le Palais du Pharo est un cadeau de la ville de Marseille au Prince-Président, Louis Napoléon Bonaparte, pour le remercier d’être intervenu au moment de l’échange des terrains du Lazaret entre l’Etat et la ville. Sa construction débute sur le site de la Teste More (Tête de Maure, plateau à l’entrée du port de Marseille) en août 1858, jour de la fête de l’Empereur et durera jusqu’en 1871, à la chute de l’Empire. Malgré la destruction des insignes napoléoniens des grilles et de la façade, le palais se dresse encore fièrement aujourd’hui dans la cité. (Nota : la Saint Napoléon a été établie par le décret du 16 février 1852).

1859 – 15 août : Amnistie générale des condamnés politiques et des proscrits.

1861 – 15 août : Saint-Napoléon – A Ollioules, le point fort des amusements de l’après-midi de la Saint-Napoléon fut un « théâtre des automates parlants » dont les talents de ventriloquie ravirent à tel point la population qu’il fallut donner trois représentations (rapport du maire d’Ollioules, 16 août 1861).

1867 – 15 août : Sanary – AGENDA de Jean—Baptiste Hermitte, premier adjoint de Marius MICHEL, maire de Sanary – La brume d’hier a disparu. Le vent est d’est, petite brise. Aujourd’hui, la municipalité en écharpe est allée à la Messe et au Te Deum. L’après-midi, il y a eu la procession de la Vierge, comme d’habitude. Ce soir, le clergé a allumé le feu de joie devant la chapelle Saint-Roch.

1869 – 15 août : Sanary – AGENDA de Jean—Baptiste Hermitte, premier adjoint de Marius MICHEL, maire de Sanary – dimanche jour de la l’Assomption – beau temps avec une jolie brise de nord-ouest qui n’a pas l’air de finir – à 11h00 cette brise augmente de force mais à 01h00 après 12h00 elle a l’air de mollir et quelques nuages nous viennent d’une reste ce que nous appelons en Provence faire chavanne/ ils viennent il vient de temps en temps couvrir le soleil et à 02h00 quelques gouttes de pluie commencent à tomber et immédiatement le vent saute à l’est nord-est et la pluie continue dans le nuage poussé par le vent dest. Elle dure environ 3/4 d’heure à 01h00 des éclairs tu tonnerres et de la grêle tombe avec fracas. Le pluviomètre a donné aucune note le thermomètre à 19° centigrades pendant l’orage nous croyons que cette pluie d’orage sera bienfaisante pour nos récoltes pour nos raisins surtout qui étaient la plupart du temps la plupart c’est sûr réchauffée par la chaleur caniculaire nos olives tiendront mieux l’arbre étant rafraîchi. Ce matin à 10h00 toute la municipalité au grand complet a été à la messe du 15 août à la suite de laquelle un TDM Chanel a été chanté a cette heure une salve de boîte avait annoncé la fête et le soir à 06h01 nouvelle salve avait annoncé la clôture de celle-ci plusieurs personnes sont allées à Toulon pour voir la fête du jour et assister aux feux d’artifice qui a été le soir en échange démarrer. ..

1913 – août : course de «canots autos» – Pour la première fois, on assiste, à Saint-Mandrier, à une course de «canots autos». Quatre canots à moteurs engagés de la localité font le parcours aller et retour du Creux à la Grosse Tour. (id.).

1914 – août : Armement marseillais – L’activité est totalement bouleversée puisque quarante-trois bâtiments réquisitionnés assurent désormais les transports de troupes, de chevaux, de ravitaillement, de munitions, de charbon.

1935 – 15 août : Mort du peintre Paul Signac.

1942 – 15 août : KLAUS MANN, CARNET « LE TOURNANT » – 15 août. Travail, dix, douze heures par jour… Au Gide viennent à présent s’ajouter encore les corrections du Turning Point. Le livre doit paraître en automne.

