ÉPHÉMÉRIDES DU 11 MARS

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ÉPHÉMÉRIDES DU LUNDI 11 MARS 2024, 13e ANNÉE (n° 4100)

ILLUSTRATION. Turquie, Antalya 2012.

LES FÊTES.

Le 11 mars, nous fêtons les 6000 ROSINE de France.

Sainte Rosine est une sainte légendaire vénérée dans le diocèse d’Augsbourg en Allemagne.

Le calendrier républicain a dédié ce 21e jour de ventôse An II à la MANDRAGORE, plante à laquelle les anciens attribuaient des vertus magiques extraordinaires sous réserve qu’elle fût cueillie sous les pieds d’un pendu.

DICTON.

« Qui a bu à la sainte Rosine, boira à la sainte Blandine » (le 2 juin).

LOCUTION PROVENCALE.

: « il semble l’ange boufareu ! », se dit d’un enfant qui a de bonnes joues, semblable à l’ange de la crèche.

EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHÈQUE, un jour, un livre.

Au sujet de Napoléon, puisqu’il est passé à l’ordre du jour dans pas mal de messages, je livre quotidiennement un ouvrage de notre bibliothèque se rapportant, en tout ou partie, à ce personnage historique :

Soixante-et-unième ouvrage : Dominique Vallaud – » Bonaparte ou Buonaparte, Bonaparte Charles Marie, Bonaparte Joseph, Bonaparte Louis, Bonaparte Lucien, Bonaparte Napoléon, Bonapartisme », pp. 109-110. « Napoléon 1er, p. 665-669 », dans Dictionnaire historique, Fayard, 1995, 1016 p.

Dominique Vallaud est agrégée d’histoire. Elle est l’auteur d’une Chronologie universelle (Marabout, 1989), de « Les Hommes politiques du XXe siècle » (Marabout, 1991) et d’un « Dictionnaire historique » (Fayard, 1995), le livre que nous présentons  aujourd’hui. D’un faible encombrement, ce Dictionnaire historique fournit en quelque 4 000 notices concises la définition des institutions et des faits nécessaires à l’intelligence de l’histoire universelle, donne la biographie de ceux, dirigeants politiques, artistes, penseurs… _ qui ont marqué le destin des hommes, relate les événements clefs et les périodes décisives du passé, accordant une large place aux civilisations, aux faits de société, aux religions de toutes les époques et sous toutes les latitudes.

PENSÉE.

« Ni l’ignorance n’est défaut d’esprit, ni le savoir n’est preuve de génie. » (Vauvenargues, Réflexions et maximes).

ÉPHÉMÉRIDES.

où le lecteur trouvera un grand nombre d’expressions, de mots, de termes pour tout dire, relatifs à la vie quotidienne des Provençaux.

1322 – 11 mars : LIEUX-DITS D’ALLAUCH – Landovier, 11 mars 1322 (charte aux archives de la Major). Landouillez, quartier rural, quartier de la Vieille. Première mention : Landoarium, 20 août 1125 (charte de compromis sur la terre d’Allauch, aux archives de la Major).

1369 – 11 mars : LIEUX-DITS DE MARSEILLE –

1. Vinea bella de May, 11 mars 1369 (acte de J. Aymeric, notaire, aux archives de la Major). C’est la première mention de l’appellation actuelle. « Cette vigne est, ou a été si florissante et si renommée pour ses produits, que le notaire emploie le terme superlatif pour la désigner , de façon qu’on ne se méprenne pas ! : elle est « belle dei mai » (Alfred Saurel, Dictionnaire des B. du. Rh. – tome 2, p. 29, 1878). On trouve, peu après, Bella de May, 26 juillet 1384 (acte aux archives de la Major). Du nom ancien, on ne conserve plus que « Bella de May » qui fera penser plus au jeu de jeunes filles qui élisent la plus jolie de la rue ou du carrefour pour être la Belle de Mai (J.A., 1986). Toutefois, le provençal ne s’accorde pas avec cette acception : la belle élue devient la Belle Maïo comme le dit la chanson, ce qui diffère de la Bella de May du lieu. Toutefois, les deux étymologies ont pu se superposer avec le temps, et cela sans se contredire. En 1872, la Belle-de-May était un village de la commune de Marseille, au quartier de Garbiers.

2. Petites Plumberias (acte notarié). Plombières, ruisseau qui prend sa source dans les col­lines de Sainte-Marthe et arrose les quartiers de la Palud, de Saint-Barthélemy, de Bon-Secours et se jette dans la mer à la plage d’Arène (1872). Première mention : Colonia in Plumbarias, VIIIe siècle (descript. mancip. Sancti Salvatoris, Belsunce I, p. 302).

1394 – 11 mars : ROBERT DE DREUX, SEIGNEUR DE SOLLIES, MOURUT SANS POSTÉRITÉ. Sa sœur, héritière, dame de Chaulin, épouse du chevalier Jean d’Uchet, fit dresser un devis estimatif des meubles et objets mobiliers qui se trouvaient dans le château de Solliès. L’acte est aux archives de Marseille et Paul Maurel en donne le texte aux pages 52-55. Il y avait d’abord la Tour (le fortalicium) qui comprenait deux chambres superposées. Dans le bâtiment principal, nous voyons un grand et une petit celliers, une salle basse (la grande salle), une dépense, une cuisine, six chambres, dont une grande et une « neuve », une garde-robe, une boulangerie, une petite chapelle, un grenier, une écurie où se trouvaient deux chevaux et quatre bœufs.

Ajoutons, ce qui n’est pas mentionné dans l’inventaire, qu’on accédait au corps de logis principal par un passage voûté et que sur le devant se trouvait une terrasse (le Pasquier actuel) à l’intérieur de laquelle avait été aménagée une très grande citerne mise en partie à jour au cours des fouilles de 1931.

Le mobilier était fort simple, mais confortable à une époque où régnait une misère générale. Et il faut noter que devenu propriété des comtes de Provence, le château n’avait pas été habité depuis quelques années par des seigneurs.

Les produits des champs et les denrées alimentaires, divers et nombreux, dénotaient la richesse de la seigneurie par rapport aux autres régions.

Enfin, le document est des plus intéressants au point de vue linguistique. A côté de nombreux termes latins, on rencontre des mots provençaux francisés ; on entrevoit les premier balbutiements de la formation de notre langue. Cela dit voici le document :

D’abord, une sorte de préface en latin :

Tenor dicte cedule dicti inventorii in galico descripti. Traduction littérale : « Teneur du dit acte, de l’inventaire écrit en langue française ». « Ce sont les choses qui sont en chastel de Soliers, estimées par mestre Bertrand Former, notaire ; messire Jehan Doliules, chapelain, Antoine Vidal, Jehan Eygesier, hommes du dit lieu, lesquels jurent par leur serment d’estimer les dites choses bien et loyalement. Et ce fut fait l’an 1394 le 11e jour de mars.

Premier : froment, sestiers ( 1 setier valait 2 panaux ou 33, 71itres) : 307.

Item ORGE, sestiers : 26. Item: sivada (avoine), ras (d’après Mistral ras = setier) : 7.

Item farine pour la provision de l’Ostel (ostel = oustaù ou maison) : 60. Item fenes (foin) sestiers : 7.

Item il a été semé dans les terres du château du froment, sestiers : 74 et demi.

Item orge semée, ses tiers : 22.

Item : avoine semées « rases » : 52 et demi :

Item : foin, 4 sestiers.

C’est le vin qui est dans le petit cellier ; un tonneau de vin rouge (vermelh) tenant 2 muys (soit 2 fois 260 (1) 1. ou 520 litres).

Item : un tonneau de vin blanc tenant 1 milhayrole (64 1. 33). Nota : La millerolle équivalait à 66 litres à Toulon, La Valette, La Garde et au Revest (Ministère de l’Intérieur An VII).

Item : de vin cuyt 1 carratel (caratel = quartau = 74 L). Item : au grand cellier 3 tonneaux, 2 plechats (pleins) et l’autre non.

Item : en la Tour 1 bote (boute — tonneau) de vin tenant 6 milhayroles.

Ce sont les tonneaux vuytz (vides) et autres fornimentz (fournitures) du château :

Premièrement, dans le grenier : 1 sestier, 1 emine (mesure de capacité de 56 litres), 1 carteron et le quart d’un carteron À quoy on mesure le blé.

Item : dans le petit cellier 1 carratel de deux milhayrôles.. Item : 2 botes (boutes) chacune d’un muy.

Dans le grand cellier: 2 grandes tines (tonneaux), 1 petite tine, 1 sostive en quoi on tire le vin.

Dans la dépense : 2 caisses, 2 serins (coffres ou huches), une panetière de fuste (en bois), un petit dreysaor (dressoir), 2 cariais (quartauts) et un scandalh (balance romaine pour les poids lourds), 2 aygadières (aiguières) d’estanh.
En tinel (tinel = cave, il s’agit de la salle basse), 3 rangées de tables et de bancs ; en outre : 3 bancs, 2 banquiers (sièges d’une seule pièce en bois), 8 arbalètes « que bones que mauvayses », une table à jouer, des tables et un dreysatour (dressoir).

