EPHEMERIDES 14 JUIN

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ÉPHÉMÉRIDES DU MERCREDI 14 JUIN 2023 – 12e ANNÉE (n° 3822).

ILLUSTRATION : Tamaris – Pavillon réalisé en 1881 par François Roustan(cl. H. Ribot)

LES FÊTES.

C’est la saint Elisée, un prophète de l’ancien testament cité dans le deuxième livre des Rois. Bonne fête aux quelques 620 personnes portant ce prénom et aux 150 l’ayant comme patronyme.

C’est également la fête du Saint-Sacrement.

Au calendrier républicain, c’est le 25e jour du mois de prairial An II, le jour du jasmin.

DICTON : « A saint Ruffin, cerises plein ton jardin. »

LOCUTIONS et TRADITIONS PROVENCALES :  Couffe – sac en sparterie, une couffe d’œufs. Mais on emploie mieux couffin. Couffe s’emploie aussi dans le sens de gaffe : il a fait une brave couffe; le mot existe aussi en provençal (Mistral). Il est également employé avec le sens de bête : sies ben couffo, dit Regis de la Col., p. 26. On entend souvent quelle couffe ! exclamation qui signifie à la fois: quelle gaffe ! et quel gaffeur !…

PENSEES : « Celui qui a les mots a le pouvoir. Si nous abandonnons les mots parce qu’il serait trop fatigant de les connaître, on abandonne le pouvoir. Le danger est de ne pas ou plus savoir ce que nous pensons. Il est alors absolument impossible de formuler des idées. Il faut bien veiller sur les mots pour garder la pensée. En disant à quelqu’un « Dis-moi », on lui donne le pouvoir d’exister. Nous existons par les mots. » (D’après Andrea MARCOLONGO, 2020).

EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHÈQUE :

  1. SANARY – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES (Cahier de l’ouest varois n°10).

40e livraison : Un prieuré bénédictin à l’origine de Sanary.

Le 23 avril 1113, par l’acte n°348 du Cartulaire de Saint-Victor, le pape Pascal II en confirme les bénéfices à cette abbaye en même temps qu’un grand nombre d’autres églises, chapelles et villages : ; in Telonensi episcopatu, ecclesiam sancte Marie de Sex Furnos (Sex Furnis), sancti Johannis de Crota, sancti Nazarii, cellam sancti Victoris de Insula (Paschalis papa II. – Confirmacio beneficiorum ed. in Gall. christ., I, instr., 115 et in Act. Sanctorum, IV, 13). Placé entre Saint-Jean de la Crotte –ou le vieux – et de Saint-Victor des Iles (Les Embiez), et cité après l’église Sainte-Marie de Six-Fours, le prieuré de Saint-Nazaire est à cette date placé dans la mouvance de Six-Fours. Le texte nous apprend, par son en-tête que cette dotation est une « confirmation », ce qui laisse penser que les lieux mentionnés avaient été antérieurement déjà attribués à Saint-Victor de Marseille. Il sanctionne le  processus décrit des grands défrichements des terres qui modifiera le paysage jusqu’à la fin du XIII° siècle. L’assainissement, alors pris en charge par les moines à l’ouest de Six-Fours, conduira ceux-ci à s’intéresser aux petites plaines intérieures –la Tourelle, la Millière, la Vernette, le bord de mer- en tenant compte des caractéristiques d’un climat méditerranéen difficile.

L’histoire de ce prieuré et de sa chapelle, siège d’un territoire aux limites inconnues situé au-delà de la Reppe, se confond très souvent avec celle de l’agglomération postérieure. Ce prieuré qui exploite l’une des terres de Six-Fours se trouve à l’écart des grandes voies de communication dont la plus importante relie Toulon à Aix par l’intérieur (Evenos, Le Castellet), ou l’ancien chemin de Toulon à La Ciotat, aujourd’hui, chemin de la Tourelle au Pont-d’Aran (Voir le cahier n°7, « Ollioules »). Très tôt, le territoire de Six-Fours, du fait de l’existence ancienne de Tauroeis/Tauroentum sera traversé par des voies reliant ce port à Toulon ou bien longeant le bord de mer (Lagoubran) pour gagner La Seyne puis Tauroentum. Quand à Saint-Nazaire, qui devait être relié au castrum de Six-Fours par la montée de la Calade, il devait son existence à un concours de circonstances qui rendront son occupation pérenne. Indubitablement, s’il est placé en bord de mer – tout comme le prieuré de Saint-Victor des Embiez -, c’est aussi et surtout le premier port de Six-Fours avant le franchissement du Cap Sicié, et le mieux protégé des vents du nord, comme en font foi les vestiges découverts dans ses eaux. Près de lui, chose rare donc chère, un cours d’eau, le Vallat-Daumas, alimenté par les deux réseaux hydrologiques de la Piole et du Lançon, draine les sources nombreuse coulant à l’époque au pied du Gros Cerveau (cf. , fig. 7, Réseaux hydrologiques de Sanary). Ces apports souvent irréguliers, dus au régime torrentiel des pluies et à la résurgence vauclusienne du Gour qui appartient au Lançon, donnent de temps en temps, mais toujours de façon catastrophique. Heureusement, la source de Mortier qui coule en permanence à partir de la hauteur de Châteauvert, alimente un cours partiellement souterrain qui passe aujourd’hui encore sous le château de la Vernette et sous celui de la Millière. De ce fait, le Vallat-Daumas, hormis quelques crues excessives, reste-t-il le cours d’eau tranquille où les moines et leurs serviteurs peuvent à tout moment aller chercher l’eau potable ; quant aux navires, ils utilisent cette aiguade depuis la plus haute Antiquité. Pour le reste, les habitants peuvent utiliser l’eau des puits situés à proximité de la chapelle, mais ceux-ci sont réputés saumâtre et n’ont qu’une utilité toute relative (Rotger, 1984, p. 73 ; Delattre G. ms inédit : Lors de la querelle qui opposera plus tard Sanary et Ollioules au sujet de l’approvisionnement en eau du bourg, un expert désigné, écrira dans son rapport daté de 1661, qu’ « il n’y a pas d’eau à Saint-Nazaire en dehors de quelques puits d’eau saumâtre. »).

Le prieuré de Saint-Nazaire devait donc vivre à l’écart du monde laïque, bien protégé des mauvais vents et alimentés en eau par un ruisseau permanent – le Vallat Daumas -. Quant à son statut, nous pouvons supposer que la terre est issue d’une donation des vicomtes, ces derniers en conservant la seigneurie majeure. Jusqu’en 1156 (cf. . n° 7, Regards sur un terroir « Ollioules ».), l’ensemble des terres des Marseille sont en indivision (Six-Fours leur échappera en 1156 pour passer à Saint-Victor, et Ollioules en 1184 pour passer aux Marseille-Signes). Liés tout à la fois aux seigneurs laïcs et ecclésiastiques, les moines des prieurés bénédictins avaient certainement plus de liberté qu’on le croit. (à suivre).

  • LES VIEILLES RUES DE MARSEILLE ET AUTRES CONSIDERATIONS (A. BOUYALA D’ARNAUD).

-240e livraison :  LE TERROIR MARSEILLAIS

MAZARGUES ( à 5,650 km, banlieue sud).

(suite) On voit encore à Mazargues (chemin du Lancier) le château Bastide, surnommé château du roi d’Espagne parce que le roi d’Espagne Charles IV, détrôné par Napoléon, venait chaque jour s’y promener cérémonieusement, entre 1808 et 1812, dans son carrosse attelé de six mules. On a conservé longtemps un vieux fauteuil rose dans lequel il avait, dit-on, l’habitude de faire sa sieste.

Dans le terroir de Mazargues, le roi René aurait possédé une bastide (on lui en attribue un peu partout). C’était le domaine de la Grande-Bastide, situé dans un emplacement compris entre le boulevard Michelet et Saint-Loup. Sa partie sud (entrée par le rond-point de Mazargues) est devenue le « château de Saint-Jacques », précédé d’une allée de cèdres splendide. Il avait été acheté en 1792 par un négociant, Jean François Esprit Rostan. Celui-ci voulut y réaliser une habitation fastueuse, à l’exemple du château Borély. Il commença par le parc, dessina un théâtre de verdure, fit jouer la mine, creusa un bassin sur le plan des bains d’Agrippa, éleva des terrasses et appela auprès de lui un jardinier du Petit Trianon, Louis Guérin. Mais il se ruina et, la Révolution aidant, il dut revendre son domaine à M. Desautel, receveur des douanes, sans avoir construit le château.