1943 – 15 août : POURPARLERS D’ARMISTICE AVEC L’ITALIE – Le 15 août 1943, des pourparlers secrets commencent à Madrid entre le général Castellano, représentant italien et les représentants de l’Angleterre et des Etats-Unis. Ces pourparlers se poursuivront à Lisbonne et se termineront le 3 septembre. L’accord sur l’armistice sera publié le 8 septembre 1943 (Déborine L., 1966).

1944 – 15 août : CAMPAGNE DE FRANCE – OPERATION « ANVIL » :

1. LES FORCES ALLEMANDES : Au moment où va débuter le débarquement de Provence (opération Anvil), la XIXè armée allemande est commandée par le général Wiese dont le  QG est à Avignon. Le dispositif de défense de la côte est le suivant : 8 Divisions d’Infanterie (716ème à Perpignan, 198ème à Narbonne, 189ème à Montpellier, 338ème à Taillade-Avignon, 244ème à Marseille, 242ème à Toulon  et 148ème entre Cannes-Nice, 157ème dans les Alpes), 1 division blindée (11ème Panzer), 20 bataillons « Ost Legions »,  3 régiments de la Luftwaffe (155 avions), 2 brigades de la Kriegsmarine (1 MAS, 2 chalutiers, 4 SM à Toulon), 1 régiment de canons d’assaut, 14 batteries lourdes, plus DCA (24 batteries et 500 pièces à Toulon) et auxiliaires. 242è DI allemande, Général Kattner (Toulon et la Riviera française).

Avec près de 20 000 hommes, la 242e est une des 8 divisions allemandes du mur de la Méditerranée, mais l’une des plus aguerries. C’est la seule qui compte ses 3 régiments à effectif complet (entre Sanary et Agay) (Masson M., Muracciole, de Villardi de Montlaur ; P. Gaujac. ; Robichon J.).

Deux batteries de côtes, construites avant-guerre par la Marine française, ont joué un rôle important dans le choix des plages : la batterie de 340 du cap Cépet, dans la presqu’île de Saint-Mandrier, qui commandait 80 kilomètres de côtes, de La Ciotat au Lavandouet la batterie de 138 du Titan, à l’extrémité orientale de l’île du Levant, qui battait la plage de Cavalaire, une des meilleures de la zone (ISC — SorbonneEPHEIV — 45 rue des Écoles — 75005 Paris).

En principe, au moment du débarquement, la batterie de Cépet était en état de fonctionner, mais en réalité, une des tourelles avait été immobilisée par les bombardements aériens alliés et sur l’autre, un ouvrier français avait pu saboter un des canons. Une seule pièce restait donc disponible : « Big Willie », comme la surnommèrent les Américains (Masson M., Muracciole, de Villardi de Montlaur, 1969). Le cdt Baudouin avise le CA Lemonnier du sabotage de la tourelle ouest de Cépet. Le commandant des forces maritimes françaises – adjoint de l’amiral Hewitt qui commande l’ensemble du dispositif naval allié – en déduit que la batterie de Cépet n’a plus sa capacité entière de tir. L’ouvrage est pourtant jugé tellement redoutable que le débarquement aura quand même lieu en dehors des zones battues par ses canons (Ken Nicolas, vol. 1, p. 101).

2. Opération Anvil (débarquement de Provence) : à 3 h, l’armada alliée arrive à 40 km de Toulon, hors de portée des pièces de Cépet (Masson M., Muracciole, de Villardi de Montlaur). Amiral Milot : « Les forces allemandes du littoral s’enferment dans les zones fortes de Toulon-Saint-Mandrier et de Marseille.

A 4h, l’amiral Davidson fait une diversion entre Cannes et Nice ; puis au large de la Ciotat (id.). Bombardement de l’Ouest toulonnais analogue à celui de la veille tandis que les Allemands réquisitionnent en vain des hommes pour effectuer des travaux, entre 7 h et midi (Récit anonyme retrouvé par Bartélemy Rotger ; Archives de Sanary : décès, Année 1944, n° 77).

