ÉPHÉMÉRIDES DU SAMEDI 27 MAI 2023 12e ANNÉE (3807)
ILLUSTRATION : Bombardement de Marseille, le 27 mai 1944.

Carte présentant une partie du plan réalisé en 1944 par le service Prévention du Bataillon des Marins-Pompiers (BMP) de Marseille et illustrant l’impact des bombardements sur Marseille, le 27 mai 1944. Ce document est un plan réalisé par le Service Prévention du Bataillon des Marins-Pompiers de Marseille en 1944, montrant les points de chute et d’impact des bombes (voir les points rouges), les incendies déclarés (voir les points orange) ainsi que les zones privées d’eau (signalées en bleu). Il offre une vue d’ensemble des dégâts causés par le bombardement et, en même temps, les lieux de la ville où les marins-pompiers et les secours devaient intervenir.

LES FÊTES. Le 27 mai est la Journée nationale de la résistance. C’est l’occasion d’une réflexion sur les valeurs de la Résistance et celles portées par le programme du Conseil national de la Résistance. Elle permet également de rappeler aux jeunes générations l’engagement des hommes et des femmes qui se sont levés contre l’occupant nazi et le régime collaborationniste de Vichy.
Le 27 mai, nous fêtons saint AUGUSTIN, un moine bénédictin mort en 604, premier évêque puis archevêque de Cantorbéry, personnage à ne pas confondre avec saint AUGUSTIN (IVe siècle), évêque d’Hippone (Bône, en Algérie, aujourd’hui Annaba) qui est l’un des docteurs de l’Eglise et à qui nous devons « La Cité de Dieu » (trad. Louis Moreau (1846), édition illustrée annotée par le chanoine G. Bardy, préface du chanoine A. Fougerat, Paris, Editions Bordas, 1949, 246 p.) et « Les confessions » (introduction par Louis de Mondadon, Le Club Français du Livre, coll. « Les Portiques », 1950, 404 p.).
Toutefois, ayant effectué de nombreux voyages en Algérie, je ne peux m’empêcher de vous livrer quelques éléments biographiques concernant AUGUSTIN d’Hippone, texte de Victor Saxer extrait de « Saints anciens d’Afrique du Nord », livre publié en 1979 par la typografia poliglotta vaticana, p. 168 :
« Aux tâches ordinaires d’un évêque (…) Augustin ajouta les charges que lui imposait sa haute autorité spirituelle et doctrinale. Il est invité à prêcher de Carthage, à Césarée, en plus de ses prédications d’Hippone; il prêche sur tous les sujets, mais toujours de la Bible: ainsi sont nés quelques grands commentaires, des Psaumes, du Sermon sur la montagne, du Notre Père, du 4e Évangile. Il entretient une correspondance incessante, faite rarement de petits billets hâtifs, mais habituellement de lettres circonstanciées, dont quelques-unes atteignent les dimensions de vrais traités; ses correspondants sont donatistes, manichéens, ariens, païens; ils se trouvent en Afrique surtout, mais aussi en Italie, à Rome, en Gaule, en Espagne, à Bethléem. En plus, il trouve le loisir d’écrire de longs ouvrages: les Confessions en 398, la Cité de Dieu au lendemain de la prise de Rome par Alaric (24 août 410), le De Trinitate qu’il acheva entre 412 et 416. Mais il donna le meilleur de lui-même, de son temps et de sa personne, à la défense de trois causes: celle du Dieu unique contre les manichéens qu’il combattit aussi ardemment qu’il avait été leur prosélyte; celle de l’Eglise catholique contre les donatistes dont il obtint la défaite à la Conférence de Carthage en 411 ; celle de la grâce contre le pélagianisme dont les combats occupèrent les dernières années de sa vie. Augustin mourut le 28 août 430, alors que la ville d’Hippone était assiégée par les Vandales. Son nom figure à cette date dans le Martyrologe hiéronymien. Le Calendrier de Carthage l’inscrit au 29. Peut-être l’évêque d’Hippone mourut-il dans la nuit du 28 au 29. »
Sur mon calendrier , je relève que c’est aussi le jour de la fête de sainte MARGARET, une princesse anglo-saxonne de la maison de Wessex qui devint reine d’Écosse en épousant le roi Malcolm III vers 1069-1070, après la conquête normande de l’Angleterre. Elle lui donna huit enfants, dont trois futurs rois d’Écosse. Ayant fait preuve d’une grande piété tout au long de sa vie, elle fut canonisée en 1250. C’est la sainte patronne de l’Écosse, et bon nombre d’églises et autres établissements publics lui sont dédiés dans la région et ailleurs.
Le calendrier révolutionnaire a dédié au lis MARTAGON ce huitième jour du mois de prairial de l’AN II.
DICTONS DU JOUR : « Brouillard de mai et chaleur de juin mènent la moisson à point ».
Locution provençale : « Qu si levo de Touloun si levo la resoun » « Celui qui quitte Toulon perd la raison ». Expression transposable évidemment.
PENSEE : « Vous aimez les livres ? Vous voici heureux pour la vie » (Jules Claretie).
En direct de NOTRE bibliothèque :

Cahiers de Patrimoine ouest varois, n°10 « Regards sur un terroir, Sanary-sur-Mer », 2004 » : NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et autres LIEUX DE SANARY ().
30e livraison : Le prieuré Sancti Nazarii cité au début du XIIe siècle.
L’histoire de ce prieuré et de sa chapelle, siège d’un territoire aux limites inconnues situé au-delà de la Reppe, se confond très souvent avec celle de l’agglomération postérieure. Ce prieuré qui exploite l’une des terres de Six-Fours se trouve à l’écart des grandes voies de communication dont la plus importante relie Toulon à Aix par l’intérieur (Evenos, Le Castellet), ou l’ancien chemin de Toulon à La Ciotat, aujourd’hui, chemin de la Tourelle au Pont-d’Aran (Voir n°7, « Ollioules »). Très tôt, le territoire de Six-Fours, du fait de l’existence ancienne de Tauroeis/Tauroentum sera traversé par des voies reliant ce port à Toulon ou bien longeant le bord de mer (Lagoubran) pour gagner La Seyne puis Tauroentum. Quand à Saint-Nazaire, qui devait être relié au castrum de Six-Fours par la montée de la Calade, il devait son existence à un concours de circonstances qui rendront son occupation pérenne. Indubitablement, s’il est placé en bord de mer – tout comme le prieuré de Saint-Victor des Embiez -, c’est aussi et surtout le premier port de Six-Fours avant le franchissement du Cap Sicié, et le mieux protégé des vents du nord, comme en font foi les vestiges découverts dans ses eaux. Près de lui, chose rare donc chère, un cours d’eau, le Vallat-Daumas, alimenté par les deux réseaux hydrologiques de la Piole et du Lançon, draine les sources nombreuse coulant à l’époque au pied du Gros Cerveau (cf. , fig. 7, Réseaux hydrologiques de Sanary). Ces apports souvent irréguliers, dus au régime torrentiel des pluies et à la résurgence vauclusienne du Gour qui appartient au Lançon, donnent de temps en temps, mais toujours de façon catastrophique. Heureusement, la source de Mortier qui coule en permanence à partir de la hauteur de Châteauvert, alimente un cours partiellement souterrain qui passe aujourd’hui encore sous le château de la Vernette et sous celui de la Millière. De ce fait, le Vallat-Daumas, hormis quelques crues excessives, reste-t-il le cours d’eau tranquille où les moines et leurs serviteurs peuvent à tout moment aller chercher l’eau potable ; quant aux navires, ils utilisent cette aiguade depuis la plus haute Antiquité. Pour le reste, les habitants peuvent utiliser l’eau des puits situés à proximité de la chapelle, mais ceux-ci sont réputés saumâtre et n’ont qu’une utilité toute relative (Rotger, 1984, p. 73 ; Delattre G. ms inédit : Lors de la querelle qui opposera plus tard Sanary et Ollioules au sujet de l’approvisionnement en eau du bourg, un expert désigné, écrira dans son rapport daté de 1661, qu’ « il n’y a pas d’eau à Saint-Nazaire en dehors de quelques puits d’eau saumâtre. »).
