ÉPHÉMÉRIDES DU MARDI 27 JUIN 2023 – 12e ANNÉE (n° 3834)
Bonjour à tous,

ILLUSTRATION : Chemin de la Reine Jeanne à Signes (Var), chapelle Saint-Clair (cl. H. Ribot).
FÊTES :
Bonne fêtes aux 41 000 Fernand de France dont le prénom vient de saint Ferdinand car le Fernand que l’on célèbre ce jour comme étant un ancien évêque, n’a jamais existé. Les reliques honorées dans le diocèse de ce nom sont en fait celles de saint Ferdinand, roi de Castille et de Leon.
C’est également la fête de Cyrille, fils du patriarche d’Alexandrie, Cyrille succède à son père en 403. Il se signale par sa brutalité à l’égard des païens. Ses écrits lui valent néanmoins la sainteté et, en 1882, le titre de Docteur de l’Église. Au concile d’Ephèse, en 431, Cyrille proclame « Marie Mère de Dieu ».
DICTON : « Temps de saint Fernand, chaleur et soleil riant. »
Le calendrier républicain attribua l’absinthe (la « fée verte ») à ce 9e jour du mois de messidor.
Locutions et traditions provençales : « Es un gros darnagas » (C’est un gros nigaud) : darnagas désigne la pie grièche, cet oiseau qui vole en groupe se précipite de lui-même au-devant des chasseurs.
LE MOT DU JOUR est de Jacques Prévert : « On a beau avoir une santé de fer, on finit toujours par rouiller. »
EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHEQUE :

(27 août 1908 : Port de Sanary, coll. H. Ribot).
SANARY – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES.
53e livraison : Chronologie de l’occupation antique à Sanary (n°3 et n°10 des Cahiers de l’Ouest varois).
Les trois fouilles littorales menées sur Sanary à Portissol (1983-1985, 1996-1998) à La Gorguette (1999-2000) et au centre-ville, rues Lucien Gueirard et Prud’homie (1998) permettent de dresser un parallèle de l’occupation du secteur à l’époque antique. Bien des lacunes subsistent néanmoins, car les fouilles n’ont souvent concerné que certaines périodes et les autres sites ne sont connus que par des prospections de surface ou de rapides sondages.
Ainsi, de la fin du 1er siècle avant notre ère jusqu’au VIIème siècle, la villa de la Gorguette 5 a connu une occupation apparemment continue, mais présentant une rupture au moins architecturale et dans l’utilisation au Ve siècle. Comme à Portissol, à Beaucours, à Bandol, à La Madrague de Saint-Cyr, au Brusc ou bien sur le port de Sanary, il se confirme que chaque point de mouillage côtier possède au moins un habitat associé à des exploitations agricoles antiques.
Des remaniements importants, faisant passer d’un état de villégiature à celui d’artisanat affectent la plupart de ces sites à partir du second siècle. Portissol, dont la villa est construite au milieu du Ier siècle de notre ère, est aménagé en atelier de potier fabricant des amphores gauloises 4 et 4a et de la céramique fine, et fonctionne en tant que tel de 270 à 340. La céramique produite à cet endroit est présente sur les différents sites de La Gorguette et doit servir, dans le cas des amphores, à conditionner le vin produit aux alentours. La présence du matériel céramique produit à Portissol sur la majorité des sites sanaryens de cette époque montre que le terroir est bien occupé et produit au moins du vin. En effet, c’est pour cette raison, que les prospections de surface indiquent que les sites des Picotières, de l’Huide, de La Vernette, de la Millière, du Logis-Desprats, de Sainte-Trinide, de La Tourelle 2 et de l’angle nord-ouest du port de Sanary sont fréquentés à cette époque. Tous ses sites sont des habitats aux Ier et IIème siècles de notre ère, probablement pour une majorité d’entre eux, des villa.
De 340 à 360, l’affectation de Portissol change, les fours ne fonctionnent plus, la zone redevient un secteur d’habitat, récupérant les anciennes structures de la villa. Le port de Sanary est occupé, notamment à cette époque, la seule fouille réalisée en centre-ville, celle de la nécropole des rues Gueirard et Prud’homie et de la place Michel-Pacha a révélé une tombe munie de deux vases fabriqués à Portissol.
Au milieu du Ve siècle, Portissol connaît une fréquentation fugace, ayant laissé que très peu de trace, par contre à La Gorguette, l’on aménage un pressoir, preuve que l’exploitation de la vigne continue. Deux sites du terroir, au moins, les Picotières et l’Huide ont donné des tessons de Dérivée Sigillée Paléochrétienne et de Sigillée africaine claire D, ce qui indiquerait une fréquentation durant cette période.
Cette phase est suivie à La Gorguette par l’installation dans les ruines des structures agricoles d’un habitat durant le VIe et le début du VIIe siècle, que nous venons de présenter et qui précède, semble-t-il une longue période de désertification, qui durera jusqu’au XIe siècle et l’installation d’un lieu de culte sur le port de Sanary, (voir plus loin). L’absence de structures et de matériel archéologique datables des VIIIe, IXe et Xe siècles va dans le sens d’une désertification (relative ?) du secteur littoral, phénomène que l’on constate ailleurs dans l’Ouest Varois, et qui serait dû à l’effondrement des structures économiques, à l’insécurité générale, et à des conditions climatiques probablement défavorables ; nous savons, en effet, qu’en 608, les vignes furent détruites par le froid dans une grande partie de la France (Sanson, les anomalies des saisons, dans Bull. Annuel des comités météo. départementaux, n° 2, 1949, cité par E. Rougetet, A.S.S.N.A.T.V., 6, 1954, p. 114).
Si l’on prend le cas de Toulon, deux indications viennent confirmer cette possible désertification. D’une part, après les évêques Mennas (…601…) et Marius (…636…), la liste épiscopale de Toulon s’interrompt de 680 à 879 (P.-A. Février 1955 ; Boyer R., 1980 et P.-A. Février, 1980, p. 19-20). D’autre part, les fouilles de la rue des Bonnetières, pourtant près de l’agglomération ont montré qu’au-delà du VIe siècle, période de commerce encore actif avec l’Afrique et l’Orient, les maisons romaines deviennent un terrain vague, observation qui, si elle ne démontre pas l’absence totale de population à Toulon, va clairement dans le sens d’une notable récession démographique par rapport à la période précédente (Brun, Borréani et alii 2000. La carte de la Gaule. Département du Var. Toulon. Acad. des Belles Lettres. 2 vol.).
(à suivre)
MARSEILLE – LES VIEILLES RUES ET AUTRES CONSIDERATIONS (Bouyala d’Arnaud).

