EPHEMERIDES DU 11 DECEMBRE

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ÉPHÉMÉRIDES DU LUNDI 11 DECEMBRE 2023, 12e ANNÉE (n° 4030).

ILLUSTRATION : Musée des carrosses – Le Caire, 2022 (cl. H. Ribot)

FÊTES :

C’est aujourd’hui la saint Daniel, un prénom porté par 365 000 personnes et un patronyme partagé par 24 000 autres. Relativement ancien, la moyenne d’âge se situant entre 55 et 60 ans, Daniel se place au 12e rang des prénoms les plus portés en France. Il fut très populaire dans les années 1940.

Saint Daniel, ou plutôt « Daniel le Styliste » naquit en Syrie, en 410. C’était un moine qui, après la mort de Siméon, se retira dans la prière et la méditation. Il exerça une grande influence dans la capitale de l’Empire romain d’Orient, y compris auprès des empereurs. En théologie, il se révéla être un ardent adversaire des monophysites, tenants de l’unité divine de nature du Christ et niant par exemple que Jésus fût à la foi homme et Dieu. Alors que les ariens dont les adeptes se trouvaient surtout en Europe, le monophysisme l’emporta largement au Proche-Orient et en Égypte (Église copte).

Un dicton populaire veut que « le temps de Noël soit le même que celui de la saint Daniel ».

Pour le calendrier républicain, ce 21e jour du mois de frimaire est dédié à l’érable à sucre dont le Canada a choisi la feuille pour orner son drapeau national.

PENSÉE hélas souvent mise à mal : La vérité doit s’imposer sans violence. (Léon Tolstoï, Guerre et Paix)

EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHEQUE : L. Mongin – Toulon ancien et ses rues, IIe volume, Draguignan imprimerie Olivier Jouan, 1902, 344 p.

ÉPHÉMÉRIDES.

1220 – 11 décembre : fief de Cuges et ses dépendances – Aubagne. Vente par Hugues des Baux, vicomte de Marseille, à Guillaume Vivaud le Jeune, du fief de Cuges et ses dépendances, pour 25 000 sous royaux coronats et le cens annuel d’une masmodine d’or; le vendeur se réserve les cavalcades. Barrale, sa femme et ses fils Gilbert et Barral, quoique mineurs, confirment la vent (Acte 416 des vicomtes de Marseille de Gérin-Ricard, 1926. Réf. B. La Major de Marseille, Livre jaune, fol. 38 v°; IND. Dr Barthélemy, Inventaire… n°200.). Le fief de Cuges passa ainsi dans la famille de Guillaume Vivaud, et fut  possédé successivement par Jacques, Guillaume et Louis Vivaud qui ont pris le titre de seigneur de Cuges. Voir l’acte 576 du 26 avril 1289 (Marseille. Plainte adressée au viguier par les députés du conseil de ville de Marseille, au sujet des infractions commises en matière de péages par Bertrand de Baux, Hugues et Raimond de Baux, frères, fils de feu Bertrand, et par Raimond de Baux, fils de feu Gilbert, à la convention).

1291 – 11 décembre : Guillaume de Solliès confirme à Guichard de Saint-Martin, prieur de Montrieux, toutes les donations de pâturages et de droits de pacage faits par ses prédécesseurs, seigneurs de Solliès, en faveur des chartreux (Boyer R., 1980, p. 662 : acte non retranscrit dans le cartulaire de Montrieux)

-1306 – 11 décembre : Parlons un peu de Cuges, dénommé Cuya le 11 décembre 1306 (charte  aux archives de l’Évêché). Cuges, canton d’Aubagne, mentionné  Le village de Cuges était primitivement dans la montagne qui conduit au Saint- Pilon ; à la fin du Xe siècle, les habitants transportèrent leurs demeures sur la colline de Sainte-Croix. Première mention le 23 avril 1005 :  Marseille. Fouque, vicomte de Marseille, donne à Odile, sa. femme, pour prix du premier baiser nuptial, ce qu’il possède à Solliès, Ceyreste, Cuges, Ollières, biens et personnes. Sont présents à la donation : Pons Ier, évêque de Marseille, et Guil­laume II, frères de Fouque ; Lambert, son beau-frère. (Acte n°30 des vicomtes de Marseille, H. de Gérin-Ricard, 1926 ; réf. a. Ruffi, Histoire de Marseille, t. I, p. 484).

1320 – 11 décembre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Jarretum de Puiol, 11 décembre 1320 (acte no­tarié). Pujol de Jarret – lieu-dit, quartier de Saint-Pierre. Jarret – cours d’eau formé par la réunion des ruisseaux de Château-Gombert, du Plan-de-Cuques et d’Allauch ; il traverse une partie du territoire de Marseille et va se jeter dans l’Huveaune au-dessous du village de Sainte-Margue­rite. Une circonstance digne de remarque, c’est que le nom de Jarret prend presque toujours et sert même à désigner, dans les divers actes, le nom des loca­lités qu’il traverse depuis son origine jusqu’à son con­fluent, ce qui n’a pas lieu pour la rivière de 1’Huveaune . Première mention : Fluvium Jerre au VIIIe siècle, (Dénombrement des pos­sessions de Saint-Sauveur. Belsunce, I. 302).

1353 – 11 décembre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Lo Molin dan Gallot. La part de l’hôpital de Saint- Jean, qui était tenue sous la rente annuelle de cent sols par les Vivaud, fut entièrement abandonnée par Guillaume Vivaud (acte notarié). Moulin de L’hôpital, moulin à eau, dans le cours de l’Huveaune entre Saint-Loup et la Moutte, commune de Mar­seille. Première mention : Molendinum Galberti, le 6 juin 1286 (acte notarié).

1375 – 11 décembre : LIEUX-DITS D’ALLAUCH –

Blacassin, 11 décembre 1375 (acte aux archives de l’Evêché). Blacassin – quartier rural (1872). Première mention : Blacassi, 28 janvier 1275 (acte aux archives municipales).

Sala de Ranyarda (charte aux archives de la Major).  La Salle – hameau, commune d’Allauch, quartier des Trois-Lucs (1872). Première mention : Le 6 août 1256 ; Achat par Rostan d’Agoult, seigneur de Toulon, de Trets et d’Allauch, et prieur de l’église d’Allauch, à Audebert de Chorges, d’un plantier sis à la Salle de la Reynarde (Sala de Reniharda), près Marseille. (Acte 541 des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : A. La Major de Marseille, liasse 17, n° 91).

-Val Masselhes (acte aux archives de l’Evêché). Vallon Marsèillais : lieu-dit, commune d’Allauch.  Première mention : Vallon Massettes, 4 septembre 1287 (acte notarié).

1452 – 11 décembre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Entre dos aygas 1452 (charte  aux archives municipales). Entre-Aygas lieu-dit,  commune de Marseille, quartier de Sainte- Marguerite, entre l’Huveaune et le béal des Moulins. Première mention : Infra duas aquas , 1097 (supplément inédit au cartulaire de Saint- Victor).

1481 – 11 décembre :

Mort de Charles III du Maine et de Provence. Il cède ces deux comtés et ses droits italiens au roi Louis XI qu’il a désigné comme son légataire universel. La Provence, Marseille et Toulon entrent peu après dans le domaine royal. La date la plus communément considérée comme marquant la fin du Moyen Age est celle de 1453, qui vit la disparition de l’Empire byzantin. Certains estiment que, pour la France, il convient de la reculer de trente ans, jusqu’à la mort de Louis XI, en 1483. Pour la Provence, l’hésitation n’est pas permise; la période médiévale s’achève le 11 décembre 1481 à la mort de Charles III, son dernier comte. Avec lui disparaissent une indépendance très ancienne, une série de souverains trop souvent absents, une relative tranquillité au milieu des tempêtes qui agitent l’Europe. La Provence entre dans un Etat fort et centra­lisateur, marqué par la personnalité de ce roi moderne qu’est Louis XI; elle se trouve au cœur des querelles européennes, et sa position stratégique lui coûtera plusieurs invasions; elle subit toutes les convulsions civiles et religieuses qui agitent la France  (« Chronologie » dans Martin Aurell, Jean-Paul Boyer, Noël Coulet – La Provence au Moyen Âge, 2005 ; Lobrichon G. – Journal de la France et des Français,… p. 421 ; de Martinenq, 1921 ; Félix Reynaud, 1971, La difficile intégration au royaume, p. 147).