A 5 h, les bâtiments d’appui, LST, LCT et transports sont dans leurs zones respectives, en face des plages Alpha, Delta, Camel (Masson M., Muracciole, de Villardi de Montlaur).

A 5 h 50, début de la préparation aérienne sur la zone de débarquement par la 12è T.A.C., bombardiers lourds venant d’Italie, de Sardaigne et de Corse (id.).

A 7 h, les canons de la flotte se joignent à l’action de l’aviation ; à Sanary, on entend la DCA mais il n’y a aucun bombardement direct (id. ; Récit anonyme cité supra).

A 8 h,  mise à l’eau des chalands : plages Alpha (Cavalaire et Pampelone : 3è Div.), Delta (baie de Bougnon, La Nartelle : 45è Div.) et  Camel (Saint-Raphaël : 36è Div.) (Masson M., Muracciole, de Villardi de Montlaur). Parmi les clichés placés en annexe, voir celui pris par Gérard Garier qui montre un des monuments de commémoration du débarquement en Provence ; celui-ci au Dramont est composé d’un authentique L.C.V.P. restauré, l’US 282. La plage du Dramont fut l’un des principaux points du débarquement allié (Gérard Garier, Les avisos de 630 t, le Commandant Bory).

A 12 h 15, « Le reste de la matinée est plus calme. Au cours de cette  matinée  on  apprend  par  Monsieur CASSAN  correspondant  des Messageries Hachette que les Anglais auraient débarqués aux Saintes Maries de la Mer, ceci nous explique le remue-ménage de la nuit au large de  Sanary  (HR : ce qui  était  faux  d’ailleurs).  On pousse un soupir de soulagement car on pense que le débarquement ne se fera donc pas à Sanary, que les avions vont avoir à s’occuper d’autre chose que de nous et en effet la journée sera plus calme, c’est une grande détente  morale. A midi on constate que le courant électrique est revenu. On bondit à Bella Vista chercher un poste de TSF et à 12 Heures 15 ont prend les nouvelles de la radio anglaise. Elle annonce le débarquement mais ne dit pas le lieu. On murmure qu ils auraient débarqués prés de Cannes et près de Sète. On reste suspendus aux nouvelles mais on ne sait pas grand-chose. La radio allemande parle de Bormes et des lIes d’Hyères. On échafaude des calculs. Ils vont prendre Toulon par derrière dans combien de temps ? quelles sont les possibilités de défendre Toulon ? Pour les allemands il semble en fait qu’il y aurait trois mille cinq cents hommes en tout, on peut donc espérer que la résistance ne sera pas trop dure et que nous en souffrirons moins. » (Récit anonyme mentionné supra).

3. AIDE APPORTEE PAR LA RESISTANCE – Parachutées autour de Draguignan, déposées à La Motte, débarquées entre Saint-Raphaël et Le Lavandou, partout les troupes trouvent des résistants pour les guider et les appuyer avec leurs maigres moyens. Elles pénètrent souvent, même sur la côte, dans des localités déjà libérées par les FFI locaux et pourvues de nouvelles municipalités. C’est parce que le terrain est presque entièrement libéré et que la Résistance les y incite que les Américains lancent à partir de là une colonne à travers les Alpes du Sud pour se diriger sur Grenoble et déboucher sur la vallée du Rhône et qu’ils poussent jusque dans les Alpes-Maritimes (Jean-Marie Guillon, « La Résistance dans le Var », article de la rubrique Toulon et son agglomération – histoire, publication : mardi 8 juin 2004).