(à suivre)

ÉPHÉMÉRIDES :

1187 – 14 juin : Aicard de Signes donne aux chartreux de Montrieux des pâturages sur le territoire de Signes (Boyer R., , p. 505-506 ; Original parchemin, A.V. 1H2831 ; copie Capus p. 266 ;  IND. A.V. 1H3, fol. 252  v° ; Teissier, fol. 34 ; Dubois, p. 33. Cf acte 92.).

1212 – 14 juin-13 octobre : Acte n°  930 du cartulaire de Saint-Victor, partage de la seigneurie du Tholonée formant la vicomté de Marseille hors de cette ville entre Roncelin et ses nièces Mabile, femme de Giraud Adémar, et Barrale, femme de Hugues des Baux (de Gérin-Ricard, Acte n° 354 des vicomtes : Tholonée de Marseille. B. Saint-Victor, Petit Cartulaire, fol. 110; – C. Bibl. de Capentras, ms. 709, n° 12; – a. Guérard, n°930; IND. Dr Barthélemy, Inventaire… n° 156, du 17 mai 1212.).

[Les vicomtes voulaient : ] …totam terram vicecomitatus Massiliensis pertinentem quocumque modo ad seipsos et ad dominium Tolonei inter se dividere scilicet universam tum terram duntaxat cum omnibus juribus et pertinentibus suis que est extra Massiliam et territorium ejus pertinens ad dominium Tolonei predicti

[Sur les trois lots établis, le sort attribua :

1° à Roncelin, les châteaux de Saint-Marcel, Roquefort, Julhans, Mazaugues, le tiers d’Aubagne;

2° à Barrale, les châteaux du Castellet, de la Cadière, de Ceyreste et de Seillons, le tiers d’Aubagne;

3° à Mabile, les châteaux de Gardanne, Roquevaire et Gémenos, le tiers d’Aubagne.

Parmi les témoins, Raynaud de Trets.]

Nous ne connaissons le « comté » de Marseille que par une liste tardive, celle de la « vicomté » de Marseille qui, à la différence des alleux des vicomtes, resta indivise entre eux jusqu’au début du XIIIème s. Cette terre est définie comme appartenant à la seigneurie du Tholonée. En fait la liste contient aussi un certain nombre des domaines de l’abbaye de St Victor dont les vicomtes avaient la garde, ou de l’évêché qu’ils tinrent pendant tout le XIème s. Si l’on enlève Mazaugues et Plan d’Aups qui étaient à la Cathédrale, puis La Cadière-Le Castellet et Seillans qui appartenaient à St Victor, il reste St Marcel, Aubagne, Roquevaire, Gémenos, Roquefort, Julhans, Ceyreste, soit une demi-douzaine de localités dans le sud-est du comté. Il faut y adjoindre la villa de Trets dans le pagus d’Aix qui faisait partie du comté de Marseille, mais qui a été allodialisée par donation comtale en 950, et n’est donc plus sur la liste (J.-P. Poly 1976, p. 81) :

  1. Ceyreste – Le territoire de Ceyreste dépendait du comté de Mar­seille (cartulaire de Saint-Victor, n° 98) ; plusieurs parties en furent cédées à l’abbaye de Saint-Victor : le reste demeura dans la maison de Baux et la seigneurie en fut mise au lot de Hugues de Baux, lors du partage du 14 juin 1212.
  2. Eoures – hameau, commune de Marseille, quartier des Camoins. Les plans du territoire marquent parfois Néoules; mais le véritable nom est Eoures (1872).
  3. Julhans – château, arrondissement de Marseille, canton de La Ciotat, commune de Roquefort. A toujours fait partie de l’Evêché de Marseille. Le château de Juillans faisait partie du comté de Marseille ; dans l’acte de partage du 14 juin 1212, il échut au lot de Roncelin.
  4. Penna (cartulaire de Saint-Victor, n° 930). La Penne – canton d’Aubagne. On trouve dans cette commune une pyramide ou pile de construction romaine, connue sous le nom de La Penelle (acte du 23 février 1618, reg. aux archives de la Major), dont il est ques­tion dans un acte des environs de 1020 (cartulaire Saint-Victor, n° 27), comme formant la limite orientale de la villa Carvillani.
  5. Peracium (cartulaire Saint-Victor, n° 930), première mention de La Pérussone – hameau, commune d’Aubagne.
  6. Vallis Agnegle (cartulaire de Saint-Victor, n° 930). Voir Eoures.
  7. Saint-Marcel – église, village, commune de Marseille (1872). Le territoire de Saint-Marcel s’étendait autrefois sur ceux de la Treille, des Romans, des Accates, des Camoins et de la Valentine. Première mention en 1057 : Sanctus Marcellus castellum Massiliense, (cartulaire de Saint-Victor, n° 53).  Notice de donations et ventes à Saint-Victor de biens sis à Saint-Marcel : vente par Etienne de Marseille, fils d’Arlulfe le Sénéchal (probablement Arlulfe III, dit de la Garde), de la part qu’il avait et de celle de ses frères Bertrand et Isnard  à Vaulongue (acte 165 des vicomtes de Marseille, H. de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : B. Saint-Victor, Grand Cartulaire, fol. 17 v°. a. Guérard, n° 53)
  8. Roquefort – Castrum Roche fortis, 14 juillet 1212 (Cartulaire de St Victor, n° 930).
  9. Julhans – château, arrondissement de Marseille, canton de La Ciotat, commune de Roquefort. A toujours fait partie de l’Evêché de Marseille. Première mention le en juin 1030 : Julans, (cartulaire de Saint-Victor, n° 48).
  10. Mazaugues, commune du Var – Première mention le 9 février 984 : Marseille. Cession par Pons Ier, évêque de Marseille, au vicomte Guillaume, [son père,] et à Bililde, [sa mère,] de la moitié des possessions de son église et du monastère de Saint-Victor au Plan d’Aups, Cabriès, Mazaugues, Mauriès, Méaulne, Riboux et l’Allauzière. (Acte 13 des vicomtesde Marseille, H. de Gérin-Ricard, 1926, p. 4. Réf.B. Saint-Victor, Grand Cartulaire, fol. 22. a. Martène et Durand, Amplissima collectio, t. T, col. 332. — b. Guérard, n° 70. — c. Albanès et Chevalier, Gallia … Marseille, n° 72 (extrait).
  11. Aubagne – L’ancienne cité d’Aubagne était primitivement sur la hauteur où existe encore aujour­d’hui l’église paroissiale ; elle est désignée dans les actes du XVe siècle sous le titre de Villa superior. La ville basse est d’origine plus moderne.
  12. Gardanne – Première mention en 1195 : Roncelin, vicomte de Marseille et seigneur de Gardanne, ratifie la donation faite à Saint-Victor par Guillaume de Gardanne, de sa part de Gardanne (acte 304 des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin-Ricard, 1926, réf : B. Saint-Victor, Petit Cartulaire, fol.179 v°.  a. Guérard, n° 1024 (édition partielle).
  13. Gémenos – première mention : Villa de Geminas, 9 février 984 (cartulaire de Saint-Victor).
  14. La Cadière – Donation de la villa de La Cadière à Saint Victor de Marseille av. 980 (Poly J.-P. 1976 ; Guérard B. 1857, n° 77) Poly J.-P.1976, p.226 : « Salomon, juif de Marseille, fait la tournée des fermes de La Cadière pour acheter miel et cire à partir de 978« . Au sujet de la date de première mention de la Cadière, cf. P. A. Amargier 1963, p. 309-322, avec la liste des abbés de St-Victor. »  
  15. Le Castellet en 1030, donation à Saint Victor, par Guillaume II, vicomte, de ce qu’il possède par héritage à Cuges et au Castellet (Acte 71 des vicomtes de Marseille, H. de Gérin-Ricard, 1926, p. 4. Réf. B. Saint-Victor, Grand Cartulaire, fol. 21 v°. a. Guérard, n° 68).
  16. Roquevaire – chef-lieu de canton, arrondissement de Marseille, comprend six communes : Auriol, Belcodène, Gréasque, Peypin, Roquevaire et Saint-Savournin. Son territoire s’étend entre la montagne de Bassan au levant, Garlaban au couchant, Pierresca au nord et le pont de l’Etoile au midi. Après l’irruption des Barbares, il se forma sur ce territoire deux villages appelés Laza et Solobio. Ils furent abandonnés au commencement du XIIIe siècle, et le nouveau bourg fut bâti à l’endroit dit le Sarret où est le vieux quartier de Roquevaire. En 1583, les habitants ayant embrassé le parti de Charles de Duras contre Louis d’Anjou, le château fut assiégé et pris par les Marseillais ; dix ans après, il fut pris par le duc d’Epernon, et démoli en 1596 par ordre du duc de Guise. ‘Depuis lors, la popu­lation a fixé sa résidence sur les rives de l’Huveaune, qui partage le village en deux parties. Il n’est resté sur la hauteur que quelques chétives maisons.
  17. Seillons, Var, arrondissement de Brignoles, canton de Saint-Maximin.

