ÉPHÉMÉRIDES DU SAMEDI 17 JUIN 2023 – 12e ANNÉE (n° 3825).

Illustration : 1er juillet 1639 Carte de la rade de Toulon avec l’isthme des Sablettes;
FÊTES : Au calendrier, c’est la saint Hervé, protecteur des maladies des yeux !
Aveugle de naissance, saint Hervé vécu au VIe siècle. La légende raconte que ce moine breton marchait accompagné d’un loup en guise de guide. Très populaire en Bretagne, saint Hervé est aussi protecteur des chevaux. Il reçut une éducation d’enseignant puis de ménestrel avant d’être abbé de Plouvien. Aujourd’hui, 128 000 personnes portent ce prénom populaire dans les années 1960 et 26 000 l’ont pour patronyme.
C’est aussi la sainte Emilie (Amélie, Emie, Emilia, Emilie, Emmie, Emmy, Mylia) et la saint Rainier.
Au calendrier républicain, ce 29e jour de prairial était dédié à la pivoine, connue par une quarantaine de plantes vivaces, herbacées ou arbustives aux feuilles vert tendre ou foncé.
DICTON : « Soleil à la saint HervÉ fait présager un bel été ! ».
LOCUTIONS ET TRADITIONS Provençales : “San Ours, douna me un espous. Que siegue drech, que siegue gibous. Mai qu’agué lou capel” (Saint Oures, donne-moi un mari. Qu’il soit droit ou qu’il soit bossu, mais qu’il ait un chapeau.) Le 17 juin, à l’occasion de la fête de Saint-Ours, village de la vallée de Barcelonnette, le pèlerinage voyait jadis des foules venir de la Valeia, du Queyras et du Piémont. Saint Ours était réputé protéger les enfants et les guérir. L’usage demeura longtemps de pérégriner dans la nuit du 16 au 17, avec une messe à partir de minuit et des communions. Il y avait nombre d’ex-voto dans l’église. On les a enlevés en trop grand nombre. Sur l’esplanade, on voyait trois croix de bois qu’il fallait assez souvent renouveler. On coupait au couteau, ou avec les dents, une fibre en disant, quand on est demoiselle cherchant époux : “San Ours, douna me un espous. Que siegue drech, que siegue gibous. Mai qu’agué lou capel”. L’église et les croix sont à 1800 mètres d’altitude, dans la plus haute Provence (Pierre Provence, 1942).
LE MOT DU JOUR :

« On n’étrangle pas des idées avec des matraques ou avec des cailloux » (journal « Le Rappel », daté du 5 janvier 1927. Je sais, je l’ai déjà placée, mais elle est tellement d’actualité, qu’il me plait de la resservir).
« Domine tes passions pour qu’elles ne te dominent pas. » (Publilius Syrus, « Sentences », 1er siècle av. J.-C., auteur d’aphorismes extraits de ses pièces mimiques qui incluaient des maximes et des observations piquantes, comme « Le juge est condamné quand le coupable est acquitté », encore appréciées un siècle plus tard par Sénèque,.
En direct de NOTRE bibliothèque :

SANARY – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES (synthèse de textes extraits des Cahiers du patrimoine OUEST VAROIS n°2 à 11).
43e livraison : Depuis le Xe siècle, pour les membres de la famille vicomtale de Marseille, qu’ils fussent vicomtes, abbés ou évêques, tous seigneurs de ces lieux situés le long d’une côte découpée mais rocheuse, la possession des terres s’étendant de Marseille jusqu’à Toulon inclus impliquait nécessairement l’utilisation de la voie maritime.
Au 12e siècle, paraissait la première mention de Sanary quand un prieuré dédié à Saint-Nazaire, et tenu par l’abbaye marseillaise de Saint-Victor, fut cité sous le vocable de « Sancti-Nazarii » en 1113. Au tout début du 13e siècle ce fut celle de Bendor. Si Sanary désignait bien un lieu habité par des moines et leurs cultivateurs, en revanche Bendor n’était qu’un îlot qui permettait à un navigateur de se mettre à l’abri alors qu’aucun habitat n’y existait encore.
La réforme grégorienne (fin XIe-début XIIe s.) qui tendait à retirer aux seigneurs laïques les droits qu’ils possédaient sur les terres d’église, conduisit à l’émergence d’un certain nombre de seigneuries ecclésiastiques qui échappèrent aux vicomtes de Marseille, toutes terres formant alors un véritable grenier à blé qui fit par la suite défaut à Toulon dans les temps de disette. Ce sont :
- La Cadière qui comprenait à l’époque Saint-Cyr et Bandol depuis 972,
- Le Beausset dont la terre fut séparée de celle du Castellet en 1151,
- Six-Fours détaché de Toulon avec Le Brusc, les îles des Embiez, La Seyne et Cépet en 1156.
Le découpage se poursuivit du fait des mariages entre familles seigneuriales, comme ce fut le cas d’Ollioules au XIIIe siècle qui fut séparé de Toulon et uni à la seigneurie des Signes d’Evenos, cette dernière étant elle-même issue d’un démembrement de celle de Signes. Ce qui entraîna un développement du château féodal dominant encore la ville de ses ruines.
Sur le territoire de La Cadière mentionné en 972, Bandol apparut pour la première fois vers 1200, et encore n’était-ce qu’une île dénommée « insula Bendoroi » puis « Bandor » en 1229, que la reine Jeanne 1ère confirma à l’abbaye de Saint-Victor en 1354. Il n’y avait alors pas de port habité, mais un simple abri protégé du mistral et du vent du sud par l’île de Bendor.
(à suivre).
MARSEILLE – LES VIEILLES RUES ET AUTRES CONSIDERATIONS (Bouyala d’Arnaud).

-243e livraison : LE TERROIR MARSEILLAIS
MONTREDON (à 7, 620 km, banlieue sud).