Le prieuré de Saint-Nazaire devait donc vivre à l’écart du monde laïque, bien protégé des mauvais vents et alimentés en eau par un ruisseau permanent – le Vallat Daumas -. Quant à son statut, nous pouvons supposer que la terre est issue d’une donation des vicomtes, ces dernières en conservant la seigneurie majeure. Jusqu’en 1156 (Cf . n° 7, « Ollioules »), l’ensemble des terres des Marseille sont en indivision (Six-Fours leur échappera en 1156 pour passer à Saint-Victor, et Ollioules en 1184 pour passer aux Marseille-Signes). Liés tout à la fois aux seigneurs laïcs et ecclésiastiques, les moines des prieurés bénédictins avaient certainement plus de liberté qu’on le croit.
Évidemment, ses moines versaient la dîme à l’évêque et une part de leurs récoltes au monastère marseillais ; mais il leur fallait également payer des taxes aux seigneurs pour les terres sur lesquelles leurs chapelles, fermes et autres exploitations étaient bâties. Que devaient-ils produire tant pour eux que pour dégager le surplus à acheminer par voie de mer vers Marseille ? Saint-Jean-le Vieux, dont le rôle baptismal est indéniable, devait connaître l’afflux des Six-Fournais et des Ollioulais, et exploiter les salines de Lagoubran, tout comme Saint-Victor des Iles tirait profit des salines des Embiez, et la braceria de Georg, aujourd’hui Le Creux Saint-Georges à Saint-Mandrier – des salines voisines (de Romefort, 1929 : les salines de Six-Fours, entre le rivage et l’île des Embiez relevaient de l’abbaye de Saint-Victor ), que complétait l’envoi vers Marseille du blé (bracis) accumulé dans les réserves. Les productions de cette époque ne devaient pas être différentes de celles que l’on retrouve dans les villae romaines qui ont fonctionné jusqu’à la fin du VIIe siècle. Tout d’abord, le territoire attribué à ce prieuré est, disons-le, parfaitement inconnu des historiens. Quant à Saint-Nazaire, et tout comme l’avaient fait les grands domaines qui l’avaient précédé durant l’Antiquité, il dut cultiver, dans un terroir dont les limites nous échappent, les plantes de première nécessité : blé, vin, huile, chanvre, qui étaient ensuite expédiées sur Marseille, ainsi que certaines plantes tinctoriales comme le chêne-kermès ou le lin. L’élevage devait jouer un rôle non négligeable dans l’économie priorale – moutons et chèvres, mais surtout cochons, y tenant la plus grande part -. En tout état de cause, la superficie de ce domaine ne devait pas être inférieure à celle des villae romaines d’époque antérieures – La Gorguette et Portissol – qui occupaient une place identique dans les anses situées plus à l’ouest.
(à suivre)

André Bouyala d’Arnaud, 1961 : A TRAVERS LES VIEILLES RUES DE MARSEILLE ().
-220e livraison : LE TERROIR MARSEILLAIS
LA BARASSE (à 10 kil. 200, banlieue sud-est)
Devenue un faubourg industriel. Un acte de 1615 la signale comme appartenant au sieur de Barras.
BEAUMONT (à 5 kil. environ, banlieue est)
Beaumont est une étonnante création moderne de la banlieue marseillaise, véritable cité au grand air dont l’essor n’a commencé qu’après la guerre de 1914-1918, mais qui n’en a pas moins ses quartiers de noblesse. Ce serait l’ancien Castrum de Bellomonte érigé en seigneurie en faveur de Clans de Beaumont, par lettres royales du 20 septembre 1475. Henri III en fit donation à sa maîtresse Renée de Rieux de Châteauneuf, dite la belle Châteauneuf, dame d’honneur de Catherine de Médicis. Elle épousa Philippe d’Altoviti, baron de Castellane, capitaine des galères et célèbre Ligueur marseillais, qui tua dans une dispute le Grand Prieur Henri d’Angoulême. De ce mariage naquirent deux filles : la fameuse poétesse marseillaise Marseille d’Altoviti, qu’aima le duc de Guise, gouverneur de Provence, et Clarice, qui devint la femme de Pierre Lemaître, auquel elle apporta la seigneurie de Beaumont. Les rues Lemaître et Beaumont, dans le quartier du Chapitre (cf. p. 258) rappellent les fastes de cette famille et de ce fief.
LA BEGUDE (à 7 kil. 200, banlieue nord-est)
Il existait à cet endroit, en 1246, une source appartenant aux moines de Saint-Victor : fons monachorum. Le nom de la Bégude apparaît au XVIIIème siècle. Un acte de 1766 porte Fons des Mourgues (« Fontaine des moines ») ou La Bégude, à cause d’un « abreuvoir » (begudo) où les rouliers faisaient boire leurs chevaux.
BONNEVEINE (à 4 kil. 750, banlieue sud)
Situé au sud de Saint-Giniez, entre le chemin de Mazargues et le rivage, le quartier de Bonneveine ne tire cependant point son profit de la mer ; c’est un quartier de maraîchers aux maisons basses. Autrefois, l’Huveaune y formait vraisemblablement un marais. Son nom de Bonavena (1310), Bona Avena (1333) ou « bonne avoine », évoquait la fécondité de ses champs. Son église était connue au XVIIIème siècle sous le vocable de « Notre-Dame de Bonne Veine ».