1314 – 14 juin : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Val de Serras (charte aux archives de la Major). Val de Serre lieu-dit, quartier de Bon- Secours. Val de Serre lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Bon- Secours. Première mention : Val de Serra, 18 mai 1292 (charte aux archives mu­nicipales).

1412 – 14 juin : Défense à madame Sibile de Castellane, tutrice des enfants de Maxilia ès-Evenos, coseigneur de Caseneuve, de ne dépaître aucun bestial dans le terroir (d’Ollioules) à la réquisition des particuliers d’Ollioules, sur ce, lettres levées du 14 juin (Castellan 1937, p. 22).

1463 – 14 juin : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Vallon de Langulentier, (acte aux archives du Chapitre). L’Angulentier – quartier rural du quartier de Château-Gombert, près de Baume-Loubière. Première mention le 2 mai 1300 : Anguila Séria (acte notarié)..

1571 – 14 juin puis 8 et 15 juillet : AFFAIRE DES MOULINS A VENT DE SIX-FOURS – La communauté ayant fait défant (défense) de vendre les moulins à eau et à vent, serait (aurait) été assemblé un conseil général de tout chef de maison, par Pierre Crestian, Louis Gaultier et Sauveur Vidal, consuls, le 14 juin 1571, au nombre de 164. Par lequel, pour survenir au paiement des sommes dues par la communauté, serait (aurait) été délibéré que les susdits moulins seraient vendus. Ce qui fut encore délibéré par deux autres délibérations du 8 et 15 juillet suivant. En conséquence des susdites délibérations, Honoré Martinenq dit Courchet, Anthoine Beaussier et Anthoine Martinenq, consuls dudit S-F, auraient vendu à Hugues Vidal, le moulin à vent du quartier de la Brugaille, par acte reçu par Maître Lombard, notaire, le 25 juillet 1571, au prix de 1 735 florins, sous la rétention d’une cense d’un petit patac aux fêtes de Noël, avec le droit de lods (Jean Denans).

La communauté de Six-Fours, désirant payer ses dettes, décida de vendre tous ses moulins, ceux à eau comme ceux à vent (assemblée générale du 14 juin 1571 à laquelle assistent cent soixante-quatre chefs de famille convoqués par les consuls de Six-Fours, Pierre Christin, Louis Gautier et Sauveur Vidal). Cette grave décision d’aliéner des biens de la communauté fut confirmée par deux antres délibérations en date des 8 et 15 juillet 1571 (Louis Baudoin, 1965, p. 781-782, sans référence).

Le sieur Armand Lombard, bourgeois, devint donc propriétaire des moulins à eau des Moulières avec les jardins attenants, pour le prix de mille sept cent un florins. Personne ne pouvait alors imaginer l’importance et la durée des litiges qui suivirent pendant plus de deux siècles (Marius Autran, Histoire des Moulières).

1587 – 14 juin : arrentement des terres de Sicié et Sépet – Le 14 juin 1587 la tasque de Sépet pour ladite année fut arrentée à Estienne Vicard pour cinq charges de blé, étant consul, Bertrand Curet, Anthoine Denans et Jean Curet, et la tasque de Siciech à trois émines, et ledit arrentement a été continué jusqu’en 1590 (Jean Denans).


1602 – 14 juin : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Gazelle ou Cros de Pébré (charte des archives de l’Evêché). Les Acates, hameau, quartier des Eygalades (1872). Première mention le 8 juillet 1343 : Cros del Pébré, (acte aux archives de l’Evêché).

1647 – 14 juin : relais de poste à Belcodène – Le 2 mai, en Conseil d’Etat, le Roi décide par arrêt, d’établir un relais de poste entre Aix et Aubagne pour éviter le détour par Marseille. Belcodène est désigné le 14 juin 1647.

1658 – 14 juin : Le maréchal de Turenne remporte la bataille des Dunes.

1667 – 14 juin : LA MOLE – Gautier ayant obtenu satisfaction au sujet des hommages pour la haute juridiction de la Verne dans le procès qu’il avait intenté contre la chartreuse de la Verne (serpentine, haute et basse justice, dîme, dépaissance, service à Sainte-Madeleine de la Môle), les religieux font appel.

1716 – 14 juin : La Communauté d’Ollioules est condamnée solidairement avec le fautif aux frais de couche et à l’entretien de l’enfant d’une fille-mère (Castellan, 1937).

1789 – 14 juin : Ce sont maintenant 19 députés du clergé, dont l’abbé Grégoire, qui siègent aux Communes. Il s’agit là d’une première victoire pour le Tiers-Etat. Une fois la vérification des pouvoirs terminée, l’assemblée s’est penchée sur la question importante de la nouvelle appellation (Agenda du Bicentenaire).

1791 – 14 juin : Vote de la loi Le Chapelier (Georges Duby, Histoire de la France, 1987) interdisant de reconstituer des associations professionnelles (Jean-Charles Volkmann, 1997) au nom du libéralisme des révolutionnaires.

