EPHEMERIDES DU MERCREDI 8 NOVEMBRE 2023, 12e ANNÉE (n° 4003)

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Un grand bonjour à tous après un mois d’absence et de dépaysement passé en Egypte dans notre famille  pour fêter mon quatre-vingtième anniversaire (cliché personnels).

LES FETES

Le 8 novembre, nous souhaitons la fête aux 9600 familles et 880 personnes qui portent le nom de saint Godefroi, évêque d’Amiens mort vers 1515, et rappelons le dicton qui veut que « temps couvert à la Saint Geoffroy amène trois jours de froid. » !

Les créateurs du calendrier républicain ont dédié ce jour de l’An II à la dentelaire, ou plumbago, toujours utilisée pour soigner la dysenterie, les maladies de peu et les rhumatismes.

PENSEE : On fait de la critique quand on ne peut pas faire de l’art : il en est de même des critiques : ils veulent notre sang et non pas notre douleur (Nietzsche, Opinions et sentences mêlées, 164).

ÉPHÉMÉRIDES

392 – 8 novembre : le christianisme religion officielle de l’empire romain – l’empereur Théodose proclame le christianisme religion officielle de l’empire romain et interdit les autres cultes. Les derniers fidèles de ceux-ci sont poursuivis par la fureur fanatique des chrétiens. À Alexandrie, les affrontements se soldent par de nombreuses victimes. Un livre : Paul Veyne – Quand notre monde est devenu chrétien (312-394), Paris, Albin Michel « Idées », 2007, 320 p.

1226 – 8 novembre : Une dysenterie aiguë emporte le roi Louis VIII  Le Lion à Montpensier, en revenant de sa croisade contre les hérétiques albigeois. Son fils, Louis IX, lui succède ; il restera dans la postérité sous le nom de saint Louis. Comme le nouveau roi a 12 ans et n’est pas encore majeur, c’est sa mère Blanche de Castille qui prend en main les destinées du royaume avec le titre de « baillistre » (régente). Elle gardera le pouvoir jusqu’en 1242 et le reprendra lors du départ de son fils pour la septième croisade. Louis IX épouse Marguerite de Provence le 27 mai 1234. Il lui restera fidèle toute la vie et lui donnera onze enfants (Herodote). Un livre : Jean de Joinville, 1225-1317 – Histoire de Saint Louis, texte rapproché du français moderne par M. Natalis de Wailly, 4e édition, Paris, Librairie Hachette, 1872, 356 p.

1252 – 8 novembre :

1. Aix. Hommage et serment de fidélité de Barral des Baux à Charles 1er d’Anjou, comte de Provence. Il donne comme cautions: Bertrand des Baux, les frères Fouque de Pontevès et Isnard d’Entrevennes, Guillaume de Sabran, Guillaume, fils du feu comte de Forcalquier, Guillaume des Baux, les seigneurs de Trets et d’Hyères, et celui de Castellane (réf. de Gérin-Ricard, acte n° 540 des vicomtes de Marseille : B. Arch. comm. de Toulon, AA, Livre rouge, fol. 8: IND.: Dr Barthélemy, Inventaire. Supplément n’° 13; Lambert, Les seigneurs de Toulon au Moyen Age, dans le Bull. Ac. du Var, 1897, XX, 65).

2. Castellane. Confirmation de privilèges aux habitants de Toulon par Sibile de Marseille-Trets, dame de Toulon. (Acte 540 des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : B. Arch. comm, de Toulon, AA, Livre rouge, fol. 8. –  G. Lambert, Les seigneurs de Toulon au moyen âge. dans Bulletin de l’Academie du Var, 1897, t. XX, p. 65. – Ind. 😀r Barthélemy, Inventaire.Supplément. n° 13).

1300 – 8 novembre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – las Aicardencas (acte notarié). Les Aycardenques –  quartier rural, commune de Marseille, quartier de Séon aux Pradeaux (1872). Première mention : 1295 – 10 novembre : colla de Aycardeson (acte notarié).

1309 – 8 novembre : Compromis entre Durand, évêque de Marseille, et Raimond, évêque de Toulon, au sujet des limites de diocèses de Marseille et de Toulon, avec Ugo de Salubis, vicaire de l’église du Beausset et Guillelmumm Reynaudi,  prieur de celle d’Ollioules. : … super limitatione Massilien. Et Tholonen. Dyoc. Territorii castri de Auroneves et Evene ; de qua quidem questione dns Ugo de Salubis et vicarius ecclesie de Bauceto, procurator et procuratorio nomine predicti dni episcopi … et Guillelmumm Reynaudi, priorem ecclesie de Oliolis. Des limites avaent déjà été définies entre Ollioules et Evenos le 17 janvier 1296, les deux communautés conservant toutefois leurs droits respectifs. Le compromis du 8 novembre passé entre les évêques de Marseille et de Toulon s’inscrit dans la même logique en reconnaissant que leurs  diocèses s’arrêtent au Grand Vallat, entre Bandol et Saint-Nazaire. Plus tard, un aménagement obtenu en 1333 octroiera à Ollioules une parcelle de Lagoubran comprise entre Six-Fours et Toulon, sur une largeur de front de mer égale à un trait d’arbalète. L’usage d’un port ouvrant sur la baie de Toulon serait une aubaine pour Ollioules qui, du même coup ne ressentirait plus la nécessité d’entretenir celui de Saint-Nazaire (Acte 384, Gallia christ. Nov.).

-1319 – 8 novembre : Le roi Robert de Naples, accompagné de son épouse Sancha de Majorque et de nombreux cardinaux, se rend à Marseille pour assister au transfert des restes de son frère Louis du caveau où il repose au maître-autel du couvent des frères mineurs. Il s’agit de Saint Louis d’Anjou, franciscain, fils de Charles II, roi de Naples, mort à Brignoles en 1297, enterré dans l’église des franciscains de Marseille, canonisé en 1323. Fêté le 19 août (Victor Saxer citant « Vies des Saints », t. VIII, 1950, p. 345-351). Le 23 novembre 1423, la tête de Saint Louis, évêque de Toulouse, fut porté par Alphonse V à Valence, avec la chaîne du port et les archives de l’hôtel de ville.

1329 – 8 novembre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Balquieras (charte aux archives municipales). Première mention du quartier des Bouquières au Canet, commune de Marseille (1872).

1414 – 8 novembre : LIEUX-DITS D’AUBAGNE – In Bello Dignari, 8 novembre 1414 (acte aux archives municip ). Beaudinart – quartier rural, commune d’Aubagne (1872). Première mention : Pulcrum Prandium, 17 mars 1296 (acte notarié).

1436 – 8 novembre : Le comte René d’Anjou éST à DIJON, prisonnier du Duc de Bourgogne, quand, le 2 février 1435, Jeanne II, reine de Sicile et comtesse de Provence, le choisit comme héritier en mourant. Pour sortir de prison, il lui faudra payer une forte rançon de 400 000 écus d’or, payable en plusieurs termes. Et il sera libre le 8 novembre 1436.

1452 – 8 novembre : LIEUX-DITS DE ROQUEVAIRE – Registre aux archives de Saint-Victor ;

Bassanon, 8 novembre 1452 (charte aux archives de Saint-Victor). Bassan ou Enbassan, chaîne de montagne de la rive gauche du territoire de Roquevaire. Elle est une dépen­dance de la Sainte-Baume et forme le talus occidental des plateaux de Roussargue, de la Coutrone et du plan d’Aups. Première mention : 1349 – 5 février : Basson, 5 février 1349 (charte aux archives de Saint-Victor).

Colla de Claanet. Le Canet – quartier  rural, commune de Roquevaire.

Colla del Caus. Le Caus – lieu-dit, commune de Roquevaire.

-Crosum de Rycard. Cros de Ricard – lieu-dit,  commune de Roquevaire.

Fons Dampellet. Font d’Empalette – lieu-dit,  commune de Roquevaire (1872).

Los Planessets. Planestel lieu-dit, commune de Roquevaire, quartier du Fauge.

Pont Peyrenc. Pont-Peyrène – sur l’Huveaune, commune de Roquevaire.

Ralhos – lieu-dit, commune de Roquevaire, 8 novembre 1452 (registre aux archives de Saint-Victor).

1468 – 8 novembre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Registre aux archives de l’Evêché ;

-Val Gatune. Vaugatune, vallon, commune de Marseille, quartier de Saint- Marcel, en dessus de la Barasse. Première mention : Val Gatuna, 1451 (registre aux archives de l’Evêché).

