La Tour Fondue des Embiez (Var)

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Quelques clichés pris sur l’île qui tient son nom d’une tour élevée en son centre, près d’un puits aujourd’hui capté.

Toponymie des Embiez, archipel situé à l’ouest du Cap Sicié, sur la commune de Six-Fours-Les-Plages (Var).

Documentationts extraits du Cahier du patrimoine ouest varois n°11 (auteur : Henri Ribot).

Le texte est accompagné de notes

(île du Grand Rouveau)

AMBIARS, AMBIERS, AMBIEZ, EMBIERS, EMBIEZ < rac. pré-indo-europ. B—R- > base BeR– + rac. gauloise RITUM-,-RITU [1]. Moins probable, le n. de famille Imbert[2]. C.H. 40-41-50-60-70-80

als Ambiars 1334, com. de Six-Fours (archipel situé à l’ouest du cap Sicié ; altitude max. 64m ; aujourd’hui les Embiez ou Embiers ; PL. 22/2 ) ; Imbers, première mention[3] ; Insula v.1116[4] ; insulae 1156 ; Embers 1197[5] ; Insula 1234[6] ; (île de la Tour Fondue, donjon cylindrique d’un château) XIVe siècle ?[7] ; els Ambiars 1334 ; als Ambiars 1334[8] ; salines de Ambias 1352 ; als Embiers 1485 ; als Embies 1514 ; delz Ambies 1520-1539 ; Embiez 1539 ; les Ambiez 1561 ; (marquisat des Ambiers) 1583[9] ; (le domaine des Embiez est érigé en arrière-fief en faveur des Lombards en 1593) ; salin des Ambiers 1609 ; château de Sainte Cécile 1612[10] ; du cousté des Ambiers 1618 ; isle des Ambiers… chapelle de la dite isle 1625 ; in Zembiorum insulam 1631[11] ; les Embiez 1634[12] ; île des Scabies 1639 ; Imbies 1657-1667 ; Embiez 1707 ; (château acquis par Michel de Sabran, baron de Baudinard en 1720)[13] ; Ambiers 1720, 1726 ; Château des Ambiez 1764[14] ; Embiez 1784 ; batterie des Embiez 1793[15] ; (vente des Embiez comme bien national en 1793) ; batterie du second Cap des Embiers  1810[16] ; projet de fort sur l’île des Embiers 1841[17] (rien n’est fait en 1853)[18] ; usine de soude aux Embiez 1827-1847[19] ; l’île des Ambiés dépend du territoire de Saint Nazaire (Sanary) 1828[20] ; Ambiez à Six-Fours 1844[21] ; réduit de St Pierre des Ambiers 1862-1863-1864[22] ; batterie de Saint Pierre-des-Embiez déclassée 1877[23] ; Ambiez 1909 ; les Embiez achetés par la Société des Salins et Pêcheries d’Hyères 1920 (PL. 22/2) ; archipel des Ambiers 1920-1921[24] ; château des Embiez 1/50 000 ; ancienne batterie (Saint Pierre) 1935 ; îles  des Ambiers 1936[25] : Embiers 1941[26] ; Ambiez 1944[27] ; (Paul Ricard achète l’île des Embiez en 1958) ; Fondation Océanographique Ricard post 1958 ; l’île des Embiez 1970[28] ; Embiez 1978[29]. Au sujet des confusions de noms entre les îles ou îlots du Rouveau, de Callafat, de la Tour Fondue et de la Plumasse, voir Duprat 1935[30]. C.H. 40-41-50-60-70-80 (PL. 2/2).


[1] Le thème pré-indo-européen BeR- issu de B—R- semble être confirmé par l’existence à Cassis d’une île du même nom (Embiers, insula maris ante castrum de Cassitis, 1439). Quant à la racine gauloise rito elle aurait perduré à travers le nom du Gaou (du lat. vadum, gué).  Désavouant Duprat (Duprat 1935, p.25) qui écrivait  « l’archéologie même est défavorable aussi bien à Sicié qu’aux Embiers où les découvertes antiques ont été à peu près nulles« , les Embiez ont bien été occupés durant l’antiquité, au moins à partir du Ve siècle av. J.-C. (Brun J.-P., Roth A., 1978), tandis qu’à Sicié, la pointe du Mouret a livré à F. Brien un important habitat marseillais bien daté de la fin du Ve siècle av. J.-C. (Brien-Poitevin F. 1995, p. 216 et 1996, p. 236-237), éléments qui complétaient les informations recueillies au Brusc depuis plus de 100 ans (Brien-Poitevin F. 1982, manuscrit dactylographié).

[2] La forme Imbers n’est donnée que par Henseling, sans aucune référence.

[3] D’après L. Henseling, mais nous n’avons pas pu retrouver la référence. D’après Duprat H.E. 1935, p. 120, le texte le plus ancien mentionnant les Embiez est un acte de l’abbaye de Saint-Victor daté de 1197 (cf. infra).

[4] Guérard B. 1857,ch. 804 ; de Gérin-Ricard H., Isnard E. 1926, p. 59 : « Insula ou la Petite-Ile ».

[5] première mention connue d’après Duprat H.E. 1935 (Cart. de Saint-Victor, éd. Guérard B., 1857, II, n° 1023).

[6] Boyer R. 1980, p.414 : « Willelmi de Insula, de la famille de Signes ou de Marseille ».

[7] Salch Ch. 1979.

[8]  A cette époque les salines des Embiez rapportaient 4 à 5 000 oulles de sel (Baudoin L. 1965, op. cit., p. 86).