1792 – 14 juin : rancœur et indignation du Beausset contre « l’accusateur public près le tribunal criminel du dÉpartement du Var » – le 14 juin, la municipalité du Beausset laisse éclater sa rancœur et son indignation contre Toulon, contre « l’accusateur public près le tribunal criminel du département du Var », plus exactement. En effet, dans le « logographe » (c’est-à-dire le compte-rendu) n°248 de l’assemblée législative, « il a été inséré une lettre prétendue écrite à l’assemblée nationale par Monsieur l’accusateur public près le tribunal criminel du département du Var, dans laquelle le rédacteur de cette lettre a employé les mensonges et la calomnie pour avilir la municipalité du Beausset et incriminer le commandant de la garde nationale dans les événements arrivés au Beausset le 13 et le 21 du mois de mai dernier ». « Le conseil, considérant que malgré toute l’authenticité de ce journal, il paraît presque impossible qu’un fonctionnaire public, qu’un homme appelé à une place aussi éminente que celle d’accusateur public par le choix libre de ses concitoyens ait pu s’oublier jusqu’au point de calomnier aux y eux de l’Europe entière une municipalité patriote et un commandant dont le plus beau titre est d’avoir été constamment persécuté par les ennemis de la constitution. Considérant que cette lettre si elle n’est pas apocryphe compromettrait essentiellement ce fonctionnaire public en ce qu’elle tend à avilir une autorité constituée qui d’après la loi ne peut être citée devant les tribunaux en raison de ses fonctions. Considérant que le directoire du département ayant envoyé deux commissaires en ce lieu pour vérifier les faits a trouvé la conduite de la municipalité régulière et irréprochable puisqu’il n’a prononcé aucune suspension envers les officiers municipaux. Considérant enfin qu’il est de l’intérêt du corps municipal de détruire les impressions désavantageuses à son honneur que cette lettre peut produire dans tout l’empire. A unanimement délibéré qu’à la diligence de Monsieur le procureur de la commune, il sera écrit au directoire du département du Var pour lui demander l’extrait des procès-verbaux dressés par les commissaires envoyés en ce lieu du Beausset les 14 et 23 du mois de mai dernier sur les événements des 13 et 21 du même mois. Et que du moment que Monsieur le procureur de la commune aura reçu ces procès-verbaux, il se rendra à Toulon et y fera citer par devant Monsieur le juge de paix ou tel autre tribunal compétent, Monsieur l’accusateur public près le tribunal criminel du département du Var pour y venir désavouer le contenu de la lettre insérée sous son nom dans le n°248 du logographe de l’assemblée législative s’il n’en est pas l’auteur, et s’il avoue ladite lettre, y déclare que méchamment et calomnieusement il a incriminé le corps municipal et le commandant de la garde nationale du Beausset, qu’il les tient irréprochables sur les événements arrivés les 13 et 21 du mois de mai dernier, et se voit condamner aux peines portées par la loi contre les calomniateurs et qu’extrait des procès-verbaux du département, de la déclaration de Monsieur l’accusateur public et du jugement qui interviendra seront insérés dans le logographe et autres journaux patriotes »…Ils ne manquent pas d’audace ces beaussétans-là ! La garde nationale, épurée, est contrôlée par les « patriotes » avec Joseph Vidal à leur tête. Le procureur de la commune est Roch Eynaud, « patriote ». Le conseil municipal est composé de « patriotes modérés » mais le secrétaire-greffier, Portai, est un ardent « patriote ». La duplicité, volontaire ou forcée, qui lie la municipalité modérée du Beausset (qui ne voit rien et n’y est pour rien) et les activistes patriotes (qui font tout) est exemplaire… Ce sont tous ces responsables qui ont laissé faire, ou même poussé au crime les 13 et 21 mai 1792. Ils ont agi « par action et par omission » dans l’illégalité. Ensuite ils n’ont pas aidé, c’est le moins que l’on puisse dire, les commissaires toulonnais venus enquêter sur place. Le directoire du département, s’il ne prend pas de sanction contre eux, les rappelle cependant, durement on l’a vu, à leurs devoirs et obligations. Et l’accusateur public les dénonce, en toute logique, à l’Assemblée nationale. Dans une perspective légaliste, il n’y a là rien à reprocher aux toulonnais. Mais on est en période révolutionnaire… Et les beaussétans ne peuvent supporter de se voir accuser, eux qui sont des patriotes purs et durs, aux yeux de la France et de l’Europe entière !… Si l’accusateur public est contre eux, c’est donc lui qu’il faut dénoncer ! Dans ce contexte, la « descente » sur Toulon en juillet s’explique un peu mieux. Mais combien imprudents auront été, on va le voir bientôt, les administrateurs du département d’appeler à leur secours la garde nationale du Beausset… Ils devaient quand même savoir qui était à sa tête, et combien ardents étaient les sentiments « patriotes » des citoyens la composant. Comment pouvaient-ils espérer être défendus par eux ? (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française)

1799 – 14 juin : JOURNAL D’UN NOTABLE DU CAIRE DURANT L’EXPEDITION FRANCAISE 1798-1801) – Vendredi 10 [14 juin 1799] Au cours de la nuit du jeudi au vendredi, les cheikhs et les officiers de l’odjâq entre autres ont été invités à se rassembler à l’Azbakiyya, dès l’aurore, avec des flambeaux. On battait du tambour. Vinrent ensuite les commandants, puis le corps des gardes en cortège et en bataillon avec flûtes, nouba turque et tambours syriens ; venaient ensuite les lieutenants et les sergents, etc. Le gouverneur par intérim, le qâ’im maqâm, les officiers étaient tous là. Ils partirent à cheval, tous ensemble, en rang, de l’Azbakiyya dans la direction d’al-’Âdiliyya. Ils allèrent au-devant du général Bonaparte qui attendait en ce lieu. Là, ils le saluèrent et revinrent avec lui jusqu’au Caire en passant par Bâb al-Nasr. Ce fut un défilé monstre avec militaires, tambours, flûtes (clairons ?), chevaux, chars, femmes et enfants. Cela dura près de 5 heures. Arrivée près de la porte de la demeure de Bonaparte à l’Azbakiyya, la foule se dispersa. De nombreuses salves de canons furent tirées au moment de l’entrée du général en ville5.

Au retour de leur campagne, les soldats avaient changé d’aspect : ils étaient pâles, car ils avaient souffert beaucoup de la chaleur et de la fatigue6. Ils étaient restés 64 jours devant ’Akka, en état d’alerte, nuit et jour. Ahmad Pacha al-Jazzâr ainsi que ses soldats firent preuve d’un courage magnifique, dont son adversaire lui rendit hommage.

Notre savant et distingué ami, al-Sayyid ’Alî al-Saîrafî al- Rashîdî, qui était de passage à ’Akka durant la bataille, composa une longue et belle qasîda, en mètre khafîff dont voici quelques vers :

Leurs intentions gâtent les bons projets.

[Les Français] sont allés à ’Akka, la fortunée.

Ils y ont établi des engins pour la guerre,

Partout des hommes, autant que des sauterelles.

Des tentes remplies de soudards.

La plaine s’est rétrécie sous leurs remblais.

On les prendrait pour les gens de Sâlih7 au travail.

Ils forent les montagnes pour mieux attaquer.

De la terre, ils font des remparts.

Ils bâtissent, sans arrêt et avec force,

Tels des démons, tels des djinns

Ils s’agitent autour de l’ouvrage pour l’achever

Ils ont entouré la ville, ils l’enserrent,

Ils la tiennent ferme, à leur guise.

Un autre poète a dit :

Tel un moulin, ainsi sur nous l’orage tournoie,

Coups redoublés, sans arrêt,

Tonnerre, nuit et jour,

Eclairs dans les nuages de la plaine,

Que de jours éclatants devenus nuits sombres,

La fumée du combat s’épaississant sans cesse.

[Un retardataire au défilé] Ce jour, arrestation du garde Ismâ’îl al-Kharbutlî, qui était katkhudâ des ’Azab ; il habitait le quartier al-Jamâliyya. Il fut désarmé, amené à la Citadelle et emprisonné. La raison : il avait organisé cette nuit-là un banquet pour ses amis et ses camarades, agrémenté de musique et de chants ; il passa ainsi toute la nuit jusqu’à l’aube ; emportés par le sommeil et l’ivresse, tous dormirent jusqu’au milieu du matin et furent en retard pour la rencontre [avec le général]. Aussitôt réveillé, il prit son cheval et partit : il rejoignit le cortège à Bâb al-Nasr. Il fut sanctionné pour ce retard, comme nous venons de le raconter.

[Réjouissances populaires] Quand le général [Bonaparte] arriva à l’Azbakiyya, des bateleurs et des acrobates s’étaient rassemblés sur la place avec des saltimbanques, des montreurs de serpents et de singes. Il y avait aussi des femmes qui dansaient et racontaient des boniments. On y avait installé des balançoires comme aux jours de fête et de mousem. Cela dura 3 jours, il y avait des salves et des feux d’artifice. La foule se dispersa après que le général eut distribué pourboires et bakchichs.

(à suivre)

1800 – 14 juin :

1. Victoire de Marengo sur les Autrichiens (Jean-Charles Volkmann, 1997). C’est lors de cette bataille que meurt le général Louis Charles Antoine Desaix qui vient de rejoindre l’armée française après avoir été retenu au Lazaret de Toulon à son retour d’Egypte. Le premier Consul lui avait donné l’ordre de le rejoindre partout où il serait et c’est 35 jours après sa sortie du Lazaret qu’il arrivait, pour mourir au champ de Bataille de Marengo, en y établissant la victoire (Desaix, « Lettre autographe du général Desaix retenu au Lazaret de Toulon à sa rentrée d’Egypte).

2. Assassinat du général Jean-Baptiste Kléber au Caire par un Alépin fanatisé. Ses restes furent ramenés avec le retour de l’armée en France, en 1801, puis déposés au château d’If et transférés, en 1818 seulement, à Strasbourg. Jacques Menou, appelé à succéder à Kléber, en tant qu’officier le plus ancien (14 juin 1800 – 25 prairial an VIII), se révéla un esprit indécis et même un incapable, ce qui lui attira la fronde des généraux, dont surtout celle de Reynier. Abandonnant Belliard au Caire, il capitula à Alexandrie (Rigault 30-46 et 382-91).