A Bonneveine naquit, le 20 janvier 1756, le dessinateur Antoine Constantin, ancêtre des paysagistes provençaux du XIXème siècle et romantique avant l’heure, à la manière d’Hubert Robert. Le peintre de la peste de 1720, Michel Serre, avait une bastide à Bonneveine.
En bordure du quartier de Bonneveine et de l’Huveaune se présentent l’élégant Château Borély (cf. p. 339), Belombre où vécut madame de Simiane (cf. p. 341) et un certain nombre de bastides (cf. p. 342).
(à suivre)
A LIRE ABSOLUMENT (nouvelle rubrique) : 1944 – 27 mai : BOMBARDEMENT MEURTRIER DE MARSEILLE PAR L’AVIATION ALLIÉE.

ÉPHÉMÉRIDES.
–1082 – 27 mai : SAINT-VICTOR de Marseille : l’archevêque d’Aix, Pierre Geoffroi, ancien moine de Saint- Victor et fils de Geoffoi, vicomte de Marseille, confirme à l’abbé Richard la possession de l’église paroissiale de Saint-Maurice de Tourves et de ses églises dépendantes, dont Saint- Pierre, qui est alors restituée et qui avait été tenue injustement jusque-là par des clercs. S’agit- il ici d’un autre exemple de petite communauté de clercs qui finit par être rattachée à un grand monastère ? (Voir Chapitre V, 2. 1.). Toutes les églises de Tourves avaient été données à Saint-Victor par les Châteaurenard et autres personnages du pays, à l’occasion de la consécration de l’église Saint-Etienne par l’archevêque d’Aix, Pons de Châteaurenard (CSV 325, 1048-1056). Cette ancienne donation sous les auspices de l’archevêque Pons est mentionnée dans la confirmation de 1082, qui évoque aussi les nobilissimi viri qui ont aidé à la restitution de l’église Saint-Pierre, certainement les descendants des donateurs de 10481052, comme les Boetus (Pons Boetus et ses fils Dodo, Boetus et Silvius apparaissent en 1048-1052, Dodo et Guillaume Boetus en 1082). La confirmation de l’archevêque d’Aix en 1082 semble un complément au privilège de Grégoire VII de 1079, qui mentionne seulement la cella Saint-Etienne dans le territoire de Tourves, omettant l’église paroissiale de Saint- Maurice. Lors d’une nouvelle confirmation le 5 juillet 1093 (CSV 222), l’archevêque Pierre Cornut, successeur de Pierre Geoffroi, rappelle l’intervention de Grégoire VII dans l’affaire des églises de Tourves, sans doute en 1082 (sicut domnus papa Gregorius sua auctoritate donaverat et firmaverat). L’abbé Richard profite de sa position de force pour essayer de récupérer deux collégiales du diocèse de Fréjus, Pignans et Barjols (CSV 600 – 1085, 601 -1099, et CISV 99 – sans date). Voir Chapitre V, 2. 2. (Cartulaire de Saint-Victor, 221).
–1278 – 27 mai : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Las planas de Montredon (acte notarié). Montredon – commune de Marseille, colline au bord de la mer, qui a pris son nom de la forme naturelle qu’elle présente. Première mention : Podium rotundum, XIe siècle (cartulaire de Saint Victor, n° 42).
–1332 – 27 mai : NAISSANCE D’IBN KHALDÛN A TUNIS (Tunisie), mort le 17 mars 1406 au Caire (Égypte). Ibn Khaldoun (ou Ibn Khaldûn) est sans doute le seul grand penseur de l’Histoire qui ne soit pas européen et indéniablement le plus grand historien du Moyen Âge. Il est issu d’une grande famille andalouse d’origine yéménite et chassée d’Espagne par la Reconquête chrétienne. Il naît à Tunis à l’époque où les Mérindes dominent le Maroc et les Valois accèdent au trône en France. Le Maghreb connaît une paix relative cependant que la chrétienté médiévale sombre bientôt dans la guerre de Cent Ans et la Grande Peste. Après une existence active comme conseiller ou ministre des souverains musulmans du Maghreb, Ibn Khaldoun se retire à 45 ans au Caire, où il rédige son œuvre et enseigne. Ne tenant pas en place, il passe par Damas en 1401, peu avant que la ville ne soit assiégée par Tamerlan. Le vieux sage obtiendra alors du redoutable conquérant qu’il épargne la vie des habitants. Dans son œuvre majeure, « Le Livre des exemples », il raconte l’Histoire universelle à partir des écrits de ses prédécesseurs, de ses observations au cours de ses nombreux voyages et de sa propre expérience de l’administration et de la politique. L’introduction, intitulée la Muqaddima (les Prolégomènes en français), expose sa vision de la vie et de la mort des Empires. Était-il rationaliste ? nationaliste ? recherchait-il la vérité ? le fait est qu’il fut tout à la fois critique historique et sociologue. Voir, dans la collection « Thesaurus » (Commission internationale pour la traduction des Chefs-d’œuvre, UNESCO-Liban, Beyrouth, 1967-1968) son « Discours sur l’Histoire universelle / Al-Muqaddima », traduit de l’arabe, présenté et annoté par Vincent Monteil (3ème édition revue), publié par ACTES SUD, « Thesaurus-Sindbad », 1997, rééd. 2011, 1132 p. (enregistré dans ma bibliothèque, cote H 17973).
–1564 – 27 mai : MORT DE JEAN CALVIN, réformateur religieux et humaniste. Né à Noyon en Picardie, il était le fils d’un administrateur de biens au service des chanoines de Noyon et d’une mère catholique dévote morte prématurément. Calvin reçut un bénéfice ecclésiastique qui lui permit de poursuivre des études d’abord à Noyon.
Son père le destinait à la prêtrise mais, à la suite de démêlés avec les chanoines de Noyon, il orienta son fils vers le droit qu’il étudia à Orléans, puis à Bourges, auprès des meilleurs maîtres de son temps. L’étude du droit marqua durablement la pensée de Calvin qui considéra toujours la loi de façon positive, contrairement à Luther.
À la mort de son père, il se tourna vers la théologie et les lettres. Son premier livre est un commentaire du De Clementia de Sénèque. Il fréquenta les milieux humanistes et les cercles de théologiens où se discutaient les idées nouvelles. En même temps, il apprenait grec et l’hébreu.
En 1534, il rompit définitivement avec l’Église catholique en résignant ses bénéfices ecclésiastiques. Il se trouvait à Paris quand éclata cette année-là l’affaire des placards. Durant la répression, il quitta définitivement la France et se réfugia à Bâle où il poursuivit son travail théologique. Son premier texte dogmatique fut l’introduction à la traduction en français de la Bible par son cousin Olivétan. Son second ouvrage résuma l’essentiel de la foi chrétienne : L’institution de la religion chrétienne, (1536). Il s’agit de la première édition en latin de son œuvre majeure qu’il ne cessa de remanier et de développer toute sa vie durant.
