EPHEMERIDES 28 JUIN

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ÉPHÉMÉRIDES DU MERCREDI 29 JUIN 2023 – 11e ANNÉE (n° 3835)

ILLUSTRATION :

(Bandol, 13 mai 2016, cl. H. Ribot).

BONNE FÊTE AUX IRÉNÉE en ce 28 juin !

Saint Irénée, deuxième évêque de Lyon entre 177 et 202, fut le premier occidental à réaliser une œuvre de théologien en vue de présenter la doctrine catholique contre les thèses gnostiques.

DICTON : « Pluie de saint Irénée réduit la vigne de moitié ».

Ce 10e jour du mois de messidor An II au calendrier républicain était dédié à la FAUCILLE.

Locutions et traditions provençales : « La castagno tubo / La castagna tuba», trad. littérale : « la châtaigne fume ! », c’est-à dire qu’elle va exploser, et plus précisément : « ça va barder ! » (d’après Pierre Rollet, lou gaubi prouvençau, éd. C.P.M.).

LE MOT DU JOUR : « Je tiens à vous dire, monsieur le Professeur, que je suis souvent d’accord avec vous …, surtout quand vous êtes d’accord avec moi. », dit un jour François Mitterrand à Pierre Vidal-Naquet, ce que ce dernier jugea comme symptomatique du caractère florentin du Président.

EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHEQUE :

SANARY – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES.

54e livraison : Une bastide de la fin du XVIIe siècle : le Château de la Millière

(1939 Château de la Millière, cl. Sans-Martinez, coll. J. Ribot).

Le château de la Millière est situé à 1200 m au Nord du centre-ville de Sanary, en bordure sud et perpendiculairement à l’Ancien Chemin de Toulon à La Ciotat.  » est placé dans l’angle sud-est de la plaine cultivable à proximité de la colline du Colombet.

Ses coordonnées Lambert sont 882,000 et 3098,000 pour une altitude de 33 m.

Description – Façade: La partie construite de ce château est alignée en une longue façade allant du sud vers le nord. La partie noble de cette bastide est dominée par une haute tour ronde d’environ 6 m de diamètre et ayant entre 15 et 18 m de hauteur. Cette partie de l’ensemble possède aussi deux étages avec beaucoup de variétés architecturales, mais pas de symétrie. La partie exploitation agricole suit avec d’abord l’huilerie qui comprend un grand mur poids dépassant du toit, et une belle porte cochère. L’ancien logement du régisseur est coincé entre cette huilerie et la chapelle qui se trouve à l’extrémité de l’ensemble. Les encadrements des portes et fenêtres sont variés, tantôt faits de brique, tantôt de pierre ou même mixte. Ces fenêtres elles-mêmes étant de formes diverses, rectangulaires, romanes arrondies, ou ogivales pour la tour. Il existe même un oculus et une fausse fenêtre à meneaux. L’aspect général fait plus penser au XIXème siècle et à sa diversité d’inspiration architecturale qu’à une fin XVllème. C’est donc une construction qui, à son époque, était nettement d’avant-garde, et qui a permis à l’architecte de donner libre cours à sa fantaisie.

(1997 Château de la Millièren cliché G. Delattre)

Historique – La chapelle du château a été édifiée par Elzéard Martelly, beau-père de Virelle de la Milhière, en 1694. Le château doit donc dater de peu auparavant. Joseph Virelle de la Milhière avait épousé Marie, fille de Maitre Martelly, notaire à Ollioules en 1705. Il était seigneur de la Millère près de Marseille, à l’ouest immédiat de la Penne sur Huveaune, et conseiller du roi. Il a aussi donné son nom à son château de Sanary. En 1712, il était syndic des forains de Saint-Nazaire et n’était donc pas considéré comme habitant le lieu. Mais en 1717 il est trésorier de la communauté de Saint-Nazaire. Au début mars 1721, il est nommé commandant de la place d’Ollioules pendant la durée de la peste, donc jusqu’en novembre 1721, ce qui lui fit faire de nombreux ennemis parmi les dirigeants d’Ollioules. Il semble qu’à cette époque l’économie de la Millière est plus axée sur la fabrication de l’huile, car l’huilerie, avec recense est incorporée d’origine dans les bâtiments. En 1730, une des filles de Joseph Virelle, Claire, épouse Jean-Baptiste de Flotte-Roquevaire, capitaine d’infanterie, qui devint ensuite seigneur de la Milhière, et syndic des forains de Saint-Nazaire en 1752, sous le nom de Flotte-Saint-Etienne. Devenu veuf, il cède le domaine en 1766 à Barthèlemy Granet qui le transmet à son tour à Jean Granet son fils, en 1790. Les enfants Granet héritent et se partagent l’héritage. Né à Toulon le 25 septembre 1812, le général-comte Etienne ROSE, fils de Hugues ROSE et de Anne Thérèse Fany CALLENES, fut veuf en premières noces de Gracieuse DARRICARERE qui décéda en 1864, il se remaria avec Caroline MINVIELLE en 1869. Le Général Rose a acheté la Millière en 1856. Sa seconde épouse, Caroline Minvielle acheta en juillet 1874 une autre partie de cette propriété à Jean-Louis GRANET afin de lui redonner sa superficie ancienne. Les époux ROSE rénovèrent le château peu avant 1892. Les vignes étant victime de l’oïdium en 1868, puis du phylloxéra en 1872, il est à l’origine de la replantation locale des vignes sur plan américain et du choix des cépages qui donneront plus tard l’A.O.C. Bandol. C’est lui qui supprime la chapelle à la mort de sa femme, et la convertit en local agricole. Après la mort du Général Rose en 1899, la Millière est rachetée par M. de  Fontanel,  de Marseille qui aurait fait désaffecter la chapelle. En 1924, Paul ROETHLISBERGER, docteur en médecine de nationalité suisse, rachète le domaine…

(à suivre)

MARSEILLE – LES VIEILLES RUES ET AUTRES CONSIDERATIONS (Bouyala d’Arnaud et autres références).

-254e livraison : LE TERROIR MARSEILLAIS

SAINT-JEROME (à 5 kil. 230, banlieue nord-est).

Au XIIIme siècle ce quartier s’appelait (la «Cavalerie»). Ce nom lui venait des Templiers, puis des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui en avaient pris possession. En 1470, le roi René y installa des Cordeliers ; ceux-ci érigèrent une église sous le vocable de Saint-Jérôme.

1481 : Conventus S. Hyeronimi, (registre Coronade la Cour des comptes, f. 203).

-1500 -15 juin : Sant Jirome, 15 juin 1500 (registre aux archives de l’Evêché).

-1666 – 24 décembre : Sant Hierosme sive lou Vas, 24 décembre 1666 (registre aux archives de la Ma­jor).

-1671 – 22 avril : Sant Jerosme, 22 avril 1671 (registre aux archives de la Ma­jor).