4. Le débarquement en Provence ne surprit pas Certains QUI étaient prévenus depuis l’avant-veille. « Pour ma part, demeuré le seul responsable de la CGT des chantiers à La Seyne, comme convenu auparavant, je me mis à la disposition de deux dirigeants de résistance locale : « Lilou » DIANA, capitaine FTP, et Lucien PICHAUD, lieutenant FFI. Une première rencontre eut lieu au quartier TOUFFANY au “Ruisseau” chez notre ami “Gu” BERTODATO où était entreposée une “roné” qui avait bien servi les mois précédents. Mais je ne la découvrais que ce jour là. Là fut constitué le groupe dirigeant de la résistance locale pompeusement appelé « État Major ». Nous prîmes position quartier du ROUQUIER, dans la villa de l’Amiral LE BIGOT, absent, d’où partirent les coups de mains auxquels prirent part une quarantaine de copains. Des fusils, une mitrailleuse italienne, quelques fusils allemands pris dans quelques fortins isolés : voilà un premier stock vite accumulé. Mais nous n’avions vraiment aucune expérience de l’art militaire. Devant la villa, c’était un va et vient permanent, sans aucune méfiance » (Louis Puccini, La Seyne et la Résistance).

5. Du 15 au 21 août, l’essentiel du département passe sous le contrôle des troupes américaines et de la Résistance locale (Jean-Marie Guillon, 2004). 1er Combat Command de la 1ère DB dans la nuit du 15 au 16, le reste des troupes suivant en fin d’après-midi (Masson M., Muracciole, de Villardi de Montlaur). Draguignan, la préfecture, est libérée le 16 au soir par la Résistance. Seule la garnison de Fayence résiste jusqu’au 21. Débarquement de l’Armée B du général de Lattre de Tassigny à partir du 16 (Cavalaire-Cogolin). Mise en place des premières délégations municipales nommées par la Résistance et parution de La Résistance du Var libéré le 17 à Draguignan. Le commissaire régional de la République Raymond Aubrac débarque à Saint-Tropez le 18, lance son premier appel aux populations du Sud-Est et prend ses premières décisions, avant de rejoindre Marseille (le 25) (var 39-45).

6. RESISTANTS SEYNOIS TUES EN LOZERE – 16 résistants Seynois ont été fusillés ou tués par les Allemands lors des combats de Libération de la France en 1944. Parmi eux, CHAUVET Maurice Michel Joseph – Soldat F.F.I., né le 23 juillet 1917 à Saint-Laurent-de-Cerdans (Pyrénées Orientales) et GHIBAUDO Jean Félix Clairin – Soldat F.F.I., né le 6 janvier 1919 à La Seyne-sur-Mer, tués tous deux dans une embuscade le 15 août 1944 à Barjac (Lozère).

1945 – 15 août : Philippe Pétain est condamné à mort – Philippe Pétain est condamné à mort. Sa peine est commuée en détention à perpétuité (Jean-Charles Volkmann, 2003). Le Général de Gaulle commue la peine de mort prononcée contre Philippe Pétain en détention à perpétuité (Gisèle Argensse, 1989, p. 229).

2021 – 15 août : EN PRIME : diffusion journalière et en avant-première d’extraits d’un ouvrage que j’ai écrit à la demande de l’Association « LES VOLONTAIRES DE L’AN II – L’AURORE DE LA REPUBLIQUE » et dont la publication devrait voir le jour en septembre prochain (les chapitres 1 à 20 ont déjà été livrés sur ma page FB).

Chapitre 21-

Le même jour, un autre personnage faisait en catimini son entrée : justifiant les craintes des administrateurs du directoire du département du Var, l’amiral anglais Hood appareillait de Spithead à bord de la Victory et, à la tête d’une escadre de dix-neuf bâtiments de ligne, mettait le cap sur la Méditerranée où l’attendaient deux autres escadres. Assuré qu’il était de l’appui de l’Espagne, de la Sardaigne, de Naples et de l’aide de Paoli dès que celui-ci aurait atteint la Corse, informé par des émigrés de l’état d’insurrection partielle du Midi, l’amiral anglais s’était donné un double objectif : intercepter les convois de blé à destination de la France et rechercher un point de débarquement dans le sud du pays que seule la présence de l’armée d’Italie pouvait empêcher. Quant à l’escadre de Toulon, elle n’interviendrait certainement pas dans la mesure où l’amiral Trogoff n’avait que seize navires de guerre en état de combattre.