Calvin aurait pu continuer sa brillante carrière d’intellectuel sans un hasard providentiel. Il voulait se rendre à Strasbourg, mais la route directe étant fermée à cause des guerres, il dut passer par Genève, ville qui venait d’adopter la Réforme, sous l’influence du réformateur Guillaume Farel. Celui-ci, apprenant la présence de Calvin à Genève, pensa aussitôt que l’auteur de l’Institution Chrétienne était l’homme qui pouvait le mieux l’aider dans la tâche de structurer la Réforme à Genève. Il lui adressa un appel pressant. Calvin resta à Genève où il tenta de mettre en pratique ses idées.
Mais Calvin et Farel s’opposèrent au gouvernement de la ville sur la question de l’autorité respective de l’Église et de l’État, notamment sur les sujets religieux. Ils n’eurent pas le dernier mot et furent expulsés par les autorités de la ville en 1538.
S’établissant à Strasbourg, à l’appel du réformateur Martin Bucer, il exerça les fonctions de pasteur et se maria avec une jeune veuve, Idelette de Bure. Ce fut là qu’il rédigea son Commentaire de l’Épître aux Romains. Il y manifestait clairement sa distance par rapport à Luther : il n’y pas d’opposition inconciliable entre loi et Évangile.
En 1541, il fit paraître son Petit traité de la Cène, où il définit une position médiane entre celles, inconciliables, de Luther et de Zwingli. La même année paraissait la première édition en français de l’Institution Chrétienne, beaucoup plus développée que celle de 1536.
Il accéda ainsi à la reconnaissance internationale en participant à des colloques organisés par Charles Quint pour tenter de guérir la fracture entre les Églises, et rencontre Melanchthon avec lequel il se lia d’amitié. Malgré l’intelligence de Melanchthon et la modération de Bucer, tous ces colloques échouèrent.
En 1540, une majorité favorable au retour de Calvin se retrouva dans les conseils de la ville de Genève. Mais il ne revint qu’en septembre 1541, pensant ne rester que six mois. Il y resta vingt-trois ans, jusqu’à la fin de sa vie.
Dès 1541, Calvin traduisait en français L’Institution de la religion chrétienne, l’un des premiers livres de théologie systématique traduit en français. Par ce moyen, Calvin contribua à fixer la langue française alors en pleine évolution.
L’Espagnol Michel Servet était persécuté tant par l’Église romaine que par les Réformateurs pour ses traités anti trinitaires que Calvin condamna. Michel Servet fut arrêté à Genève et brûlé, après un procès pour hérésie, le 27 octobre 1553. L’exécution de Servet déclencha une polémique entre Calvin et Sébastien Castellion, défenseur de la tolérance religieuse.
À partir de 1555, de nombreuses Églises réformées furent créées en France. Calvin exhorta alors les protestants à rester dans leur pays. Il les soutint de ses conseils et en leur envoyant des pasteurs formés à l’Académie de Genève.
Pour le premier synode de Paris en 1559, il leur adressa un projet de confession de foi et de discipline, puis, par la suite, de nombreuses lettres pastorales.
De santé fragile, ce travail intense et soutenu l’épuisa. Il mourut le 27 mai 1564 à l’âge de cinquante-cinq ans. Théodore de Bèze continua son œuvre (bibliographie rédigée à partir de la notice du « Musée virtuel du Protestantisme »)
–1566 – 27 mai : ASSOCIETE POUR LE NEGOCE DE LA MER : Le premier acte fut passé le 27 mai 1566, par-devant Maître Anthoine Jarri, baille, reçu par Maître Lombard, notaire de Six-Fours, par plusieurs particuliers, gens de mer et autres, dudit lieu, au nombre de 117. Par lequel est porté, que désirant éviter, tant que par eux sera possible, d’être mis en ruine par les turcs et mores (maures), ennemis de la foi crestiène (chrétienne). Que en cas d’être pris par les turcs et corsaires à venir, laquelle chose bonnement est impossible, causant la pauvreté au lieu, et que les habitants ne pourrons vivre sans trafiquer et négocier par mer et par terre, en plusieurs ports, ont fait acte d’associété et compagnie, et promis que durant l’espace de trois ans, personne desdits nommés, fussent pris par les turcs et mores, par mer ou par terre, en trafiquant comme que ce soit, pourvu qu’ils soient pris en terre ou mer des chrétiens, limités depuis Naples jusques à Valance, contenant toutes les îles des chrétiens qui sont à la dite limite. Audit cas, la compagnie sera tenue les racheter, pourvu que n’excèdent pas cent écus d’or, en rapportant bonne attestation, et si monte moins, sera cotisé à prorata.
–1596 – 27 mai : LE DUC D’EPERNON QUITTE LA PROVENCE – Les guerres de religion étaient terminées pour la Provence, enfin unifiée sous l’autorité du duc de Guise. Quelques séquelles furent liquidées dans les mois ou les années suivants. Épernon, abandonné de tous, négocia, son départ, se fit compter quatre-vingt mille écus et s’en alla le 27 mai 1596, accompagné des malédictions de tous les Provençaux (Ribot Henri, Guerres de religion en Provence).
–1610 – 27 mai : EXÉCUTION DE RAVAILLAC, l’assassin du roi Henri IV (cf. 14 mai 1610).
–1678 – 27 mai : L’ESCLAVAGE BLANC EN MEDITERRANEE (1500-1800) – Robert C. Davis, Esclaves chrétiens, maîtres musulmans, 2006, p. 225.
–1721 – du 23 au 27 mai : LA PESTE FAIT 17 MORTS A OLLIOULES (Eugène Castellan, 1937, p.145).
–1727 – 27 mai : service funèbre à Ollioules et Sanary à l’occasion de la mort de François Hyacinthe de Vintimille des comtes de Marseille, seigneur d’Ollioules et de Saint-Nazaire ; puis délégations auprès de Madame de Vintimille. La seigneurie d’Ollioules et de Saint-Nazaire passe à la branche de Vintimille du Luc (Castellan, 1937).
–1747 – 27 mai : Protestation d’Ollioules, car l’évêque de Toulon déplace la fête de Saint-Laurent et la met un dimanche. Cette décision épiscopale entrave, de l’avis des élus, l’économie locale qui profitait des journées de foire correspondantes pour activer le commerce local et faire rentrer de l’argent dans la caisse de la Communauté, l’une des plus imposées de France (Castellan, 1937).
–1789 – 27 mai : DIALOGUE DE SOURDS ENTRE LES ASSEMBLÉES DU TIERS ET DU CLERGÉ – La Chambre des Communes a envoyé une députation au clergé pour l’inviter à se réunir avec elle dans la salle de l’assemblée générale (hôtel des Menus-Plaisirs), afin d’établir ensemble, les moyens d’assurer la paix et la concorde. Le clergé, très partagé, n’a pu répondre avant la fin de cette séance et a remis la question à demain. D’ici là, il continuera à délibérer. Il faut dire que, par sa composition même, la députation du clergé ne facilite guère les décisions de cet ordre (Agenda du Bicentenaire, MERCREDI 27 MAI).
