ÉPHÉMÉRIDES DU JEUDI 10 AOÛT 2023 – 12e ANNÉE (n° 3949).

ILLUSTRATION
Marseille, les Nouvelles Galeries (collection H. Ribot)
LES FÊTES
Le 10 août, nous fêtons les Laurent dont le prénom signifierait “tenant un laurier”, cet arbre avec les branches duquel on tressait autrefois des couronnes dont on ceignait le front des vainqueurs, les “lauréats”. Emblème de la victoire; il réjouit la vue par sa verdeur constante; il répand une odeur agréable, et possède beaucoup de propriétés. Pour plus de précisions, Laurent se décline en Aura, Bogdan, Boleslas, Boleslav, Dieudonné, Laorans, Laur, Laure, Laurence, Laurèns, Laurent-Maurice, Laurentia, Laurentin, Laurenza, Laurenzia, Laurenzo, Laurette, Lauri, Lauriane, Laurice, Laurie, Laurine, Lauris, Lauritz, Lawrence, Lora, Lorand, Lorans, Lore, Lorée, Lorenz, Lorenzo, Lori, Lorin, Lorrie, Lorris, Lorry, Renzo.
N’en jetons plus, la cour est pleine !
Saint Laurent est ainsi nommé parce qu’il remporta la victoire lors son martyre sur un gril qui eut lieu vers 258 à Rome ; ce qui força l’empereur Dèce à avouer avec confusion : « Je pense que nous voici vaincus. ». L’hagiographie de saint Laurent tient 15 pages de la Légende dorée. C’est dire l’importance de ce saint qui fut “martyr et diacre, Espagnol de nation, amené à Rome par saint Sixte” (Jacques de Voragine, La légende dorée, tome II, p. 68-69).
Selon Marcel Provence, à Marseille où sa colline domine le port et porta longtemps le Château Babon (castellum Babonis, 1164), saint Laurent était le patron des charcutiers, cuisiniers (à cause du gril du martyre), gargotiers, et cabaretiers qui ne logeaient pas. On le fêtait aux Récollets. Même patronage en Arles et dans les autres villes – nous pensons en particulier à Ollioules dont le patron est saint Laurent. La désignation du saint vient de l’outil de son martyre dont la cathédrale Saint Sauveur d’Aix était réputé posséder un morceau.
A Rians, naguère, il y avait une grande procession avec de nombreuses confréries, des saints Sévère, Denys, Biaise, Clair, Eloi, Ste Reparade, des pénitents blancs et des bleus. Le curé en soutane présentait un morceau de gâteau et un cierge à chaque prieur. Courses de chevaux, mulets, ânes, enfants, filles, hommes. Les prieurs de St-Laurent dirigeaient les courses.
Au Castellet-Saint-Cassien, il y avait force roumavagi et bravade, des courses dont une « course de petits enfants enfermés dans des sacs ».
Même jour, fête à Marseille des blanchisseurs qui honoraient, par jeu de mot, Saint Blanc.
Fête du Lauzet, jeux sur le lac et courses d’anedoun (canards) qu’il fallait attraper en nageant. Belle nuit d’étoiles filantes.
Le 10 août 1747, bravant la décision de l’évêque qui avait interdit à la ville de fêter saint Laurent, Ollioules fêta son saint patron comme de coutume.
Dans le “Dictionnaire des noms de lieux de l’Ouest varois” (Cahier du patrimoine ouest varois n°12), et en référence à Gérard Delattre et Pierre Saliceti (les monuments religieux de l’ouest toulonnais, Sanary 1994), nous trouvons, à la page “SAINT-LAURENT :
-oratoire de Saint Laurent, restauré en 1940, commune du Beausset (sur le chemin des oratoires)
-église Saint Laurent, mention fin XIe s., commune d’Ollioules (bas de pente, en rive droite de la Reppe ; dans l’agglomération actuelle ; paroisse) ; XIIe ; intégrée aux remparts XIVe s. ; agrandie 1517 et 1652.
-terre de l’Ermitage de Saint Laurent XVIIe s., commune de la Seyne (plaine au sud de la colline de la Garenne) ; Camp de Laurent 1956 et 1/50 000 ; Camp Laurent 1982 ; chapelle Saint Laurent 1996 ; cf. la Cruvillière.
Plus terre à terre, le calendrier républicain fête la lentille en ce 23e jour de thermidor An II. Rappelons à ce sujet que la lentille verte du Puy bénéficie d’une appellation d’origine contrôlée (AOC).
DICTON PROVENçAL
invoquez Saint Laurent contre le mal de dents, « Grand Sant Laurent, ai mau de dent ». La douleur s’apaise.
LE MOT DU JOUR
« On flatte le cheval jusqu’à ce qu’il soit sellé », proverbe polonais.
ÉPHÉMÉRIDES

Marseille, abbaye de Saint-Victor (cliché H. Ribot)
–833 – 10 août : Mort à Bagdad d’Abdallah El-Mamoun, deuxième fils d’Haroun al-Rachid et septième calife de la dynastie abbasside. Vingt ans plus tôt, en 813, el-Mamoun a massacré son frère aîné el-Amin. Après quoi, il a régné sur Bagdad et notamment fondé la Maison de la sagesse (Beit-Al-Hikmat) et favorisé l’école de théologie mouzatilite (ou mouzatilisme).
–955 – 10 août : le roi d’Allemagne Otton Premier écrase les Hongrois au Lechfeld, au sud de l’actuelle ville d’Augsbourg, en Bavière, sur l’un des principaux champs de bataille européens. Cette victoire a un grand retentissement parmi les dirigeants et les lettrés de l’Europe chrétienne. Chacun y voit à juste titre la fin des Grandes Invasions barbares qui ont tourmenté l’Europe occidentale pendant six siècles. Pendant un millier d’années, l’Europe occidentale se développera en-dehors de toute immigration extérieure, cela n’excluant pas des mouvements de population à l’intérieur du continent ou vers l’extérieur. En attendant, le roi d’Allemagne est encensé par son peuple et ses troupes dès le lendemain de sa victoire du Lechfeld. Il devient Otton le Grand et il est très vite poussé à restaurer en Occident l’idée impériale. Il va se faire couronner empereur et créer un nouvel empire en remplacement du défunt empire de Charlemagne. Protecteur de Conrad le Pacifique, roi de Bourgogne-Provence , il permettra à celui-ci de venir à bout des luttes fratricides que connaissait la Provence et entre autres chasser les derniers sarrasins qui occupaient les passes alpines (972).