-Vaulongue.Vau-Longue – lieu-dit, commune de Marseille, quartier de la Valentine, près la Serviane. Première mention : Vallis Longa, 7 août 1390 (charte aux archives municipales).

1480 – 8 novembre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – El Sautadour (registre aux archives de l’Evêché). Le Sautadoür – lieu-dit, commune de Marseille, sentier dans les collines de Saint-Cyr, près Aigues-Vives. —

1480 – 8 novembre : Oliolis, Evena, Sexfurnis, Bauceto – Charles d’Anjou, roi de Sicile, comte de Provence, confirme les privilèges concédés antérieurement aux communautés des lieux ci-dessus indiqués, 8 novembre 1480 (Carpentras, bibliothèque Inguimbert, Mss 1840, f° 2 (cf. Jacques Parès, 1938 n°94)).

1492 – 8 novembre : LIEUX-DITS DE ROQUEVAIRE – Las Faissas (acte  aux archives de Saint-Victor). Les Faisses – lieu-dit, commune de Roquevaire (1872).

1512 – 8 novembre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Fondigue de Montjuziou  (acte aux archives de Saint-Victor). Montjuif – colline, commune de Marseille, quartier de Belle-de-Mai. Mentionné comme Mons Judeus, le 23 juillet 1248 (charte aux archives mu­nicipales. Ancien cimetière des juifs.

1550 – 8 novembre : LIEUX-DITS DE roquevaire – lo Saultadour, 5 février 1550 (registre aux archives de Saint-Victor). Le Sautadour – lieu-dit, commune de Roquevaire, quartier de Lan.  

1605 – 8 novembre : Reboul, prêtre de Sanary

1660 – 8 novembre : Le roi autorise les habitants de Sanary à s’assembler en Conseil Général composé de tous les chefs de famille par devant le juge ordinaire du seigneur du lieu d’Ollioules pour établir dés syndic, pour s’occuper des affaires publiques du dit hameau de Saint-Nazaire suivant la nomination et l’élection qui sera faite par les suppliants à la pluralité des voix, daté du 8 novembre 1660. Si le Roi s’opposait toujours en ce qu’il en soit de même entre les communautés de Saint-Nazaire et d’Ollioules, il consentit cependant à certains accommodements. Le 8 novembre 1661, il donna son accord à la demande faite par les habitants de Saint-Nazaire, le 25 septembre 1661. Voici ce que les habitants demandèrent et ce qu’ils obtinrent :] « Les habitants et manants de Saint-Nazaire, hameau dépendant du lieu d’Ollioules disant que le hameau est composé d’environ 250 familles demande de pouvoir élire des syndics pour s’occuper des affaires publiques que la plupart des habitants ont dans leurs affaires ou dans les affaires publiques et souffert souvent de préjudice par cette absence de syndics. Ils ont recours à la justice et à la bonté de la Cour (du Parlement d’Aix) pour leur en procurer. Ils demandent d’être autorisés à s’assembler en Conseil Général composé de tous les chefs de famille par devant le juge ordinaire du seigneur du lieu d’Ollioules pour établir dés syndic, pour s’occuper des affaires publiques du dit hameau de Saint-Nazaire suivant la nomination et l’élection qui sera faite par les suppliants à la pluralité des voix. Et pour délibérer, s’il y échoit, d’autres affaires que ledit quartier a et pourra avoir à l’avenir et pour assembler les syndics toutes les fois ~e le cas le requerra et il doit être enjoint au juge ou à son lieutenant d’assister aux assemblées et de les autoriser ». Dès le 23 novembre, le lieutenant fit crier à haute voix dans les lieux et à son de cloche que les chefs de famille aient à se réunir pour élire leurs syndics, dans la Chapelle des Pénitents Blancs, le 25 novembre. Grâce donc à la proposition faite par le seigneur et avec l’accord du Roi et du Parlement, furent élus Jacques Bernard, Denis Bernard, Bernabé Infernet. Ils eurent le pouvoir de la conduite et de la direction des affaires comme de tous procès jusqu’à jugement définitif. On leur joignit neuf conseillers pour les cas d’absence ou de maladie. Les comptes seraient signés par tous et ils en rendront compte annuellement. Servirent de témoins à cette nomination, Jean Eynaud, prêtre du lieu et André Deydie, notaire d’Ollioules qui signèrent avec les 135 chefs de famille présents (45 seulement surent signer, les autres apposèrent leurs marques ou signèrent d’une croix). Enfin en 1660, sur demande des habitants et manants du hameau de Saint-Nazaire, le Roi par Arrêt du 8 novembre 1660, donne son accord à ce que des syndics soient nommés pour représenter les 250 familles qui peuplent le bourg. Le 25 novembre 1660, assemblés dans la Chapelle Notre-Dame de Consolation, chapelle des Pénitents Blancs après avoir été convoqués à son de cloche et à haute et intelligible voix, les habitants élisent leurs représentants. Le nombre de personnes participant au vote fut de 135 chefs de famille, représentants 1 200 âmes de communion, occupant plus de 250 maisons. Furent élus: Jacques Bernard, Denis Bernard, Barnabé Infernet. Après cette élection, toutes les affaires du bourg firent l’objet de délibérations et d’assemblées qui se tinrent toujours à la Chapelle des Pénitents Blancs qui fut ainsi consacrée Maison Commune.

1680 – 8 novembre : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Les Ombres de la Garde (acte aux archives des Prêcheurs). Saint-Suffren, église rurale, commune de Marseille, aujour­d’hui détruite ; elle se trouvait aux environs du quartier dont la rue Saint-Suffren a conservé le nom. Première mention : Ecclesia Beatœ Mariæ de Solombia, 12 avril 1325 (charte aux archives municipales).

1684 – 8 novembre : L’ESCLAVAGE BLANC EN MEDITERRANEE (1500-1800) – Les esclaves devaient souvent haler les matériaux de construction jusqu’à la ville, si c’était leur destination ; ils étaient même souvent amenés à porter les pierres de taille moins importe sur le dos parce que « ceux de la ville ne se servent pont de chaveaux pour cet effet, à cause que les rues en sont étroites et que tels chariots y sont mieux conduits par ces pauvres captifs » (Robert C. Davis, Esclaves chrétiens, maîtres musulmans, 2006, p. 146). Le frère Niccolo de Scio évoqua lui les prêtres envoyés dans les carrières tripolitaines « bras et jambes attachés ensemble tailler la pierre à plus de trois lieues de la ville » (Robert C. Davis, Esclaves chrétiens, maîtres musulmans, 2006, p. 154).

1702 – 8 novembre : à MARSEILLE – Le mistral souffle si fort qu’il déracine dix arbres et détruit deux maisons sur le Grand Cours (Marseille et son histoire).

1789 – 8 novembre : Par instructions du 8 novembre 1789, le maire de Saint-Nazaire, Sarret devait procéder à un encadastrement provisoire des biens-fonds, facultés, fonciers des nobles privilégiés. Deux experts furent désignés, Andrac (notaire royal) et Joseph Rey (forain). Le procureur du marquis du Luc approuva le choix. L’opération fut terminée fin 1790. Dorénavant le seigneur serait imposé sur ses biens comme tout autre contribuable. Le montant s’éleva à un capital de 9 000 livres tournois, soit 300 petites livres cadastrales. Les lods donnaient 1 770 livres par an, les immeubles ruraux personnels 900 livres, les moulins de la Figuière et de Pareissol 800 livres, les taxes diverses 900 livres dont celle du four banal, la pension féodale et le cens 207 livres.

1791 – 8 novembre : 7ème compagnie de la garde nationale du Beausset – François Imbert, capitaine de la 7ème compagnie de la garde nationale du Beausset démissionne le 8 novembre. (Ouf, on a retrouvé la 7e compagnie).

1793 – 8 novembre :

1. « O Liberté ! que de crimes on commet en ton nom ! » – Paroles prononcées par Mme Roland avant de monter à l’échafaud le 8 novembre 1793, alors qu’elle passait devant la statue de la Liberté (un livre : Onfray Michel – La force du sexe faible, contre-histoire de la Révolution française. Paris, Autrement, collection « Universités populaires et Cie, 2016, 216 p.).