1921 : Le sculpteur marseillais Ary Bitter (1883-1973) est connu pour avoir réalisé à Marseille, les monument aux morts du cimetière St Jérôme, bronze, et du cimetière St Louis, bronze, en 1921.

En suivant la route de Château-Gombert, au-delà de Saint-Jérôme, on trouve, à droite, le nouveau couvent de la Visitation où se perpétue, chaque année au mois de juin, la cérémonie du vœu de Mgr de Belsunce au Sacré-Cœur, à la suite de la peste de 1720. Un peu plus loin, sur la même route, hameau de Saint-Mitre, d’une origine reculée. Il doit son nom à une cella cella sancti Mitrii mentionnée dans le cartulaire de Saint-Victor à la date du 23avril 1113.

Saint-Mitre, chapelle, commune de Marseille, quartier de Saint- Jérôme, sur la limite du territoire de Château-Gombert, dont elle dépendait autrefois.

Mentions :

Cella S. Mitrii, 23 avril 1113 (cartulaire de Saint-Victor, n° 848).

Ecclesia S. Mitrii, 18 juin 1135 (ibid., ne 844).

Sanctus Mitre, 13 janvier 1279 (acte notarié).

San Mitre, 18 novembre 1282 (ibid.).

Saint-Mitre, 16 septembre 1595 (acte aux archives de la Major).

— La posssssion de l’église de Saint-Mitre est confirmée à l’évêque de Marseille par la bulle d’Anastase IV, du 30 décembre 1153.

(à suivre)

EPHEMERIDES :

1297 – 28 juin : TESTAMENT DE SIBILLE DE MARSEILLE-TRETS,
1. de Gérin-Ricard 1926 – Acte des vicomtes de Marseille n°588 : Aix. Charles II, roi de Sicile et comte de Provence, ordonne aux gabeliers de Toulon d’exécuter le testament de Sibile de Marseille-Trets, dame de Toulon, veuve de Gilbert des Baux, puis femme de Boniface de Castellane, qui avait légué une rente de 20 livres de coronats à deux chapelains, qui la percevaient sur cette gabelle à Noël et à la St-Jean (A. Archives du château de Barbegal, registre du notaire Jean Mayorgas (n°13 de l’inventaire du baron de Roure).]
2. Boyer 1980, p. 77 : Sibille de Marseille-Trets… lègue des biens ou des sommes d’argent à des membres de sa famille ainsi qu’à des maisons religieuses, notamment à la Chartreuse de Montrieux, à qui elle laisse le Val d’Ardenne et la seigneurie du Revest…L’original a disparu. Ce document ou une copie semble avoir été conservé aux Archives de Toulon jusque vers 1869 (O. Tessier, Histoire de Toulon au Moyen Age, Paris 1869, p. 19, note 3). Nous savons que le 16 août 1261 Sibille réduisit tous ses legs sauf les legs pieux. De plus, il y a des différences entre ce testament et l’acte du 29 novembre 1297 par lequel Charles 1er d’Anjou (lire « Charles II ».) échange des biens et des droits à Trets, Cuers et au Revest contre la part de seigneurie de Toulon possédée par Isnard d’Entrevennes et Reforciat de Trets, coseigneurs de Trets et de Toulon… Ainsi, ce n’est pas des Chartreux de Montrieux que Charles reçoit le Revest. Faut-il conclure à la fausseté du testament de Sibille ?… Toujours est-il que la seigneurie du Revest n’appartient point aux Chartreux ; elle ne leur revient qu’en 1409, après de laborieuses démarches… Ainsi, jusqu’à plus ample informé, nous considérons que ce testament comporte des éléments suspects.]

28 juin 1316 : LIEU-DIT DE MARSEILLE – Gas de Romanhan, (charte aux archives municipales). Romagnac, quartier rural entre Saint-Giniès et Bonneveine. Première mention en mars 965 : Romagnana (Acte fait à Arles). Restitution par Boson, comte de Provence, au monastère de Saint-Victor, sur la prière de l’évêque Honorât II, des localités de Romagnac, Ligus Pinis et Fabias, sises sur l’Huveaune et dans le pays de Marseille. Parmi les témoins : Pons, vicomte  (Fils d’Arlulfe Ier, alors défunt) ; Arlulfe (Probablement l’un des petits-fils d’Arlulfe Ier), etc.  (B. Saint-Victor, Grand Cartulaire, fol. 10 v°. a. Gallia christiana, t. I, Instr., p. 108, n° VII. — b, Guérard, n° 29. — c. Albanès et Chevalier, Gallia … Marseille, n° 66. Ind. : G. de Manteyer, La Provence du Ier au X,ae siècle, p, 200, 224.

1320 – 28 juin : LIEUX-DITS DE MARSEILLE –

1. Lo Royll.  Le Rouet – village en 1872 de la commune de Marseille. — L’église, sous le titre de l’Assomption, était un prieuré de l’abbaye de Saint-Victor. Il en existe diverses investitures en son nom : du 5 novembre 1633, en faveur de Philippe de Tournes; du 22 septembre 1704, en faveur de Charles de Cypriani ; du 6 avril 1764,en faveur de Gabriel Raynaud, clerc du diocèse de Grasse. Première mention  le 24 décembre 1261 :

2. Fons Cayatorum, (charte aux archives municipales). Saint-Barnabé, village en 1872. Première mention  le  1er avril 1216 : Fons ou Vallis des Paizac, (charte aux archives de la Major). Le 17 décembre 1472, Barnabé Capelle, natif de Soliers et notaire à Marseille acquiert (arch. des Prêcheurs) une terre dans ce quartier, fournit la somme nécessaire pour faire le retable de l’ancienne chapelle du lieu. En mé­moire de cette générosité, la chapelle prit le nom de Saint- Barnabé, qu’on a donné plus tard au quartier. L’église était succursale de Saint-Martin. En 1599 la source est qualifiée de Font des Paiarts, (acte d’atterminage).

3. Sorberia S. Lazari (charte aux archives muni­cipales). Sorbiers, quartier rural en 1872 du quartier de Saint- Lazare. Première mention v. 1050 : Sorberium, (cartulaire Saint-Victor, n° 658).

4. Val Juzyega (charte aux archives municipales). Val-Juegue – lieu-dit, quartier de Sainte-Marthe. (Il existe aussi un autre lieu-dit Val-Juegue au quartier de Saint-Marcel). Première mention vers 965-977, le 30 octobre : Vallis Judaica, (cartulaire de Saint-Victor, n° 23).

1351 – 28 juin : LIEU-DIT DE MARSEILLE – Pons de Crota. Les Crotes – hameau de la commune de Marseille en 1872. Première mention : Molendium de Crota, mars 1299 (acte notarié). En 1713, l’église de ce quartier portait le nom de Notre- Dame-de-la-Crotte (Ruffî, II, 286) ; elle était succursale de la cathédrale (Calend. de 1713). En 1750, sur le plan de Chevallier, le site est noté Les Grotes.

