VAR-MATIN MARS 2024

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Du 1er au 10 mars

1658 – 1er mars : ÉTONNANTE MANSUÉTUDE ROYALE ENVERS LA SEYNE – Colbert à Messieurs de La Seyne : « A Paris, ce 1er mars 1658. « Messieurs , Les grâces que vous avez reçues jusqu’ici de Son Éminence, comme l’exemption des gens de guerre pendant les années passées, vous ayant été faites sans autre intérêt que de vous donner des marques de sa bonté et de sa protection, elle a désiré qu’il en fût de même de la séparation des communautés d’avec Six-Fours, qu’elle a accordée à votre très-humble supplication, et m’a donné ordre de vous écrire que son intention est que vous receviez toutes ses grâces sans qu’il vous en coûte aucune chose, et que si par cette considération vous avez fait des présents à quelque personne, elle désire que vous la lui nommiez et que vous lui expliquiez la qualité des présents. Je suis votre très-humble et très-affectionné serviteur. Colbert. » (Lettre de Colbert, alors ministre d’État, que Mazarin avait chargé d’écrire à Messieurs de La Seyne. Pièce aux archives communales)

1611 – 2 mars : Les Maures se livraient surtout à l’attaque des navires en mer et s’emparaient ainsi de leurs cargaisons et presque toujours des hommes pour les amener en esclavage. Plusieurs Saint-Nazairiens (Sanaryens) seront l’objet de telles déportations. La réciproque est également vraie, puisqu’en 1611, le 2 mars, après une enquête prescrite par le Parlement, on découvrit à Ollioules onze familles, soit 70 « morisques » tant grands que petits dans les maisons de Gaspard Isnard et de Gombaud Vitalis, médecin à Ollioules. Ils furent conduits à Six-Fours pour y être embarqués sans doute à la suite d’un échange. Il s’agissait d’un véritable trafic.. Certains en revinrent, d’autres y moururent (A. Place, H. Ribot , B. Rotger, 1982 ; B. Rotger, 1984 (intégralement repris dans Rotger B., 1990, p. 9)).

1793 – 3 mars : SITUATION MILITAIRE DE LA PLACE DE TOULON AVANT LE SIEGE MIS PAR LES TROUPES DE LA RÉPUBLIQUE (mars 1793) ; L’ARMEMENT DU FRONT OUEST (ouvrages côtiers seulement).
Voici quel était, quelques mois avant le commencement des opérations qui devaient aboutir à la reprise de Toulon, l’armement des batteries et des forts permanents se trouvant à l’occident de la place forte ; la plupart de ces ouvrages étant situés sur le territoire de la commune de La Seyne. La situation que nous donnons ci-après est celle qui existe à la date du 3 mars 1793.
Commune de La Seyne :

— Ouvrage de l’Eguillette (matériel de côte) : 10 canons en fer de 36 et 7.350 livres de poudre ;

— Ouvrage de Balaguier (mat. de cote) : 5 canons en fer de 36, 2 de 12 ; 2 mortiers en fer de 12 ; 19.800 livres de poudre ;

— Ouvrage de la Caraque (mat. de côte) : 7 canons en fer de 36 et 5.700 livres de poudre ;

— Batterie du Puits (mat. de côte) : 7 canons en fer de 36 et 1.000 livres de poudre ;

— Batterie de Mord’huy (mat. de côte) : 4 canons en fer de 24 ; 400 livres de poudre ;

— Batterie de La Coudoulière (mat. de côte) : 2 canons de 36 ; 292 livres de poudre ;

— Ouvrage de Saint-Elme : 11 canons de 36 (en fer), 2 de 8 ; 1 mortier en fer de 12 ; 1.482 livres de poudre ;

— Batterie de Fabrégas (mat. côte) : 3 canons en fer de 24 et 500 livres de poudre ;

— Batterie du Bau-Rouge (mat. côte) : 3 canons en fer de 24 et 500 livres de poudre ;
Commune de Slx-Fours :

— Batterie Saint-Pierre-des-Embiez : canons en fer de 36 ;

— Batterie du Grand-Rayollet (mat. côte) : 4 canons de 24; 838 livres de poudre ;

— Fortin du Cap Nègre (mat. côte) : 1 canon de 36, 3 de 24 ; 945 livres de poudre ;
Commune de Saint-Nazaire (Sanary) :

— Batterie de Portissol (mat. côte) : 4 canons en fer de 18 ; 640 livres de poudre ;

— Fortin de la Cride (mat. côte) : 4 canons de 24 ; 774 livres de poudre (ce fortin fut établi à une époque de peu antérieure à 1695, époque où il fut armé en mortiers, canons et poudre sous les ordres du maréchal de Tourville).
Commune de Toulon :

-La redoute de Malbousquet (commune de Toulon) n’est pas armée à la date du 3 mars 1793, ni le fort et la redoute de Saint-Antoine; en juillet 1793, à la veille même du siège, des ouvriers des localités des environs de Toulon travaillent au fort de Malbousquet.

-D’autre part, la citadelle de la Grosse-Tour, le fort Lamalgue et la batterie de la Croupe-Lamalgue (tous en commune de Toulon) qui sont vis-à-vis de nos ouvrages de l’Eguillette, de Balaguier et de la Caraque (Saint-Mandrier) possèdent l’armement suivant :

— Grosse-Tour : 3 canons en fer de 36, 19 de 24, 6 de 6, 4 mortiers en fonte de 12 ; 25.597 livres de poudre ;

— Fort Lamalgue : 3 canons en fonte de 24, 2 de 8 ; 36 canons en fer de 24, 23 de 18, 23 de 12, 21 de 8 et 12 de 6 ; approvisionnement en poudre : 41.000 livres ;

— Batterie de la Croupe-Lamalgue : 9 canons en fer de 36, 2 mortiers en fer de 12 ; la poudre est stockée à la Grosse-Tour (D’après Louis Baudoin, 1965, p. 336-338).
Toulon passait à l’époque pour un des camps retranchés les plus redoutables du monde. Le général Du Theil assurait que la ville était imprenable. Les montagnes qui encerclent la ville étaient déjà couvertes de forts et l’accès des rades défendu par de puissantes fortifications. Les coalisés Anglais, Espagnols, Piémontais, Napolitains, établirent des ouvrages de campagne qui commandèrent tous les passages. Ils construisirent trois redoutes particulièrement puissantes.

-A l’est la redoute du Cap Brun qui, de la côte 103, commandait une partie de la grande rade, et tous les atterrages, de la pointe Sainte-Marguerite au fort Saint-Louis.

-A l’ouest, derrière la Rivière-Neuve, la redoute de Malbousquet qu’ils armèrent de seize canons de gros calibre.

-Enfin au sud, la redoute Mulgrave, appelée par les Français la Grande-Redoute, qui commandait des hauteurs du petit massif du mont Caire à La Seyne, l’entrée de la petite rade et une partie du plan d’eau de mouillage des escadres.

La ville elle-même était ceinturée de dix bastions. Quand je dis dix bastions, c’est le résultat d’un compte personnel, les murailles ne présentaient en réalité face à la terre que sept bastions, les autres étant tournés vers la mer, mais j’ai pensé que le cercle de forts et de redoutes qui entouraient la ville valaient bien les trois bastions nécessaires à mon calcul. Si en cette fin du XVIIIe siècle, la tactique en rase campagne avait évolué avec l’arrivée sur les champs de bataille des masses républicaines, l’attaque des places fortes était restée tributaire des règles anciennes, et les préceptes de Vauban avaient toujours valeur d’exemple. Le traité de la défense des places du maréchal de Vauban, réédité en l’an III, fixe la garnison et le nombre de bouches à feu nécessaires à la défense d’une place d’après le nombre de bastions dont cette place est ceinturée. Ayant admis que Toulon était ceinturée de 10 bastions, la garnison devait compter au moins 6 000 hommes, le nombre de bouches à feu devait comprendre 100 canons, dont 50 de gros calibre, avec 54 mortiers. Conditions plus que satisfaites au moment du siège de Toulon, les coalisés disposant d’environ 20 000 hommes, et le nombre de leurs canons étant dix fois supérieur à celui fixé par Vauban. Pour l’attaque de la même place un siège en règle susceptible d’évoluer favorablement en 60 jours nécessitait une armée de sept à dix fois supérieure à la garnison assiégée. Toulon étant tenue par 20 000 hommes, c’est 140 000 hommes que les Républicains, d’après Vauban, auraient dû mettre en ligne. Quant aux bouches à feu, toujours d’après Vauban, les Républicains auraient dû mettre en batterie 194 canons de siège (Pierre Vieillefosse, 1977, p. 8).
Au 3 mars 1793, la batterie du Grand-Rayolet comptait 4 canons de 24, celle du Cap Nègre, 1 canon de 36 et 3 de 24, celle de Portissol, 4 canons de 18, et celle de la Cride, 4 canons de 24. Tous ces canons étaient en fer (Roger Vallentin du Cheylard, Sanary et le siège de Toulon ; Krebs et Moris, Campagnes dans les Alpes pendant la Révolution, p. CXXXVI).),