1807 – 14 juin : C’est aujourd’hui l’anniversaire de la bataille de Friedland dont Norvins fit le récit. Ce témoin de l’Histoire prouve — si besoin était — combien il est précieux de pouvoir dire en cette matière : “ J’étais là et voici ce que j’ai vu…“

« Ce fut au milieu de cette grande bataille, dont à deux genoux sur ma selle je suivais avec le plus avide intérêt toutes les péripéties, que l’empereur, à pied et, je le vois encore, cinglant et brisant de hautes herbes à coups de cravache dit au maréchal Berthier

“ — Quel jour est-ce, aujourd’hui ?

« — C’est le 14 juin, sire.

“ — Jour de Marengo, jour de victoire ! reprit l’empereur.

“ Et il continua de jouer sa bataille comme une partie d’échecs, De mon observatoire, je vis Grouchy charger dix fois avec les dragons. Je vis aussi deux superbes régiments de cuirassiers saxons, l’un rouge, l’autre blanc, faire au travers de la ligne russe une irruption foudroyante et se perdre à nos yeux dans ses derniers rangs, puis en ressortir victorieux par l’immense brèche qu’ils y avaient faite avec leurs grands sabres. Aussi nous nous associâmes avec ivresse aux vivats dont l’armée salua leur bravoure.

“Je vis enfin la dernière et terrible scène de ce grand drame dont sept à huit cents pièces de canon composaient l’orchestre et trois cent mille combattants fournissaient la pantomime. Notre infanterie de ligne du corps de Ney et de la division Dupont alla attaquer à la baïonnette la garde impériale russe, toute recrutée de colosses du Nord, dans le ravin qui entourait la ville de Friedland et où, fortement embusquée, elle était la dernière et redoutable espérance de la grande armée ennemie Ce fut la victoire des pygmées sur les géants… » (André Castelot, L’almanach de l’Histoire, 1962)

1847 – 14 juin : fermeture définitive de l’usine de soude de l’île des Embiez – Après transmission de l’affaire au ministère de l’Agriculture et démission de la municipalité, le préfet du Var ordonne enfin, le 14 juin 1847, la fermeture définitive de l’usine de soude de l’île des Embiez

Rappel des faits. En 1830, après avis de l’inspecteur des forêts, du directeur général de l’administration des Douanes et du conseil d’État, un certain sieur Cagniard, propriétaire des salins depuis 1827, a obtenu par ordonnance de Charles X, l’autorisation de fabriquer de la soude factice à partir du sel marin, selon la technique mise au point par le chimiste français Leblanc (Après avis de l’inspecteur des forêts, du directeur général de l’administration des Douanes et du conseil d’État). L’ordonnance précise que l’usine composée de huit fours et de quatre chambres de plomb devait permettre la condensation et la récupération de l’acide muriatique (chlorhydrique) dégagé ; mais ce n’est pas le cas : les vapeurs toxiques, dont l’absorption est incomplète, provoquent une dangereuse pollution.

Engagé en 1833, un procès durera jusqu’en 1847. Cette année-là, alors que l’usine décompose en soude jusqu’à cinq mille kilogrammes de sel par vingt-quatre heures, une commission d’enquête constate, après avoir visité avec la plus grande attention toute la partie Ouest et Midi de la commune de Six-Fours jusqu’à la mer « une végétation des plus malheureuses les figuiers, dont le terroir se trouvait amplement pourvu, ont presque entièrement disparu, et les quelques arbres de cette espèce qui restent encore se trouvent dans un état tel de dépérissement et dessication qu’on peut les considérer comme entièrement perdus. Les oliviers se trouvent dans des conditions de végétation aussi mauvaises et hors d’état de porter le fruit à maturité. Les arbres fruitiers ont presque entièrement disparu et ceux qui restent n’ont aucune vigueur. La vigne, principal produit de ces terres, est à la veille d’être sous peu (sic) entièrement ruinée. Chaque pied de vigne qui, d’après l’usage établi, est cultivé sur trois ou quatre branches taillées et raccourcies, ne se trouve plus en avoir qu’une ou deux vivantes qui, presque toutes sont cariées et annoncent une fin prochaine (…). Partant, nous avons reconnu d’une manière évidente des dégâts considérables sur les plantes, arbres fruitiers, oliviers, vignes et autres productions du pays. Les dommages s’étendent à une grande distance des Embiez ils sont plus marqués dans les vallons et les bas-fonds où les courants existent ». (Royo Jean, Preleur Michèle, Degiovani Albert – Les salins des Embiez, une histoire qui ne manque pas de sel).


1830 – 14 juin : HISTOIRE DE LA CONQUÊTE D’ALGER – A la petite pointe du jour, le signal, impatiemment attendu, est donné. Le canon tonne des deux côtés, les chalands s’avancent vers le rivage sous le feu de l’ennemi, auquel celui des bâtiments embossés répond ; à une certaine distance du littoral, on met des matelots dans l’eau, pour en mesurer la hauteur, et lorsqu’ils n’en ont plus que jusqu’à la ceinture, les capitaines font sauter leur compagnie à la mer; marins, soldats, tous se jettent à la fois ; le colonel d’Armaillé donne l’exemple, malgré ses soixante-huit ans. En un instant le littoral est couvert de nos troupes, qui se forment promptement avec le plus grand ordre, sous le feu des batteries ennemies. Le fort de Sidi-Ferruch et la batterie de Torre- Chica (la petite tour) sont occupés, deux marins y arborent le drapeau blanc. A quatre heures et demie, la première division, commandée par le général Berthezène, était descendue avec huit pièces de campagne. A cinq heures et demie, la seconde division, commandée par le général Loverdo, commence son débarquement avec la reste de l’artillerie de campagne. A six heures et demie, le général en chef, qui, depuis la pointe du jour; était monté sur le canot amiral avec son état-major, aborde au rocher de la pointe de Torre-Chica, pendant que les chalands, chaloupes et canots, achèvent de mettre à terre les dernières compagnies, de la seconde division.

La première division était déjà formée par masse en bataillons et attendait ses ordres. Le général en chef commanda au général Berthezène de se porter en avant en pivotant sur sa gauche, pour débusquer l’ennemi qui, placé en hors de l’isthme, sur les premières hauteurs de la rampe li monte vers Alger, nous incommodait de son feu. Il était bout sur une dune et causait avec son chef d’état-major, général Després, tout en suivant du regard le mouvement qu’il venait d’ordonner, lorsqu’un boulet vint tomber à ses pieds et le couvrit de sable, ainsi que tous ceux qui étaient à ses côtés. « Il fut aussitôt, dit un témoin oculaire, entouré par l’état-major général, qu’il rassura avec son sang-froid et bonté ordinaires. Ce mouvement précipité dut faire croire à l ’ennemi que ses coups nous avaient été funestes, car les boulets se succédèrent à la même place avec une rapidité étonnante et une justesse remarquable. » (Campagne d’Afrique en 1830, par M. Fernel, chef de bataillon attaché à l’état-major général de l’armée, page 36, Paris, 1831.) Nous trouvons le même fait mentionné dans une lettre écrite à M. le , alors marquis de Clermont-Tonnerre, par M. de Villaret-Joyeuse, capitaine de vaisseau. Cette lettre, écrite le 14 juin 1830, à bord de la Provence, rapporte ce qui suit : « D’après les rapports qui nous parviennent, cette première armée n’a pas coûté grand monde, mais peu s’en est fallu qu’au début, le même boulet n’enlevât le général en chef et l’excellent général Després. »).

On n’avait pas eu le temps de débarquer un seul cheval, de sorte que tout ce monde était à pied. Or l’état-major général était nombreux: Il se composait non-seulement des aides de camp du général en chef et de l’état-major proprement dit, mais des jeunes officiers de grandes familles qui avaient brigué l’honneur de faire partie de l’armée d’expédition, de plusieurs anciens officiers de mamelucks ayant qualité d’interprètes, de consuls français qui avaient habité le pays, et de volontaires russes, anglais, allemands, espagnols, représentant l’Europe auprès de l’armée française. Comme on ignorait quand les chevaux pourraient être débarqués, chacun portait un sac rempli de vivres et s’était équipé et armé à sa manière. Quelques-uns avaient leur manteau roulé autour du corps et des pistolets à la ceinture, d’autres des fusils de chasse. Il y avait là des savants qui ployaient sous le poids des livres et des cartes. Cette tenue peu correcte devenait le sujet intarissable de joyeuses plaisanteries, qui redoublaient chaque fois que les ordres du général en chef, se succédant avec rapidité, mettaient en mouvement un nouvel officier, obligé de courir dans le sable avec ses armes, sa tenue de cheval et sa charge de vivres.