2. Ouverture du Muséum central des arts de la République, connu maintenant sous le nom de Musée du Louvre.

1795 – 8 novembre (17 brumaire) : Guillaume-Charles Faipoult est nommé ministre des Finances.

1846 – 8 novembre : IL FAUT PROTEGER L’EGLISE DE SAINT-MANDRIER – L’église de Saint-Mandrier est bâtie sur un terrain que la mer envahissait en hiver. Il va falloir la protéger. Pour cette raison les paroissiens et le Recteur demandent le 8 novembre 1846 «l’atterrissement des lais de la mer qui se trouvent au Nord-Est de l’église de Saint-Mandrier avec construction d’une muraille pour garantir cet édifice des ravages des eaux pluviales et spécialement de celles de la mer». Le Maire de La Seyne invite les fabricants tuiliers du Gros Saint-Georges de faire déposer le résidu de leurs fabriques sur les pourtours de l’église de Saint-Mandrier.

1876 – 8 novembre : questionnaire préfectoral concernant les dégâts causés par le phylloxéra – Réponse, le 8 novembre 1876, de la Société d’Agriculture, de Commerce et d’Industrie du Var à un questionnaire préfectoral de 1876 concernant les dégâts causés par le phylloxéra. « 1°) Le département est attaqué en entier par le phylloxéra. L’invasion remonte à 1868 d’une façon apparente. La superficie du vignoble varois est de 73 000 hectares dont 24 000 dans l’arrondissement de Toulon. La société estime que tous les vignobles sont envahis. 2°) Société d’Agriculture, de Commerce et d’Industrie du Var a acheté des plants américains, pour en faire distribution gratuite aux propriétaires de vignobles déjà attaqués qui lui en ont fait la demande. Les semis ont été pratiqués sur 20 hectares environ disséminés sur tous les sols des trois arrondissements, la plus grande partie des boutures a été mise en terre en vue d’être greffée avec les espèces indigènes. Tous les cépages appartiennent aux genres oestivalis, cordifolia et labrusca. Il est trop tôt pour se prononcer sur les résultats obtenus par leur culture, cependant, les plants américains ont beaucoup mieux réussi dans les terrains primitifs. Cependant, dans l’arrondissement de Toulon, le genre oestivalis a semblé devoir mériter la préférence, soist par sa résistance aux attaques du phylloxéra, soit par la bonne qualité du vin surtout celui venant de l’Herbemont et du Jacquez. »

1880 – 8 novembre : PUBLICATION DE « LES FRERES KARAMAZOV » –  Le 8 novembre 1880, est publié l’un des plus célèbres romans de l’écrivain russe Fédor Dostoïevski, Les Frères Karamazov. En bibliothèque, je possède également :

L’éternel mari,  trad. B. De Schloezer, Gallimard, 1936, rééd. Livre de Poche relié, 1963, 256 p.    n° d’enregistrement, R 307

Les œuvres littéraires de Dostoïevski, IV, Souvenirs de la Maison des Morts, rééd. Lausanne, Rencontre, 1960, 546 p., n° d’enregistrement : R 11775

1896 – 8 novembre : marché pour la construction du croiseur protégé D’Entrecasteaux – Le 8 novembre 1893 est signé avec les FCM le marché pour la construction du croiseur protégé qui s’appellera D’Entrecasteaux D’un déplacement de 8.114 tonnes, 120 m de long, construit en acier avec coque doublée cuivre, armé de deux canons de 240 mm et 12 canons de 138 mm, la machine protégée par un pont blindé et une ceinture cuirassée, le bâtiment réalise aux essais 19,09 nœuds pour une puissance de 14.578 ch.

1904 – 8 novembre : Théodore Roosevelt reconduit comme Président – Aux Etats-Unis, aux élections présidentielles, Théodore Roosevelt est triomphalement reconduit dans ses fonctions de Président.

1906 – 8 novembre : accident dU sous-marin Alose (type Naïade), abordé en plongée par le vapeur Mouette se rendant de La Seyne à Toulon.

1906 – 8 novembre : Création, en France, du ministère du Travail.

1907 – 8 novembre : Crues exceptionnelles à Marseille et à Aubagne. Elles sont causées par la chute de 151 mm de pluie, dont 113 mm en seulement 4 heures . Le débit de l’Huveaune atteint 330m3/s. Le ruisseau des Aygalades avait déjà atteint une hausse de son niveau de 1,5 mètre la veille. Le Jarret déborde, contrairement à la crue de l’Huveaune de 1892. Le bilan sera de quatre morts (Marseille et son histoire).

1908 – 8 novembre : Disparition du comédien Victorien Sardou, l’auteur de « Madame Sans-Gêne ».

1909 – 8 novembre : PAS DE SCRUTIN PROPORTIONNEL EN FRANCE – En France, la proposition de scrutin proportionnel est refusée par la Chambre des députés.

1914 – 8 novembre : Le Miroir n°52, du 22 novembre 1914 : « Dimanche 8 novembre.

— Les engagement en Flandre, comme partout d’ailleurs, demeurent à l’avantage des alliés. Sur l’Aisne, près de Vailly, nous avons reconquis tout le terrain précédemment cédé. Dans l’Argonne et dans les Hauts-de-Meuse, les tentatives ennemies ont totalement échoué. Les communiqués anglais et belges sont très réconfortants e1 le bulletin belge spécialement annonce la retraite d’une partie des forces allemandes dans la direction de Bruxelles.

« L’Angleterre publie maintenant un récit officiel du combat naval dans les eaux chiliennes, combat qui, malheureusement, ne lut a pas été favorable.

« Mais cet échec est peu de chose à côté de la défaite ou mieux du désastre que les Russes ont infligé aux Austro-Hongrois en Galicie. Les armées de François-Joseph décimées, et qu’ont laissé des milliers et des milliers de prisonniers, ont été rejetées sur les Carpathes, et coupées des armées allemandes, la route de Cracovie et de la haute Wartha est désor­mais libre pour nos alliés.

« La flotte russe qui opère dans la mer Noire a bombardé Songouldak et détruit plusieurs transports ottomans qui portaient des hom­mes, des vivres et des munitions.

« Les troupes du tsar dans le Caucase ont complètement dispersé les régiments turcs et kurdes qui leur étaient opposes.

« L’armée japonaise s’est emparée de l’ar­senal de Tsing-Tao, après six semaines d’in­vestissement. C’est un lourd échec pour l’or­gueil de Guillaume II, qui se flattait de créer un empire germanique d’Extrême-Orient, en face du Japon.

« L’Etat-major suisse dénient le bruit d’après lequel l’Allemagne aurait demandé le libre passage de ses troupes à travers le district de Porrentruy. »

1917 – 8 novembre : EN RUSSIE, le IIe congrès des Soviets qui vient de se réunir, annonce au peuple russe que le pouvoir est maintenant entre les mains des Bolcheviks.

1918 – 8 novembre : Extension des Conseils dans les villes allemandes. Kurt Eisner joue un rôle prépondérant dans la révolution de Munich et proclame la République bavaroise (7 nov. 1918). Président du Conseil des ouvriers et soldats, il réussit à rallier le S.P.D. et l’Union paysanne bavaroise à une politique socialiste modérée. Il publie des documents diplomatiques établissant la culpabilité de l’Allemagne impériale dans le déclenchement de la guerre, laïcise l’école et essaie de concilier, dans la future constitution bavaroise, le parlementarisme classique et les conseils ouvriers. Son parti échoue aux élections à la Diète. Sur le point de démissionner, il est assassiné par un jeune officier noble (21 févr. 1919). Sa mort précipite la constitution de la République des conseils en Bavière (Léon Strauss, Encyclopaedia Universalis).

1921 – 8 novembre : 

1. En Italie, les « fasci » (faisceaux) se transforment en « parti national fasciste » lors de leur congrès de Rome.

2. formation d’une société mandréenne de jouteurs – Le 15 septembre 1921, la formation d’une société mandréenne de jouteurs est presque chose décidée. Une première réunion a été tenue et le bureau suivant a été constitué : Président : M. Charles Fouque ; vice-président : M. Charles Saldalamacchia ; secrétaire : M. Paul Bonal ; trésorier : M. Louis Marino. Une deuxième réunion a bientôt lieu. Bien que la saison soit un peu avancée, les « Targaïré » sanmandriérens offrent le dimanche suivant à la population quelques jolies passes. Ils ne perdent pas de temps, le 18 septembre les jouteurs sont convoqués au Bar Fouque. Le 8 novembre, ils élisent le bureau définitif au Bar Fouque. Il se composera de : M. Charles Fouque conseiller municipal Président ; Saldalamacchia Charles vice-président ; Louis Marino Trésorier et Paul Bonal secrétaire. Ce qui confirme le bureau provisoire élu précédemment.