LIEUX-DITS DE SEPTEME – la Bégude – Commune de Septèmes. Charles d’Anjou fit donation de la bégude de Septèmes qui se trouvait sur la limite du territoire de Marseille, le 11 décembre 1481(Cour des comptes, Ann. c, 12e registre). La bégude était un droit que l’on percevait sur les boissons à leur entrée dans le territoire de Marseille et les bureaux où on le percevait en ont conservé le nom. De là vient qu’ils sont placés sur la limite du terroir.

1506 – 11 décembre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE –

– Pratum Pauleti Malisanguinis (registre aux archives de l’Évêché). Maussane, bastide, quartier des Camoins.

-Dona Milheria uxor Claudii Milherie recognovit pratum loco dicto lou Prat Redon, 11 décembre 1506 (registre aux archives de la Major). La Millière – hameau, quartier de Saint- Menet. Au 14e s., le domaine de Prat Redon situé dans un méandre de l’Huveaune appartient à Jean de l’Oye.

1507 – 11 décembre : Transaction entre les habitants d’Ollioules et leurs seigneurs concernant « les terres gastes » qui avaient été cédées aux Vintimille par les habitants d’Ollioules – « Acte du 11 décembre 1507. En vertu de l’acte reçu ce jour par Maître Antoine Malbecchi, notaire public, apostolique et impérial à Aix, portant transaction entre les habitants d’Ollioules et Guirand de Simiane, seigneur de Casanova, et  Bertrand de Marseille des Comtes de Vintimille » [Les contestations visaient les points suivants :] « les terres gastes, disaient ces derniers, appartenaient aux seigneurs, et ceux-ci ne les cédaient qu’à titre d’emphytéose et à cense perpétuelle aux habitants du lieu comme à ceux du dehors. La communauté affirmait au contraire que la coutume la plus ancienne permettait de faire paître, de couper les herbes, d’élever des fours à chaux, d’abattre du bois pour construire des maisons, etc. dans les terres gastes de Provence. La transaction permit aux particuliers, propriétaires de parcelles de terres gastes de les conserver sous la directe majeure du seigneur (major directo et senoria) et d’y faire ce que l’usage avait établi. [C’est en application de cet acte que les seigneurs purent accorder le droit de s’établir au bourg de Saint Nazaire à seize nouvelles familles. C’est cet acte d’habitation que certains ont pris pour un acte de fondation et que, un siècle plus tard, les consuls d’Ollioules exploiteront habilement pour s’opposer à l’indépendance de Saint Nazaire.] (Le texte est de B. Rotger. Bizarrement, l’auteur s’appuie sur ce texte de décembre 1507 pour expliquer l’acte d’habitation du 10 février de la même année. Il y a problème !).

1607 – 11 décembre : LIEUX-DITS D’ALLAUCH – Tourdinau, 11 décembre 1607 (acte notarié à Allauch). Tourdinau lieu-dit, commune d’Allauch. Première mention : Tordinaut, le 10 juillet 1298 (charte aux archives municipales). Première mention : Tordinaut, 10 juillet 1298 (charte aux archives municipales).

1629 – 11 décembre : Article pour servir de règlement de la manière que le vallat de Berte, à La Seyne, doit être entretenu, Maître Joseph Lieutaud, notaire, André Audibert et Hercules Vidal, estimateurs de la communauté de S-F, à la réquisition des Sieurs consuls dudit lieu, pour raison de la visite et termenages des fontaines. S’étant portés à celle de Berte, ils auraient limité et réglé le vallat dudit quartier, qui va jusqu’à la mer. Et déclarés savoir, que depuis ladite fontaine, tous les voisins aboutissant et joignant ledit vallat, seront tenus, à leur frontière, de le tenir net et creusé, sans aucun empêchement, de la profondeur et à niveau de ladite fontaine. Et de la largeur, savoir : depuis icelle, jusques et ci avant que le coin du pré de Silvestre Porquier, du coté de midi d’icellui, joignant ledit vallat et pré des hoirs de Anthoine Daniel, de huit pans. Et de là, jusqu’à la mer, de onze pans de largeur. Ainsi qu’apert de leur rapport, reçu par Maître Daniel, notaire. Le règlement du susdit vallat de Berte n’ayant pas été obtenu aux formes portées par le susdit rapport, sur diverses plaintes faites par des particuliers des biens joignant le vallat du susdit quartier de Berte. A la réquisition des consuls, Jean Collomb et André Daniel, estimateurs dudit S-F, et Dominique Crestien, pris pour adjoint, s’étant portés audit vallat, après avoir parcouru icellui, depuis la mer jusqu’au bout, pour la séparation, firent planter plusieurs et divers termes, et auraient déclaré que ledit vallat doit avoir onze pans de largeur. Ainsi que amplement apert de leur rapport du onze décembre 1629, reçu par Maître Lieutaud, notaire (Jean Denans, 1713).

1653 – 15 au 30 décembre : OÙ l’on voit la France ménager Marseille et ses marchands tout en conservant de bonnes relations avec la république de Gênes – Le 15 décembre, les officiers de deux galères françaises, dont les équipages n’ont pas été payés depuis sept mois, décident de trouver de l’argent par eux-mêmes, c’est-à-dire de sortir du port pour se livrer au moins momentanément, à la course. Ils ont aperçu, au large, un vaisseau battant pavillon de Gênes, le Concorde, venant de l’Ouest, c’est-à-dire d’Espagne. Ils flairent la bonne prise, et ne se trompent pas: le navire «appartient à quelques mar­chands de Gênes et de Marseille», et «fait le trafic de Messieurs de Marseille pour l’Espagne». Il se trouve chargé, en particu­lier, de sommes d’argent qui doivent être remises à des négociants marseillais. Ces derniers, inquiets, se précipitent chez les Consuls. Ceux-ci ne demandent qu’à être mis devant le fait accompli. «Secrètement», ils leur permettent de «tendre la chaisne» du port, de «se saisir du passage» et de «s’opposer» à la sortie des galères. Ce dessein est «heureusement réussi», avec l’aide d’un grand concours de peuple, «esmeu et assemblé vers l’église Saint-Jean», celle du quartier des pêcheurs. Au facteur d’ordre financier s’est conjugué un élément d’ordre psychologique, d’une portée plus large; Quatre jours auparavant, le 11 décembre, Ces deux galeres, entrant dans le port, n’ont pas salué la ville de leurs canons, ainsi qu’il est d’usage. La susceptibilité des gens de mer s’en est trouvée froissée. En tout cas, les deux galères ne peuvent. sortir du port. En dépit des invectives, le Concorde, prévenu, peut aller aborder à La Ciotat, «où les intéressés vont prendre leur argent», et conti­nuer sa route vers Gênes. Quinze jours plus tard, nouvel incident. Le 30décembre 1653, on retrouve la conjonction de deux facteurs, l’un susceptible de faire agir des marchands, l’autre de rassembler et de mouvoir une véritable foule. Au début de l’après-midi, les alentours de l’église Saint-Jean et les murailles à l’extr6mitê Ouest de la ville se trouvent de nouveau cuvettes d’une foule en émoi. Le temps est mauvais. Une barque génoise, le Saint Antoine de Padoue, s’est approchée de l’entrée du port. Mais elle ne peut y pénétrer à cause du mistral, qui souffle violemment du Nord vers le Sud. Son équi­page la met à l’ancre « hors la chaisne », au-dessous du Fanal et des murailles de la ville, Or, elle est poursuivie, par la polacreles Ames du Purgatoire, armée en course, et commandée par Jean Martinot, de La Cadière (Note : Une polacre est un navire ayant des mâts à pible du vieux français et du provençal « peuplier ») c’est-à-dire d’une seule pièce. Elle est souvent gréée en chébec ; trois mâts à pible, avec deux voiles latines et un foc). Elle s’approche du Saint Antoine de Padoue, et le capture. Le câble de son ancre est tranché. Une équipe de prise composée d’une vingtaine de matelots monte à son bord, et les deux navires commencent à s’éloigner vers la haute mer… Spectacle qui déchaîne la colère de la foule. Celle-ci est peut-être d’une nervosité inhabituelle. Il faut se souvenir que, le 30 novembre, les Consuls ont fait savoir à leur agent à Paris : «l’extrême besoin que nous avons de blé en cette ville, et le peu d’espérance qu’il y a d’en recouvrer du costé du Bastion» (= du Bastion de France, sur la côte d’Algérie). Ils songent à en faire acheter en Angleterre (Cf. MARSEILLE, AC, BB 251 B, ff. 215v-216).