1675 – 28 juin : IL FAIT UN FROID HORRIBLE – Après deux pointes très violentes en 1673, et surtout 1675, on ne trouve réellement une « série noire» d’années très froides qu’à l’extrême fin du XVIIe siècle, entre 1687 et 1704 (Le Roy Ladurie, 1973, p. 436-442, puis 443 et suiv). (…) Au terme de son enquête, Angot a conclu à la stabilité du climat français et ouest européen du XVIe siècle à nos jours… Mais il ne s’intéressa pas aux fluctuations (sur lesquelles) nous voudrions attirer l’attention. (…) l’année 1675 (…) l’été y fut effectivement très froid, et madame de Sévigné écrit à sa fille, alors en Provence : « Il fait un froid horrible, nous nous chauffons et vous aussi, ce qui est une bien plus grande merveille » (28 juin 1675) ; le 3 juillet, la marquise note à nouveau « un froid étrange » ; en plein été, le 24 juillet 1675, encore : « Vous avez donc toujours votre bise/ Ah ! ma fille, qu’elle est ennuyeuse ! « et de se demander « si le procédé du soleil et des saisons était changé » (Lettres de Mme de Sévigné, Paris, Hachette, 1862, t. III, p. 499, 506, 523).

1687 – 28 juin : LE ROI REJETTE LA DEMANDE DE SEPARATION DE SANARY ET D’OLLIOULES – L’arrêté royal, qui tombe le 28 juin, déboute encore une fois Saint-Nazaire de sa demande de séparation, mais, et c’est en ce sens qu’il revêt une grande importance pour l’évolution du conflit, il impose à Ollioules que des travaux soit réalisés dans le port pour qu’il accueille quinze galères. Ce qui restera lettre morte. Avant même de connaître la teneur de la décision royale, les syndics de Saint-Nazaire se réunissent pour élaborer le règlement municipal de leur future communauté indépendante d’Ollioules, qui est adopté le 17 juillet 1687 (Cahier de l’ouest varois n°10 ; Voir dans B. Rotger, 1984, p. 120 et suiv. le détail de ce règlement municipal qui constituera la charte de la future agglomération jusqu’à la Révolution ).

1727 – 28 juin : LA COMTESSE DE VINTIMILLE REMERCIE SANARY DES PRIERES FAITES A L’OCCASION DE LA CEREMONIE FUNEBRE DE SON MARI (Rotger B, 1984) – « Paris le 28 Juin 1727. Je vous suis fort obligée messieurs de la part que vous prenez à mon affliction et je vous remercie des prières que vous avez faites. Je serai dans trois mois en PROVENCE et chercherai toujours les occasions de faire plaisir à votre communauté et à vous tous en particulier. Je suis Messieurs votre très humble et très obéissante servante. Comtesse de VINTIMILLE ». [En post scriptum, on peut lire:] « J’ai reçu votre présent et pensais ne pas être si longtemps à vous en remercier si j’avais eu l’esprit plus libre. Je vous en suis fort obligée. » Note : Bien souvent la communauté envoyait des cadeaux au comte et à la comtesse. Généralement du Muscat, qui était une spécialité de la région, pour le comte, des gants pour la comtesse.

1733 – 28 juin : LES SYNDICS D’OLLIOULES EN APPELLENT AU ROI – Les forains ne voulant rien entendre du nouveau règlement des élections consulaires d’Ollioules, leur syndic faisant opposition, les Consuls furent autorisés par délibération à s’adresser au Roi le 28 juin 1733 pour faire cesser cette opposition et mettre le règlement en application. Rappel : « 28 octobre 1731 – Etablissement puis vote d’un nouveau règlement des élections consulaires. Une nouveauté : les Conseillers auditeurs de compte et les estimateurs sortant de charge nommeront chacun un successeur, qui sera balloté. Les charges de ces derniers seront valables pour un an. Les Consuls auditeurs de comptes, trésorier, greffier estimateur, sortant de charge ne peuvent rentrer dans les mêmes charges, les Consuls et trésoriers qu’après 5 ans, greffier auditeur des comptes, qu’après 3 ans, les estimateurs après 2 ans, et, à l’égard du greffier, il peut être confirmé pour une années seulement. » (Castellan, 1937, p.164)

1766 – 28 juin : LIEU-DIT DE MARSEILLE – Font des Mourgues ou la Bégude. La Bégude – hameau en 1872 du quartier de Château-Gombert. La bégude était un droit que l’on percevait sur les boissons à leur entrée dans le territoire de Marseille et les bureaux où on le percevait en ont conservé le nom. De là vient qu’ils sont placés sur la limite du terroir. Première mention : Fons monachorum, le 21 janvier 1246. Possession du monastère de Saint-Sauveur (charte aux archives de la Major).  

1789 – 28 juin – DEPUIS LE 26, UNE CONCENTRATION DE TROUPES S’ORGANISE AUTOUR DE LA CAPITALE : à cette date, le roi a fait expédier des ordres de marche à six régiments des gardes-françaises. Mais, rapidement, les soldats vont être enfermés à la prison de l’Abbaye pour indiscipline (Agenda du Bicentenaire – DIMANCHE 28 JUIN) .

1793 – 28 juin :
1. BORDEAUX CHASSE LES REPRESENTANTS DE LA CONVENTION (Castelot – Bonaparte, place cet événement au début de juillet).
2. CHAQUE GARDE NATIONAL N’AVAIT PAS DEUX CARTOUCHES A BALLE A SA DISPOSITION et la plus grande partie d’entre eux ne possédait que des fusils de chasse (Roger Vallentin du Cheylard, Sanary et le siège de Toulon, 1913-1914, rééd. 2001).
3. DES AGITATEURS SE REPANDENT DANS DIVERSES MUNICIPALITES – Le directoire du district de Toulon, encore sous influence jacobine, écrit à la municipalité du Beausset : « Des agitateurs se répandent dans diverses municipalités et y publient que plusieurs départements ont déclaré ne plus vouloir reconnaître la convention nationale… Il faut les arrêter… Partout on se loue de la bonne conduite des habitants du Var… Nous devons conserver notre département à la République, Une et Indivisible », et « en attendant que le peuple de Paris se calme, nous ne devons pas contribuer à augmenter les mouvements qui se font déjà sentir dans quelques départements. Nous devons rester paisibles dans ces grands orages… De notre union et de notre tranquillité dépend la destinée des départements méridionaux… » (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française)
3. REUNISSEZ LES SECTIONS! LES SECTIONS SONT LE PEUPLE!: Vers la fin du mois, on vit des inscriptions sur les murs de Toulon : « Réunissez les sections! Les sections sont le peuple! » Des groupes se formaient dans les rues (Georges Blond, Toulon, 1967).