Ce quartier de villas s’étend de Mazargues à la mer et est bordé, au sud, par les arêtes abruptes de Marseilleveyre. L’origine de son nom est Podium Rotundum ou Rotundus (XIe siècle). Ainsi était appelé le « Collet Redon », petit sommet qui domine la côte et fut miné à sa base pour établir une communication directe avec Mazargues. Il existait à Montredon, au XVII siècle, une chapelle de la Nativité qui fut mise aux enchères pendant la Révolution. La nouvelle église (1854), romano-byzantine, comme la nouvelle cathédrale de la Major, a été placée sous le vocable de Sainte-Eusébie et de ses compagnes, les desnarado. A la route de Montredon aboutit la belle allée du « Château Pastré » ou « Château de Montredon ». Comme à cet endroit le terrain est sablonneux, le propriétaire du château, sous le Second Empire, J.B. Pastré, eut la curieuse idée d’y élever des autruches.
Il y a à Montredon une bastide Clary. Pour commémorer le souvenir de cette famille dans cette résidence, une plaque de marbre, qui comporte des erreurs, a été apposée sur la façade. En réalité, cette bastide était celle de la famille Fléchon. Elle passa, en 1808, à Etienne Clary, fils de François Clary et de sa première femme, Thérèse Fléchon. Elle fut vendue, en 1839, par les enfants d’Etienne Clary aux Pastré, propriétaires du château voisin, et elle passa par succession au comte de Sanderval. Cette bastide est située non loin de la Grotte-Rolland, dans laquelle Boucher de Perthes fit, en 1805, des recherches préhistoriques.
Quelques documents relatifs à Montredon :
–XIe siècle : Podium rotundum, XIe siècle (cartulaire de Saint Victor, n° 42)
–supplément inédit au cartulaire de Saint-Victor : Mons rotundus.
–1278 – 27 mai : Las planas de Montredon, 27 mai 1278 (acte notarié).
–1333 – 18 août : Mont redon le Petit, (acte notarié).
–1431 – 30 août : Lo Grant Montredon, (charte aux archives municipales)
–1789 – 22 décembre : Marseille – Dans la circonscription départementale, faite en vertu de la loi du 22 décembre 1789, (8 janvier 1790), Mazargues formait le 5e canton du 3e district des Bouches-du-Rhône avec les quartiers de Sainte-Marguerite, Bonneveine, Montredon, Carpiagne, Luminy, le Rouet, Saint-Giniès, Notre- Dame-de-la-Garde (Mortreuil).
–1872 : Une chapelle en ruines, sous le titre de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge, était auprès de la colline ; elle était succursale de la paroisse Saint-Ferréol.
(à suivre)
EPHEMERIDES

–656 – 17 juin : ASSASSINAT DU CALIFE OTHMAN – Le troisième calife Othman ben Affan est assassiné à Médine par des musulmans mécontents de sa gestion des affaires et de son interprétation de la doctrine de l’islam. Après d’âpres disputes, les leaders musulmans l’avaient choisi comme calife pour succéder à Abou Bakr et Omar. La mort de ce vieillard de plus de 80 ans va être à l’origine de la Grande Discorde, guerre civile qui donnera naissance aux deux principales branches de l’islam, le sunnisme, tradition umayyade, et le chiisme, soutien de ‘Alî.
–1219 – 17 juin : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Quartuns (cartulaire de Saint- Victor, n°912). Cars, cours d’eau qui alimente le ruisseau des Aygalades.
–1223 – 17 juin :
1. LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Aqua Lata, 17 juin 1223 (cartulaire de Saint-Victor), n° 946. On voit d’après les indications anciennes que le mot Eygalades, quoique officiel au XIXe s., doit être écrit Aygalades, le seul qui réponde à son étymologie. Les Aygalades – hameau en1872. Le lieu des Aygalades fut érigé en fief en faveur de Jacques de Remezan par lettres de Charles VIII du mois d’avril 1489 (reg. Pellicanus de la Cour des Comptes, fol. 114). Cette seigneurie obtint par alliance à Jean Mey-nier d’Oppède qui en fit hommage au roi en 1532 (reg. Hommagiorum, n° 29, fol. 250). Antoine de Glandevès ayant épousé Claire de Meynier renouvela cet hommage en 1543 (reg. Homm., n° 14, fol. 185). Le président de La Cépède en était seigneur en 1569 (reg. Justicia, fol. 68). Ce fief passa successivement entre les mains de Mestre d’Aigalades (1790), de Barras (1807), d’un sieur Ganivet (1819) et en dernier lieu (1828), du comte de Castellane. Le fief d’Aygalade avait droit de juridiction, et un juge, ordinairement un avocat en la Cour, y remplissait les fonctions judiciaires.
2. donation a saint-victor de biens situes à Pourrières – Fait à Trets. Ratification par Burgondion [de Marseille], seigneur de Trets, comme seigneur de Pourrières, de la donation faite à l’infirmerie de Saint-Victor par Rainaud de Pourrières, moine de Saint-Victor, de tous les biens qu’il possède à Pourrières (acte n° 427 des vicomtes Marseille, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : B. Saint-Victor, Petit Cartulaire; fol. 120. a. Guérard, n° 946).
–1342 – 17 juin :Testament de Béatrix, dame de Trets et du Revest : Trets. Testament de Béatrix, dame de Trets et du Revest, fille de feue Sibile de Trets. Héritiers universels: Raimond et Dragonet de Montauban…. (Acte des vicomtes de Marseille n°656). Le 31 août, elle donnera procuration à Hugues Dalmas, Albert Roux et Pierre Gantelmi, de Toulon, pour l’administration de ses biens et droits (de Gérin-Ricard : Arch. départ. du Var, E suppl., 559, fol. 136 v°
–1457 – 17 juin : LIEUX-DITS D’AUBAGNE –
1. l’Almonia (registre aux archives de l’Evêché). L’Aumône – ferme, quartier de Camp-Majour (1872). Terre appartenant à l’Aumônerie de l’abbaye de Saint- Victor, sous le titre de la Conception-Notre-Dame. Elle dépendait autrefois du territoire de Saint-Marcel, ou de celui de l’église de Saint-Cyr, car de ce côté les limites du terroir de Marseille avaient donné lieu à de fréquentes contestations, dès une époque très reculée , et n’étaient pas bien précises. L’Aumône était divisée en divers tènements qui s’appelaient l’Aumône neuve, l’Aumône vieille, la Pastèque, les Sidores, la Courren, Sebellier ou Gibelins, la Bastidone, Lieutaud. Première mention : Vinee de Elemosina in Castro S. Marcelli, XIe siècle (cartulaire de Saint-Victor, charte n° 42).