En tout cas, elle voit, dans cette prise audacieuse, une nouvelle injure faite à la ville. Il est de tradition que le port bénéficie d’une «franchise» que l’«on ne viole jamais», et qu’il constitue un lieu de «refuge et d’asile invio­lable». D’autre part, le Saint-Antoine de Padoue vient bien d’Espagne, de Valence, plus précisément, chargé d’une cargaison de laine et de soie qui appartient, pour sa plus grande part, à des négociants marseillais. Comme ils l’ont fait quinze jours auparavant, ceux-ci adjurent les Consuls de secourir le bateau génois. Mais il ne saurait être question, cette fois, de faire quoi que ce soit «secrètement». Les Consuls ordonnent au capitaine de la garde bourgeoise du quartier du Corps de Ville de se rendre en barque auprès de la polacre et d’obtenir de Martinot qu’il renonce, à l’amiable, à sa prise. Ce capitaine fait diligence, rejoint la polacre, et engage une discussion avec son commandant. Pendant ce temps, le Troisième Consul, Etienne Jean, requiert le concours d’un navire malouin qui se trouve «casuellement à l’embouchure du port». Il fait voile, lui aussi, vers la polacre qu’à son approche Martinot fait mettre «en deffense». Le corsaire, cependant, demande à parler à Etienne Jean. «A quoy le commandant du vaisseau ayant consenty et donné sa parole qu’il ne lui seroit fait aucun desplai­sir», il fait mettre un esquif à la mer, monte à bord du vais­seau malouin, et fait part au Troisième Consul de sa détermination de ne pas abandonner sa prise. C’est alors que se produit le fait décisif: l’«esmotion populaire» déborde de la ville sur la mer. «Plusieurs [c’est-à-dire un grand nombre de] barques et autre bastimens» sortent du port, «à la foule, pour réparer l’injure et l’affront» qui ont été faits à la ville. Le rapport des forces se trouve complètement modifié. Martinot se trouve obligé de se rendre « à la discrétion» des Consuls. Son équipage, en dépit de quelques gestes menaçants, ne fait aucune résistance. Les deux navires et toute la flottille font donc voile vers le Lacydon, et, le vent étant tombé, peuvent y pénétrer. Une foule indignée les y attend. Les Consuls ont beaucoup de mal à protéger l’équipage du corsaire «de la furie du peuple, qui les abordoit de tous costés, criant quy les falloit esgorger et traisner». Le Premier Consul doit même repartir sur une barque avec Martinot, aller au-delà de la chaîne, et attendre la pleine nuit pour lui faire rejoindre son équipage en prison. Les Consuls écrivent à Paris des lettres d’autant plus indignées –  «un cas si énorme», «le plus horrible et plus méchant attentat», etc. – que leur bon droit n’est pas tout à fait sûr. Ils pour­suivent Martinot devant le Lieutenant de l’Amirauté. Ce der­nier se montre très réservé: le corsaire a sans doute transgressé un usage, mais il n’a pas contrevenu aux ordonnances de la marine. Les Consuls font donc appel au Parlement. Mais Martinot, qui a pour armateurs «quelques personnes de condition de Marseille», ne manque pas de conseils juridiques. Il présente des «déclinatoires» et prétend n’être justiciable que du duc de Vendôme, Grand Maître et Surintendant de la Navigation et Commerce de France, qui lui a donné permission et «congé» de se livrer à la course. Mazarin se hâte d’intervenir, en raison des incidences politiques de l’affaire, et c’est le Conseil du roi qui est appelé à trancher. Il n’accorde à Martinot qu’une satisfaction partielle. Sa polacre lui est restituée, et il peut emporter une partie de la cargaison du Saint-Antoine de Padoue, celle qui est estimée propriété des «ennemis de l’État». En revanche, «pour certaines considérations et sans tirer à conséquence», le roi laisse les marchands marseillais entrer en possession de leurs biens, et la barque génoise continuer sa route. A cette décision, il est sans doute des motifs d’ordre intérieur – le désir de ménager Marseille et ses marchands, mais également une raison d’ordre diplomatique: le souci de conserver de bonnes relations avec la république de Gênes (réf. : PARIS, AAE, MD, France, 1713, f, 315 ; PARIS, AAE, MD, France, 893 ter, f. 163 ; MARSEILLE, AC, AA 67, pp. 601-602. Cf. L. BERCASSE et G. RAMBERT, Histoire du commerce de Marseille, tome IV, p. 13. MARSEILLE, AC, BB 88, p. 104 ; MARSEILLE, AC, BB 251 B, f. 219 ; MARSEILLE, Archives de la Chambre de Commerce [ACC], B2, f. 180; AC, BB 8, f. 105 ; MARSEILLE, AC, AA 67, p. 603 ; MARSEILLE, AC, B2, f. 181 ; MARSEILLE, AC, BB 88, p. 105 ; MARSEILLE, AC, BB 251 B, ff. 218v-219, 235, 238 ; BOUCHES-DU-RHÔNE, AD, IX, B2, ff. 935-936).

1673 – 11 décembre : mandat de quatre livres seize sous, payé à Nicolas Bues pour travail à la fontaine Saint-François DE LA SEYNE. Les fontaines et puits existant dans les divers hameaux qui constituent la Communauté sont en mauvais état : de nombreuses délibérations parlent du problème de leur entretien et des réparations à envisager. Lors des délibérations où le trésorier présente ses comptes, on peut avoir parfois une idée des sommes engagées : ainsi, le 2 juillet 1673, le conseil ratifie les dépenses suivantes : « mandat de quatre livres seize sous, payé à Nicolas Bues pour travail à la fontaine Saint-François, du 11 décembre » « parcelle et mandat de vingt-six livres six sous, payé à Claude Augarde pour le radoub de la fontaine du Courton, dudit jour (= 13 juin) » « parcelle et mandat de quatre livres dix sous, payé à Claude Augarde pour le ‘rabillage’ de la fontaine Saint-François, dudit jour (= 23 juin) » « parcelle et mandat de onze livres treize sous six deniers, payé audit Augarde pour le ‘rabillage’ de la Bette (sic) dudit jour (=23 juin) » (Mireille Bailet, Histoire et Patrimoine seynois, Cahiers avril 2004)

1682 – 11 décembre : Visite pastorale de la chapelle de Sainte Magdeleine de la Môle.- [A.D.V., 1G.70] Diocèse de Fréjus, visites pastorales, 11 décembre 1682, Fo 22 r° à Fo 23 r° : La Verne – Dudit jours du mesme mois, nous serions partis du lieu de Cogollin pour aller à la Verne et viziter la chapelle de Sainte Magdeleine au terroir de la Molle, où le pere dom procureur estant en notre compagnie nous y aurait conduit, laquelle chapelle nous avons trouvée située sur une montaigne, aiant alentour de vieilles masures qu’on nous assuré estre les vestiges du village de la Molle sans aucun aultre bastimant en son entier. Aiant remarqué que cette chapelle est fort enciene, voutée, fermée à clef mais, elle a été raccourcie quasy de le moitié de l’ensiene baptise. Nous y avons trouvé un calice et patene d’argent doréau dedans, une chezuble avec son estolle et manipulle, une aube avec son amit et cordon, un missel, deux chandeliers de laiton, un devant d’autel, trois nappes, et avons interdit la pierre sacrée à cause qu’elle n’avait aucune marque de consécration. Aiant trouvé le lieu de la situation fort rude et de diffiscille acés, led. pere dom procureur nous aiant assuré qu’il n’y avoit aucun habitant qui y résidasse actuellement dans la terre de la Molle, si ce nest led. rantier du seigneur

1702 – 11 décembre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Les Chartreux – quartier rural et église au quartier de Saint-Just (1872 : 3.289 habitants). L’église a été consacrée le 11 décembre 1702, ce qui fait d’elle une des plus anciennes de la ville. Cf. Sainte-Marie-Madeleine des Chartreux – Eglise, commune de Marseille, place Edmond-Audran, 4e arrondissement. Avant d’être une église paroissiale, cette église était, depuis le 22 janvier 1633, la chapelle d’un monastère de l’ordre des Chartreux qui a donné son nom au quartier (cf. Chartreux).

1792 – 11 décembre : nous trouvons sur le registre des sépultures de Saint-Nazaire, comme marin mort en mer, le nom de Barthélemy DON (Rotger, 1984).