En la cuisine 2 pos de coure (pots de cuivre), 1 payrol (chaudron), 1 payle (poêle) de fer et une grasilhe (gril), 2 consoles de fer, 9 « scudefes » d’estanh, 1 mortier, 3 brocs, 2 trépieds, 2 broches de fer.

En la grande chambre une grande caysa (coffre) et une petite sans clé et une autre à dé, 1 lit garni de couse (couvertures), matelas, coussin et 4 pièces de courtine de petite valeur. En l’autre chambre, 2 caysas sans couverture, 1 chaslit, En l’autre chambre, une petite caysa. En la chambre neuve, 2 chaslits garnis, 2 caysas.

En la garde-robe, 2 coffres ferrés et un chaslit.

A la boulangerie, 1 pétrin, 2 serins sans couverture, 6 tables à porter le pain, 1 tendoyse (table à pâte), 3 tamis, 1 vannet (petit van).

En l’autre chambre, 1 archa (bahut) tenant 40 sestiers et le bois d’une autre. Dans celle-ci 1 coffre à saler les porcs, 1 pile (pielo = auge).

Dedans la Tour, 1 moulin (à bras sans doute), 2 tonneaux vides, 1 barrila a sotirer les noys (1 baquet à tremper les noix), 1 archa à mettre la farine tenant 30 sestiers, 1 bon scrinch (huche), 5 porcs salés, 1 quartier (de porc) valant 10 francs, de says (saindoux) valant 2 francs, 12 sestiers de sel, une caysa et 1 coffre, 1 plaças (grosse plaque), 1 targa (grand bouclier), 2 cordes d’arbalète.

En la chambre de la Tour, 1 chaslit garni.

En l’autre chambre, 1 chaslit. Entre tous les lits, 6 fiassadas (couvertures de laine), 20 linsols (draps de lit), 6 satz (sacs). 3 aysades (pioches), 2 aysadous (petites pioches), 2 conhéos (cognées), 23 jarres contenant 12 cartins d’huile valant 12 francs, 3 chandeliers, 2 salières, 3 petits barils, 2 faucilles, 3 fers. 2 manilhes (manilles = anses = menotte) pour prisonniers, 5 lunières (chandeliers), 6 nappes, 2 longières (longues nappes).

Dans la chapelle, 1 missel, 1 calice d’argent, les vêtements complitz (sacerdotaux ), 1 chabsuble rouge, une aube, 4 iraIhus (grandes lanternes), 2 étales, 2 manipols (manipules), 1 parement d’autel, les corporals (corporaux), 2 burettes d’estanh et lia clochette.

A l’écurie, 2 chivaus (chevaux), 4 bueus (bœufs), 20 porcs (18 femelles et 2 mâles).

Au moulin, 1 chaudron contenant 8 cartins d’huile (cartin = 17 1. 28).

A la petite bastide, 1 chaudron contenant 3 broez (broez = broquet = 81. 315).

Au moulin, 2 meules garnies de toutes les fournitures, 1 scourtin (sac rond et plat où on place les olives qui viennent d’être triturées par la meule).

On estime les choses, toutes les choses sal (sans) les semences à 410 francs 9 sols 6 deniers.

Et cet inventaire fut fait (transcrit) par maître Jacques Thomas, notaire de Toulon. » (Cet inventaire nous donne un aperçu sur les prix de l’époque. Le setier (33 1. 71) de blé valait 6 sols et celui d’avoine 4 sols. Le muy de vin valait 3 francs. Un quartin d’huile (17 1. 28) valait un franc. Un cheval valait 7 francs, un bœuf 12 francs, un porc 2 francs).

La revendication de la dame de Jaulin fut portée par «devant la reine Marie de Blois, siégeant en son Conseil », (dans sa maison d’habitation à Arles. La reine prit la décision qui figure à la suite de l’inventaire en latin et dont voici la traduction :

« L’an du Seigneur 1394, le 12e jour de mai fut ordonné par la Reine, avec délibération de son Conseil assistant, que, au sujet des biens et objets existant dans le château ou maison forte de Solliès, le seigneur Jean Gonsalve possède et doit posséder les tonneaux, les pressoirs, les ustensiles d’étain, les dressoirs et autres meubles ou objets mobiliers fixés ou non aux murs qui étaient anciennement dans le château. Les autres objets mobiliers doivent et devront rester la possession de la dame Jaulin, sœur de Robert de Dreux. »

Jean Gonsalve de Morance et la dame d’Uchet (de Jaulin) acceptèrent sans difficulté cette équitable décision. Le jour même, avec l’assistance de noble Jean de Toulouse, commissaire de la reine, député à cet effet, ils la mirent à exécution. La dame d’Uchet, qui dut recevoir une somme forfaitaire, reconnut ne plus avoir rien à prétendre sur les meubles, objets mobiliers ou rendements du fief. Le notaire Antoine Guilhelmi, de Marseille, dressa l’acte de cet accord (H. Ribot d’après Paul MAUREL, Histoire de Solliès, 1936).

1406 – 11 mars : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Terra a Renh, 11 mars 1406 (charte aux archives de la Major, écriture fautive ; cf. 1249 pour la forme originelle). ARENC – faubourg et quartier rural (1872), commune de Marseille, de « arena » (Sable ; en provençal : arena / areno), plage sablonneuse où aboutissaient les ruisseaux des Aygalades et de Plombières (1872). Premières mentions :  Aregnum, 7 février 1249 (charte aux archives municipales), Vallis de Aregno, 8 septembre 1253 (charte aux archives De l’Evêché),  Vallis de Arenquo, 26 août 1255 (charte aux archives de l’Evêché). La plage d’Arène fut érigée en fief, en faveur de Jean-Baptiste de Loubet, capitaine de cavalerie dans l’armée de Condé, par lettres royales de 1679 (registre miscellanea de la Cour des comptes, P 153).

1431 – 11 mars : LA SAINTE-BAUME ÉTAIT POUR LES PROVENÇAUX LE CENTRE D’UN CULTE TOUT NATIONAL qui y attirait des diverses parties du monde des multitudes pleines de dévotion pour Sainte Madeleine, dit Eugène IV dans une bulle (11 mars 1431). Marie d’Anjou, femme de Charles VII et sœur de René, n’y avait-elle pas fait acte de pèlerinage ? Et René lui-même, à peine sorti de la prison où l’avait tenu le duc de Bourgogne, dans ses préparatifs d’embarquement pour Naples où Alphonse d’Aragon lui disputait l’héritage de Jeanne II, n’y avait-il pas passé neuf jours de retraite spirituelle… ? (Plus tard), Louis XI, encore dauphin, (vint) au tombeau de sainte Madeleine à Saint-Maximin… Non loin d’Ollioules, sur le territoire de Six-Fours et le long de la mer, était un vieux chemin pavé appelé lo camin romiou de Santa Madalena… Il était analogue à tous ceux que distinguait la même dénomination de Camini Romei, Romeorum via. Le long de ces voies s’élevaient des hospitalités, des maisons de refuge… jusque dans les hauteurs alpestres (Celle du Lautaret, dédiée à sainte Madeleine, occupait un point à 2057 m d’altitude, où est la ligne de partage des eaux de la Durance et de l’Isère) … Les pèlerinages à sainte Madeleine étaient de fondation, sitôt que les époux avaient reçu la bénédiction nuptiale, et la coutume s’en conserva longtemps après le moyen âge. … Quelques pierres, placées les unes sur les autres, sont le témoignage de l’accomplissement de ce vœu. Elles se nomment castellets. On en rencontre une grande quantité dans les bois, sur le chemin de la grotte, et jusqu’aux abords du Saint-Pilon. Selon Bérenger-Féraud (Revue d’Anthropologie, 15 janvier 1880), les castellets « présentent deux variétés assez distinctes… Les uns sont constitués par un amoncellement de quelques pierres, de trois à une douzaine, disposées de telle sorte qu’elles forment une pyramide grossière… Les autres le sont par une seule pierre plus longue et que l’on a eu soin de placer dans une des cavités ou fissures que présentent les rocs du sommet de la montagne, de manière à offrir un véritable menhir de petite dimension… » (cité par de Ribbe, 1898, p. 177, n 1).

Note : Ce qu’on nomme Romérage dans les usages marseillais s’appelle Trin dans le département du Var , Vot dans celui de Vaucluse, Apport dans l’Ailier, Vogue dans les départements de l’Aisne et des Hautes-Alpes, Dédicace dans les Ardennes, Ducase en Artois et Pardon dans les Côtes-du-Nord et en Bretagne. On ne nous saura pas mauvais gré de donner l’étymologie du mot Romérage, qui est l’ancien mot Romivagium , dérivant du pro­vençal Roumeragi ou Roumevagi, le premier est tiré du latin Roman ire , aller à Rome , et le second signifie viagi à Roumo , voyage à Rome, en espagnol Romeria. C’est ainsi qu’on appelai! autrefois les pèlerinages à N. D. de Lorette, et par extension tous les pèlerinages : d’où était venu le nom de Roumiaou , que l’on donnait aux pèlerins (Magloire Giraud, notice historique de saint Cyr, 1855, note 43, p. 136).