1970 – 4 mars : LE SOUS-MARIN EURYDICE DISPARAÎT AU LARGE DU CAP CAMARAT. Accident de plongée (?) Collision avec un cargo (?) 57 morts Aucun survivant. Le 4 mars 1970, le sous-marin Eurydice disparaît au large du cap Camarat par 43°16N/6°E, suite à un accident de plongée ou à une collision avec un cargo. Dépêchés sur les lieux, deux Atlantic, les escorteurs Surcouf, Duperré, Le Picard, Le Vendéen, Le Brestois, L’Alerte, six dragueurs, les bâtiments de soutien Arago, Jean Charcot, les sous-marins Daphné et Doris, quatre dragueurs italiens et tous les bâtiments de la direction du port de Toulon disponibles, vont entreprendre les premières recherches. La gabare Fourmi découvre une tache de gasoil et divers débris. L’analyse du gasoil permis d’établir qu’il s’agissait d’un carburant de sous-marin avec forte teneur en soufre. Il n’y a plus de doute, l’Eurydice et ses 57 hommes d’équipage sont perdus. L’épave de l’Eurydice sera localisée précisément et explorée, en avril 1970, par 750 mètres de fond. Plusieurs hypothèses ont été évoquées pour expliquer le naufrage de l’Eurydice, collision avec un cargo (le cargo tunisien Tabarka sera examiné en détail au bassin à Marseille), voie d’eau accidentelle, avarie de barre ? Aujourd’hui encore, on ne connait pas la cause exacte de cette tragédie. Ce qui est certain c’est qu’un évènement imprévu a entraîné la perte de contrôle du sous-marin. Ce dernier a alors été entraîné au fond. La coque des sous-marins type Daphné peut résister (théoriquement) jusqu’à des profondeurs de 575 mètres. L’Eurydice aura été entraîné bien plus profond… A partir de 04 : Des recherches pour trouver l’épave sont entreprises par un bâtiment de l’US Navy, le « Mizar », puis par le bathyscaphe français « Archimède ». Le 22 avril, l’épave de l’Eurydice sera découverte et localisée précisément par 750 mètres de fond. Plusieurs hypothèses ont été évoquées pour expliquer le naufrage de l’Eurydice : 1) Une collision avec un cargo. L’identité de tous les cargos qui naviguaient dans la zone d’exercice avait été relevée. On s’intéressa notamment au cargo tunisien Tabarka, qui sera examiné par DCN au bassin à Marseille. Des traces de rayures sur sa coque peuvent faire penser à un choc léger avec les appendices du sous-marin, mais rien n’est vraiment sûr. 2) Une voie d’eau accidentelle ; 3) Une avarie de barre, comme celles qu’ont connues la Galatée en 1962, ou la Diane en 1964 ? (Georges Kévorkian, 2005).

1798 – 5 mars (15 Ventôse an VI) : LES DIRECTEURS CHOISISSENT D’ÉLOIGNER BONAPARTE – Comme Bonaparte, par ses succès en Italie, devenait trop encombrant, les directeurs choisirent de l’éloigner et de lui proposer une conquête de l’Égypte pour couper à l’Angleterre la route terrestre des Indes (Lucien Bély, Histoire de France, édit. Gisserot, 1997). L’expédition d’Égypte est définitivement décidée car c’est à cette date que Bonaparte obtient l’adhésion encore hésitante de son gouvernement qui, pourtant, n’est dans le fond pas tellement fâché de voir s’éloigner ce jeune général ambitieux. Selon les directives données par Bonaparte, en accord avec le Directoire, l’expédition dont le but est gardé secret va entrer dans sa période active de préparation. Toulon est le centre principal de vastes mouvements qui se font aussi à Marseille, Gênes, Ajaccio et Civita-Vecchia qui constituent autant de bases pour la réunion et le futur embarquement des éléments de l’armée appelée à agir en Égypte. Dans les jours qui viennent, corps et détachements descendent la vallée du Rhône pour se diriger vers la côte provençale tandis que d’autres troupes font mouvement sur l’Italie (Louis Baudoin, 1965, p. 407).

1899 – 6 mars : EXPLOSION DE LA POUDRIÈRE N°1 DE LAGOUBRAN – « Dans la nuit du 5 au 6 mars 1899, la poudrière n° 1 de Lagoubran, située au nord de La Seyne et à 3 kilomètres à l’ouest de Toulon… sauta !

« Les deux poudrières identiques, implantées près du rivage de la rade, étaient entourées d’un haut mur d’enceinte en pierres et séparées, l’une de l’autre, par un large talus de terre ce qui fit que, lors de l’explosion de la poudrière n° 1, située au nord de l’autre, la poudrière n° 2 fut préservée par ce talus, mais, par contre, ce dernier, faisant l’effet d’un réflecteur, orienta la force de l’explosion vers le nord de telle sorte qu’elle emporta, d’un bloc, le mur d’enceinte et alla en projeter les débris sur le village de Lagoubran, situé à près d’un kilomètre de là.

“Il y eut cinquante-quatre morts et une centaine de blessés dont plus de trente grièvement. Après celle du « Magenta » en 1875, c’était la seconde fois que Toulon était « traumatisé » par une explosion de cette espèce et l’on commença, après avoir éliminé les hypothèses d’attentat et de négligence, à suspecter l’altération possible des nouvelles espèces de poudres ou d’explosifs… « sophistiquées ».

« Quelle que soit la cause de cette explosion, écrivait le reporter de 1’Illustration, il faut avouer que la situation des Toulonnais, qui vivent parmi des milliers de tonnes de terribles explosifs, est peu enviable.

« Que la poudre soit susceptible d’exploser d’elle-même dans les poudrières, ou qu’il soit possible à une main criminelle de glisser dans une caisse de dynamique un détonateur, Toulon court le même risque : celui de se réveiller un jour, comme Pompéi, sous les cendres des volcans artificiels qui l’entourent… » (Amiral Lepotier, Toulon, Porte du Levant, 1972)

« Catastrophe de Lagoubran : Un véritable cataclysme se produisit à Lagoubran avec l’explosion d’une poudrière de la pyrotechnie : plus de 100 morts, des centaines de blessés, des milliers d’immeubles détruits (Marius Autran, Chronologie de La Seyne, 1967 et vol. 1).

La terrible catastrophe de Lagoubran touchera de près la population. Une formidable explosion dans une poudrière, située à l’Ouest de l’embouchure de la Rivière Neuve à Toulon, creusée par Vauban pour détourner les eaux du Las, fera une centaine de morts et de nombreux blessés. La poudrière N° 1 contenait 10 tonnes de poudre B. Elle fit trembler les maisons à Saint-Mandrier. La Marine venue de la presqu’île pour aider les sauveteurs, se dispensa sans compter. Quelques jours après un grand élan de solidarité s’empara de la population de la section de Saint-Mandrier. Les fêtes humanitaires, les galas, les collectes se succédèrent au bénéfice des sinistrés de Lagoubran » (Gisèle Argensse, 1989, p. 106).