2. Karolus de Castillione, dominas Albaneedat ad acapitum Bertr. Bouissono boscam retro l’Almonia (registre aux archives de l’Évêché). Les Bouissones – quartier rural, quartier de l’Aumône (1872).
–1499 – 17 juin : lieux-dits de marseille –
1. L’Orleda sive als armonils, (acte aux archives de Saint-Victor). Massillon, jardin et bâtiment appartenant à l’abbaye de Saint-Victor, quartier de Saint-Giniez. Première mentions au XIe siècle : Ortus, (cartulaire de Saint-Victor, n° 89).
2. Paradour de Sainte-Marguerite, (acte aux archives de Saint-Victor). Moulin de Paradou, moulin à eau, à la jonction du Jarret et du grand béal de l’Huveaune. Construit dans le cours du XIe siècle par les moines de Saint-Victor, ce moulin, dépendait de la cellerarie de cette abbaye (cartulaire de Saint-Victor, n° 20).
–18 juin 1577 : PROCES ENTRE TOULON ET SIX-FOURS AU SUJET DE SAINT-MANDRIER – « Quelques particuliers de Tollon ayant entrepris de cultiver et posséder quelque partie de terre au terroir de Six-Fours, dans la péninsule de Sépet, étant à présent du terroir de la Seine, serait (aurait) été intenté procès par-devant la Cour du Parlement, entre les syndics de la communauté dudit Six-Fours, tant à leurs noms, que comme cessionnaires de Monseigneur l’abbé de St Victor les Marseille, demandeurs, aux fins d’être réintégrés à la possession et jouissance de certain quartier de terre situé à Sépet et au lieudit Saint Mandries, réduits en culture, et Messire Jean Baptiste Muradour, bénéficié en l’église cathédrale de Tollon, prieur de Saint Mandries, Anthoine Bremond, Sauvaire et Jean Julliens et autres particuliers dudit Tollon, disant avoir cause dudit Messire Muradour, et les consuls et communauté de ladite ville, joint à eux, Monsieur le procureur du Roi.
A la poursuite duquel procès serait intervenu arrêt de ladite cour, le 18 juin 1577, au vue de pièces, par lequel vue, il est fait mention des susdites lettre royaux du 11 octobre 1571. Requête de jonction de ladite communauté de Tollon du 11 mars 1573. Certains examens à facteur, faits de la part des syndics de Six-Fours du 5 mai 1486. Instrument contenant un procès fait par Monsieur Jean Martin, en son vivant chancelier du Roi de Cicille, Comte de Provence, et Maître Vidal de Cabanes, juge des secondes appellations et Mestre Rassional et Mestre Reynaud Puget, respectivement, Mestre Rassional par commission du sénéchal de Provence, dans lequel sont insérées l’échange fait entre la Reine Jeanne de Cicille et l’abbé.
Ensemble, la sentence donnée par lesdits commissaires, en date, ledit instrument du 17 juin 1455 » (Jean Denans, 1713). Nota : j’ai volontairement conservé l’orthographe du texte de l’auteur (HR).
–1622- 17 juin : LE PARLEMENT D’AIX ORDONNE A TOULON D’ETABLIR UN LAZARET A CEPET – Arrêté du parlement d’Aix pris le 17 juin 1622 et ordonnance du même parlement prise le 19 mai 1630 enjoignant à la ville de Tholon d’établir un lazaret dans l’île Sépet. Ce sera chose faite 30 ans plus tard, après la séparation de La Seyne et de Six-Fours (Cahier du patrimoine ouest varois n°14, La Seyne et Saint-Mandrier, 2012).
–1676- 17 juin : Affranchissement d’une rente perpétuelle que la terre de la Môle faisait au couvent des Cordeliers d’Hyères, suite du testament de Rossolin de Fos (Catalogue des titres de la terre de la Molle, n° 34.)
–1787- 17 juin : Edit royal engageant une réforme administrative avec, tout particulièrement, la généralisation des assemblées provinciales et municipales (Jean-Charles Volkmann, 1997).
–1789 – 17 juin : à Versailles, le tiers état et quelques représentants du clergé aux état généraux se proclament Assemblée nationale et décident d’élaborer une Constitution pour la France – Le 17 juin, les députés du tiers état, rejoints par quelques députés du clergé et de la noblesse, se proclament « Assemblée nationale constituante » (Jacques Godechot, Les Institutions de la France). Malgré les conseils de prudence de Mounier ou de Mirabeau, Sieyès propose le terme d’ « Assemblée nationale », adopté à une forte majorité, après un débat de deux jours. L’acte révolutionnaire est consommé : l’ancienne société, dans sa composante politique, n’existe plus. Le Tiers a créé un nouveau pouvoir, indépendant du roi. A l’appel de leur président, Bailly, les députés prononcent un serment solennel de fidélité à leurs fonctions, fonctions qu’ils ont définies eux-mêmes (Agenda du Bicentenaire, MERCREDI 17 juin).
–1793 – 17 juin :
1. la Convention met hors la loi le tribunal populaire et casse le Comité général des Sections de MarseillE – Le 2 juin, Paris a fait sa révolution anti-girondine. Loin d’abattre le courage marseillais, la nouvelle y durcit les positions : le Comité central des sections par « l’adresse des Marseillais à leurs frères des 85 départements » se déclare en insurrection contre la Convention Nationale. La réaction ne se fait pas attendre : la Convention met hors la loi le tribunal populaire et casse le Comité général des Sections de Marseille (17 juin). Devant les réticences des corps administratifs à l’insurrection ouverte, le Comité des Sections les suspend puis les renouvelle à sa façon : l’exécution en ces jours de Barthélemy, administrateur du département et bon jacobin, confirme le caractère inexpiable de la lutte qui s’engage.
C’est en ce moment qu’il convient sans doute de faire le point sur l’extension et les chances du fédéralisme en Provence. La correspondance des sections de Marseille permet de dresser des sections rurales une carte aussi continue et à peine moins dense que celle des sociétés populaires auxquelles elles se substituent. N’attendons pas d’elles beaucoup plus qu’une adhésion, parfois l’envoi de volontaires (Rians) ; pour la plupart l’attentisme reste de rigueur. Hors des Bouches-du-Rhône le mouvement sectionnaire s’est étendu dans la plaine de la Durance, dans le district d’Apt, dans tout le Bas Comtat jusqu’à Mondragon au nord ; ici cependant, le succès est loin d’être sans partage (Michel Vovelle, « La Provence et la Révolution », dans Histoire de la Provence (dir. E. Baratier), Toulouse, Privat, 1969).