1792 – 11 décembre : VOTE DU VETO SUSPENSIF DU ROI – L’Assemblée a procédé au vote concernant le veto suspensif du roi : il a été accepté à une large majorité, par 673 voix contre 325. Ainsi, le veto royal permet de rejeter un décret, deux fois au maximum. Cependant, si le décret est produit au cours d’une troisième session de l’Assem­blée, le roi lèvera son veto « devant l’opinion non douteuse de la Nation ». Il est à noter que ce veto suspensif est accordé pour deux législatures seulement — c’est-à-dire quatre ans —, comme l’avait proposé Barnave (Agenda du Bicentenaire, VENDREDI 11 SEPTEMBRE).

1792 – 11 décembre : Le procès du roi débute – La question avait opposé la Montagne et la Gironde. Les Girondins, partisans de la clémence et multipliant les tentatives au cours du procès pour éviter une condamnation capitale (pourquoi pas le sursis, la déportation, l’appel au peuple ?…), s’opposent aux Montagnards, qui, en des termes différents mais souvent remarquables chez Robespierre, Saint-Just ou Marat, démontrent la nécessité de la mesure pour le salut même de la Révolution ( Pierre Goubert, Initiation …, 1984 ; Michel Vovelle, « La Révolution », 1987).

1793 – 11 décembre (21 frimaire an II) :

1. suppression de toute pension faite à d’ex-prêtresUne loi du 21 frimaire an II supprimera toute pension faite à des ex-prêtres en jouissant si cette pension était rattachée à des bénéfices, canonicats et autres de même nature (Louis Baudoin, 1965, p. 325, qui date ce document de novembre 1793).

2. Ollioules, le 21 frimaire, 2° année. Le Commandant de l’artillerie de l’armée devant Toulon, aux officiers municipaux de Saint-Nazaire, Je vous requiers, citoyens, de mettre en réquisition tout le plomb qui se trouve à Saint-Nazaire et de le remettre au citoyen Mathieu capitaine d’artillerie. Buonaparte (Copie de l’époque. La signature de Napoléon Bonaparte n’est pas autographe). Cette injonction, demeurée probablement sans résultat, témoigne incontestablement de la pénurie de balles dont souffrait l’armée. Cette situation était même pire pendant tout le temps qu’elle eut Carteaux pour chef. Elle explique, à elle seule, la prédilection de ce général pour l’arme blanche, prédilection qui a soulevé des railleries à tort (Roger Vallentin du Chaylard, Sanary et le siège de Toulon). A la date du 21 frimaire, c’est-à-dire du 11 décembre 1793, Bonaparte ordonne du Q.G. d’Ollioules : « Le Commandant de l’Artillerie de l’Armée devant Toulon aux Officiers Municipaux de Saint-Nazaire : « Je vous requiers, Citoyens, de mettre en réquisition tout le plomb qui se trouve à Saint-Nazaire et de le remettre au citoyen Mathieu, capitaine d’Artillerie. » Signé : Buonaparte (Henri Ribot – Regards sur un terroir : Sanary). Une autre mission fut confiée à ce même capitaine Mathieu par Joseph Bonaparte, ordonnateur de l’armée. Il reçut, de ce dernier, l’ordre de réquisitionner douze bateaux pêcheurs de Saint-Nazaire pour transporter à Marseille un certain nombre de blessés évacués par l’armée républicaine ; le pont de ces navires devait être recouvert de voiles formant cerceau afin de protéger les blessés de la pluie ou du soleil (Archives municipales de Sanary, série D). La madrague du Brusc, qui appartenait à des émigrés, fut également réquisitionnée durant le siège, par un arrêté de Ricard, représentant du peuple ; de son côté, le représentant Saliceti lança un appel aux patrons pêcheurs des départements côtiers du Midi pour prendre du service à la mer sur les bâtiments de guerre de la République (Arch. municip. de Sanary, registres de délibér. de la commune).

3.  Les canonniers improvisés ou non avaient une singulière idée de leurs devoirs et se méprenaient sur leur valeur. La municipalité de Sanary autorisa « l’assemblée », le 21 frimaire (11 décembre 1793), de la compagnie des canonniers (17 présents) pour demander au général d’artillerie le changement de leurs chefs qui « n’ont aucune connoissance de « l’art du canonage » conformément à l’acte constitutionnel, pour le salut et dans l’intérêt de la République. Et cependant, l’instant était critique. Plus que jamais la discipline était indispensable (Vallentin du Chaylard, Sanary et le siège de Toulon).

4.  Les soins les plus dévoués furent donnés continuellement aux blesses et aux malades. Cette sollicitude, digne d’éloges, se perpétua durant de longs mois. Les pontons anglais ont laissé dans l’histoire de sinistres souvenirs. Au contraire, les prisonniers français n’eurent qu’à se louer des Anglais au cours du siège de Toulon. L’intérêt de cette constatation est assez vif. Le 21 frimaire, Dugommier correspondit d’Ollioules avec le Journal d’Avignon et lui envoya la copie de la lettre écrite par lui, le 20 frimaire, au général O’Hara, prisonnier à Aix, et de celle adressée à Bonaparte, le 11 octobre, par un officier d’artillerie se louant des bons traitements des Anglais vis-à-vis des prisonniers.

5.  Lettre adressée par Bonaparte au citoyen Dupin, adjoint au ministre de la Guerre : Q.G. d’Ollioules, le 11 décembre 1793, « J’adresse les états demandés et j’avise que Ministre recevra, tous les jours, le bulletin des batteries. Nous sommes à la veille d’une affaire. » Signé : Bonaparte.

Etats des pièces en batterie au 11 décembre 1793, joints à la lettre de Bonaparte, du même jour, au citoyen Dupin.

batteries contre malbousquet, etc.

batteries contre l’eguillette et la petite rade : « Les Sans-Culotte » : 1 couleuvrine de 44, 1 canon de 36, 4 canons de 24, 1 mortier à plaque de 12 pouces ; « Les Quatre-Moulins » : 2 pièces de 24 (bat aussi le fond de la Petite Rade).

batteries contre mulgrave, la baie du lazaret, balaguier et les sablettes : « Hommes-sans-Peur : 3 pièces de 16, 3 mortiers de 8 pouces, 2 mortiers de 12 pouces (contre Mulgrave) ; « Grande Rade » : 3 pièces de 24 (contre la baie du Lazaret) ; « Jacobins » : 3 pièces de 24, 5 mortiers de 8 et 12 pouces (contre Mulgrave et communications ennemies de Balaguier-Eguillette) ; « Les Sablettes » : 4 pièces de 24 (contre la baie du Lazaret et vers Mulgrave) ; « Faubrègas » : 1 pièce de 36, 3 de 24, 1 mortier à plaque de 12 pouces (contre Saint-Elme, l’isthme et la baie des Sablettes) (Louis Baudoin, 1965, p. 363-364. Comparer ces chiffres avec ceux que G. Delattre donne à la notice suivante).11 décembre 1793, les batteries républicaines devant Toulon sont disposées ainsi :  Pointe de Bregaillon – Batterie des « Sans Culottes » : 1 pièce de 36, 4 pièces de 24, 1 mortier de 12, 1 couleuvrine de 44. Les Arènes – Batterie de la « Convention » , Batterie du « Camp des Républicains : 7 pièces de 24, 2 obusiers. Lagoubran – Batterie de la « Poudrière », Batterie de la « Petite Rade » : 4 canons de 24, 3 mortiers. Plateau des Gaux : Batterie de la « Farinière » : 4 mortiers de 12. La Seyne – Batterie des « Quatre Moulins » : 2 pièces de 24 ; Batterie de la « Grande Rade » : 3 pièces de 24 ; Batterie des « Hommes Sans Peur » : 3 pièces de 16, 3 mortiers de 8, 2 mortiers de 12 ; Batterie des « Chasse-Coquins » : 3 pièces de 16 ; 3 mortiers ; Batterie des « Jacobins » : 3 pièces de 24, 5 mortiers de 8 et de 12 (Regards sur un terroir : Sanary ; Henri RIBOT : Les Volontaires de l’An II, l’Aurore de la République Toulon 1793).