(Marseille : Le fort et l’église de ND de la Garde en 1843. Heliogravure Lescuyer et Fils)
-253e livraison : LE TERROIR MARSEILLAIS
SAINT-JEAN DU DESERT ( à 5 kil., banlieue est)
(SUITE) Une autre bastide de Saint-Jean du Désert fut habitée par l’écrivain Etienne-François de Lantier et par son petit-neveu, Gaston de Flotte. Lantier, né et mort à Marseille (1734-1826) fui un homme d’esprit sceptique et joyeux compagnon. Souvent criblé de dettes, il avait été enfermé dans la Bastille marseillaise du Château d’If, comme Mirabeau (cf. p. 409). Sa première pièce, « L’Impatient », fut jouée à la Comédie-Française, puis à Versailles, où elle amusa, dit-on, le roi Louis XVI. Lantier fut secrétaire d’ambassade à la cour de Saxe, capitaine, membre de l’Académie de Marseille en 1786. Au retour d’un voyage dans le royaume de Naples, il rapporta un manuscrit dont il tira « Le Voyage d’Anthénor en Grèce et en Asie » qui rappelle singulièrement « Le Voyage du jeune Anacharsis » de l’abbé Barthélemy. Son œuvre en vers et en prose forme un ensemble considérable. Quand il revint à Marseille, à l’âge de quatre-vingts ans, après une vie très agitée, on joua devant lui son « Impatient » au Grand Théâtre. Il fut couvert de fleurs et il en pleura de joie. Il mourut presque centenaire et toujours sceptique. Au prêtre qui venait lui administrer l’extrême-onction, il dit : « Monsieur l’abbé, vous venez escamoter mon âme ! ».
Gaston de la Flotte, son petit-neveu et, pendant quelques années, son secrétaire, naquit à Saint-Jean du Désert en 1805. Ardent légitimiste, il combattit le régime de Louis- Philippe et fut le représentant du comte de Chambord à Marseille. Il était moins légitimiste en littérature, car il admettait le romantisme, et il reçut Lamartine à Saint- Jean du Désert en 1832. Il fut élu membre de l’Académie de Marseille en 1840. Exemple de stabilité au terroir, il mourut à Saint-Jean du Désert en 1882, dans « ces lieux chers qui l’avaient vu naître ». Parmi ses nombreux ouvrages il faut noter un « Essai sur la littérature à Marseille ».
François Clary avait acheté une bastide à Saint-Jean du Désert en 1771. Elle passa, en 1801, a son gendre Antoine Anthoine créé baron de Saint-Joseph en 1808 (cf. p. 400). Cette bastide existait encore en 1807. On avance que le mariage religieux de Joseph Bonaparte el de Julie Clary y aurait été célébré, dans les premiers mois de 1705, en présence de Napoléon et de Lucien Bonaparte.
(à suivre)
EPHEMERIDES :

-1331 – 27 juin : Antrevinhas (charte aux archives municipales de Marseille). Entrevignes – lieu-dit, commune de Marseille, quartier du Camas (1872). Première mention au XIe siècle : Inter vineas, XIe siècle (cartulaire de Saint-Victor, n°40). La colonica inter Vineas [latin inter vineas : entre les vignes] a laissé son nom au lieu-dit Entrevignes, dans la vallée de l’Huveaune, près de Sainte-Marguerite. L’abbaye de Saint-Victor y possédait des vignes au XIe siècle (cartulaire de Saint-Victor, n°40) et le toponyme figure dans divers documents postérieurs (J.-A.-B. MORTREUIL. Dictionnaire …. p. 141).
–1371 – 27 juin : Rimbaud Féraud de Piégut, coseigneur de Solliès, est cité dans une charte de L’ABBAYE DE Saint-Victor (Paul Maurel, Histoire de Solliès).
–1376 – 27 juin – GUERRE DE CENT ANS – Trêve de Bruges entre l’Angleterre et la France.
–1449- 27 juin : Le roi René donne les Iles de Marseille (Pomègues, Ratoneau et If ) à Jacomet de Remesan le 27 juin 1449 (registre Leonis, fol. 112). Ces îles qui sont Pomègues, Ratoneau et If ont été désignées par les anciens géographes sous le nom de Stœchades parce qu’elles sont rangées les unes à la suite des autres. On a donné aussi le nom de Stæchades aux îles d’Hyères, et celles de Marseille ont été désignées sous le nom de Stæchades minores (Pline, Hist. nat., lib. III cap. 5.— Tacite, Ilist., lib. I. — Strabon, Géogr., liv. IV, p. 153 (éd. Didot). — Suetone, in Claud. Au g. — Pomponius Mea, géogr., liv. II, cap. 7. —Dioscorides, lib. III, cap. 31. —Agathemere, géogr. [Géogr. min. éd Didot, t. I, p. 482). — Liber Junioris Philosophie § 66 (ibid. t. I, p. 528).–
Mention médiévale plus ancienne : La reine Jeanne donne à Arnaud de Montolieu les îles de Marseille le 11 juin 1331 (registre Armorum de la Cour des comptes, fol. 207).
–1591- 27 juin : – Chapelle des Pénitents noirs (Marseille) construite en 1597.. La chapelle des Pénitents noirs (frères Bourras), ou chapelle du Bon-Jésus, située au no 6 de la rue du Bon-Jésus dans le deuxième arrondissement de Marseille, est classée au titre des monuments historiques en 1931.
Cette chapelle appartenait à la confrérie du Saint-nom de Jésus surnommée « les Bourras » à cause de l’habit en bure porté par leurs membres. Cette confrérie est fondée le 27 juin 1591 par douze marseillais pieux au premier rang desquels se trouvait Antoine Mascaron. Ce dernier est expulsé après l’assassinat de Charles de Casaulx.
La confrérie comprenait soixante-douze membres ayant pour mission de consoler les condamnés à mort, de les assister au moment de l’exécution et de les ensevelir. Pour entrer dans la confrérie il fallait « avoir au moins dix-huit ans, être homme de bien et de bonnes renommées, point cabaretier, tavernier, renieur, blasphémateur, paillard, concubinaire, contrevenant aux lois de Dieu et de l’Église, à moins qu’on ne fasse connaître la ferme volonté de se corriger ». À dater de 1764 les pénitents se vouèrent aussi à l’ensevelissement des forçats morts à l’hôpital de l’arsenal des galères (H. Ribot). Saisie à la Révolution, elle est désaffectée, sert d’entrepôt pour les objets en provenance de diverses églises et devient tribunal révolutionnaire en 1793. Elle est vendue aux enchères en 1802. Le 24 octobre 1816 la chapelle tombant en ruine est rachetée par les bourras qui la rendent à sa destination première.