1923 – 8 novembre : A Munich, putsch manqué d’Adolf Hiler et du général Erich Ludendorff.

1929 – 8 novembre : Albert Einstein est reçu à la Sorbonne.

1932 – 8 novembre : Franklin D. Roosevelt est élu président des Etats-Unis d’Amérique.

1938 – 8 novembre : FIN DU NEW DEAL ? Aux Etats-Unis d’Amérique, le relatif échec des démocrates marque la fin du New Deal.

1939 – 8 novembre : A Munich, attentat dans une brasserie où Hitler venait de parler. Dans la brasserie Bürgerbräukeller, Hitler fête l’anniversaire de son putsch raté de 1923. Ce putsch lui avait valu d’être incarcéré pendant plusieurs mois. Par une chance inouïe, il va échapper à 13 minutes près à une bombe destinée à le tuer.

1940 – 8 novembre :

1. Manifestation devant le Collège de France pour protester contre l’arrestation de Paul Langevin, peu de monde.

2. L’un des premiers journaux clandestins, « L’UNIVERSITE LIBRE », publie sous forme roneotypé et partiellement illisible : « Novembre – L’Université reprend conscience d’elle-même, de  son rôle historique dans la Nation.  Dans les heures tragiques que nous vivons, l’Université a retrouvé son unité,  la claire com­préhension de sa mission de (illisible) dans la liberté.  C’est un sursaut d’indignation qui a secoué maîtres et étudiants quand ils ont  appris 1’arrestation de Paul Langevin par les autorités d’occupation.  Ils ont tout  de suite saisi que c’était là (illisible)  si­gne de l’offensive brutale qui allait être déchainée par le «  gouverne­ment » de Vichy,  contre tous les  (illisible)  suspects d’être de bons servi­teurs  (illisible)  et de leur pays, (illisible) sont venus les événements du  (illisible)  Novembre. Là,  une jeunesse, fière de ses traditions a osé dire tout haut ce que nous pensons tous tout bas  :  que la France ne sera jamais un pays d’esclaves;  ils ont crié leur espoir de voir  bientôt la France, reprendre son vrai visage. Aussi,  les troupes d’occupation sont-elles entrées en action «t plusieurs morts héroïques,  tombés pour la France, devant l’Arc de Triomphe, ont montré à l’occupant et aux traitres de Vichy que la jeunesse  (illisible),  que l’Université n’acceptent pas. Lattitude des maîtres et des étudiants a contraint les autorités allemandes à démasquer leur volonté de « mettre au pas  » l’intelli­gence française  :  l’Université d Paris a été fermée car l’autorité militaire  (illisible). Le gouvernement français,  lui,  a révoqué le Recteur et l’a remplacé par Jérôme Carcopino qui doit  être  « l’homme à poigne » dont rêvent  ces messieurs pour« mater » professeurs et étudiants. Le gouvernement qui se dit français a osé révoquer Paul Langevin mis en prison par les Allemands ;  on a bien pu dire que c’était là la seule indication précise qui ait été donnée sur la « politique de collabora­tion ». Au travers de tous ces événements,  l’Université s’est ressaisie. Elle s’est forgé une unanimité de pensée et de volonté,  comme jamais dans son histoire pourtant glorieuse. Elle est unanime dans sa volonté de con­tinuer  (illisible) « grande tradition de culture dans la liberté qui fut et qui reste celle de l’Université française. Mais cette unanimité manque de possibilités d’expression : au­tour de nous rien que des journaux vendus,  fabriqués à Berlin, traduits à Paris. C’est pourquoi nous« nous efforcerons de publier en dépit des difficultés de toute sorte L’UNIVERSITE LIBRE qui, nous le désirons fermement,  sera l’interprète de cette volonté unanime de l’Université. Notre journal resserrera nos liens,  il fera des étudiants et des professeurs de toute l’Université un bloc contre lequel tous les efforts des ennemis de l’Université échoueront. Il dénoncera leurs manœuvres, il stigmatisera impitoyablement les trahisons. Au pays de Descartes, la raison restera victorieuse. Vive l’Université française libre  ! Signé : L’UNIVERSITE LIBRE ».

3.  Perte du Poncelet (type M6 Achéron, dit des 1500 tonnes). Repéré au début de l’après-midi du 8 novembre par le patrouilleur HMS Milford, le Poncelet fut l’objet d’une chasse à mort, au cours de laquelle il faillit à deux reprises s’abîmer au fond de la mer. Vers 19h, le sous-marin désem­paré, incapable de tenir la plongée, fut contraint à faire surface. Le Milford accourut aussitôt, espérant bien s’en emparer, mais après avoir fait évacuer ses hommes, le capitaine de corvette Bertrand de Saussine s’enfonça au poste central, ouvrit les purges et disparut avec son bâtiment en rééditant, dans un contexte bien différent, l’exploit héroïque de Roland Morillot avec le sous-marin Monge pendant la première guerre mondiale. (Libreville, Gabon) Saussine était un officier hors de pair, très aimé de ses camarades, très lié avec d’Estienne d’Orves qui, dans un autre camp, devait comme lui disparaître tragiquement dans les circonstances qu’on a vues. La fin héroïque du commandant du Poncelet, dans la pure tradition des commandants de sous-marins français, fut vivement ressentie dans toute la Marine. L’aviso FNFL Commandant Duboc arrive le 23-01-1941 à Port Harcourt au Nigeria pour y embarquer des marins ralliés provenant de l’équipage du Poncelet recueillis par le Milford.

4. Situation des forces navales de la 3ème Région (Toulon) ; division métropolitaine de police ; 3ème escadrille d’avisos comprenant : Commandant Bory, Elan, La Batailleuse, La Curieuse, L’Impétueuse et le Chamois.

1942 – 8 novembre : ORDRE DES ARCHITECTES – A l’occasion de la Saint Geoffroy, Marseille Provence écrit dans son calendrier des fêtes provençales : « Autrefois, les Quatre Couronnes étaient la fête des maçons et des plâtriers. Nous avons maintenant un ordre des architectes. Il se doit de reprendre cette fête » (Marseille Provence, 1942).

1942 – 8 novembre :

1. MISE EN ROUTE DE L’OPERATION “TORCH” (INVASION DE L’AFRIQUE DU NORD) –  Depuis Mers-el-Kébir, en juillet 1940, la Marine de Vichy vit dans la hantise d’une action anglo-saxonne contre Toulon. Mais à partir du 8 novembre 1942 cette hantise se transforme en une véritable obsession. Et lorsque, comme le signale Jean-Marie Guillon, les Italiens annoncent que les forces britanniques croisent au large du cap Sicié et s’apprêtent à débarquer vers Le Brusc, cette information est prise au sérieux…

Au 8 novembre, la 3ème escadrille d’avisos de la Division métropolitaine de polices des Forces navales de la 3ème Région (Toulon) ne comprend plus que trois avisos-dragueurs : La Curieuse, L’Impétueuse et le Chamois.

Or, dans la nuit du 7 au 8, les navires anglais et américains ont atteint les côtes marocaines et algériennes. Le débarquement allié au Maroc et en Algérie, de son nom de code « Opération Torch » est lancé. pour Casablanca (Task Force 34) ;  pour Alger (39 et 168è DCT US, 11è et 36è brigades anglaises) ; pour Oran (16, 26 et 18è RCT US.

Depuis des mois, quelques conjurés  – industriels, policiers, fonctionnaires, officiers, aventuriers – ont pris langue avec le consul américain à Alger, Robert Murphy. Le consul écouta et promit un débarquement des troupes américaines. C’est l’opération Torch, à laquelle Roosevelt s’est rallié et que Churchill a présentée à Staline qui en a compris tous les avantages.

Mais Robert Murphy ne dévoile pas aux conjurés le détail de l’opération et les « conjurés » sont vite neutralisés par les officiers décidés à suivre les ordres de Pétain donnés à l’Armée d’Afrique de résister aux alliés car le Maréchal a reçu un message de Roosevelt, message par lequel le président des États-Unis affirme que le débarquement américain a pour but de prévenir une agression des troupes de l’Axe contre l’Empire français.