6. Composition de la division de l’est, devant Toulon – Le 21 frimaire, nous trouvons :  i° dans la division de l’est, devant Toulon, la compagnie franche de Sanary (38 hommes), le 14e bataillon de la Drôme (778 hommes) et le 10e bataillon de la Drôme (609 hommes); 2° à l’aile droite, dans la plaine de la Seyne, le 11e bataillon (622 hommes) ; 3° à la colonne du centre, le 9e bataillon (64o hommes) ; 4° à l’aile gauche, le 12e(703 hommes) et la compagnie franche (56 hommes). Ces derniers corps portaient le nom de la Drôme. Enfin, Sanary était occupée par 54 hommes (59e, 33 ; Aubagne, 21). Aux mois de janvier et de février 1793, avant l’arrivée de Carteaux à Tournon, le 1er bataillon de la Drôme avait été formé à Romans avec des compagnies franches, tandis qu’une compagnie de chasseurs était réunie à Crest. Le premier bataillon quitta Valence le 22 juin et le 2e partit de Montélimar le même jour, etc. (d’après krebs et moris, Op. l., p. 235 et 262, cité par Vallentin du Chaylard).

7. Le conseil de guerre prend la décision d’attaquer la Grande Redoute la nuit du 16 au 17, après une préparation d’artillerie dès le 15 (Gérard Delattre).

A la veille de l’attaque de la Grande Redoute, les forces en présence sont de 38 000 hommes du côté républicain, et de 10 000 hommes opérationnels du côté des alliés sans compter les marins.

L’armée républicaine est répartie à l’ouest en 3 corps. 6054 hommes avec le Général Victor contre la Grande Redoute défendue par 2000 Anglais et Espagnols, y compris l’Eguillette et Balaguier. 5558 avec le Général Mouret contre Malbousquet, défendu par 600 Espagnols. 6639 avec le Général Garnier contre les Forts Saint Antoine, Fort Blanc et Fort Rouge, défendus par 1000 Espagnols et Napolitains, y compris le Fort des Pomets.

A l’est, le Général Lapoype doit attaquer le Faron, défendu par 1700 hommes, et son subordonné le Général La Harpe, le Cap Brun défendu par 1000 hommes dont les Royalistes Français du Royal Louis. Les réserves Républicaines sont fortes de 4000 hommes non armés placés derrière La Seyne.

Les réserves alliées comprennent 4000 hommes sur les vaisseaux prêts à intervenir (Gérard Delattre). L’armement des troupes républicaines était relativement récent en 1793.

L’infanterie française était armée du fusil modèle 1777 et l’artillerie composée de l’excellent matériel du système Gribeauval. Cet armement fera, sans modifications, toutes les guerres de la Révolution et de l’Empire ; ce sera encore celui de nos troupes au début de la campagne d’Algérie en 1830. Le fusil modèle 1777, en tir ajusté, portait à 150 mètres environ et à 400 mètres à balles perdues. Avec des soldats bien exercés, il pouvait fournir quatre coups à la minute en moyenne.

Le matériel d’artillerie Gribeauval était constitué de pièces de canon à âme lisse, calibrées en livres. A Toulon, les pièces généralement employées pendant le siège furent des canons de 2, 4, 8 et 12 livres pour l’artillerie légère ; de 16, 24, 36 livres plus une couleuvrine de 44 livres pour l’artillerie lourde. Nous ne sommes pas exactement renseignés sur les portées exactes de ces matériels ; les Archives de la Guerre font état de hausses et de tables de tir donnant une bonne précision jusqu’à 1.000 mètres. D’autre part, certains auteurs parlent de portées atteignant 1.500 à 2.000 mètres à obus perdus. Il en est de même pour les mortiers qui, eux, étaient calibrés en pouces ; les calibres courants étant de 6, 8 et 12 pouces. Leurs bombes creuses et à mèche, chargées de poudre, se disloquaient en gros éclats ; quant à leur portée, extrême, on peut l’estimer à 800-1.000 mètres selon les calibres.

L’artillerie ennemie à Toulon possédait, en général, une portée supérieure à celle des Français du fait qu’elle avait installé des canons de marine dans certains ouvrages, du calibre 24 ou 36, au Caire par exemple.

Cette question des portées des matériels d’artillerie est importante pour l’étude des opérations militaires du siège de Toulon de 1793. Certaines déductions, tirées des faits et des rapports de Napoléon, conduisent à admettre que les pièces de gros calibres pouvaient, à cette époque, effectuer des tirs de harcèlements jusque vers 3.000 mètres, et que les mortiers de Marine, à longue portée, pouvaient lancer leurs projectiles jusqu’aux approches de 2.500 mètres (Louis Baudoin, 1965, p. 370).

Les troupes françaises, qui pensaient que de graves événements étaient proches, devenaient fiévreuses et ardentes ; volontiers, aux avant-postes, on gaspillait de la poudre. Des tirailleurs, jetés au-devant des lignes, entretenaient un feu presque continuel et se livraient à de fréquents coups de main contre les postes ennemis, capturant quelques prisonniers qui étaient aussitôt conduits à l’état-major républicain qui les interrogeait afin de connaître, si possible, les intentions du comman­dement adverse. Des renforts provenant de l’arrière s’acheminaient vers le futur front de bataille afin de l’étoffer pour le combat. Le 11 décembre, la 11e bataillon des volontaires de la Drôme (622 hommes) a pris une position d’alerte au sud des dernières maisons de La Seyne, vraisemblablement au quartier de la Canourgue (La Chanoinie). Cette unité appar­tient à des formations du département de la Drôme qui se sont déjà révélées excellentes au cours du siège (troupes de la levée en masse de 1793); il faut signaler aussi, puisque nous y sommes, les 3e, 4e, 5e, 8e bataillons et 1er chasseurs du département de l’Isère, unités de volontaires qui se montreront parmi les meilleures de l’armée républicaine, aussi bien par leur discipline que parmi leur valeur au feu (Louis Baudoin, 1965, p. 375-376). Dugommier sentit qu’il fallait en finir, d’autant qu’un renseignement de la plus haute importance venait de lui parvenir.

Les alliées attendaient des renforts considérables que le Comte de Provence devait précéder ou accompagner lui-même. En réalité ces renforts ne furent jamais prêts, ils se limitèrent à quelques éléments précurseurs qui apparurent et disparurent sur les quais de Livourne et de Gênes. Quant au Comte de Provence, il reçut des Anglais l’autoritaire conseil de rester en Italie, où il était parvenu. Rappel historique : Le comte de Provence (futur Louis XVIII), émigré, résidait en Westphalie. Les sections toulonnaises lui envoyèrent, après le 20 novembre, un message, dont copie fut soumise à Hood et à Langara. L’Espagnol se déclara aussitôt d’accord, l’Anglais dit qu’il allait consulter les commissaires royaux. La réponse vint quelques jours plus tard : « Ne nous trouvant point autorisés à compromettre Sa Majesté britannique sur la question de la régence, nous pouvons encore moins consentir à la proposition d’appeler M. le comte de Provence à Toulon pour y exercer les fonctions de régent, parce que ce serait destituer Sa Majesté britannique, avant l’époque stipulée, de l’autorité qui lui a été confiée à Toulon. » Le comte de Provence, ayant cependant reçu la lettre, fit savoir qu’il se mettait en route. Les sectionnaires, qui comptaient le voir tomber à Toulon comme la foudre et ainsi forcer l’opposition britannique, apprirent avec douleur qu’il traversait à petites journées l’Allemagne, la Suisse, l’Italie; qu’il s’arrêtait à Turin d’où il « négociait avec les Anglais ». Naturellement, on ne le vit jamais (d’après Georges Blond, Toulon, 1967).

Mais Dugommier qui crut à ce renseignement réunit un ultime conseil de guerre à Ollioules, où tous les représentants à l’exception de Barras et tous les généraux furent d’avis qu’il fallait tout mettre en œuvre pour s’emparer de la Grande-Redoute. Bonaparte qui surveillait journellement les fortifications du mont Caire, annonça qu’à son grand étonnement les alliées avaient cessé tous travaux d’amélioration. On attaquera à fond, et de nuit, pendant ce temps on essayera d’en­lever le Faron. L’attaque sera précédée d’une intense prépara­tion d’artillerie. Deux nouvelles batteries viennent d’être établies à 500 mètres de la Redoute. La batterie des Chasse-Coquins, qui ne sera prête que le 15 décembre, selon Louis Baudoin, et la Batterie des Jacobins. Toutes les batteries qui ont des objectifs terrestres ouvriront le feu également, de manière à ne pas désigner le point d’attaque (Pierre Vieillefosse, 1977, p. 21).