–1792 – 27 mai :
1. DÉCRET SUR LA DÉPORTATION DES PRÊTRES RÉFRACTAIRES (Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997). Mais veto du roi (Pierre Goubert, Initiation …, 1984).
2. LE BEAUSSET ACCEPTE DE SIGNER UNE RECLAMATION DE LA COMMUNE DE SAINT NAZAIRE (SANARY), CONTRE CELLES DE LA CADIERE, LE CASTELLET ET BANDOL, EN VUE D’OBTENIR UNE AUGMENTATION DES IMPOSITIONS DE CES TROIS COMMUNES… Attendu que lors du dernier affouagement (base de la répartition des contributions foncières et mobilières) « le territoire des communes de La Cadière, Le Castellet et Bandol étaient la majeure partie en bois qui ont été depuis lors défrichés et qu’ils ont un territoire très productif soit en vigne, soit en olivier ». Un peu plus tard (le 1er juillet) Le Beausset refusera pour des raisons identiques, une diminution de la contribution foncière d’Evenos… (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution Française…)
–1793 – 25 avril :
1. LE BEAUSSET FÊTE SAINT EUTROPE – Le 25 avril, la municipalité du Beausset décide d’affecter une somme de 100 livres pour la fête de Saint Eutrope, patron du Beausset, qui doit être célébrée le 27 mai suivant (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution Française…).
2. PAOLI FAIT BANNIR DE CORSE LA FAMILLE BONAPARTE – Pascal Paoli, de retour d’exil grâce à l’appui de l’Angleterre, fait bannir de Corse la famille Bonaparte, qui a pris parti contre lui.
–1794 – 27 mai (8 prairial An II) : LE BEAUSSET SE TROUVE DE NOUVEAU « SANS PAIN, SANS FARINE, SANS BLE »… Quatre membres du conseil doivent d’urgence aller chercher à Toulon-Port de la Montagne des secours en blé ou en biscuits. Le peu de blé qui restait dans le village, et qui aurait permis de tenir deux ou trois jours a dû être délivré à des marins et à une « chaîne de forçats composée de 200 individus, ainsi que conducteurs qui allaient au nombre de 100 » (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution Française…).
–1795 – 27 mai (8 prairial an III) :
1. L’INQUIÉTUDE SE FAIT JOUR A TOULON – Le 8 prairial, Chambon, Guérin, Cadroy, Isnard et Pactod exigent l’exécution des conditions prescrites, faute de quoi la ville sera déclarée rebelle et, à leur arrivée à Ollioules prennent l’arrêté suivant : » Duvivier, capitaine adjoint, se rendra sur le champ à Toulon pour prendre connaissance de l’esprit public de cette commune, y propager autant que possible les principes qui animent la convention nationale et rendra compte du résultat de ses opérations ». Dans Toulon où le départ des représentants a provoqué la débandade, l’inquiétude a saisi les meneurs (Archives Municipales de Toulon – D VI – L 115 bis – Arrêtés des représentants du Var).
2. A OLLIOULES, VOL ET MENACE DE MORT A DES PARTICULIERS PAR DES MILITAIRES – … a comparu le citoyen Barbaroux, cultivateur de cette commune, qui nous a dit que six chasseurs à cheval de l’armée se présentèrent hier au soir, à 5 heures, à sa maison de campagne, au quartier de la Courtine, et lui demandèrent à boire et à manger ; qu’après leur avoir donné » tous les comestibles et le peu de vin qu’il avait, quatre montèrent dans la chambre à coucher, tandis que les deux autres le gardaient en le menaçant de le pendre s’il faisait la moindre violence. Ils lui emportèrent six chemises d’homme, quatre draps de lit, 800 livres d’assignats, 33 livres en numéraire…Ce même jour, vers les deux heures de l’après-midi, les mêmes chasseurs furent à la maison de campagne du citoyen Noël Andrieu et s’emparèrent d’une paire de boucles d’argent de son fils, et de trois fusils, dont deux lui avaient été confiés par le citoyen Louis Blanc. Étant survenu au moment où ils emportaient les fusils, il voulut protester,… mal lui en prit, car un chasseur, ayant mis une cartouche dans un des fusils, le mit en joue, disant qu’il allait le tuer… (Castellan E., 1937, p. 229-230)
–1796 – 27 mai : ARMÉE D’ITALIE, BONAPARTE ENTRE A BRESCIA, violant la neutralité de la République de Venise.
–1797 – 27 mai :ARRESTATION DES BABOUVISTES – Le 10 mai, à Paris, arrestation des chefs de la conspiration des Égaux, dont Babeuf. Les conjurés furent jugés et exécutés, et cela n’aurait été qu’une péripétie si ce programme n’avait effrayé les propriétaires et s’il n’avait été scruté comme un signe avant-coureur des systèmes collectivistes (Lucien Bély, Histoire de France, édit. Gisserot, 1997). Gracchus Babeuf est exécuté le 27 mai 1797 (Pierre Goubert, Initiation…).
–1830 – 27 mai : CONQUÊTE D’ALGER – La mer devint grosse dans la soirée du 26 mai. Le lendemain 27, le vent soufflait du nord. La marche fut plus rapide que les jours précédents ; l’armée fit route pour passer devant Minorque. A l’approche de la nuit, elle se trouvait à 47 lieues maritimes de Toulon. La brise, qui avait été faible pendant la seconde partie du jour, fraîchit après le coucher du soleil. Sa direction était nord-ouest. Le 28, on craignit un coup de vent. Le Voltigeur, l’Alacrity et le Dragon turent expédiés avec l’ordre d’arrêter le départ de la flottille et de prescrire aux deux divisions du convoi qui, parties de Toulon les 26 et 27 mai, devaient se porter directement au point de rendez-vous de l’armée sur la côte d’Afrique, de relâcher dans la baie de Palma; le même ordre fut donné au capitaine Hugon, qui commandait la division du convoi sortie de Toulon en même temps que l’armée navale ; mais, la brise étant devenue moins forte, la mer plus calme, l’amiral révoqua ce dernier ordre, et la première division du convoi continua à suivre la marche de l’armée navale (M. Alfred Nettement, Histoire de la Conquête d’Alger).
–1833 – 27 mai : CONQUÊTE D’ALGER – Ollioules héberge les cadres du 4ème bataillon du 67ème de ligne appartenant au corps expéditionnaire d’Afrique (Castellan E., 1937, p. 295).
–1848 – 27 mai : DEUXIÈME ABOLITION DE L’ESCLAVAGE EN GUADELOUPE.