Roosevelt poursuit : « Je n’ai pas besoin de vous dire que le but ultime et le plus grand est la libération de la France et de son Empire du joug de l’Axe… Je n’ai pas besoin de vous affirmer à nouveau que les États-Unis d’Amérique n’ambitionnent la conquête d’aucun territoire… » 

La réponse de Pétain est apparemment sans ambiguïté : « C’est avec stupeur et tristesse que j’ai appris cette nuit l’agression de vos troupes contre l’Afrique du Nord, commence le Maréchal. J’ai lu votre message, vous invoquez des prétextes que rien ne justifie. Vous prêtez à vos ennemis des intentions qui ne se sont jamais traduites en actes. J’ai toujours déclaré que nous défendrions notre Empire s’il était attaqué… Nous sommes attaqués, nous nous défen­drons, c’est l’ordre que je donne. »

Ces mots enfantent des morts. Américains et Français s’entretuent sur les plages africaines. Car les ordres de Pétain sont exécutés. On résiste aux Américains.

Au Maroc, les troupes du général Noguès comptent 1 500 morts et infligent près de 1 000 tués aux Américains !

On peut aussi mourir à Sidi-Ferruch, non loin d’Alger. Et les Américains ne débarquent pas en Tunisie, laissant ainsi les troupes allemandes s’y installer. Et il faudra de durs combats – de nombreux morts – pour les en déloger.

Puisque les troupes françaises restent fidèles au maréchal Pétain, Robert Murphy se tourne vers l’amiral Darlan. Mais, celui-ci refuse donner l’ordre d’accueillir Américains en libérateurs.

« J’ai prêté serment maréchal Pétain, explique Darlan. Et depuis deux ans, je recommande à mes marins et au pays de s’unir derrière le Maréchal. Je ne peux renier mon serment. » Robert Murphy obtient seulement que Darlan demande à Pétain ses instructions.

Pétain, qui vient de donner l’ordre de résister, télégraphie sa réponse à Darlan :

« J’ai bien reçu vos messages par l’entremise de l’amirauté et suis heureux que vous soyez sur place. Vous pouvez agiR ET ME RENSEIGNER. VOUS SAVEZ QUE VOUS AVEZ TOUTE MA CONFIANCE. » Darlan est bien le maître de la situation, puisque Pétain lui donne un blanc-seing. D’un côté il ordonne de faire face à l’attaque, de l’autre il permet à Darlan de négocier car le 8 au soir, les combat ont cessé à Alger mais ils se poursuivent à Oran et Casablanca.

Le 8 novembre à lieu l’attaque de Casablanca par la Task Force 34 américaine en vue du débarquement.

Les patrouilles de l’Océan, dépendant de la défense de l’AFN et placées sous le commandement du capitaine de vaisseau Tranier comprenaient à cette date la 6ème escadrille d’avisos (aviso colonial La Grandière, et (avisos-dragueurs, Commandant Delage et La Gracieuse, amputée du Commandant Bory escortant alors un convoi de Dakar vers Casablanca et de La Boudeuse en grand carénage à Alger), la 6ème escadrille de patrouilleurs dont seule La Servanaise était disponible. Le Commandant Delage (capitaine de corvette Rochette) était amarré à la jetée Delure. Il appareilla à 7 h 30 et mouilla à 8 h sur rade extérieure.

A 10 h 20 le contre-torpilleur Milan, l’avant en feu, se rapprocha de terre et vint stopper à 1 000 m environ dans le nord d’Oukacha. Vers 10 h 30, le Commandant Delage appareilla avec le remorqueur Lavandou et ils vinrent évacuer les blessés. A 10 h 40, il stoppa sur l’arrière du contre-torpilleur, entre 1 000 et 1 500 m ; la houle ne lui permettant pas d’accoster, il amena ses embarcations et embarqua soixante blessés du Milan. A 11 h 50, le contre-amiral Gervais de Lafond embarqua sur le Commandant Delage et se fit conduire à bord du croiseur Primauguet où il embarqua à 12 h 05. De son côté le Milan en marche arrière, fit route vers l’entrée du port et  s’amarra sur un coffre à 12 h 30. Plus tard, il s’échoua perpendiculairement au rivage sous les Roches Noires.

A 12 h 16, le Commandant Delage rentrait au port et s’amarrait à 12 h 45 au quai des phosphates pour y débarquer les blessés. A 13 h 30, il appareilla et, entre 14 h et 15 h, il fut attaqué par des avions sur rade extérieure : un début d’incendie se déclara dans les brassières de sauvetage à l’arrière, une grenade fut éventrée, la coque et le pont furent criblés d’éclats ; les munitions arrière durent être jetées à la mer. Il y avait un tué et huit blessés. A 16 h 50, le Commandant Delage rentra au port pour y débarquer ses blessés graves ; il en ressortit à 18 h et alla mouiller à 500 m dans le 185 de l’extrémité de la jetée Delure.

Avant la nuit, La Grandière, Commandant Delage, La Gracieuse et La Servanaise mouillèrent dans l’avant-port pour interdire toute tentative de débarquement. On apprit que le sous-marin de 630 t « La Sibylle » a été coulé par une mine devant Fedala lors du combat contre la Western Task Force américaine ce 8 novembre 1942.

Directeur de l’« Echo d’Alger » après la guerre, Alain de Sérigny fut à partir de 1934 secrétaire à Alger de la Compagnie Transatlantique (la Transat). Il fut un observateur scrupuleux – et quelquefois l’acteur – d’événements exceptionnels, comme le débarquement du 8 novembre 1942 après lequel il fut nommé par M. Peyrouton, gouverneur général, comme membre du Conseil permanent de l’économie de guerre. On lui doit un livre « Echos d’Alger 1940-1945 » publié par les Presses de la Cité en 1972 dans lequel il relate par le détail et avec esprit critique l’attentat manqué perpétré contre le général Giraud, placé « en réserve de commandement » par décret du CFNL signé par le général de Gaulle.

2. OPERATION “TORCH” (INVASION DE L’AFRIQUE DU NORD) – Lors du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, les câbliers fétiches des Seynois sont répartis ainsi : « Alsace” à Alger, “Arago” à Oran et “Ampère” à Toulon. Deux d’entre eux sont donc exposés directement à l’assaut allié.

3. HUIT SOUS-MARINS FRANçAIS  COULES OU ACCIDENTES AU COURS DE L’OPERATION TORCH

* Le Tonnant (série dite des 15OO t.) ; Maroc 8-11-1942, Torch, avarié, [S] 15/11/1942 devant Cadix

* Amphitrite (type 630t ) ; Casablanca : 08h00 : désemparée (ballasts bâbord crevés)  par un  « Curtis Helldiver » du porte-avions U.S.S. Ranger  de la TF 34. Cdt blessé à la poitrine par un éclat d’obus, fusilier Devise est gravement blessé. 08h15 : ordre d’évacuer le bâtiment ; 09h30 : fin de l’attaque. L’Amphitrite a dix-huit blessés, dont cinq graves et un tué, le matelot Loret ; Renflouée ; en réserve spéciale à Casablanca, non réarmée. 

* Argonaute (type Ondine amélioré, dit de 630 tonnes type Argonaute). Oran, Torch, coulé par HMS Achates devant Oran?

* Actéon (type M6 Achéron, dit des 1500 tonnes).Opération « Torch », coulé au large d’Oran le 8-11-1942 par grenadage de HMS Wescott.

* Oréade (type 630 t ) Opération Torch ; à 07h10 les bombardiers « Avanger » attaquent le port de Casablanca. L’Oréade, coque épaisse crevée, chavire. Son commandant, LV Loizeau, pour sauver son personnel le fait débarquer, ne conservant que son second et l’équipe de mitrailleurs. Il sera blessé mortellement ainsi que 4 marins. Relevé, cond. 1944.

La Psyché (type 630 t.) Torch ; 08h 15. La « Psyché » (Lieutenant de Vaisseau GUITTET) est coulée par les bombardiers « Helldiver » qui attaquent le port de Casablanca ; le commandant, deux officiers, huit hommes d’équipage sont tués ; il y a de nombreux blessés.