1794 – 7 mars (17 ventôse An II) : LE BEAUSSET SE PLAINT DE CE QUE L’INFÂME TOULON N’A PAS PAYÉ EXACTEMENT UNE DETTE – Le 7 mars 1794, Le Beausset se préoccupe encore d’une vieille affaire qui remonte juste avant la rébellion fédéraliste de juillet 1793, quand, acculée par le manque de blé, leur commune avait conclu un marché avec Toulon. « Les Toulonnais nous donnant du blé, et nous du vin. Mais si les beaussetans ont versé à Toulon pour une valeur de 37.726 livres 10 sols de vin », l’infâme ville de Toulon n’a jamais fait parvenir les fonds nécessaires pour acquitter le vin». «Le conseil général (du Beausset), ouï l’agent national, considérant que les traîtres toulonnais ont trompé la commune du Beausset dans l’échange du vin qui devait être fait pour du blé,… délibère qu’il sera de suite fait une pétition au nom de la commune aux citoyens composant la commission de Port de la Montagne, pour lui demander le paiement du dit vin qui ne saurait être refusé attendu que la commune a payé exactement tout le blé qui lui avait été délivré…”. Pour 37.726 livres 10 sols, somme considérable, cela valait quand même la peine d’essayer ! (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française)

1484 – 8 mars : Édit royal rétablissant la liberté du commerce (Lobrichon G. – Journal …, p. 426). A la suite de cet édit royal, trois tableaux statistiques d’Ollioules sont parvenus jusqu’à nous, deux consignés dans le livre de raison de Jaume Deydier, pour les années 1491 et 1516, un autre publié par E. Castellan, pour l’année 1500. Apparemment, la réforme de l’agriculture, et l’intéressement qui en fut le moteur, ont porté leurs fruits si l’on en juge par l’évolution de la production et de son rapport en moins de 20 ans : de 1491 à 1500 puis 1516, le nombre de maisons passe de  240 à 300 ;  le blé consommé, de 12000 setiers à 14000 setiers ; le blé importé, de 4000 à 4500 setiers ; les olives, 7000 moutes (en 1491 et 1500) et dix florins la millerolle (en 1516) ;  les figues, de 800 florins à 3000 florins ; les oranges, de 400 florins à 1500 florins ; le vin est produit en quantité (de 4000 à 4500 milleroles) (Cahier du patrimoine ouest varois n°7, 2003, chapitre 1488 – 1516 – Economie d’Ollioules à la fin du Moyen Age et au début de l’Epoque moderne). Nota : Moute (mota) : quantité d’olives broyées par la meule en une fois soit 32 décalitres.

1944 – 9 mars : MAURICE SCHUMANN A LA BBC PARLE DE L’AFFAIRE DU MAQUIS DE LA FERME DE LA LIMATE (SIGNES) – A 21h 45, Maurice Schumann à la BBC utilise un article rédigé quelques semaines plus tôt par le futur député Julien Cazelles et paru dans « Résistance », journal de la Résistance de l’arrondissement de Draguignan. Il s’agit de l’affaire, rapportée d’ailleurs par plusieurs autres journaux clandestins, que voici. L’action réclamée par le Préfet du Var contre les jeunes réfractaires, ce sont les Allemands qui vont la mener le 2 janvier 1944. Mais il n’est pas sûr qu’il y ait un lien direct entre les dénonciations précédentes et cette attaque. Depuis octobre, stationne à Toulon puis Bandol un groupe de jeunes Français (si l’on peut dire) enrôlés au service des Allemands, spécialisés dans le repérage des maquis et leur infiltration en se faisant passer pour réfractaires. Il est fort possible que ce soient les éléments de ce groupe (dit groupe Brandebourg) qui soient à l’origine de l’attaque, car la présence des maquisards est connue ; ils ne se cachent guère ; certains fréquentent les bals de l’hôtel des Acacias. Conscients du danger, les responsables de la 1e Compagnie ont inspecté le détachement la veille ou l’avant-veille de l’attaque et lui ont donné l’ordre de changer de lieu de stationnement. Le fait est que le dimanche 2 janvier au petit matin le groupe est cerné dans la ferme de Limattes par environ 75 Allemands partis du Moulin du Gapeau où le propriétaire, suisse d’origine, les aurait accueillis. On entend tirer à partir de 9 h30, pendant 3/4 d’heure (d’autres sources disent 1 h30). Les maquisards tirent jusqu’à épuisement de leurs munitions et brisent les crosses de leurs armes pour qu’elles ne puissent plus être réutilisées par les Allemands. Ceux-ci auraient eu des pertes, mais on ignore leur nombre. Deux maquisards, Alexandre Strambio et Lucien Henon, de retour de mission ont été interceptés (l’un d’eux porte un uniforme pris sur la route de La Garde-Freinet, en décembre, aux gendarmes de Grimaud hostiles à la Résistance). Ils seront déportés (Henon n’en reviendra pas). Deux ou trois maquisards ont pu s’échapper ; les neuf autres sont faits prisonniers et fusillés avec le berger Honnorat qui se trouvait là. Les maquisards ont la tête criblée de balles, le berger a été touché au bas-ventre. L’affaire fait grand bruit et soulève une émotion considérable. Les obsèques de certains des morts dans leur localité d’origine sont l’occasion de manifestations patriotiques imposantes. Ainsi, celles de Pierre Valcelli, retrouvé avec 36 impacts et un bras cassé, à Salernes le 7 janvier et celles de Serge Venturrucci au Luc, le 9. Quelques jours après, Philippe Henriot, chroniqueur patenté du régime à la radio officielle, tente de réagir en niant l’évidence, c’est-à-dire la réalité de la répression sanglante ! ce n’est que le mercredi 5 janvier que le charnier est trouvé par Sansonnetti et les gendarmes, à 300 mètres de la ferme, repéré par les pieds qui en émergent. Le lendemain, lorsqu’ils remontent avec le Parquet de Toulon, ils ont la surprise de voir les cadavres déterrés, étendus sur l’herbe, recouverts d’une couverture, chacun portant épinglée une feuille de papier avec son nom. Un gendarme fait des photos, mais les Allemands lui confisquent l’appareil et la pellicule. Les corps sont descendus au village et enterrés ce jour-là. Basset et Sansonnetti mourront en déportation (Ferrero François qui ravitaillait les FTP est également l’une des victimes de la répression de l’occupant. Liste des tués de Limattes: ALPHONSO, officier aviateur de l’armée italienne. BATTAGLIA Paul, 23 ans, ouvrier tailleur, Sainte-Maxime. GIANNA Joseph, HONNORAT Ambroise, 67 ans, berger. HUON Amédée, 22 ans, région parisienne, pompier. JOANNI Yvan, Savoie, maître skieur. LAFONT Georges, 21 ans, matelot, originaire de Gironde. PERRUCCA Jean, 24 ans, originaire de Savoie. VALCELLI Pierre, 22 ans, ouvrier céramiste, Salernes. VENTURUCCI Serge, 22 ans, ouvrier boulanger, Le Luc (var39-45 / lieux / ouest / signes).

1807 – 10 mars à avril : Parmi les bateaux étrangers fréquentant le port de La Seyne, on peut citer en avril 1807, le brick « Général Armstrong » commandé par le capitaine John SINCLAIR, américain de nation, natif de NEW-YORK, du port de 204 tonneaux, chargé de tabac et de genièvre, venant de CADIX d’où il était parti le 10 mars dernier, n’ayant pu rejoindre MARSEILLE sa destination, à cause de la flotte anglaise, vint relâcher dans notre port. Il était équipé de 12 personnes, tous américains, et avait à bord un passager, Jacques FINZI, natif de FLORENCE en ÉTRURIE. Ce bateau étant en règle tant au point de vue cargaison qu’état de santé, on lui donna un pilote pour le conduire à MARSEILLE (Rotger B., 1984, p. 355).