–1890 – 27 mai : AJELLO’S SAGA – Inscription maritime, extrait du rôle de levée. Aiello François Cyr, matelot de 3ème classe, non paginé. « Une demande de congédiement comme soutien de famille a été refusée au matelot de 3èmr classe Aiello, François Cyr, par décision ministérielle du 23 mai 1890. A bord de la Provençale, le 27 mai 1890. Le commandant comptable M. de Bourdon (archives familiales).
–1916 – 27 mai : MORT DE JOSEPH GALLIENI, MARECHAL DE FRANCE.
–1921 – 27 mai : PUBLICATION DU CODE DE LA ROUTE.
–1922 – 27 mai : A SAINT-MANDRIER, PECHE D’UN POISSON D’UNE LONGUEUR DE 5,50 M ET PESANT PLUS D’UNE TONNE – Il arrivait parfois que l’on signale la présence de requins dans le Creux Saint-Georges, la prud’homie prévenait alors les baigneurs. Le 27 mai 1922, le patron pêcheur Alphonse Ayelo, de Saint-Mandrier, a péché un poisson. monstre d’une longueur de 5,50 m et pesant plus d’une tonne. Cet énorme poisson, « un pèlerin » a été pris dans les filets dits « baluto ». On suppose que c’est en poursuivant un banc de maquereaux que l’animal – que Gisèle Argensse nomme « cétacé » – vint se prendre dans les mailles du filet, un peu au large de l’hôpital maritime. Solidement pris, il fut traîné au Creux Saint-Georges où à l’aide d’un treuil, on le hissa sur le quai. Ce pèlerin appartient à une espèce qui vit surtout dans la Mer du Nord et qui est très rare dans nos parages. Cette capture fit l’objet d’un vif mouvement de curiosité et chacun put le voir exposé dans une barque amarrée au quai de la douane (Gisèle Argensse, 1989 ; p. 178).
–1941 – 27 mai : SIGNATURE DES PROTOCOLES MILITAIRES DE PARIS ENTRE L’ALLEMAGNE ET LE RÉGIME DE VICHY (Jean-Charles Volkmann, 2003).
–1943 – 27 mai :
1. CRÉATION DU CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE (C.N.R.) par Jean Moulin (Jean-Charles Volkmann, 2003).
Le Conseil national de la Résistance se réunit pour la première fois au 48 de la rue du Four à Paris (VIe arrondissement). Avec Jean Moulin sont présents: Claude Bourdet, Pascal Copeau, Eugène Claudius-Petit (au nom des MUR), Jacques-Henri Simon (OCM), Charles Laurent (Libération-Nord), Roger Coquoin-Lenormand (Ceux de la Libération), Jacques Lecompte-Boinet (Ceux de la Résistance), Pierre Villon (Front national), André Mercier (PC), André Le Troquer (SFIO), Georges Bidault (démocrate-chrétien), Marc Rucart (Parti radical-socialiste), Joseph Laniel (Alliance démocratique), Jacques Debû-Bridel (Fédération républicaine), Louis Saillant (CGT), Gaston Tessier (CFTC). Un compromis a été trouvé entre les mouvements de résistance souvent hostiles aux vieux partis, et ces derniers.
Au cours de la réunion, le PC s’oppose à la motion qui désigne le général de Gaulle comme seul chef du futur Gouvernement provisoire, invoquant le fait que le général Giraud contrôle l’Algérie.
Début juin, Pierre Meunier, adjoint du représentant de Moulin en zone Sud Henri Manhès, tentera de faire adopter par Jean Moulin le texte que le PC a présenté à la réunion, texte qui tend à instituer le CNR comme dépositaire de la souveraineté nationale et le dirigeant exclusif de la Résistance (Charles Galfré, 2003).
2. A SAINT-MANDRIER, QUATRE BOULANGERIES FOURNISSAIENT LE PAIN : Rognone, Audisio, Estienne et Fabry. En ces temps de guerre pour mieux assurer la protection de la population en plus de la défense passive qui veillait sur l’exécution des différentes recommandations, on distribuait en mairie des masques à gaz à ceux qui en faisaient la demande.
3. AUX DERNIERS JOURS DE MAI 1943, L’AMIRAL ITALIEN TUR EST REMPLACE PAR L’AMIRAL MATTEUCCI, peut-être à cause de ses rencontres avec diverses personnalités françaises pour la réconciliation France – Italie et le contact qu’il a pris avec un représentant de la France Libre (rencontre dont il a rendu compte à Rome). Alors que son prédécesseur était partisan d’une occupation militaire assez discrète, l’amiral Matteucci se montrera souvent menaçant et encore plus intransigeant (Marc Saibène, Toulon et la marine, 1942-1944).
–1944 – 27 mai : BOMBARDEMENT MEURTRIER DE MARSEILLE PAR L’AVIATION ALLIÉE. Déjà meurtrie par les rafles et la destruction des quartiers du Vieux-Port, la cité phocéenne a subi, notamment le 27 mai 1944, l’un des bombardements les plus meurtriers que la France ait connu. En quelques minutes, 130 « forteresses volantes » Boeing B-17 américaines venues d’Italie vont, en effet, larguer sur la ville près de 800 bombes de 250 et 500 kg, soit près de 300 tonnes de munitions et presque autant d’explosifs. Leur effet au sol sera dévastateur. Plus de 400 immeubles sont rasés, réduits à l’état de décombres, et près de 850 autres rendus totalement inhabitables. Les dommages sont tels qu’une cinquantaine d’incendies se déclarent un peu partout dans la ville, compliquant la tâche des secours, confrontés de surcroît à des coupures d’alimentation en eau. Quant au bilan humain, il est terrifiant : 1 750 à 1 832 Marseillais ont perdu la vie dans ce déluge de fer et de feu ; un grand nombre d’entre eux tués par l’effet de souffle. 1 300 à 2 760 personnes sont blessées, le plus souvent grièvement. Certains lieux qui servaient de refuges sont restés très présents dans la mémoire des Marseillais, tel le cinéma Cinéac, situé sur la Canebière ou le tunnel ferroviaire enjambant le boulevard-National à proximité de la gare Saint-Charles, sous lequel plus de 130 personnes sont mortes et 150 ont été blessées, leur abri ayant subi trois impacts directs.