1432 – 11 mars : LIEUX-DITS DE MARSEILLE –  La Romera, 11 mars 1432 (registre aux archives de l’Evêché). Fournery – lieu-dit, quartier de Saint- Marcel, à la Tuilière. Première mention : La Romeguiera, 23 août 1325 (ibid.). Devenue  Fournery le 8 septembre 1699 (ibid.). Nota : lieu couvert de ronces (romeguiera). Du latin rumice, ronce. (Levy 1909 ; Fourvières 1902 ; Nouvel 1981).

1509 – 11 mars :  TRANSFERT DU VILLAGE INITIAL DE CUGES – Le village de Cuges était primitivement dans la montagne qui conduit au Saint- Pilon ; à la fin du Xe siècle, les habitants transportèrent leurs demeures sur la colline de Sainte-Croix : la population ayant augmenté et s’y trouvant trop à l’étroit, il fut passé, le 11 mars 1509 par devant Antoine Bussonis, notaire à Signes, une transaction entre la communauté et Antoine de Glandevès, seigneur de Cuges, pour transférer le village au lieu où il est aujourd’hui. Le quartier désigné pour le nouveau bourg s’appelait la Ferrage de Monsieur. Nota :la ferrage désigne unchamp de fourrage ; une bonne terre près du village dont elle reçoit les eaux usées qui la rendent grasse et d’un bon rapport. Du latin fero « fertile » ou far,variété de blé qu’on sème pour le fourrage.  (Arnaud 1996 ; Baratier ; Boyer 1980 ; Levy 1909 ; Mistral 1890 ; Robert 1978).

1573 – 11 mars : PROCÈS DU PRIEURÉ DE SAINT MANDRIES (MANDRIER) : Quelques particuliers de Tollon ayant entrepris de cultiver et posséder quelque partie de terre au terroir de Six-Fours, dans la péninsule de Sépet, étant à présent du terroir de la Seine, serait (aurait) été intenté procès par-devant la Cour du Parlement, entre les syndics de la communauté dudit Six-Fours, tant à leurs noms, que comme cessionnaires de Monseigneur l’abbé de St Victor les Marseille, demandeurs en (…) de lettre royaux, aux fins d’être réintégrés à la possession et jouissance de certain quartier de terre situé à Sépet et au lieudit Saint Mandries, réduits en culture, et Messire Jean Baptiste Muradour, bénéficié en l’église cathédrale de Tollon, prieur de Saint Mandries, Anthoine Bremond, Sauvaire et Jean Julliens et autres particuliers dudit Tollon, disant avoir cause dudit Messire Muradour, et les consuls et communauté de ladite ville, joint à eux, Monsieur le procureur du Roi. A la poursuite duquel procès serait intervenu arrêt de ladite cour, le 18 juin 1577, au vue de pièces, par lequel vue, il est fait mention des susdites lettre royaux du 11 octobre 1571. Requête de jonction de ladite communauté de Tollon du 11 mars 1573. Certains examens à facteur, faits de la part des syndics de Six-Fours du 5 mai 1486. Instrument contenant un procès fait par Monsieur Jean Martin, en son vivant chancelier du Roi de Cicille, Comte de Provence, et Maître Vidal de Cabanes, juge des secondes appellations et Mestre Rassional et Mestre Reynaud Puget, respectivement, Mestre Rassional par commission du sénéchal de Provence, dans lequel sont insérées l’échange fait entre la Reine Jeanne de Cicille et l’abbé. Ensemble, la sentence donnée par lesdits commissaires, en date, ledit instrument du 17 juin 1455. Autre instrument produit par les défendeurs portant division des prébendes de l’église cathédrale de Tollon, du 14 mai 1525. Autre semblable instrument du 26 février 1306, et six instruments de reconnaissance faits au profit du chapitre de ladite église, par les premiers prébendes audit St Mandries. Autre instrument, où est insérée une sentence sonnée par le lieutenant de juge audit Tollon. Ensemble les enquêtes sur ce, faites en date du 19 mars 1344, avec certaines lettres en forme de justice données par le feu Roi Robert de Cicille, comte de Provence. Autre instrument fait aussi par-devant un lieutenant de juge dudit Tollon, contenant abolition des procès et procédures qui avaient été faites respectivement tant contre ceux de ladite ville de Tollon par les officiers de Six-Fours que contre les particuliers de Six-Fours, par les officiers de Tollon, en date du 30 mai 1420. Lettre royaux obtenues par les consuls dudit Tollon, du 8 mars 1575. Enquête faite par le commissaire député par la cour. Le procès-verbal fait sur le lieu et vue, figurée, accordé par les parties portant ledit arrêt, que la cour en entérinant les lettres royaux obtenues par lesdits syndics de Six-Fours, a condamné et condamne lesdits Messire Muradour, Brémond, Julliens et consorts, à eux départir de la possession et jouissance des terres par eux cultivées au quartier de St Mandries, terroir de Sépet, en vider et désemparer la vaccue possession et jouissance au profit des consuls et communauté de Six-Fours, comme Sieurs et Mestre dudit terroir, hors et excepté les deux charges de semence que ledit prieur St Mandries y a tenu et possédé d’ancienneté, condamnant lesdits prieur et particuliers tenanciers, à en rendre et restituer les fruits auxdits demandeurs, depuis l’appointement et écrire du 5 mai 1572, que la cause fut contestée. Et faisant droit sur les autres fins et conclusions desdites parties, et sans avoir égard aux lettres royaux obtenues par lesdits consuls et communauté de Tollon, en date du 8 mars 1575, a fait inhibitions et défenses auxdits consuls, communauté et particuliers de Tollon, de troubler, ni molester desdits syndics, communauté et particuliers dudit Six-Fours, au fonds et propriété dudit terroir de Sépet, droits, profits et émoluments d’iceulx, à peine de Mil écus et autres arbitraires. Et le tout, sans préjudice de l’usage des particuliers dudit Tollon, de prendre audit terroir de Sépet et en la terre gaste et inculte : bois vert et sec, nerte, charbon, pierres et faire fours de chaux pour leur usage, tant seulement et sans abus, auquel usage les a maintenus et maintient. Condamnant iceulx défendeurs, ensemblement, à la moitié des dépants, les autres entre les parties, compensée la liquidation desdits, et taux desdits dépants, à la cour réservés (Jean Denans, 1713)

Tour de l’enceinte d’Allauch (Masson)

1608 – 11 mars : LIEUX-DITS D’ALLAUCH – Blacquassin, 11 mars 1608 (acte notarié à Allauch). Blacassin – quartier rural, commune d’Allauch (1872). Premières mentions : Blacassi, 28 janvier 1275 (acte aux archives municipales) puis Blaquasin, le 2 septembre 1303 (acte notarié). blac, blaca, blacas, blache [blacho] ; blacareda [blacaredo] ; blacassède : mot d’origine gauloise qui désigna d’abord une jeune plantation, puis une plantation de chênes, une variété de chênes (chêne blanc) ; le toponyme renvoie parfois à roviera. (Mortreuil 1872 ; Mistral 1890 ; Fourvières 1902 ; Levy 1909 ; Dauzat 1951 ; Roux ; Arnaud 1996).

1643 – 11 mars : Naissance du futur peintre et graveur Laurent Fauchier à Aix-en-Provence. Dès l’âge de 14 ans, son père le plaça en apprentissage chez un peintre réputé, Bernardin MIMAULT, pour une période de trois ans. Contre la somme de deux cents livres versée par Balthazar Fauchier, le peintre assurait à son élève le gîte, le couvert, et l’enseignement de son art. Il acquit une grande réputation en peignant des personnages dont «  les regards sont sombres, dilatés, gravement attentifs; ils expriment un sentiment de passion contenue, vaguement mélancolique et romanesquement charnel.  Ce sentiment n’est pas démenti par les chaudes carnations du teint ni par les lèvres pulpeuses  dont les rougeurs veloutées ressemblent  aux baies de la framboise »… (Jean Louis Vaudoyer, « Les Peintres Provençaux »). On fut surpris par sa mort prématurée à l’âge de 29 ans alors qu’il était en train de peindre un portrait de femme.  On disait qu’il était mort d’amour en peignant pour la sixième fois Mme de Forbin-Rascas, maîtresse de Louis de Vendôme duc de Mercoeur, plus connue sous le nom de « Belle du Canet ». En fait il peignait Madame de Grignan, fille de Madame de Sévigné. Il fut inhumé le 25 mars 1672 à Aix, au Couvent des Cordeliers  (Archives départementales – microfilm 2 Mi EC 67).