Cependant le mouvement s’opérait. L’infanterie, s’avançant rapidement, poussait devant elle des groupes de cavalerie qui essayaient en vain de l’entamer. L’artillerie de campagne, construite sur le nouveau modèle, précédait partout nos colonnes en surmontant toutes les difficultés de terrain, et dispersait tons les groupes de cavalerie, de sorte qu’à partir de cette journée, sa supériorité sur l’ancien modèle demeura établie. Le général Poret de Morvan, à la tête de sa brigade, composée des 2e et 4e légers et 3e de ligne, débusqua rapidement l’ennemi de toutes ses positions et s’empara de ses batteries. « Charles de Bourmont, troisième fils du général en chef, continue l’officier plus haut cité(1), entra le premier dans une de ces batteries, accompagné du jeune Bessières, sous-lieutenant au 3e de ligne. Les généraux Achard et Clouet, à la tête de leurs brigades respectives, lièrent leurs mouvements à celui du général Poret de Morvan et prirent leur ordre de bataille, de sorte que le, général Berthezène, une fois maître des positions ennemies, occupa avec sa division un arc de cercle dont la gauche s’appuyait à la mer et la droite se liait à la deuxième division. » (M. Fernel, chef de bataillon attaché à l’état-major. Nous trouvons, dans la lettre du général au ministre de la guerre, sous la date du 17 juin 1830, des détails précis sur la journée du 14 juin : « Lors du dernier rapport que j’ai eu l’honneur d’envoyer à Votre Excellence, dit le général en chef, ceux des lieutenants généraux ne m’étant pas encore parvenus, je n’avais pu évaluer que d’une manière approximative les pertes que nous avons éprouvées dans la journée du 14. 32 hommes ont été tués ou mis hors de combat, un officier a été blessé légèrement. Les régiments de la brigade Achard sont ceux qui ont le plus souffert. Le général Berthezène cite, comme s’étant particulièrement distingués, MM. Déboire, capitaine de voltigeurs du 4e léger; Clouet, capitaine de carabiniers au même régiment; Bêche, sous-lieutenant du 2e léger; Bellecart, capitaine au 32e de ligne; Abadie, capitaine au 37e de ligne. MM. Bessières, sous-lieutenant au 3e de ligne, et Charles de Bourmont, aide-major dans le même régiment, sont entrés les premiers dans une des batteries ennemies. Le soldat Cermi, au 14e de ligne, a été blessé et renversé par un boulet qui avait tué son chef de file, et s’est relevé en criant : Vive le roi ! » Documents communiqués par la famille du maréchal de Bourmont). En effet, les divisions Loverdo et des Cars, débarquées avec le même bonheur, avaient suivi le mouvement de la première division. A onze heures, le combat avait cessé, et l’ennemi fuyait de toutes parts, en laissant dans nos mains treize pièces de canon et deux mortiers.

Ainsi le premier pas de notre armée sur la terre d’Afrique était un succès. Ce débarquement, pour lequel le vice- amiral Duperré demandait un mois quand son esprit, ouvert aux objections de la théorie, mesurait de loin les difficultés, son habileté pratique, aux prises avec elles, l’avait exécuté en quelques heures. De quatre heures du matin à midi, le débarquement des trois divisions de l’armée et de son artillerie de campagne avait été opéré, l’ennemi débusqué de ses positions. Nous étions maîtres de la plage.

« Nos soldats, écrivait le général en chef, ont montré autant de sang-froid sur le champ de bataille que jusqu’alors ils avaient fait éclater d’enthousiasme. Nous avons perdu vingt hommes; aucun officier n’a été atteint. L’aspect du terrain en avant de la presqu’île répond parfaitement à la description qu’en a fait le colonel Boutin; il est sablonneux et légèrement onduleux; de fortes broussailles le couvrent dans presque toutes ses parties. La presqu’île est un rocher calcaire sur lequel s’élève un santon auquel les Espagnols ont. donné le nom de Torre-Chica (petite tour). Elle est destinée à servir de place de dépôt pour nos approvisionnements de toute espèce. Le général Valazé y a tracé un retranchement qui aura peu de développement et dont la construction est déjà commencée. »

De son côté, le vice-amiral Duperré annonçait au ministre de la Marine le débarquement de l’armée et l’heureux début des opérations militaires. Le Sphinx porta en France ses dépêches et celles du général en chef. Le commandant de la flotte écrivait ce qui suit: « La Providence a favorisé d’un succès complet les premières opérations de l’entreprise glorieuse ordonnée par Sa Majesté ; le pavillon du roi flotte sur le fort de Sidi-Ferruch et la tour de Torre-Chica. Parti de la baie de Palma le 10 de ce mois, avec la flotte sous mon commandement, dont, j’étais parvenu à rallier les éléments séparés par les mauvais temps qui l’avaient assaillie en vue de la côte d’Afrique, pour la première fois le 31 du mois dernier, je l’ai abordée de nouveau le 12 au matin. De forts vents d’est nord-est et une grosse mer m’ont forcé une seconde fois à prendre le large en conservant la flotte ralliée. Hier matin 13, le vent était encore frais de la partie de l’est, mais la mer était peu houleuse. Ce premier moment de répondre à la confiance de Sa Majesté m’a paru propice ; je l’ai saisi… Ce matin, à quatre heures et demie, la première division de l’armée a été mise à terre avec huit pièces de campagne sous le feu de l’artillerie ennemie qui a produit peu d’effet. Un marin de la Surveillante a eu la cuisse emportée (Ce marin se nommait François-Marie Guillevin; il était matelot du première classe de Quiberon, C’était un Breton, un Morbihannais, qui recevait le premier boulet dans cette expédition française et chrétienne) ; M. Dupont, lieutenant de vaisseau, a reçu une forte contusion par un boulet mort. Il ne m’est parvenu aucun autre, rapport. L’artillerie des corvettes, placées dans l’est de Torre-Chica, a été bien servir et d’un bon effet sur les batteries ennemies; deux matelots, en sautant à terre, ont arboré le pavillon du roi sur le fort et la tour. A six heures, la seconde division et toute l’artillerie de, campagne était à terre ; à six heures et demie, le général en chef a débarqué à la tête de ses troupes ; il a exécuté de suite un mouvement pour tourner les batteries de l’ennemi, qui ont été enlevées après diverses attaques contre des masses de cavalerie. L’armée était entièrement débarquée vers midi ; elle occupe les hauteurs qui sont en avant de la presqu’île, et le quartier général est établi à Torre-Chica ; munitions, vivres, approvisionnements, etc., ont été débarqués, et l’opération va se continuer avec toute l’activité possible. La baie de Torre-Chica ou de Sidi-Ferruch offre à la flotte beaucoup plus d’abri que je n’osais l’espérer, bien qu’elle soit ouverte aux vents de l’est à l’ouest par le nord ; la tenue doit y être bonne, et les bâtiments doivent tenir sur leurs chaînes.

Chacun a fait son devoir et s’estime trop heureux si le roi trouve que la marine a répondu à sa confiance. » (Vaisseau la Provence, baie de Torre-Chica, le 14 juin 1830, Le vice- amiral commandant en chef de l’armée navale à Son Excellence le ministre de la Marine. Voir la Vie de l’amiral Dupperré, par Chasseriau ; annexes page 438.)