Le 18 juillet 1892 la confrérie des pénitents noirs fusionne avec celle des Bourras ; la nouvelle confrérie adopte le costume des pénitents noirs et s’installe dans la chapelle des Bourras qui prend alors le nom de chapelle des pénitents noirs. Pendant la seconde guerre mondiale, sous l’impulsion de son vice-recteur L. Preyre, la compagnie des pénitents noirs attire un groupe de jeunes confrères et tirant partie de sa fonction traditionnelle de visiteur de prison communique avec les résistants arrêtés. Peu après la Libération, Preyre organise le pèlerinage des pénitents noirs à la basilique de Notre-Dame-de-la-Garde. Le dernier prieur de la chapelle sera L. Fontanier qui veille sur la chapelle jusqu’à sa mort en 1960, l’ouvrant au culte et à quelques cérémonies8. Il aura la prudence de laisser les collections de la chapelle au Musée du Vieux-Marseille et au Musée du Terroir de Château Gombert.
Après l’extinction de la confrérie avec le décès de Fontanier, la chapelle aura une destinée mouvementée. En 1968 un Libanais y installe un dortoir pour travailleurs nord-africains. Il est expulsé et la chapelle est vendue aux enchères le 12 juillet 1973 au comité du Vieux-Marseille. Les locaux se trouvant dans un état de délabrement avancé dû à divers actes de vandalisme avec vol des boiseries, le comité du Vieux-Marseille ne peut faire face aux travaux de restauration et vend la chapelle à une association qui la rend au culte catholique traditionnel après d’importants travaux bénévoles (Réf. Chantal Granger).
–1721 – entre les 19 mai et 27 juin :OLLIOULES DEVIENT UN DESERT DÛ A LA PESTE – 44 morts à Ollioules. Soit 61 décès dus à la peste à Ollioules, entre les 19 mai et 27 juin 1721 sur une population qui oscillait à l’époque entre 2500 et 2800 habitants. Depuis le 28 mai, à Ollioules, devant la maladie, c’est la désertion, des chirurgiens et aides du chevet des malades ; on rappelle ceux-ci sous peine de ne plus pouvoir exercer ; on établit un aumônier aux infirmeries, un commis aux cabanes (refuges pour pestiférés), un registre spécial pour les décès dus à la peste. Le troupeau de chèvres enfermé dans la bergerie Martelly a péri en totalité au 28 mai (Castellan, 1937, p.145-146).
–1731 – 27 juin :
-Legs et légataires – Fol. 195 v° – Testateur : Anne Gensolen, fille de feu Jacques et de feue Marianne Jullien, de Toulon, femme de Michel Reboul, tailleur, de La Seyne. Sépulture : Sépulture au cimetière paroissial de La Seyne. Legs et légataires : – aux « posthumes » de son ventre ou, à défaut, à son mari (Cahier de l’ouest varois n°11, Six-Fours).
-LIEUX-DITS D’AURIOL – Roca Rubra, (acte de Pierre Doloni, notaire à Auriol). Carubi – colline au sud-est d’Auriol sur le chemin de la Sainte-Baume dénommé aussi Lou Baou Rougé (à cause de sa couleur rougeâtre). Première mention le 9 avril 1522 : Roca Rubra, (ibid.).
–1770 – 27 juin : Pièce de Sénegon – propriété, commune de Marseille, au quartier d’Eouresr (registre aux archives de la Major).
–1788 – 27 juin : Bombinette, 27 juin 1788 (registre aux archives de la Major). Bombinète – quartier rural de la commune de Marseille, au quartier de Saint-Barnabé, près de la Blancarde (1872). Première mention en 1614 : Bonbinette, (acte d’atterminage).
–1789 – 27 juin : Capitulation du roi devant le Tiers (Georges Duby, Histoire de la France, 1987). Le roi donne l’ordre au clergé et à la noblesse de se réunir au tiers état (Pierre Goubert, 1984).
Il semble que Louis XVI accepte le fait accompli, en invitant «son fidèle clergé et sa fidèle noblesse» à se rallier au Tiers État. Le Tiers remporte une grande victoire, non seulement parce que des membres de plus en plus nombreux des deux autres ordres se réunissent à lui, mais également parce que, en ce jour, le pouvoir royal a implicitement reconnu la nouvelle souveraineté de l’Assemblée nationale. Il est cependant certain que la Cour songe à sa revanche. Elle projette des plans de contre-révolution que, selon Necker, le roi n’approuve pas toujours (Agenda du Bicentenaire).
–1790 – 27 juin : à Ollioules, retard dans la perception de la taxe due par les privilégiés – (Castellan, 1937) : « La Municipalité d’Ollioules s’étonne de ne pas avoir reçu le rapport des experts sur l’encadastrement des biens privilégiés, ce qui retarde la perception de la taxe due par les privilégiés.] L’Assemblée ordonne pouvoir au sieur maire et aux sieurs officiers municipaux de faire toutes les formalités pour exiger ce que doivent les privilégiés. »
–1795 – 27 juin (9 messidor) :
1. Création à Paris de la Légion de la police, Remplaçant la gendarmerie ; elle est chargée de la sécurité de Paris et plus particulièrement de la garde de la Convention, des tribunaux et des prisons.
2. les membres de la commission populaire d’Orange sont massacrés à Avignon (Yann Fauchois, 2001).
–1815 – 27 juin : A Six-Fours, le pavillon blanc avait été arboré dès le 26 juin, des agitateurs s’efforçant, dans cette commune, de pousser les gens à la révolte contre les autorités en place. Cependant, le maire parvenait à ramener le calme et le lendemain, 27 juin, le pavillon tricolore flottait à nouveau sur l’antique localité (Louis Baudoin, 1965, p. 453).