1683 – 11 mars : Esclaves chrétiens, maîtres musulmans  1500-1800-  « Le renégat majorquain parti en mer (…) le 24 janvier, naviguait au large de la côte occidentale de la Crète lorsqu’il rencontra le « Trois Rois de Marseille » qui rentrait d’Iskanderun (Alexandrie), avec à son bord douze canons et 46 hommes, passagers compris ; il lui tint compagnie deux jours durant et la nuit suivante l’aborda (…) et sans autre forme de résistance l’emporta (car le capitaine et tous ses compagnons sauf trois n’eurent que la vaillance de ramper jusqu’au tréfonds de la cale) et cet après-midi le ramena au port. C’est la plus belle prise jamais ramenée ici par un seul vaisseau, valant au vrai 120 000 dollars » (Baker, « Journal », cité par Robert C. Davis, « Esclaves chrétiens, maîtres musulmans », 2006, p. 63.

1776 – 11 mars : LIEUX-DITS D’AURIOL – (archives de Saint-Victor).

-Les Boyers – hameau (1872).

-Les Gorguettes – ferme. Première mention : La Gorga, en 1472 (acte notarié). Nota : gorc [gour], gurge, gorge, gorgue, gouargo, gouorgo, gouargue ; gurgue ; augm. gourganon, gourgonier ; dim.  gorguette, gourguette : hydronyme (Rostaing 1950 ; Rousset 1988).

-Tournon – hameau  (registre aux archives de Saint-Victor).

1789 – 11 mars : LE CONSEIL CONTINUE A CASSER LES ORDONNANCES. Cette fois, ce sont les lieutenants généraux des bailliages de Lunéville, Blamont, Rosières et Senlis qui s’insurgent contre la réduction au quart de leurs députés… Le lieutenant général du bailliage d’Orléans les suit dans leur refus. Cette décision provoque des réactions de plus en plus importantes dans tout le royaume (Agenda du bicentenaire, MERCREDI 11 MARS).

1791 – 11 mars-13 avril :

1. LE PAPE RENOUVELLE SA CONDAMNATION DE LA « CONSTITUTION CIVILE DU CLERGE » votée le 12 juillet 1790 qui contrevenait au Concordat de 1516. Un véritable schisme divisa l’Eglise de France : d’un côté les « constitutionnels » qui avaient prêté le serment prescrit par la Constitution, de l’autre côté les « réfractaires » qui le refusaient (Jacques Godechot, Les Constitutions de la France, Garnier-Flammarion, édition de 1970 ; Pierre Goubert, Initiation …, 1984 ; Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997).

1791 – 11 mars : Procès-verbal de la vente aux enchères du vin de la métaierie des Campeaux à Bormes (entre Bormes et La Môle) dont le fermier, Joseph Ricard, avait procédé au recensement… C’est André Lavagne, de Cogolin, qui se rend adjudicataire de la totalité des 13 boutes à raison de 64 livres la boute (Sauze E., 1998, p. 170 : Cahier manuscrit ; Collobrières, Arch. municip).

(doc. H. Ribot, Les soldats de l’An II)

1793 – 11 mars : LES INSURGES VENDÉENS PRENNENT MACHECOUL – Dès le 11 mars 1793, les insurgés vendéens prennent Machecoul, où des massacres ont lieu, bientôt Cholet, enfin Saumur (Lucien Béry, Histoire de la France,…).

1794 – 11 mars (21 Ventôse, An II) :

1. CREATION DE L’ECOLE POLYTECHNIQUE.

2. AU BEAUSSET, INSTALLATION DU TRIBUNAL DU DISTRICT DE « TOULON-PORT DE LA MONTAGNE » – Le 21 ventôse (11 mars) a lieu au Beausset l’installation du tribunal du district de « Toulon-Port de la Montagne ». Les juges installés sont Antoine Turc, François Revest, André Policarpe Espanet, Antoine Bonifay dit « nige », et Antoine Bonifay (homonyme du précédent). Devant l’agent national Antoine Imbert et le conseil général de la commune, en présence des administrateurs du district, de l’agent national près le tribunal, Massot, et de tous les citoyens du Beausset présents, les juges prêtent tour à tour le nouveau serment « d’être fidèle à la Nation, de maintenir de tout leur pouvoir la Liberté, l’Egalité, l’Unité et l’Indivisibilité de la République française, de mourir en les défendant, et de remplir avec exactitude et impartialité les fonctions de leur place ». Après la prestation de serment, le conseil général de la commune descend dans le parquet, tandis que les juges montent sur le siège. La cérémonie se termine par une allocution du maire du Beausset, Joseph Eynaud, qui, « ayant porté la parole au nom du peuple et pour lui, a prononcé l’engagement déporter au tribunal et à ses jugements le respect et l’obéissance que tout citoyen doit à la loi et à ses organes » (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française).

1795 – 11 mars (21 ventôse an III) : LE CALME RÉGNANT A TOULON NE SEMBLE QU’APPARENT – Bien que la tranquillité paraisse avoir été vite rétablie à Toulon, Mariette, Ritter et Chambon rendent compte des troubles à la Convention et à partir du 21 ventôse la commission municipale siège en permanence. Quatre de ses membres sont désignés pour faire régner le calme, parviennent à dissiper un rassemblement près de l’hospice St-Esprit mais un autre se forme vers la fonderie pour s’emparer d’un canon. Ordre est donné à tous les aubergistes de se tenir prêts à recevoir les chevaux de cavalerie qui arriveront dans la nuit. Le Général commandant la place reçoit de Mariette l’ordre de faire partir tout de suite les prévenus d’émigration qui se trouvent à la maison d’arrêt Esprit et il accompagne lui-même les détenus de la porte de France à la porte d’Italie. La séance à la commission municipale est levée à trois heures 1/2 du matin (Henriette Trojani, La société et la vie à Toulon de 1795 à 1815).

1799 12 mars : CAMPAGNE D’EGYPTE -‘Abd-al-Rahman al-Jaberti – Journal d’un notable du Caire durant l’expédition française 1798-1801 – Mardi 5 [12 mars 1799] [Maladie d’al-Dawâkhilî] Arrivée du cheikh Muhammad al-Dawâkhilî, venant d’al-Qurâyn, en mauvais état de santé. Il était parti en compagnie d’al-Sâwî et d’ al-Fayyûmî ; mais ces derniers étaient restés en arrière, à al-Qurâyn. La raison de ce retard est toute une histoire [qui sera rapportée ultérieurement].

Quand le chef des Français [Bonaparte] quitta al-Sâlihiyya, il envoya dire au katkhudâ du Pacha, au cadi et à leur suite de se rendre à al-Sâlihiyya, car ils se trouvaient éloignés de lui d’une étape. Mais, quand ils voulurent obtempérer à cet ordre, voici que la route était interceptée par les Bédouins. Craignant d’y passer, ils se rendirent à al-Arîn (ou Arayn ?) et ils durent séjourner là, car les soldats avaient réquisitionné leurs chameaux. A la longue, ces trois personnages s’ennuyèrent et retournèrent à al-Qurâyn. Al-Fayyûmî resta en arrière en compagnie du katkhudâ du Pacha et du cadi. C’est alors qu’arriva l’indisposition d’al-Dawâkhilî, qui regagna le Caire, laissant dans l’inquiétude ses deux compagnons.

1815 – 11 mars :

1. ARRÊTER TOUT INDIVIDU QUI CHERCHERAIT À TROUBLER LA TRANQUILLITÉ PUBLIQUE – Le nouveau maire de La Seyne, M. L.-A. Fauchier, bourgeois, et ses adjoints, MM. Barralier et Lombard, reçurent du préfet du Var une circulaire imprimée, datée du 11 mars 1815, qui prescrivait : « Faire arrêter tout individu qui chercherait à troubler la tranquillité publique et qui se serait procuré (sic) des entrevues avec Buonaparte pour entretenir des relations criminelles avec lui. » (Louis Baudoin, 1965, p. 449)

2. TOUT « EMBAUCHEUR ÉTAIT PUNI DE MORT » – Une ordonnance du 11 mars 1815 rappelait que tout « embaucheur était puni de mort », on appelait ainsi celui qui « par argent, par discours ou par la distribution et la publication d’écrits incendiaires cherchait à éloigner de leur devoir les soldats ou les citoyens appelés à repousser l’ennemi ou à les faire passer aux rebelles ».

3. NAPOLEON PAR NAPOLEON – « Le lendemain 11, je passai la revue de toute la division de Lyon qui, le brave général Brayer à sa tête, se mit en marche pour avancer sur la capitale. Les sentiments que pendant deux jours les habitants de cette grande ville et les paysans des environs me témoignèrent me touchèrent tellement que je ne pus leur exprimer continuellement ce que je sentais qu’en disant : Lyonnais! je vous aime! C’est pour la seconde fois que les acclamations de cette ville avaient été le présage des nouvelles destinées réservées à la France. » (à suivre).