1860 – 14 juin : Rattachement du comté de Nice à la France. Rappelons quelle fut l’origine de la séparation du comté de Nice et de la Provence. Au XIVe siècle, avec l’aide des grandes villes provençales, Marie de Blois, tutrice de son fils Louis II, parvint à renverser la situation en Provence et passa avec elles les chapitres de paix de 1387 que Louis dut signer avant d’entrer dans sa capitale, Aix-en-Provence le 21/10/1387. Par ce texte, il réintégrait les rebelles d’hier et suspendait les procès contre eux. En contrepartie, aucun sénéchal provençal ne sera désigné durant les 10 années suivantes. Les chapitres de paix signés avec Aix servirent de modèle pour les autres villes de l’Union d’Aix (Tarascon, Saint-Maximin). Le mouvement des villes fit cependant tache d’huile durant l’hiver 1387-1388 tandis que la Reine qui voulait reconquérir Naples se rendait auprès du roi de France pour obtenir de lui les moyens d’y parvenir et laissait la gestion du comté de Provence entre les mains de son sénéchal, un Angevin évidemment. Une poche de résistance subsistait à l’Est du comté où les vigueries de Nice, Vintimille, Puget-Théniers, ainsi que les baillies de St-Paul et Barcelonnette continuaient le combat contre Louis II au profit du roi de Naples successeur de Charles de Duras. Le sénéchal ne put reprendre Nice alors que le baron de Beuil, Jean de Grimaldi, négociait avec Amédée VII de Savoie qui se proposait d’intervenir au nom du roi de Naples et de protéger ainsi les villes en révolte que Jean de Grimaldi s’engageait à faire passer dans son camp. Ce fut ainsi qu’en septembre, Amédée VII entra en Provence et recueillit l’adhésion des communautés rebelles par une série de déditions semblables aux chapitres de paix de Louis II qui confirmaient les franchises et libertés des localités ralliées.

Tout ceci aboutit en 1388 au détachement du comté de Nice alors que des bandes armées ravageaient le reste de la Provence. La faible réaction des troupes provençales face à cette perte de l’est du comté s’explique par la nécessité de faire face aux troubles causées dans le reste du pays par le brigandage du vicomte de Turenne, un proche du roi de France, qui avait reçu de la reine Jeanne de nombreuses terres et se trouvait également lié aux Baux et au Pape Grégoire, son oncle (HR, exposé en vidéoconférence 2021).


1875 – 14 juin : MARSEILLE –  Joseph BONNAUD  fils, fabricant de pipes, n°4 Pont-de-Vivaux, dépose la marque BONNAUD Fils MARSEILLE apposée sur les pipes en terre de diverses couleurs de sa fabrication.

1886 – 14 juin : SAINT-MANDRIER CHOISIT SES CANDIDATS AUX MUNICIPALES DE LA SEYNE – Un certain nombre d’électeurs de la section de Saint-Mandrier se sont réunis pour choisir leurs candidats au conseil municipal de La Seyne : M. André Giraud, propriétaire et M. Alexandre Brémond, retraité, ont été choisis pour représenter la section sur la liste Fabre. L’autre liste portera comme candidats M. Lercari Eugène, frère de M. Lercari Louis précédent adjoint spécial, et M. Hyacinthe Giraud. Mais déjà apparaît l’idée de la séparation et Saint-Mandrier demande d’être érigé en commune distingue, les habitants veulent «se diriger eux-mêmes-. Cette demande avait été faite en 1854 et 1866. A l’issue des élections MM. Giraud Hyacinthe (924 voix) et Lercari Eugène (886 voix) sont élus sur la liste de M. Fabre maire. Les fonctions de secrétaire de Mairie étaient assurées par l’Instituteur du village. Cette année-là les conseillers de la section demandent que ces fonctions ne soient plus remplies par un instituteur (Gisèle Argensse, 1989, p. 80-81)

1900 – 14 juin : En Chine, 20 000 Boxers s’emparent des lÉgations étrangères à Pékin où les diplomates et les étrangers sont venus chercher leur dernier refuge. Le 20 juin, l’ambassadeur d’Allemagne sera assassiné, événement qui entraînera une expédition internationale destinée à délivrer les légations et à faire expier aux Boxers les tueries qui ensanglantent Pékin (Alain Peyrefitte, Jean-Jacques de Bresson, L’aventure du XXe siècle, Hachette, 1986).

1909 – 14 juin : BILAN DU SÉISME QUI DÉTRUISIT Lambesc, Saint-Cannat et Rognes dans le massif de la Trevaresse en Provence (Vaucluse). Le 14 juin, on fait état d’un bilan de 43 morts.

1918 – 14 juillet : TORPILLAGE DU PAQUEBOT « DJEMNAH » des Messageries Maritimes au sud de l’île de Crète par un sous-marin allemand. Il était parti du port de la Joliette (Marseille) le 6 juillet. On déplora 548 victimes. Biographie du bâtiment : Troisième d’une série de 5 paquebots sur plans de Vésigné (Iraouaddy, Anadyr, Djemnah, Yang Tse, Oxus) destinés à la ligne d’Extrême Orient aux caractéristiques identiques aux 4 paquebots de type Orenoque construits pour la ligne d’Amérique du Sud, mais avec des emménagements différents, en particulier l’absence de dunette. Premier départ de Marseille le 14 avril 1875. Le 6 novembre 1878 sortant de Marseille par fort mistral il s’échoue sur le Fort Saint Jean à la suite d’une avarie de drosse. Déséchoué par l’Eridan, passagers et courrier sont transbordés sur le Sindh. Installation de l’électricité, de nouvelles chaudières et transformation de la machine en triple expansion en 1887. Affecté en 1892 à la ligne Egypte – Syrie, puis repeint en blanc, à celle de Madagascar. Ramène en 1899 le général Galliéni après la « pacification » de Madagascar. Le 14 décembre 1899, éprouvé par un cyclone, il est remorqué à Diego Suarez par Caravellas des Chargeurs Réunis. En 1907 le mât d’artimon est enlevé. Réquisitionné en 1914 pour assurer le service postal. Le 14 juillet 1918 se rendant à Madagascar en convoi avec un millier de soldats, escorté par HMS Mallow et trois chalutiers armés, Djemnah est torpillé au sud de la Crète par le sous-marin allemand UB 105. Atteint par le travers de la cale à bagages tribord, coupé en deux, il disparait en deux minutes avec 489 passagers et 59 membres d’équipage dont le commandant Charles Méric et le chef mécanicien François Mailhol. Les rescapés ont été débarqués à Alexandrie d’où, le 18 Juillet 1918, le capitaine Toussaint FILIPPI, capitaine au long cours, second du Djemnah, survivant à la mort du capitaine MERIC dans le naufrage, établit le rapport circonstancié sur le torpillage (Réf. Jean-Marie Olivier – Les paquebots des Messageries Maritimes).

1936 – 14 juin : Un vaste mouvement de grèves se produit à Paris et sur tout le territoire. A Saint-Mandrier la grève des employés de la compagnie du gaz et de l’électricité a une répercussion sur les boulangers. Les Forges et Chantiers accordent des augmentations de salaire, de nombreux employés résidant à Saint-Mandrier sont concernés. Toulon subit une agitation gréviste : les tramways, le nettoiement, les garçons de café… MM. Colomp et Brunet, délégués de la section socialiste S.F.I.O. lancent un pressant appel à tous les militants et à tous les sympathisants du Front Populaire, afin qu’ils viennent se ranger derrière le drapeau du parti à la manifestation qui a lieu à La Seyne le dimanche 14 juin 1936 (Gisèle Argensse, 1989, p. 205).

1940 – 14 juin :

1. RIPOSTE FRANçAISE CONTRE LE BOMBARDEMENT DE TOULON ET SA REGION PAR L’ITALIE – Riposte mitigée de la flotte de Méditerranée sur Gênes et le littoral ligure (opération Vado). Groupe de bombardement « Vado» : 8ème escadre (amiral Duplat, sur l’Algérie) composée de 1ère D.C. (Algérie,Foch), avec 1ère D.C.T. (Vauban, Lion, Aigle) et 5e C.T. (Tartu, Chevalier-Paul, Cassard). « Vauban », seul navire touché par un obus italien.

2. ENTRÉE DES ALLEMANDS DANS PARIS – “Le 14 juin 1940, les troupes allemandes pénétraient dans Paris (déclarée ville ouverte). A leur grande surprise pas un coup de feu, pas un incident ne marquèrent cet événement. Anesthésiés par la défaite, les Parisiens ne réagirent pas. Jusqu’au dernier moment, ils avaient redouté le pire. La défense de Paris, son évacuation, sa destruction même avaient été depuis près d’un mois l’objet de conflits dramatiques, de communiqués et de décisions contradictoires. A l’intérieur d’une équipe politique et militaire divisée, Reynaud, Mandel, de Gaulle souhaitaient que la résistance de Paris illustrât la détermination de la France; Weygand, Pétain, Paul Baudouin et tous les partisans d’une solution rapide du conflit, voulaient que la reddition de Paris coïncidât avec la conclusion d’un armistice.