2. Il semble que d’emblée, la municipalité beaussétane en place ait pris fait et cause pour le parti fédéraliste. En effet, le 17 juin, la commune reçoit un manifeste du comité central des sections de Marseille qui lui annonce les événements parisiens, et lui apprend que « des sections de la République méconnaissent la représentation nationale ». Aussitôt, vus « les dangers de la patrie et les circonstances présentes », la commune décide d’augmenter son potentiel en armes, et d’adjoindre deux canons en fonte de calibre 4, avec les munitions nécessaires, aux deux pièces de canon de même calibre qu’elle possède depuis un an déjà. Ces deux derniers canons sont restés sur place au Beausset lors du départ des volontaires en septembre 1792, attendu « qu’ils ne sont guère propres au transport, étant très lourds, et fatigant les canonniers » ! (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française…)
–1794 – 17 juin (29 prairial An II) :
1. On manquait déjà de pain. On manque désormais de viande. Le 29 prairial an II (17 juin 1794), le maire du Beausset reçoit les plaintes des citoyens, « dont les uns ont des femmes en couches, les autres des malades ». Ils se plaignent de ce « qu’ils ne trouvent aucune ressource en viande dans le pays, et que souvent bien des malades eussent été plus tôt guéris et d’autres n’eussent pas succombé faute de pouvoir leur procurer un bouillon ». Si ça n’est pas vraiment la famine, on n’en est pas moins manifestement dans un état de malnutrition chronique. Aussi, « afin de procurer un soulagement si essentiel à l’humanité souffrante », la municipalité va prendre une mesure d’un caractère très « social ». Il est décidé d’aller acheter « plusieurs moutons aux marchés dans nos environs, pour la subsistance et le soulagement des malades. La perte s’il y en a, sera supportée par la commune ».
A la même époque, on nomme deux commissaires, chargés de surveiller « la coupe des grains des biens des émigrés, ainsi que leur foulaison ». Cette dernière opération devant avoir lieu à l’aire du ci-devant Fulconis. Les aléas de la politique ont éloigné certains beaussétans de leur village. Or la Convention nationale a décidé de mettre sous séquestre tous les biens et usufruits des émigrés et punis de mort. La nature continuant son cycle, et les biens des émigrés étant devenus biens nationaux, c’est un devoir civique que de moissonner leurs champs, et bientôt de vendanger de nouveau leurs vignes !… (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française…).
2. Etat des frais faits par la Commission municipale d’Ollioules à l’occasion du siège de Toulon – Pendant le siège de Toulon la commune d’Ollioules fut en grande partie dévastée… tout particulièrement les quartiers Quiez, Lagoubran, Darbousson, La Beaucaire, Faveyrolles, Escaillon, Valbertrand. Ce fut la détresse, comme l’indique la pénurie de paillasses ramassées pour l’armée d’Italie…
Le général Carteaux avait établi son quartier général dans Ollioules, quartier Tremaillon, dans l’immeuble de M. de Grimaldy, actuellement Ecole de Garçons « Le Château » ; de même, la plupart des généraux et représentants du peuple habitaient en ville, comme le confirme l’état des frais qui suit. Par la suite, le général Carteaux transporta son quartier général au château de Montauban, d’où l’on domine le port de Toulon. …
29 prairial an II – Etat des frais faits par la Commission municipale d’Ollioules à l’occasion du siège de Toulon, aujourd’hui port la Montagne
Payé pour un fanal pour le corps de garde de la commune : 5 livres
Id. pour chandelles : 5 livres 15 s.
Id. pour huile : 1 livre 10 s.
Id. pour 5 journées employées à nettoyer les prisons militaires et civiles et y apporter la paille, à 3 livres l’une : 15 livres.
Id. pour mèches : 15 sols
Id. aux Cordeil, père et fils, concierges des prisons militaires pour 2 mois de salaire : 180 livres
Id. aux mêmes pour 1 mois et 12 jours : 63 livres
Id. au citoyen Vincent, maçon, pour réparations faites à la maison qu’habitent les représentants du peuple : 36 livres
Id. au même, pour réparations faites à la maison habitée par les ingénieurs des armées : 8 livres
Id. au citoyen Venel, serrurier, pour travail fait aux prisons militaires : 50 livres
Id. au citoyen Grimaud pour 7 journées employées à numéroter les maisons : 21 livres
Id. pour les journées employées à enlever la boue des rues : 8 livres
Id. pour 2 journées employées à réparer le couvert d’une maison nationale où logeaient les ingénieurs : 8 livres
Id. au citoyen Aubert, maçon, pour avoir réparé l’abreuvoir : 30 livres
Id. pour des journées employées à enterrer des mulets morts : 12 livres
Id. pour des journées employées à enlever les boues : 39 livres
Id. pour des journées employer pour porter de la paille aux prisons : 14 livres
Id. pour avoir fait abattre un mur pour grandir l’avenue du village près le pont : 34 livres
Id. pour des journées employées à nettoyer les ruisseaux : 46 livres
Id. au citoyen Esprit, pour avoir peint les planches des poteaux qui furent plantés depuis Ollioules jusqu’à Six-Fours, d’après l’arrêté du représentant : 84 livres
Id. au citoyen Léonard, maçon, pour réparations faites à la maison qu’habitait le général Dugommier 71 livres
Id. au citoyen Venel, serrurier, pour réparations faites à la maison qu’habitait le général Carteaux : 87 livres 15 s.
Id. au même, pour réparations et ouvrages faits à la maison qu’habitait le général Garnier : 66 livres 11 sous
Id. au même, pour réparations faites à la maison où il y avait l’imprimerie : 115 livres 15 sous
Id. au citoyen Astruc, pour les frais faits par lui relativement aux réverbères pour les avenues du village : 150 livres
Id. pour 30 livres de chandelles pour le corps de garde : 31 livres 10 s.