Ce bombardement n’affecte que faiblement le trafic ferroviaire: une locomotive détruite à la gare Saint-Charles et deux machines de manœuvre à la gare de la Blancarde, à quoi s’ajoutent quelques dégâts touchant les installations et les voies. De ce fait, le trafic n’est interrompu que pendant douze jours. À l’intérieur de la gare Saint-Charles et tout autour des installations ferroviaires qui, avec le port, la gare de La Blancarde et la base sous-marine Martha en construction à Mourepiane, constituent les cibles des bombardiers alliés, près de 200 cheminots manquent à l’appel. Une bombe est tombée dans la tranchée où se sont réfugiés les employés du service voies et bâtiments de la rue de Turenne. Les services de secours ne sont pas épargnés. La défense passive perd 64 de ses volontaires, les services de déminages 47 de ses spécialistes et les marins-pompiers une dizaine d’hommes écrasés par un pan de mur alors qu’ils se trouvent dans leur véhicule d’intervention. Dans la ville qui compte ses morts, émerge alors un fort sentiment antiaméricain, attisé par les autorités locales et les partis collaborationnistes. La Résistance s’en inquiète, appelant à davantage de discernement dans le choix des cibles militaires et la façon de les traiter.
D’autant que le bombardement a mis fin brutalement à la grève générale, dite « grève du pain ». Celle-ci avait été lancée quelques jours plus tôt avec succès, par les syndicats, afin de désorganiser les activités de l’occupant allemand et de ses soutiens. Certains y verront d’ailleurs une intention délibérée de casser le mouvement.
Mais comme le souligne le Pr Robert Mencherini, historien marseillais spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, malgré le drame, la douleur et les rancoeurs, « l’opinion ne se retournera pas ». Et de rappeler que ce raid, comme tous ceux qui allaient se succéder durant cette période, entre Nice et Avignon, avait pour objectif prioritaire de préparer le débarquement en Provence. Raids menés pour l’essentiel par les Américains qui privilégiaient les bombardements à haute altitude afin de limiter les pertes infligées par une DCA allemande de plus en plus efficace (résumé fait à partir de plusieurs articles dont celui d’ Alain Giacomi).
Témoignage poignant de Claude Affre, une Marseillaise qui pensait échapper au pire en se réfugiant sous le tunnel du boulevard National…
« À cette époque, nous habitions au numéro 12 de la rue Guibal qui se trouvait juste derrière les voies de chemin de fer et à quelques dizaines de mètres du boulevard National. J’étais toute jeune. Quand l’alerte a été donnée, nous nous sommes réfugiés sous le tunnel, persuadés qu’il offrait un abri sûr. Apparemment, beaucoup de gens avaient eu la même idée que nous, car il y avait un monde fou. Nous étions collés les uns aux autres, serrés comme des sardines. Dans le lointain, on entendait le grondement des avions qui approchaient. Puis trois bombes ont touché la voûte du tunnel. Leur effet de souffle a été terrible. Ma mère a été tuée sur le coup. Elle avait 27 ans. Quant à moi, j’ai été grièvement blessée à la tête et aux jambes. On m’a transportée d’urgence à l’hôpital où j’ai subi plusieurs interventions et reçu des soins pendant six mois. J’ai d’ailleurs gardé dans mon corps des éclats de métal qui n’ont jamais pu être retirés. Et pourtant, je considère que j’ai eu de la chance. Je dois, en effet, la vie sauve à un vieux monsieur qui se trouvait à côté de moi, sous le tunnel. Je me souviens seulement qu’il portait de grosses moustaches. Il a été gravement blessé par l’une des bombes et en s’écroulant sur moi, il a fait écran avec son corps et m’a sauvé d’une mort certaine.
« Les historiens estiment qu’il y a eu un peu plus d’une centaine de victimes, ce jour-là, sous le tunnel, mais les articles parus dans les journaux les jours suivants le drame, ont fait état de 300 personnes décédées. Les Marseillais ont été très choqués par ce bombardement meurtrier. En réaction, certains ont essayé de s’en prendre au consulat américain et les esprits ne se sont calmés qu’avec l’annonce du débarquement allié, le 6 juin, en Normandie. Mais pour moi, ce qui fut le plus difficile à admettre, c’est que si nous étions restés dans notre maison, nous n’aurions rien eu. Notre appartement est resté intact, à part une cloison abattue par le souffle d’une bombe… » (d’après l’article de Philippe Gallini, La Provence, jeudi 25 mai 2017).
–1952 – 27 mai : SIGNATURE DU TRAITE DE PARIS INSTITUANT LA COMMUNAUTÉ EUROPÉENNE DE DÉFENSE ou C.E.D. (Jean-Charles Volkmann, 2003).
–1955 – 27 mai : PREMIER VOL DE LA « CARAVELLE » A TOULOUSE.
–1959 – 27 mai : QUE FAIRE DU TERRAIN PROVENANT DU COMBLEMENT DE L’ANSE DU PIN ROLLAND A SAINT-MANDRIER ? – A peine élue, la nouvelle municipalité de Saint-Mandrier intervient à plusieurs reprises au sujet de la destination du terrain provenant du comblement de l’Anse du Pin Rolland située dans la baie du Lazaret (emplacement du stade Max Juvenal actuel). La délibération du 27 mai 1959 éclaire sur l’évolution rapide de ce quartier et sur l’accroissement de sa population. « Comblement de l’Anse du Pin Rolland – Destination du terrain récupéré. « Considérant l’extension rapide prise par le quartier du Pin Rolland à Saint-Mandrier où deux lotissements comptant 320 logements sont prévus : à savoir lotissement du Marégau (200 logements), lotissement de Vert-Bois (120 logements), lotissements pour lesquels la canalisation d’eau potable est déjà réalisée et l’assainissement est prévu dans le reste du projet général d’assainissement de Saint-Mandrier dont la mise en exécution est très prochaine, « Considérant l’accroissement de population qui va en résulter nécessitant la construction dans ce quartier d’une annexe de la Mairie, d’un bureau de poste annexe et surtout d’un groupe scolaire. En effet, le nombre des élèves dans le quartier qui est actuellement de 50 sera de l’ordre de 200 dans un avenir prochain, Vu la délibération du 15 octobre 1955 prise sur le rapport de M. l’Inspecteur d’Académie tendant à la création d’une école de 5 classes (I enfantine et 4 primaires) au quartier du Pin Rolland distant de trois kilomètres de l’agglomération principale et de son groupe scolaire reconnu déjà insuffisant, « Considérant qu’aucun emplacement ne saurait mieux convenir à la construction des bâtiments envisagés ainsi qu’à l’aménagement d’un terrain de sports, d’un jardin public, d’un petit port artificiel pour yachts de plaisance voire d’un parking pour décongestionner la plage des Sablettes, « Soucieux également de préserver l’esthétique des sites et édifices de la commune, Vu la proximité de la maison d’accueil de la S.N.C.F. du Vert-Bois recevant chaque année des enfants débiles, « Vu la pétition