–1229 – 10 août : Colle de Tuze – lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Saint-Julien (acte notarié). Saint-Julien, anciennement village, est aujourd’hui quartier de la commune de Marseille. C’était une seigneurie avec droit de juridiction et un prieuré assigné au cabiscol ou chantre de la cathédrale. Les Caillols, les Martégaux et les Olives dépendaient de la paroisse de Saint-Julien
–1246 – 10 août : CARNOULES – LIMITES DU CHÂTEAU ROYAL – L’acte 1035 du cartulaire de Saint-Victor, daté des 10 août, 16 août, 11 septembre et 12 septembre 1246, ou « Carta Maximini et Castri Regalis », fixe les limites du « castrum regale » (château royal) et de Carnoules. On trouve parmi les signataires : « Girardi de Areis jurisperiri, Rainaldi de Masalgis militis, Fulcherus de Blancafort militis. » Le chevalier Fulco de Blacafort est également cité dans l’état des droits et revenus de Charles Premier d’Anjou au terroir de la Môle, daté de 1252. D’après Gabrielle Démians d’Archimbaud, tome 3, chap. III, p. 90, Blancafort est un village aujourd’hui déserté de la commune de Besse (Var). (Guérard 1857)
–1294 – 10 août : GUILLAUME DE SABRAN, 39e ABBE DE SAINT-VICTOR ET SEIGNEUR DE SIX-FOURS – Le 10 août 1294, Guillaume de Sabran devient le 39ème abbé de Saint Victor de Marseille mais seulement le 32ème selon P.-A. Amargier et Edouard Baratier. A ce titre, il est seigneur majeur de Six-Fours. Il deviendra évêque de Digne le 6 février 1324.
–1295 – 10 août : Condamina, (acte notarié). La Condamine – lieu-dit, commune d’Allauch, quartier de Saint- Pierre (1872).
–1299 – 10 août : Los tras lucz (acte notarié). Les Trois-Lucs – hameau, commune d’Allauch (1872).
–1304 – 10 août : Fons Dinaut (acte notarié). Tourdinau – lieu-dit, commune d’Allauch. Anciennement, Tordinaut, 10 juillet 1298 (charte aux archives municipales).
–1311 – 10 août : Peirafuec (acte notarié). Pierrefeu – lieu-dit, commune d’Aubagne, quartier des Lignières.
–1348 – 10 août : toponymie de l’arrondissement de Marseille.
1. Colla de Morgils (acte notarié). Morgiou / Morgieou, petit port et cap, commune de Marseille, en dessous des monts de Luminy. Ancienne Immadras positio de l’itinéraire d’Antonin, d’après Walckenaer (Géogr. des Gaules, t. III, propriété 123).
2. Colla de Sormil (charte aux archives municipales). Sormiou, anse sur le littoral au midi de Marseille (1872).
–1501 – 10 août : La Tortoyra (registre aux archives de l’Evêché). La Tourtoire – lieu-dit, commune d’Aubagne, quartier des Paluds.
-1539 – 10 août : ordonnance royale datée de Villers-Cotterets – Le 10 août 1539, par ordonnance royale datée de Villers-Cotterets le roi François ler prescrit que, désormais, devraient être rédigés en français tous les actes de justice, les testaments et les contrats. Cet acte est célèbre pour avoir imposé l’usage du « langaige maternel françois » dans les actes publics (article 111), autrement dit pour avoir fait du français la langue de l’Etat. Cet énorme acte législatif (192 articles) fixe les limites des juridictions séculières et ecclésiastiques, en confinant celles-ci aux affaires touchant directement à l’église ; il crée un embryon d’état-civil dans l’ensemble du royaume, en imposant aux curés la tenue de registres dits « paroissiaux » qui constituent la première tenue régulière administrative de l’état-civil des populations. Cette ordonnance fut déclarée applicable à la Provence le 17 octobre 1539 (Barnavi Elie, 2001).
–1537 – 10 août : Début du siège de la Rochelle par Richelieu.
–1566 – 10 août : DEBUT DE LA REVOLTE ICONOCLASTE AUX PAYS-BAS – Les protestants calvinistes se soulèvent à Armentières, pillent les églises et incendient peintures et statues catholiques. Ces faits engendrent une division au sein des instigateurs de la révolte des Gueux qui rassemblaient initialement catholiques et protestants contre l’ennemi espagnol. Cette rébellion trouve racine dans le rejet de l’Inquisition contre les hérétiques, prélude à la guerre des Quatre-vingts Ans débouchant sur l’indépendance des Pays-Bas.
–1610 -10 août : toponymie de l’arrondissement de Marseille.
1. Chemin de la Melamousque (acte cité dans le mémoire de Louis de Valbelle, cart. Nicolaï, n° 30). Malamousque – lieu-dit, commune de Marseille, quartier d’Endoume. Première mention : 17 mai 1286 – Platea de Lumena Moscas (charte aux archives municipales).
2. Vallon des Innocents (acte cité dans le mémoire de Louis de Villeneuve, au carton Nicolaï, n° 30). Vallon des Auffes – lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Notre-Dame-de-la-Garde (1872). Première mention :
Vallon den Garnier, 13 mai 1311 (acte notarié) puis Garneria, 17 septembre 1343 (ibid.). A partir du milieu du dix-huitième siècle, les maîtres auffiers de Marseille ayant choisi cet endroit pour y faire séjourner leurs spars ou auffes et les rendre plus flexibles, ce vallon a reçu le nom qu’il porte aujourd’hui (ibid.).
–1707 – 10 août : SIEGE DE TOULON PAR LE DUC DE SAVOIE – C’est le 10 août 1707 que l’infanterie de renfort, au nombre de 18 bataillons, arrive à Toulon. Quant à la cavalerie, comptant 42 escadrons sous les ordres de M. de Medavy, elle est envoyée dans la région de St-Maximin et Brignoles où elle gêne considérablement les ennemis en les empêchant de s’étendre et de se procurer les fourrages nécessaires pour leur importante cavalerie. En arrivant à Toulon avec ses derniers renforts qui portent les effectifs de la place à 58 bataillons, M. de Tessé, gouverneur militaire, décide de faire une sortie pour desserrer l’étreinte des assiégeants. Le plan de l’attaque est établi par M. de la Blottière, ingénieur.
–1721 – 10 août : DERNIERS DECES DUS A LA PESTE A OLLIOULES ET A SANARY – Le 10 août 1721, Ollioules enregistre le dernier décès dû à l’épidémie de peste qui a débuté dans cette ville sept mois plus tôt, le 10 janvier très exactement. Sur 2600 habitants, la moitié de la population est morte. Dans l’acte déclaratif de la santé, souscrit devant Dupont, brigadier des armées du roi, commandant à Toulon et dans le pays et devant le consul d’Antrechaus, les consuls de la viguerie affirmèrent sous la foi du serment que la contagion avait effectivement cessé à Ollioules le10 août. Vers le 10 août 1721, le Bureau de santé de Sanary dresse les états des morts et de ceux qui ont été attaqués par la maladie au cours de la première semaine d’août : «En la famille de sieur François ANDRAC en est mort : 4 ; A celle de Louis FOURNIER : 2 ; A patron Joseph GRANET : 3 ; A Jean LION et à son beau-frère : 10 ; -La nommée BARBE rentière et son mari : 2 ; Madgeleine DANIELE à la même bastide : 4 ; Jean PONS COLLONGUE : 3 ; Noël BANNON : 2 ; Anne TERINNE TOUPIN : 2 et leur fille ; La femme de sieur Arnaud BERNARD, dit TOUPIN et son enfant : 2 ; Rose GAUTHIERE veuve MARIN : 1 ; -A la famille de BONASERBE. Etat de ceux qui sont attaqués : La femme de Louis FOURNIER et son enfant : 2 (ils ne figurent pas dans les décès) ; COMTE Françoise, femme de patron Joseph GRANET (morte le 20/8) ; un enfant de Jacques JULIEN (décédé le 31 août) ; Jacques MONGE (non décédé) ; le nommé MARIN ( non décédé) ». Notons que le notaire Andrac passa de vie à trépas le 10 août et que l’un de ses fils, âgé de 14 ans, avait été enlevé le 3 août (Rotger B., 1984 ; Vallentin du Cheylard Roger, 2000 ).