1846 – 11 mars : Alphonse Bonnaud, fabricant de pipes au Pont-de-Vivaux, quartier Saint-Loup, dépose un Certificat d’Addition à son Brevet précédent daté du 8 janvier 1845.

1869 – 11 mars : Le futur peintre, architecte et conservateur Jean-Amédée Gibert naît avec son frère jumeau à Marseille, tous deux fils d’André François Gibert, cuisinier et de sa femme Louise Aillaud. En 1886, alors âgé de 13 ans, Jean-Amédée entre à l’école des Beaux-Arts de Marseille. En 1898 il obtient le prix de Rome de peinture d’histoire pour La Piscine de Bethsaïda, ce qui lui permet d’aller en Italie où il découvre l’archéologie et l’architecture. De retour en France, Jean-Amédée Gibert expose régulièrement des portraits, des scènes de genre, des natures mortes et des paysages au Salon des artistes français et au Salon des artistes marseillais. Puis de 1908 à 1912 il dessine l’architecture et le décor du palais de Luppé à Arles, dont il orne la salle à manger d’un décor maniériste ornée d’atlantes engainés.  À partir de 1909, il devient conservateur du musée des beaux-arts de Marseille. Il est aussi à partir de 1919, conservateur du musée Grobet-Labadié nouvellement créé. Il devient en 1932 directeur des Musées de Marseille et dessine ainsi les plans du musée Cantini, inauguré le 16 avril 1936. Position qui le conduit à organiser en 1939 la protection des œuvres des musées de Marseille, en raison de la Seconde Guerre mondiale. Décoré de la Légion d’honneur en 1923, il est par la suite élu le 20 novembre 1932 membre de la classe des beaux-arts de l’Académie de Marseille au 36e fauteuil. Jean-Amédée meurt le 11 mars 1945 à Marseille.

1887 – 23 février : Le mercredi 23 février 1887, vers 6 heures du matin, un séisme de magnitude 6 frappait violemment la Ligurie et les Alpes-Maritimes faisant 635 morts et 555 blessés sur la Riviera Ligure et 11 morts avec plus de 250 blessés côté français. L’évènement est survenu à la fin du grand Carnaval de Nice au moment où la Riviera, de Cannes à Sanremo, accueillait comme chaque année de très nombreux hivernants et personnalités européennes. Mais, en cet hiver 1887, on atteignait partout sur le littoral, des records inégalés avec la présence d’une forte clientèle élitiste dont de nombreuses têtes couronnées. Le choc principal s’est produit à 6 h 22 (heure de Rome) et a été suivi par deux fortes répliques à 6 h 29 et à 8 h 51 qui vont poursuivre leur travail de destruction et faire de nouvelles victimes.  Seize jours plus tard, le 11 mars, une secousse relativement forte s’est faite à nouveau ressentir. Par la suite, des secousses plus faibles se sont prolongées durant plusieurs mois, jusqu’en octobre 1887. Ce tremblement de terre a été ressenti sur un vaste territoire, jusqu’au-delà de Montpellier à l’ouest, dans toute la Suisse au nord, à Venise et à Florence à l’est, dans toute la Corse et jusque dans le nord de la Sardaigne, soit sur un rayon de 300 km depuis l’épicentre, ce qui représente une étendue supérieure à environ 300 000 km2.

La commotion a été perçue dans plus de quinze départements français ; le Var, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, les Alpes de Haute Provence, les Hautes-Alpes, le Gard, l’Hérault, la Drôme, l’Isère, l’Ardèche, le Puy de Dôme, le Rhône et l’Ain. En Italie, le séisme a été ressenti dans les régions du Piémont, de la Lombardie, d’Emilie Romagne et de la Toscane.

Son intensité maximale de X fut déterminée à partir de l’échelle d’intensité « Rossi-Forel », une toute jeune échelle qui avait été créée en 1883.  Camille Flammarion était le savant que l’on consultait le plus. Le jour du séisme il reçut une avalanche de dépêches provenant de France et d’Italie. Avec tous ces témoignages, il réalisa cette carte des intensités décroissantes en expérimentant l’échelle Rossi-Forel. Il publia cette carte dans la revue Astronomie en avril 1887, et comme on peut le constater cette échelle avait déjà atteint son maximum à l’épicentre. En Ligurie, l’impact sur la vie sociale et économique de la zone épicentrale fut considérable. Selon les données publiées par le gouvernement italien, le tremblement de terre a causé des dommages dans 68 municipalités de la province de Porto Maurizio (Imperia), 38 dans le district de Sanremo et 37 dans la province de Savone. Dans toute la Ligurie, les dommages causés aux bâtiments ont été officiellement évalués à environ 22 000 000 lires.

Selon les estimations officielles, les personnes laissées sans abri furent au nombre de 20 000 environ.
En France, les pertes immobilières s’élevèrent à 6 196 437,00 francs soit environ à 25 140 000€ et mobilières à 549 989,00 francs soit à 2 230 000€. Mais ces chiffres sont sous-estimés car de nombreuses communes affectées par le séisme n’ont pas fait de déclaration.

En France, on compta onze victimes dont 9 dans les Alpes-Maritimes : 2 à Castillon, 2 à La Bollène Vésubie, 2 à Bar-sur-Loup et 3 à Nice. Il a été noté également une victime à Saint-Pierre d’Entrevaux dans les Alpes de Haute Provence et, selon la presse, une autre à Marseille où un employé est tombé d’une échelle (Réf. Azurseisme com).

1905 – 11 mars : A PARIS, INAUGURATION SOLENNELLE DU METROPOLITAIN (Le Figaro).

1910 – 11 mars : MARSEILLE, LES CHAUFFEURS DU VAPEUR « PELION » ABANDONNENT LEUR NAVIRE – « Le 11 mars, les chauffeurs du vapeur « Pélion », de la Compagnie Fraissinet, abandonnent leur poste dans la traversée de Conakry à Dakar sous le coup des menaces d’un de leurs camarades en état d’ivresse. Le navire se trouve immobilisé jusqu’à ce que le capitaine, à la suite d’ordres réitérés, décide les chauffeurs à reprendre leur service » (Jules Charles Roux, Journal de la Marine, 9 avril 1910)

1925 – 11 mars : ETUDE DE FAISABILITÉ D’UNE BASE AÉRONAVALE A SAINT-MANDRIER – Une commission de la marine est désignée pour étudier et vérifier sur place les terrains voisins de l’hôpital maritime Saint-Mandrier, appartenant aux familles Andrieu, Bertulus, Cordes, en vue de leur expropriation pour un champ d’atterrissage pour hydravions (future B.A.N.), les habitants de la section de Saint-Mandrier sont heureux. En effet, pour eux si ce projet tombait un jour dans le domaine de la réalité, ce serait une bonne aubaine pour le commerce local (l’histoire ne dit pas ce que pensaient les expropriés !). Le premier plan de masse de la base est dessiné en 1925 et les expropriations s’effectuent en 1926. Le Commandant Keinnec précise que -le centre d’aviation est essentiellement prévu pour qu’y soient rattachées les deux escadrilles du transport d’aviation Commandant Teste et sa section d’entraînement (S.E.). Ce seront effectivement les hydravions de ce bâtiment qui inaugureront le plan d’eau de la base de Saint-Mandrier en 1934 (7 S2) puis en 1935 (7 B2). Outre le rôle de base de rattachement pour ces appareils, il est décidé que le centre servira à abriter des ballons captifs qui se trouvent alors au Mourillon (Gisèle Argensse, 1989 ; p. 177 et 189).

1932 – 11 mars : LOI INSTITUANT LES ALLOCATIONS FAMILIALES.

1943 – 11 mars :

1. LA CORVETTE FNFL ACONIT COULE DEUX SOUS-MARINS ALLEMANDS – Les sous-marins allemands U-444 et U-432 sont détruits à douze heures d’intervalle le 11 mars 1943 par la corvette des Forces Navales Françaises Libres Aconit (lieutenant de vaisseau Levasseur), performance rarement égalée au cours de la bataille de l’Atlantique (Henri Ribot, notes).

2. RENFLOUEMENT DU CONTRE-TORPILLEUR « GERFAUT » – Le 11 mars, le chantier naval Santa Maria de Gênes commence l’opération de renflouement du contre-torpilleur « Gerfaut » qui durera jusqu’au 1er juin (Marc Saibène, Toulon et la Marine 1942-1944). Le « Gerfaut » a été sabordé à Toulon le 27 novembre1942.

1944 – 11 mars :

1. LE CONTRE-TORPILLEUR VERDUN COULE A BREGAILLON – Après passage au bassin de Castigneau, le contre-torpilleur Verdun, également sabordé à Toulon en novembre 1942, a été conduit le 28 octobre 1943 à Brégaillon où il coule le 11 mars 1944 (Marc Saibène, Toulon et la Marine 1942-1944).

2. QUATRIEME BOMBARDEMENT DE TOULON PAR LES ALLIES : 22 MORTS A LA SEYNE, 70 MORTS A TOULON – Bombardement allié. Les bombardements du 23 Nov. 1943 et du 11 Mars 1944 ont fait 22 victimes à La Seyne (Marius Autran, Chronologie de La Seyne, 1967).