Id. pour faire transporter les dits réverbères à Marseille, attendu leur inutilité : 50 livres
Id. au citoyen Fabre, menuisier, pour divers travaux faits dans les maisons qu’habitaient les représentants du peuple et les généraux : 161 livres
Id. au même, pour divers ouvrages faits aux prisons et aux maisons des émigrés : 119 livres
Id. pour 2 lampes pour le corps de garde : 4 livres 10 s.
Id. pour journées d’hommes et de femmes employés à réparer le chemin, pour faciliter le transport de l’artillerie, d’après les ordres du représentant Barras : 590 livres
Id. au citoyen Vincent Chabaud, pour 33 livres et demie de chandelles à 25 sols la livre et 10 sols la mèche : 42 livres 15 s.
Total : 2154 livres 9 s.
Certifié véritable, à Ollioules : Lardier, commissaire municipal ; Moutte, commissaire municipal ; Besson, maire.
Vu par nous, administrateurs du district du Beausset, au Beausset, le 29 prairial an 2e de la République une et indivisible : Guigou, Hermitte, Simon, Négri (Castellan E., 1937, p. 221-222).
–1795 – 17 juin (29 prairial) : Condamnation à mort de six députés Montagnards. Le comité de législation de la Convention demande aux administrations locales de ne pas enquêter sur le passé des prêtres qui font leur soumission aux lois de la République (Yann Fauchois, 2001).
–1796 – 17 juin (29 prairial) : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Vallon de Menuguet (registre de l’Ecritoire). Pinède, cap, au quartier de Séon (1876).
–1830 – 17 juin : CONQUÊTE D’ALGER – Les 17 et 18 juin, on continue l’opération de débarquement à Sidi Ferruch (Alfred Nettement).
–1841 – 17 juin : INSTALLATION DU RECTEUR DE L’EGLISE SUCCURSALE DE SAINT-MANDRIER – Séance du conseil municipal au cours de laquelle M. le Maire de La Seyne a exposé qu’en exécution de l’ordonnance royale du 31 mai 1840 qui érige en succursale la presqu’île de Saint-Mandrier, M. Jean Baptiste Lautier, prêtre vicaire de cette paroisse a été nommé recteur de la dite succursale par Monseigneur l’évêque de Fréjus le 13 juin et qu’il a été installé en cette qualité le 17 juin. Il faudra voter une indemnité de logement, aucune maison presbytérale n’existant à la presqu’île. Saint-Mandrier a donc un prêtre. Il faut maintenant construire l’église et pour cela on doit trouver un terrain. C’est le Conseil de fabrique de la succursale qui va s’en occuper (Gisèle Argensse, 1989, p. 63).
–1853 – 17 juin : Au début du Second Empire, le prix du pain n’était pas uniformisé. Sa consommation tenait une part beaucoup plus grande dans l’alimentation que de nos jours. La hausse du prix du pain pouvait donc entraîner des manifestations populaires. On comprend que les administrations départementales aient eu les yeux rivés sur un tel baromètre comme l’indiquent cette lettre du Conseiller de préfecture délégué, H. Angles, envoyée le 17 juin 1853 au Commissaire départemental (avec réponse de ce dernier et sa lettre au maire), et le tableau des variations du prix du pain entre le 15 octobre 1853 et le 23 décembre 1854 (Sources : A.D. Var 4 M 37) :
« Je suis informé qu’une augmentation très forte a été faite sur le prix du pain que les boulangers (…) vendent (…). Le kilogramme de pain qui, la semaine dernière était à 35 centimes a été porté aujourd’hui (17 juin 1853) à 42 centimes. Le blé qui n’est acheté que par les boulangers s’est vendu mardi au marché (…) à 43, 20 F les 16 décalitres (soit une « charge », mesure courante pour l’époque). J’ai tout lieu de croire que les boulangers (…) se sont entendus avec les marchands de grains pour opérer cette hausse. Il m’est rapporté en outre que le pain n’est jamais cuit à point. Assurez-vous de la réalité de ces renseignements et donnez des ordres en conséquence au commissaire cantonal pour faire cesser cet état de choses et soulager ainsi la classe laborieuse et indigente (…) qui aurait beaucoup à souffrir de l’augmentation et de la mauvaise qualité de cet aliment de première nécessité. S’il y a coalisation (coalition, entente illicite), il faudra en poursuivre les auteurs devant les tribunaux… »
« Réponse du commissaire départemental : « (…) ma conférence avec M. le Maire, M. le Juge de paix et M. le commissaire de police m’ont donné la triste conviction qu’il n’y avait pas plus d’intelligence et d’habileté chez M. le Maire pour l’administration de sa commune qu’il n’y avait de justice, de modération, de vérité dans l’appréciation des démarches de pensée de l’état moral et politique de la plupart de ses administrés (…)M. Le Maire (en autorisant d’élever de 35 centimes à 42 centimes le kilo de pain, augmentation énorme et sans exemple, avait avec juste raison jeté l’alarme et le mécontentement dans la population (…) »
Lettre du commissaire départemental au Maire : (…) Vous êtes donc décidément dupe d’un accord frauduleux entre vos boulangers et les marchands qui les approvisionnent (…) et qui s’entendent entre eux. Il faut, et sans hésiter (…) adopter une moyenne raisonnable (…) et faire provisoirement une taxe du pain en conséquence. N’oubliez pas de m’envoyer mardi le poids exact d’un sac de blé mis en vente au marché (Bellenfant M., Rinaudo Y., 1990, p. 65,87, 93).
–1899 – 17 juin : ASSAINISSEMENT DE L’ANSE DU CREUX SAINT-GEORGES – M. Jubert, entrepreneur à La Seyne et adjudicataire des importants travaux d’assainissement de l’anse du Creux-Saint-Georges, vient se rendre compte sur place et visite l’emplacement en compagnie de M. Peyret (Gisèle Argensse, 1989 ; p. 90).
–1867 – 17 juin : AENDA 1867 de SANARY (Henri Flotte) – Lundi 17 juin, St Avit : Même temps que les jours passés. Vent à l’ouest, forte brise.
–1917 – 17 juin :
1. La Grande Guerre…au jour le jour.
Canonnade assez vive sur le front de Champagne.
Près de Courcy, nous avons repris une tranchée dont tous les occupants ont été tués ou capturés.