–1830 – 27 juin : LA CONQUÊTE D’ALGER – Dans la nuit fu 26 au 27 juin, les épaulements de l’armée française furent perfectionnés afin de protéger la deuxième brigade qui avait souffert pendant la journée. La première brigade étant considérée comme à l’abri d’attaques sérieuses. Le 27 au matin, un bataillon du 17e de ligne occupa un bois en avant de la gauche, l’ennemi ayant évidemment l’intention de fortifier son attaque sur ce point vers lequel il regroupait des corps d’infanterie et de cavalerie, la ligne de ses tirailleurs étant considérablement renforcée. Il plaça deux batteries supplémentaires à notre gauche et une nouvelle qui prenait en écharpe notre droite à hauteur d’une maison carrée. Vers huit heures, il était prêt et lança plusieurs attaques pour s’emparer de notre épaulement. Ses chefs s’avançaient, drapeau en main, suivis par des bandes de 40 à 50 hommes, Turcs, Kabyles ou Bédouins, qui se lançaient derrière lui en jetant de grands cris. Ils arrivaient ainsi jusqu’à l’épaulement, où le chef plantait son drapeau. Plusieurs attaques avaient lieu simultanément suie notre ligne, et nous entendîmes les cris des réserves prêtes à profiter d’un succès. En présence de ces préparatifs, j’avais fait renforcer la réserve du 17e par six compagnies du 30e. Le reste de la seconde brigade avait en outre deux bataillons réunis et prêts à marcher s’il en était besoin. La première brigade était également en mesure d’envoyer des renforts. Les compagnies qui défendaient l’épaulement firent éprouver beaucoup de pertes à l’ennemi. Cependant sur quelques points il réussit à s’établir sur l’épaulement ; mais il en fut chaque fois rejeté par les compagnies de réserve qui s’avançaient au pas de charge et abordaient à la baïonnette les Turcs, auxquels ils tuaient du monde.
Après plusieurs tentatives infructueuses, l’ennemi se retira, en laissant beaucoup de morts sur le terrain ; mais, vers les deux heures de l’après-midi, il se disposa à renouveler ses tentatives. Voyant que ses attaques de front n’avaient pas réussi, il voulut d’abord s’emparer de la maison crénelée dans la journée du 26, et qui protégeait la gauche de nos tirailleurs. Il aborda cette maison avec intrépidité ; mais elle fut défendue avec vigueur par M. le capitaine d’Autun, du 30e, qui l’occupait avec sa compagnie. Les Turcs s’avancèrent jusqu’au point de lancer des pierres à nos soldats ; leur attaque fut repoussée, et M. le capitaine Bourgeois, du 30°, à la tête de sa compagnie, s’empara d’une autre maison située dans le ravin, et d’où les Turcs nous faisaient beaucoup de mal. Vers quatre heures, le feu devint beaucoup plus faible, et la nuit se passa tranquillement. Les troupes engagées le 27 se conduisirent très bien; elles montrèrent beaucoup de courage, et cependant un peu plus de prudence que la veille, l’expérience leur ayant appris à moins s’exposer, sans nécessité, au feu de l’ennemi. La perte de la 3e division, fut, pendant la journée du 27 de 19 sous-officiers et soldats tués et 129 blessés dont 7 officiers (Albert Nettement, La Conquête d’Alger).
-1894 – 27 juin : CASIMIR-PERIER, PRESIDENT – Trois jours après l’assassinat de Sadi Carnot, les parlementaires élisent à la présidence de la République Jean Casimir-Périer (47 ans), petit-fils d’un président du Conseil de Louis-Philippe 1er..
–1905 – 27 juin : MUTINERIE A BORD DU « POTEMKINE » – Une mutinerie éclate à bord du Potemkine, principal cuirassé de la flotte russe de la mer Noire. Le drame commence avec à propos de viande avariée. Protestations des marins. Menaces des officiers. Sur le moment, l’événement passe inaperçu dans une Russie bouleversée par une première Révolution et une guerre désastreuse contre le Japon. Cet épisode secondaire de la première Révolution russe va acquérir une notoriété mondiale et accéder au rang de mythe historique, par la vertu d’un film que lui a consacré le réalisateur S.M. Eisenstein vingt ans plus tard. Une précision concernant la carrière du film: grand succès du film en URSS, succès également en Allemagne, jusqu’à son interdiction en 1933. En France, le film sort en projection privée en novembre 1926. Mais il faudra attendre 1953 pour que la projection publique soit autorisée. En 1965, Jean Ferrat lui a consacré aussi l’une de ses plus belles chansons.
–1912 – 27 juin : AccidentS pendant le tir sur leS croiseurS cuirassÉS « Victor Hugo » ET « JULES MICHELET ». Sur le « Victor Hugo », un second maître a été blessé par la fermeture de la culasse d’un canon. Il a été transporté par un canot automobile à l’hôpital Saint-Mandrier et admis d’urgence dans un pavillon Tollet. Le même jour, aux Salins d’Hyères, sur le « Jules Michelet’, deux gargousses ont éclaté par suite de réchauffement de la pièce d’artillerie dû à la rapidité du tir. Les 19 blessés et le mort des deux explosions successives furent transportés à l’hôpital Saint-Mandrier. La triste nouvelle connue dès 6 heures du soir à Saint-Mandrier y causait une émotion considérable. A 7h35 le remorqueur «Goliath», signalé depuis quelques temps, mouillait devant l’hôpital. Aussitôt, le remorqueur de la Direction du Port «Marigot-, portant les infirmiers et les cadres nécessaires, se rendait au-devant du petit navire et prenait les blessés. Ce ne fut certes pas sans émotion que les spectateurs assez nombreux virent accoster le Marigot avec ses cadres où gisaient les pauvres matelots blessés. La stupeur fut grande lorsqu’à 8h30 un second télégramme annonçait l’arrivée de 10 blessés, victimes d’un second accident (Gisèle Argensse, 1989, p. 140-141)
–1919 – 27 juin : grand bal au Bar de la Marine du Creux Saint-Georges, pour célébrer la fête de la paix et la signature du Traité de Versailles. Ce jour-là la Marseillaise est jouée devant la mairie tout illuminée, éblouissante de lumière, par la Conciliation avant de se rendre tambour battant au bal. Les établissements publics sont pavoisés, des illuminations un peu partout, de la musique, des cinémas, des bals à -la Plage- et à -la Marine- ont mis en branle toute la population. L’animation a duré toute la nuit. Le lendemain dimanche un grand concours de boules sous les auspices de la municipalité, est fixé à 9h du matin. Le premier prix sera remporté par MM. Constant Ambroise, Raphaël Esposito dit Lougari et Aiguier François. Le deuxième prix verra la victoire de MM. Esposito Laurent, Marius Coppola et Cadière Edouard (Gisèle Argensse, 1989, p. 160).
–1926 – 27 juin : EXPROPRIATIONS A CEPET POUR CAUSE DE CONSTRUCTION DE NOUVELLES BATTERIES – Pour l’installation d’une batterie de côte (les 340 ?), dans les parages de Cépet (Commune de La Seyne), le Préfet Maritime du 5e Arrondissement autorise les agents de la marine à pénétrer dans diverses propriétés de la presqu’île, en vue d’études et des travaux à entreprendre pour cet ouvrage de défense et dont la durée probable serait d’une année. Les propriétaires de Cavalas sont à leur tour concernés : ce sont MM. Dussaud, Coffin, Récouty (Gisèle Argensse, 1989 ; p. 178).