[9] Baratier E. et alii 1970.

[10]  En 1612, les héritiers de Barthélemy de Lombard, seigneur de Sainte-Cécile, construisent un château attenant à la chapelle de Ste Cécile, elle-même bâtie en 1602. Le domaine avait été érigé en arrière-fief par Henri IV en faveur de la famille Lombard de Six-Fours dont les membres prirent le titre de seigneurs de Sainte-Cécile. Les revenus de l’île provenaient essentiellement de l’exploitation des salines et de la fabrication de la soude (Baudoin L. 1965, p. 86).

[11] Fabri de Peiresc N. Cl. 1982.

[12] Tassin 1684, carte, qui situe les Embiez, avec le fort Saint Pierre, à l’embouchure de la Reppe, et l’île de la Plumasse à Sicié.

[13] Michel de Sabran était gouverneur de Saint-Nazaire (Sanary) en 1711 (Baudoin L. 1965, p. 86).

[14] Degiovani 1992.

[15] id..

[16] id. : Rapport de la 5e commission de l’inspection des côtes de la Méditerranée : « La batterie des Embiers est située sur le second cap, du côté du passage de la navigation sud-ouest (altitude 39 m). Elle est armée de deux pièces de 16 en fer allongées et montées sur affût de côte en bon état. » Cette batterie des Embiers était implantée sur la pointe du Rix. Le corps de garde était placé à une centaine de mètres en arrière.

[17] id. « La commission de révision reconnaît que dans l’intérêt de la défense il conviendrait de construire plus tard un fort sur l’île des Embiers, clé de la rade du Brusc » . Ce sera le fort Saint Pierre qui sera édifié une vingtaine d’années plus tard selon une « instruction du ministre de la guerre sur les tours-modèles approuvées par Napoléon ».

[18] id. : La commission chargée de faire un état d’avancement des travaux note en 1853 : « Les travaux ne sont pas encore commencés, en ruine« .

[19] A partir de 1827, Cagniard de Marseille installa une fabrique de soude aux Embiez. Pour cause de pollution, cette fabrique fut fermée en 1847  (Communication de G. Delattre).

[20] Archives de Sanary, postérieures à 1790 : Procès-verbal de délimitation du territoire de la com. de Saint Nazaire, 20 février 1828.

[21] Préfecture du Var 1844, p. 526 : « Six-Fours. (…) Les deux petites îles, désignées sous le nom d’Ambiez, en font partie. La plus considérable est habitée, cultivée et fortifiée. »

[22] Atlas des Côtes 1881 : « St Pierre des Ambiers : 1862-1863-1864 : on a construit un réduit » (d’après Degiovani A. 1992).

[23] Décision du Ministre de la guerre du 4 avril 1877 qui met fin à l’activité de la Lauve et de Saint-Pierre-des-Embiez.

[24] Laflotte A.L. 1920-21.

[25] Iles des Ambiers (abbé Bouisson, 1936, p. 60)

[26] Davin E. 1941.

[27] Verd J. 1951.

[28] Jouglas F.1970, p. 8.

[29] Brun J.-P., Roth A. 1978 ; Carte de France au 1/25 000, Toulon, feuille 33-46 ouest,1978.

[30] Duprat 1935 mentionne  Raunsels, Rauzels, insula de Rausellis 1156, Runzel Runzels 1376, plaga de Ronsellis, île de Rauzel aux Embiez 1539, insula de Rausoli 1561, différentes écritures qui lui semblent correspondre à l’île du Rouveau ; mais il note qu’en 1302, on donne Rauzels alias vocatum Plumassa (farotium als Rauzels alias vocatum Plumassa quod est in territorio Oliolis 1302)  puis, au XIIIe siècle Plumasse, Plamasse ou insula Plamassa qui devient l’ilôt de Callafat au XVIe siècle F. Jouglas 1972, cite l’île de la Plumasse ou de la Tour Fondue ; quant à la carte de Tassin 1684, elle sépare nettement les Embiez, à l’embouchure de la Reppe, de la Plumasse, au sud-ouest de Sicié. Il existe aussi une plage de Ronsels et un lieu-dit Raum Sels ou Rausels au XIVe siècle (cf. Cella Sancti Victoris de Insula).

Note annexe :

(Le port de St-Pierre vue de l’île de la Tour Fondue)

Depuis la publication de mon ouvrage (2012), il y douze ans, nous avons avancé dans la connaissance des îles et, tout particulièrement de l’île de la Tour Fondue.

Une fouille que nous avons conduite au tout début des années 2000 à la demande du Ministère de la Culture (SRA), a mis au jour les restes d’un corps enseveli dans une tombe reposant sur le rocher à près de 2 m de profondeur du sol actuel.

Cette tombe avait été fortement perturbée par le ressac qui avait emporté la tête et une partie du côté droit du mort.

La situation en bord de mer nous interpela évidemment car nous savions depuis longtemps que d’autres tombes avaient été trouvées sur cette île. Ce qui fut le plus étonnant fut la présence d’une anomalie affectant le squelette, anomalie qui a été retrouvée par la suite dans l’une des épaves fouillées par Charly Hourcau et attribuée à des sépultures trouvées au Moyen Orient.

De plus, Frédéric Dumas, qui avait prospecté l’île en compagnie de Fernand Benoît au début des années 1950, avait noté que, sur l’île, il y avait plusieurs tombes d’origines grecques.

Voici l’emplacement de la fouille conduite au début des années 2000.

(à suivre)

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