* La Sibylle (type 630 t) Torch, (CC Kraut) coulé dans le port de Casablanca par suite de bombardements par des Helldiver du porte-avions de USS Ranger  de la TF 34 (1 morts, 18 blessés) ;

* Méduse (type 630 t.) Cdt LV Roy, EV Dischamps, Salmon et Hautière, 38 marins ; Opération Torch ; deux groupes de trois chasseurs venant d’un porte-avions l’endommagent gravement. Les ballasts arrière crevés par les rafales de mitrailleuses de 12.7 diminuaient considérablement la mobilité du bâtiment. Trois hommes sont blessés sur le pont : l’EV Salmon touché au ventre et à la cuisse et les QM Fichet, poignet brisé, et Quemard, biceps gauche arraché. Pendant 36 h, le LV Roy tente de sauver son bateau et s’approche du cap Cantin. 10/11 : devenu presque ingouvernable avec une faible pression d’air et le peu d’électricité disponible, le navire se dirige en surface vers Mazagan (aujourd’hui El Jadida). 11/11 : Pour éviter de couler au-dessus de grands fonds et risquer la vie de ses hommes, le commandant décide de saborder son bâtiment en l’échouant volontairement contre les falaises du cap Blanc (aujourd’hui Jorf Lasfar, Maroc) a 17 km de Mazagan ; le dernier homme sorti, toutes les ouvertures sont libérées pour couler le bâtiment. Les blessés, restés à bord sans soins depuis l’attaque du 8 novembre, sont évacués vers l’hôpital de Mazagan  ;

1944 – 8 novembre : réélection de Franklin D. Roosvelt – Les médias diffusent l’annonce de la réélection de Franklin D. Roosevelt à la présidence des Etats-Unis.

1945 – 8 novembre – Le bureau politique du PC décide de revendiquer les ministères de l’intérieur, des Affaires étrangères et de la Guerre et de faire pression sur le général de Gaulle pour qu’il les lui concède.

1954 – à compter du 8 novembre : Sur l’avis du Conseil Municipal et en dérogation de l’arrêté préfectoral du 14 novembre 1952, les boulangeries de Saint-Mandrier pourront ouvrir le lundi selon l’organigramme suivant : commerces Ambroggio et Amic les 8 et 22 novembre et les 6 et 20 décembre ; commerces Rognone et Savant les 15 et 29 novembre ainsi que les 13 et 27 décembre ; les lundis de 1955 seront fixés ultérieurement (Ken Nicolas, vol. 1, p. 235-236).

1961 – 8 novembre : Le Méridional du 8 novembre 1961 : « De même que toutes les victimes militaires italiennes de la dernière guerre seront réunies au cimetière national de Saint-Mandrier, de même tous les morts du corps expéditionnaire français en Italie, tombés devant Cassino, ou lors de la victorieuse avance qui bouscule les défenses nazies entre la boucle du Garigliano et la ville de Sienne, seront eux aussi, regroupés dans un cimetière unique situé dans les environs du Rome. Seuls, des monuments commémoratifs demeureront à la place des multiples petits cimetières que l’on supprimera ainsi ». En fait, au lendemain de la guerre trois cimetières militaires français seront créés sur les communes de Rome (1900 tombes), Miano dans la province de Naples (1811 sépultures dont 60 corps dans un ossuaire) et Venafro dans la province de Campobasso (3414 sépultures dont 260 corps dans un ossuaire). En 1991 le cimetière de Miano est désaffecté et la translation des tombes est effectuée vers Venafro.

1985 – 8 novembre : On apprend que la veille, après deux jours de violentes manifestations au Chili, le général Pinochet a remanié son gouvernement.

1990 – 8 novembre : Premier numéro du magazine « Courrier international ».

1998 – 8 novembre : Disparition de Jean Marais.

2013 – 7 novembre : Philosophie – Nous avons écouté, ravis, Pierre Le Coz nous entretenir de la pression qu’exerce sur nous l’émotion, pression qui confine à la dictature. Avec force exemples, il a tenu scotchés sur leurs sièges les quelques 80 personnes présentes salle Marie Mauron, à Sanary. Dommage pour ceux qui ne sont pas venus l’écouter. Le débat qui suivit fut des plus fructueux. Soirée à marquer d’une pierre blanche qui faisait suite à celle que Yves Stalloni nous avait consacré il y a environ un mois.

2015 – 8 novembre : L’opposition de droite en tête des législatives en Croatie – Zagreb – L’opposition conservatrice de droite est arrivée en tête des élections législatives de dimanche en Croatie mais devra néanmoins faire alliance avec d’autres partis pour former une majorité, selon des résultats partiels officiels (L’Express).

2019 – 8 novembre : LIEUX-DITS DE ROQUEVAIRE – Appel d’offre pour des travaux de réfection du Pont de Garnière à Roquevaire. L’Opération consiste en la réalisation des travaux de mise en sécurité du Pont de GARNIERE. La Garniêre – quartier rural, commune de Roquevaire (1872).

EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHEQUE :

SANARY-SUR-MER – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES.

114e livraison :

ARAN < rac. aR, « eau provenant d’une hauteur ». Nom porté par un grand nombre de toponymes des communes de Bandol, Le Beausset, Le Castellet, et Sanary (Giraud M. 1864 : rivière qui prend sa source au pied de la colline du Vieux Beausset, traverse le terroir du Castellet, le sépare de celui de La Cadière et se jette dans la Mer à Bandol. Même si, à l’origine des deux noms, nous trouvons la racine pré-indo-européen aR-, une erreur fréquente consiste à confondre l’Aran –hydronymique – et l’Aren – oronyme. Ajouter le Las (com. du Revest et de Toulon), Ars 1235 (Gall. Christ.).

Aran 1864 ; Arannus rivus 977, com. du Beausset (Guérard B. 1857, n° 73 : sicut rivus Aranni discurrit in mare.) ; le ruisseau d’Aran, com. du Castellet (Arannus XIIème siècle) ; rieu Arantz 1522, com. du Beausset (Archives des Bouches du Rhône, fond de la cour des comptes, F. regist. 18, fol. 284 .) ; vallat d’Aran 1550 (Archives communales du Castellet, cadastre, fol. 93 et 104.) ; vallat d’Haran, vallat de Haran ou d’Heran 1570, com. du Castellet (Archives des Bouches du Rhône 1H840 (années 1567-1598). Limites du Castellet et de La Cadière 1571 (Cadastre du Castellet, fol. 9, 19, 113, 156, 191. D’après Giraud M. 1864, l’Aran donnerait son nom à une montagne (lou bau d’Aran 1570, cadastre du Castellet, fol. 399), mais en fait il ne s’agit pas de la même racine (voir Collis castri  de Aregno 1156 et Aren).) ; le vallat d’Aray 1571, limite de La Cadière et du Castellet (Archives des Bouches du Rhône 1H840 (années 1567-1598). Limites du Castellet et de La Cadière 1571.) ; le grand Vallat 1594, com. du Castellet (Cadastre du Castellet, fol. 124, 296) ; vallat d’Aram 1594, com. du Castellet (Cadastre du Castellet, dol. 219) ; Aran 1615, com. de La Cadière ( Doc. ant. à 1790, n° 244, et ms acte d’inféodation de la terre de Bandol, 28 juillet 1615) ; vallat d’Aran 1630 (id. cadastre) ; valat d’Aram, vallat d’Eram 1650 (Cadastre du Castellet, fol. 93, 204), com. du Castellet ; Aran 1688, com. de Sanary (Quartier entre la Gorguette et la rivière, selon les experts chargés de placer les termes des territoires d’Ollioules et de Sanary. Castellan E. donne la Ternide d’Aran comme « séparant Saint-Nazaire du couchant« , alors que Rotger fait de la rivière d’Aran une séparation de Sanary avec le Castellet, ce qui est faux).; la rivière d’Aran 1688, com. de  Bandol et Sanary (rivière ; limite entre Bandol et Sanary. Cf. la note précédente : cf. Rèpe) ; Aran 1778 (Cassini 1778, carte) ; le Pont 1778 (id..) et 1794 (Faiden William 1794, carte), com. de Sanary ; le Pont d’Aran 1819 et 1828, com. de Sanary ; le Pont d’Aran ou Rivière de Bandol 1819, com. de Bandol (quartier étroit entre l’Escourche et le Grand Vallat, face au Pont d’Aran) ; le Grand Vallat 1828 (20 février 1828, procès-verbal de délimitation du territoire de la commune de Saint Nazaire (Sanary) : « Depuis l’embouchure de la rivière de la Rèpe dans la mer Méditerrannée, le territoire de St Nazaire est bordé au midi par la mer jusqu’à l’embouchure du Grand Vallat qui descend du Castellet et la Cadière, un peu en dessous des arches ruinés, appellé les Six Ponts… On trouve sur le Grand Vallat le pont en six arches ruiné appellé les Six Ponts, et celui dit Pont d’Aran… ») ; la Repe 1845 (Bosc Ch.-L. 1856. Du Pont d’Aran jusqu’à la mer, l’Aran prend le nom de Repe.) ; le Pont d’Aran, com. de Sanary  1976 ; le Logis d’Aran, com. de Bandol (auberge : cf. Logis Neuf, Logisson, le Logis) ; val d’Aran ou Valdaray, com. du Castellet (ruisseau et quartier du Brûlat) ; Vallat 1/50 000 (Nom de l’Aran lorsqu’il passe au Brûlat, après le confluent du Gourganon et du Vallon de la Canette) ; moulin à huile du pont d’Aran, com. de Bandol (PL. couleurs II/4). Cf. Acripomi, Gourganon, Gourgonier (PL. 17/3), Grand Vallat, Logis d’Aran.