1794 – 28 juin (10 messidor an II) : ON DECIDE DE REORGANISER LA GARDE NATIONALE DU BEAUSSET. Il faut dire que celle-ci est plutôt réduite, du fait de la formation des deux bataillons beaussetans, à la suite des proclamations de la « Patrie en danger » en 1792, et de la « levée en masse » en 1793. Le second bataillon beaussetan a quitté le village en septembre 1793, pour marcher contre « l’infâme Toulon ». La ville a été reprise par l’armée de la République, commandée par le général Dugommier, le 19 décembre 1793. Le bataillon beaussetan de Portal a ensuite parcouru le département du Var en faisant preuve de son zèle révolutionnaire (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française).

1799 – 28 juin : Journal d’un notable du Caire durant l’expédition française 1798-1801 – Vendredi 24du  mois de Muharram 1214 –

[Libération du fils du cadi]

Réunion générale du Dîwân, dès le matin, à l’habitation de Dugua, le qâ’im maqâm,et départ à cheval avec lui à la demeure du général [Bonaparte]. Le cheikh Ahmad al-’Arîshî, que l’on avait revêtu d’une pelisse de prix, était présent. Tous partirent ensuite pour le tribunal de haute instance, au quartier « Bain al-Qasraïn ».

La libération du fils du cadi fut promise dans les 24 heures. Par crainte [des militaires], la famille du jeune homme s’était transportée chez al-Sayyid Ahmad al-Mahrûqî et s’y était installée. Quand, deux jours après son incarcération, le fils du cadi fut relâché, il fut reconduit auprès des siens par les membres du Dîwân et par l’aghâ en traversant ostensiblement la ville, afin qu’il soit aperçu par la population et que les racontars prennent fin.

[Proclamation de Bonaparte]

Ce même jour, eut lieu un placardage d’affiches dans les souqs. On y lisait ce qui suit18 :

« A l’assemblée du Dîwân, réponse du général en chef Bonaparte, commandant de l’armée française, l’ami fidèle de la religion mahométane (milla muhammadiyya).

« A MM. les Ulamâ’,

« Votre lettre au sujet du fils du cadi nous est bien parvenue.

« Nous vous informons que le cadi n’a pas été déposé par nous mais qu’il s’est enfui d’Egypte, abandonnant famille et enfants, reniant tout le bien que nous lui avons prodigué.

« J’aurais aimé que le fils, durant l’absence du père, en prit la place. Mais le fils ne peut être investi d’une telle fonction à titre définitif, en raison de son jeune âge et de son inaptitude à la carrière judiciaire.

« Vous savez qu’actuellement le tribunal est dépourvu de cadi. Il ne me plaît pas que la ville du Caire soit ainsi privée de juge shara’ique pour arbitrer les différents entre croyants. Aussi ai-je estimé bon de réunir les ‘ Ulamâ de l’Islam ; qu’ils se concertent entre eux et choisissent un candidat parmi eux et les hommes remarquables du Caire, afin que les principes du Coran soient mis en application dans la conduite des croyants.

« Ainsi donc, ma volonté est que le cheikh al-’Arîshî, que vous avez choisi à l’unanimité, soit investi en mon nom et installé au tribunal. Ainsi procédèrent autrefois les califes du premier siècle après consultation de l’ensemble des croyants.

« Sachez, d’autre part, que j’ai traité le fils du cadi avec égard et affection quand il me fut présenté. Je lui garde encore mon amitié. Je voudrais que personne ne lui fît du tort ; notre protection lui est assurée. Quand nous l’avons conduit à la Citadelle, nous n’avons eu nullement l’intention de lui nuire ; nous l’y avons conduit avec égard, comme on fait dans sa propre demeure avec calme et amitié. La raison pour laquelle nous l’y avons conduit était de prévenir les désordres et de pacifier la population. Après l’investiture du nouveau cadi et son installation au tribunal, mon intention a été de relâcher le fils du cadi, de le rendre aux siens, les laissant, lui et sa famille, entièrement libres d’aller là où ils veulent, puisqu’il est sous ma sauvegarde et protection. Je sais que son père ne me haïssait pas auparavant, mais maintenant son esprit s’est égaré.

« Quant à vous, membres du Dîwân, conduisez les gens suivant la droiture et la lumière, propres aux esprits intelligents comme les vôtres. Faites savoir aux habitants d’Egypte que le gouvernement ottoman a cessé d’exercer l’autorité dans les provinces. Faites savoir que le pouvoir des Ottomans a été plus dur que celui des rois les plus oppresseurs.

« L’homme sensé sait que les ‘Ulamâ’ du Caire font preuve d’intelligence, de réflexion, de capacité et d’aptitude pour tout ce qui concerne la législation shara’ïque. Ils sont donc capables plus que n’importe qui dans les provinces d’exercer le pouvoir judiciaire.

« Vous, membres du Dîwân, dénoncez-moi les hypocrites, les rebelles, ceux qui sortent de leurs droits. Dieu m’a donné [envers eux] une puissance terrible. Quel châtiment les attend ! Mon épée est longue, elle ne connaît pas la faiblesse.

« Ma volonté est que vous fassiez connaître à la population du Caire mon dessein qui a pour but d’assurer prospérité et bonheur, à l’exemple de ce que fait pour l’Egypte le Nil, ce fleuve le plus riche et le plus fécond de toute la terre.

« Ainsi, gens du Caire, vous serez tous, avec la permission de Dieu, les créatures les plus heureuses. Salut. »

1804 – 28 juin : EXECUTION DE CADOUDAL, auteur d’un complot contre Napoléon (Jean-Charles Volkmann, 1997).

1830 – 28 juin : LA CONQUETE D’ALGER – COURTE ATTAQUE ALGERIENNE REPOUSSEE PAR LES FRANÇAIS – Pendant la soirée et dans la nuit du 27 au 28 juin, l’artillerie a construit quelques embrasures pour répondre au feu de l’ennemi. La 2e brigade, engagée depuis deux jours sans interruption, est relevée par un bataillon du 35e de ligne et quatre compagnies du 2e de marche. Voyant ce mouvement, l’ennemi crut que les Français commençaient à battre en retraite et saisit cette occasion pour attaquer avec un grand déploiement de forces. Les tirailleurs du 30e durent se retirer suivis par les Turcs qui furent, in extremis, mis en déroute par une contre-attaque locale menée par une compagnie de grenadiers. De l’avis du commandant en chef, ce fut l’un des plus beau fait d’armes de cette campagne. Les Français avaient près de 100 hommes hors de combat, et les Algériens, qui avaient perdu beaucoup de monde, s’étaient battus avec courage. Néanmoins, vers 8 h, ils renouvelèrent leur attaque, repoussée par trois compagnies du 2e régiment de marche. A 11h, les compagnies du 35e et du 2e de marche furent relevées par le 17e. Les Turcs, après cette réaction des Français, se tinrent à distance et ne firent que donner leur artillerie dont le feu ne faisait pas grand mal. Vers 4 h, tout était rentré dans le calme (d’après le journal du duc des Cars). La journée du 28 juin coût au corps expéditionnaire 29 morts dont un officier, et 169 blessés dont 6 officiers. Entre temps, toutes les troupes avaient débarqué. A la fin de l’après-midi, le commandant en chef annonça que les positions ennemies seraient attaquées le lendemain. Le duc des Cars devrait manœuvrer par la gauche, côté où l’ennemi avait le plus de divisions. L’attaque de la droite était confiée à la 2e et 3e brigades de la division Berthezène. Tandis que la division Loverdo conduirait l’attaque du centre. L’objectif était d’envelopper le fort de l’Empereur et de couper ainsi les routes de Constantine et de la Metidjah (d’après Albert Nettement).