–1934 – 27 juin : liberté des processions à La Seyne. Le Conseil d’Etat dans sa séance du 27 juin, vient de prendre une décision, qui annule sur la requête de M. le Curé de Saint-Mandrier, l’arrêté municipal de 1903 interdisant les processions sur le territoire de la commune de La Seyne. Cette haute juridiction annule donc le dit arrêté municipal parce qu’il porte atteinte au libre exercice du culte et aux traditions locales qu’aucun motif actuel précis de maintien de l’ordre public ne peut justifier. En conséquence le Conseil d’Etat condamne ville de La Seyne à rembourser au curé les frais de timbre, exposés par lui dans sa requête, qui s’élèvent à 7,60 F et les frais de timbre de la présente décision .
–1940 – 27 juin :
1. arrivée de la « Jeanne d’Arc » et du « Béarn » sur rade de Fort-de-France, où se trouve l’Emile Bertin (La Revue Maritime, 284, février 1971, p.261)
2. Le Petit Provençal du 27 juin donne sur deux pages
a) L’intégralité de la convention d’armistice franco-allemand,
b) la démarcation de la zone occupée (Le Petit Provençal du jeudi 27 juin 1940).
a) Texte de l’armistice signé à Rethondes le 22 juin 1940 . M. le Colonel-Général Keitel, Chef du Haut Commandement allemand, mandaté par le Führer du Reich allemand et Commandant suprême des Forces armées allemandes, d’une part, et M. le Général d’Armée Huntziger, M. l’Ambassadeur de France Noël, M. le Vice-Amiral Leluc, et M. le Général de l’Air Bergeret, plénipotentiaires du Gouvernement français munis de pouvoirs réguliers, d’autre part, sont convenus de la Convention d’armistice suivante :
Article premier. Le Gouvernement français ordonne la cessation des hostilités contre le Reich allemand, sur le territoire français, ainsi que dans les possessions, colonies, protectorats et territoires sous mandat et sur les mers. Il ordonne que les troupes françaises, déjà encerclées par les troupes allemandes, déposent immédiatement les armes.
Article 2. En vue de sauvegarder les intérêts du Reich allemand, le territoire français, situé au nord et à l’ouest de la ligne tracée sur la carte ci-annexée, sera occupé par les troupes allemandes. Dans la mesure où les régions du territoire occupé ne se trouvent pas encore au pouvoir des troupes allemandes, leur occupation sera effectuée immédiatement après la conclusion de la présente convention.
Article 3. Dans les régions occupées de la France, le Reich allemand exerce tous les droits de la puissance occupante. Le Gouvernement français s’engage à faciliter par tous les moyens les réglementations relatives à l’exercice de ces droits et à la mise en exécution avec le concours de l’Administration française. Le Gouvernement français invitera immédiatement toutes les autorités et tous les services administratifs français du territoire occupé à se conformer aux réglementations des autorités militaires allemandes et à collaborer avec ces dernières d’une manière correcte. Le Gouvernement allemand a l’intention de réduire au strict minimum l’occupation de la côte occidentale après la cessation des hostilités avec l’Angleterre. Le Gouvernement français est libre de choisir son siège dans le territoire non occupé, ou bien s’il le désire, de le transférer même à Paris. Dans ce dernier cas, le Gouvernement allemand s’engage à apporter toutes facilités nécessaires au Gouvernement et à ses services administratifs centraux, afin qu’ils soient en mesure d’administrer de Paris les territoires occupés et non occupés.
Article 4. Les forces armées françaises sur terre, sur mer et dans les airs devront être démobilisées et désarmées dans un délai encore à déterminer. Sont exemptes de cette obligation les troupes nécessaires au maintien de l’ordre intérieur. Leurs effectifs et leurs armes seront déterminés par l’Allemagne ou par l’Italie respectivement; Les forces armées françaises stationnées dans les régions à occuper par l’Allemagne devront être rapidement ramenées sur le territoire non occupé et seront démobilisées. Avant d’être ramenées en territoire non occupé, ces troupes déposeront leurs armes et leur matériel aux endroits où elles se trouvent au moment de l’entrée en vigueur de la présente convention. Elles seront responsables de la remise régulière du matériel et des armes susmentionnées aux troupes allemandes.
Article 5. Comme garantie de la stricte observation des conditions d’armistice, il pourra être exigé que toutes les pièces d’artillerie, les chars de combat, les engins antichars, les avions militaires, les canons de la D.C.A., les armes d’infanterie, tous les moyens de traction et les munitions des unités de l’armée française engagées contre l’Allemagne et qui se trouvent, au moment de l’entrée en vigueur de la présente convention, sur le territoire ne devant pas être occupé par l’Allemagne, soient livrés en bon état. La Commission allemande d’armistice décidera de l’étendue de ces livraisons. Il peut être renoncé à la livraison d’avions militaires si tous les avions encore en possession des forces armées françaises sont désarmés et mis en sécurité sous contrôle allemand.
Article 6. Les armes, munitions et matériels de guerre de toute espèce restant en territoire français non occupé – dans la mesure où ceux-ci n’auront pas été laissés à la disposition du Gouvernement français pour l’armement des unités françaises autorisées – devront être entreposées ou mises en sécurité sous contrôle allemand ou italien respectivement. Le Haut-Commandement allemand se réserve le droit d’ordonner à cet effet toutes les mesures nécessaires pour empêcher l’usage abusif de ce matériel. La fabrication de nouveau matériel de guerre en territoire non occupé devra cesser immédiatement.
Article 7. Toutes les fortifications terrestres et côtières avec leurs armes, munitions et équipements, les stocks et installations de tout genre, se trouvant dans les régions à occuper, devront être livrées en bon état. Devront être remis, en outre, les plans de ces fortifications, ainsi que les plans de celles déjà prises par les troupes allemandes. Tous les détails sur les emplacements minés, les barrages de mines terrestres, les fusées à retardement, les barrages chimiques, etc., sont à remettre au Haut-Commandement allemand. Ces obstacles devront être enlevés par les forces françaises sur la demande des autorités allemandes.
Article 8. La flotte de guerre française – à l’exception de la partie qui est laissée à la disposition du Gouvernement français pour la sauvegarde des intérêts français dans son empire colonial – sera rassemblée dans des ports à déterminer et devra être démobilisée et désarmée sous le contrôle de l’Allemagne ou respectivement de l’Italie. La désignation de ces ports sera faite d’après les ports d’attache des navires en temps de paix. Le gouvernement allemand déclare solennellement au Gouvernement français qu’il n’a pas l’intention d’utiliser pendant la guerre, à ses propres fins, la flotte de guerre française stationnée dans les ports sous contrôle allemand, sauf les unités nécessaires à la surveillance des côtes et au dragage des mines. Il déclare, en outre, solennellement et formellement, qu’il n’a pas l’intention de formuler de revendications à l’égard de la flotte de guerre française lors de la conclusion de la paix ; exception faite de la partie de la flotte de guerre française à déterminer qui sera affectée à la sauvegarde des intérêts français dans l’empire colonial, toutes les unités de guerre se trouvant en dehors des eaux territoriales françaises devront être rappelées en France.