1794 – 11 décembre (21 frimaire an III ) : le chef des approvisionnements de la marine propose aux Beaussétans de leur donner du chanvre à filer – Le 21 frimaire, les beaussétans ont encore une fois l’occasion de faire preuve de leur zèle républicain, tout en complétant leur revenu familial. En effet le chef des approvisionnements de la marine propose de leur donner du chanvre à filer (comme aux autres communes de l’arrondissement). Cette mesure fut certainement bien accueillie, car « pendant l’hiver bien des citoyennes ne peuvent travailler à la campagne par rapport au mauvais temps ; et la récolte des olives étant rare, prive bien des personnes de travail, ce qui pourra faire souffrir bien des familles »… (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française… : l’administration du district ayant effectué un contrôle peu de temps après, est très surprise et fâchée de constater que sur les dix beaussétans normalement requis pour travailler sur les chemins, « un seul d’entre eux s’est rendu à son devoir ».)

1806 – 11 décembre :

1. PLAINTES seynoises CONTRE LE REGIMENT D’ISEMBOURG. – Dans une lettre au sous-préfet, le maire de La Seyne réclame des mesures contre les soldats du régiment d’Isembourg stationné à La Seyne lesquels, dit-il, se livrent à des vols et à différents méfaits au préjudice des habitants qui ont déjà souffert en 1793. II demande au sous-préfet d’y mettre un terme mais ajoute, toutefois, qu’il se loue de leur colonel et des officiers. En conclusion, il sollicite l’éloignement de cette unité. Le régiment d’Isembourg était une unité d’infanterie légère qui avait été formée à Mayence et dont le colonel titulaire était un prince allemand. Il était recruté d’éléments étrangers à l’exclusion de tout soldat français. Son uniforme, de même coupe que celle des régiments français, était de couleur bleu céleste, avec collet jaune, passe-poil et boutons blancs, la doublure étant bleu céleste. On retrouve, plus tard, cette unité en Italie et à Corfou (Louis Baudoin, 1965, p. 435, d’après arch. Com. de La Seyne).

2. Levée des conscrits appartenant à la classe 1807 – Une circulaire du préfet du Var, du 11 décembre 1806, arrivée à la mairie, prescrivait de procéder, dans l’étendue de la commune, à la levée des conscrits appartenant à la classe 1807. « L’Empereur, disait le préfet, compte sur le zèle et la célérité des administrateurs pour conduire à bien cette importante opération » (Louis Baudoin, 1965, p. 435)

1811 – 11 décembre :l’école secondaire ecclésiastique, connue sous le nom de Petit Séminaire de La Seyne, doit-elle être conservée sous le nom d’institution ou de pension ? – Le 11 décembre 1811, le Conseil municipal émet le vœu de savoir s’il importe aux habitants de La Seyne de réclamer que l’école secondaire ecclésiastique sous le nom de Petit Séminaire de La Seyne, supprimée par décret impérial du 25 novembre dernier, soit conservée sous le nom d’institution ou pension. Le Conseil : « Attendu que les jeunes gens de cette ville (de La Seyne) ont besoin d’une instruction analogue à l’état maritime, sa population n’étant composée que de marins et ne pouvant subsister que par la Marine, qu’elle ne peut se passer d’une maison d’instruction où les jeunes gens reçoivent les premiers éléments des mathématiques et du système métrique… Demande le rétablissement du Petit Séminaire. » Cette requête n’eut pas de suite ; le Petit Séminaire demeura hôpital militaire jusqu’en 1814 (Louis Baudoin, 1965, p. 434).

1867 – 10 décembre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint au maire de Sanary –. Mercredi 11 – S. Daniel – Beau temps ce matin. Forte gelée. Le soleil est un peu voilé. Ce qui fait qu’avec la petite brise qui se met à 10 heures du matin, on a froid. L’après-midi, le vent augmente un peu, mais il n’a pas l’air de devenir bien terrible. J’entends les canons de Toulon, ce qui me fait dire que les vents d’est sont là-bas.

1869 – 10 décembre : SANARY – AGENDA DE JEAN-BAPTISTE HERMITTE, premier adjoint au maire de Sanary – Samedi, St Damase. Très beau temps- Ciel couvert – pas de soleil jusqu’à 10 heures. Temps très doux, 11 degrés centigrades. Monsieur Michel, qui était venu jeudi, est reparti ce matin  à 11heures pour La Seyne pour, delà, aller à Toulon voir le sous-préfet à l’origine de la lettre qu’il nous a envoyée sur le chemin d’accès de la gare qui ne peut pas être encore commencé par manque de fonds.  Il y a toujours quelque chose quand il s’agit  d’entreprendre cette voie nouvelle. Nous voyons cependant que nous finirons par voir son achèvement un peu plus tôt ou un peu plus tard.

1873 – 11 décembre : Le maréchal Bazaine est condamné à mort. Sa défection à Metz avait libéré les troupes allemandes qui purent ainsi accourir à Orléans pour s’opposer aux armées républicaines. Il fut donc aisé de faire porter le poids de la défaite à ce général qui, aussitôt rentré à Paris, demandait à comparaître devant un conseil de guerre. Royalistes et républicains tiennent avec lui leur bouc émissaire sur qui reporter toutes les responsabilités des défaites par personne interposée, Napoléon III s’étant exilé Certains bonapartistes, même, ne sont pas mécontents que Bazaine soit jugé, occultant ainsi les responsabilités de l’Empereur déchu. C’est ainsi que le conseil de guerre le condamne à mort le 11 décembre 1873, avec dégradation militaire pour avoir capitulé en rase campagne et rendu la place de Metz avant d’avoir épuisé tous les moyens de défense dont il disposait. Sa peine, sans cérémonie de dégradation, sera commuée en 20 ans de prison par le nouveau président,  le maréchal Mac-Mahon, qui lui-même avait été battu à Sedan.

1897 – janvier : avis de recrutement Des jeunes conscrits – En janvier 1897 paraissait l’avis informant les jeunes conscrits de la date et de l’heure où se dérouleront à La Seyne les opérations du tirage au sort. Type d’avis : Autrefois les jeunes en âge de faire leur service militaire ne partaient pas tous car ils subissaient le tirage au sort. On tirait au sort un numéro qui désignait celui qui serait astreint au service militaire. Il suffisait d’avoir un bon numéro qui les en dispensait. Tant pis pour celui qui tirait le mauvais numéro ! Il paraissait un avis de recrutement dans le journal, comme par exemple le 11 décembre 1896 on pouvait lire : «Les jeunes gens nés en France en 1876 de parents français, et ceux nés en France en 1875, de parents étrangers, demeurant à Saint-Mandrier, sont invités à se présenter dans le plus bref délai à la mairie de La Seyne. Quant aux engagés volontaires, marins inscrits, jeunes gens absents et naturalisés français, ils doi­vent être portés sur les tableaux de la classe» (Gisèle Argensse, 1989, p. 111).

Au cours des années 1900-1915 : une avalanche de prix Nobel fut décernée  un 10 decembre à la France, à ses hommes de lettres et ses chercheurs : deux de Littérature, deux de Physique dont une femme, deux de Médecine, un de la Paix . Qu’on en juge : 1901 : prix Nobel de littérature à Sully Prudomme. 1903 : prix Nobel de Physique à Marie Curie. 1904 : prix Nobel de littérature à Frédéric Mistral. 1908 : prix Nobel de physique attribué au français Gabriel Lippman. 1911 : prix Nobel de Médecine au professeur Alexis Carrel. prix Nobel de Médecine au professeur Charles Richet. 1915 : prix Nobel de la paix à Romain Rolland.

– 1909 – 10 décembre : match de boxe marathonien – Au cirque de Paris, en boxe, match nul à la TRENTIÈME REPRISE entre les deux américains Sam MacVea et Joe Jeannette.