MARSEILLE

– 314e livraison : LE TERROIR MARSEILLAIS

Nos archives :

1209 – mai : Marseille – Privilège accordé par Ildefonse II, comte de Provence, en présence du seigneur Roncelin et d’Eudiarde, [femme de lion celin], aux marchands d’Orange venant à Marseille. Note : Il nous paraît vraisemblable d’identifier cette Eudiarde, qui figrure dans crt acte à côté de Roncelin, avec sa propre femme, que le troubadour Pons do Cbapteuil appelle Audiart. Cf. Chabaneau. Histoire générale du Languedoc, 3e édit., t. X, p. 267, et C. Fabre, Le troubadour Pons de Chapteuil, p. 7 et 8, dans Iph Jldmolreti de la Société agricole et scientifique de la Haute-Loire, t. XIV, 1907. (acte n° 336 :  Arch. départ, des Bouches-du-Rhône, B 306).

1209, 18 juin : Ordre du légat du Saint-Siège, Milon, à Guillaume, Hugues à Raimond de Baux, Dragonnet, Guillaume Arnaud, R. d’Agoult, etc., de n’entretenir aucune troupe armée, de tenir les Juifs à l’écart des administrations publiques et privées, de démolir ou de conserver, selon l’avis des évêques, les églises fortifiées, de les rendre à leurs évêques ou prélats, de protéger les églises et maisons religieuses, de n’exiger d’elles albergue, procurations ou exactions, de ne pas les dépouiller à la mort des évêques ou recteurs, de ne pas s’immiscer dans l’élection des successeurs, d’abandonner la perception des péages et guidages non concédés par les rois ou empereurs, d’observer la paix ou trêve qui leur est enjointe, de donner satisfaction à ceux qui se plaignent d’eux (ai se soumettant au jugement de lui ou d’un autre légat, de maintenir les chemins publics en sûreté, de ne pas rece­voir les hérétiques et leurs fauteurs (acte des vicomtes de Marseille n° 339, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. :  a. Catel, Histoire des comtes de Toulouse, p. 247. — b. Labbe et Cossart, Concilia, t. XI, p. 38. — c. Martène et Durand, Thésaurus novus anecdotorum, t. T, col. 815. Ind. : Dr Barthélemy, Inventaire, n° 139).

1209 – septembre : Marseille – Le pape Innocent III excommunie Roncelin. Lettre du légat Milon au pape Innocent III. Après avoir démoli près d’Arles la forteresse de Guillaume Porcellet, il est venu à Marseille et a exhorté les Marseillais à jurer la même paix que les localités voisines et à donner satisfaction pour le fait de Ronce!in. Les Marseillais, alléguant l’absence de Roncelin, refusèrent de l’entendre et de traiter leur vicomte en apostat et excommunié. Au concile d’Avignon Roncelin fut excommunié avec ses complices et toute la cité de Mar­seille soumise au plus rigoureux interdit. (acte des vicomtes de Marseille n° 342, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. :  a. Innocent! III epistolae, édit. Baluze, t. II. p. 605. — b. Idem, édit, des Historiens de France, t. XIX, p. 520).

1209 – [7-30 septembre] : Lettre des légats Hugues, évêque de Riez, et Milon, au pape Innocent III. annonçant les sentences portées au concile d’Avignon contre le comte de Toulouse, l’anathème lancé contre Roncelin, moine apostat et parjure, l’excommunica­tion portée contre Hugues Fer, son bavle, et contre tous ses répondants et de nombreux autres nobles et bourgeois de Marseille, fauteurs dudit Roncelin. l’interdit jeté sur la cité de Marseille et toute la terre de Roncelin pour avoir extrait ce personnage par violence du monastère, l’avoir maintenu dans son obstination et lui avoir conservé ses pouvoirs, pour ne pas s’être opposé à la violence exercée par lui contre des Montpelliérains et des pèlerins, pour avoir refusé de jurer les statuts édictés à Saint-Gilles en vue de la pacification de la Provence. (acte des vicomtes de Marseille n° 343, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. :  a. Innocenta III epistolae, édit. Baluze, t. Il, p. 366. — b, Idem, édit, des Historiens de France, t. XIX, p. 521).

LA SEYNE-SUR-MER – Textes divers écrits sur La Seyne.

35e livraison : Cahier du Patrimoine ouest varois n°14 –

Le Lazaret de Saint-Mandrier

Il existe une vaste littérature concernant l’origine du substantif « lazaret ». Toutefois, comme nous désirons rester dans le contexte qui nous intéresse, nous nous en tiendrons à deux définitions, l’une datant de la fin du XVIIe siècle donc apportant le concept le plus communément admis à l’époque de la mise en service du lazaret de Toulon, l’autre de la fin du XIXe siècle alors qu’il est en passe d’être fermé. Selon A. Furetière, Dictionnaire universel contenant tous les mots françois, chez Leers, La Haye et Rotterdam, 1690 : le lazaret est un « bâtiment public fait en forme d’hôpital pour recevoir les pauvres, les pestiférés. Il est destiné en quelques endroits à faire la quarantaine pour ceux qui viennent de lieux suspects de peste. On a appelé lazares, les ladres ou lépreux, à cause que leur maison ou église qui était hors des murs de Jérusalem, estoit dédiée à saint Lazare ». Selon P.-E. Littré, Dictionnaire de la langue française. Encyclopaedia Britannica, Chicago, 1978, le lazaret est un « édifice isolé établi dans certains ports de mer et dans lequel séjournent, pour y être désinfectés, les hommes et tous les objets provenant de lieux où règne une maladie épidémique contagieuse, peste, typhus, fièvre jaune, etc. »

ici, Fig. 26 : Le Lazaret au XIXe siècle d’après Vincent Courdouan.