4ème bombardement de Toulon par les alliés. Lorsque l’US Air Force vient achever les destructions du bombardement effectué le 7 mars, l’opération est encore exécutée à haute altitude par des B 24 Liberator en onze groupes successifs. La ville est à nouveau touchée : les Dames de France incendiées, la gare SNCF touchée, ainsi que le boulevard de Strasbourg, l’avenue Colbert, etc. On compte 70 civils tués, 130 blessés, 12 disparus et 5700 sinistrés. Pour la première fois deux sous-marins allemands sont détruits (d’après Marc Saibène, Toulon et la Marine 1942-1944).

Le 11 mars 1944, l’arsenal est touché (Gaignebet J.-B., 1980 ).

Une formation restreinte de bombardiers moyens d’origine anglaise, a-t-on dit, vint bombarder l’arsenal. Les appareils descendaient très bas, presque à la verticale, pour mieux viser leurs objectifs. On appelait ce procédé, le bombardement en piqué, suivi d’une remontée brusque à 60°. Des bassins de radoub furent atteints sérieusement, des bâtiments de la pyrotechnie également. Un cargo italien mouillé dans la rade échappa miraculeusement aux bombes. Il n’y eut pas hélas ! que les destructions matérielles. Cette attaque inattendue n’avait pas permis aux gens de gagner rapidement un abri. Parmi les victimes, 10 Seynois périrent dans l’arsenal et devant la porte Castigneau. Liste des victimes seynoises du bombardement du 11 mars 1944 : AMPOSTO Aurélie Baptistine (N° 144), épouse d’Albert Michel FERRAT ; BORGNETTO Luigia (N° 148), veuve de Laurent ICARDI ; BOTTÉRO Rose (N° 145 ; BOURGUET Thérèse (N° 147) , veuve de Manuel AMPOSTO ; FÉDIX Francis Georges (N° 142) ; FERRAT Marie Thérèse (N° 146) ; LUSLAC Martial Jean (N° 155) ; MOHAMED dit KISSARLY Armand (N° 156) ; ROUX Marie Honorine (N° 143), épouse de Pierre Paul FIORI ; PIOLI Henri Jacques (N° 141) (Marius Autran, tome 2, 1988).

Le bombardement du samedi 11 mars 1944 eut lieu comme les précédents en plein jour et dura un quart d’heure de 11 H 53 à 12 H 07. Il y eut encore des destructions et des incendies, et cette fois, La Seyne a aussi été visée par les bombardiers. Le nombre des victimes fut de 99 tués et 43 blessés à Toulon, et de 10 tués et 17 blessés à La Seyne (V. Masson – La Resistance dans le Var).

1962 – 11 mars : « L’AUBERGE ROUGE» À SAINT-MANDRIER – A Saint-Mandrier, André Armando, propriétaire du ciné local depuis un quart de siècle, a programmé pour le samedi 10 et le dimanche 11 mars « L’auberge rouge», un film de Claude Autant Lara de 1951, avec Fernandel dans le rôle d’un moine. Le scénario original de ce film à succès est signé Jean Aurenche qui mourra à Bandol, en 1992, à l’âge de 89 ans (Ken Nicolas, vol. 2, p. 113).

1963 – 11 mars :

1. EXECUTION DE L’EX-LIEUTENANT-COLONEL JEAN BASTIEN-THIRY, condamné à mort pour avoir fomenté l’attentat du Petit Clamart qui visait à tuer le général De Gaulle.
2. BAM JUNE PAIK ACCOUCHE DE L’ART VIDEO : Le présent bouclé à l’infini : l’effet télévision injecté dans la sphère de l’art. Voilà son invention ! Et cela se passe très justement dans une cinémathèque… Car il ne s’agit rien moins, là, que de l’acte de naissance du cinéma post-cinématographique. En un seul geste, aussi prophétique et fulgurant que celui de Duchamp posant son premier ready made sur un socle, Paik vient de désigner et d’ouvrir une nouvelle façon de faire du cinéma : une façon qui inclut l’apport de la télévision, le direct. Avec sa corde tendue entre ses bras écartés, il simule moins un violoncelle qu’un projecteur de film, qui serait aussi une caméra, comme au début du cinéma. C’est de la pellicule qui circule – voyez-vous ? — entre ses deux mains. Mais de la pellicule capable de montrer ce qu’elle imprime au moment où elle l’imprime. Au réalisme de la duplication cinématographique du monde s’ajoute, comme un défi, le réalisme supplémentaire et foudroyant de l’instantanéité de la duplication télévisuelle. Déjà Paik à cette époque se disait hanté par le film Casablanca (parce que, rationalise-t-il, c’était le dernier film américain sorti à Séoul avant la guerre de Corée, le dernier qu’il avait vu avant de s’enfuir au Japon avec ses parents) et il annonçait à qui voulait l’entendre qu’un jour il en ferait un remake. Or, sans le savoir, le 9 février 1967, Paik a déjà accompli ce remake. Charlotte c’est Ingrid Bergman, il est Humphrey Bogart : Rick vient de trouver le moyen d’empêcher Ilsa de partir. Le présent bouclé sur lui- même, le présent à l’infini : l’avion ne décollera pas. Ilsa est à jamais dans ses bras (note : Recoupement avec L’Inhumaine (1923) de Marcel L’Herbier, où l’on assiste déjà à l’invention de la télévision pour la même romanesque raison : empêcher une femme de partir au bout du monde). En coréen, Paik signifie blanc. Casablanca se traduit donc Casa Paik. Il y avait la Galaxie Gutenberg, l’Empire des Lumière, nous vivons tous depuis 1967, que nous le voulions ou non, dans la maison Paiky (Jean-Paul Fargier, Cahiers du Cinéma, 1995).

1978 – 11 mars : MORT ACCIDENTELLE DU CHANTEUR CLAUDE FRANÇOIS.

1993 – 11 mars : PREMIER VOL DE L’AIRBUS A321.

2016 – 11 mars :

1. HARMONY OF THE SEAS EFFECTUE SES PREMIERS ESSAIS EN MER, AU LARGE DE SAINT-NAZAIRE – Paru ce matin dans le Huntington Post : ÉCONOMIE – Avec trois coups de corne de brume, le plus gros paquebot du monde, l’Harmony of the seas, a pris le large jeudi pour ses premiers essais en mer, quittant son berceau de Saint-Nazaire devant des milliers de curieux venus immortaliser l’événement.
Profitant de l’absence de vent et d’une mer très calme, le commandant de bord est parvenu à achever en moins d’une demi-heure la délicate manœuvre consistant à faire entièrement pivoter le navire pour le mettre dans l’axe de sa sortie du port.

Une flottille de petits bateaux, paraissant minuscules à côté du géant, ont accompagné le paquebot flambant neuf dans sa lente descente de l’estuaire de la Loire, face au soleil couchant. Quatre remorqueurs, qui étaient attachés au paquebot, prêts à intervenir, n’ont pas eu à entrer en action et l’Harmony of the seas s’est déplacé à la force de ses seuls moteurs, sous le regard de milliers de badauds.

2. CONFERENCE AU MOURILLON – A la demande de l’AVSANE et de sa présidente Mme Combes, Henri RIBOT a donné une conférence ayant pour thème l’évolution des voies de communication au cours des âges, Espace Méditerranée, au Mourillon, à 17h30. N’étant pas encore remis de ses soucis de santé, ce fut Tony Peretti qui le pilota jusque là-bas.

2017 – 11 mars :

(Michel Pacha et sa seconde épouse)

1. YVES STALLONI – L’HOMME DES PHARES – à 9h 30, notre ami Yves Stalloni signait à Sanary, librairie Baba Yaga, son roman « L’homme des phares ». La vie très riche et très romanesque de Michel Pacha, Sidarènes Editions, 2017, 312 p.

2022 – 11 mars : minuit, en direct

L’Ukraine et la Russie sont « prêtes » à discuter pour garantir la sécurité des sites nucléaires ukrainiens, compromise par la guerre, a déclaré jeudi 10 mars, le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). « Mon premier objectif était d’établir un dialogue direct à un très haut niveau », a expliqué Rafael Grossi, de retour d’Antalya en Turquie où il a rencontré séparément les ministres des Affaires étrangères russe Serguei Lavrov et ukrainien Dmytro Kuleba, en marge de pourparlers qui ont échoué à conclure un cessez-le-feu. Ce direct est maintenant terminé.

Moscou accuse Kiev de fabriquer des armes chimiques, et le conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir ce vendredi à la demande de la Russie. Volodymyr Zelensky a démenti et accusé la Russie de préparer le terrain à « dé-chimisation » de l’Ukraine.

Après l’échec des pourparlers pour négocier un cessez-le-feu, des chars russes sont arrivés jeudi à la lisière nord-est de Kiev.

Dernière : A 4h, ce matin : Frappes russes sur Lutsk et Dnipro… Le convoi militaire « redéployé » autour de Kiev.