–1723 -10 août : Saint-Savournin – Jean-François de Cipriany, qui ne porta pas le titre de seigneur de Cabriès, fit le dénombrement de son fief de Saint-Savournin le 8 janvier 1682 (Arch. départ. B, 794) ; il fut aussi maire de ce lieu. Marié avant 1672 à Marquise de Salomon, qui testa le 28 juin 1724 (not. Achard de Peynier), il ne vivait plus, lors du mariage de son fils qui fut : Charles-François de Cipriany, né à Saint-Savournin, y baptisé le 16 avril, 1686 (parrain, Charles de Cipriany prêtre ; marraine Anne de Mérigon, veuve de Forbin-Gardanne), qualifié seineur du lieu dès 1722 ; il épousa à Fuveau le 10 août 1723. Michèle de Peyssonel, fille deJean, co-seigneurd Fuveau(Voir la chronologie des seigneurs de Fuveau. Furent prsents à ce manage Jacques, François de Peyssonel, deux autres membres de cette famille, J.-B. de Faudran, mad » de Guérin-Peyssonel et le P. Paul, augustin réformé) et mourut, le 4 mars 1727 à Saint Savournin, où il fut enseveli le lendemain dans l’église. — Sa veuve mourut au même lieu le .. février 1734, à l’âge de 34 ans, sans laisser d’enfants ; elle fut ensevelie le lendemain auprès de son mari en présence des curés d’Auriol, de Mimet, de Peypin, etc.
–1747 – 10 août : SAINT-LAURENT – Le 10 août 1747, bravant la décision de l’évêque, Ollioules fête Saint-Laurent comme de coutume (Castellan, 1937).
–1789 – 10 août : DIME, RENTES ET BIENS ECCLESIASTIQUES – A l’Assemblée Constituante, l’évêque d’Autun, Talleyrand, propose la remise des rentes et biens du clergé à la nation. L’Assemblée commencera à débattre sur la question de la propriété des biens ecclésiastiques à partir du 13. Sieyès fait un discours devant l’Assemblée en déclarant que la dîme ecclésiastique est une véritable propriété et que, par conséquent, elle doit être rachetée. A cette proposition, Mirabeau répond que la dîme n’existe qu’en fonction du service public dont est chargée l’Église, et que la nation peut, par conséquent, supprimer sans indemnité cette contribution trop coûteuse. Après délibération, c’est la thèse de Mirabeau qui triomphe (Larousse – Laffont, Agenda 1789-1989, LUNDI 10 AOÛT 1789,)
–1792 – 10 août : massacre des Tuileries – LA MARSEILLAISE – Le 10 août 1792 : massacre des Tuileries. Sectionnaires et fédérés prennent d’assaut les Tuileries, désertées par la famille royale, après une meurtrière bataille contre les Suisses qui les défendent. Nommé lieutenant dans la garde nationale parisienne, Jean-François Carteaux se distingue dans la journée du 10 août 1792 ; il obtiendra d’abord le grade d’adjudant-général, et deviendra ensuite commandant d’une division de l’armée des Alpes. Le 10 août, Barras est à Paris, comme il y était le 14 juillet 1789 pour voir prendre la Bastille. Les idées ont fait du chemin, et le Barras aristocrate et royaliste est devenu républicain. Avec leurs deux collègues délégués par la société patriotique du Beausset (Eynaud et Penon), trois autres beaussetans (Eloi Bernard Hermitte, Etienne Arnaud et André Brémond) participent avec les Toulonnais et les Marseillais à la prise des Tuileries. Avant l’attaque, c’est un de ces cinq hommes, qui fit rallier le détachement de la garde nationale de Toulon auprès de son commandant, Jean Baptiste Gueit. L’Assemblée vote la suspension du roi, la réunion d’une nouvelle Constituante, une « Convention », dont l’élection se fera au suffrage universel : prélude symbolique à une révolution démocratique. Le roi est suspendu, il est enfermé avec sa famille dans le donjon du Temple.
L’état civil est sécularisé, L’Assemblée décrète la loi sur le divorce et fixe la majorité à 21 ans. Les dénominations « Monsieur », « Madame » sont remplacées par « citoyen », « citoyenne ». La Carmagnole est une chanson révolutionnaire anonyme et très populaire créée en 1792 quand l’Assemblée nationale devenue la Convention décrètera l’arrestation du Roi après la Prise des Tuileries. Originaire du Piémont, ce chant gagne d’abord la région de Marseille, avant d’atteindre Paris. Elle se popularise ensuite dans toute la France après la chute du trône pour devenir un hymne des sans-culottes.
Rouget de l’lsle (1760-1836) crée le chant de guerre pour l’Armée du Rhin appelé la « Marseillaise » parce que chanté par les volontaires marseillais dont le bataillon, dit Bataillon des Cinq-Cents, participe avec brio à la prise des Tuileries. Il faut noter que ce bataillon, et Barbaroux qui les encadrait ce jour-là, sauva la vie de plusieurs Gardes suisses, empêchant leur massacre par la foule, ce qui leur fut … reproché par les parisiens. Escalet, Fabre, Besombe, Dotier, Rigaud, Astier, Domichel, Pauzat, Jullien, Brémond, Féraud, Ricard, Roux, Rabani, Samet, Martin, Fourrière, Ripert, Rau tomberont ce jour-là pour que vivent la Nation et la République ! Qui se souvient encore d’eux, se souvient encore de nos Fédérés du premier bataillon marseillais morts pour que vivent la Nation et la République ! Oubliés… Leurs 600 camarades ? Oubliés… mieux, trainés dans la boue en les accusant des massacres de septembre alors qu’ils avaient été envoyés au camp de Châlons le 31 août justement du fait de leur amour de la Liberté et de leur refus des massacres d’innocents, n’étant autorisés à rentrer à Paris que le 14 septembre alors que ces massacres eurent lieu entre le 2 et le 7 septembre ! Mais Paris, honteuse, avait déjà besoin de boucs émissaires pour couvrir ses turpitudes ! Et qui se souvient de leurs chefs, François Moisson qui fut le premier à entrer dans la cour des Tuileries ce 10 août, et Pierre Garnier, son lieutenant, qui fut le premier à entrer dans le palais des Tuileries ce même 10 août François Moisson ayant été blessé par la canonnade à bout portant des Suisses, de ces Suisses auxquels avec Charles Barbaroux ils sauvèrent la vie le plus possible, empêchant leur massacre par la foule parisienne suiveuse et non en première ligne, vies sauves qui furent d’ailleurs reprochées en 1793 à Barbaroux et à Moisson lors de leur proscription et procès comme … ennemis de la République, alors qu’ils en furent les fondateurs, Barbaroux y laissant sa tête alors que Moisson la sauva à quelques jours près du fait du 9 thermidor ..