(à suivre)

2023 – 15 août : EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHÈQUE :

-Colonel Rémy – Les Français dans la Résistance. La Résistance en Provence. Tome 2. Les groupes francs en action ; Agues pas pau ; le rôle de la résistance dans le débarquement ; les étrangers dans la résistance ; Les FFI dans les Alpes-Maritimes ; L’étrange marchandage ; Les maquisards des Basses-Alpes ; Avant le débarquement ; La marine dans la Résistance à Toulon ; La libération de Marseille. Genève, Ed. Famot, sd, 262 p.

-Guy Simon – D’Alexandrie aux débarquements de Normandie et de Provence à bord des croiseurs Duguay-Trouin et Georges Leygues, Paris, Les Editions de l’Officine, 2003.

-Jacques Robichon – Jour J en Afrique (8 novembre 1942), Robert Laffont, 1964 / id. – Le corps expéditionnaire français en Italie 1943/1944, Presses de la Cité, 1981/ id. Le débarquement de Provence, Robert Laffont, 1962, 368 p.

-Léon Lavallée (général), Le Morillon (colonel), Moreau (capitaine) – Débarquement en Provence, 60e anniversaire, Les Turcos 1944-2004, Toulon, 2004, 16 p.

-M. Masson, Muracciole, de Villardi de Montlaur – La participation de la Marine Française aux débarquements de Normandie, de Corse et de Provence, ouvrage rédigé par M. Masson, le CV Muracciole et le LV de Villardi de Montlaur, de la section  Historique du Service Historique de la Marine, Marine Nationale, 1969.

-Paul Gaujac – La bataille et la libération de Toulon. Fayard 1984, 370 p. / id. – Le débarquement de Provence août 1944. Paris, Histoire et Collections, 2004, 192 p.

Etc.

EN DIRECT DE NOS ARCHIVES.

SANARY-SUR-MER – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et ÉDIFICES. 325e livraison).

Le chemin nouveau de Toulon à La Ciotat – ou chemin royal – et ses modifications postérieures.(suite)

Du Moulin de la Reppe à la limite de Sanary, il est en partie confondu avec la déviation du quartier de la gare au Petit Plan, sur la liaison Ollioules – Sanary (D 11) réalisée en 1973 en liaison avec l’autoroute, et qui franchit celle-ci par un pont supérieur. Mais aussitôt après ce pont, on le retrouve. Il s’appelle toujours à cet endroit et pendant toute la traversée du territoire de Sanary « Ancien Chemin de Toulon » (Les Sanaryens ont oublié d’ajouter « à La Ciotat » car ils l’empruntaient et l’empruntent toujours, au moins en partie, bien plus souvent pour aller à Toulon, que pour aller à La Ciotat).

Du gué de la Reppe à la Baou, il laisse la Baume et les Côtes du Plan au Nord, et la Colline de Tante Victoire, qui domine la Chapelle ancienne de Pépiole, au Sud. Après la Baou, il passe entre les collines de Pierredon et du Colombet et débouche enfin dans la plaine, au château de la Millière construit vers 1700. Cette section, longue de 11 km, s’arrête au carrefour de la Guicharde : c’est là que le Chemin de l’Huide mène au centre de Sanary et au port. Au pied de la tour, il n’y avait au moment de sa construction que quelques magasins de pêcheurs qui seront complétées par des familles d’exploitants agricoles à partir des accords passés entre 1447 et 1520 entre le seigneur et les habitants. Jusqu’à la Révolution et même au-delà (nous renvoyons au chapitre se rapportant aux carraires dont le relevé a été fait en 1819), les quartiers de Portissol, de la Cride, de la Gorguette et de la Morvenède seront des défends. Sur la colline de Portissol plus particulièrement, autour de la Chapelle Notre-Dame de Pitié, qui date de 1560, les pêcheurs faisaient sécher leurs filets (Rotger B., 1984).