formulée à l’unanimité par les dix-huit riverains de la lagune, Déclare s’opposer catégoriquement à toute édification sur le terrain récupéré de constructions disparates et notamment celle d’une station d’épuration pour le traitement des coquillages, édifice malodorant et inesthétique, construction qui constituerait un véritable sabotage des possibilités d’extension future du quartier de Pin Rolland et un handicap à la perspective qui lui est offerte en raison de sa situation sur la rade de Toulon. Considérant enfin qu’en date du 27 avril 1957, le Conseil municipal de Saint-Mandricr a déjà émis un vœu pour l’occupation par la commune d’une partie du territoire gagné sur la mer, vœu du reste confirmé par le Sous-Préfet de Toulon par lettre du 6 juin 1957 comme réponse « d’attente » à la délibération du 27 avril 1957, « Demande aux autorités compétentes la location par priorité pour le besoin de la collectivité du terre-plein du Pin Rolland, la commune prenant à sa charge l’entretien des lieux pour les aménagements pressentis et pour la plus grande satisfaction du public, « Dit enfin que la présente délibération sera transmise à Monsieur le Président du Conseil Général, au Ministère de l’Urbanisme, au Ministre de l’Intérieur, à M. le Président du Conseil et à Monsieur le Président de la République. » (Gisèle Argensse, 2000, p. 45-46)
–1962 – 27 mai : LA RESPELIDO A SAINT-MANDRIER – « Un nouveau groupe folklorique est né à Saint-Mandrier : La Respelido, et on a honoré deux mamans pour sa sortie » La Respelido est emmenée par Roger Portal ; l’association est affiliée à la Fédération varoise des œuvres laïques et recrute ses membres essentiellement parmi les élèves ou les enseignants. En cette année 1962, on note la présence de onze tambourinaires pour trente-cinq danseuses et danseurs. Le bureau se compose comme suit : Présidents d’honneur : Louis Clément, Monsieur Simon (inspecteur primaire), Roger Remay (garagiste), Max Juvenal (avocat), Alexandre Reboul (doyen du village). Présidents : Mademoiselle Fauchon (directrice de l’école des filles), Monsieur Sage qui fabrique lui-même les tambourins.. Vice-présidents : Roger Portai (directeur de l’école des garçons, du collège d’enseignement général et de La Respelido), Madame Pascalin. Secrétaires : Jean Clément (enseignant, tambourinaire), Marthe Clément (enseignante, sœur du précédent). Trésoriers : Pierre Beaudouard, Eugène Revest. Porte-drapeau : Daniel Chimento. Membres : MM. Gaubert, Carbonaro, Charles Aponte, Victor Scotto, André Armando, Crousillat (pharmacien), Champanay (boucher), Marcel Casanova (enseignant), Braxmeyer (enseignant, tambourinaire), Robert Fouque (maître de danse de la Respelido), sans oublier Mmes Bot (directrice de la maternelle), Décugis, Tauziet, Angéléli (enseignantes) et Mlle Jacqueline Rognone (danseuse; elle deviendra maître de danse un peu plus tard). Puis, d’autres bonnes volontés s’accrocheront aux wagons entramants de la danse provençale. Citons : Mesdames Cléroux, Raphelli, Brodin, Chimento, Guida (Ken Nicolas, vol. 2, p. 121).
–1968 – 27 mai : SIGNATURE DES ACCORDS DE GRENELLE.
–1969 – 27 mai : OBSÈQUES DE TOUSSAINT MERLE A LA SEYNE. Des obsèques grandioses. Très ému, Philippe Giovannini, son plus proche collaborateur, rappela sa brillante carrière municipale et que, grâce à son administration à la fois humaine, sage et audacieuse, La Seyne était devenue une grande ville, vivante, belle et accueillante. Louis Puccini, secrétaire fédéral du Parti communiste, souligna le passé du militant dévoué, courageux, efficace. Il dit : » Depuis plus de 25 ans, tu n’as ménagé ni le temps, ni tes forces pour ta ville, pour ton département, pour ton Parti. Tu as bien rempli ta mission de communiste « . Enfin, Robert Ballanger, qui prit la parole au nom du Comité Central du Parti, rappela les passages de Toussaint Merle à l’Assemblée Nationale et au Conseil de la République et déclara : » Ses interventions relatives aux collectivités locales, à l’emploi, à la Construction navale, aux Revendications ouvrières il les fit toujours avec la plus grande clarté et une compétence inégalée « . On procéda ensuite à la mise en place du cortège après que l’on eut descendu les centaines de gerbes fleuries où le rouge dominait. Les bouquets, les couronnes s’étaient accumulées dans la salle des fêtes de l’hôtel de ville, offrant aux regards un véritable spectacle de floralies. Enfin, le cortège s’ébranla aux accents de la marche funèbre de Chopin jouée par La Seynoise. Sur la longueur du quai Saturnin Fabre le cercueil fut porté par des camarades, suivi par toute la famille éplorée et la mère de Toussaint qui, malgré son grand âge, accompagna son fils jusqu’à sa sépulture et fit preuve d’un courage admirable. Les élus en écharpe suivaient, puis les porteurs de gerbes et de bouquets, puis une foule immense, une véritable marée humaine. Combien étaient-ils ces Seynois, ces Varois de tous les milieux sociaux qui marchaient lentement, leurs regards pleins de tristesse ? Combien étaient-ils ces vieillards incapables de défiler, ces mamans portant leur bébé, massés sur les trottoirs ? Combien étaient-ils tous ceux qui emplissaient les rues adjacentes de la basse ville ? Combien étaient-ils ces autres qui attendaient depuis des heures à l’entrée du cimetière ? Des observateurs ont parlé de quinze mille, vingt mille peut-être ? Ces chiffres ne sont pas excessifs. On avait l’impression que toute La Seyne était là. Les obsèques durèrent plusieurs heures. De la Mairie, le cortège avait gagné la Bourse du travail par l’avenue Curet, il revint vers le port par l’avenue Gambetta, la rue Hoche, se dirigea jusqu’au Rond-Point Kennedy, passa devant les chantiers, longea le quai Gabriel Péri et prit la direction du Cimetière par la rue Lagane. Il fut impossible à cette immense foule d’assister à l’inhumation. Jamais notre nécropole ne connut une telle affluence. Ainsi notre cher Toussaint Merle retrouva la terre de ses ancêtres, entouré de milliers de ses camarades, de ses amis, de ses concitoyens, bouleversés par une peine immense (Marius Autran, tome 2, 1988).
Pour ma part, j’avais 26 ans, j’enseignais à l’école Berthe de La Seyne, et j’ai pleuré en suivant le cortège.
Nota : Philippe Giovannini, ancien ouvrier métallurgiste, est élu maire de La Seyne par le Conseil municipal de La Seyne. Il sera réélu en 1971 et 1977 (Marius Autran, tome 2, 1988).
–2020 – 27 mai : Un nouveau ferry est mis en place par la compagnie La Méridionale entre Tanger-Med et Marseille. Seuls les véhicules immatriculés en Europe peuvent s’inscrire.

J’en ai fini pour aujourd’hui et vous souhaite une bon samedi à tous. Bises à Isabelle, Webber, Raphaël et Olivier.
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