Notes :
- Les sections étaient les circonscriptions électorales qui avaient remplacé les districts, bases des élections de 89. Une loi de juin 92 autorisait les sectionnaires à se réunir en permanence.
- Deux des acteurs de la future affaire de Toulon, Jean-François Carteaux et le vicomte de Barras, étaient présents, à Paris, lors de cette journée décisive : Carteaux, comme lieutenant dans la Garde nationale parisienne, et Barras, en spectateur, qui, d’aristocrate et royaliste, était devenu républicain.
–1793 – 10 août :
1. anniversaire du 10 août 1792 et succès du référendum – Le 10 août 1793, au soir de la fête organisée à la fois pour célébrer l’anniversaire du 10 août 1792 et le succès du référendum, la Constitution de 1793 fut enfermée dans une somptueuse « arche » en bois de cèdre et déposée dans la salle de la Convention, aux pieds du président. Elle devait y rester « jusqu’à la paix ». Il y avait eu 4 300 000 abstentions, au moins. 11 610 électeurs osèrent voter « non ». Mais 1 801 918 approuvèrent cette Constitution qui ne sera jamais appliquée puisqu’un décret d’octobre en suspendra la mise en place en décidant que « Le gouvernement provisoire de la France est révolutionnaire jusqu’à la paix. » Ce jour-là fut inauguré le musée du Louvre.
2. EMBARGO Sur tous les navires se dirigeant vers Toulon – Le 10 août 1793, les Représentants en mission près de l’Armée d’Italie, Barras et Fréron, mettent l’embargo sur tous les navires se dirigeant vers le port de Toulon. Les responsables de la ville et de la Marine — dont l’amiral Trogoff — s’en plaindront et cela constituera, en fait, la rupture entre Toulon et l’Armée d’Italie. L’amiral Trogoff se déclarera ouvertement d’accord avec les « Sections » en signant les délibérations de leur Comité Central et, par là même, se faisant son instrument…! Les personnels de l’escadre ne comprennent pas grand-chose à ces événements, en revanche, le Comité des ouvriers de l’arsenal se méfie des « Sections ». Aussi, Trogoff s’étant rendu à une de ses réunions pour expliquer la situation… à sa façon, sera très mal reçu et injurié. Dès le dix août, le comité ouvrier du port dénonce le complot : « Ils veulent livrer Toulon aux Anglais ».
–1794 – 10 août :
1. souscription « pour la construction et l’équipement d’un vaisseau de premier rang » – Le 23 thermidor (10 août 1794), pour se conformer à un arrêté du département du Var, Jean François Decugis est nommé comme trésorier, responsable au Beausset de la souscription ouverte « pour la construction et l’équipement d’un vaisseau de premier rang ».
2. LES FRANçAIS SE RETIRENT DE CALVI – En 1794, les nationalistes corses proposent aux Anglais de mettre la Corse sous leur protection si ces derniers chassent les Français des forteresses de San Fiorenzo, Bastia et Calvi. Les Anglais cherchant un lieu pour protéger l’Angleterre et bloquer la ville de Toulon acceptent l’offre. Le général Stuart attaque Calvi. Durant 40 jours, les deux camps s’échangent des tirs de canons. Finalement le 10 août, les Français sont vaincus et se retirent. La ville est presque entièrement détruite.
–1810 – 10 août : SANARY VEND Ses biens communaux pour payer les arrérages d’impôts – En 1810, Sanary reçoit injonction à payer onze mille six cent six francs représentant les arrérages des contributions dues par la commune, laquelle ne possède pas en caisse l’argent nécessaire. Pour se libérer de cette sorte de dette en abandonnant son actif et passif au profit du Gouvernement, la vente des biens communaux permet au maire de certifier que la commune n’avait plus de dettes postérieures au 10 Août 1793. Le receveur d’AIX devra cesser sa demande de mise en recouvrement des contributions prétendument dues.
–1826 – 10 août : première ligne de transports en commun – Stanislas Baudry, un ancien officier de l’Empire, ouvre à Nantes la première ligne de transports en commun. Elle est couverte par deux voitures à chevaux d’une capacité de 16 personnes. Le mot « omnibus » vient du fait que les voitures stationnaient devant la boutique du chapelier « Omnes ». Stanislas Baudry ira ensuite faire carrière à Paris où il créera un réseau de 18 lignes d’autobus.
–1838 – 10 août : Toulon érigera une chapelle au quartier de Bon-Rencontre – Le 10 août 1838, le conseil municipal de Toulon adopte un certain nombre de décisions telles que l’érection d’une chapelle au quartier de Bon-Rencontre, la proposition de M. Josserand de céder à la ville sa collection de tableaux à certaines conditions stipulées dans sa lettre au Maire, et la création d’un Musée communal.
–1842 – 10 août : domaine de Montauban (Ollioules) – Le 10 août 1842, Etienne François de Soye, directeur des subsistances à Toulon, revend le domaine de Montauban situé à Ollioules à Gustave Guillaume Poutier, capitaine de corvette qui fera construire la grande citerne couverte recueillant à la fois l’eau des toitures et des dalles calcaires de la pinède.
–1859 – 10 août : CHALOUPES DEMONTABLES OFFERTES AU ROI DE SARDAIGNE – Le 10 août 1859, les chaloupes démontables « Frassineto », « Sesia », « Castelnedolo », Pozzolengo et « Torrione » sont offertes au roi de Sardaigne ; elles ont été construites par les Forges et Chantiers de la Méditerranée de La Seyne et assemblée sur le lac de Garde.
–1870 – 10 août : GUERRE CONTRE LA PRUSSE – PREMIERE DEFAITE FRANÇAISE : Le 10 août 1870, les premiers revers français face à la Prusse entraînent la chute d’Emile Ollivier et plongent Toulon dans la consternation. Les défaites se succéderont : Wissembourg, Reischoffen et, enfin, la capitulation de Sedan.
–1889 – 10 août : FACHODA – La guerre coloniale larvée qui existe avec l’Angleterre est partiellement réglée le 10 août 1889, et définitivement enterrée en 1898 à Fachoda.
–1901 – 10 août : LES Etats-Unis COLONISENT DES TERRITOIRES INDIENS – Aux Etats-Unis d’Amérique la colonisation atteint les territoires indiens compris entre les 98e et 99e degrés de longitude ouest et entre les 34e et 35e parallèles de latitude nord (Alain Peyrefitte, 1986).
–1902 – 10 août : EDOUARD VII, ROI D’ANGLETERRE – La presse international rapporte le couronnement à Londres du roi Edouard VII.
–1903 – 10 août : Un incendie dans la ligne de métro n°2 à Paris provoque 84 morts par asphyxie. Un incendie à la station Couronnes, sur la ligne Porte Dauphine – Nation, fait 84 victimes. Un court-circuit survenu sur une rame provoqua un début d’incendie et les passagers, priés de sortir, s’entassèrent sur le quai pour demander un remboursement. Le feu provoqua alors une coupure d’électricité et les passagers se retrouvèrent piégés dans la station où le feu se propagea rapidement. A la suite de cette catastrophe, des mesures de sécurité très strictes ont été prises.