Article 9. Le Haut-Commandement français devra fournir au Haut-Commandement allemand les indications précises sur toutes les mines posées par la France, ainsi que sur tous les barrages de mines dans les ports et en avant des côtes, ainsi que sur les installations militaires de défense et de protection. Le dragage des barrages de mines devra être effectué par les forces françaises dans la mesure où le Haut-Commandement allemand décidera.
Article 10. Le Gouvernement français s’engage à n’entreprendre à l’avenir aucune action hostile contre le Reich allemand avec aucune partie des forces armées qui lui restent, ni d’aucune autre manière. Le Gouvernement français empêchera également les membres des forces armées françaises de quitter le territoire français et veillera à ce que ni les armes, ni des équipements quelconques, ni navires, avions, etc., ne soient transférés en Angleterre ou à l’étranger. Le Gouvernement français interdira aux ressortissants français de combattre contre l’Allemagne au service d’États avec lesquels l’Allemagne se trouve encore en guerre. Les ressortissants français qui ne se conformeraient pas à cette prescription seront traités par les troupes allemandes comme francs-tireurs.
Article 11. Jusqu’à nouvel ordre, il sera interdit aux navires de commerce français de tout genre, y compris les bâtiments de cabotage et les bâtiments de ports se trouvant sous le contrôle français, de sortir des ports. La reprise du trafic commercial sera subordonnée à l’autorisation préalable du Gouvernement allemand ou du Gouvernement italien respectivement. Les navires de commerce français se trouvant en dehors des ports français seront rappelés en France par le Gouvernement français et, si cela n’est pas possible, ils seront dirigés sur des ports neutres. Tous les navires de commerce allemands arraisonnés se trouvant dans les ports français seront rendus en bon état si la demande en est faite.
Article 12. Une interdiction de décollage à l’égard de tous les avions se trouvant sur le territoire français sera prononcée immédiatement. Tout avion décollant sans autorisation préalable allemande sera considéré par l’aviation militaire allemande comme un avion ennemi et sera traité comme tel. Les aérodromes, les installations terrestres de l’aviation militaire en territoire non occupé seront placés sous contrôle allemand ou italien respectivement. Il peut être exigé qu’on les rende inutilisables. Le Gouvernement français est tenu de mettre à la disposition des autorités allemandes tous les avions étrangers se trouvant en territoire non occupé ou de les empêcher de poursuivre leur route. Ces avions devront être livrés aux autorités militaires allemandes.
Article 13. Le Gouvernement français s’engage à veiller à ce que, dans le territoire à occuper par les troupes allemandes, toutes les installations, outils et les stocks militaires soient remis intacts aux troupes allemandes. Il devra en outre veiller à ce que les ports, les entreprises industrielles et les chantiers navals restent dans l’état dans lequel ils se trouvent actuellement, et à ce qu’ils ne soient endommagés d’aucune façon, ni détruits. Il en est de même pour les moyens et voies de communications de toute nature, notamment en ce qui concerne les voies ferrées, les routes et voies navigables, l’ensemble des réseaux télégraphiques et téléphoniques, ainsi que les installations d’indication de navigabilité et de balisage des côtes. En outre le Gouvernement français s’engage, sur ordre du Haut-Commandement allemand, à procéder à tous les travaux de remise en état nécessaires. Le Gouvernement français veillera à ce que, sur le territoire occupé, soient disponibles le personnel spécialisé nécessaire et la quantité de matériel roulant de chemins de fer et autres moyens de communications correspondant aux conditions normales du temps de paix.
Article 14. Tous les postes émetteurs de T.S.F. se trouvant en territoire français doivent cesser sur-le-champ leurs émissions. La reprise des transmissions par T.S.F. dans la partie du territoire non occupée sera soumise à une réglementation spéciale.
Article 15. Le Gouvernement français s’engage à effectuer le transport en transit des marchandises entre le Reich allemand et l’Italie, à travers le territoire non occupé dans la mesure requise par le Gouvernement allemand.
Article 16. Le Gouvernement français procédera au rapatriement de la population dans les territoires occupés, d’accord avec les services allemands compétents.
Article 17. Le Gouvernement français s’engage à empêcher tout transfert de valeurs à caractère économique et des stocks du territoire à occuper par les troupes allemandes dans les territoires non occupés ou à l’étranger. Il ne pourra être disposé de ces valeurs et stocks se trouvant en territoire occupé, qu’en accord avec le Gouvernement du Reich, étant entendu que le Gouvernement allemand tiendra compte de ce qui est nécessaire à la vie des populations des territoires non occupés.
Article 18. Les frais d’entretien des troupes d’occupation allemande sur le territoire français seront à la charge du Gouvernement français.
Article 19. Tous les prisonniers de guerre et prisonniers civils allemands, y compris les prévenus et condamnés qui ont été arrêtés et condamnés pour des actes commis en faveur du Reich allemand, doivent être remis sans délai aux troupes allemandes. Le Gouvernement français est tenu de livrer sur demande tous les ressortissants allemands désignés par le Gouvernement du Reich et qui se trouvent en France, de même que dans les possessions françaises, les colonies, les territoires sous protectorat et sous mandat. Le Gouvernement français s’engage à empêcher le transfert de prisonniers de guerre ou de prisonniers civils allemands de France dans les possessions françaises ou bien à l’étranger. Pour ce qui concerne les prisonniers déjà transférés hors de France, de même que les prisonniers de guerre allemands malades, non évacuables ou blessés, des listes exactes portant la désignation de l’endroit de leur séjour doivent être présentées. Le Haut-Commandement allemand s’occupera des prisonniers de guerre allemands, malades ou blessés.
Article 20. Les membres des forces armées françaises qui sont prisonniers de guerre de l’armée allemande resteront prisonniers de guerre jusqu’à la conclusion de la paix.
Article 21. Le Gouvernement français est responsable de la mise en sécurité de tous les objets et valeurs dont la remise en bon état ou la tenue à la disposition de l’Allemagne est stipulée dans cette convention ou dont le transfert en dehors de la France est défendu. Le Gouvernement français sera passible de dommages et intérêts pour toutes les destructions, dommages ou détournements contraires à la présente convention.