Face au danger d’épidémies causées par l’entrée de navires provenant de territoires contaminés, on assista à la création de bureaux de santé à Marseille et Toulon qui délivraient les billets de santé établis par les intendants de santé placés sous l’autorité directe des consuls dont ils étaient les délégués. Ils établissaient des cordons sanitaires et vérifiaient les billets présentés par les navires entrants. Le bureau de santé de Toulon était un service organisé dans un bâtiment du port – la Consigne – qui recevait les déclarations des capitaines puis dirigeait les navires vers un lazaret où ils étaient placés sous surveillance en quarantaine. En 1567, en pleine épidémie, les consuls de Toulon firent établir une infirmerie, sorte de lazaret, dans la partie ouest du Mourillon, en dehors des remparts, pour l’hébergement des pestiférés et la désinfection de leurs vêtements. En 1572, le roi Charles IX intervint pour faire recevoir au prieuré de Saint-Mandrier « les hommes malades des équipages des grosses barques que le mauvais temps faisait aborder au rivage nord-est de Sépet » (Gisèle Argensse, 1989, op. cit. p. 20. Un refuge pour l’accueil des pestiférés débarqués aurait existé à La Seyne sur un terrain acheté par Six-Fours au quartier Saint-Rochpour y construire une chapelle à l’extrémité de l’actuelle rue Denfert-Rochereau, tout près de la Bourse du Travail, Marius Autran, tome 2, 1988). Mais ce ne fut qu’en 1576, qu’un premier vrai lazaret fut aménagé à Lagoubran (Pour Marseille, ce fut l’île Jarre), à l’ouest de Toulon ; il permettait de faire accoster les bateaux dans un abri jusqu’à la fin de leur mise en quarantaine, de décharger les cargaisons en assurant leur désinfection soit par l’aération, soit par le « parfum » (brûlage d’aromates) et d’assurer la logistique des équipages sous surveillance (Louis Baudoin, 1965,  op. cit. p. 59 ; http://abpo.revues.org/461). Au début du XVIIe siècle, le choix de Toulon comme grand port de guerre, avec la construction entre 1589 et 1640 d’une darse de 15 hectares (la Darse Vieille) et le creusement en 1593 d’un port à La Seyne sur les anciennes terres régales (Louis Baudoin, 1965, op. cit. p. 120), réclamèrent d’autres dispositions d’accueil que celle d’une simple relâche comme celle de Cépet (« En 1619 arrivait au port de Saint-Mandrier, le vaisseau le Saint-Pierre, capitaine Guigou, qui déclara avoir la peste à bord; son commandant, atteint par le terrible mal, venait de décéder. Prévenu aussitôt, M. Gaspard de Glandevès, conseiller du roi en la Cour du Parlement, ordonna que la cargaison du Saint-Pierre fût brûlée. Dans ce but, les sieurs Pierre Vidal, premier consul, B. Aycard et Gh. Vidal, intendants de la Santé de la commune de Six-Fours, se rendirent, avec Me André Denans, notaire royal, à Saint-Mandrier où le bateau était ancré, et firent livrer au feu toutes les marchandises qui avaient été rassemblées dans la chambre de poupe après en avoir dressé l’inventaire. », d’après Jean Denans, notaire et viguier de La Seyne, v. 1707/1711, Histoire ancienne de Six-Fours et de la Seyne).) ou d’un lazaret obsolète établi depuis une cinquantaine d’années au fin fond occidental et marécageux de la rade. Aussi, après que le 6 janvier 1622, le Parlement de Provence eût légiféré afin de permettre l’application d’une politique de lutte contre les risques de contagion venant de la mer avec une halte obligatoire à Marseille ou Toulon (Marcel Faivre-Chevier, Charles Marras, L’histoire du lazaret de Toulon, dans Regards sur l’histoire de Saint-Mandrier-sur-mer, Association pour l’Histoire et le Patrimoine Seynois, n° 4,  2011), dès le 1er juin, les consuls de Toulon songèrent-ils à établir un nouveau lazaret à l’île de Cépet, sur le terroir de Six-Fours et face à la rade de Toulon (http://abpo.revues.org/461). Six mois plus tard, un arrêt du Parlement de Provence leur enjoignait de « pourvoir d’un lieu propre et assuré pour les quarantaines soit à l’isle de Sepet ou un autre lieu commode en sorte qu’il n’en puisse arriver inconvéniens ». Selon Marcel-Faivre-Chevier et Charles Marras (Marcel Faivre-Chevier, Charles Marras, 2011, op. cit..),ce texte constitue l’acte de création du lazaret de Toulon. Toutefois, les Toulonnais se heurtèrent immédiatement à l’hostilité des Six-Fournais qui n’entendaient pas concéder une parcelle de leur territoire à l’ouverture d’un lazaret alors que la propriété de Cépet leur avait été contestée par Toulon jusqu’en 1585 (Arrêt de la cour du Parlement du 17 décembre 1585, Jean Denans, v. 1707/1711,  op. cit.). La présence, de l’autre côté de la baie des Sablettes, de la maison forte du Crouton n’avait peut-être pas été étrangère à cette vigoureuse opposition six-fournaise (Gérard Delattre, Gérard Julien, 1997,  op. cit.) qui fut malgré tout rejetée le 19 mai 1630 par un nouvel arrêt du Parlement de Provence : après huit ans de procédure, Toulon allait enfin pouvoir procéder aux opérations d’acquisition nécessaires au projet. Vers la même époque s’achevait le comblement de la baie des Sablettes déjà donnée comme Palum Forano au XVe siècle et La Palun ou Crotton  en 1520 (Cahier du patrimoine ouest varois n°12 : « Les noms de lieux de l’ouest varois », 2009). L’ensablement du passage était donc déjà commencé avant que l’homme provoquât son accélération. En 1639, l’affaire était entendue : la vue cavalière dessinée par H. de Bonnafoux montre sans conteste possible un isthme déjà formé quoique sans chemin aménagé (Honoré de Bonnafoux, Carte de la rade de Toulon, 1639). Si chemin il y eut, il le dut à une vocation militaire liée à la présence de la maison-forte du Croton élevée vers 1500, ensemble achevé en 1695 (En 1656, Louis Daniel, seigneur de Lérys, conseiller au Parlement, fit édifier une chapelle sous le vocable de Saint-Louis près de la maison-forte du Croton bâtie vers 1500 (Marius Autran, Chronologie de La Seyne, tome VI). En 1694, les bâtiments furent achetés par l’évêché de Toulon, puis agrandis et embellis pour en faire une résidence de campagne de l’évêque d’où son nom provençal de l’Evescat ou « évêché » (Cahier du patrimoine ouest varois n°10, « Six-Fours », 2007.).), à l’aménagement défensif de la rade Toulon (tour de Balaguier terminée 1635 (Louis Baudoin, 1965, op. cit. p. 201.) ; celle de l’Eguillette en 1685) et d’une liaison terrestre pour le lazaret de Cépet (achevé en 1658) et l’hôpital Saint-Louis (achevé en 1670) accolé au prieuré de Saint-Mandrier (Gisèle Argensse, 1989, op. cit. p. 69.). L’installation du lazaret devenait plus que pressante comme le montre l’hébergement, en décembre 1654, dans la presqu’île de Cépet, des malades d’une flotte de quarante vaisseaux ayant perdu la moitié de leurs effectifs décimés par la maladie après une opération contre Naples.  On peut supposer que les survivants furent  accueillis et soignés de manière précaire par les religieux du prieuré Saint-Mandrier (Louis Baudoin, 1965, op. cit. p. 290) et l’infirmerie de Lagoubran. Dans le courant du premier semestre 1657, année de la séparation de La Seyne et de Six-Fours, les consuls de Toulon achetèrent à des particuliers d’importants lots de terres sur la presqu’île de Cépet (Marius Autran, Images de la vie seynoise d’antan, tome III, La Seyne, Manugraph, 1990), entre le prieuré de Saint-Mandrier et les Sablettes. La construction du lazaret débuta aussitôt en territoire seynois.  L’ensemble situé à flanc de coteau et en bord de mer comprenait en fin de travaux le quai de débarquement de la Santé, la cour d’entrée « servant à intercepter la communication du quai de la Santé », un logement pour le capitaine de la Santé, un jardin potager à son usage, un réservoir à poissons, un vestibule d’entrée, une chapelle dédiée à Saint-Roch, des baraques, des entrepôts et hangars, des « chauffoirs où l’on parfume les équipages en quarantaine pour leur donner l’entrée », un « grand parloir pour les équipages en quarantaine », une « loge pour les bestiaux », un « grand puits » (Jusqu’en 1887, le Lazaret n’eut que ce puits pour s’alimenter en eau potable. A partir de 1887, il fut alimenté par la source du Ragas, en prolongeant la canalisation qui desservait La Seyne), deux enclos, l’un pour les grands de ce monde, l’autre pour les roturiers, un cimetière (un cimetière supplémentaire destiné aux protestants et aux israélites fut édifié en 1726 à l’intérieur des murailles du Lazaret, à côté de celui des catholiques qui existait depuis l’origine (Gisèle Argensse, 1989, p. 37).) et une trentaine d’arbres peut-être à valeur médicinale. Tout était prévu sur le papier pour « parquer » les équipages à risques et, au besoin, les inhumer (Marcel Faivre-Chevier, Charles Marras, op. cit).

En 1658, le lazaret fut mis en service à LA SEYNE

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE, involontaire, rapide mais bonne, extraite de « La petite Gironde, dans sa parution du 10 mai 1925

– « Vous autres, demi-tour, et précédez-moi en me suivant sans bruit. »

Ce sera tout pour aujourd’hui, il est 8 h30, allez en paix ! je vous souhaite un bon mercredi à tous. Affectueuses pensées pour Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber que nous venons de quitter après un mois de joie et de plaisirs partagés passé en Egypte malgré le contexte alarmant qui frappe le Moyen-Orient !

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