–1906 – 10 août : loi de séparation de l’église et de l’Etat – Le pape Pie X adresse au clergé français l’encyclique « Gravissimi officii » qui condamne les associations cultuelles créées d’après la loi de séparation de l’église et de l’Etat.
–1907 – 10 août : course Pékin-Paris – A bord de son Italia, le prince Scipion Borghese franchit le premier la ligne d’arrivée, porte de Vincennes, de la course Pékin-Paris.
–1912 – 10 août : Raymond Poincaré en Russie – Le Président de la République française Raymond Poincaré entame le deuxième jour de sa visite Officielle en Russie.
–1913 – 10 août : FIN DE LA guerre des Balkans – Traité de Bucarest mettant fin à la deuxième guerre des Balkans.
–1914 – 10 août : FORTE POUSSEE ALLEMANDE – Au matin du 10 août, notre gauche est à Thann, notre centre et notre droite sur la ligne Reiningen. Nos forces, d’ailleurs épuisées, qui se trouvent à Reiningen, peuvent, d’un moment à l’autre, être en mauvaise posture. Le moral des troupes ayant subi une rude atteinte, le Commandement décide l’accentuation de notre repli sur les hautes Vosges. Vieux-Thain, puis Thann sont évacués. La retraite est reprise en direction de l’Ouest. Les Allemands, eux, marchent en direction du Sud. Ils se heurtent, le 10 août, à la 57e division de réserve, qui appartient à la garnison de Belfort. La 113e brigade a été dirigée dès le 9 août sur la frontière, pour surveiller la direction de Dannemarie ; elle se porte le 10 sur les contreforts de la rive gauche de l’Ill et sur les hauteurs du Spechbach, où elle est rejointe par la brigade Quais, qui retraite avec la 14e division. Grâce aux hésitations de la poursuite ennemie, les éléments de la 57e division se trouveront rassemblés le 11août sous les ordres du général Frédéric Bernard, et pourront couvrir la droite du 7e Corps d’Armée, puis engager le combat et briser l’effort ennemi (chtimiste / batailles 14-18 / alsace1914).
–1920 – 10 août :
1. Le traité de Sèvres dépèce la Turquie ottomane – Traité de Sèvres entre les Alliés et le gouvernement d’Istamboul successeur de l’Empire ottoman. La Turquie est réduite à l’Anatolie turque et à Constantinople. Rappelons qu’au XVIème siècle, l’Empire ottoman possédait la majorité de l’Europe balkanique, le nord de l’Afrique et l’ensemble du Moyen-Orient.
2. L’Angleterre et la France décident l’envoi d’une mission militaire pour aider la Pologne dans sa guerre contre la République des Soviets. Conséquence : le 15, on assistera à une contre-offensive polonaise contre l’Armée rouge à Varsovie (André Rossel, 1984 ; Alain Peyrefitte, 1986).
–1923 – 9 août : MUSTAPHA KEMAL – En Turquie, Mustapha Kémal fonde le « Parti républicain du Peuple » qui est le parti unique (André Rossel, 1984).
–1924 – 10 août : SAINT-LAURENT ou SAINT-PIERRE ? – Avant la Guerre de 1914-1918, à Saint-Mandrier, on fêtait Saint-Joseph ou Saint-Michel, à partir de 1924 on fêtera en juillet Saint-Pierre, patron des pêcheurs, fête corporative qui caractérise la vie du pêcheur sur la côte méditerranéenne. Cette année-là, elle eut lieu le 10 août et fut célébrée avec les pécheurs de Saint-Elme et de La Seyne (Ephémérides 1ère année).
–1925 – 10 août : dépôt de mazout au Lazaret de Toulon (mais sur la commune de La Seyne). – Le 10 août 1925, le Ministre de la Marine est l’hôte des autorités maritimes, qui sur place insisteront sur l’utilité du projet d’un dépôt de mazout au Lazaret. On assiste alors aux protestations des populations de Saint-Mandrier, Saint-Elme, La Seyne, des pêcheurs, du syndicat d’initiative et des élus seynois.
–1926 – 10 août : Caisse autonome d’amortissement – Loi constitutionnelle créant en France la Caisse autonome d’amortissement (Alain Peyrefitte, 1986).
–1932 – 10 août : REPUBLIQUE ESPAGNOLE – En Espagne, échec du soulèvement militaire (pronunciamento) conduit par le général Sanjurjo à Séville contre la République espagnole (André Rossel, 1984 ; Alain Peyrefitte, 1986).
–1936 – 10 août : GUERRE CIVILE EN ESPAGNE – Le 10 août 1936, le transport d’aviation Commandant Teste appareille de Toulon pour l’Espagne où la guerre civile a débuté le mois précédent, mais le groupe aérien n’est pas embarqué et reste à Saint-Mandrier. Au mois d’octobre, le Teste, sa mission terminée sera de retour et le groupe aérien embarquera à nouveau pour des séances de catapultages et de prises de rampe (Ephémérides 1ère année).
–1938 – 10 août : MORT DU GRAND DUC CYRILLE, PRETENDANT AU TRÔNE DE RUSSIE – La journal « La Liberté » annonce : « C’est à l’hôpital américain de Neuilly que s’éteint le 10 août 1938 le grand duc Cyrille prétendant au trône de Russie. Seule peut-être une restauration ou un dictateur providentiel auquel rêvent depuis 20 ans certains Russes semble à même d’arrêter le mouvement de dislocation de l’empire russe (…). Bien entendu nous ne pouvons en France prendre parti ni contre une restauration en Russie ni contre un bloc d’Etats successeurs de l’URSS. » (La Liberté du 10 août 1938).
–1942 – 10 août : LA RELÈVE – Une « cérémonie de la relève » est organisée à Compiègne. Pierre Laval fait un discours pendant que deux trains se croisent : l’un transportant des travailleurs français vers l’Allemagne, l’autre ramenant des prisonniers libérés (André Rossel 1985).
–1943 – 10 août : LE « CASABIANCA » ET LIBERATION DE LA CORSE – Le 10 août 1943, le sous-marin « Casabianca » arrive à Alger après avoir effectué sa cinquième mission de guerre. Dès son arrivée, le commandant l’Herminier apprend que l’organisation corse a récupéré tout le matériel que son bâtiment avait débarqué dans l’île (Cdt L’Herminier, « Casabianca » ; Jean-Louis Panné, 2001). Par la même occasion, il apprend que les parlementaires français en exil à Londres ont voté la veille un ordre du jour demandant aux Alliés de reconnaître sans retard le Comité Français de Libération Nationale (CFLN) (Ephémérides 1ère année).