A partir du XVIIe siècle, et surtout du XVIIIe siècle, cette partie de l’Ancien Chemin, de la sortie de Toulon au carrefour des Roches, où le seigneur avait une demeure particulière appelée le Châteauvert, sera bordée des bastides que la bourgeoisie urbaine fera construire : Châteaux du Colombet et de la Millière au Sud, Château de Pierredon au Nord (qui ne date que de la fin du XIXème),  souvent établis un peu en retrait, et séparés du chemin par une allée plantée de platanes et de palmiers. (A suivre)

MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS  – 525e livraison :

Collège de Marseille (suite)

En 1571, la ville obtient des lettres patentes lui permettant de mettre le collège de Marseille sur le pied de ceux de Paris. Le collège resta en réalité ce qu’il était. Le nombre des régents qui était de 5 en 1571, passa cependant à 8 en 1616,

Dans les premières années du 17e siècle, les oratoriens s’étaient établis à Marseille. Leur congrégation fondée en 1611 et approuvée par le pape en 1613 était soutenu par de puissants protecteurs. Elle s’était ainsi attiré la bienveillance du clergé. On pensa que le collège gagnerait à leur être confié. Le Conseil de ville entra dans cs vues et en 1625, il leur céda cet établissement à perpétuité. Les oratoriens le dirigèrent jusqu’en 1791 et le portèrent à un très haut degré de réputation et de prospérité.

Ils subirent cependant de 1727 à 1762, la concurrence d’un collège rival, celui des Jésuites, créé par Monseigneur de Belsunce évêque de Marseille, à la suite d’un conflit avec les Oratoriens au sujet de la bulle Unigenitus. Le nouveau collège, installé à Saint Jaume dans l’une des deux maisons que les Jésuites possédaient à Marseille, fut désigné sous le nom de collège Belsunce. Le nombre des élèves de l’oratoire, qui était de 350 en 1726, diminua d’environ la moitié est tomba à 83 en 1749. Le collège Belsunce disparut en 1763 après 35 années d’existence à la suite d’un arrêt du Parlement d’Aix ordonnant sa fermeture et la mise sous séquestre de tous les biens des Jésuites. (à suivre),

LA SEYNE-SUR-MER. 230e livraison :

1670 – 15 août : RHABILLAGE DES FONTAINES DE LA SEYNE  « faire ‘rabiller’ les fontaines pour la conduite des eaux attendu qu’elles se perdent et en cas qu’il se présente quelqu’un qui voulût prendre le soin de l’entretien desdites fontaines tant pour les ‘gourneaux’ (= canalisations) que autrement, donnent pourvoir aux dits sieurs Consuls de mettre ledit entretien à l’enchère » (Mireille Bailet, Histoire et Patrimoine seynois, Cahiers avril 2004).

1793 – 15 août : procession de la Vierge organisée À Toulon – Contre la Convention montagnarde, une grande procession de la Vierge est organisée à Toulon le 15 août 1793 avec invitation de délégations des communes voisines. La Seyne demande à être excusée : la Vierge est fêtée localement (Gérard Delattre, Pierre Saliceti, 2002).

1944 – 15 août : Le débarquement en Provence ne surprit pas Certains QUI étaient prévenus depuis l’avant-veille. « Pour ma part, demeuré le seul responsable de la CGT des chantiers à La Seyne, comme convenu auparavant, je me mis à la disposition de deux dirigeants de résistance locale : « Lilou » DIANA, capitaine FTP, et Lucien PICHAUD, lieutenant FFI. Une première rencontre eut lieu au quartier TOUFFANY au “Ruisseau” chez notre ami “Gu” BERTODATO où était entreposée une “roné” qui avait bien servi les mois précédents. Mais je ne la découvrais que ce jour là. Là fut constitué le groupe dirigeant de la résistance locale pompeusement appelé « État Major ». Nous prîmes position quartier du ROUQUIER, dans la villa de l’Amiral LE BIGOT, absent, d’où partirent les coups de mains auxquels prirent part une quarantaine de copains. Des fusils, une mitrailleuse italienne, quelques fusils allemands pris dans quelques fortins isolés : voilà un premier stock vite accumulé. Mais nous n’avions vraiment aucune expérience de l’art militaire. Devant la villa, c’était un va et vient permanent, sans aucune méfiance » (Louis Puccini, La Seyne et la Résistance).