Du 11 au 17 mars

1431 – 11 mars : LA SAINTE-BAUME ÉTAIT POUR LES PROVENÇAUX LE CENTRE D’UN CULTE TOUT NATIONAL qui y attirait des diverses parties du monde des multitudes pleines de dévotion pour Sainte Madeleine, dit Eugène IV dans une bulle (11 mars 1431). Marie d’Anjou, femme de Charles VII et sœur de René, n’y avait-elle pas fait acte de pèlerinage ? Et René lui-même, à peine sorti de la prison où l’avait tenu le duc de Bourgogne, dans ses préparatifs d’embarquement pour Naples où Alphonse d’Aragon lui disputait l’héritage de Jeanne II, n’y avait-il pas passé neuf jours de retraite spirituelle… ? (Plus tard), Louis XI, encore dauphin, (vint) au tombeau de sainte Madeleine à Saint-Maximin… Non loin d’Ollioules, sur le territoire de Six-Fours et le long de la mer, était un vieux chemin pavé appelé lo camin romiou de Santa Madalena… Il était analogue à tous ceux que distinguait la même dénomination de Camini Romei, Romeorum via. Le long de ces voies s’élevaient des hospitalités, des maisons de refuge… jusque dans les hauteurs alpestres (Celle du Lautaret, dédiée à sainte Madeleine, occupait un point à 2057 m d’altitude, où est la ligne de partage des eaux de la Durance et de l’Isère) … Les pèlerinages à sainte Madeleine étaient de fondation, sitôt que les époux avaient reçu la bénédiction nuptiale, et la coutume s’en conserva longtemps après le moyen âge. … Quelques pierres, placées les unes sur les autres, sont le témoignage de l’accomplissement de ce vœu. Elles se nomment castellets. On en rencontre une grande quantité dans les bois, sur le chemin de la grotte, et jusqu’aux abords du Saint-Pilon. Selon Bérenger-Féraud (Revue d’Anthropologie, 15 janvier 1880), les castellets « présentent deux variétés assez distinctes… Les uns sont constitués par un amoncellement de quelques pierres, de trois à une douzaine, disposées de telle sorte qu’elles forment une pyramide grossière… Les autres le sont par une seule pierre plus longue et que l’on a eu soin de placer dans une des cavités ou fissures que présentent les rocs du sommet de la montagne, de manière à offrir un véritable menhir de petite dimension… » (cité par de Ribbe, 1898, p. 177, n 1).

Note : Ce qu’on nomme Romérage dans les usages marseillais s’appelle Trin dans le département du Var , Vot dans celui de Vaucluse, Apport dans l’Ailier, Vogue dans les départements de l’Aisne et des Hautes-Alpes, Dédicace dans les Ardennes, Ducase en Artois et Pardon dans les Côtes-du-Nord et en Bretagne. On ne nous saura pas mauvais gré de donner l’étymologie du mot Romérage, qui est l’ancien mot Romivagium , dérivant du provençal Roumeragi ou Roumevagi, le premier est tiré du latin Roman ire, aller à Rome , et le second signifie viagi à Roumo , voyage à Rome, en espagnol Romeria. C’est ainsi qu’on appelai! autrefois les pèlerinages à N. D. de Lorette, et par extension tous les pèlerinages : d’où était venu le nom de Roumiaou , que l’on donnait aux pèlerins (Magloire Giraud, notice historique de saint Cyr, 1855, note 43, p. 136).

1907 – 12 mars : A TOULON, L’EXPLOSION DU CUIRASSÉ « IÉNA » fait 117 morts et 33 blessés (résumé fait à partir de plusieurs sources) – Le cuirassé Iéna est dans le bassin Missiessy à Toulon, les travaux de visite de la mèche du gouvernail et de carénage du bâtiment sont presque terminés. Tout paraît normal dans la vie du bâtiment. Après le déjeuner l’appel est fait. Les hommes de l’équipage regagnent leur poste. Les ouvriers détachés de l’arsenal pour la réparation de l’Iéna ne sont pas encore remontés sur le cuirassé pour reprendre les travaux interrompus par le repos du midi. Après 13 h 30, une explosion a lieu dans la soute à munitions de 305 mm arrière, gagnant l’ensemble du bâtiment. Le cuirassé Patrie amarré dans la darse voisine défonce la porte du bassin d’un coup de canon pour inonder le bassin.

Selon Eric Gille, « l‘explosion de l’Iéna est attribuée à un court-circuit dans une soute à poudre noire, et non comme on le crut à la poudre B. Une réglementation très stricte des installations électriques est établie pour éliminer ce danger. »

Mais d’après le rapport de la commission d’enquête parlementaire d’Ernest Monis, la raison est due à l’inflammation spontanée de la poudre B. C’est ainsi que le rapport conclut : « L’étude du rôle joué par la poudre B dans l’explosion de l’Iéna n’a fait ressortir aucune différence entre cet accident et ceux qui l’on précédé. La première manifestation de la catastrophe a consisté en la brusque apparition sur l’arrière de l’Iéna d’une flamme de poudre B. Cette flamme partait de la soute 5 tribord ou soute de 100. L’inflammation de cette soute n’a été provoquée par aucune intervention humaine ni par aucune des causes accidentelles en avant : explosion de torpilles, court-circuit, ondes hertziennes, affolement de la pompe Rateau et ses conséquences supposées ; elle n’est attribuable qu’à la décomposition spéciale à la poudre B. Cette décomposition dont le principe est inhérent à la poudre, a pu être précipitée par la réunion de trois circonstances fâcheuses :

1. La soute était située sous le compartiment des dynamos dont la température était constamment élevée.

2. Elle était dépourvue d’appareil réfrigérant ; pour l’aérer on était obligé de l’ouvrir pendant une heure le matin au risque d’y introduire à certains moments de l’air plus ou moins humide.

3. Le stock de munitions, enfermé dans cette soute dangereuse, était formé jusqu’à concurrence de 80 % de vieilles poudres dont l’accumulation avait inquiété le commandant Adigard, qui avait fait, à la date du 7 novembre 1906, dans un rapport à l’amiral Touchard, commandant de l’escadre, des réserves sur la avaries qui pourraient résulter de leur présence à bord de l’Iéna.

D’autre part, cette soute était contiguë à une soute de poudre noire et les dangers de ce voisinage immédiat étaient encore augmentés par le fait qu’en vue d’un noyage simultané des deux soutes, elles communiquaient par une ouverture pratiquée dans la cloison qui les séparaient. L’inflammation de la soute 5 paraît avoir provoqué l’explosion des soutes de poudre noire et l’incendie des autres soutes de poudre B de l’arrière. Partout l’incendie a trouvé un aliment trop facile dans le linoléum et la peinture. »

La poudre B est de composition instable (seules les munitions à poudre B ont été conservées à bord pendant les travaux). Cette poudre est utilisée pour éviter la fumée qui réduit les cadences et gêne les corrections de tir. Pour la confectionner, on dissout la nitrocellulose dans de l’éther avec le risque de combustion spontanée que cela comporte. Le noyage des soutes n’a pu être effectué par le collecteur de noyage du navire, qui en cale sèche, n’était pas alimenté par la mer. Le raccordement est prescrit depuis mais on a surtout ordonné de débarquer les munitions d’un bâtiment entrant dans un bassin.

Description de l’explosion :

Peu après 13 heures, une flamme jaillit sur le navire par tribord, sous la forme d’un faisceau régulier allant de la cheminée arrière jusqu’à la tourelle arrière de 305 mm.

A 13 h 55, deux détonations rapprochées se produisent, suivies de cinq autres. Des débris sont projetés dans le bassin et sur le terre-plein tribord jusqu’à 500 m du navire, rendant particulièrement difficiles les opérations de secours. Pour éviter les dangers d’explosion, on remplit la cale et la porte du bassin est défoncée par un coup de canon tiré de la Patrie amarrée dans la darse voisine.

A 16 heures, aucune autre explosion n’est à craindre.