Sur le front italien, à l’est du massif de l’Adamello, des détachements d’un bataillon alpin et des skieurs, malgré une défense acharnée de l’ennemi, ont attaqué la position de Corno-Cavento (3400 mètres d’altitude), qu’ils ont prise d’assaut. Les Italiens ont fait des prisonniers et capturé 2 canons de 75, un mortier et 4 mitrailleuses. Sur tout le front du plateau d’Asiago, l’ennemi a entretenu un violent feu d’artillerie.
Sur l’Ortigaro, les positions italiennes ont été de nouveau attaquées avec une extrême violence. L’ennemi a subi de très lourdes pertes; il lui a été fait 52 prisonniers. Une autre tentative a échoué dans la vallée de San Pellegrino. Des colonnes de camions autrichiens ont été atteints par l’artillerie italienne sur la route de Chiopovano ainsi que des détachements de troupes à l’est de Castagnovizza.
Les troupes franco-anglaises continuent à progresser en Thessalie au-delà de Trikalu et de Colombaka.
M. Venizelos a envoyé un télégramme de remerciements à M. Ribot au nom de la Grèce libérée.
2. Le dragueur de mines auxiliaire « Anjou » coule en heurtant une mine posée par le sous-marin allemand UC 48 (Kurt Ramien) à 6 milles dans le NW de l’Adour. Le naufrage fait victimes sept victimes dans l’équipage, ne laissant que quatre survivants.
–1938 – 17 juin :
1. Par décret de loi, naÎt la première Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) pour un fruit : la noix de Grenoble. Bien que le centre historique de la noyeraie soit Tullins, le nom de Grenoble a été jugé plus vendeur pour l’étranger.
2. ESCADRILLE 7S2 DE SAINT-MANDRIER – Entre le 14 et le 16 juin, l’escadrille 7S2 termine sa période d’entraînement par un voyage en Corse. Ajaccio, Calvi, Bastia et Porto Vecchio sont successivement visités par les Loire 130 avant de regagner St. Mandrier le 17 (Moulin Jean, Morareau Lucien, Picard Claude, 2001).
3. ESCADRILLE HS1 DE SAINT-MANDRIER – Le 17 juin, l’escadrille HS1 décolle de la base de Saint-Mandrier pour gagner la Tunisie. Une fois n’est pas coutume, elle s’y rend par ses propres moyens. Les hydravions Loire 130 se posent à Karouba après 5 h 30 de vol sans escale. Le 23 ils sont à Bougie et Bône et le 26 à Alger et retour à Bougie. Ils regagneront leur base le 30 après une escale le 29 à Aspretto (id.).
–1939 – 17 juin –
1. Eugène Weidmann est la dernière personne à être guillotinée en public.
2. Le bâtiment cible de 2 410 t « Impassible » est lancé le 17 juin 1939 à LorienT. D’une longueur de 100 m et d’une puissance motrice de 12 000 ch, il sera retiré en 1960 du service et utilisé comme brise-lames à Mers el-Kébir.
–1940 – 17 juin :
1. Le maréchal Pétain a formé un nouveau gouvernement – Le “Petit Marseillais” du lundi 17 juin donne la composition du nouveau gouvernement qui succède au cabinet Reynaud démissionnaire. “Le maréchal Pétain a formé un nouveau gouvernement.
“Le nouveau gouvernement
“Président du Conseil : Maréchal Pétain.
“Ministre d’État, vice-président du Conseil : M. Camille Chautemps, sénateur.
“Justice : M. Fremicourt, premier président de la Cour de Cassation.
“Défense Nationale : Général Weygand.
“Guerre : Général Colson. Marine : Amiral Darlan.
“Air : Général Pujo.
“Affaires étrangères : Paul Baudouin.
“Intérieur : M. Charles Pomaret. Finances et Commerce : M. Bouthillier.
“Colonies : M. Albert Rivière, député.
“Éducation nationale : M. Albert Rivaud, professeur à la Sorbonne.
“Travaux Publics et Transmissions : M. L.O. Frossard, député. Agriculture et Ravitaillement : M. Chichery, député.
“Travail : M. Février, député. Anciens combattants et Famille française : M. Ybarnegaray, député.
“Sous-Secrétaires d’État
“Présidence du Conseil : M. Albert, maître des requêtes honoraires au Conseil d’État. Réfugiés : M. Schuman, député.
“Le gouvernement s’est réuni, aussitôt, sous la présidence de M. Albert Lebrun, pour examiner la situation militaire et diplomatique.” (Le Petit Marseillais, lundi 17 juin)
2. Le maréchal Pétain demande l’armistice aux Allemands (Jean-Charles Volkmann, 2003). Voici le texte de ce discours radiodiffusé tel que l’a publié « La Petite Gironde », le mardi 18 juin :
«Il faut tenter de cesser le combat», déclare le maréchal Pétain, président du Conseil
«Je me suis adressé, cette nuit, à l’adversaire, pour lui demander s’il est prêt à rechercher avec moi, entre soldats, après la lutte et dans l’honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités. »
« Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.»
“Par radio, lundi, à 12 h 30, le maréchal Pétain, président du Conseil, s’est adressé aux Français en ces termes :
“Français,
“A l’appel de M. le Président de la République, j’assume à partir d’aujourd’hui la direction du gouvernement de la France.
“Sûr de l’affection de notre admirable armée qui lutte avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires, contre un ennemi supérieur en nombre et en armes, sûr que par sa magnifique résistance elle a rempli nos devoirs vis-à-vis de nos alliés, sûr de l’appui des anciens combattants que j’ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.
“En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés qui, dans un dénuement extrême sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude.
“C’est le cœur serré, que je vous dis aujourd’hui qu’il faut tenter de cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire pour lui demander s’il est prêt à rechercher avec moi, entre soldats, après la lutte et dans l’honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités.
« Que tous les Français se groupent autour du gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n’obéir qu’à leur foi dans le destin de la patrie. »
Cette annonce faite alors que les troupes alliées sont toujours aux prises avec l’ennemi allemand va désorienter les soldats français ainsi que les municipalités des agglomérations proches du front.
3. l’amiral Darlan ordonne aux grands subordonnés de ne pas se rendre aux Allemands (Antier Jean-Jacques – La flotte se saborde Toulon 1942, Presses de la Cité, 1972, 390 p).