EN DIRECT DE NOS ARCHIVES.

SANARY-SUR-MER – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et ÉDIFICES. 223e livraison :

1793 – 9 Septembre : Armée – Guerre – Municipalité – Société – Le Conseil général de Sanary (note H. Ribot : auj. conseil municipal) justifie son action et repousse les accusations qui lui sont faites d’avoir aidé Toulon en révolte contre la République, 9  septembre 1793 (Rotger B., 1984, p. 301-302).

Réuni d’urgence et avec une émotion facile à prévoir, le 9 septembre, le Conseil général de la commune (Saint-Nazaire) protesta de son dévouement aux principes de la Révolution et dégagea sa responsabilité des faits accomplis. En réalité, le 1er septembre; s’était présenté devant la municipalité un gendarme porteur d’un ordre du comité général des sections de Toulon contenant injonction de faire procéder à ce désarmement. Elle refusa.

Le lendemain à minuit arrivèrent deux gendarmes précédant un détachement de 15 hommes d’un régiment de ligne et munis d’une nouvelle injonction rappelant que l’armement des batteries était la propriété de la ville de Toulon. Les officiers municipaux, tirés de leur lit, durent céder à la force ; ils espéraient de celle façon ne pas compromettre les marins de leur village embarqués sur les bateaux de la République et les ouvriers de l’arsenal, leurs compatriotes.

Les batteries furent désarmées ; les affûts, les boulets, la poudre et toul le matériel furent transportés au port de Toulon sur un bâtiment spécial. Toutefois, deux canons du calibre 4 montés sur leurs affûts, furent cachés avec des boulets et de la poudre. Le tout fut remis à un détachement de l’armée du général Carteaux, dès son passage à Saint-Nazaire, le 8 septembre. La même municipalité ne pouvait être rendue responsable de l’enlèvement des deux mortiers, car les batteries les ayant possédés étaient situées sur le territoire de Six-Fours1.

Enfin d’Olonne avait été commis par le comité général des sections de Toulon, le 28 août, pour se rendre à bord du vaisseau de l’amiral Hood pour l’instruire de la situation de la ville. Il exhiba son ordre à la municipalité de Saint-Nazaire et au comité de ce lieu, en les assurant que l’objet de sa mission consistait uniquement à faire laisser le passage libre à un convoi de blé, venant de Tunis, pour la subsistance du département du Var, notamment pour celle de Saint-Nazaire, dont le convoi de deux charrettes de blé, acheté à grands frais à Saint-Maximin, avait été saisi par un détachement de l’armée du général Carteaux, qui cependant l’avait restitué. La municipalité n’avait jamais vendu de vin à l’escadre ennemie, car, depuis cinq mois, elle avait défendu la sortie de toute espèce de vin à cause de la pénurie de la récolte. Bien plus, deux bâtiments chargés de vin provenant de Marseille, ayant aperçu l’armée anglaise, déchargèrent leurs marchandises dans le port de Saint-Nazaire et ce vin fut immédiatement charrié par des voitures à Toulon. Cette municipalité fit valoir un dernier argument en sa faveur et ses dires étaient rigoureusement conformes à la réalité. Nous les transcrivons :

« Enfin, une dernière preuve « qui fait certainement pour le canton de St-Nazaire et qui « prouve toujours plus son attachement à la République. « Requise comme les autres communes à fournir une force « armée à la ville de Toulon, elle s’y est absolument refusée « et par ce moyen elle peut se flatter n’avoir aucun de ses « concitoyens qui ait pris les armes contre la République. » Toute résistance au désarmement des batteries eût d’ailleurs amené une grave effusion de sang. Pierre Ourdan, officier municipal, et Charles Roustan, notable, furent chargés d’aller exposer la situation aux représentants du peuple (Registre des délibérations, t» 356-8.).

La lettre de demande d’un contingent militaire, adressée par les sections de Toulon à la ville de Sanary, n’a pas été conservée. Toutes mes recherches (Roger Vallentin du Cheylard, Sanary et le siège de Toulon, 1913-1914, rééd. 2001, dixit) pour la retrouver sont demeurées vaines, malgré l’obligeance inépuisable de M. Susini, secrétaire de la mairie, et malgré le classement méthodique des archives dû à M. Henri Flotte. Sa reproduction aurait été certainement instructive. Quoi qu’il en soit, le désarmement des batteries défendant l’accès de la rade du Brusc ne fut pas le fait des Anglais, comme quelques auteurs l’ont affirmé. Au témoignage de plusieurs historiens, les députés du comité général, dans leur hâte à remplir leur mission, gagnèrent, la nuit venue, Sanary, d’où sous la conduite de l’officier parlementaire ils atteignirent, grâce à un bateau de pêche, le vaisseau de l’amiral Hood.

Selon une autre version, Cook et ses compagnons, pour échapper aux poursuites des chaloupes du contre-amiral Saint-Julien, « gagnèrent comme ils purent « le village de Saint-Nazaire, d’où ils ne réussirent à aborder « la flotte anglaise qu’à la nuit ».

Évidemment, Sanary fut uniquement témoin du passage de d’Olonne, dans les conditions indiquées au registre des délibérations.

Par suite d’une supputation défectueuse et que l’on retrouve ailleurs, dès le 1er janvier 1793, l’autorité reporta aux premiers mois de cette année-là l’an IIe de l’ère républicaine et l’on trouve même cette erreur avec mention de l’an III au début de l’année 1794. La commission provisoire du district de Toulon « remplaçant provisoirement le Directoire du département du Var » suivit ces errements. Une lettre, datée à Toulon du 14 août 1793 « l’an IIe, etc. », concerne la fontaine et l’horloge publique de Saint-Nazaire. La même méprise se rencontre sur les registres des délibérations du Conseil général et de la Société patriotique.

Malgré les événements, la commission provisoire continua à s’occuper de l’administration des communes les plus voisines de Toulon, mais nous lisons sur une lettre relative à l’horloge et à la fontaine précédentes : « Fait au Directoire du département, du Var à Toulon, le onze septembre « 1793, l’an 1er du règne de Louis Dix-Sept », et cette lettre est parfaitement parvenue à destination, la municipalité de Sanary (Archives de Sanary, N3.). C’est le dernier contact pris par celle-ci avec la nouvelle administration toulonnaise. Hyères, Cuers, Solliès-Pont, La Vallette, Ollioules et d’autres villes peut-être encore, s’étaient fédérées avec Toulon au commencement de la seconde moitié du mois d’août (Denis et Chassinat, Hyères ancien et moderne, p. 128).

Sanary montra plus de circonspection, mais elle eut le tort de continuer de correspondre avec un pouvoir insurrectionnel. Son occupation définitive par l’armée républicaine dut avoir lieu le 12 septembre. Dès le 6 ou le 7 de ce mois, il s’y trouva réunis quelques groupes de soldats appartenant aux volontaires du Var, incertains de l’attitude à observer. Le 8 septembre, les avant-postes de Carteaux n’étaient pas aussi avancés qu’on l’a écrit, car dans cette hypothèse la lettre partie le 11 de Toulon aurait été interceptée (Roger Vallentin du Cheylard, Sanary et le siège de Toulon, 1913-1914, rééd. 2001). Le Conseil général de Sanary justifie son action et repousse les accusations qui lui sont faites d’avoir aidé Toulon en révolte contre la République.

Le 9 septembre, le Conseil général de Sanary prend une délibération à la réception de l’ordre reçu par le capitaine Mathieu «d’aller visiter les batteries de Sanary et de rendre compte à Carteaux puis de faire conduire au Beausset et traduire auprès des représentants du peuple les municipalités et les habitants qui ont trempé dans le complot de l’enlèvement des canons et des mortiers » :] « le canton de Saint-Nazaire ne s’est jamais démenti des principes de la révolution (…). (… et rappelle diverses circonstances prouvant cet attachement, comme la) publicité au projet de la constitution, (…).  Sur l’objet du désarmement des batteries, il se présenta à la municipalité dans la journée du 1er septembre, un gendarme porteur d’un ordre du comité central des sections de Toulon, portant injonction de faire procéder à ce désarmement. Sur le refus de la municipalité, le lendemain 2 septembre à minuit, arrivèrent 2 gens d’armes à la tête d’un détachement d’environ 25 hommes des troupes de ligne, porteurs d’une nouvelle injonction de désarmer les dites batteries. Sur la répugnance de la municipalité, ils répondirent que ses membres avaient tout à craindre de Toulon , que ce refus était inconséquent, attendu que ces batteries avaient armées par Toulon qui en payait les frais et que celle-ci avait le droit d’en disposer à son gré. Il fallut céder pour ne pas compromettre le canton et tout particulièrement une foule de marins embarqués à bord des vaisseaux de la République et une quantité d’ouvriers employés à l’arsenal. Les batteries désarmées furent embarquées sur un bâtiment de guerre qui les transporta ensuite à Toulon. Tout ce que put faire la municipalité fut de cacher deux canons de 4 montés sur affût, des boulets et de la poudre, et ce matériel fut remis immédiatement au pouvoir de l’armée du général Carteaux à son arrivée à Saint-Nazaire le 8 septembre. Ce que peut attester le Commandant du détachement. En ce qui concerne les mortiers, ces deux pièces n’étaient pas placées sur les batteries de Sanary, mais sur le territoire de Six-Fours. (Puis le Conseil reprend les autres points qui lui sont opposés et expose les faits en démontrant sa bonne foi 🙂 « transit par Sanary de blé venant de Tunis pour Toulon, (…) impossibilité de fournir du vin à Toulon puisqu’en fonction de la pénurie cela fait 5 mois que tout transport est interdit, (en revanche la municipalité rappelle que Sanary a hébergé 2 navires chargés de vin qui, pour échapper aux Anglais, s’étaient réfugiés dans son port). La dernière preuve de l’attachement de Sanary à la République, c’est que, requise comme les autres communes de fournir une force armée à la ville de Toulon, elle s’y est  refusée et peut se flatter de n’avoir aucun citoyen qui ait pris les armes contre la République. »