Le second maître mécanicien Le Formal, embarqué sur l’Amiral-Baudin, a assisté à la catastrophe et raconte en ces termes à la commission d’enquête judiciaire ce qu’il a vu :

 » Le 12 mars, vers 1 heure 40 environ, je me dirigeais vers l’Iéna où j’allais voir un camarade. Je me trouvais exactement le long du bassin que venait de quitter le Masséna, dans la matinée, et à la hauteur de la tourelle arrière de 305 de l’Iéna, dont j’étais séparé par une distance d’environ 40 mètres, et j’avais les yeux fixés sur le compas de la passerelle arrière, lorsque subitement, je vis surgir un faisceau de flammes s’étendant de l’arrière de la cheminée arrière jusqu’à l’avant de la tourelle arrière de 305. Les flammes étaient bleues et mélangées de jaune rouge, formant une gerbe, limitée horizontalement et s’élevant uniformément à la hauteur de la hune arrière. A ce moment-là, il n’existait aucune trace de fumée. Je restai quelques secondes immobile et saisi de stupeur, puis machinalement je fis quelques pas, poursuivant mon chemin vers l’Iéna, dans l’attente anxieuse de ce qui allait survenir. Je ne savais que penser et j’étais dans l’attente d’une explosion que je ne voyais pas se produire. Je trouvais le temps très long, et cette détonation que je croyais toujours imminente, finit par se faire entendre au bout d’un temps que je crois pouvoir dire être au moins de dix secondes. Cet intervalle entre l’apparition des flammes et le bruit de l’explosion, je l’estime au chiffre de secondes que j’indique, sans crainte d’exagération parce que c’est pour moi un minimum. Pour ma part, j’ai perçu très nettement les bruits produits par cette explosion. J’ai d’abord entendu une détonation sourde et aussitôt après une deuxième détonation beaucoup plus tonnante. Bien des témoins ont pu croire qu’il ne s’était produit qu’une seule détonation, tant elles ont été rapprochées. »

Le témoin décrit alors les fumées qui ont apparu après la première explosion. Il ajoute :

« Du côté tribord, également, avant la première explosion, j’avais vu les flammes sortir également par toutes les issues débouchant sur le pont (panneaux et manches à air) et aussi par les hublots et sabords. »

Les dégâts : Après la catastrophe, l’Iéna est dans le bassin Missiessy qui a été inondé par le défonçage du bateau-porte par un coup de canon tiré par la Patrie. Le bâtiment est maintenu par un ensemble de madriers que l’on appelle des accores. Ces accores ont pour but de maintenir latéralement le navire lors de la mise au sec pour que la quille porte parfaitement sur la ligne de tins disposer au fond du bassin et aussi pour l’empêcher de déverser dans le bassin. Les dégâts causés par les explosions sont considérables, ne laissant aucune chance aux marins se trouvant dans la zone lors de l’accident. Le coeur de l’explosion se situe sous la tourelle de 305 mm arrière dans les soutes à munitions se trouvant à l’arrière du compartiment dynamos et dans les fonds du navire. La cloison principale étanche74 (cloison avant des soutes et cloison arrière de la chambre des machines) est complètement déformée et déchirée à sa partie supérieure. Les effets de la catastrophe ont été doubles car il y a eu les explosions avec l’effet de souffle et les projections métalliques et l’incendie avec les ravages des flammes et des fumées.

Le rapport de la commission d’enquête du Sénat décrit en ces termes l’accident et les dégâts :

 » La flamme, partant, de la région des soutes arrière et d’un point à préciser, avait lancé la brusque ascension de ses gaz enflammés par les monte-charges, les manches à air, les descentes, fissurant, brisant tous les conduits, se répandant sous le pont, du couple 78 au couple 61, à tous les étages et sur le pont, partout dévorant instantanément le linoléum et les peintures, brûlant profondément le métal lui-même ; elle allait de l’arrière de l’Iéna jusqu’à la tourelle de 305 avant, restée indemne, et atteignait même au-delà les appareils de la passerelle du blockhaus et le mât de hune après son passage, les ponts supérieurs restaient affaissés sur toute la région arrière, surtout autour du grand mât ; et depuis, dit l’ingénieur Davaux, cet affaissement a continué, « malgré une forêt d’épontilles ». Les tôles et barrots des ponts supérieurs, complètement brûlés, n’ont plus aucune résistance. Les explosions, quand vint leur tour, éventraient le navire et lui faisaient, à tribord et à bâbord, des déchirures allant sensiblement du couple 74 au couple 84, et montant jusqu’à la chaise de cuirasse, détruisant toutes les machines qui se trouvaient dans cet espace. »

Dans cette catastrophe, il y a eu 117 morts et 33 blessés.

Après la catastrophe, monsieur Thomson, le ministre de la Marine, se rend sur les lieux pour se faire une opinion sur l’ampleur des dégâts. Il est accompagné par les autorités de la Marine et par des ingénieurs de l’arsenal. Une fois l’incendie complètement éteint, il a fallu explorer l’ensemble du navire pour retrouver toutes les personnes ayant péri lors des explosions ou celles qui sont décédées asphyxiées par les fumées dégagées par l’incendie.

1817 – 13 mars : LE PASSAGE DE « LA CHAINE » DES FORÇATS À OLLIOULES PROVOQUAIT UN FLOT DE CURIOSITE OU D’INTERET. Les uns achetaient des objets aux prisonniers, d’autres, boutiquiers, regrattiers, cabaretiers, essayaient de placer quelques marchandises, nourritures ou boissons ; d’autres enfin venaient là comme à un spectacle, se repaissant du malheur d’autrui. Mais des maladies graves et épidémiques se déclaraient parfois dans la chaîne et il fallait prendre des mesures pour protéger la population des risques de contamination. Le maire d’Ollioules, informé « qu’il s’est manifesté dans les prisonniers destinés aux galères (faisant partie de la chaîne passant à Ollioules) une maladie contagieuse », prend les mesures qui s’imposent : art. 4 : « Le sergent de ville et le garde champêtre sont chargés, le jour du passage de la chaîne, de faire retirer dans leurs habitations les personnes qui se trouveraient sur la grande route lors du passage » (docteur Raoulx – Le bagne de Toulon).

1437 – 14 mars : Jean Sauveur d’Ollioules, accusé d’avoir fraudé sur les droits royaux en transportant de l’huile entre Ollioules (Oliolis) et Barjols (Barjoulx), est exempté par la Grande Cour d’Aix des droits royaux relatifs au transport de l’huile entre Ollioules et Barjols. Cette décision de justice est rendue en application de l’acte royal daté du 3 juillet 1399 exemptant de tout paiement et prestation de péage dans la ville de Toulon et son district et même dans les terres domaniales des comtés de Provence et de Forcalquier et terres adjacentes présentes et à venir prix de l’aide sans faille que les universitats et hommes de ces castra avaient apporté au partie légitimiste rendant ainsi francs, libres et exempts pour l’avenir (Castellan, 1937, p. 22).

1811 – 15 mars : LA DISPARITION DE CERTAINES INDUSTRIES AMENE LA RECHERCHE DE PRODUCTIONS DE REMPLACEMENT – Certaines industries comme celle du coton se trouvèrent ruinées. Le sucre ne parvenait plus des plantations antillaises. Il fallut essayer de trouver des produits de remplacement ou tenter des cultures pouvant compenser le manque de certaines importations. On essaya la culture des betteraves pour faire le sucre et on tenta aussi la culture du coton. Ces deux expériences furent aussi faites sur le sol de SAINT-NAZAIRE, en 1810. Ollioules et Sanary : déclaration de la quantité de terre à ensemencer en betterave, daté du 15 mars 1811. Malheureusement, soit par défaut de connaissance dans la manière de le semer, ou de le cultiver, soit peut-être parce que la terre n’y était pas propice, ce fut un échec. Sauf dans la propriété de Monsieur Honoré GARNIER, ingénieur constructeur à TOULON. La qualité en blanc ou en Nankin obtenue fut très belle. Tous les autres agriculteurs n’avaient même pas recueilli assez de graines pour réensemencer et cela les avait découragés. Pourtant, Charles ROUSTAN, greffier de la commune, qui avait lui-même donné les instructions, pensait que si cela n’avait pas réussi c’est parce que l’on avait semé trop tard (Mars). Cette expérience ne semble pas avoir été poursuivie (Castellan E., 1937, p. 266 ; Rotger B., 1984, p. 358)

1779 – 16 mars : PRÉPARATION DES ÉTATS GÉNÉRAUX A TOULON : Dès 1789, la vaste église du couvent des Minimes avait attiré l’attention du nouvel état de choses. Le 23 mars 1789, la salle de l’Hôtel-de-Ville ayant été envahie par la populace qui alla saccager le palais épiscopal, on s’y réunit pour y procéder à l’élection des députés aux États généraux. Déjà le 16 mars, la municipalité avait demandé l’Église pour une réunion éventuelle. Le 23 juillet, la corporation des cabaretiers avec son notaire y tint sa réunion annuelle pour élire ses prieurs, tous avec leurs insignes (Ste-Marthe tenant en laisse la tarasque). M. de Béthésy crut devoir empêcher cette réunion pacifique : le Supérieur des Minimes dut adresser une vive protestation. A partir de ce jour le couvent y vit pas mal de réunions. L’assemblée électorale du Département du Var y tint ses réunions du 5 juillet au 7 août 1790 (Chanoine Bouisson, 1935).