1833 – 28 juin : LA LOI ORGANIQUE DU 28 JUIN 1833 CONSTITUE VERITABLEMENT L’INSTRUCTION PRIMAIRE EN FRANCE. Le mouvement insurrectionnel connu sous le nom des «Trois Glorieuses» met fin aux espérances des Bourbons. Louis-Philippe, le roi-citoyen est appelé au trône par la bourgeoisie. Il règne à l’anglaise, c’est-à-dire en s’appuyant sur les assemblées élues au suffrage censitaire. La nouvelle charte reconnut la liberté de l’enseignement, l’instruction primaire étant privée ou publique. La loi Guizot rendit obligatoire le brevet de capacité, ainsi que l’entretien par les communes d’une école primaire publique, voire primaire supérieure. Les départements durent entretenir une Ecole Normale. Les traitements des instituteurs furent fixés, et l’inspection des écoles fut répartie entre le pouvoir civil et le clergé. Sans revenir aux grandes visées et aux vastes plans – non réalisés – de la Convention, elle assurait au moins le nécessaire. En exécution de cette loi, élaborée par Guizot, ministre de l’Instruction publique, chaque commune était tenue, soit par elle-même, soit en se réunissant avec d’autres communes, d’entretenir au moins une école élémentaire. Les chefs-lieux de département et les communes de plus de six mille habitants devaient, en outre, entretenir une école primaire supérieure. La loi mentionnait les ressources financières au moyen desquelles les écoles seraient créées et entretenues et les instituteurs payés. La commune, le département et l’Etat devront concourir à la dépense dans des conditions bien déterminées. Auprès de chaque école sera constitué un comité local de surveillance ; dans chaque arrondissement, il y aura un comité spécial auquel ressortiront toutes les écoles de l’arrondissement. Pour être instituteur, il faudra posséder un brevet de capacité. Quant aux instituteurs congrégationnistes, il suffira, pour chaque école, qu’un seul frère possède le brevet ; tous ses collaborateurs seront considérés comme des adjoints et dispensés du diplôme de capacité, comme d’ailleurs les adjoints laïques. Les ecclésiastiques auront encore place dans les comités scolaires ; mais le clergé cessera d’exercer sur les écoles et les maîtres une influence prépondérante. (…) L’organisation des écoles rurales : Les populations font en général bon accueil à la loi de 1833. Toulon et La Seyne furent à la tête du mouvement, que secondèrent la plupart des communes rurales. (…) L’école normale des instituteurs du Var, rendu obligatoire par l’art. 11 de la loi de 1833, fut ouverte le 1er juin 1833, quelques jours avant la promulgation de la loi organique. Les élèves furent recrutés dans le Var et les départements limitrophes ; en outre, plusieurs maîtres en exercice furent appelés à l’école normale pour y faire un apprentissage de quelques mois. Cela résulte d’une délibération des conseils municipaux de Carnoules, de Solliès-Pont, d’une lettre du sous-préfet au maire de Saint-Nazaire, et d’une circulaire préfectorale du 7 mai 1836 (Bourrilly L., 1895b, p. 49 et suiv.).
LETTRE DU SOUS-PREFET AU MAIRE DE SAINT-NAZAIRE (Arch. comm. de Sanary) : « Toulon, le 24 février 1836. Monsieur le Maire, Une somme de 300 francs est allouée au budget de l’instruction publique pour indemniser les instituteurs qui fréquentent l’école normale. Je vous prie de me fournir d’ici au 15 avril la liste des instituteurs de votre commune qui se proposent de suivre les cours de l’école normale de Brignoles, en ayant le soin de mentionner le temps qu’ils ont l’intention d’y rester. » (citée par Bourrilly L., 1895b, p. 32-33, 42-43 ; Rotger B., 1984, p. 381).
PREMIERE ECOLE D’ENSEIGNEMENT PUBLIC DE LA SEYNE (Loi Guizot) appelée école de la Dîme, qui deviendra plus tard école Martini (Marius Autran, Chronologie de La Seyne, 1967).
La municipalité de La Seyne, présidée alors par Louis Balthazar Berny, boulanger, décida l’application de cette loi le 5 juillet 1833. La première école qui résulta de la délibération fut appelée École publique de garçons. La commune était bien pauvre et ne pouvait se payer le luxe d’une construction nouvelle. La Mairie, installée au 1er étage d’une étroite maison de la rue Carvin (boulangerie Erutti aujourd’hui), ne possédait aucun local valable. On eut recours à une structure religieuse abandonnée, l’ancienne chapelle de la congrégation des filles de la Miséricorde, au bas de la rue du Miséréré (rue d’Alsace), une seule classe fonctionna au début sous la direction de M. Martini. Trois ans plus tard, l’école transférée à l’Hôtel de la Dîme, s’agrandit d’une deuxième classe puis d’une troisième car il fallut créer aussi une école primaire supérieure ou E.P.S.( Depuis le XVIIe siècle, la Dîme, comme on l’appelait familièrement, était utilisée par le Clergé pour la perception des impôts en nature dont il bénéficiait.). L’école publique devint donc « l’école de la Dîme ». Pendant quelques années, on l’appela aussi École d’Enseignement Mutuel, expression qui se justifiait par des méthodes pédagogiques opposées à l’enseignement individualisé. Des groupements de huit à dix élèves étaient confiés à des élèves plus âgés, les moniteurs, qui recevaient eux-mêmes des leçons spéciales du maître d’école, On pensait pouvoir instruire beaucoup d’enfants avec un minimum de personnel. L’extrait cadastral de 1830 ci-joint montre bien la parfaite coïncidence du plan de la Dîme avec celui que les générations présentes ont connu. Le corps du bâtiment principal n’avait pas varié, ce qui signifie que les écoliers du début ont travaillé dans les locaux du XVIIe siècle et que par la suite, l’école n’a connu jusqu’en 1976 que des rafistolages, des agrandissements disparates dont l’harmonie était pour le moins discutable (Marius Autran, tome 3.).

