6 juillet 1940, à Mers el-Kébir

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Nous laissons la place À l’amiral Auphan ainsi qu’à Jacques Mordal pour résumer la suite de l’affaire de Mers el-Kébir (cf. le 3 juillet précédent):

(3 juillet 1940, la Bretagne touchée, commençait à s’enfoncer par l’arrière).

“A Mers el-Kébir, le 3 juillet, sur le plan militaire pur, la force H n’avait atteint qu’une partie de ses objectifs : un cuirassé ancien coulé (Bretagne), un autre sérieusement endommagé (Provence) et les avaries du Dunkerque à ce moment encore aisément réparables. Mais le premier résultat de cette affaire faillit bien être celui annoncé par l’amiral Gensoul et redouté par les amiraux anglais eux-mêmes : le retournement instantané de toute la marine française, jusque-là « proanglaise 100 pour 100 ». Car Darlan, considérant comme une insulte personnelle qu’on ait mis sa parole en doute, était indigné par la duplicité de ce nouveau « Copenhague ». Le sang des marins appelait vengeance. Dans un premier réflexe, il donna l’ordre le 3 juillet à 20 heures d’attaquer tous les navires anglais rencontrés, et, le 4, il obtint de la commission d’armistice allemande l’annulation de toutes les prescriptions relatives au désarmement des navires. Mais le 5 il remplaça l’ordre du 3 par l’avis, plus sage, largement diffusé ensuite, que « tout navire britannique s’approchant à moins de vingt milles nautiques du littoral français s’exposait à être attaqué ».

Dans la nuit du 4 au 5 quelques appareils de l’aéronautique navale furent envoyés à l’attaque de la force H qui venait de rentrer à Gibraltar. Leurs bombes ne firent ni victimes ni dégâts.

Le 6 les Anglais revinrent. Peut-être avaient-ils été alertés par un communiqué de presse maladroit de l’Amiral Sud qui avait annoncé partout que « les avaries du Dunkerque étaient minimes et seraient vite réparées ». A l’aube, les avions torpilleurs de l’Ark Royal se présentèrent sur la rade de Mers el-Kebir en trois vagues presque simultanées que la D.C.A. parvint en partie à disloquer. Plusieurs petits bâtiments étaient accostés au Dunkerque, qu’on n’avait pas encore eu le temps d’entourer de filets. L’un d’eux encaissa la torpille qui était destinée au cuirassé; les grenades sous-marines dont il était chargé explosèrent; une large brèche s’ouvrit au flanc du navire; 150 hommes furent tués. On venait à peine de fermer, la veille, les tombes des premières victimes. Il fallut en creuser de nouvelles, et la liste des morts, y compris des disparus de la Bretagne, s’éleva à 1 297. Une nouvelle riposte française sur Gibraltar fut envisagée. Mais elle exigeait le concours de l’armée de l’Air. Outre que notre aviation était désorganisée par la défaite et déjà en partie désarmée, les aviateurs d’Afrique se montraient réticents. La préparation prit plusieurs jours. Sagement le gouvernement français renonça à une opération qui n’aurait plus eu le caractère de représailles immédiates.

(large brèche ouverte au flanc du Dunkerque)

(150 hommes tués)

Le 12 juillet l’Amirauté française télégraphiera aux attachés navals à l’étranger : « Notre position reste défensive. La surprise est passée, et nous comptons nous défendre en rendant coup pour coup, mais seuls et sans rechercher le concours de nos ex-ennemis. Nous saurons garder notre dignité dans le malheur. »”.

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