4. La gare de Rennes est bombardée par l’aviation allemande, faisant plus de 700 morts.
5. L’AVIATION ALLEMANDE COULE LE PAQUEBOT « LANCASTRIA » : Vers 15h 30, soit deux heures après l’allocution du maréchal Pétain, le paquebot « Lancastria » est coulé au large de Saint-Nazaire par des Junker allemands. Chargé de plus de 7000 soldats et civils, le navire explose et coule en 24 minutes. On recueillera près de 2500 survivants. Faute d’un enregistrement des passagers de fortune, le nombre de victimes est quant à lui évalué à 5200.
–1941 – 17 juin : NOUVELLES DES FNFL – Le commandant des Western Approaches demande à conserver l’aviso FNFL « Commandant Dominé » dans son commandement pour l’affecter aux forces d’escorte de la Clyde. L’Amirauté britannique donnera son accord de principe le 7 juillet. Les 28 et 29, l’aviso fera des essais satisfaisants et le 3 août, il appareillera en escorte du convoi OS 2 (Gérard Garier, Les avisos de 630 t, 2015).
–1944 – 17 juin :
1. NOUVELLES DE FNFL – du 23 mars au 17 juin : L’aviso « Commandant Dominé » est en carénage à Beyrouth du 23 mars au 17 juin. Placé sous les ordres d’un nouveau commandant le C.C. Cornuault, il appareillera pour effectuer, du 20 au 31 juin, un passage au bassin à Alexandrie (Gérard Garier, Les avisos de 630 t, 2015).
2. Du 5 au 17 juin, nouvelle indisponibilité de l’aviso « La Moqueuse » pour réparations diverses à Beyrouth (Gérard Garier, Les avisos de 630 t, 2015).
3. BATAILLE DE FRANCE – Dissolution des guérillas FFI et du maquis de Siou-Blan : 8 maquisards arrêtés et fusillés le 17 par les Allemands au Castellet, 2 autres tués dans les bois de Méounes (Var 39-45 / guerre / chrono).
4. BATAILLE DE FRANCE – Le littoral méditerranéen ayant été classé zone de combat, la 242e division allemande a reçu la responsabilité de coordonner l’action contre les partisans. Selon les directives de l’armée, toutes les opérations seront donc montées en liaison avec les services du S.I.P.O.-S.D. que les Français appellent Gestapo, et le plus souvent possible avec l’assistance des Brandebourgeois de l’Abwehr (Gaujac P.).
5. L’ETAT FRANçAIS CEDE UN CARGO A L’ALLEMAGNE – Après l’armistice, le cargo de 3 075 tjb « Saint Cyrille », de la Société Navale de l’Ouest (S.N.O.), construit en 1920 et requis par la marine nationale du 22 avril au 5 juin 1940, passa à l’Etat français qui le céda aux Allemands le 17 juin 1944. Sous pavillon de la Kriegsmarine, il fut sabordé à Marseille le 27 du même mois.
–1947 – 17 juin : LA France ACCEPTE LE PLAN MARSHALL – 5 juin : les États-Unis proposent aux pays d’Europe le plan Marshall. Acceptation française le 17 juin (Jean-Charles Volkmann, 2003).
–1948 – 17 juin :
1. L’EX-PAQUEBOT « Chenonceaux » est vendu à la démolition à La Seyne (Frenchlines / ship fr 1081 (Chenonceaux ex Aramis))
2.– MISSION A MANILLE – Du 2 au 17 juin, l’aviso « Commandant Delage » est en mission à Manille pour effectuer une expertise du futur bâtiment de la mission hydrographique, le F.S. 287, qui deviendra ensuite l’ « Ingénieur en Chef Girod » (Gérard Garier, Les avisos de 630 t, 2015).
–1951 – 17 juin :
1. Aux élections législatives, succès de la Troisième Force (Jean-Charles Volkmann, 2003). Résultats pour Saint-Mandrier, canton de La Seyne – inscrits 1222 – votants 1036 – suffrages exprimés 1016) : SFIO (socialistes) 440 voix, URRA (communistes (325 voix), RPF (rassemblement du peuple français) 146 voix ; MRP (mouvement républicain populaire) 40 voix ; Radicaux 14 voix ; Deleuse 27 voix ; Tristani 7 voix.
Les 5 parlementaires élus dans le Var sont MM. Bartolini et Zunino (communistes), Charlot et Arnal (socialistes) et Puy (RPF). M. Labrosse député sortant MRP est battu. M. Arnal devient député de la 4ème circonscription englobant Saint-Mandrier (Ken Nicolas, vol. 1).
-Notre marine en Indochine : Le 17 juin, l’aviso « La Capricieuse » est en baie de Hon Ne avec le « Dumont d’Urville », puis il continue sa mission jusqu’au 10 juillet où elle rentre à Saigon (Gérard Garier, Les avisos de 630 t, 2015).
–1952 – 17 juillet : A Saint-Mandrier, le préfet maritime de Toulon vient d’interdire aux civils la libre circulation de certains terrains militaires (les deux tiers environ des cinq cent dix hectares que compte la presqu’île appartiennent à la Royale). Le motif invoqué par l’autorité de tutelle s’avère contestable pour la municipalité : la présence d’un dépôt de munitions mettrait en danger les nombreux amoureux de la nature. Bizarre autant qu’étrange quand on se souvient « qu’avant la seconde guerre mondiale, à une époque où de nombreux ouvrages militaires (alors utiles) truffaient le panorama, l’accès des collines, des côtes déchiquetées et poissonneuses ne fut jamais interdit » (République de Toulon et du Var du 7 juillet 1952. Ken Nicolas, p. 78 et sq).