1859 : Promenade sur le chemin de fer de Marseille à Toulon, par Adolphe MEYER (copie d’après l’original, cf. infra « En direct de ma bibliothèque »).  Premier épisode : BANLIEUE. – AUBAGNE –

Départ. — Saint-Charles, Jarret, Saint-pierre, l’Huveaune, la Pomme , Saint-Marcel, Saint-Menet, la Penne, Camp- Major , Aubagne, Roquevaire, Auriol, St-Pons, Gémenos.

 Je vous ai dit, mon cher A…, que ma première excursion ne me permit point de dépasser Aubagne. Je fis la dans les derniers jours d’avril, à sept heures du matin , par un temps légèrement humide. Le vent d’est, un peu frais, chargé du parfum des champs, faisait avancer dans le ciel des masses de vapeur, dont la teinte, d’un gris bleuâtre, se détachait sur un fond brumeux moiré d’or. Dans nos contrées méridionales, ces matinées indécises ont un charme particulier ; l’œil n’est pas lâché de leur voir, de temps à autre, remplacer l’implacable sérénité du bleu éternel ; elles inspirent de plus une douce mélan­colie, et, pour les récoltes, ces matinées se montrent grosses d’espérance.

En sortant de la gare de Marseille, les rails s’avancent d’abord parallèlement à ceux qui montent vers Lyon ; mais bientôt ils s’éloignent de ces derniers en tirant sur la droite. Vers ce point, nous entendîmes raisonner le clairon des dragons de la garde, dont les tentes se montrent sur la gauche ; ce bruit militaire éclatant au milieu du calme général et de la fête printanière que la nature se donnait à elle-même, avait quelque d’étrange et de piquant. Au son toujours plus de ce clairon, nous traversâmes les petits parcs de charmantes villas. Des arbres montaient de chaque côté du talus de la voie ferrée, écartant leurs bras a demi estompés par le jeune feuillage.

Le souterrain de Saint-Charles vient ensuite, il n’a que 210 mètres de longueur, et débouche au-dessus des campagnes de Jarret. Jarret est, vous le savez, ce ruisseau modeste, le long duquel la vieille génération marseillaise venait épancher ses plus doux entretiens. C’était le Tendre des grisettes et des Nervis farauds qui s’y promenaient amoureusement, les premières avec leurs coques aux oreilles, un petit foulard sur leurs brunes épaules, la robe gonflée par le jupon piqué, — car c’est la grisette de Marseille qui a conservé le principe du panier d’où l’on a tiré la crinoline,— et chaussée d’escarpins mordorés qui faisaient si galamment ressortir leurs pieds nerveux et mignons. Les nervis qui leur donnaient la réplique dans le grand duo de l’enivrement du cœur , passaient fièrement, la cassie à la bouche , les ronds aux oreilles, les mains dans les poches de la veste en tenant les coudes en-dehors -, le pantalon flottant vers la cheville, mais ben tesa, bien tendu sous la ceinture, et le chapeau-tromblon crânement incliné. Alors Jarret était souvent à sec. Au­jourd’hui la naïade se trouve accrue de la surverse du Canal, mais que sont devenus les cris des Amours !Le ruisseau n’a plus qu’une physionomie vulgaire de petit cours d’eau industriel, et les joyeux devis, les rires limpides, les éclats soudains des voix charmantes sont remplacés par le chant monotone des pauvres gardes de l’octroi auquel ses îlots vaseux servent de limite.

Le chemin de fer traverse Jarret, même au Jardin des Plantes. D’en haut, et franchi avec la vitesse de l’éclair, ce jardin paraît bien petit ! Il nous le semblait moins lorsqu’une promenade dans ses allées devenait la réali­sation d’un rêve poursuivi pendant une semaine entière. Des Montagnes russes, rendez-vous de la bonne com­pagnie , s’élevaient tout proche : la descente en char nous était parfois donnée comme une récompense. De cet établissement, qui faisait fureur, la tour seule a survécu jusqu’à ces jours derniers, où elle est tombée sous l’impie marteau des démolisseurs.

Le joli village de St-Barnabé, autrefois les Payarts, — et qui tire sa dénomination actuelle du patron de Maître Barnabé Capelle, notaire de Marseille en 1535, lequel fit à l’église des dons considérables, — est laissé à gauche. L’église de Saint-Barnabé, vaste et bien ornée , est la première qui fut reconstruite dans la banlieue , où s’élèvent maintenant tant de beaux édifices religieux. Elle eut longtemps pour curé le vénérable Abbé Audric qui y avait formé une sorte de Petit-Séminaire. Le convoi s’avance vers le village de St-Pierre, où se trouvent le nouveau cimetière et l’hospice des Insensés.

Tandis que la campagne quitte les airs mièvres d’une agglomération de jardinets bien peignés, tels qu’on les trouve aux alentours des grandes villes, et qu’elle revêt le caractère plus vraiment rural de l’exploitation agricole, le regard, franchissant le sol brun, zébré d’oulières de vignes et de blé, qui se déroule comme un schall de Perse, le regard se porte, à droite, vers les collines de Saint-Tronc (Centron, nom grec altéré ) vers celles de Saint-Loup, dont le nom était Centhis, devenu St-Tyrs, puis St-Cyr, dénomination actuelle de cette chaîne. Toutes courent N.-O., S.-E., ici fortement boisées, sombres sous la cascade de ramée noire qu’y forment les pins, ou pelées et montrant à nu leur crête calcaire se dentelant en clair sur le ciel bleu (à suivre) .

1867 – 28 juin : CARNET D’HENRI FLOTTE – Vendredi 28 juin : Toujours un temps superbe avec une petite brise du large. On attend à Toulon aujourd’hui le sultan ou empereur des turcs. A Saint-Nazaire, on a fait la procession du rosaire à 5h du soir.

1897 – 28 juin : CREATION DE LA SOCIETE SEYNOISE « LES SANS PEUR » – La société « Les Sans Peur » prit le relais en septembre 1897 de la première société seynoise de gymnastique appelée « Disciples de Denfert-Rochereau ». Approuvée le 28 juin 1898, elle était composée de quinze jeunes ouvriers des Forges et Chantiers de la Méditerranée encadrés par deux employés (Archives départementales du Var. 8M16:26).