1919 – 11 décembre :

1. élections municipales A SAINT-MANDRIER – La fin de l’année est marquée par les élections municipales. Quatre candidats se désistent : MM. Fouque Charles, Revest Lucien, Moscotty Léon et Clérian Antoine. Une nouvelle liste est alors constituée par la majorité des citoyens présents à la réunion qui se tient au Café de la Plage. Sur cette liste figurent les noms de MM. Vincent Giraud commerçant, Alexandre Reboul mécanicien, Antonin Fauchon et Etienne Ayello patrons borneurs. Ils informent les électeurs qu’ils n’acceptent de se présenter qu’à la condition qu’une seule liste soit en présence. Après le dépouillement du scrutin qu déroulé dans le calme et la courtoisie, sont MM. Petit Raymond, officier des équipages de 1ère classe en retraite, officier de la légion d’honneur, Moscotty Léon entrepreneur des travaux publics, Fouque Charles retraité de l’Arsenal et Clérian Pierre maître vétéran en retraite. Le jeudi 11 décembre la nouvelle municipalité est mise en place. Elle promet qu’il n’y aura pas de politique et plus de discorde. Sa devise est d’administrer avec énergie et dignité. M. Raymond Petit est Adjoint Spécial, M. Moscotty délégué aux travaux, Charles Fouques à l’enseignement et Pierre Clérian à la police (Gisèle Argensse, 1989, p. 162).

2. L’aérodrome de la B.A.N. de Cuers-Pierrefeu est affecté officiellement à la Marine par un décret du 11 décembre 1919. Les dirigeables ont démontré leur efficacité au cours de la Première Guerre mondiale — en particulier les Zeppelin, grands dirigeables rigides (à carcasse métallique) allemands — tant pour les bombardements à terre que pour l’éclairage des forces navales ou l’escorte des convois. Devant les succès des Zeppelin, l’état-major français conçut vers 1916 le projet de faire construire les grands rigides qui lui manquaient et en fit établir les plans. Non loin du centre de dirigeables d’Aubagne, utilisé pour les dirigeables souples, le site de Cuers fut choisi pour y implanter la base de ces Zeppelin français en y construisant les très grands hangars qui leur seraient nécessaires et qui n’existaient encore nulle part en France. Ce site n’était pourtant pas idéal et fut ensuite critiqué en environnant, de la fréquence du mistral, et enfin du ruisseau Farembert qui le traverse. Les terrains nécessaires furent cependant acquis ou loués en 1917, et le plan de masse du centre — schéma directeur pour l’implantation des installations — défini à la fin de cette même année. Sur demande du Conseil municipal de Pierrefeu, le Ministre décida que le nouveau centre prendrait le nom de « Centre de dirigeables de Cuers-Pierrefeu » ; il est en effet situé sur le territoire des deux communes, mais l’habitude a été prise rapidement de ne parler que du centre de Cuers. L’aérodrome devait être affecté officiellement à la Marine par un décret du 11 décembre 1919. Il était prévu initialement que le centre entrerait en service au début de l’année 1919. Les travaux commencèrent en février 1918, dirigés par l’ingénieur en chef FEDERMEYER, et le premier commandant (L.V. THIERRY) fut nommé le 16 août 1918 (DCAN Toulon, 1972).

1930 – 11 décembre : SAISIE DU FILM « L’ÂGE D’OR » – Après une virulente campagne de presse, le préfet de police fait saisir le film « L’Âge d’or » de Luis Bunuel et Salvador Dali.

1940 – 11 décembre : nouvelle réglementation des restaurants – Le Figaro du mercredi 11 décembre communique : Une nouvelle réglementation des restaurants : Quatre menus – types sont établis. Il ne pourra être servi au maximum qu’un plat de viande contre un ticket correspondant à 90 grammes.

Le port de Toulon après le sabordage du 27 novembre 1943 (DR).

1942 – 11 décembre : Réunion à la Kommandantur de Toulon définissant les trois secteurs de l’arsenal à dégager en priorité : Les première opérations de renflouement débutent à la mi-décembre 1942 par la remise à flot des bâtiments de servitude et le dégagement des navires auxiliaires encombrant les trois secteurs à dégager en priorité définis lors de la réunion du 11 décembre : 1°) quai de la direction du port où sont les épaves de tous les remorqueurs ; 2°) quai Dupuy-de-Lôme dans la Darse Castigneau encombré à 90% ; 3°) darse des pétroliers encombrée à 50% (Marc Saibène, Toulon et la Marine 1942-1944).

1962 – 11 décembre : DERNIÈRE JOURNÉE « ACTIVE » DU SOUS-MARIN « MILLÉ » – Le 12 février 1962, «… à la suite d’une avarie du service de servocommande de la barre, le sous-marin Millé s’est échoué sur les fonds d’ancrage de la jetée sud de la grande passe, face à Saint-Mandrier. Ce n’est qu’au terme d’une série de manœuvres menée uniquement avec les hélices, que l’équilibre du sous-marin put éviter un heurt violent contre la jetée. Grâce à cette excellente manœuvre, le submersible s’échoua « en douceur » ne subissant ainsi que des dégâts superficiels (enfoncement de l’étrave, note HR). Peu après, les opérations de déséchouages pouvaient commencer. Elles ont été menées par quatre remorqueurs et un ponton-grue. A midi, tout était terminé et le sous-marin pouvait être remorqué dans l’arsenal où il a été mis aussitôt en cale sèche. Des experts sont venus aussitôt examiner les dégâts et une commission a été chargée de déterminer les causes de cette avarie peu commune…» (Le Petit Varois du mercredi 14 février 1962)

Note  (Henri Ribot) : Le Millé est l’ancien sous-marin allemand U 471, type VIIC, qui avait été coulé par des B-24 Liberator lors du bombardement du 6 août 1944 alors qu’il été en cale sèche à Toulon (3 morts, car la majeure partie de l’équipage était en permission). Relevé en 1945, il fut incorporé dans la Marine française comme prise de guerre en 1946.Quelques mois après l’incident de la passe, le 11 décembre 1962 sera la dernière journée « active » du sous-marin. Le bâtiment sera condamné en 1963 (coque n° Q339).

-1964 – 11 décembre : DÉCÈS D’ALMA MAHLER (1879–1964), artiste, compositrice et peintre autrichienne. Dans les années qui suivent l’arrivée de Hitler au pouvoir, on pouvait rencontrer dans Sanary et dans la proche région, à Bandol, à Saint-Cyr, au Lavandou, à La Ciotat, une partie non négligeable de l’intelligentsia de Berlin, de Munich, de Prague ou de Vienne : Heinrich Mann, Thomas Mann, René Schikelé, Julius et Anne-Marie Meier-Graefe, Arnold Zweig, Lion et Marta Feuchwanger, Franz Werfel et Alma Mahler-Werfel, Ernst Toller, Bertolt Brecht, Alfred Neumann, Baler Olden, Willi Bredel, Franz Hessel, Alfred Kantorowicz, Ludwig Marcuse, etc. A Sanary, un trompe-l’œil au Théâtre Galli montre Moïse Kisling dans une loge, à côté de l’écrivain exilé Franz Werfel (1890–1945) et son épouse Alma Mahler-Werfel.

1981 – 11 décembre : au Salvador, les forces gouvernementales assassinent 966 habitants du village d’El Mozote et de ses environs dans ce qui constitue le plus important massacre de la guerre civile.

2016 – 11 décembre :

1. En Egypte, un attentat dans l’église copte Saint-Pierre et Saint-Paul près de la cathédrale Saint-Marc du Caire fait au moins 25 morts.

2. en Somalie, au moins 29 personnes meurent dans un attentat à Mogadiscio.

-2017 – 11 décembre : MÉTÉO DE SANARY : pluie annoncée. Précipitations : 100 %. Humidité : 83 %. Vent : 42 km/h. On relève 14° à 7h. Evolution pour la journée : 15° à midi, 10° à minuit. Le temps devrait s’améliorer demain, avec des éclaircies et des températures comprises entre 4° et 12°.

2020 – 11 décembre : « UNE » DE VAR-MATIN –

Le porte-parole du gouvernement face a nos lecteurs – Déplacements, couvre-feu, culture, Gabriel Attal dévoile la stratégie du gouvernement.

EDUCATION : des tests anti-covid pour les personnels.

SIX-FOURS : un conseil municipal riche en débats.

LA SEYNE : après la lettre de Jean-Pierre Collin, l’indignation.

Vous avez voté pour le nom du FUTUR PORTE-AVIONS : 1. Napoléon-Bonaparte (environ 80 votes). 2. VALERIE-GISCARD-D’ESTAING ». 3. « CHIRAC ». 4. « RICHELIEU ». 5. « FRANCE ». 6. « JEAN MOULIN ». 7. « BELTRAME ». 8. « MACRON ». « MARIANNE ». Les propositions le plus originales : « COVID-19 », « DIDIER RAOULT », « LE FARON », « LA RADE », « BOUDJELLAL », « DOMINICI », « CHARLES OLLIVON », …

2021 – 11 décembre : MÉTÉO  DE SANARY :  le soleil brilla toute la journée associé à un mistral relativement fort à 35 km/heure le matin et 25 km/heure l’après-midi en moyenne, avec des pointes à 60 km/heure dans la journée. Les températures furent relativement basses avec 7° pour la minimale et 10° à peine pour la maximale. À titre indicatif, en 2020, on relevait 3 degrés à 7 heures, 10° à la mi-journée, 9° en soirée, températures associées à des nuages le matin et de la pluie l’après-midi.