[Après avoir à nouveau prêté le serment de vivre libre ou de mourir, ont signé : Pardigon, maire, Fourrest, Bonnogrâce, Ourdan, Sabatier, Estouart, Coullomp, Roustan, Deprat, Gautier, Monginon, Boyer, Fertian, Fabre, Hermitte, Pardigon Fils (Rotger B., 1984, p. 301-302.).

MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS  – 423e livraison :

(carte, coll. H. Ribot)

1790 : Marseille – Le fief des Eygalades  passe entre les mains de Mestre d’Aigalades.

1790 – 17 mars : L’Assemblée constituante décide que les municipalités mettront en vente les 400 millions de biens nationaux décidée le 19 décembre 1789 – L’Assemblée constituante décide que les municipalités mettront en vente les 400 millions de biens nationaux décidée le 19 décembre précédent. Le 9 avril, elle demande aux municipalités qui veulent acheter des biens nationaux de soumettre au comité d’aliénation les moyens qu’elles ont d’acquitter leurs achats. (Fauchois Yann – De la Régence à la Révolution, 1715 – 1789, dans Collectif 2001 – Le journal de la France et des Français, avec le concours du Centre National du Livre, Quarto Gallimard 2001).

1790 – 20 avril : Décret de l’Assemblée Nationale prescrivant que les maires et officiers municipaux porteraient dorénavant une écharpe aux trois couleurs de la nation. (Rotger B., 1984, p. 277).

1790 15 mai : L’Assemblée décide le lotissement des biens nationaux et leur vente aux enchères (Fauchois Yann – De la Régence à la Révolution, 1715 – 1789, dans Collectif 2001 – Le journal de la France et des Français, avec le concours du Centre National du Livre, Quarto Gallimard 2001).

1790 – juillet : La Constitution Civile du Clergé: serments et rétractations :  L’adoption par l’Assemblée, en, de la Constitution Civile du Clergé, ne fut pas sans provoquer, dans les rangs des prêtres de France, des remous importants. Les uns, favorables encore aux idées révolutionnaires, avaient sans arrière-pensée prêté le serment de fidélité à la Constitution dès que celui-ci avait été exigé. Les autres, plus réticents et influencés par l’hostilité du Pape, avaient atermoyé ou prêté un serment restrictif, considéré par l’administration révolutionnaire comme nul et non avenu. Quand les choses, de part et d’autre, se radicalisèrent, il fallut bien choisir son camp. D’une part, le non-respect de la loi entraînait pour les « prêtres réfractaires » la mise hors la loi, l’arrestation et la condamnation à la peine de mort. D’autre part, les prêtres assermentés tombaient sous le coup de l’excommunication, l’église « constitutionnelle » étant déclarée schismatique. En Ardèche, l’évêque de Viviers, Mgr Lafont de Savines, avait très précocement prêté le serment à la Constitution, entraînant derrière lui une proportion importante de ses prêtres qui avaient ainsi prêté le serment sans état d’âme, trop heureux de n’avoir pas à décider eux-mêmes d’un choix difficile. Les foudres papales en firent réfléchir plus d’un et c’est alors que les rétractations , innombrables, intervinrent. Un peu partout dans l’Ardèche, les curés de paroisses et leurs vicaires se rendirent « en la maison commune » afin de demander au maire à rétracter leur serment. L’attitude des municipalités fut variable, mais le plus souvent, on tenta de persuader les prêtres de n’en rien faire, le risque encouru étant certain, tant pour le prêtre que pour la municipalité. En effet, certaines municipalités, pour éviter les ennuis, avaient omis de déclarer les restrictions mises par certains prêtres à leur serment. Ces fausses déclarations engageaient la responsabilité du maire. Comme l’avaient été les serments, les rétractations furent donc souvent discrètes. Pourtant, il fallait rassurer les catholiques pratiquants, troublés, eux aussi, par l’attitude intransigeante du Pape. C’est donc souvent dans les églises plutôt qu’à la mairie qu’eurent lieu les rétractations (M. Guigal, 2004) .

LA SEYNE-SUR-MER. 122e livraison :

11 mars 1944 :

1. LE CONTRE-TORPILLEUR VERDUN COULE A BREGAILLON – Après passage au bassin de Castigneau, le contre-torpilleur Verdun, également sabordé à Toulon en novembre 1942, a été conduit le 28 octobre 1943 à Brégaillon où il coule le 11 mars 1944 (Marc Saibène, Toulon et la Marine 1942-1944).

2. QUATRIEME BOMBARDEMENT DE TOULON PAR LES ALLIES : 22 MORTS A LA SEYNE, 70 MORTS A TOULON – Bombardement allié. Les bombardements du 23 Nov. 1943 et du 11 Mars 1944 ont fait 22 victimes à La Seyne (Marius Autran, Chronologie de La Seyne, 1967).

4ème bombardement de Toulon par les alliés. Lorsque l’US Air Force vient achever les destructions du bombardement effectué le 7 mars, l’opération est encore exécutée à haute altitude par des B 24 Liberator en onze groupes successifs. La ville est à nouveau touchée : les Dames de France incendiées, la gare SNCF touchée, ainsi que le boulevard de Strasbourg, l’avenue Colbert, etc. On compte 70 civils tués, 130 blessés, 12 disparus et 5700 sinistrés. Pour la première fois deux sous-marins allemands sont détruits (d’après Marc Saibène, Toulon et la Marine 1942-1944).

Le 11 mars 1944, l’arsenal est touché (Gaignebet J.-B., 1980 ).

Une formation restreinte de bombardiers moyens d’origine anglaise, a-t-on dit, vint bombarder l’arsenal. Les appareils descendaient très bas, presque à la verticale, pour mieux viser leurs objectifs. On appelait ce procédé, le bombardement en piqué, suivi d’une remontée brusque à 60°. Des bassins de radoub furent atteints sérieusement, des bâtiments de la pyrotechnie également. Un cargo italien mouillé dans la rade échappa miraculeusement aux bombes. Il n’y eut pas hélas ! que les destructions matérielles. Cette attaque inattendue n’avait pas permis aux gens de gagner rapidement un abri. Parmi les victimes, 10 Seynois périrent dans l’arsenal et devant la porte Castigneau. Liste des victimes seynoises du bombardement du 11 mars 1944 : AMPOSTO Aurélie Baptistine (N° 144), épouse d’Albert Michel FERRAT ; BORGNETTO Luigia (N° 148), veuve de Laurent ICARDI ; BOTTÉRO Rose (N° 145 ; BOURGUET Thérèse (N° 147) , veuve de Manuel AMPOSTO ; FÉDIX Francis Georges (N° 142) ; FERRAT Marie Thérèse (N° 146) ; LUSLAC Martial Jean (N° 155) ; MOHAMED dit KISSARLY Armand (N° 156) ; ROUX Marie Honorine (N° 143), épouse de Pierre Paul FIORI ; PIOLI Henri Jacques (N° 141) (Marius Autran, tome 2, 1988).

Le bombardement du samedi 11 mars 1944 eut lieu comme les précédents en plein jour et dura un quart d’heure de 11 H 53 à 12 H 07. Il y eut encore des destructions et des incendies, et cette fois, La Seyne a aussi été visée par les bombardiers. Le nombre des victimes fut de 99 tués et 43 blessés à Toulon, et de 10 tués et 17 blessés à La Seyne (V. Masson – La Resistance dans le Var).

UNE BLAGUE (involontaire ?) POUR LA ROUTE

Les honneurs funèbres militaires sont rendus, en principe, au domicile du défunt et ne oeuvent l’être qu’une seuke fois à la même personnalité. » (Préparation militaire supérieure).

C’EST FINI POUR AUJOURD’HUI !

Il est 7 h 30, je vous souhaite à tous un excellent lundi ! Affectueuses pensées à Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber.

A demain pour fêter les ROSINE !

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