–1944 – 10 août :
1. CAMPAGNE DE FRANCE – FRONT DE NORMANDIE : FALAISE ET AVARANCHES – Epuisés par la lutte, exténués à en tomber, les hommes de la 12e D.B. S.S. ont passé aux nouveaux venus de la 85e D.I. les positions si chèrement maintenues par leurs soins. Ils ne se doutaient pas que leur victoire défensive allait être une victoire à la Pyrrhus. Car elle amena le Haut Commandement à prendre des décisions qui devaient se révéler désastreuses. Comme le risque d’une percée anglaise en direction de Falaise paraissait conjuré, le maréchal von Kluge céda aux instances du Grand Quartier et ordonna un nouvel effort sur Avranches pour essayer d’étrangler tout de même enfin ce damné goulot. C’était courir de propos délibéré un risque mortel. Kluge se maintint de la sorte, avec le gros du Groupe d’armées B dans une position qui, pour de simples motifs opérationnels, aurait dû depuis longtemps être abandonnée. Il ne voulut pas voir que Patton roulait déjà au-delà du Mans. Il ferma systématiquement les yeux à cette évidence que si le front allemand n’était pas replié de toute urgence, il offrait aux Américains toutes les chances de l’envelopper et de l’encercler.
Et ce qui devait arriver arriva : le 15e Corps U.S. s’infléchit le 10 août par Alençon et Argentan, menaçant dans la profondeur le flanc de la VIIe Armée. Coïncidant avec la poussée des divisions canadiennes jusque sur le Laison, on vit commencer à se dessiner l’immense poche dans laquelle les cent cinquante mille hommes des divisions de Kluge allaient se trouver coincées. S’ils ne se retiraient pas rapidement vers l’est entre Argentan et Falaise tant que la position antichar établie sur le Laison tenait encore, la catastrophe était suspendue sur leur tête immanquablement.
De nouvelles grandes unités, dont la fameuse 9e D.B., furent rappelées en hâte du Midi. Il était bien temps! Elles furent engagées isolément maintenant qu’il était trop tard, alors que leur intervention groupée, survenant opportunément sur le front du débarquement, eût sans doute pu changer la face des choses. Avec un entêtement obstiné, le Haut Commandement allemand s’en tint à son idée fixe : pousser encore une fois sur Avranches, bloquer le corridor et couper de leurs bases les forces américaines qui opéraient déjà loin de là dans le sud. Cette fois ce fut le groupe blindé allemand du général Eberbach qu’on en chargea. Il fallut marcher de nuit, sans un moment d’interruption ni de répit. Pour toutes les unités il n’y avait plus, depuis le début d’août, de ravitaillement organisé. Tous les dépôts étaient tombés aux mains des alliés. Les stations-magasins de l’arrière étaient en général ou détruites par l’aviation ou occupées par les alliés. La conséquence fut que, très rapidement, les tracteurs de l’artillerie, en particulier, n’eurent plus de carburant. Il en allait de même pour les blindés (Paul Carell, Ils arrivent)
2. CAMPAGNE DE FRANCE – FRONT SUD « OPERATION DRAGOON » – Le 10 août 1944, tandis qu’à Paris, dans une ultime tentative de sortir de l’impasse où sa politique de collaboration l’a conduit, Laval projette de réunir l’Assemblée nationale dissoute en juillet 1940 (Jean-Louis Panné, 2001), un drame se déroule à Signes. La ferme de Châteauvieux qui sert normalement de colonie de vacances abrite à ce moment des jeunes gens désireux d’échapper aux réquisitions. Pour les Allemands, elle est un repaire de « terroristes ». Ils perquisitionnent. Plusieurs réfractaires qui s’y cachent peuvent fuir, mais c’est en tentant de faire de même que le jeune Marcel Lapied est abattu. La ferme est ensuite pillée et incendiée. Le corps de la jeune victime est porté directement au cimetière. Les gendarmes ont été chargés de faire évacuer les rues et les Allemands ont mis une mitrailleuse en batterie pour décourager toute tentative de manifestation.
3. Garcin et ses hommes, déguisés en officiers SS, pénètrent dans l’hôpital Salvator de Marseille et repartent avec 7 résistants qui y sont hospitalisés et doivent être fusillés. Mort le 4 septembre 2006 à L’Isle-sur-la Sorgue, Garcin est un résistant connu sous le pseudonyme de commandant Bayard. D’abord chef des Groupes francs (MUR) du département de Vaucluse puis nommé chef du 3e Bureau Opérations et Actions avec le grade de lieutenant-colonel avant le débarquement de Provence, il devint Inspecteur Régional des FFI après le 10 août 1944. Ses faits d’armes dans la Résistance lui ont valu d’être fait le 30 octobre 1957 officier de la Légion d’honneur, promotion comptant l’attribution de la croix de guerre 1939-1945 avec palmes. Ce décret, signé par le président René et le président du Conseil, Maurice Bourgès-Maunoury, souligne que Bayard a mené plus de 40 opérations contre l’ennemi, toutes couronnées de succès, et que celles-ci ont semé la perturbation dans ses services, détruit son matériel, désorganisé son ravitaillement, saboté ses dépôts de carburants et freiné ses déplacements par chemins de fer.
–1945 – 10 août :
1. Bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki – Crimes contre l’humanité – Les résultats immédiats du lancement d’une bombe atomique sur Nagasaki sont connus : 20 000 morts, 50 000 blessés. Rappelons que celle qui fut lâchée sur Hiroshima le 6 août avait fait 78 000 morts, 14 000 disparus et 40 000 blessés (Alain Peyrefitte, 1986).
2. Hô Chi Minh, chef du parti communiste vietnamien, le Vietminh, évince Bao-Daï (on écrit aussi Bao Dai), empereur d’Annam, et soulève la population contre l’occupant japonais. Trois semaines plus tard, le 2 septembre 1945, le Japon ayant officiellement capitulé, il proclamera unilatéralement l’indépendance de la République démocratique du Viêt-nam (on écrit aussi Vietnam). Son initiative est ignorée par le gouvernement provisoire du général de Gaulle, à Paris, comme par les conférenciers réunis à Potsdam, lesquels décident de partager l’Indochine suivant le 16e parallèle entre les Chinois de Tchang Kai-chek (au nord) et les Britanniques (au sud). L’imbroglio va déboucher sur la première guerre d’Indochine.
–1947 – 10 août : scrutin des municipales en France – Lors du débat sur le mode de scrutin des municipales en France qui sera clos le 13, le président du Conseil, Paul Ramadier, s’en prend aux communistes et à de Gaulle en dénonçant les dangers de la dictature de masse et du pouvoir personnel.
-1952 – 10 août : C.E.C.A. – Jean Monnet devient président de la Communauté Economique Charbon Acier (CECA) (Frédéric Gugelot, 2001).
–1954 – 10 août :
– plan d’expansion économique – L’Assemblée accorde à Pierre Mendès-France les pleins pouvoirs pour réaliser le plan d’expansion économique. Le ministre des Finances crée un fonds de reconversion de l’industrie et un fonds de reconversion de la main d’œuvre (Ephémérides 1ère année).
-LA REALITE DEPASSE LA FICTION – « Grâce au progrès de la science ; le mur de l’audibilité sera bientôt franchi » promet le professeur Paget aux sourds-muets réunis à Lille en congrès national. Sur la photo ci-dessus nous voyons une partie des congrèssistes observant la minute de silence. (vu dans La Voix du nord du 10 août 1954).