EN DIRECT DE NOS ARCHIVES :

SANARY-SUR-MER – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES. 140e livraison (réf. Rotger B., 1984) :

(cl. H. Ribot)

1856 – février : Le chemin vicinal n° 16 va traverser tout le port et passer devant les maisons, à l’alignement de la Mairie, et devant la place de la Paroisse (place Michel Pacha). – Jusqu’alors rien ne séparait la place du quai du Port. Les charrettes roulent au milieu de la chaussée. Comme il n’y a pas de trottoirs, les véhicules heurtent les arbres qui sont la parure de la place et des quais. La partie devant les maisons a 15 mètres de large, la route n’a que 6 mètres. Le Conseil proposera en février 1856, la pose de trottoirs pour délimiter la route.]

Le chemin n°16 nouvellement créé apportait une grande animation sur le port. Les charrettes empruntaient cette nouvelle voie de préférence à l’ancienne, soit pour se rendre à BANDOL ou à Portissol, ou bien dans l’autre sens pour se rendre à SIX-FOURS, REYNIER ou OLLIOULES. Lors d’une assemblée un membre du Conseil fit remarquer « qu’il était étonnant que depuis l’établissement de cette voie de grande communication, il ne soit pas arrivé des accidents fâcheux par le passage de nombreuses voitures et charrettes qui y circulent tous les jours et surtout le dimanches et .fêtes où le port est rempli de promeneurs car entre la fontaine et le lavoir la voie n’avait qu’une largeur de 5 mètres cinquante ». Ayant entendu ces sages explications, il fut résolu de demander l’avancement du quai de 10 mètres dans la mer. On pourrait ainsi porter la voie à une plus grande largeur. Il suffisait de faire un nouveau quai qui, partant de la maison Guigou (angle gauche de l’actuel Hôtel de la Tour) jusqu’aux maisons situées à l’E!\t du port, soit sur environ 150 mètres. Hélas, sur le rapport défavorable du sieur LONCLAS, ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées, cette proposition fut rejetée. Elle sera reprise plus tard.]

(à suivre).

MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS – 340e livraison :

(Marseille vers 1930 – La Corniche – pont de la Fausse Monnaie – coll. H. Ribot)

1230 – 6 février : Barrale donne à Saint Victor sa part de l’héritage de son oncle Roncelin dans Marseille, moins les châteaux et biens sis hors le territoire de cette ville – [de Gérin-Ricard, 1926 : Donation par Barrale, avec le consentement de son mari Hugues des Baux et de ses fils Guibert et Barral, à l’abbaye de Marseille, de sa part de l’héritage de son oncle Roncelin dans Marseille, moins les châteaux et biens sis hors le territoire de cette ville.] Acte 469 des vicomtes de Marseille, Henri de Gérin-Ricard, 1926. Réf.  Petit cartulaire de Saint-Victor, fol. 84 ; Guérard, n° 909 ; IND.: Dr Barthélemy, Inventaire, n° 235).

Historique rapide des événements (Marseille, la Provence ; Raymond Bérenger V, Raymond VII de Toulouse,

1230 – 2 octobre : Saint-Jean-d’Acre. Plainte par les Templiers et les Hospitaliers au connétable du royaume de Jérusalem contre la commune de Marseille, qui leur a occasionné la perte de 2.000 marcs d’argent en refusant de reconnaître les privilèges que leur accordèrent les vicomtes de Marseille Roncelin, Hugues et Raimond de Baux, Giraud Adhémar, Raimond Geofroi de Trets et les femmes de ces derniers, et qui comportaient exemption de tout droit sur l’ancrage des navires, manutention, exportation ou importation de marchandises, de passagers, etc. — Suit une transaction, passée à Marseille, le 15 mai 1234, entre les Templiers et les Hospitaliers, d’une part, et le syndic de la commune de Marseille, avec l’approbation du conseil, d’autre part, portant limitation desdits privilèges. (Acte 470 des vicomtes de Marseille, Henri de Gérin-Ricard, 1926. Réf.  a. S. Paoli, Codice diplomatico del sacro militare ordine Gerosolimitano, n° 116, d’après les archives du Grand Magistère à Malte. Ind. : Dr Barthélemy, Inventaire, Supplément, n° 10.

1230 – 21 octobre : Aubagne – Restitution au chapitre de la Major, par Barrale, fille de feu le vicomte Barrai, du tiers d’Aubagne, dont le prévôt Hugues Béroard s’était emparé après la mort du vicomte Roncelin et qu’il avait ensuite remis à Hugues de Baux, mari de Barrale, sous condition de le rendre à sa demande. Le chapitre lui rend incontinent le tiers d’Aubagne, pour lequel elle prête hommage, ainsi que son fils Gilbert, au chapitre, en y comprenant les lieux de Gémenos, Roquefort, Cuges et Julhans. Les procureurs du chapitre se font restituer éga­lement le tiers possédé par son mari Hugues et le troisième tiers de Mabile de Monteil, pour défaut de payement de cens. Barrale livre les clefs du château ; les chanoines font arborer l’étendard de la Vierge Marie sur la tour, et donnent en com­mande tout le château à Barrale, jusqu’à la fête de saint André, à la condition de: venir à Marseille, avec ses fils et Mabile, pour faire hommage. (Acte 471 des vicomtes de Marseille, Henri de Gérin-Ricard, 1926. Réf.  A. La Major de Marseille, chartes originales, n° 59. Ind. : Dr Barthélemy, Inventaire, ji° 238. — Albanès et Chevalier, Gallia … Marseille, n° 117L.

1230 – 7 novembre :- Marseille reconnaît la suzeraineté de Raymond VII de Toulouse. Marseille. Remise en viager, par les syndics cl le parlement de Mar seille, à Raimond VII, comte de Toulouse, pour ses nombreux services, de la ville vicomtale avec terres, juridiction, droits. Raimond jure de conserver à la commune ses franchises et libertés, de défendre les Marseillais, leur ville et leurs propriétés, et se réserve de rendre la vicomté à la  commune lorsqu’il le jugera à propos. Parmi les témoins Hugues et Raimond de Baux, Rostan d’Agoult, seigneur de Toulon et de Trets. (Acte 472 des vicomtes de Marseille, Henri de Gérin-Ricard, 1926. Réf.  A1. Arch. comm. de Marseille, AA 18. — A2. Arch, mit., .1 308, n° 62. a. Vie et Vaissette, Histoire générale du Languedoc, 1ère édition . t. III, fol. 352 ; édit. Privât, t. VIII, col. 934. — b. A. Teulcl, Layettes du Trésor des chartes, t. Il, p. 188. Ind. : D1 Barthélemy, Inventaire, n° 239. — Bm limer Firkrr. t. V, n° 13060).

(à suivre)

LA SEYNE-SUR-MER. 53e livraison : LES COURS D’EAU DE SICIÉ (extraits du Cahier du Patrimoine de l’Ouest varois n°14, en vente à Charlemagne, La Seyne et Toulon).

Les sources seynoises : Le canal d’irrigation

Une prise d’eau claire directement captée à partir des résurgences, par l’intermédiaire d’un canal d’une cinquantaine de centimètres de large, se permet d’enjamber le ruisseau de Janas et de courir à flanc de colline, sur la gauche de l’ancien chemin qui reliait Reynier à Fabrégas. Il se termine un petit kilomètre plus loin dans un grand bassin de rétention circulaire. Cette eau était distribuée dans les cultures du domaine de Fabrégas. Ce bassin avait également d’autres affluents en provenance du flanc est du plan d’Aub où un réseau de collecteurs et des puits récupéraient les eaux de ruissellement et d’infiltration.

(à suivre)

Blague courte du jour : Ses parents vus par un enfant : « ma mère est mince, mon père est maigre » !

Nous sommes le 11 décembre 2023. L’hiver est en route, et il est 7 h. J’arrête ici ces éphémérides.

Affectueuses pensées pour Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber que nous allons accueillir dans quelques jours.

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