On sait que 35 membres de la caisse patronale ont démissionné, mais il s’en est trouvé 50 autres pour s’y inscrire aussitôt. Division entretenue, certainement. Vingt gendarmes à cheval en renfort (Martinenq Patrick, 1983).

1898 – 17 mars : 2 000 CHÔMEURS DANS LES RUES DE LA SEYNE – Le 17 mars, 2 000 chômeurs (grévistes et mis promenade) baillent par les rues de la cité. Au sous-sol des écoles, les réunions plénières ont] toujours la même intensité, discours après discours, les’ animateurs motivent l’ardeur du groupe. Les indicateurs rapportent que certains syndicalistes espèrent avoir gain de cause car, par la suite, les ouvriers pourraient demander la journée de 8 h et exiger que les contremaîtres soient choisis par les syndicats. Revendications folles, impensables pour le moment. Sans cesse, le comité cherche à prouver la légitimité de sa revendication – faire arrêter la caisse patronale – et obtient des garanties chez le premier magistrat de la ville et le soutien des journaux et des commerçants. Silence de la direction des Forges et Chantiers de la Méditerranée. Et l’on réclame l’arbitrage de l’Etat (Patrick Martinenq, 1983).

Du 18 au 24 mars

1798 – 18 mars (28 Ventôse an VI) :

1. LA FUTURE ARMÉE D’ITALIE SE MET EN ROUTE POUR TOULON – La division Meynard (1re de l’armée d’Italie), qui était rentrée d’Italie, fut mise en route sur Toulon ; à Lyon, cette division s’embarqua sur des barques et sur des chalands qui la transportèrent par le Rhône jusqu’à Avignon d’où elle devait gagner Toulon par les chemins les plus directs. C’est le général Lannes qui était chargé de s’en occuper. Ce fut vers le même moment qu’une commission, munie de tous pouvoirs, arriva dans le port de guerre du Midi ; elle précédait la propre venue du général en chef. Dans cette commission, on retrouvait le général d’artillerie Dommartin, blessé lors du combat d’Ollioules, en 1793 (Louis Baudoin, 1965, p. 407).

               2. SUBTERFUGE QUANT AUX BUT DE L’EXPÉDITION D’ITALIE : Pour donner le change aux espions ennemis sur le but de l’expédition, un arrêté du Directoire, du 31 mars 1798, diffuse la nouvelle que Bonaparte devait se rendre à Brest pour y prendre le commandement d’une armée en formation ayant pour objectif une descente en Irlande ou sur la côte sud de l’Angleterre (Louis Baudoin, 1965, p. 407-408).

1344 – 19 mars : PROCÈS OPPOSANT TOULON ET SIX-FOURS AU SUJET DE LA TERRE DE CEPET – Le 18 juin 1577, se déroulait un PROCÈS, AVEC ARRÊT POUR RAISON, DU PRIEUR DE SAINT MANDRIES dont l’une des pièces portait la date du 19 mars 1344 : Quelques particuliers de Tollon ayant entrepris de cultiver et posséder quelque partie de terre au terroir de Six-Fours, dans la péninsule de Sépet, étant à présent du terroir de la Seine, serait (aurait) été intenté procès par-devant la Cour du Parlement, entre les syndics de la communauté dudit Six-Fours, tant à leurs noms, que comme cessionnaires de Monseigneur l’abbé de St Victor les Marseille, demandeurs, aux fins d’être réintégrés à la possession et jouissance de certain quartier de terre situé à Sépet et au lieudit Saint Mandries, réduits en culture, et Messire Jean Baptiste Muradour, bénéficié en l’église cathédrale de Tollon, prieur de Saint Mandries, Anthoine Bremond, Sauvaire et Jean Julliens et autres particuliers dudit Tollon, disant avoir cause dudit Messire Muradour, et les consuls et communauté de ladite ville, joint à eux, Monsieur le procureur du Roi. A la poursuite duquel procès serait intervenu arrêt de ladite cour, le 18 juin 1577, au vu de pièces, par lequel vue, il est fait mention des susdites lettres royales du 11 octobre 1571. Requête de jonction de ladite communauté de Tollon du 11 mars 1573. Certains examens à facteur, faits de la part des syndics de Six-Fours du 5 mai 1486. Instrument contenant un procès fait par Monsieur Jean Martin, en son vivant chancelier du Roi de Cicille, Comte de Provence, et Maître Vidal de Cabanes, juge des secondes appellations et Mestre Rassional et Mestre Reynaud Puget, respectivement ,Mestre Rassional par commission du sénéchal de Provence, dans lequel sont insérées l’échange fait entre la Reine Jeanne de Cicille et l’abbé. Ensemble, la sentence donnée par lesdits commissaires, en date, ledit instrument du 17 juin 1455. Autre instrument produit par les défendeurs portant division des prébendes de l’église cathédrale de Tollon, du 14 mai 1525. Autre semblable instrument du 26 février 1306, et six instruments de reconnaissance faits au profit du chapitre de ladite église, par les premiers prébendes audit St Mandries. Autre instrument, où est insérée une sentence sonnée par le lieutenant de juge audit Tollon. Ensemble les enquêtes sur ce, faites en date du 19 mars 1344, avec certaines lettres en forme de justice données par le feu Roi Robert de Cicille, comte de Provence. Autre instrument fait aussi par-devant un lieutenant de juge dudit Tollon, contenant abolition des procès et procédures qui avaient été faites respectivement tant contre ceux de ladite ville de Tollon par les officiers de Six-Fours, que contre les particuliers de Six-Fours, par les officiers de Tollon, en date du 30 mai 1420. Lettres royales obtenues par les consuls dudit Tollon, du 8 mars 1575. Enquête faite par le commissaire député par la cour. Le procès-verbal fait sur le lieu et vue, figurée, accordé par les parties portant ledit arrêt, que la cour en entérinant les lettres royaux obtenues par lesdits syndics de Six-Fours, a condamné et condamne lesdits Messire Muradour, Brémond, Julliens et consorts, à eux départir de la possession et jouissance des terres par eux cultivées au quartier de St Mandries, terroir de Sépet, en vider et désemparer la vaccue possession et jouissance au profit des consuls et communauté de Six-Fours, comme Sieurs et Mestre dudit terroir, hors et excepté les deux charges de semence que ledit prieur St Mandries y a tenu et possédé d’ancienneté, condamnant lesdits prieur et particuliers tenanciers, à en rendre et restituer les fruits auxdits demandeurs, depuis l’appointement et écrire du 5 mai 1572, que la cause fut contestée. Et faisant droit sur les autres fins et conclusions desdites parties, et sans avoir égard aux lettres royaux obtenues par lesdits consuls et communauté de Tollon, en date du 8 mars 1575, a fait inhibitions et défenses auxdits consuls, communauté et particuliers de Tollon, de troubler, ni molester desdits syndics, communauté et particuliers dudit Six-Fours, au fonds et propriété dudit terroir de Sépet, droits, profits et émoluments d’iceulx, à peine de Mil écus et autres arbitraires. Et le tout, sans préjudice de l’usage des particuliers dudit Tollon, de prendre audit terroir de Sépet et en la terre gaste et inculte : bois vert et sec, nerte, charbon, pierres et faire fours de chaux pour leur usage, tant seulement et sans abus, auquel usage les a maintenus et maintient. Condamnant iceulx défendeurs, ensemblement, à la moitié des dépants, les autres entre les parties, compensée la liquidation desdits, et taux desdits dépants, à la cour réservés (Jean Denans 1713).