Article 22. Une Commission d’armistice allemande, agissant sous les ordres du Haut-Commandement allemand, réglera et contrôlera l’exécution de la convention d’armistice. La Commission d’armistice est, en outre, appelée à assurer la concordance nécessaire de cette convention, avec la convention d’armistice italo-française. Le Gouvernement français constituera au siège de la Commission d’armistice allemande une délégation chargée de représenter les intérêts français et de recevoir les ordres d’exécution de la Commission allemande d’armistice. Article 23. Cette convention entrera en vigueur aussitôt que le Gouvernement français sera également arrivé, avec le Gouvernement italien, à un accord relatif à la cessation des hostilités. La cessation des hostilités aura lieu six heures après que le Gouvernement italien aura annoncé au Gouvernement du Reich la conclusion de cet accord. Le Gouvernement du Reich fera connaître par radio ce moment au Gouvernement français.
Article 24. La présente convention d’armistice est valable jusqu’à la conclusion du traité de paix. Elle peut être dénoncée à tout moment pour prendre fin immédiatement, par le Gouvernement allemand, si le Gouvernement français ne remplit pas les obligations par lui assumées dans la présente convention.
La présente convention d’armistice a été signée le 22 juin 1940, à 18 h. 36, heure d’été allemande, dans la forêt de Compiègne. Signé : HUNTZIGER, KEITEL.
b) La ligne mentionnée à l’article 2 de la convention d’armistice commence, à l’est, à la frontière franco-suisse, près de Genève, et est jalonnée ensuite par les localités de Dôle, Paray-le-Monial et Bourges, jusqu’à environ vingt kilomètres à l’est de Tours. De là, elle passe à une distance de vingt kilomètres à l’est de la ligne de chemin de fer Tours-Angoulême-Libourne, ainsi que, plus loin, par Mont-de-Marsan et Orthez, jusqu’à la frontière espagnole.
3. Nouvelles prescriptions pour la distribution de l’essence. L’autorité militaire communique : Par ordre du ministre de la Défense nationale le général commandant la 15e région fait connaître que à dater de ce jour la distribution de l’essence pour les besoins .civils est exclusivement du ressort de l’autorité militaire (commandement de l’artillerie de la 15e région. 11, rue Edouard-Delanglade) dans les conditions suivantes : 1. Du 25 juin 0 heure au 30 juin minuit, tous les bans et tickets de carburants JUIN ne sont valables qu’à concurrence de 50 % de leur valeur nominale quantitative, 2. A partir du 1er juillet, les bons ou carnets de carburants remis à des parties prenantes civiles par les organismes civils sont sans valeur. Seule l’autorité militaire ou ses .délégués ont qualité pour délivrer pour JUILLET des bons de carburants. Les bons de carburant ne seront plus délivrés qu’à des fins exclusivement d’intérêt générai qu’appréciera l’autorité militaire ou ses délégués. Les demandes pour juillet peuvent être, adressées aux préfectures et à la Direction des transports militaires des villes d’AIX, Arles, Toulon, Orange, autorités ayant reçu toutes directives utiles. Il ne sera donné satisfaction que pour les véhicules industriels d’intérêt général, à l’exclusion absolue des véhicules personnels de tourisme. Tout abus, tout trafic de bons sera réprimé immédiatement avec toute la rigueur des lois militaires (Le Petit Provençal du jeudi 27 juin 1940).
4. KLAUS MANN, fils de Thomas Man a émigré aux Etats-Unis où il a écrit Le Tournant. A la date du 17 juin, il écrivait : « Devant la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, l’Opéra, des rustres nazis grimaçant un sourire se font photographier… Le dégoût m’étrangle, j’ai, à la lettre, envie de vomir, quand je lis ce genre de choses dans le journal. Les fonctionnaires de la Gestapo et les officiers SS ont-ils du succès auprès des Parisiennes ? Mais certainement. Et le vainqueur de Verdun aux cheveux blancs bénit une telle indécence. « O star of France ! dit la plainte prophétique de Whitman. Star crucified ! by traitors sold ! »
« Admiration pour l’Angleterre. Avec quelle dignité ne parle-t-elle pas, par la bouche de Winston Churchill ! Ses discours sont d’une noblesse qui fait presque, à notre époque, l’effet d’un anachronisme. Mais peut-être ce personnage de la Renaissance, naïf et puissant, d’une grandeur touchante, va-t-il sauver la civilisation du vingtième siècle.
« …L’idée du nouveau journal ne me quitte pas. Comment l’appellerai-je ? Parmi les noms que j’ai envisagés jusqu’ici, c’est Solidarity qui me plaît le plus. »
–1944 – 26 juin : CAMPAGNE DE FRANCE – FRONT DE NORMANDIE : A Cherbourg, avec la chute d’Octeville, la totalité du port de guerre était encore loin d’être tombée aux mains des Américains. Le général Schlieben n’avait expressément capitulé que pour le compte de son état-major. Les chefs des différents quartiers de la place, et en particulier l’arsenal, solidement retranché, restaient libres d’agir à leur initiative. Pour eux tous, le mot d’ordre demeurait : « Gagner du temps à tout prix. »
Cependant, il était clair aux yeux de chacun que la lutte ne pourrait être soutenue longtemps. Derrière les murailles de l’arsenal, il y avait pourtant encore des détachements en état de combattre, sous les ordres du commandant de la place, le major-général Sattler. Mais, contrairement au commandant du port, le capitaine de vaisseau Witt, celui-ci ne considérait pas qu’il fût tenu de prolonger la résistance. Il capitula donc le 27 au matin et fut emmené, avec quatre cents hommes valides, en captivité.
Le capitaine Witt n’était pas du tout disposé à en faire autant. Il fit occuper par une unité du Service du Travail les abords des bassins à flot et des écluses, sur lesquels il procéda aux dernières destructions, puis, profitant de la marée montante, avec huit officiers et trente hommes, il gagna, à bord d’un petit yacht à voile et de deux baleinières, le môle extérieur. Dans le fort ouest se trouvait toujours le tableau de commande pour la mise à feu des mines semées dans les passes ouest de la rade. Qui gardait la main sur ces boutons pouvait à volonté en interdire l’accès.
Le général Collins, à qui ses victoires éclair, avec la 25e Division, sur les Japonais à Java avait valu le surnom flatteur de « Blitz Joe », ne décolérait pas du temps mis pour venir à bout de Cherbourg. Sa réputation s’en trouvait lésée. Il pouvait d’autant moins tolérer que les nids de résistance allemands en face de lui donnassent matière à des récits épiques. De ce jour, sa lutte contre Witt devint pour lui une question de prestige personnel.