–1957 – 10 août : construction de 300 000 logements – En France, publication de la loi cadre sur la construction de 300 000 logements (Alain Peyrefitte, 1986).
-1959 – 10 août : conférence des neuf Etats indépendants d’Afrque – La presse publie les résultats de la conférence des neuf Etats indépendants d’Afrique qui s’est tenue du 3 au 8 août. Entre autres, ces Etats invitent la France à reconnaître le droit du peuple algérien à l’autodétermination et à l’indépendance (Ephémérides 1ère année).
–1977 – 10 et 11 août : la reine d’Angleterre en Irlande – La visite de la reine d’Angleterre en Irlande, à l’occasion de son Jubilée, se déroule sans incident.
–2019 – 10 août : Suicide « apparent » du pédophile Jeffrey Epstein – Professeur de mathématiques new-yorkais enrichi dans la gestion de fortunes, le multimillionnaire américain avait été incarcéré le 6 juillet 2019 à New York à la suite de la plainte de différentes jeunes femmes qui l’avaient accusé d’avoir abusé d’elles dans leur adolescence dans ses résidences de luxe. Jeffrey Epstein (66 ans) avait déjà été inculpé pour des faits similaires en Floride dix ans plus tôt mais avait alors bénéficié de l’étrange mansuétude du procureur Alexander Acosta. Cette nouvelle inculpation jette la suspicion sur ledit procureur, devenu entretemps ministre du Travail dans le cabinet du président Trump, et l’oblige à démissionner le 12 juillet 2019. De nombreuses personnalités pourraient être mises en cause à leur tour par cette affaire sordide de prostitution haut de gamme et d’abus sexuel sur mineures. Parmi elles, le prince Andrew, deuxième fils de la reine Elizabeth II, ami de longue date du financier américain…
–2021 – 10 août : EN PRIME : diffusion journalière et en avant-première d’extraits d’un ouvrage que j’ai écrit à la demande de l’Association « LES VOLONTAIRES DE L’AN II – L’AURORE DE LA REPUBLIQUE » et dont la publication devrait voir le jour en septembre prochain (les chapitres 1 à 15 ont déjà été livrés sur ma page FB).
Chapitre 16 –
(à suivre)
–2023 – 10 août : EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHÈQUE :
SANARY – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES. 66e livraison :

La nécropole romaine des rues Gueirard et de la Prudhomie (Cahier du patrimoine ouest varois n°10) .
Les travaux de réfection des réseaux du quai de Gaulle et des rues piétonnes de Sanary-sur-mer nous ont amené à pratiquer, en 1998, une surveillance archéologique dans le secteur de la place Michel Pacha, puisque Rémy Vidal mentionne lors de la construction de l’actuelle église Saint-Nazaire en 1891, la découverte de tombes sous bâtières et la présence de poteries communes et de lampes (Vidal, 1897). L’impact des travaux a concerné dans un premier temps, la partie sud de la place et les rues Louis Blanc et Lucien Gueirard.
Au mois de mars 1998, trois tombes (T. 1001 à 1003) ont été découvertes. Elles marquaient la limite méridionale de la nécropole, elles ont été directement pratiquées dans le substrat composé de marnes délitées de couleur jaunâtre. A quatre mètres vers le sud, une tranchée a mis à jour un banc de sable, bien distinct des remblais postérieurs qui supportent la route qui longe l’actuel port. Le rivage à l’époque romaine était donc composé d’une plage de sable reposant sur un substrat de marnes en pente douce.
La reprise des travaux au mois de décembre a amené la découverte d’au moins cinq nouvelles sépultures (T. 1004 à 1008), fortement endommagées par la pose de réseaux d’assainissement et d’électricité. Ces dernières possèdent les mêmes caractéristiques : généralement taillées dans le substrat marneux, sous bâtière et orientées entre 60 et 80° nord-est.
Tombe 1001 : la partie inférieure d’un gisant adulte en décubitus dorsal a été dégagée dans une sépulture sous batière dont la base est située à 0,24 m NGF, deux cruches à pâte orange et très fines nodules de calcite fabriquées dans l’officine de potier de Portissol située à 400 mètres à l’ouest, ont été déposées aux pieds du défunt. Le corps était orienté à 45 ° nord-est. La présence de poteries issues de l’officine de potier de Portissol permet donc de dater la tombe de la fin du IIIe ou de la première moitié du IVe siècle de notre ère, (état 2 ou 3 de Portissol.
Tombe 1003 : fortement endommagée par la pose d’une conduite d’assainissement, cette tombe également sous bâtière contenait un gisant adulte, était située à 1,09 m NGF et orientée à 70° nord-est.
Tombe 1002 : l’installation de cette tombe à coffrage composite constitué de tegulæ et de lauzes posées à plat a perturbé la tombe 1003. Elle contenait un squelette d’enfant, et était située à 1,09 m NGF pour une orientation à 60° nord-est.
Tombe 1004 : sépulture sous bâtière, elle contenait un squelette d’adulte et une amphorisque à pâte blanche était placée près de la tête. Elle était située à 2,33 m NGF avec une orientation de 70° nord-est. Une tuile porte la marque L. HER. OPT de Lucius Herrenius Optacus.
Tombe 1005 : sépulture en coffre de tegulæ très perturbée, elle contenait les restes de plusieurs individus. Elle a été réutilisée puisqu’un crâne voisinait la partie basse d’un corps. Elle se situait à 1,93 m NGF pour une orientation de 70° nord-est.
Tombe 1006 : possible sépulture en pleine terre, le gisant directement posé sur le rocher affleurant à 2,27 m NGF et était orienté à 60° nord-est.
Tombe 1007 : sépulture en caisson de pierre surmonté de tegulæ (sous bâtière ?), elle présentait une orientation de 80° nord-est pour une profondeur de 1, 77 m NGF.
Tombe 1008 : sépulture sous bâtière à 0,44 m NGF pour une orientation de 80° nord-est. Le squelette était en décubitus dorsal, les bras repliés en croix sur le thorax.
Enfin, en mars 1999, à l’extrémité ouest de la rue de la Prudhommie, là le niveau du sol accuse un pente douce et rejoint le rivage antique, les travaux ont mis à jour deux autres tombes.
Tombe 2001 : sépulture sous bâtière de tuiles et de lauzes à 1,40 m sous le sol actuel pour une orientation de 20° est, orientation qui contraste avec les autres.
Tombe 2002 : le squelette était posé dans une amphore africaine, dont la forme n’a pu être précisée, car le bord était absent. Elle se trouvait à 1,40 m de profondeur également pour une orientation de 70° nord-est.
L’absence de poterie ne permet pas de datation précise, si ce n’est pour la tombe 1001, mais leur agencement en coffre et en bâtière amène à proposer le IVe, voire le Ve siècle pour époque d’ensevelissement, d’autant que les inhumations en amphore ne contredisent pas ces datations. Quelques fragments de sigillée sud-gauloise trouvés en remblai indiquent néanmoins la fréquentation du lieu aux Ier et IIe siècles.