Le Conseil municipal s’exprime dans une longue délibération prise à l’unanimité, en date du 17 juin 1952, adressée aux autorités civiles et militaires compétentes. Je la reproduis in extenso :
Le Conseil municipal de Saint-Mandrier considérant : que le libre accès de la presqu’île a donné un essor touristique évident à notre jeune commune et que, jusqu’ici, les familles toulonnaises ont pu profiter de toutes les calanques et des merveilleuses promenades pour leur repos hebdomadaire; que jamais aucun accident ou incident ne s’est produit du fait de la libre circulation dans cette partie du territoire de la commune ; que, avant la guerre, alors que la presqu’île recelait des secrets de la Défense nationale, le libre accès des plages, des pinèdes et du phare était autorisé, sauf les parties réservées ou entourées de barbelés ; que pendant la guerre, tous les états-majors mondiaux ont séjourné dans la presqu’île et connaissent dans tous ses détails le plan directeur d’artillerie et par conséquent tous les secrets passés, présents (?) et à venir (?) ; que pour cette raison et aussi parce que l’expérience de la guerre moderne, et des armes nouvelles, rendent inutiles tous travaux de fortification ou d’ouvrages repérés aussi facilement; que les sommes considérables englouties de cette façon représentent un gaspillage certain, et pourraient être avantageusement employées dans d’autres secteurs plus intéressants de la Défense nationale ; qu’on ne peut plus faire état des secrets de construction et d’exécution puisque les enquêtes ont prouvé qu’il n’existe nul secret, car chefs ou ouvriers employés à ces travaux peuvent appartenir à n’importe quel parti politique et se livrer à l’espionnage au profit d’une puissance étrangère ; que le Conseil municipal et particulièrement le maire ont toujours eu des relations les plus cordiales avec la marine, et que même les travaux entrepris dans la presqu’île pour la recherche de l’eau sont à la charge de la commune ; que la fermeture totale d’une partie de la presqu’île ne peut être justifiée par l’urgente nécessité, surtout au moment précis du début de la saison touristique ; que pour des raisons de documentation et d’études, la mairie ne peut fermer la seule route qui conduit au phare, véritable chef-d’œuvre de la technique moderne ; que cette interdiction qui a été prise peut être considérée comme une brimade et un geste inamical envers la commune de Saint-Mandrier, puisque la marine doit y installer un camp de vacances, sous tentes, ce qui réduit à néant les raisons évoquées pour la fermeture. Considérant d’autre part : que la pénurie d’eau dans un village de deux mille trois cents habitants est due aussi à l’augmentation exagérée du personnel militaire dans la presqu’île, à savoir : trois cents hommes à Saint-Elme au lieu de vingt-cinq avant-guerre ; cent hommes pour faire respecter l’interdiction précitée ; que l’installation d’une école de D.C.A. avec tirs à moins de deux cents mètres à vol d’oiseau de l’agglomération importante de Saint-Elme présente un danger évident pour les habitants de ce hameau, et qu’elle aurait pu être installée dans des ouvrages isolés sur la côte, loin de toute agglomération; enfin que le geste inamical est délibérément constaté puisqu’il existe un commandant militaire de la presqu’île. Il convient de ne pas ignorer qu’il y a aussi un représentant du gouvernement, en l’occurrence le maire de Saint-Mandrier-sur-Mer, avec lequel on aurait pu s’entendre pour les points stratégiques (?) à interdire. En conséquence : le Conseil municipal proteste avec véhémence contre cette interdiction qui ne répond pas pour le moment à aucun besoin militaire ; fait appel à Monsieur le préfet et au Conseil général, à tous les parlementaires du Var pour accomplir une démarche personnelle auprès du ministre de la Défense nationale; demande qu’une commission d’enquête soit désignée au sein de la commission de la Défense nationale et de la sous-commission de l’emploi des crédits militaires, afin de mener une enquête sur place à laquelle sera convié le maire de Saint-Mandrier; demande qu’en attendant le résultat de cette commission d’enquête, la presqu’île reste ouverte à tous les touristes, puisque l’urgence de la fermeture ne se justifie pas; enfin demande à Monsieur le ministre de la Marine de bien vouloir donner les ordres nécessaires pour surseoir à toute entrave de la circulation avant la décision à intervenir » (Délibération rapportée par Ken Nicolas, vol. 1).
Au cours du mois, M. Louis Clément est heureux d’annoncer à ses administrés que la libre circulation sur certains terrains militaires de la presqu’île, un moment suspendue, vient d’être rétablie pour la satisfaction de tous (Ken Nicolas, vol. 1, p. 89).
–1953 – 17 juin :
1. Une insurrection ouvrière éclate à Berlin-Est. Elle s’étend le lendemain à toutes les villes de la République démocratique allemande. Le chef du gouvernement communiste, Walter Ulbricht, appelle les Soviétiques à la rescousse. Les chars noient l’insurrection dans le sang, au prix d’un grand nombre de victimes. Au moins 80 morts et 25.000 arrestations
2. NOTRE MARINE EN INDOCHINE – L’aviso-dragueur « Annamite », après une manifestation hostile de la part des vietnamiens, est débaptisé et prend le nom de « Chamois » le 17 juin 1953 (Gérard Garier, Les avisos de 630 t, 2015).
–1954 – 17 juin : Formation du gouvernement Pierre Mendès France (Jean-Charles Volkmann, 2003).
–1985 – 17 juin : Patrick Baudry est le premier Français dans l’espace avec la navette Discovery.
–1987 – 17 juin : Mise en service à Toulon du bâtiment base pour plongeurs démineurS « Achéron », sous l’autorité de l’amiral commandant la Force d’Action Navale. Ce navire participe à la mise au point, à l’expérimentation et au développement des nouveaux matériels de plongée. Il assure également les soutiens spécifiques de la formation dispensée à l’Ecole de plongée de Saint Mandrier pour la formation des plongeurs de bord, des plongeurs démineurs et des nageurs de combat (Vulcain à Cherbourg, Styx à Brest et Pluton à Toulon sont les plates-formes à partir desquelles les 3 groupes de plongeurs démineurs ou GPD de la Marine opèrent en mer.).
–2019 – 17 juin : Météo Sanary – la journée s’annonçait comme globalement ensoleillée avec des températures de 18 à 22°. Dès 7h, le ciel sera dégagé avec un vent du nord presque nul et un soleil brillant. Vers 9h, et cela jusqu’à 14h, on observa des intervalles nuageux associés à une renverse de vent s’orientant au sud-ouest. A partir de 14h, le risque d’insolation fut de 8 dans un contexte de ciel dégagé de tout nuage. La température, vers 23h, avoisinait les 20°.

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE : Pour attirer le lapin, dit un chasseur à un chasseur débutant, ce n’est pas difficile : il suffit d’imiter le cri de la carotte.
Bon samedi à tous.
Affectueuses pensées à Raphaël, Webber, Isabelle et Olivier.
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