1912 – 28 juin : EMBARQUEMENT DU SOUS-MARIN PERUVIEN « FERRE » A BORD DU TRANSPORT « KANGUROO », dans le petit port de Saint-Mandrier, au creux St Georges, en face de l’usine annexe de Schneider. Le « Kanguroo » avait été mouillé à une centaine de mètres de la rive. L’opération avait excité un vif intérêt dans le monde maritime. Elle était dirigée par un ancien officier de marine, M. le commandant Caré, directeur de l’usine annexe de Saint-Mandrier. Y assistaient, les amiraux Boué de Lapeyrière, commandant de l’escadre active et ancien ministre de la Marine ; Auvert, de Bellue, Ytier, M. l’ingénieur Laubeuf, auteur des plans des submersibles construits par la Société Schneider, l’ingénieur Lauvergne, des Chantiers de la Gironde qui ont construit le « Kanguroo », les ingénieurs Dollet et Michaud du Petit Creusot de Châlon, qui a construit le submersible, le directeur des constructions navales du port de Toulon et de nombreuses personnalités encore. Beaucoup de curieux aussi entouraient le navire dans des embarcations (Gérard Garier, Le Creusot, ms. Le Kanguroo est, en somme, un dock flottant autopropulseur, ayant des formes navigables et abritant complètement le navire à transporter. Il a une longueur de 93 mètres et une largeur de 12 mètres : son tirant d’eau moyen est de 5,95 m, correspondant à un déplacement de 5540 tonneaux. Il est entièrement en acier. Son appareil moteur se compose d’une machine alternative à triple expansion d’une puissance de 850 chevaux, construite par les Ateliers Dyle et Bacalan, de Bordeaux, lui permettant de réaliser une vitesse de 10 nœuds environ. Il peut porter un poids utile de 3830 tonnes. Le Kanguroo, lancé à Bordeaux le 12 avril 1912, a subi à Rochefort de brillants essais et a gagné le port de Toulon. Le Kanguroo, construit spécialement pour le transport des sous-marins, peut être utilisé pour transporter tout autre navire, tel que torpilleur, vedette, etc. d’un tonnage et d’un rayon d’action trop faibles pour affronter la haute mer, au carénage de tout sous-marin ou autre navire, comme dans un dock ordinaire et cela n’importe où.).

1914 – 28 juin : ASSASSINAT DE FRANÇOIS-FERDINAND, HERITIER DU TRONE AUSTRO-HONGROIS, A SARAJEVO (BOSNIE) – La crise de 1914 éclate à la suite de l’assassinat, le 28 juin, de François-Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois, à Sarajevo (Bosnie), meurtre que le cabinet de Vienne impute indirectement à la Serbie. À la suite d’un ultimatum rejeté, l’Autriche-Hongrie attaquera la Serbie, alliée de la Russie qui décidera donc de la soutenir, entraînant la France, puis l’Angleterre dans la guerre, tandis que l’Empire allemand se rangera aux côtés de son allié austro-hongrois. Le 2 août 1914, l’Europe s’embrasera (FORPROF, H10 – LE XXème SIECLE ET LE MONDE ACTUEL. POINT FORT : « La violence du siècle, les deux conflits mondiaux).

1940

26 juin : PREMIERS SIGNES DE RESISTANCE – DES PAPILLONS ANTI-PETAIN TROUVES SUR LA VOIE PUBLIQUE A SAINT-RAPHAËL –  Commissariat de police de Saint-Raphaël – Le Commissaire de police à monsieur le préfet du Var – J’ai l’honneur de vous rendre compte de ce qui suit : Dans la journée du 25 on a trouvé sur la chaussée du Boulevard Félix Martin , deux papillons portant la mention manuscrite suivante :

« Ecoutez et faites écouter les postes de la Radio Anglaise »

« Vous serez fixés sur les conditions de l’ Armistice. ».

Le même jour on a trouvé sur la devanture fermée de la Réserve une inscription à la craie « A bas Pétain. »

Nous avons aussitôt fait effacer cette inscription et nous avons ouvert une enquête pour découvrir l’auteur des papillons trouvés sur la voie publique. » (A.D. Var 02971, cité par J.-M. Guillon, 1994).

28 juin : LE GENERAL DE GAULLE EST RECONNU COMME CHEF DE LA France LIBRE PAR LA GRANDE-BRETAGNE. La Résistance extérieure devient une réalité.

1941 – 25 juin : Circulaire secrète aux maires pour constituer des listes de juifs en préalable au recensement du 19 juillet (J.-M. Guillon, 1994).

1942 – 28 juin : FRONT D’AFRIQUE DU NORD – Le 28 juin, vers 17h, les divisions italo-allemandes commencent l’attaque de Marsa-Matrouh qui doit leur ouvrir la route d’Alexandrie. La forteresse est tenue par 8 000 Sud-africains et des Indiens qui vont la défendre avec énergie (Paul Carell , Afrika Korps).

1943 – du 28 juin au 10 juillet : LE SOUS-MARIN CASABIANCA FAIT DES PATROUILLES ET DES MISSIONS SPECIALES.

1944 – 28 juin :
1. CAMPAGNE DE FRANCE – FRONT DE NORMANDIE : Depuis le 27 juin, les Britanniques ont établi une tête de pont sur l’Odon et se rapprochent de la cote 112, non loin du confluent de l’Odon et de l’Orne, qui est la clé de voûte de la défense de Caen. Au soir du 28 juin, les Allemands ont pu regrouper trois divisions blindées SS en repos en Hollande après avoir été sévèrement étrillées en Russie. (Paul Carell , Ils arrivent)
2. PYRENEES ORIENTALES – COMBAT DE FILLOLS : Dans la région de Fillols, une formation de 80 à 100 miliciens attaque le maquis Henri Barbusse fort d’une vingtaine d’hommes (certains textes disent 12 à 17 maquisards). Le maquis était arrivé le 18 juin au-dessus du Vernet et ne comptait alors que 15 hommes. Il était régulièrement ravitaillé par les habitants de Fillols mais avait fini par être dénoncé par deux miliciens : l’un du village, l’autre de Castell. Il avait été rejoint le 27 par deux nouvelles recrues avec un PM et un fusil mitrailleur. L’opération a commencé au début de la matinée et a duré 22 heures. Vers 16 heures, une compagnie de 45 douaniers allemands venus de Cerdagne se sont joints aux miliciens. Vers 22 heures, les maquisards décrochent et s’installent aux Cortalets. Bilan de l’opération : certains rapports donnent 6 maquisards tués et des blessés en nombre inconnu, un milicien tué et deux douaniers allemands blessés, d’autres donnent cinq allemands et un milicien, Elie Rognon, tués, 15 blessés, tandis qu’il n’y aurait eu qu’un maquisard blessé au bras (rapport du chef départemental de la milice au chef national, Joseph Darnand, document au greffe du tribunal militaire permanent de Marseille ; S.H.A., section résistance, CNH , carton 110, UC, FTPF, 4101 et 4102 Cies ; ADPO, Fonds Fourquet, CHG, L1, Historique du mouvement FTP-PO, 1945).
Selon le témoignage du capitaine Pierre Feurstein, ancien maquisard ayant participé au combat, « à la première rafale, le garde voies tua un milicien … l’ennemi se déploya en tirailleur dans un mouvement d’encerclement, mais se tint à distance. A midi, il reçut le renfort d’une compagnie de soldats allemands. Devant ce déploiement de forces, certains maquisards étaient décidés à rompre le combat et à se replier dans les pins. Ce ne fut pas l’avis de Julien Panchot … « Si nous laissons tomber, ils ne nous craindrons plus ! ». Les Allemands mettent en batterie mortiers et mitrailleuses, tentent un assaut, arrive à portée de PM, mais le FM de « Daniel », Marcel Bourgues, fait merveille et les repousse avec un tué et quelques blessés. Le maquis a son premier blessé : Célestin Durant. Le combat dura jusqu’à la nuit. Le maquis décrocha alors dans la forêt avec un blessé (CHG, témoignage du capitaine Pierre Feurstein, 1978).