Le rivage de la mer constituait donc la limite sud et sud ouest de la nécropole. Le substrat marneux, qui porte les sépultures s’abaisse donc vers le rivage en pente douce. La nécropole se développe sous l’église Saint-Nazaire, comme en témoignent les écrits de Rémy Vidal, mais l’absence de tombes dans les rues Louis Blanc et Félix Pijeaud n’apparaît pas comme la preuve des limites septentrionale et orientale du site.
Du point de vue archivistique, la première mention de Sancti Nazarii, probable chapelle érigée en ce lieu remonte à 1113. Elle figure sur une charte par laquelle le pape Pascal II confirme les bénéfices de l’abbaye à Otton, abbé de Saint-Victor (Guerard 1857). Si on admet l’hypothèse que ce sanctuaire médiéval se trouve sous ou à proximité immédiate de l’église actuelle, son implantation au début du XIIe siècle en bord de mer sacralise la nécropole d’époque romaine et la présence d’un lieu cultuel antique en ce lieu peut être sérieusement évoquée.
MARSEILLE – LES VIEILLES RUES ET AUTRES CONSIDERATIONS (Bouyala d’Arnaud et autres références). 266e livraison : LE TERROIR MARSEILLAIS :

Les îles qui ferment la rade de Marseille, semblables à celles de l’antique Phocée, sont : Ratoneau, Pomègues et l’îlot du Château d’If. Elles auraient à l’origine, comme les îles d’Hyères, reçu le nom de Stoecades parce qu’elles étaient rangées en ligne. Ratoneau, la première, aurait été Prote ; Pomègue, la deuxième, Mese et If, la dernière Hypea. C’est ainsi que Pline les nomme. Ratoneau s’appela aussi île de Saint-Etienne du nom d’une chapelle mentionnée au XIIe siècle. On a raconté qu’elle fut le siège d’une royauté éphémère.
Or donc le fort fut achevé à la fin de 1528. Il occupe un plan carré de 28 mètres de côté. Il est flanqué de trois tours cylindriques dont l’une, la tour Saint-Christophe (celle qui fait face à Ratoneau), est plus large et plus haute que les autres. Trois citernes furent creusées ; puis on établit un moulin à vent. Dans les dernières années du XVIme siècle, une enceinte bastionnée, entourant toute l’île, compléta la défense. Une chapelle avait été prévue dans la tour Saint-Christophe ; elle fut remplacée par une véritable église surmontée d’un poste de garde, à la pointe de l’île, face à Marseille. Au début du XIXme siècle on voyait encore sur la porte du fort la Salamandre, emblème de François Ier (cette Salamandre est toujours visible à l’entrée du fort de Notre-Dame de la Garde, construit, lui aussi, par François Ier) (cf. p. 364).
Lors de la deuxième invasion des troupes de Charles- Quint, en 1536, on fit des préparatifs de combat au Château d’If, mais la flotte espagnole ne parut pas et les canons du fort ne tonnèrent que le 13 juillet 1538… pour annoncer la réconciliation du roi de France et de l’Empereur. Pendant la Ligue, les galères toscanes débarquèrent une garnison qui demeura au Château d’If jusqu’en 1598 : il fallut à Henri IV plus d’un an de négociations pour obtenir son départ. Pendant la guerre de Trente Ans. la guerre de Succession d’Autriche et la guerre de Sept Ans, la défense du fort fut renforcée, mais les flottes ennemies ne se montrèrent point. On a pu penser que ce château- fort, jamais attaqué, n’avait pas servi à grand’chose. C’est une erreur : il servit d’épouvantail. La précaution du roi François Ier n’avait donc pas été vaine.
De 1598 à 1771, le Château d’If fut gouverné, de père en fils, par les Fortia de Pilles, viguiers de Marseille, qui y avaient fait édifier leur tombeau. L’un d’eux fut le parrain du célèbre marin marseillais, le chevalier Paul, qui naquit d’une façon originale. Un jour de décembre 1597, un bateau conduisait au fort une lavandière, presque arrivée au terme de sa grossesse. Soudain le vent se lève, l’orage éclate, la mer devient furieuse et la lavandière apeurée accouche d’un garçon. Le gouverneur, Paul de Fortia, lui vert de parrain et, comme nom, lui donne son prénom : Paul. Cette naissance sur les flots devait faire de l’enfant un amiral. Il fut d’abord mousse, devint chef d’escadre en :ô49 et termina sa carrière comme lieutenant-général et vice-amiral des mers du Levant. Un navire de guerre aujourd’hui porte son nom ; la Chambre de Commerce de Marseille est sa marraine.
A partir de 1634 environ, le fort du Château d’If devint prison d’Etat. On y enferma, entre autres, le prince Casimir Jagellon, frère du roi de Pologne (1638) et le fameux Glandevès-Niozelles qui résista à Louis XIV (cf. p. 36). Il reçut des religieux échappés de leurs couvents, des protestants, et il servit de « Bastille » pour les « mauvais garnements ». Le plus célèbre de ces mauvais garnements fut Mirabeau. Il demeura au Château d’If de septembre 1774 à mars 1775, se fit apprécier du commandant-major. le chevalier d’Alègre, et séduisit la cantinière. La Révolution fournit aux prisons du Château d’If un contingent de citoyens. Le Consulat et l’Empire y incarcérèrent des prisonniers politiques dont la présence était une cause dt royauté éphémère. Le « roi de Ratoneau » était un invalide en garnison dans « ‘île en 1765. Pris de folie, il s’imagina être le roi de l’îk> et tira le canon sur ses camarades qui pêchaient paisiblement sur le bord des rochers. Sa royauté dura quarante-huit heures. De Mesè (la moyenne) on aurait fait Portus Mese Aigues, d’où, par contraction, Po- mègues. Elle reçut aussi le nom d’« île de Saint-Jean Baptiste » et le plan d’Aulagnier lui attribue, en 1780, celui d’île de Bramaupant. Entre ces deux îles se trouvait le port du Frioul, réservé aux navires en quarantaine, et dans le nom duquel interviendrait le souvenir de Jules César (Fr< tum Julii), la flotte romaine y ayant établi son mouillage lors du siège de Marseille, en 49 avant Jésus- Christ. Pour former un meilleur port de quarantaine le gouvernement de Louis XVIII décida, en 1822, la construction d’une digue de trois cents mètres de longueur unissant Ratoneau et Pomègues. Le port reçut alors le nom de Dieudonné, qui rappelait un des prénoms de l’enfant du miracle, le duc de Bordeaux.
(à suivre)
UNE BLAGUE POUR LA ROUTE
« ça ne peut pas continuer à ce rythme, soupire une pharmacienne. Il y a tant de nouveaux médicaments que, pour certains, on n’a pas encore pu découvrir quelles sont les maladies qu’ils sont censés guérir. ».
Il est 8 heures (du matin, bien entendu), une belle journée se prépare pour Sanary s’il faut en croire le vent qui vient de tourner pour passer à l’Est. En attendant la vérification de ces prédictions, je vous souhaite une bonne, une excellente journée et vous donne rendez-vous demain.
Laisser un commentaire