« La confusion avec laquelle cette question fut traitée au cours des délibérations gouvernementales de mai et juin 1940 éclaire, psychologiquement, l’absence momentanée de réaction de la part des Parisiens. Ils avaient redouté le sort de Varsovie et esquissèrent une sorte de sourire avant d’entrer dans la longue et sanglante nuit de quatre années d’occupation. » (Jean-Marc de Foville, L’entrée des Allemands à Paris (14 juin 1940),)

Un seul coup de feu claque : c’est le grand chirurgien Thierry de Martel, de réputation mondiale, qui ne veut ni être ni otage, ni subir l’occupation. Il se suicide (Albert Ouzoulias, 1968, p. 32).

3. CLAUS MANN – « New York. 14 join 1940. Les nazis sont à Paris. L’Allemagne jubile, l’« autre » Allemagne aussi. Hitler danse de joie. Un cauchemar… Mais il n’y a que la réalité pour être aussi fantastique, aussi horrible » (Le Tournant, p. 529).

1942 – 14 juin : BIR-HAKHEIM (28 mai – 11 juin 1942) – « Les Nations Unis ont contracté une lourde dette de gratitude et de reconnaissance envers la première brigade Française Libre et son vaillant chef le général KOENIG ». Tels sont les termes dans lesquels se terminait le communiqué publié le 14 juin 1942 par le Grand Quartier Général allié au Moyen-Orient (Charles De Gaulle, Au service de la France, 1940-1944, p. 32.

1944 – 14 juin :

1. LA BATAILLE DE FRANCE : Bombardement de Vimoutiers par l’aviation alliée.

2. FIN DES COMBATS SUR MER ET RETOUR D’UNITES FRANCAISES EN ANGLETERRE – La journée du 14 juin se passe sans le moindre incident ; simplement la dernière nuit que le groupe JAUJARD passe en vue des côtes normandes, est encore remplie d’avions et d’explosions de bombes. Un avion laisse tomber un projectile sur l’arrière du Montcalm et le Georges Leygues mieux placé (parce que plus près) le signale comme une bombe, ayant explosée à 850 mètres de lui. Le reste de la nuit est illuminé par des fusées éclairantes lâchées par les avions ennemis vraisemblablement pour photographier les bâtiments au mouillage. L’ordre d’appareillage pour Milford Haven, arrivé une première fois le 14 à 19 h 00 puis annulé à 00 h 15, arrive derechef le 15 à 19 h 00 et le groupe Georges Leygues s’ébranle vers 20 h 00 à 23 nœuds, par un chenal dragué où se pressent de nombreux cargos, LCT, LST, LSI etc. Au cours de cette traversée, sans encombre, malgré des risques de collision qui forcent à diminuer la vitesse jusqu’à 12 nœuds, ou malgré des mines flottantes dont une est évitée de justesse par le bâtiment amiral, les deux croiseurs ont la satisfaction de rencontrer plusieurs corvettes françaises, en opération d’escorte de convoi, la Roselys le 15 au soir, vers 22 h 45 et deux autres le 16 vers 11 h, parmi lesquelles le Georges Leygues identifie le Commandant-d’Estienne- d’Orves.

3. LA BATAILLE DE FRANCE : Expédition allemande dans la vallÉe du Verdon. Du 10 au 14 juin, attaque de Vinon où se trouve le PC de la Mission interalliée (2 fusillés, fermes incendiées) (var 39-45 / guerre / chrono).

1952 – du 14 juin : EXERCICE BEEHIVE II EN MÉDITERRANÉE – Du 11 au 14 juin, s’est déroulé l’exercice BEEHIVE II. La première phase consistait à protéger contre toute attaque sous-marine un convoi ami traversant le détroit de Sicile, du cap Bizerte vers Malte. Trois sous-marins adverses guettaient le convoi. Pendant la nuit des navires de surface devaient patrouiller sur la route à suivre du convoi, cependant que pendant le jour, un dispositif « Hunter- Killer » opérait avec le 4 F. Au cours de cet exercice, qui a duré trois jours et quatre nuits, les appareils de la 4 F ont effectué 86 heures de vol en 26 sorties, dont 39 heures en mission A.S.M., 32 heures pour deux strikes, 11 heures pour une mission de recherche des forces « ennemies » et l’attaque de ces forces.

Les bâtiments de la Marine en Tunisie (Elan, Lancier, Mameluck), complétés du Marocain, frais émoulu de l’arsenal de Toulon, ont assuré avec succès toutes les opérations demandées dans le détroit de Sicile entre la cap Bon et Malte. Le Marocain, amateloté à l’Elan, en raison de son entraînement insuffisant a joué néanmoins un rôle. L’amiral Mountbatten, directeur de l’exercice et chef du parti rouge, n’a pas hésité à confier pour la dernière journée la responsabilité complète de la zone du canal de Sicile à l’amiral Barjot, lui laissant le soin de fixer les champs d’action entre Français et Italiens et d’y coordonner la manœuvre (Extrait de Cols Bleus n° 266 du 22 août 1952, cité par Gérard Garier, dans « Les avisos de 630 t. »)

1957 – 14 juin : Mise en service de l’escorteur rapide « Le Savoyard », cliché ci-dessus (F 771), 2ème du nom, ex USS DE.1012, série E52A (de F765 à F775), construit par les Forges et Chantiers de la Méditerranée de La Seyne (netmarine / bat / er / savoyard / index).

1966 – 14 juin : incendie à proximitÉ du centre de tirs de La Renardière à Saint-Mandrier – Mardi 14 juin, vers onze heures, un début d’incendie s’est déclaré à proximité du centre de tirs de La Renardière, à deux pas cimetière communal. Ce complexe militaire abrite un important dépôt de munitions. Grâce à la célérité des pompiers, le foyer a été rapidement circonscrit. Résultat : trois hectares de pinède partis en fumée (Ken Nicolas, vol. 2, p. 246).

1968 – 14 juin : A l’appel de la C.G.T., une manifestation monstre se dÉroule dans Paris. Le défilé dure plusieurs heures et le nombre des manifestants est évalué à plusieurs centaines de milliers (Alain Peyrefitte, Jean-Jacques de Bresson, 1986).

1976 – 14 juin : les tickets RMTT sont acceptés sur les autobus Orlandi. Cette amélioration rentre en application dans le cadre de la modernisation des transports de l’agglomération (Bonnafoux G., 1985).

1982 – 14 juin : GUERRE DES MALOUINES – Après le débarquement du 9 mai sur l’île principale, les Britanniques ont reconquis les Malouines. Les troupes argentines de Port-Stanley se rendent. (Alain Peyrefitte, Jean-Jacques de Bresson, 1986).

1985 – 14 juin : DÉTOURNEMENT D’AVION – Peu après son décollage, un Boeing de la TWA est détourné par deux chiites libanais. 39 otages sont dispersés dans Beyrouth. Les ravisseurs réclament la libération de 700 chiites détenus en Israël (Alain Peyrefitte, Jean-Jacques de Bresson, 1986).

1994 – 14 juin : Mort du chanteur, compositeur et acteur Marcel MoulOUdji. Rappelez-vous : «  La complainte de Mackie », « Le déserteur », « Mon pote le gitan », « Comme un petit coquelicot », « Guillaume Apollinaire dit par Mouloudji », « Autoportrait », « Un jour tu verras », …

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE : Encore, et toujours, le train !

Le train va partir. Le chef de gare passe le long du quai pour fermer toutes les portières. Et il tombe sur une portière récalcitrante. Il la claque, il la reclaque, il la reclaque à toute volée. Mais la por­tière se rouvre à chaque coup. Alors, excédé, il hurle : — Eh bien, espèce d’andouille ! Tu peux pas reti­rer ta main, non ?

Bon mercredi à tous.

Affectueuses pensées à Raphaël, Webber, Isabelle et Olivier.

 

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