1945 -28 juin : REFONTE DE L’EX-« COMMANDANT TESTE » EN TRANSPORT D’AVIATION ? Louis Jacquinot, ministre de la Marine, à l’issue des réunions du Conseil supérieur de la Marine des 12 et 20 juin 1945, décide la refonte du Commandant Teste en transport d’aviation. Cette opération ne nécessite pas obligatoirement l’installation d’un pont d’envol. Il dispose d’un hangar et de puissants moyens de levage, originellement destinés à mettre à l’eau et à récupérer ses hydravions. Il en coûterait 500 millions de francs (évaluation de décembre 1945) contre 800 à 850 millions pour la transformation en porte-avions d’escorte (SHM, 3BB8/CSM ; Rapport 444 EMG/O, 26 novembre 1947). Il est finalement placé en réserve en mars 1946 (SHM, 3BB8/CSM ; 26 novembre 1946, rapport du vice-amiral d’escadre Lemonnier au Conseil Supérieur de la Marine, « Renouvellement de la Flotte française ») en attendant des crédits et une décision finale sur son sort. Le projet d’achèvement est abandonné après qu’il eut été envisagé d’en faire un navire de servitude.

1946 – 28 juin : DESCRIPTION DE SAINT-MANDRIER, citée par Gisèle Argensse qui la trouve très poétique : « À 10 kilomètres de Toulon par la route (service régulier d’autobus) et à 20 minutes par la mer (service effectué par vedettes automobiles) telle est la distance qui nous sépare de la grande ville. Mais Saint-Mandrier n’est-elle pas une presqu’île délicieuse, avec ses pinèdes, ses palmiers, ses mimosas et ses genêts d’or ? Les sous-bois ne sont-ils pas admirables ! Son petit port est un chef-d’œuvre naturel. C’est le plus sûr des refuges pour les bateaux de commerce et de tourisme. Une plage aux galets, que la mer déplace et fait rouler sous les vagues régulières en fait une attraction pour nos visiteurs. Le soleil qui reflète sur les falaises ne donne-il pas à ces dernières les plus vives couleurs dont sont avides tous les artistes peintres. Avec le chant des cigales et le bruit de nos barques de pêche, notre village s’endort pour revivre chaque jour avec la même allégresse » (Gisèle Argensse, 1989, p. 231).

1951 – 28 juin : UN HYDRAVION BASE A SAINT-MANDRIER S’ECRASE EN FLAMMES PRES DE PORT-LYAUTEY AU MAROC : « Le pilote ayant constaté que la houle rendait difficile la prise de contact avec l’eau, a remis les gaz pour amorcer un nouvel amerrissage. Mais au moment où il décrivait un vaste virage au-dessus des rives de l’oued Sebou, l’appareil a heurté un câble à haute tension, percuté le sol et a pris feu. Les treize militaires qui se trouvaient à bord ont péri carbonisés » (République de Toulon et du Var du 28 juin 1951).
Ken Nicolas, vol. 1, p. 36 : « Après enquête, nous pouvons apporter quelques renseignements sur l’aéronef et un rectificatif sur les suites de l’accident. L’hydravion en question est un Breguet quadrimoteur 730 N°2 Sirius (le 730 N°1 Véga appartient également à la même escadrille). En ce qui concerne le crash de l’appareil, il n’a pas fait treize victimes, mais douze. En effet, le premier maître copilote Campin a pu s’extraire de la carlingue en feu. Puis, espérant sauver des vies humaines, le courageux aviateur n’a pas hésité à retourner dans le brasier. En vain. Il a été grièvement brûlé au visage et aux mains. Nous avons appris dernièrement son décès survenu dans le courant de l’année 1996, soit quarante-cinq ans après le drame. »

1957 – 28 juin : ACHAT DU TERRAIN DE LA FUTURE CHAPELLE SAINT-JEAN-BAPTISTE DE BERTHE, un modeste sanctuaire a été construit plus au Sud du nouveau quartier Berthe, quartier qui s’est considérablement développé depuis la fin de la guerre 1939-45 : des immeubles H.L.M., tours et barres ont remplacé les bastides, les arbres et les champs. Le terrain a été acquis par l’évêché le 28 juin 1957, et la chapelle construite a été bénite le 24 décembre 1961 par Mgr Mazerat. Ses dimensions étaient restreintes, 12,10m de longueur extérieure, 7,60m de largeur extérieure. Le bâtiment, de construction légère, mesurait 18,10m de longueur totale avec la sacristie et le bureau. Il a été détruit à la suite de l’édification de l’église actuelle (Gérard Delattre, Pierre Saliceti, 2002).

1970 – 28 janvier : LE TOURING CLUB DE FRANCE A SAINT-MANDRIER – Grâce au T.C.F. qui demeure l’animateur principal, Saint-Mandrier dispose d’un port moderne et sûr. Son président, M. Marc Eyrolles, le 28 juin 1970, après l’assemblée générale de son Conseil d’administration qui s’était déroulée à Marseille, était l’hôte de Saint-Mandrier. Il était accueilli dans la presqu’île par Maître Max Juvénal, membre du T.C.F.. Le premier magistrat devait remercier au cours d’un lunch, l’excellent travail effectué pour les jeunes, ouvrant ainsi l’accès aux activités qui paraissaient aux yeux de certains inaccessibles. Dès leur arrivée, le Président, le Conseil d’administration et les invités étaient reçus par une charmante hôtesse et une délégation du groupe provençal « La Respelido ». Parmi les membres du Conseil d’administration, on pouvait noter la présence de M. Peretti, capitaine du port de plaisance de Saint-Mandrier (Gisèle Argensse, 2000, p. 86-87).

2019 – 28 juin : METEO DE SANARY : les températures étaient de 36° pour les maximales et de 25° pour les minimales. Le soleil brilla de tous ses éclats (indice UV 9) dans un ciel dominé par un vent d’ouest soufflant à 20 km/h qui, d’ailleurs, laissa place, la nuit suivante à un courant d’est relativement fort. Rien à voir donc avec le froid « horrible » du 28 juin 1675 rapporté par la comtesse de Ségur (voir à cette date).

(ckiché H. Ribot)

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE :
– Allo, le garde-meubles ? vous vous rendez-à domicile ?
– Ah non, monsieur ! le garde-meuble mais ne se rend pas !

Je vous souhaite un excellent mercredi à tous et vous dis « à demain !

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