1933 – 20 mars : CRÉATION D’UN SERVICE RAPIDE PAR MER RELIANT SAINT-MANDRIER A TOULON –Au moment où Saint-Mandrier est relié par voie de terre en moins de quinze minutes à La Seyne et trente-cinq minutes à Toulon, et ce, successivement toutes les demi-heures, on crée un service rapide par mer qui ne mettra guère plus d’un quart d’heure pour atteindre Toulon. C’est le trajet par vedette qui a déjà recueilli maintes approbations et dont la ligne est exploitée depuis le 20 mars, par le bateau Le Rayon Vert tout neuf et très confortable (Gisèle Argensse, 1989, p. 195).

1898 – 21 mars : à La Seyne, 200 hommes de troupes seraient prêts à intervenir en cas de troubles. L’argent manque. Les circuits monétaires sont interrompus 5 les familles et le commerce sont en difficulté. Les platanes de la Lune sont rabougris ; le maire pense les remplacer. Le maire se rend auprès de Lagane, tentative de conciliation. Les grévistes arrondissent les angles à leurs revendications : « Ils admettent l’existence de la caisse patronale, mais les FCM leur fourniront les noms des inscrits et la société n’accordera plus de nouvelles adhésions ; la compagnie s’engagera à ne pas poursuivre les élé­ments grévistes, pas de victime. Fermeté inébranlable de la direction, la réponse est toujours non ! ». Le calme règne toujours, entre les réunions au sous-sol, les grévistes s’échappent dans la campagne afin d’éviter tout heurt préjudiciable au soutien qu’ils obtiennent d’une population estomaquée. Rumeur menaçante de la ferme ture des chantiers. Un deuxième manifeste, le 21 mars, une attaque contre Lagane. Le maire de Marseille alloue 1 000 ; au comité et 3 000 F sont votés par le conseil municipal seynois. Aider 3 000 chômeurs à survivre est une tâche malaisée. Le printemps bascule. Le ton monte. Dissensions au cœur de la commission. Certains voudraient proclamer la grève générale, d’autres appellent au calme, demandent aux femmes de ne pas faire infléchir l’ardeur de leur mari. Une commission exclusivement italienne est créée, elle sera chargée de recueillir les dons des syndicats italiens (Martinenq Patrick, 1983).

1796 – 22 mars (2 germinal an IV) – CANTONNEMENT DE L’ARMÉE D’ITALIE A TOULON – Les troupes font le service de la place, des forts, des côtes, de l’artillerie de marine. Les bataillons de l’armée d’Italie cantonnent dans la ville. Il y a tout un monde flottant qui va jusqu’à doubler la masse humaine évoluant dans la place forte puisqu’au 2 germinal an IV (22 mars 96) le port qui nourrit une partie de la ville en détresse a jusqu’à 40.000(3) rationnaires à pouvoir tous les jours (Henriette Trojani, La société et la vie à Toulon de 1795 à 1815).

1946 – 23 mars : « En ce dimanche après-midi de novembre, parcourons la campagne sanaryenne. La Cryde, (La Cride aujourd’hui) aujourd’hui chaos de projectiles, de canons écroulés, de coupoles aplatis sur un sol calciné, dans un décor de pins déchiquetés. Près d’une mitrailleuse au tube tordu, des tertres disent que des soldats du Führer ont terminé leur course humaine sur ce rocher de la Méditerranée, près de la somptueuse demeure en ruine de Cécile Sorel. Port-Issol. Entre la route et les falaises rayées du trait jaune des tranchées, le vallon que l’on a connu fouillis de verdure, ni d’aimable maisons… désert jonché de gravats (…). A l’est de Sanary, sitôt la Reppe franchie, on pourrait croire à un cataclysme de la nature (…). Ici de la mer au sommet des collines, règne la mort totale (…). Le mistral secoue furieusement les écriteaux dressé sur les champs de mines.(…) Freissinières et Sanary, 1944 » (Benjamin Valloton, 1945).

1789 – 23 au 29 mars : Les 23 et 24 mars, à Toulon, comme à La Seyne, des foules où les femmes sont nombreuses, s’attaquent aux postes de perception du droit sur les farines, le « piquet », rendu responsable de la vie chère et de la disette. Les consuls bourgeois de Toulon, l’archevêque, sont menacés. Une partie du peuple confond dans la même haine les privilégiés de la naissance et ceux de la fortune. Les bourgeois modérés, réformistes, laissent faire dans un premier temps, tandis que l’armée, Régiments du Barrois et de Dauphiné, n’intervient guère. Puis, très vite, les bourgeois organisent la Garde bourgeoise au service du pouvoir communal. Cependant que les autorités représentant le Roi se reprennent (…) Trois pouvoirs se disputent Toulon : celui du Roi, appuyé sur la Marine, l’Armée, et une partie des élites, celui de la bourgeoisie réformatrice modérée, celui des foules populaires, dont les ouvriers de l’arsenal fournissent les gros contingents. Dans ces conditions, le contrôle des masses est décisif, et chacun va s’y employer. (Pour l’étude générale de ces problèmes de l’écrit provençal aux débuts de la Révolution, nous renvoyons aux Cahiers Critiques du Patrimoine, 2, 1986.) (René Merle, 1986).

Du 25 au 31 mars

1792 – 25, 26 mars et 5 avril : établissement officiel au Beausset des trois premiers « artisans-bouchers » librement installés en vertu de la loi Le Chapelier – Le 25 mars voit l’installation officielle au Beausset des trois premiers « artisans-bouchers » librement installés en vertu de la loi Le Chapelier. Ils ont pour nom : Joseph Vachier (du Beausset), Claude Richaud (de Vitrolles), et Jean Baptiste Rabattu (d’Allauch). Deux boulangers ont fait de même : Louis Blond (bien sûr ! depuis le temps qu’il voulait exercer librement au Beausset…) et Dominique Massot. Le 26 mars, deux nouveaux commerçants prennent une patente : Marie Claire Giraud veuve Marquand, boulangère, et Pierre Palis, boucher. Ce sera le tour de Jean Eynaud, boucher, le 5 avril (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution Française).

1950 – 26 mars : AU BRUSC, UN NOUVEAU CHAUDRON (PEILOU) A REMPLACE L’ANCIEN DÉTRUIT EN MARS 1944. Seule l’écorce de pin maritime est utilisée pour la teinture : A propos du chaudron prud’homal, le 1er prud’homme du Brusc, Bonnafous, fait savoir au Préfet du Var, par lettre du 26 mars 1950 :] « – que ce chaudron a été détruit sous l’occupation allemande en mars 1944. – que son exploitation date depuis longtemps et qu’il a été reconstruit après le sinistre sur un emplacement désigné par le MRU. – que l’écorce des pins maritimes est le seul produit employé dans la teinture. – que le foyer du chaudron est alimenté avec du bois. – que cette exploitation n’est pas reconnue comme étant nuisible à la santé publique et que toutes les Prud’homies sont dans ce cas et n’ont jamais fait l’objet d’une mesure quelconque. » (Patania L., Guillaume J., 2002, p. 86)