Ce ne fut que quand un obus de rupture, effondrant sa carapace de béton, eut bouleversé le clavier de commande du champ de mines, commis à sa garde, que Witt, blessé, accepta de cesser de le défendre.
Tout à fait à l’ouest de Cherbourg, dans la presqu’île dite « des Transmissions », la lutte se prolongea assez longtemps aussi. La région tirait son nom des très nombreux appareils de repérage de la marine et de l’aviation qui y étaient installés pour la surveillance des côtes de l’Angleterre.
S’y étaient retranchées : le groupement Kiel, le corps francs Messerschmitt et le bataillon de mitrailleurs n°17, appuyés par l’artillerie du commandant Quittnat. Plus à l’ouest, le groupement Müller disposait de deux batteries du 243e.
Il fallut à la 9e D.I. U.S. enlever successivement chaque point d’appui. Ce ne sera que le 30 juin que capitulerons les derniers nids de résistance, tout-à-fait à l’extrémité de la pointe de Jobourg. A l’autre bout du front, à une douzaine de kilomètres, l’imposant ouvrage dit « d’Osteck », ne sera enlevé que le 28 juin (Paul Carell, Ils arrivent).
–1954 – 27 juin – Jacobo Arbenz, le président réformateur du Guatemala, est chassé du pouvoir au terme d’un soulèvement fomenté par la CIA. C’est l’époque où le poète Pablo Neruda dénonce les « republicas bananas », républiques d’Amérique centrale soumises au bon vouloir des compagnies américaines. United Fruit est la caricature de ces multinationales anonymes accusées d’abuser de la faiblesse des républiques centraméricaines pour exploiter d’immenses plantations de bananes aux meilleures conditions.
–1959 – 27 juin : INAUGURATION DE LA CITE DE LA JEUNESSE A SANARY en présence de M. Maurice Herzog, ministre de la jeunesse et des Sports. Evolution de cette salle :
L’année 1977 est à marquer d’une pierre blanche dans le monde sportif sanaryen. En effet, au mois d’août dernier, Monsieur le Chanoine Galli a fait don à la commune de la cité de la Jeunesse, concrétisant ainsi ce qui a toujours été son intention : mettre cette magnifique réalisation à la disposition des jeunes de Sanary.[…] En effet, Monsieur Galli n’a jamais eu l’intention de construire une salle paroissiale et encore moins une église. Il n’a jamais caché qu’il s’agissait d’une réalisation destinée aux jeunes. Il a affirmé publiquement, à maintes reprises, que cette salle était destinée aux jeunes sportifs de Sanary et d’ailleurs, quelles que soient leurs opinions religieuses ou politiques. Si cette salle a été affectée au culte, c’est que Monseigneur Gaudel, alors évêque de Fréjus et Toulon, a conseillé l’abbé Galli et l’a autorisé à célébrer le culte pendant la période estivale, l’église paroissiale s’avérant trop petite. Les fonds nécessaires à l’achat du terrain et à la construction ont été en grande partie fournis par l’abbé Galli, sa famille et ses amis et bien évidemment, par les paroissiens qui désiraient participer à cette œuvre en faveur des jeunes. Ce qui aurait été abusif et qui aurait certainement provoqué des réactions nombreuses à Sanary, c’eût été justement que la cité de la Jeunesse soit affectée à une autre destination que ce pour quoi elle a été réalisée. Il ne faut pas oublier non plus, mais combien de détracteurs actuels connaissent la véritable histoire de cette réalisation que par deux fois, le Secrétariat d’État à la Jeunesse et aux Sports a versé à l’abbé Galli une subvention et que le Président Georges Pompidou lui a décerné la croix de Chevalier de la Légion d’honneur pour être un des pionniers de l’action en faveur des jeunes. C’est d’ailleurs ce qu’a souligné Monsieur Joseph Comiti, alors ministre des Sports, lorsqu’il est venu personnellement remettre cette décoration à l’intéressé. […] (Sanary-sur-Mer, 1000 ans d’histoire).
–1964 – 27 juin : Création de l’O.R.T.F.
-1976 – 27 juin : Décès d’Albert Dubout, dessinateur, humoriste et peintre.
–1987 – 27 juin : INAUGURATION DU CENTRE NAUTIQUE DE SAINT-MANDRIER – Après la récente création d’une Ecole de plongée, a été inauguré à 11 heures, le Centre nautique et son Ecole de voile. La présidence du Centre a été confiée à M. Le Bihan, et les cours assurés par M. Bretones, moniteur diplômé d’Etat. Guy Moine, dans son discours inaugural, devait remercier l’U.F.O.V.A.L. qui patronne la colonie de vacances des Vosges, qui a fourni 6 des 12 bateaux (Optimist), les 6 autres ayant été pris en charge par des artisans locaux dont les Chantiers ACSM Lagarde qui ont fabriqué les coques, les voileries Loiseau qui ont fourni les voiles et Meignan Accastillage qui a fourni, quant à lui, tout le gréement. A 18 heures, a eu lieu dans les mêmes locaux l’inauguration du Syndicat d’initiative et de la Bibliothèque municipale en présence d’une foule nombreuse où la surprise fut créée par M. Gilles Vincent, Adjoint au Maire, qui arriva au rendez-vous en camion dont l’arrière était recouvert d’une grande bâche cachant un splendide tableau de Pelabon, mesurant plus de 3 mètres, datant du XIXème siècle, représentant le port de Saint-Mandrier. Guy Moine proposa la création d’un Comité de soutien et lança une souscription pour l’achat du tableau qui était estimé à 55 000 F. Le Conseil municipal fut le premier souscripteur pour la somme de 5 000 F. Cette souscription arriva à ses fins puisque le tableau fut acquis par la ville et depuis, il trône dans le bureau du Maire (Gisèle Argensse, 2000, p. 144-145).
–1988 – 27 juin : A Paris, une collision de trains en gare de Lyon, fait 56 morts.
–1991 – 27 juin : 20 MORTS DANS UN INCENDIE DANS LE GERS – Dans le Gers, un incendie qui s’est déclaré à Barbotan-les-Thermes fait 20 morts.

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE : Chaud-froid.
Dans un restaurant:
-On étouffe ! Garçon, mettez en marche la climatisation.
-Bien, monsieur.
Dix minutes plus tard…
-On gèle, ici ! Arrêtez un peu la climatisation.
– Bien, monsieur.
Un autre client:
-Vous êtes bien patient !
-Vous savez, répond le garçon, l’essentiel est qu’il soit content. D’ailleurs, nous n’avons pas encore fait installer la climatisation … !

Je vous souhaite une bonne dernière semaine de juin et vous dis « à demain ! ».
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