Un résistant Seynois est tué en Lozère – GHIBAUDO Jean Félix Clairin – Soldat F.F.I., né le 6 janvier 1919 à La Seyne-sur-Mer, tués tous deux dans une embuscade le 15 août 1944 à Barjac (Lozère).

TOULON ANCIEN ET SES RUES (L. Mongin, Toulon ancien et ses rues, tome 1, 1901) – 47e livraison.

PLACE SAINT-VINCENT. RUE SAINT-VINCENT (suite)

(En 1606, la chapelle fut abandonnée aux Pénitents blancs établis à Toulon, vers 1442, sous l’invocation de Saint-Vincent). Affectée après la Révolution au logement des troupes, cette chapelle fut démolie au commencement du XIXe siècle et transformée en place publique.

A l’occasion de l’église Saint-Vincent, il n’est pas inutile de donner quelques renseignements sur les différentes confréries de pénitents qui se trouvaient autrefois dans Toulon.

A l’origine, il n’existait qu’une seule confrérie de pénitents, les disciplinaires ou flagellants, ainsi appelés parce qu’ils s’infligeaient des pénitences volontaires, entre autres la flagellation. Leur principale mission était d’assister les criminels à leurs derniers moments, de recueillir leurs corps et de les ensevelir. Les confrères étaient vêtus d’un long sac, percé de deux trous à la hauteur des yeux, et portaient une corde autour des reins. Ils s’affublaient de ce costume les jours où ils devaient paraître en public, pour les processions, par exemple, ou les enterrements.

Dans la suite ils se divisèrent en plusieurs confréries et chacune d’elles adopta pour la robe une couleur différente : De là, les pénitents blancs, les pénitents gris, les pénitents noirs, les pénitents bleus,

Anciennement, deux rues venaient aboutir du Sud au Nord à la chapelle Saint-Vincent : la première appelée carriera de Sant Vissens (Archives communales CC, 86) prenait naissance à la Plassa dels Frayres predicados et, contournait, à l’Est, le couvent de ces religieux. Elle était également dénommée carriera de la Peyra blava (Rue de la Pierre bleue) et carriera de la Roca blava (roche bleue), à cause de la nature de son terrain. (à suivre).

UNE COURTE BLAGUE POUR LA ROUTE :

A l’école (c’était au temps où il y avait encore l’école avec tout plein de petites têtes blondes bien rangées au coude à coude dans une salle de classe avec leur maîtresse – histoire vécue !), à l’école donc, une maîtresse interroge sur les cinq sens :

-avec quoi entends-on ? – Avec les oreille ! répondent les enfants en chœur.

-Bien ! avec quoi voit-on ? -Avec les yeux.

-C’est très bien ! Et avec quoi goûte-t-on ? -Avec du pain et du chocolat ! »

Heureux temps !

Il est 7 h 30 ! Amis lecteurs, je vous souhaite une bonne fête du 15 août, qu’elle évoque pour les uns la bonne mère, la Vierge Noire, la Saint-Napoléon ou 80ème anniversaire du début du débarquement allié en Provence avec Patrouille de France et feu d’artifice, ce mardi 15 août 2024, du côté du Mourillon à Toulon. Voici toutes les informations pratiques concernant la circulation, les accès et les mesures de sécurité qui seront mises en place pour la Patrouille de France puis le feu d’artifice du 15 août 2024.

Info : attention au temps ! Vigilance orages violents dans le Var !

A demain !

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