1394 – 27 mars : LA REINE MARIE ATTRIBUE LE FIEF DE SOLLIÈS AU PRINCE CHARLES DE TARENTE – Après la mort de Robert de Dreux, la reine Marie attribua le fief de Solliès à son fils cadet : le prince Charles de Tarente. Le jeune prince ne le garda pas longtemps. Le 27 mars 1394, conjointement avec sa mère intervenant comme tutrice, il vendit le fief, moyennant le prix de six mille francs d’or et quinze gros d’argent, au « capitaine de la mer », Jean Gonsalve de Morance. Jean Gonsalve de Morance était originaire de Séville. Il possédait des navires pouvant être affectés à la guerre en courses. Au cours de la guerre suscitée par la rébellion de Charles de Duras, Jean Gonsalve de Morance offrit ses services à la régence. La reine Marie de Blois et le jeune Louis II n’eurent qu’à se louer de lui. Très nombreux sont dans les archives de notre ancienne Cour des Comptes les témoignages de reconnaissance qu’ils lui manifestèrent pour sa bravoure, pour les services rendus.
La vente faite à Jean Gonsalve de Morance par la reine Marie de Blois, en tant que tutrice de son fils cadet, le prince de Tarente, de la portion de la seigneurie de Solliès confisquée sur Hugues Riquier, ri allégeait pas les dettes de la Cour envers le chevalier de Morance. Louis II eut la pensée de se libérer en faisant obtenir à son capitaine de mer les parts du fief possédées par les Hospitaliers de St-Jean-de- Jérusalem, par l’évêque et le prévôt de l’église de Toulon. Jean Gonsalve de Morance accepta ces propositions. Cette affaire traîna. Ce fut seulement plus de cinq ans après qu’en échange de droits et rendements que la curie royale leur accorda à Toulon, l’évêque et le prévôt de l’église cédèrent à Jean Gonsalve de Morance leurs parts dans le fief de Solliès (un sixième pour le premier, un douzième pour le second). Le chevalier de Morance avait alors les 3/4 de la seigneurie. Les Hospitaliers de St jean-de-Jérusalem en conservaient le 1/4. Louis II voulut assurer la défense de Toulon, à laquelle il tenait comme à la prunelle de ses yeux (quam est pupillam oculi plene diligimus) contre toute attaque de l’ennemi. A cet effet, il créa dans ce port un poste de gouverneur militaire. Il investit de cette haute fonction Jean Gonsalve de Morance avec « pleine puissance du glaive », c’est-à-dire le plein droit de vie et de mort. Le chevalier de Morance acheta la seigneurie de La Valette ; en 1403, Louis II le nommait viguier de Marseille, c’est-à-dire délégué du roi auprès de la commune avec toutes les prérogatives, attachées à la souveraineté. Les fonctions du viguier ne duraient qu’un an. L’année achevée, Jean Gonsalve vint dans sa terre de La Valette et à son château de Solliès dont il avait confié le gouvernement à son frère Philippe, qui en portait le titre de bailli. Il se rendait souvent à Toulon, où il avait acquis plusieurs immeubles (Paul Maurel, Histoire de Solliès).

1882 – 28 mars : Loi relative à l’obligation et à la neutralité de l’enseignement primaire – Jules Ferry obtient le vote de la loi du 28 mars 1882 relative à l’obligation et à la neutralité de l’enseignement primaire qui abroge l’article 23 de la loi du 15 mars 1850 dite Loi Falloux qui prévoyait l’enseignement de l’instruction morale et religieuse, supprime la tutelle des ministres des cultes et affirme l’obligation scolaire. Cette loi qui ne retient plus l’éducation morale religieuse comme matière d’enseignement, fonde du même coup la neutralité religieuse de l’école populaire, elle abroge l’article 23 de la loi du 15 mars 1850 dite Loi Falloux qui prévoyait l’enseignement de l’instruction morale et religieuse ; elle supprime la tutelle des ministres des cultes et affirme l’obligation scolaire.]

Article 1er – L’enseignement primaire comprend : l’instruction morale et civique, la lecture et l’écriture, la langue et les éléments de la littérature française, la géographie (particulièrement celle de la France), l’histoire (particulièrement celle de la France jusqu’à nos jours), quelques notions usuelles de droit et d’économie politique, les éléments des sciences naturelles, physiques et mathématiques (leurs applications à l’agriculture, à l’hygiène, aux arts industriels, travaux manuels et usage des outils des principaux métiers), les éléments du dessin, du modelage et de la musique, la gymnastique, les exercices militaires pour les garçons, les travaux à l’aiguille pour les filles. L’article 23 de la loi du 15 mars 1850 est abrogé.

Article 2 – Les écoles primaires publiques vaqueront un jour par semaine, en outre du dimanche, afin de permettre aux parents de faire donner, s’ils le désirent, à leurs enfants, l’instruction religieuse, en dehors des édifices scolaires. L’enseignement religieux est facultatif dans les écoles privées.

Article 3 – Sont abrogées les dispositions des articles 18 et 44 de la loi du 15 mars 1850, en ce qu’elles donnent aux ministres des cultes un droit d’inspection, de surveillance et de direction dans les écoles primaires publiques et privées et dans les salles d’asile, ainsi que le paragraphe 2 de l’article 31 de la même loi qui donne aux consistoires le droit de présentation pour les instituteurs appartenant aux cultes non catholiques.

Article 4 – L’instruction primaire est obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de 6 ans à 13 ans révolus…  (Palméro J., 1958, p. 312).

1848 – 29 mars : LE BEAUSSET EST CONTRE LE TRACE RETENU POUR LA VOIE FERRÉE MARSEILLE – TOULON – La voie ferrée doit emprunter un tracé inhabituel puisque le “Groupe Talabot” promoteur du projet, prévoit, dès le départ, de passer par la côte. Tout est donc nouveau dans cette nouvelle réalisation, et apparait comme une révolution locale 5Delattre G., ms °. La municipalité du Beausset proteste par sa délibération du 29 mars 1848 (Jean Gavot, 1976), mais ce sera sans résultat. Celle de Cuges fait de même et accuse La Ciotat d’avoir usée d’influences (Cl. Bonifay, 1948). La municipalité d’Ollioules étudie le projet le 15 février 1852 (Eugène Castellan, 1937). Celle de Sanary, le 21 octobre 1855 (Barthélemy Rotger, 1984).

1856 – 30 mars : IMPACT DE LA FIN DE LA GUERRE DE CRIMÉE SUR LES PROJETS DE MARIUS MICHEL – La guerre de Crimée cessant le 30 mars 1856, l’urgence du projet de construire 111 phares disposés sur les côtes de la mer Noire, de la mer de Marmara, de la mer Égée et de la Méditerranée orientale ne se posait plus avec la même nécessité. Cependant le Sultan manifesta le désir de le reprendre. L’intelligence des affaires allait pousser le Directeur des phares et balises vers des entreprises audacieuses. Il lui apparut qu’une situation de fonctionnaire ne lui permettait pas de réaliser de grandes choses. Il décida de s’associer à un homme d’affaires spécialiste des problèmes maritimes, un armateur bordelais, du nom de Camille Collas. Une merveilleuse aventure allait commencer pour lui. La Société Collas-Michel se mit à l’ouvrage, fit des emprunts relativement importants et réalisa les premiers phares. Chaque navire qui entrait dans un port devait payer des taxes non négligeables. L’administration du Sultan n’encaissait rien, mais ne dépensait rien non plus. En quelques mois, les associés touchèrent d’importantes sommes qui permirent le remboursement des emprunts. La rentrée des capitaux s’accélérait avec la poursuite des travaux. Le nombre des phares construits passe de 15 à 27. Ces résultats grandement appréciés, le Sultan envisagea bientôt d’étendre le système de protection des côtes à tout son empire. Entre 1855 et 1864, 111 feux seront vendus à l’Empire Ottoman et disposés sur les côtes de la mer Noire, de la mer de Marmara, de la mer Égée et de la Méditerranée orientale. Et lorsque les travaux du Canal de Suez entrèrent dans leur phase finale, et que le Pacha d’Égypte en accorda la concession à Ferdinand de Lesseps, la Société Michel et Collas dut fournir tous les feux nécessaires à la sécurité maritime des côtes d’Égypte et du canal (Ortolan G.).

1587 – 31 mars : L’épidémie de peste de mars 1587 fut l’une des plus meurtrières et elle sévit dans tout le Provence. La peste attaqua Toulon et Ollioules entre autres (F.Trucy, 2020). Nous ne pouvons savoir, à défaut de registre des sépultures si Sanary  fut touché par ce fléau en 1587. Nous le savons par un testament de Julie Boyer qui épousa Jehan  de Vintimille seigneur de Cabries, capitaine pour le roi à la forteresse de Toulon. Un de ses oncles, le capitaine Etenne Boyer, se trouvait en quarantaine au Beausset depuis les fêtes de la Pentecôte. Le président de Coriolis du Parlement d’Aix lui avait remis une lettre pour les Consuls d’Ollioules mais ceux du Beausset ne voulurent pas qu’il se rende plus loin que les limites du Beausset et il dut transmettre son message oralement et à bonne distance. Nous ne pouvons savoir, à défaut de registre des sépultures si Saint-Nazaire fut touché par ce fléau (A. Place, H. Ribot, B. Rotger, 1982).

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